TRAVAILLER Les espaces de travail n’échappent pas à la vogue de l’Art déco. Immeubles de bureaux, usines, entrepôts ou commerces cèdent aussi à ce style architectural qui incarne alors une modernité dont ces établissements cherchent à se revendiquer. Malheureusement, à la différence des habitations, les constructions utilitaires sont plus facilement transformées voire détruites. Beaucoup ont aussi disparu dans les bombardements de 1944. Sur la multitude des réalisations qui témoignaient de l’activité économique du Havre de l’entre-deux-guerres, il ne reste qu’un échantillon assez réduit d’exemples.
BÂTIMENTS INDUSTRIELS
ENTREPÔTS Dans le quartier Danton notamment, quelques bâtiments à usage d’ateliers ou d’entrepôts associés à un logement sont encore visibles. Leur organisation est souvent similaire : le rezde-chaussée, occupé par le local professionnel, est percé d’une large porte centrale qui facilite le passage des marchandises ; l’étage, dédié au logement, est accessible par une porte plus étroite.
IMMEUBLES DE BUREAUX
Maison de négoce de riz Le Havre, 70 rue du général Sarrail
Siège de la société de la Défense Civile, 1930 Architecte : Gaston Lelaumier Le Havre, 2 rue Léon Gautier
En raison de la pénurie de blé pendant la Grande Guerre, la consommation de riz est entrée dans les habitudes alimentaires des Français. Un marché à terme est créé au Havre pour cette denrée qui provient essentiellement d’Indochine.
L’architecte Gaston Lelaumier construit pour cette société d’assurances, située dans le quartier des affaires, un véritable manifeste de l’Art déco.
Entreprise Fouré Lagadec, 1922 Le Havre, 2 rue la Vallée
Siège des Tréfileries et laminoirs du Havre, vers 1930 Le Havre, 68 boulevard Jules Durand
L’entreprise a été fondée en 1922 par Francis Fouré et Jean-Marie Lagadec. Son activité est tournée, à l’origine, vers la chaudronnerie et la réparation navale comme le signale l’ancre de marine, emblème de l’entreprise, installée sur une façade qui reprend les codes de l’Art déco (colonnes, verticalité marquée, typographie…).
Fleuron de l’industrie havraise, l’entreprise spécialisée dans la fabrication de câbles en métal est implantée dans le quartier de l’Eure en 1892 par son fondateur Lazare Weiller. Après avoir absorbé les Corderies de la Seine en 1922, elle devient les Tréfileries et laminoirs du Havre, comme l’indique le logo TLH arboré sur ses frontons. Elle poursuit sa croissance à un rythme soutenu : en 1929, elle emploie 3 500 ouvriers et occupe une cinquantaine d’hectares.
Succursale de la Compagnie française du Phénix pour l’assurance contre l’incendie, 1926 Entrepreneur : Albert Colboc Le Havre, 10 place Léon Meyer Siège de la société de la Défense Civile, détails intérieurs
Non loin de la Bourse, la Compagnie du Phénix avait implanté sa succursale au cœur du quartier des affaires d’avant-guerre. Les nombreuses fenêtres ainsi que le contraste entre la brique claire et le béton peint confèrent une certaine légèreté à cet imposant immeuble. La tourelle d’angle, qui assure la jonction des deux ailes du bâtiment, est traitée avec un soin particulier. Une frise de carreaux de céramique orne ce qui était, à l’origine, le dernier niveau. Entrepôt, 1937 Architecte : Henri Daigue Le Havre, 33 rue d’Après-Mannevillette