Elisapie a fait salle comble au Centre des arts du Yukon, le 21 mars dernier. Elle y a présenté des chansons originales, ainsi que des reprises de chansons populaires traduites en inuktitut. À la fin du spectacle, sur Born to be alive, elle a invité le public à se joindre à elle sur scène. Un beau moment de partage.
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Budget territorial 2026 6
Collecte pour les réfugiées au Burundi 2
Fonds pour les arts et la culture 5
Place aux bénévoles 6 -7
Jeux dénés et sports arctiques 21
À DÉCOUVRIR
Maryne Dumaine
Angélique Bernard
Angélique Bernard et Maryne Dumaine
PAGES
Maryne Dumaine
De l’aide pour les réfugiées au Burundi
Un Franco-Yukonnais organise une collecte de fonds pour offrir des produits hygiéniques de base aux femmes de la République démocratique du Congo qui sont réfugiées au Burundi.
Angélique Bernard
La République démocratique du Congo (RDC) subit des guerres depuis les années 1990. Les conflits ont fait au moins six millions de morts, des millions de blessé·es et des millions de réfugié·es ont dû fuir le pays.
Yosia Ivan Malipo explique que « ces personnes-là n’ont pas le choix. Elles sont obligées de fuir pour chercher une solution durable. C’est la raison pour laquelle elles sont souvent coincées dans les camps. Souvent, ce sont les femmes et les jeunes filles qui sont les victimes de la guerre dans ce pays et, pour l’instant, elles n’ont rien du tout, même pas les choses de base, comme des savons, des sous-vêtements et des serviettes sanitaires. »
Cette situation a choqué M. Malipo et c’est la raison pour
laquelle il a voulu organiser cette initiative pour aider les femmes et les jeunes filles dans les camps de réfugiés. Cela faisait longtemps qu’il pensait à organiser quelque chose du genre.
Son histoire de réfugié
Yosia Ivan Malipo sait ce que c’est d’être réfugié. Il est né à l’est de la RDC, là où il y a beaucoup de guerres. « C’est comme si j’étais victime de la guerre depuis que je suis né », rapporte-t-il. Il a fui la guerre en République démocratique du Congo en 2016 et a passé six ans dans un camp de réfugiés au Malawi.
Il a travaillé pendant trois ans avec l’organisme à but non lucratif Plan International Malawi, qui milite pour les droits des enfants et l’égalité pour les jeunes filles depuis 1994. M. Malipo a côtoyé
des femmes et des jeunes filles réfugiées et a vu ce qu’elles enduraient dans les camps et le fait qu’il leur manque souvent des choses de base. Ces situations mettent souvent leurs santé, sécurité et dignité à risque.
Yosia Ivan Malipo est arrivé au Canada en 2022 et s’est rendu directement au Yukon. Il aime le territoire et il s’est habitué au froid. Il étudie en travail social à l’Université du Yukon et est travailleur de soutien à Safe at Home.
« Quand j’ai vu que la guerre a réapparu encore dans l’est de la RDC, j’ai vu que c’était une opportunité pour moi d’aller les aider et d’essayer de faire quelque chose qui peut faire un impact », mentionne-t-il.
La logistique d’une
telle initiative
M. Malipo a créé un compte Go Fund Me et a déjà reçu quelques dons. Le 17 avril prochain, il arrivera au camp de réfugiés Ruhigi, au Burundi, pour y passer un mois. Il va amener les fonds avec lui et achètera le matériel sur place.
« J’avais un plan d’acheter le matériel ici, mais ça va me coûter cher de transporter tout cela. Donc, c’est plus facile pour moi d’acheter les choses là-bas que de les
apporter du Canada. » Si les personnes sont intéressées à fournir du matériel sanitaire, elles peuvent communiquer avec lui pour voir combien d’espace il a dans ses valises, mais, question de facilité, il préfère que les gens contribuent à son compte Go Fund Me.
Il travaille avec une équipe de bénévoles du Burundi qui s’est mobilisée et qui a fait des enquêtes pour voir ce qu’il manque dans les camps de réfugiés. Le travail a déjà
été fait sur le terrain et cela va lui faciliter la tâche quand il arrivera sur place.
« Devenir réfugié n’est jamais un choix. Les gens deviennent réfugiés lorsqu’ils n’ont plus d’autre option que de fuir leur maison pour protéger leur vie ou celle de leur famille quand il n’y a plus de paix durable », conclut le jeune homme. Les personnes intéressées à contribuer à sa campagne peuvent consulter le lien suivant : gofund.me/1c15b5753
Créez votre propre procuration perpétuelle
Téléchargez les modèles et le guide yukon.ca/fr/procuration-perpetuelle
Yosia Ivan Malipo organise une collecte de fonds pour offrir des produits hygiéniques aux femmes et aux jeunes filles vivant dans des camps de réfugiés au Burundi.
Angélique Bernard
LIGNE ÉDITORIALE
Souffler
Maryne Dumaine
Ouf! Les deux semaines de relâche viennent de se terminer.
Je dis « ouf! », car, quand on dit relâche, on dit congés pour les enfants et pour le personnel en éducation. Mais pour les autres… Il s’agit bien souvent d’avoir une organisation hors du commun. Prévoir des camps (quand on en trouve, et qu’on peut se le payer), des activités; s’organiser avec son entourage – tu prends les miens lundi, moi je prends tes enfants mardi. Attends, non, j’ai une formation mardi… Ah, flûte à bec !! Bon, ben on fait comment alors?
Au milieu de tout ça, on cherche quelques précieux moments de qualité avec nos proches.
Et puis… en plus du travail, et de l’ambiance « congés », il y a eu les Jeux. Dans une volonté de profiter de ce bel événement, pour beaucoup, il s’agissait d’accueillir les délégations, de faire du bénévolat, de recevoir des collègues ou des dignitaires, venu·es pour l’occasion. Et pour ceux et celles qui ont eu cette chance, il y avait aussi parfois des proches en visite. Combinez cela à quelques virus qui traînent au milieu des 4 000 personnes qui se croisent, pour assaisonner un peu le tout.
Et ce froid! Cet hiver qui a du mal à décrocher. Oui, notre pays, c’est l’hiver. Mais -36 °C à la mi-mars, ce n’est pas du jamais vu, mais « ça nous rentre dans le corps » quand même un peu! Non?
préféré : vivre ici et maintenant. Et ici, c’est sympa en fait. Du monde dans les rues qui s’échangent des vêtements venus des quatre « coins » du cercle arctique. Will Pacaud et Charlie-Rose Pelletier, les doigts rougis de froid, mais la voix pleine de chaleur. Des épinglettes à échanger. Et par-dessus tout : la jeunesse, qui sourit.
Et un festival du Nord au mont Mac, où les rires résonnent et où les yeux brillent de joie sur des visages aux joues rosies de froid!
Comme l’a rappelé Elisapie lors de son spectacle, samedi passé : dans le Nord, trop de jeunes luttent au quotidien pour se trouver des raisons de vivre. Alors, quand on en voit sourire autant, ça donne une bonne raison de l’apprécier, cet ici, ce maintenant.
Pourtant, regarder au-delà d’ici, s’informer, comprendre le monde : pour beaucoup, c’est essentiel, et même un devoir. Mais n’est-ce pas aussi bon de laisser passer certaines nouvelles, même celles qui semblent importantes? Est-ce vraiment problématique, au fond, de ne pas savoir ce qu’est l’opération furie épique? Est-ce nécessairement un manque… ou ne serait-ce pas plutôt, parfois, une façon de se protéger, dans un monde où l’actualité pèse lourd?
Vous le savez, je suis une fervente défenseuse de saines habitudes de consommation de l’information. Je ne dis pas qu’il ne faut plus s’informer.
Adjointe à la direction 867 668-2663, poste 520 redaction@auroreboreale.ca
Collaborations : Michel Duteau, Rébecca Fico et Nelly Guidici
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Le journal est publié toutes les deux semaines, sauf en été. Son tirage est de 2 500 exemplaires et sa circulation se chiffre à 2 450 exemplaires.
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Avec respect, nous tenons à reconnaître que nous travaillons et publions ce journal sur le territoire traditionnel de la Première Nation des Kwanlin Dün et du Conseil des Ta’an Kwäch’än.
Journal indépendant, l’Aurore boréale informe, valorise et unit la communauté francophone du Yukon. Ses contenus mettent en lumière les enjeux et les réussites locales. Défenseur de la langue française, de l’inclusion et de la liberté d’expression, il agit comme moteur de dialogue et d’engagement citoyen.
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Remarquez, comme me le faisait valoir Peter Johnston, l’ancien grand chef du Conseil des Premières Nations du Yukon : Notre capacité à apprécier les grands froids, c’est aussi ça qui nous rassemble, dans le Nord.
Mais, maintenant, n’est-il pas légitime de vouloir souffler un peu? D’avoir envie d’un peu de printemps?
Dans un réflexe contemporain, je m’offre alors une petite pause « écran », histoire de « décrocher un peu »…
Tu parles! Guerre, prix de l’essence, missiles, défense antiaérienne… Stop! Je coupe immédiatement.
Car quand je dis printemps , c’est surtout de lumière dont nous avons besoin. Et pas de lumière bleue! Et pas non plus seulement de celle qui revient dans nos cieux.
Quand la vie s’accélère, ne vaut-il pas mieux décrocher un peu de la noirceur quand on décide de faire une petite pause? Alors oui, pour trouver la lumière, j’aime me réfugier dans mon credo
Mais, directrice d’un journal communautaire, je me réjouis souvent de ce privilège que j’ai de diriger un média « qui parle d’autre chose ». Qui parle de ce qui nous concerne directement, ici. Dans un monde où l’actualité internationale occupe tant d’espace, souvent lourde, souvent anxiogène, il est tout aussi essentiel de faire de la place au beau. Regarder ici. Voir ce qui nous rassemble. C’est aussi ça, le rôle d’un journal comme l’Aurore boréale : offrir une perspective locale, ancrée, humaine.
Dans des vies bien remplies, je souhaite que prendre dans vos mains ce journal soit pour vous un de ces petits moments précieux. Une pause pour découvrir les initiatives d’ici, pour voir les sourires, pour reconnaître des visages, et, bien sûr, pour apprendre des choses, au passage.
Peu importe comment vous lisez votre journal (tout, juste les titres, ou simplement en images), l’essentiel est peut-être là : prendre le temps.
Bonne lecture, et beau printemps!
Budget territorial 2026 : sous le signe de la prudence
Le budget du Parti du Yukon présenté lors du début de la séance du printemps 2026 de l’Assemblée législative du Yukon ne prévoit pas de coupures, mais la prudence et l’évaluation de la situation sont de mise.
Angélique Bernard
Le 19 février dernier, dans une déclaration sur la séance du printemps et le Budget 2026, le premier ministre Currie Dixon avait prévenu la population du Yukon que le budget allait refléter les réalités du gouvernement et du territoire qui s’approche d’une période de fortes pressions financières.
« À notre arrivée au pouvoir, nous savions que nous héritions d’une situation financière difficile et que nous aurions à prendre des décisions complexes. Cependant, nos finances s’avèrent encore plus préoccupantes que nous le pensions », a expliqué le premier ministre.
1 colonnes Découvrez
« Nous approchons de notre limite d’endettement de 1,2 milliard de dollars, notre dette actuelle s’élevant à environ 900 millions. Il ne nous reste donc qu’une capacité d’emprunt d’un peu plus de 300 millions de dollars […] qui doit suffire à la fois pour le gouvernement et pour ses sociétés », continuait M. Dixon.
Le premier ministre s’engage à continuer de défendre les intérêts des Yukonnaises et des Yukonnais auprès du gouvernement du Canada, tout en explorant des moyens de renforcer la capacité financière du gouvernement territorial. « Dans l’immédiat, nous continuons de mettre l’accent sur nos priorités essentielles
les notions de base et les ressources en français pour mieux comprendre vos droits au Yukon
Famille
Successions
Protection du consommateur
Travail
Personne
Immobilier
Criminel
Immigration
Cour des petites créances
afin de nous assurer de prendre aujourd’hui des décisions éclairées en tenant compte de leurs effets sur les générations futures et sur la santé financière à long terme du territoire, » a-t-il affirmé.
Il a ajouté que « nous devrons concentrer nos investissements sur nos priorités les plus essentielles. Nous savons que de nombreux secteurs nécessitent des investissements supplémentaires et, bien que nous soyons déterminés à améliorer les conditions de vie au territoire pour l’ensemble de la population, ces initiatives pourraient prendre du temps. Notre objectif est d’équilibrer les dépenses et de remettre de l’ordre dans nos finances publiques. »
Concrètement, cela ressemble à quoi?
Deux ministères rassemblés en un seul
Un communiqué de presse du gouvernement du Yukon du 11 mars annonçait qu’à partir du 1er avril, le ministère du Développement économique et le ministère du Tourisme et de la Culture seront regroupés sous une seule enveloppe budgétaire et deviendront le nouveau ministère du Développement économique, du Tourisme et de la Culture.
Lors d’une séance d’information tenue le 19 mars, des représentant·es du ministère des Finances du gouvernement du Yukon ont mentionné que le budget de cette année a été l’un des plus difficiles à créer, car il a été important de ne pas dépasser la limite d’endettement. C’est un budget prudent. Le déficit pour l’année financière 2026 -2027 se chiffre à 82 millions de dollars. Une grosse partie de ce déficit est attribuable aux augmentations de dépenses dans les ministères de la Santé et Affaires sociales, de l’Éducation et de la Justice.
Une nouveauté est l’inclusion de 100 $ millions en fonds de prévoyance votés dans le budget. L’argent de ce fonds peut être transféré aux ministères pour faire face aux catastrophes, aux urgences, aux priorités émergentes et à d’autres imprévus.
Par le passé, ce montant n’était pas inclus dans le calcul des dépenses prévues et un mandat spécial était nécessaire pour le mettre en œuvre.
Un examen des programmes au sein du gouvernement du Yukon sera également effectué durant l’année financière 2026 - 2027.
Par la suite, un tel examen se fera annuellement sur 20 % des programmes, donc chaque programme offert par le gouvernement du Yukon sera révisé aux cinq ans. Le gouvernement du Yukon prône une prestation plus efficace des services avant de penser à la réduction de services auprès des Yukonnais et des Yukonnaises.
Selon le communiqué, la consolidation des budgets offrira une plus grande souplesse budgétaire et permettra aux ministères de relever de plus grands défis en matière de politiques et de programmes en utilisant les ressources existantes. Ce regroupement améliorera l’harmonisation stratégique et réduira les formalités administratives pour la clientèle qui devait jusqu’alors traiter avec plusieurs ministères.
Le premier ministre Currie Dixon a expliqué que « pour remettre nos finances sur la bonne voie, nous devons remettre en question la façon dont fonctionne le gouvernement. Le regroupement des deux ministères sous une seule enveloppe budgétaire permettra au personnel de trouver ensemble de nouvelles façons de servir la clientèle ayant des besoins semblables, sans augmenter la taille du gouvernement. »
« Cette annonce tient la promesse de notre gouvernement, qui s’est engagé à réduire les formalités administratives, à améliorer la prestation des services et à faire croître l’économie. En regroupant ses forces, ses connaissances et ses ressources, le ministère du Développement économique, du Tourisme et de la Culture pourra renforcer les investissements dans le milieu des affaires et de la culture du Yukon », a renchérit Jen Gehmair, la ministre du Développement économique, du Tourisme et de la Culture.
Le gouvernement assure qu’il n’y aura pas de changements immédiats aux structures hiérarchiques ni à la dotation. Pour la clientèle des programmes de financement, le point de contact actuel au sein des ministères demeure inchangé.
Currie Dixon a présenté son premier budget à titre de premier ministre du Yukon et de ministre des Finances.
Archives A.B.
Angélique
Bernard
Un financement fédéral pour les arts, les langues et la culture au Yukon
Le 13 mars dernier, au Centre des arts du Yukon, le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, a annoncé une enveloppe de 14,3 millions de dollars. Ce financement fédéral est réparti entre 30 organismes yukonnais œuvrant dans les secteurs des arts, du patrimoine et des langues.
Maryne Dumaine
Un appui aux médias locaux et à la francophonie
Parmi les bénéficiaires, la francophonie yukonnaise consolide ses activités : l’Association franco-y ukonnaise (AFY) obtient un financement pluriannuel pour sa programmation communautaire. Le groupe Les Essentielles figure également parmi les bénéficiaires. Plusieurs publications, dont votre journal l’Aurore boréale, mais aussi le What’s Up Yukon et Yukon, North of Ordinary reçoivent également un appui annuel.
Selon Duncan Sinclair, président de Jazz Yukon, organisme qui a également bénéficié d’un financement pour plusieurs années, le passage à un financement pluriannuel a permis « de libérer des quantités incalculables de temps et d’énergie à des fins plus productives. Grâce à ce soutien, l’organisme parvient aujourd’hui à présenter plus de 120 événements annuels », a-t-il expliqué lors de la conférence de presse.
L’urgence des langues autochtones
Un volet important des fonds vise la revitalisation des langues autochtones, un secteur sous forte
Média et immigration
La grande cheffe du Conseil des Premières Nations du Yukon, Math’ieya Alatini, a rappelé que l’apprentissage des langues autochtones par les jeunes est essentiel pour maintenir les cultures bien vivantes.
pression budgétaire. Le ministre Miller a précisé que ces investissements représentent « plus que de l’argent », car ils visent à « donner aux voix les moyens de s’émanciper de la manière dont elles le choisissent. » Le Conseil des Premières Nations du Yukon utilisera ces ressources pour le programme Youth Today, Language Leaders Tomorrow. La grande cheffe Math’ieya Alatini a indiqué que l’objectif de cette initiative est de
Lors de sa visite au Yukon, après une visite du Centre de la francophonie, le ministre Marc Miller a réitéré son engagement envers la vitalité francophone en soulignant la hausse des cibles d’immigration lors d’une entrevue pour l’Aurore boréale.
Il a reconnu l’urgence d’accroitre le financement des médias locaux, indiquant que les fonds actuels sont insuffisants pour protéger la presse face aux défis posés par les grandes plateformes numériques. Le ministre concède d’emblée que « les sommes dont [il] dispose sont insuffisantes », même s’il assure « militer pour en avoir plus » afin de soutenir le journalisme local. Il observe que l’industrie médiatique traverse « une situation de détresse et de transformation », un défi exacerbé par les grandes plateformes numériques qui ont tendance à accaparer l’argent des annonceurs.
Bien que le gouvernement ait mis en place des lois pour forcer ces géants du Web à contribuer financièrement, le ministre admet que ces législations ne sont « pas encore parfaites dans leur articulation ». Face à l’urgence, il confirme que son ministère étudie des solutions pour appuyer les petits médias, rappelant que la survie de la presse locale demeure avant tout « un enjeu de démocratie. »
Dumaine « Les arts et la culture rassemblent les gens. Ils favorisent le dialogue et créent des occasions de raconter des histoires, d’honorer des traditions et de voir de nouvelles idées s’enraciner », a déclaré Marc Miller, ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles.
« créer une masse critique de personnes pouvant s’exprimer dans leurs langues » pour les langues han, tlingit, tutchone du Sud et kaska en jumelant les jeunes avec les aîné·es. Selon elle, l’enjeu dépasse le vocabulaire. « Il ne s’agit pas seulement de langue, il s’agit vraiment de préserver nos cultures, d’en faire partie et de les garder en vie. » En marge de cette annonce et des Jeux d’hiver de l’Arctique, le ministre a aussi rencontré le Yukon Native Language Centre.
Identité et souveraineté nordique
Enfin, le député du Yukon, Brendan Hanley, a rappelé que la vitalité culturelle est le véritable « battement de cœur qui définit réellement la souveraineté nordique. »
Bientôt la saison de camping
D’après un communiqué du gouvernement du Yukon
À compter du 8 avril 2026, les campeuses et campeurs pourront effectuer une réservation pour les campings de l’avant-pays. Comme les années précédentes, il sera possible de réserver un emplacement dans les campings Wolf Creek, Marsh Lake, Pine Lake et Tombstone Mountain. Cette année, les campings Kusawa Lake et Fox Lake s’ajoutent à la liste de choix disponibles. Les réservations peuvent être effectuées pour des séjours entre le 8 mai et le 1er octobre prochains. La moitié des emplacements dans les campings de l’avant-pays participants peuvent être réservés. Le reste est offert selon le principe du « premier arrivé, premier servi. » Les personnes qui préfèrent camper dans l’arrière-pays peuvent également réserver en ligne un emplacement au parc territorial Tombstone. Les réservations
peuvent être effectuées dès maintenant pour un séjour entre le 1er juillet et le 7 septembre 2026. Les réservations pour les campings de l’arrière-pays et de l’avant-pays peuvent être effectuées au yukon.goingtocamp.com ou par téléphone en appelant sans frais le centre d’appel au 1-888-352-0532 ou au 1-867-322-0222 (pour les appels internationaux).
Les droits de camping habituels s’appliquent aux réservations en ligne. Des frais de réservation s’appliquent aux emplacements dans l’arrière-pays. Les titulaires d’un coupon de camping annuel peuvent réserver jusqu’à trois nuits dans les campings de l’avant-pays participants, et ce, sans frais supplémentaires.
Maryne
Maryne Dumaine
Les bénévoles à l’honneur au Gala annuel de reconnaissance
Le Gala de reconnaissance des bénévoles revient cette année le 27 mars, sous le thème « Nuit polaire ». Depuis plus de trois décennies, la soirée présente une belle occasion de rassembler la communauté franco-yukonnaise et de souligner l’engagement de ses bénévoles.
Rébecca Fico
Kayléanne Leclerc, agente de projets, communications et réseaux sociaux à l’Association franco-yukonnaise (AFY) et organisatrice de l’événement, explique que le Gala de reconnaissance des bénévoles réunit les personnes inscrites sur les listes de bénévolat de tous les organismes franco-yukonnais. Donc ceux et celles du Partenariat communauté en santé (PCS), de la Société d’histoire fran-
YOGA adapté
Tous les mercredis
du 8 avril au 27 mai 12 h à 13 h
Centre de la francophonie
Inscription obligatoire
cophone du Yukon (SHFY), de la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY), de l’Association franco-y ukonnaise, de l’Aurore boréale, des Essentielles et de la Fabrique d’improvisation du Nord (FIN).
« On envoie l’invitation en moyenne à 120 personnes, alors il y a toujours énormément de bénévoles présents pendant cette soirée ». Le Gala de reconnaissance s’inscrit dans une tradition bien établie dans la communauté franco-y ukonnaise, qui souligne l’engagement bénévole depuis plus de 30 ans. Chaque année, le Gala propose des discours, des mentions et des remises de prix, et offre une occasion mémorable de célébrer les bénévoles de la communauté franco-yukonnaise.
Une soirée sous le thème « Nuit polaire »
Cette année, le thème de la soirée organisée par l’Association franco-y ukonnaise sera « Nuit polaire ». Kayléanne Leclerc raconte : « On fait référence aux températures vraiment froides de cet hiver. On souligne avoir traversé des froids records cette année ». En plus d’un souper offert par Aster, The Nomadic Table, chaque bénévole recevra une carte et un sac de café de Fire Bean Coffee, et courra la chance de remporter plusieurs prix de présence offerts par les commanditaires de la soirée, dont Nordic Hot Springs, la Réserve faunique de Whitehorse, Nuna’s Crafts et Lumel Studios.
Des reconnaissances personnalisées
L’un des moments attendus de la soirée demeure la remise du prix du bénévole de l’année. En effet, chaque année, les membres de la communauté ont la chance de nommer une personne ayant démontré un engagement bénévole remarquable au cours de l’année. Après une évaluation des candidatures soumises, trois finalistes sont mis à l’honneur durant la soirée, le nom de la personne gagnante sera dévoilé en direct et elle recevra un prix personnalisé. « Chaque année, on a un budget pour les récipiendaires des prix de reconnaissance », explique Kayléanne Leclerc. « Je vais voir leurs proches, je découvre leurs intérêts du moment et j’aime faire des cadeaux personnalisés.
C’est bien de donner des certificats-cadeaux, mais c’est toujours agréable de recevoir quelque chose que tu aimes et que tu as envie de recevoir ». Les finalistes de l’année sont Dorothée Tölgyesi, Myriam Bougie et Madeleine Girard.
Une déclaration d’appréciation
Kayléanne Leclerc souligne que le Gala de reconnaissance est un événement particulièrement apprécié au sein de la communauté. « Sur 120 invitations, on a généralement une moyenne de 85 à 95 personnes qui viennent. On a des réponses rapides et un taux de participation assez élevé ».
Au-delà de la participation, l’organisatrice insiste sur l’importance
de mettre en lumière l’engagement bénévole. « Pour moi, c’est un des événements que j’organise qui est le plus important, parce qu’on a une communauté extrêmement généreuse, qui donne énormément de son temps. C’est vraiment grâce au bénévolat que la majorité des événements de l’AFY et de tous les organismes francophones sont un succès. Pour moi, il est donc vraiment important de souligner l’implication des bénévoles chaque année, et c’est l’un de mes moments favoris ». Kayléanne Leclerc partage également que son rôle d’agente de projets lui permet d’être « au cœur de la communauté et de voir à quel point tout le monde se donne », ce qui renforce son attachement au Gala de reconnaissance. De son côté, Kelly Tabuteau, administratrice pour la FIN, rappelle l’importance essentielle des bénévoles pour les activités de l’organisme. « On est une petite organisation, alors les bénévoles, pour nous, c’est vraiment vital. [ ] Sans eux, on ne pourrait pas exister. Donc, c’est vraiment important pour nous de les remercier, de leur montrer qu’ils ont de la valeur, et qu’on a besoin d’eux. »
Le Gala de reconnaissance des bénévoles 2026 aura lieu le 27 mars prochain, au Centre culturel Kwanlin Dün. La soirée s’annonce lumineuse, portée par l’engagement des bénévoles qui réchauffent la communauté tout au long de l’année.
Rébecca Fico, 15 ans, est journaliste en herbe pour l’Aurore boréale.
Les bénévoles responsables de l’ambiance pour la 5 e saison d’improvisation de la Fabrique d’improvisation du Nord. Pour plusieurs organismes, l’engagement bénévole représente un pilier nécessaire à leurs opérations.
Marie-Claude Nault
Être bénévole : de la passion aux occasions de découverte
Aux Jeux d’hiver de l’Arctique, il y a eu des athlètes, des médailles, des épinglettes, des victoires, des rencontres, mais surtout, il y a eu près de 2 000 bénévoles.
Maryne Dumaine
La Semaine nationale de l’action bénévole se tiendra du 19 au 26 avril. Cette semaine a pour vocation d’inspirer l’entraide, la participation citoyenne et de valoriser les talents.
Les organismes franco-y ukonnais prennent un peu d’avance et célébreront les personnes qui donnent de leur temps pour leur communauté le 27 mars prochain, lors du Gala de reconnaissance des bénévoles. C’est une occasion de
Paul Stephen Hébert
remercier les bénévoles, de souligner leur rôle essentiel et d’encourager la relève dans la communauté.
Lors des Jeux, nous avons rencontré quelques-unes de ces personnes pour mieux comprendre pourquoi elles font du bénévolat.
Rebecca Turpin
Mon rôle, c’est d’être stationnée à l’entrée de la section
VIP pour être certaine que les gens qui sont là sont supposés d’être ici. Et je suis aussi la francophone, donc s’il y a des gens qui ont des questions, je peux répondre en français. Je suis bénévole dans le reste de l’année pour les sports que mes garçons font, donc le soccer et le volleyball. Souvent, c’est pour organiser des événements ou être scorekeeper [noter les points] pour des tournois ou organiser le monde qui rentre au tournoi ou organiser les bénévoles, ça dépend. Le bénévolat, c’est important, car… : je crois que pour les sports au Yukon, le bénévolat est nécessaire. Il n’y aurait pas de sports au Yukon sans les bénévoles. Je suis vraiment fière de contribuer à ma communauté, surtout pour les sports que pratiquent mes garçons. Mais je crois que même quand ils arrêteront, je continuerais d’une façon ou d’une autre d’aider pour les sports.
Ici, mon rôle, c’est le service aux spectateurs. Je suis là pour aider les gens à trouver une place ou pour voir s’ils ont le droit d’aller derrière la scène. Je ne suis pas de Whitehorse, je viens de l’Ontario. Je suis venu à Whitehorse pour faire du bénévolat pour les Jeux. Je fais du bénévolat depuis une douzaine d’années. Les Jeux panaméricains, les Jeux olympiques, les Jeux du Canada, les Jeux autochtones d’Amérique du Nord. En anglais, on appelle ça faire du games tourism J’ai eu la chance de venir ici à Whitehorse. Et il y a deux ans, j’ai eu la chance d’aller à Paris pour les Olympiques. Je travaille le soir, mais pendant la journée, je peux aller n’importe où. Comme ici, je peux prendre le bus grâce à mon accréditation, alors je peux visiter Whitehorse. Le bénévolat, c’est important, car… : c’est juste quelque chose que j’aime faire. C’est un plaisir d’être avec les jeunes athlètes parce qu’ils ont beaucoup d’énergie.
Régis St-Pierre
En ce moment, je fais un peu de tout, ce qu’on me dit de faire. Ici, c’est surtout à la station de nourriture. Je m’assure que les gens qui ont le droit de manger peuvent manger. S’il y a quelque chose d’extra à faire, ben je le fais.
Je fais beaucoup de bénévolat, même en dehors des Jeux, j’aime ça. Je fais aussi du bénévolat pour le Festival Adäka. Il y a toujours besoin de bénévoles. Une fois j’ai aidé avec les feux sacrés, d’autres fois, c’est pour faire le recyclage…
Le bénévolat, c’est important, car… : quand je suis arrivé au Yukon, je n’avais rien. Et j’ai eu des enfants qui ont grandi ici, j’ai connu plein de gens, j’ai pu obtenir beaucoup d’aide. C’est ma façon de redonner. Dans la communauté francophone. Mais aussi avec les Premières Nations, c’est encore plus important parce que ça fait partie de la réconciliation. En faisant du bénévolat, tu as la chance de pouvoir avoir de beaux échanges.
Elizabeth Vickers-Drennan
J’habite à Whitehorse depuis plusieurs années. Je suis originaire du Nouveau-Brunswick.
J’aime faire du bénévolat pour les événements sportifs, comme le Klondike Road Relay. C’est tellement le fun, ça donne un bon sentiment de communauté. J’apprécie beaucoup l’opportunité de le faire.
Pour les Jeux, je fais Spectator Services, donc j’aide le monde à s’orienter, être certaine que le monde profite bien et sache où trouver les choses et que tout le monde est à la bonne place.
Le bénévolat, c’est important, car… : c’est grâce à la communauté que ce genre d’événement peut avoir lieu. Ça prend tellement de mains pour faire les plus petites choses, comme organiser les sacoches, jusqu’aux plus grandes choses, comme les gens qui organisent les espaces où les Jeux se produisent. Et c’est le fun en tant que bénévole, mais ça donne aussi la chance à la communauté de vivre quelque chose de spécial.
Amélie Vachon
Je suis bénévole un petit peu partout. J’ai fait du parking, et là, je fais du access control. J’ai aussi fait de la surveillance des salons pour les athlètes. Je me promène, je me promène pas mal. Je suis allée au mont Sima, au CGC et là, je suis à St-Francis pour le tir à l’arc. Je n’ai pas encore eu l’occasion de faire beaucoup de bénévolat, c’est nouveau pour moi. J’en ai fait un peu pour les Jeux du Québec. J’ai décidé de faire du bénévolat, car je voulais découvrir c’était quoi les Jeux de l’Arctique. Je pense que la meilleure façon de comprendre et de découvrir, c’est d’y participer. Ça permet d’être un petit peu partout, de voir comment ça fonctionne, d’être plus proche des athlètes. J’aime vraiment ça.
Le bénévolat, c’est important, car… : je pense c’est important que tout le monde s’entraide. Sans les bénévoles, je crois que les Jeux arctiques n’auraient pas pu exister. C’est un peu comme une roue qui tourne : sans les bénévoles, il n’y aurait pas les Jeux.
D’INCENDIE
Maryne Dumaine
Maryne Dumaine
Maryne Dumaine
Maryne Dumaine
Maryne Dumaine
Examen indépendant du système d’éducation
D’après un communiqué du gouvernement du Yukon
Le gouvernement du Yukon a nommé un comité indépendant composé de quatre membres chargés de réaliser un examen approfondi du ministère de l’Éducation.
Cet examen a pour objectif d’assurer le bien-être à long terme de la population yukonnaise en continuant de mettre les apprenants au centre du système d’éducation.
L’examen, qui fait partie intégrante du mandat du gouvernement, se penchera sur la manière dont le Ministère soutient les apprenants, les familles et le personnel éducatif des trois autorités scolaires du Yukon, ainsi que les personnes qui poursuivent des études postsecondaires et des formations pour adultes.
En examinant ces services essentiels, le comité déterminera ce qui fonctionne bien et les aspects à améliorer. L’objectif de cet examen est de s’assurer que le
Vers un nouveau lotissement à Dawson
système d’éducation du Yukon, de la maternelle à 12e année, demeure juste, réactif et adapté aux besoins du territoire.
Les membres du comité, qui sont issus de l’ensemble du système éducatif et des collectivités du Yukon, ont été sélectionnés pour la diversité de leurs expériences et de leurs perspectives. Les membres sont :
Judith Arnold, qui a mené la conception d’un processus d’examen des établissements et a travaillé avec les écoles, les familles et les Premières Nations pour améliorer la réussite de tous les apprenants.
Gillian Staveley, qui a été membre fondatrice de la First Nation School Board et continue de plaider en faveur de systèmes d’éducation qui font écho aux
savoirs autochtones tout en soutenant la revitalisation des langues.
Greg Storey, qui a contribué à la conception du modèle d’apprentissage expérientiel en milieu rural pour appuyer les possibilités d’apprentissage pratique pour les élèves.
Lorraine Taillefer, qui a soutenu les programmes de français langue première et d’immersion française et a collaboré avec les gouvernements et les communautés scolaires des Premières Nations. Le comité commencera ses travaux immédiatement et recueillera des commentaires pour l’aider à formuler ses recommandations. L’examen devrait prendre environ 12 mois, avec des consultations publiques prévues d’avril à novembre 2026.
Bientôt un nouveau centre de vie saine à Haines Junction
Le gouvernement des Tr’ondëk Hwëch’in et le gouvernement du Yukon ont signé un protocole d’entente pour amorcer le processus d’élaboration d’un plan directeur intergouvernemental visant l’aménagement de quatre parcelles adjacentes à Dawson.
Ce partenariat, une première de ce genre entre les deux gouvernements, « souligne l’importance accordée à la fois au savoir traditionnel des Premières Nations du Yukon et aux approches de planification occidentales », explique le communiqué.
L’entente prévoit une démarche collaborative pour l’aménagement de parcelles sur les terres visées par un règlement des Tr’ondëk Hwëch’in, ainsi que sur des terres adjacentes appartenant au gouvernement du Yukon. Les deux gouvernements ont convenu de travailler sur un plan unique pour un aménagement coordonné et compatible.
Ils se sont également engagés à adopter une approche de planification qui respecte leurs systèmes de gouvernance respectifs et intègre à la fois les connaissances Dënezhu et occidentales. Une consultation publique devrait avoir lieu et devrait permettre aux résidentes et résidents de Dawson et aux Tr’ondëk Hwëch’in d’exprimer leur opinion
au fil de l’avancement des travaux.
« Dawson connaît une forte croissance, et cette initiative intergouvernementale témoigne de la volonté commune des Tr’ondëk Hwëch’in et du gouvernement du Yukon de collaborer pour la planification de l’utilisation future des terres », indique le communiqué conjoint.
Une fois terminé, le plan directeur devrait aborder les options d’utilisation des terres, l’aménagement des routes et des parcelles, les installations, les étapes de l’aménagement, l’étude d’avant-projet, l’estimation des coûts, la gouvernance des terres, la viabilisation des parcelles et les exigences réglementaires.
Un urbaniste-conseil sera choisi dans le cadre du processus de réalisation des ouvrages du gouvernement du Yukon. Les travaux seront dirigés conjointement par le gouvernement des Tr’ondëk Hwëch’in et le gouvernement du Yukon, tandis que la Ville de Dawson fera partie du comité consultatif. Le coût de la planification sera partagé également entre les deux gouvernements.
D’après un communiqué commun du gouvernement des Tr’ondëk Hwëch’in et du gouvernement du Yukon.
D’après un communiqué du village de Haines Junction
Les changements climatiques transforment la vie au Yukon, et les petites communautés sont contraintes de s’adapter rapidement. C’est pourquoi le village de Haines Junction entreprend la construction d’un nouveau centre de vie saine – un projet qui non seulement prévoit d’améliorer la santé et le bien-être de la population locale, mais établira également une nouvelle norme territoriale en matière d’infrastructures écoresponsables dans les municipalités du Nord.
Le centre de vie saine de Haines Junction est un investissement communautaire dans la santé, la culture, les loisirs et la résilience climatique,
conçu pour répondre aux besoins locaux actuels tout en préparant un avenir durable. Le centre remplacera les installations vieillissantes et offrira des commodités modernes, sécuritaires et essentielles aux jeunes, aux personnes aînées et aux familles, notamment un centre aquatique, un espace de conditionnement physique et un espace polyvalent pour le yoga, les cours de conditionnement physique et les rassemblements communautaires.
Développé en partenariat avec les Premières Nations de Champagne et d’Aishihik (PNCA), ce projet témoigne d’un engagement envers la collaboration et la conception participative.
Ce qui distingue ce projet, c’est son orientation vers la résilience climatique. La municipalité s’est
engagée à améliorer l’efficacité énergétique et à réduire les émissions, tant dans la conception que dans l’exploitation, afin de diminuer sa dépendance aux combustibles fossiles et de renforcer la résilience de la communauté. À cette fin, Haines Junction a retenu les services d’un expert en climat et en infrastructures, gratuitement, grâce au programme Services d’infrastructures résilientes au climat (SIRC) de l’Institut canadien d’urbanisme, financé par le gouvernement du Canada.
Le projet étudie également la possibilité d’utiliser le centre comme plaque tournante d’un réseau municipal d’énergie renouvelable, ce qui permettrait de mutualiser les avantages pour l’ensemble des installations communautaires.
Un nouveau centre de vie saine sera bientôt construit à Haines Junction.
Angélique Bernarrd
Archives A.B.
Un protocole d’entente prévoit une démarche collaborative pour l’aménagement de parcelles sur les terres viseés par un règlement des Tr’ondëk Hwëch’in.
Lorraine Taillefer a été directrice générale de la Commission scolaire francophone du Yukon pendant plusieurs années.
Archives A.B.
Les langues du Nord résonnent aux Jeux d’hiver de l’Arctique
Kahina Chouiter – Le Nunavoix
Les Jeux d’hiver de l’Arctique rassemblent des athlètes provenant de nombreuses régions circumpolaires. Au-delà des compétitions sportives, l’événement constitue aussi une rencontre culturelle unique où plusieurs langues du Nord se font entendre, notamment des langues inuites et autochtones qui témoignent de la richesse linguistique de l’Arctique.
À chaque édition des Jeux d’hiver de l’Arctique, de jeunes athlètes et leurs entraîneurs se réunissent pour célébrer le sport et la culture du Nord. Si les compétitions attirent l’attention, les échanges entre les personnes présentes aux Jeux révèlent aussi une réalité moins visible : la grande diversité de langues parlées dans les régions circumpolaires. Des langues inuites aux langues sámi, en passant par l’anglais et le français, les Jeux deviennent un véritable carrefour linguistique.
On a pu l’entendre lors de la cérémonie d’ouverture, durant laquelle le tutchone du Sud et le tlingit — deux des huit langues autochtones présentes au Yukon — ont retenti dans le parc Shipyards de Whitehorse.
Les langues inuites, particulièrement présentes aux Jeux
Dans plusieurs régions participantes, les langues inuites occupent une place centrale dans la vie quotidienne. C’est notamment le cas au Nunavut, où l’inuktitut est largement parlé dans les communautés. Pendant les Jeux, on a pu entendre cette langue dans les conversations entre athlètes, dans les encouragements du public ou lors des activités culturelles.
« J’ai été élevée en inuktitut », explique une jeune joueuse de futsal. « C’est ma langue maternelle et je suis fière de pouvoir l’utiliser durant cet événement qui rassemble des jeunes comme moi. »
Une autre langue de la famille inuite est l’inuinnaqtun, parlée dans certaines communautés de l’ouest du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest. Bien qu’elle partage plusieurs racines avec l’inuktitut, elle possède ses propres particularités.
Parmi les équipes du Groenland, on peut également entendre le kalaallisut, la langue officielle du territoire. Lors des cérémonies et des rencontres culturelles, les délégations groenlandaises utilisent souvent
leur langue pour se présenter et partager leur identité.
Ces différentes langues font partie d’un vaste continuum linguistique inuit qui s’étend à travers l’Arctique, du Groenland jusqu’à l’Alaska.
Une diversité de langues autochtones
Les Jeux d’hiver de l’Arctique rassemblent aussi des participants provenant de régions où d’autres langues autochtones sont parlées.
Dans les Territoires du Nord-Ouest, certaines délégations utilisent des langues de la famille dénée, comme le gwich’in ou le déné.
La région de Sápmi, qui couvre une partie de la Norvège, de la Suède et de la Finlande, envoie également des athlètes aux Jeux.
Plusieurs d’entre eux parlent des langues sámis, dont la plus répandue est le sámi du Nord.
Même si ces langues ne sont pas toujours comprises par toutes les délégations, elles contribuent à créer une atmosphère culturelle unique où chaque région peut partager son héritage linguistique et sa fierté identitaire.
Des langues communes pour communiquer
Avec des populations provenant de plusieurs pays et territoires, certaines langues servent de pont pour faciliter la communication.
L’anglais est évidemment utilisé comme langue commune entre les délégations.
Lors de cet événement d’envergure, le français est également présent. De nombreux éléments de l’organisation ont été traduits en français. Whitehorse compte par ailleurs une importante communauté francophone et figure parmi les villes canadiennes où la proportion de francophones est la plus élevée à l’extérieur du Québec.
« J’aime pouvoir m’exprimer dans plusieurs langues », explique un jeune athlète francophone de ski de fond de l’équipe du Yukon.
« Je vais à l’École Émilie-Tremblay et la plupart de mes amis parlent aussi français, comme à la maison avec mon père, ma mère et ma sœur. » Ce jeune est né au Yukon. Ses parents sont originaires du Québec et sont venus s’installer à Whitehorse il y a quinze ans.
De nombreux élèves sont inscrits en immersion française dans les écoles du Yukon et, dans les rues de Whitehorse, on entend aussi bien l’anglais que le français.
Cette coexistence entre langues autochtones et langues internationales reflète la réalité
linguistique du Nord : un espace où différentes cultures se rencontrent et échangent.
Un espace pour célébrer et préserver les langues
Au-delà des performances sportives, les Jeux d’hiver de l’Arctique jouent aussi un rôle important dans la valorisation des cultures autochtones nordiques. Les cérémonies d’ouverture, les spectacles culturels et les rencontres entre jeunes athlètes offrent des occasions d’entendre et de célébrer plusieurs langues autochtones.
Pour de nombreux athlètes et entraîneurs, c’est aussi une occasion de partager leurs langues avec d’autres jeunes du Nord et de renforcer un sentiment de fierté culturelle.
Dans un contexte où plusieurs langues autochtones sont en processus de revitalisation, ces moments de visibilité contribuent à rappeler l’importance de préserver et de transmettre ce patrimoine linguistique aux prochaines générations.
Dans la grande salle du Centre culturel Kwanlin Dün, les tambours résonnent tandis que les jeunes athlètes, alignés, s’affrontent lors des jeux de mains — ou hand games — dans le cadre des jeux dénés.
de revitalisation sont en cours. Certaines écoles adoptent des noms autochtones, tout comme des rues ou des bâtiments. Dans l’espace public, on voit apparaître de plus en plus de termes et de noms issus des langues autochtones — une réalité également visible lors des jeux dénés durant les Jeux d’hiver de l’Arctique.
Au fil des compétitions et des rencontres, les Jeux d’hiver de l’Arctique rappellent que le Nord n’est pas seulement un espace géographique, mais aussi un territoire de cultures et de langues vivantes. Qu’elles soient parlées depuis des millénaires ou utilisées comme langues communes entre délégations, ces langues participent toutes à l’expérience des Jeux.
Pour les jeunes athlètes, entendre et utiliser leur langue dans un événement international représente bien plus qu’un simple moyen de communication. C’est aussi une manière d’affirmer leur identité et de partager leur héritage culturel avec d’autres peuples du Nord.
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Dans les arénas, les terrains de jeux ou les espaces de rassemblement, les langues se croisent, se répondent et racontent chacune une histoire. Et, tout comme les performances sportives, elles contribuent à faire des Jeux d’hiver de l’Arctique une célébration de la diversité et de la vitalité des cultures nordiques.
FEMMES ENTREPRENEURES
L’arbitre porte une tenue traditionnelle sur laquelle est inscrit « Dadundada’s » dans le dos. On entend répéter des mots tels que « Gunalchéesh » (« merci » en tlingit) et « cho! » (« bien » ou « bravo » en tutchone). Les Jeux d’hiver de l’Arctique deviennent ainsi un espace où certaines langues en danger peuvent être entendues et mises en valeur.
Le défi des langues selon les régions
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Au Nunavut, l’inuktitut est reconnu par le gouvernement canadien et fait partie des langues officielles du territoire depuis 2008. Plus de 60 % de la population du Nunavut est capable de soutenir une conversation dans cette langue. La situation est différente dans plusieurs autres régions du Canada. Au Yukon, aucune langue autochtone n’a encore le statut de langue officielle. Le nombre de locuteurs et locutrices du hän, du tutchone du Sud et du Nord, du gwich’in, du kaska, du tlingit ou encore du tagish demeure très limité.
Toutes ces langues sont aujourd’hui considérées comme menacées, mais des efforts
30 MARS • 17 H 30 À 20 H CENTRE DE LA FRANCOPHONIE
Chaque jour, l’Université du Yukon offrait des épinglettes mentionnant des phrases en tuchtone du Sud. On peut lire ici Jeux d’hiver (à gauche) et Nous nous entraidons
Maryne Dumaine
Célébrer la Journée nationale des langues autochtones
Le 31 mars sera la Journée nationale des langues autochtones. Elle a été créée en 1989 par l’Assemblée des Premières Nations (APN) pour sensibiliser les Canadien·nes aux langues des Premières Nations et souligner le rôle essentiel de la langue dans la préservation de la culture, de l’histoire et de l’identité.
Angélique Bernard
Cette journée souligne l’importance des langues autochtones et encourage les locuteurs et locutrices de langues autochtones, les aîné·es, les gardien·nes du savoir, ainsi que les jeunes de partout au pays à apprendre leur langue maternelle et à l’utiliser dans leur vie. Elle a été célébrée officiellement pour la première fois le 31 mars 1993. Cette journée sert également de rappel de la nécessité de soutenir la réappropriation des langues par les communautés autochtones. Les peuples autochtones au Canada célèbrent cette journée pour rendre hommage à la force et à la résilience de leurs langues et cultures.
La Journée nationale des langues autochtones s’inscrit également dans la Décennie internationale des langues autochtones (20222032), proclamée par l’UNESCO et vise à attirer l’attention mondiale sur la situation critique de nombreuses langues autochtones et à mobiliser les parties prenantes concernées pour la préservation, la revitalisation et la promotion de ces langues.
La situation des langues autochtones au Canada
Le Canada est le foyer de plus de 70 langues autochtones qui transmettent les connaissances, les valeurs, les croyances spirituelles et les traditions des communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis, et ce de génération en génération.
Selon des données de Statistique Canada du dernier recensement de 2021, environ 1 autochtone sur 8 (237 420 personnes) a déclaré parler suffisamment bien l’une des 70 langues autochtones distinctes pour tenir une conversation, ce qui représente 10 750 personnes de moins qu’en 2016. Il s’agit de la première baisse observée depuis que des données comparables ont commencé à être recueillies en 1991.
Toujours selon Statistique Canada, la baisse du nombre de locuteurs et de locutrices d’une langue autochtone s’explique par le fait que moins de personnes ont appris une langue autochtone durant l’enfance et l’ont conservée. En 2021, 184 170 autochtones ont déclaré avoir une langue maternelle autochtone, ce qui représente 14 120 personnes de moins qu’en 2016.
Le site Web du Bureau du commissaire aux langues autochtones présente une carte des centaines de programmes d’apprentissage des langues autochtones qui existent dans le tout le pays, de la petite enfance
aux études postsecondaires : commissionauxlanguesautochtones.ca
Le Yukon compte huit langues autochtones descendant de deux familles linguistiques, l’athabascan et le tlingit : le gwich’in, le hän, le kaska, le tutchone du Nord, le tutchone du Sud, le tagish, le haut tanana et le tlingit. Certaines de ces langues ne sont presque plus parlées, par manque de locuteurs et de locutrices. Beaucoup des Premières Nations du Yukon ont des programmes de revitalisation des langues autochtones.
Le site Web du Yukon Native Language Centre regorge de ressources intéressantes en anglais dans les huit langues autochtones du Yukon à ynlc.ca
Le balado Voir avec des yeux autochtones , sur Oh!dio, animé par Bonnie Lépine-Antoine et Julie Landry, est une invitation à explorer en profondeur les savoirs et les traditions des peuples autochtones à travers des discussions authentiques et enrichissantes.
Langues autochtones non reconnues officiellement
L’année dernière, lors de son allocution dans le cadre de la Journée
nationale des langues autochtones, la Cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations Cindy Woodhouse Nepinak a demandé un soutien accru pour la promotion et la revitalisation des langues des Premières Nations.
« Un financement adéquat constitue la première étape pour permettre aux Premières Nations de prendre le contrôle de la revitalisation de leurs langues. Ces investissements sont nécessaires pour promouvoir les initiatives de revitalisation et inverser le déclin des langues. Le gouvernement du Canada doit prendre des mesures pour mieux mettre en œuvre le Plan d’action national du Canada pour la Décennie internationale des langues autochtones et accroître le soutien qu’il accorde aux Premières Nations afin que ces dernières puissent se réapproprier, revitaliser, maintenir et renforcer leurs langues. »
La Loi sur les langues autochtones a été adoptée par le Parlement du Canada en 2019 et vise la réappropriation, la revitalisation, le maintien et le renforcement des langues autochtones au Canada. Cependant, les langues autochtones au Canada ne sont pas encore reconnues officiellement au pays.
GWICH’IN INUVIALUIT HÄN
La carte des huits langues autochtones du Yukon.
Le programme Moccasin Mobile Outreach du CYFN récompensé à l’échelle nationale
Maryne Dumaine
Le programme Moccasin Mobile Outreach (MMO), une initiative de proximité dirigée par le Conseil des Premières Nations du Yukon (CYFN), vient de voir ses efforts couronnés de succès à l’échelle nationale. Lors du Sommet national de 2026 sur la consommation de substances chez les Premières Nations, tenu à Gatineau au Québec, l’équipe du MMO a reçu le prestigieux Prix de la réduction des méfaits. Cette remise s’est déroulée à l’occasion du 50e anniversaire du Programme national de lutte contre l’abus de l’alcool et des drogues chez les Autochtones (PNLAADA).
Lancé en février 2024, le programme MMO s’efforce de réduire les barrières en allant directement à la rencontre des personnes vulnérables dans le centre-ville de Whitehorse, au moment où elles en ont le plus besoin. Pour la seule année civile 2025, le personnel du MMO a enregistré un total de 22 270 interactions au sein de la communauté. Ces chiffres démontrent le besoin constant d’une présence et d’une intervention après les heures de bureau. Actuellement, l’équipe de terrain compte 19 employé·es issu·es des Premières Nations du
Yukon et d’autres communautés autochtones. Ces personnes fournissent des vêtements chauds, des repas, des boissons chaudes, du matériel de réduction des méfaits, ainsi qu’un soutien culturel et émotionnel. Formées en secourisme, en administration de naloxone et en premiers soins en santé mentale,
ces personnes font le pont entre les individus dans le besoin et les refuges ou les services d’urgence. La Grande Cheffe du CYFN, Math’ieya Alatini, n’a pas manqué de saluer ce travail. « Je suis incroyablement fière de l’équipe derrière le programme Moccasin Mobile Outreach et de la diffé -
rence qu’elle fait chaque jour. Son dévouement, son professionnalisme et son souci des autres sont au cœur de ce travail. »
L’avenir du programme s’annonce tout aussi prometteur. Grâce à de récents financements fédéraux, le CYFN prévoit d’étendre le soutien offert en soirée et les
Langues autochtones : lexique FAMILLE
Ce mois-ci, nous vous proposons quelques phrases simples sur la famille. Vous pourrez retrouver le dialogue avec la prononciation de chacune des phrases grâce aux liens que nous avons ajoutés.
Dialecte Fort McPherson
Hän
Tutchone du Nord
Tutchone du sud
Tagish
Tlingit
Haut Tanana
Dialecte Moosehide
Dialecte Ross River
Dialecte Big Salmon
Dialecte Tàa’an
Dialecte Lacs du Sud
Dialecte Teslin
Dialecte Scottie Creek
shahanh t’iinch’ùu
Jit shëną dinch’e
Esmúmǎ lēt’ē
Dajän ène ech’i
Dazhän ämą äch’e
Eshmą et’ē
Axh tlaâ áwé
Shnąą nt’eh
shitì’ t’iinch’ùu
Jit shëchà’ dìnch’e
Esbúbǎ lēt’ē
Dajän èté ech’i
Dazhän ätà äch’e
Eshtà’ et’ē
Axh îsh áwé
Shtà’ nt’eh
fins de semaine. Toujours dans une approche d’ancrage culturel, le service a d’ailleurs intégré la présence mensuelle d’une accompagnante à la naissance (Bibia Nàtsät), garantissant que l’aide continue de s’adapter aux réalités du terrain. D’après un communiqué du CYFN
Liens pour entendre la prononciation
bit.ly/3F59DaA
bit.ly/3RMtTpd
bit.ly/3PKXUTp
bit.ly/3PJuEwr
bit.ly/3rDz7J0
bit.ly/3tnFTDl
bit.ly/46D1MwQ
bit.ly/3RO8Oe2
C’est ma mère
C’est mon père
Kaska
Gwich’in
La fourgonnette de Moccassin Outreach parcourt les rues de Whitehorse pour aider les personnes dans le besoin.
Archives A.B.
L’équipe de Moccassin Outreach fournit des vêtements chauds, des repas, des boissons chaudes, du matériel de réduction des méfaits, ainsi qu’un soutien culturel et émotionnel.
Archives A.B.
« Va apprendre ta langue » : ces Autochtones qui reprennent le flambeau
Ils et elles n’ont pas dit leur dernier mot. Partout au Canada, des Autochtones (ré)apprennent la langue de leurs ancêtres pour préserver et se réapproprier une culture dont ils et elles ont été privés.
Camille Langlade
« À l’âge de 19 ans, j’ai eu comme un moment où j’ai réalisé que je connaissais très bien c’est quoi être Franco-O ntarienne, mais très peu ce que ça veut dire être Abénakis », témoigne l’autrice-compositrice-interprète Mimi O’Bonsawin, membre de la Nation Waban-Aki, aujourd’hui âgée de 31 ans.
Celle qui a grandi à Sudbury a commencé à suivre des cours de langue abénakise il y a un peu plus d’un an, via Zoom, grâce au Conseil des Abénakis d’Odanak, au Québec.
« J’avais besoin d’un petit push »
C’est en participant au pow-wow de la communauté, il y a deux ans, que l’artiste a franchi le pas. Le cercle des femmes l’a invitée à se joindre à elles. « Je ne connais pas trop les chansons », les a-telle prévenues. « Eh bien, c’est comme ça qu’on apprend », lui ont-elles répondu.
Quelques mois plus tard, lors d’un festival en Australie, Mimi O’Bonsawin confie à un duo de musiciennes autochtones : « Je pense que je vais jamais être capable de chanter dans ma langue. Ça serait tellement beau un jour. » Là encore, les artistes l’ont encouragée : « T’es une chanteuse, c’est comme ça que tu vas l’apprendre, puis c’est comme ça que tu vas la partager. »
« J’avais besoin d’un petit push », admet Mimi O’Bonsawin. Avec l’aide de sa professeure, elle a depuis traduit et composé son premier morceau en langue abénakise, P8gwas, sorti fin octobre 2025.
« C’est devenu viscéral pour moi »
Pascale O’Bomsawin enseigne l’abénakis depuis 2022 avec le Conseil des Abénakis d’Odanak. Cette avocate de formation n’a pas grandi à Odanak, mais elle a toujours gardé des liens avec la communauté. « Le fait d’apprendre la langue me réconcilie avec qui je suis et c’est très important. » Elle aussi a été interpelée un jour par un ainé qui lui a dit, lors d’un cercle de paroles : « Va apprendre ta langue. »
« C’est devenu viscéral pour moi », raconte-t-elle. « C’est comme m’entrainer pour l’ultime Ironman ou l’ultime épreuve olym-
« C’était pour nous une histoire de guérison de recommencer à ce que cette roue-là tourne », témoigne Pascale O’Bomsawin.
pique. Je ne dois pas manquer un cours. J’en fais plusieurs heures par semaine depuis 2018 parce que je me retrouve, je me reconnais là-dedans. » Quand, en 2020, le Conseil lui demande d’enseigner la langue, elle accepte : « Si je disais non, ça allait s’arrêter là, il allait manquer un professeur. »
« Je le fais avec beaucoup d’humilité parce que moi, je ne suis pas une locutrice. Je n’ai pas grandi dans un milieu où il y avait des locuteurs. »
Insécurité linguistique
« Il y a des gens qui veulent connaitre la langue, mais il y en a peu qui ont la formation pour l’enseigner. Parfois, il est difficile pour les locutrices et locuteurs fluents en tłıch o de demander de l’aide parce qu’ils peuvent se sentir gênés de ne pas être capables de lire et d’écrire la langue », remarque, pour sa part, Cecilia Wood, interprète et enseignante de la langue tłıcho au Collège Nordique à Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest.
« De plus, beaucoup de personnes de la jeune génération peuvent la comprendre, mais ne la parlent pas », ajoute-t-elle.
« L’insécurité linguistique est souvent un enjeu réel », complète la directrice de la formation et de l’enseignement au Collège, Rosie Benning.
L’établissement postsecondaire francophone s’attache à créer un environnement propice à l’apprentissage. « On fait des efforts de rigoler ensemble, de jouer à des jeux, pour faciliter l’apprentissage et le rendre plus ludique », détaille-t-elle.
« C’était énorme, excitant et bouleversant »
La pandémie a marqué un véritable tournant en démocratisant l’accès à l’enseignement grâce à la visioconférence.
« L’offre de cours est plus importante », indique le directeur général du Conseil des Abénakis d’Odanak, Daniel G. Nolett. « On est rendu à quatre, alors qu’avant la pandémie, on donnait un cours de langue par semaine, en présentiel. »
Au Collège Nordique, la participation aux cours de tłıcho ne faiblit pas, au contraire. « Lorsque nous avons commencé le programme, nous avions 16 étudiants la première année », rapporte Rosie Benning. Grâce à son partenariat avec le gouvernement tłıcho, l’établissement a rejoint plus de 600 personnes étudiantes depuis 2016.
Grâce à l’enseignement à distance, Cecilia Wood échange même avec un couple basé… au Michigan et à Washington. « C’est tellement unique que nous puissions faire ça », se réjouit-elle.
« À l’époque, on n’avait pas ce genre de choses, les gens devaient parcourir de longues distances en traineau à chiens pour se rendre dans la communauté voisine afin de discuter et faire des rencontres. »
Les cours sont donnés en anglais, en français et en tłıcho, parfois en pleine nature. « Au lieu d’attendre la leçon 7 pour apprendre la météo, on apprend dans un contexte réel. Quand il fait froid, on dit edza dìì », illustre Rosie Benning.
Alyson McMullen coordonne depuis Toronto l’apprentissage des langues autochtones pour l’organisme à but non lucratif The Outdoor Learning School and Store, basé en Colombie-Britannique. Sa famille a grandi à Ottawa, mais ses ancêtres viennent d’une communauté crie du nord de l’Ontario.
« Dans les cours de langue crie que je suivais, il y avait peut-être 25 personnes. Je ne savais donc pas à quoi m’attendre en organisant tout ça, mais nous avons eu 800 inscriptions pour le premier cours. C’était énorme, excitant et bouleversant. » Cela fait deux ans que l’organisme propose ces séances.
« Nous avons des parents qui se joignent avec des enfants très jeunes, pour que leurs enfants puissent être exposés à la langue. C’est magnifique. »
Processus de guérison
Pour la plupart des apprenants et apprenantes, il s’agit aussi de réparer quelque chose qui s’est brisé dans leur famille. « Ma grand-mère, du côté de mon père, dans sa jeunesse, vivait avec ses parents en parlant le cri. Puis, elle a été retirée de son foyer et elle a perdu sa langue et, avec elle, les savoirs et les traditions cries », révèle Alyson McMullen.
Le grand-père de Pascale
O’Bomsawin connaissait aussi la langue abénakise, mais elle ne l’a jamais entendue la parler. Son père ne lui a pas transmis, mais il s’est ensuite inscrit à un cours. Il n’a jamais manqué une séance, jusque sur son lit d’hôpital.
« C’est notre façon de décoloniser », dit-elle.
« Je me dis qu’il ne faut pas lâcher, parce que chaque inscription qu’on a, c’est déjà un Abénakis de plus qui suit la langue, qui apprend la langue et qui se retrouve dans un processus de guérison […] C’est un moyen de se réapproprier ce qui nous a été enlevé. »
« Je pense que je vais être étudiante de cette langue pour ma vie entière, parce que c’est tellement une langue compliquée, confie de son côté Mimi O’Bonsawin, qui ressent aussi un certain « syndrome de l’imposteur. » Mais comme le lui rappelle son enseignante : « Ce n’est pas de notre faute si notre langue a été perdue dans une ou deux générations. Donc d’avoir ce partage-là de guérison, je trouve que c’est vraiment puissant. » Les personnes allochtones peuvent aussi suivre certains cours, en payant. « C’est un beau mélange. Les peuples dénés du Nord-Ouest ont l’expression “Sois fort comme deux personnes” […] On a aussi des personnes qui habitent ici et voient cela comme un acte de vérité, de
réconciliation, par respect pour la langue, pour les peuples et la terre sur laquelle ils habitent », souligne Rosie Benning au Collège Nordique.
« Pas une langue morte »
Car, comme le rappelle Alyson McMullen, les langues autochtones portent bien plus que des mots : « Elles viennent de la terre, et il y a tellement d’informations sur le territoire dans ces langues, des informations que l’anglais ne peut pas transmettre. »
« Je ne veux vraiment pas dire que c’est une langue morte parce qu’on est encore là et il y a plein de monde qui fait du travail incroyable à garder notre langue », appuie Mimi O’Bonsawin.
Elle cite notamment Sigwanis Lachapelle , membre de la communauté d’Odanak, qui publie sur TikTok des capsules vidéos autour de l’abénakis.
Pascale O’Bomsawin abonde dans le même sens. « Il faut prêcher par l’exemple d’être un modèle. Ça donne de l’énergie. » Et de la vie. Francopresse – IJL
« Des ainés m’ont dit que “Si vous voulez savoir qui vous êtes en tant que Cri, vous devez apprendre votre langue’’, confie Alyson McMullen.
Trouver des enseignants et des enseignantes
Un des défis des organismes qui offrent des cours de langues autochtones demeure de trouver des personnes pour les enseigner.
« Quand des organismes veulent offrir des cours de langues, ils nous envoient des personnes qui parlent couramment la langue et on travaille ensemble pour les former en didactique des langues », soulève Rosie Benning, directrice de la formation et de l’enseignement au Collège Nordique.
« Elles apportent la connaissance profonde et vivante de la langue en tant que locutrices et locuteurs, et j’offre des stratégies et des outils pédagogiques pour soutenir l’apprentissage », explique-t-elle.
Fournie
Fournie
La réconciliation au cœur des Jeux d’hiver de l’Arctique
Une activité sur la réconciliation s’est tenue le 10 mars au Centre culturel Kwanlin Dün durant les Jeux d’hiver de l’Arctique.
Angélique Bernard
Lhech’I Dün K’e, qui signifie « comme un seul peuple », est le nom qui a été donné par l’aînée Hazel Bunbury du Conseil des Ta’an Kwäch’än à cette journée de vérité et réconciliation qui a rassemblé les gens dans un esprit de réflexion, d’apprentissage et d’unité.
Une journée prévue depuis plus de six ans
En 2020, Nyla Klugie-Migwans était vice-présidente de l’engagement communautaire et du comité du protocole pour les Jeux d’hiver de l’Arctique 2020 à Whitehorse. Elle avait prévu des activités sur la réconciliation pendant ces Jeux qui ont dû être annulés en raison de la pandémie de la COVID-19. En 2023, le comité international des Jeux d’hiver de l’Arctique a adopté la tenue de la première journée sur la réconciliation aux Jeux de Wood Buffalo, en Alberta. Nyla Klugie-Migwans y avait participé.
L’appel à l’action 91, c’est quoi?
À la suite du travail de la Commission de vérité et de réconciliation qui a parcouru le pays pendant six ans pour entendre les témoignages de survivant·es des pensionnats, un rapport final en six volumes, incluant les 94 appels à l’action, a été publié en décembre 2015. Ces appels à l’action recommandent des stratégies concrètes pour faciliter le processus de guérison en reconnaissant l’histoire et l’impact des pensionnats et en créant des systèmes pour éviter que ces abus ne se reproduisent.
L’appel à l’action 91 « recommande aux hauts dirigeants et aux pays d’accueil de manifestations sportives internationales, comme les Jeux olympiques, les Jeux du Commonwealth et les Jeux panaméricains, de veiller à ce que les protocoles territoriaux des peuples autochtones soient respectés et à ce que les collectivités autochtones locales participent à tous les aspects de la planification et de la tenue de ces événements. »
Quelques actions concrètes
Cette année, la Société hôte des Jeux d’hiver de l’Arctique s’est
assurée que les Premières Nations ont fait partie des cérémonies d’ouverture et a offert son appui pour l’organisation de la journée de vérité et de réconciliation du 10 mars.
« Les Jeux d’hiver de l’Arctique 2026 sont fiers d’honorer cette journée pour apporter des changements positifs dans les sports, la culture et la communauté, et pour continuer à éduquer les gens à l’importance de la réconciliation », a mentionné Tracey Bilsky, présidente de la Société hôte.
La journée du 10 mars a donc commencé par une cérémonie de purification. Des politicien·nes y ont réitéré leur engagement envers la réconciliation et des membres du comité sur la vérité et la réconciliation des Jeux ont parlé de l’importance d’avoir des discussions sur ces sujets. Le public était par la suite invité à rencontrer d’autres personnes et à discuter de ce qui se fait dans leurs régions en matière de réconciliation.
L’équipe mobile 91 s’est déplacée durant la semaine des Jeux pour informer et éduquer les gens sur leur engagement possible envers la réconciliation. Shirley Dawson en faisait partie. L’équipe a lancé un concours en ligne et distribuait des épinglettes, des biscuits et de la viande séchée locale, durant les Jeux et les cérémonies, suscitant ainsi les questionnements au sujet de l’appel à l’action 91. Le but était simple : interpeller, faire découvrir et éduquer.
La mascotte, partie prenante de l’exercice Pour cette édition des Jeux, le comité sur la vérité et la réconciliation s’est associé avec la mascotte des Jeux, Michael J. Fox, pour joindre le plus de gens possible. « C’est quand même très excitant, parce que c’est seulement la deuxième fois qu’une telle activité était organisée durant les Jeux. Nous voulions faire preuve de créativité
dans la façon de faire passer nos messages. Nous ne voulions pas rester assises dans le fond d’une salle et attendre que les gens viennent vers nous. Le fait de nous déplacer avec la mascotte nous a permis également d’être plus actives durant les Jeux », ajoute-t-elle.
Mme Dawson se dit très satisfaite de l’accueil que le comité international des Jeux d’hiver de l’Arctique et la Société hôte des Jeux d’hiver de l’Arctique lui ont
fait, et affirme apprécier le fait d’avoir eu le champ libre pour les activités.
« C’est une bonne façon de responsabiliser les gens à en apprendre plus sur le sujet. La réconciliation n’est pas un sujet facile à aborder. C’est très lourd. Donc, en allant à la rencontre des gens, en expliquant le sujet et ce qu’ils et elles peuvent faire, c’est une façon active de faire avancer la réconciliation », conclut Shirley Dawson.
Appel à l’action 91
La Commission de vérité et réconciliation a été créée en 2008 et, pendant six ans, les membres de ce groupe ont rencontré des personnes des Premières Nations qui sont allées les écoles résidentielles.
En 2015, cette Commission a publié un grand rapport en six parties. Ce rapport faisait aussi 94 « appels à l’action », c’est-à-dire des recommandations pour que la réconciliation soit concrète. Depuis, le gouvernement du Canada travaille avec les peuples autochtones pour s’assurer que les appels sont mis en action, et ne restent pas juste écrits sans être mis en œuvre. Ces appels à l’action proposent des solutions concrètes pour aider à la guérison. Ils visent à reconnaître le mal qui s’est passé dans les pensionnats et à éviter que de tels abus se reproduisent.
L’appel à l’action 91 demande aux dirigeants et aux pays qui organisent de grands événements sportifs internationaux (comme les Jeux olympiques) de respecter les territoires des peuples autochtones. Il demande aussi que les communautés autochtones locales soient impliquées dans l’organisation de ces événements sportifs.
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Le groupe Selkirk Spirit Dancers fait son entrée dans la longue salle du Centre culturel Kwanlin Dün.
Angélique Bernard
Ici, la francophonie s’enrichit et s’épanouit
Santé
Le Partenariat communauté en santé du Yukon (PCS) a été invité à présenter une conférence conjointement avec les réseaux santé des Territoires du Nord-Ouest et de l’Alberta sur la santé et le mieux-être des personnes immigrantes dans le cadre du colloque pour les RIF des Prairies et du Nord qui s’est tenu à Yellowknife du 24 au 25 février. Le PCS a aussi participé à un panel sur la collaboration entre les RIF et les fournisseurs de services démontrant l’intersectionnalité entre santé, emploi, éducation et immigration.
Faire briller la diversité culturelle dans les écoles francophones
La Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) et son service d’aide aux familles issues de l’immigration, avec sa travailleuse en établissement dans les écoles (TÉÉ), a invité tous ses membres à partager une photo de leur pays d’origine. L’objectif était de faire briller la diversité culturelle. Six pays différents ont été représentés sur la fresque qui a pu être partagée dans l’Aurore boréale.
Quatre albums en plusieurs exemplaires ont pu être offerts lors de la Semaine nationale de l’immigration francophone. Ces livres pourront servir de support pour aborder les questions liées à l’immigration en partant des histoires vécues par les personnages ou inspirer la création de poèmes sur le sujet.
Le CSSC Mercier a également mis à l’honneur la richesse de la diversité culturelle, de façon gourmande, en organisant un potluck multiculturel. Dix participant·es ont fait découvrir des mets savoureux de France, d’Angleterre, de l’Allemagne, du Québec, du Brésil, de la Belgique et même de la Biélorussie.
La Communauté francophone accueillante (CFA) a proposé une activité extérieure le samedi 14 février dans le cadre de sa série hiver en fête. Quinze personnes ont participé et ont pu s’essayer à la marche en raquettes et faire des glissades en trottinettes des neiges avant de terminer par un moment de réseautage autour d’un chocolat chaud.
Saviez-vous que?
Seize activités ont été proposées par la CFA en 2025-2026!
Des activités pour découvrir, s’informer et profiter de l’hiver
La Communauté francophone accueillante du Yukon (CFA) continue d’offrir des occasions de rencontre afin de favoriser l’intégration et les échanges au sein de la communauté francophone.
Au cours des derniers mois, près de 75 personnes ont participé aux activités proposées par la CFA.
Un groupe de discussion sur le thème de l’hiver a été proposé en partenariat avec le PCS et le service d’établissement de l’Association franco-yukonnaise.
La CFA a également proposé deux soirées découvertes, qui ont rassemblé près de 50 participantes et participants. Organisées notamment dans le cadre de la Semaine nationale de l’immigration francophone, elles ont permis de découvrir différentes cultures, dont le Brésil et la région française de la Haute-Savoie.
Grâce à ces activités variées, la Communauté francophone accueillante continue de créer des espaces d’échange et de rencontre, favorisant l’intégration et la découverte culturelle pour les membres de la communauté.
Une belle façon de célébrer la diversité et de renforcer les liens au sein du Yukon francophone.
PCS
Santé et culture : renforcer l’équité
Le PCS et les Essentielles ont organisé une journée au sujet de la réduction des iniquités en santé en lien avec la culture :
● Intervention culturelle en milieu de santé et services sociaux en partenariat avec l’Institut universitaire SHERPA, qui détient une expertise en immigration francophone.
● Sécurité culturelle en santé dans un contexte de décolonisation de soins offerte par l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT).
La journée s’est clôturée par un témoignage de Monique Levesque sur l’intersectionnalité entre l’éducation et la santé en contexte d’autochtonie au Yukon et la présentation du film « Sewâtsiwn - ils sont sacrés » de la cinéaste abénaquise Kim O’Bomsawin.
Aide à l’emploi
Les services d’aide à l’emploi se sont rendus en Belgique, en Tunisie et en France pour promouvoir le Yukon et recruter de la main-d’œuvre qualifiée d’expression française pour des postes vacants à Whitehorse, Haines Junction et Dawson. Au total, nos intervenant·es ont rencontré un peu plus de 850 personnes. Ces activités étaient organisées en collaboration avec le Forem (Belgique) et dans le cadre de Destination Canada Forum Mobilité (Tunisie, France).
Test d’évaluation du français
Le service Formation de l’AFY loue désormais un nouvel espace dédié aux sessions de TEF, situé au centre-ville. Les personnes intéressées peuvent ainsi trouver des disponibilités pour passer le test dans un délai d’environ une à deux semaines. Depuis le début de l’année 2026, 22 personnes ont déjà pu passer leur test.
Saviez-vous que?
Vous venez d’arriver au Yukon? Votre famille a le droit à six mois d’abonnement numérique à l’Aurore boréale, gratuitement. Conseil : pour vous-même, ou à offrir à votre famille restée loin, comme une fenêtre sur votre nouvelle vie.
Les Essentielles fournissent des services du quotidien aux femmes francophones du Yukon
Les nouvelles arrivantes qui habitent en cabine sèche peuvent bénéficier gratuitement, au local des Essentielles, d’une douche, d’une laveuse-sécheuse et d’un espace de travail, avec accès Internet, salle confidentielle et café illimité!
Les Cong’Elles sont des repas congelés sains pour toutes les femmes franco-yukonnaises ainsi que des aîné·e·s. Chaque mois, plus d’une cinquantaine de personnes bénéficient de ces repas, dont des personnes nouvellement arrivées au Yukon. Le but des Cong’Elles est de réduire la charge mentale.
Tout quitter et découvrir un territoire inconnu peut être intimidant; cela l’est d’autant plus lorsqu’on ne connaît personne. Les Essentielles organisent toutes les semaines des événements culturels, sportifs ou de formation. De belles occasions de faire des rencontres et de créer du lien social.
Salon du livre
En décembre, la CSFY a organisé le Salon du livre. De très beaux livres et jeux pour tous les gouts et tous les âges ont inspiré des choix de cadeaux en français pour le temps des fêtes. Des livres inspirants sur l’immigration, la diversité et l’inclusion y étaient d’ailleurs présentés.
Les membres du RIFY sont :
Bienvenue à Laure!
Laure Dutruel a officiellement pris la coordination du Réseau en immigration francophone du Yukon (RIFY) en janvier. Avec un parcours nomade et une expérience riche dans les domaines du tourisme, de l’accueil et de la coordination de projets, elle apporte une vision ancrée dans la création de liens et la mobilisation collective.
Ayant vécu et travaillé sur plusieurs continents, elle a évolué dans des environnements multiculturels où l’adaptation, la gestion de situations complexes et la création de ponts entre les personnes étaient essentielles. Elle connaît les défis liés à l’arrivée dans un nouvel environnement et l’importance de l’accueil et du soutien de la communauté locale.
Son mandat : accompagner les membres, encourager la collaboration et renforcer l’impact de nos actions.
Avec énergie et ouverture, Laure est déterminée à contribuer activement à l’accueil et à l’épanouissement des nouvelles personnes francophones dans la région.
Outiller notre communauté
Des conférences ont été proposées aux parents de l’École Émilie-Tremblay. Animés par Geneviève Boileau, formatrice certifiée en communication non violente, ces ateliers ont rassemblé plus de 40 parents pour aborder des sujets importants dans le développement relationnel et affectif de l’enfant. « Remplir son réservoir affectif » et « Intimidation, rejet, conflits, popularité : comment accompagner votre enfant? » peuvent être particulièrement aidants pour les enfants et les parents nouvellement arrivés dans nos écoles, qui vivent parfois d’importants défis émotionnels.
Le RIFY favorise la collaboration et la concertation entre ses membres pour cultiver une communauté florissante et accueillante pour
les personnes immigrantes francophones.
Maryne Dumaine
CSFY
174 ulus pour l’équipe du Yukon
Les Jeux d’hiver de l’Arctique ont apporté de la fierté et le sentiment de faire partie d’une grande équipe. Équipe Yukon a décroché 57 ulus d’or, 65 ulus d’argent et 52 ulus de bronze. Athlètes, bénévoles, dignitaires, équipe organisatrice, commanditaires et médias ont contribué au succès de cet événement tant attendu sur le sol yukonnais.
Charlie-Rose Pelletier a interprété l’hymne national bilingue du Canada lors de la cérémonie de clôture des Jeux. William Pacaud y a interprété trois compositions en français. Les membres de circassiens du Yukon faisaient aussi partie des célébrations.
et un ulu de bronze dans deux disciplines des sports arctiques.
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Quelques heures pour vous, une grande différence pour eux.
Dorothy Dallaire durant sa routine dans l’épreuve de patinage artistique. Dorothy s’est placée en 4e position.
L’échange d’épinglettes a une fois de plus suscité un engouement général, souvent mentionné comme la discipline non officielle des Jeux.
Augustin Greetham a remporté un ulu d’argent
Gabriel Thomson, numéro 21, et l’équipe de basketball masculin du Yukon ont disputé des parties serrées et ont remporté le ulu de bronze.
Angélique Bernard
Caroline Thibault a échangé son manteau du Yukon pour un, très prisé, de l’équipe du Nunavik. L’échange des uniformes est une des traditions des Jeux.
Angélique Bernard
Angélique Bernard Maryne Dumaine
Angélique Bernard
Maryne Dumaine
Maryne Dumaine
L’équipe de gymnastique du Yukon a remporté un ulu d’or.
Maryne Dumaine
Près de 2 000 bénévoles, juges et arbitres ont contribué à l’événement.
de futsal féminin U18 du Yukon a remporté le ulu
féminin du Yukon.
La gouverneure générale du Canada, Mary Simon, et son mari, Whit Fraser, ont assisté aux épreuves de jeux arctiques.
Lilou Lefebvre a fait partie de l’équipe féminine de volleyball du Yukon qui a remporté un ulu d’or pour la première fois depuis 1972.
Événement marquant le 50 anniversaire du e musée George-Johnston
Financement de projets rassembleurs
L’équipe féminine du Yukon des jeux dénés a remporté un ulu de bronze aux jeux de mains.
Le Fonds de développement communautaire appuie les projets qui renforcent le paysage culturel, économique et social du Yukon.
Le financement peut être utilisé pour une variété de projets, notamment :
Construction de nouvelles installations
Activités et programmes communautaires
Rénovation ou restauration de bâtiments et de terrains
Perfectionnement des connaissances et des compétences
Recherche et planification
Date limite pour les projets de 20 000 $ à 75 000 $ : 15 avril
Infos : yukon.ca/fr/fdc
L’équipe masculine de volleyball du Yukon a remporté le ulu d’argent.
Angélique Bernard
L’équipe de hockey masculin U15 du Yukon a remporté le ulu d’argent, après une partie chaudement disputée contre le Nunavut. Evan Cyre était la capitaine de l’équipe de hockey
Angélique Bernard Angélique Bernard
Maryne Dumaine
Maryne Dumaine Maryne Dumaine
Maryne Dumaine
L’équipe
d’argent.
Maryne Dumaine
Maryne Dumaine
Facebook/Team Yukon
Des membres de l’équipe de badminton du Yukon.
Maryne Dumaine Carl Turcotte
de vitesse.
Maryne Dumaine
Angélique Bernard
L’équipe de ski alpin a remporté de nombreux ulus.
La mascotte Michael J. Fox a participé pleinement aux Jeux. Il faisait également partie de l’équipe média, en tant que marionnette pour le Ulu News
Financement pour la croissance et la diversification en affaires
Le Fonds de développement économique finance des projets générant des retombées économiques à long terme pour la population et les collectivités du Yukon.
Le financement peut être utilisé pour des initiatives qui : favorisent l’innovation et la planification en entreprise; soutiennent l’expansion et la diversification économiques; ouvrent de nouveaux marchés et attirent des investissements.
Date limite pour les demandes de 30 001 $ à 100 000 $ : 15 avril
Écrivez à edf@yukon.ca pour discuter de votre projet.
Infos : yukon.ca/fr/fde
Léon TM Borlase a remporté cinq ulus en planche à neige. Leo Spiers Leung a remporté un ulu de bronze.
L’équipe féminine U18 de futsal a remporté le ulu d’argent. L’équipe masculine U18 a remporté un ulu d’or.
et venteuse. L’équipe du Yukon a remporté plusieurs ulus.
L’équipe de ski de fond du Yukon a remporté un ulu d’argent en sprint freestyle U14, garçons, et un ulu de bronze au 3,75 sprint U14, garçons. L’équipe pose avec la mascotte Michael J. Fox.
Rowan Tor Hagen Wallace était l’un des plus jeunes athlètes de la délégation du Yukon. Âgé de seulement 12 ans, il participait aux compétitions de tir à l’arc.
masculine de curling a remporté un ulu d’or.
du Yukon lors d’une partie de
table mixte.
Tracey Bilsky, la présidente de la Société hôte des Jeux d’hiver de l’Arctique, a souhaité un bon retour à la maison aux participant·es. La gouverneure générale Mary Simon a aussi adressé un mot lors de la cérémonie de clôture. Elle a également assisté à une épreuve de sports arctiques et remis les ulus d’or de futsal U16.
Team Yukon/Sarah Lewis Team Yukon/Sarah Lewis
Team Yukon/Sarah Lewis
Zara Zedda et Mahée Patera Marchand durant une course en raquettes très froide
Facebook/Team photo
Angélique Bernard
Angélique Bernard Maryne Dumaine
Facebook/Team photo
Maryne Dumaine
Maryne Dumaine
Maryne Dumaine
L’équipe
tennis de
Équipe Yukon
Maryne Dumaine
Angélique Bernard
L’équipe
Maryne Dumaine
Quelles sont les origines des jeux dénés et des sports arctiques?
Les Jeux d’hiver de l’Arctique sont tout à fait uniques et ancrés dans les cultures du Nord. Les jeux dénés et les sports arctiques font partie des épreuves emblématiques de ces jeux qui tirent leurs origines dans le mode de vie des Inuits et des populations autochtones de l’Arctique. Voici un aperçu de ces épreuves autant historiques que culturelles.
Nelly Guidici
Jeux dénés
Jeux de mains
Dans les jeux de mains, deux équipes s’agenouillent sur le sol, face à face. Les équipes jouent à tour de rôle celui de l’équipe active, qui doit cacher des jetons dans ses mains, dissimulées sous une couverture. Traditionnellement, des percussionnistes (drummer) jouent pour donner la cadence aux équipes. Une fois les jetons cachés, l’équipe adverse doit deviner dans quelles mains ils se trouvent. Le jeu de mains peut être joué par un nombre illimité de personnes, mais chaque équipe (l’équipe qui « cache » et l’équipe qui « devine ») doit avoir un pointeur de chaque côté. Ce sport d’équipe, également connu sous le nom de stick gambling, est l’un des jeux les plus répandus parmi les nations dénées. Contrairement à de nombreux autres jeux dénés qui impliquent les capacités physiques, les jeux de mains étaient des jeux de devinettes joués pour le plaisir ou à des fins commerciales. Les groupes de chasseurs pariaient des armes, des outils et des couvertures sur le résultat du jeu.
Tirer le bâton
Cette discipline est un sport traditionnel déné, et consiste pour deux participants à tenir au centre un bâton (20 centimètres) entièrement recouvert de graisse, puis à tenter de l’arracher à son adversaire. Comme beaucoup d’autres sports arctiques et dénés, il trouve son origine dans la pêche sur glace. Le bâton graisseux met à l’épreuve la prise des participants et s’apparente à tenir un poisson par la queue. Lorsqu’ils ne pêchaient pas sur la glace, les pêcheurs dénés s’entrainaient de cette façon afin d’améliorer leur prise et de mieux tenir les poissons qu’ils attrapaient. Cela leur permettait également de s’entrainer à attraper des poissons à mains nues. La graisse d’ours était traditionnellement utilisée pour le stick pull, mais, dans les compétitions de haut niveau d’aujourd’hui, on utilise de la graisse alimentaire. Poussée de tronc (Pole Push) La poussée de tronc est un jeu identique au tir à la corde, dans lequel les participants, répartis en équipes, tiennent un tronc
ramener sa main tendue au sol, rétablissant ainsi son équilibre sur ses deux mains sans qu’aucune autre partie de son corps ne touche le sol.
et tentent de pousser l’équipe adverse au-delà d’une marque définie dans la neige (marque orange). Chaque équipe de quatre joueurs saisit les extrémités opposées du tronc, dont le centre est positionné au-dessus du point central du cercle marqué.
Le pole push trouve son origine dans la vie quotidienne des camps autochtones de l’Arctique, où il servait d’entrainement physique et de divertissement général. Cette activité est connue chez les Dénés, où elle servait d’entrainement physique pour les préparer à transporter des canoës en bois sur de longues distances.
Sports arctiques
Coup de pied avec les deux pieds
À partir d’un départ arrêté ou en courant, l’athlète saute à pieds joints, frappe une balle en peau de phoque suspendue, avec n’importe quelle partie d’un pied, puis atterrit de manière contrôlée sur ses deux pieds. Bien qu’un seul pied doit toucher la balle, les deux pieds (du bout des orteils) doivent être à la même hauteur.
Tout comme le coup de pied à un pied, la variante à deux pieds était traditionnellement utilisée pour signaler une chasse réussie dans la toundra ou sur la glace.
Toucher d’une main
Au départ, l’athlète utilise ses deux bras pour soutenir et équilibrer tout son corps au-dessus du sol, un coude replié contre le corps. Il soulève ensuite une main du sol et tend le bras pour toucher une balle suspendue. L’athlète doit ensuite
De très belles performances pour les territoires aux Jeux d’hiver de l’Arctique
Les Jeux d’hiver de l’Arctique à Whitehorse se concluent sur un bilan remarquable pour les athlètes des trois territoires. Entre exploits sportifs et célébrations culturelles, la semaine a mis en lumière la vitalité et la solidarité des délégations circumpolaires.
Nelly Guidici
Les Jeux d’hiver de l’Arctique à Whitehorse ont, une fois de plus, été la célébration de performances sportives pour les athlètes des trois territoires. Mais, il n’y a pas que le sport qui a été célébré durant cette semaine forte en émotions. L’amitié et les liens culturels forts qui unissent les délégations de l’Arctique circumpolaire ont brillé autant lors des épreuves que pendant les performances culturelles.
La gouverneure générale du Canada, Mary Simon, est venue assister à la dernière épreuve des sports arctiques le 13 mars. Elle a remis plusieurs médailles et félicité les athlètes de haut niveau. Gerald Kisoun, commissaire des TNO, était également présent à Whitehorse et a suivi plusieurs épreuves, dont le hockey et les jeux dénés.
Il était présent le 13 mars, auprès
de Mme Simon, pour remettre les médailles, notamment un ulu d’or, à Veronica McDonald, originaire de Fort Smith.
À l’issue des compétitions, le Yukon a récolté 174 médailles, dont 57 en or, et se trouve juste derrière l’Alaska qui, comme en 2024, a gagné le plus de médailles avec 227 ulus, dont 78 en or. Les TNO repartent avec 98 médailles, dont 41 en or. Le Nunavut termine la semaine à la 6e place avec un total de 55 médailles, dont dix en or.
Le Yukon s’est placé sur la plus haute marche du podium lors des épreuves de ski alpin, de planche à neige et de biathlon. Les TNO ont brillé aux épreuves de patinage de vitesse, aux jeux dénés et aux sports arctiques. Le Nunavut s’est particulièrement distingué aux épreuves de lutte et au hockey. Douze du total de leurs médailles ont été remportées durant les épreuves de lutte.
Traditionnellement, le jeu à une main était pratiqué à l’intérieur pendant l’hiver afin de développer et de maintenir la force, l’équilibre, l’agilité et la concentration. Connexion arctique est une collaboration des cinq médias francophones des trois territoires canadiens : les journaux L’Aquilon, L’Aurore boréale et Le Nunavoix, ainsi que les radios CFRT et Radio Taïga.
Veronica McDonald de Fort Smith a remporté l’or aux épreuves de kneel jump (saut avec un départ à genou) et arm pull. Elle est montée sur le podium avec sa fille à l’issue de la dernière journée des épreuves.
Nelly Guidici
Cet athlète de l’Alaska a réussi à toucher la balle en peau de phoque.
Nelly Guidici
Cette épreuve trouve son origine dans la pêche sur glace. Le bâton graisseux met à l’épreuve la prise des participants et s’apparente à tenir un poisson par la queue.
Nelly Guidici
L’équipe des TNO affronte l’équipe du nord de l’Alberta à l’épreuve du pole push.
Nelly Guidici
Penser l’immigration francophone à long terme
Réuni à Yellowknife les 24 et 25 février, le Forum régional des Réseaux en immigration francophone des Prairies et des Territoires du Nord-Ouest a mis en lumière les défis propres au Nord.
Cristiano Pereira– L’Aquilon
Le Forum régional des Réseaux en immigration francophone (RIF) des Prairies et des Territoires du Nord-Ouest s’est déroulé le 24 et 25 de février à l’hôtel Explorer de Yellowknife, avec un message clair : l’immigration francophone doit être pensée à long terme et en lien étroit avec les réalités du Nord.
Les interventions de la ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Emploi des Territoires du NordOuest, Caitlin Cleveland, et de la présidente de la Fédération franco-ténoise, Sophie Gauthier, ont donné le ton dès l’ouverture. Dans son allocution, Caitlin Cleveland a rappelé l’apport historique des communautés francophones.
Miser sur la concertation
Se présentant, en français, comme « fière Ténoise », la ministre a mis de l’avant le rôle des Réseaux en immigration francophone, affirmant qu’ils « jouent un rôle essentiel en tant que catalyseurs des efforts de consultation, de coordination et d’action collective ». Mme Cleveland a décrit le RIFTNO comme « un mécanisme solide et efficace de collaboration entre le gouvernement territorial et la communauté francophone ». Selon elle, ce travail de concertation permet d’échanger sur les programmes et services du GTNO et de « cerner les lacunes afin d’allier nos efforts pour nous améliorer. » Elle a rappelé que cette mobilisation a contribué à orienter des décisions concrètes, notamment la création du volet francophone du Programme des candidats des Territoires du Nord-Ouest, qui soutient des travailleurs qualifiés bilingues ayant une offre d’emploi valide.
Le défi de la rétention
La ministre est également revenue sur l’enjeu de la rétention, qu’elle a qualifié de « l’un de nos plus grands défis ». S’établir durablement dans le Nord exige, selon elle, « de solides perspectives d’emploi, un accès adéquat aux services et un véritable sentiment d’appartenance ». Pour les francophones, cela implique aussi de « rester ancrés dans un écosystème francophone dynamique. »
De son côté, la présidente de la Fédération franco-t énoise, Sophie Gauthier, a accueilli les participantes et participants en soulignant la portée régionale du forum, qui réunit des acteurs du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta et des Territoires du
Nord-Ouest. Elle a rappelé que le thème de l’édition 2026 « résonne particulièrement dans un contexte où nos communautés font face à plusieurs défis. »
Des enjeux communs
Parmi ces défis, elle a cité « l’accès au logement », « la pression sur les services » et « les réalités nordiques et rurales », ainsi que « des changements systémiques qui peuvent accentuer les tensions ou les incertitudes liées à l’immigration ». Ces enjeux, a-t-elle dit, « nous rappellent l’importance de l’inclusion, du dialogue et de la collaboration. »
Pour Sophie Gauthier, le forum constitue « un espace essentiel » pour « mieux comprendre les enjeux », « partager des pratiques », « se soutenir » et « imaginer ensemble des solutions adaptées à nos réalités et aux besoins des personnes immigrantes ». Elle a aussi
souligné l’importance des liens avec les communautés autochtones et des partenariats intersectoriels.
Un bilan positif
Selon les organisateurs, l’édition 2026 du forum a réuni plus de
50 participantes et participants provenant des Prairies et des Territoires du Nord-Ouest. Les échanges ont également permis le lancement du calendrier-guide
La Réconcili-Action au rythme des saisons, un outil visant à soutenir la réflexion et les pratiques
en matière de réconciliation, développé avec l’accompagnement d’Ever Good Medicine. Les organisateurs y voient une étape supplémentaire pour renforcer la collaboration entre les réseaux, les organismes communautaires et les partenaires gouvernementaux.
Juliette Ramain et Gabriel Héraud : le Yukon, pour voir autre chose
Depuis quand êtes-vous au Yukon et qu’est-ce qui vous a amenés au territoire?
Nous sommes arrivés au Yukon en novembre 2023. Juliette avait déjà passé un été ici durant son stage de fin d’études. Après avoir fini nos études au Québec, nous avions envie de voir autre chose et d’améliorer notre anglais. Juliette a trouvé un emploi au Centre nordique de Whitehorse, alors nous avons décidé de venir, sans idée précise pour l’avenir.
À quels défis avez-vous dû faire face dans votre installation et votre intégration?
Gabriel : Le plus gros défi pour moi depuis notre arrivée est de trouver un emploi dans mon domaine, en tant que technicien en ressources naturelles, malgré mon diplôme canadien et mon expérience.
Se faire des amis est également un défi, même si l’on rencontre beaucoup de monde. En plus de la barrière de la langue, nous avons tous les deux des emplois qui nous empêchent souvent d’assister à des événements en soirée ou le weekend, donc on se retrouve souvent à faire des sorties juste à deux.
Comment vivez-vous votre francophonie yukonnaise?
Juliette : Dans mon travail, je parle énormément en français. Je dirais que c’est moitié-moitié. Il y a beaucoup de francophones dans la communauté de ski de fond et les visiteurs sont toujours agréablement surpris de pouvoir être servis en français. Si, au départ, j’étais timide de parler avec mon accent français, aujourd’hui, j’en suis fière. Gabriel : Mon premier travail était multilingue avec d’autres col-
lègues venant d’ailleurs, ce qui a rendu mes débuts dans le monde du travail anglophone un peu plus simple. Actuellement, je travaille en
anglais, mais mes collègues sont compréhensifs avec mon accent et certains d’entre eux comprennent même le français.
Ce publireportage vous est proposé par l’Association franco-yukonnaise en partenariat avec l’Aurore boréale. Il a été réalisé grâce à l’appui financier d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada dans le cadre de l’initiative de la Communauté francophone accueillante de Whitehorse.
Originaires de France, Juliette Ramain et Gabriel Héraud ont d’abord étudié au Québec avant de s’installer au Yukon.
Juliette Ramain
Juliette Ramain
Diana Romero, ancienne coordonnatrice du Réseau en immigration francophone du Yukon, a facilité le panel sur la collaboration entre les RIFs et les fournisseurs de services.
Laure Dutruel
formation@afy.ca
867-668-2663
Service formation de l’Association franco-yukonnaise
Formation linguistique Français/Anglais
• Français langue seconde
• Anglais langue seconde
Tests & certi cations linguistiques
• Test d’Évaluation de Français
• Diplôme d’Études en Langue Française
Développement professionnel et personnel
• Formations
• Conférences
• Ateliers
Promotion et accompagnement aux études
• Information sur les programmes postsecondaires en francophonie canadienne
• Service gratuit de surveillance d’examen
Troubles du langage : des outils inadaptés pour les enfants francophones bilingues
Détecter les troubles du langage chez les enfants bilingues, notamment les francophones en contexte minoritaire, reste un défi. Faute de ressources et d’évaluations adaptées, certains pourraient être mal diagnostiqués, alertent des chercheuses.
Inès Lombardo et Lê Hai Huong Vu – Francopresse
Lors d’un panel tenu en juin 2025 à Ottawa, dans le cadre du colloque « Pouvoir des langues, langues du pouvoir », trois professeures de l’Université Laurentienne ont dressé le même constat : les normes permettant d’évaluer le développement du langage chez des enfants francophones en situation minoritaire sont inadaptées, voire inexistantes.
« À l’heure actuelle, il n’y a pas de dépistage qui permet de prédire si les enfants en âge préscolaire vont avoir des troubles de développement du langage (au scolaire) », affirme la professeure agrégée à l’École d’orthophonie de la Faculté d’éducation et de la santé de l’Université Laurentienne, à Sudbury, en Ontario, Roxanne Bélanger.
C’est pourquoi elle a cherché à multiplier les outils dans le cadre de ses recherches, en auditionnant des enfants bilingues : dix dont le
Trois professeures de l’Université Laurentienne ont affirmé que, sur quatre périodes d’âge différentes de la vie, les dépistages et outils mis à disposition pour détecter les troubles du langage chez les enfants ne sont pas adaptés à la réalité des communautés en contexte minoritaire.
Le « casse-tête » de l’évaluation
D’après elle, il manque « une stratégie d’identification précoce sur l’emploi de gestes qui tienne compte de la complexité du développement de l’enfant, surtout au sein des communautés linguistiques minoritaires. »
« Il y a peut-être des concepts qui ne sont pas universellement pertinents ou transposables », ajoute la professeure.
Selon elle, l’emploi de gestes pourrait dépendre de la langue, avec à la clé des différences culturelles. Mais faute de recherche pour les langues minoritaires, c’est encore un « casse-tête » d’évaluer des enfants qui changent de langue en fonction du contexte majoritaire.
au développement du langage », pointe encore Roxanne Bélanger. Sa collègue, Michèle MinorCorriveau, également professeure agrégée à l’École d’orthophonie de l’Université Laurentienne, relève que les enfants bilingues ont longtemps été évalués dans leur langue dominante.
Inès Lombardo
Pour Roxanne Bélanger, il serait possible de détecter des complications au niveau du langage dès l’âge préscolaire, mais les ressources manquent.
français était la langue dominante et 36 dont c’était l’anglais.
Les gestes comme
« outils de dépistage »
Selon Roxanne Bélanger, l’emploi des gestes chez les enfants d’âge préscolaire, de 1 à 5 ans, reste un « indicateur du développement langagier et cognitif. »
« [Les gestes] sont accessibles, ils sont culturellement robustes et indépendants du vocabulaire. [Ils] demeurent donc un outil de dépistage et d’intervention dans les communautés où les enfants sont surtout exposés à une langue minoritaire. Les gestes permettent de surveiller le développement du langage sans [avoir]
recours au vocabulaire dans la langue majoritaire. » Agir sur le développement des gestes à l’âge préscolaire en amont permettrait d’éviter « une cascade de difficultés », remarque-t-elle.
Cette situation concerne les enfants issus d’un foyer où ils sont exposés à une ou à plusieurs langues minoritaires, de manière plus ou moins constante, « ce qui peut influencer la vitesse puis la nature du développement langagier », souligne-t-elle.
Les premiers résultats de ses recherches ont permis à la professeure de confirmer que, lorsqu’un dépistage est effectué à 36 mois, il est possible de prédire et de corriger l’apparition d’éventuels troubles à 70 mois.
Services d’appui à la recherche d’emploi au Yukon
Conseils et information sur le marché du travail
Rédaction, révision, traduction de CV
Préparation à une entrevue d’embauche
Tutorat en anglais
Accès à un espace de travail
On peut vous aider!
L'Association franco-yukonnaise offre ces services gratuitement aux personnes résidant au Yukon.
« Puis, en français, on n’a pas le choix, [on doit utiliser] des outils qui sont traduits », déplore-t-elle, soulignant l’incertitude quant à leur fiabilité.
« Parfois, les orthophonistes s’appuient sur des outils conçus en France ou au Québec, ce qui ne reflète pas non plus la réalité des communautés de langue officielle minoritaire », souligne-t-elle.
« Attentes culturelles différentes »
L’autre défi reste, selon Roxanne Bélanger, qu’« il y a souvent une quantité inégale d’exposition aux différentes langues, ce qui peut influencer la communication gestuelle et orale. »
Pour la professeure, la langue majoritaire « domine » l’environnement direct des médias : à l’école, lors des activités extrascolaires ou communautaires.
« Ça influence vraiment la motivation de l’enfant et la capacité à apprendre la langue minoritaire. Et les quelques recherches qui ont eu lieu auprès des langues minoritaires ont montré qu’il peut y avoir des attentes culturelles différentes face
« Quand on a commencé en tant qu’orthophoniste, on avait des gens qui résistaient au fait qu’on devait évaluer l’élève en français en milieu minoritaire », témoigne-t-elle. « Or, les normes actuellement en place restent inadaptées », insiste-t-elle, « puisque 80 % des élèves ne répondent pas aux critères exigés. » Autre souci : le fait de penser qu’un enfant a un trouble du langage, alors que ce n’est pas le cas. « On va parfois soit suridentifier un trouble quand en fait [les enfants] sont tout simplement en voie d’acquisition de la langue seconde. Donc c’est sûr que lorsqu’ils sont en train d’apprendre une langue seconde, ils n’auront pas des scores comparables à un enfant monolingue », soulève Chantal Mayer-Crittenden, professeure dans la même faculté que les deux autres chercheuses.
La présidente du panel, Chantal MayerCrittenden, affirme que les orthophonistes finiront par créer leurs propres outils, notamment pour évaluer les enfants francophones en contexte linguistique minoritaire.
En entrevue avec Francopresse, Julie Boissonneault, coorganisatrice et cofondatrice du colloque international Langue et Territoire, explique la raison d’être de l’événement. « Il a été créé d’abord et avant tout par intérêt [pour les langues]. »
« Il vise aussi à offrir un espace d’échange entre des disciplines qui s’intéressent à des enjeux similaires », poursuit-elle.
Julie Boissonneault confirme qu’il s’agissait de la dernière édition du colloque, principalement en raison du décès en 2023 d’un des cofondateurs, Ali Reguigui, professeur de linguistique à l’Université Laurentienne.
Freepik
Inès Lombardo
Un forum printanier sur la biodiversité
Signe du printemps qui approche, le Forum sur la biodiversité revient les 27 et 28 mars. Cet évènement annuel met en valeur le travail fait en écologie au territoire et se veut un lieu de partage et d’inspiration. D’abord mis sur pied comme une rencontre formelle de scientifiques, le forum s’adresse maintenant à un large public.
L’évènement, organisé conjointement par l’Université du Yukon, le ministère de l’Environnement du Yukon et différents acteurs du milieu, a lieu depuis le début des années 2000. Cette année, la majorité des présentations auront lieu au Centre culturel Kwanlin Dün le samedi 28 mars de 9 h à 16 h. Denny Bohmer, biologiste coordonnateur du Centre de données sur la conservation des espèces du Yukon et organisateur principal du forum indique qu’« il s’agit là d’une opportunité unique de se mettre à jour sur la santé des écosystèmes au Yukon. »
À quoi s’attendre
cette année
Des membres du Service canadien de la faune viendront présenter les résultats de leurs travaux sur la faune ailée du Yukon. On pourra notamment y entendre parler de comportements migratoires et de nidification de l’hirondelle de rivage au Yukon, de la migration de la maubèche des champs entre la Béringie et l’Argentine, ainsi que du statut précaire du bécassin roux. Cette équipe présentera aussi sur le relevé des oiseaux de rivage par écoute dans la région du versant nord du Yukon.
Quelques présentations auront aussi trait à la mesure et au suivi de l’impact des activités humaines sur l’environnement. Par exemple, Austin Zeller, de la Wildlife Conservation Society, fera une présentation sur l’impact cumulatif des activités minières sur les oiseaux nicheurs du nord de la boréalie, révélant les bénéfices de la réclamation et de la végétalisation. Aussi, Wes Moir, de l’Université
Une présentation en l’honneur de Lori Schroeder
de la Saskatchewan, parlera des macroinvertébrés benthiques comme indicateurs de la santé des écosystèmes aquatiques à travers les résultats de ses travaux faits en collaboration avec la Première Nation des Na-Cho Nyäk Dun. Ceux et celles ayant à cœur la connaissance, la préservation et la mise en valeur des ressources halieutiques ne seront pas en reste puisque Jonathan Lowey, de EDI, traitera d’indications de fraie du touladi dans la rivière Kathleen, alors que cette espèce est plutôt connue pour frayer en lac.
L’allocution d’ouverture sera donnée par la Dre Isla Meyers au Gold Rush Inn le 27 mars dès 18 h 30. Dre Meyers travaille notamment à Qikiqtaruk (Île Hershell) dans le nord du Yukon et est affiliée avec l’Université de la Colombie Britannique. M. Bohmer mentionne que les travaux de cette chercheuse « peuvent aider à comprendre, prévenir et s’adapter à l’impact des changements climatiques. » Cette présentation sera donnée en l’honneur de Lori Schroeder, botaniste membre de la communauté scientifique yukonnaise décédée tragiquement en 2021. L’évènement est organisé par l’Institut des sciences du Yukon, dont elle a été coordonnatrice.
Comme dans tout bon évènement public, il y a aussi de la place pour des théories moins conventionnelles. Par exemple, cette année, une présentation sera donnée affirmant l’indigénéité d’une plante commune de la pharmacopée européenne, soit la matricaire odorante.
M. Bohmer lui-même présentera les résultats du bioblitz 2025, ainsi qu’une mise à jour de la liste des espèces du Yukon. L’inscription est suggérée, et le programme complet du forum peut être consulté sur le site du comité organisateur, au yukonu.ca/ research/projects/biodiversity-working-group-annual-forum
Faire de la place à la relève
Une place particulière est accordée à la relève. Que ce soit par une affiche ou une présentation formelle, plusieurs étudiantes et étudiants de l’Université du Yukon présenteront les résultats de leurs travaux. M. Bohmer insiste que l’inspiration de jeunes carrières est une composante essentielle de la mission du forum.
M. Bohmer indique qu’aucune présentation n’est prévue en français cette année. « Nous ne l’avons pas offert, car il n’y a pas eu de demande. Mais, à ma connaissance, il n’y a pas de restriction
formelle donc ce serait éventuellement possible ». Les questions peuvent toutefois être acceptées et répondues dans la langue de leur choix par les francophones. Par le passé, des avancées ont été faites quant à l’inclusion et la représentation des savoirs autochtones. Par exemple, en 2024 avec une présentation mettant en lumière la perspective dite de « double regard ». Peu importe la perspective ou le sujet chouchou, la venue du Forum sur la biodiversité du Yukon se veut le signal de rassemblement de toute la communauté des sciences environnementales du Yukon. Place au printemps!
Venez célébrer la Semaine Sainte et la belle Fête de Pâques avec nous!
Dimanche le 29 mars à 12h (midi)
Messe du Dimanche des Rameaux
Cathédrale Sacred Heart (4e et Steele)
Vendredi le 3 avril à 12h (midi)
Vendredi Saint : La Passion du Seigneur
Cathédrale Sacred Heart (4e et Steele)
suivi à 14 h du Chemin de la Croix
au Camping de Wolf Creek
Dimanche le 5 avril à 12h (midi)
Célébration de la Messe de Pâques
Cathédrale Sacred Heart (4e et Steele)
« Christ est ressuscité ! Alléluia ! Alléluia ! »
Michel Duteau
Le cypripède jaune est une orchidée qui n’avait historiquement été répertoriée au Yukon que dans les monts Ogilvie. Depuis 2025, sa présence est maintenant confirmée dans le sud du Yukon.
Denny Bohmer
Le bécassin roux est une espèce menacée au Yukon.
Daniel Irons, eBird
Lori Schroeder, en l’honneur de qui l’allocution d’ouverture est donnée cette année.
Santé mentale : des outils numériques pour pallier la pénurie de soins
Face à des listes d’attente qui s’allongent et à un accès inégal aux soins en santé mentale, le numérique s’impose comme une solution d’appoint, notamment pour les francophones en situation minoritaire. La Société Santé en français (SSF) a fait le point sur la cybersanté mentale au Canada lors d’un webinaire tenu le 4 février.
Camille Langlade, Francopresse
« Nous sommes en 2026 et le constat est clair : la demande en santé mentale dépasse toujours l’offre traditionnelle. La pandémie a non seulement exposé, mais amplifié les lacunes de notre système de santé », a amorcé Louis Moubarak, gestionnaire principal des affaires extérieures et des relations francophones à la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC).
Le spécialiste a brossé un portrait succinct de la cybersanté mentale au pays avant de répondre aux questions des participants et des participantes.
La cybersanté mentale désigne l’utilisation des technologies numériques pour fournir des soins et de l’information en matière de santé mentale.
Elle inclut, entre autres, les applications pour téléphones intelligents, les portails d’information en ligne, les dispositifs de réalité virtuelle, la coordination des parcours de soins, la prévention, l’autogestion, la téléconsultation ou l’entraide.
Intégrer la cybersanté dans le système
Face à une demande exponentielle et des listes d’attente qui ne cessent de s’allonger, la technologie peut apporter un début de solution. « Elle permet de franchir les barrières géographiques et temporelles », note Louis Moubarak.
La CSMC a élaboré la première stratégie nationale de cybersanté mentale au pays afin de structurer cette discipline et la rendre accessible à toute la population. « La cybersanté mentale doit faire partie intégrante du système [de santé]. »
« Les données montrent que les solutions numériques peuvent être aussi efficaces que les traitements en personne et souvent plus rapides », commente le spécialiste.
Il rappelle que ce système doit inclure les principes IDEA (Inclusion, Diversité, Équité, Accessibilité) et des contenus adaptés culturellement, notamment pour les communautés autochtones.
La CSMC recommande en outre la création d’une plateforme nationale, à l’image de l’initiative Head to Health en Australie, un service
d’aide en santé mentale gratuit.
« Il est essentiel que le public et les professionnels aient accès à un guichet unique de ressources fiables », résume Louis Moubarak.
Les outils de santé mentale numérique permettent de rejoindre des populations qui se trouvent isolées géographiquement des centres de soins, mais aussi les minorités linguistiques, car ils peuvent proposer des services dans plusieurs langues.
Populations isolées
Parmi les obstacles à la santé mentale numérique, Louis Moubarak identifie, entre autres, « la réticence ou le manque de confiance des cliniciens. »
« La recommandation clé est de développer et intégrer des compétences en cybersanté mentale dans les programmes de formation initiale et continue. Une personne professionnelle doit savoir quand et comment intégrer un outil numérique, évaluer son efficacité et assurer une prise en charge éthique. »
L’accès à la technologie peut également représenter un défi pour certaines populations, notamment
celles vivant en milieu rural. Si des personnes ne disposent pas d’un accès Internet suffisant pour utiliser des outils en ligne, Louis Moubarak les encourage à se rendre chez leur pharmacien ou leur pharmacienne.
« Dans certains centres, on peut avoir accès à un ordinateur pour pouvoir faire une session de télésanté », ajoute-t-il.
ChatGPT n’est
pas un psychologue
Le spécialiste a tenu à rappeler que l’intelligence artificielle ne saurait remplacer des professionnels de la santé. « ChatGPT n’est pas un psychologue. »
« Il ne faut pas prendre à la lettre ce qui est proposé par un robot. Ça reste un outil. » Il conseille plutôt l’utilisation d’applications comme ChillTime ou Mindshift, qui proposent des séries d’exercices (en anglais et en français) pour réduire son anxiété.
« Ces applications font attention et stockent leurs données d’une façon sécuritaire et confidentielle. Vos données ne sont partagées avec personne, alors qu’avec ChatGPT, on ne sait
pas où nos données vont se ramasser finalement. »
Désamorcer une crise
Louis Moubarak souligne que la cybersanté mentale sert avant tout à désamorcer une crise et « trouver immédiatement de l’aide ». Mais cela ne remplace pas un rendez-vous en présentiel.
En cas d’urgence, la ligne fédérale téléphonique 988, gratuite et disponible 24 h/24, permet aux personnes ayant besoin d’un soutien immédiat d’obtenir de l’aide, soit en parlant à un psychothérapeute ou en étant redirigées au centre de crise le plus proche, par géolocalisation.
Le spécialiste invite plutôt les francophones en situation minoritaire à choisir l’option de parler à un professionnel en français en ligne, sinon, « vous allez vous ramasser à parler en anglais. »
« Le principal pour désamorcer une situation en santé mentale, c’est de parler à quelqu’un de ce qu’on ressent », insiste-t-il. Cela peut être à un ami, un collègue ou tout simplement quelqu’un de confiance. Francopresse – IJL
La tour Ei el célèbre en n les femmes scienti ques!
Les noms de 72 femmes de science seront gravés en lettres dʼor sur la tour Eiffel, à Paris! Ils sʼajouteront aux noms de savants masculins qui y sont déjà inscrits depuis la construction du monument, en 1889. Découvre ces femmes incroyables qui ont changé le monde de la science!
Sur le premier étage de la tour Eiffel, on retrouve déjà 72 noms d’hommes scientifiques. Ces savants ont marqué l’histoire de la France des années 1700 avec leurs découvertes scientifiques en mathématiques, en chimie, en physique et en médecine. Le seul problème : aucun nom de femmes savantes n’est gravé sur la tour Eiffel! Pourtant, des femmes ont aussi réalisé des découvertes importantes. L’idée d’ajouter des savantes sur la tour est d’abord venue d’un étudiant en histoire, en 2021. La mairesse de Paris, Anne Hidalgo, a accepté le projet, en collaboration avec l’association française Femmes et Sciences. L’objectif est de mettre en valeur le travail des femmes dans les domaines scientifiques souvent dominés par les hommes.
L’association Femmes et Sciences s’est basée sur trois critères pour faire son choix : les femmes devaient être françaises ou avoir travaillé en France, être nées après 1789, mais
être décédées, et avoir permis des avancées scientifiques. L’association a retenu 72 noms, exactement le même nombre d’hommes déjà inscrits sur la tour! Les travaux pour graver ces noms auront lieu d’ici 2027.
Je te présente deux des savantes dont le nom sera gravé sur la tour Eiffel! Tu en connais peut-être déjà une…
Marie Curie
: 1867-1934
Elle a découvert de nouveaux éléments invisibles à l’œil nu, appelés le radium et le polonium, qui ont fait avancer la médecine. Grâce à ses recherches en chimie et en physique, elle a gagné deux prix Nobel.
Sébastienne Guyot : 1896 -1941
Diplômée d’une prestigieuse école d’ingénierie de Paris, elle devient ingénieure d’aérodynamique. Passionnée d’aviation, elle décide d’apprendre à piloter, ce qui est rare pour une femme à cette époque. Également grande sportive, elle a été championne de France en cross-country. Elle a même participé aux Jeux olympiques de 1928.
À ton tour : de quelles personnes importantes aimerais-tu voir le nom inscrit sur un monument?
Mai Durette Poulin – As de l’info
Plusieurs applications mobiles existent pour apprendre à gérer son stress et son anxiété en attendant de rencontrer un professionnel de santé.
Vitaly Gariev – Unsplash
La renaissance de la diversité génétique des koalas
Agence Science-Presse
Des populations de koalas jadis menacées de disparition dans certaines régions de l’Australie montrent une capacité surprenante de « renaissance génomique », un concept nouveau, qui suggère la possibilité pour des animaux de récupérer une diversité génétique qu’on croyait perdue.
Des stratégies de conservation de l’espèce avaient été mises en place et ont effectivement conduit à un accroissement du nombre de koalas dans cet État — près d’un demi-million aujourd’hui. Mais ce succès était confronté à un problème : la population réduite de 1920 avait pour conséquence une plus faible diversité génétique — ce qui, en biologie, signifie une vulnérabilité accrue aux éléments extérieurs, comme une épidémie ou des changements climatiques.
Or, dans une étude des données génomiques de 418 koalas répartis dans 27 popula -
L’origine du problème remonte à un siècle : des millions de koalas ( Phascolarctos cinereus ), ces marsupiaux qui ne vivent qu’en Australie, avaient à l’époque été tués pour leur fourrure, les amenant au seuil de l’extinction. Au début des années 1920, dans l’État de Victoria, il restait moins de 1 000 individus.
tions, des chercheurs de l’Université de Sydney en Australie ont constaté que la croissance rapide de ces populations s’est accompagnée d’une croissance de la « recombinaison génétique » — un phénomène par lequel l’ADN des deux parents est réparti différemment chez leurs rejetons. Concrètement, cela veut dire que la génération suivante peut avoir des séquences génétiques différentes de celles des parents augmentant du coup la diversité génétique. Le concept est suffisamment inédit pour que cette étude se soit mérité la page couverture de la revue Science du 5 mars.
La stratégie de repeuplement a manifestement joué un rôle : ailleurs en Australie, des populations de koalas qui ont vu leur nombre diminuer en raison des pertes d’habitats et de la fragmentation de ces derniers voient également décliner leur diversité génétique. « Chez des populations en déclin », commente le coauteur Collin Ahrens,
il y a moins d’opportunités pour se reproduire, « ce qui signifie que les gènes ne sont pas capables de faire de nouvelles recombinaisons aussi rapidement. » Lien vers l’article original : sciencepresse.qc.ca/actualites-scientifiques/2026/03/09/ renaissance-diversite-genetique-koalas
Connais-tu les langues autochtones et leur poésie?
Kuei! (Bonjour!) Savais-tu que le 31 mars, cʼest la Journée nationale des langues autochtones?
Il sʼagit dʼun moment quʼon prend chaque année pour honorer et faire connaître les langues des premiers peuples du Canada.
Clémence Tessier – As de l’Info
Pour l’occasion, j’ai parlé avec Andrée
Levesque Sioui. C’est une artiste qui fait partie de la nation huronne-wendat. Elle m’a parlé de son amour pour les langues autochtones. À mon tour de te le transmettre!
L’importance de préserver les langues autochtones
Au Canada, plus de 70 langues autochtones sont encore parlées par les Premières Nations, les Métis et les Inuits. Mais, selon l’UNESCO, elles risquent de disparaître si elles ne sont pas protégées.
« Contrairement à beaucoup d’autres langues dans le monde, les langues autochtones n’ont presque pas changé avec le temps, car elles n’ont pas été mélangées avec d’autres langues. Elles sont restées proches de ce qu’elles étaient à l’origine », me raconte Andrée.
Pour elle, parler sa langue, c’est garder vivant tout un monde : ses traditions, sa culture et la façon dont son peuple voit la nature et la vie. « Nos langues autochtones reflètent notre façon de voir le monde. En langue wendat, par exemple, tous les mots sont au féminin! Pourquoi? Parce qu’autrefois, les femmes étaient au cœur de la société et prenaient les grandes décisions », ajoute-t-elle.
Des langues poétiques
Les langues autochtones racontent aussi des histoires à travers leurs mots. Par exemple, en wendat, « tihchion » signifie « étoile » et « tihchiont » signifie « fraise ». Si tu remarques bien, ces mots n’ont qu’une lettre de différence. Ils sont similaires parce qu’ils partagent une histoire : la fraise est considérée comme un fruit venu du ciel, et ses grains, comme des étoiles, sont à l’extérieur du fruit.
Le mot baleine, lui, se dit « tsonnhowänenh », ce qui se traduit par « qui a une longue vie. »
Le mot « ora’wan’ », qui signifie tournesol, est un des mots préférés d’Andrée. Il a aussi une signification importante dans la culture wendate. L’huile de tournesol y est utilisée dans un rituel. Afin de rendre hommage à un être important, on lui huilait les cheveux lors des cérémonies sacrées. C’est un geste de gratitude et de connexion avec l’autre.
Comment faire pour garder les langues autochtones vivantes?
De plus en plus, des écoles et des organismes autochtones enseignent la langue de leur nation aux enfants. C’est la base de la survie de leurs langages. Selon Andrée, les allochtones devraient aussi s’y intéresser. « Apprenez des mots dans la langue de la nation qui se trouve près de chez vous, intéressez-vous à leur culture, à leurs traditions », propose-t-elle. Il y a par exemple plusieurs festivals et pow-wow qui offrent l’occasion de rencontrer des membres des communautés autochtones, d’apprendre de leurs coutumes et de célébrer ensemble leur histoire et leurs valeurs.
Extrait du poème Le Festin des Vivants, d’Andrée Levesque Sioui « Onywawenda’
Les langues autochtones ne sont pas à prendre
Elles sont à apprendre Pensons à elles
Comme à des êtres vivants
Qu’on veut fréquenter un peu, beaucoup, souvent
Savoir ce qu’elles voient
À ton tour : Toi, connais-tu des mots autochtones? Aimerais-tu qu’on t’en apprenne à l’école?
Les deux pieds sur la bavette du poêle
Yves Lafond
Les deux pieds sur la bavette du poêle, j’aspirais à la tranquillité que nos hivers peuvent nous offrir comme elles le faisaient du temps de nos aïeux. Je pensais bien qu’affronter ces blizzards dans ces températures extrêmes, c’en était terminé pour moi. J’étais plutôt à tenter de me remettre en selle afin de reprendre les projets abruptement cancellés avant les fêtes à cause d’un bouleversement familial. J’avais calculé que la période des fêtes utilisée à faire le vide total afin de m’adapter à cette nouvelle normalité était terminée. Il était maintenant temps de reprendre le collier.
Le téléphone a sonné. Numéro privé. « Allo? » Pas de retour de salutations à l’autre bout. Seulement une voix qui dit : « Tu as déjà le transport de propane jusqu’à Inuvik? » « Euuuuhh, ouais. Pourquoi?? » « Tu pars demain ». « La route est fermée, mais Inuvik est en train de manquer de gaz. Ils ne pourront plus se chauffer ». J’allume enfin : « Merde! C’est le tigre ». Il reprend : « Le gouvernement va escorter les trucks de propane à travers le blizzard. Pas de restrictions sur les heures de conduite. C’est une urgence. J’envoie trois trucks . Vous partez demain. T’es mieux d’être là ». Clic.
Non, mais c’est quoi ce charabia? Me semblait que le nouveau contracteur chargé d’approvisionner la ville (qui, soit dit en passant, ne se chauffe qu’au propane), avait les choses bien en main. Me semblait, me semblait, mais là, on dirait ben que me semble pus.
le temps que je fonçais dans les blizzards sans penser. Ou était-ce l’inconscience? Probablement. Là, j’ai pu rien de tout ça. J’ai la chienne. Mais vaut mieux pas trop y penser parce que c’est ça qui risque de me faire oublier des trucs essentiels à ma survie.
« Le conducteur et son camion doivent établir une relation afin de savoir s’ils peuvent se faire confiance l’un envers l’autre. »
Calvaire de calvaire. Que c’est que je fais? Je pourrais aller débouler l’escalier du balcon et me casser une jambe. Ou mieux : je vais aller rentrer dans un char de police et finir en prison sans rien me casser. Ah pis d’la schnouk! Le tigre m’a déjà fait des faveurs. C’ta mon tour. Pis, à part ça, faveur pas faveur, Inuvik a besoin. Faut y aller. Pis même pas le temps d’y penser longtemps. Je me lève, mets mes bottes pis ma capine, pis je m’en vas dans la shed glacée ramasser mes deux boîtes à highway Tape , vaisselle, ustensiles, poêle, réfrigérateur, flashlight et tout le nécessaire minimum à une ride de truck dans la toundra. Mettant les boîtes dans mon véhicule avant d’aller prendre ma poche à vêtement de survie, je me demande si je ne suis pas en train de m’effondrer par le manque de courage qui me guidait dans
Parlant de ça. Mes outils. Il faut surtout pas les oublier. Ça pourrait faire la différence entre la vie et la mort. Bon! Là il va falloir que j’arrête de mettre la mort à tout bout de champ dans ma réflexion. Ce qui me titille un p’tit peu, c’est que comme par hasard, je jonglais à un thème pour une nouvelle histoire. Le héros ou l’héroïne irait sortir cet aventurier de sa tanière où il s’est retiré afin de l’aider à accomplir une mission pas encore déterminée. Mais la réussite de cette mission entrainera la mort du vieux bonhomme. J’aime pas trop trop avoir pensé à élaborer ce genre d’histoire juste avant l’appel du tigre. Finalement, pas trop tard en soirée, je pense avoir à peu près tout ramassé ce dont j’aurai besoin. Je me couche. Je dors mal. Je fais des bizarres de rêve que je fais bien d’oublier en m’ouvrant les yeux. J’arrive au garage. Une équipe de mécaniciens sur chacun des trois trucks Des grosses machines. Trois différentiels. C’est au moins ça. Ça me rassure un peu. La Dempster demande du pouvoir. Le tigre est là. Y a de l’air nerveux. Pas son genre. Ça, ça me rassure pas. Mais pas le temps de m’en soucier. Vite, je commence à habiller mon truck des deux boîtes que j’ai emmené et de tout le reste. Finalement, vers la fin de l’aprèsmidi, tout est prêt, je peux aller faire une petite épicerie. À mon retour, j’apprends que, finalement, c’est le fournisseur qui n’est pas prêt. Nous n’aurons que nos cargaisons au matin. On retourne dormir chez nous… Une dernière nuit. Merci, merci, merci.
Le lendemain matin, je pars pour le dépôt de propane. Nouveau truck . Aucune relation d’établie. Norme obligatoire dans ce monde particulier. Le conducteur et son camion doivent établir une relation afin de savoir s’ils peuvent se faire confiance l’un envers l’autre. On en n’est pas là encore. Après quelques ajustements ici et là, je suis prêt à amorcer la montée vers l’Arctique. Le courage qu’il me manquait hier est toujours manquant. Quand j’arrive à la jonction Klondike (Dempster et Klondike Highway) il est six heures trente pm. Trop de bonne heure pour m’arrêter pour la nuit et trop tard pour entamer la Dempster. Pour moi en tous cas. Je me sens seul. Je suis seul dans cette noirceur glacée. Pas âme qui vive. Pourtant, il n’y pas si longtemps encore, je m’enorgueillissais de me retrouver seul contre tous ces éléments inquiétants. C’est pu le cas. Après quelques années d’absence, il y aurait pu avoir meilleur moment pour me retremper dans ce bain arctique. Je repars. Je tente de me rappeler toutes les montagnes à gravir et à descendre avant Eagle Plains à trois cent soixanteonze kilomètres en avant. Je ne sais pas encore ce que mon joual a dans le ventre, mais on va le savoir bientôt. Je regarde le thermomètre : moins trente-huit.
Je décide : Peu importe quelle heure il sera, je n’arrêterai pas avant Eagle Plains. Comme je le faisais avant. Dans ce temps-là, je m’arrêtais pour la nuit à tel ou tel endroit pour la nuit juste parce qu’à tel spot , les aurores sont les plus belles. Finis ces temps-là. La pensée de me retrouver au p’tit matin dans un truck frigorifié va me faire avancer jusqu’où il y aura de la chaleur à proximité, du signal et du café. « Le conducteur et son camion doivent établir une relation afin de savoir s’ils peuvent se faire confiance l’un envers l’autre. » Première montagne; les Tombstone. Ça va. Mon joual a du pouvoir en masse. Je la grimpe assez facilement. Puis les autres; Windy Hill-Oglivie-Horse ShoeFly camp, etc. Ça va, ça va. J’en manque pas une. On mettra pas de chaines à soir. Vers minuit, j’arrive enfin au nid de l’aigle. Juste deux ou trois trucks de parqués. Les lumières annonçant la fermeture de route à Hurricane Alley flashent. Évidemment. Le relais est fermé. Je me fais un sandwich en vitesse et me cante tout de suite après. J’ai pas fini d’enlever mon pantalon qu’une alarme retontit. Je me rassis sur mon lit. J’aperçois les lumières rouge cadran des réser-
voirs à air clignoter. Bonyenne de bonyenne. Mes brakes ont gelé. À -38 o C, ce sont surement les réservoirs qui sont en train de geler. Ça va s’appeler alcool à partir du compresseur. Une bonne job. Ça peut et ça va attendre jusqu’au matin. Je réenlève mes culottes en me félicitant de m’être rendu jusqu’au relais. Le lendemain, on s’habille comme il faut, on s’installe tranquillement, et… Rien pour l’instant. Les deux autres gars arrivés bien après moi ont débrété de quoi eux aussi. Plus mineures comme réparations, ils passeront avant moi. La situation a l’air vraiment désespérée à Inuvik. Ils ont commencé à fermer le chauffage de certains édifices publics. Je m’installe dehors pour travailler. Ça fonctionne pas. Mon air ne monte pas. Essaie une patente, en essaie une autre, rien ne fonctionne. Entretemps, un des trucks réussit à partir. Il part accompagné d’un grader , d’un pick-up et d’un gros truck pour l’escorter. C’est donc ben vrai qu’on a priorité. Quoi qu’il en soit, quand blizzard il y a, j’ai jamais vu des trucks qui aient réussi à passer.
Au bout de la journée, il faut bien admettre que je ne trouverai pas le bobo. J’appelle le tigre. Il enverra un mécanicien au matin. Fini pour moi aujourd’hui. Et pour à peu près tout le monde d’ailleurs. Je m’en vais dans le lobby de l’hôtel. Tout le monde est là. Et qui arrive? Le chauffeur du premier truck escorté par les gars de la maintenance de la route. Ils ont bloqué à mi-chemin. Ils ont dû laisser le truck là en laissant le moteur tourner. Ils n’y retourneront pas avant le lendemain. Stressant. Moi de mon côté, tandis que mes collègues échangent sur nos conditions exécrables, je commence à sentir des titillements dans mes poumons et ma gorge. Je me mets à tousser. Pis tousser et tousser. Ça arrête pas. Ça commencé comme ça. Après une semaine, J’avais toujours pas arrêté de tousser. Le mécanicien n’a jamais trouvé le trouble sur mon camion. Il a juste patenté de quoi pour que je puisse revenir jusqu’à Whitehorse de peine et de misère. Deux jours après mon retour, quand j’ai trouvé assez de force pour aller à l’hôpital, ils m’ont appris que je m’étais ramassé une pneumonie. Quel calvaire!
En tout cas, je pense ben savoir ce que je vais faire cet hiver, aussitôt revenu sur pied. Ça sera pas les deux pieds sur la bavette du poêle. Ça sera pas les routes de glace à Yellowknife non plus. Tiens-toi bien, Inuvik. J’arrive.
MOT CACHÉ
A ANÉMONE
ARBRES AVRIL
B BEAUTÉS
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D DÉCORE DÉGEL DÉLICATE E ÉCLOSION ÉMANE
THÈME : LA FLORAISON
COMMUNAUTAIRE
Des liens qui font la différence Service de soutien à domicile offrant un appui gratuit, personnalisé et en français, aux 50 ans et plus. Bénévoles formés Nav-CARE.
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BOIS
PRÉVOYANCE
EMBAUMEMENT ENGRAIS
BOUQUET BULBES
C CHALEUR CHAMPS CLIMAT
COUVRE
CROCUS CULTIVER
Qualité de quelqu’un qui sait prévoir et qui prend des dispositions en conséquence. (p. 4)
ÉPANOUISSEMENT ESPÈCES ÉTAPE
F FLEURETTE FLEURS FLORE FORÊT
CIRCUMPOLAIRE
Qui est ou qui se fait autour d’un pôle. (p. 9)
EMBLÉMATIQUE
Qui représente quelque chose de manière forte.
(p. 21)
HALIEUTIQUE
Adjectif qui qualifie les activités relevant de la pêche.
(p. 25)
G GENRES GROUPE H HORTICULTURE I IRIS IVES
L LILAS LYS M MAI MARS MIMOSAS MOIS
Émission Rencontres. Diffusion de l’émission Rencontres, tous les samedis, dès 16 h 5, au 94,05 FM ou au 102,1 FM. Rens. : emission-rencontres.afy.ca
J JACINTHE JARDIN JASMIN JOLIES JONCHER JONQUILLES JUIN
MUGUET MUSCARI N NARCISSES NUANCE O ODEUR OIGNONS
Échange de livres. En mars, la CSFY t’invite à laisser un livre dans un lieu public avec une note : je suis pour toi. Partage une photo du livre dans son lieu à tee@csfy.ca pour un tirage chèque-cadeau.
Dernière ludothèque de la saison. Plus de 500 jeux gratuits! La prochaine date pour récupérer vos jeux est le 1er avril. Créez un compte et réservez avant le 31 mars à csfy.ca/ludo Rens. : ludoyukon@gmail.com
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« Magie boréale ». Soumettez un poème avant le 27 mars sous forme de texte, arts visuels, audio-poème ou vidéo-poétique pour le Festival de poésie arctique Mots dans la taïga qui revient à Yellowknife les 1er et 2 avril. Rens : Facebook.com/ FestivalMotsdanslataiga/
Aide à l’établissement au Yukon. Que ce soit la recherche de logement, l’aide à l’emploi, les services d’éducation ou plus, notre équipe offre des services
gratuits en personne et à distance. Rens. : accueil.afy.ca
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Réunion Alcooliques Anonymes en français. Tous les mardis à 17 h. En ligne, sur Zoom. ID de réunion : 833 9614 4061/ Mot de passe 0 (zéro). Rens. : JPAwhitehorse@gmail.com
Vous venez d’immigrer au Yukon? L’Aurore boréale vous offre six mois d’abonnement (papier ou format numérique) au seul journal communautaire francophone du territoire. Rens. : info@auroreboreale.ca
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Pigistes recherché·e·s L’Aurore boréale souhaite étoffer son équipe de pigistes (au Yukon). Vous voulez faire rayonner votre communauté et vous avez des compétences en rédaction journalistique? Les contrats sont rémunérés. Rens. : redaction@auroreboreale.ca
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CIBLE COCASSES COLLER COMIQUE CONTE COUTUME CRÉDULE CRÉER CRIÉ CROIRE D DÉBUT DESSINS DÉTAILS DIRIGER DOS DOUTER DRÔLE E ENFANTS EXCÈS EXCITATION F FARCES FIER G GADGET GAGS GAIE GESTE GOBER H HISTOIRE I IDÉE
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THÈME : LE POISSON D’AVRIL 9 LETTRES
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Merci à Stéphane Cole, pour la distribution exceptionnelle des 3 000 copies du journal, spécialement commandées pour les Jeux d’hiver de l’Arctique! Les délégations ont pu découvrir la vitalité de notre belle communauté grâce à des nouveaux points de distribution et un réassortiment régulier.
Félicitations à Louve et Nathaniel pour leur récente union. Bon retour aux élèves et à tout le personnel enseignant. Nous vous souhaitons beaucoup de beaux moments sous la lumière printanière, pour ces quelques mois restant à l’année scolaire avant l’été!
CALENDRIER COMMUNAUTAIRE
26 mars
13 h 30 à 15 h 30 : Cours de cuisine et de pâtisserie. Découvrez des techniques de chef. Centre de la francophonie. Pour les 50 ans et plus. Gratuit.
Rens. : gourmand.afy.ca
Dès 16 h 30 : Consultation communautaire. Rencontre à Dawson, à propos du développement d’un campus francophone au Yukon. Événement bilingue. Rens. : formation.afy.ca
19 h à 21 h : Match d’impro. Spécial Rendez-vous de la francophonie. Centre de la francophonie. Gratuit. Rens. : lafabriqueimpro@gmail.com
30 mars
17 h 30 à 20 h : Atelier femmes entrepreneures. Repensez votre relation à l’argent et gérez mieux votre entreprise. Centre de la francophonie. Inscription obligatoire. Gratuit. Rens. : entrepreneuriat.afy.ca
18 h 30 à 20 h : Conférence virtuelle. Les principes fondamentaux de l’Équité, la Diversité et l’Inclusion (ÉDI), gratuit. Inscription sur Eventbrite. Rens. : tee@csfy.ca
31 mars
17 h 15 à 19 h 15 : Prévention des chutes. Apprenez à vous relever de manière sécuritaire. Pour les 50 ans et plus. Centre de la francophonie. Gratuit. Rens. : franco50.afy.ca
Annoncer ici (gratuit) redaction@auroreboreale.ca
2 avril
18 h à 20 h : Être mère, Être fille. Club de lecture, au Local des Essentielles. Rens : mobilisation@lesessentielles.ca
5 avril
13 h à 16 h 30 : Escalade en salle. Session pour débutantes ou expertes, au Climb Yukon. Rens : mobilisation@lesessentielles.ca
Tous les mercredis, du 8 avril au 27 mai
12 h à 13 h : Yoga adapté. Huit séances sur chaise et tapis. Centre de la francophonie. Payant, sauf membres AFY et 50 ans et plus. Inscription obligatoire. Rens. : yoga .afy.ca
9 avril
19 h à 21 h : Match d’impro. Bleus & Jaunes. Centre de la francophonie. 10 $ à la porte. Rens. : lafabriqueimpro@gmail.com
11 avril
13 h à 16 h : Laine feutrée. Découvrez les techniques et repartez avec votre propre création! Centre de la francophonie. Pour les 50 ans et plus. Gratuit. Rens. : franco50.afy.ca
14 avril
14 h à 16 h : Club de lecture. Partagez vos coups de cœur littéraires. Boissons et collations offertes. Bibliothèque publique de Whitehorse. Inscription obligatoire. Gratuit. Rens. : cafe-amitie.afy.ca
Camille Gachot, gestionnaire en marketing touristique à l’Association franco-yukonnaise, a participé au salon du VR de Montréal au début de mars. Elle était accompagnée de Batiste Foisy.
Félicitations à Stian Langbakk qui a remporté l’or dans la catégorie de Rail aux Championnats du monde juniors FIS Park & Pipe à Calgary, en planche à neige.
SNOTTY NOSE
Le vernissage de l’exposition sur la participation de CBC North aux Jeux d’hiver de l’Arctique a eu lieu au
Les 12 et 13 mars derniers, le Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa, a accueilli le tout premier Sommet pancanadien sur l’éducation artistique, organisé par la Fédération culturelle canadienne-française. L’artiste locale Marie-Hélène Comeau et des déléguées du ministère de l’Éducation et de la Direction des services en français ont représenté le Yukon au Sommet pour que les perspectives du Nord et du territoire soient entendues lors de cette conversation
17 h 15 à 19 h 15
Centre de la francophonie
50 ans et +
Fournie
Centre des arts du Yukon le 5 mars.
Angélique Bernard
Fournie
Lors du repas-délice du printemps du 18 mars, organisé par le service Personnes aînées de l’Association franco-yukonnaise, Marianna La Haye-Picard a offert une démonstration de danse de soie.
Ce mois-ci, Vincent Ménard partage ses pièces de tricot sur le mur d’exposition de Bullet Hole Bagels.
Le 20 mars, le service Personnes aînées de l’Association franco-yukonnaise a tenu une session de planification stratégique au Inn on the Lake. Les participant·es ont profité de la pause du dîner pour aller se promener sur le lac Marsh.
Le 22 mars, le Festival nordique de Whitehorse a rassemblé des centaines de personnes autour d’activités hivernales variées, du ski de fond au fatbike en passant par les jeux dénés. C’était une journée gratuite et festive pour bouger, découvrir et célébrer l’hiver en communauté et... manger des guimauves!
Tout au long des Jeux d’hiver de l’Arctique, CBC North et Radio-Canada ont fait des entrevues avec de jeunes francophones du Yukon. On voit ici Arielle et Léonie, en entrevue au Centre des Jeux du Canada, pour une émission en direct.