Tome 17
ARCHITECT URES
Espaces d’éducation en Brabant wallon





crèche passive « Les enfants du monde » à
Nivelles
Cette crèche s’implante dans le site remarquable du Parc de la Dodaine à Nivelles et vient compléter des locaux existants datant des années septante. La nouvelle aile avait pour programme d’accueillir deux unités de 20 enfants au total, des locaux administratifs, un réfectoire pour le personnel, pouvant se muer en salle de réunion.
La ville de Nivelles, maître d’ouvrage, manifestait la volonté de créer un outil exemplaire au niveau de sa gestion énergétique.
Les architectes ont travaillé à partir d’un contexte complexe. Le projet devait respecter une nature et un bâti remarquables mais également assurer à la nouvelle aile son rôle d’interface entre la rue et le reste de l’ilot. L’extension occupe, en effet, une position stratégique en bordure du tissu urbain.
Le bâtiment existant présente un intérêt architectural particulier auquel il était important de tenir compte. Les architectes ont travaillé une volumétrie évoquant celle de l’ancienne aile tout en s’en distinguant. L’usage du bois tant pour la structure que pour le revêtement tranche avec les briques. Les rives de la toiture travaillent en écho avec celles très présentes de l’ancien bâtiment. Le bois, quant à lui, constitue une réponse intéressante à l’environnement végétal très présent.
On retrouve une rythmique commune entre les deux ailes, notamment au niveau des ouvertures et de l’emprise au sol dans laquelle l’horizontale domine. Le terrain présente une dénivellation marquée avec laquelle l’architecture joue, notamment par l’intermédiaire d’une grande terrasse en porte-à-faux sur socle en béton.
Photo : F. Dujardin

Contrairement à la partie ancienne dans laquelle les espaces sont cloisonnés, la nouvelle extension est fluide et modulable. Chaque unité comporte une zone de change et une kitchenette ouverte sur le reste de l’espace. À tout moment, le personnel doit s’assurer d’une vue aisée sur l’ensemble des enfants. seule la zone de repos est plus isolée.
Le défi de construire une crèche passive était réel. en effet, ce type d’édifice exige une participation active de la part des usagers. Les architectes ont exigé d’obtenir un accompagnement des usagers durant deux saisons de chauffe afin de garantir ce suivi indispensable. en outre, l’ancienne aile est à l’opposé de ce mode de gestion. Il faut donc en permanence passer d’un système à l’autre ce qui en perturbe davantage l’usage.
Chaque façade est traitée en fonction de son orientation en visant le plus d’ouvertures possible. une casquette supérieure offre une protection suffisante en été. La terrasse est partiellement intégrée dans le volume sous toiture. Côté rue, les ouvertures sont plus petites mais rythmées et variées, en réponse à celles des logements voisins.




La végétation participe également à la protection thermique du bâtiment.
À l’intérieur, les deux unités sont différenciées par un code couleur afin de faciliter le repérage spatial des enfants.
Le revêtement au sol est en linoleum pour les espaces de vie et en carrelage pour les aires de circulation. Les ouvertures tiennent non seulement compte de l’orientation mais également de l’échelle de tous les usagers.
Il n’y a aucun faux-plafond. Ceci dans un souci d’économie mais également dans le but de faciliter la lecture du fonctionnement technique du bâtiment. Ce traitement ne nuit en rien à l’esthétique de l’ensemble, bien au contraire. La technique participe à l’esthétique. une partie de cet aspect du projet a d’ailleurs été reproduite en grandeur nature par un photographe à la Biennale d’architecture de Venise de 2016. 12
L’absence de faux-plafond n’a toutefois pas nuit au traitement acoustique de la crèche qui est dotée de fibre de bois absorbante.
un travail très minutieux a également été mené dans le traitement du mobilier et de l’éclairage.
12. un détail de l’ouverture de porte de cette crèche a été, en effet, sélectionné pour le pavillon belge de la Biennale d’architecture de Venise de 2016. Il s’agit de l’un des fragments d’architecture significatifs que BrAVOure met en avant dans le pavillon belge, au travers de photos de Filip Dujardin et de reconstitutions grandeur nature. La photographie met en évidence deux conduits de ventilation passant au travers du panneau supérieur fixe de la porte.



