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L'Aurore boréale - 7 mai 2026

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Alexandre Mischler
Maryne Dumaine
Angélique Bernard

Votre recensement.

Votre collectivité. Notre avenir.

Vos réponses aident à plani er des programmes et services dans votre collectivité.

Remplissez votre questionnaire du recensement dès aujourd’hui; c’est facile et entièrement con dentiel.

LIGNE ÉDITORIALE

Le courage

Maryne Dumaine

En marchant ou en pédalant sur le sentier qui longe le fleuve Yukon, il vous arrivera peut-être de croiser un groupe de jeunes filles qui pratiquent la course à pied, menées par Natalie Thivierge. La première fois que je les ai vues, spontanément, une pensée m’est venue : « Mais quel courage! » À y repenser, je ne sais plus très bien à qui s’adressaient ces quelques mots. À ces jeunes, qui couraient avec le sourire? Ou à Natalie, qui, à mes yeux, déploie une énergie remarquable pour les rassembler, les motiver, et courir à leurs côtés? Il faut dire que, pour quelqu’un comme moi qui n’aime pas particulièrement courir, ce groupe, ces sourires, ça a quelque chose d’assez impressionnant.

C’est ça qui se passe, avec le courage : on l’imagine généralement comme un geste extraordinaire. Quelque chose de grand, évident, majestueux ou héroïque. Mais le courage peut-il aussi exister dans des actions discrètes? Car, de nos jours, les gestes héroïques se font quand même rares.

302, rue Strickland, Whitehorse (Yukon) Y1A 2K1 867 668-2663 | auroreboreale.ca

L’ÉQUIPE

Maryne Dumaine

Directrice - Rédactrice en chef 867 668-2663, poste 510 dir@auroreboreale.ca

Angélique Bernard

Journaliste et gestionnaire de contenu par intérim 867 335-7476 journalisme@auroreboreale.ca

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Gestionnaire publicité Infographie 867 333-2931 pub@auroreboreale.ca

Gaëlle Wells

Adjointe à la direction 867 668-2663, poste 520 redaction@auroreboreale.ca

Collaborations :

Florian Boulais, Kahina Chouiter, Gabrielle

Dupont, Rébecca Fico, Nelly Guidici et Yves Lafond

Distribution :

Stéphane Cole

Caricature : Bado

Réception :

Kenaël Adelise et Jeanne Stéphanie Lobè Manga

Le journal est publié toutes les deux semaines, sauf en été. Son tirage est de 2 500 exemplaires et sa circulation se chiffre à 2 450 exemplaires.

Les textes publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs/autrices.

L’Aurore boréale est membre de Réseau.Presse et est représenté par l’agence publicitaire Réseau Sélect : 450 667-5022, poste 105.

Le journal est publié par l’Association franco-yukonnaise, à Whitehorse, au Yukon.

L’Aurore boréale a une ligne éditoriale indépendante.

Nous utilisons l’ancienne écriture du français et le langage épicène ou inclusif dans nos textes originaux.

Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada.

Avec respect, nous tenons à reconnaître que nous travaillons et publions ce journal sur le territoire traditionnel de la Première Nation des Kwanlin Dün et du Conseil des Ta’an Kwäch’än.

Journal indépendant, l’Aurore boréale informe, valorise et unit la communauté francophone du Yukon. Ses contenus mettent en lumière les enjeux et les réussites locales. Défenseur de la langue française, de l’inclusion et de la liberté d’expression, il agit comme moteur de dialogue et d’engagement citoyen.

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Le courage, on l’entend, je crois, dans ces moments où des voix s’élèvent alors qu’il serait plus facile de se taire. Dans la voix des femmes qui prennent la parole lors de la Journée de la robe rouge, ou dans les yeux de celles qui s’impliquent dans le Mois de la lutte contre les violences sexualisées. Nommer. Témoigner. Écouter vraiment. Ce ne sont pas des gestes anodins. Ce sont des actes qui bousculent, qui dérangent parfois, et qui refusent l’oubli et l’indifférence, dans une énergie qui ne recherche pas les médailles, mais qui espère simplement des changements. Un pas à la fois.

Ce courage-là est collectif. Il avance par vagues, par voix, par présences. Et il avance, solidaire, d’un bout à l’autre du pays.

Il existe aussi d’autres formes de courage, qui peut être profondément intime, comme lorsqu’on assume notre vulnérabilité. Pas facile de dire que ça ne va pas, ou de demander de l’aide. Un geste a priori anodin, comme appeler une ligne d’écoute en cas de détresse, peut demander une force presque surhumaine. Pourtant, ce courage-là sauve des vies.

Reconnaître que certains espaces ne sont pas accessibles à tous et toutes, et décider de les transformer, ça aussi, c’est auda-

cieux. Convaincre un restaurant d’adapter son environnement sensoriel pour mieux accueillir les personnes autistes, c’est courageux. Et pour le gérant du restaurant, accepter cette idée va bien au-delà d’un simple geste commercial. C’est un choix plein de bravoure : faire de la place, mais aussi reconnaître que, jusqu’à maintenant, on n’y avait pas pensé. Là aussi, c’est une action qui démontre, courageusement, qu’il n’est jamais trop tard pour amorcer des changements. Le courage, on le trouve aussi, dans ces petits moments, presque insignifiants, où on commence quelque chose. Choisir un parcours scolaire ou une expérience d’été sans avoir d’ami·es qui le feront avec nous. Débuter un nouveau sport. Oser partager publiquement des poèmes. Commencer un traitement. Dire oui à un changement, ou non à une pression extérieure. Aller de l’avant, évoluer, prendre des décisions. Emménager avec quelqu’un. S’engager. Envisager d’avoir un enfant… ou pas. Partir. Rester. Poser publiquement une question qui nous taraude, tout en sentant une goutte de sueur nous couler dans le dos. Entrer dans une pièce avec un léger vertige, lorsqu’on va devoir y prendre la parole. Lancer à notre famille le défi d’aller au travail en transport actif, ou de laisser tomber les écrans pour quelques jours, tout en sachant que la tâche risque d’être plus difficile qu’on ne le pense… Le courage, c’est différent pour chaque personne. Il n’a pas qu’une seule forme, et encore moins une seule forme d’intensité. Il peut être bruyant ou silencieux. Évident ou complètement invisible. Mais il a souvent ces caractéristiques : il nous sort de notre zone de confort et nous oblige à regarder le monde autrement. Il nous amène à faire un peu plus de place, et à aller un peu plus loin. Et si, finalement, le courage n’était pas exceptionnel? Et si, au contraire, il existait partout autour de nous, dans ces gestes imparfaits, dans ces moments fragiles, mais nécessaires?

Peut-être que le courage, en fait, ce n’est pas une qualité rare. Peut-être que c’est une pratique. Quelque chose qui se cultive, qui se partage, et même qui se transmet.

Et, en reconnaissant le courage chez les autres, ne finit-on pas, tranquillement, par le faire grandir en nous-mêmes?

Santé mentale : arriver au Yukon n’exclut pas d’avoir besoin de soutien

Le Yukon et ses grands espaces font souvent rêver. Cependant, quitter son pays d’origine pour s’installer dans une région comme ici n’est pas sans difficulté. Les personnes nouvellement arrivées se retrouvent souvent confrontées à d’importants défis psychologiques, culturels et sociaux liés à leur intégration. À cela s’ajoute le tabou d’en parler.

Pour répondre à ce besoin, l’organisme TAO Tel-Aide, qui propose une ligne d’écoute en français 100 % confidentielle, accessible au Yukon, a lancé une campagne nationale spécifiquement dédiée aux populations immigrantes.

Ce service d’écoute empathique, disponible 24 heures sur 24, vise à réduire la stigmatisation qui peut exister au sujet des défis reliés à la santé mentale. L’objectif est d’encourager la recherche d’aide sans sentir de jugement. Un des slogans choisis pour la campagne le met d’ailleurs en lumière : « S’adapter au changement est un défi. En parler en toute confidentialité est un début. »

Le lot de tracas qui accompagne l’immigration

Mais comment cette réalité se traduit-elle sur le terrain, ici au Yukon?

Christel Funken travaille pour la Commission scolaire francophone du Yukon. Elle accompagne les familles nouvellement arrivées au Yukon dans leur intégration au

ici et font encore face à de nouveaux tracas administratifs que Christel Funken compare à « la maison des fous dans Astérix ». Obtenir un numéro « NAS », avoir avec soi tous les papiers qu’il faut pour avoir un permis de conduire, comprendre le système d’une carte de crédit au Canada sont autant de détails qui peuvent peser lourd dans le quotidien. Elle ajoute que certaines familles sont aussi ici dans des contextes encore plus complexes, notamment quand il s’agit de quitter son pays pour des raisons de guerre, par exemple.

Le contexte professionnel s’ajoute dans la balance

sein des écoles francophones du territoire.

À travers son travail elle constate que les enjeux de santé mentale sont parfois des enjeux du quotidien. L’arrivée au Yukon entraîne une accumulation de défis spécifiques. Les familles font face à une « lourdeur de charge administrative » avant même d’arriver ». Après avoir fini les démarches pour le déménagement, la préparation du voyage, les formalités reliées à l’immigration, les gens arrivent

Une ligne d’écoute, c’est utile!

Une ligne d’écoute est un service où une personne peut appeler pour parler et être écoutée. Celle de TAO Tel-Aide est gratuite et confidentielle, comme c’est souvent le cas pour ce genre de service. Donc, quand vous appelez, ce que vous dites reste privé. C’est utile quand on ressent de la solitude, du stress, de la tristesse, des défis d’adaptation personnels ou professionnels, de l’inquiétude… Vous n’avez pas besoin d’avoir une grosse urgence. Vous pouvez aussi appeler pour poser des questions ou demander de l’aide.

Au téléphone, une personne formée écoute sans juger. Elle prend le temps de comprendre votre situation. Elle peut vous aider à voir plus clair et à trouver des solutions. Si nécessaire, elle peut vous diriger vers d’autres services.

Christel Funken ajoute le défi de la reconnaissance des diplômes. « Tu as fait des études dans ton pays d’origine, tu avais un statut professionnel, puis il n’est pas nécessairement reconnu ici », explique-t-elle. « Certaines personnes sont donc surqualifiées dans leur emploi, ce qui peut amener à se sentir exploitées dans le travail. »

Les enfants ne sont pas épargnés et doivent aussi faire face à un sentiment de différence. « Ton enfant, parfois, il va faire du ski de fond pour la première fois de sa vie avec l’école, en 6e année. Et il va être avec des gamins qui sont nés sur des skis de fond », illustre Mme Funken. Elle ajoute la différence qui peut se ressentir au moment de

sortir « les boîtes à lunch. » « D’un seul coup, l’enseignante te dit que ton enfant a eu une crise de larmes, alors que tout allait bien jusqu’ici », donne-t-elle comme exemple, pour démontrer que ce sont souvent les petites choses du quotidien qui s’accumulent. À cela peut s’ajouter le climat, et notamment les petites frustrations liées aux températures extrêmes de l’hiver passé, l’éloignement de la famille…

Un besoin criant de parler avec quelqu’un

Le besoin d’un soutien psychologique est criant, mais demander de l’aide reste difficile. Mme Funken remarque « une grande pudeur dans les familles qui arrivent, qui sont extrêmement reconnaissantes d’être accueillies ». Les gens n’osent pas demander de l’aide, ou même simplement dire qu’ils ou elles ont un petit coup de blues « Si on t’invite à souper, tu te dis que tu te fais de nouveaux amis, donc tu vas essayer d’être positive, pas d’arriver avec une conversation pour dire que tu trouves ça difficile de vivre ici », développe-t-elle.

« Mais tu te rends compte où tu es! »

Il faut aussi tenir compte du fait que le cercle intime, souvent resté dans le pays d’origine, ne saisit pas toujours l’ampleur des défis vécus au Yukon.

C’est ce qu’a vécu Machami Diaby, une jeune femme originaire de Belgique arrivée il y a moins d’un an. Lorsqu’elle vivait des difficultés d’adaptation, se confier à sa famille à distance devenait ardu. « Ma maman n’était pas dans le même trip que moi, par exemple. Elle ne comprenait pas très bien ce que je vivais », confie-t-elle. Son entourage avait tendance à idéaliser son expatriation. « J’appelais tous les jours ma famille […] pour eux, la vision c’était plutôt : ‘‘tu te rends compte où tu es?’’ ». Mais les beaux paysages ne sont pas une solution miracle pour la santé mentale. La jeune femme s’est alors tournée vers une ligne d’écoute. Le fait de pouvoir parler à une personne professionnelle, capable de valider ses émotions sans jugement, a fait une grande différence pour elle. « La dame n’a pas du tout remis en question mon émotion. Elle me disait plutôt ‘‘OK, je vous écoute et oui, je peux comprendre ce que vous vivez’’ et c’était vraiment hyper rassurant », témoigne-t-elle. Aujourd’hui, la jeune femme s’est rapprochée des ressources professionnelles locales et n’hésite pas à en parler. « Il ne faut pas que ce soit tabou! »

Une bouée d’oxygène

C’est précisément là que des initiatives comme celle de TAO TelAide prennent tout leur sens. Pour M me Funken, une ligne d’écoute confidentielle agit « comme une bouée d’oxygène. Tu appelles, tu dis ce que tu as sur le cœur, puis c’est tout. »

Cette ligne, disponible pour toutes les personnes francophones vivant en milieu minoritaire, offre un espace sécuritaire pour se confier sans crainte. Les familles immigrantes, comme toutes les personnes francophones du Yukon, disposent d’un outil pour s’assurer qu’elles ne sont pas seules pour traverser les aléas ou les changements.

IJL – l’Aurore boréale

TAO Tel-Aide, ligne d’écoute téléphonique.

Au Yukon, la ligne d’écoute empathique en français TAO Tel-Aide est disponible 24h/24, gratuitement au : 1 800 567-9699.

La lecture simple est présentée en collaboration avec le service Formation de l’Association franco-yukonnaise.
Christel Funken est elle-même immigrante. Elle accompagne les familles nouvellement arrivées dans leur intégration au sein des écoles et de la communauté.
Archives A.B.
Machami Diaby est arrivée l’an dernier. Pour elle, les défis d’adaptation professionnels se sont vite fait ressentir. Elle mentionne cependant que les activités, telles que Survivre à l’hiver au Yukon et autres activités d’intégration, l’ont bien aidée dans sa vie personnelle.
Fournie

L’inclusion au menu : un nouvel espace sensoriel

voit le jour à Boston Pizza

Grâce à un partenariat communautaire, à partir du 25 mai, les personnes

autistes auront la possibilité de manger dans un nouvel espace adapté au deuxième étage du restaurant Boston Pizza à Whitehorse.

Angélique Bernard

Le concept est basé sur une initiative menée par les restaurants St-Hubert, au Québec, qui ont une politique d’inclusion et d’accessibilité et qui offrent des plages horaires réservées aux personnes neurodivergentes.

Une première au Yukon

Sandra St-Laurent, directrice du Partenariat communauté en santé (PCS) au Yukon, avait remarqué cette bonne pratique du Québec et a approché Autism Yukon et la Commission scolaire francophone du Yukon pour travailler à une initiative semblable pour Whitehorse. Le groupe a envoyé une lettre à Boston Pizza à l’automne 2025

et a rencontré le propriétaire du restaurant.

« C’est le fun pour la socialisation. Mais il fallait quand même passer par les canaux officiels et expliquer au propriétaire de vive voix qu’est-ce qu’on envisageait et voir avec lui si c’était possible, puisque ça demandait des adaptations de leur côté », explique la directrice.

Après avoir fait le tour du restaurant et exploré les différentes options, le groupe a convenu qu’un espace réservé serait plus avantageux que des plages horaires, parce que les gens pourraient venir n’importe quand, tout en demandant de manger dans un espace adapté au plan sensoriel (sensory friendly). « Cet espace est au deuxième étage où il y a

moins de lumière, coupé du son, il y a la possibilité d’enlever les écrans. Il y a l’accès aux salles de bains. Tout est un peu plus confiné et c’est donc plus facile pour gérer l’ambiance », ajoute Mme St-Laurent. Des trousses « neurodivergences », comprenant des coquilles antibruit, des fidgets, des minuteries visuelles, des tangles, des tubes étirables, des labyrinthes de doigts, des cubes infinis, des sabliers, et des balles et jouets sensoriels seront aussi prêtées aux personnes pour faciliter l’attente du repas.

Participation d’Autism Yukon

Sydney Born est l’une des deux navigatrices qui parlent français

Démission du Conseil initial de l’office de la santé

Le 27 avril 2026, les membres du Conseil initial de l’office de la santé

Shäw Kwä’ą/Santé et mieux-être Yukon ont remis leur démission en masse à Brad Cathers, ministre de la Santé et des Services sociaux.

Angélique Bernard

Le Conseil a reçu une directive ministérielle de Brad Cathers, en date du 23 avril 2026, lui ordonnant de suspendre toutes ses activités, y compris ses réunions, visant à la mise en place de l’autorité sanitaire. Il a aussi appris que sa demande budgétaire pour 2026 - 2027 ne serait pas approuvée et que le soutien administratif du ministère de la Santé et des Services sociaux allait prendre fin à la fin avril.

Dans ces circonstances, les membres du Conseil ont trouvé qu’il leur était impossible d’exercer leurs fonctions de manière efficace et responsable.

Par voie de communiqué de presse en date du 27 avril 2026, les sept membres ont avisé le ministre de leur décision commune. « Le Conseil a été nommé à l’issue d’un processus de candidature et de nomination exhaustif mené conjointement par le ministère de la Santé et des Services sociaux et le Comité des chefs sur la santé durant l’été

2025. Nous étions chargés d’assurer la transition en vertu de la Loi sur l’office de la santé. Nous avons agi dans le cadre de ce mandat, avec des ressources limitées, et nous nous sommes concentrés sur le travail préparatoire nécessaire avant tout transfert responsable des services. La directive ministérielle suspendant les travaux et le soutien administratif prenant fin, le Conseil n’a plus de perspective de poursuite d’activité viable et responsable », a déclaré Stephen Mills, ancien président de Shäw Kwä’a.

Shäw Kwä’a a été créé par une loi adoptée par l’Assemblée législative du Yukon en 2024. Sa création faisait suite à plusieurs années de travail, notamment le processus « La population d’abord » et une collaboration entre le gouvernement du Yukon, les gouvernements des Premières Nations du Yukon, le personnel de la santé, leurs syndicats et associations, et les Yukonnais et Yukonnaises ayant contribué aux discussions sur la réforme du système de santé.

au sein de l’organisme Autism Yukon, organisme au sein duquel elle travaille depuis plus de 2 ans.

quand les masques d’oxygène tombent des panneaux. Et le tout se termine avec un biscuit! »

Son modèle de gouvernance a été élaboré conjointement par le gouvernement du Yukon et les Premières Nations du Yukon en réponse à des problèmes systémiques de longue date, notamment la fragmentation des services, les tensions sur le personnel, les inégalités en matière de santé, l’insuffisance de la sécurité culturelle et la hausse des coûts.

« Il est important que les choses soient claires. Le Conseil a été nommé pour assurer la transition selon un modèle de cogouvernance unique, convenu entre le gouvernement du Yukon et les Premières Nations du Yukon par l’entremise du Comité des chefs sur la santé. Il a entrepris des travaux préparatoires dans le cadre de ce mandat », ont déclaré d’anciens membres du Conseil.

Les membres démissionnaires du Conseil sont Stephen Mills, Jill Charlie, D re Alisa Alexander; Edmund Tan; Georgina MacDonald; Inga Petri; et Maisie Smith. IJL – L’Aurore boréale

Selon elle, l’initiative de Sandra St-Laurent et tout son travail pour que cette initiative unique puisse avoir lieu au Yukon est fort appréciable. « C’est Sandra qui a mené ce projet. Elle est venue nous voir pour nous parler de l’initiative qui se déroule au Québec. Elle a voulu connaître nos opinions et nous a inclus dans toutes les étapes. Je lui lève mon chapeau! » Au-delà des trousses sensorielles et de l’espace adapté, le projet incluait aussi de la formation pour le personnel. Mme Born va donc offrir une session de sensibilisation au personnel de Boston Pizza le 24 mai, avant le lancement officiel le lendemain. Elle y abordera la définition de l’autisme, comment approcher et communiquer avec les personnes autistes et mieux comprendre leurs réalités.

Sydney Born mentionne que de plus en plus d’entreprises sont conscientisées aux réalités entourant les personnes autistes. Elle souligne notamment les efforts faits par Air North. « Cette compagnie est vraiment enthousiaste à mettre en œuvre ses propres initiatives depuis qu’Autism Yukon a fait des sessions de sensibilisation.

Air North invite les familles à faire une visite de l’aéroport et à passer à la sécurité pour qu’elles puissent se familiariser avec les processus. Elles peuvent aussi s’assoir dans un avion et pratiquer quoi faire

Réponse de Boston Pizza

Gerry Brandt est le gérant de la franchise de Whitehorse de Boston Pizza depuis 2016, année où il est arrivé au Yukon. Après la réception de la lettre envoyée à l’automne dernier, il a accepté de rencontrer le PCS et Autism Yukon. Pour lui, c’est une occasion de discuter des possibilités et de la faisabilité du projet, et il a trouvé que c’était une belle collaboration. « J’ai de la famille et des connaissances autistes et je comprends les défis auxquels ces personnes font face. Aussi, à Boston Pizza, nous aimons trouver des façons de redonner à la communauté et de soutenir des causes qui nous tiennent à cœur. »

M. Brandt explique qu’il n’a pas eu de difficulté à avoir le soutien du personnel. « La plupart des membres de notre équipe sont des parents. Ils et elles comprennent l’importance de la famille et de l’inclusion. »

« C’est une grosse affaire. C’est comme une fête et on a l’impression qu’il va y avoir plein de nouvelles fêtes qui vont pouvoir se faire là [Boston Pizza]. Je me dis que ça va peut-être faire un petit soleil dans la vie de certaines familles! », conclut Sandra St-Laurent, vraiment excitée par cette initiative. IJL – l’Aurore boréale

Le Partenariat communauté en santé a récemment lancé un microsite sur l’autisme qui regroupe une série de sites, ressources et espace pour aider les familles, les personnes et les intervenant·es à en apprendre plus sur la neurodivergence et sur le spectre de l’autisme : autismefrancoyukon.com/ressources

Voici les articles qui se trouvent dans les trousses neurodivergences qui seront prêtées à la clientèle de Boston Pizza en attendant de recevoir leurs repas.
Angélique Bernard

Les espaces verts à Whitehorse : entre croissance et préservation

Whitehorse, surnommée la « Wilderness City », est reconnue pour son environnement naturel exceptionnel et ses vastes espaces sauvages. Construite au cœur de la nature, la ville a su préserver cet équilibre, profondément ancré dans l’identité de sa population.

Mais aujourd’hui, cet aspect tant apprécié pourrait être remis en question. L’éventualité de voir certains espaces verts disparaître au profit de développements urbains suscite des réactions contrastées : entre inquiétude et résignation, la population s’interroge sur l’avenir de cette ville façonnée par la nature.

En mars dernier, la Ville de Whitehorse a dévoilé un projet visant à évaluer la possibilité d’ur-

Piqueniquepartagé

baniser certains espaces verts au cœur de la ville. Ce plan d’urbanisation touche plusieurs quartiers, dont Whistle Bend, Takhini, Riverdale et Porter Creek. Des cartes rendues publiques identifient, en pointillé, des zones actuellement occupées par des espaces verts ou des aires de jeux qui pourraient être transformées en terrains résidentiels.

Une question s’impose alors pour la Ville de Whitehorse : comment concilier la croissance démographique avec la préservation de l’environnement naturel?

Une croissance démographique soutenue

de planification et de durabilité à la Ville de Whitehorse.

13 MAI

17 h 30 à 20 h

Aujourd’hui, la population de Whitehorse est d’environ 36 000 habitant·es. Selon les projections du Bureau des statistiques du Yukon, la population pourrait atteindre 46 000 personnes d’ici 2040. Le Plan d’urbanisme officiel de la Ville a d’ailleurs été conçu pour accueillir jusqu’à environ 47 000 personnes.

débat. Une pétition a d’ailleurs été lancée pour préserver ces lieux verts.

Miles Canyon

Cette croissance rapide exerce une pression importante sur le marché du logement, déjà sous tension. Pour y répondre, la Ville, en collaboration avec le gouvernement du Yukon et les Premières Nations, explore différentes pistes d’aménagement.

Parmi elles, le « Urban Residential Infill Project », qui vise à densifier des secteurs déjà urbanisés en y intégrant de nouveaux logements.

Le projet cible 27 parcelles de terrain, dont 14 qui appartiennent à la municipalité. Toutefois, les représentant·es de la ville insistent qu’il ne s’agit pour l’instant que d’une étude de faisabilité.

« Nous en sommes encore à la première étape : vérifier la viabilité du développement de ces terrains », précise Mélodie Simard, gestionnaire des services

« Avant tout développement, plusieurs critères doivent être analysés : la capacité des infrastructures municipales (eaux et égouts), les risques de contamination, la présence de sites archéologiques, ainsi que les contraintes géotechniques, notamment la nature des sols », explique-t-elle.

Le gouvernement du Yukon, qui est propriétaire d’environ la moitié des terrains visés, mène également ses propres études, tout comme les gouvernements de la Première Nation des Kwanlin Dün et du Conseil des Ta’an Kwäch’än.

Un changement inévitable

Si ce projet répond à un besoin réel de logements, il soulève également de nombreuses préoccupations au sein de la population. Depuis la parution des publications de la Ville de Whitehorse, plusieurs citoyen·nes ont exprimé leur opposition à la disparition potentielle d’espaces verts, jugés essentiels à la qualité de vie.

Les réseaux sociaux sont particulièrement utilisés pour mener

Résidente du quartier de Copper Ridge, Jessica Vautour explique que « ce n’est pas seulement la perte des espaces verts qui m’inquiète, c’est le fait de perdre en qualité de vie, en qualité d’air mais aussi diminuer notre santé mentale ». Elle ajoute que ces coins de verdure sont essentiels au bienêtre des habitant·es de Whitehorse. Le quartier de Riverdale fait également partie des nombreuses inquiétudes soulevées. Sa configuration actuelle, avec un seul accès routier par le pont, pose déjà des défis en matière de circulation. L’ajout de nouveaux logements pourrait accentuer ces problématiques.

« La possibilité de construire un second pont est envisagée, mais un tel projet d’envergure nécessiterait le développement d’un tout nouveau quartier et soulève des questions financières et environnementales particulièrement élevées », ajoute Mélodie Simard.

Dans un contexte de changements climatiques et de croissance rapide, la Ville de Whitehorse doit faire des choix complexes. L’augmentation de la densité, y compris par la construction d’immeubles plus élevés au centre-ville, fait partie des pistes envisagées pour limiter l’étalement urbain. Pour l’heure, le « Urban Residential Infill Project » demeure à l’étape préliminaire. L’objectif est avant tout de déterminer si ces développements sont réalisables, tant sur le plan technique qu’environnemental.

Le parc Morley, dans le quartier de Riverdale, fait partie des zones potentielles d’urbanisation par la Ville de Whitehorse.
Kahina Chouiter

Dix jours de déconnexion pour les élèves francophones

L’École Émilie-Tremblay et le Programme Confluence lancent le défi de 10 jours sans écran à leurs élèves et leurs familles, du 19 au 28 mai.

Le défi 10 jours sans écran tire son origine d’une initiative lancée en 2003 par Jacques Brodeur, enseignant d’éducation physique québécois. Bien que le défi ait davantage gagné en popularité en Europe qu’au Canada, c’est par un article publié dans le journal La Presse qu’il est parvenu aux oreilles de l’École Émilie-Tremblay. « [Une enseignante] m’a approchée en janvier, parce qu’elle avait lu un article sur le projet, et elle disait que ce serait le fun pour faire à l’école », explique Cindy Breton, conseillère pédagogique et organisatrice du projet.

« Comme il s’agit d’un sujet très important pour moi, non seulement en tant qu’enseignante en petite enfance, mais aussi en tant que maman, j’ai décidé qu’on faisait le projet cette année ». Après quelques recherches, elle a donc présenté le projet au personnel. Le projet est rapidement accepté et se met en branle. Du même coup, Cindy Breton y intègre également le Programme Confluence, « Je travaille aussi avec Dawson dans mon métier, et je savais qu’il y avait une enseignante là-bas pour qui le sujet était aussi un intérêt, alors on s’est réunies. »

Qu’est-ce que c’est?

Cindy Breton précise que l’expression « sans écran » vise uniquement l’usage d’écrans à des fins récréatives (jeux vidéo, médias sociaux, télévision, etc.). « Si, par exemple, les parents ont besoin d’envoyer un courriel, ou d’utiliser leur cellulaire

pour le travail, ils peuvent encore le faire. »

Chaque élève recevra un carnet de bord pour documenter ses accomplissements. « Pendant dix jours, les élèves collectionnent des points pour chaque fois où ils n’utilisent pas d’écran en allant à l’école, en revenant de l’école, avant et après le souper. Ensuite, il y a un bonus pour la participation du reste de la famille, parce qu’on veut vraiment conscientiser les parents et les inclure dans l’expérience. »

« Le personnel enseignant assurera ensuite un suivi quotidien afin de comptabiliser les points récoltés. Aucune récompense matérielle n’est prévue à la fin du défi. « On veut vraiment que ce soit un parcours personnel, qu’il n’y ait pas de motivation externe, mais que ça vienne d’eux », souligne Cindy Breton.

Conférence pour outiller les parents

Afin de préparer, de conscientiser et d’outiller les familles, Cindy Breton a organisé une conférence éducative. Cette présentation de l’organisme PAUSE a eu lieu le 27 avril dernier et était animée par Carolanne Campeau, conseillère en prévention des risques liés à l’usage des écrans.

La présentation a d’abord dressé un portrait de la problématique à l’aide de statistiques sur la dépendance, avant d’aborder les effets négatifs des écrans. Elle s’est ensuite tournée vers des stratégies de prévention et a proposé une série de conseils concrets pour relever le défi des 10 jours.

Cindy Breton rapporte que le taux d’inscriptions à la conférence était relativement élevé, signe d’un réel intérêt des parents. Plusieurs en effet y ont vu une occasion de mieux comprendre, d’encadrer l’usage des écrans à la maison et de prévenir les méfaits associés aux écrans.

Anne-Marie Leblanc, mère de deux élèves à Émilie-Tremblay, partage que la conférence est venue appuyer une réflexion déjà amorcée. « Mes enfants n’ont déjà pas beaucoup d’écrans, alors [la conférence] est venue confirmer les discussions que nous avions déjà eues en famille. »

Lutter contre une problématique d’actualité

Médecin de formation, Anne-Marie Leblanc affirme avoir déjà une base de connaissance sur les méfaits des écrans sur le développement des enfants. Elle souligne même que le défi s’aligne avec les priorités et les revendications actuelles au sein de l’École Émilie-Tremblay. « À l’école, on a un [comité techno avec les parents et les enseignants], et ça fait longtemps qu’on pousse contre ce problème et qu’on a envoyé des lettres aux ministères de la Santé et de l’Éducation pour ne plus avoir d’accès aux écrans ou à n’importe quel outil connecté à l’Internet dans toutes les écoles. C’est donc quelque chose de très

important pour nous, et je trouve que le sujet de la conférence collait bien avec ça ». De son côté, Cindy Breton considère l’enjeu comme un véritable « problème de société. Il y a plusieurs années, on a intégré beaucoup de technologie dans les écoles et dans la vie des enfants, sans penser à leur développement, et maintenant, on se rend compte que ce n’est pas bon pour le cerveau. »

Objectifs

Cindy Breton explique que l’École Émilie-Tremblay souhaite que le défi sensibilise les élèves et leurs familles à la problématique des écrans et les aidera à développer des stratégies favorisant un usage plus sain des outils technologiques. « On aimerait leur faire voir qu’il y a plein d’autres choses à faire, qu’il est peut-être plus facile de dormir sans écran… On vise vraiment un meilleur bien-être des parents et des élèves dans le domaine ».

Il ne reste donc plus qu’à souhaiter bonne chance aux élèves d’Émilie-Tremblay et de Confluence, du 19 au 28 mai!

Fico, 15 ans, est journaliste en herbe pour l’Aurore boréale.

19 MAI

Rébecca
Le défi sans écran concerne seulement l’usage d’écrans de loisir.
Rébecca Fico
Anne-Marie Leblanc, qui a assisté
Rébecca Fico
Rébecca Fico

Inuvik met fin à son programme d’immersion française au primaire

Pour la Fédération franco-ténoise (FFT), il s’agit d’un « recul majeur » pour le français aux TNO. La ministre Caitlin Cleveland dit entendre les inquiétudes, mais le conseil scolaire responsable des écoles d’Inuvik reste pour l’heure muet face à notre demande d’entretien.

La fin annoncée du programme d’immersion française à l’école primaire East Three, à Inuvik alimente les inquiétudes dans la communauté francophone. Plus qu’un simple réaménagement scolaire, la décision est perçue comme un recul concret de l’accès au français dans une région où les options demeurent déjà limitées.

L’immersion démantelée

Le changement doit entrer en vigueur à la rentrée 2026 - 2027. L’immersion française actuelle sera remplacée par une formule plus légère : les élèves pourront suivre chaque jour un bloc de 90 minutes en français, comprenant notamment le français et les sciences humaines, avant de rejoindre ensuite les classes correspondant à leur niveau pour le reste de la journée en anglais. Autrement dit, des matières qui étaient jusqu’ici enseignées en français, comme les mathématiques ou les sciences, ne le seront plus.

Le conseil scolaire justifie ce virage par une baisse des effectifs, une diminution des inscriptions en immersion ainsi que des contraintes plus larges liées aux ressources

La

disponibles. Selon les informations déjà communiquées publiquement, 23 élèves sont actuellement inscrits au programme, qui repose sur deux enseignantes. Le Conseil éducatif du Beaufort-Delta soutient aussi que des changements dans certains mécanismes de financement fédéraux ont réduit sa marge de

manœuvre pour maintenir ce type de programmation.

La FFT sonne l’alarme

Mais pour la Fédération francoténoise, l’enjeu dépasse largement une question de chiffres. Dans un communiqué diffusé le 10 avril, l’organisme parle d’un « recul majeur pour le français » aux Territoires du Nord-Ouest. La FFT rappelle que, dans une collectivité comme Inuvik, où il n’existe pas d’école francophone de langue première, l’im -

mersion représente « le seul accès à un apprentissage substantiel du français » pour plusieurs enfants.

L’organisme soutient aussi que ces programmes jouent « un rôle essentiel à la vitalité du fait français » et peuvent contribuer, à long terme, à une plus grande présence du français dans les services, la vie communautaire et le marché du travail. La Fédération établit en outre un lien avec le développement annoncé de la région. Réduire l’accès à l’éducation en français à ce moment-ci, estime-t-elle, risque

de compliquer « l’attraction et la rétention des francophones et des francophiles. »

Le GTNO garde ses distances

Interrogée par Médias ténois, la ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, Caitlin Cleveland, dit comprendre « à quel point cette nouvelle peut être bouleversante » pour les familles et la communauté francophone. Elle souligne toutefois que « les décisions opérationnelles » sur les programmes offerts dans une école relèvent des autorités scolaires locales, et non du gouvernement territorial. La ministre affirme néanmoins que les commentaires des parents et des organismes communautaires restent importants pour mieux saisir les effets locaux d’une telle décision. Elle ajoute que le gouvernement veut continuer à « soutenir l’apprentissage du français » lorsque cela est possible, notamment dans les petites collectivités et les régions éloignées, où les pressions liées aux effectifs et au personnel peuvent être plus marquées. Le conseil scolaire, lui, n’a pas répondu aux questions de Médias ténois avant publication. Des demandes de commentaire ont été envoyées à Krista Cudmore, directrice générale par intérim, puis à Devin Roberts, surintendant, et relancées à plusieurs reprises, sans réponse.

IJL – L’Aquilon

Services d’appui à la recherche d’emploi au Yukon

Conseils et information sur le marché du travail

Rédaction, révision, traduction de CV

Préparation à une entrevue d’embauche

Tutorat en anglais

Accès à un espace de travail

On peut vous aider!

L'Association franco-yukonnaise offre ces services gratuitement aux personnes résidant au Yukon.

Fédération franco-ténoise estime que la fin du programme d’immersion à Inuvik constitue un « recul majeur » pour le français aux TNO, en particulier dans une collectivité où il n’existe pas d’école francophone.
Cristiano Pereira

Immersion française à la maternelle : un Canada à plusieurs vitesses

Au Canada, l’immersion en français à la maternelle se développe sans cadre commun. Un rapport met en lumière des écarts marqués dans les pratiques, les ressources et la formation du personnel d’une province à l’autre.

« On sait que la maternelle, c’est la porte d’entrée vers le système scolaire partout au Canada », amorce la directrice générale de l’Association canadienne des professionnels de l’immersion (ACPI), Jessica Saada.

L’organisme a dévoilé en décembre dernier un rapport inédit sur la maternelle en immersion française au Canada.

« C’était un besoin vraiment important qui ressortait du terrain de connaitre davantage les enjeux, les défis, les réalités, les manières de faire à la petite enfance, particulièrement en immersion française », explique la responsable.

Fondé sur les curriculums existants, des sondages et des entrevues menés auprès du corps enseignant et de consultants pédagogiques, ce document révèle une grande disparité de structures, de modèles et de pratiques à l’échelle du pays.

Selon le recensement de 2021 de Statistique Canada, hors Québec, 1,6 million d’enfants et d’adultes de langue maternelle anglaise ou tierce ont déjà suivi ou suivaient un programme d’immersion en français au primaire ou au secondaire dans une école de langue anglaise au Canada.

Une mosaïque de curriculums

« Ce qui m’a vraiment surprise, c’est que c’est non seulement le contenu des curriculums qui est différent, mais aussi la manière dont ils sont écrits et comment ils sont présentés à travers chaque province et territoire », confie Nathalie Rothschild, qui a dirigé le rapport.

Vers un soutien accru

« En Alberta, le modèle de la maternelle en immersion varie d’une commission scolaire à l’autre, mais elle n’est pas obligatoire », rappelle Michael Tryon, le directeur général de la branche albertaine et de celle des Territoires du NordOuest de Canadian Parents for French (CPF).

« En première année, cela cause des défis pour l’enseignant,

La maternelle en immersion française au Canada

parce qu’il y a une grande moitié de la classe qui ont un niveau de la langue, une connaissance du système d’éducation, mais il y a quelques-uns qui pour qui c’est la première fois dans une salle de classe. »

Dans son rapport, l’ACPI insiste sur la nécessité d’établir des ressources claires et adaptées pour le personnel enseignant. « Il n’y a pas de plancher, de garantie pour nos élèves d’immersion française à la petite enfance », observe Jessica Saada.

« Il y a des curriculums qui font plus ou moins explicitement des liens […] ce qui fait en sorte que ça laisse beaucoup d’ambigüité pour les enseignants qui doivent passer beaucoup de temps à créer des ressources, alors qu’ils pourraient être simplement en train de se concentrer sur l’aspect pédagogique en salle de classe. »

« Au sein d’une même école, les programmes peuvent être interprétés de manières totalement différentes d’un enseignant à l’autre », relève Nathalie Rothschild.

« Il faut absolument qu’il y ait un curriculum pour la maternelle en immersion française; un document pour que les enseignants

puissent voir quelles sont les attentes langagières et la réalité du contexte aussi. »

« L’idée, ce n’est pas de mettre les gens dans un carcan, mais, au contraire, de leur donner suffisamment de cadres pour qu’ils puissent s’exprimer librement, en sachant qu’ils conviennent quand même aux obligations de la maternelle, parce qu’il y a ce côté d’être rassuré », ajoute Jessica Saada.

La communication et la collaboration entre toute l’équipe de l’école, de la direction aux enseignants, restent aussi indispensables, avancent les deux spécialistes.

Manque de main-d’œuvre

Toutefois, d’après Michael Tryon, l’instauration de cadres règlementaires ne suffirait pas, à elle seule, à résoudre la question de la pénurie de personnel.

« On n’a pas assez d’enseignants qualifiés pour supporter le programme, spécialement dans les petites communautés. Donc, qu’est-ce qui se passe? Les conseils scolaires ont décidé de couper le programme d’immersion

pour avoir un programme secondaire », signale-t-il.

Parler uniquement en français, si possible

En Alberta, certaines écoles proposent à la fois des cours en anglais et un programme d’immersion en français.

« Dans les corridors, la plupart des étudiants et des enseignants parlent anglais, témoigne Michael Tryon. Mais il y a quelques conseils scolaires qui ont décidé d’avoir des écoles uniquement d’immersion française. »

Dans son rapport, l’ACPI encourage l’usage exclusif du français par tous les adultes en contact avec les élèves. Mais cela n’est pas toujours possible, et Nathalie Rothschild en a bien conscience. Elle recommande, à défaut, de réduire au maximum le recours à l’anglais.

parce que c’est un programme de choix. On veut des standards, mais on veut le programme aussi. » L’autre défi, notamment en milieu rural, « c’est que, normalement, le programme se finit à la fin de l’élémentaire ou quelquefois à la septième, huitième année, parce qu’il n’y a pas assez d’étudiants

« Cela empêche vraiment des moments d’apprentissage pour les enfants d’entendre le français, en sachant que, pour beaucoup d’entre eux, l’école est la seule place où ils vont l’entendre. » Jessica Saada abonde dans le même sens. « Quand les élèves voient, par exemple, la direction d’école, qui n’est pas forcément francophone, faire l’effort de dire quelques mots en français, ça lance un message qui est hyper important sur la valeur de la langue et sur le fait qu’il ne faille pas être parfait pour pouvoir se lancer en français. »

IJL – Francopresse

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Renseignements et inscription :

Bonne Journée de la francophonie yukonnaise!

Le 15 mai, célébrons ensemble la riche histoire et la grande vitalité de notre communauté francophone en pleine croissance.

Prix d’excellence en affaires : un couple franco-yukonnais récompensé

Le 16 avril dernier a eu lieu à Whitehorse la remise des prix d’excellence en affaires de la Chambre de commerce de Whitehorse. Cet événement annuel récompense les personnes entrepreneures et leaders du Yukon qui s’illustrent dans diverses catégories, notamment innovation remarquable et petite entreprise de l’année.

Gabrielle Dupont

À l’occasion de cette soirée qui s’est déroulée au Centre des arts du Yukon, plusieurs personnes se sont vu remettre prix et accolades de la part de leurs homologues du monde des affaires. C’est le cas de Sandra Jost et de Steve BergerHusson qui ont remporté le prix excellence en service à la clientèle et culture d’entreprise pour leur camion-restaurant estival Cork & Fork, situé au Caribou RV Park, au sud de Whitehorse.

La clientèle d’abord

Étant la seule entreprise nommée dans deux catégories distinctes (petite entreprise de l’année et prix excellence en service à la clientèle et culture d’entreprise), ces deux personnes entrepreneures sont ravies d’avoir remporté le prix, soulignant un point fondamental pour eux en affaires : l’attention portée aux clients et clientes. « On fait extrêmement attention au service à la clientèle », note Sandra Jost.

Forts de leurs expériences professionnelles en service à la clientèle dans le secteur banquier pour Steve et dans le marketing pour Sandra, le couple originaire du Luxembourg tient à cœur l’expérience de la clientèle. « On se met dans la position de l’autre, ce

qu’on apprécie d’un service, notre clientèle va l’apprécier aussi », explique Steve Berger-Husson.

Cette même attention se traduit aux équipes qui composent l’entreprise. « Nous sommes très collégiaux avec nos équipes et très concrets sur nos demandes aussi […], tout le monde est toujours là pour tout le monde », continue-t-il.

Les deux propriétaires sont également fiers de leur accomplissement. « Venant de l’immigration, c’est une belle preuve d’acceptation […], ça nous montre qu’on va dans la bonne direction », reconnaît M. Berger-Husson, qui,

avec Sandra son épouse, ont déjà remporté prix et distinctions nationales pour leur parc de véhicules récréatifs, Caribou RV Park, situé tout près de l’intersection de la route de Carcross.

Goûter l’authenticité

Le duo a d’abord acquis Caribou RV Park en 2019 après une immigration au Canada du Luxembourg.

L’idée du camion-restaurant est venue par la suite. « Nous avons beaucoup voyagé en vacances en Europe et en Amérique du Nord. Nous aimions arriver dans un

camping et prendre un verre en terrasse », partage Steve BergerHusson. Avec la terrasse est venu Cork & Fork et Sandra a ajouté un autre chapeau professionnel.

« Chef Sandra, c’est arrivé un peu par hasard », admet-elle. « Au Luxembourg, si nous voulions aller manger en Belgique, c’était un trajet de dix minutes, pareil en France ou en Allemagne », relate M. Berger-Husson. « La nourriture du Luxembourg nous manquait et manquait aussi aux Européens du Yukon. Il y avait une demande, alors on l’a remplie », ajoute Mme Jost. À la barre de Cork & Fork, elle

assure l’authenticité et la qualité des plats européens offerts au menu, de la pizza napolitaine au currywurst, plat emblématique du street food allemand. Un point important pour les deux propriétaires est « qu’on est dans le domaine gastronomique et on offre un service européen », explique Steve Berger-Husson.

Se trouvant aux abords de la route de l’Alaska, une grande part de la clientèle de Cork & Fork vient des États-Unis. Avec cela, « on a appris à connaître les attentes et les No Go pour certaines cultures », partage-t-il, sans toutefois compromettre l’authenticité de leur offre culinaire. Par exemple, il n’y a pas de hamburgers au menu. « Les Américains qui viennent ici sont souvent retraités et certains ont fait leur service militaire sur des bases en Allemagne. Nos plats leur rappellent des souvenirs de jeunesse », affirme Steve Berger-Husson.

Toujours à l’affût de nouveautés pour combler leur clientèle, Sandra et Steve organisent spectacles de musique et célébrations à thème tout au long de l’été, notamment à l’occasion de la fête nationale belge et de l’Oktoberfest. Notant que la remise des prix d’excellence coïncide avec l’ouverture imminente de Cork & Fork pour la saison estivale, « c’est un très bon timing […], c’est une belle motivation », conclut Sandra Jost.

La cérémonie des prix d’excellence en affaires de la Chambre de commerce de Whitehorse s’est déroulée au Centre des arts du Yukon. Steve Berger-Husson et Sandra Jost, deuxième et troisième à partir de la gauche, reçoivent leur prix.
Maryne Dumaine

Bien s’informer pour profiter à fond du plein air

Le 6 mai dernier, au Centre de la francophonie, Karine Genest a animé une séance d’information sur les réalités du plein air en été au Yukon. Cette soirée a permis aux personnes présentes d’en apprendre plus sur la sécurité et la préparation à différentes situations lors de leurs activités estivales.

Angélique Bernard

Proposée par l’Association franco-y ukonnaise, la séance a touché aux sujets de la météo, de la sécurité routière, des réseaux et des communications, de la faune sauvage, de la prévention des incendies forestiers et des pratiques éthiques d’accès aux terres des Premières Nations.

Une passionnée du Yukon

Karine Genest est passionnée par la nature depuis son enfance. Elle est guide d’expédition depuis plus de 25 ans avec une expertise en rafting, en randonnée d’aventure et en observation d’ours polaires. Elle est arrivée au Yukon en 2005, après avoir terminé un baccalauréat en plein air à Chicoutimi, au Québec. « Je suis venue au territoire pour un contrat de neuf mois, et je suis encore ici! J’ai essayé de déménager deux fois au Québec, puis dans l’espace de six mois, les deux fois, j’étais revenue au Yukon, donc je présume que c’est ma place! », dit-elle, en riant.

Au fil des ans, elle s’est donnée pour mission de promouvoir une

coexistence harmonieuse entre les personnes et les ours. Elle accomplit cette tâche en présentant des conférences et en partageant ses connaissances sur la sécurité en territoire sauvage, sur l’éthique sans trace et sur la conservation. Elle a travaillé à la production télévisuelle Polar Bear Town et a produit des documentaires comme L’Esprit des Ours, Arctic Oasis et Frontière verte, poursuivant son engagement pour rapprocher l’humain, le Nord et la nature.

Les conseils d’une spécialiste

Elle a commencé à offrir l’atelier sur les réalités du plein air il y a dix ans. « Dans une place comme le Yukon, où les sauvetages peuvent être difficiles et prendre du temps, il est important que les personnes soient bien informées et sensibilisées pour avoir des moments agréables au lieu que ce soit difficiles pour elles et qu’elles ne continuent pas dans le plein air. J’aime bien la citation qui dit “Préparez-vous au pire, mais assurez-vous que cela n’arrive pas (Be prepared for the worst, but don’t let it happen).” Tu examines toutes les situations qui

pourraient se passer et comment tu pourrais réagir », explique-t-elle. Les séances d’information sont ouvertes à toutes les personnes qui veulent se lancer dans le plein air, mais Karine Genest souligne que la plupart des personnes qui s’inscrivent sont nouvellement arrivées au territoire et qu’il y a beaucoup plus de femmes et de jeunes qui y assistent.

Ses premières présentations prenaient deux fois plus de temps parce que les gens posaient beaucoup de questions sur les ours. « Maintenant, je passe un peu moins de temps sur la question et je réfère les gens aux ateliers sur les ours offerts par les agent∙es de conservation qui font également des démonstrations d’utilisation du poivre de cayenne [bombe antiours, ou bear spray]. »

Randonnées et camping

Les randonnées sont une activité de plein air populaires. Karine Genest mentionne que « les personnes doivent être conscientes que les randonnées peuvent être plus difficiles au territoire qu’ailleurs, car les pistes sont moins bien balisées, il y a moins de

gens sur les pistes, les conditions d’évacuation sont plus difficiles et il n’y a pas de réseau cellulaire ».

Elle rappelle qu’il est important de rester en groupe, de faire du bruit et d’avoir du poivre de cayenne avec soi, pour minimiser les rencontres avec les ours.

Lors de la traversée de ruisseaux, il fait le faire en équipe, utiliser des bâtons de marche et détacher les sangles de son sac à dos pour ne pas être entraîné dans l’eau en cas de chute.

Karine Genest rappelle que les personnes qui veulent camper dans les terrains de camping gérés par le gouvernement du Yukon doivent se prévaloir d’un permis de camping,

adopter le principe de camping sans trace et être conscientes que nous sommes au pays des ours. « Il est important de respecter la règle de 100 qui consiste à garder une distance de 100 mètres entre la tente où on dort, entre l’endroit où on fait à manger et entre l’endroit où on accroche la nourriture, en tenant compte de la direction du vent. »

Quelle est la chose à retenir, s’il n’y en avait qu’une? Selon la spécialiste, mentionne une bonne préparation. Elle recommande aussi de faire un retour après les activités pour voir ce qui pourrait être amélioré la prochaine fois. IJL – L’Aurore boréale

Voici une liste d’équipement que Karine Genest recommande d’avoir lors d’activités de plein air :

● Moyen de communication (inreach, spot…)

● Plan d’urgence préparé

● Liste de numéros d’urgence

● Répulsif pour les ours

● Boussole avec un miroir

● Sifflet

● Couteau

● Allumettes et briquet

● Trousse de couture

● Couverture d’urgence

● Pastille pour purifier l’eau

● Barres énergétiques

● Petite trousse de premiers soins

● Carte

● Chasse moustique, crème solaire

● Sac de poubelle

● Ruban à tout faire (duck tape)

● Pierre de magnésium ou allume-feu (fire starter )

● Bouteille d’eau

● Bandana

● Crayon de plomb

● Trousse de réparation

Karine Genest lors d’une activité de plein air au Yukon. Elle est guide d’expédition depuis plus de 25 ans avec une expertise en rafting, en randonnée d’aventure et en observation d’ours polaires.
Fournie

Rangers : donner du sens à l’aventure

L’Opération NANOOK-NUNALIVUT 26 s’est terminée le 10 avril, à Churchill, au Manitoba. La patrouille longue distance du 1er Groupe de patrouilles des Rangers canadiens (1 GPRC) a parcouru plus de 5 200 km en motoneige à travers l’Arctique et travaillé aux côtés de 17 communautés nordiques. Deux Rangers francophones qui ont participé à cette expédition partagent leur expérience et leur parcours.

Angélique Bernard

Maya Poirier

Maya Poirier est née au Yukon en 1994, d’un père québécois et d’une mère franco-ontarienne. Elle a étudié à l’École Émilie-Tremblay. Elle a fait beaucoup de voyages, mais est toujours revenue au territoire. « Ce qui me ramène ici, c’est les gens, la nature, les milieux sauvages. C’est mon chez-moi. Je ne pourrais jamais vivre quelque part d’autre. J’adore le Yukon. J’adore où est-ce que je vis », explique la jeune franco-yukonnaise.

Elle a joint les Rangers canadiens en juin 2025. Après avoir fait de gros changements dans sa vie, elle avait finalement le temps de s’engager avec quelque chose de nouveau. Elle voulait vraiment faire partie d’une communauté centrée sur le plein air et qui poursuivait un but plus grand que le simple loisir. La jeune femme explique que sa patrouille se rencontre une fois par mois et que les gens participent selon leurs disponibilités. « Tout le monde qui est des Rangers a d’autres jobs . Les engagements dépendent vraiment des circonstances de vie de tout le monde et quand les gens sont disponibles. » « Mon engagement auprès des Rangers me permet d’en apprendre beaucoup sur notre pays, sur les communautés isolées, leurs habitants, leurs cultures, à propos de nos forces armées et de la souveraineté de notre pays. J’apprends quelque chose de toutes les personnes que je rencontre », mentionne-t-elle. Elle a découvert qu’elle adore faire partie d’une communauté de personnes qui travaillent ensemble avec fierté, qui se soutiennent et qui s’encouragent.

Maya Poirier a de la difficulté à trouver les mots pour décrire sa participation à l’opération NANOOK-NUNALIVUT 26. « Même après deux semaines, j’ai de la misère à réaliser ce qu’on a vécu. Ç’a vraiment changé ma vie. C’était incroyable! C’était une patrouille qui a lié tellement de communautés. Ç’a été une collaboration géante entre les forces, les Rangers et les communautés à démontrer l’unité qu’on avait comme Canadiens. Y a tellement de belles communautés fortes dans l’Arctique et c’était vraiment incroyable de pouvoir apprendre de toutes les personnes dans les communautés nordiques », se remémore la jeune femme. Elle a joint la patrouille,

avec son équipe, à Paulatuk, aux Territoires du Nord-Ouest et a continué jusqu’à Churchill.

Elle conclut en disant que la météo a été un facteur important. « Il a vraiment fait froid durant toute la patrouille, mais on était vraiment bien équipés avec nos vêtements et on était tous confortables. Ç’a été un hiver plus froid que la normale dans l’Arctique, mais, pour tous les gens dans les communautés, ils étaient tellement bien adaptés aux régions où ils vivent. Pour eux, c’était une autre journée, c’était normal. On a appris des personnes locales et on a utilisé de la fourrure dans nos vêtements, nos chapeaux et nos mitaines. »

Cette expérience, Maya s’en souviendra probablement toute sa vie.

Daniel Beaudoin

Daniel Beaudoin est arrivé au Yukon à l’été 2000 pour cueillir des morilles et visiter le territoire avec des amis. À la fin de la saison, il a décidé de louer un avion pour se promener un peu et, comme beaucoup de personnes, tombe sous le charme de l’endroit. Il a décidé de rester pour terminer sa licence de pilote.

En 2010, alors qu’il habite à Haines Junction, un ami Rangers lui propose de participer à une activité du groupe. Après quelques rencontres, il décide de se joindre à la patrouille locale. « J’ai toujours aimé pouvoir offrir mes services à la communauté en utilisant mes compétences et mon expérience.

J’ai toujours été un gars de bois et, en arrivant là, j’avais l’opportunité d’aller dans la nature, faire des expéditions, des voyages avec d’autres gens qui avaient autant ou souvent, sinon plus d’expérience que moi au Yukon et dans le Nord. » Son engagement auprès des Rangers lui apporte un sens de l’aventure avec un niveau de difficulté plus élevé et des défis plus grands que ses activités de loisirs habituelles. « Il y a un côté bilingue aussi qui vient jouer là-dedans. Dans l’armée, il y a beaucoup de francophones et de gens qui sont bilingues. Ça m’a plu de pouvoir utiliser le français plus. J’ai aussi des opportunités assez uniques de voyages et j’aime beaucoup la camaraderie. Notre patrouille est quand même tissée assez serré. » Il aime enseigner les choses qui l’intéressent et qu’il maîtrise bien. Les Rangers sont un pont entre l’Armée et la communauté. Il a pu mettre ses connaissances de l’avant durant l’opération

NANOOK-NUNALIVUT 26, où lui et sa patrouille ont agi comme guides et experts consultants. « J’ai beaucoup de flashback des différentes parties du voyage. On a conduit de Whitehorse à Inuvik en camion et on a fait le reste du trajet jusqu’à Churchill en motoneige. Ça m’a vraiment touché de pouvoir connecter avec toutes les communautés et d’arriver en motoneige, de voyager sur le sol et la glace, c’était vraiment spécial. Et de voir les différentes cultures, de connecter avec les gens. Ça m’a marqué. C’était extraordinaire! »

Il a trouvé le voyage vraiment incroyable. « Être capable de voyager en groupe comme ça, notre groupe a vraiment grandi ensemble, on est devenu comme une famille. Malgré le froid tout le long du trajet, on s’est vraiment bien adapté. On a puisé dans nos ressources. Je me répétais comme mantra “Ne baisse pas ta garde”, car il y avait toujours

tellement de choses à surveiller, à rester attentif. Ç’a aurait facile de tomber dans la complaisance du genre on tourne un coin, c’est facile, la glace est belle et tout d’un coup, il y a une craque. Je disais cela souvent à mon équipe. Je suis fier du travail que nous avons accompli », conclut-il. IJL – l’Aurore boréale

23 mai 23 mai 23 mai

De 12 h à 17 h De h 17 h De à -Exposition Griffes d’artd’art- -Exposition d’art-Concerts-Marché d’artisans- -Marché d’artisans-Animations-Animations-Friperie-FriperieEt bien plus! Et bien plus!

L’opération NANOOK permet aux Forces armées canadiennes d’améliorer la façon dont elles mènent des opérations dans des conditions arctiques, d’accroitre la coordination entre les participant·es et de collaborer avec les partenaires de mission pour mieux réagir aux problèmes de sûreté et de sécurité.

Source : Gouvernement du Canada.

Daniel Beaudoin durant l’opération NANOOK-NUNALIVUT 26.
Facebook Maya Poirier
Maya Poirier bien emmitouflée durant l’opération NANOOK-NUNALIVUT 26.
Facebook 1 CRPG/GPRC

Recul inéluctable de la banquise en Arctique

La banquise arctique, qui atteint normalement son maximum en mars, a enregistré le mois dernier un niveau historiquement bas. Ce recul, lié au réchauffement climatique, fragilise les écosystèmes et entraine des conséquences majeures pour les collectivités des territoires.

Nelly Guidici

La banquise arctique suit un cycle saisonnier de croissance et de recul qui influence les écosystèmes locaux et la dynamique océanique mondiale. Elle atteint généralement son étendue maximale annuelle en mars, après des semaines de progression durant l’hiver, avant de reculer à mesure que les températures remontent au printemps.

Cependant, des observations récentes indiquent un écart significatif par rapport aux moyennes historiques. En effet, entre le 15 et le 28 mars dernier, l’étendue de la banquise arctique est restée à son niveau le plus bas jamais enregistré pour cette période de l’année, soulignant une réduction significative par rapport à la moyenne climatologique.

Un recul amplifié par des mécanismes complexes

Le recul de la banquise résulte d’une combinaison de processus liés au changement climatique. Le réchauffement atmosphérique retarde la formation de la glace et accélère le réchauffement de la surface. Parallèlement, le réchauffement des océans fait fondre la banquise sous la surface et limite sa capacité à se reconstituer pendant les mois les plus froids. Une glace plus fine est plus fragile se brise plus facilement et dérive plus rapidement sous l’influence des vents et des courants. À mesure que la glace recule, les surfaces océaniques plus sombres sont exposées, absorbant davantage de chaleur et renforçant ainsi la fonte. Cela

signifie que la perte de banquise n’est pas une simple réponse linéaire à la hausse des températures, mais un système façonné par des boucles de rétroaction qui accélèrent le changement.

Des impacts écologiques et économiques majeurs

Selon le service marin de l’agence Copernicus, les conséquences de cette fonte sont multiples, autant sur les écosystèmes que sur l’économie des collectivités du Nord. « Dans l’Arctique, l’évolution de l’état des glaces a des répercussions sur les communautés côtières, modifie les habitudes de la faune et accroit la vulnérabilité à l’érosion côtière. Parmi les répercussions socioéconomiques, on peut citer la

réorganisation des pêcheries, l’élargissement de l’accès aux routes maritimes arctiques et l’augmentation des risques opérationnels liés à l’instabilité des glaces et au déplacement des icebergs », indique l’organisme dans une déclaration publiée le 30 mars.

Connexion arctique est une collaboration des cinq médias francophones des trois territoires canadiens : les journaux L’Aquilon, l’Aurore boréale et Le Nunavoix, ainsi que les radios CFRT et Radio Taïga.

Les conséquences de la fonte de la banquise en Arctique sont multiples, autant sur les écosystèmes que sur l’économie des collectivités du Nord.
Pexels– Willian Justen de Vasconcellos

Le Conseil de l’Arctique, contre vents et marées

Trente ans après sa création, le Conseil de l’Arctique démontre qu’il reste un acteur clé de la coopération circumpolaire. Malgré les tensions géopolitiques, l’institution continue de faire avancer la recherche scientifique, le dialogue politique et la collaboration à l’échelle internationale.

Cette année, le Conseil de l’Arctique fête ses 30 ans. Malgré un contexte international complexe, la présidence danoise rappelle que l’héritage du Conseil de l’Arctique est immense, sa pertinence et sa capacité d’action restent toujours d’actualité. « Le Conseil de l’Arctique est devenu un forum indis -

donc que tous les membres participent aux prises de décision. Évidemment, il fonctionne maintenant de façon plus virtuelle », explique-t-il lors d’une entrevue.

Pour Soffia Gudmundsdottir, secrétaire exécutive du Groupe de travail sur la protection de l’environnement marin de l’Arctique (PAME), le Conseil de l’Arctique est devenu le pilier de la coopération

arctiques. « Par ailleurs, les ÉtatsUnis n’aiment pas se contraindre par des institutions multilatérales », précise Thierry Rodon. Les questions de sécurité militaire étant de toute façon exclues des discussions, la force du Conseil de l’Arctique réside dans le fait qu’il n’a pas de pouvoir et demeure un canal de communication entre les pays qui bordent l’Arctique.

« Sa plus grande réussite a été d’établir une collaboration durable, fondée sur la confiance, entre les États de l’Arctique, les participants permanents autochtones et les experts scientifiques de toute la région. »

Soffia Gudmundsdottir, secrétaire exécutive du Groupe de travail sur la protection de l’environnement marin de l’Arctique (PAME).

pensable non seulement pour la coopération dans l’ensemble de la région circumpolaire nordique, mais aussi pour le développement des connaissances, les recommandations politiques et les actions concrètes ayant un impact réel sur les communautés arctiques. La structure unique mise en place il y a 30 ans garantit la participation des peuples autochtones à tous les niveaux, ce qui s’est avéré inestimable pour le Conseil. À une époque où tous les regards sont tournés vers l’Arctique, le travail du Conseil est véritablement pour l’Arctique, par l’Arctique », a déclaré Kenneth Høegh, président du Conseil de l’Arctique pour le Royaume de Danemark, lors d’un discours prononcé à la réception marquant le 30 e anniversaire du Conseil de l’Arctique.

Des années marquées par des turbulences

En février 2022, à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, toutes les activités et tables rondes du Conseil de l’Arctique avaient été suspendues. En revanche, la Russie, qui était alors à la présidence du Conseil, avait organisé une passation de flambeau avec la Norvège le 11 mai 2023. Ceci démontre que la coopération s’est maintenue de facto au sein de la structure, selon Thierry Rodon, professeur au Département de science politique de l’Université Laval. « Le Conseil de l’Arctique ne peut pas fonctionner sans tous ses membres. Les décisions sont prises par consensus, il faut

scientifique et environnementale dans l’Arctique au cours des trois dernières décennies. « Sa plus grande réussite a été d’établir une collaboration durable, fondée sur la confiance, entre les États de l’Arctique, les participants permanents autochtones et les experts scientifiques de toute la région », déclare-t-elle.

En effet, les groupes de travail et de recherche sur la conservation de la faune et de la flore, les contaminants ou encore la prévention et la réponse aux situations d’urgence sont demeurés actifs et ont poursuivi leurs recherches malgré les tensions géopolitiques. Même si M. Rodon remarque que le mode de rencontre en format virtuel a freiné l’efficacité des travaux, il n’en demeure pas moins que ces programmes sont toujours en place aujourd’hui.

États-Unis, un état réticent?

Le gouvernement des États-Unis, sous l’administration Trump, pose malgré tout un défi au sein du Conseil de l’Arctique. La relation complexe et historique que cet État entretient avec l’organisation, depuis sa création, complique les discussions actuelles.

Lorsque l’idée de la créer a été évoquée dans les années 1980, la réaction des États-Unis a été décrite comme hostile par les observateurs.

Cet état a alors invoqué qu’un tel Conseil ferait double emploi avec d’autres instances internationales et risquerait d’exclure les États non

« L’adaptabilité et la résilience sont incontestablement des forces du Conseil qui lui a permis de se maintenir à flot. Aujourd’hui, malgré l’absence de réunions en présentiel, les groupes de travail ont fait preuve d’une forte résilience institutionnelle », souligne Soffia Gudmundsdottir.

Les

organismes autochtones, une présence vitale

L’une des forces du conseil, dont la structure et le mode de fonctionnement n’existent nulle part ailleurs, est la participation et l’implication des six organismes autochtones représentant les différents groupes de l’Arctique circumpolaire. Selon le Conseil, ce sont les peuples autochtones qui ont donné un visage humain à la coopération dans l’Arctique depuis les 30 dernières années. « La prise de conscience des besoins, des défis et des opportunités des populations s’est considérablement accrue au cours de ces trois décennies. Après avoir simplement demandé une place à la table, nous sommes aujourd’hui des contributeurs actifs au Conseil de l’Arctique », a déclaré Gunn-Britt Retter, chef de la délégation du Conseil Sami, le 6 février dernier.

Quelles

menaces pèsent sur l’avenir du Conseil?

Il n’y a pas de réponse simple à cette question, selon M. Rodon, qui note cependant l’absence de menaces à court terme sur le Conseil de l’Arctique. « Évidemment, l’avenir du Conseil de l’Arctique va dépendre de l’évolution d’autres enjeux internationaux, et notamment de la position des États-Unis et de la guerre en Ukraine. Et ça, c’est très difficile de prévoir comment ça va évoluer », explique-t-il.

« Ils se sont adaptés et sont passés à une collaboration hybride et virtuelle, en s’attachant à maintenir la continuité scientifique grâce à des structures de groupes de travail bien établies, à des réseaux d’experts et à des mandats convenus », conclut-elle.

Rendez-vous avec des livres

Le groupe des personnes aînées francophones se retrouve désormais régulièrement pour échanger des suggestions de lecture. Voici une liste des livres et sujets abordés lors de la rencontre du Club de lecture du 14 avril dernier.- Louna Menut, agente de projets, service Personnes aînées (AFY). Lou

Pierre Naudin –

L’Épervier de feu (1995) : roman historique du XIVe siècle, humain et immersif porté sur l’Europe.

Katherena

Vermette – Les femmes du North End (2022) : portrait poignant de femmes autochtones, entre résilience et injustices sociales.

Patrick Tierney – Darkness in Eldorado (2020) : livre qui dénonce les abus de chercheurs en Amazonie et questionne l’éthique dans la recherche scientifique.

Hubert & Zanzim

– Peau d’homme (2025) : BD marquante sur l’identité, le genre et la liberté d’être soi.

Kate Elizabeth Russell – My Dark Vanessa (2020) : récit troublant sur une relation abusive entre un professeur et son étudiante, le retournement de situation et les répercussions que cela engendre à l’âge adulte #meetoo.

Akbar Kaveh –Martyr (2024) : récit d’un Iranien ayant vécu aux États-Unis autour de l’exil et de la guerre Iran-Irak.

Beau Dommage

Emmanuelle Pierrot – La version qui n’intéresse personne (2023) : plongée crue dans le Dawson des années 2000 « Sexe, drogue et rock’n roll ».

– C’est ben gravé dans ma mémoire (2025) : témoignage sur le groupe québécois des années 1970.

Madame Labriski

Auteur∙es

Karsten Dusse : thrillers mêlant crime organisé, humour et légèreté, des meurtres qui font du bien.

Pacte silencieux

ioleda

N’as-tu pas peur des inconnus

Si loin, si seule dans le Grand Nord?

Des récits j’en ai entendu

Connu des gens qui en sont morts!

Bien au contraire, c’est mon histoire

Choisie, voulue et tant aimée

Parsemée de quelques victoires

Dans la splendide immensité

Par un glacial hiver nordique

Le jeune Todd, mon sauveteur

Vient me sortir de la panique

Dans le sourire de son grand cœur

En Cheechako, c’est à mon tour

De prêter aide sur le chemin

La chouette blessée sur la grand-route

Sera veillée de bon matin

Maurice Druon – Les Rois maudits (2022) : fresque médiévale sur la chute des Capétiens « tous maudit jusqu’à la treizième génération de vos races ».

– Collations énergisantes : idées variées pour des collations saines, pour ceux qui sont aussi tannés des collations à base de pâte de dattes.

Adelle Tarzibachi

– Les filles

Fattoush (2021) : rassemblement de plusieurs femmes pour créer de délicieuses recettes

Christine de Pizan – La Cité des dames (1403) : une œuvre qui défend la valeur et les capacités des femmes en construisant symboliquement une cité peuplée de figures féminines exemplaires.

Eowyn Ivey – Une histoire d’ours (2025) : aventure en Alaska mêlant nature sauvage et mystère.

Conn Iggulden : plusieurs romans historiques dynamiques centrés sur de grandes figures de pouvoir.

ancrés au Manitoba et au Yukon, réalistes et captivants.

Illustrations

Et pour découvrir le travail de l’illustratrice Misha Donohue : Artist practice — mishfish.art

Mélange de glace et neige fondue

Mettent en danger ma survie

Tôt le secours est apparu

Cole sait le pacte de la vie

Chaleur torride, longue montée,

Sa gourde d’eau est épuisée

Ma réserve va soulager

Geneviève peut se désaltérer

J’ai eu besoin et j’ai reçu

Demain je donne et l’on reçoit

La bienveillance, je l’ai vécue

Face à la nature implacable

Dans cet espace de liberté

Nul jugement dans les regards

Gestes de solidarité

Telles de vivantes œuvres d’art

Se trouver seule mais entourée

Dans de si hautes latitudes

C’est savoir que l’humanité

Résistera dans les temps rudes

L’émotion prête à déborder

Se fait discrète par pudeur

Une attitude faite de respect

En soulignera la valeur

Point n’est besoin de s’effrayer

La résilience silencieuse

Sait faire la part de la beauté

Dans l’expérience douloureuse

Pour avoir accès à des livres en français : Livres numériques gratuits - Bibliothèque des Amériques Ressources

L’artiste ioleda nous a proposé bénévolement ce texte pour publication dans le journal.

Célébration de la vie de Sandra

Journeaux-Henderson

Veuillez vous joindre à la famille, aux amis et aux anciens élèves pour célébrer la vie et l’héritage de Sandra.

La célébration aura lieu le vendredi 24 juillet 2026 au Centre culturel Kwanlin Dün, dans la salle Longhouse, à 14 h.

Tous sont les bienvenus. Les dons peuvent être versés à la bourse commémorative Sandra Journeaux-Henderson. Pour plus d’information, veuillez consulter le site : yukonfoundation.com

Marcelle Dubé : polars

Suggestions des GRANDS yeux pointus

Dans le cadre des Rendez-vous de la francophonie qui se déroulaient sous le thème « Active ta francophonie », Les Grands yeux pointus, un groupe de lecteurs et lectrices francophones, s’est rassemblé pour discuter de livres de voyages, d’aventures et de plein air. Le projet, qui a reçu du financement du Fonds de développement communautaire de l’Association franco-yukonnaise (AFY), a permis l’achat de livres en français qui viendront bonifier la collection de livres en français de la bibliothèque de Whitehorse ce printemps. En voici quelques titres sur le voyage d’une perspective de femmes. Pointage, sur un total de 5, par les lecteurs et lectrices du groupe. Texte par Sandra St-Laurent (animatrice).

Une histoire des grandes exploratrices

Caroline Riegel (Éditions Glénat)

168 pages 4,5 étoiles Divisé en chapitres géologiques (déserts, montagnes, glace, océans, etc.), l’ouvrage présente l’itinéraire d’exploratrices à travers le temps et le monde. La beauté de l’ouvrage : rappeler la force de ces femmes qui vont au-delà des conventions sociales et historiques pour s’inventer une place dans le monde. Comme un acte de survie, elles répondent à l’appel de l’aventure et réussissent à coups de stratagèmes à briser les codes. Bien écrit et très documenté, l’ouvrage est absolument captivant, facile à lire avec ses portraits courts (trois à cinq pages) par aventurière ou exploratrice et conviendrait parfaitement à une présentation en classe. L’ouvrage permet de faire la lumière sur la contribution d’exploratrices, aventurières, pirates même parfois connues (Jane Goodall) ou moins connues (Ella Maillart, Ada Deletuk, Anita Conti, Vihjalmur Stefansson), mais tout aussi inspirantes!

Partir pour raconter

Michèle Ouime t (Éditions du Boréal)

328 pages 4,5 étoiles

Journaliste de guerre, Michèle Ouimet est de celles pour qui voyager signifie se rendre rapidement sur des sites de guerres et de conflits à travers la planète. C’est ainsi qu’elle nous entraine dans cette course folle où il faut des nerfs d’acier pour couvrir les catastrophes naturelles et les injustices socioéconomiques et dénoncer les répressions politiques de façon quotidienne. Si son métier est sans conteste synonyme de danger (pour elle ainsi que pour ses collaborateurs et collaboratrices locaux), elle observe et se questionne sur la montée du tourisme de voyages morbides, en zones de conflits. Elle offre un témoignage touchant l’indifférence planétaire à l’heure du numérique, tout en célébrant la force et rappelle l’importance du pouvoir de l’indignation face aux injustices qu’elle a aussi observé au fil des années. Cet ouvrage truffé de récits ultra-vivants plaira aussi aux lecteurs et lectrices qui suivent avidement l’actualité internationale et s’intéressent aussi à la condition de la femme, de la sienne en tant que journaliste, et des femmes affectées par les conflits mondiaux.

L’art de marcher

Rebecca Solnit (Éditions de L’Olivier)

393 pages 4 étoiles

Cet ouvrage, traduit de l’anglais, devrait s’appeler l’histoire de la marche, car il s’agit en fait d’un essai philosophique extrêmement bien documenté sur le fait de marcher, le début avec l’apparition de la bipédie (l’australopithèque Lucy) et remontant le temps et l’histoire. Basée sur de solides recherches, l’autrice nous invite à repenser le monde à travers ce simple fait de marcher. Beau départ, quelques longueurs. Parsemé d’humour, d’audace et d’intelligence, l’ouvrage récompensera quiconque passera au-dessus de sa calligraphie de petite taille et se laissera entrainer vers la découverte de la marche comme acte politique et poétique.

Wild

Cheryl Strayed (Éditions 10-18)

500 pages 4,5 étoiles

Considéré comme un livre culte, cet ouvrage relate l’épopée de l’autrice qui décide de relever le défi personnel de parcourir le « Sentier des Crêtes du Pacifique » sur plus de 1 700 km en solo. Loin d’être une aventurière aguerrie, c’est le parcours d’une femme blessée et endeuillée qui cherche dans cet exploit physique et mental à se retrouver. Vaincre ses peurs et parfois même sa peur d’avoir peur devient le moteur qui la pousse toujours plus loin malgré ses inquiétudes, ses doutes et son manque de préparation. Partie avec un sac à dos beaucoup trop lourd qui faisait blêmir les plus forts sur le sentier, elle apprend donc au fil de ses péripéties, rencontres et défis relevés à laisser aller un peu de cette lourdeur, à se donner du lest pour mieux prendre confiance en elle et apprécier la nature qui l’entoure. Plaira à ceux et celles qui croient au pouvoir transformateur de la nature et celui de la marche comme acte thérapeutique.

Nords

Monique Durand (Éditions du Boréal)

282 pages 3 étoiles

Dans cet essai l’autrice divise sa réflexion sur la multiplicité du Nord en chapitres tels que « lumière », « eau », « pierre », « sable » pour souligner la beauté et son étrange fascination pour tous ces Nords, qu’ils soient ceux du Québec, de la Sibérie ou des alpes françaises. Récit d’une grande voyageuse qui s’est prise d’affection pour ces latitudes un peu mythiques emplies de liberté. Elle partage ainsi ses coups de cœur nordiques en tentant de raisonner son attrait pour tous ces Nords parfois idéalisés, qui, pour le commun des mortels, représentent souvent des milieux hostiles peu fréquentables. Cet ouvrage plaira à ceux et celles qui apprécient de se laisser porter par des réflexions originales, une série de questions ouvertes qui invitent à découvrir le monde avec un regard renouvelé.

Nous sommes des montagnes

Marie-Pier Desharnais (Les Éditions de l’Homme) 200 pages 4,5 étoiles

Tout débute lors d’un voyage en Indonésie où elle se retrouve séparée de ses parents et portée disparue à la suite d’un tsunami. L’autrice se questionne sur cette proximité avec la mort, sur les raisons de sa propre survie alors que d’autres ont péri et se donne le défi de vivre… pleinement! Si on peut survivre à la mort, on peut tout faire. Commence ainsi son entrainement pour les plus hauts sommets des continents. Dans ce texte où chaque chapitre est un sommet, une déesse-montagne, nous suivons les préparatifs de celle qui deviendra la première québécoise à atteindre le sommet du K2. Si la fin un peu abrupte sur la gestion des risques propre à l’alpinisme (et tout autre sport extrême) déçoit, car si évidente, on peut se demander si cela ne reflète pas justement le « vide » de « l’après » exploit. Un livre qui se lit bien et qui plaira à ceux et celles qui aiment lire sur les expéditions sans s’embourber dans les réflexions personnelles. Bref, un livre qui livre plus sur l’alpinisme que sur l’alpiniste.

À l’ombre des montagnes

Silvia Vasquez-Lavado (Éditions Michel Lafon) 429 pages 4,25 étoiles Originaire du Pérou, l’autrice fait des parallèles entre son enfance parfois difficile et sa lente construction de nouvelle identité en tant qu’alpiniste internationale. Victime d’abus sexuels durant son enfance, elle décide de créer « Courageous Girls », une expédition regroupant des filles et des femmes victimes d’abus et de trafic sexuel (américaines, tibétaines) pour relever le défi d’un entrainement afin d’atteindre le camp de base de l’Everest. Le récit se poursuit ensuite avec sa propre ascension de la montage Déesse (Everest), soit le dernier sommet des huit sommets répartis à travers les continents qu’elle a entrepris. Silvia Vasquez-Lavado propose un récit inspirant, totalement écrit au « je » qui plaira à tous ceux et celles qui croient au côté thérapeutique du sport et la relation sacrée avec la montagne. Silvia Vasques-Lavado est la première alpiniste péruvienne à atteindre le sommet de l’Everest.

Angélique Bernard
Le club de lecture Les Grands yeux pointus s’est rencontré le 25 avril pour discuter de livres en français portant sur les thèmes de voyages, d’aventures et de plein air.

La Yukon Quest sera de retour en 2027

Communiqué de presse

L’Association internationale de la Yukon Quest (Canada) est fière d’annoncer le retour tant attendu de la Yukon Quest en 2027. Les courses débuteront officiellement à Whitehorse le 6 février 2027. Deux distances seront proposées aux mushers qui voudront relever l’un des défis de traîneau à chiens les plus emblématiques au monde.

Le Comité des courses et des sentiers a consacré des mois à la conception minutieuse de sentiers sécuritaires et dynamiques, adaptés aux conditions de glace changeantes, tout en préservant l’esprit et le caractère du parcours classique de la Yukon Quest. En contournant les zones où la glace est devenue de plus en plus imprévisible, les sentiers de 2027 concilient sécurité et tradition, offrant aux mushers chevronnés un terrain familier et aux nouveaux venus une épreuve nordique redoutable.

L’édition 2027 proposera une course longue distance (YQ550) et une course moyenne distance (YQ300), chacune présentant de nouveaux défis qui consolideront la réputation de la Yukon Quest

comme l’une des courses de chiens de traîneau les plus prestigieuses au monde. La YQ550 se terminera à Dawson et inclura

un nouveau point de contrôle à Forty Mile, tandis que la YQ300 se conclura à Pelly Crossing, avec le retour de Stepping Stone, un

Préparation au dégel printanier

Retirez la neige dans un périmètre de 1 à 1,5 mètre (3 à 5 pieds) des fondations de votre maison.

Retirez les débris accumulés dans les gouttières, les descentes d’eaux pluviales et les drains.

Placez les tuyaux de vos gouttières de sorte que l’eau s’écoule loin de la maison.

Vérifiez le bon fonctionnement des pompes d’assèchement et des détecteurs d’eau.

Installez des barrières anti-inondation pour les biens près du sol qui ne peuvent pas être déplacés.

Après un hiver marqué par de fortes chutes de neige dans certaines parties du territoire, il est recommandé de préparer votre propriété avant la fonte printanière.

Infos : yukon.ca/fr/situations-durgence-et-securite

relais très apprécié des mushers depuis longtemps.

Cette annonce marque une étape importante après l’annulation

des courses de 2026. Bien qu’il reste encore beaucoup à faire, le conseil d’administration travaille activement à la reprise complète des opérations et à l’obtention du financement nécessaire pour assurer le succès de l’événement en 2027.

La Yukon Quest est un événement emblématique du Nord, attirant des concurrents et des spectateurs du monde entier et mettant en valeur la riche histoire, la résilience et l’esprit pionnier du Yukon. Seule course de chiens de traîneau longue distance du Canada, elle occupe une place de choix au sein de la communauté internationale des mushers. L’organisation est profondément reconnaissante du soutien continu reçu de partout au Yukon et d’ailleurs et se réjouit d’accueillir à nouveau les mushers sur la piste en 2027.

D’autres mises à jour seront annoncées dans les prochaines semaines. Consultez le site Web ( yukonquest.com ) et la page Facebook de l’organisme pour de plus amples renseignements.

Association internationale de la Yukon Quest (Canada)

Surélevez les électroménagers sur des blocs de bois ou de ciment.

Vérifiez que rien ne bloque les drains.

Rangez les objets de valeur et les documents importants dans des contenants étanches ou à des endroits surélevés.

Vérifiez si votre assurance habitation vous protège contre les inondations. Les protections contre les refoulements d’égouts et les inondations de surface ou d’eau souterraine sont généralement des avenants qui s’ajoutent à la prime d’assurance.

Départ cérémonial de la Yukon Quest à Whitehorse en 2025. Le vrai départ a eu lieu à Teslin, en raison de sécurité sur la glace.
Archives A.B.

La tournée des grands ducs

Il y a bien longtemps de ça, une connaissance m’avait déjà dit, surement pour me rabaisser (c’était son genre) que je devrais essayer de moins penser. Que ça ne m’allait pas très bien! J’étais à l’âge où on le prend personnel ce genre de bébelles. Ayant passé cette époque depuis belle lurette, ce type d’insultes devrait avoir le même effet que l’eau sur le dos d’un canard. Il m’arrive parfois de revisiter avec un œil critique certaines de ces doctrines, vérités ou valeurs apprises de la société.

L’une d’entre elles est que le cerveau est un muscle, qu’il faut essayer de renforcer. En faisant des exercices de tête. En pensant plus. Que dans la vie, il faut se forcer les méninges.

Mais aussi son contraire. Essayer de ne pas trop penser. D’arrêter ou du moins, modérer la cage à hamster tournant dans notre tête Pas toujours facile à suivre ces doctrines.

Moi, j’aime bien la deuxième option.

Mais même si je pense (hum) m’être beaucoup amélioré sur ce sujet au cours des années, il reste que des fois, j’en pense encore ben des affaires. Peut-être un peu trop. De toute évidence, cet hiver, ça aura été le cas. Je me suis planté solidement avec mes pensées ou prophéties.

À la mi-février, après un mois et demi de camionnage vers Inuvik, au lendemain d’un retour de voyage, le tigre me donne un autre coup de fil de courtoisie : « Inuvik terminé! Ce sera Yellowknife sur les routes de glace. Tu pars demain. Clic! » Ah ben là! Moi qui avais prédit cette run pour le reste de l’hiver. Malgré un départ rempli d’angoisse, j’avais finalement retrouvé mon aise sur cette route taillée pour les « misfits » des routes civilisées. Comme l’est d’ailleurs cette autre route de glace reliant Yellowknife aux mines de diamants à quatre cents kilomètres au nord.

C’est le type de chemins qui ne tolère pas de se faire embarquer sur le dos par d’autres camionneurs que ceux et celles ayant abandonné depuis longtemps le type de trans-

port classique popularisé par les médias populaires.

Dire qu’après avoir un peu fantasmé à me dorloter les deux pieds sur la bavette du poêle, non seulement je n’éviterais pas une de ces deux routes, mais je me taperais les deux dans le même hiver. Je me suis donc résigné et me suis dit qu’en guise d’adieux cette année, je me payais la tournée des grands ducs.

Parce qu’il faut bien l’avouer, malgré leur dureté parfois impardonnable et les misères qu’elles peuvent engendrer, certains truckers croient dur comme fer que ces deux routes sont dotées d’une âme. Comme peut l’être Compostelle. Au cas qu’il y ait un peu de vrai, elles méritent bien d’être saluées avec le plus grand égard avant de tirer ma révérence.

Eh oui! Si tout se déroule comme prévu, ce sera pour moi un dernier tour. Enfin je l’espère. Quand on en est rendu à jaser avec les chemins, il est peut-être temps de s’éclipser.

Mais pour que ces hivers de repos loin des tracas de ces airs glacés et enneigés jusqu’aux oreilles soient bien mérités (dont l’une, justement, m’a gelée cet hiver après seulement vingt minutes), il me fallait d’abord aller y faire face à ces éléments. Après avoir rayé la Dempster de ma liste d’adieux, je devais me rendre à Yellowknife. Voyage de deux mille kilomètres à travers ces montagnes longeant ravins. Plusieurs nouveaux chauffeurs engagés par le tigre pour ce contrat seulement viennent de l’Est ou des Prairies. Ils capotent à s’arracher les cheveux sur la tête à rouler sur ce chemin insensé et tout glacé qu’est l’Alaska Highway. Les chemins de travers reliant le Yukon aux Territoires du Nord-Ouest ne sont guère mieux. Ils ne comprennent pas qu’on ne mette aucun abrasif sur ce chemin si dangereux. Ce qui les horripile encore plus est notre réponse : « C’est comme ça ». Sans plus d’explications. Pour ces gens du Sud pour qui tout doit contenir une réponse logique où l’homme doit dominer les éléments, ils nous regardent comme si nous étions devenus des espèces de mutants nous métamorphosant

tranquillement en lynx, carcajou ou quelque bestiole ne supportant plus vraiment les chaleurs du Sud et les densités humaines. Peut-être ont-ils un peu raison.

Cette année, ça s’est plutôt bien passé. Aucun ne s’est ramassé dans le ravin ou en dehors du chemin. Pas toujours comme ça. J’ai vu certaines années deux ou trois gars avoir fini leur saison avant même de l’avoir commencée. Et bien contents de s’en sauver aussi rapidement. Pas du tout comme ça qu’ils l’avaient imaginé cette aventure.

Finalement arrivé à destination, Chantale de la répartition m’apprit que le tigre ne m’avait pas inscrit. Quelle surprise! Donc, lui aussi avait assumé que je ferais toute la saison à Inuvik. Ça signifiait donc que le plus désagréable restait à venir. Dû à cette omission, je n’avais pas encore passé tous les tests et cours en ligne obligatoires pour ce genre de contrats. Peu importe que ça fasse une douzaine de fois que je repasse les mêmes cours encore et encore, la procédure est toujours aussi « gazante » pour ne pas dire autre chose.

Une chance qu’après tant d’années, j’aie fini par trouver une manière d’accélérer la procédure sans trop me casser les bonbons grâce à la caméra de mon téléphone. Je n’en dirai pas plus à

moins, bien sûr, qu’une personne intéressée par les raccourcis de cours en ligne soit prête à me verser une compensation financière. Pendant que mes compagnons roulaient déjà gaiement sur les lacs gelés, j’étais attelé à mon ordinateur. Cette formalité m’a couté deux jours de production. Une fois cette tâche complétée, je pouvais à mon tour décoller vers ces étendues infinies qui meublent le bout du monde. Pour le premier jour, je ne forcerais pas trop. Je me suis rendu à Lockhart, le relais situé à mi-parcours. Là on peut manger, se doucher ou s’y arrêter pour la nuit. Ce que je fis. Vers les trois heures du matin, je fus réveillé par une vibration étrange du camion. Aussitôt levé pour vérifier de quoi il pouvait bien en retourner, ce ne fut pas long à me rendre compte que le moteur venait de s’arrêter suite à une panne de l’alternateur. Les batteries étaient mortes. Il faisait -43 oC. J’ai pas trainé pour

mettre pantalons et chandails et aller à la répartition de Lockhart pour chercher un mécanicien. Ça a pris un autre deux jours avant de pouvoir repartir. À mon premier voyage. Quatre jours de perdu déjà. Exactement comme j’avais débuté Inuvik. Mais au moins, là encore, mon instinct m’avait bien guidé en me faisant arrêter à un endroit pour me chauffer au cas où. Cette fois-là, par contre, je m’en suis sorti sans pneumonie. Et comme à Inuvik, une fois réparé, la suite s’est déroulée normalement. À condition, bien entendu, de classer dans la catégorie déroulement normal, serpenter sur la glace comme des limaces à 25 ou 30 kilomètres l’heure vingt heures par jour sept jours par semaine pendant un mois et demi. Y a pas à dire! Cette tournée des grands ducs, je la trouve un peu épuisante. Vivement des lacs avec de l’eau sans glace à se faire bercer par les flots, une ligne ou une rame à la main.

Yves Lafond

Guide parental pour la diète numérique de vos petits monstres (très mignons, quand même)

Comme pour la nourriture, tout ce que nos enfants consomment en ligne n’est pas égal. On peut classer leur « menu numérique » en trois catégories : sain, malbouffe et toxique.

La catégorie « saine » : Ici, on retrouve les bons légumes numériques (oui, ça existe). Par exemple, les appels Zoom avec les grands-parents à l’autre bout du pays, les applications pour compter les pas ou suivre le rythme cardiaque, les outils créatifs (dessin, musique, montage, etc.) Bref, des outils qui connectent, enrichissent et développent. Pas toujours excitants… mais bons pour la « santé mentale à long terme » - un peu comme le brocoli.

La catégorie « malbouffe » : Ah… les chips numériques. On parle ici des réseaux sociaux et des jeux vidéo. Ce n’est pas du poison,

mais c’est conçu pour être ultra attirant : tout est facile, tout est beau, tout est fait pour nous garder engagés. Les jeux vidéo nous donnent des défis parfaitement adaptés à notre niveau et nous récompensent immédiatement. Les réseaux sociaux, eux, nous font sentir importants, informés, et parfois même brillants… en pyjama, sur le divan. Le problème?

Le monde réel ne fonctionne pas comme ça. Dans la vraie vie, les récompenses prennent du temps, les défis sont parfois trop grands, les relations peuvent être inconfortables (oui, parler à quelqu’un en vrai, c’est risqué). Résultat : trop de « malbouffe numérique » peut nous déconnecter de la réalité et ralentir le développement de compétences essentielles. Le livre « La Génération Anxieuse » de Jonathan Haidt montre d’ailleurs, avec plusieurs études à l’appui, que l’anxiété chez les jeunes est fortement

liée à une surconsommation de contenu numérique et à un manque d’expériences réelles (sociales, physiques, émotionnelles).

La catégorie « toxique » : Ici, on ne parle plus de chips. On parle de poison. Cette catégorie inclut la pornographie, les sites qui encouragent l’anorexie, l’automutilation, la violence ou le suicide. Ces contenus exploitent les vulnérabilités naturelles des jeunes. Ce n’est pas un petit problème. C’est un impact profond sur le développement émotionnel et relationnel.

Un défi parental… version expert : Soyons honnêtes : être parent en 2026, c’est comme jouer à un jeu vidéo sans tutoriel… en mode difficile. Les dangers ne sont pas toujours visibles, mais leurs effets peuvent être énormes.

Quelques repères simples (et réalistes) : Une chose est claire : donner à un jeune un accès illimité

SCIENCE

et privé à Internet, c’est un peu comme lui dire : « Tiens, voici les clés de la ville… bonne chance! » Oui, ça peut sembler sécuritaire physiquement. Mais en ligne, il y a du bon, du neutre, et du franchement dangereux. Avant 15 ans, un accès non supervisé et illimité n’est pas une bonne idée. Quelques pistes : utiliser les appareils dans des espaces communs, garder un minimum de supervision et utiliser des téléphones contrôlés (comme Pinwheel phone), qui permettent de choisir les applications accessibles.

En conclusion : Le but n’est pas d’éliminer la technologie (bonne chance avec ça), mais d’apprendre à nos jeunes à manger numérique… intelligemment. Parce qu’au final, entre un enfant qui mange juste des chips et un autre qui a une alimentation équilibrée… on sait tous lequel va mieux fonctionner. Même chose pour le cerveau.

Des étés plus longs d’une ville à l’autre

Agence Science-Presse

Le constat semble se généraliser : les étés en ville sont bel et bien plus longs qu’avant. Autant dans l’hémisphère Nord que dans l’hémisphère Sud, une analyse de 60 années de données dans 10 villes révèle, pour les deux plus récentes décennies, des variations moyennes de six jours estivaux de plus par décennie.

La détentrice du record est Sydney, en Australie, avec 15 jours de plus par décennie. La seule ville canadienne représentée dans cet échantillon, Toronto, est au milieu du peloton avec huit jours, devant Paris et Reykjavik, qui ajoutent 7,2 jours par décennie à leurs étés respectifs.

Les chercheurs de l’Université de Colombie-Britannique ont pris comme base de comparaison le nombre de jours par année qui,

dans les années 1961 à 1990, étaient, dans chacune de ces villes, au-dessus de la moyenne des journées les plus chaudes de l’année. Ils ont ensuite examiné si des tendances se dégageaient des décennies avant et après.

De leurs calculs, publiés dans la revue Environmental Research Letters , on apprend que ces journées supplémen -

taires peuvent être réparties autant avant qu’après : autrement dit, les étés commencent, en moyenne, quelques jours plus tôt et finissent, en moyenne, quelques jours plus tard. C’est particulièrement impressionnant à Sydney, Australie, où, pour la plus récente décennie examinée, de 2014 à 2023, les étés ont commencé en moyenne le 27 novembre et se sont terminés le 28 mars, alors que dans les années 1961-1970, ils tendaient à commencer le 6 janvier et à finir le 9 mars.

Une autre conséquence semble être qu’il y a moins d’entre-deuxsaisons : les conditions estivales arrivent plus abruptement qu’avant, en lieu et place d’un réchauffement graduel des températures. Lien vers l’article original : sciencepresse.qc.ca/actualites-scientifiques/2026/04/21/ etes-plus-longs-ville-autre

CALENDRIER COMMUNAUTAIRE

7 mai

 19 h à 21 h : Match d’improvisation. Bleus & Jaunes. Centre de la francophonie. 10 $ à la porte.

Rens. : lafabriqueimpro@gmail.com

12 mai

 17 h 15 à 19 h 15 : Apprenez les bases du dessin. Explorez les notions de perspective, d’ombres et de proportions en plein air. Centre des arts du Yukon. Ouvert à tout public.

Rens. : franco50.afy.ca

13 mai

 14 h 30 à 18 h : Dawson célèbre la Journée de la francophonie yukonnaise. Le Programme Confluence vous invite sur la rue Front pour un spectacle de Claire Ness, des activités, de l’art, des jeux gonflables et un barbecue offert par la Dawson Firefighters Association. Gratuit.

 17 h 30 à 20 h : Pique-nique partagé. Promenade à Miles Canyon. Possibilité de covoiturage. Inscription obligatoire. Gratuit.

Rens. : accueil.afy.ca

14 mai

 17 h 30 à 19 h 30 : Trocs tes frocs. Échange de vêtements du printemps au local des Essentielles.

Rens. : mobilisation@lesessentielles.ca

 19 h à 21 h : La Grande Finale de l’impro. Centre de la francophonie. 10 $ à la porte. Rens. : lafabriqueimpro@gmail.com

15 mai

 17 h à 21 h : Célébrez la francophonie yukonnaise. Au parc Shipyards à Whitehorse, profitez d’activités pour toutes et tous. Nourriture et boissons offertes. Ouvert à tout public. Entrée libre.

Rens. : jfy.afy.ca

19 mai

 13 h à 15 h : Brisez l’isolement. Groupe de discussion en petit comité pour les 50 ans et plus. Centre de la francophonie. Gratuit.

Rens. : franco50.afy.ca

 18 h à 20 h : Formation personnes entrepreneures

Renforcez vos compétences humaines, stratégiques et relationnelles. Centre de la francophonie. Inscription obligatoire. Gratuit.

Rens. : entrepreneuriat.afy.ca

20 mai

 14 h à 16 h : Club des p’tits mollets. Randonnée adaptée le long de Miles Canyon. Rassemblement à l’aire d’utilisation diurne du lac Schwatka. Ouvert à tout public. Inscription obligatoire.

Rens. : ptitsmollets.afy.ca

 18 h 30 : Assemblée générale annuelle de la Société d’histoire francophone du Yukon. En ligne.

Rens. : shfyukon@gmail.com

21 mai

 13 h 30 à 15 h 30 : Cours de cuisine et de pâtisserie. Centre de la francophonie. Pour les personnes de 50 ans et plus. Gratuit.

Rens. : gourmand.afy.ca

23 mai

 12 h à 17 h : Mercier en fête. Animations, concert, expos, nourriture, friperie, boutique éphémère, marché d’artisans, jeux, livres et bien plus. Gratuit. Rejoignez-nous au CSSC Mercier!

Rens. : csscmercier.csfy.ca/fete/

26 mai

 14 h à 16 h : Jeux de société. Partagez un après-midi au Titan Tavern & Geek Shop. Pour les 50 ans et plus. Inscription obligatoire. Gratuit.

Rens. : cafe-amitie.afy.ca

Annoncer ici (gratuit) redaction@auroreboreale.ca

PETITES ANNONCES

COMMUNAUTAIRE

 Émission Rencontres. Diffusion de l’émission Rencontres, tous les samedis, dès 16 h 05, au 94,5 FM ou au 102,1 FM. Rens. : emission-rencontres.afy.ca

 Devenez membre de l’AFY. Vous souhaitez contribuer au rayonnement de la Franco-Yukonnie? Profitez-en pour obtenir des avantages et rabais sur certaines offres.

Rens. : membre.afy.ca

 10 jours sans écran. Du 19 au 28 mai, l’École Émilie-Tremblay et le Programme Confluence de Dawson invitent les familles à participer à ce défi. Pour des stratégies, surveillez notre blogue eet.csfy.ca/blogue et page Facebook facebook.com/ csfyukon /

DIVERS

 Recherche terrain ou maison à acheter : Pour Laure et Geoffrey, idéalement à moins d’une heure au sud de Whitehorse. Préapprouvés et liquidités disponibles. Ouverts aux opportunités de subdivision. Contactez-nous : (867) 332-5066

 Soutien en entrepreneuriat. L’équipe de l’AFY vous offre un accompagnement personnalisé selon vos besoins. Services gratuits, offerts aux personnes qui résident au Yukon. Rens. : entrepreneuriat.afy.ca

 Logements recherchés. Pour les futurs membres du personnel de la Garderie du petit cheval blanc, ainsi qu’une chambre pour l’été. Détails : facebook.com/ garderiepetitchevalblanc Rens. : 633-6566 ou admin@pcby.ca

 Réunion Alcooliques Anonymes en françai s. Tous les mardis à 17 h. En ligne, sur Zoom. ID de réunion : 833 9614 4061/Mot de passe 0 (zéro). Rens. : JPAwhitehorse@gmail.com

 Vous venez d’immigrer au Yukon? L’Aurore boréale vous offre six mois d’abonnement (papier ou format numérique) au seul journal communautaire francophone du territoire. Rens. : info@auroreboreale.ca

RECRUTEMENT

 Pigistes L’Aurore boréale embauche des journalistespigistes issu·es des communautés autochtones, noires, racialisées, ethnoreligieuses, en situation de handicap ou des communautés 2SLGBTQIA+. Rens. : dir@auroreboreale.ca

 Appui au recrutement. L’AFY peut représenter votre entreprise dans des salons de l’emploi et vous guider, au Yukon et à l’étranger. Services gratuits pour les entreprises yukonnaises. Rens. : recrutement.afy.ca

SANTÉ

 Ressources santé cognitive! Pour en savoir plus, venez découvrir le microsite de références sur la santé cognitive : cerveausanteyukon.org /

 Le sommeil vous joue des tours? Visitez le microsite de références sur le sommeil développé par le PCS : francosommeilyukon.com /

 Mieux comprendre pour mieux communiquer. Le microsite sur les troubles du spectre de l’autisme et la neurodivergence est ici : autismefrancoyukon.com/ ressources

 Besoin d’aide en français pour vos rendez-vous en santé? Service d’interprétation en santé gratuit et confidentiel pour la prise de rendezvous médicaux : traduction orale sur place, navigation interservices, etc. Rens. : pcsinfo@francosante.org ou 668-2663, poste 810

RAPIDES

 Bravo à Paul Robitaille qui (aux dernières nouvelles) a réussi à faire 156 semaines d’affilée de disc-golf au Yukon! Ça fait trois années de suite!

Fièr·e de ta shot!

Tu as gagné un prix, tes enfants ont reçu une médaille, tu as été sélectionné e dans un comité?

L’Aurore boréale est là pour ça! dir@auroreboreale.ca

EMPATHIQUE

Capacité de se mettre à la place d’une autre personne. (p. 4)

DÉMOGRAPHIQUE

Étude, en quantité et en qualité, des populations humaines. (p. 6)

CONTRAINTE

Obligation liée à un usage, à une nécessité. (p. 8)

HOMOLOGUE

Personne occupant un rôle semblable à une autre personne. (p. 11)

Annoncez-y vos événements et trouvez ce qui se passe ici, maintenant et en français!

RÈGLES DU JEU : Vous devez remplir toutes les cases vides en plaçant les chiffres 1 à 9 une seule fois par ligne, une seule fois par colonne et une seule fois par boîte de 9 cases. Chaque boîte de 9 cases est marquée d’un trait plus foncé. Vous avez déjà quelques chiffres par boîte pour vous aider. Ne pas oublier : vous ne devez jamais répéter les chiffres 1 à 9 dans la même ligne, la même colonne et la même boîte de 9 cases. Vous devez remplir toutes les cases vides en plaçant les chiffres 1 à 9 une seule fois par ligne, une seule fois par colonne et une seule fois par boîte de 9 cases. Chaque boîte de 9 cases est marquée d’un trait plus foncé. Vous avez déjà quelques chiffres par boîte : vous ne devez jamais répéter les chiffres 1 à 9 dans la même ligne,

Félicitations aux élèves du Programme Confluence pour leur pont! « Pour faire le pont, on a fait un bon plan. Après, on a fait la construction de notre pont avec des bâtons, de la colle et de la soie dentaire. Le jeudi 9 avril, les ponts étaient envoyés à Whitehorse en avion pour une compétition », ont expliqué les élèves.

Félicitations à Emma, Megan et Scarlet qui ont gagné la 3 e place!

Le 28 avril dernier, la Fabrique d’improvisation du Nord a collaboré avec le groupe des personnes aînées pour offrir un atelier d’impro théâtrale, animé par Danielle Bonneau. Les rires et le talent étaient au rendez-vous!

Dans le cadre d’une résidence en commissariat artistique, l’Association des groupes en arts visuels francophones (AGAVF) a permis à quatre femmes issues de communautés francophones minoritaires au Canada de travailler sur un projet curatorial en lien avec leur pratique artistique. Annie Maheux représentait le Yukon francophone durant ces deux mois de rencontres virtuelles suivies d’une semaine intensive en personne au Projet Borgitte situé à Cap-Pelé au Nouveau-Brunswick, du 15 au 21 avril 2026.

L’Aurore boréale a lancé un concours pour vous encourager à immortaliser les premières fleurs sauvages du Yukon. Ici, il s’agit traditionnellement des anémones pulsatilles, faussement appelées crocus.

Bravo à Kelly Tabuteau, qui a vu les premières anémones en fleur le 29 avril.

Roxanne Mason et Alexandre Mischler en ont vues le 30 avril, respectivement à Haines Junction et près de Carmacks.

Isabelle Carrier a été la première à nous envoyer une photo des anémones, mais elles étaient encore en bourgeons.

Mention spéciale à Karly Leonard, qui nous a fait parvenir une photo des premières fleurs sauvages qu’elle a vues cette saison, à Haines, en Alaska, le 26 avril. À notre grande surprise, il s’agit de réels crocus. Voyez vous la différence entre les crocus et les anémones?

Ces cinq personnes remportent une carte-cadeau et des lunettes de soleil. Félicitations!

Les activités de la robe rouge se sont déroulées du 3 au 5 mai au Centre culturel Kwanlin Dün, incluant un feu sacré, des ateliers de fabrication de boucles d’oreilles et d’épinglettes et une marche en commémoration des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées, y compris les personnes LGBTAB.

Les élèves du Programme Confluence de Dawson ont eu la chance d’assister à une présentation sur les fourrures d’animaux que l’on trouve au Yukon. L’enseignante Mary-Pier Bruneau, qui possède une vaste expérience de chasse, de pêche et de trappe sur le territoire, a donné une foule d’information sur le pelage et le mode de vie du renard, de la loutre, du lynx, de la martre ainsi que de plusieurs autres.

Adeptes de tennis et de pickleball, réjouissez-vous! Les terrains seront bientôt prêts!

Maryne Dumaine

Les renards sont les rois, à Whitehorse, c’est bien connu. On en voit un ici, à Riverdale, qui a causé quelques minutes d’attentes à une voiture qui comptait sortir de son entrée. Patience… maître Renard est prioritaire!

Une compétition de judo s’est tenue le 2 mai au Centre des Jeux du Canada. On voit William Pacaud en action

CSFY
Annie Maheux
Isabelle Carrier Karly Leonard
Kelly Tabuteau
Maryne Dumaine
Roxane Tanase-Mason
CSFY
Angélique Bernard
Angélique Bernard
Angélique Bernard

Le Jour de la Terre a été souligné le 22 avril dernier par un rassemblement au parc Rotary et une marche vers le Centre culturel Kwanlin Dün. Une présentation sur l’énergie éolienne a suivi à la bibliothèque de Whitehorse.

En fin de semaine dernière, plusieurs équipes du programme de volleyball Subzero participaient à des tournois en Colombie-Britannique et en Alberta. Mentionnons des médailles d’or pour l’équipe des filles 16UG et l’équipe des garçons 17UB. Félicitations aux joueurs et joueuses et au personnel d’entraînement. Vous avez fièrement représenté notre territoire!

L’activité Youth & Women Exploring Trades (YWET) a eu lieu le 17 avril. Cet événement a réuni plus de 40 jeunes filles et jeunes de diverses identités de genre, scolarisées au secondaire et originaires de tout le Yukon, pour des ateliers pratiques de travail du bois, de forge, d’impression 3D, d’esthétique et plus encore. L’objectif était d’offrir à la prochaine génération la possibilité d’explorer des carrières dans les métiers spécialisés et les technologies.

Angélique Bernard
Dakota Bernard
Le 2 mai, la Yukon Fish & Game Association a organisé la première Foire sur le plein air au Centre des Jeux du Canada. Sylvie Binette y tenait une table pour son entreprise Heavenly Wild.
Angélique Bernard
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