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G U É R I S N O T R E P AY S

G U É R I S N O T R E P AY S Ce livre donne une excellente introduction très émouvante à l’histoire des «anabaptistes». Il s’agit là de la révélation et de la guérison d’une blessure historique que nous portons avec nous depuis des siècles.

RÉCONCILIATION AVEC LES ANABAPTISTES UNE REQUÊTE ADRESSÉE À NOS ÉGLISES

Lorsque les jeunes Eglises de la Réforme redécouvrirent l’Evangile, elles comptaient parmi elles des chrétiens dévoués qui brûlaient de suivre les traces de Jésus de manière encore plus concrète dans leur vie personnelle et de les appliquer à l’Eglise. Ils furent appelés «anabaptistes» à cause de leur pratique à baptiser à nouveau les adultes. L’Eglise et l’Etat ne trouvèrent pas d’autre moyen de répondre à ce défi spirituel et social que de poursuivre cruellement les anabaptistes, de les tuer ou de les bannir. C’est ainsi qu’ils devinrent la «main tranchée» des grandes Eglises. Le processus de réconciliation est aujourd’hui à nouveau entré dans une période de grâce particulière. Le corps du Christ doit retrouver sa cohésion, le pays connaître la guérison. Les anabaptistes retrouveront leurs racines et les Eglises redécouvriront leur source première de vie et de renouveau si longtemps tarrie. Paul Veraguth, auteur du livre, conjugue les deux aspects: lui-même de souche anabaptiste, il est pasteur de l’Eglise nationale à Wattenwil dans le canton de Berne.

ISBN 3-907827-26-0

PAUL VERAGUTH


Paul Veraguth

GUÉRIS NOTRE PAYS Réconciliation avec les anabaptistes Une requête adressée aux Eglises


Paul Veraguth

GUÉRIS NOTRE PAYS Réconciliation avec les anabaptistes Une requête adressée aux Eglises

Editions Schleife, CH-Winterthour


1re édition avril 2003 © Editions Schleife, Pflanzschulstrasse 17, Case postale 85 CH-8411 Winterthour, Suisse Tél. +41 (0)52 2322424 Fax +41 (0)52 233 60 82 Email: publications@schleife.ch www.schleife.ch ISBN 3-907827-26-0 Traduction: Anne Fritsch Lectorat: Sonia Fritsch Couverture: Pia Maurer Mise en page et impression: Jordi SA, CH-3123 Belp Tous droits réservés, également en cas de reproduction partielle ou de photocopies


SOMMAIRE

Préface de Geri Keller 1.

Une main de bois commence à parler

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2.

C’est de l’histoire ancienne – que pouvons-nous faire? 17

3.

La fermentation évangélique du vin

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4.

Essor et déclin de la Réforme

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5.

Les débuts de l’anabaptisme

36

6.

Pas de retour possible

47

7.

Héros de la foi à Berne

59

8.

Je l’appelle Réforme à la base

63

9.

La tragédie anabaptiste au Nord et à l’Est de la Suisse 72

10.

Evolutions vers le présent

85

11.

Pas de prescription pénale pour la réconciliation

92

Epilogue Bibliographie


PRÉFACE Ce livre est une première. L’auteur nous ouvre son cœur pour faire refléter l’histoire de la Réforme et du mouvement anabaptiste comme les hauts sommets se reflètent dans un lac de montagne aux eaux limpides. Nous y prenons une part directe et originale. L’écrivain décrit l’histoire anabaptiste comme une personne très concernée, qui se trahit, sans notes en pied de page, ni filet de sécurité. Cette toile historique est tissée avec les fils précieux d’une expérience de la vie, d’une envie et de combats. L’année passée encore, Paul Veraguth était assis sur le banc des accusés usé des perturbateurs de l’Eglise, alors que lui et sa famille faisaient la une des journaux. Dans cette situation, son héritage anabaptiste se révéla une force portante qui s’engage pour le Seigneur du sermon sur la Montagne. Il renonça à riposter et choisit sciemment le chemin de la réconciliation. Après-coup, nous pouvons être reconnaissants que ce sursis l’ait légitimé à écrire un livre qui ne met plus de sel dans les anciennes blessures, mais qui apporte la guérison et montre l’avenir. Il contient aussi des requêtes très concrètes adressées à l’Eglise actuelle. Leur proximité et leur solidarité envers l’Etat ont procuré aux grandes Eglises historiques une situation de monopole qui les rend souvent aveugles à l’existence et aux besoins du Lazare des Eglises libres situées devant leur porte. C’est pourquoi le synode protestant suisse a sollicité il y a 15 ans «que parmi les tâches les plus urgentes aujourd’hui, il fallait faire des efforts pour approfondir la rencontre et l’échange entre les Eglises évangéliques et les communautés». Cela est plus qu’une simple communion ponctuelle régulière autour de quelques actions. Une véritable communion signifie être prêt à s’écouter et à apprendre l’un de l’autre. Le mouvement anabaptiste n’était pas un accident, tout comme Paul n’était pas le dernier apôtre, ni un «enfant anormal», un accident pour 6


l’Eglise de l’époque, mais un architecte indispensable à l’unité des chrétiens. Les Réformateurs et nous avec eux aurions bien fait de prêter attention à la parole prophétique «comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour vienne à paraître et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs» (2 Pierre 1, 19). Estce que Dieu dans sa grâce ne fait pas descendre une nouvelle fois du ciel cette nappe de lin, comme chez Pierre, mais remplie cette fois-ci de contenu anabaptiste et d’Eglise libre, et nous dit: «Debout... et mange!» (Actes 10, 13)? Le tout est aussi une requête adressée aux Eglises libres. Qu’elles le sachent ou non, elles descendent en fait des anabaptistes. Leur dévouement et le témoignage par le sang étaient la semence qui permet à de nombreux mouvements et Eglises libres de se constituer. C’est la nature des choses que «libre» ne signifie pas simplement libre de l’état et de la tutelle cléricale, mais peut aussi être mal compris au sens de libre de l’histoire. Bien sûr, nous avons avant tout et surtout nos racines en Jésus, mais nous les avons aussi dans l’histoire, sinon nous devenons des «êtres de l’instant», comme Jésus l’a une fois expliqué dans la parole du semeur. Et comme, pour l’amour de la Parole, afflictions ou persécutions en ont résulté, le scandale est programmé, en d’autres termes: «elle fut brûlée et sécha, faute de racines.» (Mat 13, 6) Dans ce contexte, il est révélateur de savoir que les restes archéologiques sur le Mont des Oliviers à Jérusalem ont été sciemment détruits. On veut ainsi couper un peuple de son histoire et lui enlever les racines de son identité. Honorer le père et la mère, dans notre cas également les pères et mères anabaptistes ou mennonites, est en soi une promesse de vie, justement pour les Eglises libres secouées de nos jours par les crises. En toute humilité disons que ce chapitre de l’histoire de l’Eglise est également une requête adressée aux anabaptistes eux-mêmes. Ils ont recueilli l’héritage valable pour chaque chrétien et chaque Eglise, 7


à savoir être sel de la terre et lumière du monde. Pendant des siècles, ils ont ébranlé les Eglises d’état et les systèmes sociaux. Ils ont fait luire leur lumière, même au fond des cachots les plus sombres. Ils étaient une ville sur la montagne, en Suisse sur le plateau jurassien, qui ne pouvait rester cachée. Dieu a rendu les fronts de ces témoins de la vérité «comme du diamant, plus durs que le roc» (Ezéchiel 3, 9). Ils pourraient dire comme Paul: Nous sommes plus des serviteurs du Christ que vous tous, «par les travaux, bien plus; par les coups, bien plus; par les emprisonnements, bien plus. Souvent en danger de mort.» (2 Corinthiens 11, 23) Aujourd’hui, ils ont leur place dans le calendrier dit des pasteurs, en Suisse. Les formes et les structures de la communauté sont consolidées, la formation théologique des prédicateurs est adaptée aux standards habituels. Et pourtant nous le savons: Que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme? Si le sel perd de sa saveur, il ne sert à rien. Ce n’est ni une exigence, ni une menace. La Parole de Jésus est valable pour tous: «Souviens-toi donc d’où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres…» (Apocalypse 2, 5) Mais notre cri le plus profond et notre prière sont que le peuple des anabaptistes puisse une nouvelle fois venir vers son Seigneur, comme Caleb est venu chez Josué pour dire par la foi, malgré son âge avancé: «Je suis encore vigoureux comme au jour où Moïse m’envoya; j’ai autant de force que j’en avais alors, soit pour combattre, soit pour sortir et pour entrer. Donne-moi donc cette montagne dont l’Eternel a parlé dans ce temps-là; car tu as appris alors qu’il s’y trouve des géants, et qu’il y a des villes grandes et fortifiées. L’Eternel sera peut-être avec moi, et je les chasserai.» (Josué 14, 12) Pour finir, nous sommes persuadés que ce processus de réconciliation au sein des milieux évangéliques signifie au sens le plus large également la guérison de notre pays, voire de nos pays. Tous deux, l’Eglise et l’Etat, ont participé avec des fonctions différentes à l’op8


pression et à l’élimination impitoyables du mouvement populaire anabaptiste. La culpabilité n’a pas de prescription aux yeux de Dieu. Si elle n’est pas reconnue et pardonnée, elle continuera à «engendrer le mal». Est-ce un pressentiment qui pousse de plus en plus souvent les hommes politiques séculiers ces dernières années à appeler les torts commis envers les autres nations par leur nom et à demander pardon? Tant que le sang d’Abel hurle, nous nous efforcerons en vain de construire non seulement nos maisons spirituelles, mais aussi notre maison suisse. Nous pouvons certes nous laver les mains dans l’innocence des lois antiracistes, mais la mort reste au fond du pot. Que ce puissant témoignage apporté par un pasteur de campagne soit comme une pierre qui tombe dans l’eau de l’oubli et de l’indifférence pour faire de grands cercles en l’honneur de notre Dieu qui a «renfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous.» (Romains 11, 32) Geri Keller

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1 Une main de bois commence à parler La main prise dans la batteuse Je vois encore mon grand-père devant moi. Dans mes souvenirs, il était un homme qui suivait la voie qu’il s’était fixée. Avec une détermination tranquille. Et une chaude indulgence. Je me souviens de sa main gauche. Elle ne pouvait pas aider. Elle était de bois. Il aurait aimé devenir paysan, et il était bien parti pour y parvenir. Jusqu’au jour où il sortit la paille qui s’était amassée dans la batteuse. Les bœufs qui tournaient en rond pour faire fonctionner la machine s’étaient arrêtés. Mais le signal du départ fut donné trop tôt, et la main gauche de mon grand-père fut tranchée par le mécanisme. Le trajet jusqu’à l’hôpital situé dans la vallée voisine fut un vrai supplice; la liaison la plus rapide à l’époque était le chemin de fer. Ce jour-là, un rêve d’enfant mourut. Cette invalidité donna toutefois naissance à un instituteur. Et une vie d’homme en fut marquée, comme elle marqua elle-même bien d’autres vies. En même temps – et cela je ne l’ai remarqué que récemment –, cet événement revêtit pour moi une signification prophétique pour toute l’histoire anabaptiste.

Un simple exposé Dernièrement, la Fondation Schleife à Winterthour me demanda de présenter l’histoire du mouvement anabaptiste. Tous les collaborateurs s’étaient réunis lors de cette soirée organisée vers la fin de 10


l’automne. C’était le début d’une retraite. Elle ne devait pas faire office d’exhibitionnisme au sens de: «Qu’avons-nous atteint? Où avons-nous des problèmes? Quelles sont nos visions actuelles?» Tous étaient venus pour faire face à une amère réalité: l’héritage de l’Eglise réformée. Il s’agit des origines non avouées de l’Eglise réformée liées aux enfantements virulents de la première Eglise libre. Tous deux sont inséparables. Voilà de quoi il s’agissait ce soir-là. Nous avons étudié la fin abrupte d’une percée saine: la Réforme qui déboucha sur la persécution des anabaptistes dans le sang. Nous ne voulions cependant pas nous laisser entraîner dans des accusations. Une autre perspective dominait le tout: la réconciliation et la guérison de part et d’autre, celle de l’Eglise réformée d’Etat et celle de l’Eglise libre anabaptiste exclue. Jésus lui-même libère cette réconciliation et cette guérison dans le sermon sur la Montagne et par sa mort. Au vu de ce sujet particulièrement imposant et rempli de défis, j’avais l’impression que mes recherches et les notes prises sur quelques bouts de papier ne rendraient pas cette soirée vivante. Pendant que j’étais ainsi encore à l’écoute de Dieu, je vis tout à coup cette main devant moi, la main de bois de mon grand-père. Mais je vis surtout l’autre main, celle en chair et en os, la main tranchée. Et même si cela peut sembler bizarre, mon œil spirituel vit se développer l’explication du sujet tout entier: mon grand-père et sa main tranchée devinrent le symbole du destin des anabaptistes.

Dieu se mit tout à coup à parler Encore troublé par cette vision bizarre, je me posais intérieurement la question si tout cela n’était pas tiré par les cheveux, trop téméraire, trop audacieux. C’est ainsi que je commençai mon exposé. 11


Puis ce fut le «coup de foudre». La confusion s’installa. Il n’était plus possible de cacher cette «main tranchée», ni de la refouler, ni de la bannir par des arguments. Elle était là devant nous. Et par elle était libéré un cri muet. La main criait et voulait se rattacher au corps, le corps à la main. C’était le premier épisode. Le passé avait rattrapé notre auditoire. Au cours de la soirée, la main continua de parler, de choses que je n’avais même pas préparées; elle était loquace, contrairement à sa copie de bois. Rétrospectivement, je ne puis que dire: c’est grâce à un trait de lumière biographique que Dieu a lancé son appel. L’histoire a été touchée par une force prophétique.

La dernière solution Permets-moi de te dire, cher lecteur, chère lectrice, ce qui planait également dans la pièce ce soir-là, tout à coup. Une parole de Jésus. C’est une parole tirée du sermon sur la Montagne, cher à Zwingli et aux premiers anabaptistes. Jésus y dit: «Si c’est à cause de ta main droite que tu tombes dans le péché, coupe-la et jette-la loin de toi: il vaut mieux pour toi perdre un seul membre de ton corps que d’aller tout entier en enfer» (Matthieu 5, 30). Cette parole est d’un radical incroyable. Et pourtant, elle a uniquement pour but de préserver l’humanité du pire. Une parole de salut, même si elle fait mal. Et pourtant cette parole peut devenir effrayante si elle est mal comprise ou mal appliquée! Quelle situation tragique si l’interprétation en est fausse: les Réformateurs et également les chefs d’Eglise n’ont pas trouvé d’autre issue au cours des deux siècles suivants pour assurer la pérennité de l’Eglise que de trancher rigoureusement ce membre non-conformiste, c.-à-d. de trancher la «main» des anabaptistes. 12


Le corps – une tâche pour notre génération Nous vivons aujourd’hui à une époque où le passé nous rattrape. Je ne sais pas pourquoi il est plus difficile actuellement que par le passé de garder les tabous secrets et de cacher de vieux torts. Pourtant, je pars du fait que Dieu nous donne une chance aujourd’hui de retrouver ce qui était perdu en passant par la réconciliation et de reconsidérer dans une lumière nouvelle ce qui avait été rejeté. Peut-être parce qu’à l’avenir nous aurons encore plus besoin les uns des autres au sein du «corps du Christ». C’est ainsi que Jésus-Christ voit et appelle son Eglise – sur place et dans le monde entier. Un corps cependant, à qui il manque une main, est un organisme très handicapé. Car la main est indispensable à son activité. Dans le corps du Christ, la main est l’Eglise de l’action, de l’amour actif. Rares étaient les formes d’Eglises où l’amour actif du prochain avait été vécu aussi profondément que par les anabaptistes. Certaines personnes qui considèrent aujourd’hui encore l’anabaptisme comme une terrible fausse voie le leur concèdent. Dans ce domaine, les anabaptistes disposent d’une vaste expérience. Elle provient de leur principe évangélique, basé sur le sermon sur la Montagne. La période de souffrance et d’épreuve a également approfondi leur expérience. Nous ne pouvons pas passer à côté de ce trésor. Nous résumons tout au plus le tout par une parole adressée aux Corinthiens: «L’œil ou un autre membre ne peut pas dire à la main: Je n’ai pas besoin de toi» (d’après 1 Corinthiens 12, 21). C’est là qu’un défi est lancé à notre génération!

Personnellement concerné Tout ce qui est écrit ici coule de la plume et de la perspective d’un pasteur de l’Eglise nationale, en fonction depuis bientôt 19 ans, 13


dans la paroisse de Wattenwil près de Thoune. Pour moi, la situation est un peu spéciale à deux égards: d’une part, je suis moi-même un descendant de cette lignée qui remonte à la première histoire anabaptiste, mais je travaille dans l’institution qui a persécuté ces personnes par le sang. D’autre part, notre église du village est née suite à une résolution cantonale destinée à contrôler à long terme le mouvement anabaptiste. C’était en 1683. C’est l’église où je travaille, je prêche, je baptise, je marie et j’enterre. On pense que la situation ici n’était pas différente de celle à d’autres endroits: les églises de contrôle des anabaptistes ont été construites avec les biens d’anabaptistes expropriés. C’est pourquoi l’histoire anabaptiste est en quelque sorte toujours latente chez nous dans la paroisse et chez moi en tant qu’individu. J’anticipe un peu, mais les premiers signes de réconciliation étaient un culte de repentance, une prière de libération de vieux torts et une après-midi d’intercession. Nous avons déjà accueilli quatre fois chez nous la chorale de l’université anabaptiste de Hesston (Etats-Unis). Et nous espérons que d’autres signes et pas suivront.

Le souffle du passé dans les sapins Pour finir, je dois reconnaître que je suis amoureux de la région colonisée par les anabaptistes bannis: les Franches Montagnes jurassiennes. J’y ai passé de nombreuses semaines. Enfant, je passais mes vacances chez le couple d’instituteurs, chez «grand-père» avec sa main de bois et son autre main si forte et si douce à la fois qui nous caressait, nous les petits-enfants. Celui qui a visité cette région limitrophe de la Suisse rencontre partout cette volonté intacte de gérer sa propre vie religieuse, à travers toutes les traces de l’histoire. Même si les temps ont changé, on y trouve aussi cette com14


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