1
2
Werner Gitt
AU COMMENCEMENT, LE BIG-BANGÂ ?
Christliche Literatur-Verbreitung e. V. Postfach 110135 - 33661 Bielefeld 3
1ère édition française 2001 © 2001 by CLV • Christliche Literatur–Verbreitung Postfach 110135 • 33661 Bielefeld Internet: www.clv.de Traduction: J.-M. Auquier Composition: CLV ISBN 3-89397-469-4
4
L’auteur : Le Professeur Werner Gitt, est né en 1937 à Raineck, en Prusse orientale. De 1963 à 1968, il a étudié à l’Ecole Technique Supérieure de Hanovre et y a obtenu son diplôme d’ingénieur. De 1968 à 1971, il a été maîtreassistant à l’Institut des techniques de régulation de l’Ecole Technique Supérieure d’Aix-la-Chapelle. Après deux années de recherches, il a obtenu son doctorat. Depuis 1971, il dirige le service du traitement de l’information à l’Institut National de Physique de Braunschweig, dont il fut nommé directeur et professeur en 1978. Il s’est beaucoup intéressé aux questions scientifiques en rapport avec l’informatique, les mathématiques numériques et les techniques de régulation et a publié ses résultats dans de nombreux ouvrages originaux. Il a également publié des livres sur la science et la foi. 5
6
Introduction : La terre est-elle née d’un acte de création divine ou a-t-elle été projetée dans l’existence par une gigantesque explosion il y a des milliards d’années, lors du big-bang ? Ou peut-être s’agissait-il d’un bigbang venu de Dieu, qui produisit, dans cet univers rempli de solitude, une planète débordant de vie ? Nous avons posé la question au Dr Werner Gitt, directeur et professeur à l’Office fédéral physique et technique de Braunschweig. D’après lui, les scientifiques parlent de la théorie du big-bang avec beaucoup moins d’assurance qu’on pourrait le croire en lisant les ouvrages de vulgarisation. Le modèle du big-bang souffre d’un manque d’arguments fondamentaux.
7
Question : Professeur Gitt , vous dites que, malgré sa popularité, la théorie du big-bang manque d’arguments. Gitt : C’est exact. Un argument qu’on entend souvent provient de ce qu’on appelle «la matière noire». Mais ce qu’on croit être un argument en faveur de cette théorie est en réalité un argument contre elle. Les partisans de l’hypothèse du big-bang reconnaissent même que l’apparition des galaxies ne peut s’expliquer au moyen de la masse originelle de l’univers. Pour ne pas entrer en conflit avec les lois naturelles connues, ils supposent une matière noire imaginaire beaucoup plus grande, de l’ordre de dix fois plus. Mais on n’a jamais observé cette masse primordiale. C’est de la pure spéculation, néanmoins indis-
8
pensable, car sans elle le modèle s’effondre. Et quoiqu’elle n’ait été ni vue ni mesurée, on lui a donné un nom : la matière noire. C’est un simple postulat qui n’a jamais été rendu plausible par de quelconques mesures. Le fondement scientifique de la théorie du big-bang est bien branlant.
9
Question : Jetons un regard vers les étoiles. Qu’elles sont innombrables ! Qui peut les compter ? Gitt : C’est vrai qu’il nous est impossible de compter les étoiles. Des estimations n’existent que dans le cadre des statistiques stellaires : on sélectionne une partie représentative et définie de la voûte céleste et on y compte précisément les étoiles. Puis, on fait une estimation pour l’univers entier. C’est par ce biais-là qu’on arrive au nombre incommensurable d’environ dix exposant 25 étoiles. Les plus puissants ordinateurs actuels effectuent environ dix milliard s d’opérations par seconde (l’avenir nous réserve des ordinateurs encore plus puissants). Un ordinateur qu’on utiliserait uniquement pour compter
10
le nombre des étoiles pourrait compter, dans la première seconde, 10 milliards d’étoiles, 20 milliards dans la deuxième,… D’après vous, combien de temps faudrait-il à cet ordinateur pour compter toutes les étoiles ? 30 millions d’années ! Voilà qui donne une idée du nombre époustouflant d’étoiles créées par Dieu. Ce temps-là n’est à la portée ni d’un ordinateur, ni même de l’homme. Aussi pouvons-nous affirmer que l’homme ne sera jamais capable de compter les étoiles. C’est pourquoi, Jérémie 33.22 déclare : «(...) on ne peut compter l’armée des cieux, ni mesurer le sable de la mer.»
11
Question : Comment le big-bang explique-t-il les étoiles ? Gitt : Le modèle du big-bang dit qu’au début, il n’y avait pas d’étoiles, seulement une matière inqualifiable, comprimée, dense ainsi qu’un rayonnement très riche en énergie. Depuis cette explosion primordiale, ce gaz et ce rayonnement se répandent uniformément. Les lois de la physique excluent qu’il puisse se former des galaxies et des étoiles par ce moyen.
12
Question : Mais l’expansion de l’univers est un fait établi, cohérent avec un big-bang. Gitt : Les galaxies s’éloignent l’une de l’autre; ce phénomène est également mesurable. Pourquoi notre univers devrait-il être rigide ? La création entière est en mouvement. Cela ne vaut pas seulement pour le domaine atomique : tout ce qui vit est dynamique. Pourquoi en serait-il autrement des corps célestes ? Il suffit de songer à notre système planétaire. Chaque planète tourne autour du soleil à une vitesse qui lui est propre - et d’ailleurs pas nécessairement constante. Les galaxies ont également une rotation et un mouvement qui leur sont propres. Mais ces mouvements n’indiquent en rien un big-bang, ils illustrent simplement la dynamique céleste.
13
Question : Des théologiens disent que le récit de la création admet l’hypothèse du big-bang. Professeur Gitt, vous parlez en tant que scientifique : ce mariage forcé est-il viable ? Gitt : L’incompatibilité des deux modèles est évidente, elle appelle un choix. La Bible dit que la terre, la vie et l’univers ont été créés en six jours. Dans les commandements de Dieu, en Exode 20.9-10, c’est l’instauration du sabbat qui rappelle ce fait. «Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour (…) tu ne feras aucun ouvrage.» Cette ordonnance, donnée par Dieu aux hommes, est l’image du modèle établi par Dieu Lui-même : «Car en six jours l’Eternel a fait les cieux, la terre, la mer, et tout
14
ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour.» Voilà les termes de la révélation de Dieu; que pense-t-on pouvoir leur opposer ? Ce texte interdit toute conception de type bigbang. Rien dans la science ou dans la Bible ne permet de trouver un rapport entre Dieu et le big-bang. Ce mariage forcé entre la science évolutionniste et le récit biblique ne conduit pas à une union satisfaisante, mais au divorce.
15
Question : Les contradictions y sont également monumentales. Par exemple, la Bible parle d’un univers qui est jeune. Pourquoi les scientifiques comptent-ils en millions et en milliards d’années ? Gitt : Les mesures actuelles permettent de calculer la vitesse d’expansion instantanée de l’univers. Si l’on suppose cette vitesse constante et que l’on remonte aussi loin dans le temps que l’on veut, on arrive au moment du big-bang. Les milliards d’années résultent de cette démarche que je qualifie de purement arbitraire. Qui me dit que ce calcul est fiable aussi loin dans le temps ? Les astronomes ne sont d’ailleurs toujours pas d’accord entre eux pour savoir comment il faut calculer. Du 4
16
au 8 décembre 1995, un congrès international d’astronomie s’est tenu à Paris, qui était consacré aux dernières découvertes en matière de mesures. Les différents calculs produisaient des âges très différents. Même les calculs basés sur la théorie du big-bang ne donnaient pas de résultats cohérents. Le titre du journal «Die Zeit» du 15 décembre 1995 «Hubble et l’énigme du big-bang»1 laissait entendre qu’il y avait des opinions extrêmement différentes : «100 exposés ont suffi pour passer en revue les dernières photos et découvertes du télescope spatial Hubble. Erreur que de s’attendre à un calme céleste, à une harmonie cosmique ! Les savants ne s’étaient pas encore intéressés au dernier trou noir, aux énigmatiques quasars ou aux nouvelles étoiles que déjà ils s’étaient
17
lancĂŠs dans la plus grande controverse cosmologique des temps modernesÂť.
18
Question : Ce sont surtout les découvertes actuelles qui ont entamé la crédibilité de la théorie du big-bang. Professeur Werner Gitt, vous croyez à une création de Dieu. La Bible nous parle d’un univers qui est jeune; des observations scientifiques ne vontelles pas dans le même sens ? Gitt : D’un point de vue purement astronomique, on peut faire une longue liste de faits qui sont incohérents avec l’idée du big-bang [7]. En voici quelques-uns : • Certaines galaxies doivent être plus vieilles que l’univers. • Il existe des corps physiquement homogènes qui présentent un décalage vers le rouge différent. • De vastes structures très différentes, à savoir des amas de
19
galaxies extrêmement grands («Supercluster»), existent aux côtés de vides gigantesques. D’après la théorie du big-bang, on s’attendrait à une répartition uniforme.
20
Question :
Et inversement : des galaxies vieilles ne sont pas compatibles avec une création récente. Les opinions des scientifiques divergentelles autant quand il s’agit de donner un âge à l’univers ?
Gitt :
Cela dépend du point de départ. Toute science nécessite des présupposés, c’est-à-dire des thèses de base [5].
Si l’on tente d’expliquer la réalité par l’évolution, on aboutira automatiquement à de grands âges. A contrario, en prenant comme thèse de base le récit biblique, on arrive à des âges relativement jeunes. Ces présupposés accompagnent toute démarche scientifique, ils déterminent la pensée et l’interprétation des faits
21
scientifiques. Les divergences sont donc expliquées par les différents points de départ.
22
Question : Quel âge donnez-vous à l’univers?
Gitt : Si je pars de la Bible, je conclus à quelques milliers d’années. La terre et l’univers, encore vides, furent créés le premier jour; et c’est en un seul jour, le quatrième jour, que l’univers fut «rempli» avec les étoiles. Celles-ci, étant apparues dans un même jour, sont donc toutes du même âge. La terre seule est trois jours plus vieille que le reste de notre système planétaire et que les galaxies de l’univers. Si l’on essaye de déterminer l’âge de l’univers en utilisant les données bibliques, il faut d’abord savoir qu’on n’arrivera pas à trouver un âge exact. Mais les généalogies permettent de se faire une idée de celui-ci qui sera de
23
l’ordre de quelques dix mille ans. Le cadre biblique exclut des millions d’années.
24
Question : Une solution ne consisterait-elle pas à insérer une longue période entre la création du ciel et de la terre – Genèse 1.1 – et l’introduction de la vie sur la terre – Genèse 1.2 ? Cette théorie est très en vogue. Gitt : Le restitutionnisme2 est né dans l’esprit de croyants. Ceux-ci, confrontés à une démonstration de force de la part des représentants de l’évolution, cherchèrent à réconcilier la Bible avec les grands âges demandés par la théorie de l’évolution. Ils pensèrent avoir trouvé une solution en insérant entre les deux premiers versets de la Bible un intervalle de temps dans lequel, se disaient-ils, on pourrait placer toutes les grandes périodes de l’évolution. Cette théorie déclare qu’avant les jours de création proprement dits, il avait
25
existé un monde créé et habité. La création de ce monde est mentionnée au verset 1 par au «commencement». Ensuite, ce fut la chute de Satan; le monde d’alors s’effondra et le monde devint «informe et vide». Voilà l’arrière-plan du récit de la création, ou plutôt, d’après cette théorie, de la restitution du monde. D’après elle, les fossiles sont la conséquence de la chute du diable. Mais plusieurs raisons bibliques nous obligent à la rejeter : • Dans Exode 20.11, nous lisons que Dieu a créé le ciel et la terre en six jours; c’est-à-dire que tout l’univers et la terre ne peuvent avoir été faits que dans ce court laps de temps temps. Il n’y a pas de place pour une longue période de temps quelconque.
26