1903
La Percaillerie Albert Marquet découvre la Normandie à l’été 1903 avec son ami Henri Manguin, rencontré douze ans plus tôt à l’École des arts décoratifs et dans l’atelier parisien duquel il vient régulièrement s’exercer. Sillonnant la côte, les deux amis peignent ensemble à la Percaillerie. Ce lieu-dit, sur la commune des Pieux à proximité de Flamanville, dans le département de la Manche, émerveille Marquet par sa nature sauvage. Manguin l’avait découvert en 1896 et y avait rencontré sa future épouse, Jeanne Marie Carette. Marquet ne réalise pas moins d’une quinzaine d’œuvres durant ce séjour normand. Il s’agit pour l’essentiel de toiles faites en extérieur, même si au moins une scène d’intérieur est également connue, Intérieur paysan à la Percaillerie. Trois de ces œuvres normandes sont présentées lors du tout premier Salon d’automne cette même année, dont une intitulée La Barrière. Cette dernière œuvre est possiblement celle aujourd’hui conservée au musée de Strasbourg. Elle constitue une des rares œuvres de la série sans présence maritime. L’intérêt porté par l’artiste à des palettes de couleurs restreintes comme le souci du cadrage s’y font déjà sentir. La Cheminée à la Percaillerie se caractérise par l’intérêt porté par le peintre - dès les débuts de sa carrière - à un site industriel, en l’occurrence la mine de fer de Diélette, reconnaissable à sa haute cheminée de briques. Cette toile préfigure nombre d’œuvres de Marquet mêlant présence maritime ou fluviale et site industriel.
Albert Marquet discovered Normandy in the summer of 1903 with his friend Henri Manguin, whom he had met twelve years earlier at the École des arts décoratifs and in the Paris studio where he often came to work. The two of them explored the coast and painted together in La Percaillerie, a hamlet in the commune of Les Pieux near Flamanville, in the Manche area, whose wild natural setting enthralled Marquet. Manguin had first come to La Percaillerie in 1896, and it was where he met Jeanne Marie Carette, whom he subsequently married. Marquet produced no fewer than 15 pictures during this stay. Most of them were painted outdoors, but they are known to include at least one indoor scene, Intérieur paysan à la Percaillerie (Peasant Interior in La Percaillerie). Three of these Norman pictures were exhibited in the very first Salon d’automne the same year, including one entitled La Barrière (The Gate), which may be the picture now in the Musée de Strasbourg. It is one of the few artworks in the series in which the sea is not present. The artist’s interest in limited colour palettes and concern with framing can already be felt. La Cheminée à la Percaillerie (The Chimney at La Percaillerie) reflects the painter’s interest, from the very beginning of his career, in industrial sites - in this case, the Diélette iron mine, recognizable by its tall brick chimney. The painting presages many pictures in which Marquet combines the sea or a river with an industrial site.
Texte couleur gris : 90cm (largeur) x 1m92 (hauteur)