No de convention : 4061051
LE JEUDI 22 AVRIL 2021 | VOLUME 38 | NUMÉRO 8
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Laurie Trottier
Revitalisation des langues autochtones Laurie Trottier PAGE 11
Agnès Viger
Brigitte Jardin : concerts et résidence artistique à Dawson Agnès Viger
À DÉCOUVRIR
Élections territoriales : des résultats inattendus
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Rapport sur la pauvreté au Yukon
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Les bédéistes du Nord
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Joe la Jolie expose les corps peints 13
AFY
Le Prix du bénévole de l’année a été remis à Sophie Molgat pour son implication dans de nombreux projets de protection de l’environnement. Suite p. 22
Jardiner local
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Les origines du miel yukonnais
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Immigration : Maurine Forlin
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Jeudi 22 avril 2021
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scÈne locale
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Élections au Yukon : des résultats inattendus et une communauté francophone entendue Les élections territoriales ont été des plus uniques, que ce soit par rapport à l’égalité survenue dans la circonscription de Vuntut Gwtichin qu’en raison des premières pour la communauté francophone. Quels ont été les éléments nouveaux qui ont caractérisé ces élections pour la francophonie yukonnaise, et sont-ils là pour rester? Laurie Trottier
Plusieurs événements sont survenus entre l’annonce du déclenchement des élections le 12 mars et la soirée électorale du 12 avril. D’abord, les candidates du Parti libéral Pauline Frost et du Nouveau Parti démocratique (NPD) Annie Blake sont arrivées à égalité, avec 78 votes chacune, dans la circonscription de Vuntut Gwtichin, laissant planer le suspense sur l’ensemble des résultats des élections territoriales pendant plus d’une semaine. (Les résultas sont encore inconnus au moment d’écrire ces lignes). Ensuite, il s’agissait de la première fois que les trois adversaires, le Parti libéral, le Parti du Yukon et le Nouveau Parti démocratique se positionnaient publiquement sur les enjeux de la francophonie yukonnaise. Kate White, du NPD, la seule cheffe de parti capable de
s’exprimer couramment en français, a répété à maintes reprises son engagement envers la francophonie yukonnaise et a mentionné celle-ci dans sa plateforme électorale. Le gouvernement libéral de Sandy Silver, à la tête du Yukon depuis 2016, a affirmé qu’il allait poursuivre le travail entamé pour le centre de santé bilingue, et est le seul parti à avoir traduit entièrement son programme électoral en français. Dans un communiqué, le Parti du Yukon a lui aussi exprimé son intérêt à travailler en étroite collaboration avec l’AFY et la communauté francophone.
c’est certain que c’est positif. Là on va s’assurer qu’ils rencontrent leurs promesses, on va s’assurer de continuer le travail qui a été enclenché », affirme Isabelle Salesse, directrice générale de l’Association franco-yukonnaise (AFY). « Je trouve ça assez remarquable parce que c’est un message que le poids des francophones est important dans ces élections, avait-elle d’ailleurs ajouté sur les ondes de Radio-Canada lors du dépouillement des votes le 12 avril dernier. De se positionner publiquement pour dire que ‘‘nous on va travailler avec la communauté francophone’’, pour moi, c’est un engagement important parce que Un poids ça peut avoir des répercussions. » Les trois chefs ont été démographique élu.e.s dans leur circonscription et politique respective : Kate White dans « Les trois partis se sont engagés Takhini-Kopper King, Sandy Silver envers notre communauté, donc dans Klondike et Currie Dixon
LA PRIORITÉ : VOTRE SANTÉ
Prenez rendezvous pour un test de dépistage de la COVID-19 avec le nouvel outil de réservation en ligne. Si vous avez des symptômes de la COVID-19, prenez rendez-vous au
yukon.ca/fr/prendre-rendez-vous-depistage-covid-19.
Fournie
Claudiane Samson a tenu à souligner l’énorme travail effectué en amont par l’équipe de Radio-Canada pour rendre possible cette émission. Des personnes à Calgary, à Edmonton et à Vancouver et une équipe de production permettant la tenue d’entrevues en direct avec des panélistes à distance sont aussi derrière le succès de la première soirée électorale en français du Yukon.
dans Copperbelt North. Les résultats non officiels publiés par Élections Yukon le lendemain du vote démontrent que 19 001 Yukonnaises et Yukonnais se sont rendu.e.s aux urnes le 12 avril dernier, ce qui représente un taux de participation de 66 %, soit 10 % de moins qu’en 2016.
Première soirée électorale en français pour ICI Yukon Alors qu’arrivaient au comptegoutte les résultats des votes dans les 19 circonscriptions, ICI Yukon était en direct à la radio et sur Facebook, et ce, dans le cadre d’une première soirée électorale entièrement en français. Animée par Marie Villeneuve, la soirée a donné la parole à des Franco-Yukonnais.e.s à travers le territoire, à Sophie Delaigue invitée en tant qu’analyste, et à Francis Plourde et Claudiane Samson, respectivement journalistes aux résultats et sur le terrain. « C’était une belle initiative, avec une bonne variété de discussions », estime Isabelle Salesse. C’était la première fois que Sophie Delaigue contribuait à ce genre de présentation pour le diffuseur public. « C’était une vraiment belle expérience, avec une très belle équipe », ajoute-t-elle. Sophie Delaigue a étudié à Sciences Po en
France et est installée au territoire depuis 2007. Citoyenne canadienne depuis 2011, celle-ci affirme que l’intégration politique est la dernière étape à franchir, et qu'elle survient bien après l’intégration économique, sociale et culturelle. « J’aime la politique et j’aime la façon dont on fait la politique au Yukon », s’exclame-t-elle. Elle a tenu à souligner l’excellent travail de Claudiane Samson, qui a été au cœur de la planification de cette soirée. S’il n’est pas possible de savoir combien de Franco-Yukonnais.e.s suivaient l’émission à la radio, le direct Facebook a engendré 1 500 visionnements. Pour Claudiane Samson, l'émission a été une réussite et le fait « qu’il y ait autant d’intérêt et que les Franco-Yukonnais.e.s étaient là à écouter et étaient engagés sur la page (Facebook) » l’a particulièrement touchée. Pour elle, cette soirée remplissait la mission même de son métier : servir le public. « Je n’ai pas d’autres intérêts que ça. Lors d’une soirée électorale comme celle-là, c’est toujours agréable et gratifiant de savoir que notre travail est apprécié et consulté », ajoute-t-elle. Une des dernières interventions de Sophie Delaigue en direct de la soirée électorale était remplie d’espoir sur la place de la francophonie yukonnaise au territoire : « On est là, et on est là pour rester. »
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XXXXXX ÉDitorial
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Ensemble Maryne Dumaine
Élections 2021 Dans tous les cas, Kate fera pencher la balance!
L’ÉQUIPE Maryne Dumaine Directrice et rédactrice en chef 867 668-2663, poste 510 dir@auroreboreale.ca
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Laurie Trottier
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Guillaume Riocreux
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L’Aurore boréale 302, rue Strickland Whitehorse, Yukon Y1A 2K1
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Le journal est publié toutes les deux semaines, sauf en juillet, mois de relâche. Son tirage est de 2000 exemplaires et sa circulation se chiffre à 1950 exemplaires. Les textes publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. L’Aurore boréale est membre de Réseau.Presse et est représenté par l’agence publicitaire Lignes Agates marketing : 905 599-2561
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marie-Paule Berthiaume, nelly Guidici, Yves lafond, annie maheux, marie mounier, Kelly tabuteau, agnès viger Révision des textes et correction d’épreuves :
L’Aurore boréale est sociétaire de l’organisme de charité Donatien-Frémont qui encourage les jeunes à étudier en français dans le domaine des communications.
marilyn Ferland
Le journal est publié par l’Association franco-yukonnaise, à Whitehorse, au Yukon.
mélanie sylvain et stéphane cole
Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada.
Caricature :
Avec respect, nous tenons à reconnaitre que nous travaillons et publions ce journal sur le territoire traditionnel de la Première nation des Kwanlin Dün et du conseil des Ta’an Kwäch’än.
annie maheux
Merci à
Distribution :
Conception de la maquette du journal :
Patric chaussé
Bon d’accord, rester seul.e pour des moments d’introspection ou pour se reposer un après-midi de printemps, le visage transformé pour l’occasion en tournesol, face au soleil, c’est sympathique. Mais après près de quinze mois à chercher du positif dans la distanciation, même les plus optimistes d’entre nous arrivent à une conclusion unanime : ça nous manque d’être ensemble! Il y a quelques jours a commencé la Semaine de l’action bénévole. « Ensemble nous sommes plus fort.e.s. Ensemble nous bâtissons la communauté », peut-on lire sur l’annonce de remerciements à tous les bénévoles franco-yukonnais.e.s. Ensemble… le mot paraît presque obsolète ces temps-ci… On le murmurerait presque, comme une denrée illégale pour nos cœurs assoiffés de contacts. Les 16 et 17 avril derniers, Soir de semaine lançait son troisième album. Au-delà de la qualité incontestable du produit, le spectacle dépoussiérait un concept vital : celui de réunir dans un lieu public une cinquantaine de visages chaque soir. Car oui, au Yukon, taux de pourcentage de vaccination aidant, les événements rassembleurs commencent peu à peu à redéployer leurs ailes. Tels des cygnes engourdis par une pause un peu trop longue : avec ambition, mais une envergure un peu plus restreinte qu’avant. On se rassemble, mais en moins grand nombre. On se parle, mais d’un peu plus loin. On ne danse plus debout (non, ce n’est pas un pléonasme), mais plutôt les fesses collées sur notre chaise. Et malgré tout, l’envergure se déploie tout de même, car toutes ces mesures n’ont pas grande importance, du moment qu’on est toutes et tous sur le même plancher. Du moment qu’on voit un vrai sourire dans les coins des yeux de nos ami.e.s masqué.e.s. Du moment qu’on peut rire et chanter à l’unisson. À l’unisson… En plein milieu du spectacle, dans la chanson Au gré du vent, Soir de Semaine s’attarde nonchalamment sur le mot ensemble. C’est là, sur cet air de bossa-nova envoûtant, que j’ai
pensé au Jour de la Terre (22 avril). Quel est le lien? C’est que mon âme de « hippie au Yukon » (en référence à l’œuvre de Gorellaume) y a ressenti un moment fort de connexion. Le public qui connecte avec un groupe plus soudé que jamais. Les visages qui se crispent de plaisir autant sur scène qu’autour des tables, les voix dans la foule, les sifflements d’enthousiasme… Et ce petit coup d’œil que Pascal St-Laurent lance à Véronique, sa partenaire assise près de moi, lorsqu’il fredonne le mot… Être ensemble, c’est ça : avoir la capacité de connecter au-delà des mots. « I see you », dit-on en anglais, pour décrire cette capacité de ressentir la connexion avec l’autre, avec le vivant. Quel privilège nous avons de vivre au Yukon, où non seulement nous pouvons nous rassembler un peu, mais aussi où la connexion avec notre Terre est encore chose possible. Parce que c’est quand nous sommes réunis qu’on peut vraiment ressentir le « tout ». La journée de la Terre, c’est une action collective pour préserver ce joyau sur lequel nous évoluons. Ensemble. Bien sûr, être ensemble ne se limite pas non plus à jouer les hippies bisounours. Agir collectivement, c’est une force. S’encourager, se faire confiance, s’adapter et grandir grâce aux idées de l’autre, écouter. « S’entendre, même quand on ne se comprend pas », pour citer Maxime Vincent, explorateur à Dawson, invité à s’exprimer lors de la soirée électorale. C’est la force même de notre communauté. Ensemble, la communauté franco-yukonnaise a une volonté de communiquer, consulter, collaborer et surtout, d’avancer en trouvant en commun des solutions réalisables. Quelle fierté quand ces actions collectives aboutissent à des résultats tangibles, tels que d’avoir la possibilité d’écouter les élections dans notre langue maternelle. « Je ne me souviens que d’un mur immense. Mais nous étions ensemble. Ensemble, nous l’avons franchi », chantait JJ Goldman. Ensemble, on avance bien. C’est indéniable. En tous cas, on avance mieux que si on restait dans notre coin à ne penser qu’à nos intérêts personnels.
CONCOURS À gagner : Un livre
Au boutte de la route,de Yves Lafond Question : Sur combien de pages figure le mot
« ensemble » dans cette édition de l’Aurore boréale? Un tirage au sort sera effectué parmi les réponses gagnantes. Date limite : 30 avril 2021. Envoyez votre réponse à dir@auroreboreale.ca ou en commentaire sur la publication Facebook de cet éditorial. Concours réservé aux personnes résidant au Yukon.
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Capter la revitalisation des langues autochtones, en 72 échanges Dans le cadre des célébrations de la Journée internationale des langues autochtones, le 31 mars dernier, le Centre des langues autochtones du Yukon (YNLC) a rendu publiques 72 vidéos dans 12 des 14 langues autochtones du territoire. Anecdotes, récits et contes, le tout raconté par les aîné.e.s des Premières Nations, sont ainsi enregistrés et préservés. Une façon éducative, technologique et intergénérationnelle de revitaliser les langues et de les mettre en valeur. leurs langues. Si certains se sont éloignés de leur langue lorsqu’ils sont allés dans des pensionnats, ils ne l’ont pas perdue. Elle a seulement été enfouie au plus profond d’eux, en raison des traumas », explique Tina Jules.
Laurie Trottier
Le projet a été financé par le Conseil national de recherches du Canada, une première collaboration entre celui-ci et le YNLC, et coordonné par Douglas Joe, de la Première Nation de White River. Tina Jules, directrice du YNLC, est très fière de voir le projet concrétisé, après des retards dans la livraison des vidéos occasionnés par la pandémie. Selon Tina Jules, Skaayda.û en Tinglit, les retombées de ce projet dépassent déjà largement les attentes : « Cela a été une opportunité de préserver nos langues, de les protéger et d’inclure la technologie dans le processus. C’était aussi une formidable opportunité de rassembler les personnes plus vieilles et les jeunes générations ensemble. » Sur ce point, Paul Caesar est catégorique : cela a été une opportunité unique. Ce dernier a été un des quatorze stagiaires à avoir reçu une formation pour réaliser le projet dans sa communauté, la Première Nation de Liard. « Les aîné.e.s ont des histoires à raconter, sur eux et sur leurs peuples, et il y a toute cette connaissance qui peut être transmise grâce à cela, ajoute-t-il, passionné. Je crois que ça m’a aussi permis d’élargir ma perspective sur les traditions orales. » Il ajoute qu’il a aussi pu développer des habiletés en captation et en montage vidéo.
Tirer profit de C-91
Laurie Trottier
Tina Jules estime que la possibilité de voir les aîné.e.s des Premières Nations reconnecter avec leur langue est un privilège, en plus d’un grand bonheur.
Derrière tous les bénéfices, le plus important pour Tina Jules reste la possibilité de reconnecter avec sa culture. La revitalisation des langues autochtones, selon elle, est inséparable de « la façon dont on bâtit notre confiance en soi et notre sentiment d’appartenance. En apprenant nos langues, on apprend tellement sur nous-mêmes! » Les 72 vidéos sont désormais publiées sur YouTube et sur le site Web du YNLC. « Maintenant, on peut s’en servir à des fins éducatives et continuer à améliorer la connaissance des langues », se réjouit Tina Jules.
Aviver la créativité
Fournie
Paul Caesar terminera son certificat d’aptitudes linguistiques, en langue Kaska, en mai. Il peut compter sur ses grands-parents pour pratiquer la langue et apprendre des rites et des contes traditionnels.
Selon Tina Jules, il est clair que ce projet pourra stimuler la création d’autres initiatives de revitalisation et de préservation des langues autochtones. « Nous avons déjà quatre stagiaires qui ont décidé de poursuivre la création de nouvelles vidéos », affirme-t-elle avec fierté. Paul Caesar est d’ailleurs en train d’ajouter des sous-titres en anglais sur les conversations, pour permettre au grand public de se familiariser avec le Kaska. Le YNLC ne manque pas d’idées pour s’assurer de fournir un espace réconfortant pour que les aîné.e.s puissent se confier, s’ouvrir ou simplement avoir une conversation dans leur langue natale. « Nous sommes en train de développer un studio au cœur des locaux du YNLC pour que les
Premières Nations qui souhaitent venir prendre la parole puissent le faire le plus facilement possible. » L’important, pour le centre et sa directrice, c’est de favoriser les moments d’échanges : « Que ce
soit des discours, des présentations, des histoires, des prières ou juste des conversations normales, c’est intéressant. Nous avons une génération d’aîné.e.s qui est la dernière à être réellement élevée dans
La Loi sur les langues autochtones, soit le projet de loi C-91 visant la préservation, la protection et la revitalisation des langues autochtones, a reçu sa sanction royale le 21 juin 2019. Près de deux ans plus tard, le gouvernement fédéral et les Premières Nations sont toujours en consultation pour la mise en œuvre du financement. Pour l’instant, il n’y a donc pas eu de véritable changement pour les projets du YNLC. « Mais c’est définitivement quelque chose qu’on suit de près, qui pourrait assurer un financement continu. » Si c’est le cas, les retombées de la Loi pourraient contribuer à réaliser le souhait de Paul Caesar : « Que jamais plus nos langues autochtones ne nous soient enlevées. »
Décès du duc d’Édimbourg Le premier ministre Sandy Silver et la commissaire Angélique Bernard se sont exprimés suite au décès le vendredi 9 avril dernier du prince Philip, duc d'Édimbourg, à l'âge de 99 ans. D’après un communiqué du gouvernement du Yukon
Le premier ministre Sandy Silver a ainsi déclaré : « C’est avec grande tristesse que j’ai appris aujourd’hui le décès du prince Philip, duc d’Édimbourg. Le prince Philip est venu Yukon à deux reprises au cours de sa vie. Lors de sa seconde visite en 1959, il accompagnait Sa Majesté la Reine Elizabeth II et tous deux ont visité Whitehorse et rencontré les Yukonnais à la gare ferroviaire de la White Pass and Yukon Route. Au nom de toute la population du territoire, j’offre mes condoléances à Sa Majesté la Reine Elizabeth II et à tous les membres de la famille royale. » La commissaire Angélique Bernard a quant à elle fait la décla-
ration suivante : « Au nom de toute la population du Yukon, je tiens à offrir mes plus sincères condoléances à Sa Majesté la reine Elizabeth II à la suite du décès de Son Altesse Royale le prince Philip, duc d’Édimbourg. Le Yukon se rappelle avec émotion les visites de Son Altesse Royale, le prince Philip, qui est venu seul en 1954 et en compagnie de la reine en 1959. » En 1956, le prince Philip a créé le Prix du Duc d’Édimbourg au Royaume-Uni pour promouvoir le développement personnel chez les jeunes. Au Canada, le Prix a été lancé en 1963 pour les jeunes de 14 à 25 ans. On estime qu’ils ont été environ 500 000 à participer au programme depuis. Le Prix a eu des répercussions extraordinaires sur la vie de ces
jeunes et sur leurs collectivités et leurs communautés, et dans le monde entier. « Le duc d’Édimbourg a été mécène ou président de près de 800 organismes, dont 40 sont au Canada. Ces organismes, à l’image des intérêts du duc d’Édimbourg, mettent de l’avant la science, la technologie, les sports, la jeunesse et l’environnement », a ajouté la commissaire. Le Bureau de la commissaire du Yukon, situé au 412, rue Main, sera ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 pour les personnes qui souhaiteraient signer le livre de condoléances. « Au lieu d’offrir des fleurs ou des cadeaux, le public est invité à faire du bénévolat ou à remettre un don à un organisme caritatif », conclut Angélique Bernard.
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L’insécurité alimentaire et la crise du logement exacerbent la pauvreté dans le Nord La Coalition anti-pauvreté du Yukon (YAPC) et l’organisme Alternatives North aux Territoires du Nord-Ouest (TNO) ont tous deux publié récemment un rapport sur la pauvreté sur leur territoire. Ces rapports mettent en lumière les différents facteurs influant sur la pauvreté et émettent une liste de recommandations. Au sommet des inquiétudes : l’enjeu du logement et l’insécurité alimentaire. qui ont de la difficulté à payer leur loyer, à mettre de la nourriture sur C’est sans surprise que le logement la table ou à soutenir financièrement s’inscrit comme un enjeu majeur leurs enfants, à rester en santé. Ce au cœur des deux rapports sur sont nos voisin.e.s et nos ami.e.s. » la pauvreté du Yukon et des TNO. Dans le rapport du Yukon, publié le Sous-estimer la 26 mars dernier, on met de l’avant les données du plus récent sondage pauvreté par manque sur le marché locatif du Yukon, qui de données démontre que le taux d’inoccupation des logements était de 3,2 % en Si les deux rapports ont été rendus octobre 2020. Au même moment, possible grâce au soutien du réseau le prix moyen de location d’un pancanadien Campagne 2000, qui appartement a augmenté de près englobe plus de 120 organismes de 6 % en un an. Pour Kristina cherchant à brosser un portrait Craig, directrice de la YAPC, il s’agit clair de la pauvreté à travers le de l’enjeu le plus criant : « Ça met pays, reste qu’un manque flagrant beaucoup de personnes à risque. de données mine la compréhension Le coût, la disponibilité et la qualité de la réalité des régions éloignées. des logements, particulièrement en Ce problème en crée un autre, soit location, c’est un défi immense. » celui « de sous-estimer le nombre de En date du 13 octobre 2020, personnes affectées par la pauvreté, 316 personnes figuraient sur les et la façon dont les ménages vivent », listes d’attente afin d’avoir accès à soulève Kristina Craig, à la tête de un logement social ou à un logement la coalition depuis 2008. Dans le pour ainé.e.s, selon la Société d’ha- rapport, plusieurs données datent bitation du Yukon. Un constat encore de 2019, signe qu’un travail de mise plus alarmant a été émis en 2019 à jour est requis. aux TNO, alors que 1 311 personnes dans les plus petites communautés du territoire étaient en attente d’un logement subventionné. Laurie Trottier
L’insécurité alimentaire grandit La pénurie de logements amène aussi une plus grande précarité alimentaire dans les territoires. « Nous le voyons à cause de la pandémie, l’insécurité alimentaire est aussi grandissante. Parce que les gens dépensent plus pour leur loyer, il y a moins d’argent restant pour la nourriture », explique Kristina Craig. Dans le rapport d’Alternatives North, publié en novembre 2020, on affirme qu’un ménage sur quatre dans les petites communautés et une partie croissante de la population de Yellowknife « est inquiète de pouvoir s’acheter de la nourriture ». Selon Kristina Craig, il ne faut pas perdre de vue le caractère humain de ces enjeux : « L’important, c’est de se rappeler que derrière ces données, nous parlons de vraies personnes. Nous parlons de familles
Laurie Trottier
Selon Kristina Craig, « les personnes qui ne gagnent pas beaucoup d’argent ont encore plus de difficulté à joindre les deux bouts qu’avant, en raison de l’accroissement des inégalités entre les personnes plus fortunées et les autres ».
Le rapport des TNO a inclus ce manque au sein de ses recommandations. Selon ce dernier, un travail continu est nécessaire afin de « comprendre pleinement l’état de la pauvreté et de mieux guider la défense des droits, les politiques publiques, les programmes et les services ».
la grande marche qu’a entreprise Patrick Jackson le 12 avril dernier. Ce dernier s’est engagé à marcher 405 kilomètres depuis la route Dempster, La YAPC soufflera ses 25 bougies dans le but d’amasser 10 000 $ pour cette année. Une des fiertés de la YAPC. Il est toujours possible de Kristina Craig, c’est lorsque les engacontribuer en se rendant à l’adresse gements de l’organisme poussent go.dojiggy.io/dempsterwalkathon. d’autres groupes à s’engager dans IJL – Réseau.Presse la lutte contre la pauvreté. Cette L’Aurore boréale dernière s’est dite très touchée par
405 km de marche pour collecter des fonds
Développer une mesure de panier de consommation du Nord À travers le pays, la mesure de panier de consommation (MPC) est l’outil de base utilisé pour établir un seuil de pauvreté officiel. En analysant cinq composantes, soit le logement, la nourriture, l’habillement, le transport et les autres nécessités, on arrive à obtenir le coût d’un panier de consommation modeste, nécessaire pour subvenir aux besoins de base d’un ménage. Statistique Canada tente de développer une mesure de panier de consommation du Nord (MPCN), qui serait plus apte à refléter les conditions de vie particulières des TNO et du Yukon. Des statisticiens des deux territoires s’y attardent déjà. Dans un document de travail de Statistique Canada intitulé
Propositions pour une mesure du panier de consommation du Nord et son revenu disponible, on explique que « l’objectif est d’avoir le plus de détails possible concernant les collectivités qui doivent composer avec des prix différents pour leurs biens et services tout en maintenant la mesure des prix à l’intérieur de paramètres raisonnables ». Pour Bishnu Saha, directeur du Bureau des statistiques du Yukon et l’un des trois statisticiens derrière le document, les spécificités du Nord, comme le fait que les vêtements d’hiver doivent être changés plus fréquemment et que les magasins ou les services se retrouvent plus souvent loin des demeures de la population, peuvent influer sur les
données du panier de consommation. Statistique Canada est désormais à l’étape d’obtenir les commentaires de différents groupes afin de réviser la méthodologie du MPC-N.
Le MPC-N : un portrait complet du Nord? Pour Kristina Craig, cet outil pourra certainement être utile afin de rendre compte de la vie dans le Nord. Le fait que certaines communautés autochtones ne feront pas partie de la collecte de données l’inquiète : « C’est toujours un questionnement quand on tente d’avoir des chiffres les plus complets possible sur une réalité et qu’on laisse des
groupes à l’écart. » Bishnu Saha explique que les communautés qui ne feront pas partie du MPC-N sont les Premières Nations autonomes des territoires, qui ont leurs propres négociations avec le gouver nement fédéral. Sur ce point, Kristina Craig ajoute « qu’ il y a de bonnes raisons pour qu’on ne laisse pas une identité coloniale décider à la place de celles-ci, mais le risque est […] que le [MPC-N] sous-estimera lui aussi la pauvreté dans le Nord ». Selon elle, c’est donc « un bon outil, mais ça a ses limites ». Selon le document de travail de Statistique Canada, la première collecte de données devrait avoir lieu en 2023.
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Un nouveau vidéojournaliste à Whitehorse Vincent Bonnay se joint à l’équipe d’ICI Grand Nord en tant que vidéojournaliste à Whitehorse. Cette nomination s’inscrit comme un pas de plus dans la direction que veut prendre le diffuseur public, soit d’étendre sa couverture médiatique dans les trois territoires. Laurie Trottier
Vincent Bonnay se joint donc à Claudiane Samson en tant que vidéojournaliste, et celle-ci devient réalisatrice d’ICI Grand Nord. Elle coordonnera le travail de Vincent
Laurie Trottier
Claudiane Samson est arrivée en 1995 au territoire. Avant 2001, le poste de vidéojournaliste en français n’existait pas : « J’ai été convaincante auprès de mes patrons, je crois! », dit-elle en riant.
Bonnay à Whitehorse, de Matisse Harvey à Iqaluit et de Mario De Ciccio à Yellowknife. « Moi, je vois vraiment mon rôle comme un soutien », explique-t-elle, ravie de cette nouvelle nomination. En 2001, cette dernière est devenue la première vidéojournaliste de Radio-Canada à couvrir le territoire yukonnais en français. Même si elle se concentrera désormais à la coordination et à la réalisation pour ICI Grand Nord, elle affirme qu’elle continuera aussi à faire du travail de terrain à Whitehorse. « On est en train d’implanter un service, on est en train d’installer quelque chose de plus stable », estime la journaliste. Selon elle, l’arrivée de Vincent permettra d’étendre la couverture de l’actualité yukonnaise en français, mais aussi de proposer d’autres contenus de type reportage. « Quand j’étais toute seule, je ne pouvais pas me permettre
de laisser l’actualité de côté pour aller faire un projet spécial dans une communauté, parce que je devais couvrir le fil des événements quotidiens », confie Claudiane Samson. Vincent Bonnay a terminé des études en journalisme avant d’œuvrer pendant huit ans comme caméraman, vidéojournaliste et directeur photo. « L’attachement de Vincent pour le Grand Nord n’est pas nouveau. Preuve à l’appui, il a réalisé le documentaire Sur le bout de la langue, où il s’est intéressé à la langue eyak (Alaska) », précise le communiqué de presse de Radio-Canada à son sujet.
francophone, selon Roch Nadon, directeur Arts et culture et Jeunesse à l’Association franco-yukonnaise (AFY) : « On va avoir une meilleure couverture des nouvelles, de nos activités en art et culture et dans le domaine communautaire. On part du principe que la communauté francophone minoritaire veut se voir et s’entendre, à la radio comme à la télé. » Selon ses dires, c’était une demande qui était formulée depuis longtemps : « On a toujours considéré que Radio-Canada français n’était pas assez présent au Yukon, et ce depuis une vingtaine d’années. Ça fait depuis ce moment-là qu’on veut une meilleure présence physique. » Pour Claudiane Samson, c’est Une bonne nouvelle une nomination qui colle bien avec les ambitions de Radio-Canada : pour la communauté « Il y a une volonté à Radio-Canada francophone d’investir, de développer et d’étendre Avant tout, cette nomination est une sa couverture dans le Grand Nord bonne nouvelle pour la communauté dans les trois territoires, et cette
Fournie
Vincent Bonnay, originaire de France, rêve du Yukon depuis longtemps. Il quittera l’Alberta dans environ une semaine en voiture, avec son épouse.
initiative-là le prouve. » Pour Roch Nadon, l’arrivée de Vincent Bonnay est lourde de sens : « Le message qu’on lance c’est que, oui, c’est local, mais ils [Radio-Canada] ont un rôle de faire connaître notre communauté ailleurs au Canada. » Vincent Bonnay se dit fin prêt pour ce rôle. « J’ai hâte d’informer la communauté franco-yukonnaise, de la faire rayonner, et de faire comprendre les enjeux de cette communauté au reste du Canada », confie celui qui partira de l’Alberta dans les prochains jours pour se rendre au Yukon. Quarantaine oblige, Vincent Bonnay débutera sa réelle aventure yukonnaise à compter de mi-mai.
Un jumelage sur mesure entre sourdoughs et cheechakos L’Association franco-yukonnaise a mis en place un programme de jumelage entre les nouveaux et nouvelles arrivant.e.s du Yukon et les habitant.e.s de longue date. humaine que l’Association franco-yukonnaise cherche à mettre Que ce soit pour s’entraider, créer en valeur avec son programme de de nouveaux liens ou permettre aux jumelage. Un projet mis en place personnes fraichement débarquées grâce à l’Initiative des communautés au Yukon de trouver leurs propres francophones accueillantes, dont repères sociaux ; toutes les raisons Whitehorse fait partie. étaient là pour que l’Association franco-yukonnaise (AFY) mettent S’installer au Yukon en en place un système de jumelage temps de pandémie afin de permettre de nouvelles rencontres sur mesure. En temps de pandémie, les craintes Arriver dans un nouveau pays, des nouveaux et nouvelles arridécouvrir une nouvelle façon de vant.e.s se démultiplient. Les vivre et une culture différente et cercles sociaux sont plus fermés, plonger tête la première dans des les bulles sont déjà créées, les températures glaciales : alors que activités et les évènements sont déménager est parfois le début souvent annulés et, malgré le fait d’une nouvelle aventure, il n’est que le Yukon subit beaucoup moins pourtant pas toujours évident de les répercussions des restrictions s’installer à bon port. Si, comme sanitaires que le reste du Canada, l’expression le sous-entend, l’en- la pandémie a tout de même exadroit semble être le bon, prendre cerbé les difficultés à se rencontrer. ses marques peut parfois nécessiter « Quand il y a des évènements, du temps, et ce, encore plus en on ne peut pas se mélanger, aller période de pandémie. tout simplement voir les autres », Plus qu’un atterrissage en raconte Madie Pirot, qui est arrivée douceur dans la communauté, c’est en août 2020 à l’âge de 19 ans. surtout un retour à la connexion C’est donc pour créer de Marie Mounier
nouveaux ponts au sein de la communauté que l’Association franco-yukonnaise a décidé de mettre en place ce programme de jumelage. « Face à la pandémie, les nouveaux arrivants sont plus isolés. Pourtant, les gens sont très à la recherche de contact social, et veulent retrouver les membres de la communauté », note Maurine Forlin, agente de projets en immigration à l’AFY. Une façon pour l’association de mettre en contact sourdoughs et cheechakos, termes qui désignent la différence entre ceux qui ont passé plus d’un hiver au Yukon et les nouveaux téméraires pendant la ruée vers l’or.
Un besoin de se reconnecter et d’humanité Pour Charlotte Millet, après un mois hors réseau à ne pas pouvoir communiquer avec ses proches, au moment où elle venait d’arriver au territoire, le programme de jumelage
était l’occasion rêvée : « Quand je suis revenue d’un mois sans connexion, j’ai vraiment ressenti le besoin de contacts humains », confie la jeune Française de 30 ans. Il ne s’agit pas seulement de partager les bons plans yukonnais, mais surtout de créer des liens et de partager des instants de vie pour permettre aux nouveaux et nouvelles arrivant.e.s de s’intégrer. Après une première rencontre, Charlotte Millet avoue que « c’était surprenant, mais positif ». Un sentiment partagé par Madie Pirot, qui s’est sentie tout de suite mise en confiance par sa marraine et Maurine Forlin qui était à leurs côtés. Dans un cadre bienveillant respectant les règles mises en place dû à la pandémie, une nouvelle opportunité de partage se crée alors.
contrer n’importe qui et le jumelage est ajusté sur mesure. Sur la plateforme du site (jumelage.afy. ca), un court questionnaire doit être rempli par les participant.e.s, où l’on demande l’âge, le pays d’origine, la situation personnelle, les centres d’intérêt et ce que les personnes recherchent à travers le jumelage. Ainsi, en quelques clics, ce peut être le début d’une nouvelle rencontre. Maurine Forlin, cupidon de l’amitié, s’occupe alors d’accorder les profils en fonction des différents critères donnés et organise une première rencontre accompagnée. « C’est une façon de briser la glace, de les inciter à se présenter, à voir ce qu’ils ont en commun », souligne l’organisatrice du projet. Une activité au choix des personnes jumelées est ensuite offerte par l’Association franco-yukonnaise : Une rencontre sortie en skis de fond, après-midi au Mont Sima, spectacle… Une sur mesure belle occasion d’apprendre à se et accompagnée connaitre et de commencer à créer Cependant, il ne s’agit pas de ren- des souvenirs.
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Jeunesse
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Among Us : démasquer vos amis en pleine pandémie Faire tomber le masque des autres joueurs et joueuses, c’est ce que propose le jeu vidéo Among Us, dont la popularité a atteint de nouveaux sommets depuis la pandémie de la COVID-19. Les confins de l’espace deviennent ainsi le lieu de prédilection de millions d’utilisateurs et d’utilisatrices pour connecter – et s’évader – à travers un jeu de déduction en ligne. Josée Jacques, gestionnaire jeunesse à l’AFY, la pandémie n’a pas du tout affaibli la participation des jeunes aux activités, mais a plutôt offert une nouvelle fenêtre permettant d’attirer de nouvelles personnes : « Il faut être créatif, tout au long de la pandémie, pour trouver des solutions. » Laurence Rivard estime que la possibilité pour les jeunes de rencontrer de nouvelles personnes en ligne peut faciliter le premier contact, surtout pour les gens plus réservés. « Le présentiel, ça parle à un profil de jeunes, mais là on peut en rejoindre un autre », explique celle qui a rejoint les rangs de l’AFY, en mars dernier. C’est d’ailleurs le cas pour Maxime Paris, étudiante de 10e année au CSSC Mercier. Au territoire depuis trois ans, Maxime Paris a participé pour la première fois cette année aux soirées organisées par JeFY : « J’avais entendu beaucoup de choses positives à propos du groupe et j’ai commencé à m’inscrire à des activités. Le groupe est super accueillant et maintenant je peux dire que je
Laurie Trottier
Démasquer l’imposteur francophone Voyant la popularité du jeu, Jeunesse Franco-Yukon (JeFY), le comité jeunesse de l’Association franco-yukonnaise (AFY) qui propose des activités pour les 14 à 25 ans, a pris la balle au bond et a décidé d’organiser des soirées d’Among Us à distance. « Il fallait aller rejoindre les jeunes là où ils sont », explique Laurence Rivard, agente de projets jeunesse à l’AFY. Jusqu’à présent, ces événements
Un été plus rassembleur Selon Josée Jacques, cet été apportera d’autres opportunités : « Habituellement, l’été est la période plus tranquille, mais là, on a une belle opportunité de créer des événements et des activités à l’extérieur qui respectent la distanciation sociale. » Le 30 avril, JeFY propose d’ailleurs sa première activité en présentiel depuis plus d’un an, soit un laser tag (jeu laser) pour les jeunes de 14 à 25 ans. Pour en savoir plus ou pour s’inscrire, rendez-vous sur la page Facebook de JeFY. IJL – Réseau.Presse L’Aurore boréale
Fournie
Sur sa chaîne YouTube « Agent 9 », Sébastien Comchi propose des vidéos de ses parties d’Among Us, mais aussi d’Animal Crossing, de Minecraft et de Fortnite.
sont un franc succès : la soirée du 19 mars a affiché complet et la seconde a eu lieu vendredi dernier. « Le plaisir est surtout dans l’aspect social lors des délibérations : comme tout le monde est suspect, il faut être convaincant, qu’on soit
imposteur ou non! », ajoute-t-elle. Une vingtaine d’activités entièrement virtuelles ont été organisées par JeFY au courant des derniers mois, passant des soirées de concours culinaires à des soirées Loups-garous ou Among Us. Selon
Formation Teams Pla te for m e c olla bora t iv e
2 sessions Dès le 6 mai 9 h à 12 h En ligne Merci à
Après un début timide en novembre 2018, le phénomène Among Us a véritablement décollé en septembre 2020, en réussissant à attirer près de 500 millions d’utilisateurs et d’utilisatrices, selon les chiffres du site d’analyse de jeux vidéo Stream Charts. Au Yukon, l’intérêt envers ce jeu ne s’est toujours pas essoufflé et a même poussé certaines personnes à développer leur créativité. C’est notamment le cas pour Sébastien Comchi, 12 ans, qui publie les vidéos de ses parties sur sa chaîne YouTube « Agent 9 ». Selon le joueur assidu, la simplicité d’Among Us contribue grandement à son succès. Among Us est similaire au populaire jeu de déduction Les Loups-garous de Thiercelieux, sauf qu’il se déroule à bord d’un vaisseau spatial. Un imposteur, dont l’identité n’est pas connue des participant.e.s, s’attarde à saboter le vaisseau pour gagner, alors que les membres de l’équipage tentent de le démasquer tout en effectuant certaines tâches dans le vaisseau. Les membres de l’équipage peuvent voter pour le ou la joueuse qui semble être l’imposteur.e, et cette personne est ainsi « expulsée du vaisseau », précise Sébastien Comchi. La partie se termine si l’imposteur.e réussit à éliminer tous les participant.e.s avant d’être identifié, ou quand les membres honnêtes de l’équipage votent contre celui-ci ou effectuent toutes leurs tâches. Sébastien Comchi aime particulièrement jouer l’imposteur : « J’attends dans les bouches d’aération et quand il y a quelqu’un près de moi, je sors et je l’élimine. » Sur sa chaîne YouTube, c’est une de ses vidéos d’Among Us qui a récolté le plus de vues. Maintenant, Sébastien a un but : se rendre à 100 abonné.e.s.
fais partie du groupe », dit-elle, tout sourire. Elle croit également que le fait que les activités se déroulent en ligne a pu favoriser sa participation : « Ça m’a aidée à parler aux personnes. Tout le monde était vraiment inclusif et je me suis rapidement sentie confortable », confie-t-elle.
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Programmes en français
Ça gigote en avril! Alors que la neige fond tranquillement sous le soleil du printemps, les élèves, eux, ne perdent pas une minute du mois d’avril! Les apprenants du français à travers le Yukon profitent de ces semaines pour se sucrer encore le bec, faire des jolies créations et skier une dernière fois!
Poisson d’avril à Destruction Bay Ha! Ha! Ha! Les élèves de monsieur Adam de l’École Kluane Lake ont récité des blagues en français dans une série de courtes vidéos pour la journée du Poisson d’Avril.
On se masque comme dans le temps à Takhini Ne les faites pas rire, sinon ça va craquer! Les élèves de 4-5e année de la professeure de langue seconde Dorothy de l’École élémentaire de Takhini ont fabriqué leurs propres masques en classe!
Le sirop d’érable n’en finit plus de couler! À la découverte du chocolat Miam! Miam! Les élèves de 6-7e année de la professeure de langue seconde Dorothy de l’École élémentaire de Takhini ont été visiter une chocolaterie et ont goûté aux fèves de cacao.
Oh les petits doigts collants! La classe de 1-2-3e année de madame Fradsham ainsi que tous les élèves de Ross River, de la maternelle au secondaire, ont dégusté de la tire d’érable en français derrière leur école, au début du mois d’avril. La même semaine, les élèves de l’École Jack-Hulland profitaient aussi des plaisirs de l’érable. « Merci beaucoup! », nous disent-ils!
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Brrr! Le groupe des élèves de 7e année de monsieur Tim Taylor, de l’École Ghùch-Tlâ de Carcross, ont bravé les pistes de ski les plus périlleuses du Mont Sima le jeudi 8 avril.
Le son des tambours à Takhini tambour Boum bada boum! Les élèves de 4-5e année et de 6-7e année de l’École élémentaire de Takhini ont joué du tambour la semaine dernière ainsi qu’à des jeux inspirés des traditions des Premières nations.
Vive le vent d’hiver! Certaines cabanes à sucre ont commencé en pleine tempête de neige au début d’avril! Heureusement, le temps s’est finalement adouci pour permettre à la monitrice de français Annie de préparer les tirettes sucrées.
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Skier au Mont Sima!
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arctique
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Le Nord en phylactères Ces dernières années, le Nord a inspiré des dessinateurs du Sud avec des ouvrages remarqués tels que Nunavik de Michel Hellman, Whitehorse de Samuel Cantin et le monumental Payer la terre de Joe Sacco. Mais qu’en est-il des bédéistes du Nord ? Nelly Guidici
L’anthologie de bandes dessinées The Northern Gaze promet d’apporter au neuvième art un regard franchement nordique en présentant le Nord canadien dans toute sa complexité et son ambigüité, par et pour des lecteurs du Nord. L’ouvrage de 60 pages, à paraitre en mai, présente la perspective de neuf artistes résidant dans les trois territoires. Initiatrice et coordinatrice du projet, Kimberly Edgar, qui est elle-même illustratrice et dessinatrice résidant à Dawson City, au Yukon, souhaitait apporter une nouvelle perspective sur le Nord et l’Arctique. Selon elle, les bandes dessinées canadiennes qui dépeignent le Nord adoptent une perspective qui ne traduit pas fidèlement le quotidien. « J’étais frustrée de lire un roman graphique sur le Nunavik [Nunavik de Michel Hellman, Powpow, 2016] qui est un voyage exotique à l’intention des Montréalais. C’est presque une brochure touristique », laisse-t-elle tomber en entrevue téléphonique. Avec cette anthologie, elle souhaite apporter une réponse visuelle
et panterritoriale sur le Nord pour un lectorat du Nord et ainsi aborder de façon plus large et profonde les thèmes qui sont importants pour les illustrateurs d’ici. Pour la réalisation de ce projet, elle a reçu 9 100 $ du fonds Culture Quest, qui est administré par l’Institut Klondike des Arts et de la Culture (KIAC), basé à Dawson. Chaque artiste a reçu 500 $ pour sa contribution et Mme Edgar a créé la couverture de l’ouvrage.
Chislett. La culture orale, autrefois bannie par les missionnaires au XIXe siècle, a cependant continué d’être transmise en secret de génération en génération, explique l’artiste. En choisissant ce thème, elle a décidé de poursuivre le travail de transmission à travers le médium plus contemporain : la bande dessinée. « L’objectif principal pour moi était de fournir une compréhension de la culture pour les personnes qui vivent ici. Nous entendons beaucoup de contes traditionnels racontés par les personnes Mythologie inuite ainées et c’est très important ; mais Olivia Akeeshoo Chislett, l’une des c’est aussi très gratifiant de voir artistes, réside à Iqaluit. Le dessin des façons plus contemporaines était un loisir pour elle, jusqu’à ce de raconter des histoires avec que Kimberly Edgar la contacte des points de vue traditionnels afin de lui demander de participer et culturels. » au projet et d’avoir la possibilité d’être publiée pour la première fois. Désillusions à « J’étais très enthousiaste à Yellowknife l’idée du projet de bande dessinée et ce n’est pas très souvent Alison McCreesh, artiste des que l’on trouve des choses faites Territoires du Nord-Ouest, remarpour et par des gens qui vivent quée pour l’intimiste Ramshackle ici », explique-t-elle. Sa création qui (Conundrum Press 2015, Rue de aborde la mythologie traditionnelle l’échiquier 2018) travaille actuelinuite est une célébration des récits lement sur un troisième roman racontés par les ainés et qui ont graphique à paraitre à l’automne toujours intéressé Olivia Akeeshoo 2022. Sollicitée directement par Kimberly Edgar, elle a tout de suite accepté la proposition. « Le thème du Nord en bande dessinée, ça cadrait bien avec ma pratique en général », dit-elle. L’artiste a choisi, pour l’anthologie, l’un des chapitres de son projet de roman graphique, récit autobiographique de son installation à Yellowknife, qu’elle a retravaillé sous un autre angle. « Ça raconte une mésaventure qui nous est arrivée dans cette nouvelle vie que l’on essayait d’apprivoiser, explique-t-elle. Ça va parler aux gens qui ont déménagé du Sud au Nord, qui en avaient une
Princess J
Cole Pauls
Neuf artistes en provenance des trois territoires ont contribué à l’anthologie de bandes dessinées The Northern Gaze. Certains sont des bédéistes établis alors que d’autres signent leurs premières planches.
Nelly Guidici
Esther Bordet a choisi d’aborder le thème de l’omniprésence de la mort au Yukon. Elle fait partie des neuf artistes présents dans l’anthologie The Northern Gaze à paraitre en mai 2021.
image précise et qui ont vécu des désillusions. »
La mort au Yukon Esther Bordet est géologue de formation, mais s’est toujours intéressée au dessin. En 2017, elle suit un cursus à l’université d’art et de design Emily Carr à Vancouver afi n d’apprendre les fondamentaux de la bande dessinée. Ce projet d’anthologie a été l’occasion, pour l’illustratrice, de se créer un portfolio et un réseau à travers les trois territoires. Son récit créé à l’aquarelle aborde le thème de la mort, qui l’a tout de suite frappé lors de son arrivée au Yukon. « Une des choses qui m’a interpellé depuis que je suis ici, ce sont les corps des personnes mortes d’hypothermie ou qui se sont noyées et que l’on retrouve au printemps sur le bord des rivières et des lacs », dit-elle. Sujet délicat à aborder, Esther Bordet, qui a choisi de ne pas montrer la mort de façon directe, a créé volontairement un décalage entre le texte et les dessins qui illustrent l’arrivée du printemps et le retour des animaux et des oiseaux migrateurs. « Je ne voulais pas montrer le problème de façon
évidente et je voulais laisser les choses un peu floues, indique-telle. La mort fait partie du cycle de la vie et c’est un cycle infini qui se répète. On fait partie de ce cycle et la mort est là tout le temps. »
Une présentation virtuelle L’anthologie sera présentée au festival de bande dessinée de la Ville reine Toronto Comic Arts Festival, qui se tiendra cette année en format virtuel du 8 au 15 mai. Kimberly Edgar souhaite que la présence de cette anthologie au festival apporte une visibilité aux artistes du Nord dont le talent n’est pas toujours connu dans le sud du pays. Pour Olivia Akeeshoo Chislett, qui espère voir d’autres projets similaires se réaliser dans le futur, il serait bénéfique pour des illustrateurs autochtones des territoires d’être « encouragés dans ce genre de projets qu’ils n’auraient peut-être pas accomplis de leur propre initiative ». Articles de l’Arctique est une collaboration des cinq médias francophones des territoires : les journaux L’Aquilon, l’Aurore boréale, et Le Nunavoix ainsi que les radios CFRT et Radio Taïga.
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culture
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Brigitte Jardin en résidence artistique à Dawson Agnès Viger
Le 8 avril commençait une série de huit concerts printaniers à Dawson. Les deux premiers ont affiché complet et accueillaient notamment Brigitte Jardin. Pour l'occasion, Brigitte Jardin s'est entourée de Lorène Charmetant, Lonnie Powell et Bob Hamilton. Les musiciens y ont mis en lumière des chansons de country d'auteures-compositrices des années 50. « Ces femmes étaient des pionnières, prenaient le temps d'écrire et d'être sur scène, c'était très avant-gardiste », explique Brigitte Jardin. Le concert était également diffusé sur la radio locale CFYT. Deux chansons ont été présentées en français. Le spectacle continuera d’évoluer et Brigitte Jardin aimerait y glisser de nouvelles compositions. « C'est la première fois que j'ai le temps de créer un projet en profondeur. On a eu énormément de plaisir à se
retrouver ensemble sur scène », En parallèle de la vie d'artistes, admet-elle. elles sont enseignantes – de chant pour Lorène et de percussions pour Brigitte. « C'est valorisant Inspiration, un impact sur l'être humain enseignement et amitiés d'avoir dans quelque chose de concret », Pour Brigitte, la connexion humaine explique cette dernière. « J'essaie est extrêmement riche et elle se d'enseigner en sortant des strucsent privilégiée, considérant ses tures, pour attiser la curiosité, mais accompagnateurs comme une c'est un chemin difficile », complète deuxième famille. « On habite Lorène Charmetant. Ce qui inspire Brigitte, c'est même ensemble », s'amuse Lorène Charmetant. Cela crée le contraste avec le Nord et le une dynamique, on se co-inspire », Sud, notamment entre le Yukon et la communauté francophone ajoute-t-elle. Les deux auteures-com- acadienne de Louisiane. Quand positrices-interprètes ont des elle sort de sa zone de confort, caractères différents. Elles se elle voit la vie d'une autre façon et complètent. « Je me sens revita- utilise la musique pour canaliser lisée à chaque pratique musicale, ses émotions. « En composant en c'est thérapeutique », remarque français, je raconte. Il y a quelque Brigitte Jardin. Toutes deux ont chose de cru, une poésie proche commencé la musique jeunes des émotions », explique-t-elle. grâce à leurs pères, pianiste pour Pour Lorène, les approches sont Lorène et batteur pour Brigitte. Mais différentes, parfois juste un son, cela ne fait qu'un peu plus d'un an parfois un ressenti. « C'est comme que les amies osent composer et une graine que j'essaie de faire pousser sans savoir quelle plante présenter leurs créations.
va émerger », confie-t-elle.
Résidence artistique printanière Depuis 2006, le Festival de musique de Dawson organise annuellement une résidence artistique pour un ou une compositeur.rice. En plus du processus créatif, les musiciens sont invités à interagir avec la communauté. « Je vais proposer des cours de batterie et créer un atelier pour parler du rôle du batteur dans un groupe, pour ouvrir la discussion avec les locaux », explique Brigitte. La batteuse aimerait aussi écrire une chanson en partant de zéro, via un chemin créatif différent. « Partir de la vision des femmes de la communauté, de différentes origines et générations pour entendre quelles sont leurs perspectives dans une petite communauté nordique », précise-t-elle. Brigitte aimerait aussi peaufiner son projet. « Je vais pouvoir m'asseoir, créer, avoir l'espace
Agnès Viger
Reprendre l’écriture pour présenter de nouvelles créations originales est un des objectifs de Brigitte Jardin.
d'être seule pendant un mois dans une grande maison. J'aimerais explorer un fil conducteur pour créer un spectacle, une histoire de façon organique. J'ai une poignée de chansons que j'aimerais terminer pour être suffisamment à l'aise pour les jouer sur scène », conclut-elle.
P O R T R A I T : F R A N CO P H O N E E T E N A F FA I R E S
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Serge Lamarche « Quand je rends service à quelqu’un et qu’on me demande ce qui peut être fait en retour, je réponds toujours de rendre service à quelqu’un d’autre. »
Quelque chose d’indispensable pour l’entreprise Mon équipe! Ma philosophie est qu’on est tous au même niveau. Chaque personne est essentielle au sein de l’entreprise. Aussi, la gestion de mon temps. La charge de travail étant très grande, il faut que j’arrive à prioriser pour éviter de perdre mon temps. J’ai une équipe extraordinaire qui filtre les dossiers qui me parviennent.
Le Yukon : avantage ou défi? Pour nous, c’est un avantage. Au Yukon, il y a énormément d’opportunités professionnelles. J’ai moi-même eu la chance de travailler sur des dossiers importants à un jeune âge. Je dirais qu’on te donne la chance, mais qu’il ne faut pas se tromper, car c’est une petite place et le mot se passe rapidement!
Activités hors du travail Ma famille et moi partageons une entreprise familiale dans le développement de terres agricoles. On y pratique la culture de légumes racines et l’élevage de bétail. J’adore y passer du temps pour relaxer la fin de semaine.
Découvrez une figure de l’entrepreneuriat yukonnais toutes les deux semaines. Merci à
Lamarche, Lang & Barrett Cette firme regroupe quatre avocats et est spécialisée en droit commercial, en droit immobilier et en droit de la construction.
Équilibre travail/vie personnelle
Défis de demain en entrepreneuriat
Ce n’est pas facile à faire. Je pense qu’avoir une communication ouverte avec les membres de sa famille est crucial. Il faut discuter des attentes personnelles de chacun et ne pas supposer qu’ils vont comprendre les enjeux liés à votre travail. Après, il s’agit de trouver du temps de qualité à passer avec les gens qu’on aime. Pour nous, par exemple, c’est la fin de semaine.
Être capable de s’adapter rapidement. Avec les nouvelles technologies, les attentes sont de plus en plus élevées. La communication est presque instantanée et il faut être capable de suivre le rythme.
En savoir +
portraits.afy.ca
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Ottawa — Vancouver — Montréal
Le Recensement dénombrera enfin tous les enfants ayant le droit d’être instruits en français !
Relations gouvernementales — Litige juristespower.ca
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culture
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Une vitrine pour l’art corporel L’artiste multidisciplinaire Joe la Jolie présentera un éventail de ses talents de peintre corporel le 6 mai 2021 avec l’exposition De corps en accord sur les murs de la boutique Bullet Hole Bagels à Whitehorse. première fois des photographies imprimées de ses créations en Elle n’a plus besoin d’introduction, maquillage artistique sur les murs « la fille de feu », ou « The Fire Girl », blancs de la populaire bagelerie comme disent les anglophones Bullet Hole, et cela, jusqu’à la fin ici : à l’aube de la quarantaine, du mois de juin 2021. « Je ne cherche pas nécessaiJoe la Jolie est une artiste bien connue par les Yukonnaises et les rement à vendre mes photos ellesYukonnais. Depuis son arrivée il y a mêmes comme œuvres d’art, mais bien des années, après avoir quitté plutôt à montrer aux gens ce que son petit village du Lac-Saint-Jean je peux faire comme maquilleuse. au Québec, elle s’est fait connaître Je cherche aussi des modèles par ses performances de cirque pour mes prochaines créations », en tant que danseuse de feu, mais explique Joe la Jolie durant une aussi par ses peintures, sa poésie entrevue téléphonique. et, bien sûr, ses maquillages hors de l’ordinaire. Plus que du Le 6 mai prochain, l’artiste simple maquillage autodidacte exposera pour la Avec l’exposition De corps en accord, l’artiste souhaite également mettre de l’avant le maquillage corporel (mieux connu sous le terme body painting, en anglais) comme un art sérieux, digne d’intérêt et pas seulement durant des fêtes d’anniversaire d’enfants. « Au début, c’était difficile de trouver des modèles pour mes créations, ajoute-t-elle, et aussi, de me faire payer convenablement, pour mon travail. Le matériel de maquillage artistique de qualité est très coûteux. » Les choses ont changé depuis environ deux ans : « Beaucoup d’adultes étaient d’abord hésitants Joe la Jolie à se dénuder complètement pour Joe la Jolie est souvent son propre mo- une séance de maquillage corporel. dèle, surtout lorsqu’il s’agit de se trans- "Juste le dos!", qu’ils me disaient au former en créature fantastique, héritage début. Mais après, lorsqu’ils voient de son passage dans le monde du cirque. les photos, ils n’en reviennent pas. » Annie Maheux
Joe la Jolie raconte que le maquillage corporel est souvent une sorte de séance thérapeutique et d'émancipation pour plusieurs de ses modèles : « Les gens développent un autre rapport à leur corps. Ils viennent se faire maquiller pendant des heures parfois, juste pour vivre l’expérience. »
Des fêtes d’enfants aux galeries d’art L’artiste aime encore travailler avec des enfants durant des événements : « Ils sont imprévisibles dans leurs demandes et il faut être créative. Et on développe des trucs pour être rapide, comme utiliser des pochoirs et un air brush [aérographe, en français] », dit-elle. L’aérographe, un nouvel outil à son trousseau, est un diffuseur de peinture précis à air comprimé. Joe la Jolie est aussi souvent son propre modèle, se transformant en créatures surnaturelles. L’exposition vise de ce fait à démontrer la pluralité des talents de l’artiste dans sa pratique. Le copropriétaire de Bullet Hole Bagel, Adrian Burrill, est ravi d’accueillir des projets comme celui de Joe la Jolie, et cela, sans espérer de compensation en retour : « Cela nous donne l’occasion d’avoir de belles créations sous les yeux tous les jours lorsqu’on travaille. » Les murs de la bagelerie sont déjà réservés pour diverses expositions jusqu’à la fin de l’année 2021.
Joe la Jolie
À la fois peintre et maquilleuse, l’artiste multidisciplinaire Joe la Jolie a su allier ses talents dans ses créations en peinture corporelle.
LAURÉATES 2021 BOURSES D’ÉTUDES EN SANTÉ
Félicitations! Alizée Salesse
Bacc en sciences de l’activité physique, Université d’Ottawa
Sophie Senécal
Bacc en soins infirmiers, Université de Saint-Boniface Le réseau Partenariat communauté en santé (PCS) est fier de compter de futures alliées bilingues en santé parmi la relève franco-yukonnaise! Une bourse d’étude de 1 500$ a été remise à chaque lauréate. Une portion des bourses a été rendue possible grâce au projet FrancoSanté. Joe la Jolie
Joe la Jolie
La peinture corporelle est souvent une manière pour ses modèles de développer un
Plusieurs modèles souhaitent simplement
nouveau rapport à leur corps et à l’image que ce dernier renvoie.
vivre l’expérience du maquillage corporel.
Bravo et bonne chance dans vos études!
Jeudi 22 avril 2021
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qui ont contribué à la vitalité de notre belle communauté en 2019 et en 2020. Ensemble nous sommes plus forts. Ensemble nous bâtissons la communauté. Merci pour votre aide indispensable!
merci.afy.ca
Est-ce la COVID ou le rhume? Soyez honnête. Vous n’en savez rien. Passez un test de dépistage. Prenez les devants, ne répandez pas le virus. Si vous présentez des symptômes de la COVID-19, utilisez l’outil d’auto-évaluation à l’adresse service.yukon.ca/fr/covid-19-auto-evaluation pour savoir si vous devez passer un test de dépistage.
Jeudi 22 avril 2021
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DÉveloPPement DuraBle
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Jardiner avec des produits locaux pour réduire son empreinte écologique L’objectif « Environnement et milieux naturels en santé » fait partie du plan de développement durable (PDD) de la Ville de Whitehorse. À sa façon, l’entrepreneur et biologiste Michel Duteau y contribue en fournissant des produits d’horticulture locaux aux jardinières et jardiniers de la région. Le PDD a été pensé et conçu en collaboration avec les citoyens de la ville pour soutenir un environnement sain et une qualité de vie pour toutes et tous sur le long terme. L’Aurore boréale et l’Association franco-yukonnaise s’a s s o c i e n t p o u r p r é s e n te r, dans une série de dix articles, des entreprises qui contribuent à l’économie durable de notre communauté. Mis en place depuis 2008 et mis à jour en 2015, le Plan comprend douze objectifs thématiques. Avec l’objectif « Environnement et milieux naturels en santé », la Ville souhaite à la fois préserver et améliorer la qualité de l’air, de l’eau et des sols.
YukonGrow Bien qu’elle ait été retardée de quelques semaines cette année, la saison des jardins approche maintenant à grands pas et le temps est venu de planifier son potager estival. Si le réflexe pour plusieurs est de courir s’approvisionner aux magasins de grandes surfaces, il faut savoir que les terreaux et les engrais qu’on y achète proviennent généralement d’un peu partout en Amérique du Nord, et qu’ils ont souvent parcouru des milliers de kilomètres avant d’atterrir sur les tablettes de la région. Facteur qui augmente considérablement l’e mp re inte é c o lo gi qu e d e s pouces verts. Pourtant, le Yukon possède et produit déjà abondamment de tels produits sur son territoire. Jusqu’à tout récemment, un manque de constance dans l’offre rendait difficile l’approvisionnement : « Il n’y avait pas vraiment de distributeurs qui faisaient ça à l’année », explique Michel Duteau. Avec YukonGrow, il
a cherché à remédier à la situation. et de l’assainissement des sols ». Michel Duteau est convaincu que le choix de produits d’horticulProduits et services tures locaux peut faire une énorme différence environnementale, à adaptés aux long terme. « Par exemple, la Ville conditions nordiques de Whitehorse investit beaucoup YukonGrow est une entreprise en d’argent chaque année pour l’améligne de services et distribution nagement paysagé, constate-t-il. spécialisée dans les sols culti- Les copeaux de bois qui sont vables, dont « la mission est d’ap- achetés pour les platebandes propuyer les communautés locales viennent souvent d’ailleurs, alors du jardinage, de l’agriculture, du qu’on en a [au Yukon]. Utiliser des cannabis, de l’hydroponique, de ressources locales pourrait dimil’aménagement paysager et de nuer l’empreinte écologique de l’ingénierie des sols », peut-on lire manière significative. » Pour effectuer vos précomsur son site Web. On y retrouve de tout pour répondre aux besoins mandes et commandes de terres spéciaux des jardins yukonnais : cultivables en ligne, visitez le yukonmélanges de terre fabriqués loca- grow.com ou la page Facebook lement, compost, fumier et paillis de l’entreprise. Tout le monde a un rôle à jouer de bois d’origine locale, en plus de charbon à usage agricole (biochar, dans la réalisation des objectifs de en anglais) et de bien d’autres pro- développement durable. Pour plus duits pour tirer le meilleur parti de d’information sur la façon dont vous et votre organisme pouvez être implila saison. « C’est vraiment impression- qués, vous pouvez contacter la Ville nant comment les gens ont hâte de à environnement@whitehorse.ca faire du jardinage!, se réjouit Michel Duteau. Depuis que j’ai ouvert les précommandes, plusieurs commandes ont été passées. Souvent, au Yukon, on se retrouve en juin, et il ne reste plus rien [en stock]. Je pense que les gens veulent éviter ça cette année. » Le Québécois d’origine explique que l’idée derrière son entreprise faisait son chemin depuis 2019 et qu’il a décidé de fonder YukonGrow lorsqu’il a constaté un fort engouement pour le jardinage, au début de la pandémie, l’année dernière. Si, comme il le souligne, « l’entreprise a été créée à la base pour répondre à la demande des jardiniers amateurs », elle offre ses services également « aux horticulteurs, aux gens qui font de l’aménagement paysager, de la construction
Ouvert tous les vendredis samedis et dimanches de MAI à JUIN. Renseignements, adresse et horaires : sprucecottagefarm.ca ou 867 335-9769
Michel Duteau est biologiste de formation ; avant de démarrer YukonGrow en 2020, il a travaillé comme consultant dans les secteurs du traitement des eaux potables et usées, de la santé des sols et de la foresterie.
Ce publireportage est le fruit d’un partenariat entre l’Aurore boréale et l’Association franco-yukonnaise. Il a été rendu possible grâce aux contributions financières de la Ville de Whitehorse et du gouvernement du Canada.
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Mark Kelly
Vous vous souvenez de la fois où Amazon a commandité la collecte de fonds de votre église?
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Vous vous souvenez du moment où Google a fourni une pizza gratuite à l’équipe de football de votre enfant lorsqu’il a remporté le championnat?
Nous non plus!
Des entreprises locales vivent ici. Elles jouent ici. Elles investissent ici. Elles ont besoin de notre soutien, maintenant plus que jamais. News Media Canada Médias d’Info Canada
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environnement
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Apiculture au Yukon : une recherche pour connaître les origines du miel local Produire du miel au Yukon est une discipline relativement récente pour laquelle il n’existe que peu d’information historique. Par exemple, la composition exacte des miels du territoire est peu connue. Afin de pouvoir se positionner sur le marché local, national, voire international, Étienne Tardif, apiculteur au Yukon depuis plus de huit ans, a décidé de se lancer dans un nouveau projet : l’analyse des miels des quelque trente producteurs yukonnais. Kelly Tabuteau
Dans un rapport intitulé Aperçu statistique de l'industrie apicole canadienne, 2019, le gouvernement du Canada brossait le portrait du secteur à l’échelle du pays : la production de miel a baissé de 15,4 % en 2019 par rapport à 2018 et il s’agissait de la plus faible production depuis 2012. B ie n qu e le s c hif f re s avancés recensent uniquement les données des agriculteurs des provinces, les territoires représentant une portion trop infime du marché, ils sont justifiés par un printemps et un été 2019 froids et humides dans les Prairies. Ces conclusions permettent de mettre en évidence les enjeux auxquels font face les apicultrices et apiculteurs du territoire. Étienne Tardif, apiculteur amateur et passionné, installé au Yukon depuis 2013, rapporte : « Dans certaines zones du territoire, il n’y a aucun problème et les récoltes sont bonnes ; dans d’autres, c’est plus délicat et il est difficile
Fournie
Faute de renseignements plus précis, le miel yukonnais est appelé « miel de fleurs sauvages ». L’étude entamée par Étienne Tardif permettrait aux apicultrices et apiculteurs de connaître la composition de leur produit.
Fonds de financement à l’intention des Néo-Canadiens
de comprendre quelles actions poser et surtout quand les poser. Les écosystèmes sont différents et analyser le miel produit dans chacune des régions permettrait de mieux les comprendre. » C’est dans cette optique qu’Étienne Tardif a décidé de se lancer dans un nouveau projet : l’identification des sources botaniques du miel.
Les groupes multiculturels à but non lucratif peuvent recevoir jusqu’à 10 000 $ par année pour des projets dont le but est de mettre à l’honneur les traditions culturelles de différents pays et de les faire connaître aux Yukonnais.
Vers une appellation des miels yukonnais?
Présentez des projets qui peuvent être réalisés à distance pour mettre à l’honneur notre diversité. Les demandes peuvent être envoyées en tout temps.
Téléphone : 867-667-3535 Sans frais : 1-800-661-0408, poste 3535 artsfund@yukon.ca @insideyukon
yukon.ca
Avec une production annuelle de près de deux tonnes, le miel yukonnais s’envole comme des petits pains sous la désignation Wildflower (miel de fleurs sauvages), car l’origine de ce miel est inconnue ou supposée. L’étude entamée par Étienne Tardif permettrait aux apicultrices et apiculteurs de connaître la composition de leur produit. Il explique : « J’avais trois objectifs principaux quand j’ai commencé ce projet : développer des techniques de gestion de ruches, comprendre le produit final et l’étiqueter correctement. » Se servant de sa propre expérience et de ses analyses au microscope, il sait par exemple que le miel de miellat est excellent, mais qu’il pose des problèmes d'hivernage
et peut entraîner l'échec de la colonie ; il sait aussi que malgré la quantité d’épilobes présents sur son terrain à Mont Lorne, ils ont finalement un faible rendement et que c’est plutôt grâce aux autres fleurs indigènes qu’il peut extraire du miel. Étienne Tardif propose donc de procéder à des tests de résonance magnétique nucléaire sur différents miels afin de pouvoir le commercialiser en fonction de son origine botanique ou de ses bénéfices particuliers. Fin mars 2021, la moitié des productrices et producteurs yukonnais avaient fourni des échantillons à cet effet, selon M. Tardif.
Une étude comparative L’étude proposée par M. Tardif est bien plus large que l’échelle territoriale. Approché par le Centre d'expérimentation et de développement en forêt boréale, qui, entre 2015 et 2017, a mené à bien un projet visant l’amélioration des techniques apicoles nordiques pour une pollinisation des petits fruits de la forêt boréale, Étienne Tardif prévoit également comparer le miel issu des régions nordiques du Canada et de l’Alaska afin de savoir s’il est possible
d’identifier, gustativement, les origines régionales. Cette comparaison s’ajoute à celle faite avec des miels de l’épicerie locale. M. Tardif argumente : « J’aimerais que les gens réalisent que, oui, les miels produits localement sont plus chers, en partie parce que garder des abeilles en vie au Yukon avec nos longs et rigoureux hivers est onéreux, mais aussi parce que notre miel est pur puisqu’il a peu d’agriculture au Yukon, et donc pas de pesticides. » Les premiers résultats de l’étude seront publiés sur le site Internet northof60beekeeping.com d’ici la fi n de l’année 2021 et ces résultats pourraient déclencher une envie pour les particuliers de produire leur propre miel. Les réglementations de la Ville de Whitehorse identifient à cet effet les zones résidentielles pour lesquelles les ruches sont autorisées. Bien consciente du pouvoir d’expansion du secteur de l’apiculture, la municipalité a d’ailleurs identifi é cinq actions potentielles dans son Étude sur l’alimentation locale et l’agriculture urbaine 2020 - 2023 publiée en octobre 2020 pour encadrer son développement. IJL – Réseau.Presse L’Aurore boréale
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Le Musée George Johnston veut vous parler français Le Musée George Johnston de Teslin, qui célèbrera son cinquantième anniversaire en 2022, compte mettre à jour la signalisation à travers l’ensemble de son site. L’institution voudrait enrichir ce projet d’envergure en traduisant le tout en français, en plus d’incorporer une vingtaine de mots dans la langue autochtone locale, le tlingit. Marie-Paule Berthiaume
Le gérant du Musée George Johnston, le francophone Ryan Durck, estime que les francophones du Québec et des pays européens représentent le quart de sa clientèle annuelle. « Un autobus d’une cinquantaine de personnes qui parlaient uniquement le français est un jour entré dans notre boutique pour acheter des billets. Ils ont tout de suite réalisé qu’il n’y avait rien du tout en français. Comme j’étais là, j’ai pu leur offrir une visite guidée et ils en ont été très contents. J’ai alors réalisé que sans la possibilité d’avoir accès à un tour autoguidé en français, on
perdait des visiteurs », conclut-il.
La rétention des touristes à Teslin Selon Ryan Durck, Teslin travaille sur la rétention de ses touristes et le Musée George Johnston pourrait, avec une offre bilingue, être en position de contribuer à cet effort. « De l’extérieur, ça a l’air d’un petit musée qui va prendre 45 minutes à visiter, mais souvent il y a du monde qui sont encore là trois ou quatre heures plus tard. Nous pourrions attirer des francophones qui voudraient peut-être rester un soir de plus et investir dans notre village », espère-t-il.
Ryan Durack
L’arrière du Musée George Johnston, aperçu de l’autoroute.
Les liens autochtone et francophone Ryan Durck et son conseil d’administration visent à tisser des liens avec la communauté autochtone du village et à créer des ponts avec la communauté franco-yukonnaise en croissance. Le village de Teslin travaille d’ailleurs présentement à rendre les panneaux d’arrêt bilingues, en anglais et en tlingit. « C’est la première étape qui mènera au changement de tous les panneaux de signalisation en tlingit, surtout les noms de lieux comme celui des rivières et des montagnes. [...] Si toutes les institutions s’y mettent, ça va vraiment donner l’opportunité d’apprendre la langue », prévoit-il.
L’importance des Tlingits
Ryan Durack
Le gérant du Musée George Johnston, Ryan Durack, consulte le contenu de la boîte construite pour transporter un harfang des neiges du Centre d’interprétation de la Béringie au Yukon au Musée George Johnston à Teslin. Des experts de la conservation et d’exposition aideront à son installation en vol à la fin du mois d’avril.
Alors que le musée consacre une section importante au photographe avant-gardiste George Johnston, il se concentre surtout sur la riche histoire des Tlingits. « C’est la seule région au Yukon – à Teslin, Atlin et Carcross – où ils se sont installés en provenance d’Alaska. Toutes les autres régions du Yukon sont habitées par les Athapascans. Teslin et Carcross sont les deux seuls endroits où l’on peut profiter de l’histoire tlingit. Ils sont reconnus pour leur intérêt dans les arts plastiques, surtout pour leurs sculptures. Les couleurs qu’ils utilisent sont semblables à celles du peuple autochtone haïda de la Colombie-Britannique, soit le noir, le rouge, le blanc et le bleu. IJL – Réseau.Presse L’Aurore boréale
Bien que la date de réouverture du musée reste pour l’instant inconnue en raison de la pandémie, le musée compte ouvrir en juin, et ce jusqu’au dimanche de la fête du Travail, le 5 septembre. Le musée harmonisera dorénavant son horaire avec les autres musées de la province, soit du jeudi au dimanche de 11 h à 17 h.
La date limite pour présenter une demande au Fonds de formation des industries culturelles est le 15 mai 2021
Le Fonds de formation des industries culturelles
alloue des subventions de formation destinées aux travailleurs des industries culturelles ou créatives, de sorte à permettre leur meilleure intégration dans ces secteurs et à augmenter le poids économique de l’industrie de la création au Yukon. Le programme compte quatre périodes de financement par année. Les dates limites sont le 15 des mois de mars, mai, septembre et janvier. Le formulaire de demande et les lignes directrices sont disponibles sur notre site Web. Les demandeurs sont invités à consulter un conseiller de la Section des arts avant de présenter leur demande.
Téléphone : (867) 667-3535 Sans frais : 1-800-661-0408, poste 3535 yukon.ca/fr/cultural-industries-training-fund artsfund@yukon.ca @insideyukon
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Le Yukon, une « terre d’opportunités » pour Maurine Forlin Maurine Forlin, 29 ans, fait partie des personnes qui ont perdu leur emploi en mars 2020, l’une des premières conséquences économiques de la pandémie. Loin de se décourager, la jeune femme y a vu l’aventure et a décidé de quitter Montréal avec son copain. Elle renoue aujourd’hui avec la nature et une communauté francophone soudée à Whitehorse, au Yukon. Inès Lombardo – Francopresse
« On a quitté Montréal dans une vieille fourgonnette. Il y avait toute notre vie dedans. » C’est ainsi que l’aventure de Maurine Forlin a (re)commencé en 2020 dans la capitale yukonaise, après quatre ans de vie à Montréal. Originaire de Belgique, elle a débarqué dans la métropole québécoise en 2016. Retrouver un travail dans cette ville qui concentre plus de 1,7 million d’habitants d’après le recensement de 2016 aurait relevé d’un parcours du combattant, explique Maurine. C’est d’autant plus vrai avec « toute la concurrence » qu’il peut y avoir dans le domaine où elle travaille : la restauration. Ainsi, lorsqu’elle a vu une offre d’emploi de l’Association franco-yukonnaise (AFY) pour un poste d’agente de projets en immigration, elle a sauté sur l’occasion et présenté sa candidature. « Étant moi-même immigrante, je me suis dit que c’était le job parfait, car je suis le public cible! », se souvient-elle. Mais quitter une ville qui brasse autant de monde que Montréal pour un territoire aux températures extrêmes et à une population plus réduite peut être déstabilisant, notamment pour son copain Kaël, qui avait un « bon poste de graphiste, dont il était très content », convient Maurine. Le goût de l’aventure et d’un nouvel équilibre en ces temps incertains a pris le dessus : « Il ne restait plus qu’à convaincre mon copain, ajoute-t-elle en riant. En voyant qu’il y avait du travail au Yukon, il a sauté le pas. Il faut savoir que l’emploi est la première raison de l’immigration au Yukon. C’est une terre d’opportunités. Il n’y a pas un jour où l’on regrette notre choix. »
L’exploration comme mantra Maurine Forlin a eu un vrai coup de cœur pour Whitehorse : « Il y a près de 30 000 habitants, mais une grande communauté francophone y vit. De belles amitiés se créent, les gens sont soudés. Mais il faut aimer la nature, les espaces vastes, le calme et… le froid! » Ce n’est pas le premier changement radical que Maurine opère dans sa vie. La jeune femme a le voyage dans le sang.
Fournie
Loin de se décourager d’avoir perdu son emploi en raison de la pandémie, Maurine Forlin y a vu l’aventure et a décidé de quitter Montréal avec son copain. Elle renoue aujourd’hui avec la nature et une communauté francophone soudée à Whitehorse, au Yukon
Elle a quitté Bruxelles lors de ses études en journalisme et en gestion du tourisme pour un stage en Inde, en 2014. C’est là qu’elle aurait eu la « piqure de l’Asie ». Elle rentre en Belgique et devient chercheuse en tourisme en 2016. « J’ai détesté ce job, ce n’était pas ce que je m’étais imaginé. Je gérais plus le côté administratif que la question des voyages. Mais ça m’a permis de mettre des sous de côté. » Elle rassemble donc une somme pour se lancer dans un tour de l’Asie pendant plusieurs mois. De là, elle obtient son Permis vacances-travail canadien (PVT), pour lequel elle avait postulé avant son départ. « Je voulais explorer autre chose. Je suis tombée amoureuse de Montréal! »
Trois jours après son arrivée, elle rencontre Kaël, son conjoint actuel, qui l’a parrainée lors du processus d’obtention de la résidence permanente. « Même si j’avais d’autres projets, comme aller en Amérique du Sud, je suis restée quatre ans à Montréal finalement », lance-t-elle en riant. Avec un certain recul sur tous ses voyages, Maurine réalise que quitter la Belgique n’a pas été un déchirement : « Je me sens mieux au Canada. »
Nature et calme pour se retrouver C’est justement cet amour du pays qui l’a poussée à repartir à l’aventure au Yukon, un territoire dont « beaucoup retiennent les
températures glaciales extrêmes et le peu de population », souligne Maurine. Deux éléments qui n’ont pas refroidi le couple pour autant. « Il y a une communauté francophone étendue ici, note la jeune Belge. Nous avons noué de belles amitiés. Bon, tu y vas plus pour les vallées et les montagnes que pour l’architecture », plaisante-telle à moitié. Dès leur installation, son conjoint et elle ont été frappés par le calme, voire l’isolement de leur nouvel environnement. Maurine souligne que la plupart de ses connaissances du Yukon vivent dans des coins éloignés, merveilleux, mais « parfois sans eau ni électricité ». Un mode de vie qu’elle-même n’embrasse pas, mais qui la dépayse, surtout après
quatre années passées dans une grande ville telle que Montréal. « Whitehorse est vraiment un endroit qui prête à la remise en question, face à cette nature si sauvage en particulier », souligne encore Maurine. Pendant la pandémie, le peu de cas présents au Yukon a permis de préserver en partie la vitalité de la communauté francophone qu’elle apprend à connaitre, notamment par son travail en tant qu’agente d’immigration. « Les bureaux et les restaurants étaient ouverts, même si la capacité d’accueil est limitée. J’ai pu organiser quand même quelques projets avec les immigrants, en respectant les consignes sanitaires bien entendu… On a tout de même eu l’impression d’un semblant de vie normale! » Elle note au passage que les immigrants pour qui elle organise des projets à l’AFY sont pratiquement tous européens, du fait que l’organisme Destination Canada recrute en grande partie des travailleurs francophones sur ce continent, notamment en Belgique et en France. La communauté francophone yukonaise que décrit Maurine est comme une grande famille, très accueillante et ouverte. Une ombre au tableau de cette nouvelle vie? « Le prix des loyers! » répond Maurine, du tac au tac. « C’est hors de prix de se loger ici. À notre arrivée, nous avons regardé pour un petit appartement pour nous deux. Lorsqu’on a vu que ce n’était pas moins de 2000 $, on s’est vite rabattus sur les colocations! » Elle et son conjoint paient près de 900 $ pour une petite chambre à deux. « Heureusement, les salaires suivent à peu près », contrebalance la jeune femme. Pour l’instant, le couple compte rester au Yukon. « On a encore beaucoup de choses à voir », assure-t-elle. Au travers des incertitudes liées à la pandémie, certaines histoires ressortent comme autant de bouffées d’air et d’espoir. C’est notamment le cas de nombreux francophones qui ont choisi le Canada comme terre d’accueil, il y a de cela quelques mois ou des années. Chaque samedi, Francopresse vous présente quelques-unes de leurs histoires d’immigration, un clin d’œil à la vie qui continue même quand tout le reste s’arrête.
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L’escalade sur glace, un sport qui s’acclimate au Yukon Grâce à ses températures glaciales, le Yukon est le terrain de jeu idéal des glaciéristes. David Turcotte en profite pour s’affirmer dans la discipline.
David Turcotte
David Turcotte a longtemps escaladé la glace en Colombie-Britannique avant d’emménager au Yukon où il peut maintenant grimper à l’année et sans modération.
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La Cascade à un million de dollars, haute de 60 mètres, ne gèle pas tous les ans, mais cette année un débordement s’est solidifié et la glace est devenue assez solide pour être grimpée.
l’escalade sur des parois glacées. C’est donc un sport qui requiert Avec l’hiver qui s’éternise, la les conditions climatiques polaires saison de l’escalade sur glace sera particulières du Yukon. De plus, grâce aux glaciers plus longue cette année. David présents sur le territoire et aux Turcotte, récemment emmenagé au Yukon, a escaladé la Cascade températures parfois tempérées à un million de dollars, dans la de l’été, il est aussi possible de région Kluane, à la fin du mois de grimper pendant la saison estivale. mars, alors que celle-ci était pour Un atout pour les alpinistes du territoire qui peuvent alors escalader une fois gelée. à l’année. « Les journées vont être longues, je vais donc pouvoir Un sport idéal grimper plus longtemps », s’impapour le Yukon tiente David Turcotte, qui pratique Comme son nom l’indique, l’esca- ce sport très régulièrement et va lade sur glace est la pratique de passer son premier été au Yukon. Marie Mounier
Le choix est sans fin pour les amateurs d’escalade sur glace qui souhaitent continuer leur expédition glaciaire malgré les beaux jours revenus. Cependant, comme l’affirme Eric Hoogstraten, grand amateur de ce sport, « le problème du Yukon, c’est que tout n’est pas facilement accessible et que parfois il ne fait presque pas assez ou trop froid ». Ainsi, malgré les conditions idéales été comme hiver, encore faut-il qu’il y ait de la glace. Heureusement, David Turcotte a eu la chance de voir la Cascade à un million de dollars geler cette année.
Une grimpée haute en émotion
Une discipline à risque qui réunit malgré tout
David Turcotte est l’un des rares, si ce n’est le seul glaciériste à avoir escaladé la Cascade à un million de dollars. En effet, rien dans les archives ne relate une telle expédition, seul le bouche-à-oreille prouverait le contraire. C’est lorsque David Turcotte skiait au col de Haines avec des amis au début du mois de mars qu’ils ont décidé d’aller voir l’état de la glace sur la chute d’eau. « La glace sur la cascade n’était pas assez solide, mais un débordement s’était créé sur le côté, encore plus haut que la chute elle-même et celui-ci était gelé », explique l’amateur d’escalade. Une occasion rare, puisque la fameuse cascade, qui se jette dans la rivière Takhanne, ne gèle que rarement même pendant l’hiver. Après une première montée en moulinette une semaine plus tard, il parvient à gravir entièrement la Cascade à un million de dollars la fin de semaine du 29 mars, cette fois en premier de cordée. « Les conditions étaient incroyables, c’était parfait, mais aussi vraiment dangereux », ajoute l’expert, qui souhaite souligner que les risques pris ne sont pas pour les débutants.
Plus qu’un simple sport à pratiquer la fin de semaine entre amis, l’escalade sur glace requiert expérience et dextérité. Si la glace peut paraître solide, avec le soleil elle peut facilement se ramollir et entrainer des risques majeurs. Cependant, il est possible de suivre des cours et de se lancer dans une nouvelle expérience rafraichissante. Equinox Yukon construit chaque année au Mont Sima une tour de glace afin de permettre aux amateurs d’escalade d’apprendre et de s’entrainer dans des conditions sécuritaires. « Cette année, elle a commencé à être fabriquée dès la mi-octobre et elle est encore debout », note Eric Hoogstraten, qui a aidé à sa construction. Une véritable communauté s’est créée autour de la pratique de ce sport. « Equinox Yukon ne donne pas seulement accès à une tour de glace, mais aussi à un espace qui rassemble », affirme Jonathon Driscoll, moniteur agrégé d’escalade sur glace. Si la discipline n’est pas encore très répandue au territoire, elle tend pourtant à le devenir grâce à l’aventure de David Turcotte, qui lui aura permis d’être sur le devant de la scène.
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plus foncé. Vous avez déjà quelquesRÉPONSE chiffresDU parJEU NO 475 RÈGLES DU JEU Vous devez:remplir toutes les cases vides en plaçant les chiffres 1 à 9 une seule fois boîte aider. par ligne, une seulepour fois parvous colonne et uneNe seulepas fois oublier par boîte de: 9vous cases. ne
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F
FAMILLES
RÉPONSE DU JEU NO 477
HONORER
J
JOUR
M
MARTYRS
PREMIER PRÊTRES PRIER PRIÈRES PURGATOIRE PURIFICATION
THÈME : LA TOUSSAINT 8 LETTRES
U
UNI
V
VÉNÉRER VERTU VIERGE VOIE VOUÉS
JEU NO
SOLENNEL
T
TOMBES TOUS TYPES
RÈGLES DU JEU :
RÉPONS
Vous devez remplir toutes les cases vides en plaçant les chiffres 1 à 9 une seule fois par ligne, une seule fois par colonne et une seule fois par boîte de 9 cases.
Vous devez remplir toutes les cases vides en plaçant les chiffres 1 à 9 une seule fois par ligne, une seule fois par colonne et une seule fois par boîte de 9 cases.
Chaque boîte de 9 cases est marquée d’un trait plus foncé. Vous avez déjà quelques chiffres par boîte pour vous aider. Ne pas oublier : vous ne devez jamais répéter les chiffres 1 à 9 dans la même ligne, la même colonne et la même boîte de 9 cases.
Chaque boîte de 9 cases est marquée d’un trait plus foncé. Vous avez déjà quelques chiffres par boîte pour vous aider. Ne pas oublier : vous ne devez jamais répéter les chiffres 1 à 9 dans la même ligne, la même colonne et la même boîte de 9 cases.
RÈGLES DU JEU :
RÉPONSE DU JEU NO 477
SOLUTION DE CE MOT CACHÉ : NOVEMBRE
L
PARTOUT PEAU PÉRIODE POULS PRÉPARER PRINTEMPS
E
FIN FLEUR FOULE FRANCHE
RÉPONSE DU JEU NO 475
INSECTES INSTINCT
JEU NO 475
S Divertissement 20 INACTIF P OURS
I
DISPARU DOULEUR DURÉE
Vous devez re plaçant les chiff une seule fois boîte de 9 case
O
CÉLÉBRER CÉRÉMONIE CHAGRIN CHEMIN CHÈRE CIEL CIMETIÈRE CROIRE CROIX CROYANT
RÈGLES DU J
HIBERNER
RÉSERVE RESPIRE RÉVEIL
NOURRIR
Vous devez remplir toutes les cases vides en plaçant les chiffres 1 à 9 une seule fois par ligne, une seule fois par colonne et une seule fois par boîte de 9 cases.
HAMSTER
Jeudi 22 avril 2021 HÉRISSON
SOLUTION DE CE MOT CACHÉ : MALHEUREUX
Jeudi 22 avril 2021
auroreboreale.ca
chroniques 21
Les langues officielles Yves Lafond
Ça faisait proche d’un an que j’étais revenu dans les parages. L’hiver s’annonçant, je me demandais où je resterais. J’avais vécu à plein temps dans mon camion durant toute cette année. Toutes mes possessions tenaient dans ce cubicule. Mais là, j’étais embêté de trouver l’espace nécessaire au surplus de vêtements d’hiver nécessaire pour affronter les grands froids. Il était temps de sortir de ma couchette. Mes premiers patrons m’avaient envoyé sur la Dempster Highway. J’en suis reconnaissant pour ça. Mais c’est tout. C’étaient des conquistadors qui aimaient conquérir de nouveaux territoires sur le dos de leurs employés. Cheminer ce grand chemin m’avait allégé le cœur ; mais, malheureusement, mes poches tout autant. Des bidous, je n’en avais pas gros. Pas assez pour une bonne cabane. J‘ai dû me résigner. C’est une chambre dans une maison mobile du très chic Kopper King Trailer Park où j’ai trouvé à me loger. Ça avait la classe d’un Trailer Park
Boys. La place était super swell. C’était la seule de la rue pas déglinguée ou condamnée pour insalubrité. Délesté du devoir de bien paraitre, on ne s’enfarge pas dans les conventions définissant le bien-vivre. J’en suis reparti un ou deux ans plus tard avec une poche pleine d’anecdotes rigolotes et de précieux souvenirs. Mais pas que de la rigolade. Ma logeuse était une Tlingit originaire, si j’ai bien compris, des alentours de Grizzly Valley. Elle en était partie fillette, quand la GRC est venue la chercher pour la faire entrer à l’école résidentielle de Whitehorse. Elle m’a confié que quand elle a quitté ses parents, elle ne parlait pas l’anglais. Quand elle les a retrouvés des années plus tard, elle ne les comprenait plus. Elle m’en a raconté beaucoup plus. Tuer l’Indien dans l’enfant, comme le demandait le gouvernement, s’est avéré être une tâche plus difficile qu’il en paraissait. L’apprentissage d’être blanc était enseigné à coups de baguettes, de strappes, de coupes de cheveux humiliantes, de sévices, etc. Différentes religions à y être
passées s’en sont chargées. Sont passées sur elle aussi. Ils ont eu beau varger autant qu’ils le pouvaient, ça n’a pas été couronné de succès. Ça finissait des fois par des enfants morts enterrés de nuit. Ça porte à boire. Plus la journée avançait, plus de bières elle clippait, plus elle en contait. Mais enfiler sa première bière à huit heures du matin, ça se peut qu’après la dixième ou douzième, dans l’après-midi, on devienne tannant. C’était le moment que je choisissais pour m’éclipser. Une fois, je n’ai pas été assez vite. Elle est venue me relancer jusque dans ma chambre. Voulant me piquer comme il faut, elle m’a gossé sur mon accent. C’en était trop. Je lui ai alors demandé si je devais essayer de parler comme elle : « Speak white? » Je sais que c’était baveux. Mais concernant la langue, elle a compris qu’on était dans le même bateau. À quelques reprises, des natifs du Delta ou d’ailleurs m’ont questionné au sujet de l’attitude agressive et presque guerrière démontrée jadis par les Québécois concernant notre langue. « D’accord, que je répon-
dais. Mais notre langue, on la parle toujours. Peut-être devriez-vous en faire autant. » Le temps a passé. J’ai recommencé à bourlinguer. Jusqu’à ce que je me retrouve à Old Crow. « In and out steady ». Je ne pourrais dire combien de fois j’y suis allé. L’endroit étant dépourvu de route, l’avion est le seul moyen de transport. La compagnie aérienne Air North fait une très bonne job. Grâce à cette association harmonieuse entre la nation Vuntut Gwitchin et son président blanc Joe Sparling, l’entreprise s’est taillé une réputation fort enviable et fait la fierté des habitants du territoire. Cette compagnie respectable émet les consignes de sécurité dans les deux langues officielles. Une question que je me pose, cependant : pourquoi omet-elle de les émettre aussi en gwitchin? J’ai commencé à le leur demander. Tous unanimes : aucune idée. Personne n’y avait même songé. Même pas le chef. Il faudrait que ça change. Je ne crois pas que sortir les armes soit encore nécessaire. Une ouverture envers les différentes
cultures s’instaure tranquillement. Il serait temps de passer de la parole aux actes et commencer à faire une place aux premiers arrivés. Intégrer la langue des premiers fondateurs de ce pays devrait être une priorité. On devrait en entendre tous les jours. Avec la langue vient la culture. Je me suis longtemps questionné sur la faisabilité de cette idée, puisqu’il existe je ne sais combien de parlers différents entre nos trois océans. Pour faciliter le tout, devrait-il y avoir une sorte de fusionnement? Ce n’est pas à moi de répondre. Faisons confiance aux peuples concernés pour solutionner cette question. Pour aider à la réflexion, pensons qu'au Pérou ils ont quarante-deux langues officielles. S’ils y arrivent, pourquoi pas nous? Notre responsabilité est d’ouvrir cette porte encore fermée et accepter ce qui y entrera. Cette terre nous ayant vus naitre, par ce fait, elle nous unit dans une même et grande famille. Il serait peut-être temps qu’on commence à essayer de nous comprendre. Mahsi cho.
L’analyse comparative selon le genre : un outil puissant pour repenser nos politiques Le mois dernier, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a dévoilé les résultats de l’analyse comparative selon le genre, qu’il a réalisée pour préparer son budget 2021-2022. Il s’agit de la première province au Canada à rendre public ce processus, réclamé de longue date par les organismes de défense des droits des femmes à travers tout le pays. Julie Gillet, chroniqueuse Francopresse
Certes, le résultat n’est pas à la hauteur des espérances des féministes, et de nombreuses pistes d’amélioration sont envisageables. Il n’empêche que cela reste un pas dans la bonne direction : celle d’une prise de conscience politique de la nécessité de réfléchir aux éventuelles conséquences différentes sur les femmes, les hommes et les populations vulnérables d’une action que l’on pourrait penser neutre de prime abord.
L’apparente neutralité du déneigement Prenons un exemple malheureusement toujours de saison : le déneigement. Rien ne vous semble plus neutre qu’un plan de déblayage? Détrompez-vous! Dans la plupart des villes, lors d’une tempête de neige, l’on s’affaire prioritairement à dégager les axes routiers princi-
paux, puis les rues secondaires et, enfin, les trottoirs. Cette méthode vise notamment à permettre aux travailleurs et aux travailleuses de se rendre sur leur lieu de travail rapidement. Depuis 2010, la Ville de Karlskoga, en Suède, aborde le problème différemment : les trottoirs sont déneigés en premier, en priorisant les alentours des crèches et des écoles, puis des hôpitaux et des administrations. Cela facilite les déplacements des femmes, des enfants, des jeunes et des personnes âgées. Plusieurs études ont en effet démontré que ces derniers utilisent davantage les trottoirs et les pistes cyclables pour leurs activités quotidiennes, tandis que les hommes priorisent les chaussées. L’argument-massue de la petite bourgade suédoise pour justifier ce déneigement féministe? Il est plus facile de se déplacer sur 10 cm de neige en voiture qu’avec un landau ou un vélo. Résultat : la ville a enregistré une
baisse spectaculaire des chutes et des blessures durant l’hiver, désengorgeant par le fait même ses hôpitaux et réduisant ses dépenses en santé.
et aux principales concernées que nous parviendrons à imaginer des solutions durables et justes pour mieux vivre ensemble. C’est bien beau de construire à grands frais un nouveau terrain de soccer, mais si en réalité seule Remettre en question une partie de la population l’utises présupposés lise — pour toute une série de Cet exemple démontre bien raisons allant de la construction l’intérêt d’analyser les politiques sociale des rôles genrés au poids publiques en fonction de leur de la culture et des traditions, impact genré sur la population, en passant par une accessibilité mais également en tenant compte réduite –, ce sera de l’argent qui de facteurs tels que l’âge, le revenu ou l’origine des personnes. C’est en portant attention aux besoins réels des gens, et plus particulièrement des groupes les plus vulnérables, que nous pourrons construire un espace public inclusif, où chacun se sent légitime et libre de circuler. C’est en acceptant de remettre en question nos présupposés, en prenant l’habitude de réfléchir à l’apparente neutralité de nos actions et en laissant la parole aux principaux concernés
ne servira pas la communauté. C’est bien joli de vouloir relancer l’économie à tout-va ; de mettre en place des incitatifs financiers pour la création d’entreprises, de construire des autoroutes, des oléoducs et des petits réacteurs nucléaires. Mais si rien n’est mis en place pour contrebalancer les impacts disproportionnés de la crise actuelle sur les femmes et les populations vulnérables, ce sera in fine un échec pour l’ensemble de la société.
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Jeudi 22 avril 2021
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couPs D’oeil
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Maryne Dumaine
Maryne Dumaine
Le 16 et 17 avril dernier, Soir de Semaine a lancé son troisième album intitulé Au gré du vent, au Local bar. Grâce à des mesures sanitaires adaptées, le spectacle a pu avoir lieu devant une cinquantaine de personnes chaque soir. Maryne Dumaine
Les cygnes sont de retour. Le 13 avril dernier, 3036 d’entre eux étaient présents au Havre des cygnes, au lac Marsh. Cela représentre 5 % de la population mondiale des Cygnes trompette, selon la page facebook du lieu.
Jarret Slipp Laurie Trottier
Nouveau visage au Centre de la francophonie. Bienvenue à Guylaine Despatis qui intègre l’équipe Formation de l’Association franco-yukonnaise. Bienvenue au Yukon!
Jarret Slipp
Louise-Hélène Villeneuve, Jarret Slipp et leurs filles Fiona et Céleste sont actuellement dans les Caraïbes à bord de leur voilier. Le 9 avril dernier, tandis qu’ils terminaient leur première navigation entre St-Vincent et les Grenadines, ils se sont réveillés devant une éruption volcanique. « On est proche (environ 40 km). On a décidé d’arrêter en chemin faire une journée de quarantaine à Bequia. Nous sommes bien préparés, on a rempli nos réservoirs d’eau, de propane et d’essence et le garde-manger. On a aussi couvert le bateau en prévention de la pluie de cendres qui pourrait tomber. » Bien leur en a valu aux vues des photos des jours suivants, où l’on voit le bateau couvert de cendres.
Vous souhaitez que vos photos soient publiées dans le journal? C’est un beau souvenir et une bonne idée de surprise à envoyer à vos familles et amis.w C’est simple : envoyez-les-nous à dir@auroreboreale.ca
CSFY
AFY
C’est avec beaucoup de fierté que Jeanne Beaudoin a remis le Prix du bénévole de l’année à Sophie Molgat. Ce prix rend hommage à une personne qui a, grâce à son engagement bénévole, contribué à la vitalité de la communauté francoyukonnaise de façon remarquable au cours de la dernière année. Sophie est l’une des jeunes qui portent le mouvement yukonnais des grèves pour le climat. Elle fait partie du Comité jeunesse pour la lutte contre les changements climatiques mis en place par le gouvernement territorial. Elle a aussi été chroniqueuse bénévole pour le journal l’Aurore boréale. Elle s’est exprimée en français devant le conseil de la Ville de Whitehorse pour demander la déclaration de l’urgence climatique. C’est une jeune francophone engagée et un modèle pour les jeunes de notre communauté. Bravo!
Suite à un projet sur le thème de l’engagement à l’École Émilie-Tremblay, la classe de Mme Crête a mis de l’avant le parcours de francophones du Yukon qui s’engagent dans leur communauté de diverses façons inspirantes. Charly Melin a présenté Cyril Melin : « Mon père cuisine du pain et en donne à ceux qui en ont besoin. Il nous fait aussi participer aux différentes activités organisées par la communauté francophone. » Roger Luxemburger et Max Labelle ont présenté Daniel Blais : « Il est le directeur du Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile-Mercier. L’enseignement en français lui tient à cœur et il donne souvent son temps bénévolement pour entrainer des équipes sportives. » Tate Turpin a présenté sa maman, Rebecca : « Ma mère travaille dans le domaine de l’environnement. Elle aide présentement à la sauvegarde des caribous. Elle peut offrir un service en français quand les gens ont besoin. De plus, elle s’assure que moi et mon frère puissions vivre pleinement notre francophonie en nous faisant participer à différentes activités organisées par la communauté. » D’autres élèves ont présenté Carolyne Duval, Isabel Beauregard, Fleur Marsella, Frédérique Janvier-Crête et Brigitte Jardin. Bravo à toutes ces personnes et un grand merci pour votre engagement envers la francophonie, qui manifestement, rayonne auprès des plus jeunes de la communauté!
Jeudi 22 avril 2021
auroreboreale.ca
Calendrier communautaire 23 13 avril au 1er juin 9 h à 9 h 30 : Méditation pleine conscience en ligne avec Christine Klaassen-St-Pierre. Inscription obligatoire. Rens. : conscience.afy.yk.ca
15 avril au 3 juin 17 h 15 à 18 h 15 : Atelier gratuit d’introduction à la danse tahitienne Aparima. Inscription requise. Rens. : aparima.afy.yk.ca
26 avril, 3, 10 et 17 mai 15 h 30 à 18 h : Formation de gardien averti pour les enfants de 11 ans et plus. Places limitées. Formatrice : Sandrine Proulx. Centre de la francophonie. Inscr. requise : pcsadjointe@ francosante.org ou 668-2663, poste 810. Annoncer : 867 667-2663 dir@auroreboreale.ca
27 avril 19 h : Assemblée générale annuelle de Climb Yukon Association. En ligne : us02web. zoom.us Rens. : Climb Yukon Association
28 avril 20 h : Concert en ligne du groupe de musique pop fransaskois, Ponteix. Billets disponibles sur Eventbrite. Rens. : ponteix.afy.ca
30 avril
6 et 13 mai
14 h : Après-midi de jeu laser pour les jeunes de 14 à 25 ans. Gratuit. Inscription requise. Rens. : jeunesse@afy.yk.ca
1er et 2 mai Cours de premiers soins en français. Université du Yukon – RCR niveau C. Coût : 195 $. Places limitées à 12. Inscr. : Utiliser le code CRN 90530 en téléphonant au 668-8710.
Petites annonces Occasion de bénévolat. Devenez bénévole pour Sentinelles Yukon et contribuez activement à l’amélioration des conditions de vie des personnes ainées de notre communauté en effectuant des appels téléphoniques personnalisés. Rens. : sentinelles@afy.yk.ca
de talents francophones passionnés participant à l’économie yukonnaise. Visitez : portraits.afy.ca
Programme de jumelage. Passez des moments de qualité et tissez des liens avec d’autres membres de la communauté qui partagent les mêmes centres d’intérêt que Test d’évaluation du français (TEF). vous à travers notre programme Passez dès maintenant le TEF de jumelage. Rens. : jumelage.afy.ca pour les personnes immigrantes, en sessions délocalisées Appels automatisés. Inscrivezà Whitehorse. vous au service d’appels Rens. : tef.afy.yk.ca automatisés pour personnes Francophone et en affaires. Toutes les deux semaines, découvrez l’histoire et le parcours
ainées de Sentinelles Yukon. Gratuit. Contactez-nous : 867 335-2660.
Pouce vert. De mars à juillet, suivez les astuces de jardinage pour personnes débutantes à travers six vidéos animées par Johanna Goossens, ingénieure agronome. Rens. : jardin.afy.yk.ca À donner. Collection de treize revues françaises XXI : reportages indépendants de qualité, sans publicité, avec dessins artistiques d’illustrateurs, reportages internationaux sociaux et politiques, 200 pages/numéro. Rens. : marjo_lene@hotmail.com
considérée comme essentielle et les diplômés étrangers pourraient avoir accès à la résidence permanente grâce à un nouveau programme d’IRCC qui ouvre le 6 mai. Rens. : canada.ca/fr/immigrationrefugies-citoyennete/ Guide animateur/animatrice recherché.e pour Parcs Canada - Lieu historique national S.S. Klondike.Date limite : 25 avril 2021 - 23 h 59, heure du pacifique Rens. : bit.ly/32v0gh3
Les travailleurs temporaires francophones et bilingues qui occupent une profession
9 h à 12 h : Formation gratuite en deux parties sur la plateforme collaborative Teams de la suite Office 365. En ligne. Inscription requise. Rens. : teams.afy.ca
Rapides Joyeux anniversaires à Richard Bélanger (22), Raphaël L. (24), Sandra St-Laurent (25) et Niléna Georgeault (29). La CSFY, l’École Émilie-Tremblay et le CSSC Mercier souhaitent remercier ses adjointes et reconnaître leur travail exceptionnel dans le cadre de la Semaine du personnel de soutien administratif qui se déroulera du 18 au 24 avril. Merci à Stéphanie Moreau, Miléna Georgeault, Émilie Tranchant et Josée Belisle pour votre professionnalisme, votre sourire et votre aide lors de nos petits et grands projets! Vous nous permettez d’exceller et de voir grand! Bravo à Mike et Jacob qui figurent dans la la revue Eastman’s Hunting Journal. On peut y lire le récit de leur dernière chasse à l’orignal.
2021
e r ff o e n u à é t é ’ d e ! g e a t u s q i n n D’u ’emploi u d AVRIL
n.ca o k u y r e volunte
IT GRATU
Présenté par
8 14 h à 1
h
Jeudi 22 avril 2021
auroreboreale.ca
, s n a 5 4 Après ient… v e d F P A ’ l La force du nombre Réseau.Presse connu depuis 45 ans sous le nom « Association de la presse francophone (APF) » représente les intérêts de ses médias écrits communautaires membres desservant les populations franco-canadiennes en situation minoritaire. Réseau.Presse s’affirme et revêt l’identité d’un réseau de médias écrits professionnels dynamiques, visionnaires, plus unis que jamais et spécialistes de l’information locale de qualité, en français.
Un réseau de médias écrits unique et uni desservant la population franco-canadienne en situation minoritaire.
Prendre sa place, un point c’est tout Le point représente l’affirmation, la neutralité et le courage de ses convictions.
Informer et rayonner De l’information locale de qualité en français qui fait rayonner nos communautés francophones.
Notre raison d’être Nos médias écrits membres dispersés partout au pays.
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