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LA COLLECTION JEAN-JACQUES ROTTHIER Art d’Afrique & d’Océanie
La collection d’art tribal de JeanJacques Rotthier, présentée pour la première fois dans son ensemble, témoigne du goût profond de ce collectionneur belge pour l’objet africain. La Belgique possède en effet une longue tradition de curiosité pour les cultures non-européennes, qui débuta avec Charles le Téméraire, premier acquéreur, sur notre territoire, d’une idole de bois qui aurait échoué dans les trésors des ducs de Bourgogne. Dans l’inventaire des biens personnels du Prince Charles-Alexandre de Lorraine, gouverneur des Pays-Bas autrichiens mort en 1780, quelques tissus
Loango sont ensuite répertoriés ; un autre inventaire du XVIIIe siècle, celui du Prince de Ligne, fait quant à lui mention d’ivoires africains de style afro-portugais.
Réunie depuis les années 1970, cette collection rend hommage à l’œil d’un amateur discret et passionné. Régulièrement sollicitée pour des expositions majeures à travers des prêts d’œuvres, elle se dévoile ici pour la première fois dans toute son ampleur. Nourrie de séjours en Afrique – de l’Éthiopie au Ghana ou encore au Mali, où JeanJacques Rotthier s’installe un temps – et enrichie au fil de décennies de dialogues avec des experts de premier plan, elle s’inscrit dans la lignée des grandes collections d’amateurs du XXe siècle. Avec sa première épouse, MariePaule d’Andrimont (1940-1987), avec laquelle il eut deux filles, Anne et Delphine, Jean-Jacques Rotthier fréquenta les principaux marchands belges d’art tribal. Parmi eux, René
Presented here in its entirety for the first time, Jean-Jacques Rotthier’s collection reflects the profound appreciation this Belgian collector had for African art. Belgium has, indeed, a long tradition of curiosity towards non-European cultures. It began with Charles the Bold, who is said to have been the first collector to acquire, on the territory of present-day Belgium, a wooden idol that later found its way into the treasures of the Dukes of Burgundy. The inventory of the personal possessions of Prince Charles Alexander of Lorraine, Governor of the Austrian Netherlands, who died in 1780, also records several Loango textiles. Another eighteenthcentury inventory, that of the
Prince of Ligne, likewise mentions Afro-Portuguese ivories.
Assembled from the 1970s onwards, this collection pays tribute to the discerning eye of a discreet and passionate collector. Regularly featured in major exhibitions through loans to major museums, it is revealed here for the first time in its full scope. Shaped by travels throughout Africa – from Ethiopia and Ghana to Mali, where Jean-Jacques Rotthier lived for a time – and enriched over decades through exchanges with leading specialists, it belongs to the tradition of the great private collections of the twentieth century.
With his first wife, Marie-Paule d’Andrimont (1940-1987), with whom he had two daughters,
et Anne Vander Straete gardent encore en mémoire leur visite à ses côtés de L’Oiseau Bleu, spectaculaire demeure familiale Belle Époque de Saint-Jean-Cap-Ferrat, construite en 1927 par Léon Rotthier. Ce premier volet réunit une sélection de pièces d’une qualité et d’une densité remarquables, offrant un premier aperçu de la richesse de cet ensemble. La consistance des œuvres réunies par Jean-Jacques Rotthier permet d’apprécier l’œil et la démarche de ce grand amateur belge dont les acquisitions, faites essentiellement en Belgique, proviennent en majorité de la République démocratique du Congo. Elle témoigne également de son intérêt pour la vallée du Niger,
au Mali et les styles Djenné-Jeno et Bankoni – ainsi que pour les cultures Nok et Sokoto du nord du Nigeria.
On perçoit dans cet ensemble une collection constituée sans calcul spéculatif ni volonté d’ostentation, guidée avant tout par la curiosité, la sensibilité et l’exigence du regard. La collection Jean-Jacques Rotthier fait ainsi écho aux mots de Frans Olbrechts, qui écrivait : « partir à la recherche non pas d’or ni d’ivoire, ni d’ébène, ni de radium, mais de ce qui fera peut-être la renommée de l’Afrique plus que tous les trésors minéraux que le continent recèle dans ses entrailles : son art et ses artistes ».
Bernard
de Grunne
Anne and Delphine, Jean-Jacques Rotthier became acquainted with Belgium’s leading tribal art dealers. Among them, René and Anne Vander Straete still vividly remember visiting L’Oiseau Bleu with him, the spectacular Belle Époque family residence in SaintJean-Cap-Ferrat, built in 1927 by Léon Rotthier.
This first instalment brings together a selection of works of remarkable quality and exceptional depth, offering an initial glimpse of the richness of the collection. The coherence of the works assembled by JeanJacques Rotthier reveals the discerning eye and collecting approach of this distinguished Belgian collector. Acquired predominantly in Belgium, most of the works originate from the
Democratic Republic of the Congo. The collection also reflects his interest in the Niger Valley in Mali, particularly the Djenné-Jeno and Bankoni traditions, as well as the Nok and Sokoto cultures of northern Nigeria.
Taken together, these works reflect the vision of a collector guided not by speculation or ostentation, but by curiosity, sensitivity, and a discerning eye. The Jean-Jacques Rotthier Collection thus echoes the words of Frans Olbrechts, who wrote: “to set out in search not of gold, nor ivory, nor ebony, nor radium, but of that which may one day bring Africa greater renown than all the mineral wealth concealed beneath its soil: its art and its artists.”
« Jean-Jacques Rotthier aimait les chemins qui ne figuraient sur aucune carte. »
Anne & Delphine Rotthier
Né à Bruxelles en 1932, il avait suivi une voie toute tracée – du moins en apparence. Docteur en droit, avocat à la Cour d’appel, puis haut dirigeant dans le monde des assurances, il maîtrisait les règles, les contrats et les structures. Mais derrière ce parcours rigoureux se cachait un homme animé par une autre aspiration : celle de découvrir le monde, les cultures et les femmes et les hommes qui les font vivre.
Avec son épouse, il parcourait des terres lointaines. Là où d’autres voyaient des destinations, ils voyaient des histoires. En Égypte, ils s’émerveillaient devant des objets chargés de siècles de mémoire. En Éthiopie, ils échangeaient avec des artisans dont les gestes semblaient traverser le temps. Au Mali, ils écoutaient les récits transmis au crépuscule, entre sable et étoiles.
Peu à peu, leur maison se transformait. Chaque pièce devenait une étape de voyage : ici un masque africain au regard profond, là une sculpture patinée par les années et les usages, plus loin encore des tissus aux couleurs éclatantes. Il ne s’agissait pas de simples objets. Chacun portait la trace d’une rencontre, d’un regard, d’un moment partagé.
Jean-Jacques aimait raconter l’histoire de chaque œuvre. Non comme un collectionneur fier de posséder, mais comme un homme soucieux de transmettre. Derrière chaque pièce, il voyait des artistes, des traditions, des croyances et des savoir-faire. Il rappelait volontiers que la valeur d’un objet ne réside pas seulement dans sa beauté, mais aussi dans l’histoire humaine qu’il porte en lui.
Les années passaient et ses responsabilités professionnelles continuaient de grandir. Pourtant, ceux qui le connaissaient savaient que son véritable trésor ne se trouvait ni dans les titres, ni dans les fonctions, mais dans ces souvenirs accumulés aux quatre coins du monde et dans les liens noués au fil des voyages.
En s’éteignant à Bruxelles en 2009, il laissa derrière lui bien davantage qu’une carrière brillante. Il laissa une collection vivante, façonnée par la curiosité, l’émerveillement et le respect des cultures qu’il avait eu la chance de découvrir.
Dans le silence de sa maison, il semble encore nous rappeler que le monde appartient à ceux qui prennent le temps de le rencontrer.
Anne & Delphine
Rotthier
Born in Brussels in 1932, he seemed destined for a wellcharted course in life. He earned a doctorate in law, became an attorney before the Court of Appeal, and later rose to senior positions in the insurance industry. He understood rules, contracts, and institutions. Yet behind this disciplined career was a man driven by a different aspiration: to discover the world, its cultures, and the people who bring them to life.
Together with his wife, he travelled to distant lands. Where others saw destinations, they saw stories. In Egypt, they marvelled at objects imbued with centuries of memory. In Ethiopia, they met artisans whose gestures seemed to transcend time itself. In Mali, they listened to stories shared at dusk, between sand and stars.
Gradually, their home was transformed. Every room became a stage of a journey: here, an African mask with a profound gaze; there, a sculpture shaped by years of use and devotion; further on, textiles alive with vibrant colours. These were never merely objects. Each one carried the trace of an encounter, a shared
moment, a human connection.
Jean-Jacques loved telling the story of every work. Not as a collector proud of ownership, but as a man eager to share and pass on knowledge. Behind each piece, he saw artists, traditions, beliefs, and skills handed down through generations. He often reminded us that an object’s value lies not only in its beauty, but also in the human story it embodies.
As the years passed, his professional responsibilities continued to grow. Yet those who knew him understood that his true treasure lay neither in titles nor in positions, but in the memories gathered across the world and in the friendships forged through travel.
When he passed away in Brussels in 2009, he left behind far more than a distinguished career. He left a living collection, shaped by curiosity, wonder, and a deep respect for the cultures he had been fortunate enough to encounter.
In the quiet of his home, he still seems to remind us that the world belongs to those who take the time to meet it.
Anne & Delphine Rotthier
Lot 64 MATERNITÉ DJENNÉ-JENO, Delta intérieur du Niger, Mali (détail), p. 73
1
MASQUE HEAUME MENDÉ
Sierra Leone
En bois
H. : 41 cm (16⅛ in.)
Provenance : Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Mende helmet mask, Sierra Leone
2 000 - 3 000 €
2
STATUE MENDÉ
Sierra Leone
En bois, perles de verre et tissu H. : 71 cm (28 in)
Provenance :
Collectée en 1912 et donnée à l’Abbaye
Notre-Dame de Langonnet, Morbihan Galerie Künzi, Solothurn, jusqu’en 1986 Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Ventes publiques :
Loudmer, Paris, Arts Primitifs, 27 juin 1986, lot n° 325
Cornette de Saint Cyr, Paris, Sculpture d’Océanie, d’Amérique et d’Afrique, 30 juin 1994, lot n° 71
Bibliographie :
Gottschalk (Burkhard), Kunst aus Schwarz-Afrika, Band 1: vom Gimbala zum Kongostrom, Dusseldorf, Verlag U. Gottschalk, 2005, p. 146 (droite)
An important Mende figure, Sierra Leone
6 000 - 8 000 €
Les figures féminines Mendé incarnent un idéal de beauté fondé sur l’image de jeunes femmes récemment initiées à l’âge adulte. Certains attributs physiques, tels que la ceinture perlée, la coiffure élaborée ou encore les scarifications visibles, signalent ce statut particulier et marquent le passage à une nouvelle étape de la vie.
Au sein de la société Mendé, ces sculptures remplissaient des fonctions variées. Certaines étaient utilisées dans le cadre de pratiques
divinatoires et participaient au diagnostic ainsi qu’au traitement des affections physiques et psychologiques. D’autres étaient associées aux sociétés initiatiques, au sein desquelles elles jouaient un rôle important dans la vie rituelle. Ces figures étaient souvent conservées à proximité des substances rituelles, dont elles assuraient la protection. Généralement soustraites au regard du public, elles n’étaient dévoilées qu’à l’occasion de cérémonies spécifiques.
Collection Jean-Jacques Rotthier
3
STATUE D’ANCÊTRE BAOULÉ À LA BARBE NOUÉE
Côte d’Ivoire
En bois
H. : 51,5 cm (20¼ in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Baule male ancestral figure with knotted beard, Ivory Coast
3 000 - 5 000 €
4
MARTEAU À MUSIQUE BAOULÉ
Côte d’Ivoire
En bois
25 × 7,5 × 2,8 cm (9⅞ × 3 × 1⅛ in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Baule musical hammer, Ivory Coast
400 - 600 €
5
PAIRE DE STATUES BAOULÉ ASSISES
Côte d’Ivoire
En bois polychrome et perles de verre
H. (figure féminine) : 54 cm (21¼ in.)
H. (figure masculine) : 50,5 cm (19⅞ in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Baule seated couple, Ivory Coast
6 000 - 8 000 €
Destinées à des pratiques divinatoires, ces figures se distinguent par leur beauté idéalisée, conçue pour attirer un asye usu, esprit de la nature, et l’inciter à prendre demeure au sein de la sculpture. Elles incarnent les canons de beauté Baoulé à travers l’élégance de leurs coiffures, la finesse des scarifications qui ornent le visage et le dos, ainsi que le soin apporté à la représentation des parures. Leurs regards légèrement baissés, leurs
attitudes mesurées et la puissance de leurs jambes musculeuses traduisent à la fois une retenue empreinte de dignité et la vigueur de la jeunesse. Remarquablement conservées, elles ont préservé leur surface d’origine ainsi que des traces de leur polychromie. Contrairement à de nombreuses sculptures Baoulé collectées anciennement, elles n’ont pas été ultérieurement polies ni artificiellement noircies.
6
MASQUE BAOULÉ OU YAOURÉ
Côte d’Ivoire
En bois et fibres végétales
H. : 19 cm (71/2 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Baule or Yaure mask, Ivory Coast
3 000 - 5 000 €
Jean-Jacques Rotthier
7
MASQUE SÉNOUFO
Côte d’Ivoire
En bois
H. : 41 cm (16⅛ in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Senufo mask, Ivory Coast
3 000 - 5 000 €
Associant des traits humains et zoomorphes, ce masque se distingue par une paire de jambes stylisées émergeant de sa partie inférieure, soulignant sa fonction d’intermédiaire entre le monde des hommes et celui des esprits. Au sommet de la composition se dresse un calao à casque jaune, oiseau emblématique de l’Afrique de l’Ouest, auquel les Sénoufo attribuent des qualités de sagesse, d’intelligence et d'autorité.
Collection Jean-Jacques Rotthier
8
MASQUE BAOULÉ
Côte d’Ivoire
En bois
H. : 97 cm (38¼ in.) ; L. : 57 cm (22 1/2 in.)
Provenance :
Collection Jeff Vander Straete (1904-1985), Bruxelles
Collection privée, Belgique
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Expositions:
Tervuren, Belgique, Art d’Afrique dans les collections belges, Musée royal de l’Afrique centrale, 29 juin - 30 octobre 1963
Ixelles, Belgique, Art Africain/ Afrikaanse Kunst, Musée d’Ixelles, 18 août - 11 juin 1967
Bibliographie :
Art d’Afrique dans les collections belges, Maesen (Albert) & Van Geluwe (Huguette), Tervuren : Musée royal de l’Afrique centrale, 1963, p. 78, n°434 (non illustré)
Art Africain/Afrikaanse Kunst, Musée d’Ixelles,1967, n° 7
Meauzé (Pierre), L’Art Nègre, Amsterdam/ Paris : Meulenhoff/Librairie Hachette, 1967, p. 167
A Baule mask, Ivory Coast
2 000 - 3 000 €
Art Africain/Afrikaanse Kunst, Musée d’Ixelles, 1967, fig. 7
(Restauration sur le bras droit de la figure droite)
Provenance :
Collection particulière, Angleterre, constituée entre 1906 et 1938
Puis par descendance à William A. Creeth, Highcliffe-on-Sea, Hampshire, Angleterre, jusqu’en 1972
Ralph Nash (1928-2014) / Art of Man, Londres, 1972
Hélène Kamer (1927-2023), Paris
Collection Lee et Dona Bronson, Los Angeles
Daniel Hourdé, Paris
Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Ventes publiques :
Sotheby’s, Londres, Primitive Art, 11 juillet 1972, lot n° 264
Sotheby’s, New York, 20 novembre 1990, lot n° 162
Expositions :
A Survey of Zairian Art: The Bronson Collection:
Raleigh, Caroline du Nord, North Carolina Museum ot Art, 23 avril 19784 juin 1978
Washington, D.C., Museum of African Art, 25 juillet - 25 septembre 1978
Los Angeles, Californie, Los Angeles County Museum of Natural History, 14 novembre 1978 - 21 janvier 1979
Bibliographie :
Cornet (Joseph-Aurélien), A Survey of Zairian Art: The Bronson Collection, North Carolina Museum of Art, Raleigh, 1978, p. 269, fig. 149
Robbins (Warren M.) and Nooter (Nancy Ingram), African Art in American Collections, Survey 1989, Washington/ Londres: Smithsonian Institution Press, 1989, p. 453, fig. 1165
A Luba scepter of authority, Democratic Republic of the Congo
40 000 - 60 000 €
Chez les Luba, le roi occupait le sommet d’un système politique et religieux particulièrement élaboré. Son pouvoir sacré était en partie délégué aux chefs de lignage, auxquels il remettait des insignes de prestige et d’autorité tels que des bâtons de commandement, des porte-flèches ou encore des tabourets à cariatide. Ces objets permettaient à leurs détenteurs d’affirmer et de légitimer leur statut au sein de la société.
Ce sceptre d’autorité est surmonté de deux figures féminines finement sculptées, représentées enlacées dans une attitude empreinte de douceur. Selon les recherches de Mary Nooter Roberts (cf. Roberts Nooter (Mary) et Roberts (Allen F.), Memory. Luba Art and the Making of History, The Museum for African Art, New York, 1996, p. 172, cat. 68), elles incarnent des esprits protecteurs et jouent un rôle essentiel dans les pratiques divinatoires.
Le corps de ces deux femmes est couvert de signes codifiés : scarifications du cou, des hanches et du bas-ventre, ainsi que coiffures élaborées. Les motifs de scarification diffèrent sur chacune des figures, à l’image de la singularité reconnue à chaque femme dans la société Luba. La surface profondément patinée de la sculpture, saturée d’huile, témoigne de longues années d’onctions répétées à l’huile de palme. Le corpus des sceptres d’autorité surmontés de deux personnages demeure extrêmement restreint. À ce jour, seuls sept exemplaires ont pu être recensés. Parmi eux, le plus proche de celui de la collection Jean-Jacques Rotthier est le sceptre provenant de la collection Vander Straete (cf. Neyt (François), Luba. Aux sources du Zaïre, Musée Dapper, Paris, 1993, p. 125).
Dieter Scharf, Sehen lernen. Eine Sammlung afrikanischer Figuren, Dumont, 1999, p. 156-7, cat. 67, un autre exemplaire
Sceptre d'autorité Luba, Collection Van der Straete
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie :
Schaedler (Karl-Ferdinand), Afrikanische Kunst. Von der Frühzeit bis heute, Munich, Heyne, 1997, p. 281, n° 190
A rare Luba bow stand, Democratic Republic of the Congo
15 000 - 20 000 €
Collection Jean-Jacques Rotthier
Ce porte-flèche est l’un des insignes de la royauté sacrée Luba. Il renvoie à la figure de Mbidi Kiluwe, prince étranger et héros civilisateur auquel la tradition attribue la fondation de la dynastie Luba. Contrairement aux regalia royaux destinés aux apparitions publiques, les porteflèches étaient conservés dans les appartements privés du souverain. Leur garde était confiée à une haute dignitaire féminine, la Kyabuta, qui veillait sur ces objets soustraits au regard du commun.
La figure féminine sculptée au centre de l’objet illustre le rôle essentiel des femmes dans la vie politique et spirituelle Luba. Dans la pensée Luba, celles-ci sont considérées comme les principaux réceptacles de la force vitale et du pouvoir spirituel qui assurent la prospérité et la continuité du royaume. L’élégance de la coiffure et la finesse des scarifications traduisent un idéal de raffinement et de distinction propre à l’élite Luba et reflètent les idéaux esthétiques et moraux de cette société.
septembre 2026 - 16h. Paris
11
PORTEUSE DE COUPE LUBA
République démocratique du Congo
En bois et perles de verre H. : 39 cm (153/8 in.)
Provenance : Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Exposition : Malmö (Suède), Afrikanskt –Inspirationskälla för den moderna konsten / African Art – A Source of Inspiration for Modern Art, Malmö Konsthall, du 22 mars au 19 mai 1986
Bibliographie : Claeson (Ingvar), Högestätt (Eje) & Lundberg (Jan) (dir.), photographies de Oddner (Georg), Afrikanskt –Inspirationskälla för den moderna konsten / African Art – A Source of Inspiration for Modern Art, Malmö Konsthall, Malmö, 1986, p. 138, cat. 178
A Luba bowlbearer, Democratic Republic of the Congo
10 000 - 15 000 €
Les mboko sont des récipients d’offrandes traditionnels Luba sculptés sous la forme de figures féminines assises. Ils incarnent la conception Luba selon laquelle les femmes sont les principales dépositaires du savoir spirituel et de la puissance sacrée.
Historiquement, ces récipients étaient utilisés par les devins royaux pour conserver des substances rituelles et des matières sacrées. Ils établissaient ainsi un lien tangible entre le monde des esprits, les ancêtres et la communauté des vivants.
Collection Jean-Jacques Rotthier
12
STATUE LUBA
République démocratique du Congo
En bois, perles de verre et tissu
H. : 25,5 cm (10 in.)
Provenance : de Quay & Lombrail, Paris, 21 juin 1995, lot n° 64
Collection Baudoin de Grunne, Bruxelles
Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Luba figure, Democratic Republic of the Congo
8 000 - 12 000 €
13
SIÈGE À CARIATIDE LUBA
République démocratique du Congo
En bois
H. : 45 cm (173/4 in.)
(Restauration sur la base)
Provenance : Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles puis par descendance
Bibliographie :
Arts d’Afrique Noire Premiers, n° 101, 1997, p. 35 (Publicité - Galerie Dartevelle)
Jean-Jacques Rotthier
A Luba caryatid stool, Democratic Republic of the Congo
14
SIÈGE À CARIATIDE LUBA
République démocratique du Congo
En bois
H. : 44,5 cm (171/2 in.)
Provenance :
Collection Camille Duyck (1885-1966), Bruxelles
Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Dartevelle (Valérie) & Plisnier (Valentine), Pierre Dartevelle et les Arts Premiers. Mémoire et Continuité, vol. II, 5 Continents, 2021, p. 371, fig. 482
A Luba caryatid stool, Democratic Republic of the Congo
12 000 - 15 000 €
Ce siège royal (kipona) compte parmi les insignes sacrés de la royauté Luba. Conservé au sein du palais du souverain, il matérialise la légitimité du pouvoir royal et renvoie au siège originel des fondateurs de la dynastie sacrée Luba.
La figure de cariatide qui soutient l’assise reflète la conception Luba du corps féminin comme réceptacle de la puissance spirituelle sur laquelle repose la royauté sacrée. Dans une société où la succession et les titres royaux se transmettent par la lignée maternelle, elle rappelle le rôle
essentiel des ancêtres féminines dans la légitimation du pouvoir. Elle évoque les mères fondatrices de la dynastie, vénérées comme les garantes de sa continuité. Les fines scarifications qui ornent le corps, les cauris stylisés disposés sur le pourtour du siège ainsi que l’élégante coiffure participent d’un même langage symbolique. Ensemble, ils évoquent le raffinement, l’ordre social et les idéaux de civilisation associés à la royauté Luba, dont le souverain est à la fois le dépositaire et le garant.
15
STATUE LOBI
Burkina Faso
En bois et métal
H. : 87 cm (34¼ in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Lobi figure, Burkina Faso
8 000 - 12 000 €
Chez les Lobi, ces sculptures, appelées bateba, étaient conçues pour servir d’intermédiaires entre la communauté et les esprits protecteurs connus sous le nom de thila. Loin d’être de simples représentations, elles étaient considérées comme des entités vivantes capables d’exécuter directement la volonté des thila
Placées au sein des sanctuaires, les figures bateba étaient les prolongements de l’autorité spirituelle. Elles étaient chargées de protéger les individus comme la communauté tout entière, d’écarter la maladie, de détourner les malheurs et de neutraliser les forces néfastes afin de préserver l’harmonie collective.
16
STATUE LOBI
Burkina Faso
En bois
H. : 38 cm (15 in.)
Provenance:
Collection Gos W. Sannes (1909-2000), La Haye
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie : Sannes (Gos W.), African 'primitives': function and form in African masks and figure, Lochem, 1968, pp. 100-101 (ill.)
A Lobi figure, Burkina Faso
1 000 - 2 000 €
Peuple d’agriculteurs profondément attaché à ses traditions spirituelles, les Lobi accordent une place essentielle aux figures bateba au sein de leur système religieux. Transmises de génération en génération, celles-ci servent d’intermédiaires entre le monde des hommes et celui des esprits.
Une sculpture comme celle-ci prenait place dans un sanctuaire familial où elle agissait comme auxiliaire des puissances spirituelles protectrices. Afin de s’assurer leur
bienveillance et leur protection, les fidèles déposaient régulièrement sur sa surface des offrandes de sang de poulet, de bière de mil et de beurre de karité.
Exemple précoce du style dit « Kelkoa », cette figure se distingue par ses yeux proéminents, caractéristiques de ce groupe stylistique. Selon Werner Fischer, les anneaux en relief qui les entourent reproduiraient l’expression du visage d’un individu en état de possession.
Collection Jean-Jacques Rotthier
Terres cuites du Mali et du Nigéria
17
TÊTE NOK
Nigéria
En terre cuite
H. : 39 cm (153/8 in.)
Provenance : Claude-Henri Pirat, Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Nok head, Nigeria
7 000 - 9 000 €
Jean-Jacques Rotthier
18
TÊTE NOK
Nigéria
En terre cuite
Datation : 250 ap. J.-C. (+/- 180 ans), certificat Alliance-Science Art, de Francine Maurer, du 27 décembre 1994 H. : 39 cm (153/8 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Exposition :
Naissance de l’art en Afrique Noire : la statuaire Nok au Nigeria, Luxembourg, Banque Générale du Luxembourg, 1998, du 12 octobre au 13 décembre 1998
Bibliographie :
Schaedler, (Karl-Ferdinand), Earth and Ore, 2500 years of African Art in Terra-cotta and Metal, Eurasburg, 1997, p. 206
Naissance de l’art en Afrique Noire : la statuaire Nok au Nigeria, Banque Générale du Luxembourg & Ed. Adam Biro, Paris, 1998, p. 77, fig. 33
A Nok head, Nigeria
4 000 - 6 000 €
19 TÊTE NOK
Nigéria
En terre cuite
H. : 28 cm (11 in.)
Provenance : Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Exposition : Naissance de l’art en Afrique Noire : la statuaire Nok au Nigeria, Luxembourg, Banque Générale du Luxembourg, 1998, du 12 octobre au 13 décembre 1998
Bibliographie : Naissance de l’art en Afrique Noire : la statuaire Nok au Nigeria, Banque Générale du Luxembourg & Ed. Adam Biro, Paris, 1998, p. 40, fig. 4
A Nok head, Nigeria
4 000 - 6 000 €
20 TÊTE SOKOTO
Nigéria
En terre cuite
Datation : 300 av. J.-C +/- 170 ans, certificat Alliance-Science Art, de Francine Maurer, du 28 juin 1994 H. : 26 cm (10¼ in.)
Provenance :
Claude-Henri Pirat, Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Exposition :
Naissance de l’art en Afrique Noire :
la statuaire Nok au Nigeria, Luxembourg, Banque Générale du Luxembourg, 1998, du 12 octobre au 13 décembre 1998
Bibliographie :
Schaedler, (Karl-Ferdinand), Earth and Ore, 2500 years of African Art in Terra-cotta and Metal, Eurasburg, 1997, p.212
Naissance de l’art en Afrique Noire :
la statuaire Nok au Nigeria, Banque Générale du Luxembourg & Ed. Adam Biro, Paris, 1998, p. 104, fig. 62
A Sokoto head, Nigeria
3 000 - 5 000 €
STATUETTE MASCULINE NOK EN GÉNUFLEXION SUR UN VASE
Nigéria
En terre cuite
Datation : 300 ap. J.-C. +/- 250 ans, certificat Alliance-Science Art, de Francine Maurer, du 17 novembre 1994 H. : 44 cm (173/8 in.)
(Restaurations)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Exposition :
Naissance de l’art en Afrique Noire : la statuaire Nok au Nigeria, Luxembourg, Banque Générale du Luxembourg, 1998, du 12 octobre au 13 décembre 1998
Bibliographie :
Naissance de l’art en Afrique Noire : la statuaire Nok au Nigeria, Banque Générale du Luxembourg & Ed. Adam Biro, Paris, 1998, p. 65, fig. 23
A Nok male figure kneeling on a vessel, Nigeria
3 000 - 6 000 €
22
FIGURE FÉMININE BANKONI À LA JARRE
Mali
En terre cuite
H. : 45 cm (173/4 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie : Anne Leurquin, La piste du Serpent, dans Tribal Arts. Le monde de l’art tribal, n°20, printemps 1999, fig. 10
A Bankoni female figure with a jar, Mali 4 000 - 6 000 € 21
23
GRANDE STATUE PILIER
FÉMININE DE STYLE KUCHAMPA
Nigéria
En terre cuite
Datation : 100 av. J.-C. +/- 220 ans, certificat Brussels Art Laboratory, de P.H Laycook, du 24 novembre 1994 H. : 90 cm (353/8 in) (Restaurations)
Provenance : Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Exposition :
Naissance de l’art en Afrique Noire : la statuaire Nok au Nigeria, Luxembourg, Banque Générale du Luxembourg, 1998, du 12 octobre au 13 décembre 1998
Bibliographie :
Naissance de l’art en Afrique Noire : la statuaire Nok au Nigeria, Banque Générale du Luxembourg & Ed. Adam Biro, Paris, 1998, p. 53, fig. 16
A Nok large female pillar figure in the Kuchampa style, Nigeria
4 000 - 8 000 €
24
MASQUE DE CEINTURE BÉNIN
Nigéria, XVe-XVIIIe siècle
En bronze
H. : 19,5 cm (71/2 in.)
(Porte un ancien numéro de collection)
Provenance :
Acquis auprès du révérend G. T. Basden dans la région igbo, au début du XXe siècle
Collection James Thomas Hooper (1897–1971), Arundel, inv. n° 1822
Christie’s, Londres, African Art from the James Hooper Collection, 14 juillet 1976, lot n° 56
Pierre Dartevelle (1940–2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932–2009), Bruxelles, puis par descendance
Exposition :
Munich, Allemagne, Villa Stuck, Götter Geister Ahnen. Afrikanische Skulpturen in deutschen Privatsammlungen / Gods, Spirits, Ancestors. African Sculpture from Private German Collections, 28 octobre 1992 – 10 janvier 1993
Bibliographie :
Hooper (James Thomas) et Burland (Cottie A.), The Art of Primitive Peoples, Londres, Fountain Press, 1953, pl. 57
Phelps (Steven), Art and Artifacts of the Pacific, Africa and the Americas: The James Hooper Collection, Londres, Hutchinson, 1976, p. 392, pl. 235, n° 1822
Schaedler (Karl-Ferdinand), Gods, Spirits, Ancestors. African Sculpture from Private German Collections, Munich, Panterra Verlag, 1992, p. 128, n° 97 46th Art Fair in Brussels, Bruxelles, 2000 (Publicité - Galerie Dartevelle)
A Benin hip mask, Nigeria
8 000 - 12 000 €
Cet ornement de hanche en bronze (uhunmwu-ekue) représente l’Oba, souverain du royaume du Bénin. Il constituait un insigne d’allégeance et de soumission politique. Dans les royaumes situés au sein de la sphère d’influence edo, de hauts dignitaires portaient ce type d’objet sur la hanche gauche afin de maintenir leur pagne cérémoniel. L’Oba distribuait ces insignes aux souverains vassaux et aux chefs placés sous son autorité, officialisant ainsi leur statut tout
en affirmant leur fidélité à la cour. Le masque est surmonté d’une couronne ajourée composée de perles de corail stylisées, l’un des attributs les plus emblématiques du pouvoir royal béninois. Les anneaux disposés autour du menton et de la barbe servaient de points d’attache à des rangs de perles de corail ou à de petits grelots métalliques, aujourd’hui disparus, qui animaient l’ornement lors des cérémonies de cour.
Collection
Hooper (James Thomas) et Burland (Cottie A.), The Art of Primitive Peoples, Londres, Fountain Press, 1953, pl. 57
25
PENDENTIF À LA TRIADE ROYALE BÉNIN
Nigéria, XVIe-XVIIe siècle
En bronze
H. : 19 cm (71/2 in.)
Provenance :
Christie’s, Londres, Important Tribal Art, 30 novembre 1994, lot n° 115
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie :
Schaedler (Karl-Ferdinand), Earth and Ore, 2500 Years of African Art in Terra-cotta and Metal, Munich, 1997, p. 225
A Benin royal triad pendant, Nigeria
7 000 - 10 000 €
Ces pendentifs en forme de « U » étaient autrefois portés à la ceinture, généralement par séries de trois, par l’Oba ainsi que par certains hauts dignitaires de la cour. Cette iconographie est également connue à travers des exemplaires sculptés dans l’ivoire. Parmi les cinq spécimens actuellement répertoriés, celui conservé au National Museum of Scotland d’Édimbourg est considéré comme le plus complet et le plus abouti (voir Barbara Plankensteiner (dir.), Benin. Cinq siècles d’art royal, Paris, musée du quai Branly, 2007, p. 393, cat. 168). Réalisés en ivoire ou en laiton, ces
pendentifs développent le motif de la « triade de soutien », expression visuelle de l’idéal edo de la royauté. Au centre figure l’Oba, identifiable à la grande perle royale qui orne sa poitrine, symbole de la légitimité de son pouvoir, placée au croisement de deux rangs de perles de corail.
Toutefois, même le plus puissant des souverains du Bénin ne saurait régner seul. Son autorité repose sur un équilibre subtil entre l’exercice de son pouvoir et l’adhésion de ses sujets à sa suprématie. Ce soutien indispensable de la société edo est incarné par les deux dignitaires qui encadrent l’Oba.
FRAGMENT DE PLAQUE BÉNIN
Guilde royale des fondeurs de bronze (Igun Eronmwon)
Nigéria, XVIe-XVIIe siècle
En bronze
H. : 20,5 cm (8 in.)
(Porte une ancienne étiquette de vente au revers)
Provenance :
Han Coray (1880-1974), Zürich/Agnuzzo Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Vente publique :
Bonhams, Londres, Tribal Art, 2 décembre 1991, lot n° 44, illustré en couverture
Bibliographie :
Morigi (Paolo), Meisterwerke altafrikanischer Kultur aus der Sammlung
Casa Coray, Agnuzzo, Casa Coray, 1968, fig. 58
Dartevelle (Valérie) & Plisnier (Valentine), Pierre Dartevelle et les Arts Premiers. Mémoire et Continuité, vol. II, 5 Continents, 2021, p. 44, fig. 56
50e Foire des Antiquaires de Belgique, Bruxelles, 21–30 janvier 2005, p. 284 (Publicité - Galerie Dartevelle)
A Benin plaque fragment, Nigeria
10 000 - 15 000 €
Issu de la collection Han Coray, ce bronze est un fragment d’une des plaques architecturales qui ornaient le palais royal du Bénin. La composition est centrée sur un dignitaire de haut rang dont le statut est signalé par ses attributs de prestige. Il porte une couronne perlée ornée d’une plume latérale, un collier de perles de corail (odigba) ainsi que des bracelets en laiton, tout en tenant une épée cérémonielle (eben). L’arrière-plan présente des textures ponctuées et un motif de feuille de rivière à quatre lobes (ebe-ame), associé à l’eau. Aux côtés des dignitaires de la cour royale, le corpus des plaques du Bénin comprend également de nombreuses représentations de marchands
et de soldats européens. Ceux-ci fournissaient les manillas, lingots de laiton importés qui constituaient la principale matière première utilisée pour la fonte des bronzes. Dans la vision du monde Edo, les marchands européens étaient considérés comme des émissaires d’Olokun, divinité au visage blanc envoyant richesse et descendance par-delà la mer. Les artisans ont représenté leurs cheveux longs, leurs nez et leurs vêtements afin de souligner leur origine étrangère. Leur présence sur les murs du palais ne constitue pas un témoignage du commerce européen en tant que tel, mais célèbre plutôt la maîtrise de l’Oba sur les richesses maritimes et sa victoire légendaire sur Olokun.
Morigi (Paolo), Meisterwerke alt-afrikanischer Kultur aus der Sammlung Casa Coray, 1968, fig. 58
27
MASQUE OGONI Nigéria
En bois
H. : 25 cm (9⅞ in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
An Ogoni mask, Nigeria
3 000 - 5 000 €
28
En bois H. : 21 cm (8¼ in.)
Provenance : Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Dogon figure, Mali
800 - 1 200 €
FIGURE DOGON Mali
29
STATUE DOGON
Mali
En bois
H. : 68 cm (263/4 in.)
Provenance : Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Dogon figure, Mali
4 000 - 6 000 €
30
STATUETTE SONGYE
République démocratique du Congo
En bois, métal et peau H. : 16 cm (6¼ in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Songye figure, Democratic Republic of the Congo
2 000 - 3 000 €
Cette austère et puissante figure nkisi se distingue par les nombreux clous de cuivre fichés dans le visage, la poitrine et le dos. Ces éléments étaient réputés protéger contre la variole, maladie particulièrement redoutée et que l’on imputait fréquemment aux forces de la sorcellerie.
31
FÉTICHE KONGO
République démocratique du Congo
En bois, terre, verre, cauris et tissu H. : 32 cm (12⅝ in.)
(Restaurations)
Provenance : Kegel-Konietzko, Hambourg
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Kongo power figure, Democratic Republic of the Congo
2 000 - 3 000 €
32
GRAND FÉTICHE KONGO
République démocratique du Congo
En bois et métal
20,5 × 61 × 15 cm (20⅛ × 24 × 5⅞ in.)
Provenance : Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Kongo power figure, Democratic Republic of the Congo
7 000 - 9 000 €
Les Songye de la Collection Jean-Jacques Rotthier
Ces quatre sculptures monumentales exceptionnelles témoignent de la puissance, de la complexité et de la richesse spirituelle de la pensée Songye. Créés comme protecteurs communautaires, ces mankishi servaient d’intermédiaires entre le monde des hommes et celui des esprits. Alors que les figures de plus petite taille étaient destinées à un usage individuel, les statues monumentales telles que celles présentées ici veillaient sur des communautés entières, demeurant souvent actives durant plusieurs générations.
La création d’un nkishi reposait sur l’association de deux savoirs complémentaires : celui du sculpteur et celui du spécialiste rituel (nganga). Un maître sculpteur réalisait d’abord la figure, accordant une
attention particulière à l’équilibre géométrique de la composition ainsi qu’à la subtilité des volumes et des courbes. Le recours à un artiste réputé renforçait le prestige des commanditaires aussi bien que celui de la communauté qu’ils représentaient. Le nganga activait ensuite le pouvoir de la sculpture en y introduisant des substances médicinales sacrées (bishimba) dans les cavités abdominales et dans la corne sommitale.
Chaque matériau ajouté revêtait une signification symbolique précise. Souvent désignés par le nom de chefs prestigieux, ces mankishi communautaires acquéraient leur propre renommée en raison de leur efficacité supposée à assurer fertilité, guérison et protection à ceux placés sous leur garde.
IMPORTANTE STATUE SONGYE République démocratique du Congo
En bois, corne et cuivre
H. : 85 cm (331/2 in.)
Provenance :
Collectée par le Dr. Van Hoorde circa 1934-1935
Collection Arman (1928-2005), Paris
Baron Frédéric «Freddy» Rolin (1919-2001), Bruxelles
Christie’s, Amsterdam, African and Oceanic Art from the Estate of the late Baron Freddy Rolin, 2 juillet 2002, lot n° 262
Pierre Dartevelle (1940-1922), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Expositions :
Monaco, Forum Grimaldi, Arts of Africa : 7000 ans d’art africain, 16 juillet4 septembre 2005
Tervuren, Belgique, Le Sensible et la Force/Sprekende Beelden, MRAC, 27 avril - 5 septembre 2004
Bibliographie :
Neyt (François), Songye. La Redoutable Statuaire Songye d’Afrique Centrale/ Songye. The Formidable Statuary of Central Africa, Anvers: Mercatorfonds, 2004, p. 222, n°188
Le Sensible et la Force, par Baeke, Bouttiaux & Dubois, Tervuren: MRAC, 2004, p. 50-51, cat. 18
Bouttiaux (Anne-Marie), Sensitivity and Power, a photographic homage to Songye sculptors, dans Tribal Art Magazine, n° 35, Eté 2004, p. 67, fig. 9
Arts of Africa. 7000 ans d’art africain, Monaco: Skira, 2005, p. 352, fig. 58c
Baeke (Vivian), Death is not an end: the role of Songye statuary in the cycle of life, dans Finalité sans fin/Finality without end, Bruxelles : BRUNEAF, 2017, p.113, ill. 6
An important Songye figure, Democratic Republic of the Congo
40 000 - 60 000 €
Collection Jean-Jacques Rotthier
IMPORTANTE STATUE SONGYE
République démocratique du Congo
En bois et cuivre
H. : 95 cm (373/8 in.)
Provenance :
Gouverneur Gaston Heenen avant 1932
Monsieur Guy Langouche et son épouse
Claire Goddart (pièce donnée à Claire Goddart par l’ancien gouverneur
G. Heenen, son parrain)
Jacques Van Overstraeten, Bruxelles
Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie :
Neyt (François), La redoutable statuaire Songye d’Afrique centrale/Songye. The Formidable Statuary of Central Africa, Anvers : Mercatorfonds, 2004, p.198, n° 164
An important Songye figure, Democratic Republic of the Congo
50 000 - 80 000 €
Cette importante statue Songye de la collection Rotthier appartient au corpus d’un maître dont seules deux œuvres sont aujourd’hui connues.
Sa caractéristique la plus remarquable réside dans la manière dont le sculpteur a enrichi la physionomie de la figure par une rangée de petites protubérances encadrant l’ovale des yeux.
La seconde statue, qui peut être attribuée avec une grande certitude à la même main, figurait parmi les cent trente-trois œuvres présentées lors de l’exposition Sacri Spiriti Songye organisée dans la chapelle Palatine du Maschio Angioino à Naples. Elle fut collectée avant 1920 par le vicegouverneur Gaston Heenen (cf. lde Grunne (Bernard) & Pezzoli (Gigi),
La comparaison de ces deux sculptures avec une troisième figure conservée dans les collections de l’AfricaMuseum, de style Kalebwe typique et collectée par le Dr J.-A. Fourche en 1940, apporte un éclairage intéressant sur ce motif. Cette dernière présente en effet des rangées de clous de cuivre entourant l’ovale des yeux, un détail qui pourrait expliquer l’origine de l’ornementation sculptée observée sur les deux statues attribuées à ce maître (cf. Backe (Viviane), Bouttiaux (Anne-Marie) & Dubois (Hughes), Le Sensible et la Force, M.R.A.C., Tervuren, 2024, p. 10, cat. 16).
En bois, corne, perles de verre, métal, fibres végétales, peaux et plumes H. : 98 cm (38⅝ in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Songye figure, Democratic Republic of the Congo
15 000 - 20 000 €
STATUE SONGYE
République démocratique du Congo
En bois, corne, perles de verre, métal, fibres végétales, peaux et plumes H. : 100 cm (393/8 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Songye figure, Democratic Republic of the Congo
20 000 - 30 000 €
37
STATUETTE SONGYE
République démocratique du Congo
En bois et métal
H. : 17 cm (63/4 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Songye figure, Democratic Republic of the Congo
2 000 - 3 000 €
38
STATUETTE BEMBE
République démocratique du Congo
En bois
H. : 15 cm (5⅞ in.)
Provenance :
Loudmer, Paris, Arts Primitifs, 29 avril 1991, lot n° 127
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Bembe figure, Democratic Republic of the Congo
1 000 - 1 200 €
Véritables médiatrices entre les hommes et le Créateur (Nzambi) ces statues avaient pour mission de protéger le lignage et de veiller au respect des règles qui régissaient la vie de la communauté. Les yeux incrustés de fragments d’os ou de porcelaine confèrent à cette sculpture une présence
particulièrement expressive. Les fines scarifications qui ornent l’abdomen témoignent du rang social du personnage. Au fil des générations, les manipulations rituelles et les applications répétées d’huile de palme ont doté le bois d’une profonde patine aux reflets satin.
Collection Karel Plasmans, Belgique, collecté le 13 janvier 1905
Paul Gilman, Liège
Philippe Laeremans, Bruxelles
Didier Claes, Bruxelles
Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie :
Neyt (François), Songye. La Redoutable Statuaire Songye d’Afrique Centrale, Antwerp : Fonds Mercator, 2004, p. 363
A Songye janiform stool, Democratic Republic of the Congo
3 000 - 4 000 €
Cet important siège Songye appartient à un corpus de sièges de prestige associés à l’autorité politique et spirituelle. Son support janiforme incarne une vision duale. Les deux visages évoquent le passage entre l’aube et le crépuscule, le monde visible et le monde invisible, ainsi que les royaumes des vivants et des ancêtres, garantissant ainsi l’équilibre et la continuité de la communauté.
Comme l’a souligné Pemberton (2011 : 38), les sièges à cariatide Songye sont indéniablement Songye par leur style, tout en s’inscrivant dans une tradition artistique LubaSongye identifiée dès les années 1940 par Olbrechts (Petridis 2001 :
cat. 48). Chez les Luba, les sièges à cariatide soutenus par des figures féminines agenouillées, debout ou assises comptaient parmi les principaux insignes du pouvoir et étaient réservés aux chefs ainsi qu’aux dignitaires de haut rang. Dans les exemples Songye, tels que celui-ci, le naturalisme aux formes arrondies caractéristique de la sculpture Luba cède la place à une esthétique plus abstraite et géométrique. Les yeux lourdement ourlés, le nez triangulaire à l’arête saillante et le menton carré proéminent rappellent étroitement les traits distinctifs des masques Kifwebe, parmi les expressions les plus emblématiques de l’art Songye.
40
STATUE KONGO
République démocratique du Congo
En bois
H. : 52,5 cm (20⅝ in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932–2009), Bruxelles, puis par descendance
7 000 - 10 000 €
Cette sculpture commémorative, connue sous le nom de tumba, était destinée à représenter un ancêtre de haut rang. Sculptée dans un bois léger et conservée au sein d’un sanctuaire ouvert, elle établissait un lien entre le monde des vivants et celui des ancêtres. Le personnage est figuré dans la posture dite funda nkata, une position assise jambes croisées qui évoque un dirigeant de « bonne réputation », privilégiant la réflexion et la maîtrise de soi à l’action impulsive.
Cette œuvre peut être attribuée à un maître anonyme actif dans la région du Mayombe à la fin du XIXe siècle. Si son contemporain, le « Maître de Kasadi », est célèbre pour ses figures de maternité, le sculpteur de cette œuvre se distingue par son
traitement magistral du mpu, la coiffe de prestige réservée aux dignitaires. Contrairement à la plupart des sculptures régionales, caractérisées par de hautes coiffures crêtées, l’artiste a représenté le mpu de manière à restituer l’apparence des coiffes tressées en fibres de raphia et en fibres dorées d’ananas.
Le mpu constituait l’un des attributs essentiels de l’autorité.
Ses motifs géométriques caractéristiques, souvent enrichis de représentations stylisées de griffes de léopard, permettaient d’identifier le rang de son porteur au sein de la hiérarchie sociale. En figurant le chef coiffé de cet insigne prestigieux, le sculpteur souligne la légitimité de son pouvoir et son statut éminent.
Le personnage tient dans sa main une bouteille, symbole à la fois de puissance temporelle et de pouvoir spirituel. Au XIXe siècle, de tels objets désignaient le défunt comme un commerçant prospère, intégré aux réseaux d’échanges internationaux. Plus profondément encore, la bouteille renvoie à la maîtrise des « esprits occidentaux », selon un jeu d’associations entre l’alcool importé et les forces invisibles qui lui étaient liées. Associée à la robustesse du corps, à la plénitude des formes et à l’expression méditative du visage, elle contribue à faire de cette sculpture l’incarnation de l’idéal du chef Kongo : un homme puissant, sage et prospère.
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Kongo maternity figure, Democratic Republic of the Congo
8 000 - 12 000 €
Chez les Yombe, l’un des principaux groupes du vaste ensemble culturel Kongo, la descendance et l’appartenance au clan sont déterminées par la lignée maternelle. Une place particulière est accordée aux fondatrices des clans, appelées mphemba. Les hautes coiffes portées par les femmes portent également ce nom, en référence à cette fonction ancestrale et au prestige qui lui est associé. Cette sculpture représente une ancêtre fondatrice tenant son enfant dans ses bras. Elle appartient à un
ensemble d’œuvres associées à un culte féminin Kongo consacré à la fertilité et à la continuité du lignage, particulièrement florissant entre le milieu du XVIIIe et le milieu du XIXe siècle. Les femmes jouissaient alors d’un statut particulier et exerçaient des responsabilités sociales et rituelles dépassant les rôles habituellement attribués à leur sexe. Elles occupaient ainsi une place essentielle dans la transmission de la vie, de l’identité et de l’autorité au sein de la société Kongo.
42 STATUETTE KONGO
République démocratique du Congo
En bois et verre
H. : 30 cm (113/4 in.)
Provenance :
Paul Gilman, Liège
Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Kongo figure, Democratic Republic of the Congo
6 000 - 9 000 €
Cette sculpture commémorative représentant un chef est figurée dans l’attitude classique dite funda nkata, c’est-à-dire assise en tailleur. La figure de la collection Rotthier appartient à un corpus bien identifié de sculptures Yombe décrit par Raoul Lehuard (Art Bakongo. Les centres de style, Arnouville, 1989, vol. II, p. 482-488).
À ce jour, on recense une dizaine d’œuvres attribuables à la même
main, dont deux furent collectées très tôt par le comte CharlesAntoine de Briey entre 1911 et 1913. Parmi les autres exemples connus figurent une statue conservée au Metropolitan Museum of Art, celle de l’ancienne collection J. P. Jernander, ainsi que celle de la collection Van Opstal, vendue chez Artcurial lors de la vente Art Tribal, Paris, Hôtel Dassault, 10 juin 2008, lot n° 127.
Collection Jean-Jacques Rotthier
43
MATERNITÉ KONGO
République démocratique du Congo
En bois et verre
H. : 26 cm (10¼ in.)
(Restaurations sur la partie basse)
Provenance :
Collection Camille Duyck (1885-1966), Bruxelles
Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Exposition :
Monaco, Forum Grimaldi, Arts of Africa : 7000 ans d’art africain, 16 juillet4 septembre 2005
Bibliographie :
Arts of Africa. 7000 ans d’art africain, Monaco : Skira, 2005, p. 336, n° 44c Dartevelle (Valérie) & Plisnier (Valentine), Pierre Dartevelle et les Arts Premiers. Mémoire et Continuité, vol. II, 5 Continents, 2021, p. 296, fig. 368
A Kongo maternity figure, Democratic Republic of the Congo
8 000 - 12 000 €
Cette sculpture représente une puissante figure féminine coiffée d’une haute et ample coiffure appelée mphemba, allaitant deux enfants. Dans la société matrilinéaire Yombe, cette coiffure distinctive l’identifie comme une ancêtre fondatrice ou la mère d’un lignage. Les deux enfants qu’elle allaite renforcent son association à la fécondité et à la continuité du lignage. Cette œuvre occupe une place singulière au sein de la statuaire Kongo par sa représentation inhabituelle de la maternité. Deux enfants, plutôt qu’un seul comme c’est généralement le cas, s’agrippent avidement à leur mère. Associés à la posture peu commune de cette dernière, ils composent un ensemble harmonieux et puissant, animé d’une remarquable énergie.
Les sculptures de ce type sont généralement rattachées à des cultes féminins liés à la fécondité, particulièrement actifs entre la fin du XVIIIe siècle et le milieu du XIXe siècle.
Cette période fut marquée par d’importants bouleversements sociaux et démographiques. Dans ce contexte, les femmes Yombe furent amenées à assumer des responsabilités accrues, conciliant leurs fonctions traditionnelles de mères et de gardiennes du foyer avec des tâches agricoles et économiques souvent dévolues aux hommes. Notre sculpture incarne ainsi non seulement la fécondité, mais aussi la continuité du lignage, la stabilité de la communauté et sa prospérité.
Collection Jean-Jacques
MASQUE YAKA
République démocratique du Congo
En bois polychrome H. : 40 cm (15³⁄₄ in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Yaka mask, Democratic Republic of the Congo
4 000 - 6 000 €
Ce panneau polychrome représente la tête d’un perroquet à queue rouge. Il constitue le pendant de celui conservé au Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren (inv. n° 39.959).
Cette sculpture faisait à l’origine partie d’un Kikaku, pavillon rituel richement décoré érigé dans le cadre des cérémonies d’initiation masculine. Installé dans des campements isolés en brousse, le Kikaku était le lieu d’une longue période de réclusion rituelle. Au cours de cette phase de transition, les initiés suivaient une formation
exigeante destinée à développer leur endurance, à leur transmettre les lois coutumières ainsi que les traditions et récits mythologiques hérités des ancêtres.
Cet enseignement comprenait également l’apprentissage de la chasse, de diverses compétences pratiques et de règles de conduite régissant la vie en société, notamment les relations avec les femmes. Le Kikaku jouait ainsi un rôle essentiel dans la transmission des savoirs, des valeurs et de l’identité culturelle de la communauté.
Une importante figure janiforme Kuyu
IMPORTANTE FIGURE
JANIFORME KUYU ORIENTALE
Plateau de l’Alima,
République démocratique du Congo
En bois
H. : 90 cm (353/8 in.)
Provenance :
Probablement collectée par Aristide Courtois (1883-1962), administrateur colonial français au Gabon, entre 1910 et 1938, à qui l’on doit un grand nombre des têtes Kuyu (Kebe-Kebe) aujourd’hui conservées dans les musées, ainsi que la quasi-totalité des premières figures Kuyu autonomes connues
Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Exposition : Bruxelles (Belgique), David Adjaye’s GEO-Graphics. Cartographie des pratiques artistiques en Afrique, passées et présentes, BOZAR – Palais des Beaux-Arts, 9 juin – 26 septembre 2010
Bibliographie:
Bouttiaux (Anne-Marie) et Kouoh (Koyo) (dir.), David Adjaye’s GEO-Graphics. Cartographie des pratiques artistiques en Afrique, passées et présentes, Milan / Cinisello Balsamo, Silvana Editoriale, 2010, p. 257
Poupon (David), Étude ethnographique de la tribu Kouyou, Revue d’anthropologie, vol. 29, 1918–1919
Bibliographie de référence : Amrouche (Pierre), Aristide Courtois, le brûleur de cases, Arts & Cultures, Geneve, 2006, pp. 180–189 Benezech (Anne-Marie), La cérémonie du Djo chez les Kouyou. Essai de reconstruction d’une cosmogonie au nord du Congo-Brazzaville, Paris, 2021
An important Eastern Kuyu Janus figure, Democratic Republic of the Congo
40 000 - 60 000 €
Cette figure janiforme, ou Okue, a été sculptée pour prendre part aux cérémonies rituelles du Djo, au cours desquelles est rejouée la cosmogonie des Kuyu et se transmet le récit fondateur de leurs origines. Les témoignages recueillis au début du XXe siècle par l’administrateur colonial Alfred Poupon identifient Djo comme l’ancêtre primordial et la divinité créatrice de l’univers Kuyu. Cette divinité est conçue comme une entité hybride, à la fois serpent et humaine, masculine et féminine. Les scarifications géométriques incisées à la surface de la sculpture évoquent les écailles de ce serpent mythique. La composition biface de l’œuvre traduit visuellement la dualité
intrinsèque du dieu Djo. D’un point de vue stylistique, la figure adopte une posture rigide et intériorisée : la tête semble s’enfoncer dans les épaules, le regard est fixé droit devant elle et les bras demeurent étroitement plaqués contre le torse. Cette attitude particulière renvoie à la représentation d’un chef ou d’un dignitaire rituel engagé dans une communion active avec le monde des ancêtres.
Cette œuvre appartient à un corpus extrêmement restreint de figures janiformes Kuyu aujourd’hui documentées, dont la majorité est conservée dans des collections muséales.
En 2010, cette sculpture fut sélectionnée pour figurer dans l’exposition David Adjaye’s GEOGraphics: A Map of Art Practices in Africa, Past and Present, organisée par l’architecte David Adjaye au BOZAR – Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Dans le cadre de cette manifestation, cette importante sculpture fut mise en regard d’œuvres contemporaines afin de souligner la continuité, les transformations et la vitalité des traditions artistiques africaines. Tournée à la fois vers le passé et vers l’avenir, elle affirmait ainsi, une fois encore, son caractère profondément janiforme.
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Kuyu head, Democratic Republic of the Congo
3 000 - 5 000 €
Cette belle tête cultuelle représentant un visage féminin constituait l’élément central d’un accessoire cérémoniel utilisé lors des danses rituelles Kebe-Kebe associées au culte de Djo, le dieu-serpent.
47
STATUE UBANGI
République démocratique du Congo
En bois
H. : 66 cm (26 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
An Ubangi figure, Democratic Republic of the Congo
6 000 - 9 000 €
Cette grande figure masculine représente Sètò, héros ancestral majeur de la mythologie Ngbaka. Chez les Ngbaka, des sculptures en bois figurant un homme et une femme étaient conservées dans les sanctuaires familiaux afin d’incarner Sètò et son épouse-sœur, Nàbo. Selon les traditions orales Ngbaka,
Sètò est considéré comme le créateur de l’humanité et apparaît dans le ciel nocturne sous la forme de la constellation d’Orion. Les sanctuaires dédiés à Sètò et Nàbo étaient entretenus afin d’assurer le succès à la chasse, la protection contre les maladies et le bien-être général du foyer.
Collection Jean-Jacques Rotthier
48
MASQUE MBAGANI
République démocratique du Congo
En bois polychrome H. : 30,5 cm (12 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Vente publique :
Tajan, Paris, Arts Premiers, 21 décembre 2000, lot n° 48
A Mbagani mask, Democratic Republic of the Congo
8 000 - 12 000 €
Ce remarquable masque se distingue par son large front bombé, son menton pointu et ses orbites concaves enduites de kaolin blanc. Un nez triangulaire saillant divise le visage au-dessus d’une bouche rectangulaire en relief. Cette œuvre présente de frappantes affinités stylistiques avec un célèbre masque Mbagani ayant
appartenu à la collection de Jean Willy Mestach, suggérant que les deux sculptures pourraient être l’œuvre d’un même artiste.
Les objets Mbagani étant extrêmement rares dans la documentation ethnographique, leurs fonctions rituelles précises demeurent encore mal connues.
Leurs conventions stylistiques semblent néanmoins avoir exercé une influence notable sur les groupes voisins. On y retrouve notamment cette remarquable épuration des formes caractéristique des masques Lwalwa (Lwalu), marquée par des plans faciaux concaves, de fines fentes oculaires, des oreilles
circulaires et de longs nez verticaux. Alors que les masques Lwalwa sont traditionnellement associés aux activités cynégétiques et aux rites d’initiation, les exemplaires Mbagani semblent davantage liés à des pratiques thérapeutiques locales et à l’invocation de la protection ancestrale.
49
HOCHET HEMBA
République démocratique du Congo
En bois, calebasse et graines
H. : 19 cm (71/2 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Hemba rattle, Democratic Republic of the Congo
600 - 800 €
50
MASQUE NGBAKA
République démocratique du Congo
En bois et métal
H. : 25,5 cm (10 in.)
Provenance :
Collection George Meurant (1948-2023), Bruxelles
Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie :
Dartevelle (Valérie) & Plisnier (Valentine), Pierre Dartevelle et les Arts Premiers. Mémoire et Continuité, vol. II, 5 Continents, 2021, p. 207, Fig. 238
A Ngbaka mask, Democratic Republic of the Congo
2 000 - 3 000 €
51
STATUE HEMBA
République démocratique du Congo
En bois
H. : 49 cm (19¼ in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Hemba figure, Democratic Republic of the Congo
5 000 - 7 000 €
STATUE HEMBA DE STYLE NIEMBO
République démocratique du Congo
En bois
H. : 71 cm (28 in.)
Provenance :
Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie :
Dartevelle (Valérie) et Plisnier (Valentine), Pierre Dartevelle et les arts premiers, vol. II, 5 Continents, p. 250, fig. 291
A Hemba Niembo figure, Democratic Republic of the Congo
20 000 - 30 000 €
D’une grande sérénité, cette figure singiti représente un ancêtre fondateur. Ses yeux mi-clos suggèrent un regard tourné vers un autre monde, établissant un lien entre l’univers des vivants et celui des esprits. Plus que de simples portraits, ces effigies idéalisées étaient considérées comme les réceptacles de la force vitale du chef, lui permettant de continuer à guider et à protéger ses descendants.
Ces figures étaient généralement sculptées dans du bois d’iroko, une essence souvent plantée au centre
des villages en hommage à ceux dont l’autorité garantissait la prospérité de la communauté. Longtemps rapprochées de l’art des Luba voisins, les figures singiti Hemba s’en distinguent par la majesté de leur attitude et par la douceur remarquable de leur expression.
Une autre figure attribuée à ce même maître est conservée au Museum aan de Stroom (MAS) d’Anvers (AE.0864). Toutes deux relèvent du style de Niembo et proviennent de la région de Mbulula, située sur l’axe Kayanza–Binanga.
53
GONG YAKA À DOUBLE TÊTE
République démocratique du Congo
En bois
H. : 54 cm (21¼ in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie :
Neyt (François), Arts traditionnels et histoire au Zaire/Traditional Arts and History of Zaire, Louvain-leNeuve, Université Catholique de Louvain, 1981, p. 119, fig. VI.8
A double headed Yaka gong, Democratic Republic of the Congo
3 000 - 5 000 €
54
STATUE TABWA
République démocratique du Congo
En bois
H. : 39 cm (153/8 in.)
Provenance :
Sotheby’s, Londres, Pre-Columbian, Oceanic and African Art, 6 juillet 1982, lot n° 190
Philippe Guimiot (1927–2021), Bruxelles
Claude-Henri Pirat, Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932–2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie :
Maurer (Evan M.) et Roberts (Allen F.), The Rising of a New Moon: A Century of Tabwa Art, University of Michigan Museum of Art, 1985, p. 234, n° 79 Pirat (Claude-Henri), Du fleuve Niger au fleuve Congo. Une aventure africaine, Paris, 2014, pp. 36–37, fig. 5
A Tabwa figure, Democratic Republic of the Congo
12 000 - 15 000 €
Cette sculpture représente un illustre ancêtre, probablement un chef Tabwa, reconnaissable à sa coiffure élaborée. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, certaines familles Tabwa accédèrent à une position dominante grâce au commerce régional et cherchèrent à légitimer leur autorité en mettant en avant leur lignage, selon un processus comparable à celui observé chez les Luba. Dans certains cas, des généalogies royales furent élaborées et consolidées à travers des représentations sculptées de dirigeants du passé, donnant
naissance à un genre spécifique de sculpture figurative incarnant la continuité dynastique et l’autorité politique.
Les scarifications géométriques en relief qui ornent cette figure sont le signe d’un raffinement moral et intellectuel. Dans les systèmes de croyance Tabwa, la modification et l’ornementation délibérées du corps reflétaient des idéaux de civilisation et de sagesse. Une attention particulière est portée au front, considéré comme le siège des rêves et une source de visions et d’inspiration.
55
STATUE YAKA SUKU
République démocratique du Congo
En bois, fibres végétales et tissu H. : 23 cm (9 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Yaka Suku figure, Democratic Republic of the Congo
3 000 - 5 000 €
56
HOCHET KONGO
République démocratique du Congo
En bois, fibres végétales et fèves de calabar H. : 33,3 cm (13⅛ in.)
Provenance : Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Kongo Rattle, Democratic Republic of the Congo
2 000 - 3 000 €
57
STATUE BOYO
République démocratique du Congo
En bois et tissu H. : 31 cm (12¼ in.)
Provenance :
Collection Alexander S. Honig, New York Sotheby’s, New York, The Alexander S. Honig Collection of African Art, 18 mai 1993, lot n° 162 Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Buyu figure, Democratic Republic of the Congo
4 000 - 6 000 €
58
STATUE LULUWA République démocratique du Congo
En bois
H. : 37 cm (14⅝ in.)
Provenance :
Collectée à Dibaya par Paul Timmermans avant 1959
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932–2009), Bruxelles, puis par descendance
Vente publique :
Christie’s, Londres, Important Tribal Art, 17 juin 1980, lot n° 28
Exposition : Baltimore (États-Unis), Baltimore Museum of Art, 1977
Bibliographie :
Timmermans (Paul), Essai de typologie de la sculpture des Bena Lulua du Kasaï, Afrika-Tervuren, fig. 4
Brown (H. K. Kellim), Southern Kasai
Hands / Les Mains du Sud-Kasaï, Bruxelles, Congo Basin Art History Research Center, 2011, p. 16, fig. 1
A Luluwa figure, Democratic Republic of the Congo
10 000 - 15 000 €
Cette figure masculine se distingue par la richesse de ses scarifications symboliques et par l’élégance de sa coiffure organisée autour d’une natte centrale. Malgré son apparence masculine, elle remplissait la fonction de figure de maternité au sein du culte bwanga bwa Cibola, dédié à la fécondité, au bon déroulement de
l’accouchement et à la protection des nouveau-nés. Investies de vertus à la fois thérapeutiques et protectrices, de telles sculptures étaient utilisées lors de rituels destinés à solliciter la bienveillance des ancêtres et à assurer le bien-être des mères et de leurs enfants.
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Vente publique :
Jean-Louis Picard, Paris, 12 Mai 1992, lot n° 31
6 000 - 8 000 €
A Teke figure, Democratic Republic of the Congo
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STATUETTE TEKÉ
République démocratique du Congo
En bois et verre H. : 24 cm (91/2 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Teke figure, Democratic Republic of the Congo
2 000 - 3 000 €
Cette sculpture Téké d’une remarquable expressivité représente un puissant ancêtre masculin (inkwii), conçu comme un intermédiaire entre le monde des vivants et celui des morts et destiné à préserver l’harmonie de la communauté. Son anguleuse barbe et sa coiffure lobée caractéristique rattachent sans équivoque cette figure à la tradition artistique téké. Sa fonction originelle exacte demeure toutefois inconnue.
61
COUVERCLE DE BOÎTE
DIVINATOIRE WOYO
République démocratique du Congo
En bois
H. : 19 cm (71/2 in.) ; H. : 6 cm (23/8 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Woyo oracle lid, Democratic Republic of the Congo
1 500 - 2 500 €
Collection Jean-Jacques Rotthier
IMPORTANT MASQUE HEAUME BIOMBO
République démocratique du Congo
En bois polychrome et fibres végétales
H. : 56 cm (22 in.)
Provenance :
Jef Vanderstraete (1904-1985), Lasne
Collection privée, Belgique
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Expositions :
Anvers, Etnografisch Museum - MAS Museum aan de Stroom, Face of the Spirits. Masks from the Zaire Basin, 18 septembre - 31 décembre 1993
Washington, National Museum of African Art - Smithsonian Institution, Face of the Spirits. Masks from the Zaire Basin, 20 avril - 25 septembre 1994
Paris, Musée Dapper, Signes du corps, 23 septembre 2004 - 3 avril 2005
Bruxelles, Belgique, Congo, Mythical Masks, La Galerie Bergé, 2009
Bibliographie :
Cornet (Joseph), Art de l’Afrique noire au pays du fleuve Zaïre, Bruxelles, 1972, p.155, n°80
Murray (Jocelyn), Cultural Atlas of Africa, Oxford : Phaidon, 1981, p.2 Herreman (Frank) & Petrides (Constantin), Face of the Spirits. Masks from the Zaire Bassin, Gent Snoeck, 1993, p. 241 Falgayrettes-Leveau (Christiane), L’écriture sur la peau, Paris : Musée Dapper, 2004, p. 43 Congo, Mythical Masks, Marc Leo Felix, Bruxelles : Marc Leo Felix Tribal SPRL, 2009, p. 92-93
An important Biombo helmet mask, Democratic Republic of the Congo
25 000 - 35 000 €
Cet impressionnant masqueheaume, caractérisé par ses larges yeux en fente, ses sourcils arqués et les motifs géométriques incisés sur ses joues et son menton, témoigne de la proximité stylistique de ses auteurs avec le royaume Kuba. Il se distingue toutefois des masques des cultures voisines par les trois excroissances sculptées qui surmontent sa coiffure.
Lors des usages rituels, des plumes étaient fixées à l’extrémité de ces trois pointes. À l’instar des Kuba, ces masques intervenaient lors des cérémonies funéraires ainsi que dans le cadre des rites initiatiques. Collecté au début du XXe siècle, ce masque monumental constitue l’un des plus remarquables exemples connus de ce type et a été présenté dans plusieurs expositions institutionnelles majeures en Europe et aux États-Unis.
FIGURE DJENNÉ-JENO AGENOUILLÉE TENANT UN RECIPIENT RITUEL
Delta intérieur du Niger, Mali
En terre cuite
Datation : 1300 ap. J.-C. (+/- 15%), certificat Alliance-Science Art, de Francine Maurer, du 15 mars 2000
H. : 44 cm (17 3/8 in.) (Restaurations)
Provenance :
Claude-Henri Pirat, Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie :
La condició humana: el somni de d’una ombra, Institut de Cultura, Museu d’historia de la Ciutat, Lunwerg, Barcelone 2004, p. 88 de Grunne (Bernard), Djenné-Jeno : 1000 ans de sculpture en terre cuite au Mali, Bruxelles, 2014, cat. n° 71
A Djenne-Jeno kneeling figure holding a ritual vessel, Inner Niger Delta, Mali
8 000 - 12 000 €
Cette remarquable statue représente un personnage agenouillé tenant entre ses mains un vase rituel appelé manidaga, un récipient sacré couvert de serpents en relief et de pustules. Assimilés à des pots à onguents, ces objets s’inscrivent dans une tradition très ancienne qui remonterait au mythe fondateur de l’Empire du Ghana, selon lequel Dinga serait
venu de l'Est porteur de pots magiques et de fétiches. Ces vases sacrés pouvaient remplir plusieurs fonctions : servir d’autels sur lesquels étaient accomplis des sacrifices, mais aussi être utilisés à des fins thérapeutiques et protectrices, afin d’assurer la santé, la prospérité et la protection de leur propriétaire.
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MATERNITÉ DJENNÉ-JENO
Delta intérieur du Niger, Mali
En terre cuite
Datation : 1250 ap. J.-C +/- 110 ans, certificat Alliance-Science Art, de Francine Maurer, du 16 août
1994
H. : 42 cm (161/2 in.)
Provenance :
Claude-Henri Pirat, Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie :
Schaedler, (Karl-Ferdinand), Earth and Ore, 2500 years of African Art in Terra-cotta and Metal, Eurasburg, 1997, p.55
Anne Leurquin, La piste du Serpent, dans Tribal Arts. Le monde de l’art tribal, n°20, printemps 1999, p. 71, illustré en couverture et fig. 19 p. 74 de Grunne (Bernard), Djenné-Jeno : 1000 ans de sculpture en terre cuite au Mali, Bruxelles, 2014, cat. n° 18
A Djenné-Jeno maternity figure, Inner Niger delta, Mali 10 000 - 15 000 €
La maternité constitue le thème iconographique le plus fréquent au sein du corpus de la statuaire de Djenné-Jeno, avec vingt-deux figures féminines recensées, soit davantage que le thème équestre, qui compte dix-huit sculptures. Cette exceptionnelle représentation de maternité exprime l’idée de fécondité inhérente à la condition féminine à travers la présence d’un enfant au sein.
Cette maternité de la culture de Djenné-Jeno, de dimensions monumentales, se distingue par la puissance de sa construction volumétrique. Le traitement du torse ainsi que la légère torsion de la tête intègrent, dans une synthèse sculpturale particulièrement maîtrisée, la posture complexe et alanguie de l’enfant. L’équilibre entre la monumentalité de la figure maternelle et la souplesse du corps de l’enfant confère à l’ensemble une remarquable force expressive.
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MÉRE AGENOUILLEE AVEC ENFANT, DJENNÉ-JENO
Delta intérieur du Niger, Mali
En terre cuite
Datation : 1100-1400 après J.-C. H. : 45 cm (173/4 in.) (Restaurations)
Provenance :
Claude-Henri Pirat, Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie :
Schaedler, (Karl-Ferdinand), Earth and Ore, 2500 years of African Art in Terra-cotta and Metal, Eurasburg, 1997, p.55
Anne Leurquin, La piste du Serpent, dans Tribal Arts. Le monde de l’art tribal, n°20, printemps 1999, fig. 20
L’Homme et l’objet : Une longue histoire, Abbaye Saint-Gérard de Brogne, SaintGérard, 2006, p. 35 de Grunne (Bernard), Djenné-Jeno : 1000 ans de sculpture en terre cuite au Mali, Bruxelles, 2014, cat. n° 29
A Djenné-Jeno maternity figure, Inner Niger delta, Mali
4 000 - 6 000 €
FIGURE DJENNÉ-JENO
MASCULINE ASSISE AVEC DAGUE
Delta intérieur du Niger, Mali
En terre cuite
Datation : 1210 ap. J.-C. (+/- 110 ans), certificat Alliance-Science Art, de Francine Maurer, du 13 octobre 1993
H. : 34 cm (133/8 in.) (Restaurations)
Provenance :
Claude-Henri Pirat, Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie : Schaedler, (Karl-Ferdinand), Earth and Ore, 2500 years of African Art in Terra-cotta and Metal, Eurasburg, 1997, p.57
La condició humana: el somni de d’una ombra, Institut de Cultura, Museu d’historia de la Ciutat, Lunwerg, Barcelone 2004, p. 115 de Grunne (Bernard), Djenné-Jeno : 1000 ans de sculpture en terre cuite au Mali, Bruxelles, 2014, cat. n° 122
A Djenné-Jeno male figure seated with a dagger, Inner Niger Delta, Mali
8 000 - 12 000 €
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PORTEUSE DE COUPE BAMILÉKÉ
Cameroun
En bois
H. : 47,5 cm (183/4 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Bamileke bowlbearer, Cameroon
4 000 - 6 000 €
Cette figure représente un dignitaire attaché au service du roi, ou fon Alliant fonction utilitaire et portée symbolique, ces porteuses de coupe étaient disposées auprès du souverain lors des cérémonies de cour. Elles contenaient des noix de kola ou du vin de palme, présents de choix offerts aux visiteurs de marque selon les règles d’une hospitalité princière.
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SCEPTRE SHANGO YORUBA
Nigéria
En bois
H. : 40,5 cm (16 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Shango Yoruba staff, Nigeria
2 000 - 3 000 €
Les adeptes de Shàngó, divinité Yoruba du tonnerre et de la justice divine, portaient ces oshé lors des danses cérémonielles qui lui étaient consacrées. L’objet se distingue par le motif caractéristique de la double hache s’élevant au-dessus de la tête de la figure, symbole des « pierres de tonnerre » que l’on croyait projetées du ciel par Shàngó comme manifestations de sa puissance et de son autorité.
La figure représente une prêtresse. Sa posture de dévotion forme un contrepoint à la puissance redoutable de Shàngó et souligne son rôle d’intermédiaire entre le monde des hommes et celui des puissances divines.
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STATUE MAMBILA
Cameroun
En bois
H. : 44 cm (173/8 in.)
Provenance : Hendrik Elias (1925-2014)
Galerie Elmar, Wieze
John Lens, Anvers Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie : De Buck (Jo), Hendrik Elias’ Legacy Archives, Bruxelles : Jo De Buck, 2018, p. 25, n° 20
A Mambila figure, Cameroon
5 000 - 7 000 €
FIGURE DE RELIQUAIRE KOTA
En bois, cuivre et laiton
H. : 57 cm (221/2 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Kota reliquary figure, Gabon
8 000 - 12 000 €
Avec son corps ajouré en forme de losange, sa tête ovale surmontée d’une crête semi-circulaire et les motifs en « queue d’aronde » qui encadrent son visage, cette figure constitue un bel exemple de l’esthétique des Mbulu Ngulu. De fines feuilles de métal recouvrent les éléments latéraux et la partie supérieure de la sculpture, tandis que le visage est rythmé par un réseau de lamelles de cuivre. Depuis leur arrivée en Europe à la fin du XIXe siècle, ces gardiens de reliquaire comptent parmi les œuvres les plus recherchées de l’art africain.
L’abstraction radicale de la figure humaine incarnée par les Mbulu Ngulu exerça une profonde fascination sur les artistes modernistes actifs à Paris au début du XXe siècle. Pablo Picasso comme Alberto Giacometti possédaient d’importantes figures de reliquaire dans leurs collections personnelles. Juan Gris, figure majeure du cubisme et proche de Picasso, fut à ce point séduit par leur géométrie qu’il réalisa en 1922 sa propre interprétation d’un Mbulu Ngulu en carton.
Gabon
71
STATUE FANG
Gabon
En bois et métal
H. : 36 cm (14⅛ in.)
Provenance :
Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie :
Art & Culture, n° 3, Genève : Fondation
Musée Barbier-Mueller, 2002, p. 17 (Publicité - Galerie Dartevelle)
A Fang figure, Gabon
20 000 - 30 000 €
Ce byeri de belle facture constitue un exemple caractéristique de la statuaire bréviforme des Fang méridionaux, et plus particulièrement des Betsi. La tête, volumineuse, représente à elle seule près du tiers de la hauteur totale de la sculpture, à l’instar de l’imposante masse des membres inférieurs. Le sculpteur a privilégié des formes compactes et puissantes : les bras et les épaules demeurent étroitement liés au torse, tandis que la coiffurecasque à crête centrale, complétée par un large bandeau frontal, enveloppe le crâne avant de se prolonger loin à l’arrière de la nuque.
Cette sculpture peut être rapprochée de plusieurs œuvres attribuées à la même main ou au même atelier. On citera notamment l’exemplaire de l’ancienne collection McKesson à New York, celui conservé au Museum der Kulturen de Bâle (inv. n° III.439 ; voir Louis Perrois, Byeri Fang. Sculptures
d’ancêtres en Afrique, Musées de Marseille, 1992, pp. 192–194), celui de l’ancienne collection H. Simonis à Düsseldorf (voir Sabrina Förster, Galerie Simonis. Afrikanische Kunst, s.d., H. : 44 cm, ancienne collection Alain de Monbrison), ainsi que celui provenant de la collection Arman (voir Alain Nicolas (dir.), Arman et l’art africain, Musées de Marseille, 1996, p. 73, cat. 22), collecté au Gabon par G. Lowenguth entre 1922 et 1930.
L’ensemble de ces sculptures partage les mêmes caractéristiques stylistiques : une tête surdimensionnée, une structure compacte, une coiffure enveloppante à crête centrale et un traitement synthétique des volumes, autant d’éléments qui témoignent de l’existence d’un sculpteur particulièrement talentueux ou d’un atelier régional identifiable au sein de la tradition artistique Fang.
Jean-Jacques Rotthier
Alain Nicolas ed., Arman & l’art africain, Musées de Marseille, 1996, p. 73, Cat. 22
Arts Primitifs. Antiques Haute Époque, 21 juin 1984, lot n° 109
Jean-Claude Bellier jusqu’en 1995
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Kota-Mahongwe reliquary figure, Gabon
4 000 - 6 000 €
Cette figure constitue un remarquable exercice de réduction formelle, dans lequel le corps humain est ramené à un subtil jeu de lignes, de lumière et de volumes. Les lamelles de cuivre aplaties rayonnent à partir d’un axe central, créant une surface scintillante et vibrante qui évoque les qualités réfléchissantes de l’eau, seuil symbolique vers le monde des ancêtres. Par l’accentuation volontaire de la tête et l’emploi de motifs martelés en zigzag et en lignes parallèles,
la sculpture acquiert la fonction d’un visage protecteur veillant sur les reliques sacrées conservées en son sein. En Occident, le cuivre est principalement apprécié pour sa conductivité électrique ; dans le contexte du Bwete, il remplit une tout autre fonction de transmission. Plus qu’un simple gardien immobile, cet objet agit comme un vecteur de forces spirituelles, conçu pour capter le regard et servir d’intermédiaire entre le monde matériel et le monde invisible.
73
MASQUE FANG
Gabon
En bois polychrome H. : 43 cm (16⅞ in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Vente publique :
Christie’s, New York, Important Tribal Art, 5 May 1995, lot n° 117
A Fang mask, Gabon
20 000 - 30 000 €
Ce masque fortement stylisé témoigne d’un moment charnière dans l’histoire de l’art Fang. Au cours du XIXe siècle, les autorités coloniales interdirent les pratiques judiciaires associées à la société du Ngil, dont les masques se distinguaient par la sobriété et la pureté de leurs formes. Une nouvelle tradition de masques se développa alors sous le nom d’Ekekek. Les œuvres de cette période se caractérisent par des traits plus affirmés et des volumes plus expressifs, notamment des arcades sourcilières proéminentes parfois
interprétées comme l’écho des modes européennes contemporaines. Par son style, ce masque se situe à la croisée de ces deux traditions. Il conserve l’élégance dépouillée propre aux masques du Ngil tout en annonçant les formes plus puissantes associées à l’Ekekek. Son enduit de kaolin blanc, couleur étroitement liée au monde des ancêtres et aux notions de justice, renforce encore cette filiation. À ce titre, il constitue un remarquable témoignage de l’évolution et de la continuité des traditions artistiques Fang.
Collection Jean-Jacques Rotthier
74
MASQUE TSHOKWÉ
Angola
En bois et fibres végétales
H. : 24 cm (91/2 in.)
Provenance :
Sotheby’s Londres, Pre-Columbian, Oceanic and African Art, 6 juillet 1982, lot n° 185
Lucien Van de Velde, Bruxelles
Claude-Henri Pirat, Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Chokwe mask, Angola
3 000 - 4 000 €
75
MASQUE TSHOKWÉ
Angola
En bois, fibres végétales et métal H. : 30 cm (11⅞ in.)
Provenance : Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Claude-Henri Pirat, Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie : Schaedler (Karl-Ferdinand), Afrikanische Kunst. Von der Frühzeit bis heute, Munich : Heyne, 1997, p. 296, n° 200
A Chokwe mask, Angola
4 000 - 6 000 €
76
TABATIÈRE TSHOKWÉ
Angola
En bois et cuir
H. : 13,8 cm (53/8 in.)
Provenance :
Eduardo Uhart, Paris et Santiago Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie : Dartevelle (Valérie) & Plisnier (Valentine), Pierre Dartevelle et les Arts Premiers. Mémoire et Continuité, vol. II, 5 Continents, 2021, p. 109, fig. 132
A Chokwe mortar, Angola
6 000 - 9 000 €
77
TABATIÈRE TSHOKWÉ Angola
En bois, perles de verre, cuir et métal
H. : 23 cm (9 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Chokwe mortar, Angola
2 000 - 3 000 €
78
TABATIÈRE TSHOKWÉ
Angola
En bois 16 × 12 × 5,5 cm (6 5/16 × 43/4 × 2 3/16 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Chokwe mortar, Angola
1 000 - 2 000 €
79
SCEPTRE TSHOKWÉ
Angola
En bois
H. : 48 cm (18⅞ in.)
Provenance : Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Chokwe staff, Angola
2 000 - 3 000 €
MASQUE KONGO DINGA
République démocratique du Congo
En cuivre martelé
H. : 31 cm (12¼ in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie :
Neyt (François), Arts traditionnels et histoire au Zaire/Traditional Arts and History of Zaire, Louvain-le-Neuve, Université Catholique de Louvain, 1981, p. 205, fig. X.5
A Kongo Dinga mask, Democratic Republic of the Congo
6 000 - 9 000 €
Ces deux masques Kongo-Dinga en cuivre martelé appartiennent à un corpus particulièrement restreint, dont une douzaine d’exemplaires seulement sont aujourd’hui recensés selon Rik Ceyssens (voir Rik Ceyssens, Material and Formal Aspects of Copper Masks from the Upper Kasai , in Frank Herreman & Constantijn Petridis (dir.), Face of the Spirits. Masks from the Zaire Basin, Anvers, 1993, p. 97). Ils constituent de rares témoignages d’une tradition liée à l’autorité ancestrale. Ils intervenaient lors de moments particulièrement importants de la vie communautaire, notamment à l’occasion du décès d’un chef et de l’intronisation de son successeur.
Connus sous le nom de ngongo munene dans la langue Dinga,
ces masques sont façonnés en cuivre martelé, un matériau investi d’une forte charge symbolique et rituelle. L’usage du cuivre renvoie à l’autorité sacrée et est étroitement associé au pouvoir spirituel du chef, ou « maître de la terre ». À ce titre, ces masques ne relevaient pas seulement du registre des insignes cérémoniels ; ils constituaient également de puissantes manifestations de légitimité politique et d’autorité spirituelle.
Une série de photographies de Marie-Louise Bastin prise en 1956 montre le chef Tshikolondondo tenant l’un de ces masques à la main, attestant de son statut d’insigne de pouvoir étroitement associé à l’autorité du chef.
Photographies de Marie-Louise Bastin - 1956
Collection Jean-Jacques Rotthier
septembre 2026 - 16h. Paris
81
MASQUE KONGO DINGA
République démocratique du Congo
En cuivre martelé
H. : 28 cm (11 in.)
Provenance :
Peter H. Loebarth (1941-2015), Hameln
Jacques Hautelet, Bruxelles
Charles-Jacques Massar, Bruxelles
Marc Leo Felix, Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Bibliographie :
Neyt (François), Arts traditionnels et histoire au Zaire/Traditional Arts and History of Zaire, Louvain-le-Neuve, Université Catholique de Louvain, 1981, p. 203, fig. X.3
A Kongo Dinga mask, Democratic Republic of the Congo
3 000 - 5 000 €
82
MASQUE LWALU
République démocratique du Congo
En cuivre et bois
H. : 30 cm (11⅞ in)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Lwalu mask, Republic Democratic of the Congo
2 000 - 3 000 €
L’art sacré ethiopien
Détail
EXCEPTIONNELLE CROIX
ROYALE DE PROCESSION
Art Éthiopien, Choa, 1775–1780
En argent
46,5 × 29,5 cm (183/8 × 11⅝ in)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Nous remercions Monsieur Jacques Mercier, historien d’art éthiopien, pour la rédaction de cette notice.
An exceptional royal processional cross, Ethiopian Art, Šäwa, 1775–1780
2 000 - 3 000 €
La forme est un développement, par multiplication des formes périphériques – croix et « oiseaux » (inscription), de la forme quadrilobée commune aux XIVe -XVe siècle. Ces oiseaux picorent les fruits de l’arbre de vie qu’est la Croix. Sa grande épaisseur, inhabituelle, est signe de son importance historique.
Face 1, Inscription : « La croix de Téwodros roi du Choa et son père
Ammeha-Iyäsus [règne ca.17431775] et sa mère Wälättä-Nob’etsub et Asfa-Wäsän [règne ca.1775-1807] ». Téwodros est le nom de baptême d’ Asfa-Wäsän. L’inscription révèle qu’Asfa-Wäsän fut le premier dynaste du Choa à revendiquer le titre de « roi » (negus), associé à son nom de baptême, infirmant ainsi les écrits des historiographes éthiopiens qui attribuent cette
première revendication à son petit-fils Sahlé-Sellassié. « Le roi Téwodros » commandita probablement cette croix peu après son accession au trône (alga) en 1775, suite au décès d’Ammeha-Iyäsus, pour un usage liturgique dans le camp « royal ».
L’art du Choa est d’une grande originalité en raison de la semiautonomie de cette région depuis le XVIIe siècle. Cette croix est la plus
ancienne croix connue portant le nom d’un dynaste du Choa.
Elle a été publiée par Mario di Salvo qui identifie par erreur ce Téwodros au roi des rois Téwodros qui se suicida à Magdala en 1868 (Crosses of Ethiopia, 2006, p. 142-143)
Face 2 : Crucifixion (Christ en croix entre la Vierge Marie et saint Jean).
Collection Jean-Jacques Rotthier
84
CROIX DE PROCESSION
Art Éthiopien, Tigray, 1913–1914
En argent
53 × 39 cm (20⅞ × 153/8 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Nous remercions Monsieur Jacques Mercier, historien d’art éthiopien, pour la rédaction de cette notice.
A processional cross, Ethiopian Art, Tigray, 1913–1914
800 - 1 200 €
Cette croix a été offerte par un noble militaire à un monastère présentement non localisé. Elle est ornée de gravures très soignées.
Face 1 : saint Georges en cavalier (« saint Georges »), archange (ailes ajoutées au portrait du Sauveur du monde), Crucifié sans croix.
Inscription : « Croix du fitawrari Telahun », « an de grâce 1906 » (calendrier grégorien : 1913-14).
Face 2 : suite de l’inscription de la face 1 : « qui l’a donnée à däbrä Ferkuta, [église] Pacte-de-Grâce » .
Images : saint Michel, saint Gabriel, Maternité.
Inscriptions : « saint Michel », « saint Gabriel », « [Marie] Avec son fils bien aimé ».
85
CROIX DE PROCESSION
Art Éthiopien, milieu du XVe siècle
En bronze doré
49 × 38 cm (19¼ × 15 in.)
(Restaurations anciennes (plaques rivetées) et modernes (fil de cuivre))
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Nous remercions Monsieur Jacques Mercier, historien d’art éthiopien, pour la rédaction de cette notice.
A processional cross, Ethiopian Art, mid-15th century
1 500 - 2 000 €
Le règne de Zär’a-Yaeqob (14321468) voit la production de croix de procession de grand format (losange ou pattée) qui honorent la Croix en multipliant son image positivement et en ajour par le maillage d’un motif répété. La présente croix en offre l’exemple le plus sophistiqué. Une croix de forme identique, moulée à la cire perdue par le même orfèvre, est en usage au monastère Saint Cyriaque du lac Tana. Une croix de forme quasiment identique, portant en son centre l’inscription « …aux jours du roi Zär’aYa’eqob … » est conservée à l’Institute of Ethiopian Studies (inv. 7118) à Addis-Abeba.
Face 1 : Inscription : « La croix de Zär’a-Yohannes qui l’a donnée à [monastère] Däbrä-Mädhanit ».
Face 2 : Inscription : « Que celui qui la vole et que celui qui l’endommage soient anathématisés par la bouche de Pierre et de Paul ».
PAGAIE CÉRÉMONIELLE, RAIVAVAE, ÎLES AUSTRALES
Polynésie française
En bois
H. : 88 cm (34⅝ in.)
Provenance : Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
An Austral Islands ceremonial paddle, French Polynesia
2 000 - 3 000 €
Collection Jean-Jacques Rotthier
88
HERMINETTE RUATANGAEO
Mangaia, Îles Cook
En bois, pierre et fibres végétales H. : 32,5 cm (123/4 in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Ruatangaeo, Mangaia, Cook Islands
800 - 1 200 €
Cette herminette ornée d’un décor géométrique finement sculpté et dotée d’une base ajourée, illustre une remarquable synthèse entre fonction utilitaire et dimension sacrée. Dans les croyances de l’île de Mangaia, de tels objets n’étaient pas considérés comme de simples outils, mais comme des ruatangaeo, c’est-àdire des descendants de divinités sculptées. Le terme ruatangaeo signifie littéralement « nid de martinpêcheur », une appellation poétique faisant référence aux ouvertures carrées caractéristiques percées dans le manche.
Le raffinement esthétique du ruatangaeo souligne son rôle d’instrument spirituel. Au-delà de leur fonction cérémonielle, ces herminettes étaient investies d’un véritable pouvoir sur les forces de la nature : on croyait qu’en obstruant symboliquement toutes les ouvertures du piédestal, un prêtre pouvait « lier » les vents et apaiser les tempêtes, assurant ainsi la sécurité des pêcheurs en mer. Les fins motifs répétitifs en « dents de requin » (tiki tiki tangata) qui couvrent la surface de l’objet agissent comme une forme d’invocation visuelle, renforçant son association à la protection des ancêtres et à la puissance divine.
87
STATUE ASMAT
Papouasie-Nouvelle-Guinée
En bois polychrome et fibres végétales H. : 107 cm (42⅛ in.)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
An Asmat figure, Papua New Guinea
4 000 - 6 000 €
90
TROIS ORNEMENTS KAPKAP
Îles Salomon
En coquillage
Diam. : de 4 à 11 cm (1⅝ to 43/8 in)
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Three kapkap shell ornaments, Solomon Islands
2 000 - 3 000 €
Le kapkap est une parure de prestige répandue dans l’ensemble des îles Salomon, en Nouvelle-Guinée insulaire ainsi que dans certaines régions de la Papouasie-NouvelleGuinée continentale. Il se compose d’un disque soigneusement poli de coquille de bénitier géant (Tridacna gigas), sur lequel est fixée une fine plaque ajourée sculptée dans l’écaille de tortue. Dans toute l’Océanie, la coquille de Tridacna est particulièrement appréciée pour son éclat nacré, sa dureté et sa pérennité. La réalisation d’un kapkap requiert
un savoir-faire hautement spécialisé. Le long travail d’abrasion du coquillage à l’aide de sable, nécessaire à l’obtention d’un disque parfaitement circulaire, est réalisé collectivement par un groupe d’hommes, tandis que la sculpture de la plaque d’écaille est confiée à un spécialiste, appelé Aitak, qui travaille dans l’isolement. Par la préciosité de ses matériaux et la maîtrise technique qu’exige sa fabrication, le kapkap constitue l’un des ornements les plus emblématiques et prestigieux du monde océanien.
89
MASSUE MALAITA
Îles Salomon
En bois
H. : 81 cm
Provenance :
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
A Malaita club, Solomon Islands
800 - 1 200 €
Jacques François Joseph SWEBACH-DESFONTAINES (1769-1823)
La halte durant la chasse
Huile sur panneau
Signé ‘Swebach’ en bas à gauche
32,5 × 46,5 cm
Provenance : Collection Denys Comar
Estimation : 5 000 – 7 000 €
MAÎTRES ANCIENS
Vente aux enchères : Mardi 15 septembre 2026 - 11h & 14h
7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault 75008 Paris
Portrait de Jean de Catelan (1659-1725), évêque de Valence, devant le portrait du duc de Bourgogne Huile sur toile, signée et datée ‘1706’ 145 × 112 cm
Provenance : Resté dans la famille du modèle jusqu’à aujourd’hui
CONDITIONS GÉNÉRALES D’ACHAT AUX ENCHÈRES PUBLIQUES
ARTCURIAL SAS
Artcurial SAS est un opérateur de ventes volontaires de meubles aux enchères publiques régie par les articles L 321-4 et suivant du Code de commerce. En cette qualité Artcurial SAS agit comme mandataire du vendeur qui contracte avec l’acquéreur. Les rapports entre Artcurial SAS et l’acquéreur sont soumis aux présentes conditions générales d’achat qui pourront être amendées par des avis écrits ou oraux avant la vente et qui seront mentionnés au procès-verbal de vente.
En tant qu’opérateur de ventes volontaires, ARTCURIAL SAS est assujetti aux obligations listées aux articles L.561-2 14° et suivants du Code Monétaire et Financier relatifs à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
1 . LE BIEN MIS EN VENTE
a) Les acquéreurs potentiels sont invités à examiner les biens pouvant les intéresser avant la vente aux enchères, et notamment pendant les expositions. Artcurial SAS se tient à la disposition des acquéreurs potentiels pour leur fournir des rapports sur l’état des lots.
b) Les descriptions des lots résultant du catalogue, des rapports, des étiquettes et des indications ou annonces verbales ne sont que l’expression par Artcurial SAS de sa perception du lot, mais ne sauraient constituer la preuve d’un fait.
c) Les indications données par Artcurial SAS sur l’existence d’une restauration, d’un accident ou d’un incident affectant le lot, sont exprimées pour faciliter son inspection par l’acquéreur potentiel et restent soumises à son appréciation personnelle ou à celle de son expert.
L’absence d’indication d’une restauration d’un accident ou d’un incident dans le catalogue, les rapports, les étiquettes ou verbalement, n’implique nullement qu’un bien soit exempt de tout défaut présent, passé ou réparé. Inversement la mention de quelques défauts n’implique pas l’absence de tout autres défauts.
d) Les estimations sont fournies à titre purement indicatif et elles ne peuvent être considérées comme impliquant la certitude que le bien sera vendu au prix estimé ou même à l’intérieur de la fourchette d’estimations. Les estimations ne sauraient constituer une quelconque garantie.
Les estimations peuvent être fournies en plusieurs monnaies ; les conversions peuvent à cette occasion être arrondies différemment des arrondissements légaux.
e) Les biens d’occasion (tout ce qui n’est pas neuf) ne bénéficient pas de la garantie légale de conformité conformément à l’article L 217-2 du Code de la consommation.
2 . LA VENTE
a) En vue d’une bonne organisation des ventes, les acquéreurs potentiels sont invités à se faire connaître auprès d’Artcurial SAS, avant la vente, afin de permettre l’enregistrement de leurs données personnelles. Artcurial SAS se réserve le droit de demander à tout acquéreur potentiel de justifier de son identité ainsi que de ses références bancaires et d’effectuer un déposit. Artcurial SAS se réserve d’interdire l’accès à la salle de vente de tout acquéreur potentiel pour justes motifs. Une enchère est acceptée au regard des informations transmises par l'encherisseur avant la vente. En conséquence, aucune modification du nom de l'adjudicataire ne pourra intervenir après la vente.
b) Toute personne qui se porte enchérisseur s’engage à régler personnellement et immédiatement le prix d’adjudication augmenté des frais à la charge de l’acquéreur et de tous impôts ou taxes qui pourraient être exigibles.Tout enchérisseur est censé agir pour son propre compte sauf dénonciation préalable de sa qualité de mandataire pour le compte d’un tiers, acceptée par Artcurial SAS.
c) Le mode normal pour enchérir consiste à être présent dans la salle de vente. Toutefois Artcurial SAS pourra accepter gracieusement de recevoir des enchères par téléphone d’un acquéreur potentiel qui se sera manifesté avant la vente. Artcurial SAS ne pourra engager sa responsabilité notamment si la liaison téléphonique n’est pas établie, est établie tardivement, ou en cas d’erreur ou d’omissions relatives à la réception des enchères par téléphone. À toutes fins utiles, Artcurial SAS se réserve le droit d’enregistrer les communications téléphoniques durant la vente. Les enregistrements seront conservés jusqu’au règlement du prix, sauf contestation.
d) Artcurial SAS pourra accepter gracieusement d’exécuter des ordres d’enchérir qui lui auront été transmis avant la vente, pour lesquels elle se réserve le droit de demander un déposit de garantie et qu’elle aura acceptés. Si le lot n’est pas adjugé à cet enchérisseur, le déposit de garantie sera renvoyé sous 72h. Si Artcurial SAS reçoit plusieurs ordres pour des montants d’enchères identiques, c’est l’ordre le plus ancien qui sera préféré. Artcurial SAS ne pourra engager sa responsabilité notamment en cas d’erreur ou d’omission d’exécution de l’ordre écrit.
e) Dans l’hypothèse où un prix de réserve aurait été stipulé par le vendeur, Artcurial SAS se réserve le droit de porter des enchères pour le compte du vendeur jusqu’à ce que le prix de réserve soit atteint.En revanche le vendeur n’est pas autorisé à porter lui-même des enchères directement ou par le biais d’un mandataire.Le prix de réserve ne pourra pas dépasser l’estimation basse figurant dans le catalogue ou modifié publiquement avant la vente.
f) Artcurial SAS dirigera la vente de façon discrétionnaire, en veillant à la liberté des enchères et à l’égalité entre l’ensemble des enchérisseurs, tout en respectant les usages établis.Artcurial SAS se réserve de refuser toute enchère, d’organiser les enchères de la façon la plus appropriée, de déplacer certains lots lors de la vente, de retirer tout lot de la vente, de réunir ou de séparer des lots.En cas de contestation Artcurial SAS se réserve de désigner l’adjudicataire, de poursuivre la vente ou de l’annuler, ou encore de remettre le lot en vente.
g) Sous réserve de la décision de la personne dirigeant la vente pour Artcurial SAS, l’adjudicataire sera la personne qui aura porté l’enchère la plus élevée pourvu qu’elle soit égale ou supérieure au prix de réserve, éventuellement stipulé. Le coup de marteau matérialisera la fin des enchères et le prononcé du mot « adjugé » ou tout autre équivalent entraînera la formation du contrat de vente entre le vendeur et le dernier enchérisseur retenu. L’adjudicataire ne pourra obtenir la livraison du lot qu’après règlement de l’intégralité du prix. en cas de remise d’un chèque ordinaire, seul l’encaissement du chèque vaudra règlement. Artcurial SAS se réserve le droit de ne délivrer le lot qu’après encaissement du chèque. Le lot non adjugé pourra être vendu après la vente dans les conditions de la loi sous réserve que son prix soit d’au moins 1.500 euros.
h) Pour faciliter les calculs des acquéreurs potentiels, Artcurial SAS pourra être conduit à utiliser à titre indicatif un système de conversion de devises. Néanmoins les enchères ne pourront être portées en devises, et les erreurs de conversion ne pourront engager la responsabilité de Artcurial SAS.
3 . L’EXÉCUTION DE LA VENTE
a) En sus du prix de l’adjudication, l’adjudicataire (acheteur) devra acquitter par lot et par tranche dégressive les commissions et taxes suivantes:
1) Lots en provenance de l’UE:
• De 1 à 850 000 euros: 27 % + TVA au taux en vigueur.
• De 850 001 à 6 000 000 euros: 21 % + TVA au taux en vigueur.
• Au-delà de 6 000 001 euros: 14,5 % + TVA au taux en vigueur.
2) Lots en provenance hors UE : (indiqués par un m): Œuvres d’art, antiquités et biens de collection: L’adjudication sera portée hors taxe. A cette adjudication sera ajoutée une TVA au taux réduit de 5,5% qui pourra être rétrocédée à l’adjudicataire sur présentation d'un justificatif d’exportation hors UE ou à l’adjudicataire UE justifiant d’un numéro de TVA intracommunautaire et d’un document prouvant la livraison dans son état membre. Les commissions et taxes indiquées au paragraphe 1) ci-dessus demeurent identiques.
3) Lots en provenance hors UE (indiqués par un m) Bijoux et Montres, Vins et Spiritueux, Multiples: Aux commissions et taxes indiquées au paragraphe 1) ci-dessus, il conviendra d’ajouter des frais liés à l’importation correspondant à 20% du prix d’adjudication.
4) Des frais additionnels seront facturés aux adjudicataires ayant enchérit en ligne par le biais de plateformes Internet autres qu’ARTCURIAL LIVE.
5) La TVA sur commissions et les frais liés à l’importation pourront être rétrocédés à l’adjudicataire sur présentation des justificatifs d’exportation hors UE effectuée dans les trois mois après la vente. L’adjudicataire UE justifiant d’un n° de TVA Intracommunautaire et d’un document prouvant la livraison dans son état membre pourra obtenir le remboursement de la TVA sur commissions.
Le paiement du lot aura lieu au comptant, pour l’intégralité du prix, des frais et taxes, même en cas de nécessité d’obtention d’une licence d’exportation. L’adjudicataire pourra s’acquitter par les moyens suivants :
- En espèces : jusqu’à 1 000 euros frais et taxes compris pour les ressortissants français et les personnes agissant pour le compte d’une entreprise, 15 000 euros frais et taxe compris pour les ressortissants étrangers sur présentation de leurs papiers d’identité ; - Par chèque bancaire tiré sur une banque française sur présentation d’une pièce d’identité et, pour toute personne morale, d’un extrait KBis daté de moins de 3 mois (les chèques tirés sur une banque étrangère ne sont pas acceptés); - Par virement bancaire ; - Par carte de crédit : VISA, MASTERCARD ou AMEX (en cas de règlement par carte American Express, une commission supplémentaire de 1,85 % correspondant aux frais d’encaissement sera perçue).
6) La répartition entre prix d’adjudication et commissions peut-être modifiée par convention particulière entre le vendeur et Artcurial sans conséquence pour l’adjudicataire.
b) Artcurial SAS sera autorisé à reproduire sur le procès-verbal de vente et sur le bordereau d’adjudication les renseignements qu’aura fournis l’adjudicataire avant la vente. Toute fausse indication engagera la responsabilité de l’adjudicataire. Dans l’hypothèse où l’adjudicataire ne se sera pas fait enregistrer avant la vente, il devra communiquer les renseignements nécessaires dès l’adjudication du lot prononcée. Toute personne s’étant fait enregistrer auprès de Artcurial SAS dispose d’un droit d’accès et de rectification aux données nominatives fournies à Artcurial SAS dans les conditions de la Loi du 6 juillet 1978.
c) Il appartiendra à l’adjudicataire de faire assurer le lot dès l’adjudication. Il ne pourra recourir contre Artcurial SAS, dans l’hypothèse où par suite du vol, de la perte ou de la dégradation de son lot, après l’adjudication, l’indemnisation qu’il recevra de l’assureur de Artcurial SAS serait avérée insuffisante.
d) Le lot ne sera délivré à l’acquéreur qu’après paiement intégral du prix, des frais et des taxes. En cas de règlement par chèque, le lot ne sera délivré qu’après encaissement définitif du chèque, soit 8 jours ouvrables à compter du dépôt du chèque. A compter du lundi suivant le 90e jour après la vente, le lot acheté réglé ou non réglé restant dans l’entrepôt, fera l’objet d’une facturation de 50€ HT par semaine et par lot, toute semaine commencée étant due dans son intégralité au titre des frais d’entreposage et d’assurance.À défaut de paiement par l’adjudicataire, après mise en demeure restée infructueuse, le bien est remis en vente à la demande du vendeur sur folle enchère de l’adjudicataire défaillant ; si le vendeur ne formule pas cette demande dans un délai de trois mois à compter de l’adjudication, la vente est résolue de plein droit, sans préjudice de dommages intérêts dus par l’adjudicataire défaillant. En outre, Artcurial SAS se réserve de réclamer à l’adjudicataire défaillant, à son choix : - Des intérêts au taux légal majoré de cinq points, - Le remboursement des coûts supplémentaires engendrés par sa défaillance, - Le paiement de la différence entre le prix d’adjudication initial et le prix d’adjudication sur folle enchère s’il est inférieur, ainsi que les coûts générés par les nouvelles enchères.
Artcurial SAS se réserve également de procéder à toute compensation avec des sommes dues à l’adjudicataire défaillant. Artcurial SAS se réserve d’exclure de ses ventes futures, tout adjudicataire qui aura été défaillant ou qui n’aura pas respecté les présentes conditions générales d’achat.
e) Sous réserve de dispositions spécifiques à la présente vente, les achats qui n’auront pas été retirés dans les sept jours de la vente (samedi, dimanche et jours fériés compris), pourront être transportés dans un lieu de conservation aux frais de l’adjudicataire défaillant qui devra régler le coût correspondant pour pouvoir retirer le lot, en sus du prix, des frais et des taxes.
f) L’acquéreur pourra se faire délivrer à sa demande un certificat de vente qui lui sera facturé la somme de 60 euros TTC.
4 . LES INCIDENTS DE LA VENTE
En cas de contestation Artcurial SAS se réserve de désigner l’adjudicataire, de poursuivre la vente ou de l’annuler, ou encore de remettre le lot en vente.
a) Dans l’hypothèse où deux personnes auront porté des enchères identiques par la voix, le geste, ou par téléphone et réclament en même temps le bénéfice de l’adjudication après le coup de marteau, le bien sera immédiatement remis en vente au prix proposé par les derniers enchérisseurs, et tout le public présent pourra porter de nouvelles enchères.
b) Pour faciliter la présentation des biens lors de ventes, Artcurial SAS pourra utiliser des moyens vidéos. en cas d’erreur de manipulation pouvant conduire pendant la vente à présenter un bien différent de celui sur lequel les enchères sont portées, Artcurial SAS ne pourra engager sa responsabilité, et sera seul juge de la nécessité de recommencer les enchères.
5 . PRÉEMPTION DE L’ÉTAT FRANÇAIS
L’état français dispose d’un droit de préemption des œuvres vendues conformément aux textes en vigueur.
L’exercice de ce droit intervient immédiatement après le coup de marteau, le représentant de l’état manifestant alors la volonté de ce dernier de se substituer au dernier enchérisseur, et devant confirmer la préemption dans les 15 jours.
Artcurial SAS ne pourra être tenu pour responsable des conditions de la préemption par l’état français.
6 . PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE – REPRODUCTION DES ŒUVRES
Artcurial SAS est propriétaire du droit de reproduction de son catalogue. Toute reproduction de celui-ci est interdite et constitue une contrefaçon à son préjudice.
En outre Artcurial SAS dispose d’une dérogation lui permettant de reproduire dans son catalogue les œuvres mises en vente, alors même que le droit de reproduction ne serait pas tombé dans le domaine public.
Toute reproduction du catalogue de Artcurial SAS peut donc constituer une reproduction illicite d’une œuvre exposant son auteur à des poursuites en contrefaçon par le titulaire des droits sur l’œuvre. La vente d’une œuvre n’emporte pas au profit de son propriétaire le droit de reproduction et de présentation de l’œuvre.
7. BIENS SOUMIS À UNE LÉGISLATION PARTICULIÈRE
La réglementation internationale du 3 mars 1973, dite Convention de Washington a pour effet la protection de specimens et d’espèces dits menacés d’extinction. Les termes de son application diffèrent d’un pays à l’autre. Il appartient à tout acheteur de vérifier, avant d’enchérir, la législation appliquée dans son pays à ce sujet. Tout lot contenant un élément en ivoire, en palissandre…quelle que soit sa date d’exécution ou son certificat d’origine, ne pourra être importé aux Etats-Unis, au regard de la législation qui y est appliquée. Il est indiqué par un (s).
8 . RETRAIT DES LOTS
L’acquéreur sera lui-même chargé de faire assurer ses acquisitions, et Artcurial SAS décline toute responsabilité quant aux dommages que l’objet pourrait encourir, et ceci dès l’adjudication prononcée. Toutes les formalités et transports restent à la charge exclusive de l’acquéreur.
9 . INDÉPENDANCE DES DISPOSITIONS
Les dispositions des présentes conditions générales d’achat sont indépendantes les unes des autres. La nullité de quelque disposition ne saurait entraîner l’inapplicabilité des autres.
10 . COMPÉTENCES LÉGISLATIVE ET JURIDICTIONNELLE
Conformément à la loi, il est précisé que toutes les actions en responsabilité civile engagées à l’occasion des prisées et des ventes volontaires et judiciaires de meuble aux enchères publiques se prescrivent par cinq ans à compter de l’adjudication ou de la prisée.La loi française seule régit les présentes conditions générales d’achat. Toute contestation relative à leur existence, leur validité, leur opposabilité à tout enchérisseur et acquéreur, et à leur exécution sera tranchée par le tribunal judiciaire compétent du ressort de Paris (France).
Le Conseil des Ventes Volontaires, 19 avenue de l’Opéra – 75001 Paris peut recevoir des réclamations en ligne (www.conseildesventes.fr, rubrique « Réclamations en ligne »).
PROTECTION DES BIENS CULTURELS
Artcurial SAS participe à la protection des biens culturels et met tout en œuvre, dans la mesure de ses moyens, pour s’assurer de la provenance des lots mis en vente dans ce catalogue.
CONDITIONS OF PURCHASE IN VOLUNTARY AUCTION SALES
ARTCURIAL
Artcurial SAS is an operator of voluntary auction sales regulated by the law articles L321-4 and following of the Code de Commerce. In such capacity Artcurial SAS acts as the agent of the seller who contracts with the buyer. The relationships between Artcurial SAS and the buyer are subject to the present general conditions of purchase which can be modified by saleroom notices or oral indications before the sale, which will be recorded in the official sale record.
As a voluntary auction sales operator, ARTCURIAL SAS is subject to the obligations listed in articles L.561-2 14° and seq. of the French Monetary and Financial Code relating to the Anti Money Laundering regulation.
1. GOODS FOR AUCTION
a) The prospective buyers are invited to examine any goods in which they may be interested, before the auction takes place, and notably during the exhibitions. Artcurial SAS is at disposal of the prospective buyers to provide them with reports about the conditions of lots.
b) Description of the lots resulting from the catalogue, the reports, the labels and the verbal statements or announcements are only the expression by Artcurial SAS of their perception of the lot, but cannot constitute the proof of a fact.
c) The statements by made Artcurial SAS about any restoration, mishap or harm arisen concerning the lot are only made to facilitate the inspection thereof by the prospective buyer and remain subject to his own or to his expert’s appreciation. The absence of statements Artcurial SAS by relating to a restoration, mishap or harm, whether made in the catalogue, condition reports, on labels or orally, does not imply that the item is exempt from any current, past or repaired defect. Inversely, the indication of any defect whatsoever does not imply the absence of any other defects.
d) Estimates are provided for guidance only and cannot be considered as implying the certainty that the item will be sold for the estimated price or even within the bracket of estimates.
Estimates cannot constitute any warranty assurance whatsoever.
The estimations can be provided in several currencies ; the conversions may, in this case or, be rounded off differently than the legal rounding
e) Second-hand goods (anything that is not new) do not benefit from the legal guarantee of conformity in accordance with article L 217-2 of the Consumer Code.
2 . THE SALE
a) In order to assure the proper organisation of the sales, prospective buyers are invited to make themselves known to Artcurial SAS before the sale, so as to have their personal identity data recorded.
Artcurial SAS reserves the right to ask any prospective buyer to justify his identity as well as his bank references and to request a deposit.
Artcurial SAS reserves the right to refuse admission to the auction sales premises to any prospective buyer for legitimate reasons. A bid is accepted on the basis of the information provided by the bidder prior to the sale. Consequently, the name of the winning bidder cannot be changed after the sale.
b) Any person who is a bidder undertakes to pay personally and immediately the hammer price increased by the costs to be born by the buyer and any and all taxes or fees/expenses which could be due. Any bidder is deemed acting on his own behalf except when prior notification, accepted by Artcurial SAS, is given that he acts as an agent on behalf of a third party.
c) The usual way to bid consists in attending the sale on the premises. However, Artcurial SAS may graciously accept to receive some bids by telephone from a prospective buyer who has expressed such a request before the sale. Artcurial SAS will bear no liability / responsibility whatsoever, notably if the telephone contact is not made, or if it is made too late, or in case of mistakes or omissions relating to the reception of the telephone. For variety of purposes, Artcurial SAS reserves its right to record all the telephone communications during the auction. Such records shall be kept until the complete payment of the auction price, except claims.
d) Artcurial SAS may accept to execute orders to bid which will have been submitted before the sale and by Artcurial SAS which have been deemed acceptable. Artcurial SAS is entitled to request a deposit which will be refunded within 48hours after the sale if the lot id not sold to this buyer.
Should Artcurial SAS receive several instructions to bid for the same amounts, it is the instruction to bid first received which will be given preference.
Artcurial SAS will bear no liability/responsibility in case of mistakes or omission of performance of the written order.
e) In the event where a reserve price has been stipulated by the seller, Artcurial SAS reserves the right to bid on behalf of the seller until the reserve price is reached. The seller will not be admitted to bid himself directly or through an agent. The reserve price may not be higher than the low estimate for the lot printed in or publicly modified before the sale.
f) Artcurial SAS will conduct auction sales at their discretion, ensuring freedom auction and equality among all bidders, in accordance with established practices.
Artcurial SAS reserves the right to refuse any bid, to organise the bidding in such manner as may be the most appropriate, to move some lots in the course of the sale, to withdraw any lot in the course of the sale, to combine or to divide some lots in the course of the sale. In case of challenge or dispute, Artcurial SAS reserves the right to designate the successful bidder, to continue the bidding or to cancel it, or to put the lot back up for bidding.
g) Subject to the decision of the person conducting the bidding for Artcurial SAS, the successful bidder will be the bidder would will have made the highest bid provided the final bid is equal to or higher than the reserve price if such a reserve price has been stipulated.
The hammer stroke will mark the acceptance of the highest bid and the pronouncing of the word “adjugé” or any equivalent will amount to the conclusion of the purchase contract between the seller and the last bidder taken in consideration.
No lot will be delivered to the buyer until full payment has been made.In case of payment by an ordinary draft/check, payment will be deemed made only when the check will have been cashed.
The lot not auctioned may be sold after the sale in accordance with the law, provided that its price is at least 1,500 euros.
h) So as to facilitate the price calculation for prospective buyers, a currency converter may be operated by Artcurial SAS as guidance. Nevertheless, the bidding cannot be made in foreign currency and Artcurial SAS will not be liable for errors of conversion.
3 . THE PERFORMANCE OF THE SALE
a) In addition of the lot’s hammer price, the buyer must pay the different stages of following costs and fees/taxes:
1) Lots from the EU:
• From 1 to 850,000 euros: 27 % + current VAT.
From 850,001 to 6,000,000 euros: 21 % + current VAT.
Over 6,000,001 euros: 14,5 % + current VAT.
2) Lots from outside the EU : (identified by an m). Works of art, Antiques and Collectors’items The hammer price will be VAT excluded to which should be added 5.5% VAT. Upon request, this VAT will be refunded to the purchaser on presentation of written proof of exportation outside the EU or to the EU purchaser who will submit his intracommunity VAT number and a proof of shipment of his purchase to his EU country home address. Commissions and taxes indicated in section 3.1) remain the same.
3) Lots from outside the EU (identified by an m): Jewelry and Watches, Wines and Spirits, Multiples In addition to the commissions and taxes specified in paragraph 1) above, an additional import VAT will be charged (20% of the hammer price).
4) Additional fees will be charged to bidders who bid online via Internet platforms other than ARTCURIAL LIVE.
5) VAT on commissions and importation expenses can be retroceded to the purchaser on presentation of written proof of exportation outside the EU led within three months from the date of the sale.
An EU purchaser who will submit their intracommunity VAT number and a proof of shipment of their purchase to their EU country home address will be refunded of VAT on buyer’s premium.The payment of the lot will be made cash, for the whole of the price, costs and taxes, even when an export licence is required.
The purchaser will be authorized to pay by the following means :
- In cash : up to 1 000 euros, costs and taxes included, for French citizens and people acting on behalf of a company, up to 15 000 euros, costs and taxes included, for foreign citizens on presentation of their identity papers ;
- By cheque drawn on a French bank on presentation of identity papers and for any company, a KBis dated less than 3 months (cheques drawn on a foreign bank are not accepted);
- By bank transfer;
- By credit card : VISA, MASTERCARD or AMEX (in case of payment by AMEX, a 1,85 % additional commission corresponding to cashing costs will be collected).
6)The distribution between the lot's hammer price and cost and fees can be modified by particular agreement between the seller and Artcurial SAS without consequence for the buyer.
b) Artcurial SAS will be authorized to reproduce in the official sale record and on the bid summary the information that the buyer will have provided before the sale. The buyer will be responsible for any false information given. Should the buyer have neglected to give his personal information before the sale, he will have to give the necessary information as soon as the sale of the lot has taken place.
Any person having been recorded by Artcurial SAS has a right of access and of rectification to the nominative data provided to Artcurial SAS pursuant to the provisions of Law of the 6 July 1978.
c) The lot must to be insured by the buyer immediately after the purchase. The buyer will have no recourse against Artcurial SAS, in the event where, due to a theft, a loss or a deterioration of his lot after the purchase, the compensation he will receive from the insurer of Artcurial SAS would prove insufficient.
d) The lot will be delivered to the buyer only after the entire payment of the price, costs and taxes. If payment is made by cheque, the lot will be delivered after cashing, eight working days after the cheque deposit. If the buyer has not settled his invoice yet or has not collected his purchase, a fee of 50€+VAT per lot, per week (each week is due in full) covering the costs of insurance and storage will be charged to the buyer, starting on the first Monday following the 90th day after the sale. Should the buyer fail to pay the amount due, and after notice to pay has been given by Artcurial SAS to the buyer without success, at the seller’s request, the lot is re-offered for sale, under the French procedure known as “procédure de folle enchère”. If the seller does not make this request within three months from the date of the sale, the sale will be automatically cancelled, without prejudice to any damages owed by the defaulting buyer.
In addition, Artcurial SAS reserves the right to claim against the defaulting buyer, at their option :
- interest at the legal rate increased by five points,
- the reimbursement of additional costs generated by the buyer’s default,
- the payment of the difference between the initial hammer price and the price of sale after “procédure de folle enchère” if it is inferior as well as the costs generated by the new auction.
Artcurial SAS also reserves the right to set off any amount Artcurial SAS may owe the defaulting buyer with the amounts to be paid by the defaulting buyer.
Artcurial SAS reserves the right to exclude from any future auction, any bidder who has been a defaulting buyer or who has not fulfilled these general conditions of purchase.
e) With reservation regarding the specific provisions of this sale, for items purchased which are not collected within seven days from after the sale (Saturdays, Sundays and public holidays included), Artcurial SAS will be authorized to move them into a storage place at the defaulting buyer’s expense, and to release them to same after payment of corresponding costs, in addition to the price, costs and taxes.
f) The buyer can obtain upon request a certificate of sale which will be invoiced € 60.
4. THE INCIDENTS OF THE SALE
In case of dispute, Artcurial SAS reserves the right to designate the successful bidder, to continue the sale or to cancel it or to put the lot up for sale.
a) In case two bidders have bidden vocally, by mean of gesture or by telephone for the same amount and both claim title to the lot, after the bidding the lot, will immediately be offered again for sale at the previous last bid, and all those attending will be entitled to bid again.
b) So as to facilitate the presentation of the items during the sales, Artcurial SAS will be able to use video technology. Should any error occur in operation of such, which may lead to show an item during the bidding which is not the one on which the bids have been made, Artcurial SAS shall bear no liability/responsibility whatsoever, and will have sole discretion to decide whether or not the bidding will take place again.
5 . PRE-EMPTION OF THE FRENCH STATE
The French state in entitled to use a right of pre-emption on works of art, pursuant to the rules of law in force.
The use of this right comes immediately after the hammer stroke, the representative of the French state expressing then the intention of the State to substitute for the last bidder, provided he confirms the pre-emption decision within fifteen days.
Artcurial SAS will not bear any liability/ responsibility for the conditions of the pre-emption by the French State.
6 . INTELLECTUAL PROPERTY RIGHT - COPYRIGHT
The copyright in any and all parts of the catalogue is the property of Artcurial SAS. Any reproduction thereof is forbidden and will be considered as counterfeiting to their detriment.
Furthermore, Artcurial SAS benefits from a legal exception allowing them to reproduce the lots for auction sale in their catalogue, even though the copyright protection on an item has not lapsed.
Any reproduction of Artcurial SAS catalogue may therefore constitute an illegal reproduction of a work which may lead its perpetrator to be prosecuted for counterfeiting by the holder of copyright on the work.The sale of a work of art does not transfer to its buyer any reproduction or representation rights thereof.
7 . ITEMS FALLING WITHIN THE SCOPE OF SPECIFIC RULES
The International regulation dated March 3rd 1973, protects endangered species and specimen. Each country has its own lawmaking about it. Any potential buyer must check before bidding, if he is entitled to import this lot within his country of residence. Any lot which includes one element in ivory, rosewood…cannot be imported in the United States as its legislation bans its trade whatever its dating may be. It is indicated by a (s).
8. REMOVAL OF PURCHASES
The buyer has to insure its purchase, and Artcurial SAS assumes no liability for any damage items which may occur after the sale. All transportation arrangements are the sole responsibility of the buyer.
9. SEVERABILITY
The clauses of these general conditions of purchase are independant from each other. Should a clause whatsoever be found null and void, the others shall remain valid and applicable.
10. LAW AND JURISDICTION
In accordance with the law, it is added that all actions in public liability instituted on the occasion of valuation and of voluntary and court-ordered auction sales are barred at the end of five years from the hammer price or valuation.
These Conditions of purchase are governed by French law exclusively. Any dispute relating to their existence, their validity and their binding effect on any bidder or buyer shall be submitted to the exclusive jurisdiction of the Courts of France. The Conseil des Ventes Volontaires, 19 avenue de l’Opéra – 75001 Paris can receive online claims (www.conseildesventes.fr, section “Online claims”).
PROTECTION OF CULTURAL PROPERTY
Artcurial SAS applies a policy to prevent the sale of looted or stolen cultural property.
Tous les emails des collaborateurs d’Artcurial s’écrivent comme suit : initiale(s) du prénom et nom @artcurial.com, par exemple : Anne-Laure Guérin: alguerin@artcurial.com
Les numéros de téléphone des collaborateurs d’Artcurial se composent comme suit : +33 1 42 99 xx xx. Dans le cas contraire, les numéros sont mentionnés en entier.
INTERNATIONAL
International senior advisor : Martin Guesnet, 20 31
Allemagne
Directrice : Miriam Krohne
Assistante : Anna Rudakova
Galeriestrasse 2b 80539 Munich +49 89 1891 3987
Belgique
Directrice : Vinciane de Traux
Fine Art Business Developer: Simon van Oostende Office ManagerPartnerships & Events: Magali Giunta 5, avenue Franklin Roosevelt 1050 Bruxelles +32 2 644 98 44
Chine
Consultante : Jiayi Li 798 Art District, No 4 Jiuxianqiao Lu Chaoyang District
Assistantes spécialisées : Lou Dupont, Inès Tekirdaglioglu Vittoria Biloslavo shipping@artcurial.com
Logistique et gestion des stocks
Directeur : Éric Pourchot
Responsables de stock : Lionel Lavergne
Joël Laviolette
Vincent Mauriol
Lal Sellahanadi
Adjoint : Clovis Cano
Coordinatrices logistique: Victoire de Latour
Magasiniers : Adrien da Costa
Denis Chevallier
Isaac Dalle
Vincent Dureau
Floriane Joffre
Jason Tilot
Marketing
Directrice : Lorraine Calemard, 20 87
Chefs de projet :
Domitilla Corti, 01 42 25 64 38
Ariane Gilain, 16 52
Daphné Perret, 16 23
Responsable Studio Graphique: Aline Meier, 20 88
Graphiste sénior : Rose de La Chapelle, 20 10
Graphiste : Romane Marliot, 01 42 25 93 83
Responsable CRM : Alexandra Cosson
Chargée CRM : Géraldine de Mortemart, 20 43
Analyste CRM junior : Colombine Santarelli
Relations Extérieures
Directrice : Anne-Laure Guérin, 20 86
Attachée de presse : Deborah Bensaid, 20 76
Assistante presse : Alix Guiard
Community Manager : Maria Franco Baqueiro, 20 82
Comptabilité générale
Responsable : Sandra Margueritat Lefevre
Comptables : Romane Herson
Arméli Itoua
Aïcha Manet
Assistante de gestion : Solène Sapience
Responsable administrative des ressources humaines : Isabelle Chênais, 20 27
Assistante : Amandine Le Monnier 20 79
Bureau d’accueil
Responsable accueil, Clerc Live et PV : Denis Le Rue
Mizlie Bellevue
Loubna Mairfate
Marie Peyroche
Services généraux
Responsable : Denis Le Rue
Service photographique des catalogues : Fanny Adler
Stéphanie Toussaint
Régisseur : Mehdi Bouchekout
ORDRE D’ACHAT ABSENTEE BID FORM
Collection Jean-Jacques Rotthier, Art d’Afrique & d’Océanie Vente n°6641
Mardi 8 septembre 2026 - 16h Paris — 7, rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault
Ordre d’achat / Absentee bid
Ligne téléphonique / Telephone (Pour tout lot dont l’estimation est supérieure à 500 euros For lots estimated from € 500 onwards)
Téléphone pendant la vente / Phone at the time of the sale:
Nom / Name : Prénom / First name : Société / Compagny : Adresse / Address :
Téléphone / Phone : Fax : Email :
Lot Description du lot / Lot description
Les ordres d'achat et les demandes d'enchères téléphoniques doivent impérativement nous parvenir au moins 24 heures avant la vente. Le service d'enchères téléphoniques est proposé pour les lots dont l’estimation basse est supérieure à 500€.
To allow time for processing, absentee bids and requests for telephone bidding should be received at least 24 hours before the sale begins. Telephone bidding is a service provided by Artcurial for lots with a low estimate above 500€.
À renvoyer / Please mail to :
Artcurial SAS 7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault - 75008 Paris T. +33 (0)1 42 99 20 20 bids@artcurial.com
Merci de bien vouloir joindre à ce formulaire une copie de votre pièce d’identité (passeport ou carte nationale d’identité), si vous enchérissez pour le compte d’une société, merci de joindre un extrait KBIS de moins de 3 mois. Could you please provide a copy of your id or passport?
If you bid on behalf of a company, could you please provide an act of incorporation?
Après avoir pris connaissance des conditions de vente décrites dans le catalogue, je déclare les accepter et vous prie d’acquérir pour mon compte personnel aux limites indiquées en euros, les lots que j’ai désignés ci-dessous. (les limites ne comprenant pas les frais légaux).
I have read the conditions of sale printed in this catalogue and agree to abide by them. I grant your permission to purchase on my behalf the following items within the limits indicated in euros. (These limits do not include buyer’s premium and taxes).
Date et signature obligatoire / Required dated signature