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L'Aurore boréale - 12 mars 2026

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Les sourires étaient au rendez-vous le soir de la cérémonie d’ouverture des Jeux d’hiver de l’Arctique, le 8 mars dernier. Les athlètes d’Équipe Yukon ont marché avec les sept autres délégations. Plus de 2 000 athlètes ont défilé en ville, et le public était au rendez-vous pour accueillir ce grand événement, très attendu

Maryne Dumaine
Stephen Anderson Lindsay
Leeor Wild

Elisapie, en spectacle au Yukon, apportera sa musique teintée d’émotions

L’auteure-compositrice-interprète inuk Elisapie sera de passage à Whitehorse le 21 mars prochain au Centre des arts du Yukon à Whitehorse, et le 22 mars au KIAC de Dawson. Figure incontournable de la scène canadienne et maintes fois récompensée, elle promet des soirées chargées en émotions.

Originaire de Salluit, un village du Nunavik accessible uniquement par avion, Elisapie n’en est pas à sa première visite au Yukon.

Son premier spectacle au territoire remonte à il y a 22 ans, à l’époque de son duo Taima, avec lequel elle a remporté son premier prix Juno en 2005. Elle se souvient très bien de son passage au festival Frostbite. « C’était en plein hiver, et c’était comme un monde qui s’était ouvert à moi », confie-t-elle. « Je viens du Grand Nord, du Nunavik, où c’est vraiment l’Arctique, on n’a pas d’arbres. D’arriver dans une petite ville remplie de toutes sortes de monde qui viennent d’un peu partout c’était très nourrissant pour moi. » Depuis, sa carrière s’est beaucoup développée et, au cours de cette période, elle est venue régu-

lièrement présenter des spectacles dans les territoires. Au festival Folk on the Rocks à Yellowknife, mais aussi au festival de Dawson. En 2017, elle faisait aussi partie de la tournée Constellation, organisée par le Centre de la francophonie des Amériques, à l’occasion du 150e anniversaire du Canada. Une programmation hétéroclite avait été présentée pour offrir au public yukonnais une mixité de cultures canadiennes, allant de Lisa LeBlanc du Nouveau-Brunswick, aux Chiclettes de l’Ontario, en passant par Soir de Semaine et Sophie Villeneuve du Yukon.

Une création dictée par l’émotion

Bien qu’elle habite aujourd’hui Montréal, la nature et ses racines nordiques imprègnent inévitablement son œuvre créative.

Programme de financement de la Journée de la francophonie yukonnaise

Chaque année, le Bureau du commissaire du Yukon accorde un financement de 15000$ pour l’organisation d’événements communautaires visant à célébrer la Journée de la francophonie yukonnaise.

Objectifs

Ce programme de financement appuie des activités qui:

• font la promotion de la vitalité et de la diversité de la communauté francophone du Yukon;

• créent des occasions de participer aux célébrations de la communauté francophone du Yukon.

yukon.ca/fr/financement-jfy

Date limite: 15 mars 2026

Loin du militantisme, près des cœurs

Cependant, Elisapie ne cherche pas à forcer cette image. « Ça va de soi. J’ai passé 22 ans dans cette immensité, dans cette culture. Il y a un rythme qui s’installe. C’est quelque chose qui m’inspire, mais que je ne cherche pas à imiter. Ce qui m’intéresse, c’est de vivre des émotions à travers la musique, de pouvoir rendre ça accessible et de le coller à la vraie vie », explique l’artiste.

Elisapie chante en anglais, en français, mais surtout en inuktitut. « Je suis vraiment dans la vague de chanter dans ma langue, explorer, mais surtout avoir du fun avec cette langue-là, qui est très musicale, et il y a encore tant d’exploration à faire ». Par amour pour le français, elle chante aussi quelques chansons dans cette langue. « Je ne décide pas en avance dans quelle langue je vais écrire une chanson. C’est la chanson qui va me dicter comment ça sort dans ma bouche. » Pour elle, lorsqu’elle crée dans une langue, c’est toute la

chanson qui prend les couleurs de la langue. « Par exemple, Moi Elsie, en français, je ne peux même pas la traduire en inuktitut, car c’est une autre vision des mots. C’est très poétique, de manière très francophone. Avec des paroles écrites par le grand Richard Desjardins. Ce ne sont pas des paroles que j’ai l’habitude de dire dans ma langue, ça serait trop compliqué, et probablement très étrange pour les Inuits d’entendre cette poésie-là traduite en inuktitut », explique la chanteuse. « Chaque langue, ce n’est pas juste des mots, c’est une façon de voir les choses, c’est une façon d’exprimer, il y a un rythme. » C’est d’ailleurs cette soif d’authenticité émotionnelle qui a guidé la création de son plus récent album, Inuktitut , récompensé notamment aux prix Juno et au Gala de l’ADISQ. Sur ce disque, elle revisite dans sa langue maternelle de grands classiques du rock et du pop. « Mon intention n’était pas de devenir une artiste covers, ça ne m’intéresse pas », préciset-elle. Le choix des chansons a été minutieux. « Il a fallu vraiment aller dans un autre filtre voir si ça cogne l’émotion, si l’histoire et les souvenirs sont réels et me touchent réellement. » Elisapie a donc choisi ces morceaux en fonction de ses émotions personnelles, tantôt à travers des paroles de chansons, tantôt à travers des souvenirs que lui rappelaient les chansons cultes. Traduire ces succès en inuktitut lui impose d’ailleurs une réflexion poétique différente. « La langue inuite, moins bavarde que l’anglais ou le français, exige d’aller à l’essentiel », explique-t-elle. Cela lui permet de créer d’une façon complètement distincte.

Lorsqu’on lui demande si sa démarche se veut un outil de préservation des langues autochtones, la réponse de la chanteuse brille par sa franchise. « Non. La chose la plus importante pour moi, c’est de toucher les gens, de vivre dans les émotions », avoue-t-elle. Bien qu’elle se réjouisse de la fierté que sa musique éveille chez les jeunes Inuits, elle refuse de porter intentionnellement le drapeau de la militante. « Je ne suis pas assez dans la tête, je suis beaucoup trop dans le cœur pour vraiment penser à ces choses-là. C’est après que je comprends l’importance pour les gens d’entendre cette langue-là. » Elisapie aborde ses concerts comme des rassemblements intimes. Le public yukonnais peut d’ailleurs s’attendre à vivre toute une gamme d’émotions. « Il y a beaucoup de moments de magie parce que je raconte ces histoires qui sont de réelles expériences personnelles », partage-t-elle. « Les gens, après avoir pleuré, se lèvent avec nous pour danser. On aime ça ce sentiment-là d’être proche [ ] toutes les émotions sont les bienvenues. » Et pour les francophones qui assisteront à son spectacle à Whitehorse, l’artiste n’exclut pas d’interpréter un titre dans la langue de Molière. « C’est une belle occasion de peut-être choisir une chanson que j’aurais envie de faire juste parce que c’est connecté avec le public. » Un rendez-vous musical et humain qui promet, assurément, d’être inoubliable.

Elisapie est maman de trois enfants, qu’elle considère comme sa plus grande source d’énergie et de joie en dehors de la scène. Elle vit avec sa famille à Montréal « une vie qui est très francophone, et hopefully trilingue », explique-t-elle.
Vladim Vilain

LIGNE ÉDITORIALE

Célébrer

Ah! Ces drapeaux qui flottent au vent, cette chanson entraînante, l’hymne des Jeux; All we are, we are together, ces sons de tambours, ces sourires. Et la lumière!

Le printemps arrive, doucement, mais sûrement, comme s’il avait été apporté dans les bagages de toutes ces personnes venues encourager les athlètes du Nord.

Et avec lui, cette lumière qui s’étire, chaque jour un peu plus, jusque tard le soir.

Car oui, on s’approche du 20 mars, date à laquelle, à 7 h 45, nous atteindrons un point d’équilibre : cette journée comptera autant d’heures de jour que de nuit. Ensuite, la lumière prendra le dessus. Une lumière qui éclairera nos villes, nos rues, nos idées, nos sourires et nos cœurs. Dans une grande échappée qui nous mènera jusqu’à l’été.

Dans ce grand festoiement du retour du soleil, le mois de mars est, plus que jamais, un mois de célébrations.

Bien sûr, les Jeux d’hiver de l’Arctique, lancés lors d’une superbe cérémonie d’ouverture, dynamique et entraînante, qui nous a toutes et tous remplis de fierté.

302, rue Strickland, Whitehorse (Yukon) Y1A 2K1 867 668-2663 | auroreboreale.ca

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Directrice - Rédactrice en chef 867 668-2663, poste 510 dir@auroreboreale.ca

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Réception :

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Le journal est publié toutes les deux semaines, sauf en été. Son tirage est de 2 500 exemplaires et sa circulation se chiffre à 2 450 exemplaires.

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Le journal est publié par l’Association franco-yukonnaise, à Whitehorse, au Yukon.

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Nous utilisons l’ancienne écriture du français et le langage épicène ou inclusif dans nos textes originaux.

Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada.

Avec respect, nous tenons à reconnaître que nous travaillons et publions ce journal sur le territoire traditionnel de la Première Nation des Kwanlin Dün et du Conseil des Ta’an Kwäch’än.

Journal indépendant, l’Aurore boréale informe, valorise et unit la communauté francophone du Yukon. Ses contenus mettent en lumière les enjeux et les réussites locales. Défenseur de la langue française, de l’inclusion et de la liberté d’expression, il agit comme moteur de dialogue et d’engagement citoyen.

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À l’heure d’écrire ces lignes, les Jeux commencent à peine, mais déjà les athlètes de curling, de basketball, de futsal et de hockey ont fait hurler les foules. Durant les prochains jours, 20 disciplines verront s’affronter les jeunes des huit délégations du Grand Nord. De leur côté, les bénévoles sont à la tâche, les arbitres et les équipes techniques au sommet de leur concentration. Les drapeaux sont sortis. Les pancartes écrites aux gros marqueurs fluos flottent dans les airs, tenues à bout de bras par des supporters qui ont déjà la voix cassée à force de cris d’encouragement!

Les Jeux de l’Arctique, c’est la célébration de l’esprit d’équipe que nous partageons toutes et tous : la fierté de vivre dans le Nord.

Tout au long de la semaine, jusqu’à la fin des Jeux, vous pourrez d’ailleurs entendre en ligne, sur les médias sociaux ou même à la radio les fruits de la collaboration de Connexion arctique. Pour couvrir toute cette effervescence du Nord, vos cinq médias francophones des territoires se sont réunis. Eh oui! On le sait : quand il s’agit de célébrer, les francophones ne laissent jamais leur part de côté!

D’ailleurs, le mois de mars, c’est aussi le mois de la francophonie. Et pour cela aussi, le lancement a été réussi : les Rendezvous de la francophonie ont été lancés dans de grands éclats de rire au Centre des arts du Yukon, avec Mario Jean, Jonathan Dion et Stéphanie Morin-Robert. Les rires ont aussi résonné au Centre culturel des Kwanlin Dün lors du spectacle Évasion, offert la veille aux élèves des écoles primaires et secondaires de Whitehorse. Et ce n’était qu’un début : films, ateliers d’improvisation et sorties de ski seront autant de belles occasions, tout au long du mois, de célébrer la francophonie partout au Yukon, et même partout au Canada. Partout dans le monde, en fait, puisque le 20 mars est la Journée internationale de la francophonie. Le même jour que l’équinoxe. Et bien sûr, si l’on mentionne les célébrations du mois de mars, n’oublions pas la Journée internationale des droits des femmes. Si le 8 mars demeure un moment de revendication, c’est aussi une occasion de célébrer les avancées réalisées par celles qui nous ont précédées. Les succès de ces femmes inspirantes qui ont ouvert la voie. La Journée internationale des femmes trouve ses origines dans les luttes féministes du début du XXe siècle aux ÉtatsUnis et en Europe. Officialisée par l’ONU en 1977, cette journée souligne aujourd’hui les avancées et les revendications liées à l’égalité, comme l’équité salariale, la lutte contre la discrimination et les droits reproductifs, comme le droit à l’avortement.

Dans un monde où plusieurs de ces acquis demeurent précaires et vulnérables, et où trop de femmes n’en bénéficient toujours pas, célébrer cette journée permet de porter notre attention à la fois sur le chemin parcouru et sur celui qui reste à faire.

Dans cette édition, nous vous proposons d’ailleurs de faire le point sur les dossiers des Essentielles, l’organisme des femmes francophones du Yukon. Alors qu’elles ont célébré leur 30e anniversaire, nous revenons sur les grands enjeux qui les mobilisent — et sur le chemin parcouru.

En ce mois de mars, entre la lumière qui revient et les voix qui s’élèvent, célébrer, c’est donc aussi se rappeler pourquoi nous avançons, ici, maintenant, mais surtout, ensemble.

Première visite au Yukon du nouveau consul général de France à Vancouver

Du 25 au 27 février dernier, Raphaël Dang, le consul général de France à Vancouver, est venu au Yukon pour sa première tournée consulaire depuis son entrée en poste en septembre 2025.

Angélique Bernard du Yukon. Lors de ces rencontres,

26 MARS � 13 H 30 À 15 H 30 CENTRE DE LA FRANCOPHONIE

Cours de cuisine et de pâtisserie

l’arctique européen et l’arctique nord-américain. « Les discussions ont été très intéressantes et j’espère que, avec mon collègue allemand et mon collègue britannique, on a pu apporter une perception européenne intéressante en plus des perspectives offertes par les acteurs canadiens pendant cette conférence », mentionne M. Dang. Il dit avoir été très occupé, mais il explique que c’est son habitude. « J’aime être occupé quand je me déplace et quand je ne me déplace pas aussi, d’ailleurs! J’aime bien les agendas remplis », dit-il en riant. Il a une vision de ce poste qui est très dynamique. « J’ai envie d’être un consul de terrain, donc être proche des gens, de la communauté française, proche des francophones et proches des habitants des différentes provinces et territoires que couvre le consulat de France à Vancouver. Je vais m’assurer d’être le plus mobile possible pour pouvoir être le plus souvent dans les différentes provinces et différents territoires, dont le Yukon », dit-il. Sa circonscription couvre la Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest.

Un parcours international

Après des études supérieures en sciences politiques, affaires publiques, économie, italien et chinois mandarin, Raphaël Dang a travaillé pour la Banque de France, puis a rejoint la diplomatie française en 2013, où il a commencé comme rédacteur et négociateur sur le développement durable et le climat à la Direction générale de la mondialisation et des partenariats. En 2016, il a été promu chef du pôle « politiques européennes de développement. »

Il a ensuite servi à la Direction des Nations Unies et des organisations internationales à Paris, sur les négociations au Conseil de sécurité, avant de rejoindre la représentation permanente de la France auprès des Nations Unies à New York. Après quatre ans à New York, il a été affecté à l’ambassade de France à Rome, où il a officié comme conseiller « politique étrangère et affaires stratégiques ».

En novembre 2022, il a rejoint le cabinet de la Ministre de l’Europe et des affaires étrangères, comme conseiller sur les Nations Unies, les affaires multilatérales, globales et juridiques. Raphaël Dang a également enseigné les relations internationales et « civilisation Asie/ Extrême-Orient » à Sciences Po Paris, de 2013 à 2017.

Des premières impressions très positives

Il y avait une cinquantaine de personnes francophones réunies lors d’une réception donnée en son honneur le 26 février.

Le consul général garde d’excellentes impressions de sa première visite au Yukon. « C’est assez formidable comme territoire. La ville de Whitehorse est entourée de montagnes et c’est vraiment magnifique.

J’ai eu la chance de rencontrer les francophones de Whitehorse et cela a été un moment très agréable », se remémore M. Dang. Cet événement a été coordonné par Yannick Klein, consul honoraire de France au Yukon. Pour ce dernier, « les visites du consul général de France à Vancouver à Whitehorse me semblent essentielles pour créer un lien avec la communauté française et francophone du Yukon, mais aussi pour déterminer comment la France peut jouer un rôle afin d’appuyer l’essor et l’épanouissement de la communauté francophone sur des volets comme l’économie, la culture et l’éducation. »

Pendant sa participation au Sommet de l’Arctique, M. Dang a été impressionné par la capacité de Whitehorse et du Yukon à organiser une conférence sur un sujet majeur stratégique important qui recouvre des dimensions de sécurité, de souveraineté et des enjeux économiques qui sont importants pour le Yukon et le Canada.

M. Dang et Yannick Klein ont eu l’occasion d’aller manger avec Erik Hougen, qui a été consul honoraire de France au Yukon pendant 25 ans.

Le consul général de France à Vancouver planifie déjà un nouveau voyage au territoire en septembre avec des collègues européens.

Dans le journal du 26 février, nous présentions une liste des athlètes et du personnel d’entraînement qui se sont identifié·es comme francophones pour les Jeux d’hiver de l’Arctique. Il nous a été indiqué que d’autres athlètes parlent français. Notamment, Dorothy Dallaire et Laura Ruiz, dans l’équipe de

nage artistique. Alors pour savoir si les gens parlent français, n’hésitez pas à garder les oreilles ouvertes. Bons Jeux d’hiver de l’Arctique à toutes et à tous!

pati-
Durant sa visite, Raphaël Dang a rencontré la communauté francophone du Yukon.
Pamela Battiston

Un nouveau rapport pour la Direction des services en français

Le dernier Rapport sur les services en français 2024-2025 dresse le bilan d’une année marquée par une nouvelle entente de 21 millions de dollars et par l’arrivée à échéance du dernier cadre stratégique. Le sous-ministre responsable de la Direction des services en français (DSF), Philippe Mollet, revient sur ces réalisations et sur les défis à venir.

Maryne Dumaine (MD) : Après deux ans et demi en poste, de quelles réalisations êtes-vous le plus fier?

Philippe Mollet (PM) : Premièrement, je suis très fier du travail accompli par l’équipe de la DSF et de la culture qui y règne. Deuxièmement, le renouvellement de l’entente avec le gouvernement fédéral qui nous a permis de sécuriser un financement en augmentation. Enfin, je retiens le travail que nous faisons avec les ministères pour apporter des services supplémentaires, comme l’ajout de l’identifiant francophone sur la carte d’assurance-santé. Le rôle de la DSF ne se limite pas à la traduction; il s’agit vraiment de collaborer avec les ministères pour accroître la prestation de services bilingues au sein du gouvernement.

MD : La nouvelle entente triennale, signée avec le gouvernement fédéral l’année passée, totalise 21 millions de dollars. Cela représente un million d’augmentation. Comment cette augmentation budgétaire se traduira-t-elle sur le terrain?

PM : Nous attendons la lettre de mandat du nouveau gouvernement pour finaliser l’allocation de certains fonds, mais nos priorités s’alignent sur notre nouveau Cadre stratégique sur les services en français 2025-2028, publié en juin dernier. Ce cadre s’appuie sur des consultations publiques qui ont rejoint 270 personnes. L’objectif est d’améliorer l’accès aux services bilingues là où la demande est forte, comme en santé et en justice, et de s’assurer que ces services sont intégrés directement dans les ministères. Nous misons sur le principe de l’« aménagement linguistique », c’est-à-dire créer des conditions durables pour un accès équitable, plutôt que des solutions temporaires.

MD : En janvier 2025 a eu lieu le lancement de la nouvelle carte d’assurance-santé au Yukon. Sur cette carte, il est désormais possible de faire ajouter la mention FR, indiquant une préférence pour des soins en français. Comment allez-vous utiliser ces données?

PM : En effet, ce FR ne sert pas uniquement à indiquer la pré-

férence pour les soins de santé. Un de nos objectifs est de faire une cartographie du parcours d’un patient yukonnais dans le système de santé et d’identifier des « points de tension ». Actuellement, si vous vous présentez à l’hôpital avec votre carte portant la mention FR, il n’y a pas encore la garantie qu’une personne bilingue sera là pour vous aider au point de service. Cet identifiant va nous aider à repérer là où il y a un grand besoin, mais pas encore de services adéquats — pour ensuite développer une véritable stratégie pour combler les écarts.

MD : Vous avez lancé une initiative pour améliorer l’accès à la justice en français. Où en sommes-nous dans ce domaine?

PM : Que ce soit pour la justice ou la santé, les personnes qui requièrent ces services sont généralement en état de vulnérabilité, et c’est là que le besoin de soutien dans sa langue maternelle est crucial. Nous collaborons étroitement avec la Société d’aide juridique du Yukon et la Yukon Public Legal Education Association. Nous avons notamment doté ces organismes de services d’interprétation à distance et nous avons formé leur personnel pour s’en servir. De plus, nous travaillons actuellement avec la Société d’aide juridique pour traduire son site Web. La version française ne devrait pas tarder à être accessible au public.

MD : Le gouvernement semble donc avoir misé sur la technologie avec l’élargissement de l’interprétation en direct et de nouveaux services en ligne. Quels seront les prochains

services gouvernementaux clés que vous prévoyez moderniser et rendre accessibles en ligne dans les deux langues officielles?

PM : Les services en ligne sont un moyen efficace d’offrir des services en français en tout temps, 24 heures sur 24. Le gouvernement a d’ailleurs des normes établies stipulant que les services numériques doivent être bilingues. Le système de réservation d’emplacements de camping est l’un des exemples à succès des nombreux services numériques bilingues. Il y a eu aussi le lancement de nouveaux sites Web bilingues : le site Quitpath pour aider les gens à arrêter de fumer, et le site des aéroports du Yukon. Le site yukonimmunization.ca/fr est aussi un bon exemple

Nous nous assurons également que des formulaires électroniques, comme celui pour la demande de services de sages-femmes, sont disponibles en français.

MD : Le Yukon compte 76 postes désignés bilingues, dont 36 en santé et services sociaux. Pensez-vous apporter des modifications à cela?

PM : Ça, c’est un point crucial. Les postes désignés bilingues ont permis de belles progressions, mais le système a ses limites : si la personne désignée est absente ou quitte son poste, le service en français s’arrête net. C’est pourquoi nous amorçons un virage : nous voulons passer de « postes désignés » à des « points de service bilingues ». L’idée est d’identifier un point de service à fort trafic et de former toute l’équipe autour pour offrir un soutien continu. Même si toute l’équipe n’est pas parfai-

Le 27 février dernier, la ministre Laura Lang a répondu à la lettre de mandat émise par le premier ministre Currie Dixon le 15 janvier 2026. En voici un extrait :

« En tant que ministre responsable de la Direction des services en français, j’ai donné les priorités suivantes :

• Intégrer les besoins liés à la langue française dans la préparation et la réponse du gouvernement aux situations d’urgence.

• Recruter et soutenir des professionnels de la santé bilingues.

• Accroître l’accès aux services bilingues pour les victimes d’actes criminels.

• Combler les lacunes dans les services du marché du travail en français. »

tement bilingue, elle sera formée pour faire l’offre active et répondre aux questions de base, comme offrir des guides en français ou expliquer la météo à venir. Nous l’avons testé avec succès au centre d’interprétation du parc Tombstone, et nous visons à étendre ce modèle à d’autres endroits, pour éviter les ruptures de service.

MD : Cela implique de devoir former plus de gens. Comment encouragez-vous le personnel du gouvernement du Yukon à se former en français, ou à maintenir ses acquis linguistiques à long terme pour soutenir ces « points de service »?

PM : Cela passera par la formation continue, qui est au cœur de notre démarche d’aménagement linguistique. Pour ce qui concerne la motivation, il n’y a pas d’incitatif particulier. Les équipes sur le terrain connaissent très bien les limites du système actuel et constatent ellesmêmes leur incapacité à répondre aux usagers francophones. Il y a une belle volonté : beaucoup d’employé·es du gouvernement qui n’ont aucune obligation de parler français demandent à suivre des cours par simple désir d’améliorer le service. C’est en travaillant avec cette belle dynamique que nous améliorerons l’offre de service.

Note : Les propos de Philippe Mollet ont été retravaillés pour plus de fluidité. Il ne s’agit pas toujours des citations exactes.

Les services en français au Yukon

Philippe Mollet est le directeur de la Direction des services en français (DSF), une équipe du gouvernement qui travaille pour que les francophones puissent se faire servir dans leur langue, au Yukon.

Un des exemples : Sur la nouvelle carte d’assurance-santé, on a maintenant le droit de faire ajouter les lettres « FR », qui indiquent qu’on préfère être soigné en français. Ça sert aussi à savoir quels sont les endroits où il devrait y avoir plus de services de santé en français.

La DSF aide les autres équipes du gouvernement, par exemple pour traduire des documents, ou des sites Web. Elle offre aussi des cours pour que les personnes qui travaillent au gouvernement apprennent à parler français, au moins assez pour aider les gens dans leur travail. Il donne l’exemple du parc Tombstone, où les équipes ont appris à expliquer la météo en français. C’est très utile pour les gens francophones qui partent en randonnée!

La lecture simple est présentée en collaboration avec le service Formation de l’Association franco-yukonnaise.

Maryne Dumaine
Philippe Mollet est le sous-ministre responsable de la Direction des services en français pour le gouvernement du Yukon.

Des lettres, photos et dessins pour rapprocher deux mondes

Deux classes Montessori découvrent la correspondance grâce à un projet imaginé par Marielle Pellegrini. Ainsi, des élèves du Yukon et de la France ont pu partager leurs expériences et leur quotidien, tisser des liens et pratiquer leur seconde langue.

Rébecca Fico

Diplômée comme éducatrice de l’Association Montessori Internationale, Marielle Pellegrini a d’abord débuté sa carrière en France et entreprend désormais sa deuxième année au Yukon. Elle explique que l’idée d’un projet de correspondance entre les deux pays lui est venue après avoir remarqué les nombreuses différences entre la culture française et la culture yukonnaise. « Beaucoup de ce qui est normal pour les enfants d’ici, comme par exemple, d’aller faire du ski après l’école, c’est tellement insolite pour nous les Français! Je me suis dit, il faut partager cela. »

De là est né un projet de correspondance entre l’École Montessori du Yukon, et l’École Montessori des Pouces Verts, située à Mouans-Sartoux, dans le sud de la France.

Pour mettre le projet sur pied, Marielle Pellegrini a d’abord collaboré avec deux enseignantes d’anglais de l’école des Pouces Verts afin d’associer les élèves en paires pour la correspondance outre-mer. « Je connaissais un peu les enfants des deux écoles, alors on a pu faire des super matchs. »

La correspondance,

une étape à la fois

Le projet s’inscrit dans un processus en plusieurs étapes pour les élèves. « C’est vraiment tout le processus d’écrire la lettre, de dessiner, de faire des décorations, d’aller à pied à la poste », explique Marielle Pellegrini. Les élèves du Yukon écrivent en français, tandis que leurs correspondant·es français·es répondent en anglais, ce qui permet aux deux groupes de pratiquer leur seconde langue. Pour l’éducatrice, le principal défi reste la gestion du temps, alors qu’il faut coordonner la correspondance avec d’autres activités. Les délais de livraison de poste ont également demandé une certaine adaptation.

« On n’était pas très synchronisés, parfois, on s’envoyait des lettres en même temps, et c’est comme si les lettres se croisaient sur l’océan ». Les deux classes ont depuis ajusté leur fonctionnement en attendant de recevoir une lettre avant d’en envoyer une nouvelle. Cette année, Marielle Pellegrini a également ajouté une facette au projet pour ses élèves de 6 à 9 ans. « On a commencé

classe française ». L’éducatrice affirme également que le projet de correspondance offre une motivation très efficace pour apprendre le français. « L’enthousiasme est fou quand ils écrivent leurs lettres, ils ne sont jamais aussi contents d’essayer de parler en français. Même [les élèves pour qui le français est plus difficile] travaillent fort, sortent un dictionnaire, et sont excités d’écrire à leur correspondant ». Marielle Pellegrini apprécie également de voir les liens et les amitiés qui se forment à travers les lettres. Elle raconte même que l’un de ses élèves a pu rencontrer son correspondant lorsque celui-ci a visité le Yukon avec sa famille. « J’ai organisé une rencontre entre les deux familles, et c’était super bien. [L’élève yukonnais] a donné une veste de ski à [son correspondant|, c’était vraiment bien. »

Une expérience qui marque et fait grandir

à faire des exposés en collectif qu’on envoie. Ainsi, les 9 à 12 ans ont encore leur correspondant, et les plus jeunes participent avec des exposés. »

Un projet qui ouvre les horizons

Désormais installé à l’École

Montessori du Yukon depuis deux

ans, le projet de correspondance avec l’École des Pouces Verts semble couronné de succès. « J’ai travaillé dans les deux parties », partage Marielle Pellegrini, « alors je connais et je vois toutes les différences entre les deux pays, mais pour les élèves, de voir ces différences, et de leur montrer que tout le monde ne fait pas comme eux, c’est fou. Ils sont étonnés et ils réa-

lisent aussi que la vie est différente ailleurs ». Cependant, au-delà des différences, les élèves du Yukon remarquent également des points en commun avec leurs correspondants et correspondantes. « Peu importe où on est dans le monde, la pédagogie Montessori aura toujours le même matériel, alors les élèves remarquent qu’il y a les mêmes choses dans une

Marielle Pellegrini recommande fortement son projet de correspondance à d’autres établissements scolaires. Elle conseille toutefois de le mener avec des élèves plus âgés et rappelle qu’il s’agit d’un projet de longue haleine, à long terme, qui se déploie sur plusieurs mois. L’éducatrice espère surtout que ses élèves se souviendront du lien développé avec un autre enfant Montessori en France et de l’expérience « de voir cette différence de culture, de voir que c’est différent, mais qu’il y a aussi des choses en commun. » Rébecca Fico, 15 ans, est journaliste en herbe pour l’Aurore boréale.

Consultation sur l’emplacement de l’École élémentaire de Whitehorse

D’après un communiqué du gouvernement du Yukon

Les résidentes et résidents de Whitehorse sont invité·es à s’exprimer sur les emplacements possibles de la nouvelle École élémentaire de Whitehorse dans le cadre d’un processus de consultation.

Les personnes peuvent répondre à un sondage en ligne pour se prononcer sur les trois

sites possibles pour la nouvelle école. Le sondage, qui prend environ dix minutes, permettra de recueillir les commentaires sur les emplacements afin d’éclairer la décision du gouvernement. Il se déroulera du 25 février au 26 avril.

Le ministère de l’Éducation tiendra également des séances d’information publique en personne à Whitehorse. Les membres de la communauté pourront alors en apprendre plus sur le projet,

poser des questions et faire part de leurs commentaires directement au personnel du projet. Les séances auront lieu de 18 h à 20 h le 24 mars à l’École élémentaire de Hidden Valley, le 25 mars au CSSC Mercier et le 26 mars à l’École élémentaire Elijah-Smith. En plus de ces activités de consultation, le ministère poursuivra ses échanges avec les principaux partenaires et les principales parties prenantes du projet, notamment la communauté scolaire, les gouvernements des Premières Nations du Yukon, la Ville de Whitehorse, certaines organisations concernées et d’autres groupes d’intérêt. Ainsi, un large éventail de points de vue sera entendu.

La consultation publique se terminera le 26 avril. Une synthèse des résultats pour l’ensemble des activités de consultation sera publiée en juin.

Marielle Pellegrini
Marielle Pellegrini affirme que les élèves de sa classe de l’École Montessori du Yukon vont toujours poster leur lettre à pied.
Le groupe des 9-12 ans de l’École des Pouces Verts à Mouans-Sartoux, en France, reçoit la présentation des sorties scolaires au Yukon.
Fournie

Jean-Sébastien Blais laisse un héritage notable pour l’éducation francophone

Le 16 février dernier, la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) a annoncé le départ de Jean-Sébastien Blais. Il a quitté ses fonctions de président pour relever de nouveaux défis professionnels.

L’engagement de Jean-Sébastien Blais ne date pas d’hier. Avant de s’impliquer auprès de la CSFY, M. Blais a siégé au conseil d’administration de l’Association franco-y ukonnaise entre 2011 et 2013. Il a ensuite été élu commissaire scolaire en 2013, avant d’assumer la présidence de la CSFY dès 2015.

La défense des droits au cœur de sa passion

M. Blais a dédié 15 ans de bénévolat à la cause de la défense des droits des francophones du Yukon.

Durant les treize années de ses mandats avec la CSFY, l’éducation francophone a connu une véritable métamorphose au territoire.

Parmi ses réalisations phares, on compte l’entente de règlement historique de 2020 avec le gouvernement du Yukon, qui a mis fin à onze ans de litiges et cinq années de négociations, ainsi que l’ouverture du Centre scolaire secondaire communautaire (CSSC) Mercier la même année. Son mandat a également été marqué par la création de l’École Nomade, le lancement du Programme Confluence à Dawson, l’élaboration d’une première formule de financement et l’intégration de la Garderie du petit cheval blanc au sein de la CSFY.

Le regard de Marc Champagne

Marc Champagne, directeur de la CSFY, est entré en poste alors que M. Blais était déjà président, en 2015. « Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai été surpris. Parce qu’on venait d’avoir des élections », expliquet-il. « Mais j’ai compris que, dans les circonstances, il ne pouvait pas demeurer commissaire. » Si, pour lui, cette démission représente la perte d’une voix importante et expérimentée autour de la table, il souligne que la Commission scolaire est aujourd’hui stable, avec une équipe de commissaires d’expérience. « On a trois commissaires qui en sont à leur quatrième année. » Questionné sur l’accomplissement le plus marquant, selon lui, de la présidence de M. Blais, Marc Champagne cible le rapprochement avec la First Nation School Board (FNSB). « Le fait qu’on ait pu avoir notre première conférence de presse conjointe en octobre 2025,

c’était un des dossiers sur lequel il avait beaucoup travaillé et pour lequel il était extrêmement fier », explique le directeur général. Il rappelle l’immense évolution de l’offre de la CSFY au cours des 13 dernières années. « On parle de passer de seulement l’École Émilie-Tremblay à avoir le CSSC Mercier, Confluence à Dawson, l’École Nomade, la garderie, et même bientôt une deuxième garderie Il a certainement joué un rôle pour faire avancer tous ces projets-là. »

William Blais sur les traces de son père

Le militantisme de Jean-Sébastien Blais a également eu un écho profond au sein de sa propre famille. Son fils, William Blais, élève de 10 e année au CSSC Mercier et commissaire-élève de la CSFY depuis peu, confie que l’engagement de son père l’a inspiré à s’impliquer. « Mon père, ou les personnes qui viennent des fois à la maison répondent toujours à toutes nos questions. »

William a grandi au rythme des batailles pour l’éducation francophone. « Je me souviens probablement quand j’avais quatre ou cinq ans il partait pour des réunions par rapport à son travail de président, surtout pendant qu’ils étaient en Cour suprême », se remémore le jeune homme. Pour William, le plus grand accomplissement auquel son père a contribué, c’est l’ouverture du CSSC Mercier, et l’ensemble des démarches juridiques entourant l’article 23 de la Charte qui ont permis sa construction. « Parce

que c’est l’école où je vais », ajoute le jeune homme.

William siège en tant que commissaire-élève dans le cadre d’un projet pilote de la CSFY. Deux autres élèves partagent cette même fonction : Rébecca Fico et Tristan Gagnon.

Pour la suite des choses à la CSFY, la vice-présidente Véronique Maggiore assurera la présidence par intérim. Élections Yukon coordonnera des élections partielles afin de pourvoir le poste de commissaire laissé vacant. « On espère que ça pourra avoir lieu ce printemps », affirme Marc Champagne.

Augmentation du salaire minimum

Rappel à tous les employeurs du Yukon : À compter du 1 avril 2026, le salaire minimum passera de 17,94 $ à 18,51 $ l’heure. er

Chaque année, au 1 avril, le salaire minimum est majoré d’un montant qui correspond à l’augmentation annuelle de l’indice des prix à la consommation pour Whitehorse Cette année, l’augmentation sera de 3,2 %. er

Le salaire équitable, versé aux travailleurs et travailleuses de la construction dans le cadre d’un contrat accordé par le gouvernement, sera également majoré.

Consultez l’Annexe des salaires équitables au yukon ca/fr

Des questions? Communiquez avec le Bureau des normes d’emploi au 867-667-5944 ou à eso@yukon.ca.

La famille était réunie le jour où Jean-Sébastien Blais a reçu la Médaille du couronnement du roi Charles III en avril 2025. De g. à dr. : William, Julie-Anne, Dorothy Williams, Jean-Sébastien Blais, et François-Xavier. Archives

Des outils de communication pour mieux s’adapter aux diversités

Un atelier sur la communication inclusive a été offert le 23 février dernier pour aider les participantes à adapter leurs discours oraux et écrits aux réalités non binaires, trans et intersexes.

Angélique Bernard

Le groupe des femmes francophones du Yukon, les Essentielles, a organisé cet atelier à la suite d’une consultation auprès d’organismes francophones, où plusieurs d’entre eux ont exprimé le besoin de renforcer leurs compétences en communication inclusive.

Spécialiste en français inclusif

Lionel Lehouillier est acteur, auteur, metteur en scène, activiste franco-ontarien et spécialiste en inclusion et français inclusif dans les communautés francophones en milieu minoritaire. Iel est aussi le fondateur et directeur du Théâtre Tremplin, qui promeut la relève francophone en milieu minoritaire. Iel donne également des ateliers dans les établissements éducatifs, du niveau élémentaire à universitaire, ainsi que pour des entreprises au Canada,

Durant sa visite au territoire, en plus de l’atelier offert en collaboration avec les Essentielles, Lionel Lehouillier a donné un atelier au personnel enseignant en langue seconde et un atelier de jeu théâtral inclusif avec la Fabrique d’improvisation du Nord.

Importance d’un tel atelier

Pour Lionel Lehouillier, il est important d’offrir de tels ateliers, car il y a un recul dans le français inclusif dans la fonction publique au Québec et dans certains pays francophones en Europe.

« La langue française est construite sur la prémisse qu’il existe deux sexes ou identités de genre, soit les femmes et les hommes. De ce fait, la langue s’accorde soit au féminin, soit au masculin. Nous savons pourtant que, dans les deux cas, autant sur le plan de l’identité de genre que sur le plan du sexe biologique, la réalité est toute autre.

« Il y a une résistance à adapter la langue. Une langue a une répercussion sur la culture. Nommer, c’est exister, donc si vous retirez des mots d’une langue, vous faites le choix de ne pas reconnaître certaines personnes. L’Académie française a fait tomber certaines règles de proximité, de majorité, de corps de métier et a imposé que le masculin l’emporte toujours sur le féminin », continue l’animateur. Il est intéressant de noter qu’historiquement, le latin possédait un troisième genre, le neutre. La plupart des noms neutres sont passés au masculin en latin vulgaire et, de là, en français.

Astuces pratiques

L’animateur a donné des trucs et des astuces pour aider avec la rédaction inclusive.

L’une des premières tactiques est d’utiliser la rédaction épicène. Il s’agit alors de choisir un mot qui désigne ou qualifie un être animé, qui a la même forme au genre masculin et au genre féminin.

L’utilisation du pluriel est également une façon de rendre un texte plus neutre. La ou le notaire devient les notaires et le ou la dentiste devient les dentistes. Le nom personne, bien que de genre féminin, peut désigner aussi bien un homme qu’une femme. C’est en plus un nom générique puisque, par son sens très général, il s’applique à tous les êtres humains. On peut aussi utiliser les noms collectifs, qui

englobent l’ensemble des genres.

La liste des pronoms non binaires comprend iel, ille, El, Ol, Al, Eux, iol. Pour l’accord du pronom au masculin ou au féminin, le meilleur réflexe à adopter est de systématiquement demander à la personne sa préférence.

Pour les mots qui termine en -eur/-ice, nous pourrions utiliser les néologismes terminant en -aire (doctaire, spectataire, autaire). Des termes comme directeurice peuvent aussi être acceptés.

« Les options sont aussi nombreuses que votre imagination. Il est important que les personnes trouvent la manière qui fonctionne pour elles. C’est impossible de se tromper en utilisant la langue inclusive. Chaque fois que je donne des ateliers et que nous faisons les exercices pratiques, cela donne toujours des réponses différentes, car chaque personne à sa façon d’écrire et de s’exprimer.

On joue avec la langue et il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. Nous pouvons utiliser notre liberté d’expression pour utiliser le genre que l’on préfère », rappelle Lionel Lehouillier.

« Le plus important, c’est de respecter les personnes non binaires dans votre entourage et la façon dont elles veulent qu’on se réfère à elles. Ce sont ces personnes qui sont importantes! L’humanité d’une personne passe TOUJOURS avant une situation systématiquement discriminatoire », conclut l’animateur.

EN PRATIQUE : Quelques exemples

Écriture épicène :

● Direction au lieu de directeur ou directrice

● Présidence au lieu de président ou présidente

● Responsable de projets au lieu de chargé ou chargée de projets

● Cadre au lieu d’administrateur ou d’administratrice

Le pluriel, le collectif ou le neutre :

● Les notaires au lieu de La ou le notaire

● Les dentistes, au lieu de Le ou la dentiste

● La personne qui rédige au lieu de La rédactrice ou le rédacteur

● La personne responsable au lieu de la ou le responsable

● Le personnel au lieu de les employés et les employées

● L’électorat, au lieu de les électeurs et les électrices

● Le corps enseignant, au lieu de les enseignantes et enseignants

● La population du Yukon, au lieu de les Yukonnais et Yukonnaises

Pour de plus amples références sur la question de la rédaction inclusive :

Apprendre à nous écrire : Guide et politique d’écriture inclusive, de Magali Guilbault Fitzbay. 2021

Grammaire du français inclusif, d’Alpheratz. 2018

Les 3 sex : organisme qui lutte pour les droits sexuels et la santé sexuelle des femmes et des personnes de la diversité sexuelle et de genre en mobilisant la population générale autour d’enjeux sexologiques par des projets de

de sensibilisation et d’éducation.

diffusion,
Lionel Lehouillier, spécialiste en inclusion et français inclusif dans les communautés francophones en milieu minoritaire, était à Whitehorse à la fin février pour offrir un atelier sur la communication inclusive.
Angélique Bernard

Les Essentielles : 30 ans d’engagement et de nouveaux défis

À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, l’organisme à but non lucratif, les Essentielles, a rappelé que la défense des droits et du mieux-être des femmes francophones du Yukon demeure un chantier permanent. En plus de proposer une programmation rassembleuse, l’organisme met en lumière plusieurs dossiers structurants, dans un contexte marqué par des inquiétudes liées au financement.

Fondé en 1995, l’organisme à but non lucratif représente les intérêts des femmes francophones du territoire et travaille à améliorer leur qualité de vie en répondant à leurs besoins. Dans un milieu minoritaire et nordique, cette mission prend une dimension particulière.

Un 8 mars entre célébration et mobilisation

Cette année, la programmation du 8 mars a dû être ajustée, puisque l’ouverture des Jeux d’hiver de l’Arctique coïncidait avec la date officielle. Impossible donc d’organiser le concert Pink House le jour même. L’événement bilingue, en partenariat avec le Centre de femmes Victoria-Faulkner et le Yukon Status of Women Council, a eu lieu le soir du samedi 7 mars au CSSC Mercier.

L’engouement a été manifeste : les 80 places disponibles ont été comblées pour le concert. Ce succès témoigne d’un réel désir

de la communauté de se rassembler et de célébrer ensemble. Le lendemain, un brunch familial a réuni également une trentaine de personnes, tandis qu’une formation offerte sur la place des femmes dans un monde en proie au réchauffement climatique a permis un espace d’échange plus approfondi.

Au-delà du caractère festif, le 8 mars constitue un moment de réflexion. Il s’agit, pour les représentantes de l’organisme, de rappeler que les droits des femmes exigent des actions concrètes et continues,

Présentation de Sarah Svoboda

Dans le cadre de la Journée internationale de droits des femmes, nous vous présentons une jeune sportive qui représente le Yukon en basketball aux Jeux d’hiver de l’Arctique.

Propos recueillis par Angélique Bernard

Je suis présentement en 12e année à l’École CSSC Mercier. Je joue au basketball depuis maintenant six ans.

J’aime le basketball parce que c’est un sport d’équipe. Chaque année, que ce soit dans les équipes où j’ai joué ou dans les camps auxquels j’ai participé, j’ai rencontré de nouvelles personnes et je me suis fait beaucoup d’amis et d’amies. De plus, j’adore l’intensité, le rythme rapide et le travail d’équipe qu’on ressent pendant les matchs.

J’ai eu la chance de participer à plusieurs reprises aux Jeux

d’hiver de l’Arctique. Mes premiers Jeux ont eu lieu à Wood Buffalo, en Alberta, en 2023, où mon équipe et moi avons remporté une médaille d’argent (Sarah était la plus jeune joueuse de son équipe à 14 ans). En 2024, à Mat-Su Borough, en Alaska, nous avons obtenu la médaille de bronze. Ces expériences ont été inoubliables et m’ont permis de grandir comme athlète. J’ai aussi participé aux Jeux d’été du Canada en 2005 à St. John’s, Terre-Neuve-et-Labrador.

Pour les Jeux d’hiver de l’Arctique de 2026 à Whitehorse, mon équipe et moi allons tout donner pour gagner le plus possible. L’objectif est toujours de performer

notamment en matière d’accès aux services en français, de santé mentale, d’autonomie économique et de lutte contre l’isolement.

Diversifier pour mieux résister aux aléas financiers

Parmi les grands dossiers actuels, la diversification des services occupe une place importante. L’équipe des Essentielles envisage d’élargir son offre, notamment par des cours d’anglais et des ateliers

de charpenterie. L’objectif est double : répondre à des besoins exprimés par les femmes et renforcer leur autonomie. Cette réflexion s’inscrit dans un contexte d’incertitude budgétaire. Les compressions fédérales potentielles suscitent des préoccupations, et l’organisme attend avec attention le budget territorial 2026/2027. « Vivre des subventions est toujours risqué. On ne sait jamais si on va pouvoir continuer un programme ou non », souligne la directrice des Essentielles, Nina Brandelik.

La dépendance aux fonds publics oblige à une planification prudente. Diversifier les activités permettrait d’avoir « plus d’une flèche à son arc et d’assurer une plus grande stabilité à long terme », indique la direction de l’organisme à but non lucratif.

Certains programmes illustrent déjà l’importance de maintenir les ressources existantes. Le programme de nutrition Les

Cong’elles, par exemple, est toujours pleinement utilisé : il n’y a jamais de surplus. Cette constance démontre que les besoins sont bien réels et persistants.

L’organisme souhaite également s’ouvrir davantage aux communautés à l’extérieur de Whitehorse. « Offrir des services comparables dans les localités rurales répondrait à un besoin identifié et contribuerait à réduire les inégalités d’accès pour les Franco-Yukonnaises vivant hors de la capitale », conclut Mme Brandelik. Enfin, l’année 2026 marquera la conclusion d’un projet d’envergure piloté par Charlie-Rose Pelletier, coordonnatrice des projets en égalité des genres pour les Essentielles. Une initiative de trois ans visant à mettre en valeur le leadership féminin dans le Grand Nord grâce à une collaboration entre le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon. Un 5 à 7 a été organisé en mars afin de souligner l’aboutissement de ce projet, présenté comme un exemple de coopération nordique réussie entre les trois territoires. Entre mobilisation du 8 mars et réflexion stratégique, l’organisme francophone évolue dans un environnement politique et financier en transformation. Il mise sur la solidarité, l’innovation et la diversification pour continuer à répondre aux besoins des femmes francophones du Yukon. Dans un contexte où les subventions demeurent incertaines, la capacité d’adaptation apparaît plus essentielle que jamais.

à notre meilleur, jouer avec intensité, rester unies et nous amuser.

Je prévois possiblement de continuer le basketball après la fin de mes études secondaires. Pourtant, je suis encore en train d’exploiter toutes les options possibles.

Je suis fière de pouvoir représenter le Yukon aux Jeux d’hiver de l’Arctique de 2026!

L’équipe des Essentielles est composée de Nina Brandelik, de Zoé Béthus, de Charlie-Rose Pelletier et de Maya Auguste.
Kahina Chouiter
Sarah Svoboda en action lors de Jeux d’été du Canada en 2025.
Sarah Lewis

Heron Land-Gillis sélectionné pour rejoindre une équipe de cyclisme

Heron Land-Gillis, élève de 12e année au CSSC Mercier, s’est récemment joint à Ignite Junior Cycling, une équipe de vélo sur route, pour la saison 2026.

Angélique Bernard

Le jeune homme de 17 ans a pris de l’avance dans ses études au cours des dernières années et a terminé ses études secondaires en janvier dernier afin de pouvoir participer à des entraînements et à des courses de vélo en Europe dès la mi-février avec sa nouvelle équipe.

Le vélo, une passion

familiale

Heron a commencé à faire du vélo avec sa famille quand il était petit. Avec ses parents et son jeune frère, Sitka, la famille a fait des voyages à vélo partout dans le monde, mais c’était plutôt récréatif. « C’est une grande partie de ma vie. Je me

sens très heureux quand je suis sur un vélo. Ça fait depuis l’année passée que je fais du cyclisme de route compétitif », explique le jeune homme.

L’équipe de cyclisme junior Ignite a invité une trentaine d’athlètes au Canada à envoyer un curriculum vitae avec leurs résultats et un peu de leurs histoires. De ce nombre, l’équipe de course a choisi neuf jeunes cyclistes pour l’année 2026. Heron a accepté de faire partie de cette équipe « puisque Ignite est considérée comme la meilleure équipe junior de développement au pays. Quand j’étais au Vermont en septembre 2025 pour une course, j’ai parlé avec l’équipe d’entraînement et de mécanique d’Ignite, et tout cela me semblait de très haut niveau.

Elle a beaucoup d’expérience pour développer les athlètes et j’aimais l’atmosphère dans l’équipe », ajoute le jeune cycliste. Heron aime aussi le fait que, même si le cyclisme est un sport individuel, tout le monde se soutient. « On travaille en équipe durant la course contre les autres équipes », détaille-t-il.

Projets d’avenir

À la mi-février, Heron s’est envolé en Europe pour un camp d’entraînement et des courses en Espagne. En avril, il participera à des courses en Belgique et en France avant de se rendre au Québec pour des courses durant l’été. Il s’entraînera également avec l’équipe du Yukon. Il sera aussi au territoire

pour recevoir son diplôme d’études secondaires en juin prochain. Son objectif est de continuer dans ce sport le plus longtemps possible. « Si j’obtiens les résultats en Europe et aux nationaux, j’aimerais continuer. Le niveau d’après est U23. J’aimerais faire du vélo en Europe pour une équipe professionnelle et peut-être me rendre aux Jeux olympiques. Je suis très ouvert à ce qui peut se présenter à moi », raconte-t-il. Ce n’est pas la première fois que le jeune homme quitte le territoire pour pratiquer un sport. Il est aussi un skieur de fond avec l’équipe Prospects. Il s’entraîne avec l’équipe de ski de fond du Yukon et il a fait des compétitions d’une semaine à dix jours. Pressé sur la question à savoir lequel des deux sports il choisirait, il avoue que « c’est un peu difficile de choisir. J’ai été chanceux de faire les deux sports au niveau national, mais je vais devoir choisir le vélo, je pense. »

Le jeune homme est heureux de voir que le vélo de course au Yukon est en croissance. « L’année dernière, seuls deux athlètes yukonnais ont participé aux championnats nationaux. Cette année, l’équipe de vélo de course du Yukon compte plus de vingt athlètes, donc c’est quelque chose qui peut se passer au territoire et je suis très heureux de voir la prochaine génération de cyclistes poursuivre ses rêves », conclut-il.

Du soutien, conçu pour le Nord.

La Ligne d’aide en cas de crise de suicide 9-8-8 fournit du soutien gratuit et confidentiel 24 h sur 24, 7 jours sur 7.

Offerte par des partenaires d’un bout à l’autre du pays, dont la Division du Yukon de l’Association canadienne pour la

Heron Land-Gillis durant l’une de ses nombreuses courses.
Fournie

Place aux Jeux!

Consultation communautaire

Beaucoup de francophones ont encouragé les athlètes lors de la parade.
Maryne Dumaine
Équipe Yukon fait son entrée au parc Shipyards.
Angélique Bernard
Lenita Alatini interprète la chanson thème des Jeux.
Maryne Dumaine
Le groupe de tambours de la Première Nation des Kwanlin Dün.
Angélique Bernard
La foule qui participe à la cérémonie d’ouverture.
Maryne Dumaine
Équipe du Kalaallit Nunaat.
Angélique Bernard Équipe du Nunavut.
Angélique Bernard

Un jeune yukonnais représente le Canada en planche à neige au niveau mondial

Stian Langbakk, jeune athlète de 16 ans, a été sélectionné pour représenter le Canada aux Championnats du monde juniors FIS Park & Pipe 2026 à Calgary, où il participera dans les catégories de Rail, Big Air et Slopestyle.Rébecca Fico

Rébecca Fico

Stian Langbakk raconte que sa passion pour la planche à neige est apparue il y a huit ans. « J’ai commencé le skateboard quand j’avais sept ans, puis mon père m’a offert un snowboard pour Noël quand j’avais huit ans, et j’ai commencé le snowboard à ce moment-là ». Depuis, le jeune athlète nourrit une animation profonde pour le sport, qui le pousse à « vouloir faire du snowboard tout le temps » et à « toujours essayer de s’améliorer ». Il possède même son propre rail d’entraînement dans sa cour arrière, avec des structures qu’il a forgées luimême dans le cadre d’un cours de soudage en 2024.

Arrivée aux mondiaux

Pour se qualifier pour les championnats mondiaux, Stian Langbakk a d’abord participé à plusieurs compétitions nationales afin d’accumuler les points nécessaires à sa sélection. Après des performances remarquées au championnat junior national, aux compétitions provinciales de la Colombie-Britannique et à l’événement Air Nation/Nor Am, il est actuellement considéré comme le quatrième athlète au monde parmi les riders de haut niveau nés en 2009.

Ce classement lui a permis d’être sélectionné au sein de l’équipe canadienne pour le championnat du monde.

Perfectionner sa technique sans oublier de s’amuser

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Pour ses entraîneurs Esa Suominen et Mike Stastook, le profond amour de Stian pour le sport est sa plus grande qualité comme athlète. « Ce que j’apprécie le plus chez Stian c’est sa joie de vivre communicative. Parfois, je me dis que les autres peuvent ne pas s’amuser autant. Son sourire est tellement immense que je me demande comment il tient sur son visage. Il est tellement passionné par le snowboard, et c’est contagieux », partage Mike Stastook.

Esa Suominen ajoute : « Ce que je trouve vraiment exception-

nel chez Stian, c’est sa capacité à toujours avoir du fun. Évidemment, il maîtrise les figures et c’est un excellent rider, mais ce sont souvent les athlètes qui abordent les compétitions avec un état d’esprit positif qui excellent. Même certains athlètes de haut niveau peuvent se laisser absorber par l’entraînement et prendre les choses trop au sérieux, mais lui, il privilégie toujours le plaisir en snowboard et s’appuie dessus. Il prend tellement de plaisir à ce sport! »

Un futur plein de possibilités

Pour le championnat du monde, le jeune francophile n’a qu’un objectif simple : réaliser une performance

dont il sera fier et « démontrer le meilleur de [lui-même]. « Je suis extrêmement fier de Stian », partage Esa Suominen, « et il est une véritable source d’inspiration pour moi. Il y a certainement beaucoup de jeunes planchistes au Yukon, et peut-être même partout au Canada, qui admirent Stian et le voient rider, et je pense qu’il est un excellent ambassadeur pour ce sport. »

« D’après mon expérience en planche à neige, l’amélioration est surtout une question de passion et d’obsession, et Stian est extrêmement passionné et obsédé par l’amélioration de ses passes », ajoute Mike Stastook. « Il prend le temps de s’inspirer et, malgré qu’il soit l’un des plus jeunes riders avec lesquels j’ai travaillé, il comprend qu’un rider de compétition ne se résume pas à ses figures. Maîtriser l’aspect mental autant que technique est un atout considérable. » Après les Championnats du monde juniors, Stian compte poursuivre un entraînement de haut niveau dans de grandes installations à l’international. Les membres de la communauté souhaitant le soutenir financièrement dans ce projet peuvent faire un don à snowathletes.ca/athlete/ stian-langbakk

Rébecca Fico, 15 ans, est journaliste en herbe pour l’Aurore boréale.

Votre voix compte!

À Dawson

Poste à temps plein, permanent, en f rançais langue première, qui débute le 19 aout 2026.

Date limite pour postuler : 23 mars

Les détails : csfy.ca/emplois

Renseignements : patrick poisson@yukon ca

Vous

avez 50 ans et plus?

Venez partager votre expérience et contribuer à bâtir un service qui vous ressemble.

Une journée d’échanges, de ré exion et de co-construction pour imaginer l’avenir des services aux personnes aînées et former un petit comité de personnes engagées.

Envie de participer?

Contactez-nous : ainees@afy.ca (867) 668-2663, poste 854

Stian Langbakk a participé aux Championnats du monde juniors dans les épreuves de Rail, Big Air et Slopestyle.

Le hockey féminin se taille une place dans les communautés francophones

Du Yukon à la Nouvelle-Écosse, le hockey se patine aussi au féminin dans les communautés francophones. Porté par la nouvelle ligue professionnelle et les derniers Jeux olympiques d’hiver, l’engouement grandit, mais les joueuses rappellent que la parité est encore loin d’être atteinte.

Langlade

« Quand j’ai commencé à jouer au hockey, à 8 ans, il n’y avait qu’une autre fille dans mon équipe. Maintenant, ils ont réussi à faire des programmes de filles seulement […] Ça a comme grandi avec moi », raconte Orlina A. Ménard, désormais âgée de 21 ans. La Franco-Yukonnaise évolue maintenant dans la ligue de hockey féminin à Whitehorse.

« C’est beau à voir. C’est excitant de voir tellement de jeunes qui s’y mettent et de voir tellement de personnes qui font en sorte qu’il y ait plus de filles qui commencent à jouer et qu’elles se sentent confortables dans le sport. »

« Ça vient vraiment les chercher »

« Aujourd’hui, il y a beaucoup plus d’opportunités […] Si on regarde dans toute la région, on parle d’à peu près présentement 23 équipes de femmes qui jouent au hockey […] On voit que ça gagne de la popularité quand même assez vite », constate de son côté Catherine Paulin à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Elle a commencé à jouer à la ringuette en 8e année avant de se mettre au hockey, au secondaire. « Il n’y avait pas beaucoup d’équipes féminines à l’époque », rapporte la quarantenaire, qui entraine actuellement une équipe à l’école secondaire de sa fille.

Au Manitoba, Chantal Young, 39 ans, originaire de Saint-Claude, « un petit village très hockey », fait le même constat.

« Il y avait quelques filles qui jouaient, l’ouverture était là, mais ce n’était pas très commun que les filles se joignent. Il y en avait dans les premiers niveaux, mais ensuite, on voyait rarement des filles dans les équipes des garçons », se souvient Chantal Young, maintenant directrice générale de Sports en français. Elle s’est pour sa part tournée vers le patinage artistique.

Mère de deux filles, la responsable rappelle l’importance pour les jeunes d’avoir des modèles féminins.

« Avec les Olympiques ces derniers jours, ça criait, ça criait, dit-elle en riant. J’entendais : “Maman, c’est Marie-Philippe [Poulin, la capitaine de l’équipe canadienne de hockey féminin, NDRL]!” Ça vient vraiment les chercher.

» Selon elle, la création de la

Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF), en 2023, a vraiment changé la donne : « Il y avait quand même des équipes féminines très fortes, mais on les voyait à chaque quatre ans. Là, avec toute la gang de la Ligue, la visibilité est là. »

Ses filles sont d’ailleurs très enthousiastes à l’idée d’assister au match de la LPHF, qui opposera la Victoire de Montréal et la Charge d’Ottawa, à Winnipeg le 22 mars.

« On a hâte. Ce n’est pas juste aller voir les femmes jouer, mais aussi l’atmosphère; vivre l’expérience d’un aréna pleine de spectatrices qui encouragent d’autres femmes. »

L’engouement se fait aussi ressentir au sein de la communauté franco-m anitobaine. Le Collège Louis-Riel a, depuis la rentrée 2025, une équipe de hockey féminin composée de jeunes de la 9e à la 12e année. « L’intérêt est là », assure Chantal Young.

Même les détails comptent, rappelle Catherine Paulin. Elle cite les paquets de cartes vendus chez Tim Hortons. « Avant, il y avait une ou deux cartes de joueuses de hockey, tandis que là, il y en a beaucoup plus. Juste avec des choses comme ça, on voit qu’il y a quand même un pas d’en avant. »

« Les gens commencent à connaitre les noms des athlètes olympiennes, ce n’était pas le cas. Puis beaucoup d’hommes ont regardé le hockey féminin aussi, pas seulement les femmes. »

Changement de mentalité

« Quand j’ai commencé à jouer avec les gars en compétition en France, c’était compliqué, témoigne

Aurélie Donnini. Il ne me faisait pas confiance parce que j’étais la fille. Je pense que maintenant, les mentalités changent ». Cela fait deux ans et demi que cette francophone de 36 ans a posé ses patins à Whitehorse, au Yukon.

La gardienne de but cite l’une de ses coéquipières, en France, qui disait se faire passer pour un garçon à ses débuts, « parce que le hockey sur glace, c’était que des hommes. »

« Ici, je n’ai eu aucun problème à m’intégrer chez les hommes, alors qu’ils ne connaissaient pas du tout mon niveau et ne savaient pas qui j’étais, poursuit-elle. Il y a moins ce sexisme. Les gens sont plus ouverts parce qu’ils reconnaissent

que les femmes sont tout à fait capables d’avoir un niveau pour challenger les hommes. »

La ligue féminine de Whitehorse compte aujourd’hui 10 équipes. « Il y a des joueuses sur liste d’attente, ça se remplit très, très vite », observe-t-elle.

Prêt d’équipement et service de garde

À Clare, en Nouvelle-Écosse, un nouveau programme communautaire propose des séances d’initiation au hockey pour les femmes.

« On avait vu qu’il y avait de la demande. On a été approché par certaines personnes parce qu’on fait des séances pour les plus jeunes. Quelques mamans nous avaient dit que ce serait le fun de faire ça pour des femmes aussi », partage la responsable du projet et agente de communication à la Municipalité de Clare, Anique Dugas.

Pour faciliter la pratique, les séances sont gratuites et des bénévoles assurent un service de garde pour les enfants.

« Un des obstacles qu’on avait identifiés, c’était le fait que l’équipement de hockey, c’est cher, remarque Anique Dugas. Puis surtout, on ne sait même pas si on va aimer ça ou pas. Donc c’est parfois difficile de faire l’investissement. » C’est pourquoi elle a mis en place un système de prêt de matériel grâce à des contacts personnels, en attendant l’obtention de financement pour acheter des équipements permanents.

Les séances d’entrainement ont été conçues de manière progressive : d’abord les bases, comment tomber, se relever, s’arrêter, puis les lancers, les passes, le positionnement, avant de mettre tout cela en pratique lors d’un match.

« La plupart des femmes sont des débutantes qui n’avaient jamais joué. Certaines n’avaient même jamais patiné. Donc on voulait commencer par la base et puis continuer à développer », explique la responsable.

Le programme enregistre déjà 44 inscriptions, avec 20 à 25 participantes par séance. « On a eu du retour super positif. Les participantes adorent venir et sont vraiment fières d’avoir l’opportunité de pouvoir apprendre. » Elle espère que ce projet fera des vagues « un

petit peu partout. » Quand elle était jeune, elle devait se rendre à une heure et quarante minutes de chez elle pour jouer sur la glace. « Puis là, maintenant, on voit que le jeu, même de façon locale, est beaucoup plus développé », se réjouit-elle.

Au-delà du jeu, une communauté

« Quand j’ai commencé à jouer, je ne parlais pas vraiment en anglais. J’étais l’une des seules francophones sur la glace, sinon la seule », indique Orlina A. Ménard.

Aujourd’hui, la langue de Molière se fait davantage entendre sur les glaces du Yukon. « C’est plus le fun, il y a un petit quelque chose, c’est un petit peu plus spécial d’avoir des interactions en français. Même si pas toute mon équipe est francophone, il y a assez de francophones pour être capable de parler en français sur le banc. Ça ajoute de la positivité. »

Au-delà du jeu et de la compétition, les femmes aiment avant tout retrouver sur la glace une « communauté », relève Catherine Paulin.

« C’est pas seulement juste du hockey une fois par semaine; c’est une activité la fin de semaine, c’est l’été où on se rassemble, c’est quand il y a un décès dans la famille d’une membre de l’équipe, on est plusieurs à venir. C’est quand quelqu’un a une mauvaise nouvelle, on est plusieurs à apporter du soutien. C’est quelqu’un qui ne peut pas payer son enregistrement cette année, on est là. »

Un sentiment d’appartenance qui n’a pas de langue. Francos, anglos : « La beauté du hockey, c’est que quand on arrive sur la glace, on est tous égaux. Peu importe d’où on vient, quelle carrière on a, ou notre statut économique, social », souligne-t-elle.

« C’est sûr que, quand on est des francophones parsemés à travers l’équipe, on crée des liens naturellement à travers la langue, à travers notre culture, vu qu’on est une minorité. Par contre, je ne pense pas qu’on recherche nécessairement ça. »

« On est quand même loin de la parité »

Néanmoins, toutes s’accordent à dire que le match est loin d’être gagné. « On est quand même loin de la parité, nuance Catherine

Paulin. Il y a beaucoup d’hommes qui sont coachs d’équipes de femmes ou d’équipes de filles. » « Il y a encore dans ce monde-là beaucoup de réticence par rapport à des femmes qui coachent et une inégalité par rapport à la perception du coach femme par rapport au coach homme », estime la Néobrunswickoise.

Elle évoque des stéréotypes – dépassés à ses yeux –, comme celui d’un coach masculin qui devrait être sévère, strict et hausser la voix pour imposer son autorité. « On a encore cette sorte d’environnement toxique là. » Or, selon Catherine Paulin, c’est la représentation qui fait la différence. « Si les filles ne voient pas des coachs femmes, comment est-ce qu’elles peuvent se voir dans ce rôle-là? »

La LPHF et les Jeux olympiques d’hiver sont autant de vitrines pour faire rayonner davantage le hockey féminin. « On a vu beaucoup les matchs des femmes, on les a entendus à la radio. Plus qu’on peut voir ça, plus qu’on va voir les filles et les femmes trouver leur place dans ce monde-là », croit-elle.

« Il y a quand même un petit changement, mais je pense que le changement est quand même lent. Ça a pris tant de temps pour avoir une ligue nationale, c’est quand même dommage parce qu’il y a des générations de filles qui auraient pu être passionnées par le hockey plus tôt. »

« Il y a très peu de joueuses qui sont payées assez pour vivre de ça. Ce n’est pas une réalité dans le monde du hockey masculin », ajoute Orlina A. Ménard. Une inégalité qui se retrouve d’après elle dans le sport féminin en général. Même si le chemin est encore long, la Franco-Yukonnaise se veut confiante : « C’est comme ça que l’on continue à avancer, en focussant sur ce qui est positif au lieu de regarder ce qu’il reste à faire. » IJL - Francopresse

Orlina A. Ménard a grandi au Yukon en jouant au hockey et joue actuellement pour la ligue féminine de Whitehorse.
Stephen Anderson Lindsay

Les Jeux d’hiver de l’Arctique : le sport au service de l’identité

Aux Jeux d’hiver de l’Arctique, les médailles ne racontent qu’une partie de l’histoire. Derrière les épreuves se déploie une trame de langues, de chants et de savoirs qui affirment l’identité des peuples nordiques et autochtones. Depuis plus de 50 ans, la rencontre sportive s’accompagne d’un programme culturel où les jeunes portent et deviennent vecteurs de leur héritage.

Dès leur création en 1970, les Jeux d’hiver de l’Arctique ont fait le choix de ne jamais dissocier les performances athlétiques de l’expression culturelle. Intégré au départ comme pilier à part entière, le programme culturel évolue au même titre que les épreuves sportives et a façonné une dynamique singulière.

Aujourd’hui, les Jeux figurent parmi les manifestations les plus marquantes de l’identité nordique.

Pour la directrice exécutive du Comité international, Moira J. Lassen, cet événement constitue l’une des plateformes majeures du Nord, où les jeunes se regroupent au-delà des frontières pour partager des histoires, des langues et des traditions.

Au fil des décennies, cette dimension culturelle a gagné en visibilité et en reconnaissance. Pour plusieurs délégations, elle représente aujourd’hui un volet aussi attendu que les compéti -

tions sportives, rappelant que le rassemblement dépasse largement le cadre des médailles.

Bien plus qu’une simple compétition

Au-delà des cérémonies d’ouverture et de clôture, la culture imprègne l’événement qui se déroule dans la capitale du Yukon depuis le 8 et jusqu’au 15 mars. Elle s’exprime par les langues, les arts, les rituels et les échanges quotidiens entre délégations.

« Pour nous, la dimension culturelle des Jeux est essentielle. Le sport dans l’Arctique est indissociable de la communauté et de l’appartenance », énonce la cheffe de mission groenlandaise Aviaaja Geisler. Selon elle, les jeunes de Kalaallit Nunaat incarnent aussi des personnalités façonnées par la vie arctique, les savoirs autochtones et les valeurs nordiques partagées.

Sans aborder directement la politique, elle évoque toutefois des

notions de visibilité, d’autodétermination et de confiance en leur propre voix. « En exposant notre culture ouvertement et fièrement lors des Jeux, nous communiquons que le sport n’est pas séparé de l’identité, mais qu’il constitue une manière significative d’exprimer qui nous sommes et où nous allons en tant que peuple arctique », poursuit Aviaaja.

Pour plusieurs jeunes, ces manifestations sportives et culturelles marquent un moment important dans leur parcours. Elles permettent de partager leur culture avec d’autres régions du Nord et de se reconnaître dans des réalités à la fois proches et différentes.

Sarah Frampton, cheffe de mission de l’Alaska, souligne la diversité culturelle de sa région, réunie sous une seule et même bannière dans un rassemblement qui célèbre le monde nordique. « Nos athlètes ne concourent pas seulement pour des médailles, mais comme ambassadeurs des populations et des traditions de l’Alaska. »

Cette position rejoint celle de Paolo Gallina, responsable du marketing et des partenariats aux Jeux d’hiver de l’Arctique Whitehorse 2026, pour qui cette dimension est fondatrice. « La disparition du programme culturel réduirait l’identité nordique des Jeux, transformant l’expérience en une compétition sportive standard plutôt qu’en une célébration axée sur le sport, la culture et l’amitié. »

Les jeunes : passeurs d’héritage et d’identité

Plusieurs délégations illustrent cette dynamique, à commencer par la Sápmi qui souligne le rôle central des jeunes dans la transmission culturelle. « Très souvent, cela inclut le joik dans la présentation », affirme

Sini Rasmus, seconde cheffe de mission, précisant que ces chants traditionnels sont appris au sein de la famille ou de la communauté. Les plus expérimentés peuvent improviser et adapter leur joik à l’ambiance, faisant de chaque performance une expression individuelle et communautaire.

Cette année, leur prestation réunit trois formules artistiques : un joikeur, un cinéaste et un pianiste. Cette combinaison rassemble savoirs ancestraux et expressions

contemporaines. Sini Rasmus souligne également l’importance du duodji, l’artisanat traditionnel de leur région, comme un pilier identitaire et un vecteur de transmission culturelle.

Au Groenland, les Jeux favorisent aussi cette transmission en créant un espace où les jeunes se rencontrent, échangent et voient leur culture reconnue dans un contexte élargi. Cette reconnaissance a un impact profond : elle nourrit leur fierté, leur sentiment d’appartenance et leur motivation à faire perdurer cet héritage.

Pour beaucoup, la participation au rassemblement circumpolaire devient une expérience structurante, qui renforce l’identité et l’engagement à long terme dans le sport comme dans la vie communautaire, selon plusieurs chefs de mission.

Une opportunité qui se manifeste aussi au Nunavut, où Les Inuksuk Drum Dancers d’Iqaluit, - groupe composé d’élèves de l’Inuksuk High School et encadré par Mary Piercy-Lewis, représenteront le territoire lors du gala culturel à Whitehorse. Par le chant et la danse au tambour, ils offriront une expression vivante de la culture inuite aux côtés des autres délégations.

Ici, ces Jeux offrent une vitrine pour « mettre en valeur des Nunavummiuts beaux et résilients ».

Dans un territoire vaste où le développement sportif commence dans chaque communauté, l’événement est l’occasion de reconnaître le travail accompli à la base.

Le contingent des Territoires du Nord-Ouest sera, pour sa part, représenté par les Mackenzie River Dancers, une troupe d’Inuvik dédiée à préserver, faire rayonner et partager le patrimoine autochtone par le biais de leurs prestations articulées autour de musiques traditionnelles, tout en inspirant la fierté collective et en renforçant les liens intergénérationnels. Composé de danseurs et de mentors de différents niveaux d’expérience, le groupe se réunit autour d’une passion commune : leur territoire, leurs pratiques et l’apprentissage. « Par l’enseignement régulier et l’ancrage au sein de leur

milieu local, ces jeunes artistes contribuent à préserver et à célébrer les savoirs ancestraux transmis par les générations précédentes », souligne la cheffe de file des Territoires du Nord-Ouest, Rita Mercredi. Leur spectacle met en valeur une variété de danses traditionnelles qui reflètent l’histoire, les relations à la terre ainsi que les coutumes sociales de la région. Elle ajoute que les aînés, entraîneurs, leaders et membres de la collectivité participent activement à la préparation des jeunes, veillant à ce que ces enseignements ne soient pas seulement appris, mais vivants. « Les Jeux garantissent que ce legs n’est pas statique ou symbolique, mais bien vécu », ajoute Rita Mercredi.

Une solidarité circumpolaire

En plus de la valorisation des identités propres à chaque délégation, les Jeux d’hiver de l’Arctique établissent un espace commun entre les peuples du Nord. Pour Sarah Frampton, l’événement a la capacité de créer des ponts à l’intérieur même d’un territoire. En réunissant des participants des centres urbains, comme Anchorage ou Juneau, et ceux des communautés rurales et autochtones, elle considère que cela effectue un trait d’union, renforçant les interactions au sein de l’État tout en consolidant celles entre les régions circumpolaires. L’équipe du Kalaallit Nunaat confirme cette vision et y voit l’une des plateformes les plus importantes pour tisser des liens forts entre ces communautés nordiques et autochtones. Les Jeux favorisent la confiance et la compréhension mutuelle. « Une expression vivante du Nord », illustre Moira Lassen. Au-delà des performances et des cérémonies, les Jeux deviennent ainsi un cadre où les jeunes du Nord se reconnaissent, se projettent et affirment ensemble ce qu’ils souhaitent transmettre aux générations suivantes.

IJL — Le Nunavoix

Karine Lavoie
La délégation du Nunavut présentera des performances de danses du tambour et des chants à Whitehorse.
Fournie

Un nouvel investissement fédéral pour renforcer la sécurité des Premières Nations du Yukon

Brendan Hanley, député du Yukon, a profité de la scène du Centre des arts du Yukon, où le Sommet de l’Arctique a eu lieu du 23 au 25 février 2026 à Whitehorse, pour annoncer l’octroi d’un financement pour la sécurité dans l’Arctique.

Le premier jour du sommet de l’Arctique, Brendan Hanley, secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires du Nord et de l’Arctique, Rebecca Chartrand, ainsi que Math’ieya Alatini, grande cheffe du Conseil des Premières Nations du Yukon (CPNY), ont annoncé un investissement pouvant atteindre 353 576 $ sur deux ans au CPNY.

Évoquant un contexte géopolitique de plus en plus incertain, cette somme devra assurer la pérennité de la sécurité dans le Nord, selon Mme Chartrand. Pour Brendan Hanley, le renforcement de la sécurité dans l’Arctique doit aller de pair avec la garantie que les retombées économiques de ces initiatives reviennent aux communautés. « En harmonisant les investissements dans la défense avec l’accès aux possibilités de développement économique prévues au chapitre 22 des ententes définitives du Yukon, nous pouvons faire en sorte que les initiatives menées sur notre

Rappeler le pouvoir des gouvernements autochtones

Lors d’un discours d’introduction à l’annonce du financement, Sean Smith, chef de la Première Nation des Kwanlin Dün à Whitehorse, a rappelé que les gouvernements autochtones, en vertu de leur statut d’autonomie gouvernementale, constituent un troisième ordre de gouvernement au Canada. Ils ont donc le pouvoir d’adopter leurs propres lois et règles. Cette autonomie leur permet de bâtir des communautés résilientes en mettant l’accent sur des éléments fondamentaux qui sont la sécurité alimentaire, l’accès au logement, à l’énergie et à l’eau.

territoire tiennent compte des réalités nordiques et qu’elles soient le fruit de partenariats collaboratifs », a-t-il déclaré.

Des partenariats à part entière

Le rôle joué par les Premières Nations dans la sécurité du territoire n’a pas toujours été pris en considération dans le passé. Des manquements dans les communications, en particulier lors de situation d’urgence, comme lorsqu’un objet volant non identifié a survolé de façon illégale l’espace aérien du Yukon en février 2023, ont mis en lumière les occasions manquées pour qu’enfin les Premières Nations soient considérées comme des partenaires à part entière.

Math’ieya Alatini, grande cheffe du Conseil des Premières Nations du Yukon, voit dans cette annonce une opportunité de développement économique tout en positionnant les Premières Nations du Yukon au premier plan dans les travaux relatifs à la sécurité et à la souveraineté dans l’Arctique. « En apportant nos connaissances, notre point de vue et notre leadeurship, nous contribuons à assurer la sécurité, la résilience et la solidité de l’Arctique canadien, et à faire en sorte que le développement du Nord profite à sa population tout en protégeant l’environnement et nos modes de vie », estime-t-elle.

« Les Premières Nations du Yukon accomplissent déjà un travail important dans ce domaine pour soutenir leurs communautés, et nous croyons que ce financement nous aidera à poursuivre ce travail et à renforcer notre voix et nos capacités collectives. »

L’octroi de ce financement permettra notamment au CPNY d’embaucher une personne qui aura pour responsabilité d’aider les Premières Nations. En effet, la notion de sécurité dans l’Arctique englobe une approche holistique où la sécurité économique importe autant que la sécurité humaine, culturelle et environnementale. Dans un environnement arctique en pleine transition, comment identifier de manière précise les priorités

des communautés en matière d’infrastructures et de sécurité dans l’Arctique? Cela suppose un dialogue soutenu et une collaboration étroite entre les gouvernements des Premières Nations, le gouvernement territorial et le gouvernement fédéral d’après Mme Alatini.

L’Alaska : les défis pour les familles autochtones

Depuis l’arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis, la relation avec l’État voisin de

l’Alaska demeure compliquée pour Mme Alatini. Bien que les communautés autochtones entretiennent des liens très forts des deux côtés de la frontière, les déclarations du président ont mis à rude épreuve les familles qui craignent de ne plus pouvoir rendre visite à leurs proches. « C’est une relation complexe qui l’est davantage par la rhétorique actuelle du gouvernement américain. Je pense qu’il y a certainement beaucoup de discussions au sujet des membres de la famille qui souhaitent revenir s’installer au Canada. Alors que les relations avec les États-Unis sont

tumultueuses, c’est un sujet de conversation récurrent. Pour nous, comme pour les Premières Nations du Yukon, c’est un véritable défi de maintenir ces relations alors que nous ne savons pas vraiment comment les gens seront traités aux postes frontaliers », conclut-elle.

Connexions arctiques est une collaboration des cinq médias francophones des trois territoires canadiens : les journaux L’Aquilon, L’Aurore boréale et Le Nunavoix, ainsi que les radios CFRT et Radio Taïga.

Sommet de l’Arctique : pour un Nord résilient et souverain

L’évènement a réuni pendant trois jours, au Yukon, de nombreux acteurs de la scène politique et économique de l’Arctique canadien. Des membres de la défense, des dirigeants autochtones et des chercheurs étaient aussi présents pour discuter des enjeux de souveraineté, de sécurité et d’investissements pour que le Nord demeure stable et résilient.

Le Sommet de l’Arctique s’est tenu à Whitehorse du 23 au 25 février.

L’évènement, coorganisé par le gouvernement du Yukon et la Chambre de commerce de Whitehorse, a rassemblé près de 500 personnes, dont des dirigeants politiques autochtones, des représentants des gouvernements territoriaux, décideurs, acteurs économiques et partenaires circumpolaires pour discuter des enjeux actuels et futurs du Nord.

Plusieurs thèmes ont été abordés, comme la souveraineté, la sécurité, les infrastructures et les ressources essentielles. C’est une vision du Nord résilient et autonome qui a été mise en lumière.

Les trois territoires et leurs perspectives étaient représentés pendant ces trois jours. Que ce soit au niveau municipal, avec la présence des maires des trois

capitales et d’Inuvik ou la présence de leadeurs inuits sur la scène arctique circumpolaire, les nombreux enjeux de la région, mais aussi la complexité de cette thématique ont été abordés sous plusieurs angles et perspectives durant ces trois jours.

Un tournant décisif pour le Canada?

Pour Robert Oliphant, secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères Anita Anand, présent au Sommet, le Canada se trouve à un tournant décisif.

L’Arctique doit demeurer une région sure, résiliente et prospère pour ses habitant·e·s et les générations futures. Conjointement organisée par le gouvernement du Yukon et la Chambre de commerce de Whitehorse, une exposition arctique accessible au public avait également lieu le 24 février au

Centre culturel Kwanlin Dün. Cet évènement a mis en valeur des technologies, des innovations et des projets liés à la souveraineté et la résilience économique dans le Nord.

L’objectif global du sommet était de mettre les priorités nordiques au centre des stratégies nationales et internationales, d’accélérer les investissements durables dans les infrastructures, la sécurité et l’économie arctiques, et de favoriser des partenariats inclusifs où les communautés locales et autochtones jouent un rôle actif dans les décisions qui façonnent l’avenir du Nord.

Connexions arctiques est une collaboration des cinq médias francophones des trois territoires canadiens : les journaux L’Aquilon, L’Aurore boréale et Le Nunavoix, ainsi que les radios CFRT et Radio Taïga.

Nelly Guidici
Math’ieya Alatini, grande cheffe du Conseil des Premières Nations du Yukon, et Brendan Hanley, député du Yukon, ont officiellement annoncé l’octroi d’un financement de plus de 350 000 $ sur deux ans au CPNY.
Nelly Guidici

Mercier : un nom qui relie les salons parisiens aux rives du fleuve Yukon

Le nom Mercier circule abondamment dans les médias internationaux ces jours ci, porté par la pianiste québécoise Hélène Mercier Arnault, formée à Vienne, à la Juilliard School et au Conservatoire de Paris. Reconnue pour sa carrière de soliste et de chambriste, elle attire aussi l’attention en tant qu’épouse de Bernard Arnault, figure dominante de l’industrie du luxe en France. Son nom se retrouve ainsi au cœur de discussions qui dépassent largement le monde de la musique.

Pendant que cette branche de la famille Mercier occupe l’espace médiatique européen, le nom Mercier continue de vivre ici même, au Yukon, et raconte une histoire dans un tout autre registre. Le Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile-Mercier célèbre la mémoire d’un homme dont l’apport au territoire fut déterminant. Né en 1877, Paul-Émile Mercier arrive au Yukon comme ingénieur des travaux publics. Il dirige notamment les travaux de sécurisation du passage des Five Finger Rapids, un chantier essentiel pour la navigation fluviale du début du XXe siècle, avant de devenir directeur du Department of Public Works à Whitehorse.

Deux trajectoires, deux époques, deux univers — mais un même nom issu d’une même lignée familiale. Et entre les deux, un contraste révélateur.

D’un côté, l’actualité française s’attarde aux fortunes, aux débats fiscaux et aux salons parisiens. De l’autre, l’héritage de Paul-Émile Mercier renvoie à une richesse d’un tout autre ordre, profondément ancrée dans l’histoire du Nord. Le territoire du Yukon est né dans l’effervescence de la ruée vers l’or de 1898, un moment où la quête de richesse matérielle a littéralement façonné la région : routes improvisées, villes surgies du jour au lendemain, et un afflux humain sans précédent. Cette ruée a été le berceau doré de l’enfance du territoire — mais elle n’a jamais défini son âme.

Car, bien avant l’arrivée des prospecteurs, les Premières Nations du Yukon vivaient ici depuis des millénaires, et continuent d’y vivre aujourd’hui. Leurs cultures, leurs langues et leurs systèmes de transmission ont façonné le territoire bien avant que l’or ne devienne un mirage mondial. Leur rôle dans l’éducation s’est affirmé récemment avec la création du Yukon First Nation School Board en 2022, qui leur permet d’assumer une part de l’autorité scolaire dans plusieurs communautés du territoire. Les francophones, eux aussi, ont bâti leurs propres institutions éducatives, notamment la Commission scolaire francophone du Yukon, fondée en 1996 pour assurer l’éducation en français langue première dans ce contexte nordique unique.

Une fois l’or épuisé, ce sont ces valeurs — l’ingéniosité nécessaire pour vivre dans un climat exigeant, la solidarité entre communautés isolées, la persévérance de celles et ceux qui ont choisi de rester — qui ont pris le relais. C’est dans cet esprit que s’inscrit la contribution de Paul-Émile Mercier, dont les travaux d’ingénierie ont permis au territoire de se développer bien au delà de l’éphémère fièvre de l’or.

Ici, la richesse se mesure moins en pépites qu’en capacité à bâtir, à relier et à transmettre.

Le CSSC Mercier, inauguré comme espace scolaire et communautaire francophone, s’inscrit dans cette vision d’un Nord où la richesse se mesure en résilience, en transmission et en

engagement collectif. Ici, le nom Mercier n’évoque pas le luxe, mais la continuité d’un effort patient : celui de faire vivre la francophonie dans un territoire vaste, exigeant et profondément créatif.

Dans un monde où l’on confond souvent richesse et accumulation, le Nord rappelle que

certaines valeurs — l’éducation, la culture, la communauté — valent infiniment plus que les milliards. Et que les noms que portent nos écoles racontent parfois des histoires bien plus essentielles que celles qui font la une. Ce texte a été soumis par Cécile Girard de façon bénévole.

Regard sur l’extérieur du Yukon

Renforcer l’application de la Loi sur les langues officielles : les recommandations de la FCFA

Conformément à la Loi sur les langues officielles, modernisée en 2023, le commissaire aux langues officielles est habilité à infliger des sanctions administratives pécuniaires (SAP) aux institutions fédérales et aux entreprises de transport qui ne respectent pas leurs obligations linguistiques. En novembre 2025, le gouvernement a rendu public un avant-projet de règlement visant à préciser le cadre d’application de ce pouvoir.

En janvier 2026, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) a partagé un mémoire dans lequel elle formule ses observations et propose ses modifications destinées à renforcer ce cadre réglementaire. leau-vive.ca/en/Chroniques/Entre-hier-et-aujourdhui/sanctions-administratives-pecuniaires-pourinfractions-a-la-loi-sur-les-langues-officielles-memoire-de-la-fcfa

2026, année de la francophonie en Alberta : quel avenir pour la communauté?

L’année 2026 marque le centenaire de la francophonie en Alberta. À l’initiative de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), le gouvernement provincial a officialisé 2026 comme année de la francophonie. Parallèlement, les discussions autour d’une éventuelle indépendance de la province reviennent régulièrement dans l’actualité. Dans ce contexte, quelle place occupent les francophones dans cette province de l’Ouest? onfr.tfo.org/mouvement-souverainiste-independance-alberta-francophonie-albertaine/

La Marine royale veut attirer plus de francophones

Selon le vice-amiral Angus Topshee, la Marine royale canadienne peine à recruter des francophones, notamment parce qu’aucune de ses bases n’est située dans une région francophone, contrairement à l’Aviation royale canadienne. Il suggère donc la création d’une base navale dans le golfe du Saint-Laurent, au Québec ou au Nouveau-Brunswick. Une telle implantation permettrait non seulement d’améliorer le recrutement, mais aussi de répondre à des besoins stratégiques. Le vice-amiral évoque également la sécurité de l’Arctique, les menaces émergentes et les investissements dans de nouvelles technologies pour les sous-marins. ledevoir.com/politique/canada/954552/marine-plaide-base-navale-terre-francophone

Vivre en français au Manitoba : ce que disent les jeunes

Trois jeunes qui vivent au Manitoba racontent leur quotidien en français dans cette province : la langue qu’ils utilisent en famille, entre amis, à l’école, au travail, chez le médecin, pour leurs démarches et dans leurs activités. Ils expliquent ce qui fonctionne bien, ce qui pose davantage de défis, et s’ils estiment qu’il est possible de vivre entièrement en français au Manitoba. Trois témoignages, trois réalités, trois expériences différentes. la-liberte.ca/2026/02/09/le-rapport-au-francais-chez-les-jeunes-du-manitoba-2/

Des badges numériques pour mettre en lumière les savoirs des francophones

Le Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC) lance Francobadges, un projet de badges numériques destiné à reconnaître les compétences des francophones au Canada.

L’initiative vise à mettre en valeur les savoirs acquis tout au long de la vie, y compris ceux développés en dehors du parcours scolaire traditionnel, comme le bénévolat ou les formations internes en entreprise.

Le RESDAC espère déployer ce système de reconnaissance au cours de l’année. lefranco.ab.ca/francophonie/2026/02 /24/francobadges-faire-reconnaitre-les-competences-des-francophones-au-dela-des-diplomes / Écrit par Angélina Delatte, gestionnaire par intérim, Justice et veille stratégique pour l’Association franco-yukonnaise (AFY). Angélina prépare quotidiennement des revues de presse pour la direction générale de l’AFY.

Paul-Émile Mercier
Jeanne Mercier-Depocas

Entre introspection et renaissance : le passage des Poissons au Bélier

Catherine Bolduc-Gagnon

Les remous astraux ont été bien présents ces dernières semaines. Il est temps d’intégrer les messages qui nous sont parvenus durant cette période en profitant des derniers jours de la saison des Poissons.

Maintenant que la saison des éclipses s’est terminée le 3 mars dernier, un temps d’intégration, de repos et de méditation s’impose. C’est le moment d’oublier son ego, de prendre un pas de distance sur ce qui nous arrive et de se rappeler que nous sommes bien petits dans l’univers. Nous faisons partie de quelque chose de beaucoup plus grand que nous.

Connectez-vous à l’instant. Calmez votre système nerveux. Laissez-vous flotter au rythme des vagues de votre inconscient. Offrez de l’amour à vous-même et à vos proches. C’est un bon moment pour une marche dans la nature, non pas pour faire de l’exercice, mais pour communier avec elle, prendre conscience de la vie autour de vous. Contactez les gens que vous aimez, écoutez-les, connectez-vous à ce qu’ils vivent et célébrez leur présence.

La nouvelle lune en Poissons : manifester dans la douceur

vement intérieur. Cueillez le fruit de vos méditations récentes. Suivez votre cœur et, dans la paix de votre âme, manifestez ce dont vous avez besoin pour vous connecter à l’univers et à l’amour universel. Si ces mots vous paraissent étranges, c’est bien normal. La quête spirituelle et sensible des Poissons n’est pas toujours la mieux acceptée dans notre société de productivité. Pourtant, en astrologie, la fin du cycle des Poissons marque un moment de dissolution des anciennes structures émotionnelles afin de préparer un nouveau départ.

Faites-vous le cadeau de vous laisser inspirer par ce mysticisme pour encore quelques jours. Soyez sensibles sans réticence. Laissez sortir vos émotions sans préjugé. Reposez-vous avant l’arrivée de la flamboyante saison du Bélier.

Le 20 mars : l’élan du renouveau

Le 20 mars, au moment même où le printemps brise courageusement les couches de glace pour faire renaître la vie, le Bélier recommence la roue du zodiaque. Premier signe astrologique, il symbolise l’initiation, l’impulsion première, le courage brut d’exister.

Après une saison d’intériorisation et de contact avec notre sensibilité intérieure, il est temps de sortir de sa coquille et de matérialiser les intuitions venues à nous.

risson qui apprend à marcher en tombant puis en se relevant. Tout est nouveau pour le nouveau-né, et tout est possible dans l’énergie du Bélier. Il nous pousse à nous découvrir et nous redéfinir sans peur. À suivre notre feu intérieur, notre spontanéité, et à dire oui à la vie.

La nouvelle lune en Poissons du 18 mars vient approfondir ce mou-

Le Bélier nous invite à renaître courageusement, comme le nour-

Errata

Dans l’édition du 26 février, une erreur s’est glissée en page 10. L’humoriste Jonathan Dion a bien donné une formation de Stand Up Comedy, mais elle a eu lieu le 4 mars en soirée. Le 25 février, la formation en humour était donnée par Lionel Lehouiller, et traitait de l’inclusion dans le domaine de l’humour. Beaucoup de belles formations pour nos humoristes locaux! On en perd notre latin

Dans l’article de Nelly Guidici sur le retour sur les premiers Jeux d’hiver de l’Arctique en page 20, la légende de la première photo montre bien les athlètes des Territoires du Nord-Ouest et non du Nunavut. Nos excuses à Nelly.

ASTROLOGIE

LECTURE DE CARTE DU CIEL

Découvrez les influences qui façonnent votre vie. Analyse personnalisée pour éclairer vos dynamiques internes, comprendre vos conflits intérieurs et vous guider dans vos choix futurs.

Catherine Bolduc-Gagnon catherine.bolducgagnon@gmail.com 438-465-9306

Le crocus qui perce un sol à peine dégelé ne refuse pas le soleil par crainte de ne pas être à la hauteur. Il pousse. Simplement. Faites comme lui : suivez votre pulsion de vie et plongez dans la grande aventure qui vous appelle.

Mercure direct : la clarté revient

Cette poussée d’énergie sera d’au-

tant plus naturelle que Mercure terminera sa rétrograde au même moment où le Soleil entrera en Bélier. Les retards de contrats, les pensées embrouillées et les fils de conversation perdus laisseront place à des échanges plus francs et directs, parfois avec moins de diplomatie, mais avec davantage de vérité.

Les choses seront dites et vécues plus candidement, plus bravement. L’élan mental suivra l’élan du cœur.

Le ciel ne nous demande plus seulement de ressentir. Il nous invite désormais à agir.

Services d’appui à la recherche d’emploi au Yukon

Conseils et information sur le marché du travail

Rédaction, révision, traduction de CV

Préparation à une entrevue d’embauche

Tutorat en anglais

Accès à un espace de travail

On peut vous aider!

L'Association franco-yukonnaise offre ces services gratuitement aux personnes résidant au Yukon.

Fonds du patrimoine historique du Yukon

Le

Fonds offre un soutien financier à des projets portant sur :

• l’archéologie et la paléontologie;

• les centres culturels des Premières Nations;

• les musées;

• les sites historiques et la recherche historique;

• la préservation des langues autochtones;

• les noms de lieux.

La date limite pour présenter une demande est le 16 mars à 16 h 30.

Infos : yukon.ca/fr/fonds-du-patrimoine-historique

Pour communiquer avec la Section des lieux d’intérêt historique, écrivez à heritage.grants@yukon.ca 867-667-5386

Sans frais (au Yukon) 1-800-661-0408, poste 5386

Fournie
Après la saison des Poissons, sensible et introspective, le Bélier nous invite à être courageux, comme le crocus qui perce le sol gelé.
Fournie

COMMUNAUTAIRE

 Émission Rencontres. Diffusion de l’émission Rencontres, tous les samedis, dès 16 h 05, au 94,5 FM ou au 102,1 FM.

Rens. : emission-rencontres.afy.ca

 Échange de livres. La CSFY t’invite à laisser un livre

MAINTES

Adjectif signifiant un grand nombre de, plusieurs ou beaucoup. (p. 2)

PROXIMITÉ

Situation d’une chose qui est à peu de distance d’une ou plusieurs autres, qui est proche. (p. 8)

ENGOUEMENT

Intérêt populaire pour un concept, un objet, une idée ou un personnage public. (p. 9)

Règles du jeu :

ATOUT

dans un lieu public avec une note : je suis pour toi. Partage une photo du livre dans son lieu à tee@csfy.ca pour le tirage d’un chèque-cadeau.

 Ludothèque. Profitez de plus de 500 jeux gratuits! La prochaine date pour récupérer vos jeux est le 1er avril. Créez un compte et réservez à ludoyukon@gmail.com

Rens. : csfy.ca/ludo

DIVERS

 Test d’évaluation de français

Possibilité de passer le TEF au Centre de la francophonie. Épreuve de français reconnue pour l’obtention de la résidence permanente au Canada.

JEU Nº 923

Deux fois par mois.

Rens. : tef.afy.ca

NIVEAU : DIFFICILE

 Le droit au Yukon. Notre plateforme vous aiguille dans vos recherches juridiques et vous dirige vers les ressources compétentes.

Rens. : droitauyukon.afy.ca

 Histoires de guerre. Découvrez le parcours et le témoignage de huit individus qui ont vécu la Seconde Guerre mondiale pendant leur enfance et qui sont maintenant installés au Yukon.

Rens. : histoiresdeguerre.afy.ca

 Réunion Alcooliques Anonymes en français. Tous les mardis à 17 h. En ligne, sur Zoom. ID de réunion : 833 9614 4061/ Mot de passe 0 (zéro).

Rens. : JPAwhitehorse@gmail.com

RÉPONSE DU JEU Nº 923

francophone de rêve Rens. : resdac.net/macommunaute-francophone-de-reve

 Maison à vendre. Cowley Creek, magnifique vue, accès sentiers très proche. Très beau terrain avec terrassement naturel. Très éclairé orientation sud-ouest. Deux chambres à coucher ou une chambre et une suite grand-mère. Rens. : roxannethibaudeau0@gmail.com

EMPLOI

 Offre d’emploi à Dawson Enseignement en maternelle, permanent, à temps plein, en français langue première. Date limite pour postuler : 23 mars. Détails à csfy.ca/emplois Rens. : patrick.poisson@yukon.ca

 Pigistes recherché·e·s. L’Aurore boréale souhaite étoffer son équipe de pigistes (au Yukon). Vous voulez faire rayonner votre communauté et vous avez des compétences en rédaction journalistique? Les contrats sont rémunérés. Rens. : redaction@auroreboreale.ca

SANTÉ

 Ressources santé cognitive! Pour en savoir plus, venez découvrir le microsite de

RAPIDES

références sur la santé cognitive : cerveausanteyukon.org /

 Le sommeil vous joue des tours? Visitez le microsite de références sur le sommeil développé par le PCS : francosommeilyukon.com /

 Mieux comprendre pour mieux communiquer. Le microsite sur les troubles du spectre de l’autisme et la neurodivergence est ici : autismefrancoyukon.com/ ressources

 Besoin d’aide en français pour vos rendez-vous en santé? Service d’interprétation en santé gratuit et confidentiel

JEU Nº 924

pour la prise de rendezvous médicaux : traduction orale sur place, navigation interservices, etc. Rens. : pcsinfo@francosante.org ou 668-2663, poste 810  TAO Tel-Aide, ligne d’écoute téléphonique. Au Yukon, la ligne d’écoute empathique en français TAO Tel-Aide est disponible gratuitement et en tout temps au 1 800 567-9699. N’hésitez pas à les contacter pour parler de vos craintes, vos sources d’anxiété, votre stress, votre solitude ou tout ce qui vous chamboule au quotidien, 24 h/24.

CALENDRIER COMMUNAUTAIRE

Du

NIVEAU : FACILE

17 au 31 mars

 17 h 30 à 19 h 30 : Formations logiciels. Microsoft Word et Excel avec Miguel Dans, au Yukonstruct. Différents niveaux disponibles. Inscription obligatoire. Gratuit. Rens. : formation.afy.ca

17 mars

 17 h 30 à 19 h : Cours d’anglais tous niveaux. Au local des Essentielles. Inscription sur Eventbrite. Rens. : mobilisation@lesessentielles.ca

18 mars

25 mars

 17 h 30 à 19 h 30 : Initiation à l’improvisation. Atelier ouvert à tout le monde. CSSC Mercier. Gratuit

Inscr. : forms.gle/ yCtL1YgCpQtHENfj6

26 mars

 13 h 30 à 15 h 30 : Cours de cuisine et de pâtisserie. Découvrez des techniques de chef. Centre de la francophonie. Pour les 50 ans et plus. Gratuit. Rens. : gourmand.afy.ca

Moyen de réussir, chance de succès (p. 12)

Vous devez remplir toutes les cases vides en plaçant les chiffres 1 à 9 une seule fois par ligne, une seule fois par colonne et une seule fois par boîte de 9 cases.

 Vous venez d’immigrer au Yukon? L’Aurore boréale vous offre six mois d’abonnement (papier ou format numérique) au seul journal communautaire francophone du territoire.

Rens. : info@auroreboreale.ca

Chaque boîte de 9 cases est marquée d’un trait plus foncé. Vous avez déjà quelques chiffres par boîte pour vous aider. Ne pas oublier : vous ne devez jamais répéter les chiffres 1 à 9 dans la même ligne, la même colonne et la même boîte de 9 cases.

 Bourse de 10 000 $ pour votre organisme. Vous avez une vision pour l’avenir? Partagez-la dans une capsule de 90 secondes avec le concours Ma communauté

JEU Nº 925

NIVEAU : FACILE

RÉPONSE DU JEU Nº 925

Règles du jeu :

Vous devez remplir toutes les cases vides en plaçant les chiffres 1 à 9 une seule fois par ligne, une seule fois par colonne et une seule fois par boîte de 9 cases.

Chaque boîte de 9 cases est marquée d’un trait plus foncé. Vous avez déjà quelques chiffres par boîte pour vous aider. Ne pas oublier : vous ne devez jamais répéter les chiffres 1 à 9 dans la même ligne, la même colonne et la même boîte de 9 cases.

Règles du jeu :

 Bienvenue à toutes les personnes en visite à Whitehorse à l’occasion des Jeux d’hiver de l’Arctique. Familles, équipes, athlètes, supporters. Que Whitehorse marque en vous d’excellents souvenirs pour la vie!

Vous devez remplir toutes les cases vides en plaçant les chiffres 1 à 9 une seule fois par ligne, une seule fois par colonne et une seule fois par boîte de 9 cases. Chaque boîte de 9 cases est marquée d’un trait plus foncé. Vous avez déjà quelques chiffres par boîte pour vous aider. Ne pas oublier : vous ne devez jamais répéter les chiffres 1 à 9 dans la même ligne, la même colonne et la même boîte de 9 cases.

 Bon rétablissement à JeanFrançois Roldan, qui a eu de grosses mésaventures de santé lors de sa visite au Yukon.

 Tous nos meilleurs vœux de santé également à Émilie Lefrançois, qui a eu elle aussi des défis dans les dernières semaines.

 Bienvenue à Papou et Mamie, (Annie et Guy), en visite pour encourager leur athlète de U18 préféré!

 Bravo et merci aux bénévoles des Jeux d’hiver de l’Arctique!

RÉPONSE DU JEU Nº 924

 11 h 30 à 13 h 30 : Repas-délice. Spectacle de danse de soie et de hula-hoop. Pour les 50 ans et plus. Centre de la francophonie. Gratuit. Rens. : gourmand.afy.ca

20 mars

 19 h à 21 h : Ciné-débat. Film «Woman» de Anastasia Mikova et Yann Arthus-Bertrand. Au CSSC Mercier. Inscription sur Eventbrite. Rens. : mobilisation@lesessentielles.ca

24, 25 et 26 mars

JEU Nº 926

NIVEAU : INTERMÉDIAIRE

 Dès 16 h 30 : Consultation communautaire. Trois rencontres à Whitehorse, Haines Junction et Dawson, à propos du développement d’un campus francophone au Yukon. Événement bilingue. Rens. : formation.afy.ca

 19 h à 21 h : Match d’improvisation. Spécial Rendez-vous de la francophonie. Centre de la francophonie. Gratuit. Rens. : lafabriqueimpro@gmail.com

30 mars

 17 h 30 à 20 h : Atelier femmes entrepreneures. Repensez votre relation à l’argent et gérez mieux votre entreprise. Centre de la francophonie. Inscription obligatoire. Gratuit. Rens. : entrepreneuriat.afy.ca

31 mars

 17 h 15 à 19 h 15 : Prévention des chutes. Apprenez à vous relever de manière sécuritaire. Pour les 50 ans et plus. Centre de la francophonie. Gratuit. Rens. : franco50.afy.ca

Annoncer ici (gratuit) redaction@auroreboreale.ca

Le festival Yukon Rendezvous offre des activités pour le moins ________, comme des prestations de french cancan en raquettes et le lancer de la scie à chaîne.

• inédites

• innédites

• inédittes

par colonne et une seule fois par boîte de 9 cases.

Vous reconnaîtrez Dorothée et Marguerite Tölgyesi qui ont fait partie des danseuses de cancan du festival Yukon Rendezvous cette année. Nous leur souhaitons un bon repos après de longs mois d’entraînement et plusieurs semaines de spectacles.

Félicitations au duo médical francophone Alex Poole (chirurgie) et Josianne Gauthier (pharmacie), récipiendaires de la prestigieuse médaille du Gouverneur général pour leurs travaux sur la gestion/protocole des engelures.

Dans le cadre de sa tournée au Yukon, le groupe de musique francophone Amour Courtois a donné un concert gratuit au Centre des Jeux du Canada, le 2 mars.

Voici les élèves du cours de français Beginner 1 du mardi soir qui faisaient la chasse aux mots dans le journal l’Aurore boréale cette semaine-là.

Le lancement officiel des Rendez-vous de la francophonie au Yukon a eu lieu le 5 mars, avec une réception et un spectacle de la tournée d’humour.

Jeunesse Franco-Yukon a fait une soirée bricolage avec Aurore Favier. L’activité a eu lieu dans le cadre des Rendez-vous de la francophonie, au début de mars.

Le média Urbania a créé une nouvelle série dans sa section « Période libre ». Climat intérieur parle des écoémotions. Le quatrième épisode met en lumière la solastalgie, ce sentiment de ne plus reconnaître l’endroit d’où l’on vient. Il se base sur Liam, originaire du Yukon. On y mentionne un article de l’Aurore boréale : Prévenir les feux de forêt tout en créant des espaces utiles pour la communauté, de Gwendoline Le Bomin.

Les Essentielles ont célébré la journée du 8 mars avec une journée d’activités familiales. Le film Mirai ma petite soeur a été présenté au CSSC Mercier, suivi d’une discussion animée par Madeleine Piuze au sujet des émotions dans le cadre familial. Un brunch et des ateliers étaient aussi organisés par la suite.

Maheux
Angélique Bernard
Magazine Up Here Yukon (Air North)
Facebook/AFY
Angélique Bernard
Maryne Dumaine

Le Recensement de 2026 est en cours dans certaines communautés nordiques et éloignées. Les données du recensement peuvent aider à plani er des programmes et des services communautaires.

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