DESSINS ANCIENS & DU XIXe SIÈCLE
Mercredi 25 mars 2026 – 17h
7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault
75008 Paris


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Mercredi 25 mars 2026 – 17h
7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault
75008 Paris


Mercredi 25 mars 2026 – 17h
7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault 75008 Paris

Matthieu Fournier Vice-président, Commissaire-priseur

Matthias Ambroselli Spécialiste

Blanche Llaurens Catalogueur

Margaux Amiot Administratrice sénior

Léa Pailler Administratrice

Martin Guesnet International senior advisor

Nicolas Beurret Directeur associé
Artcurial Beurret
Bailly Widmer, Suisse

Miriam Krohne Directrice Allemagne

Emmanuel Bailly Directeur associé
Artcurial Beurret Bailly Widmer, Suisse

Vinciane de Traux Directrice Associée Belgique

Markus Schöb Directeur associé
Artcurial Beurret
Bailly Widmer, Suisse

Emilie Volka Directrice Italie

Nadja Scribante Amstutz Directrice Suisse romande

Olivier Berman Directeur Maroc

de Marzio Directrice Monaco
vente n° 6331
Téléphone pendant l’exposition
Tél. : +33 (0)1 42 99 20 26
Vendredi 20 mars 11h – 18h
Samedi 21 mars 11h – 18h
Dimanche 22 mars 14h – 18h
Lundi 23 mars 11h – 18h
Mardi 24 mars 11h-18h
Mercredi 25 mars 11h-17h
Photographe Sylvain Rousseau
Graphistes
Rose de La Chapelle Romane Marliot
Mercredi 25 mars 2026 – 17h
Commissaire-priseur
Matthieu Fournier
Spécialistes
Maîtres anciens & du XIXe siècle Matthieu Fournier
Tél. : +33 (0)1 42 99 20 26 mfournier@artcurial.com
Matthias Ambroselli
Tél. : +33 (0)1 42 99 20 03 mambroselli@artcurial.com
Catalogueur
Blanche Llaurens
Tél. : +33 (0)1 42 99 20 53 bllaurens@artcurial.com
Informations
Léa Pailler
Tél. : +33 (0)1 42 99 16 50 lpailler@artcurial.com
Louise Lozier
Tél. : +33 (0)1 42 99 20 07 llozier@artcurial.com
Experts
Dessins anciens & du XIXe siècle
Cabinet de Bayser
Le lot 6 précédé du symbole m est en importation temporaire, en provenance hors CEE. L’adjudication est HT. La TVA réduite à 5,5 % s’applique sur l’adjudication et la commission de vente.
Les lots 86, 87, 88, 89, 90, 91, 93, 96, 97, 98, 99, 100, 101, 102, 104, 105, 106 sont présentés par une société entretenant un lien professionnel avec la maison de vente
Pour le lot 51 précédé du symbole ■, l’adjudication du lot est TTC. La TVA au taux réduit de 5,5 % s’applique sur l’adjudication et la commission de vente. Cette TVA est récupérable pour le professionnel français. Elle est remboursable pour un acheteur hors UE sur présentation des justificatifs d’exportation hors UE ou pour un adjudicataire professionnel justifiant d’un numéro de TVA intracommunautaire et d’un document prouvant la livraison dans l’État membre.
Tél. : +33 (0)1 47 03 49 87 expert@debayser.com
Nous remercions Maximilien Coulon pour son aide à la rédaction de ce catalogue.
Catalogue en ligne www.artcurial.com
Comptabilité acheteurs
Tél. : +33 (0)1 42 99 20 71 salesaccount@artcurial.com
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Transport et douane Lou Dupont
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Ordres d’achat, enchères par téléphone
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ALAUX, Jean, dit Le Romain – 63
AMAND, Jacques-François (attr. à) – 25
BACKER, Jacob Adriaensz – 19
BISON, Giuseppe Bernardino – 22 BISSCHOP, Jan de – 16
BLANCHET, Thomas (attr. à) – 32
BOUGUEREAU, William – 114, 115, 116, 117, 118, 119, 120
BOURGEOIS, Constant – 64
CAMUCCINI, Vincenzo – 9
CARPEAUX, Jean-Baptiste - 121 CARUELLE d’ALIGNY, Théodore – 83
CAYLUS, COMTE de – 49, 50
COGNIET, Léon – 79
CORNEILLE, Jean-Baptiste – 31
COUTURE, Thomas – 123
COYPEL, Antoine – 29, 33
CRETI, Donato – 6
DAGNAN-BOUVERET, Pascal Adolphe Jean – 131
DAVID, Jacques-Louis – 47
DELACROIX, Eugène – 69, 70, 71, 72, 73, 75, 76, 78, 80
DELAROCHE, Paul – 58
DELAUNAY, Jules-Elie – 124 DEMONT-BRETON, Virginie – 129 DEVERIA, Achille – 85 DORÉ, Gustave – 125 DREUX, Alfred de – 107
DROUAIS, Jean-Germain – 54
DROZ, Jean-Pierre – 52 DUCROS, Abraham-Louis-Rodolphe – 27
EISEN, Charles-Dominique-Joseph – 45
FONTEBASSO, Francesco – 8 FROMENTIN, Eugène – 109
GAGLIARDI, Pietro – 1
GARNERAY, Auguste – 66
GÉRICAULT, Théodore – 67, 74
GÉRÔME, Jean-Léon – 111, 112 GIRODET de ROUCY-TRIOSON, Anne-Louis – 46
GOYEN, Jan van – 17
GROS, Antoine-Jean dit baron Gros – 62 GUYS, Constantin – 122
HELLEU, Paul César – 127
HOUËL, Jean-Pierre – 86, 87, 88, 89, 90, 91, 92, 93, 94, 95, 96, 97, 98, 99, 100, 101, 102, 103, 104, 105
HUYSUM, Jan van – 18
INGRES, Jean-Auguste-Dominique – 77, 81, 82
JANINET, Jean-François – 106
JONGKIND, Johan Barthold – 128
KEISERMANN, François – 13, 14, 28
LAGRENÉE, Jean-Jacques – 43
LÈBRE, André – 35
LÉPICIÉ, Nicolas-Bernard – 36
LE PRINCE, Jean-Baptiste – 42
LEQUEU, Jean-Jacques – 53
LE SIDANER, Henri – 132
LIGOZZI, Jacopo – 4
MARÉCHAL, Jean-Baptiste – 51
MARTIN, Henri-Jean-Guillaume – 133
MADRAZO y GARRETA, Raimundo de – 130
MAYER, Luigi (attr. à) – 26
MAZZOLA, Girolamo Francesco, dit Il Parmigianino – 2, 3
MEULEN, Adam-François van der – 20
MICHEL, Joseph, dit Michel de Toulon – 23
MOREAU, Jean-Michel, dit Moreau le Jeune – 38, 41, 44
NATOIRE, Charles-Joseph – 39
NICOLLE, Victor-Jean – 21
PANINI, Giovanni Paolo – 12
PÉRIGNON, Alexis Joseph – 110
PIAZZETTA, Giovanni Battista (attr. à) – 5
PICART, Bernard – 30
PILLEMENT, Jean – 34
PINELLI, Bartolomeo – 13, 14
PRUD’HON, Pierre-Paul – 68
REGNAULT, Henri - 113
ROBERT, Hubert – 40
ROMANI, Juana – 126
ROUSSEAU, Théodore – 108
SCHWARZ, Christoph – 15
THIBAULT, Jean-Thomas (attr. à) – 24
TOURCATY, Jean-François – 65
VAN LOO, Carle – 37
VAUDOYER, Antoine-Laurent-Thomas – 55, 56
VERNET, Horace – 84
VIGÉE LE BRUN, Élisabeth Louise – 48
VOLPATO, Giovanni - 7
ZIX, Benjamin – 64

Rome, 1809 – Frascati, 1890
Le repos pendant la fuite en Égypte
Plume et encre brune, lavis brun sur traits de crayon
Annoté ’Gagliardi / bozzetto per l’affresco a S. Agostino’ au crayon au verso
29 × 44.5 cm
Sans cadre
The rest on the flight into Egypt, pen and brown ink, brown wash on pencil, by P. Gagliardi
11.41 × 17.51 in.
1 500 - 2 000 €
Notre dessin constitue une étude pour une fresque se trouvant dans la basilique Sant’Agostino in Campo Marzio (Rome). Cette fresque, représentant la Fuite en Égypte (fig. 1), fait partie d’un cycle réalisé entre 1854 et 1868 autour de la vie de la Vierge qui orne la nef centrale de la basilique.

Parme, 1503 - Casalmaggiore, 1540 Étude de tête d’homme de profil portant un masque de satyre Plume, encre brune et lavis brun Porte le numéro ’260’ et annoté ’Parmig...’ en bas à droite 11 × 7.5 cm
Provenance :
Chez Jean-Luc Baroni en 2019 ; Acquis auprès de ce dernier par l’actuelle propriétaire ; Collection particulière, Paris
Study of a man’s head in profile wearing a satyr mask, pen, brown ink and wash, by G. F. M. Mazzola, called Il Parmigianino 4.33 × 2.95 in.
30 000 - 40 000 €
Il est possible de dater notre dessin de la dernière période de Parmesan après son retour à Parme en 1530. Nous retrouvons l’emploi de croisillons réalisés à la plume et cette légèreté d’exécution dans les traits de nombreuses études de têtes aujourd’hui conservées dans divers musées et en collections particulières : collection du duc de Devonshire
(inv. 342), Londres, British Museum (inv. Pp, 2-132), Vienne, Albertina (inv. 2623). Nous observons également la même inspiration antique de l’homme portant le masque de Silène, dans une feuille du musée du Louvre (inv. 6652, fig. 1), elle aussi datée lors de l’exposition de 2015 des dernières années de l’artiste à Parme1
Nous remercions le professeur David Ekserdjian, qui nous a aimablement confirmé l’authenticité de ce dessin dans un courriel en date du 15 janvier 2026 et après un examen de visu en date du 20 janvier 2026.
1. Voir D. Cordellier, L. Angelucci, L. Lhinares, R. Serra, Parmigianino, dessins du Louvre, catalogue d’exposition 17 décembre 2015 – 15 février 2016, n° 61, repr. p. 159

1

Girolamo Francesco MAZZOLA, dit IL PARMIGIANINO
Parme, 1503 - Casalmaggiore, 1540
Deux études de figures drapées au violon
Plume et encre brune
Collé en plein sur un montage ancien (numéroté en haut à gauche au crayon noir 2.395.6.6, et en haut à droite 91)
Annoté ’école italienne. Parmesan, tiré du cabinet Denon, ce dessin et celui qui suit ont été vendus 72 francs à cette vente Denon’ au verso du montage à l’encre brune
10,5 × 5 cm
10,5 × 5,5 cm
Sans cadre
Provenance : Probablement collection de Thomas Howard, comte d’Arundel (1585-1646) ; Probablement collection d’Anton Maria Zanetti l’Ancien (1680-1767) ; Collection de Dominique-Vivant Denon (1747-1825), son cachet (L.779) en bas à droite ; Probablement sa vente, Paris, 1er mai 1826, n° 395 ; Collection Defer-Dumesnil, son cachet (L.739) en bas à gauche du montage ; Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Me Néret-Minet, 5 février 2004, n° 14-15, repr. ; Collection particulière, Paris
Two studies of draped figures with violin, pen and brown ink, by G. F. M. Mazzola, called Il Parmigianino
4.13 × 1.97 in. & 4.13 × 2.16 in.
60 000 - 80 000 €
Sans être directement préparatoires à une œuvre connue, ces deux esquisses peuvent être rapprochées du travail de Parmesan à l’église Santa Maria della Steccata, lorsqu’il revient à Parme en 1530. Parmesan travaille sur ce projet de décor de 1530 à 1539, avant d’être écarté du chantier par le conseil de la fabrique de l’église, las de ne pas voir le projet évoluer. Le thème musical de nos dessins se rapproche de celui des figures peintes par Parmesan qui ornaient les volets de l’orgue de Santa Maria della Steccata. Elles représentent David et sainte Cécile, tenant des violes. Peintes bien avant, on suppose qu’elles furent
exécutées pour l’orgue de l’oratoire de San Giovanni della Steccata, avant la construction de l’église (selon différentes hypothèses, entre 1521 et 1524). Les deux peintures, abîmées et largement repeintes, ornent maintenant les murs de l’église. Tout au long de sa carrière, Parmesan représente des figures jouant de la musique, aussi bien en peintures qu’en dessins. Il s’agit pour lui de la représentation de l’ineffable autant que du plaisir mélomane. Comme Léonard de Vinci, « Francesco se plaisait à jouer du luth, son esprit et sa main y étaient si disposés, qu’il ne fut pas moins excellent en cela que dans la peinture », nous rapporte Vasari
dans ses Vite 1. La musique semble avoir été une importante source d’inspiration quand Parmesan était au travail, comme l’indique Dominique Cordellier dans le catalogue qu’il consacre aux dessins de l’artiste2
Concernant la provenance, l’historien de l’art britannique
Arthur E. Popham écrit dans son catalogue en 1971 que tous les dessins de Parmesan de la collection d’Anton Maria Zanetti (il en possédait cent-trente) provenaient de la collection du comte d’Arundel. Il ajoute que les quarante dessins de la collection DominiqueVivant Denon provenaient tous de chez Zanetti3
Nous remercions le professeur David Ekserdjian de nous avoir aimablement confirmé l’authenticité de ces dessins dans un courriel en date du 6 octobre 2025 et après un examen de visu en date du 20 janvier 2026.
1. Giorgio Vasari, Vite, édition de 1568, éd. Bettarini et Barocchi, Florence, 1967-1969, IV, p. 545.
2. Voir le catalogue d’exposition, Parmigianino Dessins du Louvre, Paris, ed. Musée du Louvre, 2015, p. 17.
3. Voir Arthur E. Popham, Catalogue of the Drawings of Parmigianino, 3 vol., New Haven et Londres, ed. Yale University Press, 1971.


Jacopo LIGOZZI
Vérone, 1547 - Florence, 1627
Dante et Virgile au tribunal de Minos, le deuxième cercle de l’Enfer réservé aux péchés de luxure ; cinquième chant de l’Enfer de Dante
Plume et encre brune, lavis brun et rehauts d’or
Annoté des identifications des personnages ’Chleopatra / Francesca / Paolo da rimini / MINOS’ sur la feuille 20.5 × 28 cm
(Petites déchirures restaurées)
Dans un cadre a cassetta en bois et décor en pastiglia doré à motif de feuilles de lauriers et agrafes dans les angles, travail italien de la première partie du XVIIe siècle
Provenance : Collection Narcisse Revil (1779-1844) ; Sa vente, Paris, Me Bonnefons, 28 février 1845, n° 34 (« Le Dante et Virgile, près du tribunal de Minos, qui décide du sort des âmes condamnées pour les péchés charnels, et que l’on voit précipitées dans l’abîme par un tourbillon ; de ce nombre Françoise, duchesse de Rimini et son amant »), une ancienne étiquette au verso ;
Ce dessin, redécouvert après plus de 150 ans, fait partie d’un ensemble de créations dantesques exécutées par Jacopo Ligozzi entre 1587 et 1588. Nous connaissions cinq autres compositions dessinées, de mêmes dimensions, en lien avec la Divine Comédie. Quatre se rapportent à l’Enfer : trois sont conservées à Oxford, Christ Church (inv. 233, 234, 235) et une autre à l’Albertina de Vienne (inv. 1660). Une autre conservée au musée du Louvre illustre Le Purgatoire (inv. 5038). Par ailleurs, il est possible de rapprocher du corpus de Ligozzi quatre autres tableaux de la même époque représentant d’autres scènes de l’Enfer1, aujourd’hui conservés à Locko Park (Grande-Bretagne).
Collection Adolphe Mouriau (1805-1865 ?), son cachet (L.1853) en bas à gauche ; Sa vente, Paris, Me Delbergue-Cormont, 11-12 mars 1858, n° 169 (« Superbe dessin dont le sujet est tiré du Dante. On y voit Paul et Françoise de Rimini précipités dans les abîmes (...) dessiné avec tout l’art possible à la plume, lavé au bistre et relevé d’or », 180 fr.)
Collection du grand-père de l’actuel propriétaire depuis au moins les années 1920 ; Collection particulière, Marseille
Bibliographie :
Henri Mireur, Dictionnaire des ventes d’art, tome IV, Paris, 1911, p. 333 Lucilla Conigliello, Ligozzi, Paris, 2005, mentionné p. 68, sous le n° 4 Alessandro Cecchi, Lucilla Conigliello, Marzia Faietti, Jacopo Ligozzi “pittore universalissimo”, Florence, 2014, p. 170, sous le n° 62
Œuvres en rapport : Dante dans la forêt sombre (Enfer I) ; Dante et les trois fauves (Enfer I) ; Dante sur le rivage de l’Achéron (Enfer I), Christ Church, Oxford, Inv. 233-234-235, voir Byam Shaw, Drawings by Old Masters at Chris Church Oxford, Oxford, 1976)
L’apparition de Béatrice à Virgile (Enfer II), Vienne, Albertina, inv. 1660 Dante et Virgile au seuil de l’Enfer (Enfer III), connu par une gravure de Aegidius Sadeler
Deuxième songe de Dante (La Divine Comédie, Purgatoire XIX), Musée du Louvre, Cabinet d’Arts Graphiques, inv. 5038, voir Lucilla Conigliello, Ligozzi, Paris, 2005, n° 4, repr.
Dante and Virgil at the Minos Tribunal, pen and brown ink, brown wash and gold highlights, by J. Ligozzi 8.07 × 11.02 in.
100 000 - 150 000 €
Dante naît à Florence en 1265 et meurt à Ravenne en 1321.
Exilé de sa ville natale en raison de son opposition au pape Boniface VIII qui soutient les Guelfes noirs, Dante se lance dans la rédaction de la Comédie entre 1304 et 1321.
L’ouvrage comprend trois parties : l’Enfer, rédigé entre 1304 et 1307, le Purgatoire entre 1308 et 1314, le Paradis entre 1316 et 1321. C’est Boccace qui le premier la nomme Divina Commedia entre 1357 et 1362. Les poèmes de Dante connaissent un important succès à Florence en cette fin de siècle maniériste. D’autres artistes, tels Federico Zuccaro, Jan van der Straet et Ludovico Cigoli, se lancent sur les traces de Botticelli, qui avait illustré la Divine Comédie de Dante vers 1485–1495, et tentent de lui
succéder avec plus ou moins de succès. La manière précieuse de Ligozzi donne l’interprétation la plus élaborée. Les dessins, de petites dimensions, sont conçus comme de précieuses miniatures en camaïeu enrichies de gouache dorée. Originaire de Vérone, Ligozzi vient chercher à Florence en 1577 la protection du grand-duc Francesco I de Medici. Artiste protéiforme, il illustre d’après nature de somptueuses aquarelles naturalistes de plantes et d’animaux, ainsi qu’une fameuse série de costumes de l’Empire Ottoman. Il devient membre de l’Accademia del disegno en 1582 et travaille à la décoration de la Tribune des Offices. Proche des Médicis, il est le maître de dessin de Marie de Médicis et conçoit le décor éphémère pour les
obsèques de Francesco I dans l’église San Lorenzo. Rien n’arrête son imagination fertile et savante : il peint des enluminures à l’or, exécute des peintures sur ardoise, décore a fresco le cloître de l’église des Ognisanti, projette des broderies…
Ligozzi est connu pour une production que nous pourrions qualifier de « bizarreries », et ses Memento Mori sont parmi les plus saisissants de son époque. La série dantesque le montre à son sommet, entre poésie macabre et science du rehaut acéré comme un poignard effilé.
1. Ils sont attribués à Jacopo Ligozzi par Michael Brunner (Die Illustrierung von Dantes Divina Commedia, MunichBerlin, 1999, p. 89-92, 134-148 et 296-304).


Jacopo LIGOZZI
Vérone, 1547 - Florence, 1627
Dante et Virgile au tribunal de Minos, le deuxième cercle de l’Enfer réservé aux péchés de luxure ; cinquième chant de l’Enfer de Dante
L’épisode représenté illustre le Chant V de L’Enfer, lorsque Dante et Virgile arrivent au Deuxième cercle et se trouvent face à Minos, qui juge les âmes selon leurs fautes et les répartit. Le second cercle est réservé aux péchés de luxure. Les âmes errent dans l’obscurité la plus complète, tandis qu’un infernal vent mugit continuellement et malmène les pécheurs sans repos, en apesanteur éternelle. À ce tourment sont condamnés les pécheurs de chair, qui soumettent la raison à la passion. Devant Dante, défilent Sémiramis, Cléopâtre la luxurieuse, Hélène, Pâris, Tristan, Didon… Puis viennent Francesca de Rimini et Paolo Malatesta.
Francesca de Polenta naît à Ravenne et épouse Gianciotto Malatesta, seigneur de Rimini, vers 1275. Elle est ravissante, il est boiteux, louche et difforme. Ils ont une fille. Francesca s’éprend de son beau-frère Paolo, lui-même marié avec enfant, aussi beau que son mari est laid. Le mari outragé les surprend ensemble et les transperce d’un coup d’épée, les unissant dans la mort. Le meurtre a lieu entre 1283 et 1286. Francesca était la tante de Guido Novello de Polenta, chez qui Dante, à Ravenne, passa les dernières années de sa vie. Dante reconnaît la malheureuse Francesca emportée dans la tourmente avec son amant.
« Puis je me retournai vers eux et je leur dis, Pour commencer : « Francesca, tes souffrances Jusques aux pleurs me font triste et pieux.
Mais dis encore : au temps des doux soupirs
A quoi, comment Amour vous permit-il
De vous douter de vos désirs obscurs ? »
« Nulle douleur n’est pire, me dit-elle,
Que de garder du temps heureux mémoire
Dans le malheur : ton docteur le sait bien.
Mais de savoir la racine première
De notre amour, si tu en as envie,
Je serai celle-là qui pleure, mais qui dit.
Certain jour, par plaisir, nous lisions dans le livre
De Lancelot comment amour le prit :
Nous étions seuls, sans nous douter de rien.
A plusieurs fois cette lecture fit
Que relevant les yeux, ensemble nous pâlîmes.
Mais un passage seul a triomphé de nous :
Lorsque nous eûmes lu, du désiré sourire,
Qu’il fut baisé par un si bel amant,
Lui qui jamais de moi ne sera retranché,
Il me baisa, tout en tremblant, la bouche.
Le livre, et son auteur, fut notre Galehaut :
Pas plus avant, ce jour-là, nous n’y lûmes. »
Tandis que nous parlait l’une de ces deux âmes, L’autre pleurait, si bien que de pitié
Je me pâmai, comme si je mourais ;
Et je tombai comme tombe un cadavre. »
(Source : Dante, La Divine Comédie, Traduction Henri Longnon, Paris, éd. Classiques Garnier, 1999)
Ce récit bouleverse Dante car il lui rappelle son amour impossible pour Béatrice. Comme nous l’explique Daniel Thierry (La Divine Comédie L’univers de Dante, Paris, 2025, ed. Gourcuff Gradenigo, p. 354), l’histoire de Paolo et Francesca devient, à l’instar
de Roméo et Juliette, emblématique de l’amour tragique, mêlant alliance dynastique et passion interdite.
De Ingres à Dante Gabriel Rossetti, en passant par Ary Scheffer, ce thème donnera aux peintres romantiques l’une de ses plus belles inspirations.


Attribué à Giovanni Battista PIAZZETTA
Venise, 1683-1754
Étude de tête d’homme
Pierre noire, estompe et rehauts de craie blanche
30.5 × 20.5 cm (Taches)
Provenance : Vente anonyme ; Londres, Sloane Street Auctions, 3 juillet 2024, n° 256
Study of a man’s head, black chalk and white chalk highlights, attr. to G. B. Piazzetta 12.01 × 8.07 in.
4 000 - 6 000 €
Giovanni Battista Piazzetta est connu pour ses études de têtes à la pierre noire et rehauts de blancs. Elles sont souvent des œuvres en elles-mêmes et peuvent être exécutées en plusieurs exemplaires. Selon Giambattista Albrizzi, son mécène et premier biographe, Piazzetta tirait une grande partie de ses revenus de la vente de ces dessins : « Marié et père de famille, il subvenait quotidiennement aux besoins de ses enfants en dessinant, à la pierre noire ou au crayon comme à son habitude, sur papier, des portraits grandeur nature »1
Et Antoine Joseph Dezallier d’Argenville d’ajouter dans sa biographie sur Piazzetta : « La quantité d’études, de têtes, de demi-figures, et d’académies qu’il a faites au crayon et au pastel, sur le papier teinté, au crayon noir et rouge, sont en grand nombre ; ce recueil fait connaître toute l’étendue de son génie, et combien il avait conservé d’esprit jusqu’à l’âge le plus avancé. Il a souvent dit à ses amis, que ces morceaux lui avaient fait gagner plus de sept mille sequins : l’argent était selon lui peu de chose, et il le dépensait facilement »2
Nous connaissons trois autres versions de ce dessin, dont une conservée à Paris à la Fondation Custodia, une autre à la Royal Collection Trust à Londres (inv. RCIN 990756), et une dernière considérée comme une copie au musée Correr à Venise.
1. Voir G. Albrizzi, Studj di Pittura gia dissegnati da Giambattista Piazzetta, Venise, 1760, in Memorie interno alla vita di Giambatista Piazzetta
2. Voir Antoine Joseph Dezallier d’Argenville, Abrégé de la vie des plus fameux peintres, Paris, 1762, T.I, p. 320
m 6
Donato CRETI
Crémone, 1671 – Bologne, 1749
La glorification de saint Antoine de Padoue

Plume et encre brune, lavis brun 53.4 × 40.6 cm
Provenance : Collection particulière, Royaume-Uni
The glorification of Saint Anthony of Padua, pen and brown ink, brown wash, by D. Creti
21.02 × 15.98 in.
3 000 - 4 000 €
Notre dessin est à mettre en lien avec le tableau de Donato Creti du musée du Louvre représentant la glorification de saint Antoine de Padoue (inv. RF 1983 55, fig. 1) commandé par le comte Alessandro Fava et exposé dans sa galleria

Fig. 1

7
Giovanni VOLPATO
Bassano del Grappa, 1735 – Rome, 1803
La galerie des statues du musée Pio-Clementino à Rome
Aquarelle gouachée sur trait gravé 52 × 73 cm
Provenance : Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Thierry de Maigret, 21 juin 2023, partie du n° 42 ; Collection particulière du Sud de la France
The statue gallery in Museo Pio Clementino, Rome, gouache and watercolor on engraved line, by G. Volpato 20.47 × 28.74 in.
4 000 - 6 000 €
Venise, 1707-1769
Vénus fait forger par Vulcain des armes pour son fils Énée
Plume et encre brune, lavis brun et lavis de sanguine sur traits de sanguine 41 × 32 cm
Provenance : Collection particulière, Île-de-France
Venus asking Vulcan to forge weapons for her son Aeneas, pen and brown ink, brown and red chalk wash on red chalk pencil, by F. Fontebasso 16.14 × 12.60 in.
6 000 - 8 000 €

Vincenzo CAMUCCINI
Rome, 1771-1844
Tête d’un condamné, d’après Michel-Ange
Sanguine
44 × 32 cm
Provenance : Galerie Lapiccirella, Florence, en 2013 ; Collection particulière, Paris
Bibliographie : Gianna Piantoni de Angelis, Vincenzo Camuccini (1771-1844), Bozzetti e disegni dallo studio dell’artista, cat. exp., Rome, Galleria Nazionale d’Arte Moderna, 1978, p. 12, n° 15
Head of a convicted man, after Michel-Ange, red chalk, by V. Camuccini
17.32 × 12.59 in.
5 000 - 7 000 €
Notre dessin reprend la tête d’un condamné figurant sur la fresque du Jugement dernier peinte par Michel-Ange.



Tête de satyre
Plume, encre brune et lavis brun 10.6 × 9 cm
(Déchirure à gauche)
Provenance : Collection particulière, Venise ; Collection particulière, Florence ; Galerie Lapiccirella, Florence, en 2011 ; Collection particulière, Paris
Head of a satyr, pen, brown ink and brown wash, Italian School, ca. 1600 4.17 × 3.54 in.
1 000 - 1 500 €
Étude de vieillard au chapeau de profil
Plume et encre brune
17.5 × 16.5 cm
Provenance :
Collection Bruce Stirling Ingram (1877-1963), son cachet (L.1405a) au dos ; Galerie Artur Ramon, Barcelone ; Collection particulière, Paris
Study of an old man in profile wearing a hat, pen and brown ink, Neapolitan School, 17th C.
6.89 × 6.46 in.
2 000 - 3 000 €
Giovanni Paolo PANINI
Piacenza, 1691 – Rome, 1765
Caprice architectural
Plume et encre brune, lavis brun et gris Signé, localisé et daté ’G. Paolo / Panini Roma invent (…)1735(?)’ sur la base d’une colonne en bas à gauche
71.5 × 45.5 cm
Provenance : Probablement collection Charles-JosephBarthélemi Giraud (1802-1882) ; Collection Prosper Flury-Hérard (Paris, 1804-Bures-sur-Yvette, 1873), son cachet (L.1015), n° 349 ; Galerie Paul Prouté, Paris, en 1996 ; Acquis auprès de cette dernière par l’actuelle propriétaire ; Collection particulière, France
Architectural caprice, pen and brown ink, brown and grey wash, signed and dated, by G. P. Panini
28.15 × 17.91 in.
10 000 - 15 000 €

et Yverdon, 1765 - Rome, 1833
Rome, 1781-1835
Vue de l’Arc de Constantin, Rome
Aquarelle gouachée et gomme arabique sur traits de plume et encre de Chine Signée et localisée ’Keisermann / Roma’ en bas à gauche
77 × 123 cm
(Restaurations et insolé)
Provenance : Collection de Madame Lagier-Wagnière, château de Perroy ; Collection particulière, Italie
Bibliographie : Daisy Agassiz, François Keiserman. Un paysagiste suisse à Rome. 1765-1833, Lausanne, 1930, p. 24 et pl. 2 Fabio Benzi (dir.), Franz Keiserman. Un paesaggista neoclassico a Roma e la sua bottega, Rome, 2007, p. 51, n° 12
30.31 × 48.42 in.
15 000 - 20 000 €


François KEISERMANN et Yverdon, 1765 - Rome, 1833
Bartolomeo PINELLI
Rome, 1781-1835
Vue du Panthéon, Rome
Aquarelle gouachée et gomme arabique sur traits de plume et encre de Chine 77 × 122 cm (Insolé)
Provenance :
Très probablement collection de Madame Lagier-Wagnière, château de Perroy ; Collection particulière, Italie
Bibliographie :
Très probablement Daisy Agassiz, François Keiserman. Un paysagiste suisse à Rome. 1765-1833, Lausanne, 1930, p. 24 Fabio Benzi (dir.), Franz Keiserman. Un paesaggista neoclassico a Roma e la sua bottega, Rome, 2007, p. 53, n° 14
View of the Pantheon, Rome, gouache watercolor and arabic gum on pen and Indian ink, by F. Keisermann and B. Pinelli
30.31 × 48.03 in.
15 000 - 20 000 €
Munich, vers 1545-1592
Plume et encre brune, lavis gris sur deux feuilles jointes par le milieu
Porte une ancienne étiquette ’Sadeler’ au verso
15.5 × 38.5 cm
(Doublé et insolé)
Sans cadre
Provenance : Collection particulière du Sud de la France
The last Judgement, pen and brown ink, brown wash on two attached sheets, by C. Schwarz
6.10 × 15.16 in
2 000 - 3 000 €
Notre dessin peut être rapproché de la gravure de Johannes Sadeler I réalisée d’après une composition de Christoph Schwarz (Amsterdam, Rijksmuseum, RP-P-OB-5337). Plusieurs éléments de la gravure sont directement empruntés à notre dessin comme le personnage de dos suppliant au premier plan sur la feuille de gauche. L’usage du lavis bleu-gris est caractéristique de la technique de l’artiste.

15

16 - Taille réelle
Amsterdam, 1628 - La Haye, 1671
Plume et encre brune, lavis brun et sanguine
Annoté ’andromede’ en haut à gauche
5.6 × 7 cm
Provenance : Collection particulière, Belgique ; Galerie Onno Van Seggelen Fine Arts en 2018 ; Collection particulière, Paris
Two studies for Andromeda, pen and brown ink, brown wash and red chalk, by J. de Bisschop 2.20 × 2.75 in.
1 000 - 1 500 €

Jan van GOYEN
Leyde, 1596 - La Haye, 1665
Paysage fluvial animé de barques
Crayon noir
Monogrammé et daté ’JVG 1651.’ en bas à droite
11.5 × 19.5 cm
Provenance :
Peut-être collection Nicholas Pocock ; Collection Harry R. Fripp ; Sa vente, Londres, Christie’s, 6 juillet 1976, n° 145 ; Collection particulière, Salzbourg, 1979 ; Vente anonyme ; Paris, Palais d’Orsay, 3 avril 1979, n° 8 ; Vente anonyme ; Paris, Millon, 2 avril 2012, n° 70 ; Acquis lors de cette vente par l’actuel propriétaire ; Collection particulière, Paris
Bibliographie :
Hans-Ulrich Beck, Jan van Goyen 15961656, III. Ergäzungen zum Katalog der Handzeichnungen, Doornspijk, 1987, p. 62-63, n° 251A
A river landscape with boats, pencil, dated, by J. van Goyen 4.52 × 7.67 in.
6 000 - 8 000 €

18
Jan van HUYSUM
Amsterdam, 1682-1749
Bouquet de fleurs dans un vase sur un entablement
Pierre noire, plume et encre brune, lavis brun et gris Filigrane aux armes d’Amsterdam 38.5 × 31 cm (Déchirure dans le haut)
Provenance : Collection van du Buch, son cachet (L.3803) au verso avec le n° 166 ; Collection particulière, Île-de-France
Bouquet of flowers in a vase on an entablature, black chalk, pen, grey and brown wash, by J. van Huysum 15.15 × 12.20 in.
10 000 - 15 000 €
Nous connaissons un dessin de même technique et de dimension assez proche, conservé au Minneapolis Institute of Art (inv. 2010.16). Nous y retrouvons la même liberté dans l’exécution, avec ce savant mélange très libre de lavis et de pierre noire. Le vase posé sur l’entablement du dessin de Minneapolis est aussi orné d’une scène avec des putti, comme sur le nôtre.
Jan van Huysum est le plus grand peintre de fleurs néerlandais du début du XVIIIe siècle. À travers des dessins comme celui-ci, il évoque des arrangements resplendissants de rythmes fluides, de lignes entrelacées et de jeux de lumière complexes. La liberté et la fougue de ses meilleurs dessins laissent place à une précision méticuleuse dans ses peintures, réalisées pendant des mois, voire des années, dans l’attente de l’éclosion d’une fleur, d’un bourgeon…
Harlingen, 1608 - Amsterdam, 1651
Femme assise le bras tendu, regardant vers la gauche
Pierre noire et craie blanche sur papier bleu
23.8 × 19 cm
Provenance : Collection particulière, Paris
Woman sitting with her arm outstretched, looking to the left, black and white chalk on blue paper, by J. A. Backer
9.37 × 7.48 in.
6 000 - 8 000 €
Notre feuille est techniquement très proche de toute une série de dessins de Jacob Backer au crayon noir sur papier bleu avec des rehauts de blanc, notamment d’un jeune homme de profil conservé au Stadel Museum de Francfort (inv. 15227)1
L’artiste a certainement utilisé notre étude pour la figure de la princesse, finalement inversée, dans sa composition Granida et Daifilo, peinte vers 1637, et actuellement conservée au musée de l’Hermitage à Saint-Pétersbourg (Huile sur toile, 125 × 161,5 cm, INV. nr. 787, fig. 1).

1. Voir Jacob Backer 1608/91651, cat. exp., Amsterdam, 2009, n° 43, repr. p. 181.


20
École française du XVIIe siècle
Le passage du Rhin, d’après Adam-François van der Meulen
Aquarelle gouachée et or sur vélin
27.5 × 60 cm
(Écaillures et manques, une déchirure en haut à gauche)
Provenance : Collection particulière, Paris
The Crossing of the Rhine, gouache watercolor and gold on vellum, French School, 17th C. 10.82 × 23.62 in.
8 000 - 12 000 €
Notre tableau reprend une composition commandée entre 1689 et 1690 par la Grande Mademoiselle, duchesse de Montpensier, à Adam Frans van der Meulen. Le passage du Rhin était destiné aux décors du château de Choisy tandis que son esquisse, léguée au Grand Dauphin, est aujourd’hui conservée au musée du Louvre (inv. MR 839). Les décors du château de Choisy célébraient de nombreuses victoires des armées de Louis XIV, cousin de la Grande Mademoiselle ; cette composition narrant un épisode survenu durant la guerre de Hollande.
Après avoir traversé les Pays-Bas espagnols et les Provinces-Unies, les armées françaises entament leur invasion des ProvincesUnies. L’armée de Louis XIV secondé par Turenne et celle du Prince de Condé longent parallèlement le Rhin, chacune sur une rive. Le 12 juin 1672, le Grand Condé, à la tête de 20 000 hommes et enhardi par plusieurs victoires successives faces aux troupes hollandaises, trouve un gué à Tolhuis et traverse le fleuve, prenant à revers Guillaume d’Orange dont il écrase l’armée. Cette victoire ouvre la porte à une succession de redditions de places fortes concluant la campagne éclair
des troupes royales et le premier chapitre d’une guerre qui durera six ans. Les artistes se saisirent immédiatement de ce fait d’armes pour glorifier Louis XIV, amenant Van der Meulen à se rendre dès l’automne 1672 sur les lieux de l’affrontement pour en relever la topographie. Cette victoire révèle en effet l’audace de l’armée française et fait écho au passage du Rhin relaté par Jules César dans La Guerre des Gaules Le Rhin symbolise par ailleurs la frontière naturelle de la France à la suite de l’annexion de l’Alsace ; son franchissement révèle ainsi les ambitions hégémoniques de la France du Roi-Soleil.
Victor-Jean NICOLLE
Paris, 1754–1826
Place du Panthéon animée d’une scène de marché, Rome
Lavis brun et aquarelle sur traits de plume et encre brune
Signé ’V. J. Nicolle.’ en bas à droite
43 × 65 cm
Provenance : Collection particulière, Paris
The Place du Pantheon with a market scene, Rome, brown wash and watercolor on pen and brown ink, signed, by V.-J. Nicolle
16.92 × 25.59 in.
15 000 - 20 000 €

22
Giuseppe Bernardino BISON
Palmanova, 1762 - Milan, 1844
Vue du Grand-Canal avec le pont du Rialto et Vue de la Piazzetta avec la basilique Saint-Marc, Venise
Paire de gouaches, l’une avec rehauts d’or
24 × 34.5 cm
(Micro écaillures et micro manques)
Provenance :
Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Piasa, 20 novembre 1996, n° 34 ; Collection particulière, Paris
View of the Piazzetta with St. Mark’s Basilica, Venice and View of the Grand Canal with the Rialto Bridge, Venice, pair of gouaches, one with gold highlights, by G. B. Bison 9.44 × 13.58 in.
30 000 - 40 000 €
Arrivé enfant à Venise où il fut l’élève de Costantino Sedini, Giuseppe Bernardino Bison passa l’essentiel de sa carrière en Vénétie, notamment à Padoue, Trévise et Trieste. Spécialisé dans les décors intérieurs qu’il peint généralement à fresque, il réalise également des paysages, capricci et vedute pour le marché. Nos gouaches sont révélatrices de l’influence de Canaletto sur l’artiste qui semble ici reprendre deux vedute du maître. On reconnaît en effet la composition et le point de vue adoptés dans une Vue de la Piazzetta depuis la tour de l’Horloge vers San Giorgio conservée dans la Royal Collection (n° RCIN 400513) ainsi que Le Grand Canal vers le Nord-Est et le pont du Rialto depuis le palais Dolfin Manin (Vente anonyme ; Londres, Sotheby’s, 4 décembre 2013, n° 39). Si la manière en est résolument différente, Bison s’inspire surtout du génie de Canaletto qui se situe dans son choix théâtral voire cinématographique du coup d’œil sur un paysage, talent
que le maître védutiste héritait de son père, peintre de décors de théâtre et d’opéra. L’originalité du point de vue permet en effet de créer des compositions reconnaissables tout en représentant les deux sites les plus caractéristiques de la Cité des Doges. Il est amusant de constater que Bison reprend l’idée de peindre le Grand Canal depuis le palais Dolfin Manin, lieu dont il a peint les décors à fresque entre 1798 et 1800.
Un élément s’invite toutefois dans ces deux gouaches de Bison, permettant de rappeler discrètement que si la Sérénissime semble endormie, elle n’est pas étrangère aux embrasements de l’Europe. Un drapeau autrichien flotte en effet au-dessus du Grand Canal tandis que derrière la colonne de San Teodoro, un navire vogue sous pavillon autrichien. En dépit de son ralliement à l’empire des Habsbourg, Venise n’est pas apathique mais simplement inaltérable et transpire avec distinction la même âme qu’au XVIIIe siècle.



Documenté à Toulon entre 1777 et 1792
« Vue de la rade de Toulon et de l’escadre du Roy. Commandée par Monsieur de Barras en 1777. »
Gouache, avec un encadrement en trompe l’œil
Titrée et datée ’Vue de la Rade de Toulon / et de l’escadre du Roy, commandée par Monsieur de Barras, en 1777’ dans la marge
Signée et datée ’peint à la gouache par Michel de Toulon en 1777’ dans le bas 53 × 79 cm
Dimensions de la feuille : 50 × 77 cm (Dessiné sur un montage préparé)
Provenance :
Ancienne collection de Monsieur Augustin Normand, 1947, sur une ancienne étiquette sur le montage au verso ; Collection particulière, Paris
Exposition :
Vieille Marine, Paris, Musée de la Marine, juin 1947, n° 143
Bibliographie :
Mireille Forget, Illustration du vieux Toulon, Avignon, 1983, n° 74
View of Toulon harbor, gouache with a trompe l’oeil frame, signed and dated, by M. de Toulon 20.86 × 31.10 in.
4 000 - 6 000 €

Nous connaissons un autre dessin de Michel de Toulon au musée du Louvre (INV30992, Recto).
Notre gouache représente l’escadre de Monsieur de Barras que Michel de Toulon représente ici mouillée dans la rade lorsque quelques unités participèrent au simulacre de combat offert en spectacle à Monsieur, frère du roi, lors de fêtes prévues pour sa visite à Toulon en juillet 1777.
24
Attribué à Jean-Thomas THIBAULT
Moutier-en-Der, 1757 - Paris, 1826
Caprice architectural avec le groupe des Dioscures au pied des marches
Aquarelle gouachée sur traits de plume et encre de Chine et traits de crayon
Reprise du motif avec mise au carreau au verso
Constitué de plusieurs feuilles découpées 46 × 72.5 cm (Insolé)
Provenance : Collection particulière, Paris
An architectural caprice with the group of Dioscuri at the foot of the steps, gouache watercolor on pen and Indian ink, attr. to J.-T. Thibault 18.11 × 28.54 in.
4 000 - 6 000 € 23
Attribué à Jacques-François AMAND
Goult, 1730 – Paris, 1769
Vue de l’église de la Sainte-Trinité-des-Monts, Rome
Sanguine
38 × 27 cm
Provenance : Collection particulière, Paris
View of the Church of Sainte-Trinitédes-Monts, Rome, red chalk, attr. to J.-F. Amand
14.96 × 10.62 in.
8 000 - 12 000 €
Jacques François Amand remporte le prix de Rome en 1756, et séjourne dans la ville éternelle de 1759 à 1763. Il y rejoint Hubert Robert et Jean Honoré Fragonard, qui sont à Rome depuis 1756. L’influence de Robert et Fragonard sur Amand est immédiate, et il s’adonne comme ses deux camarades aux paysages à la sanguine, réalisant de nombreuses

vues de Rome, comme sur notre dessin. Pierre-Jean Mariette, qui avait une prédilection pour les vues de Rome à la sanguine, collectionne aussi les paysages de Amand : nous en retrouvons treize dans sa vente1
1. Vente Mariette, Paris, 15 novembre 1775, lots 1076-1077.

Attribué à Luigi MAYER
Italie, 1755 - Londres, 1803
La danse des jeunes femmes aux eaux douces d’Europe, près d’une fontaine à Buyuk-Déré, Empire Ottoman
Aquarelle gouachée sur traits de plume et encre noire
26.5 × 41.5 cm (Déchirures)
Provenance : Collection particulière, Paris
The dance of young women in the fresh waters of Europe, near a fountain in Büyük Dere, Ottoman Empire, gouache watercolor on pen and black ink, attr. to L. Mayer 10.43 × 16.33 in.
4 000 - 6 000 €
Abraham-Louis-Rodolphe DUCROS
Moudon, 1748 - Lausanne, 1810
Vue de la baie de Catane en Sicile avec l’Etna dans le fond
Aquarelle gouachée sur traits de plume et encre brune
Signée et datée ’Ducros 1789.’ en bas à gauche
53 × 74 cm
(Epidermures et restaurations)
Provenance : Collection particulière, Paris
View of the bay of Catania in Sicily with Mount Etna in the background, gouache watercolor on pen and brown ink, signed and dated, by A.-L.-R. Ducros 20.86 × 29.13 in.
6 000 - 8 000 €


Yverdon, 1765 – Rome, 1833
Cérémonie sur la place Saint-Pierre, Rome
Aquarelle gouachée et gomme arabique, sur traits de plume et encre brune
Signée et localisée ’F. Keiserman. Roma ’ en bas au centre et signée ’F. Keiserm(...)’ en bas à droite
65.5 × 101 cm
(Dessin contrecollé sur un montage ancien)
Provenance :
Collection particulière, Paris
Ceremony in St. Peter’s Square, Rome, gouache watercolor and gum arabic on pen and brown ink, signed, by F. Keisermann 25.78 × 39.76 in.
20 000 - 30 000 €
Antoine COYPEL
Paris, 1661-1722
Figure agenouillée, vue de dos, tournée vers la gauche
Pierre noire, sanguine et rehauts de blanc sur papier gris
20 × 21.5 cm
Provenance :
Acquis auprès de la galerie Paul Prouté par la mère de l’actuel propriétaire ; Collection particulière, Île-de-France
Kneeling figure, seen from the back, looking left, black chalk, red chalk and white highlights on grey paper, by A. Coypel
7.87 × 8.46 in.
3 000 - 4 000 €


Paris, 1673 - Amsterdam, 1733
L’affliction des Israélites
Plume et encre grise, lavis gris, passé au stylet
Signé et daté ’B. Picart f 1712.’ en bas à gauche
Annoté ’Rouw der Israëlrahen le Giben’ au verso
32.5 × 21.5 cm (Pliures)
Provenance : Collection du baron Frederik Carel Theodoor van Isendoorn (1784-1865), à Blois van de Cannenborch, son cachet (L.1407) au verso ; Collection particulière, Île-de-France
The affliction of the Israelites, pen and grey ink, grey wash, applied stylus, signed and dated, by B. Picart
12.8 × 8.46 in.
3 000 - 4 000 €
Ce dessin fut interprété en tailledouce par le graveur d’origine hollandaise Quirijn Fonbonne qui travailla avec Bernard Picart à Amsterdam. Une épreuve de cette estampe se trouve à Amsterdam au Rijksmuseum1. Notre dessin et la gravure qui s’y rapporte s’inscrivent dans un projet éditorial plus vaste portant sur les figures de la Bible publié par l’éditeur G. Hoet à Amsterdam puis par Bernard Picart en 1720. L’inventaire du fonds français signale deux autres illustrations de Picart pour cet ouvrage l’un représentant Saül chez la pythonisse d’Endor et l’autre le prophète Daniel expliquant le songe au roi Nabuchodonosor2
1. Rijksmuseum, RP-P-1934-252
2. Edmond Pognon et Yves Bruand, Inventaire du fonds français : graveurs du dixhuitième siècle, Tome IX, p. 251, n° 1 à 3

Jean-Baptiste CORNEILLE
Paris, 1649-1695
Le Christ guérissant le paralytique
Plume et encre brune, lavis brun Annoté ’La Farge’ en bas à droite sur le montage
Porte une ancienne attribution à La Farge au verso du montage 35.5 × 27 cm (Insolé)
Sans cadre
Provenance : Collection particulière du Sud de la France
Christ healing the paralytic, pen, brown ink and wash, by J.-B. Corneille 13.97 × 10.63 in.
6 000 - 8 000 €
Ce dessin inédit est probablement l’esquisse préparatoire pour un tableau perdu du décor de l’église conventuelle des Chartreux à Paris. Outre le fameux cycle sur la vie de saint Bruno par Eustache Le Sueur, le couvent était richement pourvu en œuvres d’art. Les moines commandèrent à la fin du XVIIe siècle, douze grands tableaux traitant de la vie du Christ aux artistes les plus notoires comme Charles de La Fosse, Jean Jouvenet, les Coypel, les Boullogne et Jean-Baptiste Corneille. Ce dernier se taille la part du lion
avec quatre œuvres monumentales : La Résurrection du Christ, La Cananéenne, Le Centenier, Jésus guérissant le paralytique. Seule La Résurrection subsiste, aujourd’hui conservée au musée des BeauxArts de Rouen (voir Yves Picart, La vie et l’œuvre de Jean-Baptiste Corneille, Lyon, 1987, p. 70).
Le dessin de cette composition et celui pour Le Christ et la Cananéenne (collections particulières en 1987, opus cité supra, p. 128 à 131, repr.) ont une unité stylistique évidente avec notre dessin.
32
Attribué à Thomas BLANCHET
Paris, 1614 - Lyon, 1689
Alexandre et Diogène
Plume et encre grise, lavis brun sur traits de crayon, avec mise au carreau
24.5 × 33 cm
Provenance : Collection particulière, Île-de-France
Alexander and Diogenes, pen and grey ink, brown wash, attr to T. Blanchet 9.65 × 12.99 in.
3 000 - 4 000 €

33
Antoine COYPEL
Paris, 1661-1722
Esclave assis, étude pour l’encadrement du plafond du Palais-Royal, Paris
Trois crayons sur papier crème
37.5 × 26.5 cm
(Légèrement insolé, mouillure en haut à droite)
Provenance :
Collection de la famille de l’artiste ; Collection du sculpteur Augustin Dumont (1801-1884), arrière-petit-neveu de l’artiste, selon une ancienne annotation au verso ; Collection du sculpteur Gabriel-Jules Thomas (1824-1905), selon une ancienne annotation au verso ; Collection du sculpteur Emmanuel Hannaux (1855-1934), selon une ancienne annotation au verso ; Puis par descendance ; Collection particulière, Paris
Bibliographie :
Nicole Garnier, Antoine Coypel (16611722), Paris, 1989, p. 208, cat. n° 335, fig. 251 repr.
Sitting slave, study for the frame of the ceiling of the Palais-Royal in Paris, black, red and white chalk on cream-color paper, by A. Coypel 14.76 × 10.43 in.
4 000 - 6 000 €

Notre dessin constitue une étude pour l’encadrement du plafond du Palais-Royal dont la réalisation occupe Antoine Coypel de 1702 à 1703. Du plafond détruit avant la fin du XVIIIe siècle, nous connaissons une esquisse peinte conservée au musée des Beaux-Arts d’Angers (fig. 1, inv. 38 J. 1881). Antoine Coypel représente dans une percée lumineuse l’assemblée des dieux. Au centre,
Vénus implore Jupiter en faveur d’Enée. De part et d’autre de cette scène principale se trouvent des personnages qui garnissent les bords de la composition. De nombreux dessins préparatoires documentant l’élaboration de ce décor nous sont parvenus1
1. Nicole Garnier, Antoine Coypel (1661-1722), Paris, 1989, n° 304-372

Lyon, 1728-1808
Lavandières au bord d’un cours d’eau au Portugal
Pastel
Signé et daté ’Jean Pillement / (...)4
D. la, R,’ en bas à gauche
45 × 65 cm (Restaurations)
Provenance : Collection particulière, Paris
Washerwomen by a stream in Portugal, pastel, signed and dated, by J. Pillement 17.71 × 25.59 in.
3 000 - 4 000 €

Toulouse, 1629-1700
Trois études d’hommes drapés
Plume, encre brune, sanguine et rehauts de blanc
Annoté ’andré Lèbre’ à l’encre en bas à droite

27.5 × 42.5 cm
Three studies of draped men, pen and brown ink, red chalk and white highlights, by A. Lèbre 10.83 × 16.73 in.
3 000 - 4 000 €
La position des personnages serait à mettre en rapport avec La Vision d’Elie sur le Mont-Carmel, commandé avant 1691 pour l’église Notre-Dame du Mont-Carmel, à la demande de Gabriel Vendages de Malapeire (1624–1702) aujourd’hui détruit. Le personnage au centre serait alors Elie et de part et d’autre des études pour son disciple Elisée.
Paris, 1735-1784
Étude de vieil homme barbu de profil
Crayon noir, estompe et craie blanche
47 × 39.5 cm
Provenance : Collection particulière, Paris
Study of an old bearded man in profile, black pencil, stump and white chalk, by N.-B. Lépicié
18.50 × 15.55 in.
3 000 - 4 000 €


Professeur à l’Académie royale de Peinture et de Sculpture à partir de 1770, Nicolas-Bernard Lépicié s’essaya à la peinture d’histoire mais c’est avec la peinture de genre qu’il bâtit sa renommée, s’inspirant notamment des représentations de la vie quotidienne des peintres hollandais. Il peignit et dessina à plusieurs reprises un vieillard assis dans un intérieur dont le visage entouré de boucles blanches n’est pas sans rappeler celui de notre dessin (citons notamment le tableau daté 1771 passé à Londres,
chez Christie’s, le 9 décembre 2009, n° 185, le dessin vendu à New York, chez Christie’s, le 25 janvier 2005, n° 139, acquis lors de cette vente par le Städel Museum de Francfort (n° 1208, fig. 1), ainsi que celui présenté par nos soins le 27 mars 2015, n° 98).
Nous remercions Monsieur Patrick Michel de nous avoir aimablement confirmé l’authenticité de ce dessin d’après un examen de visu en date du 6 février 2026.

Nice, 1705 – Paris, 1765
Étude de tête d’homme
Trois crayons et estompe
Signé deux fois ’C Van Loo’ en bas à droite à la sanguine et ’van loo’ en bas à gauche à la plume
45.5 × 34 cm
(Déchirure dans le haut et pliure)
Provenance : Collection particulière du Sud de la France
Study of a man’s head, black, red, white chalk and stump, signed, by C. van Loo 17.91 × 13.38 in.
8 000 - 12 000 €
Nous remercions Monsieur Nicolas Lesur de nous avoir aimablement confirmé l’authenticité de ce dessin d’après un examen de visu en date du 21 janvier 2026.
38

Jean-Michel MOREAU, dit MOREAU le Jeune
Paris, 1741-1814
Le sacrifice d’Iphigénie
Plume, encre brune et lavis brun sur traits de crayon
Signé et daté ’J. M. moreau le jeune
1778.’ en bas à gauche
40.5 × 55 cm
Provenance :
Vente anonyme ; Nantes, Ivoire, Mes Couton, Jamault, Hirn, 25 février 2025, n° 158 ; Acquis lors de cette vente par l’actuel propriétaire ; Collection particulière, Île-de-France
The sacrifice of Iphigenia, pen, brown ink and brown wash on pencil, signed and dated, by J.-M. Moreau, called Moreau the Younger 15.74 × 21.65 in.
10 000 - 15 000 €

Nîmes, 1700 – Castel Gandolfo, 1777
Le Ponte Lucano, près de Rome
Plume et encre brune, lavis brun et gris, sanguine, lavis de sanguine et rehauts de gouache blanche sur traits de crayon
Annoté anciennement ’Ponte Lucano 1755, CN’ en bas 31.5 × 48 cm
Provenance : Peut-être vente après décès de l’artiste, Paris, 14 décembre 1778, partie du n° 254 ou du n° 284 ; Vente anonyme ; Londres, Sotheby’s, 22 octobre 1984, n° 235 ; Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Tajan, 26 novembre 1996, n° 128 ; Acquis lors de cette vente par l’actuelle propriétaire ; Collection particulière, France
Bibliographie : Susanna Caviglia-Brunel, Charles-Joseph Natoire, 1770-1777, Paris, 2012, p. 180, n° D. 34
François Wedrychowski, Charles-Joseph Natoire Dessins de Paysage, Poitiers, 2015, p. 24, n° 11
The Ponte Lucano, pen and brown ink, brown and grey wash, red chalk, red chalk wash and white gouache highlights over pencil lines, by C.-J. Natoire 12.4 × 18.9 in.
5 000 - 7 000 €
Hubert ROBERT
Paris, 1733-1808
Lavandières près d’une architecture antique
Aquarelle sur traits de plume et encre brune
42 × 48 cm
(Restaurations)
Provenance : Vente anonyme ; Châtellerault, Artesia, 14 juin 2025, n° 246 ; Acquis lors de cette vente par l’actuel propriétaire ; Collection particulière, Île-de-France
Washerwomen near an antique architecture, watercolor on pen and brown ink, by H. Robert 16.53 × 18.89 in.
5 000 - 7 000 €
Madame Sarah Catala a confirmé l’authenticité de ce dessin lors de son passage en vente à Châtellerault le 14 juin 2025.

41
Jean-Michel MOREAU, dit MOREAU le Jeune
Paris, 1741-1814
Portrait de Catherine Louise Henriette de Villers, seconde épouse de Denis Papillon de la Ferté
Crayon noir, sanguine et rehauts, d’aquarelle, de forme ovale
Signé ’J.M. moreau’ à droite 16 × 13 cm
Dans un cadre en bois sculpté et doré, travail français d’époque Louis XIV
Provenance :
Par descendance dans la famille du modèle ; Collection Jacques Doucet (1853-1929) ; Sa vente, Paris, Galerie Georges Petit, Mes Lair-Dubreuil et Baudoin, 5 juin 1912, n° 35 ; Collection André Dormeuil (?-1940) ; Puis par descendance ; Collection particulière, Paris
Exposition : Salon de 1783, n° 312 (Portrait de Madame de La Ferté)
Bibliographie : Maurice Tourneux, « La collection J. Doucet. Dessins et pastels », Les Arts, n° 36, décembre 1904, p. 22
Portrait of Catherine Louise Henriette de Villers, second wife of Denis Papillon de la Ferté, black pencil, red chalk and watercolor highlights, signed, by J.-M. Moreau called Moreau the Younger 6.29 × 5.11 in.
5 000 - 7 000 €

Née Catherine-Louise-Henriette de Villers (1757–1791), Madame Papillon de la Ferté épouse l’Intendant et Contrôleur Général de l’Argenterie, des Menus Plaisirs et des Affaires de la chambre du Roi, Denis-PierreJean Papillon de la Ferté (1727–1794) en 1782. Ce dernier, veuf depuis trente ans, a la joie et le bonheur d’épouser une charmante jeune femme âgée de trente ans de moins que lui. Elle lui donne deux enfants qui le comblent, lui qui a perdu les trois enfants issus de son premier mariage. Mais Madame Papillon de la Ferté est fragile, et les violences de la Révolution auront raison de sa santé. En 1789, une perquisition menée dans leur maison de campagne située sur l’Île Saint-Denis, alors qu’ils hébergeaient des membres de la Cour, dégénéra. Les conditions de cette intervention affectèrent profondément Madame Papillon
de la Ferté, qui sombra dans une grave dépression. Affaiblie par cette épreuve, elle succomba des suites de cette affection en 1791. En 1793, bien que Papillon de la Ferté ait donné de nombreux gages à la Révolution, il est arrêté et guillotiné.
Ce portrait d’une grande finesse, alliant douceur du regard, rondeurs des formes et élégance de la coiffure, synthétise la beauté française au Siècle des Lumières.
Papillon de La Ferté connaît Moreau le Jeune par les Menus Plaisirs. L’artiste grave son portrait en buste en 1770. En tant que Dessinateur des Menus Plaisirs du Roi à partir de 1770, il a la charge d’une part importante des représentations des cérémonies royales. Ce portrait intime du début des années 1780 montre qu’ils ont gardé des relations amicales.

Paris, 1739-1821
Adam et Ève au paradis
Lavis de bistre sur traits de crayon noir
Annoté ’Mr LAGRENEE Jeune / EXPOSE AU SALON L’AN 1783 SOUS LE N° 25’ sur le montage au verso 33.5 × 44 cm
Exposition : Salon de 1783, Paris, partie du n° 25 : « plusieurs autres dessins », selon l’annotation au verso du carton d’encadrement du XVIIIe siècle
Adam and Eve, brown wash on black pencil, by J.-J. Lagrenée
13.19 × 17.32 in.
2 000 - 3 000 €
Nous remercions Monsieur Joseph Assémat-Tessandier de nous avoir aimablement confirmé l’authenticité de ce dessin d’après photographies dans un courriel en date du 6 février 2026.
Metz, 1734 - Saint-Denis-du-Port, 1781
Élégant et élégante de dos
Lavis brun sur traits de crayon noir 20 × 13 cm
Provenance : Galerie Cailleux, Paris ; Acquis auprès de cette dernière par le père de l’actuel propriétaire en 1988 ; Collection particulière, Île-de-France
Graceful man and woman from behind, brown wash on black pencil, by J.-B. Le Prince 7.87 × 5.11 in.
1 500 - 2 000 €

44
Louis-Gabriel MOREAU, dit MOREAU l’Ainé
Paris, 1740-1806
Paysages italiens animés avec des ruines
Paire d’aquarelles gouachées 27 × 41,5 et 27,5 × 42 cm
Provenance : Collection Etienne-François, duc de Choiseul-Stainville (1719-1785), ministre de Louis XV ; Par descendance jusqu’à la duchesse de Marmier au château de Ray-sur-Saône ; Puis par descendance jusqu’au propriétaire actuel, descendant direct du duc de Choiseul ; Collection particulière, Paris
Italian landscapes with ruins, pair of gouache watercolors, by L.-G. Moreau, called Moreau the Elder 10.62 × 16.33 and 10.82 × 16.53 in.
5 000 - 7 000 €





45
Charles-Dominique-Joseph EISEN
Valenciennes, 1720 – Bruxelles, 1778
Trois études de frontispices pour l’« État des troupes et des États-majors des places », années 1761, 1765, 1768
Plume et encre brune, lavis gris et brun, aquarelle gouachée sur traits de crayon
12.5 × 7.5 cm
Provenance : Collection particulière de l’Est de la France
Three studies of frontispieces, pen and brown ink, grey and brown wash, gouache and watercolor on pencil, by C.-D.-J. Eisen
3 000 - 4 000 €
Charles Eisen réalisa de nombreux dessins préparatoires pour des gravures à thèmes militaires. Ces trois dessins servent d’études pour les pages de garde de l’État des troupes et des États-Majors des Places. Ces vignettes, datées de 1761, 1765 et 1768, présentent les armoiries de la famille ChoiseulStainville. Il est possible qu’Eisen ait glissé les dessins originaux

dans des exemplaires destinés à Etienne-François, duc de ChoiseulStainville, dans la descendance duquel les dessins sont restés jusqu’à nos jours. Quatre autres études de frontispices pour l’État des troupes et des États-Majors des Places sont récemment passées en vente1
1. Vente anonyme ; Paris, Christie’s, 18 mai 2022, n° 61 (fig. 1)

Montargis, 1767 – Paris, 1824
La mort de Tatius
Crayon noir
17 × 21.5 cm
Sans cadre
The death of Tatius, black pencil, by A.-L. Girodet de Roucy-Trioson 6.69 × 8.46 in.
2 000 - 3 000 €
Notre dessin est préparatoire à la figure de Tatius au centre du tableau Romulus faisant tuer Tatius, aujourd’hui conservé au musée d’Angers. Girodet, alors dans l’atelier de David, concourt au prix de Rome de 1788, et obtient le second prix avec ce tableau. Il reçoit le premier prix l’année suivante avec Joseph reconnu par ses frères.

Paris, 1748 - Bruxelles, 1825
Étude pour Le Serment des Horaces et tête d’homme casqué vers la gauche, feuillet du carnet n° 1, vers 1784
Crayon noir
Porte les paraphes des fils de JacquesLouis David, leur cachet (L.838 –L.1437), à la plume dans le bas
Porte le numéro « 29 » à la plume et encre brune se lisant à la verticale sur le côté droit
12.5 × 19 cm
Provenance : Collection particulière, Île-de-France
Study for Le Serment des Horaces and head of a man wearing a helmet facing left, page from sketchbook no. 1, circa 1784, black pencil, by J.-L. David 4.92 × 7.48 in.
15 000 - 20 000 €
Notre dessin est très vraisemblablement le dessin manquant, numéroté anciennement « 29 », du carnet n° 1 de David conservé au musée du Louvre1 Il s’insère entre les feuillets numérotés « 28 » et « 30 » (folio 19 et folio 20), catalogués par LouisAntoine Prat et Pierre Rosenberg sous les numéros 1280 et 12812
Ces études d’après l’antique ayant inspiré David pour sa composition du Serment des Horaces (musée du Louvre, inv. 3692), se retrouvent dans le carnet n° 2, réalisé entre le 8 octobre 1784 et la fin août 17853
1. Réserve des petits albums, Album David Jacques-Louis-1. Album à couverture de papier marbré, à dos de cuir rouge, comprenant 83 feuillets numérotés de 1 à 84
2. Voir Louis-Antoine Prat et Pierre Rosenberg, JacquesLouis David 1748-1825. Catalogue raisonné des dessins, Milan, 2002, Tome II, carnet 1, n° 1261 à 1284, p. 882-890
3. Ibid., p. 891
Paris, 1755-1842
Paysage montagneux au torrent
Pastel sur papier marouflé sur carton
21.5 × 30.5 cm
Provenance : Collection particulière, Paris
Mountain landscape with a stream, pastel on paper laid down on cardboard, by E. L. Vigée Le Brun 8.46 × 12 in.
20 000 - 30 000 €
Bien que récemment mise en lumière par les travaux des historiens de l’art et principalement ceux de Joseph Baillio, la production de paysages d’Elisabeth-Louise Vigée Le Brun est encore méconnue. Dans ses Souvenirs, elle indique pourtant en avoir peint près de deux cents et plus tard, dans le récit de ses voyages en Suisse, elle précise même les avoir réalisés au pastel1
C’est au cours de son exil et de ses nombreux voyages que notre artiste se lança avec frénésie dans l’exécution de ce type de petits paysages. Il semblerait que ce soit lors de ses séjours viennois puis outre-Manche qu’elle se mit à œuvrer directement d’après nature. À Londres, elle raconte précisément qu’elle aimait se promener dans les campagnes environnantes en multipliant les études.
Mais c’est surtout en Suisse que Vigée Le Brun s’adonna à cette importante production. Dans une lettre adressée à Vigée Le Brun, Désiré-Raoul Rochette évoque les travaux du peintre en terre helvétique : « Je craignais d’offrir ces faibles images de la Suisse à vous, Madame, qui la possédez tout entière dans votre mémoire et dans votre portefeuille, qui l’avez vue parée de tous ses charmes, et qui l’avez encore embellie de vos couleurs. Il faudrait l’avoir parcourue avec vous, il faudrait presque l’avoir vue de vos yeux pour oser la retracer à vos regards »2. La nature était alors au centre de ses préoccupations. Les chaînes montagneuses, les glaciers, les cascades, les grandes étendues ou les sommets enneigés, aucun décor bucolique capté lors de ses excursions ne devait échapper
à son papier bleu et à ses pastels. Véritable virtuose de cette technique, c’est logiquement que notre artiste la privilégia pour l’exécution de ces œuvres dont la réalisation se devait d’être rapide et assurée. Malheureusement, parmi les centaines de feuilles évoquées par l’artiste, quelques dizaines seulement sont arrivées jusqu’à nous. Récemment redécouvert, notre pastel constitue un exemple rare et particulièrement séduisant de cet œuvre de paysagiste de Vigée Le Brun. Très probablement exécutée en Suisse vers 1807–1808, la feuille témoigne du talent singulier de l’artiste pour croquer montagnes et rivières3. Le torrent qui jaillit des montagnes au premier plan donne à ce dessin une force toute particulière.
Nous remercions Monsieur Joseph Baillio de nous avoir aimablement confirmé l’authenticité de cette œuvre d’après photographies. Un certificat de sa main en date du 23 janvier 2026 sera remis à l’acquéreur.
1. Louise-Elisabeth VigéeLebrun, Souvenirs de Madame Louise-Elisabeth Vigée-Lebrun, Paris, 1837, p. 295 et 354
2. Désiré Raoul-Rochette, Lettres sur la Suisse écrites en 1824 et 1825, tome troisième, Paris, 1826, p. 1-2
3. Sur la production de VigéeLe Brun dans les Alpes, nous renvoyons à l’article de Thea Goldring, « Vigée Le Brun’s The Dôme de Mont Blanc and Aiguille du Goûter, near the Chamonix Valley », Master Drawings, volume 63, n° 4, hiver 2025, t. 525-532






49
Anne-Claude-Philippe de Tubières de Grimoard de Pestels de Lévis, comte de Caylus, marquis d’Esternay, baron de Branzac, dit COMTE de CAYLUS
Paris, 1692–1765
Album comprenant 33 pages de dessins d’après l’antique : relevés de camées et intailles
Plume et encre noire sur traits de crayon noir
Reliure en cuir avec des cordons pour fermer
Toutes les pages sont numérotées au crayon noir en haut à droite
19.5 × 30.5 cm
(Petites pliures et petites taches)
Album of 33 pages of drawings after the Antique: cameos and intaglios, pen and black ink on pencil, by Comte de Caylus
7.68 × 12 in.
2 000 - 3 000 €
Le comte de Caylus, proche des cercles royaux et grand voyageur, est connu pour son étude approfondie et sa collecte d’objets archéologiques. Sa collection a fait l’objet d’un don important au cabinet du Roi, aujourd’hui dans les collections publiques du cabinet des médailles de la Bibliothèque Nationale de France. Beaucoup d’objets qu’il a possédé ou étudié ont été soigneusement recensés dans sept tomes détaillant l’origine de l’objet, incluant la provenance et si possible les conditions de découverte. En élaborant une théorie du progrès artistique qui érige les Grecs en modèle
suprême, le comte de Caylus inspira Winckelmann dans la formulation de ses conceptions néoclassiques. Nos albums sont issus de cette étude approfondie des objets antiques. Nous retrouvons deux dessins de cet album, sur les p. 11 et p. 22, dans le « Recueil de pierres gravées du Cabinet du Roi », p. 119 et 117 (voir : « Recueil de pierres gravées du Cabinet du Roi », gravés par Mr. le Cte. de Caylus d’après les pierres gravées antiques du Cabinet du roi, Paris, Basan, 1770).
Notice et description page à page complète sur artcurial.com
Anne-Claude-Philippe de Tubières de Grimoard de Pestels de Lévis, comte de Caylus, marquis d’Esternay, baron de Branzac, dit COMTE de CAYLUS
Paris, 1692–1765
Album comprenant environ 45 vignettes de relevés d’éléments architecturaux
Sanguine, contre épreuve de sanguine, plume et encre noire, lavis et crayon noir
Page de garde annotée ’49 dessins ornementaux, antiques, fontaines, statues, objets divers, album ayant appartenu à la famille du Comte de Caylus, dessins de Fragonard, Hubert Robert, Saint Non / Comte de Caylus / d’après un voyage en Italie 1788’ au crayon noir
35 × 23 cm
(Chaque vignette est collée dans les coins, petites taches et pliures Partiellement démantelé)
Album comprising an average of 45 thumbnails of architectural elements, red chalk, red chalk counter-proof, pencil and black ink, wash and black pencil, by Comte de Caylus 13.77 × 9.05 in.
4 000 - 6 000 €
Notice et description page à page complète sur artcurial.com






52
Jean-Pierre DROZ
La-Chaux-de-Fonds, 1746 - Paris, 1823
Portrait de Louis XVI de profil, étude pour l’écu de Calonne
Crayon noir
45.5 × 30.5 cm
(Papier filigrané)
Sans cadre
Provenance : Collection particulière du Centre de la France
Portrait of Louis XVI in profile, black pencil, by J.-P. Droz
17.91 × 12 in.
3 000 - 4 000 €

1 : Jean-Pierre Droz, avers d’un essai en or de l’écu de Louis XVI de 60 sols dit de Calonne, 1786, BNF, Cabinet des Médailles (Collection Beistegui, n° 338)
Actif entre 1779 et 1824
La Folie Montigny à Montmartre
Aquarelle gouachée sur traits de crayon 18 × 23 cm
Sans cadre
The Folie Montigny in Montmartre, gouache watercolor on pencil, by J.-B. Maréchal
7.09 × 9.06 in.
1 500 - 2 000 €

Rouen, 1757 - Paris, 1826
« Coupe prise au milieu de l’arc de la colonnade circulaire du Chêne (?), d’un arc triomphal »
Lavis gris et rose, plume et encre noire sur traits de crayon
Titré, signé et daté ’Coupe prise au milieu de l’arc de la colonnade circulaire du Chêne, d’un arc Triomphal…/ Jn Jque Lequeu inv. Et delineavit 1779’ dans le bas sous l’échelle
29 × 22 cm
(Pliure verticale vers le centre, salissures)
“Coupe prise au milieu de l’arc de la colonnade circulaire du Chêne (?), d’un arc triomphal”, grey and pink wash, pencil and black ink on pencil, signed and dated, by J.-J. Lequeu 11.41 × 8.66 in.
6 000 - 8 000 €

La date de ce projet correspond à l’année d’arrivée de Lequeu à Paris. Jean-Jacques Lequeu obtient le premier prix d’architecture pour un monument à la gloire de Louis XVI en 1778 à l’École gratuite de Dessin de Rouen, créée par le peintre Jean-Baptiste Descamps (1706–1791)1. Il obtient une bourse de son grand-oncle l’abbé Legentil pour poursuivre ses études à Paris, ainsi qu’une introduction auprès de Soufflot. Il est engagé comme dessinateur dans son agence et intègre la classe de Julien-David Le Roy, professeur à l’Académie royale d’architecture2. Comme en témoignent d’autres dessins, il est
difficile d’être certain de la datation apposée par l’artiste sur les dessins de ses débuts3. On remarque néanmoins que les deux sphères sur lesquelles sont posées en équilibre des Renommées sont ornées de fleurs de lys, ce qui peut rapprocher l’exécution de celle de son projet lauréat de 1778.
1. Voir le dessin passé à Drouot chez Piasa le 26 mars 2009, n° 117, repr.
2. Voir le catalogue de l’exposition Jean-Jacques Lequeu, bâtisseur de fantasmes, Paris, musée du Petit Palais, 2018-2019, p. 155.
3. Ibid., p. 157.
Jean-Germain DROUAIS
Paris, 1763 - Rome, 1788
Académie d’homme dessinant
Crayon noir et lavis gris sur papier
Signé et daté ’Drouais Rome 1787’ en bas à droite
Annoté ’sur nature’ en haut à gauche
16.3 × 10 cm
Sans cadre
Provenance : Collection Philippe de Chennevières, sa marque (L.2072 ou L.2073) en bas à gauche ; Probablement sa vente, Paris, Hôtel Drouot, 4-7 avril 1900, partie du lot n° 540 (Seize dessins par Debucourt, Delagrive, Desrais, Devez, Devosge, Doyen, Drouais, Dubin, A. Dubois, T. Dubreuil, Duchange, Duchateau, Dufourny)
Academy of a man drawing, black pencil and grey wash on paper, signed and dated, by J.-G. Drouais 6.41 × 3.93 in.
3 000 - 4 000 €
Nous remercions Madame Laurence Lhinares pour son aide précieuse à la rédaction de cette notice.

À la manière de célèbres dynasties d’architectes de l’Ancien Régime tels les Du Cerceau, les Mansart ou encore les Gabriel, la famille Vaudoyer marqua de père en fils l’histoire de l’architecture française de la Révolution aux années 1920. Le fondateur de cette dynastie est Antoine-Laurent-Thomas Vaudoyer (1756–1846). Après avoir été pensionnaire à l’Académie de France à Rome, il exerce son activité à Paris. En 1788, il remporte le prix de l’Académie d’Architecture. Impliqué dans la mise en place de la future école des Beaux-arts, il est à la tête d’un important atelier et forme Henri et Théodore Labrouste. Père de l’architecture historiciste,
son fils Léon Vaudoyer (1803–1872) se consacre exclusivement au service de l’État et devient l’un des enseignants les plus respectés du Second Empire. Marqué par les idées utopiques des disciples de Saint-Simon et du philosophe Auguste Comte, il s’engage dans un nouvel ordre social progressiste. A la troisième génération, Alfred (1846–1917) qui épouse la nièce d’Eugène Viollet-le-Duc, reçoit la commande de deux des pavillons destinés aux nations étrangères invitées à l’Exposition universelle de 1878. Plus discret, il travaille pour une clientèle parisienne aisée. À la quatrième génération, Georges (1877–1947) poursuit à son tour la
tradition familiale. Pionnier dans la cité-jardin au cours des années 1910, il participe à l’introduction de nouveaux types de HLM.
L’ensemble proposé, resté dans la famille jusqu’à nos jours, apporte un éclairage inédit sur cette dynastie. Le recueil de croquis d’AntoineLaurent-Thomas Vaudoyer nous plonge dans l’intimité de son séjour romain à travers ce qu’il y voit, ce qu’il étudie et les séjours qu’il entreprend, notamment son admiration pour Palladio. Le journal de son séjour en Italie (lot 54), des années 1786 à 1788 constitue une mine d’informations passionnantes sur la formation des architectes français à la veille de la Révolution française. Il devra faire
l’objet avec le temps nécessaire qu’il nous manque malheureusement d’une étude approfondie pour révéler tous ses secrets. Les voyages de son fils Léon Vaudoyer sont également documentés avec précision à travers le lot 55 de la vente. À cela s’ajoutent un témoignage de la présence d’Antoine Vaudoyer à l’Académie croqué par Paul Delaroche (lot 56) et un ensemble d’ouvrages relatifs à l’architecture qui présente les sources d’inspiration et modèles étudiés par les Vaudoyer (lots 57 et 58).
Nous remercions Frédéric Harnisch et Emeline Duprat pour leur aide précieuse à la réalisation de ces notices.

55
Antoine-Laurent-Thomas VAUDOYER
Paris, 1756-1846
Un album d’études comprenant 200 pages, commencé à Paris en 1780 et utilisé en Italie de 1786 à 1788
Plume et encre brune et noire, sanguine, lavis, crayon noir, techniques mixtes
Inscrit sur la tranche de l’album « Croquis », reliure en cuir estampée à la feuille d’or
(Quelques accidents sur les bords. Certaines feuilles découpées)
En préliminaire, travaux de géométrie et d’arithmétique commencé à Paris en 1780 comprenant 21 pages recto/verso 39.5 × 26 cm
Provenance :
Resté dans la famille Vaudoyer jusqu’à aujourd’hui
A sketchbook comprising 200 pages, begun in Paris in 1780 and used in Italy from 1786 to 1788, pen and brown and black ink, red chalk, wash, black pen, by A.-L.-T. Vaudoyer 15.55 × 10.23 in.
30 000 - 40 000 €


Voyage d’Italie :
– Page 22/23 : recto, paysage animé avec porte antique et tour crénelée (au verso, femme en pied et croquis au crayon noir), plume et encre noire, lavis gris sur traits de crayon noir),
– Page 24/25 : relevés architecturaux et croquis de personnages
– Page 26/27 : relevés architecturaux et croquis de personnages
– Page 28/29 : relevé de fontaine à la sanguine, croquis divers
– Pages 30/31 : projet de phare, fontaine
– Page 32/33 : paysage au lavis gris découpé
– Page 34/35 : paysage et au verso relevés architecturaux, crayon noir
– Page 36/37 : paysage animé avec berger et troupeau, plume et encre noire, lavis gris
– Page 38/39 : trois études de fontaines au crayon noir, paysage et croquis au verso
– Page 40/41 : paysage avec fortifications, lavis brun et crayon noir, paysage arboré au verso
– Page 42/43 : vue d’un château surplombant la montagne, crayon noir et lavis brun, esquisse au crayon noir au verso
– Page 44/45 : paysage classique, lavis brun sur traits de crayon noir, figures allégoriques au verso
– Page 46 (45)/47 : feuille d’études de personnages de la comedia dell’arte au crayon noir, relevé de fontaine au verso, crayon noir et lavis brun
– Page 48 (46)/49 : frise marine et études de chapiteaux, plume et encre noire, lavis brun sur traits de crayon noir, plan d’hippodrome antique au verso
– Page 50 (49)/51 : paysage classique, lavis brun sur traits de crayon noir, au verso plans et coupes pour un palais, études de femmes nues dans le bas, l’une debout annotée svelte, l’autre à quatre pattes, sanguine et lavis de sanguine
– Page 52 (50)/53 : palais en bord de fleuve, deux nus féminins dans le bas, annoté « model antique Prix 3 … » , crayon noir et sanguine, lavis de sanguine ; au verso « modele en raccourci », l’une à quatre pattes de dos, l’autre allongée de face, sanguine et lavis de sanguine
– Page 54/55 : études de figures recto-verso, un Atlas au verso, sanguine et lavis de sanguine, partie supérieure découpée
– Page 56 (53)/57 : feuille d’études de figures et composition recto-verso, sanguine et lavis de sanguine
– Page 58(54)/59 : feuille d’études avec Loth et ses filles au verso paysage avec fortications dans les montagnes, sanguine et lavis brun et gris sur traits de crayon noir

– Page 60(55)/61 : figure assise, crayon noir au verso portrait de jeune femme inscrit dans un médaillon annoté « Melle Debourger », études de nus dans le bas au crayon noir
– Page 62(56)/ 63 : coupées dans la partie inférieure, études d’arbres et figures au crayon noir
– Page 64 (57)/65 : feuille découpée, croquis recto/verso
– Page 66(58)67 : feuilles rectoverso, plans et coupes pour un palais, études de figures sur les bords, crayon noir et plume et encre brune, coupure dans le haut

– Page 68(59)/69 : croquis architecturaux, inscription « Monsieur/Monsieur/Donner/ le Pous »
– Page 70 (61)/71 :buste (inscription illisible) croquis et plan, au verso plan d’un palais
– Page 72(62)/73 : croquis et plan recto-verso
– Page 74(63)/75 : croquis architecturaux et autres
– Page 76 (64)/77 : comptes dans le haut, paysage et études de feuilles au verso, au crayon noir
– Page 78/79 : détachée, rectoverso, relevés de bâtiments et caricatures, crayon noir
– Page 80(68)/81 : feuille d’études recto-verso avec plans et coupes pour un palais
– Page 82 (69)/83 : croquis avec un palais encadré de deux colonnes monumentales, au verso étude de femme vu de dos, crayon noir
– Page 84(70)/85 : artiste dessinant dans un paysage, étude de tête dans le haut, au verso projet d’architecture pour un palais, crayon noir
– Page 86(71)/87 : croquis architecturaux
– Page 88(72)/89 : croquis architecturaux, colonne monumentale
– p. 90-91-92-93-9495(73/74/75) : croquis architecturaux
– p. 96 (76)/97 : croquis architecturaux et bustes
– p. 98(77)/99 : croquis architecturaux


– p. 100-101-102-103 (78/79) : croquis architecturaux et études de bustes, paysage
– Page 104 (80)/105 : croquis architecturaux et figures
– Page 106 (81)/107 : feuille d’études recto-verso, plans et coupes de bâtiments
– Page 108 (83)/109 : projets d’architectures, paysages et figures
– p. 110/111 : projets d’architectures, paysages et figures, découpé
– p. 112 à 121 (84/85/86/87/88) : croquis d’architectures et paysages
– p. 122(89)/123 : plans et arbres, au verso portrait d’homme au tricorne, crayon noir
– p. 124 à 129 (90/91/92) : plans et relevés architecturaux, crayon noir et estompe (page 91, partie découpée)
– Page 130 à 133(93/94) : paysages et études d’arbre
– Page 134-135 : trois vignettes collées, crayon noir, partie supérieure découpée
– Page 136(96)-137 : plan annoté au centre « F.de la loge 5, occupée par Vaudoyer en 1783, ménagerie », au verso deux vignettes d’après les maîtres, crayon noir
– Page 138 (98)-139 : trois vignettes vases et palais au crayon noir, au verso un plan, trois personnages en pied et une gravure de Godefroy
– Page 140 (99) : quatre vignettes (un plan deux études de figures et un relevé de sculpture)
– Page 148 : étude d’arbre, crayon noir
– Page 149 à 155 : paysages, crayon noir et contre-épreuves de crayon noir, une gravure
– Page 156(111)-157 : deux gravures et au verso études d’horloge égyptienne, page coupée, manque
– Page 158(112)-159 : feuille découpée, croquis
– Page 160 à 169 : cinq pages non numérotées et partiellement coupées (croquis divers, deux vignettes attribuées à La Rue, inscriptions manuscrites)
– p. 170 à 200 pages vierges et pages comportant des calques de relevés de décors architecturaux (une vignette attribuée à La Rue et 22 relevés, la plupart sur papier végétal)
On joint un cahier indépendant détaché (dimensions : 26,3 × 19,5 cm) comprenant environ dix pages manuscrites de Vaudoyer à la plume et encre brune et au crayon noir, daté d’avril 1788 (table de renvois, extraits de l’ouvrage de l’architecte à Venise Palladio, inventaires des palais principaux de Venise et commentaires, quelques relevés de façades de palais ainsi que des coupes)
56
Antoine-Laurent-Thomas VAUDOYER
Paris, 1756-1846
Journal du séjour en Italie de Vaudoyer de 1786 à 1788
Crayon noir
Reliure en cuir annotée sur la tranche
« Voyage de Rome, à Florence, Naples et Paris », cuir estampé à la feuille d’or (petits accidents sur les bords)
Page de garde « Voyage de Rome à Florence, Naples et Paris dans les années 1786/1787/1788, par Vaudoyer, architecte, pensionnaire du Roy à l’académie de France à Rome » Deux lettres manuscrites de Ingres, ami et condisciple à l’Académie, dont une datée du 29 novembre 1841
Environ 250 feuillets
Dimensions du volume : 18,5 × 12,3 cm
Provenance :
Resté dans la famille Vaudoyer jusqu’à aujourd’hui
Diary of Vaudoyer’s stay in Italy from 1786 to 1788, by A.-L.-T. Vaudoyer 7.28 × 4.72 in.
30 000 - 40 000 €

1786 : « voyage de Rome à Florence et dans la Toscane, dans les mois d’octobre, novembre, décembre »
Environ 58 pages Crayon noir
– 12 relevés architecturaux au crayon noir
– Vue animée de la grotte à face humaine à Frescati et au verso, relevés du palais Mattei au crayon noir
– 14 pages de relevés architecturaux dont le Castello Nuevo (aqueducs, fontaines, souvent recto-verso avec nombreuses annotations de couleurs et de matière,
– 13 pages d’écriture manuscrite dans lesquelles sont insérées des coupes de bâtiments ainsi que des éléments décoratifs architecturaux
– 18 pages de relevés et d’inscriptions dont le relevé de l’église san Lorenzo, le tombeau sur la route de Castel Nuevo, la porta Latina…)


1787 : « voyage de Rome à Paestum et tout le royaume de Naples, dans les mois de mai et juin »
Environ 60 pages Crayon noir
– Pages de compte recto-verso et carte géographique des alentours de Naples(pliée)
– Page « ma dépense particulière » (étoffe, calèche, comédie, glaces, bas de coton, crayons fins, blanchissage…)
Relevés d’églises, saint Paul à Albano, palais, temple, vue de Terracina, Mola di Gaeta, relevés de vases à Sainte Agathe, grotte de la Trinita à Gaeta, nombreuses pages manuscrites relatant de ses périples de voyage, relevés de frises, palais de Caserte, liste des monuments favoris de Vaudoyer à Naples, château de Capo di Monte, église santa Maria della Sanita, relevés de fontaine, le mole de Naples, quelques études de figures de femmes napolitaines, tombeaux de Salerne, vue d’Eboli, aqueduc de Caserte, amphithéâtre de San Germano, deux vues de Terracina, vues du lac d’Albano et des jardins
1788 : « voyage de Rome à Paris, en retour par Lorete, Bologne Venise, tout le Vincentin, Parme, Turin, Genève, Besançon, dans les mois de mars, avril et mai » Environ 110 feuilles
Nombreuses pages manuscrites au crayon noir de récits de voyages en calèche, les différentes étapes et pauses du chemin, vue de l’arc de Trajan sur le port d’Ancône, plan de la cathédrale d’Ancône, vue de l’arc d’Auguste à Fano, pont d’Auguste à Rimini, santa Maria della Rotonda, tombeau de Dante, vue du dôme à Imola, théâtres et fontaines de Bologne, relevés de motifs architecturaux, Venise, églises, relevés de façade de palais, mobiliers, frises, arc de Vitruve à Vérone, Mantoue, quelques pages manuscrites sur du palais de Té, de la basilique saint André, Parme, théâtres et églises, Milan, le mont Cenis, Salines de Ledoux à Chaux, volière, théâtres et églises à Besançon, Après la fin du récit de 74 jours de voyages, divers relevés antérieurs de Rome et deux portraits à la plume et encre noire à la fin du volume.
Lot de dix carnets de dessins, croquis et notes diverses ayant appartenu à différents membres de la famille
Vaudoyer
– Grand album oblong (25,5 × 34 cm), demi-chagrin aubergine, dos lisse muet (Alph[on]se Giroux et Comp[agn]ie) Environ 25 p. (dont la moitié restées vierges) et 26 feuillets détachés de dessins au crayon (2 aquarellés) représentant des objets du quotidien, des éléments de paysage, des arbres, des chats, des bustes, etc. Dos frotté.
– Carnet oblong (11,4 × 18,7 cm), toile grège.
Environ 55 p. (dont la moitié restées vierges) de dessins au crayon ou à la pierre noire, montrant des paysages, personnages, scènes familières, études de types, etc. Les premiers dessins sont datés de 1875.
– VAUDOYER (Léon). « Villa Médicis. Arc de Bénévent. Pompeïa. relevés ». Carnet oblong (11,6 × 18 cm), demi-veau marbré, dos lisse orné de motifs dorés.
Environ 43 p. (dont moins d’un quart restées vierges) de dessins au crayon (2 pages rehaussées à l’aquarelle) de relevés, prises de cotes, détails d’architecture et d’ornementation, etc. Mention manuscrite au premier contreplat : « Léon Vaudoyer architecte à l’Académie de France (Villa Médici) à Rome ».
– [VAUDOYER (Léon) ?]. « Caen. Chartres. Chateau d’Anet. Joli dessin de cul de lampe. Amiral Truguet ». Carnet oblong (11 × 19 cm), demi-maroquin à grain long vert sombre, dos lisse.
Ensemble d’environ 28 dessins au crayon de coupes, plans, détails d’architecture et d’ornementation, etc.
– Carnet oblong (11,3 × 15,5 cm), demi-chagrin vert, dos lisse muet. Environ 44 p. (dont la moitié restées vierges) de dessins au crayon montrant des scènes maritimes, historiques ou religieuses, arbres, paysages, etc.
– VAUDOYER. Carnet d’un voyage en Allemagne en 1840. Pet. in-8 (18 × 12 cm), papier brun imitant le maroquin à grain long.
Carnet écrit tête-bêche au crayon relatant le voyage de Léon Vaudoyer en Allemagne en 1840, au départ de Paris. En retournant le carnet, on trouve les comptes pour les dépenses dans chaque ville traversée, ainsi que des notes sur les choses à faire et à visiter lors des différentes étapes. Quelques croquis.
– [VAUDOYER (Léon) ?]. « Séjour en Italie. Villa Médicis ». Carnet oblong (10 × 15,5 cm), demi-basane brune, dos lisse.
Ensemble d’environ 28 dessins au crayon de détails d’architecture et d’ornementation, quelques vues, etc. Une autre main a noté sur l’étiquette du plat supérieur : « Léon. Rome. (Peut-être la dernière année ?) Départ de Rome ».
– Carnet oblong (7,2 × 13,5 cm), percaline verte, fermoir métallique. Environ 56 p. de notes et de dessins au crayon montrant des études de paysages, visages et personnages, animaux, etc. Certaines notes au crayon sont en italien. Brochage faible.
– Carnet oblong (6,4 × 9,9 cm), chagrin vert lierre estampé d’un motif à froid, dos lisse muet, porte crayon avec crayon.
Environ 100 p. de notes au crayon (quelques unes à l’encre) avec de rares dessins (essentiellement des croquis de visages et d’architecture.
– [VAUDOYER (Léon) ?]. « Villa Médicis ». Carnet oblong (6,9 × 11 cm), demi-basane brune, dos lisse.
Ensemble d’environ 35 dessins au crayon de coupes, plans, détails d’architecture et d’ornementation, quelques croquis, etc. Certains dessins ont été réalisés à Reggio en Italie.
Provenance : Resté dans la famille Vaudoyer jusqu’à aujourd’hui
A gathering of ten sketchbooks, notebooks which belonged to several members of the Vaudoyer family
2 000 - 3 000 €


Paris, 1797-1856
Portrait de M. Antoine-LaurentThomas Vaudoyer, lors d’une séance à l’Académie
Plume et encre brune Annoté et daté ’Mr Vaudoyer par Mr P. Delaroche / 26 Mars 1838.’ dans le bas 11.5 × 8.5 cm
Provenance : Resté dans la famille Vaudoyer jusqu’à aujourd’hui
Portrait of Mr Antoine Laurent Thomas Vaudoyer, during a session at the Académie, pen and brown ink, by P. Delaroche
4.53 × 3.35 in.
2 000 - 3 000 € 58
Desseins de touttes les parties de l’église de Saint-Pierre de Rome, levés sur les lieux en M. DC. LIX. & présentés au roy
In-folio (49,5 × 37 cm), demi-basane brune à coins, dos lisse orné de motifs dorés (reliure de l’époque)
Ouvrage entièrement gravé contenant 27 feuillets : 2 plans repliés, 23 planches et 2 ff. de texte (dont le titre).
Les planches, gravées sur cuivre par Marot, Vincent, Inselin, Scotin et Lucas, montrent des plans, élévations, coupes, détails de façade et de statuaire. Manque le portrait de l’auteur dessiné et gravé par J. A. Seüpel.
On a ajouté dans ce recueil une grande gravure au burin par Antonio Labacco, contrecollée et représentant la façade de la basilique, ainsi que 4 planches et une carte par Dumont, 2 ff. gravés et un f. imprimé de mesures, un plan à double page et 3 planches d’une autre provenance.
Tarade, architecte du Roi avait dessiné ces relevés en 1659, plans, profils et élévations, et compare Saint-Pierre de Rome aux cathédrales de Paris et Strasbourg.
Reliure usagée. Des rousseurs, mentions manuscrites au crayon ou à l’encre sur les planches.
On y joint deux ouvrages : – VAUDOYER (Antoine-Laurent-Thomas).
Description du théâtre de Marcellus, à Rome. Paris, Dusillion, 1812. In-4 (26,9 × 20,9 cm), demi-basane rouge, dos lisse orné de motifs dorés, pièce de titre noire (reliure de l’époque).
Édition originale.
Portrait lithographique de l’auteur par Marlet en frontispice et 8 planches repliées, gravées sur cuivre d’après Vaudoyer. Précieux exemplaire de l’auteur, avec de nombreuses notes autographes marginales et 4 pages de manuscrit autographe in fine.
Envoi autographe de A. Vaudoyer, fils de l’auteur : « À son ami Alph. Gagné. Souvenir de la bibliothèque de mon père. » avec son manuscrit original, par Antoine-Laurent-Thomas Vaudoyer (Paris, 1756-1846)
– NEPOS (Cornelius). Vitae excellentium imperatorum. Paris, Pierre Didot l’aîné, an VII [1799]. In-12 (15,6 × 9,6 cm), veau raciné brun, encadrement de frises dorées sur les plats, dos lisse orné de motifs dorés, tranches dorées (reliure de l’époque).
Édition stéréotype de Didot, l’un des tout premiers titres publié, imprimé dans l’ancienne Imprimerie royale au Louvre. Exemplaire imprimé sur papier vélin, second papier.
Mors et dos frottés, coiffes arasées
Provenance :
Resté dans la famille Vaudoyer jusqu’à aujourd’hui
A gathering of seven printed and handwritten works about architecture and Antoine Vaudoyer
400 - 600 €

Ensemble de sept ouvrages imprimés et manuscrits relatifs à l’architecture et Antoine Vaudoyer
– FONTAINE. Chapelle expiatoire élevée à Louis XVI et à Marie-Antoinette, à Paris, rue d’Anjou. [Paris, Normand fils aîné, 1832]. In-folio (40,7 × 26,3 cm), demi-basane rouge, pièce de titre de maroquin rouge sur le plat supérieur, dos lisse orné de motifs dorés, pièce de titre en long (reliure de l’époque).
La couverture imprimée porte la mention : « Extrait de l’ouvrage des Monuments funéraires de Paris ».
Titre manuscrit et 18 pages manuscrites, vraisemblablement de la main d’Antoine Vaudoyer. Portraits lithographiques de Louis XVI et de Marie-Antoinette, un plan manuscrit aquarellé, 6 planches gravées sur acier, certaines repliées. Manques au dos.

– DÉTOURNELLE (Athanase). Nouveau Vignole au trait, ou Élémens des ordres Paris, chez l’auteur, an XII [1804].
Pet. in-folio (32 × 24,3 cm), demimaroquin à grain long rouge, dos lisse, pièce de titre en long (reliure de l’époque).
Petit traité à visée pédagogique, illustré de 20 planches gravées sur acier, dont le titre. Notre exemplaire est complété par 2 grandes planches repliées et 5 fragments de planches, le tout gravé sur acier et faisant écho aux planches de l’ouvrage. Dos et mors frottés.
– VAUDOYER (Antoine). Madrid. Notes sur l’ancien chateau de Madrid bâti par ordre de François Ier, dans le bois de Boulogne, en 1530, vendu et démoli par suite de la révolution de 1789 en 1792 Paris, 1837. In-4 (30,5 × 19,5 cm) demi-maroquin à long grain rouge, pièce de titre sur le plat supérieur, dos lisse orné de motifs dorés, pièce de titre en long (reliure de l’époque) manuscrit vraisemblablement autographe de 46 p.
Portrait lithographique de François Ier, portrait lithographique d’Antoine Vaudoyer, plan manuscrit aquarellé et replié et deux figures gravées sur métal contrecollée.
Dos légèrement frotté.
– CARISTIE (Auguste). Notice sur l’état actuel de l’Arc d’orange et des théâtres antiques d’orange et d’Arles. Paris, Firmin Didot, 1839. In-4 (26,6 × 21,4 cm) demi-maroquin à long grain rouge, pièce de titre sur le plat supérieur, dos lisse orné de motifs dorés, pièce de titre en long (reliure de l’époque).
Une grande vue gravée sur cuivre repliée et 9 planches lithographiées de plans et vues.
Accrocs au dos. Quelques piqûres.
– VAUDOYER (Antoine). Plan, coupe et élévation du palais de l’Institut impérial de France, suivant sa nouvelle restauration. Paris, Dusillion, Soyer, 1811. In-8 (20,6 × 13,5 cm) basane porphyre, frises dorées en encadrement des plats, dos lisse orné de motifs dorés (reliure de l’époque)
Trois figures gravées sur cuivre, ici lavées, c’est-à-dire rehaussées de lavis d’encres noire et rose. Reliure frottée, accroc au dos. quelques légères rousseurs.
– [PERSPECTIVE.– MANUSCRIT]. Traité de perspective manuscrit. S. l. n. d. Pet. in-4 oblong (20,5 × 27,3 cm) demimaroquin à long grain rouge, dos lisse muet (reliure de l’époque)
Beau manuscrit illustré de 51 figures au crayon et à l’encre. Reliure un peu frottée.
– [ARCHITECTURE.– MANUSCRIT]. Académie des Beaux arts de l’Institut royal de France. Section d’Architecture. […]
Table alphabétique. S. l. n. d. [vers 1840]. Pet. in-folio (35,2 × 23,4 cm) demi-parchemin vert à coins, dos lisse, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l’époque).
Intéressant manuscrit commencé vers 1835 et terminé vers 1841.
Les 3 premières pages contiennent les « Projets de composition » des architectes pensionnaires à l’Académie de France à Rome. on y voit notamment un projet de conservatoire de Musique par Baltard en 1838.
La suite du recueil contient, par ordre alphabétique les « Monuments étudiés restaurés et projets envoyés de Rome ». On y trouve l’Arc de Bénévent et l’Arc de Titus proposés par Labrouste, un Frontispice de Néron, une Porte majeure et une Porte (Arc d’Auguste dans la ville de Fano) par Louis Vaudoyer, une mosaïque (à Otricoli) par Baltard, un Panthéon par JeanBaptiste Lesueur, etc.
Accrocs au dos, mais reliure solide.
Intéressant et bel ensemble autour de l’architecture, de l’Antiquité au XIXe siècle.
Provenance :
Resté dans la famille Vaudoyer jusqu’à aujourd’hui
A gathering of seven printed and handwritten works about architecture and Antoine Vaudoyer
1 500 - 2 000 €



Album amicorum composé de diverses partitions, poèmes et dessins, réalisé pour Adèle Duverger
In-8 oblong (16 × 20,5 cm), maroquin à long grain bleu nuit, chiffre A doré sur le plat supérieur, dos lisse muet, tranches dorées, étui (Susse papetier) 17 × 21 cm
Bel album de 34 feuillets de texte et de partitions, et de 23 feuillets de papier fort, blanc ou coloré. Il renferme :
Ces dessins sont précédés des pièces autographes (presque toutes signées) suivantes :
- un huitain de Pierre Didot l’aîné, - la traduction (de l’allemand) par Charles Paravay de la préface des Fabes d’Henry Pestalozzi,
- un air avec musique notée intitulé « l’Amitié, romance », par Elisza Berlot (paroles de Mme Perrier),
- deux pièces de musique avec partitions de G. Foignet, harpiste à l’Opéra comique,

- un air avec musique notée intitulé
Romance », par J. B. Woets (paroles de J. A. Jacquelin), - deux airs avec musique notée, intitulés « La marguerite » et « Les Deux voyageurs », par J. Mengal (paroles de Ch. Paul de Kock), - un air avec musique notée intitulé Malvuina », par Rose Gy (paroles de J. A. Jacquelin),
- deux pièces musicales, intitulés
Valze » et « Il faut te fuir » (avec paroles), par V. Rifaut, - un air avec musique notée intitulé Duetto per due soprani », par A. Panseron, - une suite de citations de La Bruyère, Chénier, Madame Necker, Gaillard et Malherbe,
- un huitain en anglais signé E. D., - deux pièces en vers d’Alfred Cy (une intitulée « Rondo », - un long texte intitulé « L’École militaire de St Cyr, vingt ans après y être entré » par A. Féréol.
Provenance : Resté dans la famille Vaudoyer jusqu’à aujourd’hui
Album amicorum comprising numerous scores, poems and drawings created for Adèle Duverger 6.69 × 8.27 in.
500 - 700 €

Paris, 1771 - Meudon, 1835
Le général Bonaparte au pont d’Arcole le 15 novembre 1796
Crayon noir, estompe et rehauts de blanc 22 × 16 cm (Quelques rousseurs)
Provenance :
Probablement offert par Antoine-Jean Gros au peintre Vincenzo Camuccini ; Collection du peintre Vincenzo Camuccini (1771-1844) ; Puis par descendance à son arrièrearrière-petit-fils ; Collection particulière, Rome
Bibliographie :
Corrado Maltese, « Un ritratto di Bonaparte e un disegno di Antoine Gros », Bollettino d’Arte, 1959, p. 232, repr. fig. 2
Œuvres en rapport :
Antoine-Jean Gros, baron Gros, Bonaparte au pont d’Arcole, esquisse, huile sur toile, vers 1796, musée du Louvre, n° RF 361 (fig. 1)
Antoine-Jean Gros, baron Gros, Bonaparte au pont d’Arcole, 1796, exposé au Salon de 1801, musée du Château de Versailles, INV RF 271
Giuseppe Longhi d’après Antoine-Jean gros, Bonaparte à Arcole, 1798, gravure en noir
Anonyme d’après Antoine-Jean Gros, Bonaparte à Arcole, dessin, ancienne collection Castaine (voir Corrado Maltese, op. cit. supra, p. 236, fig. 9)
General Bonaparte at the Bridge of Arcole on 15 November 1796, black pencil, stump and white highlights, by A.-J. Gros called Baron Gros 8.66 × 6.30 in.
200 000 - 300 000 €

La réapparition de ce dessin inédit rend à Gros ce qui lui revient : l’invention du Romantisme dans l’art du portrait français. Quelques traits de crayon rageurs suffisent à mettre en place le portrait le plus célèbre de Napoléon Bonaparte. Jeunesse, intrépidité, mouvement : les artefacts du héros sont suggérés en un jaillissement d’accents synthétiques. Jamais l’instinct d’un artiste ne fut plus près du génial général impétueux. « Son écriture rapide, impulsive mais synthétique, exprime une sensibilité ardente », disait Gérard Auguier dans sa préface à la vente Delestre (Artcurial, le 22 mars 2017), rappelant le jugement d’Élie Faure, qui résume ainsi la production de Gros : « le passage angoissé de l’immobilité de David au tumulte de Delacroix ».
Le 27 mars 1796, Bonaparte prend le commandement de l’armée d’Italie, armée de campagne
de l’armée française utilisée pour des opérations en Italie, et lance une offensive contre le royaume de Sardaigne et ses alliés autrichiens. Le 7 décembre 1796 (17 Frimaire), Bonaparte concède quelques minutes de pose à Jean-Antoine Gros dans un palais de Milan. Le général venait de vivre, trois semaines auparavant, le célèbre épisode du pont d’Arcole. Retraçons les grandes lignes de cet évènement crucial de la campagne d’Italie qui scelle la future légende de Napoléon, présenté comme une réincarnation d’Alexandre le Grand.
Après avoir vaincu les Piémontais et les Autrichiens, l’armée d’Italie s’avance en Lombardie et assiège Mantoue. L’Autriche envoie deux nouvelles armées aux ordres de Davidovitch et d’Alvinczy pour empêcher la prise de la ville.

Antoine-Jean GROS, dit baron GROS
Paris, 1771 - Meudon, 1835
Le général Bonaparte au pont d’Arcole
le 15 novembre 1796
Bonaparte, replié à Vérone, décide de porter son effort contre Alvinczy en coupant ses arrières. Il confie au général Vaubois le soin de contenir Davidovitch et laisse 9 000 hommes contre l’Autrichien Dagobert von Würmser enfermé dans Mantoue. Sortant de Vérone, Bonaparte lance son attaque le 15 novembre, soit le 25 Brumaire. Augereau passe l’Adige à Ronco mais est arrêté par un feu violent protégeant le passage crucial du pont d’Arcole. Brandissant un drapeau, il s’élance pour franchir le pont mais doit reculer face au feu de l’ennemi. Les soldats refluent dans la panique. Bonaparte, n’écoutant que son courage, récupère un étendard et s’élance à la tête des grenadiers pour forcer le barrage adverse. Sur la gauche, Masséna est parvenu à passer et à rallier l’armée, tandis qu’à droite le général Guieu est parvenu jusqu’à Arcole. Inquiet cependant, Bonaparte replie ses hommes sur Ronco et va désormais s’appliquer à user les Autrichiens jusqu’au
moment qu’il jugera favorable pour l’attaque générale. Le 16, la manœuvre se répète et Augereau échoue à nouveau devant le pont, tandis que Masséna avance à gauche et parvient à repousser l’aile droite autrichienne. Dans la nuit du 16 au 17, Bonaparte fait établir un pont par le génie d’Andreossi en avant d’Arcole, d’où Augereau pourra prendre le village de flanc, tandis que Masséna attaquera de front. Tout se passe comme prévu, et Masséna parvient à s’emparer du pont d’Arcole. Alvinczy, qui a perdu 10 000 hommes se replie, au moment où Vaubois est battu par Davidovitch. Bonaparte, encore crotté, les tympans sonnés, rentre à Milan retrouver Joséphine dont il est fou amoureux. Avant de repartir au front, il accepte de consacrer quelques minutes à ce peintre qui lui ressemble tant physiquement. Hâve, presque famélique, jeune, de la même génération, le cheveu long comme lui, comme lui avide de gloire.

En pleine Terreur, Gros, élève de David depuis 1785, obtient en 1793 de son maître un laisser-passer pour l’Italie. Il veut se rendre à Rome mais les aléas politiques le retiennent à Gênes, ville neutre pour les Français. Il y vit dans une grande pauvreté donnant occasionnellement des cours de dessin pour gagner sa vie. Il obtient des commandes de portraits grâce à Faitpoult, envoyé de France à Gênes, et à son épouse. C’est par leur intermédiaire que l’espoir finit par survenir, avec une première commande pour une « figure de la République ». Quand Joséphine cède aux suppliques de Bonaparte pour le rejoindre en Italie (ils se sont mariés en mars 1796), elle fait halte à Gênes, où elle est reçue par les Faitpoult. Gros précise alors : « Comme j’allais assez souvent chez le citoyen Faitpoult, envoyé de la République française à Gênes, et qu’il avait quelque estime et amitié pour moi, je me recommandai à lui et à son épouse pour me présenter
à la citoyenne Bonaparte à son arrivée, dans la seule espérance de parvenir à faire le portrait du général, dont la gloire et les détails que l’on me donnait de sa physionomie ne faisaient qu’irriter ce désir » (voir Jean-Baptiste Delestre, Gros, sa vie et ses ouvrages, Paris, 1867, p. 33).
Gros montre à Joséphine deux tableaux pour attester de ses capacités : un portrait de famille et le portrait d’un homme « à la physionomie sévère, tel qu’il avait imaginé Bonaparte ». Joséphine en fut frappée et emmena le jeune artiste avec elle à Milan.
Une fois arrivée sur place, elle présente Gros au grand homme. Gros nous rapporte les paroles échangées alors. « J’ai un grand sujet à traiter ou du moins c’est mon ardent désir, [commence l’artiste.] Comment ? [s’interroge le général.]
Votre portrait. Il fit une inclination de tête légèrement et modestement. Je fus retenu à dîner. » Gros est invité à loger au palais Serbelloni où
le couple réside. L’unique séance de pose du général pressé est racontée par Gros dans une lettre adressée à sa mère le 17 frimaire 1796 : « Je viens de commencer le portrait du général ; mais l’on ne peut même donner le nom de séance au peu de temps qu’il me donne. Je ne puis avoir le temps de choisir mes couleurs ; il faut que je me résigne à ne peindre que le caractère de sa physionomie, et après cela, de mon mieux, à y donner la tournure d’un portrait. Mais on me fait avoir courage, étant déjà satisfait du petit peu qu’il y a sur la toile. Je suis bien inquiet de voir la tête à peu près faite. » (Jean-Baptiste Delestre, opus cité supra, p. 34).
Notre dessin, dont la hâte d’exécution se perçoit dans la vigueur des accents, a peut-être été exécuté ce jour-là. La mise en place du tableau tient du génie. On y décèle le précepte général que Gros enseignera plus tard à ses nombreux élèves : « Il faut procéder par ensemble ; ensemble de mouvement, de longueurs, de lumière et d’ombre, ensemble d’effet. Vous ne devez, disait-il, vous occuper d’une portion sans regarder le tout. Faites-vous la tête ?
regardez les pieds, et ainsi du reste » (Jean-Baptiste Delestre, opus cité supra, p. 356). Dans la fumée des canons, Bonaparte s’est emparé du drapeau qu’il lève vigoureusement au-dessus de lui. Sabre au clair, déjà en mouvement vers l’avant, il se retourne vers ses troupes pour les engager à le suivre. Les traits effilés comme une lame de couteau, le nez aquilin, la bouche fermée d’un trait, l’air décidé suggèrent le héros sans peur qui insuffle le courage à ses soldats. Les cheveux mi-long en désordre, le drapeau en volutes, les stries nerveuses, indiquent le souffle et le mouvement ; la mort rôde autour de lui mais Bonaparte n’en a cure : il traverse avec témérité la mitraille, dans le but de galvaniser ses hommes et de leur faire oublier la peur.
Cette « vivante image de l’héroïsme », comme disait Delacroix, sera transposée en peinture et achetée par Bonaparte. Le succès du tableau, exposé au Salon de 1801 et depuis conservé au Louvre, ne s’est toujours pas démenti.
L’action de Bonaparte à Arcole est l’une des rares fois où Bonaparte quitta son rôle de général en chef pour montrer qu’il avait l’étoffe d’un héros militaire classique, tel un Bayard ou un Du Guesclin. Bonaparte, extrêmement satisfait du portrait de Gros, le fit immédiatement graver par Giuseppe Longhi afin qu’il soit diffusé auprès des troupes et dans les gazettes rapportant au peuple son triomphe. Dès lors, la carrière de Gros fut attachée au destin de Napoléon Bonaparte.
Le dessin de Gros provient de la collection du peintre Vincenzo Camuccini (Rome, 1771–1844).
Admirateur de David, Camuccini (fig. 2) est un peintre majeur du courant néoclassique. Il trouve dans les idées de la République une corrélation flagrante avec les sujets tragiques de l’Antiquité qui le fascinent. Comme Appiani et tant d’autres, il voit dans l’application des principes de la République le renouveau de son pays. Il rencontre Gros en Italie et se rend à Paris pendant l’année 1810.
Entre 1814 et 1824, il sera inspecteur des peintures de la Papauté ; en 1825, le roi de Naples Ferdinand 1er le nomme directeur de l’Académie de Naples à Rome. L’inventaire manuscrit de sa collection mentionne ainsi notre dessin : « Ritratto di Napoleone disegnato dal vero da Mr Gros, allorché si trovava in Genova come Generale [c’est bien Gros qui est établi à Gênes et qui effectue un court séjour à Milan pour y exécuter le portrait de Bonaparte], all’età di Venti Sei anni, stando egli stesso all’azione al pittore volendo che lo rappresentasse nell’azione di togliere la Bandiera al portabandiera, alla Battaglia d’Arcole, ed in tale azione ne dipinse il quadro Mr Gros » (fig. 3). La très importante collection de tableaux anciens de Vincenzo Camuccini fut vendue en grande partie par ses héritiers au duc de Northumberland en 1855 mais des albums de dessins restaient à exhumer au moins un chef-d’œuvre : notre dessin.
Nous remercions le docteur Pier Ludovico Puddu pour les précieux éléments relatifs à la provenance qui nous ont été transmis ainsi que pour son aide à la rédaction de cette notice. Nous remercions Monsieur Gérard Auguier d’avoir examiné ce dessin de visu et d’avoir confirmé son authenticité.
Nous remercions Madame Valérie Bajou d’avoir examiné ce dessin de visu et d’avoir confirmé son authenticité.

3
Bordeaux, 1786 - Paris, 1864
Quatorze grands épisodes de l’Histoire de France, préparatoires pour la salle des États Généraux à Versailles
Crayon noir, estompe et rehauts de craie blanche sur papier préparé dans différentes nuances de brun ou de gris
Chaque planche est légendée en bas au centre dans la marge du montage
Hauteur : de 19 à 22,5 cm
Largeur : de 23,5 à 35 cm
Reliure en cuir d’époque romantique de couleur prune, signée du relieur Ginain (Importantes usures)
Fourteen great episodes of French history, studies for the Salle des États
Généraux in Versailles, black pen, stump and white chalk, by J. Alaux
High: from 7.48 to 8.85 in.
Width: from 9.25 to 13.77 in.
10 000 - 15 000 €
Élève de Vincent, puis de Guérin, Alaux remporte le concours du prix de Rome en 1815. À son retour, il se voit confier de nombreuses commandes officielles. Il reçoit en 1836 la commande d’une Décoration de quatre panneaux pour la Salle des États-Généraux du Château de Versailles, sur lesquels il travaille jusqu’en 1839. Nos dessins sont préparatoires à cette décoration.

1–Champ de Mars, 615, Clotaire II
Notre dessin est préparatoire au tableau de la salle des États
Généraux du Château de Versailles
(inv. LP 3524.3). On note plusieurs variantes avec le dessin, notamment un soldat a été inséré entre le char du roi et le cavalier, et deux guerriers ont été insérés entre le char du roi et l’évêque, ce qui allonge la composition.
2–Champ de mai, août 767, Pépin le Bref
Notre dessin est préparatoire au tableau de la salle des États
Généraux du Château de Versailles (inv. LP 3524.2). On note de nombreuses variantes entre le dessin et le tableau, dont le format ovale du tableau de Versailles.
3–Charlemagne associe à l’Empire son fils Louis I le débonnaire, août 813
Notre dessin est préparatoire au tableau de la salle des États
Généraux du Château de Versailles (inv. LP 3524.1). On note de nombreuses variantes entre le dessin et le tableau, notamment avec le groupe de soldats à gauche de Louis le Débonnaire.
4–Hugues Capet proclamé roi des francs par les grands du Royaume, mai 987
Notre dessin est préparatoire au tableau de la salle des États Généraux du Château de Versailles (inv. LP 3524.4). Le tableau de Versailles est de forme ovale.
5–Affranchissement des communes, 1113, Louis VI, le Gros
Notre dessin est préparatoire au tableau de la salle des États Généraux du Château de Versailles (inv. LP 3525.1). La composition de Versailles est plus ambitieuse avec l’ajout de plusieurs groupes de personnages.
6–Philippe Auguste cite le roi Jean devant la cour des pairs, 30 avril 1203
Notre dessin est préparatoire au tableau de la salle des États Généraux du Château de Versailles (inv. LP 3525.3). On note de nombreuses variantes, notamment l’ajout du roi sur son trône au milieu de la composition.


63 - XII/XIV
7–États généraux de Paris, 10 avril 1302, Philippe IV le Bel
Notre dessin est préparatoire au tableau de la salle des États Généraux du Château de Versailles (inv. LP 3525.2). On note de nombreuses variantes par rapport au dessin, notamment l’ajout de deux scrutateurs au milieu du tableau, et le déplacement des colonnes derrière les groupes du premier plan au lieu de devant.
8–Parlement rendu sédentaire à Paris, 23 mars 1303, Philippe IV, le Bel
Notre dessin est préparatoire au tableau de la salle des États
Généraux du Château de Versailles (inv. LP 3526.3). La composition de Versailles est plus ambitieuse avec l’ajout de plusieurs groupes de parlementaires, et des deux scrutateurs au milieu de la composition.
9–Affranchissement des serfs, 3 juillet 1315, Louis X le Hutin
Notre dessin est préparatoire au tableau de la salle des États Généraux du Château de Versailles (inv. LP 3526.1). On note quelques variantes, notamment l’ajout d’un chevalier au premier plan à gauche, et l’ajout d’un groupe de personnages au fond. Le tableau de Versailles est ovale.
10–États généraux de Paris, 9 mai 1369, Charles V le Sage
Notre dessin est préparatoire au tableau de la salle des États
Généraux du Château de Versailles (inv. LP 3526.2). On note quelques variantes par rapport au dessin, notamment l’ajout d’un personnage debout au premier plan, et l’ajout de deux scrutateurs au milieu.

11–Retour du Parlement à Paris, 1436, Charles VII
Notre dessin est préparatoire au tableau de la salle des États Généraux du Château de Versailles (inv. LP 3527.4). On note de nombreuses variantes par rapport au dessin, notamment l’ajout d’une estrade, des deux scrutateurs, et de nombreux parlementaires.
12–États généraux de Tours, 15 janvier 1484, Charles VIII
Notre dessin est préparatoire au tableau de la salle des États Généraux du Château de Versailles (inv. LP 3527.3). On note plusieurs variantes par rapport au dessin, notamment l’ajout d’un conseiller debout à gauche du roi, et le rééquilibrage des groupes de personnages en fonction de la composition en format ovale du tableau de Versailles.
13–États généraux de Blois, 16 octobre 1588, Henri III
Notre dessin est préparatoire au tableau de la salle des États Généraux du Château de Versailles (inv. LP 3527.2). Le dessin est assez proche de la composition finale, avec quelques variantes sur la position des personnages.
14–Assemblée des notables à Rouen, 1596, Henri IV
Ce sujet devait être inséré avec les autres tableaux de la commande de 1836, mais a été remplacé par L’Assemblée des notables de 1787 Il sera commandé en grand format en 1838 et accroché lui aussi dans la salle des États Généraux du Château de Versailles. (inv.LP 3976).

64
Benjamin ZIX et Strasbourg, 1772 – Pérouse, 1811
Constant BOURGEOIS
Guiscard, 1767 – Passy, 1841
La bataille d’Ebelsberg, le 3 mai 1809
Plume, encre de Chine et lavis brun sur traits de crayon
Porte le numéro ’308’ en bas à droite et au verso au crayon bleu
Dimensions de la feuille : 41,5 × 70 cm
Sans cadre
Provenance : Collection Dominique-Vivant Denon ; Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Millon, 23 novembre 2023, n° 155
The Battle of Ebelsberg, May 3, 1809, pen, Indian ink and brown wash on pencil, by B. Zix and C. Bourgeois 16.33 × 27.55 in.
3 000 - 4 000 €
Notre feuille, impressionnante tant par sa dimension que par la maitrise de l’usage du lavis brun, fait partie d’un projet d’ensemble commandé à Benjamin Zix par Vivant Denon. Ce dernier demande au dessinateur officiel des batailles de l’Empire, qui naturellement s’est rendu sur place, d’illustrer la campagne d’Autriche de 1809. Constant Bourgeois en revanche n’interviendra que dans un second temps pour mettre au lavis les œuvres dessinées de Zix. Les armées françaises parviennent
à infliger ce 3 mai 1809 de lourdes pertes aux Autrichiens, garantissant ainsi l’accès à Vienne où l’empereur rentrera victorieux moins de dix jours plus tard.
Le numéro à la craie bleue présent sur ce dessin ainsi que sur d’autres feuilles représentant les campagnes de Napoléon conservées au musée du Louvre sont de la main de Vivant Denon et renvoyaient peut-être à un inventaire ou à un ordre en vue d’une publication qui n’a pas vu le jour.
Paris, 1763-1830
La découpe du poulet
Plume et encre brune, lavis brun sur traits de crayon
13 × 20.5 cm
Provenance : Collection particulière, Paris
Cutting the chicken, pen and brown ink, brown wash on pencil, by J.-F. Tourcaty 5.11 × 8.07 in.
4 000 - 6 000 €
Notre amusant dessin est préparatoire à une planche gravée pour le « Manuel des Amphitryons ; Contenant Un Traité de la Dissection des viandes à table, la Nomenclature des Menus les plus nouveaux pour chaque saison, et des Éléments de Politesse gourmande.
OUVRAGE indispensable à tous ceux qui sont jaloux de faire bonne chère, et de la faire faire aux autres » publié à Paris en 1808.


Paris, 1785-1824
Le tombeau indien
Aquarelle
Signée et datée ’Augte Garnerey 1813 ’ en bas à droite
13.3 × 18.6 cm
Provenance : Vente L’œil de Talabardon & Gautier ; Paris, Ader, 23 mars 2023, n° 229
The Indian Tomb, watercolor, signed and dated, by A. Garneray 5.23 × 7.32 in.
1 500 - 2 000 €
Rouen, 1791 - Paris, 1824
Cavalier turc au combat
Plume et encre brune sur calque, doublé 25 × 29.5 cm
Provenance : Collection François-Hippolyte Walferdin (1795-1880) ;
Sa vente après décès, Paris, Hôtel Drouot, 12-16 avril 1880, n° 291 ; Collection Pierre Olivier Dubaut, son cachet (L.2103b) en bas à droite
Exposition :
L’Art français des XIX et XXe siècles, Prague, Hôtel de Ville, 1924, n° 19 De David à Manet, Paris, Galerie Balzac, 26 janvier 1924-26 février 1924, n° 130 (ill.)
Exposition d’œuvres de Géricault au profit de la Sauvegarde de l’art français, Paris, Hôtel Jean Charpentier, 24 avril-16 mai 1924, n° 256
L’adieu au cheval, Paris, Galerie Théophile Briand, 1929, n° 11 Gros, ses amis, ses élèves, Paris, Petit Palais, 1936, n° 602
First exhibition in America of Géricault Paintings-Drawings, New York, Marie Sterner Galleries, 16 novembre 1936 –5 décembre 1936, n° 24
Géricault, peintre et dessinateur, Paris, Bernheim-Jeune, 10 mai 1937 – 29 mai 1937, n° 105
Chevaux et cavaliers, Paris, Galerie Charpentier, 1948, n° 321
Géricault, cet inconnu… (1791-1824), Aquarelles, gouaches, dessins, Paris, Galerie Bignou, 1950, n° 23
Théodore Géricault, Winterthur, Kunstmuseum, 30 août 1953 – 8 novembre 1953, n° 137 (ill. en couverture)
Géricault dans les collections privées françaises, Paris, Galerie Aubry, 6 novembre 1964- 7 décembre 1964, n° 54
Bibliographie :
Charles Clément, Catalogue de l’œuvre de Géricault, Tome XXIII in G.B.A., octobre 1867, dessins n° 9
Charles Clément, Géricault, Paris, 1868 et 1879, dessins n° 9
Léon Rosenthal, L’exposition du centenaire de Géricault, dans L’Amour de l’art, juin 1924, p. 204 America sees Géricault, in Art digest, 15 novembre 1936, p. 5
Martha Davidson, The American debut of Géricault, in Art News, 21 novembre 1936, p. 29
Lorenz Eitner, Géricault, an Album of Drawings in the Art Institute of Chicago, Chicago, 1960, p. 31
Antonio del Guercio, Géricault, Milan, 1963, p. 141, fig. 13
L. Eitner, Charles Clément : Géricault (réimpression de l’édition définitive de 1879). Introduction et supplément, Paris, 1973, p. 461, n° 9
Germain Bazin, Théodore Géricault. Étude critique, documents et catalogue raisonné, Wildenstein Institute, Paris, 1997, Tome III, page 202 n° 864 repr.
Turkish cavalryman in combat, pen and brown ink on tracing paper, by T. Géricault 9.84 × 11.61 in.
6 000 - 8 000 €
Notre dessin est préparatoire au Cavalier turc au combat conservé à l’École des Beaux-Arts depuis 1908 (inv. EBA 976).


Cluny, 1758 – Paris, 1823
Vierge à l’Enfant et saint Jean-Baptiste, d’après un maître
Crayon noir, estompe et craie blanche sur papier bleu de forme ovale 46 × 54.5 cm
Provenance : Collection Pelée, selon le catalogue de Jean Guiffrey ; Sa vente, 29 juin 1871, selon le catalogue de Jean Guiffrey ; Collection M. Marmontel, selon une étiquette au verso ; Sa vente, Paris, Hôtel Drouot, Me Boulland, 25-26 janvier 1883, n° 232 (comme « Copie de Stella», 620 Frs) ; Vente anonyme ; Paris, Tajan, 24 mars 2022, n° 25 (comme attribué à Constance Mayer) ; Acquis lors de cette vente par l’actuel propriétaire ; Collection particulière du Sud de la France
Bibliographie :
Edmond de Goncourt, Catalogue raisonné de l’œuvre peint, dessiné et gravé de P. P. Prud’hon, Paris, 1876, p. 346 Jean Guiffrey, L’œuvre de P. P. Prud’hon, Paris, 1924, p. 429, n° 1108
Virgin and Child with Saint John the Baptist, after a master, black pencil, stump and white chalk on oval blue paper, by P.-P. Prud’hon 18.11 × 21.45 in.
15 000 - 20 000 €
Jean Guiffrey indique dans son catalogue que Pierre-Paul Prud’hon aurait exécuté son dessin d’après Jacques Stella. Cependant, bien que la composition soit très inspirée de l’art atticiste du XVIIe siècle français, nous ne sommes pas parvenus à identifier le prototype dont dérive notre feuille. Le modelé des corps et des étoffes dessinés à la pierre noire rehaussée de craie blanche, en petits traits juxtaposés puis estompés par endroit, est caractéristique de son style. Cette technique propre à Pierre-Paul Prud’hon donne une candeur et un velouté unique à ses compositions.
Nous remercions Monsieur Sylvain Laveissière de nous avoir aimablement confirmé l’authenticité de ce dessin d’après un examen de visu en date du 6 octobre 2025.







Publiée en Espagne en 1799, la série gravée des Caprices de Goya connut un rapide succès auprès des artistes français. Les premières séries furent introduites en France dès le début du XIXe siècle. DominiqueVivant Denon en possédait ainsi un exemplaire qui fut acquis par la Bibliothèque nationale après sa mort en 1827. Mais le premier à détenir la série fut peut-être Ferdinand Guillemardet, qui, ambassadeur en Espagne en 1798, avait fait réaliser son portrait par Goya. Il rapporta la suite gravée lors de son retour en France en 1800. C’est sans doute chez Ferdinand Guillemardet que Delacroix, qui était alors un très jeune artiste et proche de ses deux fils Félix et Louis, découvrit les Caprices qu’il se mit à copier vers 1817–18191. Sa fascination pour le peintre espagnol le poussa
à constituer sa propre collection comme l’indiquent les treize estampes et six planches de Goya qui se trouvent listées dans l’inventaire de ses biens dressé à la mort de l’artiste en 1864.
L’ensemble de feuilles que nous présentons propose une libre variation à partir de figures empruntées à différentes planches de la série de Goya. Delacroix n’a pas vingt ans et sa carrière n’a pas encore commencé quand il étudie ici, humblement, d’après le grand maître espagnol encore vivant mais très en retrait de la vie officielle depuis le retour de Ferdinand VII. Certaines gravures semblent avoir été particulièrement appréciées telle que la planche 2 intitulée El sí pronuncian y la mano alargan al primero que llega à laquelle Delacroix consacre une feuille de notre série2
Les autres dessins proposent une combinaison de motifs réalisés à partir de différentes planches. L’ensemble offre un vibrant témoignage du plaisir que prend le jeune peintre français à esquisser les visages grotesques et les corps décharnés imaginés par Goya. Cette pratique est attestée par d’autres dessins de Delacroix conservés dans diverses institutions publiques telles que le musée du Louvre, le British Museum ou encore the Fogg Art Museum. Si l’usage de l’encre brune, de la plume et du lavis est ici privilégié, Delacroix a également recours au crayon noir dans d’autres feuilles exécutées d’après Goya.
1. Sur la série des dessins produits par Eugène Delacroix d’après Goya, nous renvoyons à Paula Fayos-Pérez, « Delacroix after Goya’s ’Caprichos’: a new sheet of drawings », The Burlington Magazine, 161 (1395), juin 2019, p. 474481. Voir aussi la thèse de doctorat du même auteur en cours de publication : The Politics of the Grotesque: Goya’s “Caprichos” and French Literature and Graphic Art in the Nineteenth Century (c.1799-1868), 2018, sous la direction de Jean Michel Massing.
2. Ibid., p. 477 : l’auteur précise que la planche 2 donne lieu à quatre autres dessins connus de la main de Delacroix. Ce dessin s’inspire de plusieurs planches des Caprices de Goya : les planches 21 (¡Qual la descañonan!), 29 (Esto sí que es leer), 34 (Las rinde el sueño) et 43 (El sueño de la razón produce monstruos)
Charenton-Saint-Maurice, 1798Paris, 1863
Feuille d’études, d’après les planches 21-24-26-28-29-34-43 des Caprices de Goya
Crayon noir, plume et encre brune 17 × 21.5 cm
Provenance :
Collection Paul-Arthur Chéramy, selon une indication au verso ; Collection Jean Masson, selon une indication au verso ; Collection Georges Aubry, selon une indication au verso ; Collection Claude Aubry, selon une étiquette au verso ; Galerie Normand, Paris ; Acquis auprès de cette dernière en 2011 par l’actuel propriétaire ; Collection particulière, New York
Exposition :
Peut-être Delacroix : ses maîtres, ses amis, ses élèves, Bordeaux, Galerie des Beaux-Arts, 17 mai-30 septembre 1963, p. 38, n° 84
Goya, hommages : les années bordelaises, 1824-1828 : présence de Goya aux XIXe et XXe siècle, Bordeaux, Musée des BeauxArts, 1998, n° 55, repr.
Bibliographie :
Michel Florisoone, « Comment Delacroix a-t-il connu les Caprices de Goya », BSHAF, 1957, p. 131, note 4 (collection Aubry)
Paula Fayos-Pérez, Goya’s Caprichos in Nineteenth-Century France, Madrid, 2024, p. 428, n° D20, repr.
Study paper after The Caprices of Goya, black pencil, pen and brown ink, by E. Delacroix 6.69 × 8.46 in.
10 000 - 15 000 €
Ce dessin s’inspire de plusieurs planches des Caprices de Goya dont : les planches 21 (¡Qual la descañonan!), 29 (Esto sí que es leer), 34 (Las rinde el sueño) et 43 (El sueño de la razón produce monstruos).
Charenton-Saint-Maurice, 1798Paris, 1863
El sí pronuncian y la mano alargan al primero que llega, étude d’après la planche 2 de la série des Caprices de Goya
Plume, encre brune et lavis brun 15 × 17 cm
Provenance :
Collection Paul-Arthur Chéramy ; Collection Jean Masson ; Collection Georges Aubry, Prunay-leTemple ; Collection Claude Aubry, Paris, selon une étiquette au verso ; Galerie Normand, Paris ; Acquis auprès de cette dernière en 2011 par l’actuel propriétaire ; Collection particulière, New York
Exposition : Bosch, Goya et le fantastique, Bordeaux, Galerie des Beaux-Arts, 20 mai-31 juillet 1957, p. 84, n° 232 Delacroix : ses maîtres, ses amis, ses élèves, Bordeaux, Galerie des Beaux-Arts, 17 mai-30 septembre 1963, p. 36, n° 78
Goya, hommages : les années bordelaises, 1824-1828 : présence de Goya aux XIXe et XXe siècle, Bordeaux, musée des BeauxArts, 1998, n° 54, repr.
Bibliographie :
Michel Florisoone, « Comment Delacroix a-t-il connu les Caprices de Goya », BSHAF, 1957, p. 131, note 4 (collection Aubry)
Paula Fayos-Pérez, Goya’s Caprichos in Nineteenth-Century France, Madrid, 2024, p. 390, n° D4, repr.
Study after The Caprices of Goya, pen, brown ink and brown wash, by E. Delacroix 5.91 × 6.69 in.
10 000 - 15 000 €


71
Charenton-Saint-Maurice, 1798Paris, 1863
Études de vieilles femmes et grotesques, d’après les planches
46-47-48-49-51 de la série des Caprices de Goya
Plume et encre brune
17.5 × 21.5 cm
Provenance :
Collection Paul-Arthur Chéramy ; Collection Jean Masson ; Collection Georges Aubry, Prunay-leTemple ; Collection Claude Aubry, selon une étiquette au verso ; Galerie Normand, Paris ; Acquis auprès de cette dernière en 2011 par l’actuel propriétaire ; Collection particulière, New York
Exposition : Bosch, Goya et le fantastique, Bordeaux, Galerie des Beaux-Arts, 20 mai-31 juillet 1957, p. 84, n° 231, repr. pl. 43 Delacroix : ses maîtres, ses amis, ses élèves, Bordeaux, Galerie des BeauxArts, 17 mai-30 septembre 1963, p. 37, n° 80
Goya, hommages : les années bordelaises, 1824-1828 : présence de Goya aux XIXe et XXe siècle, Bordeaux Musée des BeauxArts, 1998, n° 51, repr.
Bibliographie :
Michel Florisoone, « Comment Delacroix a-t-il connu les Caprices de Goya », BSHAF, 1957, p.131, note 4 (collection Aubry)
Paula Fayos-Pérez, Goya’s Caprichos in Nineteenth-Century France, Madrid, 2024, p. 451, n° D29, repr.
Study of old women after The Caprices of Goya, pen and brown ink, by E. Delacroix 6.89 × 8.46 in.
10 000 - 15 000 €
Cette feuille est composée de motifs tirés des planches 46 (Corrección), 47 (Obsequio á el maestro), 48 (Soplones), 49 (Duendecitos) et 51 (Se repulen) des Caprices de Goya.


Charenton-Saint-Maurice, 1798Paris, 1863
Vieille femme nue, têtes et bras, d’après la planche 59 de la série des Caprices de Goya
Plume et encre brune 17 × 21.5 cm
Provenance : Collection Paul-Arthur Chéramy ; Collection Jean Masson ; Collection Georges Aubry, Prunay-leTemple ; Collection Claude Aubry, Paris, selon une étiquette au verso ; Galerie Normand, Paris ; Acquis auprès de cette dernière en 2011 par l’actuel propriétaire ; Collection particulière, New York
Exposition : Bosch, Goya et le fantastique, Bordeaux, Galerie des Beaux-Arts, 20 mai-31 juillet 1957, p. 84, n° 230 Goya, hommages : les années bordelaises, 1824-1828 : présence de Goya aux XIXe et XXe siècle, Bordeaux, Musée des BeauxArts, 1998, n° 53, repr.
Bibliographie :
Michel Florisoone, « Comment Delacroix a-t-il connu les Caprices de Goya », BSHAF, 1957, p. 131, note 4 (collection Aubry)
Marcel Brion, « Hommage au fantastique », in Le Jardin des Arts, août 1957, p. 583, repr.
Paula Fayos-Pérez, Goya’s Caprichos in Nineteenth-Century France, Madrid, 2024, p. 459, n° D31, repr.
Old naked woman after The Caprices of Goya, pen and brown ink, by E. Delacroix
6.69 × 8.46 in.
10 000 - 15 000 €
Le personnage à gauche de la feuille s’inspire de la planche 59 de la série des Caprices intitulée Y aun no se van! tandis que la figure nue reprend un motif figurant sur la planche 66 de la série intitulée Allá vá eso. Enfin, l’étude de main en bas de la feuille reprend un détail de la planche 67 Aguarda que te unten
Charenton-Saint-Maurice, 1798Paris, 1863
Vieille femme et grotesques, d’après les planches 44, 45 et 46 des Caprices de Goya
Plume, encre brune et lavis brun 17.5 × 22 cm
Provenance :
Collection Paul-Arthur Chéramy ; Collection Jean Masson ; Collection Georges Aubry, Prunay-leTemple ; Collection Claude Aubry, Paris, selon une indication au verso ; Galerie Normand, Paris ; Acquis auprès de cette dernière en 2011 par l’actuel propriétaire ; Collection particulière, New York
Exposition :
Bosch, Goya et le fantastique, Bordeaux, Galerie des Beaux-Arts, 20 mai-31 juillet 1957, p. 84, n° 233 Delacroix : ses maîtres, ses amis, ses élèves, Bordeaux, Galerie des Beaux-Arts, 17 mai-30 septembre 1963, p. 37, n° 81
Goya, hommages : les années bordelaises, 1824-1828 : présence de Goya aux XIXe et XXe siècle, Bordeaux, Musée des BeauxArts, 1998, n° 50
Bibliographie :
Michel Florisoone, « Comment Delacroix a-t-il connu les Caprices de Goya », BSHAF, 1957, p. 131, note 4 (collection Aubry)
Paula Fayos-Pérez, Goya’s Caprichos in Nineteenth-Century France, Madrid, 2024, p. 448, n° D28, repr.
Old woman after The Caprices of Goya, pen, brown ink and grey wash, by E. Delacroix
6.89 × 8.66 in.
10 000 - 15 000 €
La vieille femme et le borgne s’inspirent de la planche 44 des Caprices intitulée Hilan delgado Sur la gauche du dessin, on reconnaît trois personnages figurant sur la planche 45 Mucho hay que chupar. Le vieil homme lisant à gauche est tiré de la planche 46 intitulée Corrección


Taille réelle
Théodore GÉRICAULT
Rouen, 1791 – Paris, 1824
Agar et Ismaël dans le désert
Plume et encre brune, lavis brun sur traits de crayon
Annoté ’Théodore Géricault / Coll. Du Duc de Trévise’ sur le montage au verso 11 × 8.5 cm
Provenance : Collection du duc de Trévise, selon une annotation au verso ; Collection particulière du Sud de la France
Agar and Ishmael in the desert, pen and brown ink, brown wash on pencil, by T. Géricault
4.33 × 3.34 in.
5 000 - 7 000 €
Le duc de Trévise avait une passion dévorante pour Géricault. Lors de sa vente en 1938, une dizaine de dessins de premiers plans furent mis aux enchères, et on comprit que c’était bien là le cœur de sa collection, comme nous le raconte Paul Jamot : « Mais pour peu qu’on ait suivi les ventes et les expositions, c’est Géricault que l’on s’attend à voir ici. Sans doute le duc de Trévise était-il attiré par une préférence intime vers ce jeune homme qui semble n’avoir dépensé sa jeunesse en énergies sans frein que pour mettre plus de
force et de grandeur dans son art et dont la trop courte vie a brûlé comme une torche » (catalogue de la vente du duc de Trévise, Paris, galerie Charpentier, 19 mai 1938, p. 8). En plus des dessins présentés à cette vente, le duc de Trévise possédait de nombreuses autres feuilles de Géricault. Germain Bazin en a catalogué pas moins d’une cinquantaine, et depuis sa publication de nouvelles feuilles réapparaissent, comme notre dessin inédit.
Charenton-Saint-Maurice, 1798 –Paris, 1863
Dumont et Belmour portant secours à Jane Shore
Aquarelle gouachée et gomme arabique sur traits de crayon noir
Signé ou annoté ’Eug Delacroix’ à la plume et encre brune en bas à gauche
Porte une inscription ’Jane Shore acte V scène 2’ au dos
24.5 × 32.5 cm
Provenance : Collection particulière, Paris
Bibliographie :
Probablement Alfred Robaut, L’œuvre complet de Eugène Delacroix, Paris, 1885, cité sous le n° 289, une aquarelle préparatoire pour la lithographie
Œuvre en rapport :
Une autre aquarelle sur Jane Shore, est répertoriée par A. Robaut sous le n° 211 (dimensions : 27 × 32 cm, datée de 1827), localisation inconnue.
Jane Shore, watercolor, gouache and arabic gum on black pencil, signed, by E. Delacroix
9.64 × 12.79 in.
30 000 - 40 000 €
Jane Lambert naît vers 1445, dans une famille de la bourgeoisie londonienne. Elle épouse en premières noces William Shore, mais le mariage est annulé en 1476. Elle devient la maîtresse du roi Edouard IV jusqu’à sa mort en 1483. Le frère d’Edouard IV, Richard, emprisonne alors ses deux neveux dans la Tour de Londres, et se fait proclamer roi sous le nom de Richard III. Il oblige alors Jane Shore à faire pénitence pour sa conduite libertine. Elle doit parcourir les rues de Londres vêtue d’une robe de bure, avant d’être emprisonnée. Elle saura amadouer son geôlier qu’elle épouse en secondes noces en 1485. Sa beauté légendaire et son trouble jeu dans la lutte de pouvoir des York et des Lancastre, rendra son personnage mythique. Elle inspirera, deux siècles après sa mort, Nicholas Rowe pour sa pièce éponyme.
Selon Alfred Robaut, notre aquarelle a été dessinée après une représentation de Jane Shore par une troupe de comédiens anglais. La pièce eut un tel succès que la troupe en fit treize représentations en 1827 et 18281
Nous retrouvons dans le Journal d’Eugène Delacroix des mentions d’une Jane Shore uniquement pour l’année 1824, le Journal des années 1825 à 1830 n’ayant malheureusement jamais été retrouvé :
– 6 mars : « Pensé à faire des compositions sur Jane Shore »
– 23 mars : « Commencé une Jane Shore »
– 3 avril : « Le soir, Jane Shore »
– 15 avril : « et commencé à peindre la pénitence de Jane Shore / Revenu chez moi. Composé la Jane Shore pour la lithographier. »
– 17 avril : « Ensuite travaillé au Don Quichotte ; puis à la Jane Shore »
– 20 avril : « beaucoup avancé la Jane Shore »
– 30 avril : « Avec Champmartin et Marochetti, à la Porte-saintMartin. – Jane Shore ridicule » (voir E. Delacroix, Journal de Eugène Delacroix 1823–1850, Tome Ier, 1824)
Notre aquarelle reprend la scène II de l’acte V de The Tragedy of Jane Shore de Nicholas Rowe. Jane y apparaît totalement brisée : elle a été condamnée à trois jours de pénitence dans les rues de Londres, abandonnée de tous, malade, affamée et mourante, toute personne lui venant en aide risquant la peine de mort. Surviennent alors ses deux protecteurs, Belmour et Dumont, qui lui révèle être son mari supposément décédé William Shore.
Dumont la prend alors dans ses bras et lui pardonne, mais elle meurt dans un soupir d’épuisement dans cette ultime étreinte. Notre aquarelle a été lithographiée en sens inverse par Charles Motte, avec des variantes notamment dans le paysage urbain dans le fond et dans les chapeaux2.
1. Voir Alfred Robaut, L’œuvre complet de Eugène Delacroix, Paris, 1885, n° 289, repr. 2. Voir l’article de Jacques Gury, « Passions et passion de Shakespeare », in La passion dans le monde Anglo-Américain aux XVIIe et XVIIIe siècles, Acte du colloque tenu à Paris les 27 et 28 octobre 1978, note (4), p. 81.

Charenton-Saint-Maurice, 1798Paris, 1863
Portrait présumé de Sidi Ettayeb Biaz, amin de la douane de Tanger
Aquarelle, lavis de sanguine et sanguine sur traits de crayon
18.5 × 13 cm
Provenance : Vente posthume de l’atelier de l’artiste, son cachet (L.838a) en bas à droite ; Dans la famille des actuels propriétaires depuis au moins la fin du XIXe siècle ; Collection particulière, Paris
Presumed portrait of Sidi Ettayeb Biaz, Tangier customs officer, watercolor, red chalk wash and red chalk on pencil, by E. Delacroix
7.08 × 5.12 in.
15 000 - 20 000 €
Le 25 janvier 1832, Charles de Mornay, l’envoyé extraordinaire du Roi Louis-Philippe, posait le pied sur le sol marocain, escorté d’un traducteur, Antoine Desgranges, et d’un artiste, Eugène Delacroix. Ils furent accueillis par Sidi Ettayeb Biaz, amin de la douane de Tanger, puis gagnèrent le palais de la Casbah, où ils furent introduits auprès de Sidi Larabi Saïdi, pacha de Tanger. Tout au long de son séjour de six mois, Delacroix va s’employer frénétiquement à noter, dessiner, transcrire ce qu’il voit et ses impressions. « Imagine, mon ami, écrit-il à Pierret, ce que c’est de voir couchés au soleil, se promenant dans les rues, raccommodant des savates, des personnages consulaires, des Catons, des Brutus, auxquels il ne manque même pas l’air dédaigneux que devaient avoir les maîtres

du monde. (…) L’antique n’a rien de plus beau. » (Lettre du 29 février 1832 à J.B. Pierret, musée du Louvre, INV. A557)
Notre aquarelle pourrait représenter Sidi Ettayeb Biaz, amin de la douane de Tanger. Il menait à Tanger les négociations préliminaires et convoyait les envoyés étrangers pour leur audience avec l’empereur. Delacroix avait peint pour Mornay une aquarelle le représentant, maintenant conservée au musée du Louvre (RF 4612). Delacroix a représenté également les deux personnages dans son tableau réalisé postérieurement, Le sultan du Maroc sortant de son palais de Meknès (Toulouse, musée des Augustins) qui obtint un grand succès au Salon de 1845.

Jean-Auguste-Dominique
Montauban, 1780 – Paris, 1867
Études de figure féminine nue priant
Crayon, rehauts de craie blanche et de sanguine, avec mise au carreau
Signé ’Ingres’ en bas à gauche 27 × 30 cm
Provenance :
Vente anonyme ; Bâle, Beurret & Bailly
Auktionen, 24 juin 2020, n° 61 ; Acquis lors de cette vente par l’actuel propriétaire
Collection particulière du Sud de la France
Studies of a naked female figure praying, pencil, white and red chalk highlights, signed, by J.-A.-D. Ingres 10.62 × 11.81 in.
20 000 - 30 000 €
Notre feuille peut être mise en relation avec les différentes versions de La Vierge à l’Hostie. Nous retrouvons effectivement la Vierge vue de face et les mains en prière dans La Vierge à l’Hostie du musée du Louvre, en dépôt au musée d’Orsay (fig. 1, inv. 20088), comme sur la figure de gauche de notre dessin, et les mains croisées sur le torse dans La Vierge à l’Hostie dite Bonnat (musée Bonnat à Bayonne), comme sur la figure de droite de notre dessin. Une feuille du musée Ingres de Montauban montre une étude de femme les mains posées sur le torse dans une pose assez proche du torse de nos figures (inv. 867.2331).

1
Charenton-Saint-Maurice, 1798Paris, 1863
Paysage d’automne : sous-bois rocheux
Huile sur papier, marouflé sur toile
Porte le cachet d’atelier de l’artiste à la cire ainsi qu’une étiquette de l’exposition Eugène Delacroix de 1930 du musée du Louvre sur le châssis 19 × 28 cm
(Petit enfoncement au centre, une ancienne déchirure dans le coin en bas à gauche)
Dans un cadre en chêne mouluré et doré, estampillé ’E.L. INFROIT’, travail français de l’époque Louis XVI
Provenance :
Vente de l’atelier de l’artiste, Paris, Hôtel Drouot, Me Pillet, 17-19 février 1864, probablement partie du lot 219, « Quinze études diverses de paysages » ; Collection Comiot en 1929, selon la littérature ; Collection Maurice Gobin (1883-1962) ; Puis par descendance ; Collection particulière, Île-de-France
Exposition :
Exposition Eugène Delacroix, Paris, musée du Louvre, juin-juillet 1930, n° 217
Bibliographie :
Probablement Alfred Robaut, L’œuvre complet d’Eugène Delacroix, Paris, 1885, partie du n° 1803
Raymond Escholier, Delacroix Peintre, Graveur, Ecrivain, Paris, 1929, reproduit entre les pages 202 et 203
Lee Johnson, The paintings of Eugène Delacroix, Oxford, 1986, volume III, n° 478, repr. Volume IV, Pl. 280
Autumn landscape: rocky undergrowth, oil on paper, laid down on canvas, by E. Delacroix
7.48 × 11.02 in.
100 000 - 150 000 €
Cette étude d’après nature fut considérée par Raymond Escholier comme peinte vers 1853, puis par Lee Johnson vers 1842. Sans pouvoir exactement la situer, elle évoque instinctivement la forêt de Fontainebleau, avec ses rochers mousseux. À partir de l’été 1844, Delacroix loue une maison à Champrosay, qu’il achète par la suite. Il déambule dans la campagne environnante et notamment dans la forêt de Sénart, où les chênes ancestraux sont aussi remarquables
qu’à Fontainebleau, et comme à son habitude, peint sur papier des vues de bois et forêts. L’on songe aussi, à la vue de notre dessin, aux esquisses que Delacroix jette rapidement sur papier, chez George Sand, dans le parc de Nohant dans les années 1840. Delacroix n’a jamais cessé de croquer des paysages depuis sa plus tendre enfance. De ses séjours chez son frère en Touraine, ou en Normandie à Valmont chez ses cousins, qui sont des pèlerinages dans la nature, il revient toujours
chargé d’innombrables carnets, esquisses, aquarelles et huiles sur papier. La campagne est pour lui une échappatoire à l’hystérie parisienne : « Je ne connais pas d’impression plus délicieuse que celle d’une vieille maison de campagne ; on ne trouve plus dans les villes la trace des vieilles mœurs (…) Il faut absolument être loin de Paris pour trouver cela » (Journal d’Eugène Delacroix, Paris, ed. Plon, 1893, t. II, p. 354).
La technique fluide ici employée permet de situer le dessin dans les
années 1840. Les couleurs explosent autour du tronc d’arbre comme un feu d’artifice : jaune, rouge, brun, ocre éclaboussent un ciel bleu en toile de fond. Au sol, le gris des roches et le vert mousseux. Nous ressentons au travers de l’harmonie des couleurs le bonheur de l’artiste lors de sa promenade, par une journée fraîche et lumineuse.


Paris, 1794-1880
Étude de tête d’oriental
Crayon noir, estompe et craie blanche
29.5 × 20 cm
Sans cadre
Provenance : Collection particulière, Paris
Portrait of an oriental man, black pencil, stump and white chalk, by L. Cogniet
11.61 × 7.87 in
3 000 - 4 000 €
Charenton-Saint-Maurice, 1798 - Paris, 1863
Cheval gris effrayé par un serpent, vers 1823-1826
Aquarelle gouachée sur traits de crayon noir
Signée au crayon noir ’Eug Delacroix’ en bas à droite
17 × 26.3 cm
(Collé sur les bords, quelques oxydations de gouache)
Œuvres en rapport : Cheval effrayé par l’orage, aquarelle gouachée, musée des Beaux-Arts de Budapest
Tigre attaquant un cheval sauvage, aquarelle vernie, musée du Louvre, Paris, inv. RF 4048 (fig. 1)
Gray horse scared by a snake, gouache watercolor on black pen, signed, by E. Delacroix
6.69 × 10.35 in.
15 000 - 20 000 €
Delacroix exécute une série d’aquarelles sur le thème du cheval sauvage dans les années 1820, comme celles des musées de Budapest et du Louvre. Elles sont signées et ont dû être vendues directement par l’artiste à des amateurs. Le serpent, animal maléfique que l’artiste dessine dans sa lithographie de L’ombre de Marguerite apparaissant à Faust (Louvre, E. 26), apparaît aussi dans des feuilles d’études comme celle de l’ancienne collection Elie Faure (voir Eugène Delacroix, cat. exp. Zurich, Kunsthaus, Francfort-sur-le-Main, Städtische Galerie im Städelschen Kunstinstitut, 1987–1988, n° E.25, repr.).

1

Jean-Auguste-Dominique
Montauban, 1780 – Paris, 1867
Personnages de la Renaissance, d’après Pinturicchio
Paire de dessins au crayon sur papier 18 × 12,5 et 18 × 13 cm
Provenance : Collection Pierre-Auguste Pichon (1805-1900) ;
Sa vente ; Paris, Arthus Enchères, 7 décembre 2023, n° 97 ; Acquis lors de cette vente par l’actuel propriétaire
Renaissance-period character, after Pinturicchio, pair of pen drawings on paper, by J.-A.-D. Ingres 7.09 × 4.92 & 7.09 × 5.11 in.
4 000 - 6 000 €
Notre paire de dessins reprend deux personnages de la fresque La mort de Saint Bernardin de Pinturicchio, conservée dans la chapelle Bufalini de la Basilique Santa Maria in Aracoeli de Rome.



Montauban, 1780 – Paris, 1867
Première pensée pour Angélique
Crayon sur calque doublé sur papier
Signé ’Ingres’ en bas à gauche et annoté ’Ingres’ en bas à droite sur le montage 19.5 × 7 cm
Provenance : Collection Ernest Gariel (1825 -1884) ; Collection René Piot (1866 - 1934) ; Puis par descendance ; Collection Stéphane Piot ; Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Beaussant Lefèvre, 10 juin 2022, n° 157 ; Acquis lors de cette vente par l’actuel propriétaire
Collection particulière du Sud de la France
First thought for Angélique, pencil on tracing paper doubled on paper, signed, by J.-A.-D. Ingres 7.67 × 2.75 in.
8 000 - 12 000 €

Notre esquisse constitue une étude pour la figure d’Angélique du tableau Roger délivrant Angélique peint par Ingres en 1819 (Paris, musée du Louvre, n° INV 5419)(fig. 1). Ingres commence à travailler sur ce tableau à Rome en 1818. Dans un des premiers croquis d’ensemble de la composition, aujourd’hui conservé au musée Ingres de Montauban (inv. 867.2103), la figure d’Angélique est attachée au rocher les mains dans le dos, dans une pose assez proche de notre dessin. Ingres changera la position d’Angélique par la suite, en la montrant attachée au rocher les mains en hauteur sur sa gauche. Nous ne dénombrons pas moins de vingt-trois dessins conservés au musée de Montauban, préparatoires à cette composition.
Chantenay-Saint-Imbert, 1798 – Lyon, 1871
Roches et arbres le long d’un chemin menant à la mer à Amalfi, Italie
Plume et encre brune sur calque Monogrammé en bas à droite et localisé et daté ’ à amalfi le 23 juillet 1834 n° 16’ en bas à gauche
33 × 48 cm
Rocks and trees along a path leading to the sea in Amalfi, Italy, pen and brown ink, dated, by T. Caruelle d’Aligny 12.99 × 18.89 in.
2 000 - 3 000 €


84
Horace VERNET
Paris, 1789-1863
Le trompettiste blessé
Aquarelle et lavis gris sur traits de crayon sur papier bleu 18 × 23 cm
(Signature et date coupées en partie inférieure)
Provenance : Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Delon Hoebanx, 10 juin 2022, n° 66 ; Collection particulière du Sud de la France
The wounded trumpeter, watercolor and grey wash on pencil on blue paper, by H. Vernet
7.09 × 9.06 in.
1 500 - 2 000 €
Notre aquarelle constitue une étude pour le tableau d’Horace Vernet actuellement conservé à la Wallace Collection à Londres.

Paris, 1800-1857
Portrait de jeune fille au turban
Crayon noir
Signé de l’initiale de l’artiste
Monogrammé et daté ’AD / 1823’ en bas à droite
23.8 × 17.5 cm
(Insolé)
Sans cadre
Portrait of a young girl with a turban, black pencil, signed and dated, by A. Deveria 9.37 × 6.88 in.
3 000 - 4 000 €
Artiste aux talents multiples, Jean-Pierre Houël commence sa formation à Rouen à l’École gratuite de dessin de Jean-Baptiste Descamps (1714–1791). Il s’établit à Paris à l’âge de vingt ans et y pratique la gravure avec JacquesPhilippe Le Bas, Noël Le Mire, Jean-Georges Wille, puis il devient l’élève du peintre de batailles italien Francesco Giuseppe Casanova (1727–1803) en 1764. Il fréquente le salon de Madame Geoffrin où se rencontrent les grands philosophes, écrivains et peintres de l’Académie Royale. L’amateur Barthélémy Blondel d’Azaincourt le recommande au Directeur des bâtiments du roi, le marquis de Marigny. Il est aussi protégé par le duc de Choiseul qui lui commande quatre paysages de Touraine pour des dessus-de-porte pour son château de Chanteloup (Tours, musée des Beaux-Arts) vers 1768.
Grâce à Charles-Nicolas Cochin, il obtient une pension du roi pour séjourner à l’Académie de France à Rome. Il part à Rome en 1769, visite Naples, effectue son premier séjour en Sicile en 1770–1771. À cette époque, cette destination est encore une véritable aventure. Il dessine abondamment les sites qu’il visite. Rentré à Paris, il est agréé à l’Académie Royale en octobre 1774 et expose régulièrement aux salons entre 1775 et 1807, ainsi qu’au Salon de la Correspondance.
Dès son retour dans la capitale, il envisage de retourner dans le Sud de l’Italie afin de publier un ouvrage exhaustif dans l’esprit de l’Encyclopédie, décrivant les lieux, les habitants, leurs mœurs, la géologie et l’histoire. Il ne s’agit plus du cadre touristique du Grand Tour, mais d’une étude complète et détaillée dans la lignée de l’Encyclopédie, des « voyages
pittoresques » qui paraissent à cette époque, et de l’esprit curieux et scientifique des Lumières. Un autre amateur, Claude-Henri Watelet, financier et mécène, lui obtient une mission du comte d’Angivillier. Houël revient à Naples, en Sicile, à Malte et Lipari en 1776–1780. De ce voyage, il rapporte quantité de dessins et gouaches, dont quarante-six gouaches sont choisies par d’Angivillier et acquise par Louis XVI en 1780 (elles se trouvent aujourd’hui au musée du Louvre).
Comme Charles-Louis Clérisseau l’avait fait avant lui, Hoël vend cinq cents dessins à Catherine II de Russie, par l’intermédiaire du baron Grimm afin de financer la publication de son Voyage pittoresque des Isles de Sicile, de Malte et de Lipari, publié en quatre volumes entre 1782 à 1788. Un premier envoi de deux cent-quarante dessins est effectué en juin 1782. L’impératrice s’en
sépare rapidement. Il est possible qu’elle les offre à son favori, le général Lanskoy. Le musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg conserve encore aujourd’hui la seconde livraison de deux cent soixante-quatre œuvres. Très actif sous la Révolution où il décrit les événements et des vues de la région rouennaise, sa production se réduit ensuite, même s’il édite encore deux ouvrages sur les éléphants du Museum. La fraicheur de son exécution et de sa vision rappelle celle de Louis-Gabriel Moreau l’aîné (1740–1806), alors que son exactitude archéologique le rapproche d’un Victor-Jean Nicolle (1754–1826). Dans ses vues d’Italie, il se montre plus moderne que Clérisseau avec ses cadrages préromantiques qui précèdent ceux des peintres sur nature comme PierreHenri de Valenciennes.

86
Jean-Pierre HOUËL
Rouen, 1735 - Paris, 1813
La porte cauchoise à Rouen prise depuis l’intérieur de la ville
Aquarelle gouachée sur traits de crayon
45.5 × 31.5 cm
The Cauchoise Gate in Rouen, gouache watercolor on pencil, by J.-P. Houël 17.91 × 12.40 in.
4 000 - 6 000 €
Cette gouache est en rapport avec la planche de l’ouvrage Les Monuments les plus remarquables de la ville de Rouen, publié en 1822, soit quatre ans après la mort de son auteur.
La porte cauchoise était l’une des principales portes de la ville vers la campagne. Elle a été détruite en 1772. Située à l’est de la ville, au pied de la Tour de Beffroi et de l’emblématique Gros-Horloge, elle donnait sur la route passant par le pays de Caux pour aller à Dieppe, d’où son nom de porte cauchoise, bien que d’autres dénominations lui aient été attribuées, parmi lesquelles la porte de l’Occident ou porte Massacre, du fait des étaux et
des maisons que plusieurs bouchers occupaient dans la rue voisine. Une autre vue de la porte cauchoise prise quelques mètres plus à gauche en direction de la voûte fut exécutée par l’artiste en 17881. Présentant de nombreux détails qui n’apparaissent pas sur notre feuille, il est possible que notre aquarelle constitue le premier état d’une composition mûrement élaborée par l’artiste.
1. La porte cauchoise à Rouen prise depuis l’intérieur de la ville, gouache sur traits de crayon, 64 × 48.5 cm, annoté ’fait par J.P. Houel, 1788’, musée des Beaux-Arts de Rouen, inv. 806.1.2.


87
Rouen, 1735 – Paris, 18133
Pêcheurs sur un littoral méditerranéen
Gouache 31 × 49,4 cm
Fishermen by the Mediterranean sea, gouache, by J.-P. Houël 12.20 × 19.44 in.
4 000 - 6 000 €
Le sujet de cette gouache est inspiré par les scènes maritimes de Joseph Vernet. Plutôt qu’un volcan, nous proposons d’identifier le sommet au fond du tableau avec le Monte Euraco et le port de Termini Imerese en dessous, par comparaison avec le dessin de Houël décrivant ce lieu, localisé et daté de 1777.

88
Rouen, 1735 - Paris, 1813
Jeunes femmes dansant et lavandières dans un paysage de ruines
Aquarelle et gouache, rehaussée de gomme arabique
Signée et datée ’P.Hoüel f. Roma 1769’ en bas à gauche 25,9 × 73,5 cm
Young women dancing and washerwomen in a ruined landscape, watercolor, gouache and arabic gum highlights, signed and dated, by J.-P. Houël 10.19 × 28.93 in.
15 000 - 20 000 €
Cette scène a été peinte par Houël lors de son premier séjour en Italie. Il nous montre des jeunes gens sur un plateau du Latium, hors de la Ville, où des lingères font la lessive et des couples élégants dansent la tarentelle au son de mandolines, de castagnettes et de tambourins. Le musicien assis en rouge est probablement un autoportrait de notre artiste.
Celui-ci développe sa composition en longueur, avec un bel effet de mouvement donné par les nuages dorés de fin de journée, d’où se détachent les costumes pittoresques aux coloris vifs. À gauche, les ruines antiques, dévorées par la végétation, laissent indifférentes une jeunesse heureuse qui s’amuse, un sujet traité à la même époque par Hubert Robert et Fragonard lors de leurs séjours à Rome et qui plaisaient aux amateurs parisiens.

Rouen, 1735 - Paris, 1813
Trois Palermitaines discutant


Aquarelle gouachée sur traits de crayon Signée, localisée et datée ’houel palerme 17(…) en bas à gauche 20 × 16 cm
Provenance :
Vente anonyme ; Paris, Piasa, 26 mars 2009, n° 98
Three young women from Palermo, gouache watercolor on pencil, by J.-P. Houël
7.87 × 6.29 in.
2 000 - 3 000 €
On rapprochera ce numéro et le suivant des quatre gouaches représentant des femmes de Sicile et de Malte, passées en vente le 28 janvier 2000 chez Christie’s à New York (n°82). Il s’agit probablement d’études en vue de ses publications de 1782 à 1787, mais qui n’ont pas été retenues.
Rouen, 1735 - Paris, 1813
Deux hommes discutant dans un paysage
Gouache et aquarelle
Numérotée, signée et datée ’n° 5 houel fecit 1778’ en bas à gauche
24 × 19 cm
Two men chating in a landscape, gouache and watercolor, signed and dated, by J.-P. Houël
9.44 × 7.48 in.
2 000 - 3 000 €
Rouen, 1735 - Paris, 1813
Voûte en ruine se détachant sur le ciel
Aquarelle gouachée
Annotée ’Hert Robert’ à l’encre en bas au centre
33.4 × 20.5 cm
Ruined vault, gouache watercolor, by J.-P. Houël
13.14 × 8.07 in.
3 000 - 4 000 €

Rouen, 1735 - Paris, 1813
Halte à l’abreuvoir au pied du temple de Saturne dans le forum romain
Aquarelle gouachée
35,5 × 47,6 cm
Stop at the watering trough in the Roman Forum, gouache watercolor, by J.-P. Houël
13.97 × 18.74 in.
12 000 - 15 000 €
Le cadrage original place au centre un buisson d’arbres et repousse sur le côté gauche, le temple de Saturne, et sur la droite, le temple de Vespasien. L’artiste décrit la vie quotidienne sur le Forum, sans mettre l’accent sur la topographie archéologique. Autour d’une fontaine, une jeune femme converse avec un cavalier, et l’on remarque que les occupants de la ruine ont mis des pots à fleurs et aménagé une terrasse sur le podium du temple.
La limpidité de l’atmosphère et la grande fraîcheur de l’ensemble annoncent les vues de la génération des Thomas Jones, Pierre-Henri de Valenciennes et jusqu’à Camille
Corot, qui eux peignent leurs motifs à l’huile sur papier. Comme ces artistes après lui, Houël a recours à une géométrisation de l’espace, aux horizontales et verticales marquées sans que cela soit trop rigoureux, en laissant par exemple une petite ouverture sur le ciel bleu dans le toit disparu du temple, ou la présence d’une cascade dont on pourrait presque percevoir le bruit. Pour l’amateur de l’époque et les visiteurs du Grand Tour, ces vues fixaient le souvenir d’une destination culturelle de premier plan – Rome –de l’héritage classique, dans une œuvre à la fois décorative et agréable.

Rouen, 1735 – Paris, 1813
Paysans devant le Temple de Saturne dans le forum romain et Troupeau devant le Temple d’Hercule Victor
Paire de gouaches
La seconde signée et datée ’j houel f 1774’ en bas à droite 31,5 × 45 cm
Provenance : Vente anonyme ; Enghien-les-bains, Hôtel des ventes d’Enghien, 1er décembre 2013, n° 6 ; Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Millon, 23 novembre 2023, n° 118 ; Galerie Aaron, Paris ; Acquis auprès de cette dernière par l’actuel propriétaire
Peasants in front of the Temple of Saturn and A herd in front of the Temple of Hercules, pair of gouaches, one signed and dated, by J.-P. Houël 12.40 × 17.71 in.
10 000 - 15 000 €

Houël décrit deux temples parmi les plus anciens de Rome, celui de Saturne sur le Forum dont la construction date de Tarquin le Superbe et des débuts de la République romaine, et celui, circulaire, d’Hercule Victor appelé aussi temple d’Hercule Olivarus, situé dans l’antique forum Boarium, près du Tibre. Il date de la période Républicaine et est encore muré, car il avait été transformé en église. Giuseppe Valadier ne le dégagera qu’au début du XIXe siècle.
On retrouve réunies ici les qualités de l’artiste, sa transparence de la lumière solaire, un angle de vue audacieux et novateur, pour ces sujets très souvent représentés, une monumentalité des bâtiments précisée par l’échelle des figures et un sujet de pastorale. Ces personnages nous rappellent que le Forum était appelé « campo vaccino » jusqu’au XIXe siècle, à cause d’un marché aux bœufs qui s’y tenait.
Rouen, 1735 - Paris, 1813
Bergers sur un chemin près d’une large rivière
Panneau
16 × 38 cm
Provenance :
Vente anonyme ; Monte-Carlo, Sotheby’s, 3 décembre 1998, n° 856 ; Galerie Didier Aaron ; Acquis auprès de cette dernière par l’actuel propriétaire en 2003
Shepherds on a path near a wide river, panel, by J.-P. Houël
6.29 × 14.96 in.
12 000 - 15 000 €
Malgré le petit format de son panneau, l’artiste parvient à créer un vaste paysage, celui d’une vallée baignée d’une grande luminosité. La profondeur est donnée par une succession de bandes horizontales, depuis le fleuve jusqu’aux cimes des montagnes.
Sur la droite de la composition, quelques pêcheurs s’affairent et, à gauche, de couples s’amusent sur un chemin, en se poursuivant. Les jeunes femmes tiennent des bouquets de fleurs et leurs compagnons, de longs bâtons de pèlerin, revenant plus certainement de Cythère que d’un sanctuaire.


95
Jean-Pierre HOUËL
Rouen, 1735 - Paris, 1813
Halte de cavaliers près de ruines et Jeunes femmes au repos devant l’entrée d’un village
Plume et encre grise, lavis gris et rehauts de gouache sur traits de crayon Signé et daté ’hoüel fa. 1778.’ en bas à gauche sur l’un, signé et daté ’houel. 1775’ en bas à droite
21 × 27,5 cm
Horsemen halting near ruins and Young women resting in front of a village entrance, pen and grey ink, grey wash and gouache highlights on pencil, signed and dated, by J.-P. Houël 8.26 × 10.74 in.
2 000 - 3 000 €

Délaissant son sujet favori des vestiges de bâtiments antiques, Houël décrit ici deux scènes de la vie rurale quotidienne dans des ruines de constructions médiévales, dont une tour circulaire écrêtée.
On retrouve son plaisir à mêler des bâtiments en déshérence,
à de la végétation prospère et de jolis détails comme la roue avec ses rayons. La mule de transport chargée de sacs, la conversation des deux cavaliers et la mère à l’enfant sont des poncifs qu’il reprend de la peinture italianisante nordique des peintres Bamboccianti

96
Jean-Pierre HOUËL
Rouen, 1735 - Paris, 1813
Vue de la Loire
Gouache
19.5 × 32.5 cm
View of the Loire, gouache, by J.-P. Houël
7.67 × 12.79 in.
1 000 - 1 500 €
Rouen, 1735 - Paris, 1813
Personnages près d’un four dans un paysage
Toile d’origine
Annotée ’peint par Jean houel En 1789’ à la plume au verso
45.7 × 64.2 cm
Provenance :
Vente anonyme ; Paris, Artcurial, 25-26 juin 2003, n° 491 ; Acquis lors de cette vente par l’actuel propriétaire
Figures near an oven in a landscape, canvas, by J.-P. Houël 17.99 × 25.27 in.
20 000 - 30 000 €
Dans notre tableau, l’artiste montre la vie des paysans à la veille de la Révolution française, usant d’un réalisme nordique qu’il avait étudié lorsqu’il était élève de Decamps à Rouen. Lointain souvenir du monde paisible des paysans de Le Nain et de Dujardin, Houël rompt totalement avec les pastorales des élèves de Boucher et avec la vision rocaille de Jean-Baptiste Huet pour un naturalisme proche de ses contemporains tels que JeanJacques de Boissieu.
Une grotte ou une cavité sous le talus, à gauche, a été murée pour en faire une habitation troglodyte.
La composition est très subtilement axée autour de l’oblique donnée par le coteau qui la divise en deux parties. Les courbes du four à pain en brique, dont on admirera le rendu de la braise rouge, la fumée qui s’en échappe et l’arche à l’arrière-plan rythment le paysage. Le ciel clair et la butte, aux différents tons de couleur terre, permettent aux figures et aux animaux de se détacher avec habileté. De multiples points et taches de lumière illuminent l’ensemble, les pierres de la porte, la colline, ou la flaque d’eau devant le bord du chemin, où fleurissent des pâquerettes.


Houël fréquente assidument la ménagerie du Muséum au Jardin des Plantes à partir de l’An IV (1795–1796). Il est fasciné par les animaux exotiques, notamment les éléphants Hanz et Marguerite auxquels il consacre un livre en 1803.
Trois études de chameaux, très proches de notre dromadaire, sont reproduites dans la monographie de Maurice Vloberg, Jean Houël Peintre et graveur 1735–1813, Paris, Jean Naert éditeur, 1930, p. 152 et planches XLVIII, et XLIX.
Rouen, 1735 – Paris, 1813
Dromadaire
Plume et encre brune
Signé ’Jean houël’ en bas à droite 18 × 20,8 cm
Dromedary, pen and brown ink, signed, by J.-P. Houël 7.08 × 8.18 in.
1 500 - 2 000 €
Jean-Pierre
Rouen, 1735 – Paris, 1813
Voyageurs sur un chemin bordé d’un cours d’eau et Troupeau de vaches devant un cours d’eau dans un paysage
Paire de dessins à la plume et encre grise, lavis gris et brun
Signé et daté ’j. houël f. 1764’ et ’j. houël fe 1764’ en bas à gauche 23 × 37 cm (Insolés)
Travelers on a path bordered by a stream and A herd of cows in front of a stream in a landscape, pen and grey ink, grey and brown wash, signed and dated, by J.-P. Houël 9.05 × 14.56 in.
2 000 - 3 000 €


Rouen, 1735 - Paris, 1813
Bergers et leur troupeau à l’ombre d’un bosquet
Gouache
Signée et datée ’houel 1780’ en bas à gauche
30,5 × 22,5 cm
Provenance :
Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Piasa, 17 décembre 2010, n° 76 (adjugé 5 200 €)
Shepherds and their flock in the shade of a grove, gouache, signed and dated, by J.-P. Houël 12 × 8.85 in.
3 000 - 4 000 €


3 000 - 4 000 € 100
Rouen, 1735 - Paris, 1813
Paysage à la cascade
Gouache
31 × 49 cm
Provenance :
Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Piasa, 18 décembre 2009, n° 59
Landscape with a waterfall, gouache, by J.-P. Houël
12.20 × 19.29 in.
Jean-Pierre Houël partage ici la fascination qu’ont les artistes préromantiques pour la montagne, de Claude-Louis Châtelet, de Caspar Wolf à Hubert Robert.

Rouen, 1735 - Paris, 1813
Cavaliers sous une arche en ruines
Gouache et aquarelle 41 × 52,5 cm
Provenance :
Vente anonyme ; Argenteuil, Argenteuil Maison de ventes, Me Thiollet, 18 octobre 2011
Horseman beneath a ruined arch, gouache and watercolor, by J.-P. Houël 16.14 × 20.66 in.
6 000 - 8 000 €
Houël s’inscrit ici dans une grande proximité avec Hubert Robert, tant par le choix du sujet que par l’usage d’une échappée lumineuse à travers une arcade, évoquant peutêtre la Villa d’Hadrien ou les galeries du Colisée. Il oppose la stabilité de l’architecture où chaque brique est individuellement soulignée d’un trait, aux volutes de la végétation folle qui grignote l’édifice. La vue est un prétexte aux jeux d’ombres et de lumières qu’il affectionne.
Un double mouvement vers l’extérieur est donné à la fois par le sentier pavé qui serpente sous l’arche et le départ de voûte à gauche qui ouvre vers le ciel. Elle donne accès à une galerie souterraine, peutêtre transformée en écurie, où un cavalier converse avec une jeune Italienne. Au-delà, un valet soigne un autre cheval.
L’artiste maîtrise sa technique par petites touches détaillées. Ce type d’œuvre était très recherché par les voyageurs du Grand Tour.
Rouen, 1735 - Paris, 1813
Vue du théâtre de Syracuse animé de soldats et porte-drapeau
Toile
40.5 × 63.5 cm
View from the theater of Syracuse bustling with soldiers and standardbearer, canvas, by, J.-P. Houël 15.94 × 25 in.
15 000 - 20 000 €
Houël retourne à Syracuse depuis Catane pour assister à la célèbre fête du Corpus Christi en 1777. Le site du théâtre grec l’a particulièrement inspiré. ll était fasciné par le mélange qu’on y voyait entre les ruines grecques et la végétation envahissante. Il fait creuser, déblayer la terre qui couvrait les gradins pour lire les inscriptions. Il en parle longuement dans son Voyage et huit vues de ce lieu, exécutées lors du premier séjour en Sicile, sont mentionnées dans le catalogue du Cabinet Houel (n° 183 à 190). Deux d’entre-elles sont conservées au musée du Louvre (inv. 27.182 et 27.180)1. Il expose au Salon de 1775 une œuvre sur ce sujet (n° 206 : Vue du grand Théâtre, à Siracuse), probablement une gouache.
Notre tableau est une création indépendante, différente des planches gravées de son ouvrage : l’angle de vue y est plus pictural que sur ses illustrations topographiques. Au centre, deux maisons de meuniers encadrent les gradins de la cavea dans une harmonie de tons ocres et gris. Plusieurs figures et un chien animent l’ensemble. Sur un talus, cachant la scène du théâtre qui est en dessous, un porte-drapeau et un soldat viennent interrompre deux duellistes portant des armures médiévales.
Une atmosphère lumineuse baigne l’ensemble, la touche rosée dans les nuages évoque la lumière matinale en Méditerranée.
1. Voir Madeleine Pinault, Houël. Voyage en Sicile, cat. exp., Paris, musée du Louvre, 1990, p. 82 à p. 85



Rouen, 1735 – Paris, 1813
Deux jeunes femmes près du temple de Vénus et de Rome dans le forum romain
Plume et encre grise, lavis gris
Annoté ’houël’ en bas à gauche 16,5 × 23 cm
Provenance :
Vente « Collections et Successions » ; Paris, Hôtel Drouot, 17 décembre 2014, n° 18
Two young women near the Temple of Venus and Rome in the Roman forum, pen and grey ink, grey wash, by J.-P. Houël
6.49 × 9.05 in.
600 - 800 €

Rouen, 1735 - Paris, 1813
Étude de moutons
Crayon noir et craie blanche
Annoté ’jean houël’ en bas à droite
16 × 26 cm
Study of sheep, black pencil and white chalk, by J.-P. Houël
6.29 × 10.23 in.
600 - 800 €
Paris, 1752-1814
D’après
La caravane muletière
Aquarelle sur trait gravé
Annoté ’J houël f. 1768 f. Janinet sculp’ dans le bas 24 × 36,5 cm
The mule caravan, watercolor on engraved line, after J.-P. Houël 9.44 × 14.37 in.
400 - 600 €
Le dessin de Houël a été gravé par Jean-François Janinet.

Paris, 1810–1860
Cavalier et amazone au bord de la mare
Crayon noir et gouache blanche
Signé des initiales ’A.D.D’ en bas au centre
Annoté ’alfred de Dreux Dessin appartenant / à Mr J R. Brascassat
Peintre animalier / 56 R. N. D. de Lorette / Juin 1865’ au crayon au verso 30 × 35.5 cm
Provenance :
Collection du peintre Jacques Raymond Brascassat (1804-1867), selon une annotation au verso ; Collection particulière, Paris
Rider and Amazon at the edge of the pond, black pencil and white gouache, signed, by A. de Dreux
11.81 × 13.97 in.
1 500 - 2 000 €
Notre dessin est préparatoire à la lithographie illustrée dans MarieChristine Renauld, Alfred de Dreux. Le cheval, passion d’un dandy parisien, cat. exp., Paris, 1997, p. 123
Cette œuvre est présentée à la vente à la suite de la conclusion d’un accord entre le vendeur et les ayants droit d’Armand Isaac Dorville.


Paris, 1812 - Barbizon, 1867
Personnage au pied d’un grand chêne
Plume et encre grise, lavis gris et rehauts de blanc
Porte le cachet de l’artiste ’TH.R’ en bas à droite 18 × 26 cm
Provenance : Vente après-décès de l’artiste, Paris, 27-30 avril 1868, son cachet (L. 2436), en bas à droite ; Collection particulière du Sud de la France
A figure at the foot of a large oak tree, pen and grey ink, grey wash and white highlights, by T. Rousseau
7.08 × 10.23 in.
3 000 - 4 000 €

109
Paris, 1806-1882
Étude de deux pieds croisés
Pastel, crayon noir et estompe, fusain et craie blanche
Annoté ’Perignon’ en bas à gauche 27 × 37.5 cm
(Bords irréguliers)
On y joint la lithographie en noir par Julien
Dimensions à vue : 24,5 × 34 cm
Provenance : Galerie Ambroise Duchemin, Paris, en 2018 ; Acquis auprès de cette dernière par l’actuel propriétaire ; Collection particulière, Bruxelles
Study of two crossed feet, pastel, black pencil and stump, charcoal and white chalk, by A. J. Pérignon 10.62 × 14.76 in.
3 000 - 4 000 €
La Rochelle, 1820-1876
Centaure
Trois crayons
Annoté ’Souvenir de l’Ami Disparu / M. Fromentin’ sur un morceau de papier collé en bas à droite 42 × 50 cm
Provenance : Vente de l’atelier de l’artiste ; Paris, 30 janvier-3 février 1877, n° 195, son cachet (L.957) en bas à droite ; Collection particulière du Sud de la France
Centaur, black, red, and white chalk, by E. Fromentin 16,53 × 19,68 in.
5 000 - 7 000 €
Notre dessin constitue une étude préparatoire pour le tableau intitulé Centaures de 1868, conservé au musée du Petit Palais (inv. PPP2517).

Vesoul, 1824 – Paris, 1904
Étude de torero en pied
Crayon
Signé ’JL. Gérôme’ à droite
29 × 19 cm
Full-length study of a torero, pencil, signed, by J.-L Gérôme 11.41 × 7.48 in.
2 000 - 3 000 €
Notre dessin est préparatoire au torero au centre du tableau de 1886 : Plaza de toros : l’entrée du taureau, conservé dans une collection particulière1
1. Voir G. M. Ackerman, JeanLéon Gérôme, ACR Edition, 2000, n° 338, repr. p. 315 111


Vesoul, 1824 - Paris, 1904
Torero levant sa montera à l’adresse de la présidence
Crayon noir
Signé ’JL Gérome’ et annoté ’L’Epée demandant au / Président la permission / de tuer le taureau’ en bas à droite 27 × 18.5 cm
The bullfighter raising his montera to the president, pencil, signed, by J.-L. Gérôme 10.62 × 7.28 in
2 000 - 3 000 €
Notre dessin est préparatoire à un tableau de Gérôme précédemment passé dans nos salles (voir vente anonyme ; Paris, Artcurial, 7 novembre 2012, n° 67).
Paris, 1843 – Rueil-Malmaison, 1871
Intérieur de l’Alhambra, Grenade
Aquarelle gouachée sur traits de crayon
Signée ’Henri Regnault’ en bas à gauche
41 × 31 cm
Provenance :
Vente de l’atelier de l’artiste ; Paris, Hôtel Drouot, 5-6 avril 1872, n° 25, son cachet (L. 2133b) en bas à gauche
Inside of the Alhambra, watercolor and gouache on pencil, signed, by H. Regnault
16.14 × 12.2 in.
6 000 - 8 000 €

William Bouguereau, né en 1825 à La Rochelle et mort dans la même ville en 1906, est un des représentants majeurs du renouveau académique au XIXe siècle, aux côtés d’artistes comme Jean-Léon Gérôme ou Alexandre Cabanel, héritiers de la tradition davidienne et ingresque.
Reçu au Prix de Rome en 1850 grâce à Zénobie retrouvée par les bergers sur les bords de l’Araxe (Beaux-Arts de Paris, PRP 98), l’artiste démontrait dans cette toile les caractéristiques de son travail : des compositions organisées par les anatomies, où le corps, en particulier féminin, triomphe par le dramatisme des poses et le modelé des chairs. Les deux cartons que nous présentons n’échappent pas à ce goût. On retrouve la prédilection des
La Rochelle, 1825-1905
études féminines et enfantines, qui cherchent par la simplicité de la ligne au crayon, légèrement estompée et rehaussée de craie, à souligner la sensualité des corps pour l’adapter aux sujets mythologiques, historiques ou sacrés. En réduisant Bouguereau à l’« art pompier », on oublie l’admirable correction de son dessin. Bouguereau apprit à dessiner d’après le modèle à l’École des Beaux-Arts puis enseigna son art à l’Académie Jullian à partir de 1888. Il y favorisa l’accès des femmes à une formation artistique digne.
Bouguereau a pour habitude de commencer ses recherches de
Étude pour La Première discorde présentée au Salon de 1841
Crayon noir et estompe sur papier crème marouflé sur toile
De nombreuses identités et adresses de modèles posant pour l’artiste au crayon dans les fonds
203 × 151 cm
(Déchirure restaurée)
Sans cadre
Provenance : Resté dans la descendance de l’artiste jusqu’à nos jours ; Collection particulière, Normandie
Study for Première discorde exhibited at the Salon in 1841, black pencil and stump on paper laid down on canvas, by W. Bouguereau
79.92 × 59.45 in.
40 000 - 60 000 €
compositions par de multiples dessins et études d’après le modèle : « Jusqu’à ce que l’idée qu’il veut rendre soit bien précisée, et réponde exactement à sa vision, William Bougureau renouvelle ses croquis ; il y en a parfois jusqu’à une vingtaine » (M. Vachon, W. Bouguereau, Paris, A. Lahure, 1900, p. 106). Il termine traditionnellement son travail préparatoire à la manière des grands maîtres de la Renaissance, par un grand carton à taille réelle de sa composition définitive. Nous présentons ici deux cartons restés dans la descendance de l’artiste jusqu’à aujourd’hui. Sur les côtés du carton de La Première Discorde on retrouve une dizaine de noms et d’adresses de modèles. Bouguereau est effectivement toujours à la recherche
Notre dessin est le carton préparatoire à La Première Discorde, exposée au Salon de 1861 (fig. 1, voir D. Bartoli et F. C. Ross, William Bouguereau, New York, Antique collectors’ club, 2010, t. 2, p. 68, cat. 1861/04, repr.). Théophile Gautier revient longuement dans son Abécédaire du Salon de 1861 sur notre tableau, notamment sur sa portée symbolique, la Première Discorde amenant tragiquement au Premier Meurtre. Mais sa vision du tableau résonne aujourd’hui comme un miroir de nos peurs, où la tragédie humaine se renouvelle génération après génération : « Elle ne date pas d’hier La Première Discorde ! Le monde était bien jeune quand elle s’est manifestée. Il a suffi pour cela de deux frères, et la querelle n’est pas apaisée encore ; peut-être le jugement
du modèle parfait, qui permettrait de sublimer ses compositions : « J’ai des œuvres prêtes et en attente. Mais combien d’œuvres restent inachevées parce que je ne parviens pas à trouver le modèle dont je rêve. » (voir D. Bartoli et F. C. Ross, William Bouguereau, New York, Antique collectors’ club, 2010, T.I, p. 470). On se retrouve grâce à ses deux cartons au cœur de l’atelier d’un des derniers grands peintres classiques du XIXe siècle, obnubilé par la perfection de ses compositions. Il multiplie les dessins préparatoires pour parvenir à l’harmonie, transcrite sur son grand carton final, que le peintre ne fera que reporter sur sa toile et colorier…
dernier séparera-t-il l’Abel et le Caïn de l’avenir, se battant sur le cadavre de la terre ! » (T. Gautier, Abécédaire du Salon de 1861, ed. Dentu, 1861, p. 63).

Fig. 1


La Rochelle, 1825-1905
Étude pour Amour au thyrse
Huile sur papier marouflé sur carton
15 × 12.5 cm
Sans cadre
Provenance : Resté dans la descendance de l’artiste jusqu’à nos jours ; Collection particulière, Normandie
Study for Amour au thyrse, oil on paper laid down on cardboard, by W. Bouguereau 5.90 × 4.92 in.
800 - 1 200 €
Notre esquisse est préparatoire au tableau Amour au thyrse aujourd’hui conservé dans une collection particulière (voir D. Bartoli et F. C. Ross, William Bouguereau, New York, Antique collectors’ club, 2010, t. 2, p. 74-75, cat. 1863/07, rep.) (fig. 1)
La Rochelle, 1825-1905
Étude pour Jeune fille et l’Amour
Crayon et huile sur papier marouflé sur carton
35.5 × 22 cm
Sans cadre
Provenance : Resté dans la descendance de l’artiste jusqu’à nos jours ; Collection particulière, Normandie
Study for Jeune fille et l’Amour, pencil and oil on paper laid down on cardboard, by W. Bouguereau
13.97 × 8.66 in
3 000 - 4 000 €

Notre esquisse est préparatoire au tableau Jeune fille et l’Amour aujourd’hui conservé dans une collection particulière (voir D. Bartoli et F. C. Ross, William Bouguereau, New York, Antique collectors’ club, 2010, t. 2, p. 295, cat. 1894/16, rep.) (fig. 1)



La Rochelle, 1825-1905
Étude pour Le Vœu
Crayon noir sur papier marouflé sur toile
136 × 95.5 cm (Insolé)
Provenance :
Resté dans la descendance de l’artiste jusqu’à nos jours ; Collection particulière, Normandie
Study for Le Voeu, black pencil laid down on canvas, by W. Bouguereau
53.54 × 37.59 in.
20 000 - 30 000 €
Il s’agit du carton préparatoire pour Le Vœu de 1867, aujourd’hui conservé au Philadelphia Museum of Art (n° d’inv. W1900-1-5, fig. 1, voir D. Bartoli et F. C. Ross, William Bouguereau, New York, Antique collectors’ club, 2010, t. 2, p. 98, cat. 1867/06, repr.)


Notre esquisse est préparatoire au tableau Jésus parmi les docteurs, aujourd’hui conservé au musée de La Rochelle (inv. MAH.1996.1.2) (fig. 1) 118

La Rochelle, 1825-1905
Étude pour Agar et Ismaël
Huile sur papier marouflé sur carton 22 × 17 cm
Sans cadre
Provenance :
Resté dans la descendance de l’artiste jusqu’à nos jours ; Collection particulière, Normandie
Study for Agar et Ismaël, oil on paper laid down on cardboard, by W. Bouguereau
8.66 × 6.69 in.
1 000 - 1 500 €
La Rochelle, 1825-1905
Étude pour Jésus parmi les docteurs
Plume, encre noire et huile sur papier marouflé sur carton
18.5 × 26.5 cm
Sans cadre
Provenance : Resté dans la descendance de l’artiste jusqu’à nos jours ; Collection particulière, Normandie
Study for Jésus parmi les docteurs, pen, black ink and oil on paper laid down on cardboard, by W. Bouguereau
7.28 × 10.43 in.
1 000 - 1 500 €


La Rochelle, 1825-1905
Étude pour L’Art et la Littérature
Crayon et huile sur papier marouflé sur carton
31.5 × 17 cm
Sans cadre
Provenance :
Resté dans la descendance de l’artiste jusqu’à nos jours ; Collection particulière, Normandie
Study for L’Art et la Littérature, one seated, pencil and oil on paper laid down on cardboard, by W. Bouguereau 12.40 × 6.69 in.
2 000 - 3 000 €
Notre esquisse est préparatoire au tableau L’Art et la Littérature aujourd’hui conservé au Arnot Art Museum (voir D. Bartoli et F. C. Ross, William Bouguereau, New York, Antique collectors’ club, 2010, t. 2, p. 100-101, cat. 1867/10, rep.) (fig. 1)


Valenciennes, 1827 - Courbevoie, 1875
Étude pour L’espion, 1870
Fusain et pastel
Daté et signé ’1870 / JBste Carpeaux’ dans le bas
Annoté ’48 rue du Temple / Eugène Arnoult’ en haut à gauche
28 × 66 cm
Provenance :
Vente de l’atelier de l’artiste, son cachet à la cire (L.500) en bas à gauche
Study for L’espion, 1870, charcoal and pastel, dated and signed, by J.-B. Carpeaux
11.02 × 25.98 in.
6 000 - 8 000 €
Notre séduisant dessin est préparatoire au tableau L’espion. Episode du siège de Paris, terminé en 1871 par JeanBaptiste Carpeaux. Ce tableau faisait partie de la collection du sculpteur Antoine Bourdelle et est aujourd’hui conservé au musée Ingres Bourdelle de Montauban (Inv. MID.2023.2.1, fig. 1). Une autre étude pour cette œuvre, beaucoup moins aboutie et traitée à la plume est actuellement conservée au musée des Beaux-arts de Reims (Inv. 940.1.67).


Flessingue, 1802 – Paris, 1892
Scène de barricade en 1848
Aquarelle, plume, encre brune et lavis gris sur traits de crayon noir 24 × 36 cm
(Doublé, trace de pliure verticale à droite)
Provenance : Collection Paul Rosenberg avant 1938, selon une étiquette au verso ; Collection Bruno Streiff, Zurich, 1938, selon une étiquette au verso ; Collection particulière, Île-de-France
Exposition :
De Géricault à Matisse : Chefs-d’œuvre français des collections suisses, Paris, Petit Palais, mars-mai 1959, n° 159
Barricade scene in 1848, watercolor, pen, brown ink and grey wash on black pencil, by C. Guys 9.44 × 14.17 in.
4 000 – 6 000 €
Senlis, 1815 - Villiers-le-Bel, 1879
Recto : Tête d’homme masqué ; Verso : Deux études de têtes d’hommes masqués
Crayon noir et rehauts de craie blanche sur papier bleu
Numéroté plusieurs fois ’8’ au crayon au verso 31 × 27 cm
Provenance :
Thomas Le Claire, Hambourg, en 1989 ; Vente anonyme ; Hambourg, Hauswedell & Nolte, 9 juin 2006, n° 274 (6 000 €) ; Acquis lors de cette vente par l’actuelle propriétaire ; Collection particulière, Paris
Exposition :
Ansichten menschlicher Köpfe, Thomas Le Claire Kunsthandel, Hambourg, 1989, n° 17
Bibliographie en rapport :
Louise d’Argencourt et Roger Diederen, The Cleveland Museum of Art. Catalogue of Paintings, Part Four : European Paintings of the 19th Century, The Cleveland Museum of Art, 1999, p. 176, n° 65
Front: Head of a masked man; Back: Two studies of masked men’s heads, black pencil and highlights of white chalk on blue paper, by T. Couture 12.20 × 10.63 in.
3 000 - 4 000 €

Notre dessin est préparatoire au tableau, Pierrot en Correctionnelle, conservé au musée de Cleveland (n° d’inv. 1980.250). Ce tableau fait partie d’une série d’arlequinades, que Couture réalise à la fin de sa carrière.
Nous remercions Monsieur Thierry Cazaux qui nous a aimablement confirmé l’authenticité de ce dessin dans un courriel en date du 20 janvier 2026, et pour les informations afférentes.

Nantes, 1828 – Paris, 1891 Étude de Grâce nue, de dos pour « Apollon recevant la Lyre »
Crayon noir et craie blanche Dédicacé, signé et daté ’A Monsieur de Cardaillac / Souvenir de l’Opéra / J. Elie Delaunay / février 1875’ en bas à droite
46.5 × 30 cm
Provenance : Collection Etienne de Cardaillac (1818-1979) ; Collection particulière du Sud de la France
Study of Nude Grace, from behind for “Apollon recevant la Lyre”, black pencil and white chalk, signed and dated, by J.-E. Delaunay 18.30 × 11.81 in.
4 000 - 6 000 €
Notre esquisse constitue une étude préparatoire pour Apollon recevant la Lyre (1874), décorant le tympan est du salon est du Grand Foyer de l’opéra Garnier à Paris.
Etienne de Cardaillac, à qui est dédicacée l’œuvre, est le directeur des bâtiments civils et des palais nationaux sous Napoléon III puis jusqu’en 1877. Il est également membre du jury du concours organisé en 1860 pour la construction de l’opéra Garnier.

Strasbourg, 1832 - Paris, 1883
Paysage au torrent, probablement dans les Pyrénées
Plume et encre noire, aquarelle et grattage sur traits de crayon
Signée et datée ’G. Doré / 1876’ en bas à droite
48.5 × 33 cm
Provenance : Collection particulière, Paris
Landscape with a stream, probably in the Pyrenees, pen and black ink, watercolor and scratching on pencil, signed and dated, by G. Doré 19.09 × 12.99 in.
4 000 - 6 000 €

127
Paul César HELLEU
Vannes, 1859 – Paris, 1927
Portrait de la modiste Louise Chéruit
Trois crayons
Signé ’Helleu’ en bas à gauche
26 × 21.5 cm
Provenance : Collection particulière du Sud de la France
Portrait of the milliner Louise Chéruit, black, red and white chalk, signed, by P. C. Helleu
10.23 × 8.46 in.
3 000 - 4 000 €
Madame Louise Chéruit (Maison Chéruit) est l’une des grandes figures de la haute couture parisienne de la première partie du XXe siècle. Elle dirige alors une maison au rayonnement international dont les salons sont notamment situés place Vendôme. Madame Louise Chéruit est également la couturière privilégiée de Madame Helleu.
Nous remercions le comité Helleu qui nous a confirmé l’authenticité de ce dessin dans un courriel du 9 février 2026 et pour les informations afférentes. Il est répertorié au catalogue raisonné sous la référence APCH DE1-8633.
126
Juana ROMANI
Velletri, 1867 - Suresnes, 1923
Autoportrait présumé de l’artiste
Fusain passé au stylet
Signé ’Juana Romani’ en haut à droite 31 × 25 cm (à vue)
Provenance : Collection particulière, Paris
Presumed self-portrait of the artist, charcoal, signed, by J. Romani 12,20 × 9,84 in.
2 000 - 3 000 €
Notre rare dessin, d’une belle fraîcheur, reprend les canons esthétiques des huiles de Juana Romani traités cette fois au fusain par notre artiste. Nous pouvons reconnaître les traits du visage de celle qui fut l’élève et le modèle de Henner ou Carolus-Duran notamment, hissant notre œuvre au rang de très probable autoportrait, le seul dessiné connu.

Johan Barthold
Lattrop, 1819 - Saint-Égrève, 1891
Route de campagne en hiver, 1885
Aquarelle gouachée sur traits de crayon Daté ’22 Dec 1885’ en bas à droite
11.5 × 18.5 cm
Provenance : Galerie Bernheim-Jeune, Paris ; Acquis auprès de cette dernière par l’aïeul de l’actuel propriétaire en 1971 ; Collection particulière, Île-de-France
Countryside road in winter, 1885, gouache and watercolor on pencil, dated, by J. B. Jongkind
4.52 × 7.28 in.
800 - 1 200 €
Nous remercions Monsieur François Auffret qui nous a aimablement confirmé l’authenticité de ce dessin dans un email en date du 5 février 2026. Il sera inclus dans le catalogue en préparation par le Comité Jongkind, Paris-La Haye, et est inclus dans leurs archives avec la référence G02310.


Courrières, 1859 – Paris, 1935
Étude d’enfant pour Les Jumeaux
Crayon et estompe 50 × 32.5 cm Sans cadre
Provenance : Vente anonyme ; Toulouse, Ivoire Primardeco, 27 septembre 2024, n° 31 ; Acquis lors de cette vente par l’actuel propriétaire
Study of a child for Les Jumeaux, pencil and stump, by V. Demont-Breton 19.68 × 12.79 in.
2 000 - 3 000 €
Notre feuille est préparatoire à la figure de l’enfant en bas à gauche dans le tableau Les Jumeaux, exposé par l’artiste au Salon de 1888 et actuellement non localisé (fig. 1).
1 128


de MADRAZO y GARRETA
Rome, 1841 - Versailles, 1920
Deux anges en pied, d’après le décor peint par Goya pour l’ermitage de San Antonio de la Florida, Madrid
Aquarelle sur traits de crayon
Annotée et signée ’d’après Goya / Madrazo’ en bas à droite
55.5 × 41 cm
Provenance : Collection Reynaldo Hahn, compositeur franco-vénézuélien et cousin de l’artiste, par tradition familiale ; Légué à René Schrameck ; Puis par descendance aux propriétaires actuels
Two angels, after the décor painted by Goya for the hermitage of San Antonio de la Florida, Madrid, watercolor on pencil, signed, by R. de Madrazo y Garreta 21.85 × 16.14 in.
4 000 - 6 000 €

131
Port-Louis, 1862 - Paris, 1939
Portrait d’Isabelle de profil
Crayon noir
Monogrammé ’LS’ en bas à gauche et daté ’1891’ en bas à droite
Annoté ’Isabelle’ en haut à gauche
27 × 20 cm
Provenance : Collection particulière, Paris
Exposition : Henri Martin. Henri Le Sidaner Deux talents fraternels, Evian, Palais Lumière, repr. p. 187
Portrait of Isabelle in profile, pencil, dated, by H. Le Sidaner 10.62 × 7.87 in.
3 000 - 4 000 €
Paris, 1852 - Quincey, 1929
Jeune femme au chapeau à plumes
Pastel, fusain, sanguine, craie blanche et estompe sur traits de crayon
Signé et daté ’PAJ. Dagnan-B. mars 1915’ en bas à droite
33 × 21.5 cm
Provenance : Collection particulière, Paris
Young woman with a feathered hat, pastel, charcoal, red chalk, white chalk and stump on pencil, signed and dated, by P. A. J. Dagnan-Bouveret
12.99 × 8.46 in.
3 000 - 4 000 €


Henri-Jean-Guillaume MARTIN
Toulouse, 1860Labastide-du-Vert, 1943
« Crépuscule » : Étude de littoral bordé de grands pins
Crayon noir, sanguine, fusain et pastel sur papier brun
Signé ’Henri Martin’ en bas à droite 41.5 × 82 cm
Provenance :
Collection particulière, Paris
Exposition : Henri Martin. Henri Le Sidaner Deux talents fraternels, Evian, Palais Lumière, repr. p. 234
“Crepuscule”: A study of a coastline bordered by tall pine trees, pencil, red chalk, charcoal and pastel, signed, by H.-J.-G. Martin
16.33 × 32.28 in.
6 000 - 8 000 €
Notre dessin est préparatoire à un décor monumental réalisé par Henri Martin en 1907 pour l’université de la Sorbonne. Sur notre importante feuille, l’artiste pose les contours et l’architecture du paysage qui devra par la suite accueillir le berger, son chien et le troupeau de mouton présents sur le décor final (fig. 1).






























































































































Corneille de LA HAYE dit Corneille de LYON (La Haye, vers 1500 - Lyon, 1575)
Portrait d’un prélat - vers 1550
Huile sur panneau à fil vertical aminci et doublé
16,5 × 13,3 cm
Dans un cadre à fronton et colonnettes, travail vénitien du XVIe siècle
Estimation : 80 000 - 120 000 CHF
Vente aux enchères : Mercredi 11 mars 2026 - 11h
Schwarzwaldallee 171 4058 Bâle, Suisse
Contact : +41 61 312 32 00
info@bbw-auktionen.com
www.bbw-auktionen.com













Conférence & Signature
Vladimir Nestorov, docteur en histoire de l'art
Lundi 23 mars 2026 – 18h
RSVP à librairie@artcurial.com
Librairie Artcurial
7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault 75008 Paris

Estimation : 80 000 - 120 000 €
Vente aux enchères : Jeudi 26 mars 2026 – 14h30
7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault 75008 Paris
Contact : Matthieu Fournier +33 (0)1 42 99 20 26 mfournier@artcurial.com
www.artcurial.com

Vente aux enchères : Mardi 12 mai 2026 - 14h30
7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault 75008 Paris
Jean-François de TROY (1679–1752)
Portrait de Marie-Anne Gaillard de la Bouexière de Gagny, de son père, de son mari Jean-Hyacinthe Hocquart, et de leur fils Jean-HyacintheEmmanuel Hocquart Toile
130,5 × 98,5 cm
Vendu : 4 067 600 €

Clôture du catalogue : Début octobre
7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault 75008 Paris Vente
Vente aux enchères : Novembre 2026
Contact : Matthieu Fournier +33 (0)1 42 99 20 26 mfournier@artcurial.com www.artcurial.com
Directrice du pôle,
Vice-présidente : Isaure de Viel Castel
Art Contemporain Africain
Spécialiste :
Margot Denis-Lutard, 16 44
Art-Déco / Design
Directrice :
Sabrina Dolla, 16 40
Spécialiste :
Edouard Liron, 20 37
Administratrice senior :
Anne-Claire Drauge, 20 42
Administrateur junior : Alexis Chantelot
Expert :
Justine Despretz
Consultants :
Design Italien :
Design Scandinave : Aldric Speer
Bandes Dessinées
Expert : Éric Leroy
Administrateur junior : Alexandre Dalle
Estampes & Multiples
Directrice : Karine Castagna
Administrateur - catalogueur :
Florent Sinnah, 16 54
Administrateur junior :
Alexandre Dalle
Recherche et certificat :
Jessica Cavalero
Louise Eber
Impressionniste & Moderne
Directeur : Bruno Jaubert
Spécialiste :
Florent Wanecq
Administratrice - catalogueur :
Élodie Landais, 20 84
Administratrice junior :
Alexandra Michel
Recherche et certificat :
Jessica Cavalero,
Louise Eber
Post-War & Contemporain
Directeur : Hugues Sébilleau
Spécialiste : Sophie Cariguel
Catalogueur :
Beatrice Fantuzzi, 20 34
Administratrice :
Marine Oriente
Recherche et certificat :
Jessica Cavalero
Louise Eber
Urban Art
Directeur : Arnaud Oliveux
Administrateur - catalogueur: Florent Sinnah, 16 54
Administrateur junior : Alexandre Dalle
Twenty One Contemporary
Directeur : Arnaud Oliveux
Spécialistes :
Karine Castagna
Margot Denis-Lutard
Administrateur - catalogueur : Florent Sinnah, 16 54
Recherche et certificat :
Jessica Cavalero
Louise Eber
Expositions culturelles & ventes privées
Chef de projet : Vanessa Favre, 16 13
Archéologie & Arts d’Orient
Spécialiste : Lamia Içame, 20 75
Administratrice junior : Alice Derouet
Expert Art de l’Islam : Romain Pingannaud
Art d’Asie
Expert : Qinghua Yin
Administratrice : Shenying Chen, 20 32
Livres & Manuscrits
Directeur : Frédéric Harnisch, 16 49
Administratrice : Émeline Duprat, 16 58
Maîtres anciens & du XIXe siècle :
Tableaux, dessins, sculptures, cadres anciens et de collection
Vice-président : Matthieu Fournier, 20 26
Catalogueur : Blanche Llaurens
Spécialiste : Matthias Ambroselli
Administratrice sénior : Margaux Amiot, 20 07
Administratrice :
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Mobilier & Objets d’Art
Directeur : Filippo Passadore Clerc assistant : Barthélémy Kaniuk
Administratrice : Charlotte Norton, 20 68
Expert céramiques : Cyrille Froissart
Experts orfèvrerie : S.A.S. Déchaut-Stetten & associés,
Marie de Noblet
Senior advisor – Spécialiste senior orfèvrerie : Thierry de Lachaise
Orientalisme
Directeur : Olivier Berman, 20 67
Spécialiste junior : Florence Conan, 16 15
Souvenirs Historiques & Armes Anciennes
Expert armes :
Arnaud de Gouvion Saint-Cyr
Contact : Maxence Miglioretti, 20 02
Numismatique / Philatélie / Objets de curiosités & Histoire naturelle
Expert numismatique : Cabinet Bourgey
Contact : Juliette Leroy-Prost, 17 10
Automobiles de Collection
Président : Matthieu Lamoure
Vice-président : Pierre Novikoff
Spécialiste sénior : Antoine Mahé, 20 62
Responsable des relations clients Motorcars : Anne-Claire Mandine, 20 73
Responsable des opérations et de l’administration : Sandra Fournet +33 (0)1 58 56 38 14
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Automobilia
Aéronautique, Marine
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Responsable : Sophie Peyrache, 20 41
Horlogerie de Collection
Directeur : Romain Marsot
Expert : Geoffroy Ader Administratrice junior : Charlotte Christien, 16 51
Joaillerie
Directrice : Valérie Goyer
Spécialiste junior : Antoinette Rousseau
Catalogueur : Pauline Hodée
Administratrice junior : Janelle Beau, 20 52
Mode & Accessoires de luxe
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Catalogueur : Victoire Debreil
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Stylomania
Contact : Juliette Leroy-Prost, 17 10
Vins fins & Spiritueux
Expert : Laurie Matheson
Spécialiste : Marie Calzada, 20 24
Administratrice junior : Alice Derouet
Consultant : Luc Dabadie vins@artcurial.com
Vice-président :
Stéphane Aubert
Chargés d'inventaires,
Commissaires-priseurs : Juliette Leroy-Prost, 17 10
Maxence Miglioretti, 20 02
Elisa Borsik, 20 18
Administrateurs : Thomas Loiseaux, 16 55
Charline Monjanel, 20 33
Consultante : Catherine Heim
Directrice des partenariats : Marine de Miollis
Senior advisor : Anne Giscard d’Estaing
Stéphane Aubert
Elisa Borsik
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Matthieu Fournier
Juliette Leroy-Prost
Anne-Claire Mandine
Maxence Miglioretti
Arnaud Oliveux
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Florent Wanecq
7, rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault 75008 Paris T. +33 (0)1 42 99 20 20 contact@artcurial.com www.artcurial.com
SAS au capital de 1 797 000 € Agrément n° 2001-005
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Artcurial Toulouse
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Commissaire-priseur : Jean-Louis Vedovato
Clerc principal : Valérie Vedovato
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comme suit : initiale(s) du prénom et nom @artcurial.com, par exemple : Anne-Laure Guérin: alguerin@artcurial.com
Les numéros de téléphone des collaborateurs d’Artcurial
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Chine
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Beijing 100015
+86 137 01 37 58 11 lijiayi7@gmail.com
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Corso Venezia, 22 20121 Milano +39 02 49 76 36 49
Artcurial Maroc
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Directrice administrative : Soraya Abid
Administratrices junior : Widad Outmghart
Résidence AsmarAvenue Mohammed VI
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40020 Marrakech
+212 524 20 78 20
Artcurial Monaco
Directrice : Olga de Marzio Assistante administrative : Joëlle Iseli
Monte-Carlo Palace
3/9 boulevard des Moulins 98000 Monaco
+377 97 77 51 99
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Nicolas Orlowski
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Stéphane Aubert
Matthieu Fournier
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Matthieu Fournier
Bruno Jaubert
Matthieu Lamoure
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Hugues Sébilleau
Julie Valade
Vinciane de Traux
Conseiller scientifique et culturel :
Serge Lemoine
Commissaire-priseur, Co-fondateur : Francis Briest
Président directeur général : Nicolas Orlowski
Directrice générale adjointe : Joséphine Dubois
Président d’honneur : Hervé Poulain
Conseil d’administration : Francis Briest
Olivier Costa de Beauregard
Héléna Dassault
Thierry Dassault
Carole Fiquémont
Aurélie Habert
Nicolas Orlowski
Hervé Poulain
JOHN TAYLOR
Président directeur général : Nicolas Orlowski
John Taylor Corporate, Europa Résidence, Place des Moulins, 98000 Monaco contact@john-taylor.com www.john-taylor.fr
ARQANA
Artcurial Deauville 32, avenue Hocquart de Turtot 14800 Deauville
+33 (0)2 31 81 81 00 info@arqana.com www.arqana.com
Directrice générale adjointe, administration et finances : Joséphine Dubois
Assistante : Emmanuelle Roncola
Responsable service juridique clients : Léonor Augier
Ordres d’achat, enchères par téléphone
Directrice : Kristina Vrzests, 20 51
Adjointe de la Directrice :
Marie Auvard
Administratrice : Maëlle Touminet
Administrateur junior : Théo-Paul Boulanger bids@artcurial.com
Comptabilité des ventes
Responsable : Nathalie Higueret
Comptable des ventes confirmée : Audrey Couturier
Comptables : Chloé Catherine
Mathilde Desforges
Jessica Sellahannadi Yugyeong Shon 20 71 ou 17 00
Gestionnaire de dossier : Melanie Joly
Transport et douane
Assistantes spécialisées : Lou Dupont, Inès Tekirdaglioglu shipping@artcurial.com
Logistique et gestion des stocks
Directeur : Éric Pourchot
Responsables de stock : Lionel Lavergne
Joël Laviolette
Vincent Mauriol
Lal Sellahanadi
Adjoint : Clovis Cano
Coordinatrices logistique: Victoire de Latour
Magasiniers : Denis Chevallier
Adrien da Costa
Isaac Dalle
Floriane Joffre
Brayan Monteiro
Jason Tilot
Marketing
Directrice : Lorraine Calemard, 20 87
Chefs de projet :
Domitilla Corti, 01 42 25 64 38
Ariane Gilain, 16 52
Daphné Perret, 16 23
Responsable Studio Graphique: Aline Meier, 20 88
Graphiste : Rose de La Chapelle, 20 10
Graphiste junior : Romane Marliot, 01 42 25 93 83
Responsable CRM : Alexandra Cosson
Chargée CRM :
Géraldine de Mortemart, 20 43
Analyste CRM junior : Colombine Santarelli
Relations Extérieures
Directrice : Anne-Laure Guérin, 20 86
Attachée de presse : Deborah Bensaid, 20 76
Community Manager : Maria Franco Baqueiro, 20 82
Comptabilité générale
Responsable :
Sandra Margueritat Lefevre
Comptables : Romane Herson
Jodie Hoang
Arméli Itoua
Aïcha Manet
Assistante de gestion : Solène Sapience
Responsable administrative des ressources humaines : Isabelle Chênais, 20 27
Assistante : Amandine Le Monnier 20 79
Bureau d’accueil
Responsable accueil, Clerc Live et PV : Denis Le Rue
Mizlie Bellevue
Théa Fayolle
Marie Peyroche
Services généraux
Responsable : Denis Le Rue
Service photographique des catalogues : Fanny Adler
Stéphanie Toussaint
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g) Sous réserve de la décision de la personne dirigeant la vente pour Artcurial SAS, l’adjudicataire sera la personne qui aura porté l’enchère la plus élevée pourvu qu’elle soit égale ou supérieure au prix de réserve, éventuellement stipulé. Le coup de marteau matérialisera la fin des enchères et le prononcé du mot « adjugé » ou tout autre équivalent entraînera la formation du contrat de vente entre le vendeur et le dernier enchérisseur retenu. L’adjudicataire ne pourra obtenir la livraison du lot qu’après règlement de l’intégralité du prix. en cas de remise d’un chèque ordinaire, seul l’encaissement du chèque vaudra règlement. Artcurial SAS se réserve le droit de ne délivrer le lot qu’après encaissement du chèque. Le lot non adjugé pourra être vendu après la vente dans les conditions de la loi sous réserve que son prix soit d’au moins 1.500 euros.
h) Pour faciliter les calculs des acquéreurs potentiels, Artcurial SAS pourra être conduit à utiliser à titre indicatif un système de conversion de devises. Néanmoins les enchères ne pourront être portées en devises, et les erreurs de conversion ne pourront engager la responsabilité de Artcurial SAS.
a) En sus du prix de l’adjudication, l’adjudicataire (acheteur) devra acquitter par lot et par tranche dégressive les commissions et taxes suivantes:
1) Lots en provenance de l’UE:
• De 1 à 850 000 euros: 27 % + TVA au taux en vigueur.
• De 850 001 à 6 000 000 euros: 21 % + TVA au taux en vigueur.
• Au-delà de 6 000 001 euros: 14,5 % + TVA au taux en vigueur.
2) Lots en provenance hors UE : (indiqués par un m): Œuvres d’art, antiquités et biens de collection: L’adjudication sera portée hors taxe. A cette adjudication sera ajoutée une TVA au taux réduit de 5,5% qui pourra être rétrocédée à l’adjudicataire sur présentation d'un justificatif d’exportation hors UE ou à l’adjudicataire UE justifiant d’un numéro de TVA intracommunautaire et d’un document prouvant la livraison dans son état membre. Les commissions et taxes indiquées au paragraphe 1) ci-dessus demeurent identiques.
3) Lots en provenance hors UE (indiqués par un m) Bijoux et Montres, Vins et Spiritueux, Multiples: Aux commissions et taxes indiquées au paragraphe 1) ci-dessus, il conviendra d’ajouter des frais liés à l’importation correspondant à 20% du prix d’adjudication.
4) Des frais additionnels seront facturés aux adjudicataires ayant enchérit en ligne par le biais de plateformes Internet autres qu’ARTCURIAL LIVE.
5) La TVA sur commissions et les frais liés à l’importation pourront être rétrocédés à l’adjudicataire sur présentation des justificatifs d’exportation hors UE.L’adjudicataire UE justifiant d’un n° de TVA Intracommunautaire et d’un document prouvant la livraison dans son état membre pourra obtenir le remboursement de la TVA sur commissions.
Le paiement du lot aura lieu au comptant, pour l’intégralité du prix, des frais et taxes, même en cas de nécessité d’obtention d’une licence d’exportation. L’adjudicataire pourra s’acquitter par les moyens suivants : - En espèces : jusqu’à 1 000 euros frais et taxes compris pour les ressortissants français et les personnes agissant pour le compte d’une entreprise, 15 000 euros frais et taxe compris pour les ressortissants étrangers sur présentation de leurs papiers d’identité ; - Par chèque bancaire tiré sur une banque française sur présentation d’une pièce d’identité et, pour toute personne morale, d’un extrait KBis daté de moins de 3 mois (les chèques tirés sur une banque étrangère ne sont pas acceptés);
- Par virement bancaire ;
- Par carte de crédit : VISA, MASTERCARD ou AMEX (en cas de règlement par carte American Express, une commission supplémentaire de 1,85 % correspondant aux frais d’encaissement sera perçue).
6) La répartition entre prix d’adjudication et commissions peut-être modifiée par convention particulière entre le vendeur et Artcurial sans conséquence pour l’adjudicataire.
b) Artcurial SAS sera autorisé à reproduire sur le procès-verbal de vente et sur le bordereau d’adjudication les renseignements qu’aura fournis l’adjudicataire avant la vente. Toute fausse indication engagera la responsabilité de l’adjudicataire. Dans l’hypothèse où l’adjudicataire ne se sera pas fait enregistrer avant la vente, il devra communiquer les renseignements nécessaires dès l’adjudication du lot prononcée. Toute personne s’étant fait enregistrer auprès de Artcurial SAS dispose d’un droit d’accès et de rectification aux données nominatives fournies à Artcurial SAS dans les conditions de la Loi du 6 juillet 1978.
c) Il appartiendra à l’adjudicataire de faire assurer le lot dès l’adjudication. Il ne pourra recourir contre Artcurial SAS, dans l’hypothèse où par suite du vol, de la perte ou de la dégradation de son lot, après l’adjudication, l’indemnisation qu’il recevra de l’assureur de Artcurial SAS serait avérée insuffisante.
d) Le lot ne sera délivré à l’acquéreur qu’après paiement intégral du prix, des frais et des taxes. En cas de règlement par chèque, le lot ne sera délivré qu’après encaissement définitif du chèque, soit 8 jours ouvrables à compter du dépôt du chèque. A compter du lundi suivant le 90e jour après la vente, le lot acheté réglé ou non réglé restant dans l’entrepôt, fera l’objet d’une facturation de 50€ HT par semaine et par lot, toute semaine commencée étant due dans son intégralité au titre des frais d’entreposage et d’assurance.À défaut de paiement par l’adjudicataire, après mise en demeure restée infructueuse, le bien est remis en vente à la demande du vendeur sur folle enchère de l’adjudicataire défaillant ; si le vendeur ne formule pas cette demande dans un délai de trois mois à compter de l’adjudication, la vente est résolue de plein droit, sans préjudice de dommages intérêts dus par l’adjudicataire défaillant. En outre, Artcurial SAS se réserve de réclamer à l’adjudicataire défaillant, à son choix : - Des intérêts au taux légal majoré de cinq points, - Le remboursement des coûts supplémentaires engendrés par sa défaillance, - Le paiement de la différence entre le prix d’adjudication initial et le prix d’adjudication sur folle enchère s’il est inférieur, ainsi que les coûts générés par les nouvelles enchères.
Artcurial SAS se réserve également de procéder à toute compensation avec des sommes dues à l’adjudicataire défaillant. Artcurial SAS se réserve d’exclure de ses ventes futures, tout adjudicataire qui aura été défaillant ou qui n’aura pas respecté les présentes conditions générales d’achat.
e) Sous réserve de dispositions spécifiques à la présente vente, les achats qui n’auront pas été retirés dans les sept jours de la vente (samedi, dimanche et jours fériés compris), pourront être transportés dans un lieu de conservation aux frais de l’adjudicataire défaillant qui devra régler le coût correspondant pour pouvoir retirer le lot, en sus du prix, des frais et des taxes.
f) L’acquéreur pourra se faire délivrer à sa demande un certificat de vente qui lui sera facturé la somme de 60 euros TTC.
En cas de contestation Artcurial SAS se réserve de désigner l’adjudicataire, de poursuivre la vente ou de l’annuler, ou encore de remettre le lot en vente.
a) Dans l’hypothèse où deux personnes auront porté des enchères identiques par la voix, le geste, ou par téléphone et réclament en même temps le bénéfice de l’adjudication après le coup de marteau, le bien sera immédiatement remis en vente au prix proposé par les derniers enchérisseurs, et tout le public présent pourra porter de nouvelles enchères.
b) Pour faciliter la présentation des biens lors de ventes, Artcurial SAS pourra utiliser des moyens vidéos. en cas d’erreur de manipulation pouvant conduire pendant la vente à présenter un bien différent de celui sur lequel les enchères sont portées, Artcurial SAS ne pourra engager sa responsabilité, et sera seul juge de la nécessité de recommencer les enchères.
L’état français dispose d’un droit de préemption des œuvres vendues conformément aux textes en vigueur.
L’exercice de ce droit intervient immédiatement après le coup de marteau, le représentant de l’état manifestant alors la volonté de ce dernier de se substituer au dernier enchérisseur, et devant confirmer la préemption dans les 15 jours.
Artcurial SAS ne pourra être tenu pour responsable des conditions de la préemption par l’état français.
Artcurial SAS est propriétaire du droit de reproduction de son catalogue. Toute reproduction de celui-ci est interdite et constitue une contrefaçon à son préjudice.
En outre Artcurial SAS dispose d’une dérogation lui permettant de reproduire dans son catalogue les œuvres mises en vente, alors même que le droit de reproduction ne serait pas tombé dans le domaine public.
Toute reproduction du catalogue de Artcurial SAS peut donc constituer une reproduction illicite d’une œuvre exposant son auteur à des poursuites en contrefaçon par le titulaire des droits sur l’œuvre. La vente d’une œuvre n’emporte pas au profit de son propriétaire le droit de reproduction et de présentation de l’œuvre.
La réglementation internationale du 3 mars 1973, dite Convention de Washington a pour effet la protection de specimens et d’espèces dits menacés d’extinction. Les termes de son application diffèrent d’un pays à l’autre. Il appartient à tout acheteur de vérifier, avant d’enchérir, la législation appliquée dans son pays à ce sujet. Tout lot contenant un élément en ivoire, en palissandre…quelle que soit sa date d’exécution ou son certificat d’origine, ne pourra être importé aux Etats-Unis, au regard de la législation qui y est appliquée. Il est indiqué par un (s).
L’acquéreur sera lui-même chargé de faire assurer ses acquisitions, et Artcurial SAS décline toute responsabilité quant aux dommages que l’objet pourrait encourir, et ceci dès l’adjudication prononcée. Toutes les formalités et transports restent à la charge exclusive de l’acquéreur.
Les dispositions des présentes conditions générales d’achat sont indépendantes les unes des autres. La nullité de quelque disposition ne saurait entraîner l’inapplicabilité des autres.
Conformément à la loi, il est précisé que toutes les actions en responsabilité civile engagées à l’occasion des prisées et des ventes volontaires et judiciaires de meuble aux enchères publiques se prescrivent par cinq ans à compter de l’adjudication ou de la prisée.La loi française seule régit les présentes conditions générales d’achat. Toute contestation relative à leur existence, leur validité, leur opposabilité à tout enchérisseur et acquéreur, et à leur exécution sera tranchée par le tribunal judiciaire compétent du ressort de Paris (France).
Le Conseil des Ventes Volontaires, 19 avenue de l’Opéra – 75001 Paris peut recevoir des réclamations en ligne (www.conseildesventes.fr, rubrique « Réclamations en ligne »).
PROTECTION DES BIENS CULTURELS
Artcurial SAS participe à la protection des biens culturels et met tout en œuvre, dans la mesure de ses moyens, pour s’assurer de la provenance des lots mis en vente dans ce catalogue.
Artcurial SAS is an operator of voluntary auction sales regulated by the law articles L321-4 and following of the Code de Commerce. In such capacity Artcurial SAS acts as the agent of the seller who contracts with the buyer. The relationships between Artcurial SAS and the buyer are subject to the present general conditions of purchase which can be modified by saleroom notices or oral indications before the sale, which will be recorded in the official sale record.
As a voluntary auction sales operator, ARTCURIAL SAS is subject to the obligations listed in articles L.561-2 14° and seq. of the French Monetary and Financial Code relating to the Anti Money Laundering regulation.
a) The prospective buyers are invited to examine any goods in which they may be interested, before the auction takes place, and notably during the exhibitions. Artcurial SAS is at disposal of the prospective buyers to provide them with reports about the conditions of lots.
b) Description of the lots resulting from the catalogue, the reports, the labels and the verbal statements or announcements are only the expression by Artcurial SAS of their perception of the lot, but cannot constitute the proof of a fact.
c) The statements by made Artcurial SAS about any restoration, mishap or harm arisen concerning the lot are only made to facilitate the inspection thereof by the prospective buyer and remain subject to his own or to his expert’s appreciation. The absence of statements Artcurial SAS by relating to a restoration, mishap or harm, whether made in the catalogue, condition reports, on labels or orally, does not imply that the item is exempt from any current, past or repaired defect. Inversely, the indication of any defect whatsoever does not imply the absence of any other defects.
d) Estimates are provided for guidance only and cannot be considered as implying the certainty that the item will be sold for the estimated price or even within the bracket of estimates.
Estimates cannot constitute any warranty assurance whatsoever.
The estimations can be provided in several currencies ; the conversions may, in this case or, be rounded off differently than the legal rounding
e) Second-hand goods (anything that is not new) do not benefit from the legal guarantee of conformity in accordance with article L 217-2 of the Consumer Code.
a) In order to assure the proper organisation of the sales, prospective buyers are invited to make themselves known to Artcurial SAS before the sale, so as to have their personal identity data recorded.
Artcurial SAS reserves the right to ask any prospective buyer to justify his identity as well as his bank references and to request a deposit.
Artcurial SAS reserves the right to refuse admission to the auction sales premises to any prospective buyer for legitimate reasons. A bid is accepted on the basis of the information provided by the bidder prior to the sale. Consequently, the name of the winning bidder cannot be changed after the sale.
b) Any person who is a bidder undertakes to pay personally and immediately the hammer price increased by the costs to be born by the buyer and any and all taxes or fees/expenses which could be due. Any bidder is deemed acting on his own behalf except when prior notification, accepted by Artcurial SAS, is given that he acts as an agent on behalf of a third party.
c) The usual way to bid consists in attending the sale on the premises. However, Artcurial SAS may graciously accept to receive some bids by telephone from a prospective buyer who has expressed such a request before the sale. Artcurial SAS will bear no liability / responsibility whatsoever, notably if the telephone contact is not made, or if it is made too late, or in case of mistakes or omissions relating to the reception of the telephone. For variety of purposes, Artcurial SAS reserves its right to record all the telephone communications during the auction. Such records shall be kept until the complete payment of the auction price, except claims.
d) Artcurial SAS may accept to execute orders to bid which will have been submitted before the sale and by Artcurial SAS which have been deemed acceptable. Artcurial SAS is entitled to request a deposit which will be refunded within 48hours after the sale if the lot id not sold to this buyer.
Should Artcurial SAS receive several instructions to bid for the same amounts, it is the instruction to bid first received which will be given preference.
Artcurial SAS will bear no liability/responsibility in case of mistakes or omission of performance of the written order.
e) In the event where a reserve price has been stipulated by the seller, Artcurial SAS reserves the right to bid on behalf of the seller until the reserve price is reached. The seller will not be admitted to bid himself directly or through an agent. The reserve price may not be higher than the low estimate for the lot printed in or publicly modified before the sale.
f) Artcurial SAS will conduct auction sales at their discretion, ensuring freedom auction and equality among all bidders, in accordance with established practices.
Artcurial SAS reserves the right to refuse any bid, to organise the bidding in such manner as may be the most appropriate, to move some lots in the course of the sale, to withdraw any lot in the course of the sale, to combine or to divide some lots in the course of the sale. In case of challenge or dispute, Artcurial SAS reserves the right to designate the successful bidder, to continue the bidding or to cancel it, or to put the lot back up for bidding.
g) Subject to the decision of the person conducting the bidding for Artcurial SAS, the successful bidder will be the bidder would will have made the highest bid provided the final bid is equal to or higher than the reserve price if such a reserve price has been stipulated.
The hammer stroke will mark the acceptance of the highest bid and the pronouncing of the word “adjugé” or any equivalent will amount to the conclusion of the purchase contract between the seller and the last bidder taken in consideration.
No lot will be delivered to the buyer until full payment has been made.In case of payment by an ordinary draft/check, payment will be deemed made only when the check will have been cashed.
The lot not auctioned may be sold after the sale in accordance with the law, provided that its price is at least 1,500 euros.
h) So as to facilitate the price calculation for prospective buyers, a currency converter may be operated by Artcurial SAS as guidance. Nevertheless, the bidding cannot be made in foreign currency and Artcurial SAS will not be liable for errors of conversion.
a) In addition of the lot’s hammer price, the buyer must pay the different stages of following costs and fees/taxes:
1) Lots from the EU:
• From 1 to 850,000 euros: 27 % + current VAT.
From 850,001 to 6,000,000 euros: 21 % + current VAT.
Over 6,000,001 euros: 14,5 % + current VAT.
2) Lots from outside the EU : (identified by an m). Works of art, Antiques and Collectors’items The hammer price will be VAT excluded to which should be added 5.5% VAT. Upon request, this VAT will be refunded to the purchaser on presentation of written proof of exportation outside the EU or to the EU purchaser who will submit his intracommunity VAT number and a proof of shipment of his purchase to his EU country home address. Commissions and taxes indicated in section 3.1) remain the same.
3) Lots from outside the EU (identified by an m): Jewelry and Watches, Wines and Spirits, Multiples In addition to the commissions and taxes specified in paragraph 1) above, an additional import VAT will be charged (20% of the hammer price).
4) Additional fees will be charged to bidders who bid online via Internet platforms other than ARTCURIAL LIVE.
5) VAT on commissions and importation expenses can be retroceded to the purchaser on presentation of written proof of exportation outside the EU.
An EU purchaser who will submit their intracommunity VAT number and a proof of shipment of their purchase to their EU country home address will be refunded of VAT on buyer’s premium.The payment of the lot will be made cash, for the whole of the price, costs and taxes, even when an export licence is required. The purchaser will be authorized to pay by the following means :
- In cash : up to 1 000 euros, costs and taxes included, for French citizens and people acting on behalf of a company, up to 15 000 euros, costs and taxes included, for foreign citizens on presentation of their identity papers ;
- By cheque drawn on a French bank on presentation of identity papers and for any company, a KBis dated less than 3 months (cheques drawn on a foreign bank are not accepted);
- By bank transfer;
- By credit card : VISA, MASTERCARD or AMEX (in case of payment by AMEX, a 1,85 % additional commission corresponding to cashing costs will be collected).
6)The distribution between the lot's hammer price and cost and fees can be modified by particular agreement between the seller and Artcurial SAS without consequence for the buyer.
b) Artcurial SAS will be authorized to reproduce in the official sale record and on the bid summary the information that the buyer will have provided before the sale. The buyer will be responsible for any false information given. Should the buyer have neglected to give his personal information before the sale, he will have to give the necessary information as soon as the sale of the lot has taken place.
Any person having been recorded by Artcurial SAS has a right of access and of rectification to the nominative data provided to Artcurial SAS pursuant to the provisions of Law of the 6 July 1978.
c) The lot must to be insured by the buyer immediately after the purchase. The buyer will have no recourse against Artcurial SAS, in the event where, due to a theft, a loss or a deterioration of his lot after the purchase, the compensation he will receive from the insurer of Artcurial SAS would prove insufficient.
d) The lot will be delivered to the buyer only after the entire payment of the price, costs and taxes. If payment is made by cheque, the lot will be delivered after cashing, eight working days after the cheque deposit. If the buyer has not settled his invoice yet or has not collected his purchase, a fee of 50€+VAT per lot, per week (each week is due in full) covering the costs of insurance and storage will be charged to the buyer, starting on the first Monday following the 90th day after the sale. Should the buyer fail to pay the amount due, and after notice to pay has been given by Artcurial SAS to the buyer without success, at the seller’s request, the lot is re-offered for sale, under the French procedure known as “procédure de folle enchère”. If the seller does not make this request within three months from the date of the sale, the sale will be automatically cancelled, without prejudice to any damages owed by the defaulting buyer.
In addition, Artcurial SAS reserves the right to claim against the defaulting buyer, at their option :
- interest at the legal rate increased by five points,
- the reimbursement of additional costs generated by the buyer’s default,
- the payment of the difference between the initial hammer price and the price of sale after “procédure de folle enchère” if it is inferior as well as the costs generated by the new auction.
Artcurial SAS also reserves the right to set off any amount Artcurial SAS may owe the defaulting buyer with the amounts to be paid by the defaulting buyer.
Artcurial SAS reserves the right to exclude from any future auction, any bidder who has been a defaulting buyer or who has not fulfilled these general conditions of purchase.
e) With reservation regarding the specific provisions of this sale, for items purchased which are not collected within seven days from after the sale (Saturdays, Sundays and public holidays included), Artcurial SAS will be authorized to move them into a storage place at the defaulting buyer’s expense, and to release them to same after payment of corresponding costs, in addition to the price, costs and taxes.
f) The buyer can obtain upon request a certificate of sale which will be invoiced € 60.
In case of dispute, Artcurial SAS reserves the right to designate the successful bidder, to continue the sale or to cancel it or to put the lot up for sale.
a) In case two bidders have bidden vocally, by mean of gesture or by telephone for the same amount and both claim title to the lot, after the bidding the lot, will immediately be offered again for sale at the previous last bid, and all those attending will be entitled to bid again.
b) So as to facilitate the presentation of the items during the sales, Artcurial SAS will be able to use video technology. Should any error occur in operation of such, which may lead to show an item during the bidding which is not the one on which the bids have been made, Artcurial SAS shall bear no liability/responsibility whatsoever, and will have sole discretion to decide whether or not the bidding will take place again.
The French state in entitled to use a right of pre-emption on works of art, pursuant to the rules of law in force.
The use of this right comes immediately after the hammer stroke, the representative of the French state expressing then the intention of the State to substitute for the last bidder, provided he confirms the pre-emption decision within fifteen days.
Artcurial SAS will not bear any liability/ responsibility for the conditions of the pre-emption by the French State.
The copyright in any and all parts of the catalogue is the property of Artcurial SAS. Any reproduction thereof is forbidden and will be considered as counterfeiting to their detriment.
Furthermore, Artcurial SAS benefits from a legal exception allowing them to reproduce the lots for auction sale in their catalogue, even though the copyright protection on an item has not lapsed.
Any reproduction of Artcurial SAS catalogue may therefore constitute an illegal reproduction of a work which may lead its perpetrator to be prosecuted for counterfeiting by the holder of copyright on the work.The sale of a work of art does not transfer to its buyer any reproduction or representation rights thereof.
The International regulation dated March 3rd 1973, protects endangered species and specimen. Each country has its own lawmaking about it. Any potential buyer must check before bidding, if he is entitled to import this lot within his country of residence. Any lot which includes one element in ivory, rosewood…cannot be imported in the United States as its legislation bans its trade whatever its dating may be. It is indicated by a (s).
The buyer has to insure its purchase, and Artcurial SAS assumes no liability for any damage items which may occur after the sale. All transportation arrangements are the sole responsibility of the buyer.
The clauses of these general conditions of purchase are independant from each other. Should a clause whatsoever be found null and void, the others shall remain valid and applicable.
In accordance with the law, it is added that all actions in public liability instituted on the occasion of valuation and of voluntary and court-ordered auction sales are barred at the end of five years from the hammer price or valuation.
These Conditions of purchase are governed by French law exclusively. Any dispute relating to their existence, their validity and their binding effect on any bidder or buyer shall be submitted to the exclusive jurisdiction of the Courts of France. The Conseil des Ventes Volontaires, 19 avenue de l’Opéra – 75001 Paris can receive online claims (www.conseildesventes.fr, section “Online claims”).
Artcurial SAS applies a policy to prevent the sale of looted or stolen cultural property.
Dessins anciens & du XIXe siècle
Vente n° 6331
Mercredi 25 mars 2026 – 17h
Paris — 7, rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault
Ordre d’achat / Absentee bid
Ligne téléphonique / Telephone (Pour tout lot dont l’estimation est supérieure à 500 euros For lots estimated from € 500 onwards)
Téléphone pendant la vente / Phone at the time of the sale:
Nom / Name : Prénom / First name : Société / Compagny : Adresse / Address :
Téléphone / Phone : Fax : Email :
Lot Description du lot / Lot description
Les ordres d'achat et les demandes d'enchères téléphoniques doivent impérativement nous parvenir au moins 24 heures avant la vente. Le service d'enchères téléphoniques est proposé pour les lots dont l’estimation basse est supérieure à 500€.
To allow time for processing, absentee bids and requests for telephone bidding should be received at least 24 hours before the sale begins. Telephone bidding is a service provided by Artcurial for lots with a low estimate above 500€.
À renvoyer / Please mail to :
Artcurial SAS 7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault - 75008 Paris T. +33 (0)1 42 99 20 20 bids@artcurial.com
Merci de bien vouloir joindre à ce formulaire une copie de votre pièce d’identité (passeport ou carte nationale d’identité), si vous enchérissez pour le compte d’une société, merci de joindre un extrait KBIS de moins de 3 mois. Could you please provide a copy of your id or passport?
If you bid on behalf of a company, could you please provide an act of incorporation?
Après avoir pris connaissance des conditions de vente décrites dans le catalogue, je déclare les accepter et vous prie d’acquérir pour mon compte personnel aux limites indiquées en euros, les lots que j’ai désignés ci-dessous. (les limites ne comprenant pas les frais légaux).
I have read the conditions of sale printed in this catalogue and agree to abide by them. I grant your permission to purchase on my behalf the following items within the limits indicated in euros. (These limits do not include buyer’s premium and taxes).
Date et signature obligatoire / Required dated signature

