HAUT-SANVIC / BAS-SANVIC
EN TR E A GRICU L T U RE ET INDUSTRIE : U N VILL AGE DIVISÉ EN DEUX JUSQ U’EN 1852 Sanvic est un village qui s’est établi à cheval entre le littoral et le plateau cauchois bien avant la fondation du Havre en 1517. Son existence est attestée en 1035 quand son nom est mentionné dans une charte signée du duc de Normandie, mais ses origines sont sans doute bien plus anciennes. Implantée loin des fortifications havraises, Sanvic est une commune indépendante jusqu’au milieu e du 19 siècle. Elle comprend alors deux parties étalées sur 327 hectares : le Haut-Sanvic (actuel quartier Sanvic) sur le plateau et le Bas-Sanvic (actuel quartier Saint-Vincent) qui s’étire jusqu’à la mer. Éloignés de 1,5 km et séparés par 80 m de dénivelé, ces deux secteurs ont des identités bien distinctes. LE HAVRE JUSQU’EN 1852
Johannes et Lucas van Doetecum, imp. Hieroniymus Cock, Anvers, 1563. Extrait de Le Havre d’autrefois, imp. du Commerce, 1883. Archives municipales du Havre, BAGF0037.
Le Havre vers 1670
Plan de la ville et citadelle du Havre de Grâce, 1673, V. Hantier. Archives municipales du Havre, 1Fi312.
Le Havre vers 1820
À la fondation du Havre en 1517 par François 1er, la ville et son port sont fortifiés. Contre les menaces anglaises puis hollandaises, Richelieu ajoute une puissante citadelle vers 1630. Colbert puis Vauban font renforcer les défenses de l’ensemble durant la seconde moitié du 17e siècle
Si la sécurité de la cité portuaire est assurée, il apparaît à la fin du 18e siècle que les remparts entravent la croissance commerciale du port. Louis XVI accepte donc la proposition de l’ingénieur Lamandé de repousser l’enceinte de 500 mètres vers le nord.
Malgré cet agrandissement, finalisé vers 1820, l’espace intra-muros reste insuffisant. L’urbanisation se poursuit en dehors des fortifications dans les faubourgs et les communes alentours (Ingouville, Graville, Sanvic…).
Le Havre vers 1550
Plan du Havre et ses environs, vers 1823. Archives municipales du Havre, 1Fi223.
SANVIC JUSQU’EN 1852 Jusqu’en 1852, le village de Sanvic se compose du Haut-Sanvic et du Bas-Sanvic. Le Bas-Sanvic, surnommé le « port des Tuileries », accueille une population dense de pêcheurs et d’ouvriers. Manufactures de tuiles, briqueteries, verreries et faïenceries s’y multiplient durant la première moitié du 19e siècle. Pour répondre à l’augmentation de la population (environ 2 000 habitants vers 1840), le secteur se dote d’une école. Puis, en 1849, la construction de l’église Saint-Vincent-de-Paul est décidée. Plan cadastral de la commune de Sanvic au début du 19e siècle. Après 1852, le quartier du Bas-Sanvic a été coloré en jaune et une inscription ajoutée pour indiquer le rattachement au Havre. Cadastre napoléonien. Archives départementales de Seine-Maritime, 3P3-3204.
Le Haut-Sanvic est constitué de hameaux épars situés sur le plateau du pays de Caux. Il se caractérise par son aspect rural dominé par de nombreux clos-masures, des champs et des parcelles maraîchères. Le cœur du village s’organise autour de l’église Saint-Denis, édifiée dès le 11e siècle sous le patronage de l’abbaye de Montivilliers, et d’une école, attestée depuis le 16e siècle. Fermiers et maraîchers composent l’essentiel des 1 000 habitants recensés vers 1840.
Les tuileries du Bas-Sanvic. À l’arrière-plan, se distingue le clocher de l’église Saint-Vincent-de-Paul. Gravure publiée dans L. Simonin, Les Grands ports de commerce, 1878. Collection Daniel Haté.
Une chaumière du Haut-Sanvic. Carte postale. Collection Daniel Haté.
La première église Saint-Denis de Sanvic (démolie en 1860).
Gravure publiée dans A. Martin, Sanvic avant 1900.