FRANCOPHONIE
JEUNESSE
SCIENCE
BOREALIS SOUL
UNE COMMUNAUTÉ TISSÉE DE FIL D’OR
CONSTRUIRE L’AVENIR
LE SAVOIR TRADITIONNEL
L’ART COMME VECTEUR DE CHANGEMENTS
le magazine 30 JUIN 2022 I VOLUME 39 I NUMÉROS 13-14 No de convention : 4061051
RÉSEAUX DE PARTAGE L’ÉCONOMIE SOLIDAIRE
ÉCONOMIE CIRCULAIRE UNE BIÈRE PLUS VERTE ?
APICULTURE AU YUKON UN DÉFI DE TAILLE
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Tout feu, tout flamme? Devenez pompier forestier. Pour en savoir plus : yukon.ca/fr/feux-de-foret.
DANS CE NUMÉRO
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Une bière blonde, rousse, noire et.. verte
de la curiosité jardinière à l’autonomie alimentaire
économie circulaire
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francophonie
Une communauté tissée de fil d’or
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jeunesse
Les générations futures construisent l’avenir
29 premières nations
savoir traditionnel : Donner un sens à la recherche
agriculture urbaine
06
l´ÉCONOMIE SOLIDAIRE DU YUKON
46
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la marche, une activité physique aux multiples bienfaits
La murale du Centre de la francophonie + le jeu des rongeurs
plein air
divertissements
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53
62
Produire du miel au Yukon, un défi de taille
La radio par et pour les gens
magasinage à la yukonnaise
apiculture
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culture
borealis soul : utiliser l’art pour créer un changement
article de l’arctique
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vie pratique
Yukon techno, des applications utiles
caricature
AGNÈS VIGER
NOAH BUSCHER / UNSPLASH
À DÉCOUVRIR
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L’ÉQUIPE Maryne Dumaine
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Le journal est publié toutes les deux semaines, sauf l’été. Son tirage est de 2000 exemplaires et sa circulation se chiffre à 1950 exemplaires. Le tirage de cette édition double en format magazine est de 2000 exemplaires.
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Le Yukon et les Territoires du
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Inuvik
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Révison et correction : Marilyn Ferland Caricature : Annie Maheux Conception graphique : Patrice Francœur Infographiste et gestionnaire, publicité. : Marie-Claude Nault
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mot de la rédaction
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actualité – qu’elle soit locale ou internationale – présente souvent un tableau anxiogène de notre monde. Sécurité alimentaire en danger, dérèglement climatique, crise sociale, instabilité économique... Les rapports tombent et les statistiques dépriment. Pourtant, l’espoir de vivre un demain qui soit « bien » n’est pas hors de portée. Partout dans le monde, des initiatives citoyennes ou individuelles prennent racine pour créer une société plus confiante en l’avenir ; un nouvel univers dans lequel le mot « demain » n’est pas source d’anxiété. Ici, aujourd’hui, sur notre territoire, de telles initiatives existent et se développent dans le but de créer un futur durable. L’activisme des jeunes générations, les innovations en matière d’apiculture dans nos contrées nordiques, le développement de l’agriculture urbaine ou encore l’intégration du point de vue autochtone dans la recherche sur les changements climatiques : voici tout un éventail d’initiatives inspirantes qui incarnent l’espoir.
« Des initiatives
aujourd’hui, pour avoir l’espoir qu’un demain durable soit possible.» Tel est le fil conducteur de cette deuxième édition de l’Aurore boréale magazine.
Au-delà même de l’écologie, cette édition tente de peindre un large portrait de ce qui existe ici, allant de la collaboration communautaire à l’économie circulaire, en passant par les réseaux de partage. Dans cette édition, nous avons souhaité offrir un regard frais sur notre société. En mettant bout à bout des exemples de solutions, des portraits et des entrevues, nous avons voulu souligner ces personnes qui, souvent collectivement, se mobilisent pour créer un avenir meilleur. Au lieu de tenter de convaincre que les changements de consommation individuels sont essentiels – manger moins de viande, utiliser moins nos véhicules, etc. – nous espérons ici inviter à regarder plus loin : s’engager, partager avec les autres, s’unir pour être plus forts, écouter et reconnecter avec l’essentiel. Autant de solutions accessibles sur lesquels il faut parfois s’arrêter un peu pour mieux en saisir l’impact à long terme. Nous espérons que cette nouvelle édition de l’Aurore boréale magazine, pleine de couleurs, illuminera votre été jusqu’au retour de nos publications habituelles. Nous vous donnons d’ores et déjà rendez-vous le 1er septembre pour le retour des éditions en version journal. Bonne lecture et bon été ! Maryne Dumaine, rédactrice en chef
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AGNÈS VIGER
Les petites bibliothèques gratuites se trouvent généralement dans les espaces publics et les commerces sur l’ensemble du territoire. La Ludothèque permet de découvrir des nouveaux jeux de société sans avoir à les acheter. Plus de 400 jeux sont disponibles pour emprunt.
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AGNÈS VIGER
IRA WEBB
MARYNE DUMAINE – ARCHIVES AB
Les vêtements et jouets pour enfants sont populaires dans les friperies, mais les dons sont également très nombreux pour ces articles.
société
RÉSEAUX DE PARTAGE
L’ÉCONOMIE SOLIDAIRE DU YUKON
Livres, jeux, outils, plantes, repas surgelés et vêtements : si la population yukonnaise, loin des grands centres et par son isolement, possède moins d’accès aux biens et services, un vaste réseau de partage et d’entraide s’est mis en place afin de répondre à ses besoins. Tour d’horizon de ces économies solidaires qui permettent de donner une seconde vie aux objets et de réinventer la notion de possession. T E X T E : AG N È S V I G E R
EMPRUNTER, UN VERBE RÉGULIER Plonger dans un roman en français au territoire est de plus en plus facile et, surtout, de moins en moins coûteux. En effet, adultes et enfants peuvent se tourner vers la bibliothèque numérique de la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) pour emprunter leur prochaine lecture. Au départ, les quelque 500 ouvrages et la cinquantaine de livres audio avaient été pensés pour les jeunes, mais l’institution a choisi d’en faire profiter toute la communauté, explique l’enseignante Anie Desautels. Les bibliothèques publiques du Yukon ont aussi un large éventail de livres en français, qui semble être apprécié par la communauté. En effet, trois des dix livres pour bébés les plus empruntés en 2021 étaient écrits dans la langue de Molière.
Pour l’organisme Les Essentielles, qui représente les intérêts des femmes francophones, avoir des livres disponibles pour sa clientèle est primordial : « La demande est venue des parents qui cherchaient des ressources en français. Nous avons aussi quelques ouvrages numériques pour les personnes isolées, grâce à un partenariat avec la CSFY », partage Claire Amiotte, responsable du programme Bébé en santé, Avenir en santé. « On y trouve des manuels sur la parentalité, le féminisme, la nutrition et des ouvrages numériques. » Des vitamines pré et postnatales ainsi que des repas surgelés sont également offerts gratuitement aux familles. « Tout est basé sur la confiance, les personnes sont libres de se servir sans limite. La solidarité entre parents est au cœur de notre programme », ajoute la responsable. 7
AGNÈS VIGER
LAURIE TROTTIER
société
Photo de gauche : En arrivant au Yukon, il est facile d’équiper sa maison en visitant les comptoirs communautaires (free stores) du territoire. On y trouve par exemple très souvent de la vaisselle. Photo de droite : Maurine Forlin est une adepte du «magasinage à la yukonnaise». On la voit ici préparer un café sous une tente qu’elle a dénichée gratuitement dans un comptoir communautaire.
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La population yukonnaise peut aussi compter sur une autre initiative afin de démocratiser la lecture : les bibliothèques gratuites Little Free Library. On peut déposer ou prendre un ouvrage dans ces petites boîtes colorées, que l’on retrouve même à Dawson : « Il existe une bibliothèque gratuite bilingue dans le restaurant où je travaillais, ce qui donnait l’occasion aux clients de lire en buvant leur café, partage Genséric Morel, résident de la ville. J’ai ainsi pu partager mes livres préférés avec des personnes de la communauté. C’est une belle façon d’ouvrir le dialogue. » ACCUMULER OUI, MAIS POUR MIEUX PARTAGER Lancée en 2019, la ludothèque francophone de l’École Émilie-Tremblay a surpris tout le monde avec son succès fulgurant. « Jocelyne Isabelle [directrice de la Garderie du petit cheval blanc] voulait permettre aux familles de pratiquer des activités en français après l’école », explique Geneviève Tremblay, coordinatrice aux services de la petite enfance et aux familles multilingues pour la CSFY. « C’est gratuit, poursuitelle. Les parents ont tout de suite mordu. On peut emprunter un jeu par personne pendant un mois. »
Les dons de jeux complets en bon état sont acceptés. « Cela permet de recycler, quand les enfants délaissent certains jeux. Nous avons commencé avec une cinquantaine de jeux : aujourd’hui nous en proposons plus de 400 », précise la coordonnatrice. En février, la ludothèque a célébré l’adhésion de son 300e membre, signe que le service plaît à la communauté. Quant à elle, une bibliothèque d’outils gérée par des bénévoles a ouvert ses portes en juillet 2021, dans une remorque actuellement hébergée à Raven Recycling. La Whitehorse Tool Library est entièrement financée par ses membres, dont l’adhésion annuelle coûte 45 $. « Notre objectif est de fournir un accès facile aux outils, en particulier aux articles que les gens utilisent rarement », explique Ira Webb, vice-président du programme. « Nous voulons permettre aux gens de devenir plus autonomes, d’entreprendre des projets domestiques, précise-t-il. Nous souhaitons encourager l’économie de partage pour maximiser l’utilisation des ressources et minimiser les déchets. Nous essayons donc de donner des instructions sur la façon d’utiliser les outils si les gens en ont besoin. »
À Dawson, un programme d’échange de plantes est organisé annuellement. Il suffit d’apporter quelque chose qui a trait au jardinage : des outils, des plantes en pot ou des boutures. « Ceux et celles qui n’ont rien à échanger sont tout de même les bienvenus », explique l’organisatrice Amaris Poznikoff.
fleurs et d’herbes peuvent donc être « empruntées » au printemps pour être semées dans les jardins personnels.
La bibliothèque du ministère de l’Énergie, des Mines et des Ressources, située dans le bâtiment Elijah Smith à Whitehorse, est aussi un incontournable autant pour les pouces verts de longue date que pour les personnes débutantes. C’est l’endroit où les Yukonnaises et les Yukonnais peuvent se procurer des livres et des rapports sur les ressources qui se trouvent à travers le territoire.
L’ACHAT D’ARTICLES USAGÉS ET LES FRIPERIES Pour faciliter la réutilisation et la réparation de biens usagés et sensibiliser le public à la réduction de la consommation, il n’y a rien comme les friperies, selon Joie Quarton, présidente de la Société des magasins d’aubaines communautaires de Whitehorse. Plus qu’un simple service, c’est une expérience sociale : « Nous offrons une formation et une expérience de travail aux personnes en difficulté, et nous promouvons l’esprit communautaire par le bénévolat et l’intégration des personnes en situation de handicap », soutient-elle.
Toutefois, la mine d’or du jardinage ne se trouve pas parmi les cartes, mais bien dans un classeur couvert de dessins de légumes : la grainothèque. Depuis 2015, plus de trois cents personnes sont devenues membres de cette bibliothèque « verte ». Graines de légumes, de
À Dawson, ce sont des bénévoles qui font vivre la friperie. « Nous travaillons dur pour remettre des articles fonctionnels dans la communauté à un prix raisonnable. Nous encourageons la population à visiter notre boutique avant d’acheter du neuf », partage Karie
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société
Ces initiatives communautaires se renouvellent d’ailleurs sans cesse, en s’adaptant aux besoins particuliers des habitants et habitantes du Yukon. Pearse, gérante de la friperie. « Ne donnez pas d’articles cassés ou sales : nous passons d’innombrables heures à trier », rappelle la bénévole Eva Maria Schmid. Le profit des ventes est versé à des organisations à but non lucratif du Yukon ou « à d’autres efforts humanitaires, comme en Ukraine », selon la gérante. Du côté des Essentielles, c’est surtout sur les vêtements de maternité et d’enfants que mise le programme Frip’famille, offert gratuitement aux parents membres du programme Bébé en santé, Avenir en santé. « On y trouve des vêtements de grossesse, d’enfants de 0 à 8 ans, ainsi que des accessoires pour bébés, explique Claire Amiotte. Nous avons également un programme de prêt de matériel, notamment pour les porte-bébés et les tire-lait électriques. » Selon Laurence Rivard, directrice des Essentielles, le programme est très utilisé : « Les familles apportent des choses en continu. C’est le principe de la roue : quand on a bénéficié du programme, on tient beaucoup à redonner aux autres familles ensuite. » AU-DELÀ DU PRÊT : LE GRATUIT Les comptoirs communautaires (mieux connus sous le nom de free stores, en anglais) s’érigent comme une dernière barrière avant le dépotoir. Présents dans les décharges, centres de transfert et de recyclage du territoire, ils réussissent à attirer les personnes les plus curieuses. « Je vais tout le temps au free store », partage l’artiste Élise Germain, à Dawson. « J’y trouve du matériel pour créer des œuvres, mais aussi des vêtements chauds en très bon état. C’est une caverne d’Ali Baba. Quand j’ai besoin de choses particulières, je demande parfois à Francis qui gère la décharge de 10
garder un œil ouvert et il me met les articles de côté », ajoute-t-elle. Certains comptoirs communautaires exigent un don avant le dépôt d’objets afin d’assurer leur bon état et de faciliter le tri et le rangement, mais les objets laissés sont toujours gratuits. Quand les comptoirs communautaires ont fermé leurs portes lors de la pandémie, les dons se sont retrouvés sur les plateformes numériques, avec la création de pages spécialisées sur les réseaux sociaux. « Nous voulions continuer à offrir ces échanges essentiels à la communauté tout en encourageant la distanciation sociale », livre Michael Baillie, gérant de la station de transfert de Mount Lorne. Ces initiatives communautaires se renouvellent d’ailleurs sans cesse, en s’adaptant aux besoins particuliers des habitants et habitantes du Yukon. Une constante demeure fondamentale : favoriser l’accessibilité des biens en misant sur le partage et la réutilisation. « Je n’ai jamais manqué de rien grâce aux nombreux programmes solidaires et à la générosité de mes voisins. Offrir une seconde vie aux objets procure une certaine satisfaction, tout comme le don de temps par le volontariat ou d’objets lorsqu’ils ne sont plus utiles pour nous. Cette solidarité est la raison qui m’a poussée à m’installer au Yukon, il y a plus de 40 ans. Vivre isolé rapproche », conclut Michelle Dubois, bénévole à la friperie de Dawson.
ÉCONOMIE CIRCULAIRE: NOTRE CARNET D’ADRESSES Bibliothèque d’outils de Whitehorse facebook.com/whitehorsetoollibrary
ADRESSES ET LIENS INTÉRESSANTS Inscription à la bibliothèque numérique francophone par courriel anie.desautels@yesnet.yk.ca
Articles les plus recherchés en friperies/comptoirs communautaires:
Friperie de Dawson
• Articles saisonniers de qualité (veste chaude, vêtement de neige en hiver, bottes au printemps) ; • Articles de cuisine ; • Vêtements et jouets pour enfants ; • Livres ; • Matériel pour animaux (disponible sur donation dans les sociétés de protection des animaux du territoire).
718, 3e Avenue, Dawson
Articles acceptés aux comptoirs communautaires:
Les Essentielles
Mêmes articles qu’en friperie, en plus de : • Meubles ; • Équipements sportifs ; • Matériaux de construction.
Friperie de Whitehorse 4230, 4e Avenue, Whitehorse www.love2thriftyukon.ca
3089, 3e Avenue, Whitehorse lesessentielles.ca
Page du comptoir communautaire de Mount Lorne Station: facebook.com/groups/691237601671799 Page de dons divers dans la région du Klondike
Devenir bénévole aux friperies
facebook.com/groups/3720011938057840
À Dawson : appelez Katie Pearse au 250-812-8674
Programme offert par l’Association franco-yukonnaise
À Whitehorse : par courriel love2thriftyukon@gmail.com
afy.ca
Carte des petites bibliothèques gratuites de Whitehorse littlefreelibrary.org/ourmap
Pour Les Essentielles: lesessentielles.ca/devenir-membre/etrebenevole/
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économie circulaire
UNE BIÈRE BLONDE, ROUSSE, NOIRE ET… VERTE La scène brassicole de Whitehorse a de quoi satisfaire les plus fins palais, mais vient parfois avec un impact écologique assez considérable. Et si la meilleure façon de brasser une bière plus verte était d’unir ses forces?
JON PARRY / UNSPLASH
T E X T E : L A U R I E T R OT T I E R
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LAURIE TROTTIER
économie circulaire
L
orsqu’on savoure une bière, on ne réalise pas toujours les contrecoups environnementaux qui se cachent derrière les effluves de malt, de petits fruits ou d’épices. Pourtant, une pinte de bière locale serait responsable de 300 g de CO2, selon une étude du journal britannique The Guardian. Elle nécessite également une importante quantité d’eau tout au long de sa création, notamment pour la production des céréales et pour son brassage.
Les cyclistes qui font un arrêt à Winterlong Brewing ont droit à un rabais de 10 % sur leur achat de bières et de nourriture, une façon d’encourager la communauté yukonnaise à se déplacer de manière écoresponsable.
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utilise pour nourrir leurs poulets. Puis, nous rachetons leurs poulets pour concocter nos recettes », explique James Maltby, propriétaire de Woodcutter’s Blanket, restaurant-bar situé au centre-ville de la capitale.
À Whitehorse, la majorité des céréales comme le malt et l’orge nécessaires à la fabrication d’une bière sont importées, ce qui s’ajoute à l’empreinte écologique de cette boisson alcoolisée. Pour contrecarrer ces effets, l’économie circulaire offre des avenues intéressantes.
Yukon Brewing a même mis en place un système pour permettre aux bénéficiaires de collecter les grains directement dans leurs boîtes de camion, une façon de faciliter le partage de ressources. Quant à elle, Meghan Marjanovic, copropriétaire de Winterlong Brewing, est particulièrement fière des collaborations avec la boulangerie Alpine Bakery et l’entreprise Tum Tum’s Black Gilt Meats, toutes deux certifiées biologiques, qui incorporent leur stout à l’avoine dans leurs pains et leurs charquis de viande séchée.
L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE À Whitehorse, les brasseries Woodcutter’s Blanket, Winterlong Brewing et Yukon Brewing se départissent de leurs drêches – les résidus après le brassage des céréales – afin de les donner à des fermes locales. « Nous donnons nos céréales à Farm Gate, qui les
Les collaborations entre entreprises comme celles-ci sont d’ailleurs légion au territoire, si bien que deux brasseries ont uni leurs forces pour développer une bière conjointe. La Cold IPA de Winterlong Brewery et de Woodcutter’s Blanket est née de cette idée d’unir ses forces et de dynamiser le marché local.
Yukon Brewing a mis en place un système pour permettre aux bénéficiaires de collecter les grains directement dans leurs boîtes de camion, une façon de faciliter le partage de ressources. L’ENGOUEMENT POUR LES PANNEAUX SOLAIRES Pour diminuer leur consommation énergétique, Winterlong Brewing et Yukon Brewing se sont tournées vers l’énergie renouvelable. « Nous avons installé près de 200 panneaux solaires sur notre toit en 2020 et avons ainsi détourné 25 tonnes de carbone en 2021 », mentionne Meghan Marjanovic. Un nouveau bâtiment adjacent à la brasserie aura également ses propres panneaux solaires une fois la construction achevée. Pour Bob Baxter, copropriétaire de Yukon Brewing, c’était un choix écologique, mais aussi économique : « Nous avons tracé une ligne dans le sable il y a 20 ans. Depuis, chaque année, nous continuons d’en faire
plus. Pour l’instant, les panneaux solaires recouvrent la moitié du toit, mais peut-être que d’ici cinq ans ce sera tout le toit qui sera couvert », indique-t-il. SE RENOUVELER Si la superficie de Woodcutter’s Blanket ne leur permet pas d’optimiser l’usage de panneaux solaires, James Maltby et son équipe ont mis en place une série de projets écoresponsables. L’imposante armoire blanche à la vue de la clientèle contient de jeunes pousses et des germinations utilisées par la cuisine pour garnir leurs plats. « Des pousses comestibles, de navets ou de pois et des microlégumes... on essaie de cultiver à l’année nos garnitures », précise le propriétaire du bâtiment historique.
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YUKON BREWING
WOODCUTTER’S BLANKET
économie circulaire
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« En
tant qu’entreprise locale, et en tant que membres de la communauté, nous sommes conscients des changements climatiques et des impacts environnementaux qu’une entreprise peut générer. » Enthousiaste, James Maltby s’est récemment lancé dans une tentative de séchage d’orge, pour brasser les bières les « plus locales possibles » et avoir plus de contrôle sur leur goût. Si la majeure partie des céréales devront encore être importées, James Maltby aimerait continuer à travailler davantage avec les agriculteurs et agricultrices du Yukon pour obtenir un malt d’ici, qui sera ensuite séché par la brasserie.
Woodcutter’s Blanket n’utilise pas de produits chimiques pour filtrer leurs bières et n’ajoute pas non plus de clarifiants d’origine animale ou de gélatine.
SE TOURNER VERS L’AVENIR Pour Meghan, James et Bob, l’important reste de continuer à cheminer vers une gestion écoresponsable. « Pas seulement parce que c’est la bonne chose à faire, d’un niveau de responsabilité et de gestion, mais aussi parce que c’est la chose intelligente à faire. Les compagnies qui ne sont pas en train de réfléchir à leur consommation énergétique devraient s’y mettre. Tout le monde y gagne », lance Bob Baxter.
« Des essais de culture d’orge pour le brassage sont en cours, en collaboration avec le gouvernement du Yukon, affirme Meghan Marjanovic. L’orge doit ensuite être maltée selon des techniques spécifiques pour être utilisée dans le brassage. Nous voulons essayer d’utiliser l’orge locale si elle devient disponible, mais le défi sera de produire des volumes suffisants pour toutes les brasseries yukonnaises. »
« En tant qu’entreprise locale, et en tant que membres de la communauté, nous sommes conscients des changements climatiques et des impacts environnementaux qu’une entreprise peut générer. Le brassage est une entreprise gourmande en ressources et nous faisons donc tout ce que nous pouvons pour réduire notre empreinte énergétique », ajoute Meghan Marjanovic.
En attendant, pour agrémenter leurs produits, plusieurs brasseries yukonnaises mettent à profit les canneberges, les pointes d’épicéa et la camerise qui s’épanouissent au territoire pendant la période estivale.
La création d’une guilde des brasseurs est également sur la table, afin de permettre aux brasseurs et brasseuses d’échanger, de créer des partenariats, de s’épauler... et, évidemment, de lever leur verre aux bons coups écologiques de leurs collègues.
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Fondée en 1996, la CSFY gère le programme de français langue première au Yukon. Leader en éducation, nous offrons des programmes de qualité afin de développer le plein potentiel de chaque élève et favoriser son engagement citoyen. Nos écoles de français langue première dans un contexte majoritaire anglophone sont les meilleures options pour le parfait bilinguisme des élèves. Contactez-nous au (867) 667-8680 pour connaitre les services que nous pouvons vous offrir. csfy.ca
L’École Émilie-Tremblay offre le programme de français langue première de la maternelle 4 ans à la 6e année. Elle se différencie par son enseignement de qualité supérieure, sa vie culturelle francophone riche, ses liens avec la communauté et le soutien aux élèves pour améliorer leur français ou leur anglais. eet.csfy.ca
Le Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile-Mercier (CSSC Mercier) accueille les élèves de la 7e à la 12e année et se démarque par son leadership, ses services spécialisés, ses activités et ses camps. Innovante et personnalisée, cette école moderne offre une éducation de qualité en français langue première et un diplôme dans les deux langues officielles. csscmercier.csfy.ca
Vous souhaitez faire l’enseignement à domicile en français? L’École Nomade peut vous offrir du soutien et des ressources, que ce soit depuis votre maison, partout au Yukon, ou en voyage. nomade.csfy.ca
francophonie
UNE COMMUNAUTÉ TISSÉE DE FIL D’OR Au dernier recensement, le Yukon se plaçait en troisième place des provinces et territoires en matière de bilinguisme. Pleins feux sur une communauté qui grandit collectivement. TEXTE : MARYNE DUMAINE
S
elon les chiffres du recensement de 2016*, le Canada compte 10 millions de francophones, dont 2,7 millions résidant à l’extérieur du Québec. Les communautés francophones au Canada sont fortes et nombreuses, mais au Yukon la croissance de la population francophone est hors du commun : 13,8 % de la population y est bilingue, avec une croissance de 125 % de 2001 à 2016. Certes, la croissance démographique du Yukon (de plus de 20 % en dix ans) compte pour beaucoup dans ces chiffres, mais est-il possible de penser que ce dynamisme pourrait aussi être le fruit d’une volonté
collective? C’est ce que semble indiquer le Plan stratégique communautaire du Yukon francophone (PSCYF), qui indique que la vision collective de la francophonie est de « développer une communauté vibrante, diversifiée et en croissance continue ». PLUS DE MONDE, PLUS DE STRUCTURES Depuis les années 80, la francophonie s’est développée en chiffres, mais aussi en termes de structures communautaires. L’Association franco-yukonnaise (AFY), créée en 1982 (voir article du 7 avril), a rapidement identifié, dès 1983, la question de l’éducation en français langue première comme priorité, selon le Bulletin des Franco-Yukonnais (aïeul de l’Aurore boréale).
Le drapeau, créé en 1986 par Cécile Girard, est constitué de bleu, de blanc et d’or. Le bleu évoque la francophonie et l’éclat du ciel yukonnais. Le blanc représente la blancheur hivernale au nord du 60e parallèle. La ligne dorée rappelle la ruée vers l’or et symbolise le cheminement des francophones du Yukon qui enrichissent le territoire sur les plans culturel, économique et social depuis près de 200 ans.
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francophonie
AFY
ARCHIVES AB
« Les organismes ont compris que pour renforcer la crédibilité de la communauté, ils auraient une plus grande force en travaillant ensemble, non seulement entre organismes, mais aussi avec les gouvernements. »
Le Souper des bénévoles est un bel exemple de collaboration communautaire. Tous les organismes franco-yukonnais contribuent à cet événement qui vise à remercier et honorer les nombreux et nombreuses bénévoles de la communauté. En juin dernier, Les Essentielles et l’Association francoyukonnaise ont collaboré afin d’offrir une fête de rue à la communauté francophone.
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En 1984, le travail porte ses fruits : un programme-cadre qui permet aux élèves francophones d’accéder à une éducation entièrement en français est enfin développé. Une première pierre fondatrice est posée. Puis, en 1989, la communauté met en place la Garderie du petit cheval blanc. En 1995, le groupe de représentation des droits des femmes Les Essentielles voit le jour et l’École Émilie-Tremblay ouvre ses portes sur la rue Falcon. L’année suivante, la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) est fondée.
en communauté, plus portés vers l’entraide et l’esprit communautaire. » GRANDIR EN HARMONIE Toute cette croissance ne s’est pas faite sans accroc, explique-t-il, désormais consultant en développement organisationnel. « Il y a eu des conflits au début des années 1990 [avant son arrivée en poste]. Des histoires de batailles de coqs », ajoute-t-il en plaisantant.
« Quand je suis arrivé, on évoluait avec une équipe de sept personnes », se souvient Pierre Bourbeau, directeur de l’AFY de 1992 à 1999, puis par intérim de 2003 à 2004.
Selon lui, cet épisode a renforcé la communauté, qui a appris de ces rivalités. « Les organismes ont compris que pour renforcer la crédibilité de la communauté, ils auraient une plus grande force en travaillant ensemble, non seulement entre organismes, mais aussi avec les gouvernements. »
Selon lui, le caractère intrinsèque du Yukon favorise le développement communautaire. « Le Yukon attire des gens qui aiment le plein air et qui cherchent un côté un peu “village” ; des gens qui souhaitent vivre
Philippe Dumont a vécu au Yukon dans les mêmes années que Pierre Bourbeau. « Un de nos premiers plans quinquennaux avait pour titre Grandir ensemble en harmonie [...] C’était ça notre objectif : on ne voulait
pas être en opposition avec qui que ce soit. Cette harmonie, non seulement on la souhaitait dans notre communauté, mais on l’a transférée dans nos relations avec les autres groupes – anglophones et autochtones – et avec le gouvernement territorial, qui était favorable à la francophonie. » TRAVAILLER SOLIDAIREMENT En ce qui concerne l’organisation porte-parole, la directrice générale actuelle de l’AFY Isabelle Salesse explique que le Yukon est particulier dans le sens où l’AFY est un organisme « parapluie », qui a sous son aile de nombreux champs d’action. « Ça présente beaucoup d’avantages », explique-t-elle. Angélique Bernard, actuellement commissaire du Yukon, a été présidente de l’AFY pendant sept ans. Pour elle, les avantages vont au-delà de l’économie d’échelle : « Dans une communauté de la taille du Yukon, il n’y a pas assez de personnes pour que chaque organisme ait un conseil d’administration distinct, explique-t-elle. Mais ça permet de partager plus que le photocopieur! Les gens se connaissent et font des projets en commun. » L’AFY œuvre, souvent selon une approche intersectorielle, dans les domaines des arts et de la culture, de l’emploi et de l’entrepreneuriat, de la formation, de l’immigration, de la jeunesse, du tourisme, du bien-être des personnes aînées et de la jeunesse, et assure également la fiducie du Partenariat communauté en santé (PCS) et du journal l’Aurore boréale. « Plusieurs secteurs ne pourraient pas exister s’ils devaient se séparer, simplement du point de vue financier! », estime Isabelle Salesse, qui explique
également la volonté collective de bâtir en commun avec les organismes partenaires. « C’est pour cela que nous avons créé des tables de concertation », ajoute la directrice générale. LA CONCERTATION COMME LEVIER D’ACTION COLLECTIVE « Avant l’AGA de l’AFY, il y avait toujours une rencontre interministérielle », se souvient Angélique Bernard, au sujet des années 90 quand elle était alors la première coordonnatrice des Essentielles. « Tous les organismes francophones venaient pour rencontrer collectivement les ministères [...] On commençait à parler de projets communs, entre organismes et avec les gouvernements. » Si les méthodes ont changé, la volonté est restée : en 2011, une entente de collaboration a été signée entre les organismes francophones. « C’était l’amorce de la table de concertation qu’est devenue aujourd’hui la table des leaders*. »
L’ouverture du Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile-Mercier a rassemblé beaucoup de partenaires de la francophonie yukonnaise. Ce projet a été pensé et réalisé en collaboration avec différents paliers communautaires et gouvernementaux, et propose à l’ensemble de la communauté un nouveau lieu de rassemblement.
IMPACTS POSITIFS POUR LA COMMUNAUTÉ Laurence Rivard, directrice actuelle des Essentielles, estime que « pour les gens de la communauté, il y a un impact direct sur l’accès aux services des organismes, sur leur “expérience client”. Peu importe à quelle porte se présente une personne, on sait la référer correctement au bon endroit […] Ultimement, on travaille pour la même communauté et la collaboration nous permet l’atteinte de nos objectifs communs. » Selon Jean-Sébastien Blais, président de la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY), « il y a peu d’endroits où la francophonie travaille au même niveau de collaboration ». Terre-Neuve-et-Labrador 21
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«Beaucoup de mes collègues ailleurs au Canada me demandent comment nous faisons pour que les choses avancent ici, par exemple au niveau de notre travail avec les Premières Nations!» serait un autre exemple de travail collaboratif, où une fédération francophone gère divers réseaux et fédère les organismes indépendants.
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Mais ailleurs au pays, les organismes sont souvent plus indépendants, notamment avec une organisation qui gère la culture, une autre qui travaille pour le développement économique, etc. « Beaucoup de mes collègues ailleurs au Canada me demandent comment nous faisons pour que les choses avancent ici, par exemple au niveau de notre travail avec les Premières Nations. Je crois que c’est parce que nous avons une volonté, ici, de travailler et de bâtir en commun », affirme M. Blais.
« Pour Les Essentielles, c’est très bénéfique, car on réussit à accomplir beaucoup plus de choses que si on travaillait en silo. Ensemble, on démultiplie les impacts de nos actions », estime Laurence Rivard, en faisant notamment référence à des projets bâtis avec la CSFY, la Garderie du petit cheval blanc et d’autres organismes anglophones et des Premières Nations pour les campagnes de prévention des violences. Il existe à ce jour au Yukon une table de concertation en petite enfance, un Partenariat en éducation, un Réseau en immigration francophone du Yukon et une table des leaders, pour ne citer que quelques-unes des tables de collaborations.
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UNE CONCERTATION QUI PORTE FRUIT Du point de vue gouvernemental, il semble que ce travail d’équipe porte ses fruits : une nouvelle école francophone devrait ouvrir à Dawson. Jean-Sébastien Blais perçoit cela comme un signe encourageant : « Depuis la signature de l’entente de règlement avec le gouvernement du Yukon en mars 2020 pour la pleine gestion de l’éducation de langue française, nous avons créé des relations positives avec le ministère de l’Éducation. » La croissance de la francophonie au Yukon est forte. Mme Bernard est d’ailleurs la première francophone à son poste actuel. Elle profite de son mandat pour intégrer un degré de bilinguisme additionnel à son rôle, notamment avec un sceau officiel désormais bilingue : « La francophonie, ça fait partie de qui je suis, c’est mon identité. Et le Yukon a ça de bon : tu peux t’engager, faire avancer des choses et on ne
sait jamais ce qui peut arriver. » En riant, elle se souvient que lorsqu’elle est arrivée au Yukon il y a 25 ans, elle n’aurait jamais imaginé devenir commissaire. Le Yukon est une terre où les opportunités fleurissent et où il fait bon s’engager. Il est difficile de quantifier l’impact des actions communes francophones sur les chiffres démographiques ou de comparer cet impact à celui de l’immigration, ou de l’apprentissage du français, par exemple.
* Les données de 2021 ne sont pas encore disponibles au moment d’écrire ces lignes, mais devraient être communiquées d’ici la fin de l’année 2022.
Mais une chose est certaine : la langue de Molière a le vent en poupe au Yukon. Avec 102 places additionnelles à la dernière rentrée dans les programmes d’immersion de langue seconde, Pascal St-Laurent, directeur des programmes de français pour le ministère de l’Éducation, avance que peu importe la raison, la francophonie a de l’avenir au Yukon!
** La table des leaders réunit les présidences et directions générales de tous les organismes francophones du Yukon.
FACE À FACE AVEC LE NORD
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LES GÉNÉRATIONS FUTURES CONSTRUISENT L’AVENIR « Pour les générations futures. » Cette formule se niche dans presque tous les discours et les documents en lien avec la lutte aux changements climatiques. Au Yukon, une nouvelle génération de jeunes fait déjà bouger les choses, sur une panoplie d’enjeux qui leur tiennent à cœur. T E X T E : L A U R I E T R OT T I E R
SOPHIE MOLGAT Les actes et les paroles de la militante suédoise pour le climat Greta Thunberg ont trouvé écho au nord du 60e parallèle et continuent de stimuler Sophie Molgat, 16 ans, étudiante à l’École F.H.-Collins. Depuis près de cinq ans, Sophie multiplie les occasions de s’impliquer dans la cause climatique.
Loin de la décourager, cette expérience l’a poussée à poursuivre son activisme environnemental, pour que l’urgence climatique soit réellement prise au sérieux au territoire. Elle a déjà organisé plusieurs vendredis de manifestations, appelés « Fridays for Future », un mouvement international de lutte contre les changements climatiques organisé par les jeunes.
Dès le départ, elle a su entraîner ses camarades de classe dans la cause : « La première grève qu’on a faite, il neigeait, se remémore Sophie en riant. Il y avait quand même pas mal de monde ! Je venais d’avoir une adresse courriel, alors j’ai envoyé des messages à mes ami·e·s et à certains profs pour qu’ils amènent les élèves de leur classe », explique-t-elle.
Celle qui aimerait poursuivre ses études en sociologie estime qu’il y a beaucoup de bienfaits à l’implication sociale, comme tisser des liens avec d’autres camarades et sentir qu’elle agit pour un futur plus vert. Reste que cette écoanxiété devient parfois difficile à surmonter, confie Sophie Molgat : « Je ressens ça pas mal, surtout quand je prends des pauses parce que ça devient trop, je me sens toujours vraiment mal. » Cependant, cela ne l’empêche pas de préparer déjà la manifestation mondiale pour le climat du 27 septembre prochain, le sourire aux lèvres.
Elle était présente lorsque le conseil municipal de Whitehorse a déclaré l’état d’urgence climatique en 2019. Elle a aussi participé au tout premier Comité jeunesse sur les changements climatiques du Yukon, dont elle dresse un bilan mitigé. Si d’une part, elle est ravie d’avoir pu rencontrer d’autres jeunes aussi passionnés qu’elle et en apprendre plus sur les défis de l’action climatique, elle aurait aimé que les recommandations données au gouvernement par le comité aboutissent plus rapidement à des changements concrets. « On a vraiment travaillé fort pendant un an à faire des recommandations et quand on les a présentées, on sentait que [le premier ministre Sandy Silver et les ministres John Streicker et Nils Clarke] étaient déjà sur la défensive », regrette-t-elle.
MARGUERITE TÖLGYESI Si elle est l’un des visages les plus connus de l’activisme francophone au territoire, Marguerite Tölgyesi se définit davantage comme revendicatrice qu’activiste. « Ce mot-là me fait un peu peur. Je préfère dire que je veux travailler avec les gens pour changer des choses », précise la jeune femme de 24 ans. Aussi loin qu’elle se souvienne, elle a toujours eu la protection de la langue française à cœur et souhaité s’impliquer pour la cause. D’ailleurs, difficile de nommer tous les projets de la francophonie auxquels elle a participé au fil des années. Que ce soit à la présidence du Comité jeunesse FrancoYukon (JeFY), en tant que participante au Parlement 25
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LÉGENDE DES PHOTOS DE LA PAGE PRÉCÉDENTE Sophie Molgat est derrière les manifestations pour le climat tenues à Whitehorse. Cette dernière réitère deux souhaits pour les prochaines années : voir plus d’actions gouvernementales en ce qui a trait à l’environnement et que les enjeux climatiques soient davantage enseignés sur les bancs d’école. Selon Marguerite, le Yukon gagnerait à développer des projets entre territoires. « Il y a des ressemblances et je suis sûre que les jeunes du territoire connecteraient plus rapidement sur certains enjeux », croit-elle. Paul Caesar fait partie de la deuxième cohorte du Comité jeunesse sur les changements climatiques du Yukon. Il a déjà constaté des changements importants dans sa communauté et souhaite s’impliquer davantage dans cette lutte. Un nouveau mur a été inauguré au CSSC Mercier, sur lequel figurent les différents drapeaux LGBTQ2S+. Une façon pour l’Alliance de genre et sexualité de partager de l’information sur l’inclusion et le respect des différentes expressions de genre.
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jeunesse franco-canadien du Nord et de l’Ouest (PJFCNO) et au Parlement jeunesse pancanadien (PJP) ou, maintenant, à la tête de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) et, depuis le mois dernier, au sein du conseil d’administration de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, le but reste le même : mettre en valeur la richesse de la francophonie au pays. « Je pense que [m’impliquer] m’amène un sentiment d’accomplissement, surtout dans des événements comme ça où tu vois des jeunes se parler en français et connecter ensemble. C’est très rassembleur et mobilisateur de se dire : ‘’hé! je ne suis pas seule’’. C’est un sentiment d’appartenance tellement profond », s’enthousiasme celle qui continue de s’impliquer pour permettre aux jeunes des prochaines générations d’avoir accès à ces activités qu’elle a trouvé tellement déterminantes. Ces derniers temps, la nouvelle bachelière en science politique, géographie et études nordiques tente de mettre en lumière les défis d’entreprendre des études postsecondaires en français. Marguerite a complété une partie de son baccalauréat à distance, avec l’Université Laval à Québec. « C’est sûr que j’aurais aimé pouvoir le faire au Yukon. Par le temps où il y aura des programmes [ici], je vais peut-être être rendue au doctorat! », lance-t-elle à la blague. Pour elle, aucun doute : les jeunes possèdent une expérience et un savoir qui méritent d’être entendus, même si parfois elle sent que ses propos ne sont pas toujours considérés à leur juste valeur. « Quand on pense à l’âgisme, on pense surtout aux personnes âgées, mais des jeunes le vivent quotidiennement, particulièrement dans des [conseils d’administration], explique-t-elle. Je réalise qu’il ne faut pas nous demander d’être là juste pour cocher une case. Il faut [nous demander d’être] là parce qu’on a une opinion qui est valide », ajoute Marguerite. Elle envisage une carrière en politique et continuera de défendre le droit de s’épanouir en français au Canada, « aussi longtemps qu’il le faudra ». PAUL CAESAR « Que jamais plus nos langues autochtones ne nous soient enlevées. » Presque un an jour pour jour après avoir confié ce souhait à l’Aurore boréale, Paul Caesar revient sur cette importante quête de revitalisation des langues autochtones. « J’ai gradué! », lance Paul Caesar, rencontré à un camp pour jeunes autochtones, sur les terres traditionnelles du Conseil des Ta’an Kwäch’än. En mai 2021, il a
complété un certificat d’un an d’apprentissage de la langue Kaska, une langue autochtone du sud-ouest du Yukon et employée par la Première Nation d’Upper Liard, à laquelle Paul Caesar appartient. La fierté se lit sur son visage. Désormais, il donne luimême des cours à d’autres personnes, sur Zoom. À la session d’hiver, dix personnes étaient inscrites au cours de Paul. « C’était vraiment génial. Ils ont beaucoup appris. Ils en redemandaient! », ajoute-t-il. En 2020, le service linguistique de la Première Nation de Liard a remporté le prix de l’alphabétisation 2020 du Conseil de la fédération pour son travail de numérisation et de conservation de documents linguistiques. Ce prix est accordé annuellement à un projet favorisant l’alphabétisation par provinces et territoires. Paul Caesar a aussi filmé et monté des capsules vidéo avec les personnes aînées kaska dans le cadre d’un projet avec le Centre des langues autochtones du Yukon. Pour lui, être capable d’échanger dans la langue maternelle de sa grand-mère est d’une valeur inestimable. « Quand je l’appelle pour lui demander la traduction d’un mot, elle rigole toujours en disant que je sais déjà la réponse. Je crois qu’elle est très émue que je puisse m’exprimer en kaska. Ma grand-mère, c’est vraiment comme ma meilleure amie », ajoute Paul. Pour lui, maîtriser le kaska lui permet également de reconnecter avec sa culture. « Entendre les gens dire que c’est une langue en voie de disparition, entendre que c’est une langue qui va s’éteindre, je ne pense pas que ce soit vrai. En fait, je crois qu’elle est très loin de mourir. Nous donnons des cours aux gens, nous avons même des jeunes de Kelowna qui veulent l’apprendre […] Nous avons des gens qui sont passés par le système de pensionnats et qui réapprennent leur langue », assure Paul. Tout au long de l’été, ses collègues et lui continueront de préparer les prochains cours de kaska et espèrent pouvoir organiser un camp d’immersion culturelle pour les jeunes autochtones. Le groupe peaufine également une application d’apprentissage de la langue, pour que le kaska soit facilement accessible, et ce, du bout des doigts. MAXIME PARIS Maxime Paris est un exemple d’implication jeunesse. Que ce soit en tant que présidente de JeFY ou membre du conseil de direction de la FJCF, elle cherche toujours à avoir un impact positif dans la vie des gens qui l’entourent. C’est ce désir qui l’a poussée à créer
un espace sécuritaire (safe space) au Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile-Mercier (CSSC Mercier). Elle et un groupe d’élèves se réunissent pour discuter de genre, de sexualité et des enjeux LGBTQ2S+. « C’est vraiment bien. Tous les vendredis, on aborde comment utiliser le pronom iel et le conjuguer, parce qu’on sait que ce n’est pas quelque chose qui est utilisé très souvent. On parle aussi des différentes sexualités et comment on peut se sentir plus confortable et s’assumer », ajoute-t-elle. Celle-ci se décrit comme une alliée de la cause et a voulu s’y impliquer après avoir constaté que certaines personnes subissaient du harcèlement à l’école. « Les allié·e·s ont beaucoup à apprendre et peuvent être une voix pour les autres. C’est important de mieux s’informer », souligne-t-elle. C’est dans cet esprit d’entraide qu’elle a été la porteparole du CSSC Mercier pour s’adresser à la ministre de l’Éducation Jeanie McLean à ce sujet en avril dernier, en compagnie d’élèves d’autres écoles. « Comment pouvez-vous honnêtement dire que vous et votre personnel faites de votre mieux pour assurer la
sécurité des personnes LGBTQ2S+ dans les écoles ? », a-t-elle demandé à la ministre. « J’étais tellement nerveuse de m’adresser à la ministre et de lui dire de faire mieux. Mais ça a été vraiment empowering, de savoir qu’elle m’écoute et que ça peut mener à des changements », s’enthousiasme Maxime Paris. Le 20 avril dernier, le projet de loi 304 a été adopté à l’Assemblée législative du Yukon et stipule que toute école doit fournir des espaces et des activités inclusives pour la communauté LGBTQ2S+ et ses allié·e·s, une avancée importante selon Maxime, mais qui pourrait aller encore plus loin. « Tu ne peux pas tout changer juste avec une salle de classe, et si jamais il y a quelque chose qui se passe dans l’école, il faut quelqu’un qui intervient immédiatement. Il faudrait des règlements établis », ajoute celle qui voudrait travailler en tant qu’enseignante en arts visuels plus tard. Elle croit que s’impliquer est l’une des meilleures façons d’apprendre et invite les jeunes à participer aux activités de l’Alliance de genre et sexualité (AGS) pour poursuivre les discussions sur ce thème.
Lorsqu’on croise des animaux sauvages sur les routes du Yukon, il vaut mieux poursuivre son chemin, sans trop ralentir ni trop accélérer. Si la tentation d’observer un animal est trop forte, rappelez-vous ceci :
Arrêtez, observez, repartez
ARRÊTEZ-VOUS seulement aux endroits offrant une bonne visibilité et rangez-vous loin de la route. Respectez les autres automobilistes : ne les mettez pas en danger et ne bloquez pas la circulation routière. OBSERVEZ à partir de votre voiture. Votre présence peut stresser l’animal et il pourrait réagir avec agressivité. Pour votre propre sécurité, ne sortez pas de votre voiture.
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REPARTEZ au bout d’une minute, pour la sécurité de l’animal. Les animaux sauvages qui se sont accoutumés aux humains et aux voitures courent le risque d’être impliqués dans un accident. Faites preuve de respect, quittez rapidement les lieux.
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• Repas-répits bimensuels et repas congelés à emporter • Soutien à l’allaitement maternel et accès au réseau d’entraide Nourri-Source Yukon • Sélections de livres et ressources sur différents thèmes de la périnatalité • Prêt de matériel : tire-lait, coussin d’allaitement, porte-bébé • Réseau d’échange de vêtements • Lieu d’accueil et d’écoute • Service de relevailles (aide à la maison après la naissance) • Accès aux services d’une diététiste certifiée • Vitamines pré et postnatales gratuites • Réseau de parents francophones • Accès gratuit à une machine à coudre, une laveuse et une sécheuse
Offert dans le cadre du Programme canadien de nutrition prénatale de l’Agence de la santé publique du Canada (PCNP)
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YUKON
premières nations
LAURIE TROTTIER
LE SAVOIR TRADITIONNEL DONNER UN SENS À LA RECHERCHE
Le Yukon représente un terreau fertile pour la recherche scientifique sur les changements climatiques, alors que le Grand Nord se réchauffe près de quatre fois plus vite que le reste de la planète. Dans les dernières années, un nouveau mouvement en appelle à l’incorporation du savoir traditionnel des Autochtones dans la recherche scientifique. Rencontre avec Joe Copper Jack, aîné du Conseil des Ta’an Kwäch’än, qui a développé un modèle pour faciliter la combinaison du savoir occidental et du savoir traditionnel. P R O P O S R EC U E I L L I S PA R L A U R I E T R OT T I E R 29
GBP CREATIVE
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Joe Copper Jack et Jared Gonet, doctorant à l’Université du Yukon, travaillent souvent ensemble en ce qui a trait à l’aménagement du territoire et aux questions autochtones.
L’AURORE BORÉALE : QUELLES SONT LES DIFFÉRENCES ENTRE LE SAVOIR TRADITIONNEL ET LE SAVOIR OCCIDENTAL? Joe Copper Jack : Un scientifique occidental a été formé pour faire de la recherche, pour observer des faits et pour collecter des données. Il a aussi appris à rester neutre et à ne pas inclure les émotions dans son travail. Pour le savoir traditionnel, il faut utiliser tous nos sens pour comprendre; il faut être capable d’éprouver des émotions pour le territoire, les animaux et l’eau qui nous entourent. Alors que les scientifiques occidentaux parlent de « développement durable », nous, nous allons simplement dire : « Prenez soin de la terre et elle prendra soin de vous. » AB : QUEL EST LE MODÈLE QUE VOUS AVEZ DÉVELOPPÉ? JCJ : Le modèle est un processus de partage de connaissances collaboratif, qui respecte autant les Premières Nations du Yukon que le savoir occidental. Il est développé autour de trois mots clés : respecter, prendre soin, partager. Ce sont les trois racines auxquelles tout le reste vient se greffer. De plus, il y a deux concepts entourant le processus décisionnaire : le « sans voix » (No Voice) et le « ruissellement de l’arbre » (Stream Tree). Le « sans voix » sert à représenter adéquatement ceux qui ne peuvent s’exprimer lors des discussions, comme les animaux, l’eau ou l’air. Le « ruissellement de l’arbre » est une façon de placer le savoir occidental à droite
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et le savoir traditionnel à gauche, puis de créer ce ruissellement et ce mélange entre les deux sans que l’un de ces savoirs ne domine l’autre. Les parties les plus étroites du ruisseau représentent les intérêts communs. AB : POURQUOI AVOIR DÉVELOPPÉ CE MODÈLE? JCJ : Je me suis demandé quelles connaissances nous allions léguer à la prochaine génération. Nous allons passer la pollution et les choses négatives du climat, mais ce n’est pas cela la tradition autochtone. Nous sommes les gardiens et gardiennes du territoire. Nous ne possédons pas le territoire et nous ne possédons pas nos histoires : tout cela doit être passé aux futures générations. C’est une façon d’honorer la façon de faire traditionnelle des aînés. Avant, quand il fallait prendre des décisions pour le territoire, il y avait une chaise vide autour du cercle. Et on laissait le caribou, par exemple, parler pour lui-même. C’est une façon de ramener ces concepts. AB : COMMENT PEUT-ON L’UTILISER? JCJ : Le modèle est d’abord un outil pour rétablir les relations entre les gens et le territoire, et après entre les personnes. On peut l’utiliser pour développer des règlements en tourisme [...], des stratégies minières [...], une recherche scientifique sur des terres traditionnelles [...] ou d’autres guides et projets. Le plan est un processus en constante évolution. D’abord, on crée une relation et on planifie; ensuite,
on regarde comment on implémente le modèle; enfin, on prévoit une révision du plan, pour s’assurer qu’il respecte et inclut autant le savoir traditionnel que le savoir occidental. AB : POURQUOI LE MODÈLE EST-IL IMPORTANT? JCJ : Parce que ça permet aux gens de réaliser l’importance des deux sortes de savoirs et de collaborer entre eux sur des valeurs communes, tout en respectant leurs différences. Les médecins et les infirmiers sont considérés comme des travailleurs essentiels. Pour nous, les gens qui travaillent pour le bien du territoire sont aussi des travailleurs essentiels. En fait, le territoire est un service essentiel. Nous avons besoin de comprendre la nature. Et la réconciliation entre le territoire et le peuple doit arriver avant même que l’on pense à la réconciliation entre les peuples. Il faut que l’humain réalise qu’il fait partie de la nature, qu’il n’est ni supérieur ni à part de celle-ci. Tout le monde est sur un pied d’égalité, et c’est le but de ce modèle. AB : LA CRÉATION D’UNE RELATION SEMBLE ÊTRE À LA BASE DU MODÈLE. POURQUOI? JCJ : Ce qui a émergé de ce modèle, et ce qu’on a commencé à constater, c’est que bien avant de passer à la phase de la planification collaborative, il faut une phase de création de liens. Justement, les changements climatiques nécessitent ce courant de collaboration, qu’on le veuille ou non. Les anciennes générations, nos aînés, disaient que la terre était notre professeure, que celle-ci a appris aux animaux à vivre sur la terre. Puis, les animaux ont appris aux aînés à vivre sur la terre. Et maintenant, c’est à nous de montrer aux Kut’chan [les personnes non autochtones] à le faire.
A t e l i e r d ’a r t
Libby Dulac P e i ntu r e s d e pays a g e s d u Y u k o n o r i g i na u x e t r e pr o d u cti o ns
d e la gra n d e ur d e s mon tagn e s e t d e s gla c ie rs à la sple n d e ur d e s la c s, d e s forê ts e t d e s fle urs sa uvage s
Il faut penser l’utilisation des savoirs traditionnels et occidentaux comme une raquette à neige : les fixations sont les trois mots clés – respecter, prendre soin, partager –, le maillage est le concept de « sans voix » et la structure de la raquette est le « ruissellement de l’arbre ». On ne peut pas faire de l’extractivisme et prendre ce que l’on veut dans le modèle : il faut l’ensemble des composantes pour que le partage de connaissances soit fait respectueusement. AB : QU’EST-CE QUE VOUS AIMERIEZ QUE LES GENS COMPRENNENT À PROPOS DES PREMIÈRES NATIONS EN ÉTUDIANT LE SAVOIR TRADITIONNEL? JCJ : [Qu’ils] saisissent de tout cœur et acceptent le savoir traditionnel comme une connaissance véritable. Qu’ils soient capables d’utiliser tous leurs sens pour réaliser leurs observations, et ce, peu importe les recherches qu’ils souhaitent faire. Qu’ils considèrent le savoir traditionnel comme une nouvelle vague de connaissances qui s’ajoute aux leurs pour une compilation de connaissances. Qu’ils réalisent aussi que les peuples autochtones ont beaucoup à offrir, dans un système de cogestion et de collaboration, et qu’en apprenant [les savoirs traditionnels] et en les mettant en œuvre avec la science occidentale, ils iront plus loin, plus en profondeur et qu’ils résoudront les enjeux plus rapidement, dans une démarche amicale.
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agriculture
L’AGRICULTURE URBAINE AU YUKON DE LA CURIOSITÉ JARDINIÈRE À L’AUTONOMIE ALIMENTAIRE L’agriculture urbaine fait partie des solutions à déployer pour lutter contre le réchauffement climatique, selon un récent rapport publié par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Au Yukon, de nombreuses personnes passionnées et à la main verte lancent de nouvelles initiatives, telles que des potagers communautaires et des programmes de jardinage à l’école. TEXTE : SOPHIE ANDRÉ 32
« Je viens du sud de l’Ontario. J’avais des doutes sur le jardinage au Yukon, mais on peut faire tellement de choses! »— Sarah Haalboom
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e changement climatique peut avoir un impact important sur la production de nourriture et la sécurité alimentaire. Alors que les émissions de gaz à effet de serre (GES) dues à la combustion des carburants fossiles continuent de croître, les scientifiques annoncent qu’il est possible d’inverser la tendance afin de ne pas dépasser le seuil de +1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Cependant, des actions doivent être mises en œuvre avant 2025.
Les jardiniers et jardinières de Whitehorse récoltent fruits et légumes pour les donations hebdomadaires à l’association Golden Age Society. Un repas partagé à partir des récoltes du jardin. Le système hydroponique de Lumel Studios pour faire pousser davantage de salades. Un mur végétal décoratif et nourrissant grâce au nouveau système hydroponique de Lumel Studios.
Au-delà de ce seuil, les risques encourus liés au changement climatique pour la santé, les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, l’approvisionnement en eau, la sécurité des personnes et la croissance économique sont sans appel. C’est ce que disent les deuxième et troisième volets d’un récent rapport du GIEC, regroupant l’avis de scientifiques de 195 États différents. Le Yukon n’échappe pas à ce constat. Le rapport provisoire de 2021 sur l’état de l’environnement du territoire publié par le gouvernement yukonnais observe une augmentation des émissions de GES de 23,7 % entre 2009 et 2019. Toujours selon ce dernier rapport, le bilan carbone est estimé à 18,9 tonnes par habitant du Yukon – émissions en grande partie dues aux transports. Avec un objectif mondial d’environ 2,2 tonnes par habitant d’ici 2100, il reste du chemin à faire. Pour réduire le coût énergétique de notre alimentation et proposer une agriculture locale aux pratiques durables, des initiatives citoyennes existent déjà et continuent de se développer au Yukon.
FLEURS, LÉGUMES ET AUTRES COMESTIBLES DANS LA CAPITALE… La Société des jardiniers urbains du centre-ville (DUGS) a créé le jardin communautaire de Whitehorse il y a 25 ans. La mission de cette organisation est claire : favoriser la production d’aliments nutritifs et abordables en partageant un sens fort de communauté et de résilience alimentaire. Pour Sarah Haalboom, membre du conseil d’administration et arrivée au Yukon il y a trois ans, cette initiative lui a ouvert les yeux sur ce qui peut pousser dans le Grand Nord. « Je viens du sud de l’Ontario. J’avais des doutes sur le jardinage au Yukon, mais on peut faire tellement de choses! » Pour s’impliquer dans le potager communautaire, chaque jardinier et jardinière doit suivre les principes de l’agriculture biologique sur les 80 buttes du jardin. « Bien sûr, on fait pousser une bonne partie de nos produits frais. On pense à l’autonomie alimentaire, mais aussi à la qualité et aux bienfaits d’être dehors et de voir du monde », estime l’adhérente. Pendant les mois d’été, la Société des jardiniers urbains du centre-ville organise chaque semaine une soirée pour les bénévoles. « Il y a certaines tâches communautaires à effectuer dans le jardin, mais avant cela on propose toujours [une séance de] 10 à 15 minutes pour en apprendre plus sur le compost, la santé du sol, le désherbage, les particularités de notre climat. C’est mieux que d’apprendre tout seul à la maison », poursuit l’intéressée. Sarah Haalboom évoque une attention grandissante pour les jardins communautaires. « Nous recevons 33
CSFY (4)
agriculture
l’intérêt de nombreuses personnes de la région, mais aussi d’organismes qui veulent se lancer dans l’aventure et qui viennent nous voir pour nous demander des conseils, comme l’Association franco-yukonnaise et la Première Nation de White River. » Le jardin de la verrerie Lumel Studios est un autre exemple de jardin collaboratif. « Nous avons décidé de mettre en place le jardin pour que n’importe qui puisse prendre un peu de la récolte », explique la fondatrice Luann Baker-Johnson. « Tout dans le jardin est mangeable, même les fleurs! […] Un jour, vous faites un bouquet, et le lendemain, vous le mangez en salade – rien ne se perd. » Les élèves du CSSC Mercier ont planté des semis pour le jardin communautaire intergénérationnel.
En échange, chaque personne est invitée à replanter des fleurs, des herbes, des fruits et des légumes pour que le jardin prospère. Une pratique qui semble fonctionner, selon Luann Baker-Johnson. Une partie de la production revient au Gather Café qui partage les lieux avec la verrerie. « L’année dernière, nous avons mis en place un espace de culture hydroponique grâce à l’entreprise yukonnaise ColdAcre, pour produire davantage de salades. Je pense que chaque organisation et entreprise pourrait faire ça dans leurs locaux à Whitehorse. Les employés récupéreraient la récolte pour se nourrir le midi, et c’est tellement agréable de passer à côté de l’installation! », raconte la créatrice.
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… ET DANS DE NOMBREUSES COMMUNAUTÉS DU YUKON! De nombreux autres jardins communautaires ouverts au public existent sur le territoire. Fern Hansen est la présidente des deux potagers de Dawson Creek, qui contiennent plus de 80 espaces disponibles. « Chaque personne doit gérer son espace, et il faut aussi entretenir les espaces communs. Certains s’impliquent plus que d’autres et ont plusieurs buttes, mais la plupart des gens produisent assez pour leur consommation estivale [...] Ici, il y a pas mal de personnes âgées. On partage des conseils et du bon temps. Ce n’est que du bonheur! », témoigne la jardinière. La belle saison commence, et les plus enthousiastes peuvent contacter les jardins de Whitehorse, de Dawson, de Mount Lorne, d’Old Crow et de Carmacks pour bénéficier des espaces restants. LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE, UN DÉFI CONCRET Pour Chris Vainio, responsable des bénévoles de la Banque alimentaire de Whitehorse, la sécurité alimentaire des Yukonnaises et Yukonnais est un véritable enjeu. « Les prix de la vie quotidienne augmentent : l’essence, la nourriture, le logement. On voit de plus en plus de gens revenir nous solliciter et de nouvelles demandes », explique-t-il.
BOB SHARP / GROWFOODSECURITY.WEEBLY.COM
Bob Sharp a mis au point des serres en kit adaptées au climat du Grand Nord pour étendre la saison de production.
Selon lui, le jardin communautaire géré par les bénévoles du Centre fait partie de la solution. « Nous avons 26 bacs surélevés où nous faisons pousser toutes sortes de légumes. Ça prend du temps à entretenir, mais les bénévoles y prennent du plaisir. Certains ont déjà vécu des épisodes d’insécurité alimentaire, alors c’est une façon de redonner à la communauté », explique-t-il.
saison qui commence début mai et qui se termine fin octobre. « Je produis tout ce dont j’ai besoin et je conserve mes légumes pour l’hiver dans une vieille glacière, avec un thermostat et un ventilateur d’ordinateur récupérés à la décharge qui imitent le système de la cave à légumes à moindres coûts énergétiques et financiers.»
Il n’est pas rare pour les jardins communautaires de donner leur surplus aux associations locales. À Dawson Creek, la communauté récolte huit bacs de dons chaque saison, en plus des excédents des autres bacs.
Bob Sharp préserve également ses produits en conserve, par déshydratation ou par fermentation. « Chaque tomate produite pendant la saison au Yukon a meilleur goût que celles importées du Mexique, un bilan carbone incomparable et est meilleure pour la santé! », explique l’instructeur.
ÉTENDRE LA SAISON DE PRODUCTION POUR MANGER LOCAL TOUTE L’ANNÉE Qui dit Grand Nord, dit saison de jardinage plus courte. Ce n’est pourtant pas l’avis de Bob Sharp, retraité et constructeur de serres nordiques. « J’ai construit ma première serre à la fin des années 70. Nous avions un grand potager, mais devions gérer un microclimat. Pour protéger nos légumes et en produire davantage, je me suis donc intéressé aux serres », se souvient-il. Depuis, Bob Sharp a construit plus d’une centaine de serres à Whitehorse et mis de nombreuses informations à la disposition du public sur ses trois sites Internet (dont growfoodsecurity.weebly.com). Il offre aussi des cours ouverts à tous et à toutes à l’Université du Yukon sur les campus de Whitehorse, de Teslin et de Carmacks. Grâce à l’utilisation des serres, l’entrepreneur estime qu’il gagne 50 jours de production par an – avec une
L’AGRICULTURE À L’ÉCOLE ET À LA FERME POUR TOUT LE MONDE Sensibiliser les jeunes à une agriculture locale et durable est une priorité pour Sarah Ouellette, maraîchère en agriculture biologique près de Whitehorse. « La nourriture n’arrive pas à l’épicerie par magie, il faut un travail et des ressources pour la produire. C’est important de partager ça avec les jeunes qui visitent la ferme et voient les animaux avec le programme Kids on the Farm. » La gestion des ressources pour produire les légumes de la francophone est pensée méticuleusement. Ses quelques chèvres et poules produisent le fumier qui enrichit le sol, et l’irrigation est gérée avec un système de goutte-à-goutte dont l’eau provient du lac. « Il n’y a pas de gaspillage. Je fais très attention à ma consommation dans ma vie personnelle, mais aussi 35
agriculture «NOUS SOUHAITONS SAVOIR S’IL Y A UN INTÉRÊT DE LA POPULATION FRANCOPHONE.
Découvrez le local de l’organisme
Les Essentielles!
ON EST PRÊT À DÉPOSER UNE DEMANDE DE FINANCEMENT ET METTRE EN PLACE UN TRÈS GRAND JARDIN SCOLAIRE ET COMMUNAUTAIRE. L’ANNÉE 2022 EST EXPÉRIMENTALE.» — Virginie Saspiturry
Situés au 3089, 3e Avenue à Whitehorse, notre local et les services qui y sont offerts sont ouverts à toute personne s’identifiant comme femme francophone.
PLUSIEURS SERVICES Y SONT OFFERTS, NOTAMMENT : • Une programmation variée : inscrivez-vous à un de nos ateliers pour passer une belle soirée! • Les Cong’elles : un congélateur solidaire libreservice pour les membres! • Le centre des ressources : une bibliothèque de livres féministes disponibles pour prêt gratuit! • Le mur d’exposition : un mur dédié aux artistes de la communauté pour exposer leurs œuvres! • La boutique en ligne : une boutique pour promouvoir local! • Les autres services : - Prêt de machine à coudre - Laveuse et sécheuse - Café et collations gratuites en tout temps!
professionnelle. Ça fait partie de mes valeurs pour limiter notre impact sur l’environnement. » Virginie Saspiturry, gestionnaire jeunesse à l’Association franco-yukonnaise (AFY), note un intérêt très marqué des jeunes pour l’environnement. Fortes de ce constat, la jeune femme et sa collègue Océane Hardouin ont lancé l’initiative d’un jardin scolaire avec le soutien du Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile-Mercier. « Nous offrons des ateliers à deux classes de 7e année. On commence par l’assemblage de bacs en bois. Puis les 40 élèves font les semis avec leur enseignante. » D’ici la fin de l’année scolaire, d’autres ateliers sont prévus par l’AFY, notamment sur la permaculture, en fonction des financements disponibles et du gel au mois de juin. « Pendant l’été, il n’y a pas d’élèves à l’école, alors nous lançons une campagne de recrutement de bénévoles francophones pour entretenir le jardin, avec des outils pédagogiques à disposition en français [...] En septembre, ce sera l’occasion de célébrer la récolte et de passer un bon moment! », partage Virginie Saspiturry. Lors d’un atelier dédié, tout le monde pourra se partager les fruits du travail et se réunir autour d’une pizza.
DEVENEZ MEMBRE Soutenez notre mission et contribuez à l’épanouissement des Franco-Yukonnaises en devenant membre de l’organisme!
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« Nous souhaitons savoir s’il y a un intérêt de la population francophone. On est prêt à déposer une demande de financement et mettre en place un très grand jardin scolaire et communautaire. L’année 2022 est expérimentale », affirme la co-initiatrice. Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de l’AFY : afy.ca/services/activites-jeunesse.
apiculture
PRODUIRE DU MIEL AU YUKON UN DÉFI DE TAILLE L’hiver, le froid, les prédateurs et les changements climatiques : l’élevage des abeilles au nord du 60e parallèle comporte son lot de défis. Malgré les difficultés, une quarantaine d’apiculteurs et d’apicultrices produisent du miel au Yukon et se réjouissent de partager leur passion avec la population.
ÉTIENNE TARDIF
T E X T E : AG N È S V I G E R
T Varier les fleurs présentes sur son terrain permet aux abeilles de produire du miel pendant une plus longue période, de mars à octobre.
rois exploitations seulement fabriquent du miel en quantité commerciale au territoire, mais plusieurs artisans et artisanes pratiquent aussi l’art de l’élevage des abeilles à plus petite échelle. On compte en fait un total de 200 ruches au Yukon. Chaque année, 4 000 livres de miel sont récoltées dans notre climat subarctique, et chaque livre de miel est vendue entre 12 $ et 19 $. « C’est le véritable or du Yukon », selon l’apiculteur Doug Phillips.
Un or laborieusement gagné, cependant, car un défi n’attend pas l’autre dans cette pratique. LE FROID, LES PRÉDATEURS ET LES AUTRES Pour commencer, l’hiver est rude pour les abeilles au Yukon. « Elles doivent survivre entre 200 et 250 jours d’hiver », explique le président du Club des apiculteurs du Yukon Étienne Tardif. Naturellement, les abeilles maintiennent une température corporelle de 20 °C grâce à la vibration de leurs ailes. Elles vivent normalement 40 jours en été et 180 jours en hiver. 37
apiculture
ÉTIENNE TARDIF
Doug Phillips présente un cadre particulièrement lourd à cause du miel.
Sans surprise, les changements climatiques préoccupent aussi énormément les membres du Club, la fluctuation climatique étant l’obstacle principal à la survie hivernale. Pour optimiser la survivance, plusieurs actions sont nécessaires : il faut isoler et ventiler les ruches correctement, être attentif à la nutrition des abeilles et employer des traitements antiparasitaires appropriés.
Conseils de lecture L’apiculture pour les nuls — Henri Clément Beekeeping in Western Canada — John Gruszka Victory Gardens for Bees: A DIY Guide to Saving the Bees — Lori Weidenhammer Increase Essentials: Nuclei, Management, Wintering — Lawrence John Connor L’abeille et la ruche : manuel d’apiculture écologique — Alain Péricard
Étienne Tardif fait des recherches sur la santé des abeilles et la saison de fleuraison au Yukon. Grâce à des expérimentations, il est parvenu à maintenir un taux de survie de ses abeilles allant jusqu’à 90 % en hiver. Il utilise entre autres deux couches de polystyrène, une ouverture de 2 cm de diamètre et un abri pour protéger ses ruches des intempéries. Le froid n’est pas le seul ennemi des abeilles : en été, des clôtures électriques sont aussi employées pour éloigner les prédateurs. De plus, pour réduire la compétition avec les pollinisateurs endémiques – bourdons, abeilles yukonnaises, papillons et guêpes – il est conseillé de limiter son exploitation à quatre ruches. En effet, les abeilles utilisées en apiculture sont différentes des abeilles endémiques et peuvent propager des maladies. « Il faut protéger les insectes natifs. Le risque d’importer des abeilles malades et contagieuses est réel », explique Étienne Tardif. Pour aider les pollinisateurs, les producteurs de miel peuvent également planter des fleurs sauvages pour palier la courte saison de fleuraison. Trouver le matériel adéquat à l’hivernage est aussi compliqué : « La plupart de l’équipement provient de fournisseurs éloignés », se désole l’apiculteur Eoin Sheridan. ÉDUCATION ET SOLIDARITÉ Pour démocratiser l’art de l’élevage des abeilles, le Club des apiculteurs a développé un programme
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communautaire et une trousse pédagogique. « Nous donnons des cours sur les abeilles dans les écoles et aimons habiller les enfants avec des combinaisons reçues en don pour les rapprocher de la réalité du métier », partage l’apiculteur Birnie Foster. Doug Phillips participe à ces ateliers depuis trois ans. « Nous leur apportons des cadres, leur faisons goûter le miel et leur expliquons l’importance des abeilles pour la planète », raconte-t-il. L’apiculture yukonnaise est sans aucun doute un milieu solidaire. Pour soutenir les personnes débutantes, une formation est proposée chaque printemps au coût de 200 $ : les fonds servent à couvrir les frais d’enseignement et financer la recherche sur l’apiculture du territoire. Des ressources, comme une trousse d’extraction, sont aussi disponibles gratuitement à l’emprunt. De son côté, la boutique yukonnaise Behind the Barn propose du matériel pour débuter en apiculture ainsi que de bons conseils. « Je visite les débutants pour contrôler les abeilles et offrir des recommandations », ajoute Doug Phillips. Quelques fermes yukonnaises travaillent par ailleurs en partenariat avec des apiculteurs et apicultrices, grâce à un programme de parrainage qui permet de soutenir l’apiculture durable en échange de miel local artisanal : « Nous empruntons neuf ruches annuellement pour polliniser nos 8 000 buissons de camérisiers », explique l’agricultrice Barbara Drury. Enfin, pour celles et ceux qui souhaitent s’initier à l’apiculture sans se lancer trop rapidement en affaires, des livres sur le sujet ont été ajoutés dans les bibliothèques publiques du territoire et sont disponibles pour consultation, gratuitement.
DOUG PHILLIPS
Étienne Tardif protège ses ruches des prédateurs avec une clôture électrique.
OÙ PRODUIT-ON DU MIEL? 01. Dawson 02. Haines Junction 03. Mayo 04. Carmacks 05. Watson Lake 06. Mendenhall 07. Fox Lake 08. Teslin 09. Carcross 10. Tagish 11. Marsh Lake 12. Laberge 13. Burma Road, Community Gardens de Whitehorse, Riverdale, Yukon Gardens à Whitehorse, mont Sima, Gentian Lane, Cowley Lake, Mount Lorne, Takhini
MARIAN ANBU JUWAN / PIXABAY
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LES ASTUCES POUR AIDER LES RUCHES À SURVIVRE À L’HIVER • Nourrir les abeilles au pollen dès la fin août; • Nourrir les abeilles au pollen au printemps, dès le mois de mars, avant l’éclosion des fleurs; • Effectuer un traitement contre les parasites dès la fin de l’été; • Diversifier les plantations afin d’avoir du pollen disponible plus tôt et pour une plus longue période; • S’assurer que la ruche est suffisamment ventilée avec un courant d’air naturel; • Construire un abri pour protéger les ruches des intempéries; • Ajouter une couche de polystyrène autour des ruches pour les isoler du froid.
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LES PARTICULARITÉS DU MIEL DU YUKON • Le taux de miellat est plus haut que la moyenne en raison de la courte période de pollinisation. Le miellat est une excrétion sucrée d’insectes suceurs de sève qui sert de nourriture pour les abeilles trouvant peu de pollen et de nectar; • Le miel est moins liquide à cause du taux élevé de miellat; • On cultive principalement du miel de fleurs sauvages, notamment de polémoine rampante, achillée millefeuilles, penstemon de Gorman, solidages et épilobes en épi; • Une ruche compte environ 30 000 abeilles en hiver et environ 50 000 abeilles en été.
RESSOURCES SUR INTERNET • northof60beekeeping.com/yukon-bee-club • facebook.com/groups/yukonbees PROGRAMME DE PARRAINAGE • northof60beekeeping.com/hive-sharing-program
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GBP CREATIVE
culture
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BOREALISU
UTILISER L’ART POUR CRÉER UN CHANGEMENT
SOUL
Depuis 2014, le collectif multidisciplinaire Borealis Soul propose des créations engagées et uniques inspirées des expériences yukonnaises de ses membres. Avant la formation de cette troupe, il n’existait aucune compagnie professionnelle de ce type au Yukon. T E X T E : K E L LY TA B U T E A U 41
MIKE THOMAS/YUKON ARTS CENTRE
culture
F
ondé par d’ancien·ne·s élèves des programmes du Centre communautaire The Heart of Riverdale, le collectif multidisciplinaire Borealis Soul allie musique, danse et arts médiatiques pour raconter des histoires à son public.
Photo de la page précédente Alors en préparation d’une pièce pour les Jeux d’hiver de l’Arctique 2020 prévus à Whitehorse puis annulés, Borealis Soul s’est prêté au jeu d’une séance photo.
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Si le changement climatique a été une source d’inspiration pour plusieurs des œuvres créées dans le passé, il n’a cependant pas toujours été au cœur du processus créatif de la troupe. « De façon générale, je dirais que nous nous inspirons des dynamiques sociales que l’on observe autour de nous », précise Valérie Herdes, membre de la troupe depuis ses débuts. « Ce sont des sujets un peu sombres, mais on inclut aussi des touches d’espoir. » GENÈSE DU PROJET Devenue organisme à but non lucratif en 2014, la troupe a débuté ses créations dès 2013. « Le but était de créer une compagnie professionnelle de haut calibre qui serait respectée nationalement [la troupe s’est produite deux fois à Montréal et une fois à Toronto] », raconte Andrea Simpson-Fowler, productrice exécutive
et réalisatrice. « Le fait de s’incorporer nous a permis d’obtenir des financements pour la formation et le développement. » La formation a en effet tenu une place importante au début du collectif. Ses membres savaient danser, mais n’avaient pas encore touché au processus créatif. « Danser est une chose, chorégraphier en est une autre. Les jeunes [ont appris] à créer et à collaborer », explique Mme Simpson-Fowler. Ce processus créatif est d’ailleurs toujours en développement. « Au début, confie Valérie Herdes, nous avions une approche entièrement collaborative où chaque membre avait la charge de segments de quelques minutes pour une même pièce. Maintenant, nous essayons d’instaurer une rotation pour qu’une seule personne soit responsable de tous les aspects créatifs. » Les idées sont ainsi présentées au collectif, dont la membriété varie au fil des années et selon les pièces. Une fois validées par le groupe, elles sont prises en charge par une personne responsable des chorégraphies, des projections cinématographiques et
MIKE THOMAS/YUKON ARTS CENTRE
de la musique. « Ça reste cependant une collaboration, complète Valérie Hardes. Le chorégraphe veut ressentir telle émotion ou avoir un mouvement qui tourne : et les danseurs proposent. » THÉMATIQUES ENGAGÉES Pour Andrea Simpson-Fowler, le collectif se sert des expériences de la vie nordique isolée pour partager ses messages : « Les pièces retranscrivent le fait d’être un artiste de haut niveau au Yukon : la façon dont l’artiste perçoit son environnement et la façon dont ce dernier inspire son art. » Ainsi, des sujets comme le suicide ou le sentiment d’isolement que l’on peut ressentir dans une communauté du nord du Canada ont été abordés par les artistes. « On veut souligner par exemple que le soutien d’une communauté est important dans les moments difficiles. On doit donc trouver un équilibre pour partager le message que l’on veut, sans que ce soit déprimant », complète Valérie Herdes. Dans sa dernière œuvre abordant l’état actuel de la société par rapport au pillage de la Terre, Wake (2019), Borealis
Soul explore le concept des boucles de rétroaction positive et la manière dont une petite perturbation dans un système peut provoquer un effet exponentiel. L’art engagé est important pour Valérie Herdes : « Je veux utiliser ma voix artistique pour essayer de faire une différence dans le monde et pour encourager notre public à se questionner par rapport à certaines choses. » DÉVELOPPEMENT PROFESSIONNEL La pandémie de COVID-19 a mis un frein aux représentations en présentiel, mais le collectif n’est pas resté inactif pour autant. Il travaille actuellement sur un projet cinématographique à 360 degrés, qui est en phase de postproduction. Fin 2021, Borealis Soul a aussi achevé sa planification stratégique pour les cinq prochaines années, en plaçant sa priorité dans le développement professionnel. « Je suis encore en développement en tant qu’artiste. Je veux aller chercher des émotions très intenses chez le public pour transmettre mon message, en créant des scènes vraiment tristes ou épeurantes, par exemple », conclut Valérie Herdes.
Toutes les pièces de Borealis Soul comprennent de la danse (breaking, hip hop, contemporaine), de la musique originale (rap) et des projections cinématographiques.
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publireportage [ tourisme durable ]
YOV AGER AU Y Les touristes, comme les entreprises, ont une responsabilité importante dans la bonne gestion et le respect des principes de cette pratique de plus en plus populaire. Le respect de l’environnement, bien que crucial, n’est pas le seul élément à considérer pour faire du tourisme durable. Emilie Thibeault-Maloney, gestionnaire du développement des marchés européens au ministère du Tourisme et de la Culture du Yukon et étudiante au certificat en tourisme durable à l’Université Laval, explique que « le tourisme durable considère les trois aspects du développement durable : la viabilité environnementale, économique et socioculturelle ». 44
L’ÉDUCATION AU CŒUR DE LA PRATIQUE Les touristes désirant s’initier à cette pratique devraient surtout s’éduquer et se préparer, car certaines pratiques changent en fonction des conditions de chaque milieu. « Les gens qui viennent de régions où les feux de forêt ne sont pas fréquents peuvent ne pas savoir qu’il faut arroser les feux de camp avec de l’eau pour éviter les feux de forêt », cite en exemple Mme Thibeault-Maloney.
La gestionnaire explique que pour être durable, le tourisme doit aussi respecter les communautés locales et leur mode de vie. Sur le plan économique, elle rappelle que « si l’environnement se dégrade à cause du tourisme, ce n’est pas profitable à long terme pour les entreprises non plus ». La nourriture, l’équipement et même les installations temporaires doivent également être considérés.
AU YUKON LAURIE TROTTIER
DE MANIÈRE DURABLE
RÉGLEMENTATION ET CERTIFICATIONS Si certaines entreprises pratiquent déjà le tourisme durable au Yukon, aucune certification officielle n’est requise à ce jour. À travers le monde, plusieurs organisations ont créé leur propre certification. En mai dernier, le Yukon a fait un pas de plus vers la durabilité de son offre touristique en devenant officiellement un observatoire du tourisme durable, une désignation de l’Organisation mondiale
du tourisme. Le territoire rejoint ainsi un réseau de destinations dont l’objectif est de développer des milieux sains pour les touristes comme pour les communautés et de les préserver pour les générations futures. Les trois piliers du tourisme durable : En continuation du cadre du Yukon sur le tourisme durable du Yukon, l’Observatoire contribuera à la prise de décision du secteur touristique en tenant compte de l’état de la durabilité des milieux, des communautés et de l’économie.
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Ce publireportage de l'Association franco-yukonnaise est rendu possible grâce au financement du gouvernement du Canada.
Conserver les ressources naturelles et la biodiversité en les utilisant de manière optimale et durable; Respecter les communautés locales, leurs valeurs et leur patrimoine et contribuer à la compréhension interculturelle afin d’assurer leur pérennité; Assurer le développement économique équitable et viable à long terme dont les retombées socio-économiques profitent aux communautés locales. 45
plein air
TOUT SUR LA MARCHE UNE ACTIVITÉ PHYSIQUE AUX MULTIPLES BIENFAITS Toute activité humaine affecte la nature, mais certaines le font moins que d’autres. La marche est de celles-ci. Accessible en tout temps et en tout lieu, cette activité nécessite peu d’équipement et procure des bienfaits pour la santé physique et mentale. T E X T E : K E L LY TA B U T E A U
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MARYNE DUMAINE DENISE BEAUCHAMP
LAURIE TROTTIER PHILIPPE CARDINAL DIDIER CHARVET
U
tilisée pour se déplacer et se nourrir, la marche a longtemps été l’activité principale de l’Homo erectus. Le corps humain s’est depuis adapté pour tirer profit de cet exercice. Si la société sédentaire d’aujourd’hui a presque oublié que la marche permettait au corps humain de se soigner et de se réparer, les bienfaits de la marche sur la santé font pourtant consensus. CINQ BIENFAITS DE LA MARCHE Depuis des décennies, les scientifiques s’intéressent aux effets de la marche sur la santé humaine. Une première recherche, publiée en 1953 dans la revue scientifique médicale hebdomadaire britannique The Lancet, indique qu’une activité physique modérée, à condition qu’elle soit pratiquée régulièrement, permet de réduire d’un tiers le risque de développer une affection cardiaque (AVC, infarctus, arythmie, insuffisance, coronaropathie). Depuis, de nombreuses études ont été menées, spécialement entre 2000 et 2019, et confirment les bienfaits de la marche sur le système cardiovasculaire, le système endocrinien et le psychisme, avec entre autres :
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Une réduction d’un tiers des conditions cardiaques, notamment grâce à une vasodilatation des artères facilitée. Le muscle cardiaque doit alors pomper moins fort pour acheminer le sang jusqu’au muscle, ce qui lui permet de se fatiguer moins vite; Une diminution de l’effet d’insulinorésistance limitant le risque de développer un diabète de type 2 ; Un meilleur contrôle de sa charge pondérale, puisque la marche facilite le brûlage des graisses circulant dans le sang ; Une sollicitation accrue du système endocrinien permettant de réguler la sensation de faim en réduisant la ghréline; de diminuer la douleur en sécrétant des endorphines et des sérotonines; et d’améliorer la santé mentale (lutte contre la dépression et le soulagement du stress) grâce à l’abaissement des taux de cortisol et d’adrénaline dans le sang ; Et un recul du déclin cognitif, puisque les personnes marchant régulièrement (au moins 3 fois par semaine pendant 30 minutes) disposent de neurones en meilleure santé que celles ne pratiquant pas cet exercice. 47
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LA MARCHE : UNE SOLUTION POUR BRISER L’ISOLEMENT Accessible au plus grand nombre, la marche est une activité douce qui s’adapte particulièrement bien pour les personnes aînées. L’Association franco-yukonnaise (AFY) l’a d’ailleurs compris et propose depuis 2010 une rencontre mensuelle de randonnées avec le groupe bien nommé les P’tits mollets. Philippe Cardinal, animateur du groupe depuis ses débuts, confie que le groupe a été créé afin de briser l’isolement chez les personnes aînées : « C’est l’occasion de faire un brin de jasette [...] Les gens s’ouvrent plus, ça leur fait du bien. » Pour Patricia Brennan, gestionnaire du Service aux aînées et aînés à l’AFY, l’intérêt est de favoriser un projet intergénérationnel, tout en misant sur l’activité physique de groupe : « On souhaite rendre les personnes aînées moins invisibles, même si souvent nos amis sont dans notre tranche d’âges. On a parfois de nouveaux arrivants qui se joignent et c’est toujours plaisant. » Denise Beauchamp participe aux sorties depuis leurs débuts. « C’est plus sécuritaire de marcher en groupe au Yukon. C’est aussi plus motivant! Je marche beaucoup toute seule, mais c’est plus convivial en groupe, et en français! », explique-t-elle. Paul Davis, quant à lui, trouve que c’est l’occasion sociale idéale pour rencontrer de nouvelles personnes, avec qui il n’aurait jamais discuté en temps normal. « On marche, oui, mais on prend aussi le temps d’apprécier les paysages », avoue-t-il.
QUELQUES SENTIERS ACCESSIBLES Autour de Whitehorse, les options de randonnées ne manquent pas. Avec près de 800 kilomètres de sentiers publics développés, balisés et entretenus par la municipalité, le choix est grand pour les novices comme pour les excursionnistes avertis. Les boucles les plus faciles se font autour de l’eau : le sentier Millénium, la boucle des lacs Hidden, celle du lac Long ou encore celle du lac Icy. À Dawson, plusieurs sentiers interprétatifs sont accessibles à tous, tels que Crocus Bluff et Orchids Acre. Le sentier de la 9e Avenue offre de jolies vues sur le centre-ville de Dawson. Le gouvernement du Yukon propose aussi la brochure Dawson : Visite à pied pour ceux et celles qui désirent visiter les lieux historiques du village. Les personnes courageuses s’élanceront à l’assaut du Midnight Dome depuis le centre-ville pour une randonnée engageante promettant des panoramas à couper le souffle. Pour les balades autour de Haines Junction, le Centre des visiteurs suggère une liste des sentiers faciles, comme une visite à pied autoguidée des lieux historiques de la communauté et le sentier de la Rivière Dezadeash. En s’éloignant de la civilisation, on trouve les sentiers Dendoctrone de l’épinette, Kokanee et du lac Saint Élias. DES RESSOURCES UTILES L’AFY vient de mettre en ligne un guide de randonnées faciles des P’tits mollets. Lors des sorties, Philippe Cardinal détermine les itinéraires : « Au début, les sorties que je faisais étaient trop difficiles et j’ai mis un peu de temps à le réaliser. Maintenant, j’essaye 49
DENISE BEAUCHAMP
plein air
de proposer des itinéraires que les gens ont aimés par le passé. » L’animateur de randonnées donne aussi de nombreux conseils sur le matériel à utiliser (bottes, bâtons et sac à dos) et adapte le rythme au niveau du groupe.
Whitehorse a également développé une page sur son site Internet rassemblant tout ce qu’il y a à savoir sur les sentiers municipaux : whitehorse.ca/departments/parksand-community-development/trails/maps.
Le site yukonhiking.ca, en anglais, regorge aussi d’informations utiles sur les sentiers du Yukon. Certains sont catégorisés faciles, mais restent néanmoins exigeants (avec des pentes raides). Le livre Yukon Hiking reprend l’essentiel des randonnées du site Internet. La Ville de
Enfin, des applications comme Trailforks et AllTrails sont des mines de renseignements. Elles incluent notamment des rétroactions de leurs utilisateurs et utilisatrices sur l’état des sentiers.
Cet été, c’est en plein air et en famille que ça se passe! Mission possible Guide pour une saine utilisation des écrans chez les enfants et les adolescents. Comment utiliser les écrans sans pour autant qu’ils deviennent le centre de notre vie ? • • •
Des articles sur le techno-stress Un quiz d’auto-évaluation des écrans Un défi familial à relever et des activités alternatives aux écrans
Au cœur des émotions des enfants Comment vous engager pleinement dans votre rôle de parent? • • •
Des articles pour en apprendre plus sur la parentalité positive Des ressources pour démystifier et réduire l’anxiété des enfants Des astuces pour retrouver et maintenir l’équilibre dans la famille
Plein air et sécurité des enfants Yukon • • •
Conseils de sécurité pour pratiquer des activités et sorties de plein air avec les enfants Recommandations pour la préparation et l'équipement (0-6 ans) Focus sur le canot, la randonnée et le vélo en contexte yukonnais !
Pour chacune des revues, des services, programmes et activités parent-jeune offertes localement sont présentés. Version papier pcsyukon@francosante.org Version numérique issuu.com/pcsyukon
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2022-06-16 10:47
publireportage [immigration]
LE
YUKON ELLIE COLE, 8 ANS
FILLE DE MOUNIA ET STÉPHANE COLE
L K n
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U v
France 2019 « Ici, il y a de la place pour se garer [stationner son véhicule], il n’y a que ça! » En ces mots, Ellie venait de décrire l’immensité du territoire. « La ville de Dawson et sa boutique de crème glacée. » « M’acclimater au froid et à la quantité de neige. La famille me manque aussi. » « La neige, en fait, ça m’a beaucoup étonnée. La quantité la première année, c’était un grand changement. En France, en hiver, on pouvait se baigner dans la mer [Méditerranée] à côté de chez nous! » « La natation. » « Le froid. »
L Pays d’origine K Arrivée au Yukon n Coup de cœur
À TRAVERS LES YEUX D’ENFANTS Choisir le Yukon, c’est une chose. Mais y venir parce que nos parents l’ont choisi, c’est un peu différent. Rencontre avec trois enfants dont les parents ont choisi le Yukon comme terre d’accueil.
SOANNE HOAREAU, 7 ANS
CHARLY MELIN, 10 ANS
L K n
L K n
FILLE DE SOPHIE HUGUET ET SIMON HOAREAU
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Canada, parents originaires de France 2016 « La marche des “gummy bears” dans le parc Kluane. » « Le lac Kookatsoon. On s’y baigne, on fait des châteaux de sable. » « Aucune! » « Il y a des choses qu’ils ont et que nous n’avons pas, et inversement. Par exemple, en France, les enfants commencent l’école à 3 ans. On y trouve aussi des fraises de Plougastel. » « Faire du sport : du ski, du vélo, de la marche... être active, quoi! » « Saison! Il y a bien quatre saisons ici et à chacune son activité. »
FILS DE TANIA FIVE ET CYRIL MELIN
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U v
1 Endroit préféré i Plus grande difficulté e Les différences
Belgique 2020 « Découvrir Tombstone et Dawson. En plus, y’a plein de sentiers de vélo de montagne à Dawson! » « Dawson City : je l’avais vu dans les reportages. C’est petit, mais en même temps, y’a plein de trucs! » « L’apprentissage de l’anglais. » « En Belgique, la ville d’où on vient n’est pas immense, mais a beaucoup plus de gros bâtiments. Ça m’a donc pas mal étonné de découvrir Whitehorse. » « Le vélo de montagne et les sauts que je fais avec. » « Magnifique! »
U Activité préférée au Yukon v Le Yukon en un mot
Ce publireportage vous est proposé par l’Association franco-yukonnaise. Il a été réalisé grâce à la contribution financière d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.
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MAXENCE JAILLET
article de l’arctique
PORTRAIT INSPIRANT DE L’ARCTIQUE RADIOPHONIQUE
LA RADIO POUR
ET PAR LES GENS TEXTE : ANNIE MAHEUX
EVERYDAY BASICS / UNSPLASH
La scène radiophonique francophone dans le nord du pays se porte très bien. Avec la démocratisation des outils de création et de diffusion de contenu sonore, les esprits créateurs nunavois, ténois et yukonnais s’en donnent à cœur joie. Le journal l’Aurore boréale a fait une tournée des radios francophones du cercle polaire canadien.
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article de l’arctique
Julie Lacourse est la responsable des nouveautés musicales de la station Radio Taïga. C’est elle qui est responsable de la sélection des nouveautés hebdomadaires, de leur présentation sur les ondes et de tenir à jour l’audiothèque.
Photo ci-contre: Les organismes francophones de la Fédération francoténoise, incluant les Médias ténois, sont regroupés à la Maison bleue à Yellowknife, aux Territoires du NordOuest. Photo de la page suivante: Technicien pour CBC North, Christophe Ballet anime également l’émission communautaire francophone Rencontres à Whitehorse au Yukon. Il partage l’animation hebdomadaire de l’émission avec une équipe de dix autres bénévoles.
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MAXENCE JAILLET
Photo de la page précédente:
L’
offre radiophonique francophone dans les territoires se divise principalement en trois grands formats de diffusion.
D’abord, la chaîne nationale Radio-Canada et sa sœur jumelle CBC North présentent un contenu provenant de leurs stations du Québec et de la région de Vancouver en incorporant quelques capsules produites par les journalistes des territoires. Les radios communautaires, soit Radio Taïga aux Territoires du Nord-Ouest et CFRT au Nunavut, prennent ensuite le relais en ce qui a trait à l’information et à la représentation régionale francophone. Enfin, le Yukon a trouvé de son côté une position hybride grâce à une collaboration avec Radio-Canada pour la production et la diffusion d’une émission communautaire hebdomadaire intitulée Rencontres. UN GRAND NORD ÉLOIGNÉ, MAIS CONNECTÉ De quoi parle-t-on aux antennes boréales? Certes, la nouvelle régionale d’un barrage de castor qui a cédé et bloqué une voie d’accès essentielle aux Territoires du Nord-Ouest fera la manchette, raconte Thomas
Chabot, qui a animé l’émission Latitude à Hay River. Néanmoins, les différents enjeux sur la scène internationale et des débats sur la représentation des femmes dans les médias, par exemple, font également partie de la programmation, explique Nicolas Servel, directeur de la programmation aux Médias ténois. Beaucoup d’émissions sont encore animées par des animateurs bénévoles, qui y mettent leur touche personnelle. Louis Kandem, alias DJ Louis, est un bon exemple avec son émission qui présente depuis quelques années de la musique africaine à Iqaluit. Plusieurs organismes francophones extérieurs et même certains groupes scolaires à travers le Nord présentent aussi occasionnellement des projets radiophoniques à l’antenne. Pour compléter le tableau, de nombreux balados, également créés par des bénévoles à travers les territoires, sont diffusés sur plusieurs plateformes en ligne. Certains sont aussi inclus dans la programmation des radios communautaires, comme Queering Iqaluit qui présente la réalité queer au Nunavut ou Allaporte du duo Patrick Poisson et Josiane Guay, enregistré à Whitehorse et diffusé à Yellowknife par Radio Taïga.
UNE FORMULE NORDIQUE UNIQUE Un problème persiste cependant quant à la constance du support communautaire volontaire. La fusion du journal L’Aquilon et de Radio Taïga pour former les Médias ténois à Yellowknife a été la réponse à cette problématique pour Maxence Jaillet, directeur général des Médias ténois jusqu’en mai 2022 : « Grâce à une équipe élargie de journalistes, rassemblée dans un même bâtiment, il est plus facile de récolter du contenu sur plusieurs plateformes médiatiques à la fois ». De plus, l’effort bénévole, toujours présent, n’est pas divisé entre deux organismes différents.
Mais qui écoute la radio francophone dans le nord du pays? Les auditoires, tout comme la population francophone ellemême, sont hétérogènes, car ils proviennent des quatre coins du pays et du monde. Selon Maxence Jaillet, Radio Taïga est également devenue une alternative musicale aux radios commerciales pour les publics anglophones et allophones. C’est le cas au Nunavut où l’émission Hurlements sur la toundra de François Ouellet présente de la musique black métal depuis de nombreuses années. Articles de l’Arctique est une collaboration des cinq médias francophones des territoires : les journaux L’Aquilon, l’Aurore boréale et Le Nunavoix, ainsi que les radios CFRT et Radio Taïga.
QUELQUES BALADOS NORDIQUES EN FRANÇAIS
ADRIAN-REGECI / UNSPLASH
ANNIE MAHEUX
D’autres solutions comme l’automatisation de la programmation et le partage de contenu entre radios communautaires francophones allègent la tâche du personnel qui doit remplir une grille horaire radio en continu, jour et nuit.
Poissento // Le vieux loup solitaire // Nomade Boréal // Queering Iqaluit // Le Yukon autrement // Silène // Allaporte // Sauvage de nature // Le fil musical // YukonExtra-Ordinaire // Hurlements sur la toundra // Zone Arctique (Autres balados également disponibles)
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vie pratique
YUKON TECHNO
DES APPLICATIONS UTILES AU YUKON Le Yukon a beau être le territoire de l’immensité et des montagnes à perte de vue, il est loin d’être à la traîne au niveau des technologies. Tour d’horizon des applications qui permettent de connaître, apprécier et respecter encore plus ce territoire. T E X T E : M A R I E - S T É P H A N I E G A S S E E T K E L LY TA B U T E A U
BaladoDécouverte
What Goes Where
iNaturalist
Le catalogue Le Yukon autrement de l’application BaladoDécouverte propose six circuits uniques à travers le Yukon, à parcourir à pied, à vélo ou en voiture. À l’aide de cartes interactives, vous en apprendrez plus sur la présence francophone au territoire depuis la fin du 19e siècle, tout en découvrant des histoires inédites.
Pour simplifier la tâche à sa population, la Ville de Whitehorse a développé l’application What Goes Where qui permet de trier ses déchets en un clin d’œil. En plus des calendriers et des rappels concernant le ramassage des ordures et du recyclage, l’application propose les options locales de rebut de vos déchets. Tapez le nom de l’article dans la barre de recherche et vous saurez s’il est recyclable, compostable ou s’il doit être éliminé. L’application n’est disponible qu’en anglais.
Cette application vous permet d’identifier ce qui se trouve autour de vous : arbres, fleurs, insectes, oiseaux, etc. Initialement développée comme projet de science citoyenne où tout le monde pouvait vous aider à identifier la photo que vous veniez de prendre, c’est maintenant une intelligence artificielle qui joue ce rôle en déterminant les espèces que vous observez. En anglais.
Whitehorse Trail Guide Il faudra vous délester de 1,99$ pour profiter de cette application qui vous permettra d’explorer plus de 700 km de sentiers récréatifs non motorisés autour de Whitehorse. Que vous marchiez ou que vous vous déplaciez à vélo, cette application vous permettra certainement de découvrir de nouveaux chemins. En anglais.
Kaska Cards Cette application lancée par la Première Nation de Liard permet d’apprendre la langue Kaska à travers plus de 700 cartes éclair. L’application inclut également une fonction qui permet de créer vos propres cartes éclair selon vos objectifs d’apprentissages. Gratuit et en anglais. 56
Attraits Yukon Attraits Yukon L’application Attraits Yukon a été développée par le gouvernement du Yukon. Dès son ouverture, vous pourrez l’utiliser en français. Outil indispensable pour tout road trip au territoire, cette application facilitera la planification de vos itinéraires touristiques sur les principales routes du Yukon. Sélectionnez la route, la région ou le type de lieu que vous souhaitez visiter, montez dans votre véhicule et c’est parti!
Yukon Rideshare Cette application vous permet de vous jumeler avec des gens de votre communauté pour faire du covoiturage, du co-vélo ou tout simplement de la marche en bonne compagnie. En utilisant votre destination et votre horaire, cette application vous permettra de vous joindre à une ou des personnes qui partagent les mêmes objectifs, soit protéger l’air pur du Yukon. Gratuit et en anglais.
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publireportage [arts et culture]
ARTISTES FRANCOPHONES À DÉCOUVRIR AU YUKON Si vous ne les connaissez pas déjà, voici l’occasion de découvrir de nouvelles perles de la scène artistique francophone au territoire!
Anneky
Vous l’avez peut-être entendue jouer au festival Arts in the Park au début du mois de juin, durant des sessions de jams musicaux à l’hôtel 98, ou alors au concert de Yukon Women in Music en mai 2022. Amélie Kenny-Robichaud, ou de son nom de scène Anneky, est une chanteuse et musicienne autodidacte originaire de Fermont au Québec. Au Yukon depuis presque cinq années, Anneky a joué dans plusieurs groupes de musique francophones et bilingues. Cette année, elle travaille sur des projets solos, rafraîchissant d’anciennes chansons et « enveloppant de leur manteau musical » de nouveaux textes. Y aurait-il un premier album à l’horizon?
Remi Dean
Lorsqu’il n’est pas en train de construire des traîneaux à chien, le musicien Remi Dean Le Bouthillier joue de la musique folk-un-peu-country-et-cajun comme violoniste, guitariste et chanteur. L’Acadien originaire de la côte Est du Canada vit à Dawson depuis presque dix ans. Nomade dans l’âme, il prend plaisir à voyager pour visiter ses amis musiciens à travers le pays. On peut d’ailleurs entendre certaines de ses compositions musicales et textes dans l’album Slash Pile, enregistré en 2018. Nous avons eu la chance de l’entendre jouer le 23 juin 2022 à Whitehorse lors du spectacle Solstice St-Jean.
Emeraude Dallaire
On reconnaît rapidement la signature d’Emeraude Dallaire dans un tableau, qui comprend bien souvent une montagne d’un réalisme hypnotisant aux couleurs vibrantes. Basée à Whitehorse, elle crée souvent ses tableaux en réponse à des commissions de personnes passionnées par la randonnée. Elle a découvert son médium de prédilection, la peinture à l’huile, il y a deux ans. La longue période de séchage lui donne du temps de jouer avec les couleurs, qu’elle décrit comme « fluides », en peinture à l’huile. Également graphiste et photographe de couple, Emeraude espère participer aux marchés du temps des fêtes cette année en vendant ses toiles et leurs reproductions imprimées.
Mixence Gold
Ce personnage de scène inspiré de la vie personnelle de l’artiste est apparu grâce à un atelier de mentorat pour drag kings indigi-queer offert par le théâtre Gwaandak à Whitehorse. Mixence Gold fait de la « performance du genre », un acte théâtral et dansé qui revisite les symboles associés à l’identité de genre. On a pu voir ses performances récemment au cabaret Quick N’Dirty, durant le festival théâtral Pivot. Un aspect important de cet art est le maquillage scénique de l’artiste qui transforme la carrure de son visage grâce à un jeu d’ombre et de lumière. Les paillettes et les costumes colorés participent aussi à la transformation. Ce publireportage vous est proposé par le département Arts et Culture de l’Association franco-yukonnaise.
La murale du Centre de la francophonie
divertissements
Visionner le film d’animation inspiré par La légende du canot d’écorce. (voir franco.afy.ca) Aller voir la vraie murale sur la façade du Centre de la francophonie, située au 302, rue Strickland. Regarder la vidéo qui présente les artistes et le processus créatif de la murale.
AFY/FRANCO.AFY.CA
Découper et assembler les morceaux de la murale en couleur.
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divertissements
Le jeu des rongeurs
Utilise les indices des mots croisés : ce sont tous des noms d’espèces de rongeurs du Yukon. Pour en savoir plus sur les rongeurs, consulte les fiches sur les mammifères en ligne à yukon.ca/fr/observation-faune-flore ou le guide sur les rongeurs et les lagomorphes du Yukon.
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HORIZONTALEMENT 2. Je suis un grand collectionneur. J’adore tout ce qui brille. 3. Je saute comme un kangourou et je peux franchir près de 1 mètre en un bond. 4. Je suis un excellent tunnelier : je creuse des galeries dans la terre et dans la neige. 5. Je me nourris surtout de cônes de conifères et j’accumule ma nourriture dans de grandes caches. 7. Je fais claquer ma queue sur l’eau quand je perçois un danger. 8. Je suis une importante source de nourriture pour beaucoup de carnivores de la toundra. 10. Contrairement à la souris commune, je peux survivre aux températures extrêmement froides de l’hiver. 11. Je suis plus petit qu’un écureuil et j’ai cinq bandes noires sur le dos.
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VERTICALEMENT 1. Je ne vole pas vraiment, mais je peux faire de longs vols planés d’un arbre à l’autre. 6. Je suis peu commun au Yukon. Je construis un réseau de tunnels pour pouvoir m’échapper en cas de danger. 9. En hiver, je construis des dômes de végétaux gelés sur la glace des étangs, par-dessus un trou : ça me fait un endroit pour manger à l’abri! 12. On m’appelle aussi « écureuil terrestre » (ou gopher, en anglais). 13. Je ne peux pas projeter mes aiguilles. 14. J’adore me prélasser en montagne, sur les roches chauffées par le soleil.
VOIR LE CORRIGÉ
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MAGASINAGE À LA YUKONNAISE
La commodité se décline désormais en orange Le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest sont désormais reliés à l'Ontario trois fois par semaine.
Inuvik
Old Crow
Dawson City YUKON
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TERRITOIRES DU NORD-OUEST
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