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Dans les ports

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Dans les ports La constante agitation des ports crée de pittoresques scènes : marées, navires, charrettes laissant de fantomatiques traînées, que le temps de pose des photographies empêche de saisir avec netteté. Mais photographier les ports sert aussi d’utile documentation pour pouvoir les peindre. Les quais offrent des points de vue aux plans multiples. Après Hippolyte Bayard en 1851, Stéphanie Breton, l’une des rares femmes photographes en Normandie, signe à Rouen des vues de la profondeur des quais de Seine voués à une activité que Camille Pissarro retranscrira à son tour. À l’inverse, Gustave Le Gray se confronte au Grand Quai du Havre, le faisant presque disparaître au profit du cœur battant de la ville qui débouche sur le bassin à marée haute. À Dieppe vers 1853, Henri Le Secq est fasciné par les effets produits par la marée basse ; esquivant la question du mouvement des eaux, ses calotypes fixent des études de voiles et les volumes des quais, les reflets sur la vase. Dix ans plus tard, Alfred Magny tire parti d’une position élevée sur les toits de Granville pour esquisser un panorama à morte-eau. La forêt de voiles et de mâts emplissant le bassin Bérigny, vue par Charles Gombert en 1867, et le chantier naval où s’amoncellent les grumes de bois, peint par Berthe Morisot, résument aussi l’essence du port fécampois. Témoins d’une recherche picturale, ces vues de ports normands sont régulièrement exposées à la Société française de photographie à Paris. Celles produites par le richissime vicomte Onésipe Aguado offrent de nouveaux points de vue du Havre, dont la destinée transatlantique s’affirme.

In the ports Harbours, with their constant bustle, offered ample scope for picturesque scenes. Long exposure times made it impossible to obtain sharp images of moving objects, so tides, ships and carts had ghostly trails. Photography was also used to record views of harbours in order to paint them later. The quays offered many-layered viewpoints. Hippolyte Bayard photographed them in 1851 and Stéphanie Breton, one of the few women photographers operating in Normandy, produced deep views of the quays of the Seine in Rouen with activity taking place in the background ‒ a subject later painted by Camille Pissarro. Conversely, Gustave Le Gray photographed the Grand Quai in Le Havre head-on, so that it dwindles away almost to nothing, between the beating heart of the city and the harbour at high tide. In about 1853, Henri Le Secq became fascinated by effects at low tide in Dieppe: his calotypes skirt the issue of moving water by focusing on studies of sails, the sculptural shapes of the quays and reflections of light in mud. Ten years later, Alfred Magny perched on the roofs of Granville to take a panoramic view at neap tide. Likewise, the forest of sails and masts in the Bérigny basin observed by Charles Gombert in 1867 and the shipyard with its piles of logs painted by Berthe Morisot sum up the essence of Fécamp harbour. These views of Norman ports attest to pictorial exploration and were regularly exhibited at the Société française de photographie in Paris. The photographs taken by the super-rich Viscount Onésipe Aguado show a new side of Le Havre, which was increasingly becoming a transatlantic port.

Texte (Gris anthracite) : 1m x 2m


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Dans les ports by Octopus - Issuu