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Art déco P5-1

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SE DéPLACER ET VOYAGER

PAQUEBOTS L’entre-deux-guerres correspond à l’âge d’or des grands paquebots transatlantiques qui constituent encore le principal moyen de transport intercontinental. Les compagnies rivalisent de luxe pour séduire des passagers de première classe.

Chemin de croix de la chapelle du Normandie, 1935 Sculpteur : Gaston Le Bourgeois Le Havre, cathédrale Notre-Dame Ce chemin de croix, conçu pour la chapelle du paquebot Normandie, est composé de quatorze panneaux en bois de palissandre. Leur force et leur sobriété décoratives sont caractéristiques de la sculpture Art déco. Ils ont été installés dans la cathédrale Notre-Dame en 2003.

La fascination pour la vitesse et la modernité marque les Années folles qui voient s’accélérer le développement des moyens de transport.

Sous l’influence de l’Exposition des arts décoratifs de 1925, le président de la Compagnie générale transatlantique (Transat), John Dal Piaz, rompt avec la tradition des copies des styles passés et impose la création de décors originaux pour ces nouveaux navires.

TRAINS

Dans un contexte de densification du réseau ferré français et d’augmentation du nombre de voyageurs, une vaste campagne de construction de gares est lancée entre les deux guerres. La ligne de Paris au Havre ouverte depuis 1847, dispose déjà de gares mais certaines sont modernisées. C’est le cas de celle du Havre qui intègre un plan de réaménagement du secteur entrepris par le maire Léon Meyer.

Trains, automobiles, paquebots et avions amplifient la circulation des hommes et des idées à travers le monde.

La Transat et le Port autonome font aussi le choix de l’Art déco pour les infrastructures qui accueillent les paquebots. L’image de modernité véhiculée par ces géants des mers est si forte qu’ils inspirent l’architecture des immeubles et des villas.

Collection Daniel Haté

La gare rassemblait tous les services nécessaires aux voyageurs (douanes, poste, garages, magasins…). Chaque paquebot disposait d’un vaste hall aux lignes épurées, éclairé par de hautes baies vitrées.

Collection Christine d’Aboville

L’avant-corps de la gare, qui datait de la fin du 19e siècle, est repensé en 1932 par l’architecte-décorateur parisien Henri Pacon. Il conçoit un ensemble comprenant un grand bâtiment central encadré par deux ailes basses dont la partie droite était reliée, jusqu’en 1971, à une tour-beffroi de 30 m. de haut.

Mosaïques de la gare ferroviaire, 1932 Artiste : Jacques Simon Le Havre, cours de la République L’intérieur du hall, à l’origine très sobre, est égayé de deux grandes mosaïques qui représentent les cartes de la Normandie et du Havre, illustrées des principales lignes régulières maritimes de l’époque. Les décors de mosaïques sont un des marqueurs de l’Art déco.

En architecture, cet essor technique génère des programmes spécifiques (gares ferroviaires et transatlantiques, garages, stations-services…) qui sont autant de vitrines du style Art déco.

Hall de la gare de la Transat (détruit), 1935 Le Havre

Gare ferroviaire, 1932 Architecte : Henri Pacon Le Havre, cours de la République

Gare ferroviaire (remaniée), 1932 Architecte : Henri Pacon Le Havre, cours de la République Le volume principal de la gare abrite un spacieux hall en béton armé. Sa façade est recouverte d’un parement de pierre claire qui contraste avec le granit rouge de la corniche et des piliers monumentaux qui rythment la façade.

Vue intérieure de la chapelle du paquebot Normandie

Hall des trains (détruit), 1935 Le Havre

Collection French lines & compagnies , FL003309

Collection Daniel Haté

Les panneaux du chemin de croix étaient, à l’origine, placés dans des niches en marbre et garnis de volets afin de les soustraire aux regards lors des célébrations de cultes non catholiques.

La gare transatlantique comprenait également un hall des trains, construit par le Port autonome du Havre, qui permettait l’acheminement direct des passagers depuis Paris. Les voies étaient couvertes sur 320 m. d’une voûte en béton de grande portée, garnie de pavés de verre.

Gare ferroviaire, 1932 Le Havre, cours de la République Le hall est éclairé naturellement par de grandes verrières et des voûtes en pavés de verre.

Gare de la Transat (détruite), 1935 Architecte : Urbain Cassan Le Havre Collection Daniel Haté

À la demande de la Transat, l’architecte Urbain Cassan conçoit pour les paquebots Île-de-France et Normandie une gare transatlantique, à l’époque la plus grande du monde. Elle partage avec la décoration de ces deux navires le style Art déco. Dominé par une tour marégraphe de 80 m. de haut, l’édifice monumental en béton armé s’étirait sur 588 m. de long. L’ensemble a été détruit par l’armée allemande puis les bombardements alliés en 1944.

Gare ferroviaire, 1932, vue intérieure Le Havre, cours de la République Archives municipales du Havre, 60Fi65

Cassandre, affiche publicitaire du paquebot Normandie, Compagnie générale transatlantique, 1935 Collection French Lines & Compagnies, LH.1995.002.004

Dessiné de face et en contre-plongée, le paquebot aux lignes stylisées affirme sa grandeur et sa puissance.

Les aménagements intérieurs conçus par Henri Pacon combinaient, comme à l’extérieur, la pierre claire et le granit rouge.


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