No de convention : 4061051
Le Jeudi 25 novembre 2021 | Volume 38 | Numéro 21
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Crystal Martin-Lapenskie
Un bilan en demi-teinte pour la délégation inuite à la COP26 Laurie Trottier Page 11
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Wild Things : Esther Bordet dessine le Yukon et l’expose Marie Mounier
À découvrir
Éliminer la violence à l’égard des femmes
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Avec l’arrivée de l’hiver, les joies du plein air prennent une toute autre altitude! Sophie Brisebois, Bernadette Roy, Christine Marchand et Louise Fallon ont été à Nares, près de Carcross, par une belle journée ensoleillée. « Une journée parfaite », selon les randonneuses.
5-6
Climat : les jeunes se prononcent
2
Élections à la CSFY
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Les femmes et l’immigration
7
Poésie multilingue
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Chroniques
14-15
Journalistes en herbe
16-17
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environnement 2
Des recommandations, pour leur futur Notre avenir propre. Pour les jeunes de la première cohorte du Comité jeunesse sur les changements climatiques, ces mots signifient plus que le slogan de la stratégie yukonnaise de lutte contre les changements climatiques. Il s’agit de leur futur. Laurie Trottier
« Le pouvoir est là et la jeunesse l’a. » Sruthee Govindaraj était l’une des onze membres âgés de 13 à 24 ans de la première cohorte du Comité jeunesse sur les changements climatiques. Le projet a débuté en janvier et était chapeauté par l’organisme BYTE, qui a pour mission de valoriser et promouvoir la jeunesse à travers le Yukon. Au terme de dix mois de rencontres, les onze leaders du climat ont produit une série de recommandations à l’intention du gouvernement du Yukon, touchant à plusieurs domaines incluant l’éducation, l’aménagement du territoire, l’exploitation des ressources et les savoirs autochtones. Sruthee Govindaraj sort de ce projet encore plus outillée, confiante et décidée à s’impliquer pour changer les choses. « Je suis rendue à la mi-vingtaine et parfois je me demande à quoi ça sert de continuer à se battre. Mais ce projet a été une illumination et je suis tellement contente d’y avoir participé »,
souligne celle qui est agée de 24 ans et spécialiste de l’environnement à Core Geoscience Services inc., à Whitehorse. « On a aussi rencontré une foule d’experts qui nous ont fourni des données et des informations essentielles à la rédaction des recommandations », ajoute Sruthee Govindaraj. Cette dernière s’est concentrée sur la connexion entre la population et l’environnement, et s’est assuré qu’aucun aspect essentiel ne soit laissé derrière. « C’était important pour nous d’inclure la souveraineté autochtone et les savoirs traditionnels au sein de notre rapport et dans nos actions », affirme-t-elle.
Fournie
Sruthee Govindaraj a terminé des études Fournie
La création du Comité jeunesse était un des engagements pris par le gouvernement dans l’application de Notre avenir propre, la stratégie yukonnaise en matière de chan-
des changements climatiques à l’Univer-
gement climatique, d’énergie et d’économie verte.
sité du Yukon.
des jeunes n’est pas sérieusement écoutée. « Mais c’est de leur futur qu’il est question et ils doivent être pris en compte », assure-t-elle. Le 15 octobre, le groupe jeunesse a présenté son rapport au premier ministre Sandy Silver, et 27 recommandations aux ministres John Streicker et Nils Clarke. Si Sruthee Govindaraj a senti adressées au que les dirigeants présents étaient à gouvernement l’écoute des recommandations des Rejointe au téléphone alors qu’elle jeunes, elle a surtout hâte de voir les suivait de près les travaux des pays actions qu’ils mettront de l’avant. La recommandation qu’elle participants à la COP26, à Glasgow, juge la plus importante est d’inclure Sruthee Govindaraj confie avoir souvent l’impression que la voix les changements climatiques au sein du cursus scolaire : « Nous ne l’abordons que brièvement et nous n’allons pas au fond des choses, comme les conséquences sociales et économiques, soutient-elle. On se concentre seulement sur la science. »
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Quelques recommandations du Comité jeunesse sur les changements climatiques • Exiger que l’ensemble du personnel employé au gouvernement du Yukon suive le cours « Prise de décision pour le changement climatique » de l’Université du Yukon. • Mettre en place un droit de veto pour les communautés autochtones sur tout projet de développement et d’industrie extractive sur leurs terres. • Interdire les dons d’entreprises aux partis politiques du Yukon pour s’assurer qu’il n’y ait pas de conflits d’intérêts en lien avec la législation environnementale des industries. • Prioriser la réduction du voiturage en solo en offrant un transport en commun plus fréquent et plus accessible. d’autres personnes qui se soucient du changement climatique, se réjouit Emily Ross, coordinatrice du Comité jeunesse pour BYTE. Si je ne devais retenir qu’une seule chose de ce projet, c’est qu’il ne manque pas de jeunes passionnés et compétents au Yukon qui ont la volonté de travailler pour la justice climatique. » La deuxième cohorte sera formée sous peu, mais les jeunes de la première édition continueront de demander des comptes au gouvernement pour s’assurer que les recommandations soient
La prochaine cohorte bientôt formée « Je suis vraiment heureuse que le processus n’ait pas seulement abouti aux recommandations des panélistes, mais qu’il ait aussi permis aux jeunes d’établir des liens plus étroits les uns avec les autres et de connecter avec
implantées, explique Emily Ross. Quant à Sruthee Govindaraj, son activisme environnemental ne s’arrête pas là : celle-ci est membre du premier Conseil d’orientation sur le climat du Yukon formé au début du mois, qui a pour but de formuler des recommandations afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 45 % au territoire. « Le Comité jeunesse m’a donné les contacts et la motivation de le faire », affirme-t-elle, reconnaissante. ILJL – Réseau.presse l’Aurore boréale
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Angélique Bernard, Sophie Delaigue, Yves Lafond, Marie Mounier, Sandra St-Laurent, Kelly Tabuteau, Roselyn Gagné-Turcotte, et les élèves Mathias Frostad, Stella et Robyn Mueller. Révision des textes et correction d’épreuves :
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Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada.
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Le journal est publié par l’Association franco-yukonnaise, à Whitehorse, au Yukon.
Avec respect, nous tenons à reconnaitre que nous travaillons et publions ce journal sur le territoire traditionnel de la Première nation des Kwanlin Dün et du conseil des Ta’an Kwäch’än.
Stop! Quatre petites lettres pour un mot qui a fait sa place dans de nombreuses langues. Un bel anglicisme, qui plus est. Bravo la rédaction francophone… Mais peu importe la langue, pour une fois, car c’est ce mot qui me vient en tête lorsque je pense à la campagne qui débute aujourd’hui. Une campagne de deux semaines, 16 jours, pour lutter contre la violence fondée sur le genre. Chaque année, à partir du 25 novembre, à travers le Canada et même à travers le monde, les organismes se mobilisent pour tenter de mettre fin à ces violences qui visent des personnes en fonction de leur genre. Cette violence, c’est celle que les femmes, les filles et les personnes bispirituelles, trans et non binaires risquent de subir, simplement en raison de leur identité. Elle englobe différentes formes de maltraitance physiques et affectives, comme les injures, les coups, le harcèlement, le viol, l’agression sexuelle, le contrôle ou encore la manipulation. Ce type de violence peut provenir d’une personne parfaitement inconnue ou de la personne qui nous est le plus proche. Elle peut survenir dans le cadre familial, social, amical. Dans tous les cas, elle se base sur le genre. On se souvient bien évidemment de la triste date du 6 décembre et du drame qui a touché l’école Polytechnique, à Montréal, en 1989, lorsqu’un homme a assassiné 14 jeunes femmes. C’était il y a plus de trente ans, me direz-vous. Mais aujourd’hui encore, au Canada, 30 % des femmes âgées de plus de 15 ans affirment avoir subi une agression sexuelle au moins une fois! Alors
oui : « stop! », car « arrêt », veux, veux pas, ça sonne moins injonctif. Arrêter, par contre, ça résonne quand même bien, en ce temps sombre du mois de novembre. Je ne sais pas si c’est moi qui ne les vois plus, mais il semble que les arcs-en-ciel dégoulinants de beaux espoirs ont cessé d’apparaître dans mon champ de vision. Disparus, les « Mercis » sur le bord des routes. Finis les « Ça va bien aller » et les cœurs de mille couleurs sur les médias sociaux ou les vitrines de magasins. Envolés et remplacés par des applications en ligne permettant de vérifier le statut sanitaire de tous et chacun, troqués contre des annonces immobilières aux prix déroutants ou convertis en tentatives d’hameçonnage par téléphone, nous faisant croire que quelqu’un nous aurait envoyé un colis douteux. STOP! Où est le bouton pause? Mais voilà, s’arrêter quand la noirceur rentre un peu trop dans le corps, ce n’est pas simple. Arrêter. Stopper. Cesser. Ces mots sont à connotation négative. Dans une société qui valorise la productivité, l’accomplissement et le succès, ces mots sont plutôt rétrogrades, non? Mais arrêter n’est-il pas aussi une façon de rester en sécurité? Les panneaux routiers sont bien là pour nous aider à ne pas faire de carambolage, me semble-t-il. En cette période où les heures de noirceur rallongent, essayons de faire quelques pauses, pour regarder des deux côtés de la rue avant d’avancer aveuglément. Tentons de trouver le bon endroit pour nous arrêter, au moins un peu, le temps de respirer, vivre des moments présents et mettre nos pensées en sécurité. N’ayez crainte, il ne reste plus qu’une trentaine de jours et la lumière reprendra le dessus. Allez, ça va bien aller…
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Pour une année Format papier* ou PDF
Stéphane Cole Caricature :
Annie Maheux
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Education 4
Élections au sein de la CSFY : Jocelyne Isabelle est élue vice-présidente et Jean-Sébastien Blais demeure président Communiqué de la Commission scolaire francophone du Yukon
La Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) est fière de pouvoir compter sur un conseil des commissaires qui est engagé, qui a une vision claire pour l’éducation en français langue première au Yukon et qui déploie son professionnalisme et son leadership à chaque occasion. La dernière élection générale a eu lieu en octobre 2019 et les commissaires ont été élus pour un mandat de trois ans tel que décrit dans la Loi sur l’éducation du Yukon. Durant ces trois ans, les commissaires décident entre eux qui occupera les fonctions de la présidence et de la vice-présidence. Lors de leur dernière réunion de travail le 4 novembre 2021, les commissaires ont réélu M. JeanSébastien Blais au poste de président et élu Mme Jocelyne Isabelle comme vice-présidente. « La force de notre conseil des commissaires provient de l’expérience unique de chaque commissaire ainsi que les connaissances et le leadership que nous avons
développés depuis les élections générales de 2019. Nous remercions M me Elaine Michaud qui a occupé le poste de vice-présidente de la CSFY pendant la dernière année. Nous remercions également Mme Jocelyne Isabelle d’avoir accepté ce mandat. Nous sommes fiers de tout ce que nous avons accompli et nous sommes confiants que la prochaine année nous permettra de consolider nos acquis pour la gestion de l’éducation en français langue première au Yukon », commente M. JeanSébastien Blais, président de la CSFY. M. Blais a été élu au conseil des commissaires lors du scrutin du 7 octobre 2013 puis réélu lors des élections générales de 2016 et de 2019. M me Isabelle a joint l’équipe des commissaires il y a trois ans lorsqu’elle a été élue par acclamation le 25 octobre 2018, puis réélue aux élections générales d’octobre 2019. Les détails au sujet des élections générales des commissaires sont disponibles dans la Loi sur l’éducation legislation.yukon.ca/ acts/education_c.pdf
867 668-2663
afy.ca
Jean-Sébastien Blais, réélu président de la Commission scolaire francophone du Yukon, et Jocelyne Isabelle, nouvellement élue vice-présidente.
Les travaux en vue de créer la nouvelle commission scolaire des Premières Nations du Yukon progressent
D’après un communiqué du gouvernement du Yukon
Merci à
ptitsmollets.afy.ca
CSFY
En date du 31 octobre 2021, les conseils des écoles suivantes ont présenté une résolution visant à déclencher un référendum sur le regroupement de leur école sous la nouvelle commission scolaire des Premières Nations.
Diner Retrouvailles 30novembre auparcshipyards de11h30à13h30
Fournie
Les écoles sont les suivantes : École Chief-Zzeh-Gittlit, École primaire Grey Mountain, École élémentaire Johnson et École secondaire de Watson Lake, et dans un même référendum, École de Ross River et École St-Elias (Haines-Junction). Les communautés scolaires intéressées dont le conseil scolaire n’a pas adopté de résolution peuvent toujours soumettre une pétition à la ministre de l’Éducation d’ici le 13 décembre 2021. Le processus référendaire aura lieu en janvier 2022 dans toute zone de fréquentation scolaire où une résolution ou une pétition signée par 20 % de l’électorat admissible est soumise. Des détails supplémentaires sur le pro-
cessus référendaire seront communiqués une fois la période de soumission des pétitions terminée. Élections Yukon supervisera le processus référendaire et de vote au nom de la ministre de l’Éducation. « Nous avons tous la responsabilité de veiller à ce que notre système d’éducation reflète l’histoire, la culture et les langues des Premières Nations, a indiqué Jeanie McLean, ministre de l’Éducation. L’entente-cadre sur la création d’une commission scolaire des Premières Nations du Yukon offre une voie vers la réconciliation et confère aux gouvernements des Premières Nations une plus grande autonomie en matière d’éducation de leurs citoyens. » « Une commission scolaire est un outil supplémentaire pour aider les Premières Nations du Yukon
à exercer un plus grand contrôle sur l’éducation de leurs enfants et à améliorer leurs résultats scolaires », a-t-elle ajouté. Les personnes en faveur du regroupement de leur conseil scolaire sous la commission scolaire des Premières Nations du Yukon ont jusqu’au 13 décembre 2021 pour soumettre une pétition en ce sens au ministère ou à la ministre de l’Éducation. L e s Yu k o n n a i s e s e t l e s Yukonnais qui sont dans une zone de fréquentation scolaire où un référendum a lieu auront plusieurs options pour soumettre leur bulletin de vote. Veuillez communiquer avec Lori Choquette, agente de liaison avec les conseils scolaires à l’adresse lori.choquette@yukon.ca pour obtenir une trousse de pétition.
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société 5
Tendre la main à toutes L’élimination de la violence à l’égard des femmes revêt plusieurs formes au territoire, mais elle est partout articulée autour des mêmes mots clés : respect, adaptation et soutien. Laurie Trottier
En mars 2020, l’Équipe d’intervention en cas d’agression sexuelle (le SART, en anglais) faisait son arrivée au territoire, après avoir fait ses preuves dans de nombreuses autres régions à travers le Canada et les États-Unis. Le SART vise à offrir un plus grand nombre de services adaptés aux personnes victimes de violence sexuelle, tant sur le plan émotionnel et médical que juridique. Ketsia Houde-Mclennan est coordinatrice du support aux victimes pour le SART et forme diverses agences comme la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour que les interventions auprès des victimes soient les plus efficaces et respectueuses possibles. Par exemple, pour la GRC, l’important est de s’assurer que les membres du corps policier de première ligne aient une connaissance des effets du trauma sur une victime, pour ainsi adapter leurs interventions, explique-t-elle. Pour Véronique Maggiore, de la maison de transition pour femmes à Whitehorse, il est capital que les interventions policières en matière de violences à caractère sexuel soient plus adaptées : « Parfois, on perd le fil narratif de ce qui nous est arrivé, et ça devient plus une question d’investigation et d’avoir des accusations que du soutien à la victime. » Elle affirme diriger très souvent des personnes de passage à la maison de transition vers le programme. Selon les données de 2018 de Statistique Canada, les femmes des territoires du Canada étaient trois fois plus susceptibles que les hommes d’avoir été victimes d’agression sexuelle au cours de leur vie.
Le SART ratissera plus large L’expansion du SART dans les communautés figure dans la lettre de mandat envoyée à Jeanie McLean, ministre de la Direction de la condition féminine et de l’équité des genres du gouvernement du Yukon. Les services sont présentement disponibles à Whitehorse seulement, mais Watson Lake et Dawson sont les prochaines communautés sur la liste, affirme Jeanie McLean. « Nous savons que le programme sera différent dans les communautés, mais c’est une expansion importante et nous travaillerons de pair avec les intervenants sur place pour y
Laurie Trottier
Pour Gaye Hanson, les événements de la dernière année ont permis à la population de comprendre les différents facteurs contribuant à exacerber la violence chez les personnes autochtones, comme les inégalités sociales, la pauvreté, les effets de la colonisation et des pensionnats ainsi que le trauma intergénérationnel.
arriver », ajoute-t-elle. Selon Gaye Hanson, consultante pour le Cercle des femmes autochtones de Whitehorse, le SART n’a pas encore été révisé sous la lunette de l’adaptation culturelle, mais elle demeure optimiste que le travail se fera bientôt. Pour Ketsia Houde-Mclennan, une autre façon de rejoindre des victimes de violences à caractère sexuel est d’offrir des services à d’autres endroits qu’à l’hôpital, puisque « présentement, c’est une barrière », estime-elle. « Il y a des gens qui peuvent avoir eu de mauvaises expériences à l’hôpital ou qui ont un traumatisme », précise-t-elle. Elle croit tout de même que SART est une avancée importante pour les victimes et que celles qui auront une meilleure expérience avec des intervenants et intervenantes de soutien pourront la partager avec d’autres victimes et les encourager à chercher l’aide dont elles ont besoin.
L’importance des projets ciblés « Remettre des pamphlets à des femmes sur la violence basée sur le genre, c’est une intervention qui peut aider, mais ce n’est pas aussi profond et puissant que d’autres méthodes », remarque Gaye Hanson. Ce raisonnement résume bien ce que les différents organismes offrant des services aux personnes se définissant comme femmes remarquent : pour les aider, il faut un éventail de services différents. Du soutien pour mieux soute-
nir, c’est un peu l’essence du projet qu’elle a développé grâce au Fonds de la prévention de la violence faite aux femmes autochtones du Yukon. Le programme de soutien par les pairs et de connexions culturelles consiste en des modules d’aide au soutien spécialement créés pour répondre aux besoins des femmes autochtones. « Dans les moments plus difficiles, on a tendance à s’appuyer les unes les autres, et il y a des manières plus saines de le faire, explique-t-elle. Nous essayons de donner des outils aux femmes
pour qu’elles puissent s’entraider d’une manière saine. » Les femmes autochtones sont invitées à s’inscrire et à participer à des activités tous les lundis pendant huit semaines, depuis le 15 novembre. Pour Jeanie McLean, faire en sorte que les organisations au cœur des communautés puissent développer des projets adaptés est « d’une importance vitale ». Véronique Maggiore insiste sur le fait que la violence à caractère sexuel est exacerbée par de multiples facteurs et nécessite
donc une approche holistique pour la contrer. « On parle beaucoup d’impacts systémiques, une façon de contrer la violence est une meilleure sécurité de logement », précise-t-elle, en faisant référence au fait que les personnes victimes de violence qui n’arrivent pas à trouver un autre logement auront davantage de difficulté à s’éloigner de la situation. Gaye Hanson est du même avis : « Améliorer l’accès aux services de santé mentale, de thérapie, à l’emploi et au logement sont toutes des façons d’aider une femme à vivre une vie dans laquelle est sera moins à risque de violence. » Elle a participé grandement à l’élaboration de Changer la donne pour défendre la dignité et la justice, la stratégie yukonnaise de lutte contre la violence faite aux femmes, aux filles et aux personnes bispirituelles+ autochtones et a hâte de voir les recommandations être implantées. Même son de cloche pour Jeanie McLean, qui affirme que les cadres de mise en œuvre seront disponibles à la mi-décembre. Vous ou quelqu’un que vous connaissez avez été victime d’une agression sexuelle? Appelez sans frais la Ligne d’écoute en cas d’agression sexuelle, accessible en tout temps partout au Yukon 1 (844) 967-7275. IJL – Réseau.Presse L’Aurore boréale
Connaissez-vous quelqu’un qui a contribué de façon mémorable à l’industrie du transport au Yukon? Dawn Bartsch, lauréate de l’Ordre de Polaris 2011, a contribué au développement du transport aérien dans le Nord en cherchant à briser la barrière entre les sexes et en rendant réalisable le rêve de devenir pilote que caressent les jeunes femmes d’aujourd’hui. *Date limite : le 31 décembre 2021
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Souligner la journée contre la violence fondée sur le genre, en ligne Ce 25 novembre, pandémie oblige, les événements entourant la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes se feront plus discrets. Laurie Trottier
Habituellement plus mouvementée, la campagne internationale des 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le genre sera plus discrète cette année au territoire. Les essentielles, le groupe de défense des droits des femmes francophones au Yukon, ont plutôt choisi de se tourner vers l’activisme en ligne pour cette édition de la campagne des 16 jours. « La thématique de cette année sera la crise du logement et ses impacts sur la violence conjugale, explique Laurence Rivard, directrice de l’organisme. Avec la crise du logement, c’est plus difficile pour une personne s’identifiant comme femme de quitter un logement dans lequel elle subit de la violence, et elle préféra souvent rester dans un
milieu violent que de se retrouver à la rue. » Selon elle, les données compilées par l’Observatoire canadien sur l’itinérance et publiées en 2020 parlent également d’ellesmêmes : 91 % des femmes au Canada ayant expérimenté l’itinérance ont subi des actes de violence au cours de leur vie. « Pour notre campagne en ligne, on a choisi de collaborer avec l’illustratrice Esther Bordet », ajoute-t-elle. Des infographies et des images seront donc accessibles sur Instagram et seront accompagnées de faits sur la crise du logement et les conséquences pour les personnes s’identifiant comme femmes. La maison de transition pour femmes à Whitehorse prévoit un événement le 6 décembre en collaboration avec le Conseil des femmes autochtones du Yukon,
pour honorer les victimes de l’attentat antiféministe survenu en 1989 à l’école Polytechnique de Montréal. Sur son site Internet, le ministère des Femmes et de l’Égalité des genres du Canada propose une variété d’activités en lien avec la campagne des 16 jours, et invite les gens à prendre part à la conversation afin de réfléchir à des manières concrètes pour réduire la violence fondée sur le genre : femmes-egalitegenres.canada.ca/fr/commemorations-celebrations/16-jours/ participer.html
Inclure tout le monde dans la lutte Dans la dernière année, les événements pour honorer, commémorer et soutenir les femmes autochtones se sont multipliés
au territoire. La première Journée nationale de la réconciliation, le dévoilement de la statue en l’honneur des femmes, des filles et des personnes bispirituelles+ autochtones disparues et assassinées, la Journée de la robe rouge ou la plus récente vigile, tous ces événements contribuent selon Jeanie McLean à « créer un dialogue ». « Quand nous nous rassemblons pour partager notre histoire, c’est un moment de sensibilisation. Ça permet à toute la population de sentir qu’elle fait partie de la solution. C’était aussi le but avec la stratégie de lutter contre la violence faite aux femmes, aux filles et aux personnes bispirituelles+ autochtones, de faire en sorte que toutes et tous sentent qu’ils ont un rôle à jouer à l’avenir », explique la ministre de la Direction de la condition féminine
et de l’équité des genres du gouvernement du Yukon et membre de la Première Nation de Tahltan. Gaye Hanson, consultante pour le Cercle des femmes autochtones de Whitehorse, abonde dans le même sens : « J’ai rencontré plusieurs personnes blanches au fil des événements qui étaient là pour s’éduquer et qui démontraient de l’ouverture. Pour moi, c’est l’esprit même de la réconciliation. » Vous ou quelqu’un que vous connaissez avez été victime d’une agression sexuelle? Appelez sans frais la Ligne d’écoute en cas d’agression sexuelle, accessible en tout temps partout au Yukon 1 (844) 967-7275. IJL – Réseau.Presse L’Aurore boréale
Lettre d’opinion : Lutter contre la violence genrée, un logement à la fois Cette année, dans le cadre de la campagne des 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le genre, Les essentielles ont choisi de mettre en lumière les impacts de la crise du logement du Yukon sur cet enjeu.s Parce que la violence conjugale se déroule principalement dans la sphère privée, il peut sembler difficile de voir de quelle manière la collectivité peut agir concrètement pour réduire le nombre de victimes de ce type de violence. Pourtant, il existe une façon efficace de venir en aide à ces personnes qui, selon les statistiques, s'identifient le plus souvent en tant que femmes, tout en respectant leur autonomie : s’attaquer à la crise du logement. En effet, si on ne peut pas se permettre financièrement de déménager, si les critères de sélection du locataire nous
sont défavorables et s’il n’y a carrément pas de logement disponible, comment se sortir d'une relation violente?
Quitter, oui, mais pour aller où? La violence conjugale n’arrive pas du jour au lendemain. D’après l’organisme SOS violence conjugale, l’escalade de la violence est souvent liée au degré d'engagement de la victime dans la relation. Par exemple, acheter une maison ou attendre un enfant sont des facteurs qui peuvent
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donner l’impression à la victime que rompre la relation est plus difficile. Ce serait souvent dans ces moments-là que la violence physique fait son apparition. Si la personne contrôlante sait que sa victime ne pourrait pas se permettre financièrement de quitter la relation, l'étau se resserre et le contrôle augmente. Du côté de la victime, en l’absence de logements abordables sur le marché, il peut être plus facile de se convaincre de rester dans une relation où la violence est en train d’escalader. Cette pression peut être encore plus forte pour les femmes avec enfants, qui ont besoin d’un logement d’une taille adaptée à leur réalité. Sachant que le prix moyen d’un appartement avec deux c h a m b re s e s t d e 1 2 2 7 $ à Whitehorse, prendre cette décision en toute autonomie n’est pas à la portée de toutes.
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C’est un fait de plus en plus connu, mais il est important de
rappeler que la présence d’un animal de compagnie dans un foyer où une personne subit de la violence conjugale diminue les chances que celle-ci quitte son ou sa partenaire. D’après l’Association ontarienne des maisons de transition, « les raisons principales seraient la crainte pour la sécurité de l’animal, la peur de sévices, de violence ou même pire envers l’animal, qui fait souvent l’objet de menaces de la part des personnes abusives ». Le droit d’accès au logement pour les animaux de compagnie devient alors un combat féministe : limiter ce droit, c’est limiter l’autonomie des femmes à se sortir par elles-mêmes d’une situation dangereuse. Tout ça parce qu’on souhaite éviter quelques égratignures sur les planchers de son logement à louer.
cusé. Cette statistique donne froid dans le dos, mais illustre bien le rôle du logement dans la violence conjugale. Rappelons que les maisons de transition et les services d’aide aux victimes de violences conjugales sont là pour venir en aide, et ce, peu importe le type de violence subie. Elles font un travail extraordinaire, mais elles ne peuvent être la seule option pour toutes les personnes prises dans le cycle de la violence conjugale. Si nous souhaitons aider concrètement les 432 000 femmes victimes de violence chaque année au Canada, s’attaquer à la crise du logement est l’une des façons les plus efficaces de leur venir en aide lorsqu’elles seront prêtes. Les 16 jours d'activisme contre la violence fondée sur le genre se déroulent du 25 novembre au 10 décembre. Les essentielles est l’organisme qui représente les L’urgence d’agir intérêts des femmes francophones En 2020 au Canada, 63 % des du Yukon. Laurence Rivard, c a s de fé minicide s s e s o nt directrice du groupe déroulés dans la résidence que Les essentielles. partageait la victime avec l’ac-
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francophonie 7
Cinq ans pour mieux répondre aux besoins des immigrantes francophones Constatant une absence de données sur les besoins spécifiques des femmes immigrantes francophones en milieu minoritaire, l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne a lancé, à l’occasion de son congrès annuel, une étude intitulée Des services sensibles au genre pour une meilleure prise en compte des parcours et compétences des femmes immigrantes. Il s’agirait, d’après l’organisme, de la toute première étude à ce sujet. Point de départ d’un projet de cinq ans, la recherche servira désormais à mettre sur pied un « plan de renforcement » pour que les organismes sur le terrain sachent mieux accueillir et intégrer les femmes immigrantes francophones. Ericka Muzzo, Francopresse
« Lorsqu’on a des données plus précises, on est plus en mesure de développer des solutions qui vont répondre aux besoins […] On est capable de tailler un peu plus sur mesure les interventions que nous faisons », a mis en lumière la consultante Denise Beaulieu, qui a préparé l’étude, à l’occasion de son lancement lors du congrès annuel 2021 de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC). L’évènement avait pour thème « Essentielles mais invisibilisées : les femmes francophones au cœur de la relance! ».
Générer des impacts concrets L’étude s’est concentrée sur quatre provinces et un territoire : la Colombie-Britannique, le Manitoba, la Nouvelle-Écosse, l’Ontario et le Yukon. Au total, 59 immigrantes francophones y ont participé par des entretiens individuels ou de groupe, ou un sondage en ligne. La présidente sortante de l’AFFC, Lily Crist, explique que le choix de ces cinq provinces et territoires découle du fait qu’« IRCC [Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada] a donné un financement spécifique […], donc il y avait une limite [au nombre de provinces et territoires que l’étude pouvait couvrir] ». « Et bien sûr, c’est la phase un de notre projet ; il va y avoir toute une suite dans toutes les provinces et territoires », ajoute Lily Crist. L’étude découle en fait d’un projet conjoint entre l’AFFC, la Commission nationale des parents francophones (CNPF) et la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada (FAAFC) : « Intégration des nouveaux arrivants dans les communautés francophones au pays », qui comprend un volet plus spécifique aux femmes intitulé « Intégration des nouvelles arrivantes ». L’ensemble de ce projet sur cinq ans (2020 - 2025) bénéficie d’une enveloppe de 2,5 millions $ d’IRCC. « On va continuer sur les pistes qui ont été mises en lumière afin
Ericka Muzzo, Francopresse
Plusieurs personnes ont participé à la réalisation de l’étude, dont Faïna Ramdani (agente de développement), Lily Crist (présidente sortante de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne), Denise Beaulieu (consultante), Soukaina Boutiyeb (directrice générale) et Nour Enayeh (nouvelle présidente).
d’avoir des façons concrètes [de mieux appuyer les femmes immigrantes francophones] […] La phase deux va nous permettre de voir quel genre de politiques peuvent être mises en place », enchaîne Lily Crist. L a p ré s i d e n t e s o r t a n t e estime toutefois qu’il y a déjà des impacts concrets : « En faisant cette étude, on a travaillé avec différents groupes qui sont le relais francophone en immigration, avec différents organismes qui travaillent directement [avec les femmes immigrantes francophones]. Notre recherche leur permettra, dès aujourd’hui, de faire des demandes de subvention pour des projets spécifiques et de baser ça vraiment sur notre recherche. »
Des services neutres et parfois inaccessibles L’étude s’est intéressée à quatre principaux aspects : les besoins des immigrantes francophones établies dans des communautés francophones en situation minoritaire dans diverses sphères de leur vie ; la disponibilité et l’accessibilité des ressources pour répondre à ces besoins ; l’écart entre ces
besoins et les ressources disponibles/accessibles ; et les mesures qui pourraient être mises en place afin de combler ces écarts. De nombreux services sont actuellement offerts par divers organismes, notamment les 13 Réseaux en immigration francophone (RIF) : services d’établissement, cours de langue, activités de socialisation, recherche d’emploi et de logement, etc. La consultante Denise Beaulieu relate toutefois que « certains de ces services sont assez neutres sur le plan du genre et ne tiennent pas compte des difficultés supplémentaires qui sont vécues par les femmes, et qui font en sorte qu’elles ont beaucoup d’obstacles pour accéder à ces services. Donc, on les offre à tout le monde, mais ceux qui y ont accès sont les mieux organisés, ceux qui ont peut-être une femme à la maison qui va s’occuper des enfants pendant qu’on va aller au cours de langue ». Ainsi, l’une des principales doléances des femmes consultées est qu’un travail supplémentaire soit fait pour faire connaître les services disponibles, mais aussi pour les rendre accessibles au plus grand nombre, en prenant en
compte les multiples contraintes que peuvent rencontrer les femmes immigrantes francophones. Enfin, la consultante note que les questions de racisme et de discrimination ont peu été évoquées par les participantes. Elle propose deux hypothèses pour expliquer cette absence : « Le caractère récent de leur arrivée au Canada fait en sorte qu’elles peuvent ne pas avoir pris la pleine mesure de comment la discrimination s’exprime au Canada », soit de manière moins évidente, mais réelle, avance Denise Beaulieu. D’un autre côté, elle identifie aussi que « le peu d’expérience que ces personnes-là ont fait en sorte qu’elles ont peu de distance avec leur expérience [et que] pour l’instant, c’est un peu l’éléphant dans la pièce ».
Prendre en compte les réalités multiples Française et Syrienne ayant immigré au Canada au début de l’an 2000, Nour Enayeh, également nouvelle présidente de l’AFFC, a livré un témoignage sur son propre cheminement, d’abord à Montréal puis à Vancouver.
« En Colombie-Britannique [où elle est établie], c’est très, très anglophone ; les services en français sont minimes, souligne-t-elle. Il y a des organismes, mais c’était difficile pour moi de savoir ce qui était là. Ça m’aurait beaucoup aidée, j’aurais [aimé avoir] des cours d’anglais par exemple. » Du côté de la Nouvelle-Écosse, des participantes ont d’ailleurs insisté sur la surprise qu’elles ont vécue à leur arrivée, en constatant qu’il fallait parler anglais. « Elles avaient une compréhension qu’elles pourraient y vivre en français », relate Denise Beaulieu. Nour Enayeh, qui avait déjà un enfant puis en a eu un deuxième peu après son arrivée, ajoute qu’elle aurait souhaité avoir parfois de l’aide pour la garde puisqu’en ColombieBritannique, « les services de garde sont extrêmement chers ». Plus que tout, la nouvelle présidente de l’AFFC invite les organismes à prendre en compte les différentes réalités des femmes immigrantes francophones. Pour avoir appuyé des réfugiées syriennes lors de la vague d’immigration de 2015, elle note que « quand on parle d’immigration, on met toutes les femmes immigrantes francophones dans un même panier, mais la réalité d’une femme française PVTiste [qui possède un permis vacances-travail, NDLR] est très, très différente d’une femme réfugiée […]. Leurs besoins sont aussi importants l’une que l’autre, mais très, très différents. » « J’ai aussi réalisé qu’il faudrait peut-être voir ces femmes d’une façon différente – ne pas toujours les voir comme des immigrantes qu’on doit aider, enchaîne-t-elle. Oui, elles ont des besoins, mais en même temps, ça serait bien de voir la richesse qu’elles nous apportent, leur expérience, et de leur donner une plateforme pour s’exprimer, plutôt que de toujours décider de quoi elles ont besoin, de vraiment les écouter, de vraiment comprendre. » L’AFFC vise à faire paraître son « plan de renforcement » issu de l’étude d’ici mars 2022. Pour l’année à venir, l’organisme prévoit aussi la tenue d’un Forum pour contrer le masculinisme et la francophobie, prévu pour mars 2022.
Jeudi 25 novembre 2021
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L’eau potable : une ressource précieuse, mais fragile en Arctique La crise de l’eau à Iqaluit met à l’avant-plan la fragilité de l’approvisionnement en eau potable dans les collectivités du Nord et amène les territoires de l’Arctique canadien à réfléchir à l’état de leurs propres infrastructures. Karine Lavoie, l’Aquilon
Alors qu’Iqaluit est en état de crise depuis plus d’un mois en raison de la présence d’hydrocarbures dans son eau, les diverses collectivités de l’Arctique canadien doivent, elles aussi, composer avec certains enjeux reliés à l’accessibilité à l’eau potable, comme la modernisation de leurs infrastructures ainsi que l’émission d’avis d’ébullition. La situation vécue par les Iqalummiut aura néanmoins permis d’amorcer une réflexion par les trois territoires afin de travailler à l’amélioration des systèmes d’alimentation en eau et de se préparer à l’éventualité d’un scénario similaire.
Iqaluit privée d’eau potable Au début du mois d’octobre dernier, la municipalité d’Iqaluit a reçu des plaintes de la population signalant la présence d’une odeur s’apparentant à du carburant provenant de leur eau courante. Dans un message d’intérêt public, la municipalité avait alors affirmé que la qualité de son eau répondait à toutes les normes en vigueur, mais qu’elle continuerait de surveiller la situation en procédant à des essais supplémentaires. À la suite de prélèvements réalisés dans le système de filtration de l’eau municipale, le ministère de la Santé a confirmé le 15 octobre des concentrations élevées de divers contaminants aux hydrocarbures dans l’un des réservoirs, forçant ainsi la population à s’approvisionner en eau embouteillée ou encore à consommer de l’eau bouillie puisée à même la rivière Sylvia Grinnell, qui est située approximativement à six kilomètres du centre-ville d’Iqaluit. Néanmoins, la situation pourrait bientôt être rétablie, puisque la municipalité a annoncé le 2 novembre dernier que l’eau de la municipalité respectait à présent les recommandations canadiennes concernant la qualité de l’eau potable. Dans un message d’intérêt public publié le 5 novembre, le ministère de la Santé a informé la population qu’une tierce partie évaluera le rapport d’enquête sur le terrain de la ville d’Iqaluit qui a été soumis à l’administrateur en chef de la santé publique (ACSP) le 4 novembre. Les résultats ne devraient pas être connus avant le 12 novembre prochain. Les problèmes de l’acces-
sibilité à l’eau sont courants à Iqaluit. Alors que l’eau du réseau est pompée dans le lac Géraldine, il devient parfois difficile de le faire lorsque le niveau du lac est trop bas, ce qui survient parfois en hiver. En 2019, afin de pallier ce problème, la municipalité a pris la décision de pomper également l’eau de la rivière Apex, mais cette dernière mesure n’est pas suffisante : « La municipalité d’Iqaluit travaille actuellement sur une solution pour notre approvisionnement en eau à long terme, avec différentes études et évaluations en cours », a déclaré le responsable intérimaire des communications et du service à la clientèle à la municipalité d’Iqaluit, Geoffrey Byrne.
Doit-on craindre un scénario similaire ailleurs dans l’Arctique canadien? Du côté du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO), on affirme que la majorité des collectivités ont récemment remplacé ou modernisé leurs usines de traitement de l’eau, et que ce travail se poursuivra à mesure que les infrastructures atteindront la fin de leur durée de vie utile. « Depuis 2001, le GTNO travaille avec des collectivités qui n’avaient pas d’usine de traitement de l’eau conforme aux lignes directrices, ce qui a donné lieu à seize nouvelles usines et à sept améliorations, indique l’agent des communications au ministère des Affaires municipales et communautaires du GTNO, Jay Boast. Chaque collectivité reçoit un financement annuel destiné à l’exploitation et à l’entretien des services d’aqueduc et d’égout. » Alors que la communauté de Colville Lake située aux Territoires du Nord-Ouest présente un avis d’ébullition préventif permanent depuis le 6 juin 2014 en l’absence de soumission de résultats d’analyse prouvant la salubrité de son eau, il faut remonter au printemps 2015 pour trouver un avis de la sorte à Yellowknife. « Les avis d’ébullition de l’eau ne sont pas fréquents, mais quelques collectivités connaissent généralement une turbidité élevée de leur source d’eau pendant la saison du ruissellement printanier, ce qui peut entraîner un avis d’ébullition saisonnier », précise M. Boast. Par ailleurs, la Première Nation K’atl’odeeche et les localités de
Gabrielle Poulin
Les Iqalummiuts peuvent se rendre à différents lieux de distribution afin d’obtenir de l’eau embouteillée
Kakisa et d'Enterprise sont desservies par l’usine de traitement des eaux de Hay River ; elles figurent toutes sur le répertoire d’avis d’ébullition de l’eau en cas de problème décelé à cette usine. La situation est semblable à Whitehorse, alors qu’on affirme qu’une ancienne infrastructure qui ne présente pas de risque pour la qualité de l’eau ou la santé sera remplacée ou modernisée au fur et à mesure que le budget sera disponible. Dans la capitale du Yukon, aucun avis d’ébullition n’a été émis depuis des décennies. « Notre sécurité en eau est renforcée par notre accès aux puits d’eau souterraine plutôt qu’à l’eau de surface, explique la gestionnaire aux Services d’eau et de déchets
à la Ville de Whitehorse, Karen Furlong. Nous envoyons occasionnellement des notifications d’augmentation temporaire de la turbidité lors de la maintenance du système, car des sédiments peuvent être perturbés à l’intérieur des conduites de distribution d’eau, mais, dans ces circonstances, la qualité de l’eau reste conforme. »
Se préparer en cas d’urgence Jay Boast affirme que le ministère des Affaires municipales et communautaires du GTNO aide et soutient les communautés pour la mise à jour et l’actualisation des plans d’urgence communautaire et qu’il entame actuellement le
prochain cycle du processus d’évaluation des risques d’identification des dangers. « Il est prévu qu’il y aura un examen après action et nous avons prévu d’examiner ce document pour les recommandations applicables et les leçons apprises », déclare-t-il. Observant la situation de l’eau à Iqaluit, la municipalité de Whitehorse affirme également s’affairer à mettre à niveau son plan d’intervention en cas d’urgence relative à l’eau, afin de s’assurer qu’il soit à jour et qu’il reflète les circonstances et les procédures dans lesquelles un avis d’ébullition pourrait être déclenché. La Ville poursuit en même temps son travail visant l’amélioration de ses infrastructures. « Nous concevons également un système de traitement de l’eau plus robuste qui offrira des protections supplémentaires et se conformera aux réglementations et directives actuelles plus strictes tout en nous permettant de puiser dans les eaux de surface si nécessaire », conclut Mme Furlong. Articles de l’Arctique est une collaboration des cinq médias francophones des territoires : les journaux L’Aquilon, l’Aurore boréale et Le Nunavoix ainsi que les radios CFRT et Radio Taïga.
Un pas de plus pour la conservation de la RFNA L’ambitieux plan d’infrastructures du président américain Joe Biden, le Build Back Better Plan, a été adopté par la Chambre des représentants le 5 novembre dernier. Une étape importante pour la protection de la Réserve faunique nationale de l’Arctique (RFNA), en territoire gwich’in. Laurie Trottier
Le plan de 1 800 milliards de dollars américains prévoit de remettre les protections qui étaient en place dans la RFNA avant l’ère du président américain Donald Trump. Ce dernier avait ouvert la porte à l’exploitation pétrolière dans la réserve dans une loi signée en 2017. « Les mots me manquent pour qualifier l’émotion que je vis en ce moment, souffle le chef du conseil de la Première Nation des Gwitchin Vuntut, Dana TizyaTramm. […] Aujourd’hui n’est pas juste un succès incroyable pour
notre nation, mais aussi pour le futur de nos enfants et la survie de notre Arctique. » « Pendant des décennies, les efforts de la Première Nation des Gwitchin Vuntut, de divers ordres de gouvernement, des organisations autochtones, les groupes de conservation et le public ont collectivement empêché l'exploration et le développement du pétrole et du gaz dans le Refuge, malgré le fort lobbying des grandes sociétés de ressources et les motivations de certains membres du Congrès américain », souligne d’ailleurs le communiqué de presse de la
nation des Gwitchin Vuntut, le 19 novembre 2021. Il reste toutefois une étape importante avant de célébrer : le plan du président Biden doit toujours recevoir l’aval définitif de la plus haute chambre du Congrès américain, soit le Sénat. « Je reconnais que la bataille n’est pas encore finie, mais nous pouvons continuer à écrire cette histoire ensemble. Je sais qu’il y aura un jour où nous pourrons complètement célébrer la fin de ces ventes de location de pétrole », conclut Dana Tizya-Tramm en conférence de presse.
Jeudi 25 novembre 2021
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Un bilan en demi-teinte pour la délégation inuite à la COP26 À peine de retour au pays, l’heure est au bilan pour les militants et militantes d’origine inuite qui ont participé à la COP26, la conférence sur les changements climatiques tenue à Glasgow, en Écosse, du 31 octobre au 12 novembre dernier. Laurie Trottier
Un igloo géant gonflable avait été installé pour l’occasion et a permis au public de se familiariser avec la culture inuite. « Une partie importante de notre culture, c’est d’avoir du plaisir », ajoute M. Pottle. Celui-ci aimerait que les délégations inuites soient plus impliquées dans les négociations de l’accord final lors de la prochaine COP. Les deux membres délégués ont aussi rappelé l’importance d’intégrer les savoirs autochtones dans la recherche scientifique sur les changements climatiques. Jeter l’éponge n’est tout simplement pas une option pour eux. « Nous n’avons pas le choix. L’existence même du peuple inuit en dépend », conclut Brian Pottle.
Quelques jours après leur retour au Canada, Brian Pottle et Crystal Martin-Lapenskie, membres délégués de la jeunesse au Conseil circumpolaire inuit (CCI), n’ont pas abandonné leur optimisme au fond du Loch Ness. Contrairement à la jeune militante Greta Thunberg, qui a résumé la COP26 en trois mots sur Twitter, « Bla, bla, bla », les deux membres de la délégation insistent sur le sentiment d'autonomie qui les a animés tout au long des discussions. « Avons-nous eu un impact? Je Crystal Martin-Lapenskie l’espère. Je suis optimiste et j’ai bon espoir que plus nous participons Une délégation dirigée par le Conseil circumpolaire inuit (CCI) s’est rendue à la COP26, en Écosse. Le CCI est une organisation non aux dialogues et exposons les réa- gouvernementale visant à défendre les enjeux inuits sur la scène internationale. lités du changement climatique sur nos collectivités, plus nous monArticles de l’Arctique est une trons comment cela affecte notre sur sa communauté. Pour Mme Martin-Lapenskie, il C’était une journée pour célébrer collaboration des cinq médias Brian Pottle, également pré- faut se tourner vers les accomplis- nos réalisations et pour faire le existence entière en tant qu'Inuk. Je francophones des territoires : ne sais pas à quelle vitesse, mais je sident du Conseil national des sements. « Ce qui est important, point sur ce que l’on veut pour les journaux L’Aquilon, l’Aurore pense que c’est un pas en avant. » jeunes Inuits, a ajouté qu’il serait c’est l’autonomisation. On a été l’avenir », se remémore joyeuse- boréale et Le Nunavoix ainsi que temps qu’on se penche sur les entourés de membres délégués ment Mme Martin-Lapenskie. les radios CFRT et Radio Taïga. vraies causes des changements inuits incroyables qui ont fait Les jeunes au micro climatiques, comme le capitalisme. un travail incroyable et nous ne pouvons pas oublier cela, nous Crystal Martin-Lapenskie n’en devons le reconnaître. Ce n’est pas était pas à sa première COP. Cette Vraies causes, une perte de temps ni d’énergie, ça Conférence des parties est une vraies solutions? montre plutôt la résilience de notre réunion annuelle des parties signataires de la Convention-cadre des Pour M. Pottle, la COP26 n’a fait communauté », mentionne-t-elle. Le CCI avait lancé trois appels Nations unies sur les changements qu’effleurer les racines du proà l’action en vue de la COP26, soit climatiques, dont le Canada. blème des changements climaElle admet s’être sentie tiques. S’il qualifie d’exceptionnel davantage d’efforts visant à limiter beaucoup plus prête que lors de le rassemblement autour d’une l’augmentation de la température sa première expérience. En plus même table d’une centaine de mondiale, la reconnaissance d’écode favoriser la coordination des nations pour discuter de cet enjeu systèmes essentiels et la valorisamembres délégués du CCI, cette planétaire, il craint que cela soit tion des savoirs autochtones dans la lutte contre les changements dernière a animé le panel sur la trop peu, trop tard. connaissance, l’innovation et les La déclaration finale de cette climatiques. infrastructures inuites. 26e édition de la conférence, le La table ronde entre de jeunes Pacte de Glasgow, ne fait d’ail- La culture inuite activistes de l’Arctique explorait les leurs pas l’unanimité. Adoptée à célébrée façons de mobiliser les connais- la dernière minute par 200 états, la sances inuites afin d'établir des déclaration appelle à « accélérer les La Journée internationale des infrastructures plus résilientes efforts » vers la sortie du charbon, Inuits, le 7 novembre, a été céléau climat. Selon elle, ce panel a une première mention des éner- brée comme il se doit à Glasgow. souligné à nouveau le savoir incom- gies fossiles, mais qui ne va pas « Nous avons eu des danses du mensurable de la jeunesse inuite. assez loin selon Brian Pottle : « Le tambour inuit, des chants tradi« Quand je pense aux change- message a été dilué », résume-t-il. tionnels et des chants de gorge […] ments climatiques, il ne s’agit pas tant de l’effondrement de la toundra ou de la fonte des glaces, mais des signes de la façon dont nous continuons à vivre dans une société qui contribue aux changements climatiques », a notamment lancé Adelaine Ahmasuk, représentante de la jeunesse du CCI pour l’Alaska. Victoria Qutuuq Buschman, également représentante pour l’Alaska et le Groenland a, quant à elle, souligné que les changements Crystal Martin-Lapenskie climatiques menacent la souveraineté alimentaire des peuples inuits, Un igloo géant gonflable a été installé à la COP26 à Glasgow dans le cadre des céléyukon.ca/fr/securite-auto en plus de rappeler les effets désas- brations de la Journée internationale des Inuits. treux que la fonte du pergélisol a
Prudence et sécurité avant tout
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Événement À ciel ouvert : quand art et conversation convergent Le 3 décembre prochain se tiendra la seconde édition de l’événement À ciel ouvert, chapeauté par la Yukon Conversation Society. Cet événement, sous forme virtuelle cette fois, vise à offrir aux personnes participantes une occasion de partager art visuel, récit, musique, poésie et toute autre démarche créative. individu à faire preuve de créativité et à partager son travail avec le « Lorsque le groupe a vu le jour, reste de la communauté, s’il le cette année, on cherchait une désire », explique Nolan Bohem, façon de ramener les arts et la membre fondateur de la Yukon culture dans la sphère publique. Conversation Society. Notre intention était, et est toujours d’ailleurs, d’emmener tout Un groupe voué à la Roselyne Gagné-Turcotte
promotion de l’art
Sarah Soleil
Le premier événement À ciel ouvert s’est tenu en septembre dernier, à la cabane du Lac Chadburn.
La mission du groupe est d’offrir un espace de création sans jugement et égalitaire, où tout le monde est invité à créer avec les mots, au-delà de la barrière des langues. Le nom de la société, souvent confondu avec celui de l’organisme Yukon Conservation Society, illustre d’ailleurs l’attrait du groupe envers les arts du dialogue. « Le jeu de mots est que le Yukon ConSerVation Society est un organisme qui existe pour préserver des sites naturels au Yukon, alors que le Yukon ConVerSation existe comme un lieu d’échanges, verbal ou par écrit », indique Annie Maheux, aussi membre de cette société de « conversation ». C’est d’ailleurs dans cette optique que s’est tenu le premier événement À ciel ouvert, en septembre dernier, à la cabane du Lac Chadburn. Durant celui-ci, poètes, musiciens et musiciennes,
conteurs et conteuses et autres ont mis de l’avant un éventail de perspectives artistiques et culturelles, dans une ambiance chaleureuse et décontractée. Le second événement du groupe se tiendra cette fois en ligne, le 3 décembre prochain. L’équipe explique que pour l’occasion, des petits paquets surprise, dont le contenu se portera bien à la dégustation durant l’événement, seront disponibles au Centre de la francophonie, une semaine à l’avance. Les personnes désireuses de présenter texte, création visuelle ou performance seront invitées à le faire le jour même. « De façon similaire à notre première édition, on cherche à ne pas prendre de décision au niveau de la qualité, le contenu ou la forme des présentations. Notre objectif est d’être dans l’inclusion, pour représenter toute la diversité autant linguistique que culturelle du Yukon », note Ève Fréchette, membre du groupe. « Tout comme pour le zine, il s’agit vraiment de partager ce que l’on nous donne, sans appliquer notre subjectivité, notre vision ou notre interprétation, et de laisser le public interpréter le message qui est transmis à travers l’art », poursuit cette dernière.
INFO SANTÉ
Un premier zine Le zine auquel Ève Fréchette fait référence constitue une première compilation autopubliée du groupe. Cette publication, dont le titre À l’ère du broken windshield évoque le Yukon, rassemble textes et images originales sur le thème du territoire. À travers le document, chaque texte et image est une forme d’art à part entière. Épaulé financièrement par le programme fédéral Jeune en action, le projet est le fruit d’une collaboration entre plus d’une vingtaine d’artistes. « En fait, le zine est un projet qui est fait en partenariat avec le groupe, mais qui ne représente pas nécessairement les objectifs ou la mission du groupe », explique Nolan Bohem. « On ne souhaite pas déterminer si un texte à sa place dans le zine, mais plutôt agir comme un port d’arrivage pour ces textes », ajoute Annie Maheux.
Démarche inclusive L’ouverture multilingue, qui est par ailleurs au cœur des valeurs du groupe, est aussi mise de l’avant dans les initiatives présentées par la Yukon Conversation Society. Plusieurs langues seront par
Annie Maheux
À l’ère du broken windshield est le premier zine publié par la Yukon Conversation Society. Cette publication rassemble textes et images originales sur le thème du territoire.
ailleurs célébrées dans le zine, incluant le norvégien, le polonais, le français et l’anglais. « Les francophones et anglophones du Yukon font preuve de beaucoup d’entrepreneuriat, mais ne se rencontrent pas toujours dans leurs initiatives. On a la chance d’avoir des anglophones francophiles qui participent à nos rencontres, et ça nous emmène à rencontrer des gens qui n’auraient pas nécessairement participé à notre projet si ce n’était pas de ces personnes », se réjouit Annie Maheux. Le zine sera disponible par donation au marché ArtisaNord, dans plusieurs cafés de Whitehorse ainsi qu’à l’Association franco-yukonnaise à partir du 27 novembre, en quantité limitée de 150 exemplaires.
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Jeudi 25 novembre 2021
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Esther Bordet dessine le Yukon et l’expose Durant tout le mois de novembre, Esther Bordet retourne au Northern Front Studio pour une exposition d’encre et d’aquarelle intitulée Wild Things. forme en dessin qui sera finalement encadré. Esther Bordet s’inspire du regard direct qu’elle pose sur le Yukon et du temps passé dans la nature sauvage du territoire.
Marie Mounier
Des paysages, des animaux, la faune et la flore du Yukon se dessinent sous la plume et le stylo technique de l’artiste Esther Bordet. Après avoir de nombreuses fois installé ses œuvres dans des cafés, l’artiste yukonnaise organise sa première exposition officielle au territoire au Northern Front Studio.
Une exposition entre dessin et histoire
Fournie
Une exposition comme « l’instantané d’une année écoulée » Il y a un an, Esther Bordet exposait ses œuvres pour la première fois au Northern Front Studio avec le Collectif d’illustrateurs et d’illustratrices du Yukon (YILCO). Intéressée par l’espace de la salle, elle a décidé d’investir les lieux, seule cette fois. L’artiste a eu toute une année pour réfléchir à sa future exposition. Des planches de sa première bande dessinée Breakup, publiée
Les dessins d’Esther Bordet seront aussi publiés dans le premier fanzine du Collectif d’illustrateurs et d’illustratrices du Yukon (YILCO), dont le thème est la peur.
dans l’anthologie Northern Gaze au printemps dernier, aux nouveaux dessins réalisés au cours de l’année, Esther Bordet propose involontairement une rétrospective de 2021. De son travail se détachent trois thèmes récurrents : la nature, les montagnes et les animaux, ce qui a inspiré le titre de son exposition Wild Things (en français : Les choses sauvages).
D’une passion à l’autre, le Yukon comme terrain de création Géologue de formation et de profession, Esther Bordet a laissé de côté sa première passion il y a un an pour se consacrer à sa deuxième, le dessin. Pourtant, c’est souvent sur le terrain en tant que géologue qu’elle photographiait
L’art en vitrine, pour les Fêtes! Venez découvrir le travail de création en direct d’artistes de Yukon Ar tists at Work ( YA@W ). Ces artistes sont sur les lieux chaque semaine, occupés à créer dans l’espace situé derrière la vitrine de la galerie d’art du centre-ville de Whitehorse. Ce projet intitulé Artist in the Window offre des moments de rencontres uniques où l’échange et le partage entre l’artiste et le public sont au rendez-vous. Le temps des Fêtes arrive à grands pas et, comme chaque année, l’artiste Marie-Hélène Comeau profite de l’occasion pour créer de nouvelles cartes de voeux à l’aquarelle. Elle confie aimer son exploration du dessin à l’aquarelle, une matière somme toute assez récente dans son parcours créatif. « L’aquarelle me permet de mettre de l’ordre dans mes idées en allant à l’essentiel de l’image, partage-t-elle. Prendre le temps de m’arrêter pour créer ces cartes m’aide également à me recentrer et parfois même à explorer de nouvelles pistes de création. »
Marie-Hélène Comeau sera présente sur les lieux les 26 et 27 novembre, de 11 h à 14 h. Elle travaillera sur place à la création de ses cartes ainsi qu’aux œuvres qui feront partie de l’exposition de Noël de décembre de la galerie d’art. Ce publireportage est proposé par la galerie Yukon Artists at Work.
Galerie Yukon Artists @ Work 4129, 4e Avenue, Whitehorse, Yukon (867) 393-4848 yaaw@artlover.com yaaw.com Mardi au samedi, de 11 h à 16 h, à l’exception de vendredi, de 11 h à 18 h.
les lieux pour les dessiner ensuite. Plusieurs des créations exposées proviennent de ses excursions dans la nature. « Quand je suis à certains endroits, je sais ce qui va éventuellement se retrouver en dessin et en peinture », explique l’artiste. « Parfois, ça me vient aussi de la volonté d’étudier », ajoute-t-elle. Le mouvement d’un poisson ou d’un ours, par exemple, se trans-
Si par le passé l’illustratrice produisait principalement des peintures, cette fois elle n’exposera que des dessins. Depuis quelques années d’ailleurs, Esther Bordet consacre de plus en plus de temps à la bande dessinée, dont l’esthétique se retrouve parfois même dans ses dessins plus grands. Plus qu’un simple paysage, c’est un récit qu’elle met en scène : « Je pars d’un dessin et je vais ensuite développer une petite bande dessinée ; parfois, ça reste une seule case et j’espère alors que la personne qui la regarde pourra l’interpréter. » Ses œuvres sont exposées jusqu’au 30 novembre au Northern Front Studio, du lundi au vendredi, entre 17 h et 21 h.
Vaccination contre la grippe
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Pour connaître les dates et heures d’ouverture des centres de vaccination ou pour prendre rendez-vous, visitez yukon.ca/fr/grippe ou appeler le 1-877-374-0425.
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Jazz Yukon augmente son offre de spectacles en français Depuis plusieurs années, Jazz Yukon permet à des artistes francophones de se produire sur les scènes locales. L’organisme a récemment mis en place un partenariat avec l’Association franco-yukonnaise (AFY) dans le but de faire perdurer cette pratique. Kelly Tabuteau
L’organisme à but non lucratif Jazz Yukon, dont le mandat est de promouvoir la culture jazz au Yukon à travers une programmation intégrant spectacles et activités de sensibilisation, présente ou coprésente une cinquantaine d’événements annuellement. Parmi eux, plusieurs sont des composantes francophones, ce qui met en évidence l'une des valeurs fondamentales de l’organisme : bâtir une communauté en soulignant sa diversité. Afin de pérenniser la présence d’artistes d’expression française dans sa programmation, l’organisme a établi un partenariat avec l’AFY.
Un partenariat renouvelé Si la collaboration entre Jazz Yukon et l’AFY est nouvelle pour les événements comme le Jazz in the Hall, ce n’est cependant pas le premier partenariat entre les deux entités. Elles s’étaient déjà rapprochées pour coorganiser des représentations du Café des Voix, où chaque interprète devait chanter une chanson en anglais, puis une en français. Ce partenariat n’est donc pas si nouveau que cela. Pour Duncan Sinclair, président de Jazz Yukon, la collaboration fait partie de l’ADN de l’organisme : « Il y a de nombreux artistes cachés qui gagnent à être connus, notamment au sein de la
communauté francophone. Il était donc important de créer des liens avec des personnes clés à l’AFY pour nous aider à identifier ces talents. » L’AFY joue donc le rôle d’intermédiaire en connectant les artistes aux opportunités de se produire localement. Elle participe aussi financièrement à leur promotion au sein de la communauté francophone sur son site Web, sa page Facebook et dans ses infolettres. Elle offre aussi la documentation liée à ces performances en français.
coorganisé par Jazz Yukon et l’AFY, le 19 octobre dernier, au Centre des arts du Yukon. Chansons uniquement en français avec intermèdes en anglais, la soirée a connu un vif succès, augurant une longue vie à ce partenariat naissant. Pour Virginie Hamel, directrice par intérim, Arts et culture et Jeunesse à l’Association franco-yukonnaise, les collaborations avec d’autres organismes permettent de ne pas cloîtrer les artistes francophones dans la communauté francophone. « Pouvoir se produire au sein de la communauté dans son ensemble Des artistes donne aux artistes une plus grande francophones décloîtrés visibilité et donc une plus grande C’est Lucie Desaulniers qui a pris chance d’être connus au territoire la vedette du premier spectacle et ailleurs au pays », explique-t-elle.
P O R T R A I T : F R A N CO P H O N E E T E N A F FA I R E S
Lorène Charmetant sera la prochaine chanteuse à se produire, le 4 décembre 2021, à Dawson. Son spectacle a d’abord été présenté à Whitehorse, puis s’est ensuite exporté à Mont Lorne pour devenir Jazz on the road. Si le projet initial était majoritairement anglophone, l’artiste a réarrangé quelques chansons pour offrir un programme représentant les deux communautés de langues officielles du Canada. « Bien que les influences du jazz viennent principalement du sud des États-Unis, j’aime reprendre des morceaux de musique populaire française pour les jazzifier », confie Lorène Charmetant. IJL – Réseau.presse l’Aurore boréale
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Sébastien Roy « Présentement, j’aime que mon entreprise soit petite, ça me permet d’être flexible. Je ne crois donc pas agrandir pour l’instant. Les prochaines étapes seraient de diversifier les revenus de l’entreprise. »
Meilleur moment de la journée
Défi de l’entreuprenariat
Le matin, quand j’organise ma journée. Je suis toujours excité de me lever et d’entamer mes projets. Je prends mon café, je me fais une liste de choses à faire et mon but est d’essayer de cocher le plus de tâches possible. Parfois ça fait de grosses journées, mais c’est mon meilleur moment!
Je dirais que c’est d’anticiper le travail à l’avance et d’essayer de ne pas trop en prendre. C’est surtout ça mon défi présentement. Je dois m’assurer d’avoir toujours du travail à faire sans me surcharger. Je travaille seul donc je dois apprendre à parfois dire non. C’est certain que j’essaie de ne pas refuser de contrats, mais quand je suis complet, je n’ai parfois pas le choix.
Cette entreprise est spécialisée dans l’électricité des nouvelles constructions résidentielles ainsi que commerciales.
Une grande fierté
Ce qui vous inspire
Mon projet de ferme solaire à micro-échelle que j’ai commencé en 2017. L’objectif est de produire de l’électricité et de l’exporter sur le réseau yukonnais, comme un producteur d’énergie privé. On commence la phase la plus excitante : l’exécution et la construction. D’ici quelques semaines, je devrais vraiment être prêt à me connecter sur le réseau électrique! Pour moi, c’est un engagement concret contre les changements climatiques.
Je dirais que l’entrepreneur et ingénieur Elon Musk m’inspire beaucoup. Il prend des risques incroyables et il réussit toujours. Il est audacieux et ne s’arrête pas par peur. Il faudrait plus de pionniers comme lui. C’est comme avec son idée des voitures électriques : au début, tout le monde riait de lui et maintenant, les gens lui emboîtent le pas!
Découvrez une figure de l’entrepreneuriat yukonnais toutes les deux semaines. Merci à
Nomad Contracting & Electrical Services LTD
En savoir +
portraits.afy.ca
Innovation, risque et entrepreneuriat Mon projet de ferme solaire est innovant. Il comporte une tonne de risques et ce genre d’installation est encore nouveau au territoire. Je fais partie de la première vague de développeur et producteur d’énergie privé. En ce qui concerne ma compagnie, j’essaie toujours d’intégrer les dernières technologies quand je fais de l’électricité pour les maisons. J’essaie de me garder à jour pour bien servir ma clientèle.
Jeudi 25 novembre 2021
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Look Up : voir plus haut, dans les règles de l’art Un xylophone, une petite radio, des collages et un projecteur. Il n’en faut pas plus à Geneviève Doyon et Virginie Hamel pour faire tomber les murs entre l’art et les besoins d’accessibilité. Sauf peut-être un plafond. Laurie Trottier
Geneviève Doyon et Virginie Hamel travaillent sur une série d’histoires appelées Look Up, un projet artistique composé de collages projetés sur le plafond, avec une narration et une trame sonore originales. Le projet est justement né à l’unité des naissances de l’hôpital de Whitehorse, alors que Geneviève Doyon a aperçu un dessin fixé au plafond pendant qu’elle était en train d’accoucher : « Ce petit morceau d’art au plafond m’a juste calmée et interpellée d’une manière complètement inattendue dans un moment de grande intensité », explique-t-elle. Un lever de soleil derrière des montagnes, avec la phrase « rien ne dure éternellement », s’est donc révélé aussi étonnant que réconfortant pour l’artiste. C’est ce qui l’a amenée à explorer « ce rapport intime et personnel du plafond à un individu dans un moment de grande intensité ». Elle voulait développer un projet artistique accessible aux personnes à mobilité réduite ou qui se retrouvent souvent dans une position couchée pour ainsi « amener les performances à elles et les rendre accessibles, plutôt que d’essayer de conformer tout le monde à un mode théâtral qui n’est peut-être pas accessible ». Elle a obtenu la Bourse à l’intention des artistes professionnels du gouvernement du Yukon pour mener à bien son ambitieux projet. Les défis étaient d’ailleurs nombreux, ajoute Geneviève, puisque le projet doit être court, portatif et facilement déplaçable pour se promener de chambre en chambre ou pour être transporté dans les écoles pour présenter des histoires aux enfants.
Repenser les bases artistiques Pour mener à bien son projet, elle a tout de suite pensé à Virginie Hamel, reconnue pour sa maîtrise des techniques de collage. « Virginie travaille avec un monde surréel et onirique qui, je pense, se marie vraiment bien avec l’univers d’une performance plus intime, plus courte et plus personnalisée », poursuit-elle. Virginie a tout de suite trouvé le projet génial et a particulièrement apprécié le fait qu’il s’éloignait de la technologie. « On y va vraiment
avec des médiums plus simples, des jouets, des choses qu’on a bricolés, pour arriver à créer une animation sans passer par l’ordinateur », explique-t-elle. Cet aspect plus intime où des objets et des sons simples suffisent à capter l’attention du public était également au cœur de l’élaboration du projet pour Geneviève. Ces objets de toute sorte tapissent d’ailleurs le rez-dechaussée de la Chambers House, au parc Shipyards, alors que les deux amies travaillent sur leurs histoires. En résidence artistique tout le mois de novembre grâce à la Jenni House Artist Residency, elles pratiquent les histoires qu’elles ont déjà composées. Geneviève narre l’histoire, chante et manipule différents objets et Virginie Hamel l’accompagne au chant et change les images au projecteur. « D’habitude je fais des collages, mais ils ne bougent pas nécessairement. Il fallait penser les collages à mi-chemin entre ce que je fais habituellement et de l’animation. C’était de repenser les images et le collage, et les adapter en transparence et en superposition », explique Virginie Hamel. Olivier de Colombel, qui a habité au territoire pendant de nombreuses années, a aussi participé à la conception sonore.
Attendre que la pandémie plafonne Pour l’instant, le duo a trois pièces terminées, en français et en anglais, et travaille sur deux autres, dont une spécifiquement pour les enfants. Les restrictions sanitaires liées à la pandémie de COVID-19 ne permettent pas aux artistes de se rendre dans des résidences pour personnes âgées ou des chambres d’hôpital pour l’instant. Selon Geneviève, cela signifie plus de temps pour peaufiner leurs histoires avant de pouvoir les raconter en direct, parce que tout se fait à même la chambre : « On est dans la salle avec la personne et tous les sons qu’on entend viennent d’objets, d’instruments ou de chant », précise Geneviève, avant d’ajouter qu’elle a hâte de présenter son projet au public, une fois les mesures sanitaires plus permissives. Mais il y a bon espoir. Comme le dessin qu’elle a aperçu lors de son accouchement le disait si bien : rien ne dure éternellement.
Erik Pinkerton
En faisant glisser ses doigts sur le contour du verre, Geneviève Doyon arrive à créer des sons variés, tout en narrant ses histoires.
Dose de rappel contre la COVID-19 D’ABORD OFFERTE AUX 50 ANS ET PLUS La dose de rappel stimule la réponse immunitaire et vous protège davantage contre la COVID-19. Vous pouvez recevoir une dose de rappel s’il y a au moins six mois que vous avez reçu votre deuxième dose d’un vaccin contre la COVID-19*. La dose sera d’abord offerte aux 50 ans et plus dans toutes les localités au cours des prochaines semaines. Rendez-vous : yukon.ca/fr/voila-notre-chance Besoin d’aide? Appelez au 1-877-374-0425. * Un petit nombre de personnes immunovulnérables a reçu une troisième dose. Si tel est votre cas, vous devez attendre au moins six mois depuis l’administration de cette dose avant de recevoir une dose de rappel.
Relevons la manche. Recevez votre dose de rappel. yukon.ca/fr/voila-notre-chance
Jeudi 25 novembre 2021
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chroniques 14
Rêvasseries Yves Lafond
Les traversiers de la Peel et du Mackenzie sont sortis de l’eau. D’ici à ce que la glace soit assez forte pour supporter nos camions, on est arrêtés. The road is closed. La route est fermée. Yé! Le grand prophète que je suis l’avait prédit : l’hiver est revenu comme prévu. Début novembre, il a cogné à la porte comme il le fait chaque année et s’est installé en invité, désiré ou pas. Le temps devient sourd, le froid s’installe. Le seul avantage du peu de neige au sol est de redonner de la blancheur à la faible lumière qui a étouffé les autres couleurs. Pour le reste, à part un peu de bûchage, il n’y a pas grand-chose à faire. Pas de skis, pas de raquettes, pas de Ski-doo. Les lacs ne sont pas encore assez gelés pour s’y risquer. Il est dix heures du matin et, si mes pronostics sont bons, le soleil devrait se lever bientôt. Mais il ne se lèvera pas. Ou, si c’est le cas, on ne le verra pas. Il a décidé encore une fois de se cacher derrière les nuages, comme il le fait presque tous les jours depuis un mois et le fera au cours du prochain. Tant mieux! On veut pas le voir. On se reverra en janvier… Galarneau! Certains s’en plaignent, mais moi j’aime bien. Qu’on ait bien travaillé ou pas durant l’été, qu’on en ait bien profité ou pas, c’est le temps de remettre les pendules à l’heure. On les réaligne. Qu’on soit un ours mal léché ou un castor effréné, on change tous de beat. C’est le temps de l’« encabanement ». L’hibernation a ça de bon. L’activité principale devient surveiller le feu dans le poêle à bois. Quand ses flammes nous hypnotisent sans qu’on y songe, on retourne au monde des songes. J’ai quinze ans. Peut-être plus, peut-être moins. Pas certain. Chu pogné pour pelleter l’entrée. La partie entre la cour et la maison. C’est ma job. Ça commence par trois marches en pierre. Au haut de ces marches suit un passage en quart de lune, en pierres lui aussi. Quelques pieds seulement. Pas la tâche la plus pénible sur terre. Une tempête normale, c’est une vingtaine de minutes de travail, c’est tout. Mais quand on est ado, on voit ça comme de l’esclavage. Pourtant, des fois, je réalise le plaisir d’être conscient de retrouver cette sensation que capte mon nez. Le petit froid agréable des senseurs de la peau recouvrant mes naseaux me fait réaliser que ce n’est que de l’air « top qualité » que je respire. Je suis moins pressé de rentrer. En plus de ça, tout seul dehors
Yves Lafond
avec une pelle entre les mains, loin de la cohue à l’intérieur de la cabane, je me permets de rêvasser. En tant qu’ado, de la rêvasserie, j’en ai. J’ai pratiquement rien que ça dans la tête. À défaut de pouvoir encore accomplir ma vie dans le vrai, je la rêvasse de toutes sortes de manières. Ou, si on préfère, avec un pied encore dans l’enfance, je joue à faire semblant. Vivre dans le moment présent n’a absolument rien d’excitant. Être ailleurs est tellement plus hallucinant. Mon petit côté perfectionniste me fait tenter de découper le rebord du banc de neige de ce quart de
lune avec une précision géométrique. À ce temps de l’hiver, il est rendu par-dessus la tête. C’est la muraille de la tourelle d’un château. J’y imprime avec le rebord de la pelle les joints entre les pierres. C’est pas parfait. Les joints sont croches et inégaux. Il faudra s’appliquer la prochaine fois. La fois suivante, c’est autre chose. Il y a encore plus de neige. Un maudit tas. Probablement à cause de cette maudite muraille qui a laissé s’engouffrer cette montagne par l’aérodynamisme des vents contraires. Et maintenant, je dois lancer la neige au bout de mes bras, au-dessus de cette
maudite muraille. Elle ne m’inspire pas, cette fois. Je pellette avec cette grosse pelle à neige. Ce n’est pas une pelle ordinaire. Elle est géante. C’est un bucket. Un bucket de loader. Un loader géant. Dans l’Arctique. Vingt marches pour se rendre à la cabine. Je n’ai que quinze ans et c’est moi qui opère ce mastodonte. Mon père me fait confiance; il n’a pas le choix. En tant que responsable de cette station polaire dont il a la charge, toute la famille doit y mettre du sien. Il faut s’assurer de garder la voie dégagée pour les camionneurs. Il fait toujours froid; il fait toujours
nuit, dans l’Arctique. Malgré la nuit, je suis encore aux commandes. Je me sens bien dans cette mission que nous vivons. Ma mère ouvre la porte pour vérifier. Elle est inquiète : « Tu es correct? Il y a longtemps que tu es dehors. Nettoyer l’entrée de la maison n’est pas si long. Ça va? » « — Oui, oui m’man. Je voulais juste faire une belle job. Je rentre, là. » Dans le temps, je ne savais même pas que les routes de glace existaient. J’y pensais jamais. Ça ne faisait pas partie des projets. C’était juste que tant qu’à pelleter d’la neige, autant rêver big, hostie! Des jours comme aujourd’hui, assis devant les flammes dansantes, elle me revient, cette entrée de maison bordée par une muraille de neige. Quand je suis sur la route, la Dempster ou celle de glace en vue du relais d’Eagle Plains, ou de Lockhart, au milieu des opérateurs de graders ou de loaders géants, là aussi, elle me revient. Des fois, les rêvasseries d’ados se transforment en style de vie. Même quand c’était pas un rêve.
Le travail de la commissaire du Yukon durant la COVID-19 Angélique Bernard Commissaire du Yukon
Avec l’annonce de l’annulation des Jeux d’hiver de l’Arctique en mars 2020, à une semaine du début de la cérémonie d’ouverture, les gens au Yukon ont vraiment pris conscience de la gravité de la COVID-19. Comme la plupart des gens et des organismes, mon calendrier social s’est effacé en moins de deux jours! Une question que je me suis posée était : « Comment bien faire mon travail de commissaire du Yukon quand 80 % de mon travail représente le côté social, avec la participation aux activités, la remise de prix, la représentation du Yukon, etc.? » Après un moment de réflexion et de réorganisation, nous avons repris le travail sous différentes formes, tout en nous assurant que mes quatre piliers (famille, éducation, créativité et fierté civique) étaient mis de l’avant. Nous avons mieux utilisé notre page Facebook. En décembre 2020, nous avons enregistré et mis en ligne des lectures de livres de Noël et, en février 2021, nous avons lancé notre programme de lectrices et lecteurs invités. Nous avons affiché plus de 110 histoires lues
par des membres de la communauté du Yukon et d’ailleurs. Cet automne, nous continuons notre programme en mettant l’accent sur ce qui inspire les auteurs et les autrices et leurs processus créatifs. En janvier 2021, nous avons commencé à présenter, tous les mardis, des livres qui se trouvent dans notre bibliothèque de consultation. Nous allons continuer ces présentations en 2022, car il reste encore beaucoup de livres à mettre de l’avant. Pour le mois de décembre cette année, nous allons présenter quotidiennement des livres de Noël en français et en anglais. Nous présentons aussi les différentes journées nationales et internationales pour informer les gens sur divers enjeux sociaux. Nous avons dû revoir le fonctionnement de nos activités phares qui rassemblent beaucoup de personnes. Le thé et le bal de la commissaire ont été annulés pour 2020 et 2021, en raison des restrictions. Pour notre Réception du Nouvel An 2021, nous avons préparé une vidéo avec les discours habituels et une présentation de notre messager d’histoires du Yukon. Nous avons invité les gens à recevoir leurs prix et médailles
à la maison Taylor dans une cérémonie intime. Nous avons pris des photos et les avons insérées dans la vidéo avec une courte biographie de ces personnes. Le produit final était très bien réussi et plus de 3 000 personnes de partout dans le monde ont visionné la vidéo. Nous allons refaire la même chose pour la Réception du Nouvel An 2022. Nous avons aussi organisé, dehors sur la pelouse de la Résidence du commissaire, le premier pique-nique de la commissaire en août 2021 lors de la fin de semaine de la Découverte à Dawson. Les gens ont pu déguster un léger goûter, jouer au croquet et à la pétanque, écouter une histoire du messager d’histoires du Yukon et faire une visite de la Résidence du commissaire (en respectant la distanciation physique). Un événement à répéter en 2022. Plusieurs des activités se sont retrouvées en ligne, ce qui a permis une plus grande diffusion des messages, dont la Journée de la francophonie yukonnaise, la Journée nationale des peuples autochtones, la conférence de l’Association des chefs d’incendie du Yukon, le Gala des prix BC and Yukon Book Prizes, l’AGA Grands frères Grandes Sœurs Yukon, etc. Pour la première fois, il y a eu une remise
Fournie
La commissaire du Yukon et sa mention honorable au concours de cuisson de la bannique, juin 2020.
des prix Or du duc Édimbourg en français en ligne. J’ai eu l’honneur de présider cette cérémonie dans la langue de Molière. Je voudrais souligner la créativité, l’adaptabilité et la résilience des Yukonnais et des Yukonnaises ainsi que des organismes du territoire. Il y a eu de belles réorganisations d’activités en personne et en mode virtuel. Nous prévoyons de nouvelles activités pour 2022 qui pourront être adaptées en présentiel et en virtuel, selon la situation de la COVID-19. Bon courage et bonne fin de 2021!
Jeudi 25 novembre 2021
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chroniques 15
Une petite entreprise familiale qui fait une grande différence Nous continuons avec l’épicerie Riverside de Whitehorse notre série d’entrevues sur l’action climatique. Ella Commons, qui gère l’épicerie avec ses parents et frères et sœurs, a répondu à nos questions. Sophie Delaigue
SD : Riverside est une épicerie où l'on trouve à peu près tout, et surtout des produits locaux, biologiques, végétaliens et équitables. Pourquoi avoir fait ces choix? Ella Commons : Les entreprises locales, biologiques, végétaliennes et/ou équitables sont souvent de plus petites entreprises, parfois familiales. En tant que petite entreprise familiale nous-mêmes, nous soutenons les entreprises qui partagent nos valeurs. La plupart des petites et moyennes entreprises avec qui nous travaillons paient des salaires équitables, partagent nos préoccupations pour l'environnement et fournissent des produits que nous aimons et sommes fiers d’offrir dans notre épicerie. SD : J'entends parfois dire que votre épicerie est incroyable, mais que c’est cher. Qu’est-ce que vous répondez à cela? EC : En tant que petite entreprise indépendante, il faut beaucoup de temps et d'énergie pour offrir la variété de produits que l’on trouve à Riverside. Les produits que nous proposons sont de qualité et ils font une différence dans le monde par la façon dont
ils sont fabriqués. Nous faisons nos propres recherches, trouvons nos fournisseurs, établissons des relations avec chacun d’entre eux, organisons le transport vers le Yukon, et commercialisons et vendons une multitude de produits par nous-mêmes. Une fois encore, les petites et moyennes entreprises avec qui nous travaillons offrent à leur personnel des salaires plus élevés, soutiennent leurs communautés locales, valorisent des pratiques respectueuses de l'environnement, et bien plus encore. Sachant que nous faisons tout notre possible pour maintenir des coûts raisonnables pour notre clientèle. SD : Noël approche à grands pas. Quelles alternatives proposez-vous pour remplacer les plats et boissons traditionnels? Avez-vous un produit préféré que vous nous conseillez? EC : L'une des alternatives « vertes » préférées, et qui gagne très vite en popularité, est notre sélection de rôtis végétariens. Pour plein de raisons, de plus en plus de personnes choisissent des alternatives à la viande, et la qualité des produits à base de plantes s'améliore chaque année. Nous assistons à une très forte
augmentation de nos ventes, ce qui est très encourageant. Le produit numéro un que les gens devraient essayer est le lait de poule à base de lait de coco. Nous le vendons depuis de nombreuses années déjà et à maintes reprises des personnes reviennent en disant qu’elles le préfèrent au lait de poule traditionnel! C'est vraiment délicieux et beaucoup plus écologique! S D : Vo u s a i d e z l e s Yukonnais et Yukonnaises à faire la transition vers le zéro déchet. Quels sont les trois meilleurs produits zéro déchet que nous pouvons trouver dans votre magasin? EC : Nous essayons en effet de proposer autant que possible des options sans emballage et sans plastique. Les produits zéro déchet préférés de notre clientèle sont le savon à vaisselle, les produits en vrac et légumes biologiques sans emballage, et les soins corporels locaux. Nous avons récemment introduit une nouvelle marque, No Tox Life, qui fabrique un bloc de savon à vaisselle sans plastique. Associé à une brosse à vaisselle entièrement naturelle, il est rapidement devenu un grand favori. La qualité est superbe, il nettoie très bien et
Merci La Légion de Whitehorse aimerait remercier tous ceux et celles qui ont fait du jour du Souvenir un succès.
Fournie
Levi, Sophie, Ella, Leona & Pat Commons. Deux générations sont aux commandes de l’épicerie locale et indépendante Riverside.
est très concentré, donc une petite quantité dure longtemps. Offrir des produits alimentaires secs en vrac permet également à notre clientèle d'acheter uniquement ce dont elle a besoin. C'est économique, tout le produit est utilisé et le gaspillage alimentaire est réduit. Enfin les barres de savon et de shampoing en vrac de la Yukon Soaps Company sont également très populaires. Ils sont fabriqués ici au Yukon et de manière durable. SD : À un niveau individuel, s’il n’y avait qu’une action à prendre pour combattre la crise climatique, laquelle choisiriez-vous?
EC : La première chose que nous pouvons faire pour lutter contre le changement climatique à un niveau individuel est de manger plus de produits à base de plantes. La production de produits d'origine animale est extrêmement éprouvante pour l'environnement. Choisir une alimentation à base de plantes peut être aussi simple que d’échanger un repas à base de viande par semaine pour un repas végétarien. Essayer de manger plus de produits à base de plantes est aussi très ludique. Une fois qu’on expérimente différents ingrédients, de nombreuses et délicieuses recettes s’ouvrent à nous. Les options sont infinies!
Soutien au secteur du tourisme Fonds d’aide au secteur de l’hébergement touristique Si vous êtes une entreprise du Yukon offrant un service d’hébergement touristique, ce programme peut vous fournir jusqu’à 400 $ par chambre par mois.
Fonds d’aide aux entreprises touristiques n’offrant pas de service d’hébergement. Ce programme peut fournir aux entreprises qui dépendent du tourisme jusqu’à 20 000 $ par mois, pour un montant maximal de 60 000 $. Les coûts fixes et variables engagés sont admissibles jusqu’à concurrence du seuil de rentabilité. Demande : yukon.ca/fr/soutien-secteur-tourisme
Jeudi 25 novembre 2021
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Journalistes en herbe L a c la s s e de 10 e a nné e du programme en français FACES (French Achievement, Challenge, Environment and Stewardship) de l’École Wood Street a fait deux longs voyages cette année : l’un à vélo, l’autre sur la rivière Teslin. Lors de ces voyages qui les ont menés à Atlin, Hootalinqua,
Carcross et autres endroits, les élèves ont fait de nombreuses rencontres passionnantes. À leur retour, les élèves ont invité l’Aurore boréale pour obtenir quelques conseils d’écriture journalistique et la journaliste Laurie Trottier s’est rendue en classe pour initier les élèves aux notions
fondamentales du journalisme. Elle les a invités à rédiger leurs propres textes, permettant ainsi aux jeunes de se mettre dans les souliers de journalistes et de vivre une expérience unique. Dans cette série que vous pourrez suivre à travers les prochaines éditions, nous publierons
quelques-uns des meilleurs textes proposés par la classe. L’objectif, pour l’équipe du journal, était d’initier les jeunes à l’importance du journalisme communautaire et de leur présenter une carrière que nous jugeons accessible, passionnante et essentielle pour le relais de l’information.
Chaque journaliste en herbe dont le texte est publié a reçu une rémunération symbolique. Pour cette deuxième publication, les élèves nous invitent à découvrir l’écosystème fragile des sources d’eau tiède d’Atlin.
Atlin : des sources d’eau tiède remplies de vie Une nouvelle perspective sur la flore et la faune de la source d’eau tiède près d’Atlin. Notre classe a fait une visite écologique avec Alex DeBruyn à la fin de septembre. ruisseaux vers la forêt et dans Warm Bay, dans le lac Atlin. Alex DeBruyn, C'était une belle journée ensoleillée biologiste et écologiste qui a fait sa d'automne quand la classe FACES maîtrise en étudiant les relations de l’École Wood Street est allée à entre les animaux des sources vélo visiter les sources d’eau tiède d’eau tiède d’Atlin pendant trois près d’Atlin, dans le nord-ouest de ans, a répondu à nos questions. Avec beaucoup d’entrain, la Colombie-Britannique. Cette petite piscine naturelle il nous a expliqué cet écosysd’eau tiède se déverse en plusieurs tème incroyable. Cette place est Stella et Robyn Mueller
importante et unique à cause de la chaleur et de la formation de tuffeau, une mousse minéralisée devenue de la roche calcaire, qui fournit un environnement parfait pour les plantes et poissons de cet habitat. Autour de ce site spécial, il y a la forêt boréale, le lac Atlin et la neige fraîche sur la grande montagne Sentinel. Les sources d’eau tiède naturelles sont sur le territoire traditionnel des Premières Nations Taku River Tlingit.
Effets de l'activité géologique sur la flore Cette source d’eau tiède est chauffée par l'activité géologique de plaques tectoniques sous la terre. L’eau qui sort pendant toute l'année dans la piscine est de 28 degrés Celsius. En moyenne, la température de l’eau dans le reste du cours d’eau est de 22 degrés. Alors, même en hiver, l’eau ne gèle pas. Des plantes uniques y poussent toute l'année, comme le cresson de fontaine, qui est épicé et délicieux à manger, les algues et la stellaire intermédiaire (appelée chickweed en anglais).
Interactions et adaptations de la faune
Prudence et sécurité avant tout yukon.ca/fr/securite-auto
Plusieurs espèces fauniques utilisent ce terrain comme habitat, comme les sangsues, escargots, crapauds, libellules, souris, ours, orignaux et certains oiseaux. Les plus intéressantes sont les crevettes et les poissons qui peuvent survivre pendant tout l'hiver du Nord à cause de l’eau tiède. Les crevettes cerise, rouges et mesurant de 15 à 30 mm de long, sont une espèce envahissante qui vient de Taiwan et de Chine. Elles sont omnivores et peuvent vivre de un à deux ans.
Keelan Robins
La classe de FACES explore les sources d’eau tiède. En avant de la photo, un échantillon de cresson de fontaine.
Toutes les deux ou trois semaines, elles pondent une vingtaine de nouveaux œufs. Elles sont souvent utilisées dans les petits aquariums pour ajouter de la couleur. Une personne a versé le restant de son aquarium dans le ruisseau il y a plusieurs années et les crevettes ont prospéré à cause de leur tolérance élevée pour les températures variables. Elles ont mangé toute l'algue présente, ce qui a affecté le reste des espèces aquatiques. Mais avec l'adaptation, une population isolée de poissons qui s'appellent les ménés de lac, mesurant de 5 à 10 cm de long, a commencé à les manger, et le système est ainsi redevenu plus balancé. Ces petits poissons menés territoriaux vivent partout dans de l’eau fraîche, mais préfèrent les lacs froids. Le lac Atlin qui reste à moins de 6 degrés pendant l'année n'a aucune population connue. Il
y a longtemps, le mouvement des glaciers a créé de nouveaux ruisseaux pour donner aux poissons l'accès à l'eau tiède d'Atlin. Ils devaient tous s'adapter et changer leur métabolisme pour survivre dans l’eau plus chaude. Alex DeBruyn a estimé au cours de sa recherche qu'il y a à peu près 2 000 à 6 000 poissons dans cette source d'eau. Pour le savoir, il a utilisé une façon de capturer les poissons, les marquer, puis les recapturer pour les compter. Selon lui, leur population est stable en ce moment, mais reste très fragile. C’est un système exceptionnel et cette partie de l'environnement n’est pas encore protégée. Lors d’une visite à cet endroit, il est important de tout respecter, de ne rien mettre dans l’eau et de laisser le site intact. Les sources d’eau tiède d’Atlin sont à la fin de la route Warm Bay.
Jeudi 25 novembre 2021
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jeunesse 17
Sources d’eau tiède d’Atlin : un écosystème fragile Les sources d’eau tiède sont un petit système de ruisseaux et d’étangs qui se déversent dans le lac Atlin. L’eau est réchauffée par l’activité géologique sous la terre, dont la température maximale est de 28°C. Quelques animaux ont évolué pour y vivre plus au chaud que ce qui serait normal pour leur espèce, comme le méné de lac et le crapaud boréal. Ils sont séparés de leur population normale et vivent seulement dans les sources d’eau tiède. pourraient se propager dans le lac Atlin, selon l’expert. Après ça,elles À cause de sa petite taille, l’éco- seraient donc partout : aux lacs système est très fragile. Même une Tagish, Bennet, Marsh, Laberge, toute petite perturbation peut avoir Teslin et beaucoup d’autres. un grand impact sur les plantes et animaux des sources. Parce que Évolution en action l’eau ne gèle pas en hiver, c’est également un endroit parfait pour Il y a également une population de les espèces envahissantes. poissons rouges qui a été introduite dans un système à côté des sources chaudes. Les poissons Des cerises dans les rouges sont terribles pour les sources chaudes? espèces indigènes. Ils ont surpeuplé le système, consommé toute Alex DeBruyn, expert avec une la nourriture et réduit la qualité maîtrise en zoologie, étudie les de l’eau. sources tiède depuis 2015. Alex DeBruyn a essayé de les Alors qu’il était en train de capturer des ménés de lac, une espèce capturer et d’exterminer tous les qui s’est adaptée aux sources tiède, envahisseurs. Il n’a pas réussi et pour les étudier, il a trouvé dans ses les poissons rouges qui restent ont pièges des petits animaux de 5 à évolué : ils sont devenus bruns, 30 mm d’une couleur rouge foncé. semblent plus intelligents et sont Quelques jours plus tard, en plus difficiles à attraper. marchant à côté du ruisseau, il a remarqué une pile de gravier Une pandémie bleu. Les petits animaux qu’il chez les crapauds avait trouvés étaient des crevettes cerise, un crustacé très populaire Le crapaud boréal des sources en aquariophilie et qui vient de tiède est une espèce qui s’est Taiwan. Il était évident (à cause des adaptée à la chaleur. Ces crapauds graviers bleus) que les crevettes se réveillent de l’hibernation plus tôt cerise venaient d’un aquarium vidé pour qu’ils puissent se reproduire dans les sources. plus tôt. En 2008, une infection En quelque temps, leur popu- fongique a tué toute la population lation a explosé jusqu’à 2 millions des crapauds des sources tièdes. de crevettes. Elles ont mangé les L’infection est probablement algues et, quand leur nourriture a venue d’un crapaud non indigène, disparu, leur population s’est écrou- explique Alex DeBruyn. Selon lui, lée. Maintenant leur population est il y a parfois des gens qui ont des stable et permanente. crapauds comme animal de comAlex DeBruyn estime qu’il n’y a pagnie, et certains finissent par les pas, à court terme, un grand risque rejeter dans la nature. Maintenant, de les voir se propager, parce que cette épidémie a laissé les sources les crevettes juvéniles ne peuvent d’eau tiède vide de crapauds pas survivre au froid du lac Atlin. boréaux adaptés. Mais à long terme, les sources sont Le méné de lac des sources un endroit parfait pour les espèces d’eau tiède est une espèce dont envahissantes parce que le gradient la population est d’environ 2500 de température est doux entre les poissons et dont plusieurs traits sources et le lac. physiologiques ont évolué, ce qui À cause de leur rapide repro- leur a permis de persister dans ces duction, les crevettes cerise sont milieux extrêmes. déjà envahissantes en Europe et en Leur petit habitat, les risques Asie. Si elles évoluent, les crevettes posés par les humains et l’introMathias Frostad
Keelan Robins
La piscine d’où sort l’eau tiède de la source d’eau d’Atlin.
duction d’espèces envahissantes pourraient entraîner en peu de temps la disparition de l’espèce, comme ce qui s’est passé avec le crapaud boréal. Il n’y avait rien qui puisse arrêter l’introduction des poissons
rouges et crevettes cerise. Leur habitat n’est pas protégé par le gouvernement et ça doit changer, parce que c’est un lieu fragile et un endroit propice pour les espèces envahissantes. Pour en apprendre plus sur le
méné de lac : faune-especes.canada. ca/registre-especes-peril/species/ speciesDetails_f.cfm?sid=1449 Pour en apprendre plus sur le crapaud boréal : canadianfieldnaturalist.ca/index.php/cfn/article/ view/2026/1993
Les concentrations de radon mesurées au Yukon sont parmi les plus élevées au Canada Invisible, le radon est un gaz radioactif qui provient du sol. Le tabagisme, associé à l’exposition au radon,
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Programmes en français
Échanges, rencontres et apprentissages! Dans cette édition, toutes les voies pour apprendre le français langue seconde sont exploitées au grand bonheur des élèves.
Pizza pour tout le monde Les élèves de 5e année de l’École élémentaire Christ the King de la classe de français intensif de Mme Donald, ont préparé de bonnes pizzas avec leur monitrice de langue Ariane, afin de célébrer la fin de leur unité sur l’alimentation.
Apprendre le français en jouant dehors
Quelle est la date aujourd’hui?
Les élèves de la classe 2e-3e année de Mme Maryse, à l’École élémentaire Selkirk, ont créé différents types d’œuvres d’art éphémères autour de l’école. Bravo pour leurs belles réalisations!
Dans la classe de Mme Dorothy de l’École élémentaire de Takhini, les élèves apprennent à nommer les jours de la semaine et la date du jour.
Le 14 octobre 2021, lors de la visite de Yann Herry, ancien coordonnateur des Programmes en français du Yukon et responsable de liens avec la France, Charlotte Service-Longépé présente des poèmes de son arrière-grand-père, Robert Service, aux élèves de l’École Robert-Service de Lancieux, ville jumelle de Whitehorse. M. Herry a remis les livrets à colorier du 125e anniversaire de la ruée vers l’or du Klondike, offerts par l’Honorable Angélique Bernard, commissaire du Yukon. Les élèves de Lancieux continuent de faire des projets avec l’École Robert-Service de Dawson.
Fidadou! Les élèves de 3e année de Mme Bussières de l’École élémentaire de Whitehorse écoutent une chanson inédite à venir sur le prochain album du groupe de musique franco-yukonnais Soir de Semaine. Ils jouent le jeu de « fidadou » avec leur enseignante de musique, ou ils doivent sauter par-dessus le poulet sur la corde quand ils entendent le mot poulet dans la chanson!
L’Halloween
Une belle surprise! Durant le mois d’octobre, les élèves de 5e année de l’École Robert-Service adorent chanter la chanson C’est l’Halloween de Matt Maxwell. Gabriel, leur moniteur de français, leur a offert une belle surprise lors de la dernière journée d’école avant Halloween. Il a apporté sa guitare et pour la première fois les élèves ont chanté cette chanson accompagnés d’un musicien.
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Lors de la journée de l’Halloween, les élèves de la maternelle de Mme Lucille à l’École élémentaire de Whitehorse s’amusent à faire des menottes en glue à leur monitrice Mélanie! Pour leur part, les élèves de la classe de M. Chartrand, sont fiers de se faire prendre en photo avec leurs beaux costumes!
Programmes en français
Lancieux-Whitehorse
Jeudi 25 novembre 2021
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divers 20 Date limite de présentation des oeuvres :
Collection permanente d’oeuvres d’art du Yukon
31 janvier 2022
Collection permanente d’oeuvres d’art du Yukon
Appel de propositions JEU N 484 L’organisme Friends of Yukon Permanent Art Collection et le gouvernement du Yukon invitent les artistes et artisans du Yukon à proposer des oeuvres pouvant être exposées dans les édifices du gouvernement. O
Formulaires de propositions et renseignements : yukon.ca/fr/collection-permanente-oeuvres-art-yukon Téléphone : 867-667-5858 Sans frais : 1-800-661-0408, paste 5858 Courriel : garnet.muething@yukon.ca RÈGLES DU JEU :
JEU NO 485
Le club Les p’tits yeux pointus est un groupe de jeunes lecteurs et lectrices francophones qui se réunissent pour discuter de littérature francophone, d’ici et d’ailleurs. Pour la Semaine nationale de l’immigration francophone qui s’est tenue du 7 au 12 novembre, le club s’est penché sur un conte métissé. Sandra St-Laurent
JEU NO 484
JEU NO 485
Les bateaux volants Auteurs : Alexandre et Mathieu Vanassep. Illustrations : Hélène Matte. Chants : Alexandre Désilets, Élage Diouf, Tapia Diarra et May’Kelsea Lacroix.
Musique : Mamadou Koïta, Jeannot Bournival, Mathieu Vanasse, Jean-Sébastien Brault-Labbé, Élage Diouf, RÉPONSE DU JEU NO 484 RÈGLES DU JEU : Nicolas Pellerin.
RÉPONSE DU JEU NO 485
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Juge à la Cour territoriale du Yukon Poste à combler
GLES DU JEU :
L’immigration à travers la lecture
JEU NO 484
RÉPONSE DU JEU NO 484
Date de clôture : 15 décembre 2021
us devez remplir toutes les cases vides en çant les chiffres 1 à 9 une fois par ligne, du Yukon Le Conseil de seule la magistrature seule fois par colonne et une seule fois par sollicite des candidatures pour un poste te de 9 cases.
de juge à la Cour territoriale.
que boîte de 9 cases est marquée d’un trait s foncé. Qualités Vous avez déjà quelques chiffres par requises te pour vous aider. Ne pas oublier : vous ne • Être membre du Barreau du Yukon ou posséder les qualités requises vez jamais répéter les chiffres 1 à 9 dans pourlalemême devenir.colonne et la même même ligne, te de 9 •cases. Avoir exercé le droit au Canada pendant au moins les dix dernières
années qui précèdent la date de la candidature, ou posséder une expérience juridique équivalente que le Conseil estime suffisante. • Avoir de l’expérience de vie et de travail dans les JEU NO 486 collectivités nordiques. • Avoir de l’expérience de travail auprès des communautés autochtones.
Sandra St-Laurent
RÈGLES DU JEU :
RÉPONSE DU JEU NO 484
RÈGLES DU JEU :
RÉPO
RÈGLES DU JEU :
RÉPONSE DU JEU NO 486
RÈGLES DU JEU :
RÉPO
Chaque boîte de 9 cases est marquée d’un trait Les histoires de bateaux Vous devez remplir toutes cases Vous vides enavez déjà quelques chiffres par Vous devez remplir toutes les cases vides en plus les foncé. voler un bateau, où irais-tu? plaçant d’hiver qui retenaient lesfois bûcherons chiffres 1 à 9 une seule par ligne, les chiffres 1 à 9 une seule par ligne, volants, plaçant vous lesconnaissez? Cefois faire boîte pour vous aider. Ne pas oublier : vous ne une seule fois par colonne et une seule fois par une seule fois par colonne et une seule fois par Quelle serait la condition à respec« au camp »? conte emprunte sa légende à la boîte de 9 cases. boîte de 9 cases. devez jamais répéter les chiffres 1 à 9 dans ter que la magie te et permette EndeAfrique, dispositaires Chaque«boîte de 9 cases marquée d’un pour trait Chaque • boîte 9 cases estles marquée d’un trait laest même la même colonne la même traditionnelle chasse-galerie » ligne, plus foncé. Vous avez déjà quelques chiffres par plus foncé. Vous avez déjà quelques chiffres par boîte de 9 vous cases. parcourir le ciel? depour la culture sont: souvent québécoise, il s’agit boîtemais pour vous aider. cette Ne pas fois oublier :de ne boîte vous aider. orale Ne pas oublier vous ne devez jamais répéter les chiffres 1 à 9 dans devez jamais répéter les chiffres 1 à 9 dans appelés griots ou griottes, et que d’un violonla qui fait voler les navires même ligne, la même colonne et la même la même ligne, la même colonne et la même boîte de 9 cases. boîte de 9 cases. ces personnes maîtrisent trois d’une pointe gaspésienne et d’un Pour approfondir le savoirs importants O menace de lancer un jeu O diableN qui JEU 486 JEU: laNgénéalogie, 487 que… RÉPONSE DU JEU NO 485 DUavec JEU la : musique sujet Savais-tu l’art oratoire et la pratique musicale? vidéoRÈGLES envoûtant JEU NO 486 Relève le défi de danse lancé Le conte devez remplir les cases•vides en de La chasse-galerie de ceVous violon. C’est surtouttoutes aussi le les chiffres 1 àBarnabé 9 une seuleafois ligne, étépar écrit en 1900 par Honoré par un groupe d’enfants d’Afrique récit plaçant de l’amitié, celle de une seule fois par colonne et une seule fois par le Gaspésien, qui tient à ses tra- Beaugrand et que si les contes et, comme Les p’tits yeux pointus, boîte de 9 cases. ditions, et de Sophie l’Africaine, font souvent appel à la magie et au apprends les pas de danse Chaque boîte de 9 cases est marquée d’un trait on y trouve aussi des notes qui accompagnent la chanson « plusplus québécoise que la poutine ». diable, foncé. Vous avez déjà quelques chiffres par de morale Les deux jouer leurNedestin boîtedevront pour vous aider. pas oublier : vous où ne les pires travers des « Jerusalema » pour faire voyager devez »jamais répéter les chiffres 1 à 9 dans sociétés humaines sont exposés? la musique à travers le monde! « à l’oreille et réveiller le pouvoir la même ligne, la même colonne et la même • Le Québec a une longue trarassembleur la musique pour Trousses de lecture (8 copies) boîte de de 9 cases. sauver le monde, car « si les dition de conteurs et de conteuses, disponibles à la Bibliothèque fourmis se mettent ensemble, elles dont les talents étaient fort apprépublique de Whitehorse peuvent transporter un éléphant »! ciés dans les campagnes ou O Préparé par : moisN 487 Et toi, si tu avais le pouvoir de justement durant les longsJEU Sandra St-Laurent, animatrice
L’expérience en droit pénal, en droit de protection de l’enfance et en poursuites civiles est un avantage. La maîtrise de l’anglais est essentielle et la connaissance du français est un atout.
RÉPONSE DU JEU NO 487
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RÉPONSE DU JEU NO 486
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RÈGLES DU JEU : autre fonction administrative • exercer sur demande toute
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RÉPONSE DU JEU NO 485
• entendre et trancher des affaires principalement en matière criminelle • entendre et trancher aussi des affaires en matière de protection de l’enfance et de petites créances et d’autres affaires visées par la loi territoriale • partager les travaux de circuit sur tout le territoire du Yukon avec deux autres juges de la même cour • collaborer à la formation de juges de paix non juristes
RÈGLES DU JEU :
JEU NO 485
Entre autres fonctions :
RÉPONSE DU JEU NO 487
Jeudi 25 novembre 2021
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science 21
Dune est-il un précurseur du mouvement écologique? Pascal Lapointe, Agence Science-Presse
C’est l’une des œuvres les plus importantes de la science-fiction et, comme si ça ne suffisait pas, elle est porteuse, en 2021, de messages écologiques allant bien au-delà de ce que l’auteur lui-même avait voulu. Le roman Dune, dont la version cinématographique arrive sur les écrans cette semaine, est beaucoup de choses avant d’être « écologique ». L’une des raisons est que le mouvement écologique n’existait même pas lorsque l’auteur américain Frank Herbert l’a publié, en 1965 : le premier Jour de la Terre ne serait célébré par une poignée de passionnés qu’en 1970, et la fameuse photo du « lever de Terre » au-dessus de la surface lunaire, souvent qualifiée d’acte de naissance du mouvement écologique, ne serait prise qu’en 1968. Mais il y avait déjà une prise de conscience en émergence. Le livre The Silent Spring, de la biologiste Rachel Carson, lui aussi souvent qualifié d’acte de naissance du mouvement écologique pour sa dénonciation de la pollution des écosystèmes, avait été publié en 1962.
À défaut d’avoir pu prévoir les bouleversements à venir dans la biodiversité et dans le climat, Herbert a au moins ouvert la voie à d’autres auteurs : « Dune est un moment décisif pour une science-fiction qui prend l’écologie au sérieux en tant que concept », jugeait au moment du 50e anniversaire, en 2015, l’Américain Gerry Canavan, coauteur d’un livre intitulé Green Planets : Science Fiction and Ecology. L’autre raison pour laquelle ceux qui ont analysé cette œuvre ont coutume de dire qu’elle est bien des choses avant d’être écologique, est qu’il s’agit d’un roman qui jongle tout à la fois avec la politique, la guerre, la philosophie, la psychologie et la religion, le tout, dans un futur lointain décrit avec un luxe de détails et centré autour d’une planète, Arrakis ou Dune. Planète aride et hostile à la vie, mais qui abrite une ressource naturelle, l’Épice, indispensable à la survie de l’empire galactique. C’est aussi un roman aux résonances anticolonialistes, avec les habitants d’Arrakis, les Fremen, opprimés par la riche famille qui exploitent leur planète, et qui voient dans le héros du roman, le jeune Paul Atreides, le messie qui fera d’Arrakis un paradis regor-
geant d’eau. Réagissant dans le magazine Salon en 2015, le professeur de sciences sociales Eric C. Otto voyait dans Dune un cas unique de son époque « pour la très grande attention qu’il apporte à la science de l’écologie et aux façons complexes dont la culture, la société, la religion et ce monde non humain s’entremêlent ». L’un des thèmes récurrents est ainsi l’aridité d’Arrakis, qui est symbolisée par la technologie portée par les Fremen qui leur permet de récupérer chaque goutte d’eau produite par leur corps. En arrière-plan, il y a aussi le rêve de transformer la planète en un monde plus habitable, rêve symbolisé par un personnage, Lyet-Kynes, « écologiste planétaire ». Un personnage qui, de surcroît, dans le premier jet du roman, était même destiné à être le personnage principal. « Au-delà d’un point critique dans un espace fini, lui fait dire Herbert, la liberté diminue alors que le nombre augmente. C’est vrai autant des humains dans l’espace limité d’un écosystème planétaire que ça l’est des molécules de gaz dans une fiole scellée. La question humaine n’est pas
combien peuvent possiblement survivre à l’intérieur du système, mais quelle sorte d’existence est possible pour ceux qui vont survivre. » La réflexion de Lyet-Kynes était ancrée dans les inquiétudes des années 1960 sur la croissance démographique — Paul Ehrlich publiera le best-seller The Population Bomb en 1968. Mais c’est là que la réflexion d’Herbert différait de la trajectoire que prendrait le mouvement écologiste : derrière le rêve de son « écologiste planétaire », il y avait celui de transformer l’écosystème d’Arrakis pour mieux servir les besoins de ses habitants — alors qu’un environnementaliste d’aujourd’hui se demanderait plutôt comment préserver les écosystèmes uniques d’Arrakis. Au fil des années, des chercheurs ont ainsi fait part de leur déception quant au fait que le roman ne fournit pas de solutions à des problèmes environnementaux tels que nous les confrontons aujourd’hui. La chercheuse canadienne en littérature Veronica Kratz écrivait pour sa part, plus tôt cette année, que cette déception vient du fait qu’on a justement trop « tendance à lire Dune » dans le contexte de l’émergence de l’écologie et du
Émissions de CO2 et inégalités sociales Agence Science-Presse
Quand les recherches en sciences sociales sur les inégalités croisent les recherches sur le CO2, ça donne ceci : 10 % de la population mondiale avait émis 48 % des émissions de gaz à effet de serre en 2019. Et le 1 % le plus riche en a émis 17 %. Ce sont les totaux auxquels arrive l’économiste français Lucas Chancel, dans un rapport sur les « inégalités des émissions mondiales de carbone » de 1990 à 2020, paru le 21 octobre. Lucas Chancel est codirecteur du Laboratoire sur les inégalités mondiales, à l’École d’économie de Paris. En chiffres absolus, cela donne une moyenne de 31 tonnes de CO2 par personne en 2019 pour la tranche des 10 % les plus riches, contre 1,6 million de tonnes pour la moitié de la population la plus pauvre (ou 3,8 milliards de personnes). Quant au 1 % le plus riche, il se retrouve avec une moyenne de 110 tonnes de CO2 par personne.
Et ce qui n’arrange rien, « depuis 1990, les émissions du 1 % ont augmenté plus vite que celles de tout autre groupe ». Cela, en dépit de la croissance économique dans plusieurs pays dits émergents. Les inégalités sont ellesmêmes inégalement réparties par continent : les émissions moyennes en Europe, riches et pauvres confondus, approchent les dix tonnes de CO2 par personne en 2019, contre 20 tonnes en Amérique du Nord. La Chine s’approche de l’Europe, avec 8 tonnes par personne. En Amérique du Nord, les 10 % les plus riches ont produit 73 tonnes d’émission. L’auteur suggère que ces chiffres pointent vers l’importance d’une taxe carbone qui ne ciblerait pas tant les plus gros émetteurs que la frange de la population la plus aisée : « Dans plusieurs pays riches, les émissions par personne de la moitié la plus pauvre de la population ont décliné depuis 1990, contrairement à celles des
plus riches. » Résultat, les cibles de réduction des émissions que se sont fixées les États-Unis, la Grande-Bretagne ou la France sont déjà pratiquement atteintes pour la moitié la plus pauvre de la population. « Dans ces pays, lit-on dans le document, les efforts politiques devraient par conséquent être largement dirigés vers la réduction des niveaux d’émission de la moitié supérieure de la population, et en particulier du 10 % supérieur. » Un taux d’imposition de 10 % sur la valeur des actifs carbone détenus par les multimillionnaires du monde entier rapporterait, selon le Laboratoire sur les inégalités, 100 milliards de dollars par an. Cela représente justement la contribution suggérée en 2009 aux pays riches pour aider les pays pauvres à atténuer les impacts des changements climatiques. La contribution en question, après 12 ans d’efforts, n’a toujours pas atteint ce seuil. sciencepresse.qc.ca
livre de Rachel Carson, alors que la démarche d’Herbert avait été davantage inspirée par quelque chose de plus prosaïque : un projet de stabilisation des dunes de l’Oregon afin qu’elles causent moins de dommages aux propriétés. La solution qu’endossait Herbert était l’introduction d’une herbe de plage européenne, une espèce qui est devenue invasive et a détruit une partie de l’écosystème local. Il faut, conclut Veronica Kratz, replacer Herbert dans un différent contexte, « celui d’une science de l’écologie basée sur son utilité pour l’humain et sur le contrôle ». Ça n’efface pas le fait qu’Herbert s’est associé au premier Jour de la Terre, et a produit des textes à saveur environnementale dans les deux décennies qui ont suivi Dune. Et ça n’enlève rien aux qualités du livre, qui a remporté à sa sortie les deux plus prestigieux prix de la littérature de science-fiction, a été traduit en 14 langues et engendré plusieurs suites. M a i s c o m m e l e ré s u m e cruellement un épisode récent du balado Imaginary Worlds, Herbert serait davantage perçu aujourd’hui comme un « capitaliste vert » que comme un défenseur de l’environnement. sciencepresse.qc.ca
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Jeudi 25 novembre 2021
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Pour lancer les festivités, faites-le plein de jeux et de joie ! La ludothèque offre à tous les membres de la communauté l’opportunité d’emprunter gratuitement des jeux de société pour tous les âges! L’emprunt est pour un mois et vous pouvez emprunter un jeu par membre de la famille! Il y a plus de 300 jeux disponibles et ces jeux sont une belle façon de prendre une pause des écrans et de passer du temps avec vos proches. Au jeu!
-------------- Jeux de groupe --------------
Pandemic édition spéciale 10ième anniversaire Empires du Nord Taboo Jeu idéal pour passer une soirée dans la bonne humeur! Votre objectif sera de faire deviner un mot à votre coéquipier ou coéquipière sans utiliser certains mots interdits. Le plaisir des sous-entendus! Entre 2-20 joueur.se.s (60 minutes).
Inspiré des trousses de premiers secours vintage avec sa boite en métal. Vous devrez coopérer et tirer profit de vos forces individuelles afin de détruire les maladies avant qu’elles n’affligent le monde entier. Le temps presse : épidémies et éclosions accélèrent la propagation du fléau. Entre 2-4 joueur.se.s (45 minutes).
Chaque joueur incarne la fierté de son clan ! Lequel choisirez-vous ? Votre stratégie sera en effet très différente d’un clan à l’autre. Il faudra donc adapter son style de jeu (belliqueux, commercial, opportuniste…) aux objectifs de son clan, et bien évidemment aux actions menées par les adversaires ! Entre 1-4 joueur.se.s (45-90 minutes).
Le Caméléon Tout le monde connaît le Mot secret, sauf le Caméléon. Mais qui est le Caméléon? Pour l’attraper, vous devrez dire un mot (et un seul!) pour donner un indice sur le Mot secret. S’il est trop évident, le Caméléon réussira à se camoufler. S’il est trop vague, vous éveillerez les soupçons. Ensuite, l’étape de pointage du doigt commence! Mais attention, si vous ne pointez pas la bonne personne, le Caméléon va s’échapper. Entre 3-8 joueur.se.s (15 minutes).
TerraForming Mariposas
Mars An 2400, l’humanité commence à terraformer la planète Mars. De géantes corporations, commanditées par le Gouvernement Mondial sur Terre, initient de vastes projets pour augmenter la température, le niveau d’oxygène et les étendues océaniques jusqu’à rendre la planète habitable. Vous travaillez conjointement au processus de terraformation, mais êtes en compétition pour les points de victoires donnés pour la terraformation et pour l’avancement des infrastructures humaines dans le système solaire.
Chaque année, au printemps, des millions de papillons, les monarques, quittent le Mexique pour migrer vers l’Amérique du Nord. À l’automne, de nouveaux papillons reviennent au Mexique. Mais aucun d’entre eux ne fait l’allerretour. Mariposas est un jeu de déplacement et de collection qui vous invite à faire partie de cet incroyable voyage. Il se joue sur trois saisons. Pour gagner, il faut réussir à faire progresser son groupe de papillons au fil des saisons et ainsi remporter le plus de points de victoire.
Entre 1-15 joueur.se.s (60-120 minutes).
Entre 2-5 joueur.se.s (45-75 minutes).
Mysterium Park
Labyrinth Harry Potter
Bienvenue à Mysterium Park! En tant que médiums, vous êtes convaincus qu’un fantôme hante cette fête foraine et vous êtes déterminés à l’aider à dévoiler la vérité. Dans ce jeu coopératif, le fantôme envoie des visions avec des cartes illustrées. Les médiums tentent de les interpréter pour d’abord innocenter des suspects et enquêter dans les différents lieux pour finalement identifier le meurtrier et le lieu du crime. Ouvrez vos esprits et trouvez la vérité !
Qui réussira le mieux à s’orienter à travers ce labyrinthe Harry Potter et trouvera les chemins menant aux célèbres pensionnaires de Poudlard ? Les personnages de la série n’attendent que vous! À vous de faire coulisser habilement les plaques du labyrinthe pour transformer les impasses en passages. Vous pourrez ainsi créer de nouveaux chemins et atteindre les personnages recherchés. Des règles simples et des parties toujours palpitantes !
Entre 2-6 joueur.se.s (30 minutes).
Entre 2-4 joueur.se.s (20 minutes).
---- Jeux solo ou duo ----
Mandala Du sable coloré est posé pour créer une carte symbolique du monde avant que le motif ne soit détruit cérémonieusement et que le sable ne soit jeté dans la rivière. Dans le jeu Mandala à deux joueurs, vous essayez de marquer plus que votre adversaire en collectant des cartes précieuses, mais vous ne saurez quelles cartes sont précieuses avant le début du jeu!
Linkto- Cuisine et Linkto- Terre
Jeu coopératif à 5 niveaux où tous se mettent ensemble pour tenter de lier la carte indice à la bonne carte mot parmi les 50 posées sur la table. Réunissez ainsi les 49 cartes indices aux 50 cartes mot; la carte mot restante sera la clé ! Entre 1-10 joueur.se.s (40 minutes).
2 joueur.se.s (20 minutes).
Hive carbon Hive Un jeu amusant à jouer, car il combine règles simples avec une stratégie très subtile. Chaque tuile insecte a une unique façon de se déplacer (similairement aux échecs), imitant leurs mouvements naturels (par exemple, la sauterelle est la seule à sauter). Pour gagner, vous devez jouer offensivement (entourer la reine ennemie) et défensivement (pour protéger votre reine). Magnifique version en noir et blanc du classique. Hautement addictif! 2 joueur.se.s (20 minutes).
-- Comment ça fonctionne? -1) Obtenez un identifiant en contactant
projet@petitchevalblanc.ca
2) Consultez le catalogue en ligne pour sélectionner et faire la réservation du jeux ou des jeux qui vous intéressent
csfy.ca/ludotheque
3) Récupérez votre/vos jeu(x) le 16 décembre, entre 15 h 15 et 16 h 30 à la porte arrière de l’École Émilie-Tremblay. 4) Un, deux, trois! Jouez!
La ludothèque a vu le jour grâce à un partenariat entre la CSFY, la Garderie du petit cheval blanc et Les essentielles auquel se sont joints l’AFY et le PCS. La publication de cette page a été rendue possible grâce au financement de Santé Canada, Société santé en français et à ses réseaux dont le Partenariat communauté en santé.
Jeudi 25 novembre 2021
auroreboreale.ca
CoupS D’oeil 23
Mike Thomas, Centre des arts du Yukon
Du 8 au 21 décembre, 2021
Fred Pellerin a enchanté le public du Centre des arts du Yukon le 12 novembre dernier, à l’occasion des deux représentations consécutives de son spectacle Un village en trois dés. À la veille d’un retour de l’état d’urgence sanitaire au Yukon, l’événement affichait complet. « Allez Whitehorse, je te fais un petit extra : tu rentres en pandémie demain! » s’est exclamé le conteur à la fin de sa prestation.
Ouvert tous les jours de 9 h à 21 h Des trésors d’artisanat local!
#12daysofchristmasyxy @fireweedmarket
Fournie Fournie
Le 5 novembre dernier a eu lieu un café-rencontre spécial à l’occasion de la Semaine de l’immigration francophone. La salle communautaire du Centre de la francophonie s’est vue transformée en patio chaleureux pour l’événement.
PETITE ENFANCE EN SANTÉ
LA SÉRIE D’ATELIERS EN DIRECT PARENTS-ENFANTS (ZOOM) YUKON - TNO – NUNAVUT
CUISINER DES MOCKTAILS ET BOUCHÉES FESTIVES
Fournie
Hugo Bergeron
Les élèves de 11e et 12e années en classe de droit ont vécu une expérience vraiment spéciale en guise d’examen de vérification des acquis. Après avoir étudié en classe les techniques d’enquêtes, les différents profils psychologiques (narcissiques, sociopathes, psychopathes, etc.) et reçu la visite de Kestia Houde-Mclennan, coordonnatrice des Services aux victimes au gouvernement du Yukon, ils ont pu passer à la pratique. Leur enseignant Hugo Bergeron avait concocté une activité Meurtre et mystère, révélant peu à peu des indices et des informations d’enquête. « Les élèves étaient vraiment engagés », mentionne l’enseignant, à la suite de cette activité des plus ludiques.
Une des beautés de l’hiver : pouvoir assister à des phénomènes lumineux sans pareil. Isabelle Carrier a capturé un beau phénomène de parhélie, le 8 novembre dernier.
C’est gratuit!
Samedi le 18 décembre 2021 de 10h à 12h (heure du Yukon)
Animatrice: Anna Kirkwood diététiste Places limitées pour obtenir le sac d’ingrédients - Yukon (0 - 12 ans) Inscriptions obligatoire : 668-2663 poste 800 pcsyukon@francosante.org
Isabelle Carrier
Jeudi 25 novembre 2021
auroreboreale.ca
Coup d’oeil 24 Petites annonces 24 AÎNÉS - AÎNÉES Sentinelles Yukon. Deux services pour favoriser la sécurité de vos proches aînés et une paix d’esprit pour vous : service d’appels automatisés et centre d’appels. Gratuit. Rens. : sentinelles.afy.ca
ART ET CULTURE Francophones sur scène. Vous êtes en spectacle sur la scène yukonnaise? Envoyez-nous les renseignements utiles pour qu’ils soient partagés dans l’infolettre mensuelle de l’Association franco-yukonnaise (AFY). Rens. : relations@afy.ca
IMMIGRATION Programme de jumelage. Passez des moments de qualité et tissez des liens avec d’autres membres de la communauté qui partagent les mêmes centres d’intérêt que vous à travers le programme de jumelage. Rens. : jumelage.afy.ca
COMMUNAUTÉ Programmes en français – sondage aux parents. Une
équipe de chercheurs de l’Université de l’Alberta et de membres de la communauté éducative réalise une étude pancanadienne au sujet de la rétention des élèves dans les écoles francophones et d’immersion en milieu minoritaire. Leur recherche s’intéresse aux parents d’élèves qui envisagent de retirer ou qui ont déjà retiré leur enfant de ces programmes/ écoles. Les données recueillies grâce aux enquêtes anonymes en ligne seront utilisées pour mieux comprendre les raisons qui motivent leur choix. Sondage : uab.ca/fmp Vous cherchez des journaux? Pour des projets artistiques ou à brûler dans votre poêle à bois? Inutile d’utiliser l’édition en cours! Contactez-nous, nous vous préparerons une pile de vieux journaux. Rens. : dir@auroreboreale.ca Partagez vos anecdotes, photos, suggestions et bien plus avec l’Aurore boréale! L’Aurore boréale est le journal de notre communauté. N’hésitez pas à leur faire parvenir des photos, des suggestions, des petites anecdotes! Vos enfants
BOURSES D’ÉTUDES EN SANTÉ
• Tu es un.e francophone ou francophile du Yukon? • Tu poursuis des études dans le cadre d’un programme collégial ou universitaire en santé au Canada? • Tu t’intéresses à la santé en français? Le Partenariat communauté en santé du Yukon offre 2 bourses de 1500$ pour encourager la relève Franco-Yukonnaise en santé. Les études dans les facultés francophones et anglophones sont admissibles. Certaines conditions s’appliquent. Nouvelle ite : date lim mbre 10 déce 2021
Pour obtenir la trousse de candidature :
pcsyukon@francosante.org
ont participé à un concours, gagné une compétition, se sont démarqués par une initiative? Le journal soulignera leurs accomplissements! Rens. : dir@auroreboreale.ca L’Aurore en ondes. À chaque publication de l’Aurore boréale, quelques articles sont mis en ligne en format audio, sur la plateforme SoundCloud. N’hésitez pas à contacter le journal si vous souhaitez lire des articles à haute voix, bénévolement. Rens. : dir@auroreboreale.ca Balados. Après la création de balados pour raconter la vie de douze femmes extraordinaires de la ruée vers l’or du Klondike, Philippe Cardinal, propose une série de balados de sept épisodes qui racontent les gens et les événements dramatiques de l’histoire de la fondation
de Fort Selkirk. Écoutez : soundcloud.com/yukonextra-ordinaire
EMPLOI ET BÉNÉVOLAT Pigistes recherchés. L’Aurore boréale souhaite augmenter son équipe de pigistes. Vous voulez faire rayonner la communauté, vous avez des compétences en rédaction journalistique en français et du temps libre pour rédiger des articles de qualité? Les contrats sont rémunérés. Rens. : redaction@auroreboreale.ca
JEUNESSE Vente du calendrier CSSC Mercier. Dans le cadre du cours optionnel « Arts médiatiques » donné au CSSC Mercier, un calendrier a été créé illustré de photographies prises
par les élèves. Le calendrier photo est en vente dès maintenant et est disponible pour un don minimal de 22 $. Des copies sont disponibles à l’accueil du CSSC Mercier.
SANTÉ Besoin d’aide en français pour votre rendez-vous de santé? Service d’interprétation en santé, gratuit et confidentiel pour la prise de rendez-vous médicaux (dentiste, santé mentale, optométriste, etc.), traduction orale sur place, navigation interservices, etc. Rens. : pcsadjointe@francosante.org ou 668-2663 poste 810.
Annoncer : dir@auroreboreale.ca
Calendrier communautaire 27 novembre 11 h à 18 h : Vente d’art et d’artisanat. Six artistes : Joyce Majiski, Josée Carbonneau, Katy Delau, Carlie Ferland, Françoise La Roche et Jess Sellers. Tuktu Studio in the woods, 164 Venus Place, Golden Horn (Venus Place est l'entrée après le restaurant Wolf Den sur l'autoroute de l'Alaska Sud). Rens. : 333-3440 ou jmajiski@gmail.com
28 novembre 10 h à 16 h : Visitez le seul marché francophone du temps des Fêtes pour votre magasinage de cadeaux. Au CSSC Mercier. Une preuve de vaccination officielle contre la COVID-19 est obligatoire pour participer. Rens. : artisanord.afy.ca
30 novembre 11 h 30 à 13 h 30 : Retrouvez vos camarades le temps d’un dîner autour d'un feu et célébrez l’arrivée de l’hiver, le temps des Fêtes et les activités à venir pour les personnes de 50 ans et +. Parc Shipyards. Gratuit. Une preuve de vaccination officielle contre la COVID-19 est obligatoire pour participer. Inscr. : ptitsmollets.afy.ca
10 décembre 17 h à 20 h : Café-rencontre sous le thème du temps des Fêtes. Deux services disponibles et repas de type prêt-à-manger pour la cueillette. Centre de la francophonie. Réservation obligatoire. Preuve de vaccination contre la COVID-19 obligatoire. Rens. : cafe.afy.ca
12 décembre 13 h à 16 h : Fêtez l’arrivée de l’hiver au parc Shipyards! Visite du Père Noël, glissades, jeux, boissons chaudes, goûter et musique autour du feu. Gratuit. Inscription requise. Une preuve de vaccination officielle contre la COVID-19 est obligatoire pour entrer. Inscr. : hiverenfete.afy.ca
Rapides Réserve bilingue. Sur le site de Wildlife Viewing, l’information sur la faune yukonnaise est fournie de façon bilingue. Cela est très apprécié par l’une de nos fidèles lectrices : « J’aimerais les remercier pour cette belle initiative, encore trop rare hélas. En tout cas, moi j’apprécie beaucoup! » Espérons que cette belle habitude sera préservée.
Besoin de parler? 1-800-567-9699 Lignes d'écoutes ouvertes 24 h/24, 7 j/7