OUGANDA Une taxe POUR les réseaux sociaux et le PAIEMENT Mobile
N° 000 de septembre 2018 - www.digitalbusiness.africa
Par
roaming en afrique
état des lieux et stratégies pour limiter la saignée Lire notre dossier spécial. Pages 24 à 38
Rémy RémyRIOUX, rioux,DG dgde del’AFD l’afd CAMEROUN
« En mi-novembre, nous lançons le financement de Digital Africa »
Nexttel s’offre l’expertise de Gilat Telecom pour déployer la 4G
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editorial
Notre nom change, mais notre ADN reste le même ! Cher lecteur, chère lectrice,
Vous faites sans doute partie des personnes qui suivent avec intérêt TIC Mag depuis septembre 2011. Nous vous remercions de tout cœur. Ce 05 septembre 2018, nous avons pris la difficile décision de changer le nom de notre plateforme web spécialisée dans l’actu des TIC, des Télécommunications et du numérique. Nous allons désormais vous proposer un contenu stratégique sur l’actualité des TIC, des Télécoms et du numérique en Afrique nom plus sous la bannière de TIC Mag, mais à présent au travers de la marque Digital Business Africa. Une décision difficile à prendre, surtout au regard de la réputation que nous avons établie, au fil des années et au fil des nuits blanches. C’est en réalité depuis plus de deux ans que nous avons évoqué la possibilité de changer la marque TIC Mag. Pour trois raisons : Premièrement, parce que nous estimons que dans les années à venir, il ne sera plus très branché de parler de TIC, mais plutôt de numérique ou de digital. Un peu comme l’on assiste aujourd’hui avec la disparition de l’appellation N’TIC au profit de TIC. Deuxièmement, parce que nous envisageons, dans un futur proche, lancer la version anglaise de notre support. Lancer cette version avec la même appellation TIC Mag ne serait pas « so cool » ; la version anglaise de TIC Mag étant ICT Mag. Ce qui impliquerait un investissement plus important en terme de marketing et de communication pour la marque anglaise. Nous avons donc choisi un nom facilement assimilable à la fois en français et en anglais. D’autant plus que d’autres services parallèles seront lancés lors
de la cérémonie officielle de présentation. INTEGRER Les valeurs africaines Troisièmement, il nous a paru important d’insérer la dénomination de notre très cher continent africain dans notre nouvelle appellation. Pas seulement parce que nous sommes attachés aux principes et aux valeurs africaines que nous souhaitons partager aux quatre coins de l’Afrique, mais également parce que nous voulons désormais raconter les success stories et les stratégies de développement du numérique observées chez nos voisins, afin qu’elles puissent, au besoin, inspirer nos lecteurs, nos décideurs. Intégration donc désormais, non plus seulement des infos de l’Afrique centrale, mais également et beaucoup plus des infos de l’Afrique de l’Ouest, de l’Afrique du Nord, de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe. Parmi les nouveautés que nous vous proposons dans la foulée, un magazine mensuel exclusivement disponible en ligne pour le moment. Le numéro 00 que vous lisez en ce moment vous est offert gratuitement. Nous attendons avec impatience vos remarques pour l’améliorer. Un petit sondage est disponible en ligne et dans la newsletter N°1174 de TIC Mag, que dis-je, de Digital Business Africa ou encore dans la première newsletter sondage. Bonne lecture et à vous lire très bientôt ! Et ne l’’oubliez pas : notre nom change, mais notre ADN reste le même ! Beaugas – Orain Djoyum Directeur de la publication
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SOMMAIRE
12-14
interview du mois
ADIEL AKPLOGAN : « PAS D’INDUSTRIE DU DNS EN AFRIQUE SANS CRÉATION DE CONTENUS!”
24-34
dossier
SUPPRESSION DES FRAIS DE ROAMING EN Afrique : Entre joies et déceptions
52
INFRASTRUCTURES
L’ARPCE MET À JOUR LE POINT D’ÉCHANGE INTERNET NATIONAL
44
16-17
NEXTTEL SOMMÉ PAR L’ART DE RÉTABLIR L’INTERCONNEXION avec Kakotel SA
gestion publique
RÉMY RIOUX : « LES MODALITÉS DE FINANCEMENT DE DIGITAL AFRICA »
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çA CLOCHE
57
avis d’expert
QUOI APRES SIGIPES I et II ? Le Pr ATSA ETOUNDI Roger propose des solutions et stratégies pour la maîtrise de la masse salariale au Cameroun
SOMMAIRE 10 pas d’INTERNET en afrique Lire la rubrique Le Graphique.
21 TIC SANS HIC Lire la Chronique de Philippe Mingotaud
34 ANTONIO PEDRO PARLE Le B.A. BA du roaming en Afrique
38 Jean-Jacques massima Lire DIAGNOS’TIC, sa Chronique
48 LA PORTABIlité a ABIDJAN Pour le bonheur des abonnés mobiles
50 le tchad en quête... Le pays veut un quatrième opérateur
OLIVIER MADIBA 55 03 Lire la Chronique Start-Up
56 MELISSA BIME et INFIUSS Lire le Portrait du mois
61
ce que dit la loi
OBTENIR UNE LICENCE TELECOMS AU BENIN
41
GESTION PUBLIQUE
GTS construira AU GHANA UN CENTRE POUR...
DIGITAL BUSINESS AFRICA Magazine des décideurs consacré aux TIC, aux Télécoms et au Numérique en Afrique. MENSUEL. N0 000. Edition gratuite. Mais, les prochaines éditions seront vendues en ligne. Ce numéro vous est offert pour besoin de sondage et vos feedback sont les bienvenus.
Jephté TCHEMEDIE Beaugas-Orain DJOYUM CORRESPONDANT EN EUROPE Philippe MINGOTAUD OPéRATEUR ICT Media STRATEGIES (www.ictmedia.africa )
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Beaugas-Orain DJOYUM
Maquette ICT Media STRATEGIES
REDACTEUR EN CHEF Jephté TCHEMEDIE
Régie PUBLICITAIRE ICT Media Marketing and Communication Agency Mail : contact@ictmedia.agency
CHRONIQUEURS Jean-Jaques MASSIMA Olivier MADIBA Philippe MINGOTAUD ONT CONTRIBUé A CE NUMéRO Laurent ADJOVI CYRILLE ETOUNDI Dany Clarence Gaêlle MASSANG
CONTACTS DIGITAL BUSINESS AFRICA Web : www.digitalbusiness.africa Mail : contact@digitalbusiness.africa Digital Business Africa peut être téléchargé sur le site web du Mag et sur le site web de ICT Media STRATEGIES. Copyright © 2018 Digital Business Africa digital business africa N° 000 de septembre 2018 | 5
Baromètre
Yoweri Museveni, président de l’Ouganda
Le chef de l’Etat ougandais Yoweri Museveni, est actuellement au centre de vives critiques de la part des consommateurs. Cette antipathie, il l’a suscité lorsqu’il a demandé au parlement d’instaurer une taxe d’0,5% sur les réseaux sociaux et une autre sur les transactions par Mobile Money. Des marches de protestations, dispersées par la police, avaient même été organisées dans les rues de la capitale Kampala.
Ferdi Moolman, PDG MTN Nigeria
Le président directeur général de MTN Nigeria, Ferdi Moolman, doit actuellement gérer une crise qui ne fait pas du bien à l’image de marque de l’entreprise. L’opérateur télécoms est accusé d’avoir transféré illégalement des dividendes d’une valeur de 8,1 milliards de dollars US entre 2007 et 2015. La société télécoms a été sommée par la Banque centrale de rembourser cet argent. C’est un scandale de plus qui éclabousse MTN 6 | DIGITAL business africa N° 000 de septembre 2018
Sundar Pichai, PDG Google
Le PDG de Google, Sundar Pichai, devra revoir les pratiques concurrentielles de l’entreprise qu’il dirige. La société américaine accusée d’abus de position dominante par la Commission européenne a été reconnue coupable et punie d’une amende de 4,3 milliards d’euros. Google a profité de la position dominante de son système d’exploitation pour Smartphone, Android, pour asseoir l’hégémonie de ses applications.
Idriss Déby Itno, président du Tchad
Depuis plus de cinq mois, les internautes tchadiens ont du mal à se connecter à l’Internet. Le gouvernement piloté par le président Idriss Déby Itno n’a toujours pas donné d’explications fiables à cette situation. Face à cette censure de nombreux acteurs de la société civile se mobilisent pour le retour intégral de l’Internet dansle pays.
Baromètre
Bilé Diéméléou, DG ARTCI, Côte d’Ivoire
Le directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire est certainement actuellement dans le cœur de tous les Ivoiriens. Il a tenu sa promesse, la portabilité des numéros est effective dans le pays depuis le 03 septembre 2018. Les abonnés ont désormais le pouvoir de changer d’opérateur en cas d’insatisfaction, sans que cela nécessite un changement de carte SIM.
Nana Akufo-Ado, président du Ghana
Shameel Joosub,
C’est sous sa houlette que le groupe télécoms Vodacom a lancé la 5G au Lesotho, devenant le premier opérateur sur le continent à proposer commercialement cette technologie à super haut débit aux populations. Fier de l’investissement accompli, Shameel Joosub est impatient de réitérer l’expérience en Afrique du Sud, le plus grand marché de la société télécoms. Son ambition est d’apporter une expérience télécoms et Internet plus poussée aux consommateurs.
Abdou Karim Sall, DG ARTP, Sénégal
Le chef de l’Etat Ghanéen, Nana Akufo-Addo, a décidé de résoudre définitivement le problème de pollution par déchets électroniques qui prend de l’ampleur à Accra, la capitale. Il annonce dès le mois d’octobre 2018 la construction d’une usine de recyclage par la société SGS. Elle sera basée à Agbogbloshie, le bidonville qui s’est transformé au fil des années en dépotoir pour téléphones, imprimantes, ordinateurs, photocopieuses, etc. C’est également 22 000 emplois qui seront créées pour la jeunesse.
Il a frappé un grand coup cette année, Abdou Karim Sall, le directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et postes (ARTP) du Sénégal. En effet, il a relancé une saine concurrence sur le marché télécoms sénégalais avec l’avènement du dégroupage de la boucle de cuivre de l’opérateur historique Sonatel, le 10 juillet 2018. C’est depuis 2005 que l’ARTP travaille digital business africa N° 000 de septembre 2018 | 7
MOUVEMENTS ET NOMINATIONS John Omo, nouveau SG de l’UAT John Omo (photo à gauche), le candidat du Kenya, est le nouveau secrétaire général de l’Union africaine des télécommunications (UAT). Il a été élu à ce poste, au terme d’une élection organisée le 17 août 2018, lors de la 5ème session ordinaire de la Conférence des plénipotentiaires de l’UAT, tenue à Nairobi. Il prendra officiellement fonction en janvier 2019. Actuellement directeur des services juridiques à l’Autorité des communications du Kenya (CA), l’organe de réglementation des TIC et télécoms du pays, il remplacera le Nigérien Abdoulkarim Soumaila, porté à la tête de l’UAT en
Hermogenes Nzang Esono Elu, président ARTAC L’Equato-guinéen Hermogenes Nzang Esono Elu, Hermogenes Nzang Esono Elu, président de l’Organe de régulation des télécommunications de son pays, est le nouveau président de l’Assemblée des régulateurs télécoms d’Afrique centrale (ARTAC). Il a été désigné au terme de la première session extraordinaire de la conférence des régulateurs de ladite Assemblée, tenue du 07 au 09 août 2018 à Malabo. Longtemps restée inactive, est en quête de redynamisation.
Omobola Johnson, Web Foundation
L’ex-ministre des télécommunications du Nigeria, Omobola Johnson, a été choisie par la Web Foundation, créée en 2009 par l’inventeur du web, Tim Berners-Lee, comme nouveau membre de son conseil d’administration. Elle prendra officiellement fonction au mois de novembre 2018. Actuellement présidente honoraire de l’Alliance for Affordable Internet (A4AI), elle quittera cette fonction à la fin du mois d’octobre 2018. Elle aidera à la désignation de son successeur.
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MOUVEMENTS ET NOMINATIONS Michel Paulin, nouveau DG d’OVH Group Depuis le 27 août 2018, Michel Paulin est officiellement le nouveau directeur d’OVH Group, le champion européen du Cloud. Il remplace le fondateur, Octave Klaba qui prend la présidence du Conseil d’administration de l’entreprise. Ancien patron de Neuf Cegetel, puis de Méditel (Orange Maroc), sa mission sera, avec son expérience et son leadership, d’aider à accélérer la mise en œuvre du nouveau plan stratégique d’OVH Group. Octave Klaba dit avoir « toute confiance en ses qualités humaines pour développer la société en s’appuyant sur la forte culture d’entreprise de nos équipes».
Frehiwot Tamiru, nouveau PDG d’Ethio Telecom L’opérateur historique d’Ethiopie, Ethio Telecom, a un nouveau patron en la personne de Frehiwot Tamiru. Elle a été désignée par le Premier ministre Abiy Ahmed comme présidente directrice générale de la société publique à la fin du mois de juillet 2018. Elle remplace à ce poste Andualem Admassie qui occupait ce poste au cours des cinq dernières années. Ancienne vice-PDG de la défunte Ethiopia Telecommunications Corporation, Frehiwot Tamiru est une femme d’affaires avisée qui a créé sa propre société spécialisée dans la fourniture de solutions TIC, DOXA IT Technology
Joseph Kamgue Takougang, PDG de Kakotel SA Au terme de l’Assemblée générale extraordinaire et élective du Mouvement des entrepreneurs du Cameroun (MECAM) qui s’est tenue le 19 juin 2018 à Yaoundé, Joseph Kamgue Takougang, PDG de Kakotel SA, a été élu vice-président en charge du pôle Economie numérique & Innovation de cette organisation. Le Mecam compte désormais 11 vice-présidents en plus de son président réélu
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LE GRAPHIQUE
L’Afrique au premier rang des zones non couvertes par un réseau d’Internet mobile D’après une étude de la GSMA Intelligence, baptisée « State of Mobile Internet Connectivity 2018 », entendez « l’état de la connectivité de l’Internet mobile en 2018 », 3,3 milliards de personnes étaient connectées à l’internet mobile à la fin de l’année 2017. Soit une augmentation de près de 300 millions par rapport à l’année précédente. Toutefois, plus de quatre milliards de personnes restent sans connexion et un milliard d’entre elles ne sont pas couvertes par les réseaux mobiles à large bande (la “ fracture de couverture “). Par ailleurs, près de trois milliards de personnes vivent dans l’empreinte d’un réseau, mais n’accèdent pas aux services Internet mobiles (la “fracture d’utilisation”), ce qui souligne l’importance des facteurs liés à la demande pour connecter les non connectés. L’indice de connectivité mobile de la GSMA soutient l’engagement de l’industrie 10 | DIGITAL business africa N° 000 de septembre 2018
mobile à connecter tout le monde pour un avenir meilleur. Cet indice mesure la performance de 163 pays - représentant 99% de la population mondiale - par rapport aux facteurs clés de l’adoption de l’Internet mobile : infrastructure, accessibilité financière, préparation des consommateurs, contenus et services. Ces données peuvent aider l’industrie de la téléphonie mobile et d’autres parties prenantes à comprendre sur quoi concentrer l’action pour favoriser une adoption accrue de l’Internet mobile. Comme le graphique l’indique, on peut constater que l’Afrique subsaharienne reste la région du monde la moins couverte par un réseau d’Internet mobile et ayant le plus grand pourcentage de personnes non connectées : 40%. Par contre, l’Asie du Sud la région du monde la plus couverte par un réseau d’Internet mobile, mais qui malheureusement le plus grand nombre de personnes non connectées.
Des chiffres….
... et des mots
3 500 milliards de F.Cfa D’après le Fonds monétaire international (FMI), les transactions de mobile money au Cameroun ont atteint 3,5 mille milliards FCFA [3 500 milliards F.CFA] (17,5 % du PIB), contre 0,3 mille milliard [300 milliards F.CFA] en 2016. Chiffres contenus dans un rapport a publié le 30 août 2018.
300 L’opérateur historique des télécommunications de la Zambie, Zambia Telecommunications Company Network (Zamtel), envisage de construire 300 tours télécoms à travers le pays d’ici la fin de l’année 2018. Brian Mushimba, le ministre des Transports et des Communications, l’a indiqué le 25 août 2018 lors de l’inauguration de la nouvelle tour télécoms de Kalilo.
38,7 millions
10,13 milliards de Dollar Us
Le service Orange Money compte aujourd’hui 38,7 millions de clients dans 17 pays avec 13 millions d’utilisateurs mensuels. Il a généré 26 milliards d’euros de valeur de transactions, en 2017, rapporte Alban Luherne, directeur d’Orange Money pour l’Afrique et le Moyen-Orient. Au Mali ou au Burkina Faso, Marc Rennard estime que 40% du PIB transite par l’opérateur, laissant loin derrière les banques de métier.
8,13 milliards $. C’est le montant que la banque centrale du Nigeria (CBN) réclame à l’opérateur mobile MTN Nigeria depuis le 29 août 2018. Ce montant représenterait des dividendes illégalement transférés en Afrique du Sud par la filiale locale de groupe sud-africain. Evidemment, MTN Nigeria réfute ces accusations. Quelques jours plus tard, le procureur général lui réclame 2 milliards de dollars Us pour des taxes jugées impayées.
Romuald Wadagni
Ministre de l’Economie et des Finances du Bénin. Dis ea dolute ped eos experi dunti accume sinient oremodipiet verumque plaut vera susandae mo cor rerro eic to vernati untem. Hendell atatiatiae rehenihit est, corio volum cupisti onecesent quid qui dolore, volore dolorepel imod ea se dolupta velit dolorerferum sant. Anis accum nis asped modite nobitassunt ant et acerfero offic temodip icienis dest, et eostrunto occat.
Jimmy Onyemenam
Directeur général de Bridgeways Global Projects Limited. « Ce que nous développons à Kantagowa élèvera le statut de Lagos en tant que site technologique mondial. Il va bien au-delà de la fourniture de biens immobiliers pour le développement d’un autre village informatique ». Le concessionnaire chargé de la construction de Kantagowa ICT Business Park, le nouveau parc technologique de Lagos, indique que le projet coûtera près de 43 milliards de nairas (119 886 583 dollars US)
Cina Lawson
Ministre des Postes et des Télécoms du Togo à Jeune Afrique. « Au Togo, nous avons choisi de ne pas exercer de contrôle sur les prix, mais avons veillé à l’ouverture du marché à la concurrence, tout en tenant compte du fait que le marché, avec nos 7 millions d’habitants, reste limité, et que les opérateurs sont de plus en plus réticents à entrer sur ces petits marchés, car cela leur demande de lourds investissements »
M. Libom Li Likeng
Ministre des Postes et des Télécommunications du Cameroun « Nous tenons des indicateurs pertinents qui vont permettre qu’on ait des éléments de pilotage efficace pour l’économie du Cameroun. Les livrables rendus publics ce jour seront distribués pour la planification de l’économie numérique qui est un levier important pour le développement de notre économie », le 07 août 2018, lors de la présentation de l’annuaire des statistiques des TIC et des Télécoms.
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interview du mois
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interview du mois
Adiel Akplogan : « Pas d’industrie du DNS en Afrique sans création de contenus!” Le vice-président de l’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) en charge des questions techniques explique à Digital Business Africa les préalables pour que l’industrie des noms de domaine en Afrique puisse être une réalité. Donc, l’une des pistes et je pense que Digital Business Africa : Aujourd’hui, quelle c’est l’une des plus importantes c’est de se est d’après vous la meilleure approche à focaliser un peu plus sur les contenus et mettre en place pour un réel essor de l’indusles services. C’est l’élément fondamental. trie des noms de domaine en Afrique ? L’autre élément également important est le Adiel Akplogan : Je pense que c’est une développement des capacités. Il faut que les question pertinente, surtout le contexte gens comprennent mieux le rôle que le DNS dans lequel où nous sommes : le DNS a à jouer dans l’infrastructure. GénéraleFORUM 2018 qui se tient à Cotonou au ment, on parle des câbles, on parle de tout, Bénin. Je crois que l’industrie du DNS est mais le DNS est l’élément fondamental qui une partie de l’industrie numérique. Son connecte tout cela ensemble. Donc, déveldéveloppement est lié fondamentalement opper des compétences qui comprennent à la création des contenus. On ne peut pas comment fonctionne parler d’industrie le DNS, qui comprendu DNS s’il n’y a nent l’ampleur du DNS pas de noms de et comprennent donc domaine et s’il n’y Aujourd’hui, c’est vrai financièrement coma pas de contenus. que chaque Etat a cette ment on peut jouer Donc, c’est comme visibilité sur tout ce qui là-dessus. un serpent qui se est rapport avec le nom mord la queue. Mais, l’industrie du pays ou les identités du DNS ne pourra DBA : On a parlé culturelles. Mais, ils sont pas se développer également lors de ce beaucoup plus concernés si nous ne nous forum sur le DNS de sur comment on utilise au focalisons pas sur la problématique de la création de conla souveraineté des les noms de domaine de tenus et de services Etats sur leur nom de deuxième niveau ? qui vont par ailleurs domaine de premier utiliser ces identiniveau. Quels sont fiants. aujourd’hui les défis en matière de souveraineté des Etats sur leur C’est pourquoi lors des discussions plunom de domaine de premier niveau ? sieurs intervenants ont parlé de cet aspect Adiel Akplogan : C’est une problématique critique qui est la création des contenus. globale. Je pense que ce n’est pas la même Parce qu’un nom de domaine, on n’en a chose que lorsqu’il y a 20 ans quand les pas besoin si on ne va pas l’utiliser pour pays n’avaient pas encore compris l’impordonner des services, si on ne va pas l’utiliser tance de l’identité numérique. Aujourd’hui, pour faire du branding, du marketing ou du c’est vrai que chaque Etat a cette visibilité commercial. Donc, il faut arriver vraiment à sur tout ce qui est rapport avec le nom du travailler sur les autres facteurs de l’éconopays ou les identités culturelles. Mais, ils mie numérique qui sont : les contenus, les sont beaucoup plus concernés sur comservices, les applications. Pour que l’indusment on utilise au les noms de domaine de trie DNS puisse s’ancrer là-dessus. deuxième niveau ? Comment on utilise des digital business africa N° 000 de septembre 2018 | 13
interview du mois
choses qui sont associées à la culture ? De sorte à ce que ça ne jaillisse pas négativement sur la stratégie de touristique, la stratégie interne du pays. Donc, il y a une prise de conscience sur l’identité numérique en ligne. Les gouvernants veulent être beaucoup plus au cœur du processus décisionnel autour de ces noms de domaine. Mais, la vraie question qu’on doit se poser le plus avant d’aller au niveau des CCTLD qui sont des noms de domaine de pays, c’est que faisons-nous pour les développer ? Que faisons-nous pour en faire de vrai ambassadeur, de vrai porte-flambeau de nos pays ?
Durant le dernier forum on a parlé plusieurs fois du cas du .bj qui est dans ce processus de redélégation de la gestion du .bj. Et toutes les discussions ont montré qu’il faut une bonne collaboration avec les différents acteurs. C’est une problématique dans beaucoup de pays, c’est une problématique inhérente au niveau de développement de l’internet dans le pays. C’est un facteur clé pour le développement aussi. Je suis persuadé que la gestion efficace de ces CCTLD, avec une équipe compétente, aidera à favoriser un écosystème local qui portera le pays vers le développement de l’économie numérique. C’est un élément fondamental, mais sa gestion doit se faire de façon collaborative.
Le problème c’est que globalement les gens ont du mal à nous prendre au sérieux, parce que déjà au niveau de nos noms de domaine pays, ces CCTLD qui nous sont déjà attribués alloués, la gestion n’est pas efficace. Mais, si vous n’arrivez pas développer un .Cg par un exemple à ce qu’il devienne autonome financièrement, il est difficile d’aller se battre au niveau global sur quelque chose qui touche le Congo, puisque la gestion qui est déjà attribuée au pays n’est pas efficace. Donc, il y a une prise de conscience qui est réelle, qui est légitime maintenant au niveau des gouvernants de s’impliquer plus au niveau de l’identité globale.
DBA : Comment l’ICANN accompagne les Etats dans ce sens-là pour qu’il y ait effectivement une bonne collaboration pour un bon développement de l’industrie des noms de domaine ? Adiel Akplogan : L’ICANN a un rôle au niveau technique, à savoir la délégation de ces CCTLD au niveau de la racine. Ce que nous faisons aujourd’hui ce sont des formations au niveau technique, parce que le résultat voulu la stabilité, la résilience de Il y a cette permanente con- c’est l’infrastructure et des identifiants frontation entre l’utilisation internet. Donc, ce que nous avons démocratisé de ces noms fait jusque-là est la formation des opérateurs techniques sur de domaine-là et la notion les meilleures pratiques et de qu’on a encore que l’Etat s’assurer que cela fonctionne abusera de son autorité convenablement.
DBA : La RD Congo a eu à une époque un problème avec un particulier qui avait les droits sur le .CD. là-dessus. Ceci étant dit, je L’ICANN ne s’est pas beaucoup Est-ce qu’aujourd’hui on continue pense qu’il y n’y a pas meilimpliquée dans la partie « Policy à avoir des noms de domaine de » et dans la partie de développeleur façon de gérer les noms premier niveau des pays en Afment de la communauté locale rique qui ont ce genre de problème de domaine de pays sans pour deux raisons : première où les Etats n’ont pas le contrôle une collaboration franche raison, ce n’est pas fondamentotal sur leur nom de domaine de entre tous les acteurs. talement la mission de l’ICANN premier niveau ? ; deuxième raison, c’est que Adiel Akplogan : Oui, c’est un l’’ICANN pense qu’il appartient à problème un peu récurrent dans chaque communauté de s’organles pays africains tout simpleiser à la manière qui correspond le mieux à son contexte. ment parce qu’à l’origine il y a des pionniers qui ont Toujours est-il que pour avoir une délégation au niveau voulu se servir de ces noms de domaine de premier de l’ICann il faut montrer carte blanche, montrer que on niveau. Donc, le cas du Congo n’est pas un cas isolé a quand même crée une communauté qui est en accord dans cette situation. Mais, je pense aussi que ce qui crée entre les différents acteurs et que les dissensions la confrontation aujourd’hui c’est de dire comme vous n’impacteront pas la stabilité de leur développement. Il y l’avez mentionné que l’Etat doit avoir le contrôle total. a d’autres organisations comme ISOC (Internet Society) C’est une approche qui est réfractaire à ceux qui ont été par exemple qui sont beaucoup actives dans la création pionniers, parce que leurs objectifs c’est de dire qu’il faut de cette communauté à travers les chapitres locaux et à qu’il serve à tout le monde. travers d’autres organisations comme l’AFTLD (African Mais, si on commence à dire que l’Etat avoir le contrôle Top Level Domains Organization, ndlr). Ce sont des total, on sait comment la dérive arrive très vite. Donc, il y acteurs beaucoup plus engagés sur le soutien aux coma cette permanente confrontation entre l’utilisation démunautés locales. Nous nous situons beaucoup plus au mocratisé de ces noms de domaine-là et la notion qu’on niveau de l’implémentation technique et de l’assurance a encore que l’Etat abusera de son autorité là-dessus. que techniquement la stabilité est garantie. Ceci étant dit, je pense qu’il y n’y a pas meilleur façon de gérer les noms de domaine de pays sans une collaboration franche entre tous les acteurs, y compris technique, Propos recueillis par y compris étatique, y compris société civile. Beaugas-Orain DJOYUM
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digital business africa N° 000 de septembre 2018 | 15
ÇA CLOCHE !
CAMEROUN
Nexttel sommé par l’ART de rétablir l’interconnexion avec Kakotel SA
L’Agence de régulation des télécommunications (ART) a demandé au troisième opérateur mobile du pays de revenir à de bons sentiments dans le respect de la réglementation. Pour les opérateurs licenciés, l’ART répare une injustice. Nouveau rebondissement dans l’affaire opposant l’opérateur mobile Viettel Cameroun qui exploite la marque Nexttel et l’opérateur Kakotel SA, détenteur d’une licence de première catégorie pour l’établissement et l’exploitation des réseaux en vue de la fourniture au public des services de communications électroniques.
JOSEPH KAMGUE Le PDG de KAKOTEL SA
En effet, depuis que Kakotel Cameroon SA a obtenu sa licence le 16 février 2018, après avoir payé ses droits d’entrée comme le veut la réglementation en vigueur au Cameroun, ce jeune opérateur a du mal à lancer ses activités avec aisance parce que les trois grands opérateurs mobiles du pays (Nexttel, MTN Cameroon et Orange Cameroun) traînent à établir une réelle interconnexion des services SMS et la terminaison d’appels avec lui. L’affaire avait alors été portée par Kakotel devant le régulateur (l’Agence de régulation des télécommunications) pour arbitrage. Ce 23 août 2018, l’ART a sommé Nexttel de rétablir l’interconnexion avec Kakotel SA. Dans une correspondance adressée au DG de Viettel Cameroun, que TIC Mag a pu consulter, Philémon Zo’o Zame, le DG de l’ART, demande au DG de Viettel Cameroun, troisième opérateur mobile du pays, de « rétablir sans délai » les interconnexions coupées.
L’injonction de l’ART « Monsieur le Directeur Général, j’ai l’honneur de porter à votre connaissance que dans le cadre du litige d’interconnexion rappelé en objet, des séances de conciliation sont en cours à l’Agence en vue de trouver une solution à l’amiable à ce problème. Par ailleurs, la suspension d’interconnexions des services SMS et terminaisons d’appels s’étant opéré sans décision préalable de l’Agence, en violation de l’article 58 du décret N°2012/1640/ PM du 14 juin 2012 fixant les condi16 | DIGITAL business africa N° 000 de septembre 2018
ÇA CLOCHE !
tions d’interconnexion, d’accès aux réseaux de communications électroniques ouverts au public et de partage des infrastructures, je vous demande de rétablir ces interconnexions sans délai. Vous voudriez, pour le volet terminaison trafic, prendre les dispositions pour que ledit trafic soit exclusivement destiné aux abonnés du réseau de Viettel Cameroun », écrit le DG de l’ART au DG de Viettel Cameroun. En effet, le décret N°2012/1640/ PM du 14 juin 2012 fixant les conditions d’interconnexion, d’accès aux réseaux de communications électroniques ouverts au public et de partage des infrastructures, en son article 12, stipule que « les opérateurs de réseaux de communications électroniques ouverts au public, titulaires d’une concession, sont tenus de faire droit, dans les conditions objectives, transparentes et non discriminatoires, aux demandes d’interconnexion et d’accès au réseau de tout opérateur des services de communications électroniques ouvert au public, titulaire d’une concession, d’une licence ou d’un récépissé de déclaration ». L’article 13 de ce même décret précise que « l’interconnexion et l’accès aux différents réseaux de communications électroniques ouverts au public font l’objet d’une convention de droit privé entre les parties, précisant les conditions techniques, financières et administratives prévues par les
dispositions du présent décret ».
Kakotel SA appelle à la sanction Commentant cette décision de l’ART, Joseph Kamgue, le PDG de Kakotel SA, affirme que « l’ART, en enjoignant Nexttel de nous reconnecter sans délais, vient sur le tard réparer une injustice et un abus de position dominante qui n’est d’ailleurs pas propre uniquement à Nexttel, puisque MTN et Orange ont fait pire en refusant carrément de nous interconnecter pour des raisons plus ou moins loufoques n’ayant rien à voir avec la réglementation ». Joseph Kamgue encourage l’ART, le gendarme du secteur, à « sanctionner avec énergie, afin que personne d’autre ne puisse plus s’aventurer sur ce chemin-là ». D’après lui, Nexttel, en refusant l’interconnexion avec Kakotel, participe à la destruction de l’image de Kakotel SA non seulement devant ses clients, mais également devant ses fournisseurs et devant ses employés. « Notre crédibilité à la banque est également détruite! Car de l’entreprise modèle que l’on était, on s’est retrouvée blacklistée à cause des entreprises qui se croient tout permis. Comment voulez-vous qu’une banque fasse confiance aux start-up dans ces conditions, si l’une des plus prometteuses d’entre elles ne peut pas travailler faute de clients à cause des mastodontes qui font fi des licences délivrées par le Gouvernement et les poussent sans honte à la faillite? », s’interroge le promoteur de
Philémon Zo’o Zame Le DG de l’ART
Kakotel SA. Pour lui, il s’agit d’une volonté clairement affichée des opérateurs mobiles concessionnaires (Nexttel, Orange et MTN) de bloquer le développement des entreprises nationales du secteur du numérique.
Un problème rencontré par plusieurs opérateurs licenciés « Si une banque finance les start-up et celles-ci remboursent elle n’aura aucun intérêt à ne pas financer d’autres start-up qui viennent vers elle. Mais si la banque finance la première start-up et que celle-ci ne rembourse pas, les conséquences pour l’économie sont désastreuses, d’où le constat selon lequel les banques sont surliquides, mais manquent de garantie ou bien de confiance », explique Joseph Kamgue qui souhaite un rétablissement rapide de ces interconnexions non seulement avec Nexttel, mais également avec MTN et Orange. Au Cameroun, Kakotel SA n’est pas la seule entreprise qui souffre du refus de l’interconnexion de leurs réseaux avec ceux des opérateurs mobiles Orange, MTN et Nexttel. L’entreprise GTS Infotel Cameroon SA de Pierre-François Kamanou, par ailleurs président du REPTIC, sollicite également en vain depuis 2002 l’interconnexion avec Orange et MTN. Seul l’opérateur historique Camtel est sensible aux demandes d’interconnexion des opérateurs nationaux de communications électroniques détenteurs d’une licence.
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OPERATEURS
CAMEROUN
Nexttel s’offre l’expertise de Gilat Telecom pour déployer la 4G
Le troisième opérateur de téléphonie mobile a signé à cet effet un accord de service avec le fournisseur de solutions de connectivité par satellite et fibre optique. Le choix du groupe israélien est intervenu au terme d’un appel d’offres auquel ont pris part plusieurs entreprises télécoms actives en Afrique. La société télécoms Nexttel, filiale du groupe télécoms vietnamien Viettel a décidé de passer à la vitesse supérieure sur le marché télécoms camerounais. La compagnie veut passer des services 3G à la 4G. Elle a signé à cet effet un accord de service avec le fournisseur israélien de solutions de connectivité par satellite et fibre optique, Gilat Telecom, pour l’accompagner dans ce chantier. Nexttel « utilisera le réseau de fibre optique de Gilat Telecom au Cameroun et en Afrique, pour fournir à ses clients un service haut débit rapide et fiable », a indiqué son partenaire dans un communiqué. Le choix de Nexttel pour Gilat Telecom, découle d’un appel d’offres auquel l’entreprise s’est imposée grâce à son excellent service-client et à ses performances (SLA) « extrêmement élevées ». Avec la 4G, Nexttel voudrait renforcer sa position sur le marché télécoms locale. La société qui a lancé ses activités en septembre 2014 revendiquait 5 millions
d’abonnés au premier semestre 2018, pas très loin de ses principaux rivaux Orange et MTN qui présentaient un parc d’abonnés respectif de 6,58 millions et 6,6 millions de personnes. La progression rapide de Nexttel sur le marché télécoms local est due à la qualité de service Internet proposée par l’entreprise ainsi qu’à la couverture des zones rurales longtemps délaissé ses concurrents. Avec la 4G, Nexttel qui rêve grand entrevoit une opportunité de booter son nombre de consommateurs en investissant dans la data à haut débit, nouveau segment de croissance du secteur télécoms. Cette évolution du volume d’utilisateurs sera également le gage d’une meilleure santé financière pour la compagnie. La 4G pourrait permettre à Nexttel de redevenir le premier marché du groupe sur le continent. Au premier trimestre 2016, la compagnie avait présenté des
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revenus globaux de 21 milliards de francs Cfa, plus importants que ceux de Halotel en Tanzanie; de Movitel au Mozambique ou de Lumitel au Burundi. Très ravi du contrat signé avec la filiale camerounaise de Viettel, Dan Zajicek, le président directeur général de Gilat Telecom, a expliqué qu’il intervient dans un contexte stratégique pour Nexttel. Pour lui, « la demande pour les services haut débit mobile est très élevée au Cameroun. […] Les gens veulent pouvoir accéder aux services en ligne depuis leur téléphone, via un réseau fiable et rapide ». Gilat Telecom qui a une forte présence en Afrique, notamment en République du Congo, au Ghana, en Ouganda, au Nigeria ou encore en Zambie, s’est réjoui de son investissement massif dans l’infrastructure en Afrique. Car d’après le groupe, c’est cet atout qui lui a permis de gagner de gros clients comme Nexttel.
OPERATEURS
MAROC
Inwi lance la 4,5G au grand bonheur de ses clients La société télécoms a mis le très haut débit sur le marché. La technologie lui permettra d’améliorer sa part de marché qui demeure plus faible face à Maroc Telecom et Orange. La filiale du groupe marocain Al Mada est déterminée à renforcer l’expérience télécoms de ses abonnés ainsi que sa santé financière.
Depuis le 16 août 2018, les abonnés de l’opérateur de téléphonie mobile Inwi expérimentent le très haut débit. La société télécoms a en effet lancé la 4,5G, dernière étape avant le super haut débit qu’est la 5G. À travers ce grand pas accompli dans l’amélioration de son réseau, la société télécoms s’est réjouie de pouvoir désormais offrir à ses abonnés une vitesse de téléchargement d’1Gbps. De manière pratique, Inwi souligne qu’avec son très haut débit Internet, un abonné peut « par exemple télécharger un film en 4K de 26 Gigabits en moins de 30 secondes ». Pour l’opérateur télécoms qui produit déjà des web séries, cette consolidation de sa connectivité sera certainement un catalyseur bénéfique pour son segment du streaming vidéo. Fadoua Bettioui Laroussi, le directeur planification et performance d’Inwi, a expliqué que le nouveau débit de la société télécoms permettra « aux particuliers comme aux entreprises de profiter d’un
débit équivalent à la fibre optique avec la flexibilité de la mobilité ». Il a affirmé qu’au-delà de l’impact positif que cette technologie aura sur le segment du divertissement, sa contribution dans la télémédecine, le télé-enseignement et bien d’autres applications sociales sera encore plus grande. Pour offrir un débit Internet sans précédent à ses consommateurs, l’opérateur téléphonique s’est offert l’expertise technique de la société technologique chinoise Huawei. Cette dernière a mis la « technique de multiplexage massive MIMO 4X4 et des fonctionnalités réseau de nouvelle génération » à la disposition d’Inwi. Le système est utilisé dans les réseaux sans fil et les réseaux mobiles basé sur plusieurs antennes, tant au niveau de l’émetteur que du récepteur, et permettant un débit plus élevé et des transferts de données à plus longue distances.
Actuellement dernier du marché télécoms, avec près de 24% de part de marché, la 4,5G d’Inwi devrait lui permettre de séduire de nouveaux clients et de susciter une consommation accrue chez les anciens. La société qui affiche près de 10,3 millions d’abonnés, sur un marché d’environ 44 millions d’utilisateurs, pourra surtout effectuer un pas de plus dans la réalisation de son ambition de démocratiser le très haut débit au Maroc. Le réseau mobile 4,5G lancé par Inwi représente l’une des composantes de cette ambition. Dans un entretien accordé au site d’informations media24.com, en décembre 2017, Rachid Mechahouri, le directeur technique d’Inwi, indiquait qu’un mix technologique regroupant le mobile, l’ADSL, la fibre optique et la Vsat constituerait la stratégie de la compagnie pour fournir l’Internet très haut débit à tous les marocains dès 2018.
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OPERATEURS
LESOTHO
Vodacom a lancé son réseau 5G dans le pays
Le pays est ainsi devenu le tout premier marché du continent à faire l’expérience du réseau télécoms du futur. Pour la société télécoms, ce basculement de qualité témoigne de sa capacité à mettre le super haut débit à la disposition des consommateurs de ses autres marchés d’Afrique. Mais cela nécessite l’allocation des fréquences adéquates. Les populations du Lesotho sont les toutes premières du continent à expérimenter la 5G. Le réseau télécoms de dernière génération, avec son début internet inégalée, sa latence quasi-instantanée et sa densité de connexion renforcée, a été lancé dans le pays 25 août 2018 par l’opérateur de téléphonie mobile Vodacom. Avec cette technologie mobile, la société télécoms s’est vantée de pouvoir désormais offrir à ses consommateurs une qualité de service similaire à celle de la fibre optique. Elle compte également dessus pour développer les segments de l’analyse de données massives, l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle et augmentée, l’Internet des objets au Lesotho. Pour lancer la 5G au Lesotho, pays montagneux et sans littoral pour acheminer la fibre optique sous-marine, l’opérateur télécoms a obtenu
une fréquence dans les bandes de 3,5 GHz. Le lancement réussi de la 5G par Vodacom Lesotho, il a été rendu possible grâce à l’expertise technique de la société technologique Nokia. Les deux compagnies avaient signé un mémorandum d’entente à cet effet en novembre 2017. A travers cet accord de collaboration, elles ont testé pendant plusieurs sessions les dernières innovations 5G de la société finlandaises, notamment les technologies massive MIMO Adaptive Antennas, AirScale Radio Access, AirGile Cloud-native Core, Multi-Access Edge Computing, et end-to-end Mobile Anyhaul transport networks. Dans un communiqué, Shameel Joosub, le directeur général du groupe sud-africain Vodacom, maison-mère de Vodacom Lesotho, a affirmé : « ce que nous avons accompli au Lesotho est un exemple de ce qui peut être réalisé en Afrique, si le
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spectre requis est également disponible ». Le patron de Vodacom Group exprimait ainsi son impatience à voir les autorités d’Afrique du Sud agir enfin à leur tour pour faciliter aux opérateurs télécoms l’acquisition des ressources télécoms indispensables à la mise en service du super haut débit. En Afrique du Sud, son principal marché, le groupe Vodacom a déjà fait ses preuves. Grâce à une licence de spectre temporaire de 100 MHz dans la bande 3,5 GHz, la filiale africaine du Britannique Vodafone a testé avec succès la 5G dans la ville sud-africaine de Durban le 7 juillet 2018. En Afrique du Sud, Vodacom voudrait lancer le réseau 5G pour de répondre plus efficacement à la forte demande en connectivité Internet exprimée par les populations et les entreprises. C’est depuis 2017 que la société télécoms et ses concurrents appellent le gouver-
OPERATEURS
MTN Nigeria obtient un prêt de 200 milliards de naira auprès de 12 banques locales Avec cette somme d’argent, la société qui est leader sur le marché national des télécoms prévoit d’étendre davantage sa couverture réseau. Elle envisage également de faire évoluer ce dernier pour offrir des services télécoms convergent à ses abonnés. L’objectif est d’améliorer l’expérience télécoms de ses abonnés et accroître ses performances fiL’opérateur de téléphonie mobile MTN Nigeria a signé le 16 août 2018 un prêt à moyen terme de sept ans avec un consortium de douze (12) banques nigérianes pour un montant de 200 milliards de naira. L’argent obtenu à travers cet accord signé dans les cabinets d’avocats d’Aluko et Oyebode, Ikoyi, à Lagos, est une étape majeure dans le programme d’expansion de la société où des investissements importants sont réalisés, a déclaré Ferdi Moolman, le président directeur général MTN Nigeria. Il a ajouté que la facilité permettra à la compagnie de faire évoluer son réseau pour fournir une qualité convergente et supérieure, accélérer l’extension de la capacité vocale et la pénétration des services de données, maintenir une structure de capital et un niveau de financement optimaux favorisant la croissance et l’expansion. MTN est actuellement l’opérateur leader du marché télécoms national avec 55 millions d’abonnés. Le prêt de 200 milliards de nairas accordé à MTN Nigeria est soumis à un moratoire de deux ans et à un plan de remboursement de cinq ans. Les banques impliquées sont Citibank Nigeria Limited; Diamond Bank Plc; Ecobank Nigeria Plc; Fidelity Bank Plc; First Bank of Nigeria Plc; First City Monument Bank (FCMB) Limited; FSDH
Merchant Bank Limited; Rand Merchant Bank (RMB) Nigeria Limited; Standard Chartered Bank Plc; Stanbic IBTC Bank Plc; United Bank for Africa (UBA) Plc et Union Bank Of Nigeria Plc. La somme obtenue par MTN vient s’ajouter aux 498 millions de dollars US consacrés en 2018 par la société télécoms à l’expansion de son réseau afin de se renforcer sur le marché de la data. L’intérêt de MTN Nigeria pour la data est suscité par la réallocation budgétaire effectuée par de nombreux d’abonnés pour les appels via WhatsApp et les autres applications Over-The-Top (OTT) au détriment des appels clas-
siques. Dans un entretien accordé au journal The Guardian, Adekunle Awobodu, le directeur financier de MTN Nigeria, a souligné qu’au regard de ce changement de comportement qui ne se limitera pas seulement aux grandes villes, il devient urgent pour l’opérateur d’étendre son réseau dans l’arrière-pays et de combler le fossé numérique auquel le pays est actuellement confronté. Au premier semestre 2018, la société télécoms a enregistré un revenu de 17 230 000 000 Rands (1 194 501 783 dollars US). Le segment de la data y a
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vocation operateurs
Since 21st century, with ICT wide application, many countries focus on reliability, flexibility and quality of power grid, started series of R&D in distribution and consumption part, like interaction with power consumers, renewable energy, distributed energy, etc. Smart Grid concept gradually emerges. Power grid is not only electricity carrier, but also platform of energy conversion, energy effective dispatch and interactive service. Through the platform, we can access multi types of energy at same time, optimize energy dispatch, merge with internet, M2M, smart phone to provide innovative service of HAN (home
area network), smart community, smart transportation and smart city. Power grid is energy internet platform in the future.
Now power utilities are facing many problems: 1) Low reliability and security of grid: aging infrastructure, unbalanced supply and demand, poor dispatch management, frequent power outage, long time for outage recovery, intrusion of substations, breakdown of power equipment, short circuit of transmission lines, etc. 2) High line loss: many power utilities’ line loss reaches 30%. It’s huge waste.
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There are many reasons for high line loss: technical issue, management issue, etc. 3) Revenue loss: many power utilities are facing some problems: severe overdue payment, tampering behavior; they greatly influence power utilities revenue; manual meter reading have high manpower cost, and it’s not accurate. 4) Low work efficiency: lack of IT based work flow; difficult to share data among IT systems, information islet; low customer satisfaction. To meet the challenge and solve the current problems, we need advanced
operateurs information in various forms, and greatly decreases the costs of communication equipment deployment, operation and maintenance. ZTE Power Communication Network Solution has the largest market share in the Chinese market, serving the State Grid Corporation of China, China Southern Power Grid and other large scale power enterprises. Also, ZTE’s OPGW/ADSS turnkey installation distance is more than 14,000 km. The Power Automation Solution will install RTU, FTU, DTU, TTU in substation, RMU,etc, these equipments will gather real-time information of grid and transmit to Control Center. Control Center realize remote real-time monitoring and remote control. It will greatly guarantee grid reliability. The Smart Meter Solution provides an advanced AMI platform, communication pipes &modules and meters. It can also be provided as an end-to-end integrated solution. ZTE Smart Meter Solution supports the key service features of AMI,HAN and DR, and provides entries for value-added services. The AMI platform integrates and optimizes the management of the power consumption ecosystem for users. The Smart Meter Solution has been successfully deployed in more than a dozen of countries. ZTE also cooperated with over 50 global partners to provide optimized integrated power consumption solutions and build a global power consumption ecosystem.
power grid system which is more reliable, green, interactive and efficient. As world leading ICT solution provider, ZTE develop Smart Grid Solutions for every aspect of power industry, it contains five sub-solutions: Renewable Energy Solution, Smart Power Communication Network Solution, Power Automation Solution, Smart Meter Solution and Smart Informatization Solution. The Renewable Energy Solution is a flexible, professional and efficient green energy solution. With 10 years of experience in R&D, integration and delivery in the renewable energy industry, ZTE’s turnkey project delivery capability has
been widely proven in the global market. ZTE provides one-stop services including consulting, design, financing, delivery and O&M for global customers. ZTE’s Renewable Energy Solution has been widely applied in China and Africa, with more than 100 projects successfully deployed in over 60 countries. The Power Communication Network Solution is used to build a safe, stable and agile network system supporting real-time, ultra long-distance transmission and unified network management. It ensures safe, accurate, and real-time transmission of power production information and administrative office
The Power Informatization Solution mainly include 3 layers: modular data center as infrastructure layer, cloud computing as platform layer and many component in application layer, e.g. Billing, CRM, ERP, contact center, CCTV, video conference, trunking, cyber security, unified communication, etc. the solution can greatly improve Power Utilities work efficiency and lower operational cost. Following the philosophy of “mutual benefits and win-win cooperation”, ZTE is willing to establish a strategic cooperation partnership with power utilities to provide excellent solutions and services for customers. In the field of smart grid, ZTE has global presence and already serving 80 customers in more than 60 countries and providing customers with innovative personalized solutions.
ZTE Cameroon
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OPERATEURS
Telecom Egypt décroche un crédit de 500 millions $ auprès d’un consortium de banques L’opérateur historique des télécommunications utilisera cette facilité pour financer ses dépenses en capital et en fonctionnement. L’argent contribuera également à soutenir les rêves d’expansion d’activités de l’entreprise publique.
Un consortium de banques dirigé par les émiraties Abou Dhabi Bank et Mashreqbank a accordé un crédit syndiqué de 500 millions de dollars US à Telecom Egypt. D’une durée de validité de cinq ans, cette facilité de financement sera injectée par l’opérateur historique dans son capital et dans son budget de fonctionnement. Une partie de l’argent servira également à financer l’expansion d’activités de la société publique. En matière d’investissement pour l’expansion de ses activités, Ahmed El Beheiry, le directeur général du groupe indiquait le 14 août 2018, lors de la
présentation des résultats financiers de l’entreprise pour le second trimestre 2018, que les prochaines années seraient focalisées sur « l’intégration et la monétisation réussies de l’activité mobile nouvellement établie pour stimuler la croissance; la refonte de l’infrastructure Internet égyptienne pour fournir la meilleure qualité de service et générer des revenus et de la croissance économique; élargir le réseau international de l’Égypte dans le but de permettre notre vision de l’Égypte en tant que plaque tournante numérique ». Le crédit obtenu par l’opérateur historique vient s’ajouter aux deux autres
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En mai 2018, Telecom Egypt avait sécurisé un crédit syndiqué de 200 millions de dollars US auprès de la Banque africaine d’Import-Export (Afreximbank) et un autre financement similaire...
que la société télécoms a obtenus en mai dernier et destiné aussi bien à financer ses plans d’expansion d’activités que ses besoins en fonds de roulement. En effet, en mai 2018, Telecom Egypt avait sécurisé un crédit syndiqué de 200 millions de dollars US auprès de la Banque africaine d’Import-Export (Afreximbank) et un autre financement similaire, cette fois-ci de la Bank of China et de China Export & Credit Insurance Corporation. En tout, c’est une somme de 900 millions de dollars US que l’opérateur historique des télécommunications a déjà levé depuis le début de l’année. Une année au cours de laquelle l’entreprise a multiplié les actions stratégiques en rapport avec son ambition de diversification de ses activités. Le 21 mai 2018, Telecom Egypt a acquis MENA Cable Submarine System, filiale d’Orascom, pour 90 millions de dollars US. L’infrastructure de 9, 030 km, d’une capacité totale de 48 TB/s, lui permettra de satisfaire les demandes de capacité croissantes sur les marchés du Moyen-Orient, de l’Inde et du sud de l’Asie. Au second trimestre 2018, Telecom Egypt revendiquait déjà un revenu semestriel consolidé de 10 124 612 000 livres égyptiennes (565 262 940 dollars US). Soit une progression de 16% comparé aux 8 736 458 000 livres égyptiennes (487 761 500 dollars US), réalisés à la même période en 2017. Durant cette péri-
INNOVATION
Cameroun
Avec l’App Akoum, priorité aux produits « Made in Cameroon » Fondée le 16 novembre 2016 par une jeune camerounaise du nom de Jessica Eya’ane, l’Association pour la Valorisation des Produits Locaux (AVPL) s’est donnée pour mission de contribuer à sa manière au développement du pays en trouvant une solution d’appui aux producteurs locaux.
Consommer local, beaucoup de personnes le souhaitent au Cameroun. Mais, trouver le produit qui rassure quant à ses normes de qualité n’est pas toujours évident. L’Association pour la Valorisation des Produits Locaux (AVPL) l’a compris et s’est engagée à devenir l’intermédiaire privilégié entre les producteurs locaux et les consommateurs. A travers son application mobile Akoum, la petite entreprise rêve de faire connaître le savoir-faire local, les produits « Made in Cameroon » dans divers domaines, notamment l’agriculture, l’élevage, l’artisanat, le cosmétique, le vestimentaire. L’application Akoum, dont le slogan est « la richesse du Cameroun dans votre proche », se présente donc comme un annuaire dans lequel les informations sur les produits locaux recensés sont rangées par catégories, puis souscatégories. Chaque produit fournit des informations sur sa localisation de production, le nom du producteur ou fabricant, la marque associée, sa composition (plus pour les produits alimentaires), le point de vente, le contact du vendeur.
Il y a une possibilité de géolocaliser le point de vente d’un produit et même de consulter l’ensemble des points de vente afin de déterminer ceux plus proches de chez soi. L’AVPL est née suite à la découverte par Jessica Eya’ane du potentiel de production locale lors de ses visites de foires et autres foras à travers le pays. Au cours de ces escapades, la jeune femme a surtout été frappée par la faible promotion de ces produits pourtant de qualité. « J’ai découvert tellement de produits locaux camerounais dans ces foires agricoles, que je suis arrivé à la conclusion qu’une grande quantité des produits importés et vendus dans nos marchés et supermarchés a son équivalence au plan local. Pourquoi donc acheter le produit un produit importé si un camerounais peut offrir l’équivalent ? J’ai compris par la suite que c’est le manque d’informations sur cette production locale qui la rendait quasi-inconnue », explique la jeune camerounaise titulaire d’un diplôme en finance. Après quelques posts sur les réseaux
sociaux qui lui ont valu un intérêt de plus en plus grandissant des consommateurs camerounais, la nécessité de créer une interface d’informations dédiées s’est imposée dans son esprit. L’application Akoum est vite passée du stade d’idée théorique à un projet pratique qui a regroupé plusieurs compétences dont un gestionnaire de qualité produit Cependant pour transformer une belle idée en produit fonctionnelle, il faut de l’argent et l’AVPL s’est vite retrouvée confrontée aux difficultés inhérentes au monde des entrepreneurs : le problème de financement. Aujourd’hui encore, la Start-up a besoin de fonds pour recenser les producteurs locaux, les atteindre dans leurs zones de résidence parfois enclavées; tester la qualité du produit avant de l’insérer dans l’application mobile ; donner aux produits un conditionnement agréable, à même d’attirer l’attention du consommateur et de susciter l’achat. Grâce à la somme d’1 million FCFA remporté au Prix Orange de l’Entrepreneur Social (POESAM) 2017, dans la catégorie prix spécial féminin, l’AVPL a déjà pu
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dossier
Suppression des frais de roaming en Afrique : Entre joies et déceptions 1436 F.Cfa,. C’est le montant qui a été débité du compte de mobile de Narcisse Kiouari, ressortissant du Congo Brazza en déplacement à Dakar au Sénégal, après avoir effectué un appel de moins d’une minute vers Brazzaville avec sa carte Sim congolaise. Son désarroi, il l’exprime sur son compte Facebook ce 05 septembre 2018, avec capture d’écran à l’appui : “Voilà ce qu’on m’a coûté environ une minute de communication en roaming (appel à l’extérieur avec mon numéro du pays)... Les opérateurs de téléphonie mobile ont tout intérêt à revoir leur modèle économique et la nature des contrats entre eux afin de garantir leur pérénité”. Conserver son numéro d’appel lorsqu’on voyage dans un pays étranger est très pratique. Il évite d’acquérir une nouvelle carte SIM qui sera inutile pendant longtemps, une fois rentré chez soi. Mais un tel choix demeure encore très coûteux en Afrique comme l’a expérimenté Narcisse Kiouari et de millions d’autres Africains. En effet, communiquer en roaming s’avère encore inefficace financièrement dans plusieurs endroits du continent, même au sein des communautés régionales. Selon Jean-Jacques Massima-Landji, le représentant de l’Union internationale des télécommunications (UIT) pour l’Afrique et Madagascar, cette cherté du roaming sous-régional découle d’une divergence entre les procédures et moyens techniques d’acheminement des communications entre les pays de la zone. Pour lever ces obstacles, quelques pays ont décidé dès 2008 de former des regroupements télécoms au sein desquels le coût des appels et SMS en itinérance seront réduits progressivement, jusqu’à l’exonération totale. Des projets du genre « One Area Network » ou « free roaming » ; les noms diffèrent selon la sous-région, mais l’objectif est le même ; ont ainsi vu le jour. Votre magazine Digital Business Africa vous dresse un état des lieux tout en évoquant les stratégies proposées dans les différentes zones de l’Afrique. Par Digital Business Africa Bonne lecture !
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dossier
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dossier
Afrique de l’Est: trois ans de bonheur malgré des petits couacs
Les pays de la sous-région ont opté pour un réseau télécom unique « One-Network-Area » depuis le 1er janvier 2015. Destiné à une plus grande intégration des populations. Le projet demeure jusqu’à présent privé de la Tanzanie et du Burundi qui traînent les pieds.
En matière de roaming plus léger, l’on peut considérer les pays de la Communautés d’Afrique de l’Est (EAC) comme des pionniers. Ils sont en effet les premiers qui ont réussi à dépasser leurs divergences pour rendre effectif leur projet d’aire télécoms unique. Aujourd’hui, appeler en déplacement au Kenya, Ouganda, Soudan du Sud et Rwanda coûte moins de 30 centimes de dollars. Cette baisse des coûts, Fred Matiang’i, le secrétaire de cabinet du ministère kényan des Technologies de l’information et de la communication, révélait en mars 2016 qu’elle a fait exploser le trafic télécoms international entre le pays et ses voisins de la sous-région. Lors du sommet Connect East Africa, tenu du 21 au 24 mars 2016 à Diani, dans le Comté de Kwale au Kenya, il qualifiait le projet One Area Network de « plus grande réalisation des pays membres de la sous-région », estimant à 35,8 millions le nombre de minutes d’appels passé en roaming du pays vers les autres nations, tandis que le nombre de minutes d’appel passé en roaming depuis les pays de la sous-région vers le Kenya s’élevait à 27,3 millions. 28 | DIGITAL business africa N° 000 de septembre 2018
Pour le secrétaire de cabinet du ministère kenyan des TIC, le réseau « One Area » a causé d’énormes changements. Le trafic télécom a explosé à 935% au cours des trois premiers mois de l’année 2016. Cependant, bien que l’aire télécoms unique ait montré un succès pour l’intégration sous-régionale par les télécommunications, il n’en demeure pas moins incomplet. La Tanzanie et le Burundi qui devaient suivre le mouvement tardent toujours à se conformer aux directives de la sous-région et limitent quelque peu ses ambitions. Au-delà de la téléphonie mobile, les pays de la sous-région Afrique de l’Est envisagent déjà également la question de l’intégration des services data et Mobile Money dans le projet One Area Network. Une directive a d’ailleurs déjà été donnée par les différents chefs d’Etat pour que les ministres des TIC de la sous-région leur présentent une proposition relative à ces deux nouveaux services. La proposition devra aussi être présentée à la banque centrale et au Trésor public de chaque pays concerné.
dossier
Afrique Australe : les Etats-membres sont d’accord, mais… Après être parvenus à un accord en juin 2015 pour accélérer le processus pour la réduction effective des frais de roaming dans la sous-région, plus rien n’a suivi de manière concrète. Aujourd’hui, le projet piétine alors que les réunions s’enchaînent.
A Walvis Bay, en Namibie, du 23 au 28 juin 2015, les représentants de la Zambie, du Zimbabwe, de l’île Maurice, de Tanzanie, du Rwanda, d’Afrique du Sud et de Namibie, leaders de la sous-région, avaient signé un accord pour initier les travaux d’harmonisation de leurs différentes politiques tarifaire et réglementaire pour l’avènement d’une aire télécoms commune dans la sous-région. Tjekero Tweya, alors ministre namibien des Technologies de l’information et de la communication, soulignait à cette occasion que « nous devons d’aboutir à un tarif unifié qui sera bénéfique à nos populations. Quand nous disons accès à des tarifs abordables ou au roaming, nous parlons au nom de millions de personnes dans notre région, qui nous ont donné le mandat de mettre en place des politiques pour améliorer leurs moyens de subsistance ». Mais trois ans plus tard, le projet tarde toujours à prendre définitivement forme. Pourtant les rencontres se sont multipliées sur le sujet. Lors de la dernière rencontre des ministres en chargé de l’infrastructure télécoms des 19 pays- membres
du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), la suppression des frais de roaming a encore été l’un des sujets forts des discussions. À Lusaka, en Zambie, du 3 au 4 octobre 2017, les ministres ont une fois de plus réitéré leur volonté de prendre des mesures pour abolir les frais d’itinérance sur les appels mobiles. Dans le rapport final de la réunion, ils soulignaient comme à titre de rappel immuable à eux-mêmes que leurs « régulateurs TIC sont encouragés à mener des études pour réduire les tarifs d’interconnexion et réduire ou éliminer les frais d’itinérance ». Ces études sont toujours attendues afin d’avancer. C’est depuis 2010 que les pays de la COMESA envisagent la réduction des tarifs d’appel en roaming. Mais, c’est seulement depuis 2015 que les discussions sur le sujet ont véritablement pris de l’ampleur. Lors des échanges initiaux, la sous-région espérait mettre en place le tarif télécoms unifié en itinérance d’ici début 2018. Au regard des réalités de terrain, il semble qu’il faille encore entendre.
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dossier
Afrique de l’Ouest: Retentissante initiative menée par le Sénégal Pour passer outre les lenteurs de la sous-région, le pays s’est associé à d’autres Etats-membres de la sous-région pour le plus grand bonheur de leurs populations. Depuis un an, le projet « free roaming » est en vigueur et présente des signes d’extension.
Lancé le 31 mars 2017, le projet « free roaming » suit son petit bonhomme de chemin. Aujourd’hui, il regroupe sept pays (Sénégal, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Burkina Faso, Togo et le Cap Vert) sur le 15 Etats que compte la sous-région. C’est l’alternative initiée le 28 novembre 2016 par le Sénégal, las d’attendre que la grosse machine qu’est la Communauté économiques des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), surmonte tous les obstacles procéduriers qui ralentissent la mise en place effective du « free roaming » dans toute la sous-région. Le projet, « free roaming », bien qu’il n’ait pas immédiatement et totalement engagé une suppression des frais d’itinérance sur les appels comme son nom semble l’indique, est dans une phase progressive. Pour l’instant, sur la tarification des appels reçus, il y a gratuité, mais dans la limite de 300 unités par mois. Avec les années, le projet ira vers la suppression complète, des frais de roaming entre l’actuel groupe des neuf, et pour30 | DIGITAL business africa N° 000 de septembre 2018
Lancement officiel du free roaming, le 30 mars 2017 à Dakar au Sénégal.
quoi pas toute la sous-région au regard de l’intérêt qu’il suscite. Le Bénin qui a rejoint l’initiative en décembre 2017 est à pied d’œuvre pour la rendre opérationnelle. La Mauritanie, la Gambie et le Niger semblent favorables à rejoindre le projet. Le projet « free roaming » a le mérite d’avoir donné un coup de fouet à toute la CEDEAO qui a franchi un pas de plus vers la suppression des tarifs de services télécoms d’appel en itinérance dans toute la sous-région. Réunis du 2 au 6 octobre 2017 à Praia, au CapVert, sous la présidence de Cina Lawson, la ministre des Postes et de l’Economie numérique du Togo, les Etats membres de la CEDEAO ont validé le projet de règlement sur le roaming gratuit.
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G5 Sahel : Une feuille de route arrêtée à l’horizon 2019
Le document a été adopté le 4 août 2018 à Ouagadougou, au Burkina Faso, par le secrétariat permanent de cet organisme de coopération régionale et de développement qui regroupe le Niger, le Mali, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Tchad.
Le secrétariat permanent du G5 Sahel en discussion sur le free roaming
D’ici 2019, les cinq pays qui ont en commun le Sahel (Niger, le Mali, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Tchad) envisagent de supprimer les frais de roaming entre eux. Le calendrier de mise en œuvre a été adopté le 4 août 2018 à Ouagadougou, au Burkina Faso, lors d’une rencontre du secrétariat permanent de cet organisme de coopération régionale et de développement. Au terme de cet échange, Tontama Charles Millogo, le directeur général de l’Agence de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) du Burkina Faso, a expliqué que l‘uniformisation des tarifs télécoms entre les cinq pays contribuera à une plus grande intégration des populations. Elle facilitera également le renseignement entre les pays et permettra de lutter efficacement contre le terrorisme. Mikailou Sidibé, expert en infrastructures du G5 Sahel, se veut rassurant pour les opérateurs télécoms qui
craignent pour leurs revenus. Il a expliqué qu’avec le « free roaming », « tout le monde est gagnant parce que vous avez parallèlement une hausse du trafic télécoms à l’échelle internationale qui va compenser, à très court terme, les pertes ou appréhensions que les gens ont au début». C’est le 24 novembre 2016, lors d’une rencontre à Ouagadougou, au Burkina Faso, que les experts en régulation des télécommunications des pays membres du G5 Sahel ont décidé de supprimer les frais d’itinérance à l’international, entre les différents pays membres. Pour le G5 Sahel, qui a vu le jour le 16 février 2014 à Nouakchott, en Mauritanie, lors d’un sommet des chefs d’Etat de l’Institution, la suppression des frais de roaming constitue une décision majeure pour l’intégration des cinq pays, en harmonie avec celle relative à la suppression des visas, décidée par les Chefs d’Etat, et dont les modalités de mise en œuvre sont déjà en cours d’examen par les ministres des Affaires étrangères. La suppression des frais de roaming va contribuer au renforcement de la coopération économique, sécuritaire, culturelle, etc., entre les pays de la zone. digital business africa N° 000 de septembre 2018 | 31
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Afrique centrale : supprimer les frais de roaming ? Non, Merci ! D’après certains experts, les tarifs de roaming en Afrique centrale sont les plus élevés en Afrique. Les initiatives de suppression des frais d’itinérance sont généralement classées dans les tiroirs au grand bonheur des opérateurs mobiles. Des mesures urgentes en vue.
D’après Antonio Pedro, le directeur du Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la Commission Economique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), en Afrique centrale, le coût moyen d’un appel sortant en itinérance est de 689 F.Cfa la minute. Très élévé pour faciliter la communication entre les pays de la zone Cémac. En mars 2018, au cours d’une conférence sur l’économie numérique, Giuseppe D’Aronco, économiste au Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la CEA rappelait que plusieurs rencontres se sont déjà déroulées pour la résolution de cette problématique. Il y a huit ans, en 2010, la CEA avait organisé une réunion ad hoc d’experts qui a reconnu que l’itinérance sous régionale constituerait une avancée notable dans l’intégration économique de l’espace CEEAC. En 2011, l’Union internationale des télécommunications a réalisé une étude technico-commerciale sur le roaming en Afrique centrale. En juillet 2013, les régulateurs des Télécommunica32 | DIGITAL business africa N° 000 de septembre 2018
tions de l’Afrique centrale (ARTAC) ont formulé des recommandations notamment pour la mise ne place d’une itinérance ; en novembre 2016, les ministres des Télécommunications/TIC des États membres de la CEEAC, mandatent la CEEAC pour la mise en œuvre d’une itinérance avec l’appui de la Commission des Nations Unies pour l’Afrique. Toutes ces rencontres et travaux s’achèvent toujours avec des recommandations. Malgré cela les tarifs de roaming sont toujours élevés. Aujourd’hui, Giuseppe D’Aronco propose aux régulateurs d’élaborer et d’encadrer pour chaque pays de la sous-région, un MOU régional qui réglemente les aspects techniques, tarifaires et juridiques d’un roaming. Il est également proposé aux chefs d’Etat de la sous-région de signer une résolution visant à mettre en place un roaming et de Créer un observatoire qui veille aux respects de la réglementation communautaire en matière de roaming.
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Alliance Smart Africa : la zone d’intégration télécoms mixte pas si intégrante Actuellement forte de 24 membres, seuls deux ont signé un accord de suppression des frais de roaming entre eux.
Lors de la réunion de haut-niveau des ministres des télécoms et des régulateurs télécoms d’Afrique organisée à Kigali au Rwanda, le 18 avril 2016, les pays membres de l’Alliance Smart Africa, alors au nombre de quinze, avaient décidé d’abolir les frais de roaming entre eux. La Côte d’Ivoire, Gabon, Kenya, Mali, Ouganda, Sénégal, Soudan du Sud, Tchad, Angola, Rwanda et Burkina Faso, ont, au cours de cette rencontre, adopté le cadre légal régional indispensable à la mise sur pied de leur aire télécoms commune. Aujourd’hui, les membres de l’alliance sont au nombre de 24. Le Cameroun, la Tunisie, Sao Tome et Principe, l’Afrique du Sud, le Ghana, le Niger, le Bénin, la RD Congo, la Zambie, Djibouti, l’Egypte, la Guinée et le Togo se sont ajoutés. Cependant, malgré cette augmentation du nombre de membres, les pays qui sont déjà passés à la matérialisation effective du réseau télécom sans frais de roaming, dans le cadre de l’alliance Smart Africa demeure faible. Seul le Gabon et le Rwanda l’ont fait. Le 18 juillet 2016, en marge de la 27ème session ordinaire de l’Union Africaine (UA) tenue du 17 au 18 juillet 2016 à
Kigali au Rwanda, les deux pays ont signé un accord à cet effet. Se réjouissant de cette avancée, Paul Kagamé, le président de la République du Rwanda, par ailleurs président du comité du Smart Africa, avait expliqué que « connecter nos réseaux et nos marchés participe de la réalisation de l’unité de notre continent ». L’appel à l’union lancé par Hamadoun Touré, le directeur exécutif du secrétariat de Smart Africa, lors de cette réunion de haut-niveau, semble ne pas avoir eu d’écho. Engagés dans d’autres projet au sein de leur propre communauté, plusieurs pays ne jugent pas encore stratégique de s’ouvrir au free roaming avec des pays dont les relations d’affaires, culturelles et même le trafic des populations demeurent faible. Le rêve de l’ex-secrétaire général de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) d’une Afrique entièrement privée de la surtaxe sur les appels internationaux, pour une plus grande unité des populations qui pourront échanger davantage et aisément, devra encore attendre.
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Antonio Pedro : « En Afrique centrale, le coût moyen d’un appel sortant en itinérance est de 689 F.Cfa la minute » Antonio Pedro, le directeur du Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la Commission Economique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) explique dans cet entretien avec Digital Business Africa pourquoi les pays d’Afrique centrale doivent réduire les coûts de l’itinérance mobile (roaming). Il encourage par ailleurs les régulateurs des télécommunications à imposer aux compagnies de téléphonie un mémorandum d’entente tarifaire sous régional pour la réduction des tarifs de roaming. Digital Business Africa : De prime abord, pour que notre audience comprenne bien, qu’est-ce que l’itinérance mobile ? Antonio Pedro : En téléphonie mobile, il existe trois niveaux d’itinérance : l’itinérance nationale, l’itinérance régionale et l’itinérance internationale. L’itinérance nationale est la faculté pour un abonné d’une société de téléphonie mobile A de pouvoir utiliser son numéro de téléphone pour appeler ou envoyer des messages à des personnes disposant de numéros attribués par une société de téléphonie mobile B, C, etc. à l’intérieur du même pays sans coût supplémentaire. L’itinérance régionale correspond à la possibilité pour un abonné d’une société de téléphonie mobile basée dans un pays donné d’utiliser la même carte SIM et le même numéro dans les autres pays d’une région en accédant aisément aux infrastructures de télécommunications des autres sociétés non établies dans le pays de résidence de l’utilisateur. L’itinérance internationale pour sa part consiste en la faculté pour des abonnés de sociétés de téléphonie mobile de différents pays du monde entier de pouvoir utiliser leur numéro mobile régulier pour effectuer et recevoir des appels et utiliser d’autres services mobiles sans entrave dans ces pays. L’itinérance réduit donc le fardeau du changement de numéros lors des déplacements et facilite la conduite des affaires nationales et internationales. Dans leur Index d’intégration régionale africaine 2016, la CEA, la CUA et la BAD ont cité l’itinérance comme l’un des 16 indicateurs de l’intégration régionale, d’où l’urgence pour notre sous-région de s’afférer à sa mise en œuvre. DBA : Quel est le problème de l’itinérance en Afrique centrale, qui semble préoccuper la CEA ? Antonio Pedro : Le problème est le coût très élevé de l’itinérance régionale et internationale, qui rend quasi impossible pour les utilisateurs l’opportunité d’en profiter. En Afrique centrale, le coût moyen d’un appel sortant en itinérance est de 689 F.Cfa la minute, soit environ 1,33 dollars avec un extrême à 6000 CFA soit environ 14 dollars. De fait, cette tarification rend quasi impossible la facilitation du commerce et d’autres échanges sous régionaux, d’autant plus que sur un plan technique elle n’est pas justifiée. 34 | DIGITAL business africa N° 000 de septembre 2018
DBA : Vous dites que les coûts de l’itinérance appliqués par les sociétés de téléphonie mobile en Afrique centrale sont trop élevés. À qui la faute ? Et quels sont les exemples que notre sous-région peut copier ? Antonio Pedro : En fait, nous ne tenons personne pour responsable, nous constatons tout simplement que faute d’un cadre législatif encadrant la tarification de l’itinérance dans la sous-région, les sociétés de téléphonie mobile se sont infiltrées dans ce vide juridique en imposant leur tarif. Nous encourageons par conséquent les régulateurs des télécommunications à imposer aux compagnies de téléphonie un mémorandum d’attente tarifaire sous régional, pour mettre en place en véritable une itinérance sous-régionale à des coûts raisonnablement bas. A titre d’information, dans les pays de l’UE, l’itinérance est très pratique, parce que les coûts sont l’équivalent d’un appel local. Au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est, le One Network Area (réseau unique sous régional) établit en 2014 a réduit les surtaxes sur l’itinérance à un maximum de 10 centimes de dollar par minute pour les appels sortants ou rentrants en itinérance.
DBA : Si l’itinérance coûte cher en Afrique centrale, est-ce que cela ne permettrait pas aux pays concernés de gagner en termes de recettes fiscales ? Est-ce nécessairement mauvais du point de vue des États ? Antonio Pedro : À première vue, cela peut sembler bénéfique pour les États et même pour les sociétés de téléphonie en raison des retombées financières relativement élevées que leur procure l’itinérance. Mais, ce n’est pas réellement le cas. Si les coûts de l’itinérance sont réduits à des niveaux négligeables, il s’ensuivra un boom dans son utilisation et les avantages liés aux économies d’échelle seront nettement visibles. A titre d’exemple, en octobre 2014, quand le Rwanda et le Kenya ont implémenté le réseau unique d’Afrique de l’Est (East Africa One Network Area), les appels en itinérance en provenance du Rwanda ont augmenté de 100% en trois jours. Au bout de trois mois, ils avaient augmenté de presque 1000%.
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Antonio pedro , Directeur du BSR-AC de la CEA
Avec les économies d’échelle, cela signifie des recettes accrues pour les sociétés de téléphonie mobile et l’État, mais moins de dépenses pour l’utilisateur final. Voyez-vous dans quelle mesure tout le monde est gagnant lorsque le coût de l’itinérance est bas ?
DBA : Que proposent la CEA et ses partenaires pour faire avancer les choses en Afrique centrale et atteindre le niveau d’itinérance à coût zéro ou quasi nul dans
la sous-région ? Antonio Pedro : Bonne question. La CEA a commencé à travailler avec des partenaires tels que l’Union internationale des télécommunications sur cette question et les aspects y relatifs depuis 2010. Cette année-là, nous avons organisé une réunion de groupe d’experts ad hoc pour élaborer les lignes directrices des règles de télécommunications transfrontalières en Afrique centrale et sur l’itinérance.
En 2011, la CEA et l’UIT ont œuvré ensemble à l’élaboration de projets de lois-types sur les télécommunications et la cyber-sécurité dans la sous-région. Les États membres représentés ont bien accueilli cette initiative. Entre temps, le Conseil des ministres des télécommunications et des TIC de la zone CEEAC a, à travers la déclaration de Brazzaville du 24 novembre 2016, a demandé au secrétariat de la CEEAC et ses partenaires, y com-
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dossier pris la CEA, de (i) mettre en place le cadre réglementaire de référence pour l’interconnexion des télécommunications transfrontalières validé par le conseil des ministres en vue d’accélérer l’intégration sous régionale et le développement et (ii) de s’afférer à rendre effective l’itinérance mobile dans la sous-région dans les plus brefs délais. Plus récemment, en mai 2018, lors de la conférence sur « L’économie numérique en Afrique centrale : états des lieux et défis dans un monde globalisé » réunissant les ministres des postes et télécommunications de la zone CEMAC, nous nous réjouissons de ce que notre campagne menée conjointement avec l’UIT vient de déboucher sur la volonté affichée de la Guinée Équatoriale de s’afférer à initier ce projet de roaming sous régional. En effet, la Guinée équatoriale a proposé d’organiser une réunion des Régulateurs de la sous-région afin d’initier ce projet de roaming, elle a en plus décidé de se rapprocher du Cameroun pour étudier les modalités d’une mise en œuvre effective de cette itinérance entre les deux pays afin d’inciter les autres pays à les rejoindre.
devraient plutôt se réjouir d’être les principaux catalyseurs de la réduction du coût des affaires dans la sous-région, tout en continuant d’engranger de bons bénéfices. La nouvelle doit donc être plutôt rassurante pour les sociétés de téléphonie mobile qui pour la plupart sont disposées a contribué à la mise en place de cette itinérance mobile face à la concurrence d’autres services comme (Whatsapp, Viber) qui commencent à bousculer leur modèle économique.
DBA : Que faut-il pour accélérer l’introduction d’itinérance à faible coût en Afrique centrale ? Antonio Pedro : Il faut d’abord que les autorités étatiques au niveau le plus élevé concrétisent leur intérêt pour la promotion de l’économie numérique en Afrique centrale. Nous nous réjouissons de ce que cela est déjà effectif comme je l’ai dit plus haut – avec la Guinée Équatoriale qui a récemment pris l’engagement d’être le champion de l’itinérance à faible coût en Afrique centrale, en donnant le ton sur une base bilatérale avec le Cameroun.
L’économie numérique est devenue indispensable pour le progrès des nations et des DBA : Le cadre réglementaire pour Les sociétés de téléphonie mobile de sociétés de télécommunical’interconnexion transfrontalière que la CEA a élaboré sur cette la sous-région doivent prendre la ques- tions, notamment les sociétés téléphonie mobile. Le question est tout d’abord destion très au sérieux et former des syner- de réseau unique d’Afrique de tiné à qui, et par quel mécanisme gies pour créer les accords nécessaires l’Est (ONA) a été établi à peine pourrait-il atteindre les instances qui élimineront les coûts élevés de 3 ans après les premières législatives de nos pays afin d’être adopté et mis en œuvre ? l’itinérance que la région enregistre ac- discussions à propos, parce que des instructions fermes Antonio Pedro : Le cadre tuellement, en s’inspirant des résultats avaient été données par les réglementaire de référence est positifs obtenus dans d’autres sous-réchefs d’État de la Commudestiné aux États, aux sociétés de nauté d’Afrique de l’Est. La téléphonie mobile et aux régulagions d’Afrique en termes de dévelopCommission économique des teurs. Mais les États constituent pement économique. Nations Unies pour l’Afrique notre première passerelle d’enet nos partenaires du secrétartrée, à travers leurs autorités de iat de la CEEAC sommes régulation et leurs ministères des disposés à travailler avec les pays de la sous-région pour faire télécommunications avec qui nous pousserons les discussions. avancer ce dossier, étant donné qu’il existe déjà un guide de Toutefois, comme l’a dit un ancien Secrétaire Général des Nacadre réglementaire que nous avons produit. tions Unies, ce genre de projet doit être porté à la connaissance des citoyens à toutes les étapes, parce que leur approbation et leur soutien sont importants pour le travail que nous faisons avec leurs gouvernements et les autres partenaires. DBA : Un conseil aux opérateurs mobiles dans ce sens ? Antonio Pedro : Les sociétés de téléphonie mobile de la Nos discussions visent à stimuler le débat à tous les niveaux, sous-région doivent prendre la question très au sérieux et de manière à ce qu’au moment où les instances gouvernemenformer des synergies pour créer les accords nécessaires tales soumettent le cadre aux organes législatifs, il y ait une apqui élimineront les coûts élevés de l’itinérance que la région préciation et une compréhension générales de la question, pour enregistre actuellement, en s’inspirant des résultats positifs produire de bons résultats en termes d’adaptation et de mise en obtenus dans d’autres sous-régions d’Afrique en termes de œuvre de ce que nous proposons et surtout des attentes de la développement économique. Les organes de régulation des population. télécommunications des différents pays devront jouer un rôle central dans le pilotage de ce projet. DBA : La CEA et ses partenaires tels que l’UIT et le secrétariat général de la CEEAC prêchent l’itinérance mobile sans surtaxes en Afrique centrale. N’engagez-vous pas ainsi une guerre difficile avec les sociétés de téléphonie mobile de la sous-région qui verront leurs recettes décroître ? Antonio Pedro : Absolument non. Comme nous l’avons démontré, l’itinérance à faible coût est bénéfique en premier lieu pour les sociétés de téléphonie mobile, en raison des économies d’échelle que cela engendre. C’est une question d’augmentation rapide du chiffre d’affaires, synonyme de recettes accrues pour les sociétés impliquées. Ces sociétés 36 | DIGITAL business africa N° 000 de septembre 2018
Une fois encore, l’itinérance à faible coût est très importante pour les échanges commerciaux aux niveaux sous régional et continental. Ce devrait être un ingrédient majeur pour le démarrage harmonieux de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), qui promet d’accélérer le développement de l’Afrique par l’accroissement du volume du commerce intra-africain.
Propos recueillis par Abel Akara
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DIAGNOS’TIC
La chronique de Jean –Jacques MASSIMA-LANDJI
Causes du retard et défis du roaming en Afrique centrale Selon les publications de l’UIT sur des indicateurs des TIC par zone économique issues de la dernière Conférence Mondiale des Indicateurs des TICS; considérant l’Index mondial de Développement de la Société de l’information IDI ( Novembre 2017), l’Afrique centrale occupe le dernier rang mondial en dépit des performances individuelles des pays à revenus intermédiaires ou à fort potentiel économique, locomotives de la zone économique de la CEEAC tels que le Cameroun, le Gabon, le Congo, la Guinée Equatoriale et le Tchad. Il est nécessaire de rappeler quelques obstacles majeurs à l’harmonisation des politiques dans cet espace économique dont l’un des plus visibles et le plus commenté dans la presse économique est le
constat que c’est la seule sous-région en Afrique (comparativement au découpage de la Commission de l’Union Africaine en zones australe, de l’Ouest et de l’Est) où se juxtaposent deux entités poursuivant les mêmes objectifs d’intégration régionale : la CEMAC et la CEEAC. Pourtant, la rationalisation prônant une fusion lancée depuis une décennie peine à aboutir, pour de diverses contradictions. Le secteur des TIC n’est donc pas épargné par une redondance à tous les niveaux et une lourdeur qui freine quelque peu les actions relatives à une intégration économique par une libre circulation des personnes et des biens qui commence toutefois à entrer en vigueur. Ainsi, concernant le Roaming, le constat reste mi-figue,
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mi-raisin, car la première grande étude d’impact économique du Roaming a bel et bien été réalisée pour l’Afrique Centrale par l’UIT en 2009 et remise officiellement à la CEEAC pour compétence au même titre que les lois cadres sur les transactions électroniques, sur la Cybersécurité, sur la protection des données à caractère personnel qui n’ont jamais été transposées, chaque pays choisissant ses priorités à son rythme. Ainsi, depuis 2010 se sont succédé des missions d’experts, réunions ministérielles avec le support de l’ UNECA ( BSR-AC) qui a inscrit cette problématique comme un catalyseur d’intégration économique au même titre que la fiscalité et le régime douanier. Par ailleurs, les Conférences
DIAGNOS’TIC successives de la COPTAC, ont approuvé moult résolutions et recommandations qui avaient pour dénominateur commun, la mise en place d’un régime préférentiel de roaming dans l’espace économique devant tendre vers une annulation totale en fin 2017. Manque de stabilité Comme deuxième obstacle on note globalement un manque de stabilité des institutions de régulation et notamment un manque d’autorité, d’autonomie et d’indépendance, quelles que soient les impondérables politico-administratifs évoqués et justifiés par diverses contraintes ici et là. L’on peut citer comme troisième obstacle, la liste et les facteurs ne pouvant être exhaustifs dans une chronique, le disfonctionnement des organes techniques spécialisés des TIC. Malheureusement, les organes techniques tels l’ARTAC (Association des régulateurs télécoms de l’Afrique centrale) censés effectuer le suivi de ce genre de feuilles de route, sont restés en léthargie pendant près de quatre années pour diverses difficultés de fonctionnement, malgré la volonté manifeste et explicite des gouvernements respectifs exprimée à de multiples reprises à travers des déclarations finales de toutes les réunions : Manifeste de Douala , Déclaration de Brazzaville, Consensus de Malabo, Engagement de Yaoundé, etc… Seule une réelle prise en charge par les régulateurs des pays respectifs peut permettre d’aboutir à une engagement concret et progressif des opérateurs. Il est donc louable qu’à l’initiative de l’ART du Cameroun et de l’ARCEP du Gabon et sur aimable invitation de la Guinée Equatoriale, une réunion extraordinaire de l’ARTAC se soit tenue à Malabo début août 2018 aux fins de redynamiser l’Assemblée des Régulateurs et proposer des actions concrètes et une feuille de route pour rattraper cette ironie du sort qui, tant bien même biblique,
voudrait que les premiers soient les derniers et inversement. A venir en décembre 2018… Les structures étant redynamisées, de hauts fonctionnaires nommés et les administrations respectives responsabilisées, il reste à attendre la validation de la feuille de route prévue lors d’une Assemblée ordinaire prévue en décembre 2018 à Malabo sur Invitation de l’ORTEL. Le Président exécutif entrant, le Régulateur de la Guinée Equatoriale proposera un plan d’action et la validation d’un budget conséquent pour répondre aux défis posés dans cette sous-région de l’Afrique Centrale, en matière d’Itinérance et de réduction des coûts de roaming. Rendez-vous est donc pris en décembre pour le plan d’actions et la mise en œuvre dont les experts sont déjà au travail à travers le Comité Technique de l’ARTAC dont on peut espérer que l’efficacité sera le levier qui faisait défaut dans un partenariat gagnant-gagnant, car bénéfique aux opérateurs par une réelle éclosion du trafic , et devenue plus accessible aux populations, notamment aux voyageurs qui n’ auront plus à collectionner des cartes SIM et à réfléchir sur les meilleures options de tarifaires à chacune de leurs escales dans les pays de la zone CEMAC-CEEAC.
Jean –Jacques MASSIMA-LANDJI est le Représentant de l’UIT pour l’Afrique centrale et Madagascar, Bureau de Zone de l’UIT, Yaoundé, Cameroun. N.B. : Ces propos sont libres et n’engagent que le rédacteur et non pas son institution. Chronique rédigée le 05 septembre 2018.
Au Programme ITU Telecom World 2018
Aitex 2018
Conférence africaine sur la cybercriminalité
Rencontrer tous les experts mondiaux en TIC et Télécoms. C’est le plus grand événement de l’Union internationale des télécommunications. Durban, Afrique du SUD. Du 10 au 13 septembre 2018. Organisé par l’IUT.
Réfléchir aux moyens d’accompagner les défis de l’Afrique, ce continent où le numérique ambitionne de rebattre les cartes pour se construire un futur à la hauteur de son potentiel. Du 04 au 05 octobre 2018. A Casablaca au Maroc. Organisé par l’APEBI.
Rencontrer les experts en cybersécurité en Afrique lors de la 4ème édition de la conférence annuelle africaine sur la cybercriminalité. Du 12 au 13 septembre 2018 à Gaborone au Botswana. Organisée par African Cyber Security (Pty) Ltd.
AfricaCom 2018
eLearning Africa
Cashless Payments Summit 2018
Rencontrer tous les experts en TIC et Télécoms en Afrique. 14 000 participants, 450 orateurs et 400 exposants. CTICC, Afrique du Sud. DU 13 au 15 Novembre 2018. Organisé par TMT Knect 365
Rencontrer les experts de l’e-Learning en Afrique lors de la conférence internationale sur les TIC pour le développement, l’éducation et les compétences. Du 26 au 28 septembre à Kigali, au Rwanda. Organisé par ICWE GmbH et le Bureau des conventions du Rwanda
La 3ème édition du sommet sur les paiements dématérialisés se tiendra du 18 au 19 octobre 2018 à Johannesburg en Afrique du Sud. L’évènement est organisé Vukani Communications Consultancy.
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GESTION PUBLIQUE
RD CONGO
La GSMA plaide pour la réduction des impôts des telcos L’organisation internationale estime que la pression fiscale actuelle est nocive pour les investissements à long terme des sociétés télécoms. Une situation qui peut plomber la couverture réseau et entraîner une mauvaise qualité aux consommateurs.
L’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA) estime que la pression fiscale à laquelle sont actuellement soumis les opérateurs télécoms en République démocratique du Congo risque de porter atteinte au marché télécoms. Le 24 juillet 2018, l’organisation a présenté un rapport d’étude qui soutient sa thèse et appelle le gouvernement à l’action. Le document intitulé « Réformer la fiscalité de la téléphonie mobile en République démocratique du Congo pour soutenir la croissance économique grâce à un cadre fiscal plus favorable », commandé au cabinet Ernst & Young LLP, révèle que la téléphonie mobile représente près de 20% des recettes fiscales totales du pays alors qu’elle pèse à peine 3,6% du produit intérieur brut (PIB). Selon GSMA, la charge fiscale imposée par la RD Congo à son secteur de la téléphonie mobile « est la plus
élevée d’un échantillon de pays africains, comprenant notamment le Nigeria (9%), l’Afrique du Sud (20%), le Rwanda (21%) et le Sénégal (22%). Les impôts propres au secteur, notamment le droit d’accise sur les services de télécommunications, représentent un cinquième de cette charge fiscale ». Les opérateurs payent en tout une quinzaine de taxes (Droits de douane, Taxe sur la valeur ajoutée (TVA), droit de numérotation, taxe d’interconnexion, redevance annuelle sur le spectre, etc.) qui alourdissent chaque année les dépenses engagées par les sociétés télécoms et entravent leurs capacités à investir. Dans le rapport, la RD Congo est présentée par comme le 8ème marché de la téléphonie mobile d’Afrique subsaharienne, en matière de chiffre d’affaires. Avec une population de près de 85 millions de personnes, le pays n’enregistrait que 35,8 millions d’abonnés à la téléphonie mobile à la fin de 2017, soit
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un taux de pénétration de 43,4%. Une situation attribuée à la fiscalité élevée qui représente non seulement un obstacle pour l’acquisition de téléphone mobile par les populations, mais son impact sur le coût élevé des services de télécoms freine également la consommation des ménages en majorité à petits revenus. Au regard des avantages socioéconomiques inhérents à la téléphonie mobile, le cabinet Ernst & Young LLP, dans son étude, préconise au gouvernement congolais « de prendre des mesures qui amélioreront les conditions d’exploitation des opérateurs mobiles, notamment des réformes fiscales susceptibles d’améliorer l’accessibilité financière des technologies mobiles pour les consommateurs ». Pour la GSMA, la réforme de la fiscalité dans le secteur de la téléphonie mobile est susceptible d’accroître le PIB et les recettes fiscales du gouvernement à moyen terme.
GESTION PUBLIQUE
GHANA
SGS CONSTRUIRA Une usine de recyclage de déchets électroniques L’infrastructure sera construite et gérée par SGS, la société suisse spécialisée dans la fourniture de services des services dans les domaines du contrôle, de la vérification, de l’analyse et de la certification. Elle viendra mettre un terme à une dizaine d’années de déchets accumulées, tout en créant en l’emploi pour les jeunes. Le président de la République du Ghana, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, a annoncé le lancement des travaux de construction d’une usine intégrée de recyclage de déchets électroniques au mois d’octobre prochain. L’infrastructure qui sera basée à Agbogbloshie, dans la banlieue de la capitale Accra, est une retombée du passage en 2016 de la déclaration sur le contrôle et la gestion des déchets électroniques et dangereux en loi dont la phase opérationnelle débute en octobre 2018. Cette loi qui confie à la Société Générale de Surveillance (SGS) la construction de l’usine de recyclage, lui attribue aussi les tâches de vérification, d’évaluation et de collecte de l’écotaxe de recyclage anticipé sur tous les équipements électriques et électroniques de tous les pays exportateurs. Selon le président Akufo-Addo, à travers cette usine, le Ghana est « sur le point de mettre un terme à ce défi environnemental mondial [la pollution électronique croissante avec le développement du monde numérique], qui devient rapidement une menace pour la sécurité nationale pour la plupart des gouvernements du continent ». Le chef de l’Etat qui s’exprimait lors du lancement du programme national intégré de gestion des déchets électroniques, le 29 août 2018, a également indiqué qu’un réseau de centres de collecte soutiendra l’usine de recyclage dans son travail au regard du volume de déchets électroniques, accumulé au fil des ans dans le pays. Cette composante contribuera à la création de plus de 22 000 emplois pour la jeunesse ghanéenne. Le choix du gouvernement d’installer l’usine de recyclage à Agbogbloshie découle du caractère de décharge électronique que ce bidonville a gagné au fil des années. On y retrouve de tout (imprimantes, téléviseurs, ordinateurs, photocopieuses, téléphones portables,
magnétoscope, etc). Sur ce site, les populations sont exposées à des kilotonnes de déchets non-biodégradables et dangereux. Des matières toxiques comme du mercure, du palladium, du tungstène, du cadmium, du chrome et des chlorofluorocarbures se répandent avec le temps dans le sol, l’eau, l’air. En 2014, un rapport des Nations Unies indiquait que les déchets électroniques
éparpillés cette année-là dans le monde contenaient environ 16 500 kilotonnes de fer, 1 900 kilotonnes de cuivre et 300 tonnes d’or, ainsi que de l’argent, du palladium et d’autres métaux précieux d’une valeur estimée à 52 milliards de dollars. Une partie se retrouvait au Ghana. Avec le développement du marché des TIC, le volume de déchet dans le monde a aussi augmenté. La preuve, la décharge d’Agbogbloshie ne désemplit pas.
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GESTION PUBLIQUE
Luc Missidimbazi : « Notre objectif, atteindre plus de 1 500 noms de domaines en .cg en 2018 »
Le président de l’Agence congolaise de nommage Internet en Coopération (ACNIC) du Congo Brazza, chargé de la gestion du nom de domaine .cg, confie à Digital Business Africa les stratégies envisagées pour qu’il compte mettre en place pour vulgariser et faire accepter le .cg par les Congolais. Digital Business Africa : En ce moment, quel est l’état des lieux de l’appropriation du .cg au Congo ? Luc Missidimbazi : Il faut tout d’abord relever que, depuis 2012, le domaine cctld congolais (.cg) est la pierre angulaire des stratégies du numérique, selon l’étude sur l’implémentation du e-gouv au Congo réalisée par le Cabinet Bearingpoint en 2015. L’ensemble des systèmes et solutions administratives reposent sur un usage de ce DNS. S’agissant de sa gestion, le volet technique est totalement géré par
l’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (ARCPE) qui a mis en place une plateforme de gestion. Pour garantir la disponibilité des Dns, un partenariat avec l’ancien prestataire avait été noué. La gestion administrative est à la charge de l’Agence Congolaise de Nommage Internet et Coopération (ACNIC) qui regroupe tous les acteurs du secteur. Depuis sa mise en place, plus de 600 domaines en .cg ont été enregistrés au niveau national.
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DBA : Au regard de ce nombre réduit, comment comptez-vous convaincre les entreprises et PME congolaises à souscrire davantage à un .cg en lieu et place du .com? L.M. : L’objectif de l’ACNIC est effectivement d’accroître le nombre de noms de domaine enregistrés en « .cg » et de le rendre plus accessible. Cela passe par la vulgarisation et la formation des usagers du domaine. Sans oublier les différents partenariats avec les institutions que nous comptons mettre en
GESTION PUBLIQUE place. Plusieurs axes de développement sont à considérer pour un meilleur usage du domaine « .cg ». Au niveau des PME et entreprises privées par exemple, des discussions sont bien avancées. Notamment avec le Ministère des Postes et Télécommunications qui a pris plusieurs initiatives dans ce sens. Le but est aussi de faciliter la signature électronique et l’authentification des actes administratifs. L’ACNIC et l’agence de création des entreprises travaillent par exemple sur les enregistrements des noms de domaines dès la création des entreprises. Nous estimons atteindre plus de 1 500 noms de domaines en .cg d’ici la fin de l’année 2018. DBA : Quid de l’appropriation du .cg au sein de l’administration publique ? L.M. : Au niveau de l’administration publique, un récent décret du Premier ministre publié ce mois de juillet 2017 oblige les toutes les administrations à utiliser le .cg. Les administrations publiques ont trois mois pour se conformer à cette nouvelle disposition. Cela facilitera l’usage du nom de domaine national dans toutes les administrations. Déjà, plus de 2/3 de départements ministériels utilisent le domaine « gouv.cg ». Mais, peu d’établissements publics disposent d’un domaine en .cg. Par ailleurs, il faut relever que toutes les administrations du Congo sont désormais appelées à communiquer uniquement avec des courriels en .cg. Donc, terminé les Yahoo et Gmail. C’est une excellente nouvelle pour le numérique congolais. S’agissant de l’intégration du « .cg » dans une stratégie nationale, les études et plusieurs avis d’experts convergent sur ce point de vue. On estime que le .cg reste la marche indispensable pour une meilleure implémentation d’une culture numérique dans les administrations publiques et privées. Elle est pour cela la pierre angulaire de l’e-gouvernement.
DBA : Comment faire pour développer une réelle industrie des noms de domaine au Congo Brazza? L.M. : Le décret du Premier ministre est déjà un pas important. Mais, il faut noter que le développement de l’industrie des DNS passe par une appropriation des adresses IP & AS par tous les acteurs de l’écosystème numérique. Tant que les acteurs locaux seront dépendants des ressources Internet étrangères, ils ne saisiront jamais les opportunités d’affaires de l’industrie d’Internet. Il faut une vraie appropriation de ces outils. Les politiques et l’administration publique ne sont pas à même de conduire tout seuls cette appropriation. Il faut une forte implication du secteur privée et de la société civile. L’ACNIC envisage dans ce sens de rassembler les acteurs privés autour d’une plateforme pour une meilleure utilisation des ressources Internet. DBA : Le Congo dispose-t-il, à ce jour, des moyens et capacités pour héberger les sites web en .cg et bien d’autres données numériques ? L.M. : S’agissant de l’hébergement et du développement des services web, les dispositions prises par les pouvoirs publics ouvrent de nouvelles opportunités pour les jeunes développeurs et les hébergeurs de services du Congo… Il faut également noter que les administrations restent maîtres de l’hébergement et du contenu diffusé sur les sites web.
Luc Missidimbazi C’est le 04 juillet 2018 que le conseil d’administration de l’ACNIC a confié à Luc Missidimbazi, conseiller du Premier ministre du Congo dans le domaine des Postes, Télécommunications et Numérique, et par ailleurs directeur de Marchés du Haut débit à l’ Agence de régulation des postes et des communications électroniques ( Arpce), le poste de président de l’ACNIC. Il aura en charge le développement et la vulgarisation du .cg.
C’est quoi l’ACNIC Sous la conduite de l’ Agence de régulation des postes et des communications électroniques ( Arpce), le Congo s’est doté le 9 juin 2011, d’une association dénommée l’Agence congolaise de nommage Internet du Congo (ACNIC), nouvelle structure qui devra désormais gérer le nommage du domaine Internet du pays, autrement dit le ”.cg”. La Création de l’ACNIC, cette association mixte constituée des représentants de l’administration publique, du privé, de la société civile, de la sécurité publique et de l’Université, est le fruit d’une coopération entre les différents acteurs du secteur et répond aux exigences internationales en matière de gouvernance électronique. Au regard des enjeux et perspectives de développement du numérique dans notre pays, cette association devra jouer un rôle capital dans la fiabilité de transferts des communications électroniques. L’infrastructure de ce système constitue un maillon important dans l’écosystème numérique congolais. Une convention de délégation de pouvoir sera établie très prochainement entre l’ARPCE et l’ACNIC pour la gestion du domaine Internet considéré comme patrimoine national.
Les principales missions de l’ACNIC sont: • l’établissement du plan de dénomination (“nommage”) de la zone .cg ou autres domaines qui lui seront confiés; • la mise en œuvre du nommage de l’Internet conformément à la loi Congolaise et la diffusion des informations correspondantes; • l’exploitation de serveurs de noms d’accès à l’Internet, pour la zone .cg ou autres domaines qui lui seront confiés; • le transfert, au plan national et international, des connaissances et des savoir-faire acquis en matière de nommage; • la promotion et la vulgarisation du nom de domaine en .cg ou autres domaines qui lui seront confiés; • toute mission qui lui sera confiée par les pouvoirs publics dans le cadre de la gestion de l’Internet. Source : Arpce.cg
Propos recueillis par Digital Business Africa digital business africa N° 000 de septembre 2018 | 43
GESTION PUBLIQUE
OUGANDA
une taxe pour les réseaux sociaux et le Mobile Money Depuis le 1er juillet 2018 à minuit, les utilisateurs de Facebook, WhatsApp, Viber, Skype…, en Ouganda, sont soumis à la taxe d’utilisation de ces plateformes de communication sur Internet. Les tarifs sont de 200 shillings ougandais (0,05 dollar US) par jour, 1400 shillings (0,36 dollar US) par semaine et 6000 shillings (1,56 $) par mois. Dans la correspondance adressée en avril 2018, à l’Autorité fiscale d’Ouganda (URA) et au ministère des Finances, demandant l’institution de cette taxe, le président de la République Yoweri Museveni avait déclaré qu’elle serait la contribution des « mauvaises langues » sur Internet au développement de la nation, en plus de combattre le commérage qui nuit à l’image du pays. Face à la colère qu’avait suscitée cette taxe, le gouvernement ougandais avait indiqué que la taxe ne s’appliquerait pas aux utilisateurs des réseaux sociaux à des fins éducatives. Cependant, plusieurs voix se sont levées pour questionner la méth-
ode qu’utiliseraient les autorités pour identifier ceux qui utilisent ces moyens d’échanges pour des raisons éducatives. Aucune réponse n’a été fournie. De leur côté, les entreprises télécoms MTN, Airtel et Africell ont déjà informé les consommateurs sur la méthode à travers laquelle sera payée la taxe. Très contestée, cette taxe a suscité des manifestations à Kampala, la capitale, que n’ont pu contenir les forces de l’ordre qu’à l’aide de gaz lacrymogènes, d’arrestations et de tirs en l’air à balles réelles. Pour le parlementaire ougandais et ex chanteur Bobi Wine, cette mesure « est une attaque personnelle sur les jeunes Ougandais. Les réseaux sociaux sont la dernière plateforme sur laquelle nous pouvons nous exprimer, après avoir été opprimés pendant trente-deux ans. Le Président est en colère car les jeunes ne le soutiennent pas et ils ne se gênent pas pour le lui dire sur les réseaux sociaux. ».
Pour Kiiza Eron, juriste auprès de la filiale ougandaise du conseil en gestion des affaires londonien, Picfare Group et tête de proue d’un groupe d’avocats locaux qui a déposé une requête devant la Cour constitutionnelle d’Ouganda, le 02 juillet 2018, « Cette taxe n’est pas destinée à générer des revenus. Cette taxe vise à réprimer la libre expression. Elle est destinée à inhiber l’organisation politique en ligne. Et cela va étouffer les entreprises en démarrage qui utilisent les médias sociaux. Bien sûr, nous cherchons à obtenir une annulation de la loi qui, à notre avis, est à la fois déraisonnable, inutile et illégale ». Comme l’imposition fiscale sur les réseaux sociaux, adoptée au cours d’une session houleuse de l’Assemblée nationale, tenue le 30 mai 2018, celle de 0,5% sur toutes les transactions par Mobile Money est également entrée en vigueur le 1er juillet. Elle était d’abord d’1% suite à une erreur.
TANZANIE
L’accès aux réseaux SOCIAUX dans l’administration publique RESTREINT Le gouvernement de la République de Tanzanie a émis une circulaire à travers laquelle il restreint l’accès aux réseaux sociaux dans toutes les administrations publiques reliées au réseau Internet de l’Etat. Dans l’acte signé par Florian Ndumbaro, le secrétaire permanent du bureau du président en charge de la gestion de la fonction publique, le journal The Citizen précise que la restriction d’accès aux réseaux sociaux qui frappe les fonctionnaires, court durant les heures de travail.
La circulaire a été envoyée à tous les secrétaires permanents, aux secrétaires administratifs régionaux, aux directeurs exécutifs et aux responsables des institutions publiques de la Tanzanie. Florian Ndumbaro, a souligné que les administrations publiques qui voudront accéder aux réseaux sociaux à partir de l’Internet de l’Etat, devront adresser une demande d’autorisation à son bureau, dans laquelle elles justifieront le bien-fondé de l’accès requis.
Florian Ndumbaro explique que la mesure prise par le gouvernement survient après plusieurs plaintes émises par des usagers sur la mauvaise qualité de service à laquelle ils ont été confrontés dans plusieurs administrations publiques. Des fonctionnaires se sont montrés plus intéressés par leurs discussions sur WhatsApp, Facebook, Twitter et autres applications et réseaux social que par le service pour lequel ils ont été sollicités par les usagers. Le secrétaire permanent du bureau du président estime qu’une telle conduite met en péril non seulement les efforts déployés par le gouvernement pour offrir un service public rapide et efficace, mais nuit également aux actions en faveur de la gouvernance électronique.
C’est la deuxième fois que le gouvernement prend une pareille mesure en rapport avec l’usage des réseaux sociaux pendant les heures de travail. La première date du 31 août 2017. Elle avait été émise par Susan Mlawi, alors secrétaire permanent du bureau du président en charge de la gestion de la fonction publique. La dame avait aussi été confrontée à une multitude de plaintes des usagers sur la qualité du service rendue dans les administrations publiques. Il s’était avéré que la cause de cette situation était l’usage fait par certains agents de l’Etat de la connectivité de l’administration publique pour accéder à Facebook, Skype, etc. sans se préoccuper de leurs responsabilités.
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GESTION PUBLIQUE
Rémy Rioux : « En mi-novembre 2018, nous lançons les modalités de financement de Digital Africa » Le Directeur général de l’Agence française de développement (AFD) explique à Digital Business Africa les trois instruments financiers (programmes de 100 000 euros, de 10 millions d’euros et de 50 millions d’euros) de la France destinés aux innovateurs africains. cès. C’est un mécanisme qui marche très bien en France pour soutenir les jeunes entreprises que nous entendons déployer en Afrique dans les premières phases. Digital Business Africa : Il y a également parmi ces trois instruments de financement un qui est dédié au financement des incubateurs… Rémy Rioux : Effectivement. Nous allons également déployer 10 millions d’euros d’appui aux incubateurs, aux écosystèmes d’assistance technique, pour que ceux qui font l’intermédiation et l’animation soient renforcées. Il y en a par exemple beaucoup à Lagos au Nigeria. Puis, nous avons prévu 50 millions d’euros via notre filiale Proparco pour faire l’investissement en fonds propres dans des étapes ultérieures, dans les entreprises de la nouvelle économie. Tout cela est en préparation dans nos instances. Il faut que vous patientez encore quelques mois pour que cela soit complètement opérationnel. Nous allons lancer tout cela en mi-novembre à Marseille dans un événement organisé par Emerging Valley « Investir dans les Start-up africaines » avec le soutien de l’AFD et de Digital Africa.
Digital Business Africa : Le président Emmanuel Macron a annoncé un fonds pour financer les jeunes start-up africaines à travers le projet Digital Africa. Comment ce fonds sera-t-il géré ? Rémy Rioux : Il faut distinguer deux choses. Il y a Digital Africa qui est une plateforme de rencontres. On veut créer un endroit où les jeunes africains se rencontrent, où les incubateurs et ceux qui apportent les financements, les investisseurs et les business angels se rencontrent. Tous ayant un regard tourné vers l’Afrique en lien avec la
REMY RIOUX Directeur général de l’Agence française de développement.
France. L’AFD va contribuer à cette plateforme qui développe les instruments financiers. Trois essentiellement qui sont annoncés dans cette annonce du président de la République. Nous allons faire des prêts d’honneur de cinq millions d’euros. C’est un mécanisme pour des faibles montants qui vont de moins de 100 000 euros avec des prêts remboursables en cas de suc-
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Digital Business Africa : Quelles sont les modalités pour les start-up africaines pour bénéficier de ces financements et notamment du programme Digital Africa ? Rémy Rioux : Encore une fois, nous sommes en train de déterminer les modalités précises. Nos agences de l’AFD dans le monde et en Afrique sont déjà à leur écoute et à leur disposition. Mais, il faut que ce soit tout l’écosystème qui devienne plus accueillant, y compris les banques privées et les investisseurs. Propos recueillis par Beaugas-Orain DJOYUM
regulatION
AFRIQUE DU SUD
Le régulateur télécoms prépare de nouveaux tarifs d’interconnexion La proposition de nouveaux coûts a été envoyée aux opérateurs télécoms pour appréciation. Les avis et autres suggestions sont attendus par l’Autorité Indépendante des Communications d’Afrique du Sud (Icasa) jusqu’au 07 septembre 2018. Cette nouvelle proposition de réduction de prix n’est pas au goût de toutes les sociétés télécoms.
Les consommateurs de services de téléphonie fixe et mobile devraient voir les tarifs d’appels entre réseau baisser sensiblement d’ici la fin de l’année 2018. L’Autorité indépendante des communications d’Afrique du Sud (ICASA) prépare actuellement à cet effet de nouveaux tarifs d’interconnexion. Une ébauche a été dévoilée et envoyée le 16 août 2018 aux sociétés télécoms. Ces dernières ont jusqu’au 07 septembre 2018 pour faire parvenir leurs commentaires sur le sujet au régulateur télécoms. Dans sa proposition de nouveaux tarifs d’interconnexion, l’Icasa propose que les grands opérateurs versent aux petits opérateurs 12 centimes par appel mobile dès octobre 2018. Soit une baisse de 7 centimes. Dès octobre 2019, ce tarif chutera à 10 centimes, puis à 9 centimes dès octobre 2020. Pour les petits opérateurs, le tarif d’appel vers le réseau mobile des grands opérateurs devrait
passer de 12 à 8 centimes, dès octobre 2018, de 5 centimes, dès octobre 2019, et 3 centimes en 2020. Dans le segment fixe, l’Icasa propose 1 centime de frais d’interconnexion sur les services, dès octobre 2018 à septembre 2020, et une disparition des frais, dès octobre 2020. Cette baisse des tarifs d’interconnexion des services télécoms, elle n’est que la continuité d’une action engagée par l’Icasa depuis 2014 afin de réduire les coûts des services télécoms jugés trop élevés par les consommateurs. Le 1er octobre 2014 au 28 février 2015, l’Icasa avait fixé à 31 centimes le tarif d’interconnexion payable par les grands opérateurs aux petits. Ce tarif avait été réduit à 24 centimes dès le 1er mars 2015, puis à 19 centimes dès le 1er mars 2016. Pour les petits opérateurs, c’est la somme de 20 centimes qu’avait fixé le régulateur télécoms comme contrepartie aux grands opérateurs, d’octobre 2014 à février 2015.
Ce tarif était revu à 16 centimes, dès mars 2015, et 13 centimes, dès le 1er mars 2016. Les nouveaux tarifs d’interconnexion préparés par l’Icasa, ils ne plaisent pas à tout le monde. Sipho Maseko, le directeur général du groupe Telkom, estime qu’ils sont nocifs pour les petits opérateurs comme la société télécoms qu’il représente car ils vont réduire davantage les gains de l’asymétrie qui leur était profitable dans une certaine mesure. « Les tarifs de terminaison fixes proposés nécessitent des réductions de coûts impossibles à réaliser dans un délai de trois ans sans pertes d’emplois significatives […] A mesure que les taux diminuent, cela met beaucoup de pression sur notre capacité à fournir le service et à recouvrer le coût de manière durable », a dénoncé le patron de Telkom qui compte rejeter ces nouveaux tarifs.
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regulatION
CÔTE D’IVOIRE
La portabilité des numéros est une réalité à Abidjan depuis le 3 septembre 2018 Avec cette fonction, un abonné télécoms en Côte d’Ivoire peut désormais quitter son opérateur s’il juge ses services insatisfaisants afin de rejoindre son concurrent tout en conservant son numéro de téléphone. Les opérateurs télécoms désormais sous pression. La portabilité des numéros, le régulateur télécom a décidé de l’introduite sur la marché télécoms national dans le but de susciter une saine concurrence entre les opérateurs télécoms, mais davantage pour préserver les droits des consommateurs. Face à l’inefficacité sur la qualité de service des multiples sanctions financières prise à l’encontre des sociétés télécoms, qui lui ont d’ailleurs valu de nombreuses critiques par le passé, l’ARTCI a opté pour la portabilité parce qu’elle établit directement un lien de cause à effet entre la santé financière des opérateurs télécoms et la qualité de service offerte aux consommateurs. En effet, les consommateurs étant les actifs qui déterminent le volume financier généré par une entreprise au cours de l’année, leur mécontentement induira automatiquement leur migration vers la concurrence et la mise en danger de sa trésorerie. Le lancement de la portabilité en Côte d’Ivoire intervient après quelques tests menés avec succès au cours du mois d’avril 2018. C’est à la société VIPNET, retenue en juin 2017 au terme de l’appel à candidatures lancé le 28 mars 2017, que l’ARTCI a confié l’établissement et l’exploitation de la base de portabilité centralisée qu’utiliseront les opérateurs MTN, Orange et Moov.
Depuis le 03 septembre 2018, les Ivoiriens ont les pleins pouvoirs pour influer sur la qualité des services offerts par les sociétés télécoms. La portabilité des numéros a officiellement été lancé à cet effet par l’Autorité de régulation des télécommunications/ TIC de Côte d’Ivoire (Artci). La portabilité, comme son nom l’indique, apportera de la mobilité aux abonnés. Plus clairement, elle permettra
à un abonné de quitter son opérateur dont les services ne sont plus considérés comme satisfaisants, pour un tout autre. Le tout, en conservant son numéro de téléphone. Avec ce système de conservation de numéro, finie la fastidieuse tâche de communiquer son nouveau contact à tout son répertoire en cas de changement d’opérateur mobile.
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En lançant la portabilité, la Côte d’Ivoire rejoint la courte liste des pays d’Afrique qui ont adopté cette solution pour résoudre le problème de qualité de service télécoms. La pionnière a été l’Afrique du Sud qui l’a lancé le 10 novembre 2006. Le Ghana a suivi le 07 juillet 2011. Puis, le Kenya lui a emboîté le pas le 1er avril 2013 suivi du Nigeria le 22 avril 2013. La même année a également été celle de la Tunisie. Le Sénégal est venu gonfler les rangs des pays pionniers dans la portabilité le 1er septembre 2015. Le Cameroun a lancé la portabilité des numéros que tout récemment, le 21 août 2017.
regulatION
SENEGAL
L’ARTP initie le dégroupage de la boucle locale de Sonatel C’est depuis 2005 que le régulateur télécoms travaille sur le lancement de cette opération technique. D’après l’Autorité de régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP), le processus a retardé à prendre définitivement forme parce que les conditions du marché à l’époque, ne rendait par sa mise en œuvre opportune.
Le 10 juillet 2018, l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) du Sénégal a procédé au lancement du dégroupage de la boucle locale de cuivre de l’opérateur historique Sonatel. Le régulateur télécoms a indiqué que chaque opérateur définira avec Sonatel le caractère du dégroupage. Ils choisiront entre un dégroupage partiel ou total. A travers le dégroupage partiel, Tigo, Expresso, Africa Access, Arc Informatique et Waw pourront offrir à leurs abonnés uniquement de l’Internet haut débit et très haut débit fixe et la télévision sur ADSL. Pour ce qui est du dégroupage total, il permettra à toutes ces différentes sociétés de proposer la Triple Play (Internet, TV, téléphonie fixe) ou Quadruple Play (Internet, TV, téléphonie fixe, téléphonie mobile). Selon l’ARTP, le dégroupage de la boucle de cuivre de Sonatel a pour but de redynamiser le segment de l’Internet fixe à travers une plus grande liberté dans le
choix de l’abonnement; une plus grande diversification des offres commerciales ADSL, des services (Triple play, offres couplées) et la baisse des tarifs de détail. Aujourd’hui, alors que le segment de l’Internet est porté à plus de 98% par le mobile, l’Internet fixe ne représente que 2% du marché. Sur le plan des modalités tarifaires du dégroupage, bien que les prix arrêtés n’aient pas été dévoilés, l’ARTP a cependant expliqué comment ils ont été fixés. Une offre de gros concernant l’accès à la boucle locale lui a été soumis par Sonate. Puis un cabinet a été mandaté pour vérifier la justesse de cette offre, qui a été révisée par la suite et les tarifs applicables au dégroupage décidés. D’après l’ARTP, l’ouverture de la boucle de cuivre à la concurrence et non de la fibre optique s’explique par le caractère coûteux et le faible déploiement actuel de l’infrastructure télécoms à haut débit
Abdou Karim Sall, DG ARTP, Sénégal
dans le pays. De plus, tout opérateur peut déployer son propre réseau de fibre optique or « le principe du dégroupage est de permettre aux opérateurs alternatifs, d’avoir accès à une infrastructure essentielle qui ne peut être dupliquée », a ajouté le régulateur télécoms. Le dégroupage, c’est depuis 2005 que l’ARTP travaille à son lancement. Sa mise en œuvre a pris du temps à se concrétiser parce que « les conditions du marché à l’époque, ne rendait par opportune la mise en œuvre de cette opération », a révélé l’agence publique. Ces conditions sont idoines désormais parce que tous les opérateurs télécoms et fournisseurs d’accès à Internet disposent d’une licence globale leur permettant d’exploiter à la fois des technologies fixes et mobiles. Tout est réuni pour une concurrence loyale.
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regulatION
THAD
Le GOUVERNEMENT en quête d’un 4ème opérateur mobile Le nouvel opérateur devrait relancer la concurrence sur le marché télécoms national confisqué par les sociétés Tigo et Airtel. Salam, le troisième opérateur, a manqué de charisme pour jouer le rôle de trouble-fête et la société publique est quasiment asphyxiée par ses concurrents. modalités de participation à l’appel d’offres, chaque candidat devra accompagner son dossier d’une caution de soumission d’une valeur de 100 millions FCFA. Le délai de réception des dossiers de candidature par la Commission interministériel créée à dessin est fixée au 13 Septembre 2018. L’avis d’appel d’offres international, il a été lancé dans le cadre de la mise en œuvre du plan Tchad numérique 20172021 dont l’objectif est la mise en place d’un environnement national favorable à l’éclosion du numérique. Actuellement, le marché télécoms tchadien est disputé par trois opérateurs télécoms. Tigo, filiale de Millicom International Cellular (MIC), revendique la place de leader. Il est talonné par Airtel, filiale du groupe télécoms indien Bharti Airtel. Salam, la société publique, occupe la dernière place. Selon les données de l’Union Internationale des Télécommunications datant de 2017, le taux de pénétration du mobile dans le pays était de 44,48% dans un marché de 14 000 915 habitants. Pour le taux de pénétration d’Internet, lui il n’était que de 5%.
Le gouvernement tchadien a décidé d’enrichir son marché télécoms d’un quatrième opérateur de téléphonie mobile. Un avis d’appel d’offres international a été publié, à cet effet, le 08 juin 2018, par le ministère des Postes et des nouvelles technologies de l’information et de la communication. La procédure a été ouverte aux seules entreprises possédant une expérience dans l’exploitation des réseaux de télécommunications, avec
des capacités techniques et financières appropriées. Madeleine Alingué, la ministre des Postes, des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, a expliqué qu’à travers cette procédure il s’agira d’octroyer une licence d’établissement et d’exploitation de réseaux de téléphonie mobile de 2ème, 3ème et 4ème générations à l’entreprise retenue au terme de cette opération. Selon les
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Hormis l’augmentation du taux de pénétration du mobile dans le pays, le dernier opérateur télécoms actuellement recherché par le gouvernement représente aussi une nouvelle source de revenus pour les caisses du Trésor public. En 2016, l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie indiquait que les services mobiles au Tchad « sont soumis à une large gamme de taxes et de redevances, dont certaines sont spécifiques au secteur de la téléphonie mobile. Au total, plus de 25 taxes et redevances distinctes sur les opérateurs de téléphonie mobile ont été identifiées, dont 13 sont spécifiques à un secteur. Le nombre de taxes et de redevances spécifiques au secteur est plus élevé que dans un certain nombre d’autres pays africains, y compris la Tanzanie ou la République du Congo ».
regulatION
ALGERIE
l’ARPT évolue en ARPCE La nouvelle dénomination, résultant de la loi n° 18-04 du 24 du 10 mai 2018 fixant les règles générales relatives à la poste et aux communications électroniques, s’est imposée à l’organe de régulation des télécommunications au regard de l’évolution de la technologie. Ses compétences s’en trouvent également élargies
L’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPT) d’Algérie, créée en 2000, a entamé sa mutation administrative et technique le 10 mai 2018 pour mieux répondre aux réalités de l’actuel marché des communications. L’organe public est désormais connu sous la nouvelle appellation d’Autorité de Régulation Indépendante de la Poste et des Communications Electroniques (ARPCE). Ce nouveau titre traduit l’élargissement de ses compétences dans tous les domaines des communications par moyens électroniques (téléphonie fixe et mobile, programmation informatique, cybersécurité, etc). En effet, contrairement à l’ARPT qui se limitait à la gestion du secteur postal et de la téléphonie, l’ARPCE se chargera désormais de contrôler les activités postales et toute émission, transmission ou réception de signes, de signaux, d’écrits, d’images ou de sons, de données, ou de renseignements de toute nature par fil, voie optique ou électromag-
nétique. Qui dit nouvelles prérogatives pour le régulateur télécoms dit également nouvelles méthodes de fonctionnement. Les anciennes ne pouvant plus définitivement cadrer avec les exigences du nouveau monde numérique, l‘entreprise devra se réinventer. Comme l’ARPT, l’ARPCE se compose d’un conseil et d’un directeur général. Le conseil se compose de sept membres dont le président, désignés par le président de la République sur proposition du Premier ministre. Les membres du conseil, y compris le président, sont choisis en raison de leurs compétences techniques, juridiques et économiques pour un mandat de trois (3) ans renouvelable une fois. En cas de vacance du siège d’un membre du conseil, il est procédé à son remplacement dans les mêmes formes. L’Autorité de régulation est administrée par un directeur général désigné par le président de la République.
première action du tout nouvel organe de régulation des télécoms a été d’approfondir ses connaissances sur la régulation des communications électroniques auprès d’autres organes qui l’expérimentent depuis plus longtemps. Le 1er juillet 2018, l’ARCEP a décidé d’approfondir sa collaboration la Commission des Technologies de l’Information et des Communications (CITC) du Royaume d’Arabie Saoudite à travers la mise en place d’un programme de coopération et d’échange d’expertises dans plusieurs domaines liés aux communications électroniques notamment en matière de contrôle de la qualité de service des réseaux fixe et mobile, du service universel, d’interconnexion et de gestion du spectre de fréquences. Les deux organes ont également exprimé leur volonté de coordonner leurs efforts pour la réalisation des missions qui leur incombent en matière de développement des communications électroniques de qualité.
Sous ses nouvelles couleurs, la digital business africa N° 000 de septembre 2018 | 51
INFRASTRUCTURES
NIGERIA
Google va déployer le wi-fi dans cinq villes en 2019 Au-delà de l’intérêt des Nigérians, cet investissement de la filiale du groupe Alphabet vise surtout à faciliter la consommation de ses produits et services via les appareils mobiles doté du système d’exploitation Android, largement répandus dans le pays.
Les villes nigérianes de Port Harcourt, Abuja, Kaduna, Enugu, Ibadan seront couvertes par le réseau Internet sans fil de Google en 2019. Le 26 juillet 2018, en marge de la seconde édition de l’évènement Google for Nigeria, tenue la veille, à Lagos, Juliet Ehimuan-Chiazor, la directrice- pays de Google Nigeria, a annoncé le déploiement à cet effet de 200 bornes wi-fi. Les équipements seront installés dans des marchés, des arrêts bus et gares routières, des centres commerciaux, des universités et plus encore. C’est une couverture de plus de 10 millions de personnes que vise Google à travers ce service Internet de haute qualité. Selon l’entreprise technologique fondée par Larry Page et Sergueï Brin, les infrastructures de connectivité annoncées ont pour but d’améliorer l’accès des populations aux services web. Anjali Joshi, le vice-président en charge de la
gestion des produits de Google, a affirmé que la société investit au Nigeria parce qu’Internet a le potentiel de transformer complètement le pays. « Partout dans le monde, les pays qui ont investi dans les cultures numériques et basées sur l’innovation bénéficient non seulement d’une richesse extraordinaire (et de la création d’emplois), mais ont également transformé la façon dont les gens vivent et font des affaires », a-t-il souligné. Au-delà d’améliorer l’accès des populations aux services Internet de qualité, l’investissement de Google au Nigeria vise également à accroître sa présence dans le pays qui présente de belles opportunités d’affaires. La filiale du groupe Alphabet compte en effet faciliter davantage la consommation de ses produits et services par les Nigérians. Avec l’augmentation du nombre d’utilisateurs du mobile au monde dans les prochaines
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années, notamment au Nigeria, la société américaine dont le système d’exploitation Android est largement répandus, anticipe sur cette croissance et se positionne déjà pour le futur. D’après Anjali Joshi, la forte population du Nigeria le place parmi les nations à travers lesquelles l’entreprise attend tirer son prochain milliard d’internautes (Next Billion Users). Les bornes Wi-fi de Google au Nigeria, elles semblent être une retombée de la visite du vice-président nigérian, Yemi Osinbajo, aux Etats-Unis au mois de juillet dernier. A la tête d’une délégation d’hommes d’affaires, il était venu promouvoir l’innovation technologique et les industries du divertissement du Nigeria au cours d’un roadshow d’investissement organisé dans la Silicon Valley (Californie) et à Hollywood (Los Angeles) du 09 au 11 juillet 2018.
INFRASTRUCTURES
AFRIQUE DU SUD / EGYPTE
Liquid Telecom et Telecom Egypt vont relier Cape Town au Caire par la fibre optique Les sociétés Liquid Telecom et Telecom Egypt ont signé un mémorandum d’entente. En reliant l’Afrique du Sud à l’Egypte, le fournisseur de connectivité à haut débit, filiale du groupe télécoms zimbabwéen Econet Wireless, se réjouit de posséder bientôt la plus grande empreinte de fibre optique du continent.
Les ambitions de Liquid Telecom de devenir la référence en matière de connectivité à haut débit en Afrique sub-saharienne prennent progressivement forme. Elles ont avancé d’un grand pas lors de l’Assemblée annuelle de l’African Export-Import Bank, tenue du 11 au 14 juillet 2018 à Abuja au Nigeria, avec la signature d’un accord de collaboration entre la société zimbabwéenne et la société télécoms publique égyptienne, Telecom Egypt. L’arrangement entre les deux parties prévoit l’interconnexion par fibre optique des villes de Cape Town en Afrique du Sud et du Caire en Egypte. De manière pratique, Liquid Telecom capitalisera sur son infrastructure de fibre optique de près de 60 000 km, déployée depuis l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, le Malawi, la Tanzanie, le Kenya, l’Ethiopie, jusqu’au Soudan, à la frontière avec l’Egypte. De là, Telecom Egypt connectera son réseau de fibre optique.
Strive Masiyiwa, le fondateur et président exécutif d’Econet Group, maison-mère de Liquid Telecom, a expliqué que l’accord avec Telecom Egypt vise à « compléter notre vision d’un réseau unique sur terre, du Cap au Caire (…) Ce réseau représente non seulement une réussite technique remarquable qui a surmonté certaines des distances et des terrains les plus difficiles du continent, mais il soutient également la montée des économies numériques en Afrique. Nous attendons à voir beaucoup de trafic entre l’Egypte et le reste de l’Afrique. Là où il y a des communications améliorées, l’amélioration du commerce suit également ». Pour Ahmed El Beheiry, le directeur général de Telecom Egypt, « ce protocole d’accord constitue une étape importante dans notre stratégie visant à pénétrer le marché africain et à mettre à la dispo-
sition de nos clients, à travers l’Afrique, des services technologiques et d’infrastructures mondiaux les plus avancés de Telecom Egypt ». Dans le cadre du partenariat stratégique, Liquid Telecom et Telecom Egypt ont déclaré qu’ils partageront l’infrastructure réseau et exploreront d’autres domaines de collaboration, y compris les services de réseau conjoints, le peering et l’interconnexion de la voix. Pour l’opérateur historique égyptien, ce partenariat avec Liquid Telecom est hautement stratégique car il soutiendra ses plans de refonte de l’infrastructure Internet égyptienne pour fournir la meilleure qualité de service et générer des revenus et de la croissance économique; et d’élargissement du réseau international de l’Égypte dans le but d’atteindre la vision de l’Égypte comme carrefour numérique.
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INFRASTRUCTURES
CONGO BRAZZA
l’ARPCE met à jour le Point d’échange Internet national L’opération a pour but d’optimiser la qualité de la connexion entre les internautes de congolais et ceux de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac).
Yves Castanou DG de l’ARPCE
L’Agence de Régulation des Postes et des Communications Électroniques (ARPCE) a annoncé avoir procédé, les 6 et 8 août 2018 à Brazzaville au lancement des opérations d’actualisation de l’ensemble de la plateforme technique du point d’échange internet national, CGIX. Cette mise à jour devrait contribuer à transformer le Point d’Échange Internet du Congo en Point d’Échange Internet pour les pays de la sous-région Afrique Centrale, explique l’ARPCE. Dans un communiqué faisant le point sur la qualité des travaux effectués, l’ARPCE indique que l’opération a déjà permis de renforcer les capacités techniques et opérationnelles de la plateforme du CGIX dans son nouveau format, afin de permettre et faciliter son interconnexion avec les autres points d’échange Internet de la sous-région. Le même communiqué précise également que de nouveaux services tant performants que rapides ont été déployés sur
la plateforme. Il s’agit principalement d’un serveur de routes qui facilite les échanges de trafic entre les membres connectés. Encore appelé looking-glass, ce serveur d’interface web permettra aux membres connectés de faire entre autres des tests sur la plateforme du point d’échange et de jauger son efficacité. A travers cette opération, l’ARPCE entend significativement améliorer la rapidité de l’accès aux services en ligne pour les utilisateurs de l’Internet. Ceci grâce à l’écosystème qui sera mis en place dans les prochains jours avec l’installation des serveurs caches, des fournisseurs de contenus et l’interconnexion du point d’échange internet du Congo CGIX à celui du Gabon GABIX. La mutation entre le Point d’Échange Internet du Congo en Point d’Échange Internet Régional (RIXP) de la sous-région Afrique centrale s’inscrit dans le cadre
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du système africain d’échange Internet (AXIS), qui vise à installer 33 points d’échange sur le continent. L’accord d’interconnexion et de transformation avait été signé lors de l’atelier sous régional sur la gestion des données et des points d’échange tenu à Brazzaville le 19 Avril 2018. La réalisation de ce projet a bénéficié de l’appui technique des experts internationaux, notamment ceux de la société France-IX. La capacité du nœud Internet du Congo peut raccorder jusqu’à 40 clients, entre autres les Opérateurs, les fournisseurs d’accès et/ou de contenus sur des ports de 1Gbit/s et 16 clients sur des ports de 10 Gbit/s. Par cette opération, l’ARPCE entend accentuer la promotion des communications électroniques afin de favoriser une réelle industrie de l’économie numérique en Afrique centrale.
CHRONIQUE
La chronique Start-up d’Olivier Madiba
Il n’y aura pas de répressions ! Après des mois d’observations sociales, nous avons compris que le sujet des “élites” et des fonctionnaires était un sujet central des discussions de tout le monde. Et pour rester apolitique nous avons choisi l’option du comique. C’est vrai qu’en Afrique, dans l’industrie des jeux vidéos, ce choix du comique dans la sensibilisation n’est pas fréquent. Mais, il est prometteur. Nous partons du principe que la vie en Afrique est très dure. Faire des jeux classiques avec difficultés ne passeraient peut-être pas autant. Mais, créer des jeux qui règlent des problèmes et qui amusent, cela aide. Comment faire pour que les fonctionnaires caricaturées dans ce jeu prennent plaisir à jouer à un jeu qui dénonce leur attitude ? Je pense simplement que, contrairement à ce qui semble ressortir, le jeu va beaucoup montrer les difficultés des fonctionnaires. Montrer leurs pressions familiales et leurs tentations. Et aussi leur enseigner des astuces pour leur carrière afin d’éviter “le côté obscur du matricule”. Les fonctionnaires vont beaucoup aimer le jeu le Responsable Mboa. Aussi, je pense que tant que cela reste respectueux de certaines limites il n’y aura pas de répressions. Par exemple, ne pas dénuder les
personnages publics qu’on caricature ou encore ne pas moquer des drames. Vous verrez par exemple que le Mboatribune ne fait pas de commentaires sur les pertes civiles ou militaires du Nord-Ouest ou sur les victimes de Boko haram. Pour apporter un plus et inciter les jeunes « startuppeurs » à aller dans cette voie du comique pour la sensibilisation, il faut plus de succès et de formation. Kiroo a cet objectif. Financer la formation et financer la création. Mais, nous travaillons encore à poser nos fondations. Je pense que notre génération d’entrepreneurs aura tout contre elle. Mais, nous avons le devoir d’inventer notre route pour les prochaines générations. C’est nous qui allons rendre l’innovation, la culture, le risque et l’investissement à la mode. Mais, nous aurons aussi un gros défi de leadership pour unifier le plus de personnes vers des objectifs convergents. Olivier Madiba est le fondateur de la start-up Kiro’o Games qui lancera bientôt le jeu vidéo Le Responsable Mboa
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PORTRAIT DU MOIS
Melissa Bime primée à l’international pour Infiuss, sa banque de sang numérique
La Camerounaise figure parmi les six gagnantes de l’édition 2018 du Prix international de l’Initiative féminine de la société française Cartier. Le programme lancé en 2006 encourage et soutien les femmes entreprenantes et innovantes. La jeune infirmière représentait l’Afrique sub-saharienne.essitiu riorepe lectiam atum volum nesciet andanis abo. Sauver des vies en facilitant l’accès des patients aux poches de sang dont ils ont besoin, tel est le combat que mène Melissa Bime depuis 2015. La jeune camerounaise de 21 ans, titulaire d’un diplôme d’infirmière, est la fondatrice de la start-up Infiuss, une banque de sang numérique qui recense au quotidien les réserves en sang disponibles dans plusieurs formations médicales. Grâce à cet outil, un hôpital qui connaît une rupture de stock pour un groupe sanguin précis peut rapidement se renseigner sur l’état des réserves de sang des formations sanitaires les plus proches, les groupes sanguins disponibles. La startup assure même l’acheminement du sang obtenu jusqu’à l’hôpital demandeur. Elle fournit aussi l’éducation sanitaire des masses et encourage les populations aux dons de sang. Depuis son entrée en activité, Infiuss indique qu’elle a déjà convoyé 230 litres de sang dans six hôpitaux et sauver plusieurs vies. Au regard du grand impact qu’a son initiative sur l’amélioration des
conditions de vie des populations, Melissa Bime a été récompensée le 26 avril 2018, à Singapour, du Prix international de l’Initiative féminine de la maison Cartier. La jeune dame représentait l’Afrique sub-saharienne.
Origines D’après Melissa Bime, Infiuss est le fruit d’une expérience traumatisante et frustrante. Au cours de son apprentissage dans un hôpital, elle a été témoin du décès d’une jeune patiente prénommée Rita. La fillette qui souffrait d’anémie due au paludisme a rendu l’âme faute de sang disponible pour une transfusion sanguine. Quelques jours plus tard, l’hôpital a découvert qu’un établissement médical voisin disposait d’une réserve de sang et du groupe sanguin nécessaire aux soins de la petite Rita. Pour Melissa Bime, cette situation a été l’une des plus frustrantes de sa carrière. « Voir une petite fille mourir parce que l’hôpital ne pouvait pas s’approvisionner en sang dans un établissement voisin m’a mis
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en colère. Je ne pouvais pas continuer à travailler comme infirmière. Je ne voulais pas faire partie d’un système où je devais simplement regarder ces cas », explique-t-elle.
Obstacles Pour réussir son projet, Melissa Bime a bravé plusieurs obstacles. Tout d’abord, il y a eu les réticences de sa famille qui lui prédisait une belle carrière dans la santé, puis les complications administratives pour mettre en oeuvre la start-up. Dans la phase opérationnelle d’Infiuss, la jeune tech entrepreneure s’est également heurté aux croyances culturelles. « Au Cameroun, le sang est souvent considéré comme un tabou. Nous avons dû passer beaucoup de temps à convaincre les donneurs potentiels que le sang qu’ils donnaient ne serait pas utilisé pour faire de la « magie », mais pour sauver des vies », révèle Melissa. Aujourd’hui, toutes ces difficultés surmontées ne sont plus que des souvenirs. La start-up regroupe déjà 908 formations sanitaires.
Avis d’experts
Après Sigipes I et II, stratégies pour enfin maîtriser les effectifs et la masse salariale au Cameroun Par le Pr Atsa Etoundi Roger* Depuis plusieurs années déjà, le Cameroun a entrepris plusieurs actions visant à maîtriser la masse salariale de la fonction publique. Malgré tous ces efforts et des budgets colossaux engagés, le pays n’arrive pas toujours à atteindre cet objectif. La maîtrise de la masse salariale et des effectifs de la fonction publique est devenue un véritable serpent de mer. Les actions entreprises vont du recensement physique des agents publics aux opérations d’informatisation. Toute chose qui a donné lieu à la mise en place l’application ANTILOPE pour la gestion de la solde et SIGIPES pour le traitement des actes de carrières de tous les agents publics. Des questions de toute sorte taraudent toujours les esprits des camerounais (1) Qu’est ce qui fait problème ? (2) Quelle est la meilleure manière de s’y prendre pour maîtriser ce pan de la dépense publique ? Dans ce travail de révision des différentes actions entreprises jusque-là, il est présenté une nouvelle procédure de gestion des effectifs de la fonction publique camerounaise qui garantit la maitrise de la masse salariale. Cette procédure est issue de la réingénierie des procédures administratives existantes. Ce travail montre à suffisance que la réingénierie des processus est un outil important dans la réforme de l’administration dans ses différents secteurs d’activités. La nouvelle procédure proposée de gestion des ressources humaines de l’Etat prend en compte le découpage du travail administratif et le rôle de chaque administration dans la gestion et le contrôle de la gestion des RH de l’État. Des actions entreprises par l’État Dans le cadre de la maitrise des effectifs et de la masse salariale de l’Etat, des actions ont été déjà entreprises par l’Etat depuis plus deux décennies aujourd’hui.
Au nombre de ces actions, l’on notera particulièrement les suivantes : • L’automatisation du traitement des salaires en 1986 ; • Le virement dans les banques des salaires et pensions dont le montant est au moins égal à 100 000 FCFA ; • Des multiples recensements physiques des agents publics ; • Des multiples recensements physiques des retraités ; • Des multiples recensements de ces deux catégories de personnels dans les banques ; • L’effectivité de l’automatisation du traitement des actes de carrières des agents publics dès 2000. • Des multiples contrôles de la solde au MINFI avant la mise en paiement des salaires ; • L’automatisation du basculement de la position d’activité à la position retraite
avec effet immédiat sur le paiement de la pension. • Le lancement en 2014 d’un projet qui devait être réalisé en place en 24 mois pour la maîtrise de la masse salariale et son corolaire qui est la maîtrise des effectifs. Ce projet, après plus de 24 mois, n’a produit aucun résultat. Il était question d’adapter l’ERP SAP au contexte camerounais en matière de gestion des ressources humaines comme cela est édicté par les procédures en la matière sachant que l’ERP initial est théoriquement, fonctionnellement et contextuellement aux antipodes de la situation camerounaise. Cette énième action de l’État a conduit à une grosse dépense mais aussi à un échec. Malgré tous ces efforts, la maitrise des effectifs et de la masse salariale de l’Etat reste un problème entier pour lequel une solution efficiente et efficace doit être trouvée pour un Cameroun prospère
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Avis d’experts
et émergent. Il y a ainsi un réel besoin d’évaluation des procédures mises en place jusque-là dans la gestion des ressources humaines de l’Etat en liaison avec la stratégie générale de l’Etat et son organisation.
ment les bons résultats attendus et projetés. Il faut ainsi avoir des procédures bien adaptées au contexte. a. Problème de responsabilité
Chaque agent public est affecté à un poste de travail dans une structure bien définie. Chaque structure a un chef nommé. La toute première question que l’on devrait se poser est de savoir si chaque Chef connaît ceux qui L’Etat dans son organisation a mis en place des travaillent sous son autorité ? C’est la question de fond structures en charge du contrôle de ses activités. Parmi dans cette problématique. Dire ses structures, l’on note le oui signifierait qu’il les connaît ministère délégué à la préssur le plan quantitatif, qualitatif et idence chargé du Contrôle L’informatique ne viendrait pas organisationnel. Alors, chose très supérieur de l’Etat. Cette structure relève de l’autorité d’un coup de baquette magique curieuse, un sondage mené de à 2015 dans les services de directe de la Présidence régler cette problématique. Qu’il 2007 tous les ministères a fait observer de la République, dont elle nous soit permis de rappeler que moins de 10% des responsreçoit les instructions et à que l’automatisation met en ables des services connaissent qui elle rend compte. Au nombre de ses missions se exergue les méthodes de travail. les agents publics travaillant sous leur responsabilité. Une extraptrouve en bonne place le Si les méthodes sont bonnes, olation au niveau des ministères contrôle de l’exécution du l’informatisation va les amplifier. nous a fait observer qu’aucun budget de l’Etat. Ce contrôle ministère ne maîtrise les agents devrait prendre en compte Si cependant elles sont maula nouvelle gestion des afvaises, l’informatisation va aussi publics qui y travaillent. faires publiques qui recomComment voulons-nous maîamplifier les dérives. mande le déroulement d’un triser les effectifs et la masse processus dit de «5R » (1) salariale si les données sont Réingénierie des processus fausses dès la base. La maîtrise de gestion, (2) Réalignement de ces effectifs au niveau des structures est le gage de par rapport à la stratégie de gestion, (3) Restructuration, la maîtrise globale des effectifs et de la masse salariale. (4) Réinvention, et (5) la reconceptualisation. Il est donc Tout doit ainsi se jouer au niveau des structures avec la question pour l’Etat d’implémenter ce modèle de gestion responsabilisation de leurs chefs respectifs. L’Etat l’avait pour atteindre enfin le résultat projeté depuis des années. bien compris en mettant en place, sur instruction du Premier Ministre, des comités sectoriels d’assainissement au sein des différentes administrations publiques. La dyMauvaise utilisation de l’informatique namique qui en résulte conduirait le Cameroun à maîtrisL’informatique ne viendrait pas d’un coup de baquette er les effectifs et la masse salariale. Tout autre approche, magique régler cette problématique. Qu’il nous soit semble-t-il, est vouée à l’échec comme en témoignent les permis de rappeler que l’automatisation met en exergue différentes actions susmentionnées. les méthodes de travail. Si les méthodes sont bonnes, l’informatisation va les amplifier. Si cependant elles sont b. Problème organisationnel mauvaises, l’informatisation va aussi amplifier les dérives. Nous ne sommes pas surpris aujourd’hui d’observer que La gestion des ressources humaines de l’Etat relève la maîtrise des effectifs et de la masse salariale reste un essentiellement de deux ministères : le Ministère de la problème entier. Nous ne sommes pas surpris que des Fonction Publique et de la Réforme Administrative et hommes s’enrichissent sur le couvert du traitement de la le Ministère des Finances. Si le MINFOPRA s’occupe solde. Nous ne sommes pas surpris d’observer l’exisessentiellement de la gestion des carrières des agents tence des personnels fictifs. Nous ne sommes pas surpris publics, le MINFI quant à lui s’occupe de la paie des d’observer que les morts continuent à émarger dans la salaires. En dehors de la paie, c’est le MINFI qui calcule chaîne de solde. Nous ne sommes pas surpris d’observer la solde à payer à chaque agent public à la fin de chaque que plusieurs agents publics ont des salaires en dents de mois. Cette paie est faite sans une validation formelle de scie. Nous ne sommes pas surpris que plusieurs agents la structure utilisatrice de l’agent public. publics perçoivent des avantages n’ayant aucun lien avec leur poste de travail et leurs corps. D’ailleurs, nous le comprenons très bien, puisque les structures elles-mêmes ne maîtrisent pas leurs effectifs. Cette organisation, semble-t-il présente de graves dysLimite des procédures actuelles fonctionnements comme cela est observé aujourd’hui. On ne saurait payer les agents publics sur le dos des Toutes ces observations nous amènent à nous poser la services qui les emploient. Au risque de nous tromper, question sur les procédures utilisées pour gérer les resle MINFI doit payer les salaires sur la base des données sources humaines de l’état. Comprenons-nous très bien, dument validées et reçues auprès des administrations on automatise lorsque les procédures sont clairement utilisatrices. Tout doit se faire comme les autres dépenses identifiées, maîtrisées, validées et produisent manuelleOrganisation du Contrôle du Travail Administratif
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Avis d’experts de l’Etat. Les engagements sont faits dans les administrations et le MINFI paie, ça devrait être aussi le cas pour le paiement des salaires des agents publics. L’Etat doit ainsi arriver au mandatement de la solde. Proposition de solution De l’épineux problème lié à la maîtrise de la masse salariale de l’Etat, les mesures suivantes devraient être prises sur le plan stratégique et opérationnel afin de juguler définitivement cette maladie qui gangrène la fonction publique camerounaise. a. Au plan stratégique • La mise en place d’une structure chargée du traitement salarial des agents publics qui serait rattachée à la présidence de la république. Elle ne doit pas être au MINFOPRA encore moins au MINFI ou au CONSUPE, car ne doit pas être juge et partie. Son rôle sera de recevoir chaque mois les engagements salariaux des administrations, les consolider puis émettre des ordres de paiement au MINFI. Le rôle du MINFI est ainsi circonscrit au paiement uniquement. • La mise en place dans cette structure, d’une direction des retraités et pensionnés pour s’occuper uniquement des retraités et des pensionnés. • La révision des attributions de la direction des dépenses des personnels et des pensions. • La mise en place dans cette structure d’un centre de calcul et de stockage des données de l’État. b. Au plan opérationnel i. Procédure sécurisée de traitement des salaires Passer au mandatement de la solde. A ce titre, de manière hiérarchique, le Chef de bureau signera la liste des agents publics qui travaillent sous son autorité, le chef service en fera autant, ainsi de suite jusqu’au sommet de la structure. Avant le calcul de la solde, chaque structure fait remonter les données, jusqu’au au sommet de la hiérarchie. Ces données sont par la suite transmises à la structure en charge du traitement des salaires pour consolidation. Les données consolidées sont par la suite utilisées pour le calcul consolidé de la solde. Apres calcul, les bordereaux de paiements par la suite envoyés dans les structures utilisatrices pour validation. Après cette validation, les bordereaux sont acheminés à la structure en charge du traitement des salaires. Elle les consolide et les envoie pour paiement au ministère des finances, et pour contrôle au CONSUPE. Le MINFI en mettant en paiement les salaires envoie une copie des états de paiement desdits salaires au CONSUPE. Le CONSUPE a ainsi tous les éléments pour procéder au contrôle. Ainsi le CONSUPE devrait ressortir toutes les incohérences observées après chaque campagne de solde.
ii. Contrainte à prendre en compte La remontée des données ou la circulation des données peut prendre du temps. Il est ainsi conseillé que chaque structure s’y prenne tôt afin que les salaires soient payés à temps. Pour mettre en route
cette procédure sécurisée de paiement des salaires, au lancement, les salaires du mois N-1 seront payés au Mois N, et ainsi de suite. Avec le temps, on ne ressentira pas cette différence car la procédure sera déjà bien comprise. L’avantage de cette procédure sécurisée de paiement des salaires est qu’elle rend chaque Chef de structure responsable dans la gestion des ressources humaines. Ce sera ainsi une gestion participative des ressources humaines. Cette responsabilité engage pénalement le ou les responsable (s) reconnu(s) de négligence qui ferait (feraient) payer le salaire à un agent ne travaillant pas dans la structure.
iii. Intégration de la biométrie Intégrer la biométrie dans le contrôle des présences effectives aux différents postes de travail de l’administration. Ceci va nécessiter l’acquisition par chaque structure en fonction de ses démembrements, des bornes biométriques dotées chacune d’un composant mobile (3G) qui répercutera les données biométriques enrôlées dans la base de données centrale. Seuls les agents publics ayant fait des enrôlements biométriques seront autorisés à percevoir leur salaire s’ils sont en même temps identifiés dans la structure utilisatrice. iv. Urbanisation des Systèmes Informatiques Actuels de l’Etat L’urbanisation du système d’information de l’Etat conformément à cette procédure sécurisée de paiement des salaires est une nécessité absolue. L’Université camerounaise pourrait être mise à contribution pour appuyer l’Etat dans la mise en place des outils logiciels à moindre coût. L’Université de Yaoundé I, par exemple, dont les lauréats ont contribué à l’appropriation et la stabilisation du SIGIPES qui fonctionne en ce moment dans l’administrations camerounaise. Il est fortement déconseillé de ne pas prendre un ERP propriétaire pour la gestion des ressources humaines de l’Etat. Il coûte trop cher dans la mise en œuvre et dans son exploitation. La quasi-totalité des projets GRH intégrant ce type d’outils ont toujours échoué.
*Pr Atsa Etoundi Roger Le Pr Atsa Etoundi Roger est l’ancien chef de la Division Informatique au MINFOPRA (Ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative), ancien chef de Division de la Coordination nationale du SIGIPES, ancien Coordonnateur technique de l’assainissement du fichier solde des personnels de l’Etat.
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innovation
BENIN
BenAgri, le portail web qui transpose le marché des produits agricoles sur Internet
L’initiative est pour les agriculteurs, transformateurs et commerçants, une opportunité pour étendre leurs produits vers de nouveaux marchés. Béninois et du monde. Une plateforme web et mobile qui rassemble les consommateurs et les acteurs et cultivateurs du monde agricole et agro-alimentaires. Les premiers peuvent y acheter ou commander des produits agricoles et les seconds peuvent y vendre et proposer le fruit de leurs travaux champêtres. C’est l’idée que vient de concrétiser un groupe de jeunes béninois de la start-up Fidali en créant le site web BENAGRI accessible à l’adresse : https:// www.benagri.com/.
Selon les explications accessibles sur la plateforme, pour devenir utilisateur de BenAgri, il faut remplir un formulaire d’inscription disponible sur le site web en précisant son profil (particulier ou professionnel). La validation du formulaire est faite en cliquant sur le bouton « CRÉER UN COMPTE ». Puis, un mail de confirmation est automatiquement envoyé au nouvel utilisateur. Une fois ce mail confirmé, l’utilisateur devient membre de la communauté BenAgri.
L’identité des agriculteurs et acheteurs est vérifié au maximum par la certification de leur numéro de téléphone mobile, de leur adresse, de leur carte d’identité ou passeport et de leur raison sociale. Parfois, l’équipe de BenAgri va même à la rencontre de ses utilisateurs. Plus encore, la communauté utilise les profils et les avis pour évaluer les membres et mettre de côté ceux qui ne respectent pas les codes, les habitudes et les exigences du commerce agricole.
« Notre objectif est de promouvoir les produits locaux et de les rendre accessibles à tous. Grâce à BenAgri, les acteurs de la chaîne agricole et agro-alimentaire peuvent faire du commerce plus facilement et ont aussi la possibilité de faire connaître leurs produits partout dans le monde. Ils ont donc la chance de pouvoir commercialiser leurs produits au-delà des frontières béninoises », expliquent les concepteurs de la plateforme dont Gisèle Agassounon en fait partie.
Pour les agriculteurs, transformateurs et commerçants, c’est une opportunité pour étendre leurs produits vers de nouveaux marchés. Béninois et du monde. Les concepteurs de la plateforme qui invitent les agriculteurs et les Béninois à s’y inscrire et profiter de ce marché en ligne revendiquent déjà un réseau d’acheteurs importants cherchant à s’informer sur de nombreux produits.
Selon Jacques Adjahoungbo, promoteur de l’initiative, ce projet entre dans le cadre du SIMA Bénin (Système d’Information sur les Marchés Agricoles). Normalement, chaque pays devrait avoir son SIMA, pense-t-il. Ce qui n’est pas encore le cas au Bénin. D’où son initiative pour faire bouger les lignes et apporter sa pierre à la construction de l’édifice. « Nous voulons travailler à faire adopter ce système à tous les acteurs agricoles du Bénin », affirme-t-il.
Et quid de la sécurité ? « Pas de soucis à se faire », répondent les concepteurs.
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ce que dit la loi
Comment obtenir une licence télécoms au Bénin A la lumière du tout nouveau code du numérique promulgué le 23 avril 2018 par le président de la république, Patrice Talon, DBA vous présente les conditions d’octroi de la licence télécoms.
Pour être opérateur de télécommunications et fournisseur des services de communications électroniques comme MTN ou Moov au Bénin, le nouveau code du numérique promulgué le 23 avril 2018 par le président de la République, Patrice Talon, après validation de sa conformité par la Cour constitutionnelle le 02 novembre 2017, suite à son adoption par le parlement le 13 juin 2017, prévoit qu’il faut obtenir une licence. Selon ce code du numérique, trois régimes juridiques sont applicables aux activités de communications électroniques au Bénin : le régime de la licence, le régime de l’autorisation et le régime de l’entrée libre avec ou sans déclaration préalable. Les modalités d’octroi de ces licences, autorisations et les conditions de réalisation de cette déclaration font l’objet d’un décret pris en Conseil des ministres après avis conforme de l’Autorité de régulation des communications électro-
niques et de la Poste (ARCEP). ARRIMAGE AVEC LA SOUS-RÉGION Dans cette édition, Bénin Révélé Magazine vous propose d’explorer, à la lumière de ce nouveau code du numérique, les conditions d’octroi de la licence télécoms. Une licence exigée en cas d’exploitation de réseaux ouverts au public ou encore lorsque, pour des raisons de politique nationale concernant notamment l’ordre public, la défense, les bonnes mœurs, la sécurité et/ou la santé publique, l’État décide que le service concerné soit soumis au régime de la licence. Déjà, il faut noter que l’article 45 de ce code précise que, en ce qui concerne la délivrance de licences ou d’autorisations ou la réalisation de déclaration pour l’exercice de certaines activités de communications électroniques, l’Autorité
de régulation doit coordonne avec les autorités régionales de la CEDEAO et de l’UEMOA ainsi qu’avec les autres autorités de régulation nationale des États membres de la CEDEAO et de l’UEMOA. La licence est octroyée par décret pris en Conseil des ministres sur proposition du ministre en charge des Communications électroniques après avis conforme de l’Autorité de régulation à toute personne morale suivant un cahier des charges qui en fixe les conditions. Ce décret approuve les termes du cahier des charges. Ce cahier des charges prévoit, d’après l’article 51, a minima, des dispositions relatives au respect d’une concurrence loyale ; à l’obligation de tenir une comptabilité analytique autonome pour chaque réseau et service exploité ; aux conditions de confidentialité et de neutralité du service au regard des messages transmis ; aux prescriptions exigées par la défense
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ce que dit la loi nationale et la sécurité publique et les prérogatives de l’autorité judiciaire ; aux modalités de contribution aux missions générales de l’Etat et en particulier aux missions et charges du service universel ; à l’obligation de respecter les accords et les conventions internationaux ratifiés par la République du Bénin ; à l’obligation d’acheminer gratuitement les appels d’urgence et en fin à la contribution à la recherche, à la formation et à la normalisation en matière de communications électroniques. APPEL À CONCURRENCE Selon l’article 47 de ce code du numérique, toutes les licences délivrées pour l’établissement et l’exploitation de réseaux ouverts au public et/ou la fourniture de services de communications électroniques au public qui nécessitent l’utilisation de fréquences radioélectriques identifiées par décret pris en Conseil des ministres sont octroyées à la suite d’une procédure d’appel à la concurrence. Et au Bénin, c’est l’Arcep, l’autorité de régulation, qui est chargée de conduire la procédure de mise en concurrence jusqu’à la désignation de l’attributaire. Le candidat déclaré attributaire est celui dont l’offre est jugée la mieux disante par rapport aux exigences prévues dans le dossier d’appel d’offres, notamment celles du cahier des charges, des conditions générales d’établissement et d’exploitation et des dispositions de la présente section qu’il s’engage à respecter. Aussi, les modalités d’attribution des licences sont précisées par décret pris en Conseil des ministres. QUI PEUT SOLLICITER UNE LICENCE ? Il faut relever que la loi au Bénin précise que l’exercice de toute activité soumise au régime de la licence ne peut être autorisé qu’à des entreprises de droit béninois. Ceci conformément aux engagements souscrits par le Bénin et comportant une clause de réciprocité applicable au secteur des communications électroniques. Cette licence est attribuée à titre
personnel et individuel. Par conséquent, elle ne saurait être attribuée, renouvelée, modifiée, retirée ou transférée que par décret pris en Conseil des ministres, sur avis conforme de l’Autorité de régulation. Le code du numérique indique que toute modification unilatérale de licence est passible de sanction. CONTREPARTIES FINANCIÈRES L’octroi d’une licence télécoms au Bénin est soumis au paiement d’une contrepartie financière dont les modalités sont précisées dans le cahier des charges. Comme le prévoit le cahier des charges, l’opérateur économique sollicitant une licence doit s’acquitter de trois contreparties financières : la première pour sa contribution au titre de la formation et de la normalisation ; la seconde pour sa Contribution au titre de l’aménagement numérique du territoire, du service universel et du fonctionnement de l’Autorité de régulation
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et la troisième pour sa contribution au titre de la recherche. La contribution des opérateurs titulaires de licence et d’autorisation au titre de la formation et de la normalisation au profit du ministère en charge des Communications électroniques et de l’Autorité de régulation est fixée à un pourcentage de leur chiffre d’affaires réalisé au titre des activités de communications électroniques, objet de la licence et/ou de l’autorisation. Ce pourcentage est fixé par décret pris en Conseil des ministres sur proposition du Ministre chargé des Communications électroniques et du ministre chargé des Finances. Le montant de la contribution est payé directement au Trésor public sur le compte de l’Autorité de régulation. FINANCER LA RECHERCHE ET LE SERVICE UNIVERSEL La contribution des opérateurs titulaires
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de licence et d’autorisation au titre de l’aménagement numérique du territoire, du service universel et du fonctionnement de l’Autorité de régulation est fixée à un pourcentage de leur chiffre d’affaire réalisé au titre des activités de communications électroniques objet de la licence et de l’autorisation. Ce pourcentage est fixé par décret pris en Conseil des ministres sur proposition du Ministre chargé des Communications électroniques et du ministre chargé des Finances. En fin, la contribution de l’opérateur titulaire d’une licence ou d’une autorisation au titre de la recherche est fixée à un pourcentage de son chiffre d’affaires. Comme les autres, ce pourcentage est fixé par décret pris en Conseil des ministres sur proposition du ministre chargé des Communications électroniques et
Acteurs clés dans la délivrance de la licence. Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre en charge de l’Economie numérique ; Romuald Wadagni, ministre de l’Economie et des Finances, Flavien Bachabi, président de l’ARCEP, Patrice Talon, président de la République
du ministre chargé des Finances. Le montant de cette contribution est payé sur un compte d’affectation spécial pour la recherche créé conformément à la législation en vigueur. Le code du numérique, en son article 61, précise que, sont libérés de cette contribution à la recherche les opérateurs qui réalisent, pour un montant équivalent, des programmes de recherche dans le cadre de conventions approuvées par le ministre chargé des Communications électroniques à passer avec des organismes de recherche dont la liste sera fixée par arrêté du ministre chargé des Communications électroniques. FRAIS ET REDEVANCES
numérique du Bénin stipule que, sur proposition de l’Autorité de régulation et sans préjudice des contreparties financières et des contributions ci-dessus présentées, l’État instaure, en cas de besoin, dans les conditions de transparence et de non-discrimination, des taxes, frais et des redevances destinés à couvrir les charges inhérentes à l’exercice des activités de régulation et de règlementations. Les modalités d’affectation desdits frais et redevances sont déterminées par arrêté du ministre en charge des Communications électroniques. Ces frais et redevances ainsi créés doivent être publiés, chaque année, au Journal Officiel et par toutes voies d’annonces légales. Par ICT Media STRATEGIES
En son article 62, le code du digital business africa N° 000 de septembre 2018 | 63
TIC sans HIC
La Chronique de Philippe Mingotaud
Nouvelles technologies dans les salles de classe : panacée ou poudre aux yeux ? Pour les élèves et leurs enseignants, septembre est synonyme de rentrée scolaire et de questionnements pédagogiques. Les nouvelles technologies ont toujours cherché, surtout dans le second degré et le supérieur, à se faire une place dans les processus éducatifs. Cela est probablement dû au fait qu’en étant censées simplifier la vie et faire gagner du temps, elles devaient forcément faciliter les apprentissages et optimiser les capacités cognitives des élèves. Mais, si rien n’est jamais venu contrarier ces postulats, tous leurs bienfaits supposés restent encore à démontrer. Plus les élèves sont âgés et plus les nouvelles technologies entrent naturellement dans les établissements d’enseignement. - Les magnétophones, dès qu’ils sont devenus discrets et facilement transportables, ont été introduits par les étudiants du supérieur
dans les amphithéâtres pour enregistrer les cours magistraux de leurs professeurs. - Les smartphones se sont invités en masse dans les établissements d’enseignement, de façon pas toujours maîtrisée, à tel point qu’une directive ministérielle vient en France d’en interdire l’utilisation au sein des collèges et des lycées. Il revient aux ministères de l’éducation, aux recteurs et aux chefs d’établissement de juger de l’efficacité des pratiques et des installations afin de distinguer celles considérées comme bénéfiques de celles perçues comme inefficaces, voire même en mesure de perturber le bon déroulement des cours. Dans la plupart des pays, l’éducation de la jeunesse est une priorité et beaucoup de choses sont faites pour la rendre toujours plus performante. L’introduction des nou-
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velles technologies dans les salles de classe est une opportunité pour les dirigeants de montrer qu’ils s’en préoccupent. Le bien-fondé des nouvelles technologies dans les apprentissages est désormais acquis. Tout cela est en constant mouvement. Le tableau blanc n’a pas encore fini de remplacer le tableau noir qu’il est à son tour détroné par le tableau numérique interactif. L’influence des réseaux sociaux sur le comportement des élèves, si propice aux échanges d’expérience et au multiculturalisme, est aussi une source d’inquiétude face à une masse d’informations si volumineuse qu’elle reste pour beaucoup impossible à gérer. C’est en partie ce qu’on appelle la fracture numérique et cette fracture ne concerne pas seulement les usages. Elle s’applique aussi à l’importance et à la nature des outils
TIC sans HIC numériques accessibles aux jeunes. Tous les établissements ne sont pas équipés de façon équivalente, ceux des réseaux dits “prioritaires” (REP, REP+), recevant plus de dotations de la part des académies sont, en principe, mieux équipés.
Quelles sont les technologies mises à la disposition des élèves ?
Le vidéo-projecteur : Il permet d’une part à l’enseignant de présenter ses cours à partir de “slides”, d’y insérer des vidéos afin de les rendre plus didactiques, plus synthétiques et d’autre part aux collégiens et aux lycéens de présenter leurs exposés de façon plus ludique. Le tableau numérique interactif (TNI) : Le TNI est un tableau relié à un ordinateur et à un projecteur sur lequel on ne peut écrire qu’avec un stylet. Il possède un grand nombre de fonctionnalités autour de l’organisation des données. Il est particulièrement apprécié pour les corrections faites en classe, pour évaluer des hypothèses, pour afficher des cartes en 3D, etc. Il est bien adapté à l’utilisation des CD/DVD interactifs inclus désormais dans la plupart des manuels scolaires.
La tablette :
Ce qui
Nouvelles technologies : Panacée ou poudre aux yeux ? Quelles sont les bénéfices reconnus de l’emploi des nouvelles technologies sur la réussite scolaire ? Les apprentissages s’appuyant sur les nouvelles technologies s’assimilent-ils plus facilement ? Les réussites aux examens sont-elles supérieures à celles obtenues avec des méthodes d’apprentissage plus conventionnelles. Le décrochage scolaire est-il moins important dans les classes équipées de numérique ? La performance des jeunes qui bénéficient de ces équipements estelle quantifiable ? Tout cela sera probablement difficile à déterminer, les nouvelles technologies ne pouvant aucunement garantir de bons résultats scolaires. Dans l’état actuel des choses, les nouvelles technologies n’ont pas vocation à prendre le pouvoir dans les salles de classe, pas même à véritablement remplacer le cahier et le stylo lors des apprentissages. Elles sont vues comme un moyen d’innover, d’améliorer les méthodologies, de motiver les élèves, ce qui est déjà beaucoup mais n’enlèvent rien aux efforts qu’ils devront consentir, à un moment donné, pour apprendre correctement.
Le numérique ne peut pas à lui seul donner aux élèves l’envie et le goût d’apprendre, ne va ni les guider, ni les aider à percevoir et à dépasser leurs limites. Seuls l’équipe éducative et les parents sont à même d’accompagner au mieux les élèves. conditionnera une
bonne année scolaire pour La tablette peut servir à l’utilisation Inciter à l’effort sans décourager, récompartagée d’un bon nombre d’applicatifs penser le travail en montrant à celui qui l’a la jeunesse d’un pays n’est mais concernant l’école, c’est avant fourni, qu’il s’ouvre de nouveaux horizons, pas tant des installations tout une liseuse pour beaucoup de ce qu’on attend d’un enseignant. numériques dans les salles de voilà collégiens et de lycéens. Elle présente Aucune technologie ne saurait remplacer ses un véritable intérêt en remplaçant le classe, mais bien la présence compétences, son savoir-faire, son expérience livre conseillé par l’enseignant par un et son dévouement. d’enseignants suffisamment simple fichier numérique accessible formés, dispensant un enseiL’usage du numérique s’étant banalisé, les immédiatement et en toute circonélèves ne sont pas tant que ça en demande gnement de qualité à un nomstance. Il peut sembler paradoxal d’ende nouvelles technologies pour effectuer courager l’utilisation des tablettes dans bre raisonnable d’élèves. leurs cursus. Les bienfaits du numérique les études alors qu’au même moment dans l’enseignement restent relatifs et il faut certains ministères, comme celui du veiller à ce qu’on ne se contente pas d’en système éducatif français, décident d’interdire l’utilisation des smartfaire une vitrine pour mieux occulter des réalités moins flatteuses. phones au sein des établissements. Tablette et smartphone ont à peu On doit à la fois veiller à ce qu’elles ne détournent pas des fonctions près les mêmes fonctions (lecture d’ouvrage, recherche documenpremières de l’éducation, sans pour autant les négliger, car certaines taire, softs collaboratifs, etc.) et la différence de leur encombrement d’entre elles ont une utilité indéniable. respectif n’est pas vraiment significative. Il est incontestable que des plateformes comme “Pronote”, en L’ordinateur : favorisant la mise en relation entre les élèves, leur famille et les enL’ordinateur est principalement utilisé par les enseignants dans seignants restent primordiales pour lutter contre l’échec et le décroleurs classes mais aussi regroupés dans des “salles informatiques” chage scolaires, en alertant, en facilitant la mobilisation des adultes pour les élèves. On en trouve également dans tous les CDI (Cenet le soutien aux enfants en difficulté. tre documentaire et d’information). Comme la tablette, il permet Ce qui conditionnera une bonne année scolaire pour la jeunesse d’effectuer des recherches sur Internet et offre un accès encore plus d’un pays n’est pas tant des installations numériques dans les salles confortable à la plupart des ouvrages et autres bases documentaires de classe, mais bien la présence d’enseignants suffisamment formés, recommandés par les enseignants. dispensant un enseignement de qualité à un nombre raisonnable Les technologies avancées : d’élèves. La seule certitude que l’on ait concernant l’utilisation des Des disciplines comme les langues étrangères, favorisant le dialogue TICs à l’école, c’est que pour un même enseignement, des classes surchargées à plus de 30 élèves n’auront jamais les mêmes chances et les échanges, supposent que les élèves, pour bien faire, parlent, de réussir, même équipées d’installations numériques aussi sophisparticipent et interagissent en cours. Pour cela, certains enseignants tiquées soient-elles, que celles qui en sont démunies mais à effectifs se servent de technologies avancées, comme les QR-Codes simplifiés, réduits. qu’ils scannent à l’aide de leur smartphone afin de compter instantanément les réponses de leurs élèves aux différentes questions à choix multiples qu’ils leur posent. C’est à la fois un moyen pour l’enseignant de gagner du temps, de faire des cours emprunts de modernité et de montrer aux jeunes comment, bien utilisés, enseignements, créativité et nouvelles technologies peuvent faire bon ménage.
Philippe Mingotaud est le directeur de MTP-Editions, l’éditeur de la suite logicielle ServoCall et SerVisual Professionnels : www.servocall.com, www.servisual.com . Basé en France, il est le correspondant de DIGITAL BUSINESS AFRICA en Europe. digital business africa N° 000 de septembre 2018 | 65
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