ARménie LE RéSEAU FRANCOPHONE DES MINISTRES DU NUMéRIQUE LANCé
portrait du mois
N° 001 de novembre 2018. Mensuel - www.digitalbusiness.africa
Paula Ingabire, nouvelle ministre des TIC du Rwanda
Par
Hassan Talib
Samuel Mandla Mchunu
Jean Philémon Kissangou William Ijeh
Brahima SANOU
Elsayed Azzouz
Dr Cosmas Zavazava
Cina LAWSON
Simon Bugaba
Ahmed Jean Boraud
Management
Ces Africains qui veulent diriger l’UIT
Lire notre dossier spécial Interviews et portraits. P.21-53.
digital business africa N° 001 de NOVEMBRE 2018 | 1
Achetez ce magazine sur www.digitalbusiness.africa - Zone CFA : 1 500 F.CFA. Zone Euro : 3 euros. Amérique: 3,5 Us Dollars
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editorial
La nouvelle page de DIGITAL Business Africa Cher lecteur, chère lectrice,
D’après le décompte effectué le 25 octobre 2018 sur votre plateforme web www.digitalbusiness.africa, vous avez été 5 504 internautes, professionnels et décideurs à télécharger gratuitement l’édition N°000 de la version Mag de DIGITAL Business Africa mise en ligne le 07 septembre 2018. 3 631 internautes ont téléchargé le même magazine test sur notre site web www.ictmedia.africa. Soit au total 9 135 téléchargements en moins de de deux mois. Ceci sans compter l’envoi par mail du PDF du magazine aux 8 500 abonnés de notre newsletter quotidienne. C’est vrai que cette édition 000 de Digital Business Africa était gratuite pour vous permettre de donner vos avis et suggestions. Mais, ces chiffres confortent et encouragent notre équipe à tenir la promesse de l’excellence avec DIGITAL Business Africa, plateforme web de référence consacrée aux décideurs du secteur des TIC, des Télécoms et du Numérique en Afrique. Et désormais magazine PDF que vous pourrez acheter tous les mois sur votre site web, mais également sur certains kiosques numériques. Oui, comme plus 60% parmi vous l’ont souhaité, cette version Mag de sera disponible tous les mois à partir de janvier 2019. Pour le moment, cette version Mag est disponible uniquement en ligne. Ceci, non seulement pour contourner les contraintes financières liées à l’impression de qualité, mais également et surtout pour embrasser le tout numérique. Sur la base de vos avis recueillis, nos équipes préparent une offre alliant la version Premium du site web (bientôt) et le magazine PDF. Des éditions spéciales pourront être produites et imprimées en cas de besoin. Côté contenu, comme nous l’avons signifié depuis le rebranding de notre marque qui est passée de TIC Mag à Digital Business Africa, notre ADN reste le même : engagé à vous produire des informations stratégiques sur les TIC, les Télécoms et le Numérique en
Afrique, afin que vous puissiez prendre des décisions génératrices de croissance pour vos activités. Nous nous sommes engagés à tenir ce pari depuis l’année 2011. Et nous continuerons de la plus belle des manières!
Donner des infos stratégiques sur la transformation digitale Et comme rappelé dans la récente édition, le changement de notre marque en DIGITAL Business Africa se justifie également par notre volonté de ne plus se focaliser uniquement sur les infos stratégiques des acteurs du secteur du numérique, des télécoms et des TIC, mais également de tous les autres secteurs comme la banque, santé ou encore l’éducation qui digitalisent leurs services au fil des jours. Il est temps de raconter l’histoire de la transformation digitale de ces autres secteurs. En fin, la version anglaise de Digital Business Africa arrive également avec les mêmes principes. L’édition que vous lisez en ce moment est un peu spéciale et ne rassemble pas toutes les rubriques annoncées à l’édition N° 000. Car à événement spécial, disposition spéciale. La vingtième Conférence des plénipotentiaires de l’Union internationale des télécommunications aura lieu à Dubaï aux Emirats arabes unis, du 29 octobre au 16 novembre 2018. Plus grande rencontre des membres de l’UIT. DIGITAL Business Africa a choisi de vous présenter les Africains qui aspirent à diriger les organes de l’UIT, car il y aura élection le 01er novembre. Les chances et atouts des candidats Africains sont présentés dans ce numéro. Et comme le dit Jean-Jacques Massima Landji dans sa chronique (page 62) que je vous recommande fortement, l’Afrique doit être le maître du jeu à Dubaï et savoir tirer les bonnes cartes. Bonne lecture ! Par Beaugas – Orain Djoyum Directeur de la publication digital business africa N° 001 de NOVEMBRE 2018 | 3
SOMMAIRE
24-27
interview du mois
BRAHIMA SANOU : « nous devons TRAVAILLER À CE QUE LES TIC aident les populations »
21-53
dossier
L’AFRIQUE à la conquête des places à l’uit
28
JEAN P. KISSANGOU
“nous allons travailler À LA CONNEXION DES PAYS SANS façades”
22
48-49
toGo : LES RAISONS D’UNE CANDIDATURE
C’est quoi l’UIT ?
CLÉS POUR CONNAÎTRE ET COMPRENDRE L’UIT
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conseil de l’iut
12
çA CLOCHE
LA JUSTICE DÉBOUTE LA PLAINTE CONTRE TIGO ET AIRTEL POUR BLOCAGE DES RÉSEAUX SOCIAUX
SOMMAIRE 15 réseau ministre des tic Lire la rubrique Le Gestion publique.
65 TIC SANS HIC Lire la Chronique de Philippe Mingotaud
61 fréquences 4G au cmr Lire la rubrique Régulation
62 Jean-Jacques massima Lire DIAGNOS’TIC, sa Chronique
59 digital africa créée L’association promise par E. Macron
56 business for mobility Point de notre correspondant à Paris
54 MObile money en Afrique C 03 4 700 milliards de transactions en 2017 63 bénin : POrtabilité lancée Lire la rubrique Régulation
19
PORTRAIT DU MOIS
rwanda : PAULA INGABIRE, nouvelle MINISTRE DES TIC
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événement
AITEX 2018 : LES DÉFIS DU MAROC dans l’e-gov
DIGITAL BUSINESS AFRICA Magazine des décideurs consacré aux TIC, aux Télécoms et au Numérique en Afrique. MENSUEL. N0 001. Achetez ce magazine sur www.digitalbusiness.africa Zone CFA : 1 500 F.CFA. Zone Euro : 3 euros. Amérique: 3,5 Us Dollars DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Beaugas-Orain DJOYUM
CORRESPONDANT EN EUROPE Philippe MINGOTAUD OPéRATEUR ICT Media STRATEGIES (www.ictmedia.africa ) Maquette ICT Media STRATEGIES
REDACTEUR EN CHEF Jephté TCHEMEDIE
Régie PUBLICITAIRE ICT Media Marketing and Communication Agency Mail : contact@ictmedia.agency
CHRONIQUEURS Jean-Jaques MASSIMA Olivier MADIBA Philippe MINGOTAUD
SERVICE COMMERCIAL Samira LEILA p.samira@digitalbusiness.africa
ONT CONTRIBUé A CE NUMéRO Laurent ADJOVI CYRILLE ETOUNDI SIMPLICE KOYA Dany Clarence Gaêlle MASSANG Jephté TCHEMEDIE ASSONGMO NECDEM Beaugas-Orain DJOYUM
CONTACTS DIGITAL BUSINESS AFRICA Web : www.digitalbusiness.africa Mail : contact@digitalbusiness.africa Digital Business Africa peut être acheté et téléchargé sur le site web du Mag. Copyright © 2018 Digital Business Africa
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Baromètre
Mark Zuckerberg, PDG de Facebook.
Le 23 octobre 2018, Brendan Iribe, le cofondateur des casques de réalité virtuels Oculus, a annoncé son départ de Facebook, propriétaire d’Oculus. A l’instar des fondateurs d’Instagram ou de Jan Koum, cofondateur de WhatsApp, tous démissionnaires, il justifie en off sa démission pour divergences de vues. Les équipes sont mises sous pression pour faire entrer plus d’argent avec les données privées des abonnés.
Brelotte Ba, DG d’Orange Mali
Le collectif de défense des intérêts des clients maliens menace de traduire Orange Mali en justice. Il se plaint de la qualité de service et en plus, selon les responsables de ce collectif, Orange Mali ne respecte pas ses clients. Les dernières perturbations enregistrées remontent au 22 septembre où les Maliens ont été sevrés du service minimum. Le collectif exige d’Orange un minimum de respect en informant sur les perturbations de réseau 6 | DIGITAL business africa N° 001 de NOVEMBRE 2018
Sundar Pichai, PDG Google
Le géant américain Google annoncé le 8 octobre 2018 la fermeture de son réseau social Google+. Ceci, après avoir découvert et colmaté « immédiatement » en mars 2018 une faille informatique dans le système de son réseau. Selon le groupe, cette faille a exposé les données personnelles d’environ 500 000 comptes d’utilisateurs. Piratés, des adresses électroniques, des professions, des genres et des âges des propriétaires des comptes.
Fabienne Dulac, Directrice Exéc. d’Orange France
L’Arcep a décidé de mettre en demeure l’opérateur Orange pour non-respect de son obligation de service universel téléphonique en France. De nombreuses plaintes faisant état d’une dégradation du réseau cuivre étaient parvenues via la plateforme J’alerte l’Arcep. Ce qui avait provoqué l’ouverture d’une instruction. L’enquête a permis de confirmer la situation. Orange a jusqu’à la fin de l’année pour redresser la barre sous peine de sanction.
Baromètre
Cyrille Nkontchou, Associé Gérant d’Enko Capital Managers
Enko Capital Managers (« ECM »), gestionnaire d’Enko Africa Private Equity Fund « EAPEF » a annoncé avoir pris une participation dans Network Industry and Services « NETIS », une entreprise spécialisée dans la conception, la construction, l’installation et la maintenance d’infrastructures télécoms en Afrique subsaharienne. L’objectif, faire de NETIS un acteur panafricain dans le domaine de la maintenance des infrastructures télécoms.
Patrice Talon, Président du Bénin
Au cours d’une séance d’échange, le 22 septembre 2018, avec tous les acteurs concernés du secteur du numérique, le président de la République du Bénin, Patrice Talon, a rejeté les nouveaux tarifs de l’Internet, et des réseaux sociaux. Patrice Talon a préféré que ces tarifs soient simplement retirés Ainsi, à compter du 24 septembre 2018, les tarifs sont revenus à la normale. Bien d’internautes se sont réjouis de cette nouvelle, car nombreux sont les internautes qui étaient agacés des nouveaux tarifs.
Paul Biya, Président du Cameroun
C’était une crainte partagée par de nombreux Camerounais et de nombreuses associations et ONG. Durant l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 et au lendemain de la tenue de cette l’élection présidentielle, tout comme après l’annonce des résultats, Paul Biya, réélu avec 71,25%, n’a pas coupé Internet comme l’ont fait de nombreux présidents de l’Afrique centrale durant ou après l’élection présidentielle.
Sekou Dramé, DG SONATEL
Le groupe leader des télécoms au Sénégal, Sonatel, a annoncé en septembre 2018 le lancement dans le pays de ses services 4G+. Les internautes bénéficient d’un débit théorique de 300 Mb/s contre 150 Mb/s actuellement en 4G.. Pour l’instant, la 4G+ n’est disponible qu’à Dakar et à Ziguinchor, couvrant environ 130 sites. Cependant, la Sonatel, à travers Sekou Dramé, son directeur général, explique avoir engagé les travaux d’expansion. digital business africa N° 001 de NOVEMBRE 2018 | 7
événement
MAROC
AITEX 2018 : Les défis du royaume dans la mise en place de l’e-Gov, selon Saloua Karkri-Belkeziz La présidente de l’APEBI, la Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring, propose des solutions pour la mise en place de la gouvernance électronique. La troisième édition du Salon Africa IT Expo, baptisé AITEX, s’est tenue à Rabat au Maroc du 04 au 05 octobre 2018. 20 pays dont 10 africains, 50 experts et conférenciers du secteur du numérique, 150 start-up sélectionnées dans le cadre du concours STARTEX
et plus de 1.000 participants se sont réunis autour du thème : « quel digital pour l’Afrique ? ». En marge de ce salon AITEX, Saloua Karkri-Belkeziz, la présidente de l’APEBI, la Fédération des technologies de
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l’information, des télécommunications et de l’offshoring, présente quelques défis du Maroc dans la mise en place de la gouvernance électronique. En général, la présidente de l’Apebi, qui organise ce salon AITEX avec le soutien du ministère de l’Industrie, du
événement de la téléphonie mobile au Maroc est 92% et 60% des foyers marocains sont connectés à l’Internet. Briser la fracture numérique géographique « Au Maroc, nous sommes précurseur dans la réforme de la téléphonie mobile depuis les années 80. Aujourd’hui, nous commençons à prendre du retard quant à l’usage des services numériques. Il faut faire un effort pour développer les services à l’usager, continuer les réformes du secteur télécoms et renforcer l’infrastructure télécoms qui doit être encore plus puissante pour pouvoir couvrir l’ensemble du territoire national », constate cependant la présidente de l’APEBI. Le plus important, rappelle Saloua Karkri-Belkeziz, c’est ce qu’on fait de ces 92% de taux de pénétration de la téléphonie mobile. C’est-à-dire le service offert au citoyen. Aussi, par rapport aux 60% de taux d’accès à l’Internet dans les ménages, la répartition entre le pourcentage d’accès en zone rurale et en zone urbaine n’est pas égale. D’où sa proposition de lutter contre la fracture géographique dans le secteur du numérique en démocratisant l’accès à l’Internet et l’accès aux équipements.
Rabat, Maroc. 04 octobre 2018. Le ministre en charge du numérique, Moulay, engage une conversation avec le robot Pepper. Avec à ses côtés, Mme Saloua de l’APEBI.
commerce, de l’investissement et de l’économie numérique dirigé par Moulay Hafid Elalamy, affirme que le Maroc prend du retard dans la mise en place de l’e-Gov. Ceci même si elle reconnaît que certains efforts remarquables sont faits. Parmi ces efforts, une expérience de la direction générale des Impôts et de la conservation foncière. Mais avant, quels sont les chiffres de pénétration des TIC au Maroc ? L’ANRT, le régulateur télécoms, a tout récemment publié les chiffres de l’appropriation des TIC au Maroc. Parmi ces chiffres, l’on apprend que le taux de pénétration
« Et nous n’avons pas de plateforme numérique nationale. C’est comme si au Maroc on avait une route, mais nous n’avons pas de voiture pour rouler sur cette route », indique la présidente de l’APEBI. Quelques voitures ont néanmoins commencé à rouler sur cette route digitale, reconnaît Saloua Karkri-Belkeziz : « Une expérience intéressante de digitalisation de l’administration, la direction générale des Impôts et la conservation foncière qui ont digitalisé leur service et partagé leurs données. Maintenant par exemple, vous pouvez avoir une alerte quand quelqu’un va se renseigner sur le titre foncier de votre terrain. C’est très important… Il y a un projet de géolocalisation qui permettra de faire le rapprochement entre le terrain, la consommation d’eau, la consommation d’électricité et la déclaration que fait le citoyen à la DGI » En effet, le nouveau plan économique et social validé par tous les Marocains et par Sa Majesté, le Roi Mohamed V, prescrit la transformation digitale des administrations et des PME. Dans son discours du 30 juillet, rappelle la
présidente de l’Apebi, Sa majesté le Roi a explicitement demandé qu’une administration ne réclame plus au citoyen ou à une entreprise un document qui est en possession d’une autre administration. En d’autre termes qu’il y ait échange et partage des données entre les administrations. Elle relève que cette plateforme de partage d’informations et de données qu’on appelle le Gateway existe. Elle a été développée par le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie numérique. Mais, seule quelques administrations les utilisent. « Il faut une loi pour obliger les administrations à partager les informations. Et je pense que c’est en cours d’étude. Et cela fait partie des missions de l’Agence du développement du digital (ADD) créée en août 2017. Fédérer et mutualiser toutes ces données. Son premier conseil d’administration a lieu en décembre et elle opère déjà avec une équipe et un plan d’actions. Et au niveau de l’AITEX, nous travaillons ensemble », explique Saloua Karkri-Belkeziz. Après la volonté publique, il faut une implication personnelle des acteurs et décideurs principaux de l’administration. Car, observe-t-elle, l’engagement des acteurs publics dans le processus de transformation digitale n’est pas la même. La formation et la fuite des cerveaux Le Maroc fait face au problème de l’exode de ses compétences vers des pays de l’occident. Pour Saloua KarkriBelkeziz, le numérique marche sur deux piliers : les infrastructures et les ressources humaines. La formation est donc très importante. « Nous n’avons pas mal d’écoles qui ont chaque année des lauréats en informatique. Mais, depuis un ou deux, l’APEBI a été la première à tirer la sonnette d’alarme en disant attention, il y a un départ massif d’ingénieurs informaticiens marocains et tunisiens vers l’Europe et vers la France qui accélèrent leur transformation digitale », alerte-t-elle. La présidente de l’Apebi rappelle que France a par exemple instauré le passeport talent qui permet aux entreprises françaises de venir recruter en masse au Maroc et en Afrique. « Les entreprises françaises offrent à nos experts la carte de séjour, le visa, etc. Ils vont même jusqu’à prendre en charge leur hébergement afin de faciliter leur
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dossier SPécial
L’Afrique à la conquête des places à l’UIT
A l’occasion de la vingtième Conférence des plénipotentiaires de l’Union internationale des télécommunications qui aura lieu à Dubaï aux Emirats arabes unis, du lundi 29 octobre au vendredi 16 novembre 2018, DIGITAL Business Africa a choisi de présenter les candidatures africaines pour les organes de l’UIT. Les chances et atouts des candidats africains à l’UIT sont donc présentés dans ce dossier spécial. Aussi sont présentés les 20 pays africains qui aspirent à être membre du Conseil de l’UIT. Le Conseil étant l’organe directeur de l’Union dont le rôle est d’examiner les grandes questions de politique des télécommunications dans le monde. Bonne lecture ! Par DIGITAL Business Africa digital business africa N° 001 de NOVEMBRE 2018 | 21
dossier L’AFRIQUE À LA CONQUÊTE DES PLACES À L’UIT
Clés pour connaître et comprendre l’UIT
siège de l’uit a geneve Une rencontre internationale
L’Union internationale des télécommunications (UIT) est l’institution spécialisée des Nations Unies pour les technologies de l’information et de la communication (TIC). La plus grande rencontre des pays membres de l’UIT qui est la vingtième Conférence de plénipotentiaires de l’UIT aura lieu à Dubaï aux Emirats arabes unis, du lundi 29 octobre au vendredi 16 novembre 2018. Occasion pour DIGITAL Business Africa de faire un focus sur cette grande organisation mondiale en charge des TIC. En effet, l’UIT attribue dans le monde entier des fréquences radioélectriques et des orbites de satellite, élabore les normes techniques qui assurent l’interconnexion harmonieuse des réseaux et des technologies et s’efforce d’améliorer l’accès aux TIC pour les communautés mal desservies. L’UIT est une organisation fondée dès sa création sur les partenariats public-privé. Elle compte aujourd’hui 193 pays membres et près de 800 entités du secteur privé et établissements universitaires Membres de Secteur. Son siège est basé à Genève en Suisse. Elle compte 12 bureaux régionaux et bureaux de zone répartis dans le monde.
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Les Membres de l’UIT représentent un large éventail du secteur mondial des TIC, qu’il s’agisse de grands équipementiers et exploitants mondiaux, de petites entreprises novatrices utilisant des technologies nouvelles ou émergentes, ou encore de grands instituts et établissements universitaires de recherche-développement.
Engagée à connecter le monde Fondée sur le principe de la coopération internationale entre les gouvernements (les Etats Membres) et le secteur privé (les Membres de Secteur, les Associés, les établissements universitaires), l’UIT est la principale instance mondiale au sein de laquelle les parties peuvent rechercher un consensus sur diverses questions influant sur l’avenir du secteur des TIC. Le monde compte aujourd’hui plus de 7 milliards d’abonnés au téléphone mobile et plus de 1,4 milliard de foyers possédant une télévision, à quoi s’ajoutent chaque année des dizaines de millions de nouveaux
dossier
L’AFRIQUE À LA CONQUÊTE DES PLACES À L’UIT Le choix se fait par le vote à scrutin direct des 193 Etats membres – à raison d’un pays, une voix – lors de la Conférence de Plénipotentiaires (PP). L’UIT est administrée par la Conférence de plénipotentiaires et le Conseil administratif. La Conférence de plénipotentiaires est l’organe suprême de l’Union; elle est l’instance décisionnelle qui détermine les orientations générales de l’Union et ses activités. La conférence est convoquée tous les quatre ans. Au cours de cette grande rencontre les Etats Membres de l’UIT décident du rôle futur de l’organisation et déterminent par là même sa capacité d’influencer et d’orienter l’évolution des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le monde. En 2018, la vingtième Conférence de plénipotentiaires de l’UIT aura lieu à Dubaï (Emirats arabes unis), du lundi 29 octobre au vendredi 16 novembre 2018. Le Conseil, quant à lui, agit en tant qu’organe directeur de l’Union dans l’intervalle qui sépare les Conférences de plénipotentiaires. Son rôle est d’examiner les grandes questions de politique des télécommunications afin que les activités, les orientations politiques et la stratégie de l’Union soient parfaitement adaptées à l’environnement dynamique et en pleine mutation des télécommunications. Ce Conseil de l’UIT est composé de 48 membres. Chaque membre représente son pays et chaque région a un quota défini de membres. L’Afrique (Région D) dispose de 13 places dans ce conseil. L’Europe de l’Est et l’Asie du Nord (Région C) dispose de cinq places, l’Asie et l’AustralAsie (Région E) 13 places, l’Europe occidentale (Région B) huit places et l’Amérique (Région A) neuf places. internautes. Des centaines de millions de personnes dans le monde utilisent des services par satellite - par exemple, lorsqu’elles suivent les instructions d’un système de navigation par satellite, consultent les prévisions météo, regardent la télévision ou naviguent sur le web dans une zone isolée. Des millions d’autres utilisent quotidiennement les normes de compression vidéo de l’UIT par l’intermédiaire de leur téléphone mobile, de leur lecteur de musique ou de leur appareil photo. La mission de l’UIT est de connecter tous les habitants de la planète quel que soit l’endroit où ils habitent et quels que soient leurs moyens. D’où son slogan « Engagée à connecter le monde ». L’UIT se situe au cœur même du secteur des TIC: elle facilite la conclusion d’accords sur les technologies et les services et attribue des ressources mondiales comme les fréquences radioélectriques et les positions orbitales de satellite afin de créer un système mondial de communications continu, robuste, fiable et en évolution constante.
Les organes de l’UIT L’UIT est dirigée par cinq fonctionnaires élus : le Secrétaire général, le Vice-Secrétaire général et trois Directeurs de bureau (Bureau de Développement des télécommunications BDT, Bureau des radiocommunications BR et le bureau de la Standardisation des télécommunications TSB). Tous sont élus pour des mandats de quatre ans renouvelables une seule fois.
A ce jour, l’UIT est dirigée par le Chinois Houlin Zhao qui postule pour son second mandat de quatre à la tête de l’UIT. Il est déjà assuré de rempiler, car il est le seul candidat à ce poste et les candidatures sont closes depuis le début du mois d’octobre 2018. Tous les candidats postulent pour un mandat de quatre ans. Par Jephté Tchemedie
Rôles des trois BUREAUX de l’UIT Le Secteur des radiocommunications de l’UIT (UIT-R). Il joue un rôle essentiel dans la gestion à l’échelle mondiale du spectre des fréquences radioélectriques et des orbites de satellites, et élabore des normes internationales applicables aux systèmes de radiocommunication. Le Secteur de la normalisation de l’UIT (UIT-T) rassemble des experts du monde entier qui élaborent des normes internationales, à savoir les Recommandations UIT-T, qui sous-tendent l’infrastructure mondiale des technologies de l’information et de la communication. Le Secteur du développement des télécommunications de l’UIT (UIT-D) s’emploie à généraliser l’accès équitable et financièrement abordable aux télécommunications, comme moyen de stimuler le développement socio-économique au sens large. digital business africa N° 001 de NOVEMBRE 2018 | 23