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Bibliothèque Jean Bourdel : Troisième partie | 14.04.2026

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BIBLIOTHÈQUE JEAN BOURDEL

Troisième partie

Mardi 14 avril 2026 - 14h30

7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault

75008 Paris

Experts de la vente Emmanuel Lhermitte Philippine de Sailly

BIBLIOTHÈQUE JEAN BOURDEL

Troisième partie

Mardi 14 avril 2026 - 14h30

7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault

75008 Paris

BIBLIOTHÈQUE JEAN BOURDEL

Troisième partie

vente n°6040

EXPOSITION PUBLIQUE

Téléphone pendant l’exposition

Tél. : +33 (0)1 42 99 16 58

Vendredi 10 avril 11h-18h

Samedi 11 avril 11h-18h

Lundi 13 avril 11h-18h

Reproduction de l’intégralité des lots consultable sur internet : www.artcurial.com

Graphiste

Pascal Cossu

Photographes

Fanny Adler

Stéphanie Toussaint

Emmanuelle Foussat

Remerciements

Audrey Genicot

Maria Francisca Moreno Bustamante

VENTE AUX ENCHÈRES

Mardi 14 avril 2026 - 14h30

Commissaire-priseur

Francis Briest

Directeur

Frédéric Harnisch

Tél. : +33 (0)1 42 99 16 49 fharnisch@artcurial.com

Administratrice - catalogueur

Emeline Duprat

Tél. : +33 (0)1 42 99 16 58 eduprat@artcurial.com

Experts

Emmanuel Lhermitte

Tél. : +33 (0)6 77 79 48 43 emmanuel.lhermitte.expert@gmail.com

Membre de la Compagnie Nationale des Experts

Philippine de Sailly

Tél. : +33 (0)6 21 30 22 21 pdesailly.expertise@gmail.com

Membre de la Compagnie Nationale des Experts

Catalogue en ligne www.artcurial.com

Comptabilité acheteurs

Tél. : +33 (0)1 42 99 20 71 salesaccount@artcurial.com

Comptabilité vendeurs

Tél. : +33 (0)1 42 99 17 00 salesaccount@artcurial.com

Transport et douane

Lou Dupont

Tél. : +33 (0)1 42 99 20 77 ldupont@artcurial.com

Ordres d’achat, enchères par téléphone

Kristina Vrzests

Tél. : +33 (0)1 42 99 20 51 bids@artcurial.com

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Francis Briest Frédéric Harnisch
Emeline Duprat

Adieu Jean

Voici la troisième et dernière vente de la bibliothèque de Jean Bourdel, mon grand-père.

Alors, moment de nostalgie, temps des bilans, de restitution de ce qui a été vécu ?

Avec mes frères nous avions voulu que la bibliothèque de notre grand-père constituée avec tant d’amour et de patience puisse être connuereconnue - des bibliophiles. Que ses enfants de papiers puissent prendre leur envol vers d’autres étagères, donner de la joie à d’autres collectionneurs, vivre leur vie !

Par le travail de nos amis experts, Emmanuel Lhermitte et Philippine de Sailly, les volumes ont été scrutés, examinés, analysés, étudiés page après page et la magie a de nouveau fonctionné. Entre leurs mains délicates, chacun a retrouvé vie. De nouveaux parents les ont adoptés. La réussite exceptionnelle des deux premières ventes en est la preuve.

Pourrait-on ressentir une certaine amertume aujourd’hui ? Alors que le « mercato » livresque va bientôt s’achever… Que le rideau va bientôt tomber ?

Mais non, il reste le dernier acte à jouer, et vous allez le constater en feuilletant les pages qui suivent, ce n’est pas le moindre.

Et puis, les livres de Jean vont s’envoler vers une nouvelle vie, une nouvelle jeunesse dans de nouvelles collections. Je sais qu’il aimait particulièrement cette phrase, qui s’applique si bien à ces livres, grains de savoir et de bonheur.

Si le grain de blé tombé en terre ne meurt, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits.

Alors, avec espérance nous te disons à bientôt Jean !

Philippe Bourdel

Jean Bourdel (1890 - 1971)
D.R.

AVANT-PROPOS

Voici que va enfin se jouer le troisième et dernier acte de la bibliothèque Jean Bourdel.

Spectaculaires furent les deux premiers actes et spectaculaire sera le troisième avec tout d’abord la dernière partie de cette extraordinaire réunion d’impressions gothiques en français où se mêlent les récits historiques, les romans de chevalerie et les ouvrages sur l’amour courtois, la morale et les conseils pour la conduite à bien mener notre vie dans sa partie terrestre.

Aux chroniques et mémoires de Monstrelet, Sébastien Mamerot, Jean de Margny, Martial d’Auvergne et Turpin, viennent s’ajouter les aventures fabuleuses de Meliadus de Leonnoys, Milles et Amis, Ogier le Dannoys, Olivier de Castille, Perceforest, Perceval, Robert le Diable, Theseus de Coulongne et bien sûr celles du plus célèbre d’entre eux, Tristan, chevalier de la Table ronde et de la belle Iseult.

Ces aventures, plus ou moins imaginaires, faites de prouesses d’armes, de batailles, d’honneur, de serments, de trahisons, de félonies, de meurtres et de gages de fidélité et d’amour aux gentes dames, sont parsemées de poésies de Mathéolus, Jean de Meung, Michel de Tours, Jean Molinet, Octovien de Saint-Gelais… dont les sujets principaux sont les

femmes et l’amour, ainsi que de pièces plus générales et plus moralisatrices comme La Nef de santé avec le gouvernail du corps humain…, Les Souhaitz des hommes, Le Triûphe des dames, etc.

Quant à la poésie, elle est particulièrement bien représentée par des éditions toujours rares, la plupart en originale, et qui bien souvent n’ont pas été rééditées.

Aux côtés de Pierre de Ronsard, Prince des poètes pour lequel Jean Bourdel devait avoir une certaine prédilection, on trouve naturellement ses amis de la Pléiade ou en marge de la Pléiade : Dorat, Du Bellay, Habert, Jodelle, Pelletier du Mans, Saint-Gelais… ainsi que des auteurs moins connus : Vital d’Audiguier, Guillaume de Chevalier, Guillaume Des Autels, Claude Gauchet, Jean Martin, Claude de Taillemont ou encore le redoutable soldat-poète Marc Papillon de Lasphrise.

N’oublions pas enfin la large part qui est faite ici aux œuvres de Jean et Clément Marot, avec la très rare édition originale des Deux heureux Voyages de Genes & Venise… ou une rarissime édition de L’Adolescence Clementine suivie d'autres œuvres de Clément Marot, ici reliée en vélin de l’époque aux armes d’Anton Fugger.

Reste enfin la prose où, comme dans la partie gothique, les relations historiques et ouvrages d’esprit côtoient les récits imaginaires et légendaires. Ainsi, aux côtés des ouvrages d’Agrippa d’Aubigné, Jean Bodin, Alain Chartier, Jean de Joinville ou Martin Du Bellay, on trouve L’Histoire palladienne de Claude Colet, la Cronique de Gerard d’Euphrate, L’Histoire de Primaleon de Grece ou la très rare et recherchée première édition française de l’Hypnerotomachie ou Discours du Songe de Poliphile de Francesco Colonna.

À ces ouvrages viennent s’ajouter d’autres raretés bibliophiliques ; des éditions de François Rabelais dont un exemplaire unique de La Vie admirable du puissant Gargantua, d’une édition datée de 1544 alors que la seule édition référencée est millésimée 1546, des éditions rares du père de la chirurgie moderne, Ambroise Paré, une rarissime édition des œuvres de Rostaing de Luzy, poète inconnu des biographes et des bibliographes, ici provenant de la bibliothèque d’Auguste Poulet-Malassis, ou enfin une rare reliure archaïsante aux chiffres de Louis XIII et Anne d’Autriche, réalisée entre 1690 et 1710 pour un groupe de bibliophiles dit Groupe des Curieux.

Ici s’achève cette présentation de la troisième vente de la bibliothèque de Jean Bourdel.

Qu’il nous soit permis encore deux mots :

Le premier, pour remercier les petits-enfants de Jean Bourdel pour l’absolue liberté qu’ils nous ont laissée dans l’accomplissement de notre travail. Ils nous ont fait pleinement confiance, nous laissant l’entière responsabilité de cette dispersion autant sur la forme que sur le fond. Ce fut à chaque instant une joie pour nous, tant par la découverte des exemplaires que par les recherches et la rédaction des notices.

Le second pour rendre un dernier hommage à Geneviève Bourdel récemment disparue. Petite-fille de l’imprimeur et bibliographe Philippe Renouard, bru de Jean Bourdel, elle fut pendant de longues années la gardienne de cette bibliothèque sur laquelle elle veilla, avec sa discrétion et sa douceur coutumières jusqu’à la première vente en juin 2024. Qu’elle en soit remerciée ici, avec ce catalogue que bien volontiers nous lui dédions.

Et maintenant, levons le rideau… Philippine de Sailly Emmanuel Lhermitte

Impressions gothiques en français

Lots 329 à 377 – p.10

Ouvrages de poésie

Lots 378 à 459 – p.82

Lots 460 à 488 – p.160 Ouvrages en prose

Impressions gothiques en français

329

Sébastien MAMEROT.

Les passaiges doultremer faitz par les francoys. Nouvellement imprime.

Paris, Michel Le Noir, 27 novembre 1518

Petit in-folio, vélin rigide à recouvrements, dos lisse avec traces d’inscription manuscrite, pièces de maroquin postérieures avec cotes de bibliothèque, tranches rouges (Reliure de l’époque).

Bechtel, 463/M-50 // Brunet, IV-415 // Renouard, ICP, II-1893 // USTC, 11040.

(6 f.)-CCXXVII f.-(1 f.) avec erreurs de foliotation / A6, A-V6, AA-SS6 / 44 longues lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 185 × 257 mm.

La plus ancienne édition connue de ces chroniques des croisades françaises.

Sébastien Mamerot, historien et traducteur du XVe siècle, naquit à Soissons à une date inconnue et embrassa l’état ecclésiastique vers 1458. Il traduisit plusieurs textes à la demande de son protecteur Louis de Laval, gouverneur de Champagne, dont il fut le chapelain, entre autres la Chronique Martinienne et le Romuléon. Il semble qu’il voyagea en Syrie vers 1472.

Ses Passages d’outremer, également composés pour Louis de Laval, sont une vaste histoire des croisades françaises de la conquête légendaire de Jérusalem par Charlemagne à Godefroy de Bouillon et Saint Louis, et traitent de la guerre contre les Turcs jusque vers 1470. C’est une compilation de faits réels et imaginaires dans laquelle Mamerot décrit Venise, Chypre et Jérusalem, ainsi que les coutumes de leurs habitants.

On connaît deux éditions imprimées de ce texte au XVIe siècle, toutes deux gothiques : l’une chez Michel Le Noir en 1518, l’autre non datée à l’enseigne de l’Elephant, chez François Regnault. On a longtemps considéré l’édition de Regnault comme antérieure à celle de Le Noir, mais l’Inventaire chronologique des éditions parisiennes et Bechtel ont rendu l’antériorité à l’édition de Le Noir. Cette dernière décrit en effet des événements survenus jusque vers 1470, tandis que dans celle de Regnault, l’histoire est prolongée par un auteur anonyme jusqu’à la prise de Grenade par les catholiques en 1492. D’autre part, le matériel typographique utilisé dans l’édition de Regnault permet de la dater vers 1525.

Dans l’édition de Michel Le Noir parue en 1518 que nous présentons, le nom de l’auteur se lit à l’explicit, au verso de l’avant-dernier feuillet : ie Sebastien mamerot prestre natif de Soissons chantre de sainct estienne de Troyes ay mis a chief cestuy present traictie a vierron. Le mardy dixneusiesme iour Davril mil quatre cens et cinquante quatre apres Pasques. Elle est la plus ancienne référencée. Cette date de 1454 semble résulter d’une erreur de l’imprimeur, l’explicit des deux manuscrits conservés à la BnF (Fr. 5594 et Fr. 2626) mentionnant cette même phrase avec la date du 19 avril 1474 après Pâques.

Un grand bois en deux parties sur le titre, la première représentant Saint Louis béni par le Pape et la seconde les armées françaises face aux troupes turques, 6 bois dans le texte montrant des scènes de batailles, cinq reproductions d’alphabets arabe, hébreu, grec, caldéen et jacobite, marque de Le Noir (Renouard, n° 620) au verso du dernier feuillet dont le recto est blanc, et très nombreuses lettrines xylographiques appartenant à différents alphabets.

Bel exemplaire en vélin de l’époque. On a ajouté au dos, probablement au XVIIIe siècle, deux pièces de maroquin rouge portant les cotes de bibliothèques « h » et « F.151 »

Petite réparation marginale en pied du titre et du feuillet A2, petites galeries et trous de vers dans la marge intérieure affectant principalement le premier tiers du volume, tache brune sans gravité à quelques feuillets (A5 à C1, MM1, MM6 à NN2 et SS6), une petite déchirure marginale (Q3) et manque angulaire à un feuillet dû à la taille initiale de la feuille (K4).

Provenance :

G. Cartier (ex-libris manuscrit sur le titre) et William Arthur CavendishBentinck, sixième duc de Portland (ex-libris).

7 000 - 9 000 €

[Jean de MARGNY].

L’Aueuturier rendu a dãgier conduit par advis Traictãt des guerres de Bourgongne Et la Journee de nãci Avec la vie et testament de Maistre enguerrant de marigny qui fist faire le Palais de paris et leglise de nostre dame descouys pres de Rouen ‡ plusieurs aultres choses dignes de mémoire.

Imprime Nouvellement.

Paris, s.n.n.d. (1510 ?).

Petit in-4, maroquin rouge sang, élégant encadrement sur les plats formé d’une fine roulette et d’un jeu de doubles filets s’entrecroisant dans les angles et les milieux, dos à 5 nerfs orné à la grotesque, dentelle intérieure, tranches dorées (Niédrée).

Bechtel, 472/M-121 // Brunet, I-581 et Supplément, I-79 // CIBN, entre M-133 et M-134 // Fairfax Murray, 670 // Pellechet, III-1651 // Renouard, ICP, I, p. 377-152 // USTC, 26198.

(31 f. sur 32, manque le dernier probablement blanc) / A4, B8, C-D4, E8, F4 / 37 ou 38 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 122 × 189 mm.

Unique édition dont on ne connaît que deux exemplaires.

L’Aventurier rendu à danger est un long poème d’un certain Jean de Margny dont l’épitaphe est placée au verso du dernier feuillet :

… Ce fist iehã demargny

Qui de grans adventures

En ce monde souffrit

De diverses et dures

Celui-ci rédigea son poème à l’âge de 60 ans en l’année 1510 (f. A2) :

… Pour ce descripre eu voulente

Le petit temps que iay passe

Soixante ans au monde fus mis Jusque lan mil. ccccc. et dix

Cette date est à nouveau exprimée, sous forme d’énigme, au recto du dernier feuillet :

Prens les quatre piedz dung hetil (M)

Et les quatre fers dung cheval (CCCC)

Et unze signes acomplis (XXXXXXXXXXX)

Que on faict devant les ennemis

Et vous scaures pour verite

Quant ce livre fut composé.

La première partie du poème est un éloge à la mémoire d’Enguerrand de Marigny dont l’auteur se dit le descendant. Enguerrand de Marigny, né en 1260 en Normandie, fut nommé successivement chambellan, comte de Longueville, châtelain du Louvre, grand maître d’hôtel, surintendant des finances et enfin premier ministre de Philippe IV le Bel. Comblé d’honneurs et de richesses, il fut, à la mort du roi Philippe, accusé par Charles de Valois, frère du nouveau roi Louis X, d’avoir falsifié et altéré les monnaies, pillé les deniers royaux et d’être responsable de la disette qui régnait en France. Accusé aussi de sorcellerie, il périt pendu au gibet de Montfaucon qu’il avait lui-même fait construire.

La seconde partie du poème est le récit autobiographique de Jean de Margny, soldat brigand au service du duc de Bourgogne Charles Le Téméraire, qui participa aux guerres de Bourgogne jusqu’à la bataille de Nancy, le 5 janvier 1477. Cette bataille opposa l’armée du duc de Bourgogne à celle du duc de Lorraine René II et s’acheva par la mort du Téméraire, mettant fin aux guerres de Bourgogne. Reconnaissant son passé de brigand, Margny construit son poème comme un plaidoyer imprégné de préoccupations religieuses par lequel il cherche à rallier le lecteur à sa cause et à obtenir le pardon divin (Larousse).

Cet ouvrage parut à Paris, sans nom d’éditeur ni date. L’édition fut incluse par Pellechet dans son catalogue des incunables, mais elle est plus probablement postérieure à 1510, si l’on se réfère aux dates données dans l’ouvrage lui-même. On en ignore toujours l’éditeur et seul le catalogue Fairfax Murray l’attribue à la veuve de Jean Trepperel et à Jean Jehannot, sans en donner d’explication. Elle est ornée de 15 bois gravés dans le texte dont un grand bois sur le titre représentant l'auteur à son écritoire, bois repris des publications de Michel Le Noir (cf. le n° 339 du présent catalogue) ou Pierre Le Dru, et 14 petits bois (en réalité 12 dont 2 répétés).

Le feuillet A1v a été rubriqué à l’encre rouge. Il n’existe pas d’autre édition de ce texte et les exemplaires sont d’une insigne rareté. On ne connaît, semble-t-il, que l’exemplaire de la BnF et celui que nous présentons, qui est le seul décrit par les bibliographies et qui a fait partie des bibliothèques Bock, Pichon, Paradis, Bancel, Lormier et Fairfax Murray. Brunet dans la description qu’il en fait rapporte l’anecdote suivante : L’exemplaire fut vendu 300 fr. à Paris, en mai 1824 (catal. de M. B.D.G., n° 3453) et ce même exempl., qui appartenait à M. de Bock, a été donné pour 15 fr. à la vente de cet amateur, faite à Paris, le 14 décembre 1841, parce que le libraire chargé de cette vente avait négligé d’envoyer la notice des livres de M. de Bock aux personnes qu’elles peuvent intéresser.

Bel exemplaire élégamment relié par Niédrée, après la vente B.D.G. de 1824, dans laquelle il est décrit comme relié en demi-maroquin bleu. Dans le Supplément au Manuel de Brunet, il est précisé que c’est le baron P[ichon] qui … fit refaire le f. qui manquait, sur celui de la Bibl. nation., [et] relier le vol. en mar. par Niédrée (p. 79).

Feuillet F1 manuscrit et dernière ligne du feuillet B1 en fac-similé. Marge supérieure de ce même feuillet B1 un peu plus courte. Traces d’anciennes taches marginales aux feuillets F2 et F3.

Provenance :

M. B.D.G. (mai 1824, n° 3453) (cf. Brunet), baron Félix de Bock (1841), baron Jérôme Pichon (19-24 avril 1869, n° 475), Paradis (5-8 novembre 1879, n° 237), Étienne-Marie Bancel (8-13 mai 1882, n° 259), Charles Lormier (ex-libris, I, 30 mai-5 juin 1901, n° 318) et Fairfax Murray (étiquette, n° 670).

3 000 - 4 000 €

331

[MARTIAL D’AUVERGNE].

Les cinquante et ung arrest damours.

Paris, Michel Le Noir, s.d. (ca 1508-1510).

Petit in-4, maroquin caramel, triple filet en encadrement, supralibris armorié frappé au centre des plats, dos à 5 nerfs orné, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Bauzonnet-Trautz).

Bechtel, 476/M-148 // Brunet, III-1484 (?) // Fairfax Murray, 672 // Tchemerzine-Scheler, IV-583a // USTC, 52000.

(54 f.) / A-F4-8, G-H4, I6, K4 / 40 longues lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 125 × 181 mm.

Seconde ou troisième édition de ces jugements d’amour courtois.

On sait peu de choses de Martial de Paris, dit d’Auvergne. Né vers 1420 ou 1440, probablement à Paris, il fut procureur au Parlement et notaire au Châtelet de Paris et, à l’instar de nombre de ses confrères de la basoche, cultivait l’histoire et la littérature. Il mourut en 1508, laissant notamment derrière lui les Vigilles de Charles VII et les Cinquante et un arrêts d’amour.

Les « Arrêts d’amour » … constituent un jeu d’esprit tel que pouvait l’imaginer un procureur bel-esprit du quinzième siècle (Hoefer). L’ouvrage, qui s’inscrit dans la tradition littéraire courtoise des cours médiévales, est constitué de sentences sur des causes galantes et fictives rendues dans le style judiciaire du Parlement.

L’édition originale parut sans lieu ni date, probablement à Paris vers 1500. Les bibliographes recensent, en se répétant, une autre édition sans lieu ni date qui porterait la marque du Petit Laurens et aurait été imprimée également vers 1500. Elle est introuvable et semble n’exister qu’en un exemplaire conservé à la bibliothèque d’Oxford. La troisième édition référencée, celle que nous présentons, parut sans date chez Michel Le Noir, vers 1508-1510. Brunet, très probablement par erreur, donne le titre Sensuyvent les cinquante et ung arrest chez le même éditeur et avec la même collation.

Titre orné d’un bois représentant un homme et une femme séparés par un arbre et surmontés par deux phylactères laissés en blanc. Le texte commence au verso du titre par un poème puis se poursuit, au second feuillet, par les arrêts en prose.

Ce volume a appartenu successivement aux bibliothèques Clinchamp, Seillière, Brooke et Fairfax Murray dont il porte les ex-libris. Les catalogues de vente des trois premières le qualifient de « première » ou « probable première édition ». On notera que dans la vente Clinchamp (1860), l’exemplaire est décrit en maroquin rouge de Trautz-Bauzonnet, puis dans la vente Seillière (1887) en maroquin caramel de BauzonnetTrautz, avec le supra-libris du baron Seillière. Il est probable qu’il s’agisse de la même reliure dont la couleur rouge a passé au caramel entre les ventes Clinchamp et Seillière et sur laquelle le baron avait fait frapper ses armes. L’ouvrage est très rare, l’USTC ne citant qu’un exemplaire à la BnF et celui de Fairfax Murray, que nous présentons.

Bel exemplaire malgré des taches brunes, une petite éraflure à la reliure et les mors un peu frottés. Petite restauration marginale à 2 feuillets (A4 et I1) et restauration plus importante au dernier feuillet atteignant légèrement le colophon.

Provenance : Maximilien-Louis de Clinchamp (ex-libris, 1er-5 mai 1860, n° 517), baron Achille Seillière (supra-libris, I, 28 février-4 mars 1887, n° 703), Sir Thomas Brooke (ex-libris, catalogue de sa bibliothèque en 1891, II, p. 325 et vente des 29-30 novembre 1909, n° 254) et Fairfax Murray (étiquette, n° 672).

3 000 - 4 000 €

MARTIAL D’AUVERGNE.

Les Vigilles de la mort du roi Charles septiesme a neuf pseaulmes et neuf lecons Contenans la cronique les faictz advenuz durant la vie du dit feu Roy Composees par maistre marcial de Paris dit Dauvergne procureur en parlement.

Paris, Imprime par Robert Bouchier… en la rue sainct Jacques en lenseigne de lescu au Soleil pour Durand Gerlier, s.d. (ca 1505).

In-folio, maroquin vert, triple filet en encadrement, dos lisse avec le titre en long VIGILES DU ROY CHARL.VII PARIS S. DATT. GOTH., les parties en tête et en pied ornées à la grotesque, large roulette florale intérieure, tranches dorées (Reliure du XVIIIe siècle).

Bechtel, 479/M-163 // Brunet, III-1482 // Fairfax Murray, 358 // Renouard, ICP, I, 1505-138 // Tchemerzine-Scheler, IV-578 // USTC, 88452.

(94 f.) / a-c6, d8, e-o6, p4, q4 / 44 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 175 × 255 mm.

Quatrième édition, illustrée de nombreux bois.

On ne connait de Martial de Paris, dit d’Auvergne, que le fait qu’il naquit vers 1420 ou 1440, qu’il fut procureur au Parlement de Paris et notaire au Châtelet et qu’il composa, en vers, des poèmes d’amour et des ouvrages historiques. Il mourut en 1508, laissant derrière lui son œuvre maîtresse : Les Vigiles de Charles VII.

C’est une chronique rimée de près de 6 000 vers relatant les événements du règne de Charles VII, roi de 1422 à sa mort en 1461, qui redressa une France dont il avait hérité en piteux état. Il repoussa les Anglais, notamment grâce à Jeanne d’Arc, assainit les finances de l’État, brida les prétentions de l’Église et mata la révolte des seigneurs de la « Praguerie » à laquelle avait pris part son fils, le futur Louis XI. Probablement rédigée vers 1484, cette chronique fut en partie occultée par Louis XI qu’elle critiquait implicitement.

L’ouvrage parut pour la première fois chez Jehan Du Pré à Paris en 1493. Cette édition fut suivie de deux autres, parues sans date, vers 1498-1500, à Lyon chez Dayne et à Paris chez Le Caron. Vient ensuite notre édition, la quatrième donc, imprimée vers 1505 à Paris par Robert Bouchier et partagée entre les libraires Durand Gerlier, Guillaume Eustace et Jean Trepperel.

Elle paraît avoir été copiée, pour l’essentiel, sur l’édition de Le Caron et présente des différences entre les volumes imprimés pour l’un ou l’autre des trois éditeurs. Notre exemplaire, au nom de Durand Gerlier, est parfaitement conforme à la description donnée par le catalogue Fairfax Murray : titre avec marque du libraire (Renouard, n° 361), grand bois au verso représentant une scène d’accouchement, et verso du dernier feuillet blanc.

Titre en rouge et noir avec marque de Gerlier, un grand bois de l’accouchée à pleine page et 44 bois de différentes tailles dans le texte (en réalité 18 bois différents dont 9 répétés). Ces bois, dont la plupart représentent des scènes de batailles ou d’assaut, sont, pour un grand nombre d’entre eux, copiés sur ceux utilisés par Michel Le Noir ; d’autres sont inspirés de bois de Nourry et de Trepperel.

Cet exemplaire porte sur le titre l’ex-libris manuscrit de L. Bouchet, daté 1588, et accompagné de la mention A Blois pendant les Estats. Les États Généraux convoqués par Henri III à Blois en 1588-1589 se soldèrent par l’assassinat du duc de Guise. L’exemplaire a été anciennement copieusement annoté à l’encre. Les inscriptions ont été lavées et la plupart ont aujourd’hui quasiment disparu, mais on distingue encore de très nombreux passages soulignés, ainsi que des index dans les feuillets liminaires avec renvois aux feuillets concernés. On notera que la mention inscrite au dos de la reliure, Paris s. datt. Goth., précisant le lieu d’édition, l’absence de date et l’impression en caractères gothiques, témoigne que l’amateur qui a fait relier ce volume au XVIIIe siècle était un bibliophile averti. Peut-être s’agit-il de Louis-Jean Gaignat, dont nous présentons un volume dans une reliure presque similaire, sortie du même atelier, au n° 351 du présent catalogue : LHystoire de Olivier de Castille de Artus Dalgarbe son loyal compaignon...

Bel exemplaire malgré le dos passé et d’infimes frottements sur les plats. Une petite restauration angulaire au titre et une autre au feuillet a2 affectant quelques lettres, tache brune en tête de 2 feuillets (b4 et b5), un feuillet replié au moment de l’impression (a5). Les feuillets a3 et a4 sont légèrement plus courts dans les marges supérieures et inférieures.

Provenance :

L. Bouchet (ex-libris daté Blois 1588)

12 000 - 18 000 €

333

MATHÉOLUS.

Le livre de matheolus // Qui vous monstre sans varier // Les biens et aussy les vertus // Qui vieignent pour soy marier // Et a tous faictz considerer // Il dit que lomme nest pas saige // Sy se tourne remarier // Quant prins a este au passaige.

S.l.n.d. (Lyon, Dayne, ca 1497-1498).

Petit in-folio, maroquin bleu nuit, double filet doré en encadrement, dos à 5 nerfs orné, dentelle intérieure dorée, tranches dorées (Lloyd).

Barbier, II-1326 // Bechtel, 480/M-170 // BMC, VIII, 327, IB.42144 // Brunet, III-1526 // Fairfax Murray, 364 // USTC, 71346.

(62 f.) / a8, b-k6 / 45 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 185 × 260 mm.

Seconde édition, ou émission, d’un poème violemment antimatrimonial.

Mathéolus, également connu sous les noms de Mathieu, Mahieu ou Mathiolet, est un poète français du XIIIe siècle dont la vie nous est fort peu connue, à tel point qu’on l’a longtemps considéré comme un auteur imaginaire. Né à Boulogne-sur-Mer vers 1260, il se consola d’un mariage malheureux en écrivant des poèmes sur les femmes en général et la sienne en particulier, dépeinte comme une veuve acariâtre et despotique qui lui rendit la vie infernale. Mathéolus mourut vers 1320. Il ne nous reste de son ouvrage, composé en latin sous le titre Liber Lamentacionum Matheoluli, que la traduction en vers français qu’en fit Jean Le Fèvre au XIVe siècle et qui parut pour la première fois à Lyon vers 1497-1498, revue par Alexandre Primet

Cet ouvrage, largement hostile à la femme et au mariage, eut un grand retentissement. Ses diatribes furent vertement combattues par Christine de Pisan dans sa Cité des dames et par Martin Franc dans son Champion des dames. Le Fèvre lui-même, traducteur du texte latin, avait composé une réfutation du poème sous les titres de Résolu en mariage ou Rebours de Matheolus.

Le Livre de Matheolus parut pour la première fois sans lieu, ni nom, ni date en un volume in-folio de 68 feuillets qui fut longtemps faussement attribué à Antoine Vérard en raison de la grande lettrine grotesque L à 5 personnages ornant le titre, et qui fut mal daté 1492 à cause d’une mauvaise interprétation du colophon. Ces deux erreurs ont été corrigées et l’édition a été rendue à l’éditeur lyonnais Claude Dayne, qui utilisa cette lettrine pour son Doctrinal de sapience publié en 1497. La date de 1492 semble en réalité correspondre à la révision du texte de Le Fèvre, faite par un certain Allesandre (Alexandre) Primet, dont le nom se lit en acrostiche juste avant l’Explicit

On connaît trois éditions très proches de ce texte (certains bibliographes parlent d’émissions ou de tirages) et Fairfax Murray, qui les possédait toutes les trois, donne une description très claire de chacune d’elles et les situe l’une par rapport à l’autre, notamment grâce à l’usure des bois.

Notre édition, en 62 feuillets, serait la seconde donnée par Claude Dayne et on la date de la même époque que l’originale. Notre exemplaire témoigne des confusions bibliographiques liées à cet ouvrage puisque la reliure porte au dos la mention Paris, Vérard, 1492

Ouvrage illustré d’une grande initiale grotesque L sur le titre et de 35 gravures sur bois dans le texte (en réalité 24 bois dont 4 répétés), la plupart illustrant les perfidies de la femme (Loth et sa femme, Médée tuant ses enfants, scène d’adultère, femme faisant crever les yeux d’un homme, Pasiphaé et le taureau, etc.).

Cet exemplaire a appartenu à Fairfax Murray, dont il porte l’étiquette ; il était alors incomplet du titre, qui a depuis été refait en fac-similé. D’après le catalogue Fairfax Murray, il pourrait également provenir de la bibliothèque de Fernand Colomb. Il porte l’étiquette moderne Biblioteca Colombina que l’on peut retrouver apposée sur d’autres volumes de la même provenance. Celle-ci ne peut être formellement confirmée, mais le titre manquant et le bas du dernier feuillet ayant été entièrement refait la laissent supposer car Fernand Colomb avait pour habitude d’annoter ses exemplaires à ces deux endroits. Cette édition est néanmoins absente de Harrisse et Babelon.

L’ouvrage est très rare. L’USTC ne référence que deux exemplaires, l’un à la Bodleian Library et celui de Fairfax Murray, que nous présentons.

Petit accroc au premier plat. Titre en fac-similé et bas du dernier feuillet refait, marque de provenance effacée en pied du feuillet a2, importantes restaurations atteignant le texte à 2 feuillets (a2 et a6) et petit trou marginal restauré à l’ensemble du volume ; cahier k relié légèrement de travers.

Provenance :

Fernand Colomb (?, étiquette moderne Biblioteca Colombina) et Fairfax Murray (étiquette, n° 364).

12 000 - 18 000 €

334

MATHÉOLUS.

[Le Livre de Matheolus]. Qui nous mõstre sans varier // Les biens aussi les vertus. // Qui viennêt pour soy marier. // Et a tous faitz considerer // Il dit que lhomme nest pas saige // Si se tourne remarier // Quant prins a este au passaige.

Lyon sur le rosne cheulx Olivier Arnoullet demeurant au pres de nostre dame de confort, s.d. (ca 1540-1550).

In-8, maroquin vert lierre, triple filet, dos à 5 nerfs orné à la grotesque, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Trautz-Bauzonnet). Barbier, II-1326 // Baudrier, X-45 // Bechtel, 481/M-175 // Brunet, III-1528 // Gültlingen III, p. 224, n° 129 // Quérard, II-1074 // USTC, 55742. (68 f.) / A-H8, I4 / 40 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 131 × 185 mm.

Sixième ou septième édition de cet ouvrage anti-matrimonial qui eut un grand retentissement.

Mathéolus, poète français du XIIIe siècle, est connu comme étant l’auteur de l’un des ouvrages les plus violemment anti-féministes et anti-matrimoniaux de son temps. L’original, composé en latin sous le titre Liber Lamentacionum Matheoluli, est perdu et ce texte nous est parvenu dans la version en vers français qu’en fit Jean Le Fèvre au XIVe siècle. C’est un long poème dans lequel l’auteur, inspiré par son mariage malheureux, montre son hostilité à la femme, au mariage et plus encore au remariage. Il parut pour la première fois à Lyon chez Claude Dayne vers 1497-1498 (cf. le n° 333 du présent catalogue) avec des révisions par Alexandre Primet

L’édition que nous présentons, parue à Lyon chez Olivier Arnoullet, semble être la sixième ou la septième d’après Bechtel qui la date vers 1540-1550. Elle conserve, à l’Explicit final, les dix vers portant l’acrostiche Allesandre, mais on en a retranché les six autres qui donnaient Primet et une date trompeuse de 1492.

Titre en rouge et noir, illustré d’un bois représentant l’auteur face à Dieu, encadré de 4 petits bois à fond noir, 21 autres bois dans le texte (en réalité 18 bois différents dont 3 répétés) qui proviennent du fonds de Claude Dayne ayant servi à l’illustration de l’édition originale, sauf un bois qui n’y figurait pas. Un examen minutieux révèle en effet les mêmes ébréchures et cassures dans les bois entre les deux éditions. Cela explique par ailleurs que les bois soient plus larges que les colonnes de texte dans cette édition in-8 d’Arnoullet, puisqu’ils avaient été réalisés pour l’édition in-folio de Dayne.

Très bel exemplaire provenant des bibliothèques Firmin-Didot et De Backer, dont il porte les ex-libris.

L’exemplaire a été soigneusement lavé et le cahier F est un peu plus encollé. Une trace plus sombre sur le premier plat. Page de titre restaurée dans les marges intérieure et supérieure, restauration marginale à 2 autres feuillets (B1 et G8).

Provenance :

Ambroise Firmin-Didot (ex-libris, 6-15 juin 1878, n° 161) et Hector De Backer (ex-libris, I, 17-20 février 1926, n° 133).

3 000 - 5 000 €

335

[MAXIMIEN].

Le testament et regretz de Ludovic Autrement dit le More.

S.l. (Paris), Clement Longis en vend habondamment Pres du palais a lenseigne sainct Roch, s.d. (ca 1510).

Plaquette in-16, maroquin janséniste rouge, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure dorée, tranches dorées sur témoins (Trautz-Bauzonnet).

Bechtel, 485/M-211 // Fairfax Murray, 673 // Renouard, ICP, 1510, n° 155 // USTC, 72606. Manque à Brunet.

(13 f. sur 14, le dernier blanc manquant ici) / a8, b6 / 25 lignes, car. goth. / 93 × 139 mm.

Première et unique édition, dont on ne connaît que deux exemplaires, de ce poème évoquant Ludovic Sforza.

L’auteur, Maximien, est un poète satiriste du début du XVIe siècle dont on ignore à peu près tout, mais dont on identifie généralement les œuvres par son nom en acrostiche à la fin des volumes et par sa devise De bien en mieulx. Il donna notamment des poèmes satiriques dans la querelle qui opposa les dames de Rouen à celles de Paris et fut constamment antiféministe.

Dans Le Testament et regretz de Ludovic, il imagine le testament de Ludovic Marie Sforza, dit le More, surnom qu’il doit à la plante de mûrier dont il fit son emblème. Régent du duché de Milan pendant la minorité de son neveu, il en devint lui-même duc en 1494 après la mort mystérieuse du jeune duc qu’il est soupçonné d’avoir empoisonné. En guerre contre la France, il fut fait prisonnier par Louis XII en 1500 et enfermé au château de Loches où il s’éteignit en 1508.

Le Testament fut probablement imprimé par Guillaume Le Normant pour l’éditeur Clément Longis, qui exerça la profession de libraire à Paris de 1491 à 1516. C’est Fairfax Murray qui relève la proximité des caractères entre cette édition et un autre ouvrage imprimé par Le Normant.

Titre orné de deux bois provenant probablement de livres d’heures, le premier représentant la Mort tuant un homme, et le second représentant un homme au tombeau ; ce dernier est, d’après Fairfax Murray, copié sur un bois utilisé par Pigouchet. Le nom de l’auteur est bien donné, comme de coutume, en acrostiche au dernier feuillet et sa devise figure deux fois dans l’ouvrage : à la fin du prologue au verso du titre et à l’explicit.

Cette édition est très rare et il semble qu’il n’en subsiste que deux exemplaires, celui conservé à la bibliothèque municipale de Nantes et celui-ci, provenant des bibliothèques Bourlamaque, dont il porte le cachet sur le titre, Lignerolles et Fairfax Murray.

Bel exemplaire.

Une petite tache d’encre au titre se reportant sur le second feuillet.

Provenance :

Claude-Charles Bourlamaque (cachet, avril 1770, n° 780), comte Raoul de Lignerolles (II, 5-17 mars 1894, n° 1184) et Fairfax Murray (étiquette, n° 673).

4 000 - 6 000 €

336

MELIADUS DE LEONNOYS.

Ou present Volume sont contenus les nobles faictz darmes du vaillant roy Meliadus de Leonnoys : Ensemble plusieurs autres nobles proesses de Chevalerie, faictes tant par le roy Artus, Palamedes, le Morhoult dirlande, le bõ chevalier sans paour Galehault le brun, Segurades, Galaad que autres bons Chevaliers estans au temps dudit roy Meliadus Histoire singuliere et recreative, Nouvellem t Imprimee.

Paris, Denys Janot, 20 mars 1532.

In-folio, maroquin vert sapin avec décor dans le genre Du Seuil composé d’un double encadrement doré avec fleurons angulaires, armoiries centrales dorées, dos à six nerfs orné, doublure de maroquin rouge richement ornée d’un triple encadrement droit et quadrilobé enrichi de fleurons dorés, tranches dorées sur marbrure (Bauzonnet).

Bechtel, 488/M-229 // Brun, 258 // Brunet, III-1589 et Supplément, I-1000 // Fairfax Murray, 369 // Olivier, 618-619 // USTC, 31119.

(6 f.)-CCXXXII f. / 6, A-Z6, 6, AA-OO6, PP4 / 49 longues lignes sur 2 colonnes, car. goth./ 195 × 282 cm.

Seconde édition très rare, et la dernière édition ancienne en français, de ce roman de chevalerie en prose, le premier du cycle de Guiron le Courtois. Adapté au XIIIe siècle par Rusticien de Pise pour le roi d’Angleterre Edouard Ier, le roman de Meliadus s’inscrit dans la tradition de la littérature arthurienne. Il fut ici remanié par un compilateur anonyme dont la devise encore non identifiée Gaing me nuy figure en signature du prologue. Ce compilateur y indique que la noble histoire du roy Meliadus de Leõnoys & de plusieurs autres bons chevaliers de son temps estoit du tout quasi perie & adnichisee par la malignite du temps et qu’elle avait été traictée amplement et confusement par maistre Rusticien de Pise. Il ajoute notamment un résumé du lignage de Meliadus, héritier du royaume du Leonnoys et père de Tristan. Ce roman de chevalerie, inspiré du roman de Tristan et d’autres romans du cycle de la Table ronde, présente les aventures et prouesses de divers chevaliers parmi lesquels Arthur (Artus), Palamède, Galaad, etc. La mention Le premier volume du Roy Meliadus de Leonnoys au titre courant laisse supposer l’existence d’une suite, mais cet ouvrage est bien complet en un volume.

Le Meliadus de Leonnoys parut pour la première fois à Paris chez Galliot Du Pré en 1528 avant de reparaître chez Denis Janot en 1532. Cette seconde édition est illustrée d’un superbe encadrement de titre au nom de Janot gravé sur bois et signé du monogramme J. F. présentant diverses scènes relatives à l’amour inspirées de la mythologie dans lesquelles on retrouve le jugement de Paris, Pyrame et Thisbé… Une gravure sur bois représentant l’Auteur à son pupitre en tête du prologue, grande marque de Denis Janot à la fin de la table (Renouard, n° 479) et nombreuses lettrines.

Très bel exemplaire aux armes de Pierre-Adolphe Du Cambout, marquis de Coislin. Il porte au bas du colophon la signature manuscrite Guyon de Sardière et figure au catalogue de la vente de ce dernier en 1759, sans indication de reliure. La dispersion de sa bibliothèque n’eut finalement pas lieu, le duc de La Vallière se rendant adjudicataire en bloc de la collection. Les catalogues La Vallière gardent la trace de deux exemplaires de cette édition, sans qu’on puisse toutefois affirmer que l’un d’eux soit celui ayant appartenu à Guyon de Sardière (vente de 1777, n° 753, relié en parchemin, et vente de 1783, n° 4012, relié en veau fauve). L’exemplaire figure en revanche de manière certaine dans la collection de Léon Cailhava, dont le catalogue de 1845 le décrit dans sa reliure actuelle, puis dans la collection de Pierre-Adolphe Du Cambout, marquis de Coislin, qui fit apposer ses armes dorées sur les plats. Il passa ensuite dans la collection de Henry Huth, qui fit ajouter son ex-libris doré sur maroquin au centre du premier contreplat et dont le catalogue de bibliothèque fut dressé en 1880.

Minimes éraflures sur les plats et petits frottements aux mors et aux coupes inférieures. Infime brûlure ayant engendré un petit trou affectant quelques lettres aux feuillets R2 et S3. Les feuillets M2 et M5 présentent un aspect légèrement plus épais, probablement dû à un encollage plus prononcé.

Provenance :

Jean-Baptiste-Denis Guyon de Sardière (ex-libris manuscrit, catalogue de 1759, n° 850), Léon Cailhava (21-31 octobre 1845, n° 538), PierreAdolphe Du Cambout, marquis de Coislin (armes sur les plats, absent de la vente de 1847), Henry Huth (ex-libris, catalogue de bibliothèque, 1880, III, p. 946).

6 000 - 8 000 €

337

MERVEILLES ADVENIR EN CESTUY AN VINGT ET SIS.

Revelle par les dieux. U. Lege ridebis. k.

S.l.n.d. (Genève, Wygand Köln, ca 1525-1526).

Plaquette petit in-8, maroquin janséniste rouge, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées (Trautz-Bauzonnet).

Babelon, 133 // Bechtel, 493/M-254 // Droz, Chemins, II, p. 33 // Fairfax Murray, 374 // Gilmont, GLN 15-16, 216 // Gilmont, GLN-5809 // USTC, 53743. Manque à Brunet.

(8 f.) / A8 / 25 lignes, car. goth. / 91 × 134 mm.

Rare plaquette satirique en vers inspirée des pronostications de la première moitié du XVIe siècle.

Satire poétique dans laquelle l’auteur, resté anonyme, se moque des diseurs de bonne aventure qui prétendent prédire l’avenir. Dans l’Invective de l’acteur (f. A6v), il s’inquiète de la prolifération de ces charlatans et de la foi qu’on leur accorde :

Au t ps passe que le bõs anci s

Avoy t a dieu ferme foy creãce

Lõ voyoit peuz q g s maigici s

Mathematiqs nigromãciens

Eussent entre nous si grosse audience

Mais maintenant la dame ignorance

Qui est maistresse du commun populaire

Nous a produict de sa faulse semence

Erreurs : mensonges : heretique sentence…

L’ouvrage s’ouvre sur 56 vers en forme de prologue, dans lesquels le narrateur convoque les dieux romains Mars, Junon, Cérès, Saturne, Bacchus, etc, rencontrés un matin et qui lui ont soufflé la sentence qu’il s’apprête à délivrer. Suit la prophétie elle-même intitulée La révélation du iudice sentence qui ont faictz les dieux sur les choses advenir, qui débute par le mois de mars et, selon le calendrier julien, se poursuit jusqu’au mois de décembre. Dans ces prédictions loufoques, il pleut des poissons en mars, les femmes tombent nues à la renverse dans les jardins en avril, les ânes deviennent meuniers en mai, les chemises des filles en septembre seront pourfendues et Danger sera que ventz neptunes / Qui trouveront conduis ouvers / Ne les enfle…. Le poème se clôt ensuite par l’Invective de l’acteur, dans laquelle l’auteur enjoint les lecteurs à rejeter les « pronostications des futurs », car sur ma foy : il nest epidemie / Blasfeme : force : erreur de bohemie / Qui soit si grant que ces faulx iugemens. Enfin, quelques vers avant la fin, il fait état de troubles advenus à Genève par la faute de ces reveries : Cõme a Genesve cesiours chesc avehu

Ce volume fut imprimé à Genève par Wygand Köln (ou Wigand Koeln), désigné par ses initiales U.k. sur le titre et au dernier feuillet. Si Köln fut imprimeur-libraire à Genève de 1516 à 1545, on ne connaît de son atelier, d’après Jean-François Gilmont, que 58 éditions généralement très minces. Près de la moitié d’entre elles sont des plaquettes de 4 ou 8 feuillets comme les Merveilles advenir…

Ouvrage illustré de 9 petits bois : 4 sibylles sur le titre, et au verso de ce titre 4 autres sibylles et une crucifixion. D’après Fairfax Murray, les bois des sibylles proviennent d’ornements angulaires des bordures d’un livre d’heures. Ainsi que nous l’avions noté au numéro 46 de la bibliothèque Bourdel (I, 19 juin 2024), certains de ces bois avaient été utilisés pour illustrer une édition publiée à Lyon ou à Genève vers 15251530 : Le Doctrinal des filles pour apprendre a estre bi saiges. Au verso du dernier feuillet, grande fleur de lys noire gravée sur bois, probablement la marque de Köln.

Cette édition est très rare. Lignerolles et Fairfax Murray, auxquels cet exemplaire a appartenu, le pensaient unique. On en connaît en réalité deux autres, l’exemplaire de Fernand Colomb conservé à la Biblioteca Capitular y Colombina de Séville (15 2 6) et celui de la bibliothèque de Genève (Od 306). Si les exemplaires Lignerolles-Fairfax Murray et Colomb semblent parfaitement identiques, ils présentent une légère variante avec celui de Genève qui ne comporte pas les initiales U.k. de Wygand Köln à la dernière ligne du dernier feuillet.

Très bel exemplaire de ce rare volume, avec des marges inférieures non rognées, remarquablement larges.

Minimes et habiles restaurations angulaires à tous les feuillets.

Provenance :

Comte Raoul de Lignerolles (II, 5-17 mars 1894, n° 1130) et Fairfax Murray (étiquette, n° 374).

4 000 - 6 000 €

338

Jean MESCHINOT.

[Les lunettes des princes avec aulcunes balades et additions nouvellement composees par noble homme. Jehan meschinot escuier en son Vivant grãt maistre dhostel de la royne de France].

Paris, Michel Le Noir… Demourant devant sa t Denis de la chartre a lymage nostre dame, 14 février 1505

Petit in-folio de format in-4, bradel cartonnage papier moderne muet.

Bechtel, 497/M-285 // Brunet, III-1669 // Renouard, ICP, 1505-142 // Tchemerzine-Scheler, IV-705b // USTC, 55522.

(88 f., le premier très lacunaire) / A-H6, I-M4-6, N6, O-P4, Q6 / 38 ou 39 lignes, car. goth. / 130 × 195 mm.

Le poète breton Jean Meschinot, seigneur de Mortiers, naquit vers 1420 et vécut à la cour de divers ducs de Bretagne sous lesquels il servit comme écuyer, puis comme général maître des monnaies de 1486 à 1491. Nommé grand maître d’hôtel de la jeune duchesse Anne de Bretagne, il s’éteignit en 1491, peu avant le mariage de cette dernière avec le roi de France Charles VIII. Poète savant, il rechercha, dans ses rimes, des difficultés de toutes sortes, allitérations, sections de vers, rimes retournées, vers que l’on peut lire à rebours, etc. (Larousse).

Son œuvre principale, Les Lunettes des princes, est un livre allégorique et moralisateur dans lequel l’auteur reçoit en songe un livre intitulé Conscience, ainsi que des lunettes pour le lire, dont les verres se nomment « Prudence » et « Justice ». Achevé vers 1472, ce poème ne fut publié qu’en 1493 à Nantes, après la mort de l’auteur, et connut un très vif succès dont témoignent le grand nombre d’éditions qui sont parvenues jusqu’à nous.

Notre édition, parue à Paris chez Michel Le Noir, est au moins la quinzième en caractères gothiques. Elle est ornée sur le titre d’une lettrine et d’un bois représentant l’Auteur à son pupitre (manquant ici) et de la grande marque de Le Noir au verso du dernier feuillet, ainsi que de nombreuses lettrines ornées provenant de divers alphabets xylographiques.

Elle semble rare. L’USTC n’en cite que deux exemplaires, conservés à la médiathèque de Troyes et à la British Library, et Bechtel y ajoute un exemplaire provenant de chez Rahir. Notre exemplaire, modestement relié en cartonnage au XXe siècle, est amputé de la quasi-totalité du premier feuillet qui comporte le titre au recto et le début du texte au verso. Le feuillet déchiré a été restauré pour le remettre à la taille du reste de l’ouvrage.

Premier feuillet lacunaire, large mouillure angulaire en pied et feuillet K4 restauré sans atteinte au texte.

600 - 800 €

Jean de MEUNG.

Le Codicille et testament de maistre Jehã de meun.

S.l.n.d. (Paris, Michel Le Noir ?, ca 1500 ?).

Plaquette petit in-4, maroquin rouge, triple filet, dos à 6 nerfs orné à la grotesque, dentelle intérieure, tranches dorées (E. Niédrée, 1847).

Babelon, 135 // Bechtel, 394/J-107 // Brunet, Supplément I-1020 // De Backer, 129 // Tchemerzine-Scheler, IV-717 // USTC, 53745.

(30 f.) / a-e6 / 37 lignes, car. goth. / 128 × 187 mm.

Rarissime édition, peut-être la première, restée inconnue à Tchemerzine et Bechtel.

Poète français né à Paris vers 1240 et décédé vers 1305, à Meungsur-Loire, ville dont il tire son nom de famille, Jean de Meung fut aussi appelé Jean Clopinel en raison de la boiterie dont il était affecté. Il fut docteur en théologie ou en droit, peut-être dominicain mais certainement réputé comme l’un des hommes les plus savants de son temps. Nous avons déjà évoqué sa figure dans le catalogue de la seconde partie de la bibliothèque Bourdel (II, 20 mars 2025, n° 211), parce qu’il reste célèbre pour avoir composé la seconde partie du Roman de la rose, sans doute le plus important et le plus connu des poèmes sur l’amour courtois dont la première partie fut rédigée par Guillaume de Lorris.

A contrario de Lorris qui avait rédigé un poème mystique et sentimental, Meung en fit un poème satirique où sont abordées des questions philosophiques et scientifiques. Il y conte aussi le danger de l’amour et peint une longue évocation des maux qu’il entraine à sa suite. L’œuvre, d’un antiféminisme affirmé, décrit les femmes sous les couleurs les plus noires et les plus odieuses :

Toutes estes, serés, ou futes

De faict ou de volentes putes

Et qui bien vous en chercheroit

Toutes putes vous trouveroit.

L’ouvrage suscita à la fois l’enthousiasme et l’indignation.

Outre cette seconde partie du Roman de la rose, on doit à ce savant érudit les traductions des Consolations de Boèce, de L’Art militaire de Végèce qui fut publié sous le titre de L’Art de la chevalerie, des Épîtres d’Héloïse et d’Abélard, de deux traités d’alchimie et enfin le Testament long poème en quatrains et le Codicille, poème en huitains dans lesquels sont prodigués des témoignages de piété, des sarcasmes contre les moines et des conseils destinés aux différentes classes de la société.

L’édition est très rare. Elle a échappé à Tchemerzine qui cite notre exemplaire en indiquant à tort que c’est un exemplaire incomplet de l’édition de 1501 de Michel Le Noir, et à Bechtel qui répète cette confusion. Elle n’est pas répertoriée non plus par Renouard et Moreau dans l’Inventaire Chronologique des Éditions Parisiennes du XVIe siècle.

Après vérification, nous garantissons le texte bien complet, celui-ci commençant au feuillet a1v par le premier vers du Testament : « Ly pere et ly fisz et ly sainctz esperis » et s’achevant au recto du dernier feuillet e6 par la dernière phrase du Codicille : « Cy fine le codicille de maistre iehan de meun ».

L’édition est, en revanche, répertoriée par Brunet dans son Supplément, qui cite notre exemplaire. Elle est également référencée par De Backer sous le n° 129 qui l’indique complète et rarissime et qu’il pense, probablement à juste titre, imprimée par Michel Le Noir à cause des figures qui sont reprises d’autres éditions et qui sont reproduites par Claudin (II, 167-171).

Enfin, quant à la date de l’édition, Brunet avance celle de 1510 mais il faut sans doute suivre la notice du catalogue Firmin-Didot qui indique qu’elle pourrait bien être la première de cet opuscule car elle ne contient pas l’« épitaphe de feu roy Charles septiesme » [de Simon Gréban], qui n’a dû être ajoutée que plus tard. Cela situerait l’édition aux alentours de 1500.

Un grand bois au feuillet a1r représentant l’auteur à son écritoire, un autre grand bois au dernier feuillet e6v représentant le maître et l’élève et un petit bois au verso du feuillet a1 montrant l’auteur présentant son livre au roi.

D’après nos recherches, cette édition serait connue à trois exemplaires, celui de De Backer relié par Capé, l’exemplaire de la bibliothèque Colombine décrit par Babelon et le nôtre qui provient de la bibliothèque Firmin-Didot.

Bel exemplaire malgré de minimes usures aux coiffes, coins et coupes et petites éraflures sur les plats. Manque angulaire au feuillet b4 dû à la taille initiale de la feuille, importante mais habile restauration au dernier feuillet, petit trou marginal restauré aux feuillets e4 et e5.

Provenance :

Eusèbe-Nazaire-Christophe Brunck (inscription manuscrite, 21 mars 1853, n° 644) et Ambroise Firmin-Didot (ex-libris, 6-15 juin 1878, n° 136).

4 000 - 6 000 €

340

Guillaume MICHEL de Tours.

La forest de conscience contenant la chasse des princes spirituelle.

Paris, Michel Le Noir… en la Rue sainct Jacques a lenseigne de la Rose blanche courõnee, 30 septembre 1516 In-8, maroquin janséniste bordeaux, dos à 5 nerfs, doublure de maroquin bleu nuit, gardes de soie bordeaux, tranches dorées (Huser).

Bechtel, 502/M-325 // Brunet, III-1704 et Supplément I-1028 // Renouard, ICP, II, 1516-1436 // USTC, 14568.

(119 f. sur 120, le dernier blanc manquant ici) / A-P8 (avec B1 signé B2) / 31 lignes parfois longues, car. goth. / 92 × 156 mm.

Édition originale de cette œuvre, le premier ouvrage de Guillaume Michel de Tours, qui se veut une sorte de guide spirituel pour le cheminement de vie.

On ignore à peu près tout du poète Guillaume Michel, dit de Tours, sinon qu’il est né à Châtillon-sur-Indre et vivait dans la première moitié du XVIe siècle. On conserve de lui des traductions d’auteurs latins (Virgile, Suétone, Salluste, etc.), quelques œuvres littéraires, ainsi que quelques poèmes allégoriques.

Dans La Forest de conscience, vaste poème alternant vers et prose, l’auteur compose une œuvre morale, cest assavoir comment lon doibt peche chasser hors sa conscience quant il y est. Les péchés capitaux y sont comparés à des bêtes sauvages (lion, ours, dragon, loup, etc.) qui peuplent la forêt de conscience (l’âme chrétienne) et que poursuivent des chasseurs spirituels (les vertus cardinales et théologales) aidés de chiens. Ces descriptions en vers sont suivies d’exhortations en prose et l’ouvrage se clôt par diverses pièces et un rondeau à la Vierge.

Cet ouvrage parut pour la première fois chez Michel Le Noir, le dernier iour de septembre Milcinq cens et seize. Le nom de l’auteur, absent du titre, y est donné dans le privilège et au colophon. Le privilège précise par ailleurs que ledit guillaume michel dict avoir employe beaucoup de son temps fraye de grans deniers pour le papier : facon et impression et qu’il souhaite se rembourser de ses fraiz, mises, paines vacations.

L’ouvrage dut connaître quelques succès puisque le même Le Noir en donna une seconde édition dès 1520, copiée ligne à ligne sur la première. Elle comporte de nombreux marginalia en latin.

Grande marque de Le Noir sur le titre (Renouard, n° 620) et 24 bois quasiment à pleine page (en réalité 19 bois différents dont 5 répétés) représentant les péchés et les vertus. Le dernier bois, qui ouvre les pièces à la Vierge, représente Marie.

L’ensemble du volume est en bon état général mais les premiers et dernier cahiers (A, B et P) devaient être très abîmés et ont été fortement restaurés, avec plusieurs atteintes au texte. Ils en gardent de nombreuses traces et d’anciennes salissures. Mouillure marginale en pied de 7 feuillets (G5 à G7 et L8 à M3).

4 000 - 6 000 €

341

[Guillaume MICHEL de Tours].

Le siecle dore contenant le temps de Paix, Amour Concorde.

Paris, en la rue sainct Jacques : a lenseigne du Croissant : au Palais : au deuxiesme pillier, imprimé par Guillaume Fesandad pour Hemon Le Fevre, 20 février (ca 1522, n.s.).

In-4, maroquin rouge orné d’un double encadrement à froid avec fers angulaires dorés, fleuron central doré, dos à 5 nerfs orné, dentelle intérieure dorée, tranches dorées sur marbrure (Capé).

Bechtel, 503/M-328 // Brun, 259 // Brunet, III-1704 et Supplément I-1028 // Fairfax Murray, 676 // Renouard, ICP, III-182 // USTC, 48082.

(92 f.) / A-B4, C-Q8-4 / 40 ou 41 lignes parfois longues, car. goth. / 149 × 200 mm.

Édition originale et seule parue de ce poème moral annonçant l’Âge d’or à venir où la Vertu triomphera des péchés et du Mal.

Guillaume Michel, dit de Tours, est un poète de la première moitié du XVIe siècle. On ne sait rien de lui, sinon qu’il est né à Châtillon-sur-Indre, qu’il traduisit des auteurs latins et qu’il est l’auteur de quelques œuvres littéraires en prose et en vers. Ses poésies sont volontiers allégoriques et moralisatrices.

Dans Le Siècle doré, l’auteur alterne les passages en vers de différents mètres avec des passages en prose et décrit dans un premier temps les monstres denfer que sont les péchés capitaux et les maux qui en découlent. Il convoque ensuite la Vertu et donne des exemples des comportements vertueux qui triompheront lors de l’Âge d’or qui ne manquera pas d’advenir.

Le poème parut à Paris, chez Hémon Le Fèvre, imprimé par Guillaume Fesandad. Le colophon précise qu’il fut Acheve le xx. iour de Febvrier, sans donner de millésime, mais on date l’édition vers 1522 en raison du Privilège, daté du 19 février 1521 (ancien style) et accordé pour un an. Hémon Le Fèvre fut actif de 1509 à 1525 et Guillaume Fesandad, imprimeur du livre, de 1519 à 1522, qu’il ne faut pas confondre avec Michel Fezandat, imprimeur-libraire de la seconde moitié du XVIe siècle. Il semble, d’après Fairfax Murray qui possédait un exemplaire, que cet ouvrage soit le seul à contenir le nom de Fesandad comme imprimeur.

On notera une légère différence entre l’adresse de Le Fèvre mentionnée sur le titre : … rue sainct Jacques a lenseigne du Croissant au Palais : au deuxiesme pillier et celle mentionnée au colophon : … rue sainct Jacques a lenseigne du Croissant… Et a la salle du Palais au troisiesme pillier. Cette particularité ne se retrouve pas dans les autres exemplaires que nous avons consultés (Musée de Condé et Arsenal), qui mentionnent au colophon au second pillier. Il est donc probable que notre exemplaire soit une première émission avant que cette erreur ne soit corrigée.

Titre en rouge et noir orné d’un bois répété au verso du dernier feuillet et 11 autres grands bois dans le texte (en réalité 10 bois différents dont un répété), probablement exécutés pour le livre, portant des phylactères explicatifs. La plupart [de ces figures allégoriques] sont d’un style sobre, d’un trait un peu gras, et empreintes encore d’une certaine rigueur archaïque (Brun). Nombreuses lettrines grandes et petites, la plupart à fond criblé.

Bel exemplaire lavé et finement relié par Capé, provenant de la bibliothèque de Jules Taschereau.

Minimes frottements aux coiffes et aux coins et minime griffure sur le premier plat. Titre restauré avec marque de provenance effacée, marge supérieure un peu courte à la fin du volume, marge supérieure du feuillet M1 restaurée et décharge du signet aux feuillets G6 et G7.

Provenance :

Jules Taschereau (1er-14 avril 1875, n° 1433).

4 000 - 6 000 €

MILLES AMYS.

La tres ioyeuse plaisante recreative hystoire des faitz gestes triũphes prouesses des tres preux vaillans chevaliers Milles Amys. Et de leurs enfãs / cest assavoir Anceaulme Florisset lesquelz une maulvaise femme par envie fist gecter dedãs la Mer / et par la voulente de Dieu deux Cignes les tirerent hors de la Mer / les mirent plus de troys cens lieues loing lung de laultre sus le sablon.

Lyon, au pres nostre dame de Confort chez Olivier Arnoullet, 31 août 1553. In-8, maroquin rouge sang, grand encadrement formé d’un jeu de doubles filets dorés s’entrecroisant dans les milieux avec petits fleurons dans les angles, dos à 5 nerfs orné de doubles filets et d’un fleuron répété, doublure de maroquin bleu roi avec filets et roulettes dorés, doubles gardes, tranches dorées sur marbrure (Lortic).

Baudrier, X-87 // Bechtel, 504/M-336 // Brunet, III-1720 et Supplément II1062 // Fairfax Murray, 380 // USTC, 79217.

(150 f.) / a-s8, t6 / 35 longues lignes, car. goth. / 127 × 194 mm.

Très rare sixième édition en caractères gothiques de ce roman de chevalerie.

Cette version du roman de chevalerie Milles et Amys est une adaptation en prose d’une chanson de geste du XIIIe siècle, Amis et Amile, à laquelle vient s’ajouter une suite consacrée aux aventures de leurs enfants Anceaulme et Florisset.

D’origine probablement italienne, près de Mortara, cette légende devint française grâce aux pèlerins qui, revenant de Rome, l’introduisirent en France. Elle conte l’amitié indéfectible de deux jeunes hommes, Amis et Amile, semblables de corps et d’âmes, nés le même jour dans des lieux différents mais que des forces obscures poussent à se retrouver. Ils se jurent une amitié sans faille et partent se battre au service de Charlemagne contre les Bretons. S’ensuivent toutes sortes d’aventures où se mêlent mariages, traîtrises, perfidies, combats singuliers, substitutions de personnes, punition divine, meurtres, résurrections, miracles, etc. Le récit s’achève par le pèlerinage en Terre Sainte des deux héros, leur retour et leur mort près de Mortara.

Dans la version proposée ici, Milles et Amys sont occis par Ogier le Dannoys alors qu’ils reviennent de Lombardie. Nous sommes là au milieu du récit qui se prolonge par les aventures de leurs enfants, Anceaulme et Florisset, jetés dans la mer par une mauvaise femme, sauvés par deux cygnes et vivant ensuite diverses aventures où l’on retrouve des personnages réels ou fictifs empruntés au folklore médiéval : Charlemagne, son neveu Roland, Ogier le Dannoys ou Jourdain de Blaye, autre héros d’une chanson de geste.

La première édition de ce texte fut publiée à Paris chez Michel Le Noir en 1507. Elle fut suivie d’une édition non datée chez Vérard à Paris, que l’on pense publiée en 1509. Puis vient la première édition lyonnaise chez Olivier Arnoullet en 1531 qui comporte comme la nôtre 150 feuillets de 35 lignes. Deux éditions parisiennes suivent et enfin vient celle que nous présentons, à Lyon, chez Olivier Arnoullet. Celle-ci est en tout point conforme à la troisième édition que nous venons de citer chez le même éditeur et Baudrier indique qu’elle en est une réimpression.

Titre en rouge et noir illustré d’un beau bois représentant le comte Anceaulme combattant le griffon, 10 bois de plus petites dimensions dans le texte (en réalité 7 bois dont 2 répétés), dont certains ont été également utilisés dans le Guérin Mesquin et Les Cent nouvelles publiés par Olivier Arnoullet en 1530 et 1532, et très nombreuses lettrines à décor floral.

Brunet, Baudrier et l’USTC ne citent que cet exemplaire qui a appartenu à Firmin-Didot et à Fairfax Murray. Il semble ne subsister qu’un seul autre exemplaire, conservé à la Koninklijke Bibliotheek de La Haye (KW 3115 B 17).

Très bel exemplaire, relié en maroquin doublé de Lortic.

Infime accroc au premier plat. L’erreur de signature au feuillet n3 a été corrigée anciennement à l’encre, petite réparation marginale aux 5 derniers feuillets, petits manques angulaires aux feuillets c2 et c7 et à la marge inférieure du feuillet e1 dus aux tailles initiales des feuilles.

Provenance :

Ambroise Firmin-Didot (ex-libris, 6-15 juin 1878, n° 557) et Fairfax Murray (étiquette, n° 380).

6 000 - 8 000 €

343

Jean MOLINET.

Cest le romant de la rose Moralisé cler et net Trãslaté de rime en prose Par vostre hũble molinet.

Lyon, Guillaume Balsarin, 1503. In-4, maroquin rouge, triple filet doré sur les plats, dos à 5 nerfs très joliment orné aux petits fers avec fleurs, tiges foliacées, fleurons, points…, large roulette florale intérieure, doublure et gardes de papier peigne, tête dorée (Reliure du XVIIIe siècle).

Baudrier, XII-60 // Bechtel, 517/M-440 // Bourdillon, Y, pp. 138 et s., pp. 193 et s. // Brunet, III-1176 // Tchemerzine-Scheler, IV-234 // USTC, 30256.

CLIII f. (sur CLIV, sans le f.a4 blanc non compris dans la foliotation) / a4, b-g6, h4, i-n6, o-z4-6 4, aa-dd6-4, ee6 / 45 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 184 × 257 mm.

Première ou seconde édition de la translation en prose par Molinet du Roman de la rose avec des moralités ajoutées à chaque chapitre. Jehan, ou Jean, Molinet est un poète et chroniqueur français né à Desvres, dans le Boulonnais, en 1435. Après des études qu’il acheva à l’université de Paris, il tenta, sans succès, de s’attacher au roi Louis XI, puis à la duchesse de Bretagne et enfin au roi d’Angleterre. Il se maria, eut un fils qui devint chanoine de Condé puis se rapprocha de la maison de Bourgogne et devint secrétaire de Georges Chastellain, ou Châtelain, son maître et ami, à la mort duquel il succéda dans la charge d’indicataire, c’est-à-dire chroniqueur et historiographe de la maison ducale. Il devint conseiller de Philippe le Beau, duc de Bourgogne de 1482 à 1506 et fut ensuite nommé bibliothécaire de Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas. Devenu veuf, il entra dans les ordres en 1501 et obtint un des canonicats de la collégiale de Valenciennes, ville où il s’éteignit en 1507.

Son œuvre poétique et littéraire est considérable même si d’aucuns la jugent plus importante par sa quantité que par sa qualité. À son époque, il fut apprécié comme l’un des plus grands poètes et écrivait avec une facilité prodigieuse. Son œuvre est à la fois historique, poétique, littéraire et même musicale puisqu’il est aussi l’auteur de chants rimés.

Si sa création est principalement poétique, Jean Molinet n’en délaissait pas pour autant la prose, d’abord comme historiographe, mais également comme littérateur, témoin ce Roman de la Rose, translation de la version rimée de Guillaume de Lorris et Jean de Meung.

C’est une œuvre de commande qui s’inscrit dans l’antique tradition du mécénat seigneurial, réalisée par Jean Molinet à la demande de Philippe de Clèves, seigneur de Ravenstein qui souhaitait disposer d’une version intégrale, en prose, du poème original.

Jean Molinet, dans Le Prologue de son texte, y confirme que l’œuvre lui fut commandée par tres haulte et noble seigneurie. Il poursuit ensuite en indiquant que la chose mise a execution semblera de prime face fort estrange / de grant labeur et dinutile fruict tant le poème est parfait mais il conclut in fine que la version en prose, plus intelligible car elle évite les répétitions dues à la rime, est rédigée en langage plus moderne.

Le texte est d’autant plus compréhensible que Jean Molinet a divisé celui-ci en 107 chapitres qu’il fait suivre chacun d’une glose qu’il intitule Moralité

Si notre édition est incontestablement datée de 1503 au colophon, il existe une incertitude quant à son statut de première édition en raison de l’existence d’une autre édition très proche, donnée par Antoine Vérard à Paris devant la rue neufve nostre Dame, sans date, et sur laquelle les bibliographes avancent des thèses différentes. Macfarlane (n° 186),

Bechtel et l’USTC proposent la date de 1511, sans certitude ; Brunet et Tchemerzine la situent vers 1503 ou après, en rappelant le déménagement de Vérard à cette date pour l’adresse de la rue Neuve Notre-Dame. D’après toutes ces sources, l’édition Vérard serait postérieure à celle de Balsarin. Bourdillon, en revanche, au terme d’un long développement, conclut à l’antériorité de l’édition de Vérard sur celle de Balsarin, en s’appuyant notamment sur la comparaison de la composition et des bois de chaque édition et en soulignant la complexité de la datation des productions de Vérard par la seule adresse de l’éditeur. Sans pouvoir être absolument affirmatifs, cette thèse nous semble confortée par la mention au colophon, sur l’édition Balsarin, de : autrement corrigie & amende quil nestoit par denant (sic) / cõme il appert clerement en divers passaiges chapitres et nous considérons l’édition que nous présentons comme étant la seconde.

L’ouvrage est illustré d’une petite lettrine répétée une fois, d’une grande lettre grotesque, d’un grand bois représentant un clerc à sa table inspiré par un ange, et de 139 petits bois dans le texte (en réalité 67 bois dont 26 répétés deux fois, 8 répétés trois fois, 6 répétés quatre fois et 3 répétés cinq fois). Ces figures sont copiées, sauf pour deux d’entre elles, sur celles de l’édition en vers de 1485 publiée à Lyon chez Syber. Plusieurs lettrines parfois historiées à fond criblé et marque de l’imprimeur au dernier feuillet.

Bel exemplaire en maroquin rouge du XVIIIe siècle.

Restaurations anciennes à 2 coins et au dos. Annotations marginales anciennes en français à plusieurs feuillets, parfois coupées par le relieur, importante réparation marginale au premier feuillet et déchirure à une garde, mouillures anciennes au dernier quart du volume.

Inscription manuscrite ancienne sur une garde Mr Le Breton Delehaize principal du college de Lamballe

Provenance :

Le Breton (ex-libris manuscrit) et cachet non identifié.

20 000 - 25 000 €

344

Jean MOLINET.

Les Faictz et dictz de feu de bõne memoire Maistre Jehan Molinet : contenans plusieurs beaux Traictez, Oraisons Champs royaulx : comme lon pourra facillement trouver par la table qui sensuyt. Nouvellement imprimez a Paris Lan Mil cinq Cens trente et Ung, le deuxiesme iour de Decembre.

On les vend au Palais en la Gallerie par ou on va a la Chancellerie. Paris, Pour Jehan Longis et la veufve feu Jehan sainct Denys, 2 décembre 1531 Petit in-folio, veau marbré, triple filet avec armoiries sur les plats, dos à 5 nerfs orné (Reliure du XVIIIe siècle).

Bechtel, 517/M-435 // Brunet, III-1812 // Olivier, 2399-1 // Renouard, ICP, IV-244 // Rothschild, I-472 // Tchemerzine-Scheler, IV-850 // USTC, 29191-73051.

(4 f., le premier blanc)-CXXXIII f.-(1 f. blanc) / 4, A-V6, X-Y4, Z6 / 42 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 160 × 240 mm.

Première édition collective. Exemplaire avec un titre inconnu, sans doute un premier état.

Important recueil poétique et littéraire de Jean Molinet qui fut le secrétaire et le successeur de Georges Chastelain, historiographe et poète officiel du duc de Bourgogne, et devint par la suite bibliothécaire de Marguerite d’Autriche. Ses chroniques sont riches d’informations mais Jean Molinet fut aussi poète à ses heures et il produisit un grand nombre de poèmes dans lesquels il utilisa des formes nouvelles et des jeux de mots qui lui furent reprochés notamment par Rabelais dans un des chapitres de Gargantua. Ainsi utilisa-t-il parfois le jeu de doubler les mots comme dans ces quatre vers où il parle de lui :

Molinet n’est pas sans bruyt, ni sans nom non ; Il a son son et comme tu vois voix ;

Son doulx plaid plaist mieulx que le fait ton ton, Ton vif art ard plus cler que charbon bon…

Son recueil Les Faicts et dictz est la première édition collective de ses poésies mêlées de pièces de prose jetées pêle-mêle sans ordre véritable. On y trouve des prières religieuses, Oraison à la Vierge,– à saint Gabriel,– à sainte Anne, des prières pour Le trépas du duc Charles,– de Marie de Bourgogne,– d’Isabeau de Castille, des relations historiques, Voyage de l’archeduc en espaigne,– un voyage à Naples,– la naissance du duc Charles,– de Madame Alienor et des pièces plus légères, Le siege d’amours,– le debat de la chair et poisson,– Dapvril et de may,– du loup et du mouton,– et aussi La Recollection des merveilleuses advenues au temps de tres elegant orateur messire George Chastellain et Maistre Jehan Molinet…

Tchemerzine, Picot, Renouard et Bechtel citent la première édition à la date du 9 décembre 1531. Brunet cite l’édition en 1531 mais ne précise pas le jour du mois de décembre. Enfin l’USTC recense deux éditions en 1531 sans que soit précisée la date calendaire d’impression.

Nous avons comparé notre volume avec les deux exemplaires de ce texte conservés à la BnF, qui portent tous deux la date du 9 décembre 1531. Ces derniers ont des titres presque semblables entre eux, une typographie rouge et noire et deux marques d’imprimeurs, celle de Jehan Longis et celle de la veuve de Jehan Saint Denys, avec au verso le privilège.

Notre titre est différent : il est imprimé en noir, à la date du 2 décembre avec une imposition différente et la marque de Jehan Longis ; le verso de ce titre est vierge contrairement aux deux exemplaires précités. Le reste du corps d’ouvrage est absolument identique entre les trois exemplaires.

Le titre de notre exemplaire étant à la date du 2 décembre et ne comportant pas au verso le privilège du Châtelet accordé le 5 décembre à Jehan Longis pour quatre ans, il est très probablement un premier état, Longis ayant dû le réimprimer avec le privilège qui lui fut accordé trois jours plus tard.

C’est donc la première édition collective, ici avec un premier état du titre. Elle est illustrée de la marque de l’imprimeur sur le titre, de quelques lettrines, parfois à fond criblé, et d’un feuillet comportant trois petits bois représentant un dé à jouer, un écu et une tête de mort.

Bel exemplaire aux armes de Jeanne-Antoinette Poisson, duchessemarquise de Pompadour, dont le fer sur les plats est très proche de celui reproduit par Olivier à la planche 2399 sous le numéro 1.

Usures aux coins. Les trois derniers feuillets très habilement refaits à l’encre (z3 à z5), taches un peu brunes à quelques feuillets, une déchirure marginale réparée à un feuillet (z2).

Provenance :

Marquise de Pompadour (armes, vente en 1765, n° 638) et Charles Schefer (ex-libris, I, 8-14 mai 1899, n° 143).

6 000 - 8 000 €

345

Jean MOLINET.

Les Faictz et dictz de feu de bõne memoire maistre Jehan Molinet contenans plusieurs beaulx traictez, oraisons et champs royaulx cõme lon pourra facillem t trouver par la table qui sensuyt. Nouvellement imprimez a Paris.

Paris, en la rue sainct Jacques a lenseigne de la fleur de lys dor chez Jehan petit, 1537. In-8, vélin à recouvrements, dos lisse avec le titre écrit postérieurement à l’encre, traces de lacets (Reliure de l’époque).

Bechtel, 517/M-436 // Brunet, III-1812 // Tchemerzine-Scheler, IV-851.

(4 f.)-CCLII f. (mal chiffré CCL avec LXIII et LXIIII en double) / 4, A-X8, AA-KK8, LL4 / 32 lignes, parfois longues, car. goth. / 103 × 157 mm.

Rare seconde édition des poésies de Jean Molinet.

Nous avons longuement décrit au précédent numéro cette compilation de poésies et de pièces en prose faite sans ordre véritable et dans laquelle on trouve aussi bien des prières religieuses et des relations historiques que des morceaux littéraires.

L’auteur, Jean Molinet (1435-1507), historiographe de la maison de Bourgogne, fut considéré comme un des plus grands auteurs de son temps. Écrivain prolixe, il avait une telle facilité à écrire et à composer des poésies que son étonnante production fut parfois faite au détriment d’une très belle qualité.

Nous laissons ce jugement à ses détracteurs en constatant simplement que ce fut un auteur à succès dont la première édition collective des poésies fut publiée en 1531 chez Jehan Longis et que cette réimpression fut publiée seulement six ans plus tard par six libraires, Jehan Longis, Jean Petit, Jacques Kerver, François Regnault, Pierre Sergent et Jean Yvernel qui se partagèrent le bénéfice de cette publication. L’USTC recense des exemplaires publiés par ces libraires, à l’exception de Jean Petit. Le texte, si mauvais qu’il soit selon certains, connut d’ailleurs une troisième édition trois ans plus tard, signe de son succès.

Titre en rouge et noir, grandes et petites lettrines.

Annotations marginales à 2 feuillets (DD7 et EE7), marge supérieure un peu courte avec atteinte parfois à la pagination, petites taches sans gravité à 5 feuillets (B8, C1, II4, LL3 et LL4), réparation ancienne à un feuillet (X1).

Provenance :

François Ayrault (ex-libris manuscrit répété trois fois) et Ferdinand Brunetière (ex-libris, I, 6-8 février 1908, n° 102).

2 500 – 3 500 €

346 [Jean MOLINET].

Le temple de mars.

Paris, le petit Laurens, s.d. (entre 1491 et 1495).

Plaquette in-8, maroquin rouge sang, triple filet, dos à 5 nerfs finement orné, dentelle intérieure, tranches dorées (Trautz-Bauzonnet).

Bechtel, 518/M-444 // Brunet, III-1813 // Fairfax Murray, 384 // Morgan Library, 75124 // Tchemerzine-Scheler, IV-830 // USTC, 71394.

(8 f.) / a8 / 29 lignes, car. goth. / 118 × 176 mm.

Seconde édition de ce poème dans lequel Molinet décrit les malheurs et désastres de la guerre.

Né en 1435 à Desvres dans le Boulonnais et mort en 1507 à Valenciennes, Jean Molinet fut à la fois chroniqueur et poète. Son œuvre est féconde mais Le Temple de Mars est à mettre à part en ce qu’il n’est ni une pièce commandée comme la version translatée en prose du Roman de la rose, ni une pièce historique et encore moins un poème de circonstance pour le trépas d’un grand seigneur ou une pièce de fiction.

Le Temple de Mars est un long poème de quarante strophes en huit vers octosyllabiques dans lequel le poète décrit les malheurs de la guerre et les désastres qu’elle entraîne : On y voit que l’auteur avait souffert des guerres qui avaient désolé la Flandre et qu’il ne peut recouvrer ce qu’il avait perdu (Hoefer) :

Guerre a le col cornu let sathanique

Pied tyrannique et hure de sanglyer

Panse de loups dos de beste asynique

Yeulx gettant feu comme fier basilique

Jusqu’à finir sur ces vers :

Querez la paix destruisez la ratiere

De guerre entiere et de toute discorde

… Car qui saccorde a paix a concorde

Misericorde obtient de dieu paisible

A cœur vaillant il nest riens impossible.

Le poème, anonyme, contient une dernière strophe où l’auteur laisse deviner son nom dans le dernier vers sous les mots molin net, jeu de mots dont il fait usage aussi dans sa translation du Roman de la rose :

Pource que guerre ma navre

Et que Mars me travaille et blesse

Sans avoir nulz biens recouvre

Jay paint son temple ou iay ouvre

Rudement selon ma foiblesse

Pour Dieu excuses ma simplesse

Sil est obscur trouble ou brunet

Chascun na pas son molin net (Molinet)

L’ouvrage parut pour la première fois vers 1480 aux Pays-Bas, dans une édition sans nom, ni lieu, ni date, avant d’être réimprimé par l’imprimeur parisien Le Petit Laurens entre 1491, date de l’établissement de son atelier, et 1495. Cette dernière date est donnée par l’état de la marque d’imprimeur : la branche horizontale de la croix tréflée, dans le haut, fut cassée vers 1495 et elle est ici intacte.

Marque de l’imprimeur au premier feuillet avec la devise Chascun soit content / de ses biens / qui na sufisance / na riens (Renouard, n° 579), un grand bois au verso du titre montrant un chevalier agenouillé devant Mars dieu des batailles et sa cour. Pieds de mouche et traits à l’encre rouge au titre et à deux feuillets, une lettrine à l’encre bleu pâle et à l’encre rouge.

Tchemerzine indique qu’on ne connaît qu’un seul exemplaire de cette édition, l’exemplaire Lignerolles relié par Trautz-Bauzonnet, passé ensuite chez Fairfax Murray, exemplaire que nous présentons aujourd’hui.

Bechtel mentionne en outre un second exemplaire, relié par Chambolle-Duru, d’après un catalogue de Pierre Berès de 1955 (n° 70) et l’USTC n’en référence qu’un seul, conservé à la Morgan Library de New York (PML-75124), dont la notice indique par erreur qu’il s’agit de l’exemplaire Lignerolles / Fairfax Murray. Il existe une confusion entre ces deux exemplaires et nous avons pu, grâce à l’amabilité de notre confrère Patrice Rossignol, les identifier et rectifier les erreurs.

Le premier exemplaire, relié par Trautz-Bauzonnet, passé chez Lignerolles puis chez Fairfax Murray, est celui que nous présentons. Le second, relié par Chambolle-Duru, a été proposé par Berès en 1955, puis par le libraire Rossignol dans ses catalogues de 1973 (n° 214) et 1977 (n° 198) et a été acquis par la Morgan Library.

Superbe exemplaire en maroquin rouge de Trautz-Bauzonnet.

Infimes piqûres à quelques feuillets.

Provenance :

Comte Raoul de Lignerolles (II, 5-17 mars 1874, n° 876) et Fairfax Murray (étiquette, n° 384).

6 000 - 8 000 €

MONOLOGUE NOUVEAU

fort ioyeulx de la Chamberiere desproveue du mal damours.

On les vent a Lion pres les halles par pierres prevost. au palays a la Galerie de la chancellerie, s.d. (ca 1530).

Petit in-8, maroquin rouge, triple filet, dos à 5 nerfs joliment orné, dentelle intérieure, tranches dorées (Trautz-Bauzonnet).

Baudrier, I-361 // Bechtel, 521/M-467 // Brunet, III-1830 // Gültlingen, VI166 // Rothschild, IV-3176 // Tchemerzine-Scheler, III-639b // USTC, 38731.

(4 f.) / [ ]4 / 27 lignes (sauf pour un feuillet, 26), car. goth. / 85 × 132 mm.

Seconde édition très rare d’un texte qui est parfois attribué à Pierre Gringore.

Ce petit monologue en vers de huit pieds s’explique par son titre et par ses premiers vers :

Seulle esgaree de tout ioyeux plaisir

Dire me puis amours maleureuse

Au lit dennuy il me convient gesir

Sus loreiller de vie langoureuse

Seulle esgareee de tout ioyeux plaisir

Dire me puis en amours maleureuse

Venus la deesse ioyeuse

De qui ie me tiens serviteure

Serez vous envers moy piteuse…

Le poème fut réimprimé par Anatole de Montaiglon dans son Recueil de poésies françaises (II-245).

Ce monologue d’une jeune femme de 15 ans en mal d’amour a connu deux éditions en caractères gothiques. La première à Paris, sans nom d’éditeur, que l’on peut dater vers 1520, et celle que nous présentons, lyonnaise chez Pierre Prevost, que l’on estime publiée vers 1530.

Elle est ornée au premier feuillet d’un grand bois représentant une femme élégamment vêtue, tenant dans sa main droite un bouquet de fleurs, au recto du dernier feuillet d’une grande fleur de lys florentine et, au verso de ce même feuillet, de la sibylle delphique et d’un petit bois carré représentant trois têtes grotesques coiffées de capuches.

La sibylle orne également un autre volume de la bibliothèque Bourdel, intitulé Merveilles advenir en cestuy an vingt et sis. Revelle par les dieux (cf. le n° 337 du présent catalogue). Le bois aurait auparavant servi, selon Fairfax Murray (II, n° 374), à orner les bordures angulaires d’un livre d’heures.

Cette édition est très rare. L’USTC ne référence que deux exemplaires dans les bibliothèques publiques, celui du duc d’Aumale au musée Condé de Chantilly, et celui de la BnF qui avait appartenu auparavant à Yemeniz, à Ambroise Firmin-Didot puis à Rothschild.

Joli exemplaire réglé qui a malheureusement subi les outrages du temps et a été soigneusement établi. Tous les feuillets ont été restaurés dans les marges et une lettre du titre a été reprise à l’encre.

En dépit de ces défauts que Trautz-Bauzonnet mit un grand soin à réparer, ce volume, d’une rareté insigne, n’en conserve pas moins un charme indiscutable.

2 000 - 3 000 €

348

Enguerrand de MONSTRELET.

Le premier (Le Second, Le Tiers) Volume de enguerran de monstrellet. Ensuyvant froissart nagueres imprime a Paris Des cronicques De france, dangleterre, Descoce, despaigne, De bretaigne, de gascongne, De flandres. Et lieux circonvoisins.

Paris, Anthoine Vérard, a petit pont a lymaige sa ct Jehan levãgeliste ou au palais devant la chappelle ou len chãte la messe de messeigneurs les presidens, s.d. (entre 1501 et septembre 1503).

3 parties en 2 forts volumes in-folio, veau brun estampé à froid avec médaillons et roulettes droites répétés, dos à 6 nerfs ornés de filets à froid, traces de fermoirs (Reliure de l’époque).

Bechtel, 522/M-468 // BMC, VIII-95 // Brunet, III-1831 // CIBN, entre M-522 et M-528 // Macfarlane, 144 // Rothschild, II-2097 // TchemerzineScheler, IV-856 // USTC, 83467.

I. (10 f.)-CCCIV f. (mal chiffré CCCII, avec des erreurs, manque un feuillet blanc) / ã10, a-e8, f10, g-z8, 8, aa-mm8, nn6, oo8 // II. (8 f.)-CCII f. (mal chiffré CCI) / A-Z8 8, ?8 10 // III. (6 f.)-CXXXIII à CCLX f. / AA6, BB-RR8 // 44 ou 47 longues lignes sur 2 colonnes, car. goth. // 248 × 360 mm

Édition originale.

Le chroniqueur français Enguerrand de Monstrelet naquit vers 1390. Il fut attaché au service de Jean du Luxembourg puis à celui du duc de Bourgogne Philippe III le Bon, avant de remplir successivement les charges de lieutenant du gavenier de Cambrai, prévôt de Cambrai et bailli de Walincourt. Il s’éteignit en 1453, laissant ses Chroniques rédigées pour la maison de Luxembourg.

Les Chroniques de Monstrelet, en deux livres, se veulent la continuation directe de celles de Froissart qui s’étendaient de 1361 à 1400. Celles de Monstrelet couvrent les années 1400 à 1444 et constituent l’une des plus importantes sources pour l’histoire de la France, de la Flandre et de l’Angleterre de la première moitié du XVe siècle. S’il manque d’impartialité et ne dissimule pas son attachement aux ducs de Bourgogne, l’auteur y a accumulé une grande quantité de renseignements et de documents qui auraient disparu sans lui. Il a en effet enrichi ses Chroniques de nombreux édits, harangues, plaidoyers, défis, traités, etc., qui documentent textuellement les événements des guerres civiles entre les maisons d’Orléans et de Bourgogne, l’occupation de Paris et de la Normandie par les Anglais, leur expulsion du territoire français... Le Tiers livre, qui poursuit la chronique de 1444 jusqu’en 1467, n’est pas de sa main et a été attribué à Mathieu d’Escouchy (ou de Coucy), l’un des élèves ou continuateurs de Monstrelet.

Les Chroniques circulèrent sous forme manuscrite avant d’être publiées pour la première fois par le libraire parisien Antoine Vérard entre 1501 et septembre 1503. Cette édition, non datée, est identifiée grâce à son adresse a petit pont. On sait, en effet, que Vérard déménagea ensuite en septembre 1503 devant la rue neufve nostre dame, adresse qui figura sur ses productions à partir de cette date. Vérard donna la même année une seconde édition des Chroniques de Monstrelet, très proche de la première et que l’on ne distingue que par l’adresse et le nombre de lignes à la page. Édition illustrée d’un grand L grotesque sur les titres, d’un grand bois gravé au premier volume (f. x3v) et de la marque de Vérard au dernier feuillet du second volume (Macfarlane, n° LXXVII). Elle est composée de deux types de caractères distincts de tailles différentes, ce qui explique que certains feuillets comptent 47 lignes à la page et d’autres seulement 44. Il est très rare d’en trouver des exemplaires complets et Bechtel n’en recense que trois : l’exemplaire Rothschild, celui du baron Double et celui de Fairfax Murray que nous présentons. L’absence du feuillet x4 ne constitue pas, d’après Macfarlane et Fairfax Murray, un manque car tous deux le pensent blanc.

Reliure abîmée, frottements et restaurations avec larges épidermures, gardes renouvelées. Restauration à 4 feuillets (t. I, ff. ã1, ã2, t1 et t8), quelques petits trous ou manques marginaux sans gravité (t. I, f. b8 ; t. II, ff. D8 et 8), un manque touchant légèrement le texte (t. I, f. g8), un feuillet déchiré avec atteinte au texte sans manque (t. III, f. EE7), 5 feuillets légèrement plus courts (t. I, ff. h4, h5 et oo4 ; t. II, ff. C1 et C8) ; mouillure marginale sans gravité à quelques feuillets.

Provenance :

Cotes anciennes à l’encre sur les titres et Fairfax Murray (étiquette, n° 386).

5 000 - 7 000 €

La NEF DE SANTE.

Avec le gouvernail du corps humain et la condãnacion des bancquetz a la louenge de diepte et sobriete et le traictie des passions de lame.

Paris, Vérard, s.d. (ca 1507-1508).

Petit in-4, maroquin rouge à long grain orné dans le genre Du Seuil d’un double encadrement doré avec fleurons angulaires sur les plats, dos à 5 nerfs orné d’un double filet doré, dentelle intérieure, tranches dorées (Thouvenin).

Bechtel, 535/N-8 // Brunet, IV-32 et Supplément II-13 // Fairfax Murray, 394 // Macfarlane, 177 // Renouard, ICP, I-1507, 132 // Rothschild, II-1081 // USTC, 57814.

(98 f.) / a-p6, q8 / 38 ou 39 lignes, parfois longues, sur 2 colonnes, car. goth. / 156 × 209 mm.

Rare première ou seconde édition, suivant les bibliographes, de ce traité médical et astrologique.

La Nef de santé, publiée anonymement, est pour l’essentiel l’œuvre de Nicole (ou Nicolas) de La Chesnaye. Ce dernier, dont on sait peu de choses, vécut à la fin du XVe siècle et dans la première moitié du XVIe siècle et fut maître d’hôtel des rois Louis XI, Charles VIII et Louis XII. Il mourut vers 1550.

La Nef de santé est constituée de quatre textes distincts :

– La Nef de santé elle-même, composée en prose, occupe les 45 premiers feuillets. L’auteur y expose les vertus et vices de divers éléments (viandes, poissons, fruits, herbes, vins, fromages, beurre, etc.) et en particulier leurs qualités diététiques et gustatives ;

– Le Gouvernail du corps humain (f. 45v à 50r), pièce en prose et en vers où se mêlent des considérations astrologiques et morales ;

– La Condamnacion des Banquetz (f. 50r à 92r), longue pièce en vers appartenant au genre théâtral médiéval des moralités où interviennent plus de 30 personnages, dont Banquet, Soupper, Disner, Gourmandise, Friandise, Accoutumance, Bonne compaignie, Goutte, Ydropisie, Appoplexie, Experience, etc. La moralité se clôt par un débat entre les sommités médicales que sont Galien, Avicenne, Ypocras, Averroys et le jugement de Banquet condamné à être pendu afin d’éviter les maladies qui font le guet ;

– Les Passions de lame (f. 92r à 97r), traité composé en vers qui condamne, sous l’égide de Galien, tous les débordements que sont amour trop excessive, trop grant hardiesse, ire impaciente, charnelle copulation, etc.

Ce traité fut publié pour la première fois par le libraire parisien Antoine Vérard en 1507 (1508, nouveau style). Il existe deux éditions quasiment conformes, qui ne se distinguent que par la présence ou non, sous le colophon, de la date du 17 janvier 1507. Pour la plupart des bibliographes, il s’agit en réalité de deux états d’une même édition : Macfarlane «  Certains copies have a date on the colophon », Picot dans le catalogue Rothschild et Brigitte Moreau « 2 états » ; Fairfax Murray, à qui cet exemplaire non daté a appartenu, ne se prononce pas « appears to correspond very closely » ; seul Bechtel parle de seconde édition. Le nom de l’auteur apparaît en acrostiche à la fin du prologue de La Nef

Édition illustrée d’un grand L grotesque sur le titre et de la marque de Vérard au colophon (Macfarlane, n° LXIII et LXXVII), ainsi que de 30 bois dans le texte : 2 bois pour La Nef de santé (l’auteur offrant son livre et deux hommes dont l’un tient une châsse), 9 bois pour le Gouvernail (l’auteur à son pupitre, un homme anatomique et les 7 planètes), un bois pour la Condamnacion (le docteur prolocuteur) et 18 bois pour les Passions (la plupart tirés d’une édition du Roman de la Rose). Le bois des deux hommes tenant une châsse provient d’une édition du Chevalier delibere d’Olivier de La Marche donnée par Vérard en 1488 et fut réutilisé par le même éditeur pour son Remède d’amour d’Ovide en 1509 (cf. le n° 352 du présent catalogue). L’édition comporte également de nombreuses lettrines provenant de divers alphabets, pleines, florales, grotesques…

Toutes les bibliographies insistent sur la rareté de cette édition. Cet exemplaire de l’état non daté provient des bibliothèques du prince d’Essling : livre fort rare  ; Utterson ; Sneyd : extremely rare ; et Fairfax Murray. Il porte dans les marges quelques traces d’annotations effacées.

Dos passé et mors frottés. Trous de vers à l’ensemble du volume, restauration en tête du feuillet f1 touchant la première ligne de texte ; une petite tache (f. a6) et une tache marginale en pied (f. m5).

Provenance :

Prince d’Essling (3-8 mai 1847, n° 9), Edward Vernon Utterson (ex-libris, 19-26 avril 1852, n° 1401), Walter Sneyd (ex-libris, 16-19 décembre 1903, n° 538) et Fairfax Murray (étiquette, n° 394).

4 500 – 5 500 €

350

OGIER LE DANNOYS.

Duc de Dannemarche Qui fut lũg des douze pers de Frãce Lequel, avec le secours ‡ ayde du Roy charlemaigne, chassa les paiens hors de Rõme Et remist le pape en son siege Et fut lõgt ps en faerie, puis revint Comme vous pourres lire cy apres en ce present livre.

Paris, Veuve Jehan Trepperel et Jehan Jehannot, en la rue neufve nostre dame a lenseigne de lecu de France, s.d. (entre 1512 et 1520 ?).

Petit in-4, maroquin janséniste brun, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées (Thompson).

Bechtel, 546/O-12 // Brunet, IV-171 // De Backer, 114 // Fairfax Murray, 402 // USTC, 38024.

(162 f.) / a6, b-c4, d8, e4, f8, g-h4, i8, k-m4, n8, o-q4, r8, s-v4, x8, y-z4, 4, A8, B-D4, E8, F-H4 / 39 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 127 × 189 mm.

Probablement la quatrième ou la cinquième édition de ce roman de chevalerie en prose. Elle est la première in-4 et est illustrée de nombreux bois dans le texte.

Ogier le Danois, personnage fameux des légendes de chevalerie à l’instar de Roland ou de Renaud de Montauban, est inspiré d’un personnage ayant réellement existé et qui fut l’un des douze preux (pairs ou paladins) de Charlemagne. Il quitta le métier des armes, se fit moine et mourut à la fin du IXe siècle. Son souvenir populaire en fit le héros d’une chanson de geste légendaire en vers composée au XIIe siècle par le trouvère Raimbert de Paris, dans laquelle Ogier devient le type même du chevalier révolté contre son suzerain. Baudouin fils d'Ogier ayant été tué au cours d’une partie d’échecs par le fils de Charlemagne, son père, fou de douleur, se rebelle et, réclamant vengeance, tire l’épée contre l’Empereur. Forcé de fuir, il va demander asile au roi de Pavie qui lui confie le commandement de son armée ; il combat alors Charlemagne mais, contraint de battre en retraite, se réfugie à Castelfort où l’Empereur vient l’assiéger. Au bout de sept ans, seul survivant, Ogier le Danois se résout à sortir et s’enfuit dans les bois où il est surpris dans son sommeil. Il est jeté au cachot et la rumeur de sa mort se répand chez les païens qui, croyant désormais le royaume sans défense, l’envahissent. Seul Ogier est capable de défaire leur chef Brahier, doué d’une force extraordinaire. Charlemagne le fait alors sortir de sa prison mais le héros, implacable, ne promet son bras qu’au prix de la vie de l’assassin de son fils. Charlemagne le lui livre alors mais saint Michel descend du ciel et sauve l’enfant. S’ensuivent le combat et la victoire d’Ogier sur le géant sarrazin.

Cette chanson de geste connut une popularité extraordinaire et fut souvent remaniée au cours des siècles suivants. C’est probablement à la fin du XVe siècle qu’elle fut pour la première fois mise en prose, et la plus ancienne édition connue de cette version parut à Paris chez Le Petit Laurens vers 1495 ou à Lyon chez Vingle en 1496. Il semble que l’édition de Paris non datée, parue à l’adresse de la veuve Trepperel et de Jean Jehannot, soit la quatrième ou la cinquième, et la première in-4. La datation précise est difficile, car l’association veuve Trepperel/Jehannot dura de 1512 à 1517 ou 1520 au maximum. La date de notre édition située entre 1512 et 1520 fut contestée par certains au motif que le bois au verso du titre aurait été coupé et qu’il aurait été utilisé entier dans l’édition du même texte publiée par Nourry en 1525. Firmin-Didot, pour se débarrasser de la question, avança la date de 1522, date intermédiaire entre 1520 et 1525, hypothèse retenue par Bechtel.

Nous avons comparé les deux bois placés au verso du titre dans l’édition de Trepperel/Jehannot et au feuillet d6v dans l’édition de Nourry. Il existe de très nombreuses différences et il ne fait aucun doute que le bois a été regravé pour l’édition de Nourry, ce qui remet en cause la date de 1522 et nous fait dater notre édition entre 1512 et 1520 sans que nous puissions être plus précis sur ce point.

Bechtel a révélé l’existence de deux tirages, caractérisés par des titres différents, Ogier Le Dannoys et Sensuyt Ogier Le Dannois. Notre exemplaire appartient au tirage « A »

Un titre en rouge et noir portant un bois représentant Ogier en tête d’une troupe de chevaliers, 2 autres bois rectangulaires (verso du titre et verso du dernier feuillet) et 49 autres bois dans le texte (en réalité 37 bois différents dont 7 répétés) dont 11 bois de la taille d’une colonne, 30 bois dépassant sur la deuxième colonne et 8 bois de la largeur de la page. D’après Fairfax Murray, les bois occupant la largeur de la page semblent provenir d’une illustration réalisée pour une Destruction de Jerusalem tandis que les bois de la taille d’une colonne seraient de la main d’un graveur employé par les Trepperel. Enfin, 28 bois semblent copiés sur des éditions de Michel Le Noir. Quatre feuillets du premier cahier sont imprimés en rouge et noir et l’illustration se complète de nombreuses lettrines à fond criblé.

Cette édition est très rare et l’USTC ne recense que l’exemplaire de la Bayerische Staatsbibliothek de Münich. Nous en avons identifié quatre dont deux sont du tirage A et deux du tirage B. L’exemplaire que nous présentons provient de la bibliothèque de Fairfax Murray, dont le catalogue ne mentionne pas d’autre provenance. Nous supposons, compte tenu de la rareté de l’ouvrage, qu’il a auparavant appartenu aux bibliothèques Solar (mar. br. tr. d.) et Firmin-Didot (mar. brun, jans., tr. dor. (Thompson) provenant de la collection Solar).

Minimes frottements à la reliure. Tache au feuillet q1v et très pâle mouillure angulaire à 8 feuillets (cahiers f-g).

Très bel exemplaire.

Provenance :

Félix Solar (?, 19 novembre-8 décembre 1860, n° 1863), Ambroise FirminDidot (?, 9-15 juin 1881, n° 393) et Fairfax Murray (étiquette, n° 402).

8 000 - 10 000 €

351

[OLIVIER DE CASTILLE].

LHystoire de Olivier de Castille de Artus Dalgarbe son loyal compaignon. Et de helayne fille au roy dãgleterre. Et de Henry filz dudict Olivier qui grãs faictz darmes firent ensemble.

Lyon, au pres de nostre dame de Confort chez Olivier Arnoullet, 30 juin 1546 Petit in-4, maroquin vert, triple filet doré en encadrement, dos lisse avec le titre en long OLIVIER. DE. CASTILLE. ET. ARTUS. DALGARBE, les parties en tête et en pied ornées à la grotesque, roulette intérieure, tranches dorées sur marbrure (Reliure du XVIIIe siècle).

Baudrier, X-81 // Bechtel, 549/O-29 // Brunet, IV-184 // Gültlingen, III, p. 217, n° 81 // USTC, 55944.

(54 f.) / A-M4, N6 / 35 longues lignes, car. goth. / 123 × 183 mm. Rare édition lyonnaise de l’un des grands romans de chevalerie du XVe siècle.

Plusieurs sources attribuent L’Histoire d’Olivier de Castille à Philippe Camus, écrivain français du XVe siècle dont le nom se retrouve dans plusieurs manuscrits anciens et éditions du roman. Camus l’aurait traduite du latin vers 1455 à la demande de Jean II de Croÿ, comte de Chimay. Ce récit chevaleresque connut dès lors, à partir de sa version en prose française, une très grande vogue dans toute l’Europe et pendant tout le XVIe siècle.

Il conte le récit de l’amitié entre les princes de Castille et d’Algarve (ou Algarbe), royaume au sud du Portugal. Ayant perdu sa femme en couches lors de la naissance d’Olivier, son père le roi de Castille se remarie avec la reine d’Algarve, mère d’Artus. Olivier et Artus grandissent en frères, mais la nouvelle reine de Castille éprouve, à l’adolescence d’Olivier, une incestueuse attirance pour son beau-fils. Olivier repousse ses avances et s’enfuit de nuit, laissant son père le roi, Artus et même la reine repentie en grand deuil de son absence. Le héros s’embarque sur un bateau, se confie à un ermite et arrive à la cour du roi d’Angleterre où il s’éprend de sa fille Helayne, d’un amour pur et partagé couronné par un tournoi dont Olivier sort vainqueur sous les couleurs de la belle. Le jeune prince combat ensuite et défait, pour le compte du roi d’Angleterre, les rois d’Irlande qui menacent le royaume, puis épouse Helayne dont le roi lui a accordé la main en guerdon des haulx services quil luy avoit faictz. De leur union naît Henry. Un prince d’Irlande fait prisonnier Olivier, l’emmène ensuite en captivité. S’ensuit alors le récit des aventures vécues par Artus à la recherche de son compagnon. Le roi de Castille étant mort de chagrin peu après le départ de son fils, Artus avait été élu régent du royaume iusques a la revenue dolivier. Ce loyal ami se met en chemin, affronte des bêtes sauvages et, sur les conseils d’un blanc chevalier, s’en vient en Angleterre où il apprend le sort d’Olivier. Il se fait passer pour lui auprès d’Helayne à l’agonie depuis la disparition de son époux, puis va tirer Olivier de son cachot et le venge en conquérant le royaume d’Irlande dont il est fait roi. Tombé gravement malade, Artus n’est sauvé qu’au prix des deux enfants d’Olivier dont il doit boire le sang mais qu’un miracle divin ressuscite. Artus épouse ensuite la fille d’Olivier. Henry, héritier d’Olivier, est fait prisonnier et meurt chez les Païens et Artus devient roi de Castille et d’Angleterre.

Cette légende est à rapprocher directement d’un autre classique de la littérature médiévale Amis et Amile, dans lequel deux presque frères, semblables de corps et d’esprit, affrontent des aventures similaires (cf. le n° 342 du présent catalogue).

Ce roman en prose a été édité pour la première fois à Genève par l’imprimeur Louis Cruse (dit Garbin) en 1482 puis connut chez le même éditeur cinq autres éditions incunables illustrées. Suivent trois éditions parisiennes entre 1505 et circa 1515, avant notre édition lyonnaise de 1546, parue chez Olivier Arnoullet et la dernière en caractères gothiques.

Un titre imprimé en rouge et noir portant un grand bois (Olivier à cheval affrontant des ennemis), 12 gravures sur bois dans le texte (en réalité 9 bois différents dont 3 répétés) représentant principalement des scènes de batailles et nombreuses grandes et petites lettrines, la plupart à motif floral. Une des figures a été mal placée et imprimée à l’envers.

Cette édition est très rare et l’USTC ne recense que l’exemplaire conservé à la British Library. Les ouvrages édités par Olivier Arnoullet sont tous rares. À deux exceptions près, il se consacra exclusivement à la publication d’ouvrages en français, et notamment aux romans de chevalerie. L’extrême rareté de ses œuvres est la conséquence du tirage restreint inhérent à ce genre de publication. Il peut donc être placé au premier rang des vulgarisateurs de la langue française (Baudrier, X, p. 29). Notre exemplaire, relié en maroquin au XVIIIe siècle, est cité par Brunet et Baudrier. Il provient de la bibliothèque Gaignat, puis est passé dans celles de Heber et de Turner. Il est à rapprocher d’un autre ouvrage de la bibliothèque Bourdel, Martial d’Auvergne : Les Vigilles de la mort du roi Charles septiesme… (cf. le n° 332 du présent catalogue), dont la reliure est presque similaire. Il est quasi-certain que ces deux volumes, reliés dans le même atelier, ont un jour appartenu à un même bibliophile, probablement Louis-Jean Gaignat. Dos passé, trou de 1 cm à un mors. Exemplaire court dans la marge de tête, marge latérale du titre renforcée. Très bel exemplaire.

Provenance : Louis-Jean Gaignat (I, 10 avril 1769, n° 2317), Richard Heber (annotation manuscrite ?, IX, 25 mai - 17 juin 1835, n° 2204) et Robert Samuel Turner (ex-libris, 12-16 mars 1878, n° 438).

2 500 – 3 500 €

352

OVIDE.

Ovide du remede damours. Translate nouvellem t de latin en francoys avec lexposition des fables cõsonantes au texte. Imprime a Paris.

Paris, Anthoine Vérard, 4 février 1509 (1510, nouveau style) In-folio, maroquin bleu nuit, double encadrement de filets dorés reliés aux angles, dos à 5 nerfs orné de même, large et très riche encadrement intérieur doré, tranches dorées (Reliure anglaise du XIXe siècle, signature grattée).

Bechtel, 585/O-351 // Brunet, IV-292 // Fairfax Murray, 424 // Macfarlane, 95 // Renouard, ICP, I-152 // USTC, 26171. (118 f., le dernier blanc) / a-t6, v4 / 39 lignes, car. goth. / 175 × 277 mm.

Première édition de cette traduction restée anonyme.

Ovide avait essuyé de vives critiques après qu’il eut écrit L’Art d’aimer Il lui était reproché de mettre tout son talent au service de l’amour. Il rédigea alors ce long poème Les Remèdes à l’amour, dans lequel il donne les moyens de combattre les passions amoureuses, qu’elles soient réciproques ou non partagées. C’est une suite de conseils aux jeunes personnes : comment combattre cette passion, comment la faire disparaître, quels aliments adoucissent les tourments de l’amour, comment rompre… Ovide espérait aussi, par son texte, venir en aide à ceux qui souhaitaient se suicider par dépit amoureux.

Cette longue traduction restée anonyme, en vers décasyllabiques, est illustrée d’une grande lettrine sur le premier feuillet, d’un bois représentant deux personnages dont l’un portant une châsse (f. a2) et d’un bois répété montrant un maître en chaire avec ses élèves (ff. a6 et l1). Marque de Vérard (Renouard, n° 1088) au verso du dernier feuillet.

Le premier bois avait déjà été utilisé par Vérard vers 1507/1508 pour La Nef de santé (cf. le n° 349 du présent catalogue) et auparavant pour Le Chevalier délibéré d’Olivier de La Marche en 1488. Le second bois avait été utilisé en 1488 pour La Mer des histoires.

Le colophon, au recto du dernier feuillet, daté du 4 février 1509, est précédé d’un poème en neuf vers du traducteur, dans lequel il dit avoir achevé sa traduction le 6 août 1509. Ce décalage de date s’explique par le fait que l’année commençait alors au mois de mars et que le mois de février se situait alors en fin d’année. Ce n’est qu’en 1554, par une ordonnance de Charles IX, que l’année civile commença officiellement le 1er janvier.

Bel exemplaire soigneusement lavé, dans une reliure du XIXe siècle, exécutée par un relieur anglais dont le nom, au verso d’une garde, a été gratté. Le large et riche encadrement intérieur, réalisé avec un seul fer, est d’une remarquable finesse.

Légère décoloration au bord extérieur du premier plat, minimes usures aux coupes. Petite restauration angulaire au feuillet l2.

Provenance : Fairfax Murray (étiquette, n° 424).

5 000 - 7 000 €

[PARIS ET VIENNE] [Pierre de LA CÉPÈDE].

Paris et Vienne Imprime Nouvellement a Paris. viii.

Paris, Jehan Trepperel marchãt imprimeur libraire Demourãt en la rue neufve nostre dame a lenseigne de lescu de France, s.d. (ca 1525).

Petit in-4, maroquin olive, triple filet avec pastilles dans les angles, dos à 5 nerfs joliment orné, roulette intérieure, tranches dorées (Koehler). Bechtel, 589/P-26 // Brunet, IV-372 // Claudin, III, p. 43 // USTC, 95484. (32 f.) / A-H4 / 39 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 120 × 174 mm.

Huitième édition de ce roman courtois, dont chacune est d’une insigne rareté.

Le roman de Paris et Vienne est une prétendue traduction d’un récit provençal dont l’origine est restée inconnue.

Il existe deux versions de ce roman ; la première dite longue fut composée en 1432 par Pierre de La Cépède, auteur dont on connaît très peu de choses sinon qu’il était originaire d’une famille de Marseille, qu’il fut consul dans sa ville natale et écuyer du duc Louis II d’Anjou.

La seconde version dite courte fut composée anonymement dans la première moitié du XVe siècle à partir du roman de Pierre de La Cépède. C’est une version abrégée qui connut un très grand succès et qui fut l’objet d’un grand nombre d’éditions. C’est cette version que nous présentons.

Le sujet de Paris et Vienne est un thème universel que l’on retrouve dans maints contes et légendes de tous les pays. Deux jeunes adolescents de rangs sociaux différents s’aiment. Le père de la jeune fille, dauphin du Viennois, est opposé au mariage. S’ensuivent de multiples aventures et péripéties à l’issue desquelles les deux jeunes amoureux se retrouvent et se marient.

La première édition, inconnue à toutes les bibliographies et dont seul Claudin fait mention, fut publiée à Lyon chez Guillaume Le Roy vers 1480. Elle fut suivie de quatre éditions incunables, puis de deux autres éditions avant celle que nous présentons parue chez Jehan II Trepperel vers 1525. L’ouvrage connut ensuite de nombreuses autres éditions au XVIe siècle.

Un grand bois sur le titre montrant Paris et Vienne au milieu d’un jardin arboré et fleuri de roses, les deux personnages placés sous deux phylactères avec leurs noms, ce bois repris une fois dans le texte et au verso du dernier feuillet, et 11 bois de diverses tailles dans le texte. Grandes et petites lettrines.

Cette édition est rarissime. L’USTC ne fait référence qu’aux exemplaires cités par Brunet, repris ensuite par Pettegree, et considère cet ou ces exemplaires comme perdus.

Brunet cite l’exemplaire Heber sans aucune indication et l’exemplaire Giraud en maroquin olive.

L’exemplaire de Richard Heber a été vendu en 1836 (IX, 11-26 avril, n° 2227). La notice du catalogue ne donne pas non plus d’indication sur la reliure mais mentionne que l’ouvrage proviendrait de la collection Lauraguais. Le catalogue de la vente Lauraguais rédigé par De Bure en 1770 ne mentionne pas le volume.

L’exemplaire de Charles Giraud a été vendu en 1855 lors de la vente de sa bibliothèque. La description, si laconique qu’elle soit : mar. ol. fil. tr. dor. (Koehler), permet néanmoins d’identifier formellement cet exemplaire comme le nôtre.

Ce dernier enfin porte, par ailleurs, sur une garde l’ex-libris d’Armand Bertin mais il est absent de sa vente de 1854.

Tous ces éléments ne nous permettent pas d’établir que l’exemplaire Heber et l’exemplaire Giraud soient le même. Le volume est de toute façon d’une extrême rareté.

Tache un peu sombre au second plat. Mouillure ancienne au titre, réparation angulaire à un feuillet, piqûres sur les gardes, fantômes d’annotations manuscrites en latin à plusieurs feuillets.

Provenance :

Armand Bertin (ex-libris) et Charles Giraud (26 mars-28 avril 1855, n° 1908).

4 000 - 6 000 €

354

[PERCEFOREST].

[La Treselegãte Delicieuse Melliflue et tresplaisante hystoire du tresnoble victorieux excellentissime Roy Perceforest Roy de la grant Bretaigne, fondateur du Franc palais…]. – Le Secõd [Le Tiers ; Le Quart ; Le cinquiesme ; Le sixiesme] volume des anci nes Croniques dãgleterre, Faitz et Gestes des Roys Perceforest et Gadiffer descosse… Paris, Gilles de Gourmont, Jean Petit, 1531-18 décembre 1532 6 parties en 3 volumes in-folio, maroquin bronze, filet à froid en encadrement, dos à 5 nerfs ornés de même, tranches dorées (Lobstein).

Bechtel, 598/P-93 // Brunet, IV-487 // De Backer, 115 // Fairfax Murray, 441 // USTC, 47140.

I. (3 f. sur 4, manque le titre)-CLVIII f. (mal chiffré CLXIIII) / 4, a-z6, 6 , 6 8 // II. (3 f. sur 4, le dernier blanc manquant ici)-CLII f. / aa3, A-Z6 6 , 8 // III. (2 f.)-CLIX f.-(1 f. blanc) / [ ]2, aa-ss6, T-Z6, 6, ?6, AA6, BB4 // IV. (2 f.)-CXLIX f. (mal chiffré CLIX)-(1 f. blanc) / [ ]2, A-Z6, 6, ?6 // V. (2 f.)-CXIII f.-(1 f. blanc) / [ ]2, A-T6 // VI. (2 f.)-CXXIV f. (mal chiffré CXIIII) / [ ]2, A-V6 X4 // 53 longues lignes sur 2 colonnes, car. goth. // 202 × 310 mm.

Seconde édition, presque aussi rare que la première, et la dernière en caractères gothiques.

Le Perceforest, roman anonyme en prose du XIIIe ou du XIVe siècle, appartient au cycle des romans de la Table ronde et fait d’Alexandre le Grand un ancêtre lointain du roi Arthur. Dans ce singulier récit, Alexandre et Jules César se trouvent mêlés à des aventures extravagantes. Après une généalogie des rois bretons, l’auteur nous présente Alexandre le Grand, en bateau sur les rives de l’Inde avant qu’une violente tempête ne le jette sur les côtes de Grande-Bretagne. Il détrône le roi Pyr et donne le royaume à son ami Bétis qui, resté seul, souhaite bâtir un temple et doit pour cela abattre une forêt enchantée occupée par le magicien Darnant. Bétis, ou Perceforest puisque c’est désormais son nom, n’en viendra pas à bout sans le secours du Macédonien qui, revenu à son secours, croise une Dame du Lac dont il s’éprend et dont il a un fils, ancêtre du roi Arthur, avant de repartir pour Babylone. Perceforest fonde ensuite un ordre de chevalerie composé de douze preux dont les aventures s’entrecroisent dans la suite du récit. Jules César intervient alors afin de conquérir la Grande-Bretagne mais il est repoussé. Perceforest s’éteint vers l’âge de 400 ans après s’être converti au christianisme grâce à un fils de Joseph d’Arimathie. Parmi toutes ces aventures, on relève celle qui inspira la Belle au bois dormant.

La première édition de ce grand roman chevaleresque fut donnée à Paris par Galliot Du Pré en 1528 et imprimée par Nicolas Cousteau en six volumes. Elle fut rapidement suivie d’une seconde édition, celle-ci, en six volumes également, partagée entre les libraires parisiens Gilles de Gourmont, Philippe Le Noir, François Regnault et Jean Petit.

C’est la dernière édition gothique et la dernière complète ; les éditions qui suivirent ne furent plus que partielles. Selon les volumes et les libraires, les exemplaires présentent des différences de dates et de marques. Dans l’exemplaire que nous présentons, les tomes II et III sont respectivement datés 1531 et 1532 sur les titres ; le tome IV non daté porte sur le titre l’adresse de Jean Petit a Paris en la rue sainct Jacques a lenseigne de la fleur de lys dor ; le tome V n’est pas daté ; le tome VI comporte au colophon un achevé d’imprimer au 18 décembre 1532 et au verso la marque de Jean Petit. Il manque le titre du premier tome.

Édition illustrée sur les titres d’un grand encadrement de style bâlois au nom de Gourmont (Egidius Gormontius et initiales E.G.) représentant Jésus triomphant du démon et l’Adoration des mages, ainsi que les quatre évangélistes en médaillon. Cet encadrement fut réutilisé dans le Theseus de Coulongne publié en 1534 (cf. le n° 366 du présent catalogue). Le tome V comporte en outre un grand bois représentant l’adoubement d’un chevalier par le roi. Ce bois avait préalablement servi à l’impression du Lancelot du Lac par Jehan Petit pour Philippe Le Noir, en 1533, que nous avons présenté dans la seconde partie de la bibliothèque Bourdel (II, 20 mars 2025, n° 201).

Exemplaire portant deux marques de provenance anciennes dans le premier volume : la signature partiellement lavée Laqueuille chasteaugay (f. a1) et la signature Larochefoucauld datant du XVIIIe siècle et accompagnée du cachet postérieur du château de La Roche-Guyon (f. 2).

Manque le titre du premier volume. Exemplaire soigneusement lavé, présentant des restaurations marginales (t. I, cahiers a à s ; t. III, f. 3 ; t. IV, ff. ?2 à ?6 ; t. V, f. N2 ; t. VI, f. O4 et cahiers R à X) et certains feuillets avec les marges refaites (t. I, ff. o3 et o4 ; t. II, ff. aa1 à aa3, A1 à A5, C2 à C5, 1 à 6 et 1 à 8 ; t. VI, f. x4).

Provenance :

Laqueuille de Châteaugay (ex-libris) et La Rochefoucauld (ex-libris manuscrit et cachet de La Roche-Guyon).

3 500 – 4 500 €

355 [PERCEVAL]

Tresplaisante et Recreative Hystoire du Trespreulx et Vaillant Chevallier Perceval le galloys Jadis chevallier de la Table ronde. Leql acheva les adv tures du saict Graal. Avec aulchuns faictz belliqueulx du noble Chevallier Gauvaĩ Et aultres Chevalliers estãs au temps du noble Roy Arthus, non au paravant Imprimé.

Paris, En la boutique de Jehan lõgis. Jehan Sainct denis, et Galliot du pré, 1er septembre 1530

In-folio, maroquin olive, triple filet sur les plats, dos à 5 nerfs joliment orné, roulette intérieure, tranches dorées (Reliure du XVIIIe siècle).

Bechtel, 598/P-94 // Brunet, IV-488 et Supplément II-198 // Essling, 161 // Fairfax Murray, 442 // Renouard, ICP, IV-2239 // TchemerzineScheler, II-447 // USTC, 27798.

(8 f.)-CCXX f. / aa4, AA4, a-v6, A-Q6, R4 / 44 longues lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 178 x 254 mm.

Première et unique édition de l’un des plus populaires récits du cycle de la Table ronde.

Ce grand roman de chevalerie est la mise en prose au XVe siècle, par un auteur anonyme, d’un vaste poème commencé par Chrétien de Troyes au XIIe siècle et poursuivi après sa mort par divers auteurs du XIIIe siècle, tels Vauchier de Denain Manessier ou Gerbert de Montreuil

Perceval, élevé par sa mère au fond d’une forêt, dans l’ignorance de la chevalerie qui lui a ravi ses père et oncles, aperçoit un jour des chevaliers et, ébloui par leur allure et leur équipage, veut les rejoindre et se rend à la cour du roi Arthur. S’ensuit une série d’aventures au cours desquelles il sauve la jeune Blanchefleur dont il s’éprend ; il est armé chevalier, assiste dans un mystérieux château à la procession du Graal, épouse Blanchefleur et rompt l’enchantement du Graal, libérant le vase et la lance sacrée qui perça le flanc du Christ. Devenu à son tour le gardien des deux reliques, il se lasse des grandeurs et se fait ermite ; à sa mort, coupe et lance merveilleuses sont miraculeusement transportées au Ciel. Perceval est le type même du héros au cœur pur, élevé loin des hommes, symbole de l’héroïsme et de la noblesse que requiert la chevalerie.

La Tresplaisante et Recreative Hystoire de… Perceval le Gallois parut à Paris en 1530 dans une édition partagée entre trois libraires : Jean Longis, Jean Saint-Denis et Galliot Du Pré dont les noms figurent sur le titre. Le privilège avait été accordé à Longis et Saint-Denis seuls. Cette édition a été imprimée par Bernard Aubry, dont le chiffre figure sur le bois du titre, et Jean Cornillau, identifié par le matériel utilisé, en particulier les lettrines. Il s’agit probablement d’une des dernières productions de ces deux imprimeurs, dont Renouard fait respectivement cesser l’activité en 1529 et 1530.

Un titre en rouge et noir dans un grand encadrement gravé formé de quatre pièces, le bandeau inférieur au chiffre B.A. (Bernard Aubry), un grand bois à pleine page représentant un cavalier en armure (f. aa4v, répété au f. AA4v) et un bois à demi-page représentant l’auteur méditant à son pupitre. Nombreuses grandes lettrines à fond floral ou à fond criblé. On retrouve le grand bois au cavalier dans plusieurs autres ouvrages parisiens de la même époque : La Conqueste de Grece… de Perrinet Du Pin (1527, cf. Bourdel, I, 19 juin 2024, n° 48) et la première édition du Meliadus de Leonnoys (1528), tous deux donnés par Galliot Du Pré, ainsi que dans Les Iliades d’Homère, imprimées en 1530 par Jean Cornillau pour Jean Petit.

Exemplaire portant des inscriptions anciennes en français, d’au moins deux mains différentes, l’une du XVIe siècle et l’autre plus tardive, ainsi qu’un chiffre A.H. (?) encadré de fermesses. Les inscriptions sont relatives à divers comptes dont l’empoissonnement d’un étang (ce dixme Jour de decembre Jay achevay de pescher le haut plein (?) et y mys six sens de grant carppes… Je y ay oste dix milliers de peuples et nay vendu que sept milliers…) et une livraison de blé, datée le xxiii Jour de mars cinq cens liiii. Nous remercions Ariane Adeline pour la lecture des notes manuscrites.

Trois annotations ont été coupées par le relieur (ff. k3v, B4r et N2v) et de nombreux passages sont soulignés ; on remarque deux petites têtes humaines dessinées à l’encre dans les marges (titre et f. R2v).

Bel exemplaire bien complet des 4 feuillets liminaires intitulés l’Elucidatiõ de Lhystoire du Graal (cahier AA), qui manquent souvent, et relié en maroquin olive du XVIIIe siècle avec la date erronée 1570 au dos.

Dos légèrement passé et quelques taches plus sombres sur les plats. Bois du titre légèrement touché par le couteau du relieur dans la marge inférieure et restauration angulaire frôlant le texte aux deux derniers feuillets ; quelques taches brunes, la plupart sans gravité, en particulier aux feuillets f4, p5, t6, G3, H5, H6 et M4.

20 000 - 25 000 €

Aeneas Sylvius PICCOLOMINI.

Sensuyt listoire des deux vrays amans Eurial et la belle Lucresse. (Au verso :) Sensuyt lhystoire de Eurial et lucresse compillee par Enee silvius et translate de latin en francoys par maistre Antithus chappellain de la saincte chappelle aux ducz de bourgongne a la priere et requeste des dames.

Paris, Michel Le Noir, s.d. (ca 1508).

In-4, maroquin brun, les plats ornés à froid de pièces rectangulaires répétées à motif de fleurs, dragons, soleils…, encadrement doré formé sur le premier plat du titre de l’ouvrage et sur le second plat de la mention Imprimé à Paris par Michel Lenoir, dos à 5 nerfs orné à froid, tranches dorées (Reliure de la fin du XIXe siècle ou du début du XXe siècle).

Bechtel 6/A-35 // Brunet, I-68 // Fairfax Murray, 446 // USTC, 77768.

(34 f.) / A-D6, E4, F6 / 38 lignes parfois longues, car. goth. / 128 × 191 mm.

Très rare troisième édition et la seconde de la traduction par Antitus Faure Aeneas Sylvius Piccolomini, futur Pie II, est né à Cossignano, en Toscane, en 1405. Issu d’une illustre famille, il eut de bonne heure une passion pour les lettres anciennes. Il s’attacha au cardinal Capronica et le suivit au concile de Bâle. Il remplit diverses missions en Europe et acquit dans le même temps une certaine réputation par ses écrits en vers et en prose. Il devint secrétaire du pape Félix V puis de l’empereur Frédéric III. Il occupa, au gré de ses intérêts, diverses charges ecclésiastiques en Europe, notamment en Autriche, en Hongrie, en Bohême et rendit de nombreux services au Saint Siège. Il fut nommé cardinal en 1456 et élu pape en 1458 sous le nom de Pie II en remplacement de Calixte III. Il soutint alors une politique contre les Turcs de Mahomet II qui venaient de s’emparer de Constantinople en tentant d’organiser une croisade à laquelle les princes européens répondirent froidement. Il tenta à nouveau, quelques années plus tard, de monter contre les Turcs une expédition à laquelle il voulut participer en personne mais la mort s’empara de son âme à ce moment-là, en 1464.

Doué de multiples qualités dans des domaines aussi divers que la théologie, l’art oratoire, la diplomatie, le droit canon, l’histoire, la géographie, la poésie…, Pie II se manifesta dans toutes ces branches de l’activité humaine avec malheureusement cette ligne de conduite qu’il avait un jour écrite au chancelier impérial Schlick : Soyons hypocrites, puisque tout le monde l’est, et tirons parti des hommes tels qu’ils sont.

Son Euryale et Lucrèce est une œuvre de jeunesse qui sera sévèrement condamnée et désavouée par son auteur quelques années plus tard. Euryale, noble de la suite de l’empereur Sigismond, tombe amoureux à Sienne d’une femme mariée, dona Lucrezia, qui répond à sa passion. Après avoir surmonté divers obstacles et échangé des lettres, les amants trompent la vigilance du mari et consomment le péché de chair. Euryale s’en retourne ensuite dans ses terres et Lucrèce meurt de chagrin. Cette nouvelle que Piccolomini écrivit en 1444 sous le titre de De duobus amentibus connut de nombreuses traductions et adaptations. La première traduction française est attribuée à Octovien de Saint Gelais et a été publiée par Vérard, sans date, probablement vers 1493. Elle est suivie d’une édition dans une nouvelle traduction, faite par Antitus Faure, donnée à Lyon chez Jean de Vingle vers 1494-1497, puis d’une autre chez Michel Le Noir à Paris, sans date, celle que nous présentons, que Fairfax Murray situe vers 1508 d’après l’état de la marque. Le nom d’Antitus Faure se lit en acrostiche au verso du dernier feuillet dans le huitain de Lexcusation de lacteur. Faure, rhétoriqueur et poète de la fin du XVe siècle, fut chapelain des ducs de Bourgogne et de Savoie. Il mourut dans les premières années du XVIe siècle.

Un grand bois au premier feuillet représentant Euryale et Lucrèce et 27 bois de différentes tailles dans le texte (en réalité 13 bois dont 3 répétés deux fois, 2 répétés 3 fois, un répété 4 fois et un autre 6 fois). Ces bois représentent souvent des personnages sous un phylactère dont seuls les noms changent. Lettrines de diverses tailles et marque de Michel Le Noir (Renouard, n° 621) au dernier feuillet. Un des bois représente l’arrivée de l’empereur Sigismond à Sienne. Plusieurs des bois furent réutilisés par les successeurs de Jean Trepperel.

Cette édition est très rare. L’USTC n’en répertorie que deux autres exemplaires, l’un à la bibliothèque Méjanes à Aix-en-Provence et l’autre à la bibliothèque de Munich.

Notre exemplaire porte au premier contreplat une étiquette Biblioteca Colombina et dans le coin supérieur un petit chiffre doré CE que nous n’avons pu identifier.

Aucune édition de ce texte ne figure au catalogue dressé par Harrisse dans son Excerpta Colombiniana et l’exemplaire ne porte aucune des notules dont Fernand Colomb avait l’habitude d’enrichir les ouvrages de sa bibliothèque, ni apparemment aucune trace indiquant qu’une telle notule aurait été effacée. L’exemplaire est néanmoins à rapprocher d’un autre volume de la bibliothèque Bourdel (I, 19 juin 2024, n° 41) : Le Proces des deulx amãs plaidyant en la court de Cupido la grace de leur dame de Bertrand Desmarins de Masan. Ce volume d’un plus petit format était dans une reliure presque similaire ornée des mêmes fers et possédait également au premier contreplat l’étiquette et le chiffre doré que nous avons mentionnés plus haut.

Il est tout à fait certain que ces deux volumes ont appartenu à un seul propriétaire, très certainement le possesseur non identifié du petit chiffre doré CE qui les a fait relier de manière quasi-identique. Ils possèdent en tout cas la même triple provenance : Fernand Colomb (sans certitude), CE et Fairfax Murray.

Très bel exemplaire d’un ouvrage très rare.

Traces du signet à 2 feuillets (D3v-D4r), 4 feuillets plus courts dans la marge inférieure (B3, C2, D1, D6).

Provenance :

Fernand Colomb (?, étiquette moderne Biblioteca Colombina), chiffre entrelacé CE (non identifié) et Fairfax Murray (étiquette, n° 446).

8 000 - 12 000 €

LE QUATERNAIRE SAĨCT THOMAS AULTREMENT DICT.

Les quatre choses sainct thomas.

S.l.n.n.n.d. (Lyon, Pierre Mareschal et Barnabé Chaussard ?, ca 1510). Plaquette in-8, maroquin bleu paon avec décor dans le genre Du Seuil sur les plats, dos à 5 nerfs finement orné, roulette intérieure, tranches dorées (Bauzonnet).

Baudrier, XI-482 // Bechtel, 141/C-312 // Brunet, III-1114, IV-998 et Supplément II-764 // Fairfax Murray, 539 // Gültlingen, I, p. 34, n° 40 // Rothschild, I-41 // USTC, 11025.

(16 f., le dernier blanc) / A-B8 / 24 lignes, car. goth. / 82 × 128 mm.

Le Quaternaire Sainct Thomas est la traduction, avec de nombreuses variantes, du Liber Quatuor causarum de Saint Thomas d’Aquin dont il existe trois traductions différentes en français : Les Enseignemens Sainct Thomas publié à Angoulême vers 1492 (Rothschild, I-41), Les quatre choses, publié à Lyon, chez Pierre Mareschal, vers 1496 (Brunet, III-1114) et Le Quaternaire, ou Quaternaire Sainct Thomas que nous présentons ici. Chaque traduction offre plusieurs variantes dans leur version française et un nombre de sentences ou proverbes plus élevé que dans la version latine (139 au lieu de 135).

Le texte est une longue suite d’aphorismes et de conseils déclinés par groupe de quatre sentences. Chaque aphorisme reprend la même construction :

Quatre choses desirent les femmes

Marier a hommes ieunes et beaulx

Prendre plaisir a enfans

Estre bien vertues

Et surtout estre dame de lhostel

Quatre choses sont quon ne peult pas bien congnoistre

Loyseau volant bien hault en lair

La nef bien parfond en la mer

Le chemin du serpent passant par lombre

Et lenfant en son enfance

L’ouvrage s’achève sur un aphorisme sans appel :

Quatre choses sont quon ne peult iamais recouvrer

La pierre gettee

La virginite

La parole ditte

Et le temps perdu

Notre édition est sans lieu, ni nom, ni date. Elle est difficile à identifier. Brunet, de même que Baudrier, la situe à Lyon sans la dater. Fairfax Murray avance quant à lui la date approximative de 1510 et propose, sans certitude, de l’attribuer à Pierre Mareschal et Barnabé Chaussard grâce à la lettre initiale et aux grands caractères gothiques qui semblent leur avoir appartenu. Mareschal et Chaussard collaborèrent à Lyon de 1492 à 1515.

L’édition est ornée sur le titre d’une lettrine sur fond blanc et d’un petit bois montrant un moine prêchant depuis sa chaire à un public masculin et féminin.

Cette édition est très rare. Notre exemplaire a appartenu à Yemeniz dont il porte l’ex-libris et à Fairfax Murray dont il porte l’étiquette. L’USTC ne cite que l’exemplaire de la bibliothèque municipale de Lyon. Picot, dans le catalogue Rothschild, cite un exemplaire ayant appartenu à Louis Coste qui fut vendu dans ses ventes des 17 avril au 13 mai 1854 (n° 103) et dont la description était : goth. mar. bl. fil. compart. tr. dor. (Bauzonnet). Nous supposons, avec peu d’incertitude, qu’il s’agit du même exemplaire que le nôtre. Brunet et Baudrier le citent également sans en signaler d’autres. Il est probable que cette édition soit connue à deux exemplaires et que celui que nous présentons soit le seul aujourd’hui en mains privées.

Très bel exemplaire de cette plaquette rarissime.

Marge supérieure un peu courte.

Provenance : Louis Coste (?, 17 avril-13 mai 1854, n° 103), Nicolas Yemeniz (ex-libris, 9-31 mai 1867, n° 1637) et Fairfax Murray (étiquette, n° 539).

4 000 - 6 000 €

358

[RAGOT].

Les grans Regretz du preux et vaillant capitaine Ragot, Tres scientifique en lart de parfaicte belistrerie.

S.l.n.n.n.d. (Paris, ca 1520-1530).

Plaquette in-16, maroquin à long grain aubergine, double filet en encadrement avec fleurons d’angle, dos lisse orné avec le titre en long, filet intérieur, tranches dorées (Reliure anglaise du XIXe siècle).

Bechtel, 649/R-34 // Brunet, II-1708 // Fairfax Murray, 475 // USTC, 79224.

(4 f.) / A4 / 20 lignes, car. goth. / 84 × 126 mm.

Édition originale de cette rarissime plaquette en vers contenant la complainte du mendiant Ragot.

Il semble que Jehan Ragot, soit-disant auteur de ces Grans Regretz ait réellement existé. Mendiant parisien de la première moitié du XVIe siècle, il est resté dans la poésie populaire comme le type du noble gueux, gouailleur et moqueur, bélître magnifique auquel Anatole de Montaiglon a consacré un article dans son Recueil des poésies françoises des XVe et XVIe siècles (t. V, p. 137 et s.).

Cette complainte composée par un auteur anonyme s’ouvre par trois strophes en décasyllabes priant Dieu de Soubstenir / Entretenir regir et gouverner / Bõs iusticiers afin d’éviter les verges aux mendiants et bélîtres, puis commence la complainte proprement dite,

Rememorant les bons tours

Et bonnes repeues franches

Elle compte onze strophes, la plupart de huit vers en octosyllabes ou en décasyllabes, que suit un envoi de quatre vers ; le présumé Ragot y dépeint la mendicité au long des rues de Paris, de la Sainte Chapelle à la rue Neufve et à l’Hôtel-Dieu, puis les Augustins et les ponts parisiens jusqu’à la prison où il rencontre sa femme Colette.

Les Grans Regretz du preux et vaillant capitaine Ragot ont été publiés sans mention de lieu, nom ou date d’édition. Les catalogues Lang et Fairfax Murray, auxquels cet exemplaire a appartenu, proposent tous deux la date approximative de 1520, mais Bechtel la pense sans doute plus proche de 1530. Une seconde édition suivit immédiatement celle-ci, parue également sans nom, ni date, donnée à Paris chez Guillaume de Bossozel vers 1531 sous le titre Le grant Regret et cõplainte du preux et vaillãt capitaine Ragot.

Un bois sur le titre représentant Ragot et sa femme Colette mendiant auprès de deux bourgeois.

Cette édition est extrêmement rare et l’USTC ne recense que cet exemplaire qui provient de la bibliothèque Fairfax Murray. Brunet mentionne quant à lui l’exemplaire Lang, en faisant une confusion entre les deux éditions. Il s’agit en réalité du même exemplaire, décrit dans le catalogue Lang de 1828 comme relié en maroquin bleu. D’après le catalogue Fairfax Murray, c’est probablement le seul exemplaire connu, hypothèse à laquelle nous adhérons.

On a relié dans l’exemplaire une quarantaine de feuillets blancs, sans doute pour épaissir le volume et avoir la place de mettre le titre au dos. On retrouve deux reliures quasiment similaires, l’une sur La vraye disant advocate des Dames qui avait également appartenu à Robert Lang (vente en 1828, n° 14), puis était passée chez Audenet qui y avait fait frapper son chiffre (cf. Bourdel, I, 19 juin 2024, n° 8), l’autre sur Les estrenes des Filles de Paris de Jean Divry, volume qui avait également appartenu à Robert Lang (n° 2018) et subi le même sort chez Audenet (cf. Bourdel, I, n° 42).

Reliure anciennement reteintée et inégalement passée. Feuillets légèrement effrangés dans la marge latérale.

Provenance : Robert Lang (17-27 novembre 1828, n° 1793) et Fairfax Murray (étiquette, n° 475).

3 000 - 4 000 €

359 [ROBERT LE DIABLE]

La terrible ‡ merveilleuse vie de Robert le diable Nouvellement imprimee a Paris.

Paris, Nicolas Bonfons, en la rue neuve nostre Dame, a lenseigne S. Nicolas, s.d. (ca 1572).

Petit in-4, maroquin janséniste Lavallière, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées (Cuzin).

Bechtel, 671/R-214 // Brunet, IV-1329 // Fairfax Murray, 241 // USTC, 79184.

(20 f.) / A8, B-D4 / 39 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 130 × 185 mm.

Rare plaquette d’une des dernières éditions gothiques parisiennes. La légende de Robert le Diable remonte au XIIIe siècle, époque où le duché de Normandie fut définitivement rattaché au royaume de France. On a parfois rapproché le Robert légendaire de Robert Courte-Heuse, fils aîné de Guillaume le Conquérant, mais il faut en réalité le détacher de toute figure historique précise ; il tient pourtant quelque chose de tous ; c’est un type idéal des brigands du moyen âge, pris, comme à la meilleure source, dans les ducs issus des farouches pirates danois (…), un symbole personnifié du moyen âge, avec ses passions orageuses, ses rudes et fortes énergies, ses crimes effroyables et ses vertus sublimes (Larousse). La légende se trouva d’abord composée par les trouvères et conteurs sous la forme d’un poème lyrique avant d’être transformée en mystère théâtral puis en roman en prose, entrant dans le cycle populaire des romans de chevalerie.

Robert, victime innocente d’une faute de sa mère, naît sous une influence infernale ; à peine sorti de l’enfance, il a déjà commis d’atroces barbaries et se rend coupable, à mesure qu’il grandit, des crimes les plus odieux et les plus sanguinaires. Un jour cependant, voulant expier ses fautes, il découvre l’origine de ses penchants féroces et décide de s’y soustraire. Un ermite lui ordonne, pour pénitence, de contrefaire le fou et le muet et de recevoir coups et insultes sans jamais rendre la pareille, ainsi que de partager avec les chiens les restes qui leur sont jetés. Cette expiation dure sept années au bout desquelles, les Turcs ravageant les environs de Rome, Robert les met par trois fois en déroute sous l’armure blanche céleste qu’un ange lui a remise, sans jamais qu’il se fasse connaître des autres chevaliers, ni de l’Empereur. Seule la fille de ce dernier, elle-même muette, connaît la vérité car elle a assisté à l’entrevue avec l’ange et c’est grâce à l’intervention divine qui lui rend la parole qu’elle peut dévoiler l’identité du mystérieux chevalier. Robert confirme ses paroles mais, ne voulant plus s’exposer au risque de perdre son âme, il se retire avec l’ermite dans la forêt. Après quelque temps, l’ermite signifie à Robert que sa pénitence est accomplie. On connaît au moins deux versions de la fin de cette épopée. Dans la première, Robert reste avec l’ermite et meurt en odeur de sainteté. Dans la seconde, Robert, sous le commandement de Dieu, retourne à Rome pour épouser la fille de l’Empereur. Il se bat alors contre le traître sénéchal qui s’était rebellé contre l’Empereur, le tue, le fait écorcher puis retourne dans sa Normandie où il finit sa vie auprès de sa femme, saintement, en faisant le bien autour de lui tout en aidant parfois l’empereur Charlemagne dans sa lutte contre les Sarrazins.

Ce roman fut publié pour la première fois à Lyon en 1496 chez Mareschal et Chaussard. Il connut un grand succès et l’on compte sept autres éditions parues à Paris, Lyon et Rouen jusque vers 1560, avant l’édition que nous présentons, non datée, donnée par Nicolas Bonfons. Bechtel suppose que cette publication suit de peu le commencement d’activité de cet éditeur en 1572, car il utilise, au verso du dernier feuillet, la marque de son père Jean Bonfons (Renouard, n° 60). Dans son Répertoire, Renouard précise d’ailleurs que les Bonfons avaient dû faire fortune avec leurs éditions populaires pour lesquelles ils conservèrent si tard le caractère gothique

Un grand bois sur le titre représentant Robert le Diable au gourdin et trois de ses victimes devant un château. Nombreuses grandes lettrines blanches au trait ornées.

Bien que tardive, cette édition gothique est très rare. L’USTC ne cite que cet exemplaire qui a appartenu à Fairfax Murray. Bechtel mentionne deux autres exemplaires, celui passé chez La Roche Lacarelle et l’exemplaire Essling-Double-Yemeniz, qui n’en forment en réalité qu’un seul car ils sont tous deux décrits comme reliés en maroquin violet de Koehler, à grands témoins. Cela porte donc à deux le nombre d’exemplaires connus. Petite décoloration à la reliure.

Provenance :

Eugène Marigues de Champ Repus (ex-libris, 24-25 janvier 1893, n° 190) et Fairfax Murray (étiquette, n° 241).

3 500 – 4 500 €

360

[RONDEAUX].

S suyu t les troys cens cinquãte Rõdeaulx moult Singuliers a tous propos nouvellement Imprimes.

Lyon, Olivier Arnoullet, 3 décembre 1533 In-16, maroquin chamois, triple encadrement à froid formé de doubles filets droits s’entrecroisant aux angles et de fleurons angulaires, dos à 4 nerfs orné de petites feuilles aldines et de filets à froid se prolongeant sur les plats, filets intérieurs, tranches dorées (Hayday).

Baudrier, X-66 // Bechtel 677/R-246 // Brunet, II-1754 // Lachèvre, p. 16 et s. // Tchemerzine-Scheler, III-627 // USTC, 73398.

(6 f.)-CVI f. (avec le premier feuillet folioté au verso) / A-O8 / 25 lignes, car. goth. / 92 × 135 mm.

Nouvelle édition, la dernière gothique, de ce recueil poétique qui connut un grand succès au XVIe siècle. Les « Trois cent cinquante rondeaux » ont longtemps été attribués, sans raison, à Pierre Gringore et c’est sous le nom de cet auteur qu’ils figurent dans les bibliographies de référence comme Brunet et Tchemerzine. Il s’agit en réalité d’un recueil de 332 (et non 350) pièces, parmi lesquelles, comme l’a établi Lachèvre, 229 rondeaux sont de divers auteurs tels G. Chastelain, Jean Marot, Octovien de Saint-Gelais, Martin de Sousse Les 103 rondeaux restants sont l’œuvre d’un unique auteur resté inconnu et parurent également sous le titre de Fleur et triumphe de cens et cinq rondeaulx. L’erreur d’attribution du recueil à Gringore vient peut-être de ce que les 103 rondeaux lui avaient été également faussement imputés. Baudrier propose une autre hypothèse : l’éditeur Arnoullet ayant publié, en 1533, Les Notables enseignemens de Gringore dans le même format que les Trois cent cinquante rondeaux, ils ont souvent été anciennement reliés ensemble, ce qui a pu entraîner une confusion.

Le recueil fut publié pour la première fois à Paris chez Du Bois et Du Pré en 1527. La même année, Lotrian en donna une autre édition non datée. Suivent quatre nouvelles éditions, à Paris ou à Lyon, avant celle que nous présentons, publiée chez le libraire lyonnais Olivier Arnoullet en 1533.

Titre en rouge et noir orné de deux bois accolés (femme tenant une fleur et homme tenant une lettre), le tout encadré de 4 larges bordures gravées sur bois.

Cette édition lyonnaise est rare. L’USTC n’en recense que deux exemplaires conservés à la BnF, et Tchemerzine mentionne un exemplaire paru dans le Bulletin Morgand (1893, n° 2889), en maroquin citron, qui est celui que nous présentons. Il porte la signature du relieur anglais James Hayday, qui exerça à Londres jusqu’en 1861 puis vendit l’usage de son nom au relieur William Mansell.

Dos légèrement passé, mors et coins frottés. Restauration angulaire au titre avec reprise à l’encre du bois du titre ; l’ensemble du volume est très légèrement bruni, avec 2 feuillets un peu plus atteints dans la marge latérale (L6 et L7) ; tache brune dans la marge inférieure de trois cahiers (A, N et O) sans atteinte au texte.

Provenance :

Maxwell-Lyte (signature du XIXe siècle sur le titre) et Visconte L’Enor (timbre sec sur une garde).

2 000 - 3 000 €

361

Octovien de SAINT-GELAIS.

La chasse et le depart damours Faict et Compose par reverend pere en dieu messire Octovien de sainct gelaiz evesque dangoulesme et par noble homme blaise dauriol bachelier en chascun droit demourant a Thoulouze.

Paris, Anthoyne Verard, marchãt libraire demourant audict Paris devant la rue neufve nostre dame a lenseigne sainct Jehan levangeliste ou au palais au premier pillier en la grant salle devant la chapelle ou len chante la messe de messeigneurs les presidens, 14 avril 1509.

In-folio, bradel demi-vélin (Pagnant).

Bechtel, 683/S-30 // Brunet, V-40 et Supplément II-558 // Fairfax Murray, 493 // Goujet, X, p. 299 et s. // Lachèvre, p. 12 et s. // Macfarlane, 91 // Renouard, ICP, I, p. 339, n° 177 // Tchemerzine-Scheler, V-27 et 629 // USTC, 60894.

(150 f.) / A-T6, aa-ff6 (B1 et aa1 signés B2 et aa2) / 44 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 191 × 260 mm.

Édition originale très rare de cette anthologie contenant entre autres des poésies de Saint-Gelais et de Blaise d’Auriol. Elle est également considérée comme la véritable édition originale des poésies de Charles d’Orléans Octovien, ou Octavien de Saint-Gelais, est né à Cognac en Angoumois en 1468. Après de brillantes et solides études à Paris, il étudie la théologie et entre dans les ordres, ce qui ne l’empêche pas de mener une vie de plaisirs et de débauche et de se livrer à la poésie galante, voire érotique. Une longue maladie, suite de ses débordements de jeunesse, le rend faible et valétudinaire à 23 ans et le force à modérer ses excès : il lui fallut être sage malgré lui et il se tourna exclusivement vers l’ambition (Hoefer). Nommé à seulement 26 ans à l’évêché d’Angoulême grâce à Charles VIII à qui il avait dédié plusieurs ouvrages et dont il avait su se faire aimer, il s’y retira et chercha par son zèle pastoral à effacer les scandales de sa jeunesse avant de mourir en 1502 âgé d’à peine 34 ans. Il fut l’un des premiers poètes à traduire en vers français les ouvrages des auteurs grecs et latins, et l’un des premiers à alterner régulièrement les rimes masculines et féminines.

La Chasse et le départ d’amours semble être un recueil de pièces poétiques dues à Saint-Gelais auquel Blaise d’Auriol, poète et jurisconsulte natif de Castelnaudary, qui passait pour l’éditeur de l’ouvrage, aurait ajouté, à partir du feuillet aa2, des poésies de son cru, dont La departie damours par personnaiges parlans…, recueil de complaintes que fait un amant sur la mort de sa maîtresse. La plupart des critiques ont considéré la poésie d’Auriol ou copiée mot à mot, ou servilement imitée des poésies de Charles d’Orléans (…). D’Auriol ne s’est pas contenté de porter si loin son plagiat, il s’est encore attribué quelques-unes des plus jolies Ballades du Duc d’Orléans (Goujet).

En réalité, Lachèvre précise, au terme de son analyse, que ce recueil n’est, à [ses] yeux, qu’une anthologie de poésies amoureuses et libres prises dans les œuvres d’un grand nombre d’auteurs du XVe siècle. Pour lui, le nom de SaintGelais ne figure au titre que par stratégie de libraire, et le compilateur de ce recueil, anonyme mais qui pourrait être Simon Bougoing, a réparti sous divers titres quantité de rondeaux et quelques ballades libres, très libres, parmi

d’autres pièces de même forme sans tendances érotiques. Parmi les 538 pièces qui composent l’édition Vérard, Lachèvre en identifie ou en attribue 371 à une vingtaine d’auteurs dont Bougoing René d’Anjou Jean Marot Villon SaintGelais (82 pièces), d’Auriol (58 pièces) et Charles d’Orléans, dont 254 pièces paraissent ici pour la première fois. Un certain nombre de pièces sont restées pures ; d’autres ont été modifiées. Néanmoins, ce précieux volume peut compter comme la véritable édition originale de Charles d’Orléans (Tchemerzine).

Cette anthologie parut pour la première fois en 1509 chez le libraire parisien Antoine Vérard, à son adresse devant la rue neufve nostre dame. Tchemerzine mentionne l’existence de deux tirages, identifiables à la dernière ligne du titre, qui contient ou non les trois derniers mots demourant a Thoulouze, sans préciser l’antériorité de l’un d’eux.

Grand L grotesque sur le titre (Macfarlane n° 9) et 15 bois de diverses tailles (en réalité 14 bois différents dont un répété), la plupart provenant d’autres publications de Vérard : le Terence, la Mer des histoires et le Roman de la Rose parus vers 1500-1503. Parmi ces illustrations, certaines sont composées, comme souvent à l’époque, de la juxtaposition de plusieurs bois (ici 2, 3 ou 4) ou bordures. Marque d’Antoine Vérard au verso du dernier feuillet (Renouard, n° 1088) et nombreuses petites lettrines ornementales.

Cette édition est très rare. L’USTC ne répertorie, pour notre tirage, que trois exemplaires dans les bibliothèques publiques, à la Bibliothèque de l’Arsenal, au musée Condé de Chantilly et à la British Library, ainsi qu’un seul en mains privées, l’exemplaire Fairfax Murray que nous présentons.

Vélin un peu sali. Réparation au titre touchant la lettrine, manque angulaire aux cahiers B à D, cahier S légèrement plus court et réparation importante et taches aux 6 derniers feuillets ; un petit trou au feuillet ff2 affectant une lettre et quelques galeries de vers.

Provenance :

Régnier (?, signature manuscrite ancienne sur le titre) et Fairfax Murray (étiquette, n° 493).

4 000 - 5 000 €

362

Octovien de SAINT-GELAIS.

Le Seiour dhonneur s Compose par Messire Octovien de saint gelaiz lors prothenotaire depuis evesque dangoulesme.

Paris, Antoine Vérard, … devant la rue neufve nostre dame ou au palays au premier pillier devant la chappelle ou len chante la messe de messeigneurs les presidens, s.d. (ca 1503).

Petit in-folio de format in-8, veau blond, dos lisse orné, roulette intérieure (Reliure du XVIIIe siècle).

Bechtel, 684/S-36 // Brunet, V-42 // Macfarlane, 187 // Renouard, ICP, I, n° 115 // Rothschild, I-478 // Tchemerzine-Scheler, V-625 // USTC, 8304 et 767973.

(180 f.) / aa-zz6 6, AA-FF6 / 30 lignes, car. goth. / 124 × 183 mm.

Édition originale rare.

Octovien de Saint-Gelais, né à Cognac vers 1468, étudia la théologie et entra dans les ordres, ce qui ne l’empêcha pas de mener très jeune une vie de plaisir et de composer des vers galants. Conséquence de ses débordements, une maladie contractée fort jeune le contraignit à modérer ses excès. Il se consacra dès lors à sa carrière et fut nommé à 26 ans évêque d’Angoulême, probablement grâce à Charles VIII à qui il avait dédié plusieurs ouvrages. Il mourut en 1502, âgé de 34 ans, laissant notamment derrière lui son œuvre maîtresse : Le Séjour d’honneur

Long poème allégorique dans le genre du Roman de la Rose, Le Séjour d’honneur est un prosimètre, c’est-à-dire une forme poétique mêlant des vers de mètres variés et intégrant des passages en prose. Dans ce texte, le poète, trop longtemps guidé aveuglement par Sensualité, Abus et Vaine plaisance, prend enfin la voie de la Cour et de la Raison. Trois épisodes principaux jalonnent son parcours : l’échelle de fortune, la forêt d’aventures aux nombreux tombeaux et la mer mondaine où flottent les corps des disparus. Arrivé à la Cour, qui est le Séjour d’honneur, le poète décrit les usages, les costumes et les mœurs.

L’ouvrage est dédié dans le prologue à Charles VIII et l’auteur, au début de son texte, indique également qu’il le composa à l’âge de 24 ans, soit vers 1492 compte tenu de sa date de naissance aux environs de 1468.

Titre en grandes lettres gothiques, 30 bois dans le texte, de différentes tailles, dont certains furent utilisés pour le Chevalier délibéré ou les Ordonnances de la prévôté des marchands et nombreuses lettrines parfois grotesques. Marque de Vérard au dernier feuillet. Dans certains exemplaires, comme dans celui de la bibliothèque Masson, cette marque est celle du libraire-imprimeur André Bocard, qui prit la suite de Vérard en 1508.

Quelques défauts et restaurations anciennes à la reliure, débuts de fente aux mors, manques aux charnières, coins usés. Titre sali avec inscriptions manuscrites anciennes et mouillure.

Provenance :

D. Croquevin (?, ex-libris manuscrit au verso du titre).

10 000 - 15 000 €

363

Octovien de SAINT-GELAIS

Le vergier dhonneur nouvellement imprime a Paris. De lentreprinse Voyage de Naples. Auquel est comprins comment le roy Charles huytiesme de ce nõ a baniere desployee passa rapassa de iournee en iournee depuis Lyon iusques a Naples, de Naples iusques a Lyon. Ensemble plusieurs aultres choses faictes cõposees Par reverend pere en dieu Monsieur Octovien de sainct Gelais evesque

Dãgoulesme Et par maistre Andry de la Vigne secretaire de la Royne et de monsieur le duc de Savoye avec aultres.

Paris, en la grãt rue sainct Jacques a lenseigne de la Roze blanche couronnee, s.n.n.d. (Philippe Le Noir, ca 1525-1530).

Petit in-folio, maroquin vert lierre, supra-libris de la bibliothèque de Mello, dos à 6 nerfs, doublure de maroquin rouge très largement ornée d’un décor doré de style Renaissance avec doubles filets formant des compartiments emplis de feuillages et fers à fond azuré, rinceaux et arabesques, réservant au centre un grand médaillon ovale vierge, doubles gardes, tranches dorées sur marbrure (Belz-Niédrée).

Bechtel, 743/V-60 // Brunet, V-44 // Renouard, ICP, III-2175 // Tchemerzine-Scheler, V-622 // USTC, 6937.

(128 f.) / A-I6, K4, L-T6, V4, X6, AA6 (avec K2 signé R2) / 53 lignes parfois longues sur 2 colonnes, car. goth. / 180 × 260 mm.

Nouvelle édition, très rare d’après Tchemerzine, de cette anthologie de poésie française du XVe siècle.

Comme La Chasse et départ d’amours (cf. le n° 361 du présent catalogue), le Vergier d’honneur est un recueil de pièces, la plupart en vers, placées par stratégie de libraire sous la tutelle de l’évêque d’Angoulême Octovien de Saint-Gelais (1468-1502). En réalité, seule la Complainte epitaphe du feu roy Charles dernier trespasse (f. K3r et s.) est de Saint-Gelais et l’essentiel du recueil est d’André de La Vigne. Ce dernier, poète né à La Rochelle vers 1470 et mort vers 1526, fut nommé très jeune chroniqueur de l’expédition de Charles VIII à Naples pendant les guerres d’Italie. Il devint par la suite, dans les toutes premières années du XVIe siècle, le secrétaire de la reine de France Anne de Bretagne, épouse de Charles VIII puis de Louis XII.

Imprimé pour la première fois vers 1502-1503 à Paris par Pierre Le Dru, probablement pour Vérard et/ou Jean Petit, Le Vergier d’honneur connut un grand succès et sept ou huit nouvelles éditions jusqu’à celle que nous présentons qui est la dernière répertoriée en caractères gothiques.

Elle fut donnée à Paris par Philippe Le Noir, vers 1525 d’après Bechtel et vers 1530 d’après l’Inventaire Chronologique des éditions parisiennes, et elle suit l’édition publiée par le même éditeur vers 1522.

Titre en rouge et noir orné d’un grand et bel encadrement à scènes bibliques et mythologiques, signé d’une croix de Lorraine et portant le chiffre de Philippe Le Noir (Renouard, n° 625). Il représente notamment Pyrame et Thisbé, le jugement de Paris, David et Goliath, etc. 6 autres grands bois dans le texte (en réalité 4 bois différents dont un répété et une illustration composée de 3 bois juxtaposés) et très nombreuses lettrines à fond criblé, floral, historié, etc.

Bel exemplaire dans une reliure de Belz-Niédrée avec une doublure richement ornée. Quelques anciennes manicules à l’encre.

Minimes usures ou éclats sur les coupes inférieures et le dos. Deux feuillets avec manque angulaire dû à la taille initiale de la feuille (B6 et E6).

Provenance :

Baron Achille Seillière (supra-libris de la bibliothèque de Mello, I, 28 février4 mars 1887, n° 949).

4 000 - 6 000 €

364

[SOUHAITS]

SENSUIVENT LES SOUHAITZ DES HOMMES.

S.l.n.n.n.d. (ante 1494 ?).

Plaquette in-folio de format in-8, maroquin citron, triple filet doré, dos à 5 nerfs orné à la grotesque, dentelle intérieure, tranches dorées (TrautzBauzonnet).

Bechtel, 702/S-183 // Brunet, Supplément II-674 // Reichling, I, n° 330. Manque à l’USTC.

(5 f. sur 6, le premier manquant ici) / a6 (a3 seul signé) / 23 lignes, car. goth. / 132 × 190 mm.

L’une des toutes premières éditions de ce texte, le seul exemplaire connu.

Les Souhaits des hommes est une curieuse pièce en vers faisant intervenir différents personnages et types de la société qui émettent à tour de rôle des vœux tendant à l’amélioration de leur sort respectif. Ainsi défilent entre autres le pape, le roi, le duc, suivis du gaudisseur (ou bon vivant), de livroigne, de ladvocat, du bourgoys, du bergier, du cardinal, du marchant, de lermite, de l’usurieur, du coquin, etc., au total trente-quatre personnages, chacun auteur d’un quatrain dans lequel il expose ses souhaits :

Je souhaitte pour moy marchant

Loyaute tant en mer quen terre

Bon t ps sãs avoir mauvais v t

Sur mer sãs brigãs et sãs guerre (…)

Et ie souhaitte moy cure

Devotement chanter ma messe

Pour passer le temps plus a gre

Apres disner belle deesse…

La litanie se clôt par une ballade composée de trois strophes de huit vers et d’un envoi de quatre vers, avec cette conclusion finale : Il nest souhait que lamour de Jesus

Très populaire, cette pièce fut plusieurs fois imprimée aux XVe et XVIe siècles, avec ou sans son pendant Les Souhaits des femmes. Leur auteur, longtemps resté anonyme, a été identifié, grâce aux études de Montaiglon (Recueil de poésies, t. III, p. 153) et de Paul Lacombe (Revue des livres anciens, 1914, t. I, p. 96), comme étant un certain Vallée dont on ignore jusqu’au prénom. Lacombe en veut pour preuve les derniers vers du trente-quatrième quatrain, consacré à L’impresseur, qui existent en deux variantes, dont l’une nous dévoile le nom de l’auteur :

Je souhaitte tousiours bõs vivres / Tans que ie seray en duree et Je souhaite tousiours bien vivre / Tandis que ie seray valee

Il est difficile d’établir une chronologie entre les différentes éditions, qui sont toutes sans date ni nom d’éditeur, avec seulement parfois une marque de libraire. L’exemplaire que nous présentons n’a ni date, ni lieu, ni nom d’éditeur et contient la variante Tant que ie seray en duree, donc sans nom d’auteur supposé.

Cette édition n’est signalée qu’au Supplément du Manuel de Brunet, sans date, et par Reichling et Bechtel qui la datent vers 1480. Un exemplaire, très probablement celui-ci, a figuré au catalogue de la vente de Léon Techener en 1886, dans lequel il est daté vers 1510, sans certitude.

On peut raisonnablement penser qu’une édition ne portant pas le nom de l’auteur Vallée à la fin du quatrain soit antérieure à celles contenant le nom de l’auteur. L’édition donnée par Michel Le Noir (voir le n° 365 du présent catalogue) contient la variante avec le nom de l’auteur et porte la marque que ce libraire utilisa au moins à partir de 1494-1495 (Renouard, n° 620). Nous pensons donc, sans pouvoir l’affirmer, que l’édition que nous présentons ici a été publiée avant cette date de 1494.

Ici, chaque strophe est précédée d’un titre annonçant le personnage, tel Le pape, Le roy, Le duc, Le conte…, particularité qui ne fait pas partie de toutes les éditions et celle que nous présentons au n° 365 ne possède pas ces titres.

Il manque à notre exemplaire, comme dans les descriptions données par Brunet et Reichling, probablement d’après l’exemplaire Techener, le premier feuillet, sans doute porteur d’un titre. L’absence d’autres exemplaires connus ou répertoriés empêche toute comparaison pour éclaircir cette question et l’USTC ne référence pas cette édition.

Légère différence de couleur au second plat de la reliure. Manque le premier feuillet, trois minimes restaurations marginales au dernier feuillet.

Provenance :

William Martin (26 avril-1er mai 1869, n° 308) et Léon Techener (?, 4-8 mai 1886, n° 303).

2 000 - 3 000 €

[SOUHAITS].

Les SOUHAIS DES HOMMES.

S.l.n.n.n.d. (Paris, Michel Le Noir, ca 1495 ?).

Plaquette in-folio de format in-8, maroquin rouge, triple filet, dos à 6 nerfs orné, dentelle intérieure, tranches dorées (Bauzonnet-Trautz, 1846).

Bechtel, 702/S-185 (?) // Brunet, V-462 // USTC, 95706 (?). (6 f., le dernier blanc) / a6 / 20 à 24 lignes, car. goth. / 118 × 171 mm.

Rarissime édition parisienne.

Les Souhaits des hommes, ainsi que nous l’avons décrit sous le numéro précédent, est une curieuse pièce en vers dans laquelle trente-quatre types de la société (roi, prélat, bourgeois, charretier, imprimeur, etc.) déclament chacun un quatrain émettant des vœux pour l’amélioration de sa condition. Ces quatrains sont suivis d’une ballade finale qui se clôt par Il nest souhaitz q lamour de iesus. L’auteur de ce poème longtemps anonyme serait un certain Vallée, d’après une variante à un vers que l’on trouve dans certaines éditions (cf. le n°364 du présent catalogue).

Très populaire, ce poème connut plusieurs éditions aux XVe et XVIe siècles, avec ou sans son pendant Les Souhaits des femmes. Il est difficile d’établir une chronologie entre toutes ces éditions (toutes parues sans lieu, ni nom, ni date), mais on peut raisonnablement supposer que les éditions ne portant pas la variante avec le nom de l’auteur soient antérieures aux autres.

L’édition que nous présentons ici porte sur le titre la marque que l’imprimeur-libraire parisien Michel Le Noir utilisa au moins à partir de 1494-1495 (Renouard, n° 620) et nous pensons qu’elle a été imprimée à cette époque. Elle contient également le vers final du quatrain de L’impresseur sous la forme Tandis que ie seray valee. Cette version ne possède pas de titre annonçant chaque strophe comme c’est le cas pour l’autre édition que nous présentons sous le n°364.

Cette plaquette a appartenu à Charles Nodier, dans la vente duquel elle était décrite comme reliée en maroquin vert, sans plus de détail, puis au baron Alphonse de Ruble. Dans le catalogue de ce dernier, elle est décrite dans sa reliure actuelle et qualifiée de première édition d’après Brunet ; c’est en effet la première citée par le Manuel

L’édition est en tout cas extrêmement rare et elle est qualifiée de Lost book par l’USTC.

Bel exemplaire avec pieds-de-mouche et quelques soulignements à l’encre rouge, et le mot Ballade anciennement ajouté à l’encre brune en tête de la ballade finale.

Provenance :

Charles Nodier (ex-libris, 27 avril-11 mai 1844, n° 577) et baron Alphonse de Ruble (ex-libris, 29 mai-3 juin 1899, n° 158).

4 000 - 6 000 €

366

[THESEUS DE COULONGNE].

Hystoire Tresrecreative : traictant des faictz gestes du Noble et Vaillant chevalier Theseus de Coulongne, Par sa prouesse Empereur de Romme. Et aussi de son filz Gadifer Empereur de Grece. Pareillement des trois enfans dudit Gadifer, cest ascavoir Regnault, Regnier et Regnesson : lesquelz firent plusieurs beaulx faictz darmes comme pourrez veoir cy apres.

Paris, Au Palais en la Gallerie par ou on va a la Chancellerie, A la boutique de Jehan Longis de Vincent Sertenas… Par Anthoyne Bonnemere, 14 août 1534. 2 tomes en un volume in-folio, maroquin bleu marine avec triple filet et armoiries sur les plats, dos à 5 nerfs avec filets dorés et chiffre D.V. couronné répété, filets intérieurs, tranches dorées sur marbrure (Bauzonnet).

Bechtel, 718/T-62 // Brun, 300 // Brunet, V-808 et Supplément II-761 // Fairfax Murray, 536 (incomplet) // Renouard, ICP, IV-1156 // Rothschild, II-1498 // USTC, 34520.

I. (4 f.)-CVII f.-(1 f. blanc manquant ici) / ã4, a-s6 // II. (4 f.)-CXXXIII f.-(1 f. blanc manquant ici) / 4, A8, B-Y6 / 48 longues lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 173 × 276 mm.

Édition originale très rare et la plus recherchée.

Le Theseus de Cologne est une chanson de geste picarde composée anonymement entre 1361 et 1378. Le récit, au temps du roi Dagobert, relate tout d’abord les aventures de Theseus, fils de Floridas roi de Cologne, enfant disgracieux et bossu, miraculeusement devenu si beau que merveille, qui viendra demander la main de Flore, la fille du roi de Rome. Devant le refus du roi, il fait forger un aigle d’or dans lequel il se cache, fait porter l’aigle dans la chambre de Flore et séduit la jeune femme. Les amants s’enfuient, se marient, ont un enfant du nom de Gadifer, sont séparés… Le roi de Rome, pour se venger, prend la ville de Cologne, fait prisonnier Floridas et sa femme… Viennent ensuite quelques chapitres et de nombreuses aventures et batailles et Theseus devient empereur de Rome. Les dernières parties du récit relatent les aventures de Gadifer, empereur de Grèce, puis celles de ses trois enfants, leurs amours, etc.

Cette chanson de geste nous est connue par trois manuscrits, en vers, tous incomplets, et l’histoire ne nous a été rapportée complète que par les versions en prose qui ont été conservées. La version est ici en prose et l’on n’en connaît ni l’auteur, ni le traducteur mais ce dernier indique, dans Le prologue de Lacteur, au feuillet ã2, ung iour moy estant dedans mon estude quasi comme recluz ung peu trouble en mon entendem t… pour eviter oysivete… me prins a visiter plusieurs livres et volumes… lesquelz nous ont este notoirement divulguez Moyennant le Noble et Industrieux art de Impression… Entre les autres y en trouvay ung escript et dicte en rime Picarde : lequel traictoit des faictz et prouesses du Noble Vaillant chevallier Theseus de Coulongne… Je donc considerant que si cestuy Rommant estoit mis en prose : que plus voulentiers les cueurs des humains y prendroient plaisir a le lire ou ouyr lire : Parquoy me deliberay de le mettre en prose…

Cette édition est très rare. Elle est considérée comme l’édition originale sauf par Bechtel qui évoque une hypothétique première édition en 1504 en indiquant que cette dernière est peut-être mythique et qu’elle semble en tous cas perdue

L’édition est abondamment illustrée. Elle contient un très bel encadrement de titre gravé au nom de Gilles de Gourmont et à son chiffre E.G. (Egidius Gormontius), représentant, dans la partie supérieure, le Christ terrassant Satan, dans la partie inférieure l’Adoration des mages et sur les côtés les quatre évangélistes. Le titre est imprimé en rouge et noir pour le premier volume. L’encadrement est répété au second volume, imprimé en noir uniquement et sans le nom de Gourmont. Ce dernier étant mort en 1533, peut-être faut-il voir là l’explication de la disparition de son nom. Ce bois gravé avait déjà été utilisé, en 1531-1532, pour l’édition du Perceforest que nous présentons sous le n° 354 du présent catalogue. L’ouvrage est en outre orné de 49 bois gravés dans le texte (en réalité 33 dont 10 répétés 2 fois et 3 répétés 3 fois). 2 de ces bois, presque à pleine page, furent gravés pour cette édition. Le premier représente l’aigle d’or que fit forger Theseus, dans lequel il se cacha pour se faire porter jusque dans la chambre de Flore, fille du roi de Rome (tome I, feuillet XIIII). Le second illustre le combat de Calidas et de Melchior. Le reste des bois qui représentent des scènes de batailles, assauts de châteaux, tournois, furent pour la plupart utilisés par d’autres éditeurs (cf. le détail assez précis qu’en donne Fairfax Murray, II-536). Le volume contient enfin de très nombreuses lettrines, à fond criblé, à décors floraux ou ornés de grotesques, provenant de différents alphabets.

Très bel exemplaire aux armes et au chiffre répété de la famille Duriez de Verninac

Usures aux coupes et aux coins, une petite tache au second plat ; marge supérieure un peu courte.

Provenance :

Duriez de Verninac (chiffre au dos) et Am édée Berton (ex-libris, 6-10 décembre 1892, n° 987).

15 000 - 20 000 €

367

TRISTAN CHLR DE LA TABLE RONDE nouuellement Imprime a paris.

[In fine] Cy finist le second le derrenier volume fait cõpile en lhonneur mémoire du tres vaillãt noble et excellent chevalier Tristan filz du noble roy meliadus de leonoys.

Paris, pour anthoine verard libraire demourant sus le pont nostre dame a lenseigne sainct iehan levangeliste ou au palais au premier pillier devant la chapelle ou on chante la messe de messeigneurs de parlement, s.d. (ante 1499).

2 volumes in-folio, maroquin rouge, triple filet sur les plats, dos à 6 nerfs joliment ornés de fers à motifs foliacés, roulette intérieure, tranches dorées (Reliure du XVIIIe siècle).

Arsenal, réserve FOL-BL-930 // Bechtel, 731/T-148 // Brunet, V-955 // Macfarlane, 131 // USTC, 71498.

I. (2 f.)-CLXXX f. / [ ]2, a-y8, z4 // II. CLII f. (mal chiffré CXLIIII avec erreurs de pagination) / A-T8 // 45 longues lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 220 × 324 mm.

Troisième édition, très rare, de l’un des plus importants romans de chevalerie.

On ne sait comment présenter Tristan et Iseult tant cette histoire fait partie de notre univers et de notre imaginaire. Elle est l’une des plus grandes créations de l’esprit… elle ajoute aux nobles sentiments en honneur au Moyen Âge la note passionnée et très humaine d’un amour contre lequel lois et coutumes sont impuissantes.

Les origines de cette légende sont incertaines et multiples. Elle provient principalement de lais composés vers 1170 par le poète anglo-normand Thomas et du poème de Béroul, poète normand du XIIe siècle. Mais ces textes ne contiennent pas la légende en entier et doivent se compléter des versions françaises de la Folie Tristan de la même époque, d’un poème allemand également du XIIe siècle Tristan moine, qui serait la traduction d’un poème français disparu, du Tristan menestrel de Gerbert de Montreuil qui fut inséré à la suite du Perceval de Chrétien de Troyes et enfin de deux écrits gallois, les Mabinogion et les Triades. Quoi qu’il en soit, il existe de très nombreuses versions de ce poème incontournable et quelles qu’en soient les variantes, elles traitent toujours de la fatalité de l’amour et de sa toute-puissance sur la volonté personnelle et sur l’honneur.

L’ouvrage fut publié pour la première fois à Rouen en 1489, en lostel de Jehan le Bourgeois pour ãthoine verard libraire demourant a Paris. Il fut suivi d’une édition non datée, chez le même éditeur, que l’on situe vers 14941496, puis d’une troisième, celle que nous présentons, qui fut également publiée pour Antoine Vérard à Paris. On date cette édition d’avant 1499 en raison de l’adresse de l’éditeur, sus le pont nostre dame qui ne se voit plus après cette date, Vérard s’étant installé provisoirement rue Saint Jacques, au carrefour Saint-Séverin, à la suite de l’effondrement du pont.

L’édition est bien répertoriée par Macfarlane qui donne à tort 144 feuillets pour le tome II en indiquant des signatures A-I8 et L-T8 sans le cahier K, erreur corrigée par les autres bibliographes qui donnent 152 feuillets avec un cahier K présent et des signatures A-T8

L’édition est ornée de 6 grands bois dans le texte presqu’à pleine page (en réalité 4 dont un répété 2 fois) représentant Tristan et le roi Arthur, les chevaliers de la Table Ronde, Tristan et Iseult et une scène de bataille, et de 6 petits bois présentant des scènes de bataille.

L'USTC ne recense que deux exemplaires dans les bibliothèques publiques, l'un à l'Arsenal, l'autre à la National Library of Wales et Bechtel ne mentionne que l'exemplaire Yemeniz.

L’exemplaire comporte des annotations manuscrites au premier feuillet : Tristan chlr de la table Ronde et l’ex-libris manuscrit du couvent des Récollets du Lude (patr Recollector Conventus Ludii) ainsi que la date de 1656.

Quelques taches et macules au maroquin avec trous de vers et petits manques en tête du dos du tome II ; reste d’étiquette de bibliothèque en pied du dos du tome II. Trous de vers à l’ensemble des volumes affectant davantage les premiers feuillets du tome I et les derniers feuillets du tome II où ils forment des petites galeries ; pâles taches dans la marge de plusieurs feuillets du tome II (A5 à B8 et F3 à K5) ; petites taches à 3 feuillets (I. s4 / II. E8-F1).

Provenance :

Couvent des Récollets du Lude (ex-libris) et Édouard Rahir (ex-libris, 6-8 mai 1937, n° 316).

20 000 - 25 000 €

[TRIOMPHE]. [Juan Rodriguez de LA

CÁMARA

]. Le triũphe des dames. v. C.

Paris, [Guillaume de Bossozel pour] Pierre Sergent demourant en la rue neufve nostre Dame a lenseigne sainct Nicolas, s.d. (ca 1533).

Plaquette in-4, maroquin améthyste, encadrement d’un triple filet droit doré s’arrondissant en volutes dans les angles et les milieux, reprise des mêmes filets et volutes formant un motif losangé central, dos à 5 nerfs orné à la grotesque, dentelle intérieure, tranches dorées (Niédrée)

Barbier, IV-835 // Bechtel, 728/T-130 // Brunet, V-948 et Supplément II-802 // Fairfax Murray, 666 // Renouard, ICP, IV-811 // USTC, 73394.

(22 f.) / A-B4, C6, D-E4 / 34 ou 37 longues lignes, car. goth. / 125 × 188 mm.

Seconde édition de cet opuscule rédigé à la gloire de la gente féminine. Il contient principalement un éloge de la femme en général, de sa supériorité sur l’homme, ainsi que l’éloge de la Vierge et celui de diverses reines, d’Espagne en particulier.

C’est une œuvre de Juan Rodriguez de la Cámara, traduite en français vers 1460 par Fernand de Lucene à l’intention du duc de Bourgogne Philippe III le Bon. Elle avait été commandée par Vasquemude de Villelobes et fut publiée pour la première fois vers 1510.

Écrivain et poète galicien, Juan Rodriguez de la Cámara est né à Padron en 1390 et mort en 1450. Il fut secrétaire du cardinal espagnol Don Juan de Cervantes au concile de Bâle qui eut lieu en 1431. Il est l’auteur de plusieurs œuvres littéraires en prose qui traitent, pour la plupart, du thème de l’amour.

Selon le prologue, le texte determine par cinquante raysons que la femme [est] plus nobble de plus grant excellence que lhomme... puis le texte énonce en les commentant les cinquante raisons et les fait suivre de sept vertus dont la femme est parée. Le texte en prose s’achève sur un poème en vers composé par le traducteur Fernand de Lucene : Ensuyt ung sirographe a lhonneur triumphe des dames, que Brunet qualifie de : morceau aussi plat dans la forme que peu ingénieux dans le fond.

Le nom de l’auteur est cité dans le prologue (A1v, ligne 18) : Prevint a mes mains ne scay par quelle adventure ung traictie qui se intituloit le Triumphe des dames, lequel iadis composa en son mesme langaige ung gentil homme espaignol nomme Jehan Rodrige de la chambre. On y trouve également le nom du commanditaire (A1v, ligne 27) : Je Vasque made de ville lobes escuyer descuyrie et leur humble serviteur, le fit translater despaignol en langaige francoys par ung mien amy…

L’ouvrage parut pour la première fois en 1510 chez Le Caron, édition dont il ne subsisterait que deux exemplaires, l’un à la BnF et l’autre décrit par Harrisse dans son Excerpta Colombiniana (n° 232). Ce n’est qu’environ vingt ans plus tard que ce texte fut republié, imprimé vers 1533 pour Pierre Sergent par Guillaume de Bossozel, dont on a identifié le matériel.

Cette seconde édition est tout aussi rare que la première. L’USTC ne recense ici que deux exemplaires, celui de la bibliothèque du duc d’Aumale à Chantilly et celui que nous présentons qui est passé dans les mains de Fairfax Murray. Bechtel indique trois ou quatre exemplaires.

Le volume est orné d’un grand et curieux bois sur le titre représentant une femme derrière une presse à vis, tenant dans sa main gauche une tour, dans la droite un dragon enchaîné, et coiffée d’une pierre surmontée d’un marteau. Marque du libraire Jean Sainct Denis au dernier feuillet, reprise par Pierre Sergent (Renouard, n° 1026), et quelques lettrines à fond criblé à décors floraux.

Très bel exemplaire.

Minime décoloration à la reliure. Petites taches au feuillet A4.

Provenance :

Fairfax Murray (étiquette, n° 666).

2 000 - 3 000 €

Pseudo-TURPIN.

Cronique et histoire faicte et composee par reverend pere en dieu Turpin archevesque de Reims, lung des pairs de frãce

Contenant les prouesses et faictz darmes advenuz en son temps du tres magnanime Roy Charles le grãt, autrem t dit

Charlemaigne : de son nepveu Rolãd lesquelles il redigea comme cõpilateur dudit œuvre.

Paris, Pierre Vidoue pour honneste personne Regnault Chauldiere demourant a la grant rue sainct Jaques a lenseigne de lhomme saulvage, 8 juin 1527.

In-4, maroquin poli bordeaux, triple filet, dos à 5 nerfs orné de fleurs de lys et petits fers, dentelle intérieure, tranches dorées (Reliure anglaise du XIXe siècle).

Bechtel, 732/T-153 // Brunet, V-980 et Supplément II-814 // Renouard, ICP, III-1344 // Rothschild, II-1485 // USTC, 29077.

(4 f.)-LV-(1 f. blanc) / 4, a-o4 / 36 longues lignes, car. goth. / 215 × 161 mm.

Première et seule édition de cette version en français moderne de la Chronique du pseudo-Turpin

Cette chronique, écrite par un auteur anonyme du XIe ou du XIIe siècle, se présente comme l’œuvre de Turpin, archevêque-combattant légendaire, l’un des douze pairs de Charlemagne et héros de plusieurs chansons de geste médiévales, dont l’identité se confond avec celle de Tilpin qui fut réellement archevêque de Reims.

De nombreuses versions de cette chronique ont existé dans divers manuscrits et certains ont parfois attribué à Robert Gaguin la version imprimée de 1527 que nous présentons. En réalité, ce dernier, mort en 1501, ne peut être l’auteur de cet ouvrage dédié a tresexcellent, superillustre et treschrestien roy de France, François premier de ce nom, François Ier n’étant roi qu’à partir de 1515. Le privilège de libraire, au verso du titre, ne donne pas d’indication précise mais mentionne que le libraire Regnault Chaudière a fait trãslater escripre a ses desp s en lãgage moderne frãcois ung livre appelle lhistoire du roy Charlemagne cõpose par larcevesq Turpin estoit escript en maulvais lãgage antique non intelligible ne lisable. Si Bechtel ne considère cet ouvrage que comme la republication sous un nouveau titre de La Conqueste de Trebizonde, qui est elle-même une adaptation du Renaud de Montauban, Brunet et Picot dans le catalogue Rothschild distinguent bien ces textes : l’auteur y a ajouté différentes circonstances, toutes de son imagination, et qui font de ce livre un véritable roman de chevalerie (Brunet) ; ce n’est pas une simple traduction (…), l’éditeur français y a intercalé un grand nombre de circonstances romanesques (Picot).

La Chronique relate les exploits de Charlemagne que l’apôtre saint Jacques vient visiter et exhorte à libérer la route de Compostelle où gît sa dépouille : le corps est en Galice opprime et detenu par les endurcis obstinez mauldictz et mescreans sarrazins sans estre congneu de personne (…) tu delivreras le lieu ou ie suis des mains des infideles moabitains (f. a2). Charlemagne revient vainqueur de son expédition en Espagne et fonde en France plusieurs églises dédiées à la dévotion à saint Jacques. S’ensuit une nouvelle campagne contre le roi Angouland qui, venu d’Afrique, ravage l’Espagne et parvient par la Gascogne à atteindre l’Aquitaine. Charlemagne, avec son armée, le repousse et le tue à Pampelune où il s’était réfugié. La chronique se poursuit par le retour en France de l’armée, la trahison de Ganelon et la bataille de Roncevaux où périssent Roland et les autres pairs de l’Empereur. Le récit se termine par divers épisodes à la gloire de Charlemagne, et un épilogue consacré à la mort de Turpin attribué au pape Calixte II

Titre dans un encadrement formé de 4 bois ; 29 belles lettrines historiées à motifs d’amours dans des jeux divers, la plupart de grand format (58 × 58 mm, en réalité 8 dont plusieurs répétées) et 16 lettrines à fond criblé (en réalité 8 dont plusieurs répétées). Les lettrines et les caractères du premier cahier appartiennent au matériel du libraire Simon Du Bois.

Le titre existe en deux états. Notre exemplaire est du second état, dit « type B », avec les deux fautes es prouesses et Raouland corrigées

Reliure frottée et passée. 9 feuillets restaurés dans la marge supérieure dont un avec perte de texte et reprise de 3 lignes à l’encre ( 2 à 4, a2, a3, b2, c2, c3 et d2).

Provenance : Ricardo Heredia, comte de Benahavis (ex-libris, II, 16-25 mai 1892, n° 2436) et Fairfax Murray (étiquette, n° 554).

4 000 - 6 000 €

La

V GEANCE ‡

DESTRUCTION

DE

HIERUSALEM

par personnaiges Executee par Vaspasien ‡ son filz Titus.

Contenãt en soy plusieurs cronicques et hystoires Romaines Tant du regne de Neron Empereur que de plusieurs aultres Imprimee dernierement a Paris.

Paris, en la rue neufve nostre Dame a lenseigne de lecu de France par Alain Lotrian, 22 octobre 1539

Petit in-4, maroquin rouge, très bel encadrement droit formé de filets droits et ondoyants, roulettes, chaînettes et rinceaux, dos lisse joliment orné aux petits fers de points, étoiles, fleurs, rinceaux, etc., dentelle intérieure, tranches dorées (Reliure de la fin du XVIIIe siècle).

Bechtel, 739/V-32 // Brunet, V-1122 // Renouard, ICP, V-1445 // Rothschild, II-1076 // Runnals, 35F // USTC, 37911.

(4 f.)-CCIX f.-(1 f.) / ã4, a-z4, 4 , ¿4, A-X4, AA-EE4, FF6 / 40 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 125 × 182 mm.

Sixième ou septième édition du célèbre Mystère de la Vengeance de Notre Seigneur.

Ce mystère est une version très amplifiée de la Vengeance de Nostre Seigneur JhesuChrist, pièce écrite dans la première moitié du XVe siècle par le moine bénédictin Eustache Mercadé (ou Marcadé) qui relate l’histoire de la destruction de Jérusalem par les Romains, au premier siècle après Jésus-Christ. La version d’origine compte entre 13 000 et 14 000 vers tandis que la version imprimée, divisée en quatre journées, qui fait intervenir 177 personnages, en contient plus du double, soit près de 32 000 vers. Il ne faut pas confondre ce mystère avec une autre pièce très en vogue aux XVe et XVIe siècles : Destruction de Jérusalem ou Vengeance de Notre Sauveur, roman qui traite du même thème sous différents titres très proches mais ne fait jamais plus de 40 feuillets.

Le Mystère de la Vengeance parut pour la première fois à Paris chez Antoine Vérard en 1491 et fut rapidement suivi de quatre ou cinq autres éditions, toutes parisiennes, chez Vérard, Jean Petit ou les Trepperel, avant celle que nous présentons, parue en 1539 chez Alain Lotrian. Celuici avait succédé à la veuve Trepperel et à son fils Jean II et il semble que l’édition de Lotrian suive celle donnée en 1531 par Jean II Trepperel qui n’est peut-être elle-même qu’une réplique de celle publiée par la veuve Trepperel et Jehan Jehannot vers 1512.

Titre en rouge et noir orné d’une grande lettrine initiale grotesque à deux visages humains et têtes de dragons.

Ce très bel exemplaire, dans une superbe reliure de la toute fin du XVIIIe siècle attribuable à Derome, en maroquin rouge à dentelle droite formée de quatre types de roulettes et de filets droits, a fait partie des bibliothèques Lang, Yemeniz et La Roche Lacarelle. Sur une page de garde, il porte des annotations anciennes de trois mains différentes. La première relate une représentation de la pièce en 1437, d’après une chronique messine, et est attribuée, d’après une note, au bibliophile Châtre de Cangé, attribution que nous réfutons, ce bibliophile étant mort en 1746 avant l’époque de la reliure. La seconde annotation est une précision bibliographique et la dernière, supposée être « autographe de Mr du Roure », précise que le volume a été acheté 250f en 1829 chez téchener qui l’avait acheté à Londres à la vente de M. Lang. On retrouve bien l’exemplaire dans le catalogue de la vente de Robert Lang en 1828, mais pas dans la collection du marquis du Roure en 1848. Il figure en tout cas par la suite dans les catalogues Yemeniz (1867), où la reliure est attribuée à Derome, puis dans celui de La Roche Lacarelle (1888) où elle est attribuée à Bradel-Derome.

Cahier z un peu bruni et quelques pâles taches sans gravité, plus prononcées aux feuillets G2 et G3 ; petit manque dans la marge inférieure d’un feuillet dû à la taille initiale de la feuille (¿4)

Provenance : Robert Lang (17-27 novembre 1828, n° 1510), Nicolas Yemeniz (ex-libris, 9-31 mai 1867, n° 1924) et baron Sosthène de La Roche Lacarelle (exlibris, 30 avril-5 mai 1888, n° 288).

6 000 - 8 000 €

Les VENTES DAMOURS.

S.l.n.n.n.d. (ca 1510).

Plaquette in-8, maroquin citron, triple filet, dos à 5 nerfs très finement orné, dentelle intérieure, tranches dorées (Trautz-Bauzonnet).

Bechtel, 740 et ss. // Brunet, II-763, V-1123 // Rothschild, I-550.

(8 f.) / A-B4 / 22 lignes, car. goth. / 84 × 127 mm.

Très rare édition non répertoriée par les bibliographes.

Les Ventes damours. Lamant. Lamie, également titré Dits damours et vente ou Les Dits et ventes damours sont un dialogue en strophes de quatre à six vers entre l’Amant et l’Amye où chacun des deux protagonistes propose à l’autre, sous la forme de ventes, différents objets ou choses.

Lamant propose ainsi au début du texte :

Ie vous vens la blanche fleur

Damoyselle de la court

Je requier avoir vostre amour

Comme celuy que fort vous ayme

Et pour v e amy se clame

À quoi Lamie répond :

Amy ie suis iolye cointe

Le dieu damours ma d g dard pointe

Et ma dict que nul ne me prie

Sil na damours sa seigneurie

A la suite de quoi l’amant vend à l’amie une pomme et cette dernière de répondre en lui vendant Lave Maria, etc. Le texte se conclut par une strophe de lacteur :

Or sen vont amours accomplis

Pour faire tous leurs bons desirs

Quen paradis il les repose

Auquel lieu celluy dieu nous maine

Qui rachepta nature humaine. Amen

Anatole de Montaiglon, dans son Recueil de poésies françaises des XVe et XVIe siècles (V-204), analyse ce texte comme la reproduction d’un jeu de société où chacun devait répondre à l’autre à peine d’effectuer un gage ou payer une amende s’il ne répondait pas ou donnait une réponse qui avait déjà été faite. Ce jeu fort ancien se retrouve dans les œuvres de Christine de Pisan sous le titre Jeux à vendre où une série de strophes s’enchaînent dans le goût de celles de notre pièce. Il existe plusieurs éditions de ce texte qui offrent chacune quelques variantes. Brunet cite trois éditions de façon très sommaire et Bechtel décrit huit éditions, de 1488 à 1540, sans que nous retrouvions celle que nous présentons. Picot, dans le catalogue Rothschild, en décrit également une dizaine publiées avant 1550, mais n’avait pas non plus connaissance de celle-ci. Enfin, celle présente au Musée de Condé à Chantilly est différente de la nôtre qui présente au premier feuillet, sur le titre, une lettrine à fond criblé et un bois où trois femmes assises à une table jouent aux dés. Notre édition semble donc inconnue de toutes les bibliographies.

Cet exemplaire provient de la bibliothèque Lignerolles, dans le catalogue de laquelle il est daté vers 1510. Il a auparavant appartenu à Nodier dont il porte l’ex-libris qui a été conservé de son ancienne reliure.

Très bel exemplaire.

Marge supérieure un peu courte et 4 feuillets plus courts dans la marge inférieure dus à la taille initiale de la feuille.

Provenance :

Charles Nodier (ex-libris, 27 avril-11 mai 1844, n° 330) et comte Raoul de Lignerolles (II, 5-17 mars 1894, n° 1144).

2 500 - 3 500 €

[Antoine VIAS].

Sophologe Damours, oeuvre plaisant recreative, Dirigee a tresillustre et Magnifique Prince et seigneur Monseigneur le Daulphin.

Lyon, en la maison de Claude nourry, dict Le prince, s.d. (ca 1528). Plaquette in-8, maroquin janséniste vert, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées (Duru, 1850).

Baudrier, XII-98 // Bechtel, 700/S-161 // Brunet, II-707 et V-454 // Cioranescu, 21718 // Fairfax Murray, 565 // Gültlingen, I, p. 81, n° 77 // USTC, 80073. (24 f.) / A-C8 / 23 longues lignes, car. goth. / 80 × 121 mm.

Édition originale rare de cet opuscule sur l’amour et les femmes.

L’auteur de cette compilation nous est resté inconnu. Il ne figure dans aucune biographie et les seuls renseignements que l’on ait sur sa personne sont ceux qu’il annonce dans le prologue de son ouvrage : Je Antoine Vias liceñ. en loix, natif des pays Dauvergne… Il y annonce aussi la teneur de son ouvrage : me suis employe au mieulx ay peu dacumuler de plusieurs volumes tãt Latins, Itali s, Frãcoys ung petit livre appelle Sophologe damours. Suit le texte qui est une compilation de réflexions, de pensées et d’affirmations sur l’amour, tirées des écrits anciens que l’auteur a pu récolter. Y sont traités : De lorigine Damour, – Dun nom Damours, – De Venus, – De Cupido, – De diverses amours, – La description Damours selon maistre Jehan de Mehun en son livre du Romant de la Rose et enfin De beaulte. On y trouve de nombreuses pensées de philosophes, beaucoup d’idées reçues, des anecdotes et des faits tirés de la mythologie ou de l’histoire, mais aussi les canons de la beauté, tant en proportion qu’en esthétique pour la carnation, les cheveux, les dents, la tête, les bras, le corps, les jambes, toutes les parties du corps y sont décrites sans qu’il en manque aucune. Nous laisserons le lecteur en juger. Baudrier avance une date d’impression après 1515 et l’USTC indique la date de 1516. Cette date d’impression est impossible et il faut suivre Fairfax Murray qui avance la date vers 1528. En effet, le prologue fait référence aux deux fils de François Ier prisonniers de Charles Quint : Pourpensant Mõtreshonnore et doubte seigñt pr ce Mõseigñr le Daulphin de vi noys, Aisne filz de la Tresnoble et Invictissime maison de Frãce, estãt hostagier en pays estrãge avec de louable grace Royal fleuron Mõseigneur le duc Dorleans vostre treschier et tresame frere navez la liberte… et les blasons sur le titre représentent les deux princes.

François Ier ayant été fait prisonnier après le désastre de Pavie (24 février 1525), ne fut libéré qu’un an plus tard, le 14 janvier 1526, par le traité de Madrid, en échange de ses deux fils, le dauphin François de France et Henri de France (futur Henri II), de la perte du duché de Bourgogne et du Charolais et de l’abandon de ses revendications sur l’Italie, les Flandres et l’Artois. Les deux fils restèrent otages de Charles Quint jusqu’au 30 juin 1530.

Notre édition ne peut donc avoir été imprimée qu’entre 1526 et 1530. Une autre édition est citée par Brunet et Cioranescu, toujours à Lyon, vers 1530, avec un titre un peu différent : La Diffinition et perfection d’amour. Le Sophologe d’amour… qui sera rééditée à Paris par Gilles Corrozet en 1532.

Titre dans un encadrement formé de trois frises pour les parties latérales et supérieure et de quatre petits portraits des prophètes dans la partie inférieure, armoiries du Dauphin au centre du titre avec les dauphins tournés vers la gauche, ces armes reprises en plus grand format au verso avec les dauphins tournés vers la droite, un grand bois au feuillet A3 représentant Cupidon sur son char, les yeux bandés, tiré par les dieux et des représentants de toutes les classes de la société, hommes et femmes, pape, roi, bourgeois, hommes du peuple, maure… Quelques lettrines parfois historiées.

Cette édition est très rare. Brunet ne cite pas d’exemplaire. Baudrier ne cite qu’un exemplaire chez Morgand (Bulletin Morgand, n° 49, février 1900, n° 39102) et celui de Fairfax Murray qui sont en réalité le même, celui que nous présentons. L’USTC enfin ne mentionne qu’un exemplaire en mains privées, probablement le nôtre.

Le dernier feuillet qui porte la marque de l’imprimeur (Baudrier n° 5) est soigneusement refait à l’encre. Quelques bordures de marges ont été très habilement refaites.

Dos un peu bruni avec les charnières et les coiffes un peu frottées. Marge supérieure un peu courte. Petite marque illisible à l’encre rouge sur un feuillet de garde.

Provenance :

Fairfax Murray (étiquette, n° 565).

2 500 - 3 500 €

373

[La VIE de SAINCTE KATHERINE].

S.l.n.n.n.d. (Lyon, ca 1490 ?).

Plaquette in-8, maroquin carmin, grand motif floral à froid au centre des plats formé d’un médaillon ovale et de quatre grands fleurons, dos à 5 nerfs avec fleuron à froid répété, dentelle intérieure, tranches dorées (Trautz-Bauzonnet).

Bechtel, 753/V-142 // Brunet, V-1200 et Supplément II-883 // Fairfax Murray, 577. Manque à l’USTC.

(27 f. sur 28, le premier manquant ici) / a8, b-c6, d8 / 24 ou 26 lignes, car. goth. / 128 × 189 mm.

Édition originale et probablement le seul exemplaire connu.

Sainte Catherine est l’une des figures les plus connues des martyres de la chrétienté. Née à la fin du IIIe siècle dans une famille royale d’Alexandrie, en Égypte, elle fut éduquée de telle sorte qu’elle pouvait rivaliser avec les philosophes et les savants de son époque. Au cours d’une séance d’apostasie, elle exposa si brillamment les arguments en faveur de la chrétienté que l’empereur Maxence fit réunir cinquante savants à qui il promit de très grandes récompenses s’ils parvenaient à surpasser les raisonnements de la sainte. Cette dernière réussit à triompher des savants qui se convertirent à la chrétienté. L’Empereur fit alors brûler vifs les cinquante savants et, charmé par la beauté de la jeune fille, lui proposa une place en son palais, au second rang après la reine. Catherine refusa en disant qu’elle s’était donnée comme épouse au Christ. Maxence la fit dévêtir, frapper par des scorpions et jeter au cachot. La vierge y fut secourue par des anges et une colombe blanche venue la nourrir. Au bout de douze jours, Maxence, voyant Catherine toujours rayonnante de vie, lui proposa à nouveau d’être sa compagne et, devant son refus, la condamna à être déchirée par des roues hérissées de fers et de clous. Les roues se brisèrent avec tant de force qu’elles tuèrent quatre mille païens. Maxence lui proposa de devenir impératrice à la place de son épouse qui s’était convertie et qu’il avait fait exécuter et, devant son nouveau refus, la condamna à la décapitation. Lorsque sa tête tomba, du lait jaillit de son cou et les portes du ciel lui furent ouvertes. Elle fut ensevelie au mont Sinaï, ses ossements produisant une huile miraculeuse qui guérit le corps de tous les malades. Quelques siècles plus tard, le corps intact d’une jeune femme découvert au mont Sinaï fut reconnu comme celui de la sainte et un monastère y fut créé.

La version de la vie de sainte Catherine ici imprimée est assez éloignée de celle que nous venons de décrire tirée de la Légende dorée de Jacques Voragine. Elle est écrite sous la forme d’un poème de 156 quatrains en vers de douze syllabes avec la particularité que, dans cette édition, les vers ont été coupés au milieu de manière à former des vers de six pieds dont les rimes s’accordent un vers sur deux :

Loreille que ie dis

Est humaine lignee

Qui par le peche deve

Fut si fort excillee

Et dadam qui pecharent

Mangeans le fruit de vie

Dont le dyable denfer

Eut sur eulx la maistrie

Il existe de nombreuses éditions de la vie de sainte Catherine. Brunet en recense trois dont deux avant celle que nous présentons et dont il fait une assez longue description. Bechtel quant à lui en répertorie dix entre 1490 et 1543 en considérant la nôtre comme la première gothique et l’originale. Pour Fairfax Murray, auquel cet exemplaire a appartenu, cette édition qu’il date vers 1485 est probablement la première et l’exemplaire est unique. Enfin, selon Brunet, l’édition a été imprimée avec les mêmes caractères que ceux ayant servi à imprimer les Matines en françois de Martial d’Auvergne dont l’impression est attribuée aux presses lyonnaises de la fin du XVe siècle et, selon Fairfax Murray, les caractères sont les mêmes que ceux utilisés pour Le Champion des dames de Martin Franc publié à Lyon chez Jean Du Pré, vers 1485 (cf. Bourdel, II, 20 mars 2025, n° 171).

Il ressort de ces divers éléments que ce volume sort très probablement d’une imprimerie lyonnaise de la fin du XVe siècle et qu'il est la première ou l'une des toutes premières éditions de ce texte.

L’exemplaire étant le seul connu, on ne peut déterminer si le premier feuillet (a1) manquant était imprimé ou s’il était blanc. Brunet ne se prononce pas et Fairfax Murray indique avec prudence qu’il n’est pas improbable qu’il soit blanc. Nous pensons pour notre part qu’il devait probablement porter le titre de l’ouvrage, peut-être avec une initiale ou un bois. Tout ceci n’enlève rien à sa très grande rareté.

Minimes taches un peu sombres au maroquin. Petites restaurations marginales (f. a8) et décharges du signet à deux feuillets (C1-C2).

Provenance :

Antoine Laurent Potier (II, 1863, n° 1665), William Martin (26 avril-1er mai 1869, n° 296) et Fairfax Murray (étiquette, n° 577).

3 500 - 4 500 €

374

La VIE SAINCTE MARGUERITE.

Lyon sur le rosne par Claude Nourry, s.d. (ante 1516).

Plaquette in-8, maroquin janséniste rouge sang, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées sur tranches rouges (Trautz-Bauzonnet).

Baudrier, XII-89 // Bechtel, 765/V-247 // Brunet, V-1202 // Gültlingen, I, p. 82, n° 80 // USTC, 14553.

(16 f.) / a-b8 / 22 à 23 lignes, car. goth. / 85 × 125 mm.

Rare édition lyonnaise de cette hagiographie de la patronne des femmes enceintes.

Sainte Marguerite, qui se nommait Marine à cette époque, serait née à Antioche de Pisidie à la fin du IIIe siècle. Fille d’un prêtre païen, elle se convertit au christianisme et fait vœu de chasteté. Le préfet Olybrios, l’ayant aperçue, est conquis par sa beauté et se déclare à elle. Elle se refuse à lui et il la fait mettre en prison. Elle implore alors le Christ de l’aider dans son épreuve. Un dragon du nom de Rufus apparaît dans sa cellule et l’avale, mais Marine lui crève la peau du ventre et sort du monstre. Un second démon apparaît mais la courageuse Marine le combat, le force à révéler son nom, Béelzéboul, et bientôt celui-ci se répand et est avalé par les entrailles de la Terre. Condamnée ensuite par Olybrios pour ne pas vouloir abjurer sa foi chrétienne, la sainte est torturée puis décapitée, tandis que dans le même moment JésusChrist, sous la forme d’une colombe, descend du ciel avec des anges qui recueillent sa tête et s’envolent dans les cieux. Cette légende devint familière au Moyen Âge et fut contée par Jacques de Voragine dans la Légende dorée. Elle y est renommée Marguerite et devient la protectrice des femmes enceintes pour être sortie vivante du ventre du dragon.

Comme pour la plupart des vies de saints, celle de Marguerite connut de nombreuses éditions. Elles n’en sont pas pour autant moins rares. Celle que nous présentons fut publiée par Claude Nourry, imprimeur à Lyon de 1493 à sa mort en 1533. C’est la huitième édition répertoriée par Bechtel, qui la date avant 1516. Elle contient in fine deux oraisons en vers latins.

Un bois représentant Marguerite sortant du ventre du dragon et une grande lettrine à décor floral.

Cette édition est très rare. Brunet cite cet exemplaire en indiquant qu’il provient de la bibliothèque Solar. Quant à l’USTC, il ne cite aussi que cet exemplaire en l’indiquant comme Lost book

Petites décharges d’encre rouge sur la partie latérale de plusieurs feuillets.

Provenance :

Félix Solar (I, 19 novembre-8 décembre 1860, n° 1134) et comte Raoul de Lignerolles (II, 5-17 mars 1894, n° 1146).

2 000 - 3 000 €

375

La VIE SAINCT FRANCOYS.

Paris en la rue neuve nostre dame a lenseigne sainct Jehan levangeliste pour Simon Vostre, s.d. (vers 1505-1510).

Grand in-8, maroquin anthracite, triple filet à froid, dos à 5 nerfs orné de même avec le titre et la mention Paris circa 1500, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Godillot).

Bechtel, 756/V-169 // Brunet, V-1191 // Rothschild, II-2022 // USTC, 55552.

(69 f.) / a-d8, e7, f-h8, i6 / 38, 39 ou 40 longues lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 163 × 220 mm.

Édition originale de la première biographie de saint François d’Assise. À l’exception de quelques apôtres et des quatre évangélistes, il est peu de saints qui soient aussi célèbres que François d’Assise. Né en 1181 ou 1182 à Assise, François est le fils aîné d’un riche bourgeois drapier et d’une femme pieuse de la noblesse provençale. Il quitte l’école à quatorze ans pour seconder son père dans ses affaires et fait partie du service armé de la cité. Il participe aux révoltes communales des bourgeois aspirant à la noblesse et est fait prisonnier. Libéré grâce à son père au bout d’un an, il garde de son séjour en prison de graves séquelles pour sa santé. Au début de 1205, il tombe malade et abandonne ses ambitions militaires pour se tourner vers la prière et la méditation. Durant cette même année, François entend une voix lui demandant de venir réparer son église. Il dépense alors l’argent de la famille en aumônes ce qui lui vaut un procès intenté par son père contre les excentricités de son fils. François se défait de ses vêtements, de son argent et se met sous la protection de l’évêque d’Assise, Guido. Il se consacre alors à la religion, vivant d’aumônes et s’attachant à la reconstruction d’édifices religieux qu’il restaure grâce aux dons des fidèles. Il fonde l’Ordre des franciscains dont il changera plusieurs fois les règles, puis l’Ordre des pauvres dames, futures clarisses, et enfin le Tiers-Ordre des Franciscains. Il reçoit les stigmates le 17 septembre 1224 et se réfugie dans une hutte près de la chapelle San Damiano où il commence son itinéraire spirituel. À sa mort, le 3 octobre 1226, son ordre comptait environ 4 000 frères. Il laisse une œuvre manuscrite importante dans laquelle on trouve des statuts, des sermons, des cantiques et des lettres.

L’édition que nous présentons est la première biographie écrite sur ce saint. Elle est restée anonyme et connaîtra quatre éditions gothiques postérieures, la dernière publiée en 1538.

Le titre, ici en fac-similé, est orné de la marque de Simon Vostre. Le volume contient 2 autres bois : François recevant les stigmates et François en prière. Le reste de la décoration se compose de grandes et petites lettrines florales à fond criblé.

Le volume ne possède pas de feuillet e8 à la suite d’une erreur d’imposition qui fut rectifiée par l’imprimeur. Certains exemplaires ont conservé ce feuillet e8, dont le verso est vierge et le recto est le même texte que celui du feuillet f1r. Titre en fac-similé, restaurations aux 7 premiers et 5 derniers feuillets, dont un avec atteinte à quelques lettres.

1 000 - 1 500 €

376

[Macé de VILLEBRESME].

HYSTOIRE ROMAINE DE LA BELLE CLERIÊDE laquelle saulva la vie a son amy Reginus le Romain en habit de charbonnier : avec la piteuse mort de Cicero. Nouvellement translatee de latin en francoys.

Lyon, en la maison du Prince, Claude Nourry, 12 août 1529. Plaquette in-16, veau bleu roi estampé à froid d’un décor losangé à répétition, dos lisse (Reliure du XIXe siècle).

Baudrier, XII-142 // Bechtel, 153/C-395 // Brunet, III-209 et Supplément II-894 // Gültlingen, I, p. 90, n° 146 // Harrisse, 116 // USTC, 79183.

(16 f.) / A-B8 / 22 lignes, car. goth. / 83 × 124 mm.

Édition originale de ce roman en forme d’épître par Macé de Villebresme, probablement le seul exemplaire connu. Longtemps resté anonyme ou faussement attribué à Gringore (Brunet et abbé Goujet) ou à L’Espine de Pont-Allais (Oulmont), l’Hystoire romaine de la belle Cleriende a été rendue à son véritable auteur Macé de Villebresme par Georges-Maurice Guiffrey qui a pu consulter le manuscrit original et en a donné une édition annotée en 1875.

Il semble que Macé de Villebresme ait été valet de chambre (ou maître d’hôtel suivant les sources) du duc d’Orléans, futur Louis XII, et « capitaine du château de Chambord », charges pour lesquelles il reçut des gages au moins entre 1491 et 1498. Aucune autre information sur sa vie ne semble être parvenue jusqu’à nous. Les collections publiques françaises conservent six manuscrits de la première moitié du XVIe siècle dans lesquels figure L’Epistre de la belle Cleriende, le plus ancien datant de 1515-1517 (Arsenal, 5116 ; BnF, Manuscrits, fr.01678, fr.01721, fr.01953, fr.12406 et Rothschild 2964).

Le texte se divise en deux parties. Il s’ouvre par un prologue initial en prose (4f.) dans lequel l’auteur expose le contexte politique romain Pour plus facile intelligence de lautêtique hystoire de Reginus, lequel estoit avec plusiers aultres nobles romains proscript, et les rivalités entre Marc-Antoine et Octavien qui conduisirent à la décapitation criminelle de Cicero. Ce prologue est suivi de Lepistre que la belle Cleriende envoya a son amy Reginus le romain alors quil estoit en exil : pour eviter lire des troys bourreaulx persecuteurs des Romains (11f.), composée de 432 vers en décasyllabes s’ouvrant ainsi :

La larme a loeil, au cueur la tristesse,

A lesperit langoreuse foiblesse…

S’ensuit la longue plainte d’une amante malheureuse qui supplie son amant proscrit de la lire jusqu’au bout :

Car après mort, iamais ne cesseray Taymer sans fin si les dieux le permettêt :

Et les priray que avecques toy me mettent

En leur pourpris, sur estoilles sphere

Ce quilz feront, ainsi cõme iespere,

Affin que nous ayons au divin firmament

Doubles plaisirs sempiternellement…

Épistolière héroïque, elle lui expose les malheurs de Rome, les excès des puissants et lui rappelle la façon dont elle l’a sauvé en lui permettant la fuite (Te souvient il cõm est en mon manoir / Je te taigny le visaige tout noir / (…) Tant q tu fus semblable aux charbonniers…), ce qui conduisit à leur séparation et à la mort de la belle.

L’édition de Claude Nourry, 1529 est la première trace imprimée de cette œuvre. Deux autres éditions suivirent peu après (Nourry, 1533, la plus ancienne donnée par Brunet qui ignorait celle-ci, et Lotrian-Janot, ca 1534).

Cette pathétique complainte amoureuse est illustrée de deux bois accolés sur le titre représentant les amants malheureux, ainsi que de la marque de Claude Nourry au verso du dernier feuillet. La fin du poème est en outre illustrée d’un bois représentant une fleur surmontant ce curieux allographe : G.c.c.n.m.plus que.l. (« J’ai cessé et n’aime plus qu’elle »).

L’exemplaire a appartenu à Fernand Colomb. On sait que ce dernier avait pour habitude de noter au verso du dernier feuillet de chacun de ses livres le prix d’achat et les circonstances de son acquisition. Or cet exemplaire porte au verso du dernier feuillet le fantôme illisible d’une inscription à l’encre en espagnol commençant par les mots Esto libro costo. D’après Harrisse, dans son Excerpta Colombiniana (n° 116), Colomb acheta cet ouvrage le 21 janvier 1531. Il semble que ce soit le seul exemplaire subsistant de cette édition. Brunet n’en avait pas connaissance et Bechtel et Baudrier ne recensent que cet exemplaire Colomb-Fairfax Murray.

Trous de vers réparés à tous les feuillets avec pertes de lettres, mouillure atteignant 4 lignes de texte en pied des 5 derniers feuillets.

Provenance : Fernand Colomb (trace de note autographe effacée au dernier feuillet, étiquette moderne  Bibliotheca Colombina) et Fairfax Murray (étiquette, n° 232).

3 000 - 4 000 €

377

[YSAIE LE TRISTE].

L’Histoire de Isaie le triste filz de Tristan de leonnoys : Jadis chevalier de la table Rõde : de la Royne Izeut de Cornouaille Ensemble les nobles prouesses de chevallerie : faictes par Marc lexille filz dudict Isaye.

Paris, en la Rue Neufve nostre Dame a lymaige Sainct Nicolas par : Jehan Bonfons, s.d. (ca 1550).

In-8, maroquin rouge vif, plats ornés d’un double encadrement de triples filets dorés dont un quadrilobé, fleurons d’angle, écoinçons aux petits fers, dos à 5 nerfs richement orné aux petits fers, doublure de maroquin bleu marine avec large dentelle droite, tranches dorées sur marbrure (Niédrée).

Bechtel, 380/I-55 // Brunet, V-1513 et Supplément II-961 // Fairfax Murray, 595 // USTC, 55821.

(260f.) / a-z8, 8, ¿8, A-G8, H4 / 40 longues lignes, car. goth. / 134 × 188 mm.

Quatrième édition rare de cette continuation du roman de Tristan et Iseut. Ysaie le Triste est l’une des dernières œuvres de la littérature française qui se rapporte au cycle arthurien. Ce roman de chevalerie du XVe siècle a longtemps été ignoré en raison de sa longueur et des difficultés grammaticales que le texte suscitait, [mais il illustre] une évolution et une transformation considérable de la courtoisie telle qu’on la connait dans les récits antérieurs (Giacchetti). Ce récit conte les aventures d’Ysaie le Triste, fils de Tristan et Iseult, confié dès sa naissance aux soins d’un ermite et protégé par quatre fées représentant la prudence, la force, la tempérance et la justice. Il est accompagné du nain Tronc, qui n’est autre qu’Obéron, roi des fées, condamné pour quelque temps à cette laide apparence et qui sera puni chaque fois qu’Ysaie fera une sottise. Ysaie se rend à la cour du roi Irion, séduit sa fille Marthe, laquelle accouche d’un enfant nommé Marc puis il court les aventures de par le monde. Après quelques années, 50 000 Sarrazins embarquent pour conquérir l’Angleterre mais Marc et son père délivrent le royaume de l’invasion. Ysaie épouse Marthe, tandis que Tronc reprend sa forme initiale de beau jeune homme.

La première édition parut à Paris, chez Pierre Vidoue et Galliot Du Pré, vers 1522. Elle fut suivie par deux éditions parisiennes, chez Philippe Le Noir vers 1528 et chez Alain Lotrian vers 1531. Vient ensuite l’édition que nous présentons publiée par Jean Bonfons, qui exerça de 1547 à 1568 ; on peut la dater vers 1550.

Fairfax Murray, à qui cet exemplaire a appartenu, la pense troisième édition parce qu’il n’avait pas connaissance de celle de Lotrian. Cette dernière doit être très rare. Elle n’est citée que par Brigitte Moreau dans l’Inventaire Chronologique des Éditions Parisiennes et par Bechtel d’après un catalogue du libraire américain E.K. Schreiber.

Brunet cite notre édition en la qualifiant de mauvaise mais qui ne se trouve pas facilement. Le célèbre bibliographe avait sans doute vu trop de beaux livres pour s’attacher à ce que nous qualifions ici de très belle édition.

Elle est ornée d’un titre en rouge et noir avec grand bois présentant de multiples petites scènes et de 25 bois dans le texte (en réalité 12 dont 3 utilisés 2 fois, un utilisé 3 fois, un utilisé 4 fois et un dernier utilisé 7 fois).

Ces bois proviennent pour la plupart de l’édition publiée par Le Noir vers 1528 mais on notera que six d’entre eux avaient déjà été copiés pour servir à l’édition du Theseus de Coulongne de 1534 publié par Longis et Sertenas que nous présentons dans ce catalogue sous le n° 366.

Superbe exemplaire de ce roman de chevalerie dont on ne connaît que peu d’exemplaires.

Minimes frottements à 2 nerfs et petites usures aux coupes.

Provenance :

Baron Sosthène de La Roche Lacarelle (ex-libris, 30 avril-5 mai 1888, n° 322), G. Gancia (timbre sec) et Fairfax Murray (étiquette, n° 595).

4 000 - 6 000 €

Ouvrages de poésie

Lots 378 à 459

ARIOSTE.

Le Premier volume de Roland furieux, premierem t composé en Thuscan par Loys Arioste Ferrarois, & maintenant mys en rime Françoise par Ian Fornier de Montaulban en Quercy. Avec les Arguments au commencem t de chacun chant, comprenans sommairement tout ce qu’y est apres amplement deduict par l’auteur, & avec les Allegories des chants à la fin d’un chacun.

Paris, Michel de Vascosan, 1555 In-4, maroquin vert, triple filet doré, dos à 5 nerfs joliment orné, roulette intérieure dorée, tranches dorées (Reliure du XVIIIe siècle).

Brunet, I-441 // USTC, 56016.

(8 f.)-245 f.-(1 f. blanc) / a-b4, A-Z4, Aa-Zz4, AA-OO4, PP6 / 156 × 239 mm.

Édition originale de la traduction du Roland furieux par Jean Fornier. Elle ne contient que les quinze premiers chants et Fornier ne fit jamais paraître la suite.

Dans l’Advertissement au Lecteur, Fornier précise qu’il a voulu r dre les vers d’Arioste en stanzes Françoyses, comme il est en stanzes Tuscanes, c’est-à-dire qu’elles se puissent chanter & iouer sus les instrumens musicaux. Pour cela, il a choisi le vers décasyllabique et l’alternance des rimes masculines et féminines.

Exemplaire en maroquin vert du XVIIIe siècle portant sur le titre trois ex-libris manuscrits partiellement effacés de la bibliothèque de Philippe III, prince de Croÿ, avec la mention Croy répétée ainsi que les devises Fortunatus Modestez / Infortunatus Prudentez, Jy Parviendrai et Per Non manifestare il mio Dolore / Tal volta diro che mi crepa il Core, ainsi que la date 1555 répétée (1.5.M.5.5.). Il a appartenu ensuite aux bibliothèques Bordes de Fortage puis Lindeboom.

Deux annotations bibliographiques anciennes à l’encre précisent que ce premier volume est le seul paru.

Minimes macules avec coloration un peu inégale sur les plats. Titre sali avec petits manques marginaux et inscriptions partiellement effacées ; tache claire aux 8 premiers feuillets, restauration en tête d’un feuillet (B1) et mouillure angulaire aux cahiers Nn et PP.

Provenance :

Philippe III, prince de Croÿ (ex-libris manuscrits), Philippe-Louis de Bordes de Fortage (ex-libris, 4 décembre 1919, n° 104) et Alfred Lindeboom (ex-libris, absent de la vente de 1924).

600 - 800 €

379

Théodore Agrippa d’AUBIGNÉ.

Petites œuvres meslees du sieur d’Aubigné. Le contenu desquelles se void és pages suivantes la Preface.

Genève, Pierre Aubert, 1630.

In-8, maroquin rouge, chiffre doré H.M. dans l’angle supérieur du premier plat, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Chambolle-Duru).

Brunet, I-544 // Tchemerzine-Scheler, I-183.

(8 f.)-175 / 8, A-L8 / 97 × 168 mm.

Édition originale fort rare selon Tchemerzine et rare selon Brunet.

Littérateur, historien célèbre et capitaine calviniste, Théodore Agrippa d’Aubigné reste dans l’histoire comme un modèle de droiture et de constance. Né en 1552 à Saint-Maury, en Saintonge, il fit preuve dès sa plus tendre enfance d’un goût et d’une aptitude prononcés pour les lettres. Connaissant le latin, le grec et l’hébreu à six ans, il traduisit le Criton de Platon à dix ans sur la promesse que lui avait faite son père d’imprimer son ouvrage. Ce dernier, protestant zélé, lui fit jurer haine aux catholiques, serment qu’il s’efforça de tenir en restant toujours fidèle à la religion dans laquelle il avait été élevé, ce qui lui valut plusieurs condamnations à mort. Obligé de fuir avec son précepteur Béroalde, il se réfugia à Genève où il bénéficia de l’enseignement de Théodore de Bèze. Il s’engagea pour aller combattre sous les drapeaux du prince de Condé et devint l’écuyer de Henri de Navarre. Toujours au premier rang des calvinistes, il ne quitta l’épée qu’après l’entière dissolution de la Ligue et l’avènement au trône de son maître Henri IV, qu’il avait servi le plus loyalement et le plus bravement qui soit. Durant les trêves et intervalles de paix, Agrippa d’Aubigné cultivait les lettres et composait des pièces et épigrammes où sa verve huguenote et son cynisme de franchise n’épargnaient personne, ni la reine-mère, ni Henri IV en dépit de l’indéfectible fidélité qu’il lui vouait. Sur la fin de sa vie et sous le coup de sa quatrième condamnation à mort, il retourna à Genève et épousa une demoiselle Burlamaqui. Leur fils fut le père de Madame de Maintenon. Aubigné s’éteignit à Genève le 29 avril 1630.

Ses Petites œuvres meslees contiennent des Méditations sur plusieurs psaumes, des versions en vers mesurés de dix-sept psaumes ou prières et, sous le titre général de L’Hyver du Sr d’Aubigné, vingt-six pièces poétiques ou sonnets. Les vers mesurés cherchent à intégrer à la poésie française des rythmes musicaux à l’image de la poésie antique, fondés sur la quantité syllabique et alternant les syllabes longues et brèves. Bel exemplaire malgré de petits frottements aux charnières.

Provenance :

Henri Monod (supra-libris, ex-libris, I, 8-10 mars 1920, n° 18) et Alfred Lindeboom (ex-libris, absent de la vente de 1924).

800 - 1 200 €

380

Théodore Agrippa d’AUBIGNÉ.

Les Tragiques ci-devant donnez au public par le larcin de Promethee. Et depuis avouez et enrichis par le Sr d’Aubigné.

S.l.n.n.n.d. (Maillé, Jean Moussat, 1620).

Petit in-8, veau porphyre, triple filet doré, dos lisse orné à la grotesque (Reliure du XVIIIe siècle).

De Backer, I-588 // Tchemerzine-Scheler, I-161 // USTC, 6808420.

(16 f., le dernier blanc)-331-(2 f., le dernier blanc manquant ici) / ã8 8 A-X8 / 91 × 145 mm.

Rare seconde édition en partie originale et la première sous le nom de l’auteur.

C’est âgé d’à peine 25 ans, vers 1577, que Théodore Agrippa d’Aubigné rédigea ces vigoureuses satires, dépeignant les malheurs de la France et les mœurs des derniers Valois. Elles circulèrent probablement sous forme manuscrite avant d’être publiées en 1616 sous le pseudonyme de Larcin de Prométhée. L’anonymat ne trompant personne, elles furent, dès la seconde édition en 1620, avouez et enrichis par leur auteur. Aubigné ajouta en effet plusieurs centaines de vers aux sept livres qui composaient l’ouvrage et fit paraître cette édition sur les presses qu’il avait lui-même installées à Maillé, en Poitou, et dont il avait confié la direction à l’imprimeur Jean Moussat.

Cette édition est rare. L’USTC ne recense que l’exemplaire de la British Library.

Un coin un peu émoussé, petit manque à la coiffe supérieure et mors un peu frottés. Petit trou restauré dans l’angle inférieur droit à l’ensemble du volume et 3 cahiers un peu brunis (H, K et X).

2 000 - 3 000 €

381

[Vital d’AUDIGUIER]

.

La Défaite d’amour. Et autres œuvres Po ëtiques de V.D.S. de la Menor.

Paris, Toussaincts Du Bray, 1606. In-16, vélin doré, double filet en encadrement et médaillon central dorés, dos lisse orné de petites fleurs et filets dorés répétés, tranches dorées (Reliure de l’époque).

Arbour, 19 // Cioranescu, 8828 // Goujet, XIV-341 et ss. // Quérard, III-922 // USTC, 6015259.

(18 f.)-56-117 (mal chiffrée 69)-(1 f. blanc) / ã12 6, a-b12, c4, A-E12 / 75 × 138 mm. Édition originale rare.

Vital d’Audiguier, ou Daudiguier, seigneur de la Ménor en Rouergue, est né à Najac vers 1569. Longtemps incertain sur le choix d’une carrière, il se fit d’abord militaire, puis étudia la jurisprudence sur les pas de son père magistrat et essaya de faire son chemin à la cour avant de se vouer à la culture des lettres. Traducteur de Cervantès, écrivain prolifique en vers et en prose, il mourut assassiné, percé de plusieurs coups d'épée, à Paris en 1624 dans un tripot à la suite d’une querelle de jeu. L’abbé Goujet, dans sa Bibliothèque françoise, consacra une assez longue notice à Vital d’Audiguier, dont l’étoile pâlit avec les siècles jusqu’au jugement sans appel de Pierre Larousse à la fin du XIXe siècle : Tous [ses] ouvrages se distinguent par la déplorable facilité, par l’absence de jugement et de goût… Laissons à Larousse cette dernière pique et tempérons celle-ci par le jugement d'un poète contemporain, Guillaume Colletet : il mourut enfin, à la honte de la France, d'une mort sanglante et funeste.

La Défaite d’amour est un recueil en deux parties composé de stances, sonnets et élégies. Il fut publié à Paris chez Toussaint Du Bray et comporte, dans les premiers feuillets, divers poèmes anonymes ou non signés. Le dernier cahier est entièrement mal numéroté avec des pages chiffrées de 49 à 69 au lieu de 97 à 117.

L’exemplaire porte en deux endroits, sur le titre et sur un feuillet blanc, l’exlibris manuscrit Soubrany ou Soubrany de Verieres  ; il s’agit probablement de François Amable Soubrany de Verrières, trésorier général de France à Riom au début du XVIIIe siècle.

Vélin taché. Mouillure angulaire.

Provenance : Soubrany de Verrières (ex-libris manuscrits).

800 - 1 200 €

382

Gilles d’AURIGNY, dit le Pamphile.

Le tuteur d’amour. Auquel est comprise la fortune de l’Innoc t en amours. Ensemble un livre, ou sont Epistres, Elegies, Complaintes, Epitaphes, Chantz royaux, Ballades, Rondeaux, & Epigrammes…

Paris, Jehan Ruelle, en la rue Sainct Jacques, à la queue de Renard, 1553 In-16, maroquin vert, triple filet doré en encadrement, dos à 5 nerfs orné de même, doublure de maroquin rouge entièrement ornée d’un spectaculaire décor doré à répétition formé de doubles filets s’entrecroisant, les champs emplis de fers de différentes tailles, tranches dorées sur marbrure (Bauzonnet).

Brunet, I-571 // Quérard, III-20 // Rothschild, I-652 // USTC, 57803.

96 f. / a8, B-M8 / 67 × 108 mm.

Rare troisième édition en partie originale.

Jurisconsulte et poète, avocat au Parlement de Paris, Gilles d’Aurigny naquit à Beauvais à la fin du XVe siècle et publia, sous son véritable nom ou sous ses pseudonymes du Pamphile et de l’Innocent égaré, diverses œuvres poétiques ou juridiques. Il mourut en 1553.

Son Tuteur d’amour est un long poème de plus de 1.700 vers en décasyllabes sur l’amour et ses tourments, que suivent un Discours des Dames signé de la

devise d’Aurigny Un pour tout, treize épîtres, trois élégies, huit épitaphes dont une consacrée à Clément Marot « paragon des poetes François », et enfin diverses étrennes, ballades, complaintes, épigrammes et chants royaux.

Les premiers feuillets sont occupés par une épître en prose adressée à Monsieur de Maupas, un dixain de Claude Colet, un huitain a l’amye de l’Autheur Jeanne D.L.R. par le seigneur de Cusseron et un dixain de Henry Simon. Le « seigneur de Cusseron » est probablement Gilles d’Aurigny lui-même, car son huitain, qui invite Jeanne à se donner à luy toute entiere, se clôt par la devise de ce dernier Un pour tout

Le Tuteur d’amour parut pour la première fois à Paris chez Arnoul L’Angelier en 1546 avant d’être réimprimé dès l’année suivante à Lyon chez les Tournes, puis deux nouvelles fois à Paris en 1553, l’une chez la veuve de Guillaume Le Bret et l’autre chez Jehan Ruelle, l’édition que nous présentons.

Superbe exemplaire réglé de ce livre rare. Il est revêtu d’une reliure à la doublure richement ornée signée Bauzonnet en pied du dos et provient de la bibliothèque de Charles Nodier. Les reliures portant la signature seule de Bauzonnet ont été réalisées entre 1831 et 1840, avant son association avec Trautz.

L’USTC ne recense de cette édition que l’exemplaire Rothschild conservé à la Bibliothèque nationale de France.

Légères éraflures anciennement reteintées à un mors.

Provenance :

Charles Nodier (ex-libris, 27 avril-11 mai 1844, n° 389), ex-libris armorié non identifié et Louis Loviot (5-6 mai 1919, n° 32).

1 500 - 2 500 €

383

Les Premières œuvres poetiques.

Paris, Thomas Perier, 1583

Petit in-8, maroquin marron orné d’un encadrement doré droit formé de deux doubles filets se joignant en enroulements dans les angles et les milieux, dos à 5 nerfs orné, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Bauzonnet).

Brunet, I-964 // Cioranescu, 4059 // De Backer, I-382 // Rothschild, IV-2938 // USTC, 7325.

(8 f.)-339 (mal chiffrées 335, avec des erreurs de pagination)-(6 f.) / ã8, A-Y8 (avec ã4 signé A4) / 94 × 147 mm.

Édition originale rare et seule parue.

On ignore tout de Joachim Blanchon, sinon qu’il est probablement né à Limoges vers 1540 et mort vers 1597.

Dans ses Premières œuvres poétiques, composées au Crépuscule de [son] adolescence, l’auteur se réclame de l’influence de Ronsard, Desportes, Jamin, Saluste, & aultres excellens Esprits. Son ouvrage se compose de deux livres d’amours en sonnets, l’un à Dione et l’autre à Pasithée, suivis d’un troisième livre de Meslanges contenant des odes, chansons et épitaphes. L’appel de Blanchon à l’indulgence du lecteur pour des vers de jeunesse (adresse au lecteur au dernier feuillet) resta lettre morte et il ne trouva grâce aux yeux d’aucun biographe, critique ou bibliographe. Seul Picot, dans le catalogue Rothschild, tempère son jugement par l’intérêt historique du recueil : Les vers de Blanchon sont détestables, et pourtant ses œuvres offrent un réel intérêt en raison du grand nombre de personnages qui y sont nommés, en particulier des personnages limousins.

L’ouvrage parut chez le libraire parisien Thomas Périer en 1583 et ne fut jamais réimprimé. Il est orné sur le titre de la marque du libraire (Renouard, n° 870) et au verso du second feuillet d’un portrait de Henri III gravé en taille-douce.

Les bibliographes s’accordent autant sur la médiocre qualité des vers de Blanchon que sur la grande rareté de cette édition.

Très bel exemplaire relié par Bauzonnet entre 1831 et 1840, avant son association avec son gendre Trautz.

Menus frottements aux mors et au dos, une légère éraflure au second plat. Plusieurs petits trous restaurés au titre, quelques piqûres et brunissures sans gravité.

Provenance :

Petite étiquette hexagonale non identifiée avec cote de bibliothèque du XIXe siècle.

3 000 - 4 000 €

[Jean BOUCHET].

Epistres Morales & Familieres du Traverseur.

A Poictiers, Chez Iacques Bouchet a l’imprimerie a la Celle, & davant les Cordeliers. Et a l’enseigne du Pelican par Iehan & Enguilbert de Marnef, 1545.

In-folio, demi-maroquin brun à coins, dos à 6 nerfs orné de filets à froid (Reliure du XIXe siècle).

Bibliotheca Bibliographica Aureliana, XXXII, p. 64, n° 40 // Brunet, I-1164 // Cioranescu, 4478 // Tchemerzine-Scheler, II-83 // USTC, 1098.

(6 f.)-42 f.-48 f.-(4 f.)-LXXXIII f.-(1 f. manquant ici) / [ ]6, A-G6, a-h6, aa4 A-O6 / 210 × 330 mm.

Édition originale.

Procureur à Poitiers, ami de Rabelais et protégé de La Trémoille, Jean Bouchet (1476-1557) fut un auteur prolifique très apprécié de ses contemporains.

Epistres morales & familières du Traverseur est, selon Hoefer, le plus intéressant de tous les ouvrages de Jean Bouchet. Il contient d’abord les Epistres morales adressées à toutes sortes d’états, divisées en deux parties dont la première comporte quatorze épîtres et la seconde onze, puis les Epistres familieres, séparées par un titre à part, au nombre de 127. D’après Goujet, il y instruit tous les états (…) depuis celui qui est assis sur le trône jusqu’au dernier des artisans, et depuis le pape jusqu’aux clercs du rang le moins élevé. Chaque épître est une espèce de traité complet sur les devoirs et les obligations de chaque état et de chaque condition. Le pseudonyme du Traverseur n’avait pas vocation à masquer l’identité de Jean Bouchet qui est nommé dès les premières épîtres et dont la devise anagrammatique Ha bien touché clôt chacune des parties. Cet ouvrage a paru à Paris chez Jacques Bouchet et Jean et Enguilbert de Marnef. La marque de Bouchet orne les deux titres, tandis que celle des Marnef est imprimée au dernier feuillet (absent ici).

Manque le dernier feuillet. Éraflures aux coins et aux mors. Forte tache dans la marge intérieure au premier tiers du volume et aux derniers feuillets, petites galeries de vers et manque angulaire au feuillet G3 dû à la taille initiale de la feuille.

Provenance : Auguste de La Bouralière (ex-libris).

800 - 1 200 €

385

Claude CHAPPUYS.

Discours de la Court, presente au Roy par M. Claude Chappuys son libraire, & Varlet de Chambre ordinaire.

Rouen, pour Claude le Roy & Nicolas le Roux… On les vend à Paris en la rue neufve nostre dame à lenseigne du Faulcheur par Andre Roffet, 1543. Petit in-4 de format in-12, maroquin rouge, triple filet en encadrement, dos à 5 nerfs joliment orné aux petits fers, dentelle intérieure, tranches dorées (Trautz-Bauzonnet).

Brunet, I-1799 // Cioranescu, 6295 // Frère, I-217 // USTC, 37798.

(34 f.) / A-H4, I2 / 94 × 149 mm.

Édition originale rare.

Claude Chappuys, né à Amboise vers 1500, fut valet de chambre de François Ier et, à partir de 1533, son bibliothécaire, ou, selon la terminologie d’alors, son libraire. Il entra dans la prêtrise et posséda différents bénéfices à la cathédrale Notre-Dame de Rouen. Nommé par le roi haut-doyen de la cathédrale, contrairement à la voie élective, cette charge lui fut refusée par le chapitre qui réduisit sa place à celle de grand chantre puis de chanoine. Il mourut en 1575, laissant plusieurs ouvrages de poésie de cour.

Le Discours de la Court, long poème courtisan en décasyllabes, chante les louanges de François Ier et de sa cour :

Dautant que c’est ung paradis terrestre, Et estre ailleurs au monde n’est pas estre.

D’après le catalogue Pichon, cet ouvrage est rare et curieux. On y trouve en effet de nombreux détails et renseignements sur les choses et les personnes de la cour de François Ier (vente de 1869, lot n° 507).

Cet ouvrage fut imprimé à Rouen pour les libraires Claude Le Roy et Nicolas Le Roux, dont les noms se trouvent au colophon, et se vendit dans la boutique dudit Claude Le Roy, ainsi qu’à Paris chez André Roffet dit Le Faulcheur, dont l’adresse et la marque figurent sur le titre. La marque est celle attribuée par Renouard à son frère Ponce Roffet (Renouard, n° 1012), avec le bas du bois qui a été amputé du nom Ponce Roffet

Cette édition est rare. Le comte Raoul de Lignerolles en possédait un exemplaire dont nous supposons, sans pouvoir l’affirmer, que c’est le même que celui que nous présentons, en raison de la rareté de l’édition et de la similitude des reliures. Le catalogue de cette vente précise que Ce Discours ne fut sans doute imprimé qu’à un petit nombre d’exemplaires et disparut vite de la circulation en sorte que, dès l’année 1558, un plagiaire peu scrupuleux, François Gentillet, put le faire réimprimer sous son nom.

Très bel exemplaire finement relié par Trautz-Bauzonnet. Cachet habilement gratté sur le titre, restaurations au titre et au dernier feuillet atteignant le colophon.

Provenance :

Comte Raoul de Lignerolles (?, II, 5-16 mars 1894, n° 922).

800 - 1 200 €

386

Jean-Baptiste CHASSIGNET.

Le Mespris de la vie et consolation contre la mort…

Besançon, Nicolas de Moingesse, 1594 In-16, demi-veau blond, dos à 5 nerfs orné (Reliure du XIXe siècle, signature illisible).

Brunet, I-1819.

397-(1 f. probablement blanc manquant ici) / A-Z8, Aa-Bb8 / 75 × 120 mm.

Édition originale et seule parue.

Jean-Baptiste Chassignet naquit à Besançon en 1571. Il étudia le droit et devint avocat, ce qui ne l’empêcha pas de professer un grand amour pour les lettres et de cultiver lui-même la poésie. Il composa très jeune son œuvre majeure, Le Mespris de la vie…, puis des paraphrases sur les Psaumes de David. Il mourut en 1635.

Volume peu commun d’après Brunet, vaste ouvrage inspiré par la vanité du monde, Le Mespris de la vie et consolation contre la mort est composé de près de 450 pièces de poésies, dont 434 sonnets. Charnières et coiffes un peu frottées. Titre sali, marge supérieure courte avec quelques atteintes au titre courant ; 2 pages tachées (P6v et P7r), grand manque angulaire avec perte de texte à 2 feuillets (R2 et R3), mouillure au cahier Bb et dernier feuillet restauré et sali.

Provenance :

Annotations du XVIIIe siècle partiellement effacées sur le titre, Xavier Marnier (ex-libris manuscrit sur une garde daté Besançon 1828).

200 - 300 €

387

Guillaume de CHEVALIER.

Le Decez ou fin du monde… Divisé en trois visions.

Paris, Robert le Fizelier, 1584

In-4, demi-chagrin rouge à coins, dos à 5 nerfs (Reliure de la seconde moitié du XIXe siècle).

Brunet, I-1837 // Ducimetière, p. 425 // Rothschild, IV-2936 // USTC, 29122. (8 f.)-52 f.-(4 f. dont 3 blancs manquant ici) / ã4 4, A-M4, N8 / 148 × 202 mm.

Édition originale de ce long poème apocalyptique.

Poète français né dans la seconde moitié du XVIe siècle et mort vers 1620, Guillaume de Chevalier fut attaché à la cour d’Henri IV. Il publia quelques volumes à la valeur poétique contestée.

Le Decez ou fin du monde, inspiré de La Sepmaine de Du Bartas, est l’une des principales œuvres du genre apocalyptique qui, dans le contexte de la fin des guerres de Religion, connut une certaine vogue à la fin du XVIe siècle. Les auteurs de ce genre s’intéressent à la dernière semaine de la création et à la destruction du monde qui suivrait les excès du mal.

Guillaume de Chevalier a composé son ouvrage en trois parties – ou visions – en quatrains, afin de nous avertir de ce qui suivra la destruction universelle de l’œuvre divine. Viollet-le-Duc, dans son catalogue de 1847, s’amuse du caractère abscons et sibyllin du poème : Il est vrai que je n’ai rien compris à la solution qu’il donne de ce problème, mais c’est peutêtre ma faute (p. 21). Le poème est précédé d’une épître en prose au duc de Montpensier et d’un avis aux lecteurs, d’un sonnet et d’une ode de Jehan Chrestien, ainsi que d’un autre sonnet signé A. d’Amb. Th, pour Artus Thomas, sieur d’Ambry.

L’ouvrage parut en 1584 chez l’éditeur parisien Robert Le Fizelier, dont la marque (Renouard, n° 607) figure sur le titre. L’impression est en caractères italiques.

Coins frottés. Restauration marginale à 9 feuillets, quelques rousseurs et taches, en particulier au premier et aux deux derniers feuillets, dernier feuillet plus court de 1 cm dans la marge latérale.

Provenance :

P. Duputel (cachet au verso du titre).

400 - 600 €

388

Jean DEPLANCHES.

Les Œuvres poétiques de Jean Deplanches sieur du Chastelier, & de la Bastonnerie.

Poictiers, Julian Thoreau, 1612 In-12, maroquin janséniste rouge, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées (Bernasconi).

Brunet, II-645 // Cioranescu, 7511 // USTC, 6805832 // Viollet-le-Duc, 360.

(6 f.)-76-(1 f. blanc)-77 à 189 / ã6, A-Q8-4 (avec G3 blanc, non compris dans la pagination) / 66 × 132 mm.

Très rare édition originale posthume.

On ne connaît Jean Deplanches, ou Deplanche, que par ce volume de poésies rédigées en l’ardeur de sa plus grande ieunesse, puis recueillies par les soins de son neveu Joachim Bernier de La Brousse qui édita l’ouvrage après la mort de son oncle. Ainsi que l’établit l’avis de l’imprimeur au lecteur, Deplanches avoit confiné le tout en l’oubly, sans vouloir ny le revoir, ny luy permettre de venir a deuë maturité, avant que Bernier de La Brousse ne décide de donner le iour a ce pauvre petit Orphelin, & […] l’envoyer libéralement par le monde

Ces œuvres se composent de cinq livres distincts : un livre d’Amours (p. 1 à 76), avec des sonnets, stances, odes et chansons adressés à Marguerite, Isabelle, Catherine et Francine ; un livre de Poesmes et Meslanges de diverses poésies (p. 77 à 98) contenant divers sonnets et stances ; un Misogine. Stances contre les dames (p. 99 à 145) qui contient les injures les plus grossières, les plus sales et les plus vulgaires à la fois (Viollet-le-Duc) ; un livre d’Œuvres chrestiennes et pieuses (p. 147 à 172) ; et enfin quelques Épitaphes et tombeaux de divers subjects (p. 173 à 189). Chacun de ces livres s’ouvre par une page de titre comprise dans la pagination et les signatures. L’ensemble est précédé, dans les feuillets liminaires, de poèmes signés P. Agoustin De La Coindrie et I.B.P.

Le Misogine, poème hautement virulent et ordurier à l’encontre des femmes, est en réalité le résultat d’un pari : un jour fut discouru assez amplement à la loüange des femmes : & comme [l’auteur] en parlast plus à leur advantage que tous les autres […] il asseura qu’il en pouvoit dire mille fois plus de mal qu’il n’en avoit dit de bien (p. 100).

L’ouvrage parut à Poitiers en 1612 chez Julien Thoreau. Il est peu courant, au point que Viollet-le-Duc souligne son extrême rareté  ; seul l’exemplaire de la bibliothèque de l’Arsenal est répertorié par l’USTC.

Dos légèrement passé. Deux feuillets tachés (B3 et B4) et galeries de vers à l’ensemble du volume affectant le texte et restaurées à certains feuillets, petite déchirure marginale à un feuillet (L4), trou restauré au feuillet blanc (G3).

Provenance :

Signature ancienne illisible à l’encre sur le titre.

600 - 800 €

389

Guillaume DES AUTELS.

Amoureux repos.

Lyon, Jean Temporal, 1553

Petit in-8, maroquin marron, médaillon losangé formé d’arabesques dorées au centre des plats, dos à 5 nerfs orné d’un petit fer répété, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Trautz-Bauzonnet).

Baudrier, IV-380 // Brun, 168 // Brunet, II-606 // Cioranescu, 7522 // Gültlingen, XI, p. 105, n° 8 // Tchemerzine-Scheler, II-764 // USTC, 24335. (88 f.) / a8, b4, A-I8, K4 / 90 × 148 mm.

Édition originale.

Né probablement à Charolles en 1529 et mort après 1576, Guillaume Des Autels (ou Des Autelz) étudia d’abord le droit à Valence avant de se livrer entièrement à son goût pour les belles-lettres. Il prit en particulier parti contre la réforme de l’orthographe française prônée par Louis Meigret, qui souhaitait écrire conformément à la prononciation. Des Autels fut l’un de ses plus ardents détracteurs, au nom de l’étymologie.

Son Amoureux repos contient cent sonnets adressés à sa Sainte beauté réelle ou imaginaire non identifiée ; puis dix Façons lyriques, sortes d’odes adressées à divers personnages tels le Roi, Catherine de Médicis, Marguerite de France, Pontus de Thyard, Joachim Du Bellay, etc. Le volume se clôt par quelques élégies et épigrammes.

L’ouvrage parut en 1553 à Lyon chez Jean Temporal, dont la marque figure sur le titre. Il est imprimé en caractères italiques et illustré des portraits de l’auteur et de sa Sainte gravés sur bois en médaillons en regard l’un de l’autre au verso du titre et au recto du second feuillet, ainsi que de lettrines et de bandeaux d’arabesques.

Bel exemplaire relié par Trautz-Bauzonnet, portant sur le titre les fantômes de deux ex-libris manuscrits anciens effacés.

Quelques rares taches (f. D1), restauration angulaire au dernier feuillet.

Provenance :

James Hartmann (ex-libris, 13-17 juin 1887, n° 289).

2 500 - 3 500 €

390

[Guillaume DES AUTELS]. Repos de plus grand travail.

Lyon, Jean de Tournes et Guil. Gazeau, 1550.

In-8, maroquin cerise avec médaillon floral doré sur les plats, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (TrautzBauzonnet).

Barbier, IV-322 // Brunet, II-606 // Cartier, Tournes, 164 // Cioranescu, 7520 // De Backer, 348 // Gültlingen, IX, p. 158, n° 162 // Rothschild, I-654 // Tchemerzine-Scheler, II-762a // USTC, 12757.

141-(1 f. blanc manquant ici) / a-i8 / 97 × 160 mm.

Édition originale rare et recherchée.

Guillaume Des Autels (ou Des Autelz) naquit en 1529. Il fut l’un des plus fervents opposants, dans la querelle de la réforme de l’orthographe du français, à ceux qui prônaient une écriture phonétique. Il mourut à une date inconnue, après 1576.

Le Repos de plus grand travail est un recueil de petites pièces amoureuses, sonnets, stances, huitains, etc., adressés à sa muse surnommée sa Sainte. L’épître liminaire en prose, adressée à la même, est signée de la devise de Des Autels Travail en repos. Ces poèmes sont suivis de deux dialogues moraux en vers, dont le second fut joué à Valence en 1549 devant le cardinal de Tournon.

Ce volume fut publié à Lyon en 1550, chez Jean I de Tournes et son gendre Guillaume Gazeau, qui fut longtemps son associé. Leur marque aux deux vipères (Vip.s.a. selon la classification de Cartier) orne le titre.

Très bel exemplaire relié par Trautz-Bauzonnet, malgré 2 feuillets brunis (a1 et a8).

Provenance :

Robert Hoe (ex-libris, III, 15-19 avril 1912, n° 881).

3 000 - 4 000 €

391

Jean DES COLES.

L’Enfer de Cupido.

Lyon, Mace Bonhomme, 1555

In-8, maroquin citron, triple filet en encadrement, dos à 5 nerfs joliment orné, roulette intérieure dorée, tranches dorées (Thompson).

Baudrier, X-245 // Brun, 168 // Brunet, II-613 // Cioranescu, 7555 // Gültlingen, VIII, p. 104, n° 211 // USTC, 49561.

53-(1 f. blanc manquant ici) / A-C8, D4 / 98 × 154 mm.

Édition originale rare et seule parue de ce poème illustré de petits bois gravés.

On ignore tout de Jean, seigneur Des Coles, qu’on ne connaît que par ce petit volume de poésie. Le propos en est un amant malheureux qui, parcourant le monde, entre en Enfer où sont réunies les victimes de Cupidon, prises dans la mythologie et la littérature, gardées par un chien nommé Refus. Dans cet Enfer habitent également des figures allégoriques telles Déloyauté, Bigamie, Mauvaise Grâce et Faute d’Argent. Arrivé dans le Temple de l’Amour, le héros, averti par ses aventures des écueils et dangers encourus, n’a garde de s’y arrêter. L’Enfer de Cupido se termine à la page 46 ; les dernières pages sont occupées par un second poème intitulé Epitre d’un de nouvel releve du mal d’amours a son amy.

Cet ouvrage parut en 1555 chez le libraire lyonnais Macé (ou Mathieu) Bonhomme, dont la marque figure sur le titre (marque n° 5 selon Baudrier). Il est illustré de 24 vignettes de tailles diverses gravées sur bois, provenant de diverses publications de l’atelier de Macé Bonhomme, dont certaines gravées par Bernard Salomon pour La Magnificque et

triumphante entree de Carpentras, faicte a tres illustre et tres puissant prince Alexandre Farnes (1553), en particulier des cheminées sculptées et des portes triomphales. D’après Brun, deux vignettes paraissent être de la main du maître PV et quelques bois avaient servi à illustrer l’Imagination poétique de Barthélemy Aneau en 1552. Si la valeur poétique des vers de Jean Des Coles est assez unanimement contestée, la suite des 24 vignettes qui orne son poème donne, selon Baudrier, à ce rarissime volume un véritable intérêt pour l’histoire de la gravure sur bois Exemplaire relié par Thompson et provenant des bibliothèques du docteur Antoine Danyau et d’Édouard Rahir.

Reliure un peu tachée. Restauration dans l’angle inférieur de 4 feuillets (C3 à C6), dont un (C3) avec une importante atteinte au texte et reprise de nombreuses lettres à l’encre, volume un peu court de marge avec quelques marginalia imprimés touchés par le couteau du relieur.

Provenance :

Antoine Danyau (ex-libris, 15-27 avril 1872, n° 645) et Édouard Rahir (exlibris, V, 19-21 mai 1937, n° 1318).

1 000 - 1 500 €

392

Jean DORAT.

Ioannis Aurati Lemovicis Poetæ et Interpretis Regii Po ëmatia…

Paris, Guillaume Linocier, 1586 3 parties en un volume in-8, vélin à recouvrements, titre à l’encre au dos, traces de lacets (Reliure de l’époque).

Brunet, II-817 // De Backer, 423 // Rothschild, IV-2789 // TchemerzineScheler, III-13d et 14.

(8 f.)-382 (mal chiffrée 384)-(3 f.) / 252 (mal chiffrée 247) / 64-(10 f.) avec de nombreuses erreurs de pagination et de signatures / A8, A-Z8, Aa8, Bb2 / Aa-Pp8 Qq6 / Aaa-Eee8 Fff2 / 118 × 175 mm.

Recueil rare des poèmes latins de Jean Dorat et d’une partie de ceux-ci, traduits en français par lui-même.

Professeur de lettres latines et grecques, Jean Dorat (1508-1588) fut notamment le précepteur de Jean-Antoine de Baïf et de Pierre de Ronsard, puis leur confrère au sein de la Pléiade. Il est l’auteur de nombreuses pièces en français, en grec et en latin, en particulier des pièces de circonstance.

Ces Poëmatia, précédés dans les feuillets liminaires de pièces par Jean Clouet, Guillaume Linocier, Ph. Valeran, Miles de Norry, JeanÉdouard Du Monin et d’autres, sont divisés en trois parties, les deux premières avec chacune un titre et la troisième avec une sorte de fauxtitre. La première contient les Poemata, la seconde les Epigrammata, les Anagrammata, les Funera, les Odae et les Epithalami, et la troisième renferme les 64 pages d’Eglogarum, absentes de l’exemplaire Rothschild, et 10 feuillets d’autres compositions. Picot, dans le catalogue Rothschild, a dressé une liste des nombreuses personnes, protecteurs, amis ou élèves à qui Dorat a dédié des vers ou dont il fait mention.

Marque de Guillaume Linocier (Renouard, n° 675) sur le titre et portrait de Dorat âgé de 78 ans de Jean Rabel gravé sur cuivre par un artiste non identifié Z.B

Le volume présente de très nombreuses erreurs de pagination et de signatures et les collations données par Tchemerzine puis Scheler sont erronées.

Vélin un peu sali avec petites taches. Manque angulaire à 2 feuillets dont un atteignant le texte (ff. D3 et Z7), quelques feuillets brunis, mouillure angulaire au cahier V. Exemplaire incomplet de 2 feuillets dans le cahier Hh, et comportant 2 feuillets en double dans le cahier Qq

Provenance :

François Martin, frère mineur à Paris (ex-libris manuscrit du début du XVIIIe siècle au contreplat) et cachets à 5 feuillets, dont ceux de la Bibliothèque royale et du Lycée impérial (titre, A1, B2, E8 et dernier feuillet).

400 - 600 €

393

Jean DORAT.

Pæanes sive Hymni in triplicem victoriam, felicitate Caroli IX. Galliarum Regis invictissimi, & Henrici fratris, Ducis Andegavensis virtute partam.

Paris, Jean Charron, 1569. In-4, vélin doré avec médaillon central à fond doré et entrelacs, fleurs de lys aux angles, dos lisse orné d’une large roulette en long à fond doré, tranches dorées (Reliure de l’époque).

Tchemerzine-Scheler, III-3.

(42 f.) / A4, B2, A-C4, [ ]4, A-E4 / 151 × 220 mm.

Édition originale de ce poème célébrant la victoire du Roi à la bataille de Moncontour.

Jean Dorat (1508-1588), professeur de lettres qui eut pour élèves Ronsard et Baïf, fut avant tout poète de circonstance. Dans ce recueil en vers latins, grecs et français, il célèbre Charles IX et la victoire des troupes royales contre les troupes huguenotes à la bataille de Moncontour, le 3 octobre 1569. Il célèbre aussi le duc d’Anjou, frère du roi et futur Henri III, qui commandait les troupes royales.

Le recueil contient également des pièces laudatives sur le même sujet par Ronsard Jamyn Belleau Baïf et Verget

Ce volume doit être illustré d’un frontispice allégorique gravé sur bois qui manque ici, comme presque toujours, mais qui est répété au verso du sixième feuillet.

Premier plat taché. Manque le frontispice ; titre grossièrement réparé avec manque de papier.

600 - 800 €

394

Jean DOUBLET. Élégies.

Paris, Pour Charles Langelier, Libraire Iuré de l’Université de Paris, tenant sa boutique au Perron de la Salle des Merciers ioignant la porte de la grand salle du Palais, 1559

Petit in-4, maroquin bleu nuit joliment orné d’un double encadrement formé de triples filets dorés, écoinçons et large fleuron central aux petits fers avec filets, fers foliacés, dos à 5 nerfs joliment orné, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Trautz-Bauzonnet).

Brunet, II-827 // Brunet, Livres payés, p. 27 // Cioranescu, 8099 // Frère, I-372 // USTC, 22658.

55 f.-(1 f.) / A-O4 / 149 × 215 mm.

Rare édition originale.

Jean Doublet, né à Dieppe au XVIe siècle, est un poète versé dans les lettres grecques et latines. Il traduisit les Memorabilia de Xénophon, publiés en 1548, avant de donner ses Élégies et Épigrammes. Il mourut vers 1580 sans avoir rien publié d’autre.

Au nombre de vingt-six, les Élégies de Doublet ont le mérite d’offrir, outre un témoignage rare de la production de ce poète, des détails intéressants sur l’histoire de Dieppe au XVIe siècle, en particulier l’élégie 21 Pour semondre les Poëtes au Pui de l’Assomption à Dieppe, l’an 1556… qui traite des jeux littéraires organisés tous les ans par la ville. Les élégies sont suivies d’Épigrammes et diverses rimes

Marques des Angelier sur le titre et au recto du dernier feuillet (Renouard, n° 544 et 543).

Ce très bel exemplaire, élégamment relié par Trautz-Bauzonnet, a fait successivement partie des bibliothèques La Roche Lacarelle, Lignerolles et Bordes. Selon Pierre-Gustave Brunet dans son Livres payés en vente publique 1.000 fr. et au-dessus, il aurait auparavant appartenu à la bibliothèque du château de Saint-Ylie, dans laquelle il était en demireliure.

On a beaucoup insisté sur la rareté de cet ouvrage. Sans être aussi introuvable que le laissent entendre les bibliographies et catalogues anciens, il semble tout de même qu’on n’en connaisse pas plus d’une dizaine d’exemplaires. Celui que nous présentons a figuré au Bulletin Morgand de 1901 (tome IX, n° 40748).

Provenance :

Bibliothèque du château de Saint-Ylie (?, 3-25 novembre 1869, n° 1946), baron Sosthène de La Roche Lacarelle (ex-libris, 30 avril-5 mai 1888, n° 206), comte Raoul de Lignerolles (II, 5-16 mars 1894, n° 974) et Henri Bordes (ex-libris).

3 500 - 4 500 €

395

Joachim DU BELLAY et Pierre BOTON. [Œuvres diverses]

Paris, L’Angelier, Corrozet, Cavellat, Sertenas ou Ruelle, 1552-1573. 5 ouvrages reliés en un volume petit in-8, veau marbré, dos à 5 nerfs orné (Reliure du XVIIIe siècle).

99 × 153 mm.

Ensemble comprenant :

– [Joachim DU BELLAY]. La deffence & illustration de la langue Francoise, Avec L’olive augmentee. L’anterotique de la vielle & de la ieune Amye. Vers lyriques. Le tout par I.D.B.A. Paris, Arnoul L’Angelier, 1553. TchemerzineScheler, III-40a /// (40 f.) / a-e8. Seconde édition.

– [Joachim DU BELLAY]. L’Olive augmentee depuis la premiere edition. La Musagnoemachie & autres œuvres poëtiques. Paris, Gilles Corrozet et Arnoul L’Angelier, 1554. Tchemerzine-Scheler, III-43d /// (79 f.)-(1 f. blanc manquant ici) / A-K8. Troisième édition.

– [Joachim DU BELLAY]. Recueil de Poesie, presente a tresillustre princesse Madame Marguerite, seur unique du Roy, & mis en lumiere par le cõmandement de madicte Dame. Reveu, & augmenté depuis la premiere edition, par I.D.B.A. Paris, Guillaume Cavellat, 1553. Tchemerzine-Scheler, III-45b /// 93-(1 f. blanc manquant ici) / A-F8. Seconde édition.

– [Joachim DU BELLAY]. Le Quatriesme livre de l’Eneide de Vergile, traduict en vers Francoys. La complainte de Didon à Enée, prinse d’Ovide. Autres œuvres de l’invention du translateur. Par I.D.B.A. Paris, Vincent Sertenas, 1552. Tchemerzine-Scheler, III-49a /// 199 / A-M8, N4 Édition originale.

– Pierre BOTON. La Camille… Ensemble les resveries & discours d’un Amant desesperé. Paris, Jean Ruelle, 1573. Brunet, I-1143 // Cioranescu, 143 // Graesse, I-504 // Viollet-le-Duc, 247 /// (72 f.) / A-I8. Édition originale.

Intéressante réunion de cinq ouvrages poétiques, dont quatre de Du Bellay, parmi lesquels sa traduction du Quatriesme livre de l’Eneide est en édition originale. La Deffence & illustration de la langue Françoise et le Recueil de Poesie sont quant à eux en seconde édition et L’Olive est en troisième édition.

Le dernier ouvrage contenu dans ce recueil est l’édition originale de l’unique ouvrage de poésie composée par Pierre Boton, poète mâconnais né vers 1550 et dont on ignore à peu près tout. Sa Camille est une vision en prose et en vers où l’auteur se suppose avec des personnages imaginaires qui s’entretiennent avec lui, et emploient un langage peu naturel et quintessencié jusqu’à l’obscurité absolue (Violletle-Duc). L’ouvrage se poursuit par cinq élégies, ainsi que des sonnets et des odes. Le titre est placé dans un bel encadrement d’arabesques.

Ce recueil, relié au XVIIIe siècle, porte sur le titre du premier ouvrage une signature ancienne à l’encre ainsi qu’une annotation marginale du XVIe siècle (Deffence, f. d4) et des soulignements qui paraissent de la même encre dans L’Olive et le Recueil

Petite restauration à la coiffe supérieure et manque de cuir en pied d’un mors. Marge supérieure un peu courte. La Deffence  : trou de ver au titre et au second feuillet ; L’Olive : pâle mouillure angulaire au cahier B ; Le Quatriesme livre  : tache au feuillet B1 ; La Camille : cahier I taché, 2 feuillets détachés (I4 et I5), titre et marginalia touchés par le couteau du relieur (f. H5) et dernier feuillet renforcé.

3 000 - 4 000 €

396

Joachim DU BELLAY.

Les Œuvres francoises de Ioachim Du-Bellay Gentil-homme Angevin, & Poëte excellent de ce temps. Reveuës, & de nouveau augmentees de plusieurs Poësies non encores auparavant imprimees.

Paris, Federic Morel, 1574 In-8, veau marron, dos à 5 nerfs orné (Reliure de l’époque).

Brunet, I-749 // Le Petit, 94 // Tchemerzine-Scheler, III-75d. (12 f.)-559 f.-(1 f.) / a8, b4, A-Z8, Aa-Zz8, Aaa-Zzz8, Æ8 / 97 × 159 mm.

Cinquième édition collective des œuvres de Joachim Du Bellay. La première avait paru en 1561 chez L’Angelier, suivie de la seconde, l’année suivante chez le même éditeur. Viennent ensuite trois éditions chez Morel : en 1569, tout d’abord, une édition augmentée à pagination séparée ; en 1573 ensuite, la première complète à pagination continue ; enfin, celle que nous présentons qui fut augmentée et mise en ordre par les soins de Guillaume Aubert, sieur de Massoignes, jurisconsulte français né à Poitiers vers 1534 (mort à Paris en 1601), avocat général à la Cour des Aides et auteur d’une œuvre historique : Histoire des guerres faites par les chrétiens contre les turcs sous la conduite de Godefroi de Bouillon et de divers discours, élégies, vers de circonstance, hymnes, etc.

Quelques restaurations anciennes, charnières un peu frottées. Pâles mouillures marginales aux 140 premiers feuillets et aux 15 derniers, 2 traits d’encre à un feuillet (Aaa5) et petites taches à 5 feuillets (F8, Mm7, Mm8, Ccc1 et Xxx1), petit manque angulaire à un feuillet (b4) dû à la taille initiale de la feuille.

Provenance : Joseph Knight (ex-libris).

2 000 - 3 000 €

397

[Joachim DU BELLAY]. [Loys LE ROY].

Le Sympose de Platon, ou de l’amour et de beauté, traduit de grec en François, avec trois livres de Commentaires, extraictz de toute Philosophie, & recueillis des meilleurs autheurs tant Grecz que Latins, & autres, par Loys le Roy, dit Regius… Plusieurs passages des meilleurs Poëtes Grecs & Latins, citez aux Commentaires, mis en vers François par I. du Bellay Angevin.

Paris, Pour Iehan Longis & Robert le Mangnier, tenans leurs boutiques au Palais, en la gallerie par ou on va à la chancellerie, 1559

In-4, vélin crème à recouvrements, dos lisse avec le fantôme d’un titre écrit à l’encre brune (Reliure de l’époque).

Brunet, IV-702 // Cioranescu, 13481 // Tchemerzine-Scheler, III-83.

(4 f.)-200 f. / a4, A-Z4, AA-ZZ4, AAA-DDD4 (avec le folio II signé KK) / 155 × 215 mm.

Première traduction française de l’un des plus beaux dialogues de Platon, plus connu sous le nom du Banquet

Composé par le disciple de Socrate vers l’an 384 avant J.-C., Le Banquet est construit sous forme de discours poétiques sur l’amour, prononcés par plusieurs invités réunis pour fêter le succès théâtral du poète Agathon et qui, fatigués de boire, décident de prononcer chacun un exposé sur l’amour. Ainsi s’expriment successivement Phèdre, Pausanias et Aristophane exposant leur principe sur l’amour, discussion ingénieuse, profonde, poétique, d’où Platon fait ressortir la spiritualité de l’amour, dont le véritable objet est la Vertu (Larousse). Vient alors le tour de Socrate de se prononcer, ce qui permet à Platon d’exprimer ses idées sur le sujet. Le Banquet s’achève par un panégyrique à la gloire de Socrate prononcé par le frivole Alcibiade, ivre et paré de fleurs et d’écharpes.

Ce célèbre dialogue de Platon fut traduit pour la première fois par Loys Le Roy (1510-1577), helléniste distingué qui publia de nombreuses traductions, obtint un emploi auprès du Chancelier et devint professeur au Collège de France en 1572. Dans sa traduction, si fidèle qu’elle soit, Le Roy oriente son interprétation en insistant surtout sur l’importance qu’accorde Platon à l’amour de la beauté intelligible [tout en] atténuant toutes les références du « Banquet » à la pédérastie [et] il va jusqu’à supprimer le discours final (Jean-Marc Flamand. Loys Le Roy, traducteur et commentateur du Sympose de Platon).

Les différentes biographies consultées indiquent que Loys Le Roy s’était fait beaucoup d’ennemis du fait de son caractère hautain et sarcastique, parmi lesquels on remarque Joachim Du Bellay qui dans ses épigrammes raille son savoir pédantesque

La vérité semble toute autre. En effet, Le Sympose est précédé d’un poème de Du Bellay qui s’achève par ces vers :

Puis que Loys le Roy, nostre Platon François Nous apprent l’eloquence, & la doctrine Attique.

En outre, l’ouvrage se termine par 17 feuillets qui sont Plusieurs passages des meilleurs poetes Grecs & Latins, citez aux Commentaires Du Sympose de Platon, mis en vers François par I. Du Bellay Angevin. Ces vers sont présentés par Le Roy qui indique : i’ay prié le Seigneur du Bellay tresexcellent poëte en Latin & en Frãçois de les translater, lequel pour l’amytié qui est de long temps entre nous a entreprins ceste charge… suivi d’un très bel éloge de Du Bellay.

La première édition fut donnée par Longis et Le Mangnier, partagée avec Sertenas, en 1558. C’est ici le même ouvrage mais avec un titre réimprimé à la date de 1559 ; l’achevé d’imprimer est daté du 8 novembre 1558.

Quelques lettrines à motifs foliacés.

Bel exemplaire, réglé, dans son vélin de l’époque.

Une petite tache au second plat, tranchefiles refaites. Manque marginal au feuillet B3.

800 - 1 200 €

Robert GARNIER. [Tragédies diverses]

Paris, Robert Estienne ou Mamert Patisson, 1573-1579

5 ouvrages en un volume in-8, vélin ivoire à recouvrements, dos lisse avec titre à l’encre au dos, tranches rouges (Reliure de l’époque).

Brunet, 1489-1490 // Tchemerzine-Scheler, III-422 à 424.

99 × 159 mm.

Réunion de cinq des premières tragédies de Robert Garnier, dont quatre en édition originale.

Ensemble comprenant :

- Porcie, tragédie Paris, Robert Estienne, 1574 Tchemerzine-Scheler, III-422a /// (4 f.)-32 f. / A-I4 Seconde édition. Titre sali.

- Hippolyte, tragédie. Ibid., id., 1573. Tchemerzine-Scheler, III-422b /// 52 f. / A-N4 Édition originale. Quelques soulignements légers à l’encre.

- M. Antoine, tragédie. Ibid., Mamert Patisson, au logis de Rob. Estienne, 1578. Tchemerzine-Scheler, III-423b /// 39 f.-(1 f. blanc) / A-K4 Édition originale.

- La Troade, tragédie. Ibid., id. 1579 Tchemerzine-Scheler, III-424a /// (4 f.)-44 f. / A-M4 Édition originale.

- Cornelie, tragédie. Ibid., Robert Estienne, 1574. Tchemerzine-Scheler, III-423a /// 40 f. / A-K4 Édition originale. Quelques soulignements et une correction à l’encre. Dernier feuillet sali et trous de vers du cahier H à la fin.

Robert Garnier, né à la Ferté-Bernard en 1545, fit ses études de droit à Toulouse, ce qui ne l’empêcha pas de cultiver très tôt la poésie et de mener de front sa carrière d’avocat au parlement de Paris, puis de conseiller au Présidial et de lieutenant criminel au Mans, en même temps qu’il composa des poésies et pièces tragiques, s’y faisant un nom honoré. Il mourut au Mans en 1590.

Intéressante réunion, constituée à l’époque, de cinq de ses tragédies avec chaque pièce numérotée à l’encre sur le titre et une table à l’encre sur une garde.

Trois trous au vélin et taches.

Provenance :

Bridgewater Library (ex-libris).

400 - 600 €

399

Claude GAUCHET.

Le Plaisir des champs, divisé en quatre parties selon les quatre saisons de l’annee, par Cl. Gauchet Dampmartinois, Ausmosnier du Roy. Ou est traicté de la chasse, & de tout autre exercice recreatif, honneste & vertueux...

Paris, Nicolas Chesneau, 1583. In-4, maroquin janséniste rouge, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure avec large roulette à l’oiseau, tranches dorées sur marbrure (TrautzBauzonnet).

Brunet, II-1501 // Cioranescu, 10547 // Souhart, 210 // Thiébaud, 446. (6 f.)-314-(5 f., le dernier blanc manquant ici) / ✽4 , ✽✽2, A-Z4, Aa-Qq4, Rr6 / 151 × 220 mm.

Édition originale rare, préférable à la seconde car contenant des passages licencieux ou relatifs aux guerres civiles et autres fléaux de l’époque, non réimprimés dans les éditions suivantes.

Poète champenois né à Dammartin vers 1540 (mort vers 1620), Claude Gauchet était le neveu de la nourrice de Marguerite de Valois. Il devint aumônier ordinaire du roi et obtint le prieuré de Beaujour, près de Villierssur-Marne. Il y menait joyeuse vie au milieu de ses amis poètes, Ronsard, Louis Dorléans, Desportes, Baïf, Dorat… et partageait son temps entre la chasse et les plaisirs de la table. Il est l’auteur du Livre de l’Ecclésiastique mis en vers et d’une histoire des Pastorales de Daphnis et Chloé, mais son principal ouvrage est Le Plaisir des champs, recueil de pièces poétiques dédié à l’amiral de France, Monseigneur de Joyeuse, dont le thème est la vie rurale, les paysans et paysannes, les travaux, les fêtes de village, les mœurs et les animaux avec de nombreux passages sur la chasse et la pêche. Le recueil contient également quelques pièces licencieuses dont Elzéar Blaze n’osait citer certains vers de peur d’effaroucher les grenadiers de notre vieille armée (Souhart). Ces pièces licencieuses, ainsi que certains vers ayant trait aux évènements politiques de l’époque, ne seront pas repris dans la seconde édition publiée en 1604 (cf. le 400 du présent catalogue).

Une grande partie des poèmes ayant trait à la chasse, la lecture en est plus aisée grâce au lexique des termes de chasse qui occupe les quatre derniers feuillets.

Bel exemplaire en maroquin de Trautz-Bauzonnet.

Petit manque de cuir au premier plat, usure aux coupes inférieures.

Provenance :

Nonant 1696 (ex-libris manuscrit sur le titre).

1 500 - 2 500 €

400

Claude GAUCHET.

Les Plaisirs des champs : divisé en quatre livres selon les quatre saisons de l’annee… Reveu, corrigé et augmenté d’un devis d’entre le Chasseur & le Citadin : par lequel on cognoist tout ce qui apartient tant au mesnage du Gentilhomme champestre, que du Paisant. Avec l’instruction de la venerie, volerie, & Pescherie, & tout honneste exercice qui se peut prendre aux champs.

Paris, Abel L’Angelier, 1604.

In-4, maroquin janséniste rouge, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure avec large roulette à l’oiseau, tranches dorées (Trautz-Bauzonnet).

Brunet, II-1501 // Cioranescu, 10548 // Souhart, 210 // Thiébaud, 447.

(4 f.)-319 / a4, A-Z4, Aa-Rr4 / 157 × 222 mm.

Seconde édition en partie originale de ce recueil de vers dont la très grande majorité est consacrée à la chasse.

Claude Gauchet (ca 1540-ca 1620) fut nommé aumônier ordinaire de la cour par Charles IX, fonction qu’il conserva sous Henri III et Henri IV. Proche des poètes de son temps, il commit quelques ouvrages de poésies dont le principal, Le Plaisir des champs, est un recueil de vers organisés selon les quatre saisons. C’est une évocation vivante et détaillée de la vie à la campagne, du rythme des saisons, des semailles, des vendanges, des coupes de bois, de la vie des hommes et des femmes des champs, des évènements, fêtes de village, mariages, et bien sûr des animaux, avec une partie très importante consacrée à la chasse et à la pêche.

La première édition parue en 1583 était dédiée à Monseigneur de Joyeuse (cf. le n° 399 du présent catalogue). Cette seconde édition, parue vingt-etun ans plus tard sous un titre légèrement différent, est dédiée à Hercule de Rohan, duc de Monbason. Elle a été considérablement augmentée et de nombreux vers ont été changés, mais n’y figurent plus les pièces licencieuses et les passages relatifs aux guerres civiles et autres fléaux de l’époque.

Bel exemplaire, relié par Trautz-Bauzonnet, enrichi d’un beau portrait gravé du duc de Monbason par Baltazar Moncornet. Cet exemplaire provient de la bibliothèque du baron Pichon. Lors de la vente de 1869 de la bibliothèque de ce dernier, il est décrit comme relié en maroquin rouge de Duru et déjà augmenté du portrait par Montcornet.

Réparation dans les marges du titre et petite restauration angulaire à quelques feuillets.

Provenance :

Baron Jérôme Pichon (19-24 avril 1869, n° 324), comte Raoul de Lignerolles (II, 5-17 mars 1894, n° 1164).

1 000 - 1 500 €

[Philibert GUIDE]. Philibert Hegemon.

La Colombiere et maison rustique… contenant une description des douze Mois, & quatre Saisons de l’annee : Avec enseignement de ce que le Laboureur doibt faire par chacun mois. L’Abeille Françoise du mesme Autheur. Ses Fables Morales, & autres Poësies. Et les Louanges de la vie Rustique, extraites des Œuvres de G. de Saluste, Sieur du Bartas.

Paris, Robert Le Fizelier, ruë S. Iaques, à la Bible d’Or, 1583 In-8, vélin doré avec un filet en encadrement et branche de laurier au centre des plats, dos lisse orné de fleurons et roulettes répétés, tranches dorées, traces de cordons (Reliure de l’époque).

Brunet, II-1834 // Cioranescu, 11236.

(4 f.)-(75 f.)-(1 f.) / ✽4, A-I8, K4 / 100 × 155 mm.

Édition originale peu commune.

Philibert Guide (1535-1595), procureur du roi dans sa ville natale de Chalon-sur-Saône, occupait les loisirs que lui procurait sa charge à la littérature et à la poésie. La Colombière et maison rustique est le seul recueil qu’il publia sous le pseudonyme de Philibert Hegemon, traduction en grec de son véritable patronyme Guide

Le volume contient principalement des poèmes allégoriques à la nature, un pour chaque mois et chaque saison que Philibert Guide parsème de détails de la vie et des activités rurales, un poème intitulé L’Abeille françoise à la gloire de l’animal que n’aurait pas renié Maeterlinck, vingtdeux fables morales dans le style de La Fontaine et diverses poésies.

Cet auteur est fortement critiqué par Viollet-le-Duc qui le qualifie d’écrivain didactique descriptif c’est-à-dire fort ennuyeux mais il faut lui rendre cette justice qu’il ne manque pas d’originalité dans certaines de ses poésies. On prendra, à titre d’exemple, ce curieux Cantique ensuyvant l’ordre des lettres de l’Alphabet composé de vingt quatrains, les vers de la première strophe commençant par la lettre A, ceux de la seconde strophe par la lettre B, etc.

Impression en caractères italiques.

Premier tirage à l’adresse de Le Fizelier. Un autre tirage à l’adresse de Mettayer contient des poésies supplémentaires.

Exemplaire réglé.

Quelques taches au vélin et une fente sur le premier plat, gardes renouvelées, manque les cordons. Taches à 2 feuillets (G8 et H1) et tache angulaire à 10 feuillets (H7 à I8), petite galerie dans la marge intérieure des 8 derniers feuillets.

Provenance :

Paul Muret (ex-libris, absent de la vente de 1937).

1 500 - 2 500 €

402

François HABERT.

L’Histoire de Titus, et Gisippus, et autres petiz œuvres de Beroalde latin. Interpretés en Rime françoyse, par Françoys Habert d’Yssouldun en Berry. Avec L’exaltation de vraye & perfaicte Noblesse. Les quatre Amours, le nouveau Cupido, et le Tresor de vie. De l’invention dudict Habert. Le tout presenté à Monseigneur de Nevers.

Paris, Michel Fezandat, & Robert Granjon, a l’Enseigne des Grans Ions, 1551. In-8, maroquin rouge, triple filet, dos à 5 nerfs joliment orné, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Trautz-Bauzonnet).

Brunet, III-4 // Cioranescu, 11328 // De Backer, 323 // Rothschild, I-647 // USTC, 27358.

80 f. / A-K8 / 96 × 161 mm.

Édition originale très rare et seule parue d’œuvres de François Habert, dont des traductions de Philippe Beroalde Poète français né dans le Berry à Issoudun vers 1520 et mort en 1562, François Habert étudia le droit à Toulouse et, au décès de son père, se vit obligé de pourvoir à la subsistance de ses quatre sœurs. Il fut le secrétaire de plusieurs prélats puis fut présenté à François Ier par le comte de Nevers. Il fut nommé poète du roi Henri II et chargé par lui de traduire Les Métamorphoses d’Ovide mais sa pension n’étant pas régulièrement payée, le poète s’affubla du surnom de Banny de Lyesse. Il laisse, à côté de cette traduction dont les vers de dix syllabes ne rappellent guère la grâce de l’original (Viollet-le-Duc), des traductions d’Ovide, d’Horace, etc., des recueils de poésies, des cantiques, des bucoliques, des étrennes et autres pièces dédicatoires, ainsi que des fables dont plusieurs ont inspiré La Fontaine.

L’Histoire de Titus et Gisippus, en vers, renferme trois textes de Beroalde traduits par François Habert, dont deux inspirés de Boccace : L’Histoire de Tancredus et L’Homme prudent, ainsi que des œuvres d’Habert lui-même : le Traicte des quatre amours, le Thrésor de vie, l’Exaltation de vraye et perfaicte noblesse et le Nouveau Cupidon.

Impression en caractères italiques. Superbe exemplaire parfaitement relié par Trautz-Bauzonnet.

Il porte les ex-libris de Charles Nodier, du marquis de Coislin et du comte de Fresne. On retrouve un exemplaire de cette édition dans le catalogue dressé par Nodier de sa bibliothèque (Techener, 1844), mais celui-ci est décrit relié par Koelher. Il est probable que la reliure a fait l’objet d’une « Trautz-Bauzonnite » et que l’ex-libris a été conservé et rapporté sur le volume.

Provenance :

Charles Nodier (ex-libris, Description d’une jolie collection de livres, n° 416), marquis de Coislin (ex-libris, absent de la vente de 1847) et comte de Fresne (ex-libris, 13-18 mars 1893, n° 220).

2 000 - 3 000 €

403

[François HABERT]. Nicolas BRIZARD.

Les Metamorfoses de Cupido, fils de la Déesse Cytherée : qui se mua en diverses formes, contenuës en la Page suyvante. Ledict œuvre dédié au Roy treschrestien, Francoys, deuxiesme de ce nom.

Paris, Jacques Kerver, rue Sainct Iaques, à l’enseigne de la Licorne, 1561. In-8, maroquin rouge, encadrement droit formé d’une large roulette dorée sertie de filets à froid, dos à 5 nerfs orné d’un fer floral azuré répété, roulette intérieure, tranches dorées sur marbrure (Reliure du XIXe siècle).

Brunet, III-5 // Cioranescu, 11341.

99 f.-(1 f.) / A-M8, N4 / 92 × 155 mm.

Édition originale de la traduction par François Habert des Metamorphoses Amoris de Nicolas Brizard

Écrivain laborieux et fécond, François Habert (Yssoudun, ca 15201562), après avoir été secrétaire de plusieurs prélats, fut nommé poète du roi Henri II mais ne vivant pas dans l’aisance qu’il croyait mériter, il conserva le surnom de Banny de lyesse qu’il s’était donné dans sa jeunesse.

Son œuvre poétique se compose de nombreux recueils de vers, cantiques, bucoliques et de traductions d’auteurs anciens et modernes.

Poète et enseignant du XVIe siècle (ca 1520-1565), Nicolas Brizard rédigea les Metamorphoses Amoris où l’on rencontre Cupidon sous diverses formes, en Neige, en Hybou, en Cerf…, en Miroir, en Anneau…, en bouquet de fleurs…, en cheval et enfin en Vierge, nommée Sereine

Cette traduction en vers est dédiée à François II et à son épouse tres illustre et incomparable Princesse, Marie d’Estouart, Royne de France & d’Escoce.

Impression en caractères italiques. Marque de l’imprimeur sur le titre (Renouard, n° 517), 16 bandeaux (en réalité 3 bandeaux répétés), 16 lettrines foliacées (en réalité 11 dont 3 répétées) et un cul-de-lampe répété 6 fois.

Très bel exemplaire dans une reliure du milieu du XIXe siècle qui mériterait d’être signée. Il porte au verso du dernier feuillet une inscription ancienne à l’encre : Je suis à Jan Picaud qui me trouvera / aud[it] Picaud Il me randra / et yl le poyra [?] dune tripe / et dun bodin le Jour de feste / de sainct martin.

Petite réparation au titre, marge latérale un peu courte avec parfois petite atteinte aux manchettes, une minime tache de rouille à un feuillet (K2) et décharge brune sur une garde.

Provenance :

Jean Picaud (ex-libris manuscrit) et Léon Duchesne de La Sicotière (ex-libris, I, 1902, n° 2461).

1 200 - 1 800 €

404 Isaac HABERT.

Les Œuvres poétiques.

Paris, Abel l’Angelier, 1582. In-4, maroquin brun, triple filet, dos à 5 nerfs orné à la grotesque, dentelle intérieure, tranches dorées (E. & A. Maylander).

Brunet, III-6 / Cioranescu, 11347 // De Backer, 495.

(4 f.)-70 / a4, A-R4, S2 / 131 × 198 mm.

Édition originale très rare d’un poète peu connu mais qui est loin d’être sans mérite.

Né en 1560, Isaac Habert est le neveu de François Habert, écrivain fécond qui fut poète de Henri II, à qui l’on doit des traductions en vers d’auteurs anciens et de nombreuses œuvres originales, et le fils de Pierre Habert, auteur d’ouvrages sur l’Instruction et secrets de l’art de l’écriture, sur La ponctuation le style de composer toutes sortes de lettres, missives, quittances, et enfin d’un ouvrage sur les bienfaits et utilités de la paix.

Isaac, quant à lui, poète comme la tradition familiale le voulait, eut une production beaucoup moins abondante. On lui doit un recueil de poésie, Les Trois livres des Meteores et ces Œuvres poétiques, sa première publication, qui contiennent ses vers amoureux, Des Amours de Diane, le Discours pitoyable d’un amant, des odes, discours, élégies, etc.

Première et unique édition séparée de ces vers qui seront repris dans une autre publication de l’auteur Les Trois livres des Météores (cf. le n° 405 du présent catalogue).

Impression en caractères italiques.

Titre dans un bel encadrement architectural gravé sur bois avec putti, motifs à enroulement, fleurs…, quelques lettrines, bandeaux et culs-de-lampe.

Décoloration en haut du premier plat. Titre et quelques lignes un peu pâles dans le corps d’ouvrage, marges supérieure et latérale un peu courtes avec atteinte aux titres courants et aux manchettes.

Provenance :

Gabriel de Seguin (ex-libris manuscrit effacé sur le titre).

1 200 - 1 800 €

[Isaac HABERT].

Les Trois livres des Meteores avecques autres œuvres po ëtiques…

Paris, Jean Richer, 1585. In-12, maroquin janséniste rouge, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Chambolle-Duru).

Barbier, IV-848 // Brunet, III-6 // Cioranescu, 11348 // De Backer, 496. (2 f.)-70 f.-60 f.-72 f.-39 f.-(1 f. blanc manquant ici) / A-F12, A-E12, a-f12, A-C12, D4 / 70 × 140 mm.

Édition originale des Trois Livres des Météores et en partie originale pour les autres œuvres poétiques.

Ainsi que le souligne Viollet-le-Duc, la poésie était héréditaire dans cette famille. Neveu de François Habert qui fut poète de Henri II, fils de Pierre Habert à qui l’on doit des ouvrages sur l’art de bien écrire, les bienfaits de la paix, la vertu ou le chemin de bien vivre, Isaac Habert composa lui aussi des poésies et eut un fils, également prénommé Isaac, qui mourut évêque en 1668 et qui composa des poésies latines estimées.

Isaac Habert avait une grande connaissance en physique, en astronomie et en météorologie. Il traite dans son poème de ces diverses sciences ainsi que des pierres précieuses et des métaux. Les Trois Livres des Météores est, selon Viollet-le-Duc, d’un style […] clair et correct […] on le lit sans ennui et […] son poème [n’est] pas sans attrait pour un savant livré à ces sortes d’études et qui voudrait connaître l’état de la science à cette époque.

Les Trois livres des Météores occupent les 70 premiers feuillets. Vient ensuite la Seconde partie de l’ouvrage qui se compose de sonnets, d’odes, de poèmes sur la nature intitulés Bergeries, de poèmes sur la mer et l’eau nommés Pescheries et d’Œuvres chrétiennes. Cette seconde partie contient presque tous les poèmes que l’auteur avait fait paraître en 1582 dans un volume intitulé Œuvres poétiques, notamment ses poésies amoureuses (cf. le n° 404 du présent catalogue).

Impression en caractères italiques. Marque de l’imprimeur sur le titre (Renouard, n° 989), quelques lettrines, bandeaux et culs-de-lampe.

Infime décoloration en haut du dos.

1 200 - 1 800 €

406

Estienne JODELLE.

Les Œuvres & Meslanges Poetiques d’Estienne Jodelle sieur du Lymodin. Premier Volume.

Paris, Nicolas Chesneau, rue sainct Iacques à l’enseigne du Chesne verd : Et Mamert Patisson, rue sainct Iean de Beauvais, devant les Escholes de Decret, 1574.

In-4, maroquin rouge, large encadrement droit composé d’un fer répété formant roulette et de doubles filets dorés, dos à 5 nerfs orné de même, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Hardy).

Brunet, III-549 // Cioranescu, 11867 // Rothschild, I-696 // TchemerzineScheler, III-759.

(8 f.)-310 (mal chiffrées 308)-(2 f.) / ã4, 4, a-z4, A-Z4, Aa-Zz4, AA-II4 / 153 × 238 mm.

Édition originale du premier tome et seul paru des œuvres de Jodelle. Poète dramatique né à Paris en 1532 et mort en 1573, Étienne Jodelle, émule de Ronsard et de Du Bellay, fut honoré par les poètes de la Pléiade du titre de poète tragique. Il connut un succès prodigieux par sa pièce Cléopâtre captive qu’il fit jouer à l’âge de vingt-et-un ans. Nous ne résistons pas à l’envie de reproduire le commentaire de Pierre Larousse qui indique qu’il est surtout célèbre par la part qu’il prit à la révolution littéraire tentée par les poètes de la Pléiade, et dont le résultat, plus

brillant qu’avantageux, fut l’invasion du pédantisme outré et l’abandon de la vieille poésie nationale pour le calque plus ou moins heureux des formes antiques.

Vivement encouragé par le succès de sa Cléopâtre, dont la forme est copiée du théâtre grec et latin, mais dont il avait inventé l’action et la conduite, Jodelle entreprit de traiter d’autres sujets classiques « Eugène », « Didon », mais ces nouvelles œuvres ne connurent pas le même succès. Il composa également des sonnets, chansons, odes, élégies, épitaphes et un long poème sur César prêt à passer le Rubicon que l’on retrouve dans le volume que nous présentons. Insouciant et prodigue, Jodelle mit de bonne heure ses affaires et son patrimoine en désordre et l’ode funèbre que lui composa Agrippa d’Aubigné témoigne qu’il mourut dans la misère.

Ce volume est rare. Il fut publié après la mort de Jodelle par son ami Ch. Delamothe qui fit inscrire sur le faux-titre la mention Premier volume mais qui arrêta ensuite la publication sans qu’on en connaisse la cause. Impression en caractères italiques. Marque de Nicolas Chesneau sur le titre (Renouard, n° 171).

Bel exemplaire réglé.

Petites macules et traces blanches aux plats de la reliure, haut d’un mors frotté. Manque angulaire à un feuillet dû à la taille initiale de la feuille (c1) et réparations à un autre (Gg2).

Provenance :

Amédée Berton (ex-libris, 6-10 décembre 1892, n° 493).

8 000 - 12 000 € 407

Estienne JODELLE.

Le Recueil des inscriptions, figures, devises, et masquarades, ordonnees en l’hostel de ville à Paris, le Ieudi 17. de fevrier. 1558. Autres Inscriptions en vers Heroïques Latins, pour les images des Princes de la Chrestienté.

Paris, chez André Wechel, à l’enseigne du Cheval volant, rue S. Iean de Beauvais, 1558.

In-4, maroquin janséniste bleu marine, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées, étui (René Aussourd).

Brunet, III-549 // Cioranescu, 11866 // Tchemerzine-Scheler, III-758. (4 f.)-43 f. (avec erreurs de pagination)-(1 f.) / a4, B-M4 / 151 × 200 mm.

Édition originale de la relation de la fête organisée par Étienne Jodelle et qui se révéla l’un des plus beaux fours de l’histoire. Le poète (1532-1573) avait fait jouer, à l’âge de vingt-et-un ans, une pièce de sa composition Cléopâtre captive, qui avait connu un succès retentissant. Auteur à la mode, digne héritier de Ronsard et de Du Bellay, le poète tragique se vit confier par le prévôt la composition d’une pièce pour la fête qui fut organisée à l’occasion du souper donné par le roi le 17 février 1558 après la prise de Guignes. Jodelle se chargea de toute l’organisation. En quelques jours, il donna des dessins d’arcs de triomphe, de figures, de trophées, composa des devises, enrôla des musiciens et composa une mascarade ballet à douze personnages intitulée Les Argonautes. Le succès ne fut pas au rendez-vous. Ce fut un désastre d’autant que Jodelle y jouait le rôle de Jason. La représentation s’acheva dans les risées. Le volume relate dans une épître introductive sa déconvenue du malheur qui lui est arrivé, puis décrit l’ordonnancement de la fête, les monuments érigés, les devises inscrites, certains vers prononcés, etc…

Le volume s’achève par une partie consacrée à des devises latines relatives à des héros et héroïnes chrétiennes et est orné des marques du libraire sur le titre et au verso du dernier feuillet (Renouard, nos 1119 et 1128).

L’ouvrage ne fut pas réédité.

2 000 - 3 000 €

Louise LABÉ.

Œuvres de Louise Charly, Lyonnoise, dite Labé, surnommée la belle Cordiere.

Lyon, Frères Duplain, 1762

Petit in-8, veau blond, triple filet, dos à 5 nerfs joliment orné, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Cuzin).

Brunet, III-709 // Cohen, 533 // Tchemerzine-Scheler, III-782a.

XXXII-212 / ã8, 8, A-N8, O2 / 103 × 165 mm.

Cinquième édition, parue plus de deux cents ans après les quatre précédentes, toutes du XVIe siècle.

Les Œuvres de Louise Labé parurent pour la première fois à Lyon en 1555 chez Jean de Tournes et furent immédiatement suivies, l’année suivante, de deux autres éditions chez le même éditeur, ainsi que d’une édition rouennaise chez Jean Garou (cf. Bourdel, I, 19 juin 2024, nos 91 et 92). Après ces quatre éditions parues du vivant de l’auteur, ces Œuvres ne furent pas réimprimées avant le XVIIIe siècle, à Lyon chez les frères Duplain en 1762, dans l’édition que nous présentons et qui est précédée de Recherches sur la vie de Louise Labé, recherches qui furent attribuées anciennement par erreur à Charles-Joseph de Ruolz et qui sont en réalité d’Annibal Claret de Tourette de Fleurieu

Jolie édition illustrée d’un frontispice, d’une vignette-de-titre, de 4 vignettes et de 4 culs-de-lampe gravés sur cuivre par Daullé d’après Nonnotte

Bel exemplaire malgré les charnières et coiffes frottées.

Quelques piqûres sans gravité au cahier I.

150 - 250 € 409

Pierre Énoc de LA MESCHINIÈRE.

La Ceocyre.

Lyon, Barthelemy Honorat, 1578. In-4, vélin à recouvrements, dos lisse (Reliure de l’époque).

Baudrier, IV-135 // Brunet, III-795 // Ducimetière, 109 // Viollet-le-Duc, 256. (8 f.)-188-(2 f. dont le dernier blanc) / a4 4, A-Z4, Aa4 / 160 × 233 mm.

Édition originale de ce recueil de poésies inspirées d’un amour malheureux.

Pierre Énoc était le fils de Louis Énoc, humaniste réfugié à Genève vers 1549. Il publia un premier ouvrage, Opuscules politiques (Genève, 1572), et des Tableaux de la vie et de la mort (vers 1575) sous le nom de Pierre Énoc. Il quitta Genève pour oublier un amour déçu et échapper à un éventuel procès en raison de ses lectures de mauvais aloi, sujet sur lequel on ne badinait pas dans la cité de Calvin : se délecter des poésies érotiques d’Ovide était un acte gravissime ! (Ducimetière). Il s’installa alors dans le Lyonnais où il publia, en 1578, sous le nom de Pierre de La Meschinière, son troisième et dernier ouvrage, des poésies amoureuses plus légères, La Ceocyre, dans lequel il chante, entre autres, son amour malheureux pour Marie Trie, petite-fille de Guillaume Budé dont il s’était épris en 1570 et qui le laissa languir trois ans avant d’en épouser un autre.

Dans ce recueil dédié à Jacques de La Fin, gentilhomme des cours de Henri III et Henri IV, il mêle 151 sonnets, chansons, épigrammes, églogues et bergeries. Sa devise Ni la rigueur, ni les ans apparaît à deux reprises. La rareté des œuvres de Pierre de La Meschinière n’est pas pour déplaire à Viollet-le-Duc, qui juge néanmoins sévèrement ses vers : Quand bien même les rigueurs de la maîtresse de Pierre de La Meschinière auraient été, comme il le dit, jusqu’à la cruauté, […] elle est vraiment excusable si elle était forcée d’entendre les vers de cet ennuyeux poète.

Titre orné d’un beau blason aux armes du dédicataire Jacques de La Fin, baron d’Aubusson et de Montboisier.

Vélin abîmé et taché avec manques au premier plat et au dos partiellement détaché. Titre taché et piqûres plus prononcées au premier cahier.

Provenance : C. Sobeyrac (?, ex-libris manuscrit ancien).

400 - 600 €

410

François Le Poulchre, seigneur de LA MOTTEMESSEMÉ.

Les Sept livres des honnestes loisirs… Intitulez chacun du nom d’un des Planettes. Qui est un Discours en forme de Chronoviologie où sera véritablement discouru des plus notables occurances de noz guerres civiles, & des divers accidens de l’Autheur. Dédié au Roy. Plus, un meslange de divers Poëmes, d’Elegies, Stances & Sonnets.

Paris, Marc Orry, 1587

In-12, veau granité brun, dos à 4 nerfs orné (Reliure du XVIIe siècle).

Brunet, III-802 // De Backer, I-484 // Ducimetière, 126 // Rothschild, V-3274 // Viollet-le-Duc, 310.

(12 f.)-287 f. (sans le feuillet 1, ni le dernier feuillet probablement blanc) / †12, A-Z12, Aa12 / 75 × 135 mm.

Édition originale.

Né à Mont-de-Marsan en 1546, François Le Poulchre, seigneur de La Motte-Messemé suivit très tôt la carrière des armes avant de devenir gentilhomme de la chambre de Charles IX. Il mourut vers 1597, laissant deux ouvrages rimés, Les Sept livres des honnestes loisirs et les Passetemps, dans lesquels on trouve des détails curieux sur les changements introduits dans la manière de combattre depuis François Ier jusqu’à Charles IX (Hoefer). Le catalogue De Backer précise qu’on y trouve des détails sur les guerres de religion que l’on chercherait vainement ailleurs

Les Sept livres des honestes loisirs parurent chez Marc Orry en 1587, imprimés par Pierre Hury. Le poème principal, inspiré des souvenirs des guerres de l’auteur, est divisé en sept chants intitulés suivant les astres et les planètes. Il est suivi d’un recueil de sonnets et de stances intitulé Amours d’Adrastie, puis d’un Meslange de vers d’amour et d’un Meslange de divers poëmes. Le volume contient également quelques poèmes par Claude d’Argy Pierre Langlois de Belestat François Thoris Bellion Scévole de Sainte-Marthe et Pascal Robin. Le verso du titre est orné du blason de l’auteur avec son chiffre et sa devise.

La collation du volume que nous présentons diffère légèrement de celle donnée par les bibliographes. Notre exemplaire se termine par l’achevé d’imprimer au verso du feuillet 287, tandis que tous les autres exemplaires décrits présentent des poèmes au verso du feuillet 287 et un feuillet 288 porteur de poèmes et d’un achevé d’imprimer exactement similaire au nôtre. Il s’agit très probablement d’un premier état de cette édition.

Ex-libris manuscrit ancien illisible sur le titre et plusieurs annotations en français.

Coiffes restaurées, charnières frottées avec manque de cuir en pied du dos. Manque le feuillet A1, second titre avec la marque de Marc Orry ; titre sali et ancienne mouillure angulaire à la moitié du volume, annotation effacée en pied du feuillet K1 avec tache, marge latérale courte avec quelques marginalia imprimés ou manuscrits frôlés ou touchés par le couteau du relieur.

Provenance :

Ex-libris illisible sur le titre et Clere Panilleuse (ex-libris manuscrit sur une garde).

300 - 500 €

Guillaume de Chanein de LA TAYSSONNIÈRE.

Les Amoureuses ocupations… A sçavoir Strambotz, Sonetz, Chantz, & Odes liriques.

Lyon, Guillaume Rouille, 1556.

In-8, veau brun, dos lisse orné (Reliure vers 1800).

Baudrier, IX-223 // Brunet, III-870 // Cioranescu, 12725 // Rothschild, I-663 // Viollet-le-Duc, 256.

64 / A-D8 / 96 × 145 mm.

Édition originale rare.

Né dans la principauté de Dombes, seigneur de La Tour de Moles, Guillaume de La Tayssonnière s’engagea dans la carrière des armes et prit part aux guerres de religion, ce qui ne l’empêcha pas, comme d’autres, de cultiver les lettres. On lui doit des traductions en français de nouvelles et facéties italiennes, ainsi que des vers amoureux.

Son œuvre principale, Les Amoureuses ocupations, est un recueil de pièces poétiques de diverses formes, inspirées notamment de Pierre de Ronsard et de Maurice Scève. Il s’y essaie à des variantes de mètres et de rythmes, s’inspirant des strambotti italiens (huitain à rimes d’abord alternées puis entrelacées) et composant une sorte d’élégie assez étendue, toute en sonnets qui se succèdent entre eux comme les strophes d’une ode (Viollet-le-Duc). Sa devise Rien sans zelle apparaît au bas de l’épître liminaire en prose A sa Divine, et en pied du dernier poème du recueil, le Sonet au Lecteur

L’ouvrage parut à Lyon chez Guillaume Rouillé en 1555, imprimé en caractères italiques avec un beau titre gravé en encadrement, dessiné par P. Vase pour l’éditeur Rouillé (cf. Baudrier, IX, p. 183), ainsi que 4 bandeaux et 4 lettrines.

Exemplaire de second tirage, avec le titre à la date de 1556. Mis à part cette différence de date, le second tirage est absolument identique au premier de 1555.

Reliure frottée et coiffe supérieure arrachée. Exemplaire court de marge avec le titre gravé et quelques numéros de page et titres courants atteints, réparation angulaire en pied de 3 feuillets avec perte de plusieurs lettres (ff. A7 à B1).

Provenance : Eugène Viollet-le-Duc (ex-libris, catalogue de 1843, p. 256).

300 - 500 €

412

Bérenger de LA TOUR D’ALBENAS.

L’Amie des amies, Imitation d’Arioste : divisée en quatre Livres. Par Berenger de la Tour d’Albenas en Vivarez...

Lyon, Robert Granjon, 1558.

Petit in-8, maroquin rouge, triple filet, dos à 5 nerfs joliment orné, dentelle intérieure, tranches dorées (Bernasconi).

Baudrier, II-57 // Brunet, I-442 // Cioranescu, 12742 // Rothschild, I-662. (87 f. sur 88, le dernier blanc manquant ici) / a-l8 / 82 × 140 mm.

Édition originale imprimée en caractères de civilité.

Bérenger de La Tour, dit d’Albenas, dont on ne sait que peu de choses, est probablement né vers 1529 à Aubenas et mort en 1559. Il semble qu’il étudia le droit à Toulouse, si l’on en juge par le nombre de notables de cette ville à qui il adressa des poèmes. Il s’installa ensuite à Lyon, où il fit paraître deux recueils de poèmes, Le Siècle d’or et la Choréide, avant de publier L’Amie des amies… et son pendant L’Amie rustique… chez Robert Granjon en 1558 (cf. le n° 413 du présent catalogue).

L’Amie des amies est la traduction en vers français décasyllabiques d’un épisode du vingt-quatrième chant du Roland furieux de l’Arioste, celui des amants malheureux Isabelle et Zerbin. Cette traduction occupe les 28 premiers feuillets et La Tour d’Albenas y a joint diverses pièces de son invention : un Chant de vertu, et honneur (7 f.), des Lettres (7 f.), des Vers épars (16 f.) et la traduction du premier livre de la Moschéide ou combat des mouches et des fourmis, tirée du poète italien burlesque Teofilo Folengo (16 f.). Il a également enrichi son volume de Fragmens de contre amitié (11 f.) qui sont un recueil de vers de divers auteurs : l’abbé de La Celle, C. de L’Estrange, F. de L’Estrange, C. de La Perrière, Jehan Brun C. de Vesc Hector Pertius Laurent Joubert H. Faber, etc. L’ouvrage contient, au bas du dernier feuillet, la devise de Bérenger de La Tour d’Albenas : Souspir d’espoir

Le volume, dédié au mécène Noël Albert, est entièrement imprimé en caractères cursifs dits de « civilité », dont Robert Granjon avait été l’inventeur et pour lesquels il obtint un privilège d’exploitation en 1557. Ces caractères avaient pour ambition de reproduire l’écriture manuscrite et connurent une grande vogue en Europe au XVIe siècle. Titre orné de la marque de Granjon (Baudrier, n° 2).

Exemplaire très bien établi par Bernasconi, portant sur le titre et le second feuillet des fantômes de signatures effacées.

Marges un peu courtes, petite restauration habile en pied du titre.

2 500 - 3 500 € 413

Bérenger de LA TOUR D’ALBENAS.

L’Amie rustique, et autres vers divers, Par Berenger de la Tour d’Albenas en Vivarez...

Lyon, Robert Granjon, 1558. In-8, vélin blanc, triple filet rouge en encadrement, dos lisse, tête dorée (Reliure moderne).

Baudrier, II-59 // Brunet, III-874 // Cioranescu, 12743 // Rothschild, I-662. (44 f.) / A-E8, F4 / 117 × 166 mm.

Édition originale rare, imprimée en caractères de civilité.

Bérenger de La Tour d’Albenas, poète né à Aubenas vers 1529 et mort en 1559, publia plusieurs recueils de poèmes à Toulouse et Lyon. L’Amie rustique… est son dernier ouvrage, paru à Lyon chez Robert Granjon la même année que celui qui forme son pendant, L’Amie des amies (cf. le n° 412 du présent catalogue).

L’ouvrage, dédié au mécène Noël Albert, se compose de L’Amie rustique, divisée en cinq églogues (18 f.), suivie de Chansons (3 f.), d’un Chant de Vertu, et Fortune (5 f.), d’un Chant funèbre de feu Anne Philiponne, Damoyselle (4 f.), d’Épitaphes (3 f.) et de la Naséide, restituée en son entier (6 f.). La Naséide, qui avait déjà paru en 1556 dans la Choréide, est dédiée à «  Alcofibras, Indien, Roy de Nasée » [François Rabelais], et se clôt par la devise de La Tour d’Albenas Souspir d’espoir Elle est ici précédée d’une épître en prose à B. de Rochecolombe (2 f.).

Le volume, entièrement imprimé en caractères de civilité, porte sur le titre la marque de l’éditeur Robert Granjon (Baudrier, n° 2). Ce dernier avait été l’inventeur de ces caractères cursifs imitant l’écriture manuscrite, pour lesquels il avait obtenu un privilège d’exploitation en 1557 et qui connurent un grand succès.

Exemplaire très grand de marges, contenant de nombreux témoins.

Petite tache brune dans la marge supérieure de 4 feuillets (D5 à D8).

1 500 - 2 500 €

[Jacques LE GRAS].

Le Tombeau de feu noble homme Maistre Richard le Gras de Rouën en son vivant Docteur en Medecine.

Paris, Estienne Prevosteau, au clos Bruneau, pres le puys Certain, 1586. – Les Besongnes et les iours d’Hesiode Ascræan, mis en francois par Jaques Le Gras de Rouen. Paris, Estienne Prevosteau, demeurãt au mont S. Hylaire pres le puis Certain, 1586.

2 ouvrages en un volume in-16, vélin de l’époque avec titres manuscrits à l’encre sur le premier plat, lacets lacunaires.

Cioranescu, 13209-13210 // Frère, II-196 // Lachèvre, 254.

I. (2 f.)-51 / [ ]2, a-b8, c-d4, e8 // II. 52 (dernier feuillet mal chiffré 50) / A-D8-4, E2 // 80 × 138 mm.

Réunion de deux ouvrages composés par le juriste-poète rouennais Jacques Le Gras : un recueil d’hommages à son père et une traduction d’Hésiode.

Jacques Le Gras naquit à Rouen, probablement vers 1560, d’un père médecin dans la même ville, Richard Le Gras. Il étudia le droit et fut reçu avocat au parlement de sa ville natale, ce qui ne l’empêcha pas de fréquenter les cercles littéraires et de cultiver la poésie avec succès. Il mourut vers 1600. La mort prématurée de son père le 28 novembre 1584, âgé de LVIII ans et un mois le conduisit à rassembler dans un Tombeau les différents éloges qu’en firent de nombreux poètes du temps. La même année, Jacques Le Gras fit également paraître, chez le même éditeur parisien Estienne Prévosteau, une traduction des Besongnes et les iours d’Hésiode. Selon Lachèvre, ces deux ouvrages sont toujours trouvés ensemble.

Le Tombeau de feu noble homme Maistre Richard le Gras s’ouvre par une dédicace de Jacques Le Gras à son père et contient 94 pièces en français, latin et grec par 36 poètes : Jacques et Jean Le Gras, Robert Belin Claude Février Jacques de La Porte Nicolas Papillon François Viger, Jean Doublet, Louis Martel, Jean Crassus, etc.

Les Besongnes et les iours, également dédiés à Richard Le Gras, sont précédés de quelques épigrammes sur Hésiode. La traduction d’Hésiode se compose de 1.068 alexandrins, que suivent un sonnet sur la mort du père, une table et un erratum.

Les deux ouvrages sont ornés sur le titre de la marque d’Estienne Prévosteau (cf. Renouard, n° 929, marque légèrement différente comme le sont les adresses sur les titres), et armoiries gravées au verso des deux titres, probablement celles de la famille Le Gras.

Deux ex-libris du XVIe siècle non identifiés à l’encre sur la garde.

Vélin sali et lacets lacunaires. Pâles mouillures angulaires et quelques taches.

400 - 600 €

415

Pierre LE LOYER, sieur de La Brosse.

Erotopegnie ou Passetemps d’amour. Ensemble une Comedie du Muet insensé.

Paris, Abel l’Angelier, 1576 In-12, maroquin Lavallière, triple filet, dos à 5 nerfs joliment orné (TrautzBauzonnet).

Brunet, III-959 // Cioranescu, 13270 // De Backer, 596 // Ducimetière, 70. (8 f.)-103-(1 f.) / ✽8, A-N8 / 90 × 155 mm.

Édition originale.

Pierre Le Loyer, ou Le Loger, est né en 1550 en Anjou, à Huillé, et mort en 1634. Il étudia le droit à Toulouse tout en s’adonnant à la poésie puis occupa une charge de conseiller au présidial d’Angers. Savant orientaliste, il cultiva le grec et l’hébreu puis se prit de passion pour la démonologie, croyant aux maléfices et aux apparitions surnaturelles. Il publia en 1586 un important ouvrage intitulé Quatre livres des spectres ou Apparitions et visions d’esprit comme anges, démons ou âmes se montrent visibles aux hommes

Ainsi qu’il l’indique dans sa dédicace à Gabriel de Minut, seigneur de Castera et de Praderes, Le Loyer estimait que la poesie estoit comme un relaschement d’esprit pour ce dernier occupé à choses sérieuses et à œuvre de plus longue & solide erudition.

Son Erotopegnie ou Passetemps d’amour est le premier recueil de poésies qu’il publia. On y trouve des odes, des sonnets, des chansons, des élégies et des stances. Le volume s’achève par une pièce Le Muet insensé qui est une comédie en vers libres parsemée d’astrologie, dans laquelle il fait intervenir le Diable comme une muette personne. Minimes accrocs sur les plats.

Provenance :

Ambroise Firmin-Didot (ex-libris, 6-15 juin 1878, n° 290).

2 500 - 3 500 €

416

Pierre LE LOYER, sieur de La Brosse.

Les Œuvres et meslanges poétiques de Pierre Le Loyer Angevin. Ensemble, La Comedie Nephelococugie, ou la Nuee des Cocus, non moins docte que facetieuse.

Paris, Jean Poupy, 1579

In-12, maroquin rouge, triple filet, dos lisse orné aux petits fers, roulette intérieure, tranches dorées (Reliure du XVIIIe siècle).

Brunet, III-959 // Cioranescu, 13271 // De Backer, 597 // USTC, 8189 // Viollet-le-Duc, 444.

(8 f.)-256 f. (mal chiffrés 156)-(6 f.) / †8, A-N12, O4, P-Y12, Z6 / 71 × 136 mm.

Seconde édition de l’Erotopegnie, sous un nouveau titre, augmentée de très nombreuses pièces paraissant ici pour la première fois.

Pierre Le Loyer, auteur angevin (1550-1634), savant orientaliste et conseiller au présidial d’Angers, fut à la fois un auteur d’ouvrages sérieux sur la démonologie, les spectres et les apparitions et un poète léger, parfois un peu libertin, qui se délassait de ses travaux sérieux par la pratique de l’art poétique.

Si l’on excepte une rarissime édition du poème Idylle sur la Loire (1572), poème qui obtint le prix de l’Églantine aux Jeux Floraux de Toulouse, Les Œuvres et meslanges poetiques sont la seconde publication de Pierre Le Loyer après Erotopegnie ou Passetemps d’amour. Y sont reprises toutes les pièces de ce premier recueil sous des titres différents, auxquelles ont été ajoutées quantité d’autres pièces poétiques de la même espèce, ainsi qu’une comédie, Nephelococugie, ou La Nuee des cocus qui n’est qu’un dialogue sans divisions, coupé par des chœurs avec strophes, antistrophes, all æ ostrophes et épodes (Viollet-le-Duc), imitation d’Aristophane pour excuser les grossièretés qui y sont répandues. Cette comédie est précédée d’un titre particulier à la date de 1578, compris dans les signatures et la pagination. Nous laissons à Viollet-le-Duc le soin de conclure sur celle-ci : Cette pièce, quelquefois piquante, est d’une obscénité qui ne me permet pas d’en rien citer

Très bel exemplaire en maroquin rouge du XVIIIe siècle de parfaite facture dans le style de Derome.

Minimes petites épidermures en bas du premier plat.

2 500 - 3 500 €

417

Le LIVRE DE PLUSIEURS PIECES,

C’est-à-dire, faict & recueilly de divers Autheurs, cõme de Clem t Marot, & autres : ce que tu verras en la page suyvante.

Lyon, Thibauld Payen, 1548 In-16, maroquin à long grain noisette orné sur les plats d’un double encadrement de filets dorés droits avec volutes et petits fers dorés dans les angles, dos à 4 nerfs joliment orné de filets et points dorés et d’un motif floral à froid répété, filets intérieurs, tranches dorées (Reliure du XIXe siècle).

Baudrier, IV-240 et VIII-3 // Brunet, III-1122 // Lachèvre, 163.

127-(1 f.) / A-Q8 / 74 × 120 mm.

Réimpression lyonnaise de ce recueil collectif paru pour la première fois à Paris la même année.

Recueil contenant vingt-neuf pièces, dont une en prose et en vers, la plupart non signées, d’au moins douze poètes identifiés par Frédéric Lachèvre : Claude de Bectone (2), Jacques Colin (4), Marguerite d’Angoulême (3), Gilles d’Aurigny (1), Louis Des Masures (1), Bonaventure Des Périers (1), Pernette Du Guillet (1), Bertrand de La Borderie (1), l’Esleu Macault (1), Clément Marot (1), Mellin de Saint-Gelais (7) et Maurice Scève (1). Les cinq autres poèmes n’ont pas été attribués.

Ce recueil poétique fut publié pour la première fois à Paris en 1548, dans une édition partagée entre Gilles Corrozet, Arnoul L’Angelier et François Girault. Il comptait alors trente-et-une pièces dont vingt-etune tirées de recueils antérieurs : le Recueil de Vraye poesie françoyse (Longis et Sertenas, 1544), la Deploration de Venus sur la mort du bel Adonis… (Tournes, 1545), le Discours du voyage de Constantinople… (Corrozet, 1546) et les Opuscules d’amour (Tournes, 1547). Il fut immédiatement réimprimé, la même année, par le libraire-imprimeur lyonnais Nicolas Bacquenois, pour lui-même et Thibauld Payen, avec cependant deux pièces de Mellin de Saint-Gelais en moins par rapport à l’édition parisienne.

Cette édition lyonnaise, que nous présentons ici, porte sur le titre la marque de Thibauld Payen (Baudrier, IV, p. 210, n° 4) et le nom de Nicolas Bacquenois au dernier feuillet. Certains exemplaires sont à l’adresse de Bacquenois. Ce dernier, né dans le Rémois, fit très probablement son apprentissage d’imprimeur à Lyon, où il s’associa brièvement avant de rentrer s’installer imprimeur à Reims.

Exemplaire dans une jolie reliure du XIXe siècle, ayant appartenu au comte Alfred Werlé, bibliophile rémois, directeur de la Maison Veuve Cliquot-Ponsardin.

Petite restauration angulaire au titre, dernier cahier sali, relié dans le désordre avec deux feuillets plus courts dans la marge supérieure et plusieurs feuillets restaurés dont 2 avec manque de texte (ff. Q5 et Q6), petites taches d’encre atteignant le texte à 2 feuillets (ff. K8 et L1) et tache brune en marge du cahier L.

Provenance :

Alfred Werlé (ex-libris gravé avec cote manuscrite 7947, II, 3-5 février 1908, n° 102).

400 - 600 €

Jean MAROT.

Sur les deux heureux Voyages de Genes & Venise, victorieusement mys a fin, Par le treschrestien Roy Loys Douziesme de ce nom. Pere du Peuple. Et veritablement escriptz par iceluy Ian Marot, alors Poete & Escrivain de la tresmagnanime Royne Anne, Duchesse de Bretaigne, & depuys, Valet de chambre du treschresti Roy Francoys, premier du nom.

On les vend a Paris devant Lesglise Saincte Geneviefve des Ardens Rue Neufve Nostre Dame, A Lenseigne du Faulcheur, in fine Pierre Roffet, 22 janvier 1532

In-8, maroquin vert sapin, triple filet, dos à 5 nerfs finement orné de filets et fers dorés, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Duru, 1852).

Brunet, III-1444 // Cioranescu, 14671 // De Backer, 177 // Fairfax Murray, 354 // Renouard, ICP, IV-769 // Rothschild, I-595 // TchemerzineScheler, IV-558.

CI f.-(1 f. blanc sur 3) / A-N8 / 94 × 152 mm.

Rare édition originale imprimée par Geofroy Tory. Jean Marot, de son véritable nom Desmarets, est né en 1463 à Matthieu, près de Caen. Il ne reçut qu’une éducation négligée et s’appliqua seul à la lecture des anciens auteurs français, faisant, par goût et penchant naturel, de rapides progrès dans le domaine des belles-lettres. Introduit auprès de la duchesse Anne de Bretagne, celle-ci le distingua et le déclara son poète. Devenue pour la deuxième fois reine de France par son mariage avec Louis XII, elle fit de Jean Marot son secrétaire à la cour de France et l’enjoignit à accompagner le roi dans les expéditions de Gênes et de Venise en 1507 et 1509, en qualité d’historiographe. Marot resta à la cour après la mort de Louis XII et fut nommé valet de chambre de son successeur, François Ier, charge qu’il transmit à son fils Clément Marot à sa mort en 1523 à Cahors.

Sa relation de l’expédition italienne de Louis XII, de janvier à mai 1507, contre la ville de Gênes qui s’était rebellée, est une peinture très fidèle, rédigée en vers héroïques décasyllabiques auxquels se mêlent quelques passages en prose et rondeaux. La construction est la même pour la relation du voyage de Venise. Nulle édition ne parut du vivant de l’auteur et l’on ne connaît que deux manuscrits du texte, dont celui exécuté au retour de l’expédition pour la reine de France et commanditaire Anne de Bretagne (BnF, Français-5091).

C’est Clément Marot qui se chargea de faire publier les œuvres de son père, près de dix ans après la mort de ce dernier. Les Deux heureux voyages de Gênes et Venise parurent en effet pour la première fois en 1532 (1533 nouveau style) à Paris chez Pierre Roffet, amputés des 77 derniers vers du manuscrit.

Pierre Roffet, dit Le Faulcheur, avait fait imprimer le volume par Geofroy Tory, dont le nom apparaît au colophon : Ce present Livre fut acheve dimprimer le XXII. Iour de Ianvier M.D.XXXII. pour Pierre Roufet, dict le Faulcheur, par Maistre Geufroy Tory de Bourges, Imprimeur du Roy. Le titre est orné d’un petit fleuron à la fleur de lys appartenant au matériel de Geofroy Tory. Roffet et Tory moururent tous deux peu après cette parution, en 1533. Les deuxième et troisième feuillets sont occupés par une Epistre au Roy, de Clement Marot, faisant mention de la mort de Jan Marot son pere, Autheur de ce Livre, et la devise de Jean Marot Ne trop ne peu est imprimée à la fin de chacun des deux voyages. Bel exemplaire dans une jolie reliure de Duru. Il provient de la bibliothèque Fairfax Murray dont il porte l’étiquette.

Marge supérieure un peu courte.

Provenance :

Fairfax Murray (étiquette, n° 354).

5 000 - 7 000 €

Jean MAROT.

Recueil des oeuvres Iehan Marot illustre poëte Frãcoys, Contenant Rondeaulx, Epistres, Vers espars, Chantz Royaulx. – Sur les deux heureux Voyages de Genes & Venise, victorieusem t mys a fin par le treschresti Roy Loys douxiesme de ce nom. A lors Poete de la Royne Anne, Duchesse de Bretaigne, & despuis Valet de chãbre du treschresti Roy Frãcoys, premier de ce nom.

Lyon, Françoys Juste, pres nostre Dame de Confort, 1537. 2 parties en un volume in-16, maroquin bleu nuit, triple filet en encadrement, dos à 5 nerfs orné, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Trautz-Bauzonnet).

Gültlingen, IV, p. 214, n° 64 et 65 // Tchemerzine-Scheler, IV-479 et 561b. Manque à Brunet.

I. (56 f.) / a-g8 // II. 134 f. / A-Q8, R6 // 72 × 100 mm.

Nouvelle édition formant les quatrième et cinquième parties de l’édition des œuvres de Clément et Jean Marot donnée par François Juste en 1536-1537.

Jean Marot, né en 1463 dans la région de Caen, s’attacha à la lecture des auteurs français et développa un penchant pour les lettres qui le fit distinguer par la duchesse Anne de Bretagne. Elle fit de Marot le poète de sa cour puis, reine de France pour la deuxième fois, se l’attacha à la cour de France en qualité de secrétaire. Il suivit Louis XII pendant ses expéditions à Gênes et à Venise et en livra un récit précis, tout en composant des rondeaux, chants royaux et autres pièces poétiques. Devenu valet de chambre de François Ier, il se retira à Cahors où il s’éteignit, laissant cette charge à son fils Clément Marot.

Ce dernier publia les œuvres de son père, pour la première fois chez Pierre Roffet à Paris : Sur les deux heureux voyages en 1532 (c f. le n° 418 du présent catalogue) et le Recueil Jean Marot, sans date, vers 1533.

Le Recueil Jean Marot fut réimprimé plusieurs fois, notamment pour Roffet, sans date, puis à la suite d’éditions d’œuvres de Clément Marot. L’éditeur lyonnais François Juste donna, en 1536-1537, une édition, en lettres rondes, des œuvres de Clément et Jean Marot en cinq parties. Dans cette édition collective, les œuvres de ce dernier forment, d’après Lucien Scheler, les quatrième et cinquième parties, chacune pourvue d’un titre individuel, d’une collation et d’une pagination séparées. C’est la seconde édition de Sur les deux heureux voyages de Gênes et de Venise, qui n’avait pas été réimprimé depuis l’originale de 1532.

François Juste, libraire et imprimeur installé à Lyon entre 1529 et 1547, s’était rendu célèbre pour avoir publié, en 1535, la première édition du premier livre de Rabelais. Vingtrinier le décrit comme un éditeur dont la boutique hospitalière était le rendez-vous des savants et des poètes (p. 165).

Charmante édition illustrée de petits bois gravés : 8 bois pour le Recueil (en réalité 7 différents dont un répété) et 18 bois pour les Deux heureux voyages (en réalité 10 différents dont 5 répétés).

Joli exemplaire relié par Trautz-Bauzonnet.

Légers frottements au second plat, minime accroc au dos. Marge supérieure un peu courte.

3 000 - 4 000 €

420

Clément MAROT.

L’Adolescence Clementine aultrement Les Oeuvres de Clement Marot, de Cahors en Quercy, Valet de chãbre du Roy, faictes en son adolescence, avec aultres œuvres par luy composees depuis sa dicte adolescence. Reveues & corrigees selõ sa derniere recõgnoissance…

On les vent a Paris devant l’eglise saincte Geneviefve des Ardens, Rue neufve nostre Dame, A l’enseigne du Faulcheur, [in fine] veufve de feu Pierre Roffet, 20 juin 1535

- La Suite de l’Adolescence Clementine, Dont le contenu pourrez veoir a l’autre coste de ce fueillet. Reveue & corrigee selon la derniere recõgnoyssance, & approuvee. Et sont toutes œuvres sur ce contrefaictes deffendues.

Paris, a l’enseigne du Faulcheur, 1535

- Le Premier livre de la Metamorphose d’Ovide, trãslaté de Latin en Francoys par Clement Marot de Cahors en Quercy, Valet de chambre du Roy. Item Certaines œuvres qu’il feit en prison, non encores Imprimeez. Paris, Estienne Roffet dict le Faulcheur, a l’enseigne de la Rose Blanche, 1535

3 parties en un volume in-8, vélin à recouvrements, armoiries en noir sur le premier plat et médaillon ecclésiastique au second, dos lisse avec 5 petits lacets passant sur les côtés, cote de bibliothèque à l’encre au bas du dos, pièce de titre postérieure (Reliure de l’époque).

Brunet, III-1449/1450 // Renouard, ICP, 1368, 1368bis et 1389 // Tchemerzine-Scheler, IV-472-473 // USTC, 27584, 73512, 89756.

CXXIX f.-(1 f.) / a-p8, q10 // (74 f.) / A-H8, I10 // (34 f.) / a-c8, d10 // 86 × 138 mm.

Rarissime édition réunissant L’Adolescence Clementine, La Suite de L’Adolescence Clementine et le Premier livre de la Metamorphose d’Ovide

Fils de Jean Marot, poète officiel d’Anne de Bretagne et valet de chambre de François Ier, Clément Marot est considéré à juste titre comme l’un des plus grands poètes français du XVIe siècle. Il naquit à Cahors en 1495 et fut destiné par son père à la magistrature mais, n’éprouvant aucune attirance pour la science juridique, il trouva un emploi de payeur chez le seigneur de Villeroy puis fut distingué par Marguerite de Valois et devint son valet de chambre. Il succéda à son père à la mort de ce dernier et devint valet de chambre de François Ier, se distinguant par son talent poétique et par son esprit.

Il fit partie de la suite du roi au camp du Drap d’or (1520) et accompagna le souverain dans la guerre qu’il entreprit en Italie, fut blessé et fait prisonnier à la bataille de Pavie. De retour en France, il fut arrêté et mis au Châtelet pour avoir montré quelques sympathies pour les idées de la religion réformée. Rendu à la liberté quelque temps plus tard, il n’en devint pas plus prudent et fut envoyé une nouvelle fois en prison. Libéré par François Ier, mais se sentant entouré d’ennemis, il alla chercher refuge chez la reine de Navarre qui, d’après quelques médisants, devint sa maîtresse. Il se réfugia ensuite à Ferrare auprès de la duchesse Renée de France qui réunissait sous sa protection tous les libres esprits persécutés ailleurs. Marot reparut ensuite à la cour de François Ier où il se lia avec Vatable, titulaire de la chaire d’hébreu, avec lequel il traduisit des psaumes ce qui lui entraîna de nouvelles persécutions. Il se réfugia à Genève, fut accusé de débauche et trouva asile à Turin. Il y mourut, fort pauvre, à l’âge de cinquante ans, en 1544. Il reste comme le premier écrivain moderne de France, célèbre pour la fluidité et la lisibilité de ses phrases.

L’Adolescence Clementine regroupe des vers composés à l’adolescence, entendue ici au sens latin du terme, c’est-à-dire avant l’âge de trente ans. Marot y ajoute des rondeaux composés ultérieurement, des chansons, des oraisons, des prières, des psaumes, élégies, épîtres et une traduction du premier livre de la Métamorphose d’Ovide.

La première édition de L’Adolescence Clementine fut publiée à Paris, chez Pierre Roffet, en 1532. Le volume dut connaître un grand succès puisque l’édition que nous présentons, de trois ans postérieure, est la dixième. Elle est aussi la première parisienne, datée, où la Suite de l’Adolescence Clementine se trouve réunie à la première partie.

Cette édition de 1535 est répertoriée par Brunet qui indique qu’il y a également des exemplaires contenant en plus Le premier livre de La Métamorphose d’Ovide 1536 (sic). L’existence de l’édition de 1535 en trois parties que nous présentons a été mise en doute par Tchemerzine mais Lucien Scheler, à qui cet exemplaire a appartenu, en fait une très minutieuse description (Tchemerzine-Scheler, IV473), en indiquant en marge du texte de Tchemerzine : ce ne sont là que pures divagations. L’édition de 1535 citée par Brunet existe bien.

Chacune des trois parties est pourvue d’un titre propre avec signatures et paginations séparées. Les deux premières parties sont à l’adresse de la veuve de Pierre Roffet et la troisième à celle de son fils Estienne.

Ces trois parties sont rarissimes et l’USTC, qui les référencent indépendamment les unes des autres, ne recense qu’un exemplaire pour L’Adolescence clémentine et pour La Suite de l’Adolescence, conservés en un seul volume à la Bibliothèque de l’Arsenal, et qualifie Le Premier livre de la Métamorphose de « Lost book ».

Lettrines à fond criblé dans les première et troisième parties et marques de Pierre Roffet (Renouard, n° 1008) et d’Estienne Roffet (Renouard, n° 1010).

Exemplaire d’Anton Fugger avec ses armes sur le premier plat et des armes ecclésiastiques illisibles frappées sur le second.

Il existe deux Anton Fugger à cette époque, cousins, tous deux décédés en 1616. La bibliothèque du Museum of Slavonia à Osijek, en Croatie, attribue ce fer à Anton Fugger, fils du grand Marc Fugger, bibliophile dont la provenance est des plus recherchées.

Le volume porte en outre sur le titre de la première partie, le chiffre A.A. et une annotation manuscrite en italien faisant mention d’un ex-dono.

Quelques taches au vélin. Le volume a probablement été recousu et soigneusement replacé dans sa reliure avec les passants refaits et les gardes renouvelées. Armes un peu effacées sur le premier plat et illisibles sur le second, pièce de titre refaite, manque les cordons.

Provenance :

Anton Fugger (armes sur le premier plat).

10 000 - 12 000 €

421

Clément MAROT.

Les Oeuvres de Clement Marot de Cahors, Valet de chambre du Roy. Augmentées d’ung grand nombre de ses compositions nouvelles, par cy devant non imprimées. Le tout songneusement par luy mesmes reveu, & mieulx ordonné, comme lon voyrra cy apres.

Lyon, Estienne Dolet, 1542. In-8, veau brun avec double encadrement de larges roulettes à froid serties de doubles filets, les coupes en biseau dans les milieux, dos (moderne) à 3 doubles nerfs orné de filets à froid en tête et en pied, traces de fermoirs (Reliure de l’époque).

Brunet, III-1453 // Cioranescu, 14423 // Longeon, 34 // TchemerzineScheler, IV-493.

323 f. (mal chiffré 313)-(1 f.) / a-z8, A-R8, S4 (avec le cahier E marqué D) / 98 × 156 mm.

Huitième édition et la seconde publiée par Étienne Dolet, plus complète que les précédentes.

Clément Marot avait publié une première édition de ses œuvres en 1538, chez Gryphe ou Dolet avec qui elle était partagée. Cette édition fut suivie de cinq autres publiées de 1539 à 1542, dont le texte suit celui de 1538, chez François Juste, Gilles Corrozet, Anthoine de Bonnemere, Bonnemere et Sertenas et Jean Ruelle. Vient ensuite une édition publiée à Lyon chez Jean Bignon, augmentée de trois parties et enfin celle que nous présentons, à nouveau chez Étienne Dolet, en 1542. Dolet réimprime ici l’édition donnée en 1538, en y ajoutant de nombreux poèmes, des épigrammes et diverses pièces publiées depuis par d’autres éditeurs. D’après le catalogue de la vente Herpin, qui en possédait deux exemplaires, toutes les pièces qui vont du fol. 281 ro au fol. 324 (dernier) […] doivent avoir paru ici pour la première fois (1903, n° 34).

Cette édition, comme la première chez Dolet, contient une lettre adressée par Clément Marot à son éditeur dans laquelle l’auteur, après s’être plaint de mauvaises éditions qu’on a faites de ses œuvres, de pièces qu’on lui a attribuées par avare convoitise de vendre plus cher, déclare avoir ici mis douze foys aultant d’aultres Œuvres miennes, par cy devant non imprimees et que touts les livres qui par cy devant ont esté imprimes soubz mon nom, i’advoue ceulx ci pour les meilleurs, plus amples, & mieulx ordonnés. Et desadvoue les aultres, comme Bastards, ou enfants gastés.

Marque d’Étienne Dolet sur le titre et au verso du dernier feuillet.

Inscription manuscrite sur le titre H. Conrad Orell. Littér 157. Conrad Orell (1714-1785) fut éditeur à Zurich en Suisse.

Restaurations anciennes avec le dos refait. Titre sali avec manque angulaire et cachet gratté, nombreux feuillets tachés, parfois piqués, quelques trous de ver aux 13 derniers cahiers.

Provenance : H. Conrad Orell (ex-libris manuscrit).

1 000 - 1 500 €

422

Clément MAROT.

Les Œuvres de Clement Marot, de Cahors, vallet de chambre du Roy. Plus amples, & en meilleur ordre que paravant. –Traductions de Clement Marot vallet de chambre du Roy. La mort n’y mord.

Lyon, A l’enseigne du Rocher, 1544. 2 parties en un volume in-12, basane havane, double filet, dos à 4 nerfs orné (Reliure de l’époque).

Baudrier, II-35 et IV-314 // Brunet, III-1454 // De Backer, 221 // Rothschild, I-609 // Tchemerzine-Scheler, IV-496.

479-(8 f.) / a-z8, A-H8 // 264 / aa-qq8, r4 // 98 × 151 mm.

Précieuse et capitale édition en lettres rondes, dite « du Rocher », la dernière donnée du vivant de l’auteur et la première où ses poésies aient été classées par genre et dans l’ordre adopté depuis (De Backer). Ici tout est dit et on trouvera dans cette édition, capitale, les pièces qui avaient paru dans L’Adolescence clémentine, dans la Suite de l’Adolescence, dans les Epigrammes et dans les Cantiques de la paix qui sont fondues ensemble et classées selon leurs formes poétiques, Opuscules, Elegies, Epistres, Ballades, Chants divers, Rondeaux, Chansons, Epigrammes, Estrenes, Epitaphes, Cymetière, Complaintes et Oraisons. L’édition contient par ailleurs trente-cinq pièces nouvelles.

La seconde partie du volume contient les traductions de Virgile, Béroalde, Pétrarque, Salmonius, Ovide. C’est aussi la première édition à laquelle a été ajoutée la traduction des cinquante psaumes de David.

Cette édition porte sur le titre et le dernier feuillet de la première partie la marque au Rocher qui est celle du libraire lyonnais Antoine Constantin (Baudrier, n° 5). Bien que ne portant pas de nom d’imprimeur, ce volume sort très certainement des presses de Sulpice Sabon, qui imprima tous les ouvrages édités par Constantin à l’exception de deux volumes.

Les premiers exemplaires portent comme ici la date de 1544 Cette édition fut aussi revendue avec un titre renouvelé à la date de 1545. Ex-libris illisible sur le titre.

Restaurations anciennes et épidermures. Marge supérieure parfois un peu courte, quelques taches éparses.

1 200 - 1 500 €

423

[Clément MAROT]. OVIDE.

Trois premiers livres de la Metamorphose d’Ovide, Traduictz en vers Frãçois. Le premier & second, par CL Marot. Le tiers par B. Aneau. Mythologizez par Allegories Historiales, Naturelles & Moralles recueillies de bons autheurs Grecz, & Latins, sur toutes les fables, & sentences. Illustrez de figures & images convenantes. Avec une preparation de voie à la lecture & intelligence des Poètes fabuleux.

Lyon, Guillaume Rouille, a l’escu de Venise, 1556.

In-8, maroquin vert lierre, triple filet, dos à 5 nerfs joliment orné, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (E. Niédrée).

Baudrier, IX-236 // Brun, 276 // Brunet, IV-284 // Fairfax Murray, 419 // Gültlingen, VIII, p. 108, n° 233 // Tchemerzine-Scheler, IV-548.

(22 f.)-266-(1 f. blanc manquant ici) / a-b8, c6, A-L8, M-N4, O-R8, S6 / 99 × 149 mm.

Nouvelle édition de cette traduction des deux premiers livres des Métamorphoses d’Ovide par Clément Marot, à laquelle est ajoutée la traduction du troisième livre par Barthélémy Aneau. Cette traduction de Marot avait auparavant paru dans plusieurs éditions des Œuvres.

Le titre et toutes les pages sont placés dans de fins encadrements architecturaux avec putti, personnages, vasques, fruits… Les encadrements sont au nombre de 24 et sont répétés plusieurs fois. Ces cadres qui furent souvent employés par Guillaume Rouillé apparaissent ici pour la première fois. L’un d’eux est signé des initiales P.V., signature de Pierre Vase, de son véritable nom Pierre Eskreich, artiste particulièrement apprécié par Guillaume Rouillé.

L’édition, imprimée par Macé Bonhomme, est également illustrée de 57 petites vignettes gravées sur bois dans le texte. 45 de ces vignettes, gravées par Pierre Vase qui s’inspira de la suite des vignettes de Jean de Tournes (Brun, p. 256), avaient déjà paru dans l’édition des Œuvres de Clément Marot donnée par Guillaume Rouillé en 1550. Certaines de ces vignettes avaient aussi déjà figuré dans la Picta Poesis d’Aneau, en 1552. Elles sont d’un trait hésitant et mal venues à l’impression (Brun).

Baudrier et Tchemerzine indiquent le dernier cahier S en 8 feuillets, le dernier feuillet imprimé étant le feuillet S5 chiffré 266. Fairfax Murray quant à lui décrit un exemplaire en tout point comparable au nôtre avec un cahier S6, le dernier feuillet blanc. Quel que soit le nombre de feuillets du dernier cahier, les feuillets S7 et S8, s’ils existent, sont blancs.

Bel exemplaire.

Page de titre et feuillets a2 et a3 habilement restaurés ; marge latérale parfois un peu courte avec légère atteinte à quelques manchettes.

Provenance :

Edward Vernon Utterson (ex-libris, 20 mars 1857, n° 1188), Henry Huth (ex-libris, VI, 11-18 juillet 1917, n° 5494) et Maurice Desgeorge (ex-libris).

1 200 - 1 800 €

424 [MAROT].

PLUSIEURS TRAICTEZ, par aucuns nouveaulx poetes, du differ t de Marot, Sagon, & la Hueterie Avec le dieu gard dudict Marot. Dont le contenu est de lautre coste de ce feuillet.

S.l.n.n., 1537

In-16, maroquin citron très joliment orné avec sur les plats un encadrement de 4 filets dorés droits et au pointillé, fleuron central losangé aux petits fers réservant un médaillon contenant une grande rose dorée, écoinçons formés de volutes, arabesques, points et roses, dos à 5 nerfs orné de petits fers et roses dorés, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Trautz-Bauzonnet).

Brunet, IV-730 // Lachèvre, I-183 // Rothschild, I-621 // TchemerzineScheler, IV-525.

(144 f.) / A-S8 / 67 × 112 mm.

Précieuse première édition collective rassemblant des pièces de la querelle littéraire qui opposa Clément Marot et François Sagon François Sagon, né à Rouen, fut curé à Beauvais au XVIe siècle. La querelle entre Marot et lui serait née lors de leur première rencontre, au château d’Alençon, au lendemain du mariage d’Isabeau d’Albret de Navarre avec René de Rohan-Frontenay. Marot aurait prononcé devant une nombreuse assistance un mot ou une phrase que Sagon traita d’hérétique. La discussion s’envenima et Marot finit par tirer son poignard ce qui provoqua la fuite de Sagon. De rage, celui-ci rédigea ensuite de violentes satires contre Clément Marot alors que ce dernier, proscrit en raison de sa religion, était réfugié à Ferrare. Marot y répondit et la querelle, devenue littéraire, s’amplifia au point que les autres poètes du temps prirent parti pour l’un ou l’autre. Cela donna lieu à vingt-trois pièces, parues individuellement en 1537, sous les noms des deux protagonistes ou sous leurs pseudonymes : Fripelippes pour Marot et Matthieu de Boutigny pour Sagon, ainsi que sous les noms ou pseudonymes de leurs partisans. Dix-sept de ces pièces sont réunies ici :

- Le Coup dessay de Francoys de Sagon (…) contenant la responce a deux epistres de Clement marot retire a Ferrare ;

- Le Dieu gard de Marot A son retour de Ferrare en France ;

- Le Valet de Marot cõtre Sagon ;

- La grande genealogie de Fripelippes, composée par ung ieune Poete Champestre… [par Mathieu de Vauzelles ?] ;

- Response a Marot dict Fripelippes, & a son maistre Clement [par Charles de La Hueterie] ;

- Rescript a Francoys Sagon, & au ieune poete champestre

- Le Rabais du caquet de Fripelippes, & de Marot dict Rat pelle… par Mathieu de boutigny ;

- Remonstrance a Sagon ; a la Hueterie… par Daluce Locet [Claude Colet] ;

- Epistre a Marot, a Sagon, & a la Hueterie ;

- Les disciples et Amys de Marot, contre Sagon, la Hueterie, & leurs adherentz [par Bonaventure Des Périers, C. Fontaine, Calvy de la Fontaine, etc.] ;

- Apologie faicte par le grãt Abbe des Conards, sur les invectives Sagon, Marot, La Hueterie… ;

- Contre Sagon et les siens. Epistre nouvelle, faicte par ung amy de Clement Marot… ;

- De Marot et Sagon les treves, Donnez iusqua la fleur des febves. Par lautorité de Labbe des Conardz ;

- Responce a labbe des conardz de Rouen ;

- Le différent de Clement Marot & Francoys Sagon ;

- Le banquet dhonneur sur la paix faicte, Entre Clement Marot, Francoys Sagon… [par François Hamen ?] ;

- Ladieu envoye Aux dames de court au moys doctobre 1537 [par Marot].

L’édition est illustrée de 4 petites vignettes sur bois (ff. D8v, F4v, G5r et P4r).

Ce ravissant exemplaire, relié en maroquin citron à la rose par TrautzBauzonnet, a fait partie de la bibliothèque de Maximilien-Louis de Clinchamp, dont il porte l’ex-libris, mais il ne figure pas au catalogue de sa vente en 1860. Il passa ensuite à Lignerolles, dans le catalogue duquel il est décrit en charmante reliure, puis dans la bibliothèque de Guyot de Villeneuve.

Petite tache plus sombre au premier plat. Rousseurs, quelques feuillets tachés.

Provenance :

Maximilien-Louis de Clinchamp (ex-libris), comte Raoul de Lignerolles (II, 5-16 mars 1894, n° 907) et Gustave Guyot de Villeneuve (II, 25-30 mars 1901, n° 628).

1 200 - 1 800 €

Jean MARTIN.

Le Papillon de Cupido, inventé & composé par maistre Iehan Martin, seigneur de Choysi. Disionnoys.

Ylon (Lyon), Thibauld Payen, prés nostre Dame de Confort, 1543 In-8, veau porphyre, triple filet, dos lisse orné avec le titre en long, tranches dorées (Reliure du XVIIIe siècle).

Baudrier, IV-234 // Brunet, III-1495 // Cioranescu, 14707 // Goujet, XI-207 // Tchemerzine-Scheler, IV-600 // USTC, 38537.

(36 f.) / A-D8, E4 / 90 × 145 mm.

Rarissime édition originale de ce poème satirique sur les mœurs du temps, notamment à Paris et en Italie.

On ne sait rien de Jean Martin, seigneur de Choisy, sinon qu’il serait né à Dijon d’après le titre du volume. Il ne faut pas le confondre avec son parfait homonyme de la même époque, traducteur de nombreux ouvrages de l’italien vers le français, dont l’Hypnerotomachie, ou Discours du songe de Poliphile. On ne connaît du seigneur de Choisy que deux ouvrages : ce Papillon de Cupido, vers satiriques et légers parus en 1543 et, dans un tout autre registre, La Reverence ecclesiastique parue en 1546.

L’abbé Goujet, dans sa Bibliothèque françoise, consacre un assez long article au Papillon de Cupido, qu’il juge sévèrement : Ce poème est une fiction [que l’auteur] corrompt par l’excès de sa satyre & par les obscénités qu’il débite sans aucun voile. Un amoureux malheureux est changé en papillon par Cupidon et, comme tel, volète en tous lieux, même les plus secrets, en commençant par Paris, l’Université, le Palais, les tours de Notre-Dame d’où il est étonné des cris des marchands de rue, etc. Il prend ensuite son vol pour l’Italie, où il promène le même œil curieux et malin de palais en palais, allant jusqu’à s’éprendre d’une nièce du pape Paul III. Son voyage est prétexte à raconter nombre d’anecdotes que Goujet qualifie de scandaleuses, mais Tchemerzine juge ce poème (…) intéressant du point de vue de la vie à Paris sous François Ier, ainsi qu’à Rome, à Florence et à Venise, au temps de Paul III.

Le poème fut publié à Lyon chez Thibauld Payen en 1543. Il porte sur le titre la marque de ce libraire (Baudrier, IV, p. 210, n° 3) et est imprimé en caractères italiques. Certains bibliographes mentionnent une autre édition la même année à Paris chez Jacques Fezandat, mais son existence est douteuse car aucun ne l’a jamais vue et, si elle a réellement existé, il n’en semble subsister aucun exemplaire.

L’édition que nous présentons, de Lyon 1543, est très rare. L’USTC ne recense que deux exemplaires, conservés à la BnF et dans la bibliothèque du château de Chantilly. Une note au crayon sur une garde indique que l’exemplaire proviendrait de la bibliothèque de La Vallière. Le catalogue de 1783 en contenait en effet un exemplaire, mais le peu de précision de la description (« v.m. ») ne nous permet pas d’affirmer que ce soit le même que celui que nous présentons. Il provient, en revanche, de manière quasi-certaine de la bibliothèque du baron Pichon, auquel appartenait un exemplaire en v.gr.fil.tr.dor. (…) bien conservé, sauf qu’il est un peu trop rogné en tête, ce qui est le cas de celui-ci.

Dos légèrement passé avec deux trous de vers et un petit accroc. Marge supérieure courte avec parfois atteinte au titre courant.

Provenance :

Duc de La Vallière (?, 1783, n° 3061) et baron Jérôme Pichon (19-24 avril 1869, n° 505).

1 000 - 1 500 €

[ Le MESPRIS DE LA COURT ] . [ Antoine de GUEVARA, Antoine ALAIGRE, Paul ANGIER, Seigneur de BORDERIE, Charles FONTAINE, Antoine HÉROËT, Clément MAROT, Almanque PAPILLON et Charles de SAINTE-MARTHE]

Le Mespris de la court, avec la vie Rustique. Nouvellement traduict d’Espagnol en Françoys. L’amye de court. La parfaicte amye. La contreamye. L’androgyne de Platon. L’experience de l’amye de court, contre la contreamye. Le nouvel amour.

Paris, On les vend au clos bruneau, à l’image S. Claude chez la vefve Maurice de la Porte, 1549

In-16, maroquin Lavallière orné d’un encadrement droit formé d’une roulette et de doubles filets dorés, de fleurons angulaires et d’un fleuron central losangé, dos à 5 nerfs orné d’un fleuron à fond azuré doré répété, dentelle intérieure, tranches dorées (Capé).

Barbier, III-268 // Brunet, II-1798 et s.

184 f. / a-z8 / 71 × 110 mm.

Seconde édition de ce recueil contenant des œuvres de divers auteurs. Seul le premier texte est en prose, tous les autres sont en vers. On trouve, dans l’ordre du volume, les pièces suivantes :

- Le Mespris de la court, & la louange de la vie rustique d’Antoine de Guevara traduit de l’espagnol par Antoine Alaigre (ff. 1 à 54)

- La Parfaicte amye, nouvellement composee par Anthoine Heroet, dict la Maison neufve, Avec plusieurs autres compositions dudict Autheur (ff. 55 à 86r)

- Lamie de court inventee par le seigneur de Borderie (ff. 86v à 104)

- La Contre-amie de court par Charles Fontaine Parisien (ff. 105 à 128)

- Landrogyne de Platon nouvellement traduict de Latin en François par Anthoine Heroet dict la Maison neufve (avec deux autres pièces traduites de Platon) (ff. 129 à 144r)

- Lexperience de maistre Paul Angier Carentennoys, contenãt une briefve deffence en la personne de l’honneste Amant pour l’amye de court contre la contreamye (ff. 144v à 160)

- Le nouvel amour invente par le seigneur Papillon. Item une Epistre en abhorrant folle Amour, par Clement Marot, varlet de chambre du Roy. Item plusieurs Dizains a ce propos de S. Marthe (ff. 161 à 184).

La première pièce a trait aux dangers de la vie à la cour et combien la vie rustique est plus tranquille que celle de courtisan. Les autres poèmes sont des dissertations et considérations sur l’amour.

Ce recueil, qui parut pour la première fois en 1544 chez Galliot Du Pré (ou Guillaume Le Bret ou Guillaume Thibout), ne contenait pas les dernières pièces de Papillon, Marot et Sainte-Marthe. La seconde édition, celle de 1549 que nous présentons, à pagination continue, fut partagée avec le libraire Guillaume Lebret. Elle est la première complète et fut suivie de nombreuses rééditions qui sont largement décrites par Brunet. Impression en caractères italiques avec quelques lettrines à décoration florale.

Charmant exemplaire joliment relié par Capé.

1 200 - 1 800 €

Georgette de MONTENAY.

Emblemes, ou devises chrestiennes, Composees par Damoiselle Georgette de Montenay.

Lyon, Jean Marcorelle, 1571

In-4, maroquin janséniste rouge vif, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées (Bernasconi).

Adams, Rawles et Saunders, F.437 // Baudrier, X-381 // Brulliot, I-528 // Brun, 267 // Brunet, III-1853 // Fairfax Murray, 387 // USTC, 2518.

(8 f. dont un blanc)-100-(8 f.) / a-z4, A-F4 / 134 × 192 mm.

Édition originale en second état avec le titre à la date de 1571, ou seconde édition de ce livre d’emblèmes illustré par Pierre Woeiriot

Georgette de Montenay est née en Normandie, vers 1540. Orpheline très jeune de ses deux parents, elle épouse vers l’âge de 20 ans Guyon Du Goût, issu d’une vieille famille gasconne. Après l’édit d’Amboise, le couple, catholique, quitte la Normandie pour la Gascogne et Georgette de Montenay, apparentée aux Albret, fréquente la cour de Navarre. On ignore à quelle date elle se convertit à la foi protestante, mais elle rédige alors son unique œuvre, les Emblèmes ou Devises chrestiennes, d’inspiration réformée qu’elle dédie à la reine de Navarre, Jeanne d’Albret. Elle meurt vers 1606.

Chacun des emblèmes, au nombre de cent, est formé d’une devise latine tirée des Écritures, inscrite dans une gravure qui l’illustre et suivie d’un huitain en vers décasyllabiques français. Les gravures ont été réalisées sur cuivre en taille-douce par le graveur lorrain Pierre Woeiriot, lui-même converti au protestantisme, qui est mentionné dans le privilège. Chaque planche est numérotée dans la gravure ; la première, qui est un portrait de Jeanne d’Albret, porte le monogramme AIV qui avait été interprété comme signifiant Johanna Albretana Navarrea par Christ dans son Dictionnaire des monogrammes de 1750 (p. 31). Dans son propre Dictionnaire des monogrammes paru en 1833, Brulliot ne réfute pas complètement cette thèse mais lui préfère celle des initiales d’un graveur, hypothèse impossible puisque l’on sait que le graveur est Pierre Woeiriot. Enfin, Fairfax Murray émet quant à lui l’hypothèse que le monogramme serait celui du dessinateur. Toutes les autres gravures sont signées d’une petite croix de Lorraine.

L’ouvrage, composé et prêt à être publié dès 1561, ne parut chez Jean Marcorelle qu’en 1567 en raison des troubles politiques et religieux, du temps nécessaire à Woeiriot pour réaliser les gravures, et également de la peste qui sévit à Lyon en 1564 et 1565. Jusqu’aux travaux d’Adams, Rawles et Saunders sur les livres d’emblèmes, l’édition de 1571 était présentée comme la plus ancienne connue ou l’originale, avec l’hypothèse d’une édition antérieure dont on aurait perdu toute trace. On ne connaît, en effet, qu’un seul exemplaire à la date de 1567, conservé à la Det Kongelige Bibliothek de Copenhague. L’édition fut redonnée par le même imprimeur Marcorelle, quatre ans plus tard, avec un nouveau titre à la date de 1571 et le feuillet b4, initialement Au lecteur, remplacé par un feuillet blanc. Il semble impossible de déterminer si le volume a fait l’objet d’un retirage complet en 1571 ou si le titre seul a été réimprimé.

La gravure 18 a été modifiée durant l’impression, ou peu après, et la plupart des exemplaires contiennent, comme celui que nous présentons, une nouvelle gravure collée sur l’originale.

Le volume présente, sur la page de titre et en plusieurs endroits, un double G entrelacé imprimé pour Georgette  ; on y lit également, à la fin de l’Epistre sur la conservation du present livre qui suit les Emblemes, la devise anagrammatique Gage d’or tot ne te meine (pour Georgette de Montenay). L’ouvrage connut un grand succès et fut plusieurs fois réimprimé au XVIIe siècle, avant de tomber dans un oubli relatif.

Exemplaire très lavé, avec la gravure du feuillet 92 provenant d’un autre exemplaire et remontée dans une fenêtre. Trace d’un ex-libris arraché au premier contreplat.

2 500 - 3 500 €

428

[La MUSE FOLASTRE].

La Muse folastre. Recherchée des plus beaux esprits de ce temps. De nouveau reveuë, corrigée & augmentée.

– Le Second livre de la Muse folastre… – Le Troisieme livre de la Muse folastre…

Lyon, Barthelemy Ancelin, 1611

3 parties en un volume in-12, maroquin rouge, triple filet, grand fleuron losangé aux petits fers au centre des plats, dos à 5 nerfs joliment orné, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Thibaron).

Barbier, III-379 // Brunet, III-1960 // Gay, III-298 // Lachèvre, Recueils depuis 1600, p. 6, Muse IV // Viollet-le-Duc, 76.

77 f. (mal chiffré 81)-(1 f. blanc manquant ici) / A-F12, N6 // 60 f. / Aa-Ee12 // 60 f. (mal chiffré 58) / AA-EE12 // 76 × 139 mm.

Nouvelle édition de cette compilation de poésies légères et pièces diverses ayant toutes trait à la galanterie et à l’amour.

Ce charmant petit volume contient une grande quantité de pièces que je n’ai jamais trouvées ailleurs, bien différent en cela d’une foule de recueils qui se répètent les uns les autres (Viollet-le-Duc).

La plupart des pièces sont anonymes. Certaines sont imitées du latin de Gilebert, ou de l’italien Bembo, d’autres sont signées Bouterouë (2), Béroalde de Verville (3), Brissard (1), L’Écluse (2), Blenet (1), de La Souche (1) et enfin Ronsard avec ses Folastries, pièces qui occupent 36 pages du volume et qui ne furent pas imprimées dans ses Œuvres. Quelques autres sont signées de simples initiales F. R., C. B., P. de L., en particulier celles très libres comme Le Trou Madame ou la Complainte d’un à qui sa femme coupa la catze.

Ce recueil, le premier en date des recueils libres et satiriques du XVIIe siècle (Lachèvre), connut de très nombreuses éditions et les bibliographes ne s’accordent pas tous sur la première édition. Gay et Brunet citent l’édition originale imprimée à Tours en 1600 qui ne serait connue qu’à un seul exemplaire et Lachèvre donne une édition la même année à Paris chez Antoine du Breuil. Une autre édition fut également publiée à Rouen la même année chez Morel. On connait ensuite une édition en 1603, également à Rouen, une à Paris chez Jean Fuzy en 1607, puis une autre en 1609 encore à Rouen.

L’édition que nous présentons, à Lyon chez Barthelemy Ancelin, en 1611, est une des plus complètes. Elle reproduit l’édition publiée par Fuzy en 1607, à quelques variantes près relevées par Lachèvre. Impression en caractères italiques.

Très joli exemplaire finement relié par Thibaron, ancien ouvrier de Trautz qui s’établit seul à la fin des années 1860 puis s’associa avec le doreur Joly. Thibaron mourut en 1885.

Réparations angulaires aux 4 derniers feuillets.

800 - 1 200 €

Charles d’ORLÉANS.

Po ësies de Charles d’Orléans, Pere de Louis XII et Oncle de François Ier, Rois de France.

Grenoble, J.L.A. Giroud, 1803.

In-12, veau glacé rouge avec grand décor romantique à froid formé d’une roulette en encadrement, d’un grand fleuron central à motifs de palmes, roues dentées, coquilles, feuilles et de quatre larges écoinçons ornés de même, dos à 5 nerfs richement orné à froid avec palette dorée en tête et en pied, mention en pied Grenoble 1803, roulette dorée sur les coupes et chaînette intérieure dorée, tranches dorées (Reliure de l’époque).

Tchemerzine-Scheler, V-29a. Manque à Vicaire.

XVI-XXXII-370-(1 f. blanc) / [ ]2, [ ]6, a12, b4, A-P12, Q6 / 94 × 162 mm.

Édition en grande partie originale et la première sous le nom de Charles d’Orléans.

Charles Ier, duc d’Orléans et de Valois, naît en 1394 à Paris. Neveu du roi de France Charles VI, il devient très jeune, à la mort de son père, chef de la maison d’Orléans. En 1415, il mène les armées royales contre les troupes anglaises de Henri V d’Angleterre, lors de la bataille d’Azincourt qui se solde par un désastre pour la chevalerie française. Fait prisonnier, Charles d’Orléans est emmené en Angleterre où il reste jusqu’à sa libération en 1440, vingt-cinq ans plus tard. C’est durant cette captivité qu’il rédige les nombreux rondeaux et ballades pour lesquels il est célébré comme le prince-poète par excellence. Vers la fin de sa vie, il réunit autour de lui, à Blois, une cour littéraire brillante. Il meurt à Amboise en 1465.

Il a été établi par Frédéric Lachèvre que 254 poèmes de Charles d’Orléans avaient été publiés sous le nom d’Octovien de SaintGelais en 1509 dans La Chasse et le depart damours (cf. le n°  361 du présent catalogue). Quelques poésies parurent ensuite isolées dans des anthologies comme le Jardin de plaisance (1525) ou des Annales poétiques (1778), mais ce n’est qu’en 1803 que Pierre-Vincent Chalvet en donna une édition conséquente, celle que nous présentons, faite d’après le manuscrit conservé à la bibliothèque de Grenoble et la première sous le nom de Charles d’Orléans, en grande partie originale.

Splendide exemplaire dans une riche reliure du plus pur style romantique.

Quelques soulignements au crayon. Le faux-titre est imprimé sur un papier différent du titre.

300 - 500 € 430

Charles d’ORLÉANS.

Les Poésies du duc Charles d’Orléans publiées sur le manuscrit original de la Bibliothèque de Grenoble conféré avec ceux de Paris et de Londres et accompagnées d’une préface historique, de notes et d’éclaircissements littéraires, par Aimé Champollion-Figeac (de la Bibliothèque Royale)… Paris, À la librairie, J. Belin-Leprieur et Colomb de Batines, 1842. In-8, chagrin vert lierre orné d’un encadrement avec filets dorés droits et à froid s’entrecroisant dans les angles, volutes et rinceaux dorés dans les milieux, chiffre couronné L.O. doré au centre des plats, dos à 4 nerfs orné, triple filet intérieur, gardes de moire blanche, tranches dorées (Andrieux).

Brunet, IV-232 // Tchemerzine-Scheler, V-29b // Vicaire, VI-279.

(2 f.)-XXXVIII-(1 f.)-504-(1 f. blanc) / [ ]2, a-b8, c4, 1-288, 291, 30-328, 334 / 133 × 211 mm.

Nouvelle édition, en grande partie originale et la première complète.

Le prince-poète Charles d’Orléans (1394-1465) composa ses rondeaux, ballades, etc., lors de sa longue captivité en Angleterre (14151440) à la suite de la défaite d’Azincourt. Ses poésies, dont certaines ne furent d’abord publiées, au XVIe siècle, que sous les noms d’autres auteurs comme Saint-Gelais ou Blaise d’Auriol, parurent de manière isolée dans diverses anthologies jusqu’aux travaux de Chalvet qui en donna la première édition sous son nom à Grenoble en 1803 (cf. le n° 429 du présent catalogue). Près de quarante ans plus tard, en 1842, Aimé Champollion-Figeac publia une nouvelle édition, celle que nous présentons, moins fautive et plus complète, en grande partie originale.

Un des 100 exemplaires tirés sur vélin au format in-8. Il porte sur les plats le chiffre couronné L.O. de Louis d’Orléans, duc de Nemours (1814-1896). Second fils de Louis-Philippe, il constitua une bibliothèque importante, dont de nombreux volumes portaient son chiffre couronné. Le chiffre frappé sur le volume que nous présentons n’est pas répertorié dans Olivier (pl. 2585), mais les lettres L et O sont très proches de celles du fer n° 5. Sa riche bibliothèque passa à son petit-fils Emmanuel d’Orléans, duc de Vendôme (1872-1931). La bibliothèque de ce dernier fut vendue aux enchères à Paris en 1931 et 1932 et ce volume y figurait sous le lot 431.

Il est enrichi d’une quittance manuscrite signée de Charles d’Orléans datée du 24 décembre 1408 sur un feuillet de vélin (223 × 90 mm) relié après le titre : Nous Charles duc dorleans et de Valois… sertiffions atous que nous avons aujourdui Receu de maistre Nicolas Bernard… la so e de trente escuz dor tant pour noz offrandes du jour de noel et autres devotions et aumosnes pr ledit jour et les autres jours… En tesmoing dece nous avons signe ceste nte cedule de [?] pre main. Fait a Blois le XXIIIIe jour dedecembre lan de grace mil IIIIc & huit. Charles. Tout porte à croire que cette signature de Charles d’Orléans est authentique, mais nous ne pouvons pas le certifier. Le catalogue de la vente du duc de Vendôme, en 1931, faisait mention de ce billet mais n’apportait pas plus de précision. Très bel exemplaire.

Quelques rares rousseurs éparses (cahier 22) et les cahiers de table légèrement brunis.

Provenance :

Louis-Charles-Philippe-Raphaël d’Orléans, duc de Nemours (chiffre) ; Emmanuel d’Orléans, duc de Vendôme (I, 9-12 décembre 1931, n° 431).

1 000 - 1 500 €

Marc PAPILLON de LASPHRISE.

Les Premieres œuvres poetiques du Capitaine Lasphrise.

A Cesar Monsieur.

Paris, Jean Gesselin, ruë S. Iacques, a l’enseigne sainct Martin, & en sa boutique au Palais, en la gallerie des prisonniers, 1597. In-12, maroquin bleu avec motif central doré sur les plats formé d’une épée sur laquelle s’enroule une branche de laurier, entourée de filets, de palmes et branches foliacées de myrte et de charme, dos à 5 nerfs avec fleuron foliacé répété, doublure de maroquin rouge vif ornée de branches de lauriers, doubles gardes, tranches dorées sur marbrure (Trautz-Bauzonnet).

Brunet, III-863 // Cioranescu, 16960 // Rothschild, I-762 // TchemerzineScheler, IV-82 // USTC, 57605 // Viollet-le-Duc, 319.

(12 f.)-612-(2 f.) / â12, A-Z12, Aa-Bb12, Cc6, Dd2 / 74 × 141 mm.

Très rare édition originale.

Poète français né à Amboise en 1555, Marc Papillon dit le capitaine Lasphrise est issu d’une famille originaire de Gascogne qui vint s’établir en Touraine sur la terre de Vauberault. Il prit le nom de sieur de Lasphrise d’un petit fief tourangeau dépendant du domaine patrimonial et courut le monde, guerroyant un peu partout, se faisant remarquer par sa bravoure aventureuse. Il servit en Europe, en Flandre, en Allemagne, mais aussi, semble-t-il, en Asie et en Afrique et se fit connaître par quelques héroïques actions dans les guerres qui marquèrent la fin des Valois. Atteint de plusieurs infirmités dues à sa vie aventureuse, il revint dans sa province en 1589 où, seul héritier du domaine, il se ruina en procès et mourut en 1605, dans un état voisin de la misère.

Soldat courageux et débauché, Marc Papillon composait dans les camps, sous le harnois, des vers qui méritent d’être tirés de l’oubli pour leur originalité et parce qu’ils témoignent de la liberté des mœurs du temps. C’est une langue simple, directe, franche, avec laquelle parfois le poète prend des libertés que certains, comme Larousse, qualifient de licencieuses et que d’autres, comme Picot, appellent des grossièretés révoltantes.

Le volume, très dense, renferme des stances, chansons, élégies, épigrammes, satires, énigmes, sonnets, … avec dans l’ordre : – Les Amours de Théophile, – L’Amour passionnée de Noémie, – les Stances de la délice d’amour, – La Nouvelle inconnue, – Les Ænigmes, – L’Allusion de capitaine Lasphrise, – Fleau féminin, diverses poésies dont des Stances de Bacchus et Caresme-Prenant, une pièce tragi-comique, des élégies au Roy et des cantiques spirituels. L’ouvrage contient également quelques poésies de Le Plessis Prevost, Sonan et L’Ormois

Cette édition originale est imprimée en caractères italiques et est ornée d’un portrait de Lasphrise par Thomas de Leu (f. a12) le représentant en armure, l’épée à la main avec palmes et branches de laurier, de myrte et de charme. Elle fut suivie d’une seconde édition publiée chez le même éditeur en 1599.

Superbe exemplaire dans une belle reliure doublée de TrautzBauzonnet. Le motif qui orne les plats est directement inspiré du portrait de l’auteur figurant dans le volume et du quatrain qu’il surmonte :

Le Palladin heureux couronnera son chef / De Palmes, de Lauriers, de Myrtes & de Charmes…

Provenance :

Comte de Fresne (ex-libris, 13-18 mars 1893, n° 271) et Henri Bordes (ex-libris, 1902, n° 76).

8 000 - 12 000 €

Jacques PELLETIER DU MANS.

L’Amour des amours. V rs liriqu s. Par Jaqu s Pel tier du Mans.

Lyon, Ian d Tourn s, 1555.

In-8, maroquin rouge, triple filet, dos à 5 nerfs, encadrement intérieur du même maroquin avec dentelle dorée, doublure et gardes de soie moirée bordeaux, doubles gardes, tranches dorées (G. Deltombe Rel.).

Brunet, IV-471 // Cartier, Tournes II-308 // Cioranescu, 17313 // Rothschild, I-700 // Tchemerzine-Scheler, V-150.

153-(3 f. dont 2 blancs, le dernier manquant ici) / a-i8, K6 / 96 × 154 mm.

Édition originale rare.

Docteur en médecine, professeur de mathématiques, philosophe, traducteur et poète, Jacques Pelletier du Mans (1517-1582 ou 1583) publia un grand nombre d’ouvrages scientifiques, des traductions d’auteurs anciens et des recueils de poésie. Membre de la Pléiade, ami de Ronsard, Du Bellay, Magny…, il fut un farouche défenseur de la nouvelle doctrine qui prônait l’orthographe phonétique. Ce système orthographique décrit par Picot dans le catalogue Rothschild au numéro 322 consiste en une simplification de la manière d’écrire, distinguant trois sortes de e à l’aide de signes diacritiques, en écrivant uniformément les nasales an et in, en retranchant les lettres superflues, en supprimant les consonnes doubles, etc…

Le volume que nous présentons, publié par l’éditeur lyonnais Jean de Tournes, est imprimé avec ces nouvelles règles et les signes spéciaux définis par Pelletier. Il contient dans une première partie quatre-vingtseize sonnets suivis de deux pièces intitulées L’Amour volant et Le Parnasse et de quatorze pièces poétiques réunies sous le titre L’Uranie La seconde partie se compose d’odes et d’épigrammes réunies sous le titre Vers liriques. Plusieurs pièces des Vers liriques avaient déjà paru dans les Œuvres poetiques de Pelletier du Mans publiées chez Vascosan en 1547 (cf. le n° 434 du présent catalogue).

Impression en caractères italiques. Titre dans un bel encadrement dit arabesque en cul-de-lampe (Cartier, n° 29) et marque à l’ange au verso du dernier feuillet.

Réparation au titre, premiers cahiers un peu brunis, marge supérieure un peu courte avec atteintes parfois au titre courant.

800 - 1 200 €

Jacques PELLETIER DU MANS.

L’Art poëtique de Iaqu s Pel tier du Mans, ✽ D parti an deus Livr s.

Lyon, Ian d Tourn s, e Guil. Gazeau, 1555. In-8, maroquin rouge, triple filet, dos à 5 nerfs joliment orné, mention Lyon 1555 en pied, dentelle intérieure, tranches dorées (Ve Niédrée).

Brunet, 471 // Cartier, Tournes, II-309 // Cioranescu, 17310 // De Backer, 82 // Tchemerzine-Scheler, V-149.

116-(2 f.) / a-g8, h4 / 98 × 152 mm.

Édition originale rare de cet ouvrage en prose et en vers de Jacques Pelletier sur l’art poétique.

Jacques Pelletier du Mans (1517-1582 ou 1583) exerçait la médecine en même temps qu’il professait la mathématique et qu’il avait une intense activité dans le domaine littéraire. Ami des grands poètes de son temps, membre de la Pléiade, il cultiva la poésie tout en soutenant une réforme de l’orthographe française basée sur la phonétique et la simplification. Son ouvrage L’Art poétique, imprimé selon les nouvelles règles qu’il défendait, se divise en deux parties. La première, qui occupe les 93 premières pages, est une dissertation en prose sur la poésie, sa différence avec l’art oratoire, les sujets qui y sont traités, les compositions des poèmes, les traductions, la rime, les épigrammes, les sonnets, les épîtres, les élégies…

La seconde partie occupant les pages 94 à 116 contient des poésies de Pelletier, chansons, épigrammes, sonnets, odes diverses dont une Ode à Louïse Labe, Lionnoes qui se conclut à la gloire de la poétesse :

Sus donq, mes vers, louez cet Louïs Soièz, ma plume, a la louèr soumise, Puis qu’el à meritè, Maugre le tans fuitif, d’ tr m ne D ssus le vol de la Fame ampannee A l’immortalite.

Impression en caractères italiques. Titre dans un bel encadrement dit arabesque en cul-de-lampe (Cartier, n° 29) et marque à l’ange au recto du dernier feuillet. Quelques passages soulignés. Maroquin inégalement foncé par endroits. Petite réparation et minime galerie de vers au titre, marge latérale un peu courte à certains feuillets avec atteinte aux manchettes, tache de rouille à un feuillet (a6) et angle inférieur de plusieurs feuillets brunis.

Provenance :

Claude Raillard (cachet sur le titre).

800 - 1 200 €

Jacques PELLETIER DU MANS.

Les Œuvres poetiques.

Paris, De l’imprimerie de Michel de Vascosan, pour luy & Galiot Du Pre, 1547 In-8, maroquin bleu nuit, les plats et le dos à 5 nerfs entièrement ornés d’un fin décor à la fanfare où tous les champs ont été ornés aux petits fers, doublure de maroquin citron avec fine dentelle en encadrement, tranches dorées sur marbrure (E. Niédrée).

Brunet, IV-471 // Cioranescu, 17306 // De Backer, 375 // Rothschild, I-699 // Tchemerzine-Scheler, V-145 // Viollet-le-Duc, 264.

104 f. (avec les feuillets 49 à 56 chiffrés 41 à 48) /A-N8 / 102 × 158 mm.

Édition originale très rare.

Né au Mans en 1517, Jacques Pelletier eut à la fois une intense activité scientifique et littéraire. Il étudia tout d’abord à Paris sous l’autorité de son frère Jean, professeur au collège de Navarre, la philosophie et la jurisprudence avant de se tourner vers les lettres. Devenu principal du collège de Bayeux puis secrétaire de l’évêque du Mans René Du Bellay, il étudia ensuite la médecine qu’il exerça à Bordeaux, Poitiers et Lyon où il vécut quatre ans, fréquentant les cercles littéraires et humanistes et s’y liant avec Louise Labé, Maurice Scève, Olivier de Magny et Pontus de Thyard. Il poursuivit ses voyages en Italie, en Savoie, en Suisse, exerça des fonctions à l’université d’Aquitaine puis rentra à Paris où il fut nommé principal du collège du Mans avant de s’éteindre en 1582 ou 1583. En parallèle de son activité de médecin, il publia de nombreux ouvrages scientifiques mais s’intéressa également à l’évolution de la langue française et défendit la réforme phonétique de l’orthographe et l’utilisation de la langue vernaculaire. Il participa avec Ronsard et Du Bellay aux premières heures de la Pléiade et publia en 1547 ses premières œuvres littéraires, puis en 1555 plusieurs ouvrages dont L’Art poëtique, dans lequel il tenta de définir les différents genres poétiques. L’édition des Œuvres poétiques de Pelletier du Mans parue en 1547 est très importante. C’est sa première publication littéraire si l’on excepte une traduction de L’Art poétique d’Horace qui parut pour la première fois en 1541. L’ouvrage se compose, après la dédicace à François Ier, des traductions en vers des deux premiers livres de l’Odyssée d’Homère, du premier livre des Géorgiques de Virgile et d’autres menues traductions (f. 7 à 63). Viennent ensuite des vers lyriques de l’invention de l’auteur des épigrammes et des pièces diverses (f. 64 à 104).

Il faut également signaler aux feuillets 79 et 80 une Ode de Pierre de Ronsart (sic) a Jacques Peletier, Des beautez qu’il voudroit en s’Amie, qui est la première pièce publiée de Ronsard, et au feuillet 103 un dizain de Joachim Du Bellay : A la ville du Mans, non repris par la suite dans les œuvres de ce poète.

Impression en caractères italiques avec deux lettrines à fond criblé.

Exemplaire de toute beauté dans une spectaculaire reliure de JeanÉdouard Niédrée, relieur qui exerça à Paris de 1836 à 1864 et dont l’habileté reste proverbiale.

8 000 - 12 000 €

Jacques PELLETIER DU MANS.

Euvres poetiques de Iaques Peletier du Mans, Intituléz

Louang s. Av q quelques autr s Ecriz du m me Auteur, ancor s non publiéz. L cont nu t an la Pag suivant

Paris, Chez Rob rt Coulomb l, ru S. Ian d Latran, à l’Anseign d’Ald , 1581. In-4, maroquin janséniste noir, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées (Bernasconi).

Brunet, IV-471 // Cioranescu, 17320 // De Backer, 377 // Rothschild, I-701 // Tchemerzine-Scheler, V-156.

73 f.-(1 f.) / a4, B-S4, T2 / 146 × 210 mm.

Édition originale très rare de ce recueil de poésies entièrement différent de celui de 1547.

Imprimé selon la nouvelle orthographe phonétique et simplifiée que Pelletier du Mans défendait, qui ét de raporter l’Ecritur a la prononciacion, le volume contient cinq louanges de la parole, des tro s Graces (aux Dames Des Roches), de l’Honneur (à Scévole de SainteMarthe), du Fourmi (à François de Pontivi) et de la Scianc (à Messigneurs Du Faur), ainsi que deus chans… pour mettre apres les cinq planet s, des extraits de Virgile et une Remonstrance a So méme

Édition imprimée en caractères italiques et ornée sur le titre de la marque à l’ancre aldine appartenant à Robert Colombel (Renouard, n° 200).

Une déchirure réparée à un feuillet (L4) et un passage un peu effacé (P3).

3 000 - 4 000 €

436

Hélie POIRIER.

Les Soupirs salutaires.

Amsterdam, Jean Blaeu, 1646 In-12, basane mouchetée, dos à 4 nerfs orné (Reliure de la fin du XVIIe siècle). Brunet, IV-773 // Cioranescu, 55261 // Rahir, Elzevier, 1981 // Willems, III-1643.

120 / A-E12 / 69 × 120 mm.

Édition originale.

Hélie Poirier, né à Paris vers 1600, a peut-être été prêtre et aurait enseigné la théologie à la Sorbonne. Il fit paraître quelques livres pieux avant d’abjurer la foi catholique pour embrasser la Réforme et s’installer en Hollande, probablement à la fin des années 1630. Il traduisit une déclamation d’Érasme, La Louange de la sottise, avant de faire paraître un recueil poétique, Les Soupirs salutaires, dédiés à la reine Christine de Suède, à la cour de laquelle il avait séjourné quelque temps. Il mourut vers 1650.

Les Soupirs salutaires sont, dans une première partie, un recueil de Méditacions et de Parafrases rimées, la dernière étant en prose. Dans une seconde partie intitulée L’Illustre berger, annoncée par un faux-titre compris dans les signatures et la pagination, sont réunis des églogues, chansons, sonnets, stances, etc.

Le volume parut à Amsterdam chez Jean Blaeu en 1646. Il est imprimé en caractères italiques et selon l’orthographe particulière de l’auteur qui écrivait probablement comme on prononçait alors. L’un des derniers sonnets est adressé A Monsieur Jean Blaeu, sur son Incomparable Atlas, Et les neuf Muzes, Dont chacune prézide à l’une des neuf presses de son Imprimerie (p. 115). L’édition est répertoriée dans l’Annexe aux Elzeviers de Willems.

Restaurations anciennes aux coiffes. Mouillures au titre et au feuillet A2, cahiers A et B brunis et piqués.

Provenance :

P. Duputel (cachet au verso du titre).

300 - 500 €

Nicolas RAPIN.

Les Œuvres latines et francoises de Nicolas Rapin poictevin, grand prevost de la Connestablie de France. Tombeau de l’Autheur avec plusieurs Eloges.

Paris, Olivier de Varennes, 1610 3 parties en un volume in-4, vélin rigide, dos lisse avec le titre et la date à l’encre, traces de lacets (Reliure de l’époque).

Brunet, IV-1114 // Cioranescu, 18985 // De Backer, 529 // Rothschild, IV-2944 // Viollet-le-Duc, 352.

(4 f.)-268-(8 f.)-55-(52 f. dont un blanc) / ✽4, A-K4, M-Z4, Aa-Ll4, ã4 4 a-g4, a-n4 / 160 × 236 mm.

Édition originale posthume.

Magistrat né à Fontenay-le-Comte en 1539, Nicolas Rapin se lia d’une grande amitié avec les frères Louis et Scévole de Sainte-Marthe durant ses études à Poitiers. Nommé vice-sénéchal de sa ville natale, il échappa de peu à la mort lors de la prise de Fontenay-le-Comte par les protestants en 1570 puis, nommé grand prévôt de la connétablie, servit Henri III avant d’embrasser le parti de Henri de Navarre, futur Henri IV. Il se démit de ses charges et se retira dans ses terres après la victoire de son camp. Son activité militaire ne l’empêcha nullement de se livrer à la poésie et il prit notamment une part importante à la Satire Ménipée, œuvre commune contre les ligueurs. C’est son ami Scévole de SainteMarthe qui se chargea, après la mort de Rapin en 1608, de rassembler ses œuvres pour les publier.

Elles parurent en 1610 chez Olivier de Varennes, en trois parties réunies sous le titre commun d’Œuvres latines et françoises et contiennent des satires, épîtres, odes, vers imités des auteurs latins ou des psaumes de la pénitence, ainsi que quelques morceaux de prose. Chacune des trois parties est à pagination et signatures séparées ; la seconde partie est précédée d’une page de titre intitulée Les Vers mesurez  ; la troisième partie n’a pas de titre. Le volume contient en outre des vers de SainteMarthe Pasquier Bouchet Callier et un tombeau de Rapin par divers poètes.

Le privilège est accordé à Pierre Chevalier et on trouve des exemplaires avec la page de titre à l’adresse de ce dernier.

La troisième partie de notre exemplaire présente des annotations marginales anciennes partiellement effacées aux cahiers e à g et au feuillet i4.

Vélin un peu sali, restaurations anciennes aux coins et à une coiffe, titre au dos en partie effacé, gardes renouvelées. Déchirure atteignant le texte sans manque à un feuillet (f. T3) et restauration aux feuillets A4 à F1.

Provenance :

Tobie-Gustave Herpin (ex-libris, I, 27-29 mai 1903, n° 253) et ex-libris M.B. non identifié.

400 - 600 €

438

[RECUEIL].

Nouveau recueil des plus beaux vers de ce temps.

Paris, Chez Toussaint du Bray, ruë sainct Iaques, aux Espics meurs, & en sa bouticque au Palais, en la gallerie des prisonniers, 1609. Petit in-8, maroquin bleu nuit, triple filet, dos à 5 nerfs orné aux petits fers, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Capé).

Barbier, III-511 // Brunet, IV-1167 // Lachèvre, 1597-1700, I-46.

(8 f.)-536 / a8, A-Z8, Aa-Kk8, Ll4 / 103 × 164 mm.

Première édition de cet important recueil de poésies.

C’est le premier recueil du XVIIe siècle dans lequel les pièces ont été réunies par auteur. Il contient 167 pièces dont 138 sont publiées pour la première fois. On y trouve des poésies de Bertaut Audiguier Du Perron d’Urfé, Malherbe, Rosset, Lingendes, Motin, La Picardière, Davity, L’Espine… D’après Barbier, ce recueil a été publié par Rosset. Le volume contient parfois 22 pages supplémentaires avec un poème d’Honoré d’Urfé qui ne sont pas présentes ici.

Bel exemplaire malgré un petit trou à 2 feuillets (H7 et Hh3), décharge du signet aux pages 202/203.

Provenance :

Amédée Berton (ex-libris, 6-10 décembre 1892, n° 856) et Gustave Mouravit (cachet sur le titre, I, 29 avril 1938, n° 271).

400 - 600 €

439

Pierre de RONSARD.

Le Bocage de P. de Ronsard vandomoys, dedié a P. de Paschal, du bas païs de Languedoc.

Paris, Chez la Veuve Maurice de la Porte, au cloz Bruneau, a l’enseigne sainct Claude, 27 novembre 1554

Petit in-8, veau blond, triple filet, dos à 5 nerfs orné de croisillons avec étoiles dorées, roulette intérieure, tranches dorées (Niédrée).

Barbier, MBP, II-14 // Brunet, IV-1380-1378 // Ducimetière, 6 // Tchemerzine-Scheler, V-423 // USTC, 14490.

(4 f.)-56 f. / A4, A-G8 / 99 × 158 mm.

Très rare édition en grande partie originale.

Les pièces qui composent ce recueil ne sont pas les mêmes que celles qui furent publiées sous le même titre, en 1550, à la fin des Quatre premiers livres des Odes

Ce recueil, en très grande partie original, contient 47 pièces inédites. Ce sont des épîtres, épitaphes, élégies, odes, odelettes, sonnets, etc. On y trouve, entre autres, une Fantaisie à sa Dame, l’épître autobiographique dédiée à Pierre de Pascal dans laquelle Ronsard se donne des origines danubiennes, plusieurs pièces dédiées à Remy Belleau, La Grenouille, Le Freslon, Le Fourmy, Le Papillon, des odelettes à Corydon, à sa maîtresse, à l’amour, à Joachim Du Bellay, ainsi que des odes à Michel Pierre de Mauleon, Jean Nicot, Jean de Pardaillan et Olivier de Magny.

Toutes ces poésies sont précédées du privilège du Roy qui occupe 3 feuillets liminaires (A2-A4), dans lequel il est indiqué que souvent les auteurs sont trahis par l’ignorance et la négligence des correcteurs et des imprimeurs, ce qui est un grand preiudice tant de bõnes lettres que de nostredite lãgue Frãçoise et que, pour remédier à ces défauts, Avons a icelluy Ronsard, enioinct & tresexpressément enioignõs, élire, choisir & commettre tel Imprimeur docte & dilig t qu’il verra & cognoistra estre suffisant pour fidelement imprimer ou faire imprimer les œuvres.

Le privilège, accordé à Ronsard, est suivi du transport du même privilège par l’auteur à la veuve de Maurice de La Porte.

Marque de libraire sur le titre (Renouard, n° 576) et portrait de Ronsard gravé sur bois au verso.

L’exemplaire a appartenu à Jules Lemaître dont le catalogue de vente indique une provenance Sainte-Beuve, provenance non certifiée, car ce volume ne figure pas dans les catalogues de vente de ce dernier en 1870. Quelques petits frottements et taches à la reliure et début de fente à un mors. Marge supérieure un peu courte et minimes traces anciennes d’encre à trois feuillets (E2, E3, F2).

Provenance :

Charles-Augustin Sainte-Beuve (?, d’après le catalogue Lemaître), Jules Lemaître (ex-libris, 18-23 juin 1917, n° 32) et trace d’ex-libris arraché sur une garde.

4 000 - 6 000 €

440

Pierre de RONSARD.

Chant de liesse au Roy.

Paris, André Wechel, 1559. Plaquette in-4, maroquin janséniste bleu nuit, dos à 2 nerfs avec le titre en long, filets intérieurs dorés, tranches dorées sur témoins (Riviere and Son).

Brunet, IV-1381 // Tchemerzine-Scheler, V-432. Manque à Barbier, MBP

(4 f.) / A4 / 166 × 217 mm.

Édition originale de cette pièce en 170 vers.

Ce Chant de liesse au Roy fut rédigé pour célébrer le traité du CateauCambrésis signé le 2 avril 1559 qui mettait fin aux guerres en Italie, instaurant la paix entre la France, l’Angleterre et l’Espagne.

Exemplaire relié par Riviere and Son, avec une grande marge latérale présentant des témoins.

Reliure légèrement voilée. Trace de mouillure ancienne à tous les feuillets avec peut-être restauration.

1 500 - 2 500 €

440, 441, 442

441

[Pierre de RONSARD].

Exhortation au Camp du Roy pour bien combatre le iour de la bataille.

Paris, André Wechel, 1558. Plaquette in-4, maroquin janséniste bleu nuit, dos à 2 nerfs avec le titre en long, filets intérieurs dorés, tranches dorées sur témoins (Riviere & Son).

Barbier, MBP, II-22 // Brunet, IV-1381 // Tchemerzine-Scheler, V-430a.

(4 f.) / A4 / 165 × 219 mm.

Édition originale de ce poème de 135 vers destiné à encourager les soldats français dans leur combat contre les Espagnols.

La France avait subi une défaite le 10 août 1557 à la bataille de SaintQuentin. L’avenir était déjà sombre quand Guise apprit que la flotte anglaise, forte de 125 navires, était en vue des côtes de Normandie. C’est alors qu’il concentra près d’Amiens, à Pierre-Pont, les troupes d’Henri II et de ses alliés… En face Philippe II (d’Espagne) et le duc de Savoie commandaient en personne. Ils pouvaient compter sur 35.000 hommes en pied et 14.000 cavaliers… Mais la bataille n’eut pas lieu [et] les deux rois signèrent le traité du Cateau-Cambrésis (Barbier-Muller).

Ronsard, dans son poème, cherche à stimuler l’ardeur des soldats, faisant d’eux des héros lorsqu’ils reviendront chez eux avec une blessure telle une plaie au ventre :

Là donc mourez plus tost d’un plõb ou dune lãce

Repoussez l’Espagnol des frontieres de France, Ouvrez vous par le fer le beau chemin des cieux…

Il existe deux états du poème à l’adresse de Paris, Wechel, avec ou sans le vers 134 : Veille rendre au combat vos forces animées (cf. le n° 444 du présent catalogue). L’exemplaire que nous présentons ne contient pas ce vers.

Bel exemplaire dans une sobre reliure de Riviere and Son. Reliure légèrement voilée.

1 500 - 2 500 €

442

Pierre de RONSARD.

La Paix. Au Roy.

Paris, André Wechel, 1559. Plaquette in-4, maroquin janséniste bleu nuit, dos à 2 nerfs avec le titre en long, filets intérieurs dorés, tranches dorées sur témoins (Riviere & Son).

Barbier, MBP, II-25 // Brunet, IV-1381 // Tchemerzine-Scheler, V-433.

(12 f.) / A-C4 / 161 × 219 mm.

Édition originale de cette pièce adressée au roi Henri II dans laquelle l’auteur le félicite et se réjouit de la paix retrouvée, même si cette paix fut signée au détriment de la France.

Le traité du Cateau-Cambrésis fut signé le 2 avril 1559 entre la France et l’Angleterre et le lendemain 3 avril entre la France et l’Espagne. Ce traité de paix, négocié par le cardinal de Lorraine et le connétable de Montmorency, mettait fin à la onzième guerre d’Italie dans laquelle étaient engagés Henri II, Elisabeth Ière d’Angleterre et Philippe II d’Espagne. La France y gagnait la paix, conservait Calais mais perdait la Savoie et évacuait le Montferrat, le Milanais, la Corse, Sienne, le Bugey et le Piémont.

Le traité prévoyait également le mariage de la sœur de Henri II, Marguerite de France, avec le duc de Savoie et celui de sa fille aînée, Élisabeth de France, avec le roi d’Espagne. On se réjouissait de cette fête et, pour célébrer cet évènement, on organisa un tournoi au cours duquel Henri II perdit la vie, mortellement blessé au visage par la lance du capitaine de sa garde écossaise, Gabriel de Montgomery.

Ce poème La Paix est suivi de deux pièces : La Bienvenue de Monseigneur le connestable, Au reverendissime Cardinal de Chastillon, son Nepveu (B4r-C2v) et l’Envoy des chevaliers aux dames, au tournay de Monseigneur le Duc de Lorreine (C3r-C4r).

Il existe deux tirages de cet opuscule. L’exemplaire que nous présentons est du second état, avec le privilège placé au verso du dernier feuillet. Une petite annotation ancienne à l’encre au bas du titre et dans une marge. Bel exemplaire malgré une tache au titre et le feuillet B1 un peu plus court dans l’angle inférieur dû à la taille initiale de la feuille.

2 000 - 3 000 €

443

Pierre de RONSARD.

Continuation des Amours de P. de Ronsard Vandomois.

Paris, pour Vincent Sertenas, libraire, tenant sa boutique au Palais, en la gallerie par ou lon va à la Chancellerie, 1557

Petit in-8, maroquin janséniste rouge, dos à 5 nerfs, frise intérieure dorée, tranches dorées, étui (R. Aussourd).

Barbier, MBP, II-20 // Brunet, IV-1379 // Ducimetière, 9 // TchemerzineScheler, V-426a // USTC, 75876.

176 / a-l8 / 92 × 155 mm.

Rare seconde édition de la Continuation des Amours et de la Nouvelle continuation, et première édition collective.

Dans la Continuation des Amours, Ronsard s’adresse à la jeune Marie dans un style plus simple et plus accessible que les vers qu’il composa dans les Amours pour sa précédente muse, Cassandre. Ici, l’érudition éclatante des premiers vers du poète laisse la place à la tendresse et à la chanson inspirée de Marot.

La Continuation des Amours parut pour la première fois en 1556 chez Vincent Certenas (sic) et connut immédiatement un grand succès. Elle fut très rapidement suivie, la même année, de la Nouvelle Continuation des Amours chez le même éditeur. Ces deux éditions originales sont extrêmement rares, en particulier la Nouvelle Continuation dont ne connaît plus qu’un exemplaire incomplet conservé à la bibliothèque de l’Arsenal ; quant à l’originale de la Continuation, on n’en connaîtrait que six exemplaires, dont l’un fut présenté dans la seconde partie de la bibliothèque Bourdel (II, 20 mars 2025, n° 270).

Le succès de ces deux recueils fut tel qu’il conduisit Vincent Sertenas à les réimprimer ensemble dès l’année suivante, en 1557, dans l’édition que nous présentons. La Continuation des Amours y occupe les pages 3 à 86, reproduisant fidèlement l’édition originale moins deux sonnets et une épigramme ; suivent trois Gayetés tirées du recueil des Folastries de 1553 (p. 86 à 106) ; enfin vient la réédition de la Nouvelle Continuation des Amours, de la page 106 à la fin, sans titre spécifique ou aucune indication qui le stipule et sans les cinq dernières pièces qui terminaient l’édition originale, dont trois par Ronsard, une par Belleau et une par N. Mallot.

Cette nouvelle édition, qui est donc une première édition collective des poèmes adressés à Marie, est à peine moins rare que les originales qui l’ont précédée. Nicolas Ducimetière, dans Mignonne, allons voir.., précise qu’on n’en connaîtrait que cinq exemplaires : celui de la collection Barbier-Muller, celui de la BnF, acquis en 1903, puis ceux des bibliothèques Ruble, Herpin et Fonteneau. L’exemplaire Herpin a ensuite fait partie des bibliothèques Fairfax Murray, Lindeboom et Heineman avant de rejoindre les collections de la Morgan Library. Restent, non localisables, les exemplaires Ruble et Fonteneau, auxquels s’ajoutent celui que nous présentons et un septième conservé à l’université de Leyde. On notera que dans l’exemplaire Barbier-Muller, le nom de Sertenas est orthographié Certenas sur le titre.

Exemplaire très lavé et court dans la marge supérieure, avec la marge inférieure du titre et de son feuillet conjoint a8 refaite pour les mettre à la taille du volume.

3 000 - 4 000 €

Pierre de RONSARD.

[Œuvres diverses]

Paris, André Wechel, 1555-1559. Ensemble 8 ouvrages dans un volume in-4, maroquin rouge, triple filet, dos à 5 nerfs orné à la fanfare, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Trautz-Bauzonnet).

Brunet, IV-1380-1381 // Tchemerzine-Scheler, V-426 à V-432 // 148 × 217 mm.

Très importante réunion de diverses pièces poétiques de Ronsard, toutes parues à Paris chez André Wechel, dont nous donnons le détail ci-dessous :

– Les Hymnes... A tresillustre et reverendissime, Odet, cardinal de Chastillon 1555. Brunet, IV-1380 // Tchemerzine-Scheler, V-426b. Manque à Barbier, MBP // 195 (mal chiffrée 185)-(2 f.) / A-Z4, Aa-Bb4 Édition originale.

– Le Second livre des Hymnes… A tresillustre princesse Madame Marguerite de France, seur unicque du Roy, & Duchesse de Berry 1556 Brunet, IV-1380 // Tchemerzine-Scheler, V-429b. Manque à Barbier, MBP // (4 f.)-103 / Aa-Oo4. Édition originale.

– Hymne de Bacus... avec la version latine de Jean Dorat 1555. Barbier, MBP, II-19 // Brunet, IV-1381 // Tchemerzine-Scheler, V-429a // 29-(1 f.) / aa-dd4. Première édition séparée. Cette pièce avait déjà paru dans les Meslanges de 1555.

– Exhortation au Camp du Roy pour bien combatre le iour de la bataille 1558. Barbier, MBP, II-22 // Brunet, IV-1381 // Tchemerzine-Scheler, V-430a // (4 f.) / A4. Édition originale. Exemplaire du tirage comportant le vers 134.

– Exhortatio ad milites Gallos, latinis versibus de gallicis expressa, a Io. Aurato Lemovice 1558. Brunet, IV-1381 // Tchemerzine-Scheler, V-430a Manque à Barbier, MBP // (4 f.) / A4. Édition originale de la traduction latine par Jean Dorat de l’Exhortation au Camp du Roy pour bien combatre le iour de la bataille.

– Exhortation pour la Paix 1558. Barbier, MBP, II-24 // Brunet, IV-1381 // Tchemerzine-Scheler, V-430b // (6 f.) / A4, B2. Édition originale.

– Ad pacem exhortatio latinis versibus de gallicis expressa a Francisco Thorio bellione. 1558. Brunet, IV-1381 // Tchemerzine-Scheler, V-430b. Manque à Barbier, MBP. // (8 f.) / A-B4. Edition originale de la traduction latine par François Thory de l’Exhortation pour la Paix.

– Chant pastoral sur les nopces de Monseigneur Charles duc de Lorraine, & Madame Claude Fille II. du Roy 1559. Brunet, IV-1381 // Tchemerzine-Scheler, V-432b Manque à Barbier, MBP // 20 / A-B4, C2 Édition originale.

Les Hymnes et le Second livre des Hymnes sont des pièces poétiques sur des sujets divers, Hymne du Roy, de la Justice, à la Fortune, du ciel, des astres, de l’or, de l’éternité… avec in fine une Epitre au cardinal Charles de Lorraine et une élégie à Chretophle de Choiseul, abbé de Mureaux ; l’Hymne de Bacus se comprend de lui-même ; les pièces militant pour la guerre ou la paix furent composées à l’occasion de la guerre entre Philippe II d’Espagne et le roi de France qui se termina par le traité du Cateau-Cambrésis (1559). La dernière pièce célèbre les noces de Charles III de Lorraine et de Claude de France, seconde fille de Henri II et de Catherine de Médicis.

Très belle et rare réunion d’œuvres de Pierre de Ronsard, l’ensemble réglé à l’encre rouge dans une élégante reliure de Trautz-Bauzonnet.

Provenance : Aimé-Joseph de Fleuriau (chiffre A. F. sur une garde, avec probable mention d’acquisition à la librairie Gougy en 1914).

15 000 - 20 000 €

445

Pierre de RONSARD.

Œuvres complètes. Tomes I, II, III

Paris, Gabriel Buon, 1560 4 parties (sur 5) en 3 volumes in-16, reliures anciennes dépareillées.

Barbier, MBP, II-28 // Tchemerzine-Scheler, V-474 et s.

Réunion composite des trois premiers volumes de la première édition collective des œuvres de Ronsard.

Cette édition est d’une extrême rareté et on compte les exemplaires complets ou presque complets sur les doigts d’une main.

Jean Bourdel possédait l’exemplaire De Backer que nous avons présenté dans la première partie de sa bibliothèque (I, 19 juin 1924, n° 118). On se reportera à la notice du catalogue quant au recensement des exemplaires complets.

Pour ce qui est de celui que nous présentons, nous l’avons déniché dispersé dans les rayons de la bibliothèque. Une annotation de libraire sur le contreplat du premier volume indique de manière claire que celuici fut acheté séparément des deux autres volumes. Il apparaît plus que certain que Jean Bourdel a cherché à constituer un exemplaire complet des quatre volumes, qu’il réussit à en réunir trois mais que les Parques interrompirent sa quête.

Si elles lui avaient laissé le loisir de compléter la série, il aurait sans nul doute fait restaurer et établir l’exemplaire. Nous le présentons tel quel en espérant qu’un amateur, peut-être déjà possesseur d’un tome IV, parvienne à constituer un exemplaire complet. C’eût été le souhait de Jean Bourdel et c’est aussi le nôtre.

Les trois volumes sont en reliures dépareillées avec les défauts que nous décrivons ci-dessous :

Tome I Premier & second livre des Amours. Demi-basane brune du XIXe siècle.

(11 f.)-140 f.-91 f.-(5 f.) / a8 (sans le f. a1), e8, a-r8, s4, A-M8

Dos passé. Manque le titre ; trou marginal à 2 feuillets (a2 et a3) ; mouillure angulaire aux 8 premiers feuillets (a2 à a8, e1) ; marge supérieure un peu courte avec atteinte à 7 feuillets (d5, f4, h5, r8, C6, D5, E4).

Tome II Les Odes. Veau brun, double encadrement de filets à froid avec fleuron central et fleurons d’angle dorés, dos à 4 nerfs orné d’un fleuron répété (Reliure de l’époque).

(8 f.)-249 f.-(1 f.) / ✽8, a-z8, A-H8, I2

Restaurations anciennes et charnières frottées. Titre et 2 derniers feuillets en fac-similé ; cahier b provenant d’un autre exemplaire ; trou de ver au cahier b et du feuillet h4 au feuillet H8 devenant petite galerie à partir du feuillet C2 ; manque angulaire à un feuillet (o6) ; mouillure angulaire du feuillet C4 au feuillet E8.

Tome III Les Poèmes. Veau brun, double encadrement de filets à froid avec fleuron central et fleurons d’angle dorés, dos à 4 nerfs avec fleuron doré répété (Reliure de l’époque).

222 f.-(2 f.) / A-Z8, Aa-Ee8

Restaurations anciennes. Titre doublé, inversion de 2 feuillets et un feuillet manuscrit ajouté ; tache à 2 feuillets (Cc4, Dd1) ; 3 feuillets réglés proviennent d’un autre exemplaire.

Malgré tous ces défauts, cet ensemble reste néanmoins précieux par sa rareté.

600 - 800 €

446

Pierre de RONSARD.

Les Œuvres de P. de Ronsard Gentilhomme Vandomois, rédigées en six tomes...

Paris, Gabriel Buon au cloz Bruneau à l’enseigne S. Claude, 1571 6 volumes petit in-8, vélin doré à recouvrements, un filet doré avec large fleuron ovale central, dos lisses ornés de roulettes dorées et de fleurettes répétées, mention Ronsard à l’encre au dos du premier volume, traces de lacets, tranches dorées (Reliure de l’époque pour les deux premiers volumes et postérieure pour les suivants).

Barbier, MBP, II-50 // Brunet, IV-1374 // Ducimetière, 16 // TchemerzineScheler, V-478.

I. 525-(1 f. blanc) / A-Z8, Aa-Kk8 // II. 496 / A-Z8, Aa-Hh8 // III. 472 (mal numérotées 3 à 32 puis 17 à 456)-39-30-(1 f. blanc) / A-Z8, Aa-Ff8, Gg4, a-b8, c4 ✽8 ✽ ✽ 8 // IV. 316-(2 f.) / A-V8 // V. 430-(1 f. blanc)-(4 f.)-80-(4 f. dont un blanc) / A-Z8, Aa-Dd8, ✽4, ã8, 8 , 8 , õ8, 8, ãã4 // VI. 155-(2 f. blanc) / A-K8 // 77 × 121 mm.

Troisième édition collective, très rare, contenant trente pièces inédites de Ronsard.

C’est à l’éditeur parisien Gabriel Buon que Ronsard confia l’édition collective de ses œuvres. Buon donna une première édition en 1560 (4 volumes in-16), puis une seconde collective en 1567 (6 tomes en 4 volumes in-4) qui présente de nombreuses variantes, corrections, ajouts ou retranchements par rapport à celle de 1560. En 1571, ce même éditeur publia la troisième édition collective, que nous présentons, très proche par son contenu de celle de 1567, mais augmentée de vers publiés en 1569 dans les Sixième et Septième livres des Poemes, et surtout dans un format in-8 bien plus maniable que le format in-4.

Le tome I contient les deux livres des Amours (avec page de titre spécifique pour le second livre des Amours, mais à signatures et pagination continues) ; le tome II contient les Odes  ; le tome III les Poèmes (que suivent in fine le Livre des Sonets et l’Abrégé de l’art poetique francoys, sans pages de titre mais à signatures et paginations séparées) ; le tome IV est occupé par les Hymnes ; le tome V contient les Élegies, eclogues et mascarades (Les Mascarades possédant une page de titre, des signatures et une pagination spécifiques) ; enfin le tome VI contient le Discours des misères de ce temps

Cette édition contient trente nouvelles pièces de Ronsard, toutes précisément listées par Jean-Paul Barbier-Muller dans Ma Bibliothèque poétique  : une dans le premier volume, sept dans le troisième et vingtdeux dans le cinquième qui contient en outre deux pièces inédites signées Amadis Jamyn

Comme dans les éditions collectives précédentes et la plupart de celles qui ont paru ensuite, seul le premier volume porte le titre d’Œuvres. Chaque volume est illustré du portrait de Ronsard gravé d’après Jean Cousin, et le premier volume contient également le portrait de Marc-Antoine de Muret, commentateur des Amours, d’après Cousin également.

Cette troisième édition est très difficile à trouver complète et encore plus rare à trouver en reliure homogène, car, ainsi que le souligne Brunet, tous les volumes se sont vendus séparément et à plus ou moins grand nombre. L’exemplaire que nous présentons est bien complet de tous les volumes et de tous les feuillets, y compris blancs, mais il a été constitué de volumes provenant d’au moins trois origines distinctes. Les deux premiers tomes sont en reliure d’époque ; ils portent sur les plats un fleuron central absolument similaire à celui que portait l’exemplaire Barbier-Muller, relié à l’époque en maroquin (cf. Mignonne, allons voir…, n° 16). Les quatre autres volumes ont été reliés postérieurement et sont frappés d’un fer reproduisant celui ornant les deux premiers. Les dos sont tous ornés de cinq roulettes dorées et de fleurettes répétées ; le premier volume présente un décalage dans la hauteur des roulettes. Les dorures des tranches présentent une légère différence de patine entre les tomes I-II-V et III-IV, le tome VI a les tranches ciselées et peintes. Enfin les tomes III, IV et VI portent plusieurs ex-libris ou marques de provenance, l’une de ces marques étant commune aux tomes III et IV. Les tomes III, IV et V sont réglés.

Il est impossible de déterminer à quelle époque cet exemplaire a été constitué tel qu’il est aujourd’hui, très probablement au XXe siècle ou peut-être au XIXe siècle. La réunion des six volumes a été très habilement faite, avec les quatre derniers tomes reliés à l’identique des deux premiers et l’exemplaire reste très séduisant.

L’état intérieur est très bon malgré d’inévitables petits défauts. T. I : infime galerie de ver marginale aux cahiers I et Hh, 2 déchirures dont l’une atteignant le texte (ff. Hh1 et Hh8) ; t. II : trou de ver aux cahiers A et B ; t. III : pâles mouillures marginales avec le texte affecté pour 4 feuillets (ff. Q8 et Bb4 à Bb6) ; t. IV : petite déchirure dans la marge supérieure des feuillets D6 à E1 et une petite tache d’encre (f. L8) ; t. V : petite restauration marginale au titre, petite déchirure à 2 feuillets (ff. Dd1 et 2) et minuscule trou de ver marginal du cahier T à la fin ; t. VI : titre partiellement dérelié et petites taches noires dans la marge supérieure au début du volume.

Provenance :

Plusieurs ex-libris anciens : au tome III, Deronyl, marque à l’encre et mention revendique sur le titre ; au tome IV, même marque à l’encre que dans le tome III, ici au verso du dernier feuillet et une ligne à l’encre à la fin de la table ; au tome VI, Delhermet répété trois fois dans le volume et daté 1729 au verso du titre.

10 000 - 15 000 €

Pierre de RONSARD.

Les Œuvres de P. de Ronsard Gentil-homme Vandomois. Redigees en sept tomes, Reveuës, & augmentees....

Paris, Gabriel Buon, 1578 7 tomes en 4 volumes petit in-8, vélin à recouvrements (Reliures de l’époque dépareillées).

Barbier, MBP, II-57 // Tchemerzine-Scheler, V-481.

I. 666-(11 f.) / A-Z8, Aa-Vv8 // II. 470-(5 f.) / A-Z8, Aa-Gg8 // III. 486 (mal numérotée 484)-(1 f.) / A-Z8, Aa-Gg8, Hh4 // IV. (1 f.)-2 à 16 f.-17 à 472(4 f. dont le dernier blanc) / ✽8, A-Z8, Aa-Gg8 // V. 292-(2 f. dont le dernier blanc) / A-S8, T4 // VI. 148-(2 f. dont le dernier blanc) / A-I8, K4 // VII. 107-(1 f.) / A-N8, O4

Exemplaire composite de la cinquième édition collective contenant 240 pièces inédites, avec tous les volumes en vélin de l’époque. Après avoir donné une première édition collective des Œuvres de Ronsard en 1560, l’éditeur parisien Gabriel Buon en donna successivement cinq autres du vivant de l’auteur, en 1567, 1571, 1572-1573, 1578 et 1584. Celle de 1578 que nous présentons ici a été, comme les autres, minutieusement préparée par Ronsard qui bâtit, de son vivant, une véritable œuvre littéraire en retravaillant, modifiant, enrichissant ses éditions successives. Dans celle-ci, il supprima plus de 80 pièces et en raccourcit quelques autres, il transféra certains poèmes d’une muse à une autre, montrant ainsi qu’il aimait moins ses maîtresses que sa poésie, et prouvant le caractère souvent littéraire de ses élans amoureux (Barbier-Muller). Il l’enrichit surtout de 240 pièces inédites dont, dans le tome I, les fameux sonnets à Hélène qui font partie des fleurons de la poésie française. Composés avant la mort de Charles IX en 1574, ils ne parurent pour la première fois qu’ici, en 1578.

Exemplaire composite mais complet et dont tous les volumes sont reliés en vélin de l’époque à recouvrements. Nous en donnons la description ci-dessous :

Premier volume. Tome I des deux livres des Amours. C’est le seul à porter le titre d’Œuvres, il est illustré des portraits de Ronsard et de Muret et contient 223 pièces inédites. 76 × 120 mm. Vélin ivoire à recouvrements, filet doré, fleuron central ovale doré, dos lisse orné de 5 roulettes et 4 fleurettes dorées, tranches dorées, traces de lacets.

Second volume. Tomes II (Odes) et III (deux livres des Poèmes), tous deux illustrés du portrait de Ronsard et contenant respectivement une et 5 pièces inédites. 77 × 120 mm. Vélin blanc à recouvrements, dos lisse muet, traces de lacets.

Troisième volume. Tome IV (Éloges, eclogues et mascarades), illustré du portrait de Ronsard et contenant 2 pièces inédites. 80 × 123 mm. Vélin ivoire à recouvrements anciennement doré, filet en encadrement et fleuron central losangé, dos lisse orné de filets et fleurettes avec la mention Ronsard à l’encre (partiellement effacée), tranches dorées, traces de lacets. Exemplaire réglé.

Quatrième volume. Tomes V (Hymnes), VI (Discours des misères de ce temps) et VII (Quatre premiers livres de la Franciade), avec le tome VI illustré du portrait de Ronsard et le tome VII illustré des portraits de Ronsard et de Charles IX, contenant respectivement 2, 5 et 2 pièces inédites. Seul le dernier volume, non tomé, porte un achevé d’imprimer au verso du dernier feuillet : A Paris, Par Charles Roger, 1578. 76 × 120 mm. Vélin ivoire doré à recouvrements filet doré, fleuron central doré portant le supra-libris Jean (premier plat) Thome (second plat), dos lisse orné de 4 roulettes et 3 fleurons dorés, tranches dorées, traces de lacets. Exemplaire réglé.

Cet exemplaire provient évidemment de quatre sources anciennes distinctes. Quant aux provenances, on y trouve, outre le supra-libris Jean Thome au quatrième volume, trois autres marques manuscrites ; dans le second volume, l’ex-libris D. Giacomo Caprile au contreplat et Di Nicolo Impercal (?) sur le titre du tome II, avec dans la marge du feuillet P4 la traduction en italien du mot « esbas » (spassi, piachi) ; sur le titre du tome IV, ex-libris Livre a f. Suare

L’exemplaire est beau intérieurement, malgré d’inévitables petits défauts : quelques taches de rouille et déchirures marginales, dont 2 avec manque atteignant légèrement le titre (t. II, f. Ff7 et t. VII, f. L1), trou de ver dans le tome II aux cahiers A à F et petites taches d’encre et mouillures. Défauts d’usage aux reliures.

2 000 - 3 000 €

Pierre de RONSARD.

Les Œuvres de Pierre de Ronsard Gentilhomme Vandosmois Prince des Poetes François, Reveues et augmentees et Illustrees de Commentaires et remarques.

Paris, Nicolas Buon, 1623.

Un tome en 2 volumes in-folio, veau havane, double filet et chiffre doré au centre des plats, dos à 6 nerfs ornés (Reliure de l’époque).

Brunet, IV-1376 // Cioranescu, 19314 // Guigard, II-387 // TchemerzineScheler, V-491.

(9 f.)-1 à 874-(1 f. blanc) / titre-875 à 1756 (marquée 1728 avec une pagination fantaisiste par page ou par folio)-(6 f.) // [ ]9, A-R6, S8, T10, V-Z6, Aa-Zz6, Aaa-Zzz6, AAaa-DDdd6 / EEee-ZZzz6, AAAaa-TTTtt6, VVVvv8 XXXxx-ZZZzz10, AAAaaa-BBBbbb8, CCCccc-ZZZzzz6, AAAaaaa-DDDdddd6, EEEeeee8

Quatorzième édition collective, donnée par Ph. Galland contenant quelques remarques de P. Marcassus et d’autres de Cl. Garnier

Cette édition, la plus complète que l’on puisse trouver à l’époque, contient plusieurs morceaux de prose qui ne figurent pas dans les autres.

Premier volume avec le titre gravé de l’édition de 1609 chez le même éditeur, signé L. Gaultier, en second état avec la chevelure de la déesse couvrant son sexe, et titre du second volume orné d’une grande marque carrée signée du même Gaultier et datée 1616

Un portrait de Muret gravé sur bois dans le texte et 12 portraits gravés sur cuivre dont un hors texte représentant Richelet (par Picquet, [ ]3), Ronsard et Cassandre (par Mellan, [ ]9), Henri II (p. 318), Charles IX (par de Leu, p. 592), Henri III (par de Leu, p. 680), François d’Anjou (p. 774), Henry de Lorraine duc de Guise (par Aubry, p. 842), Anne duc de Joyeuse (par de Leu, p. 878), Marie Stuart (par de Leu, p. 1170), Jean Louis de La Valette, duc Despernon (par de Leu, p. 1230), François II (p. 1286) et Catherine de Médicis (par de Leu, p. 1330).

Exemplaire portant sur les plats le chiffre entrelacé de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc

Conseiller au Parlement de Provence, avocat de Galilée, conseiller en art auprès de Catherine de Médicis, découvreur de la nébuleuse d’Orion…, ce savant érudit (1580-1637) fut surtout connu pour son immense savoir dans des domaines aussi divers que l’astronomie, l’histoire, la législation, la mathématique, la philosophie, les sciences physiques et sciences naturelles, les beaux-arts… En un mot le domaine entier du savoir humain fut exploré, parcouru et augmenté par lui (Guigard). Il voyagea dans toute l’Europe et entretint sa vie durant des relations épistolaires avec les grands esprits de son temps. Il avait formé une bibliothèque considérable qu’il renouvelait sans cesse, donnant volontiers à ses contemporains les ouvrages qu’il possédait.

Ses livres était proprement et sobrement reliés, souvent par son relieur habituel Guillaume Corberan, et le plus généralement orné au centre des plats d’un fer doré formé des initiales entrelacées de son nom, en lettres grecques. En dehors des ouvrages qu’il avait donnés à ses amis, sa bibliothèque fut conservée par son frère Valades. À la mort de ce dernier, leur neveu Claude de Rians en hérita et la dispersa. Une grande partie est conservée à la bibliothèque Méjanes à Aix-en-Provence et à la bibliothèque de Châlons-enChampagne.

Le volume porte sur le bas du titre gravé cette mention à l’encre Cez œuvres de Ronssard mont este donnees / par monsieur le conselier de Peirez a Aix / ce 22 decembre 1625 / Lortigue et, en pied du titre du second volume, la mention de la bibliothèque d’Annibal de Lortigue. Ce dernier, né à Apt en 1572 et mort en 1630, fut soldat avant de se consacrer à la poésie, avec un talent diversement apprécié : Viollet-le-Duc ne doute point qu’[il] ne fut un honnête homme, brave militaire et dévoué […], mais ce n’était certainement pas un poète (p. 382).

Nombreuses restaurations anciennes avec taches et macules. Importantes mouillures affectant l’ensemble du second volume.

Provenance :

Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (chiffre), Annibal de Lortigue (mention d’ex-dono et ex-libris manuscrit) et Marnet de Valcroissant (ex-libris).

400 - 600 €

449

Pierre de RONSARD.

Le Premier [Second et Troisième] livre du Recueil des nouvelles poesies de P. de Ronsard gentilhomme vandomois. Lesquelles n’ont encores esté par cy devant imprimées. Ensemble une épistre par laquelle succintement il respond a ses calomniateurs.

Paris, Pour Gabriel Buon, 1564. – [Les Quatre Saisons de l’An. Ibid., id., 1563]. 4 parties en un volume in-4, vélin à recouvrements, dos lisse avec passants sur les charnières, traces de lacets (Reliure de l’époque).

Barbier, MBP, II-43 // Ducimetière, 12 // Tchemerzine-Scheler, V-446 // USTC, 1292. Manque à Brunet.

10 f. / A-B4, C2 // 2 à 24 f.-21 à 42 f. (manque le premier feuillet) / A-D4, E8, F-K4, L2 // 38 f. (mal chiffré 39) / A-I4, K2 // 24 f. / A-F4 /// 165 × 218 mm.

Rarissime édition originale de ce recueil, proverbialement rare selon Barbier-Muller, inconnue à Brunet et à Tchemerzine. Elle est la seule à pagination séparée.

Barbier-Muller dans Ma Bibliothèque poétique fait une très longue et très précise description de l’exemplaire qu’il possédait. Le volume que nous présentons est en tout point identique au sien.

Nous en donnons ci-dessous une description plus sommaire en invitant les amateurs à se rapporter à l’ouvrage précité pour plus de précisions.

Ce recueil se compose de quatre plaquettes :

- Le Premier livre du Recueil des nouvelles poesies qui contient une Epistre au lecteur par laquelle succintement l’Autheur respond à ses calomniateurs (10 f.). C’est le dernier pamphlet de Ronsard contre les protestants, qu’il introduira dans son édition collective de 1567. Il y donne la liste des libelles protestants dirigés contre lui et y publie un sonnet attribuable à Florent Chrestien, S’armer du nom de Dieu & aucun n’en avoir qui est une violente attaque contre Théodore de Bèze, sonnet qu’il s’attribuera au tome IV de l’édition collective de 1578. Cette plaquette se termine par un Sonnet à Ysabeau de la tour, Damoiselle de Limeuil dans lequel il lui dédie son ouvrage.

- [Les Quatre saisons de l’an aveques une eglogue, une elegie, l’Adonis et l’Orphée par P. de Ronsard, Gentilhomme Vandomois. Paris, Gabriel Buon, 1563] Cette seconde plaquette de 45 feuillets devrait posséder un titre, ici absent (feuillet A1). Ce titre n’est connu qu’à un seul exemplaire, celui de la bibliothèque de Harvard Ainsi que l’expliquent Barbier-Muller et Ducimetière, il a dû être supprimé à l’époque par stratégie de libraire : la plaquette Les Quatre saisons ayant été imprimée vers l’été 1563 mais non commercialisée, Buon et Ronsard décidèrent de l’utiliser comme premier livre de ce recueil, en l’amputant de son titre originel et en la faisant précéder d’un nouveau titre et de neuf feuillets pour l’Epistre au lecteur par laquelle succintement l’Autheur respond a ses calomniateurs. Cette partie contient quatre hymnes pour les quatre saisons ainsi que des pièces énumérées sur le titre : Eglogue, Elegie…

- Le Second livre du Recueil des nouvelles (38 f.) dans lequel on trouve divers poèmes, des sonnets et élégies à H. Luillier, sur le départ de la royne d’Ecosse…, une églogue Daphnis et Thyrsis, une Chanson en faveur de Madamoiselle de Limeuil, une compleinte à la Royne mere du Roy…

- Le Troisieme livre du Recueil des nouvelles (24 f.) contenant également des sonnets et élégies à M. de Castelnau, à la Royne d’Ecosse, au Roy, à la Royne,… une Prosopopee de Francois de Lorraine et un Discours amoureux de Genevre où le poète conte sa première rencontre avec Genevre, lui se baignant dans la Seine, l’apercevant danser sur la rive et où :

Tout nud ie me vins mettre aveq’ta compagnie, Or dansant ie brulay dune ardeur infinie…

Cette édition a dû être imprimée en 1563 malgré la date de 1564 figurant sur le titre.

Elle n’est connue qu’à trois exemplaires : celui de la Houghton Library (anciennement Bancel, Bordes de Fortage et Lindenboom, relié en maroquin par Trautz-Bauzonnet) ; celui de Barbier-Muller, jadis relié en veau d’époque à la suite d’un des volumes de l’édition collective de 1567, séparé puis relié seul ; l’exemplaire Bourdel que nous présentons, relié en vélin de l’époque.

Tchemerzine n’avait pas connaissance de cette édition. Scheler en fait une minutieuse description, probablement d’après l’exemplaire Bourdel qu’il mentionne. Il recense trois exemplaires dont un à la BnF qui est en réalité un exemplaire de la seconde édition, à la même date mais avec des variantes.

Marque de Gabriel Buon sur les titres. Trois corrections manuscrites à l’encre : folio II-36, et pour en, folio IV-16 lèvre pour sœur et folio IV-17, ajout de l’article le

Vélin un peu taché avec deux petits trous au recouvrement, cordons manquants. Petite déchirure marginale à un feuillet (I, A3), pâle mouillure marginale à 4 feuillets (I, C1-C2 ; D1-D2) et une tache marginale à un feuillet (IV, E4).

Ce volume semble être le seul exemplaire complet subsistant en reliure d’époque et il est des plus précieux et des plus séduisants, malgré quelques défauts d’usage.

Provenance :

Havard (?, ex-libris manuscrit au premier contreplat).

5 000 - 7 000 €

Pierre de RONSARD.

Recueil des sonnets, odes, hymnes, elegies et autres pieces retranchees aux editions precedentes des œuvres de P. de Ronsard Gentil-homme Vandomois. Avec quelques autres non imprimés cy devant.

Paris, Barthelemy Macé, 1617. In-12, maroquin bleu nuit avec double filet à froid en encadrement, dos à 5 nerfs orné de même, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (H. Duru).

Brunet, IV-1376 // Tchemerzine-Scheler, V-490.

425-(3 f.)-12 / A-S12, ✽12 (avec erreur de foliotation aux cahiers O et R) / 74 × 138 mm.

Onzième tome de l’édition collective partagée entre Gabriel Buon et Barthelemy Macé contenant plusieurs pièces en édition originale.

Cette onzième partie ne porte pas de tomaison et peut servir à compléter les différentes éditions in-12 des œuvres (Tchemerzine).

Le volume se compose de 425 pages réunissant 105 sonnets, 6 chansons, 72 odes, 5 hymnes, 8 élégies, 10 mascarades, 19 poèmes, 8 épitaphes, 4 fragments, une épître, une préface, un avertissement et 3 pièces latines. Il s’achève par une table (3 f.) et par l’Abrégé de l’art poétique français (12 f.).

Parmi toutes ces poésies, on compte en édition originale 21 sonnets, 2 chansons, une ode, 8 poèmes, 7 épitaphes, 4 fragments, une préface, un avertissement et les 3 pièces latines.

Brunet indique que ce recueil avait déjà été imprimé en 1610, dans le même format et vendu séparément. Nous n’avons pas trouvé trace de cette édition qu’il semble être le seul à évoquer et qui ne figure pas dans d’autres bibliographies.

Couleur de la reliure inégalement passée sur les plats.

800 - 1 200 €

451

[Jean RUS].

Description poetique de l’Histoire du beau Narcissus.

Lyon, Balthazar Arnoullet, 1550

Guillaume GUÉROULT.

Le Premier livre des emblemes.

Ibid, id, 1550.

2 ouvrages en un volume petit in-8, veau havane, décor dans le genre Du Seuil avec double encadrement de filets à froid, sénestrochère doré au centre des plats et fleurons dorés aux angles, dos à 5 nerfs orné de fleurettes dorées répétées (Reliure de l’époque).

Adams, Rawles et Saunders, I-F280 // Barbier, I-908 // Baudrier, X-123 // Brunet, II-622, II-1791 et III-5 // Cioranescu, 20065 et 11206// De Backer, 261 // Rothschild, I-649.

39 / A-B8, C4 // 72 / A-D8, E4 // 103 × 154 mm.

Réunion de deux rares ouvrages publiés chez Balthazar Arnoullet en 1550. Le premier ouvrage est anonyme. Il a été faussement attribué par Barbier et par Brunet à François Habert, poète français dont nous présentons plusieurs œuvres dans le présent catalogue (cf. les nos 402 et 403).

L’erreur initiale provient de Du Verdier qui avait attribué ce texte à Habert parce que ce dernier avait traduit dans sa jeunesse une Fable du beau Narcissus, amoureulx de sa beaute

Cette erreur fut ensuite reprise par Brunet comme c’est souvent le cas en matière bibliographique où les auteurs se copient les uns les autres, répétant parfois une inexactitude qu’un prédécesseur a commise.

C’est Émile Picot qui, dans une savante notice au numéro 649 du catalogue Rothschild, rétablit la vérité en accordant la paternité du volume au poète bordelais Jean Rus ou Ruz. Cette longue notice est en partie reprise par De Backer au n° 261 de son catalogue qui précise que les deux textes n’ont rien à voir entre eux et que celui que nous présentons, beaucoup plus étendu, est dû à Jean Rus, poète bordelais dont on trouve le nom inscrit par un lecteur du temps sur le titre de l’exemplaire de la bibliothèque de l’Arsenal : - De Jean Ruz Bourdel[ois] (Picot).

On ne sait rien ou presque rien de Jean Rus, si ce n’est qu’il vivait dans la première moitié du XVIe siècle dans la région de Bordeaux, qu’il aurait obtenu, aux Jeux Floraux de Toulouse, le prix Souci en 1540 et le prix Violette en 1542 et que ses Œuvres dictées furent publiées vers 1540, édition dont il ne subsiste qu’un seul exemplaire à la bibliothèque de Toulouse. Ce poète, s’il reste très peu connu, n’est pas pour autant dénué de talent et ses vers sont des plus agréables à lire.

Le second ouvrage est dû à Guillaume Guéroult dont nous avons donné la notice biographique dans le catalogue de la seconde partie de la bibliothèque Bourdel (II, 20 mars 2025, n° 307). Converti à la Réforme mais opposé à la rigueur morale imposée par Calvin et menant une vie dissipée, cet ancien étudiant en médecine rouennais fut chassé de Genève et trouva refuge à Lyon où il rédigea des poésies et composa des livres d’emblèmes.

Celui que nous présentons porte la marque de Balthazar Arnoullet sur le titre et contient 28 figures gravées sur bois dans le texte (en réalité 25 dont 3 répétées une fois). Ces figures sont attribuées à Bernard Salomon dit Le Petit Bernard

Impression en caractères italiques pour les deux volumes avec marque de l’imprimeur sur les deux titres (Baudrier, X-III, M.6).

Intéressante réunion de deux rares ouvrages lyonnais.

Dos anciennement refait et gardes renouvelées.

1 500 - 2 500 €

452

Mellin de SAINT-GELAIS. Œuvres poëtiques.

Lyon, Antoine de Harsy, 1574.

In-8, maroquin rouge, triple filet, dos à 5 nerfs finement orné, doublure de maroquin rouge avec roulette dorée en encadrement, tranches dorées sur marbrure (Reliure vers 1700).

Brunet, V-46 // Cioranescu, 20197 // De Backer, 303 // Gültlingen, XV, p. 220, n° 10 // Rothschild, I-630 // Tchemerzine-Scheler, V-608.

(8 f.)-253-(1 f. blanc) / †8, a-q8 / 98 × 158 mm.

Seconde édition, plus complète et en grande partie originale. Mellin de Saint-Gelais naquit à Angoulême vers 1491, de parents inconnus. Peut-être fils ou neveu d’Octovien de Saint-Gelais, évêque d’Angoulême et poète lui-même, il reçut en tout cas une éducation soignée et se rendit à Padoue, en Italie, pour y étudier le droit. Il semble qu’il s’y consacra plus à l’étude de la philosophie et de l’astrologie, ainsi qu’à la lecture des auteurs tels Boccace et l’Arioste. À son retour en France, Saint-Gelais rejoignit la cour de François Ier et, malgré l’état religieux qu’il avait embrassé, en devint l’un des ornements mondains et spirituels. Outre diverses attributions ecclésiastiques, il fut nommé aumônier du dauphin François, puis conserva ce titre auprès de Henri II. Il fut chargé de la bibliothèque royale du château de Blois, avant d’en superviser le déménagement au château de Fontainebleau en 1544 et d’être nommé « maître et garde » de cette bibliothèque. À partir de 1550, une violente querelle littéraire l’opposa à Ronsard et à la jeune garde de la nouvelle génération de poètes : la Pléiade. Mellin de SaintGelais mourut en 1558, auréolé de la gloire du chantre qui fit palpiter le cœur des nobles dames du XVIe siècle (Larousse).

De son vivant, Saint-Gelais ne se préoccupa pas, ou très peu, de la diffusion de ses œuvres. Une édition parut en 1547, à Lyon chez Pierre de Tours, mais il semble qu’elle ait été presque entièrement détruite par son auteur, ce qui est probable car elle contenait notamment seize pièces susceptibles d’attirer des ennuis à Saint-Gelais, que ces pièces fassent allusion aux querelles théologiques du temps ou aux amours de Henri II et Diane de Poitiers. On n’en connaît aujourd’hui plus que deux exemplaires, conservés à la BnF. Cette première édition est tellement rare que la seconde, que nous présentons, a souvent été considérée comme l’originale. Publiée également à Lyon, chez Antoine de Harsy, elle parut en 1574, soit plus de quinze ans après la mort de l’auteur et près de trente ans après l’originale. Elle est imprimée en caractères italiques, peut-être par Jean II de Tournes, et porte sur le titre la marque de Jean Frellon, dont Harsy était le gendre et successeur. Elle ne contient plus les seize pièces évoquées plus haut, mais elle en contient un grand nombre d’autres qui n’avaient jamais été recueillies (Picot). Une autre édition existe à la même date, chez le même éditeur, avec une collation différente.

Cet exemplaire, cité par Tchemerzine, porte trois marques de provenances anciennes à l’encre : Sorel et le chiffre B.A.S. (?) encadré de fermesses sur le titre, ainsi qu'un ex-libris daté 1736 gratté sur une garde. Il provient de la bibliothèque d’Hector De Backer, dans le catalogue duquel la reliure est décrite comme des premières années du XVIIIe siècle, dans le genre de celles attribuées à Boyet

Provenance : Sorel (ex-libris manuscrit), B.A.S. (chiffre manuscrit non identifié) et Hector De Backer (ex-libris, I, 17-20 février 1926, n° 303).

1 500 - 2 500 €

453

[Hugues SALEL, Olivier de MAGNY, Jacques PELLETIER, Pierre de RONSARD…].

Les Iliades d’Homere prince des poetes, traduict de Grec en vers Françoys, par M. Hugues Salel, Abbé de S. Cheron, Et l’un des grands Maistres de l’Hostel du Roy. L’Augmentation outre les precedentes impressions, L’umbre dudict Salel, par Olivier de Magny. Avec le Premier, & Second, de l’Odissee d’Homere, par Iaques Peletier du Mans. Autres poésies par P. de Ronsard Gentil-homme. Et par autres poëtes de ce temps, à l’imitation dudit Homere.

Paris, Claude Gautier, 1570.

2 parties en un volume in-8, maroquin rouge, triple filet à froid sur les plats, dos à 5 nerfs orné de filets à froid et d’un fleuron doré répété, filets intérieurs à froid, tranches dorées (A. Lobstein).

Brunet, III-290 // Tchemerzine-Scheler, IV-264 et V-153.

(8 f.)-216 f. (mal chiffrés 8 à 221 avec erreurs de pagination) / A-Z8, Aa-Ee8 // 29 f.-(3 f. dont le dernier blanc) / A-D8 // 95 × 156 mm.

Rare édition en partie originale.

L’ouvrage se compose de deux parties.

La première est une nouvelle édition de la traduction par Hugues Salel des onze premiers livres de L’Iliade d’Homère qui avaient paru pour la première fois à Lyon et à Paris entre 1542 et 1555. Elle est augmentée de la traduction par le même du douzième livre et du début du treizième avec une présentation par Olivier de Magny. On y a également ajouté onze pièces en vers rendant hommage à Salel dont quatre par Olivier de Magny, deux par François Charbonnier, les autres par Ronsard Jodelle Tahureau

La seconde partie est entièrement de la main de Jacques Pelletier du Mans et contient quatre pièces en vers dont deux épîtres au Roy et la traduction des deux premiers livres de L’Odyssée d’Homère. Elle comporte un titre propre et est à pagination et signatures séparées. Bel exemplaire très bien établi par Alain Lobstein.

Restauration au titre et à 2 feuillets avec petites pertes de texte (I, ff. 111 et 112) ; marge supérieure un peu courte et un feuillet un peu court dans la marge latérale (I, f. 9). Fantômes d’encre aux 3 premiers feuillets, aux feuillets 9 à 11 de la première partie et aux feuillets 26 et dernier de la seconde partie.

1 500 - 2 500 €

Jacques TAHUREAU.

Les Dialogues de Iaques Tahureau. Gentilhomme du Mans. Non moins profitables que facetieus. Ou les vices d’un chacun sont repris fort aprement, pour nous animer d’avantage à les fuir, & suivre la vertu…

Paris, Gabriel Buon, 1572 In-16, maroquin bleu canard avec fleuron central ovale à fond doré et petites fleurettes aux angles, dos à 5 nerfs orné de petites fleurettes, dentelle intérieure, tranches dorées (Bernadac).

Brunet, V-644 // Tchemerzine-Scheler, V-842d.

(11 f.)-210 f.-(3 f.) / A-Z8, AA-EE8 / 74 × 106 mm.

Sixième édition.

Né au Mans en 1527, Jacques Tahureau cultiva de bonne heure les lettres, puis embrassa la carrière des armes. Après deux campagnes contre Charles Quint, il se rendit à Paris où il fréquenta les poètes de son temps, Jodelle, Du Bellay, Saint-Gelais, etc. et s’adonna lui-même à la poésie, obtenant de brillants succès parmi les beaux esprits. Il mourut très jeune, en 1555, à l’âge de 27 ans, laissant divers poèmes et des Dialogues non moins profitables que facétieux, dans lesquels il se moque avec gaité de plusieurs certitudes de son temps. L’auteur s’y élève contre des croyances et des préjugés populaires, le charlatanisme des médecins, la rapacité des gens de loi, les subtilités théologiques, etc.

Publiés chez Gabriel Buon pour la première fois en 1565, les Dialogues connurent un grand succès et furent douze fois réimprimés entre 1566 et 1602. L’édition que nous présentons, chez Buon en 1572, est la sixième édition et la cinquième chez cet éditeur.

Joli exemplaire relié par Bernadac, qui exerça à Paris dans le dernier tiers du XIXe siècle.

Dos passé et minimes frottements aux coiffes et aux coins. Titre sali avec taches et marge supérieure restaurée, une déchirure sans manque (f. B3), un petit trou angulaire (f. C2), une restauration angulaire (f. I1) et quelques feuillets avec de petites taches d’encre (I8v, R8v, S8v, DD8v), trace d’ex-libris arraché au premier contreplat.

Provenance :

Ex-libris A.P. non identifié.

800 - 1 200 €

Jacques TAHUREAU.

Les Premières Poësies de Iaques Tahureau, dediées a Monseigneur le Reverendiβime Cardinal de Guise. –Sonnetz, odes, et mignardises amoureuses de l’Admiree, par le mesme Autheur.

Poitiers, Chez les de Marnefz & Bouchetz, freres, 1554 2 parties en un volume in-8, maroquin rouge, triple filet, dos à 5 nerfs orné de fleurons dorés, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Bauzonnet-Trautz).

Brunet, V-643 // Cioranescu, 20963 et 20964 // De Backer, 298 // Rothschild, I-702 // Tchemerzine-Scheler, V-839 // USTC, 20677 et 27432 // Viollet-le-Duc, 210.

(84 f.) / A-K8, L4 // (84 f.) / a-k8, l4 // 104 × 158 mm.

Édition originale, très rare.

Jacques Tahureau (1527-1555), poète né au Mans, eut une brève carrière militaire avant de fréquenter les cercles littéraires parmi lesquels il connut de brillants succès. Il mourut très jeune, à 27 ans, peu après la publication de ses Premières poésies

Les Premières poésies de Tahureau sont constituées de deux parties non paginées précédées chacune d’un titre individuel, et à signatures séparées. La première partie, dédiée au cardinal de Guise, contient des odes et épigrammes adressées au roi, à la reine Marguerite, à plusieurs grands personnages de la cour et à divers poètes du temps. La seconde partie rassemble des sonnets et mignardises adressés à une muse anonyme surnommée L’Admirée, que Prosper Blanchemain identifia par la suite comme une demoiselle de Genne, sœur de Francine, muse de Baïf. Viollet-le-Duc loua les poésies amoureuses ou saphiques de Tahureau, genre où [il] se montra véritablement supérieur

Dans son Tableau de la poésie française au XVIe siècle, Sainte-Beuve ne se priva pas non plus d’apprécier le talent de Tahureau : lequel, entre nos poètes érotiques, a jamais rendu la chaleur âpre et le désir cuisant en traits plus saisissants que Jacques Tahureau ?

Édition imprimée en grands caractères italiques, publiée à Poitiers par les frères Jean et Enguilbert de Marnef et Jacques et Guillaume Bouchet en 1554. Le privilège, accordé en 1547 aux Marnef, conduisit certains bibliographes à émettre l’hypothèse d’une édition antérieure à celle de 1554, mais rien ne vient étayer cette supposition. L’édition de 1554 est très rare et certains exemplaires contiennent pour la première partie un nouveau titre émis en 1564. Brunet mentionne un titre à l’adresse de Paris, 1554, chez les mêmes éditeurs, mais peut-être est-ce une erreur et Tchemerzine précise n’en avoir jamais vu.

Cet exemplaire, cité par Tchemerzine, provient de la bibliothèque Lignerolles, puis a figuré dans le Bulletin Morgand (n° 44, mai 1898, n° 33286), dans lequel il est décrit comme d’une rareté extrême. Il fit ensuite partie de la collection d’Hector De Backer.

Très bel exemplaire malgré le bas du titre refait et une restauration marginale à un feuillet (f. K8) ; légers frottements au mors supérieur.

Provenance :

Comte Raoul de Lignerolles (II, 5-16 mars 1894, n° 967) et Hector De Backer (I, 17-20 février 1926, n° 298).

1 500 - 2 500 €

456

Jacques TAHUREAU.

Les Poesies de Iacques Tahureau. Du Mans. Mises toutes ensemble & dediees au Reverendiβime Cardinal de Guyse.

Paris, pour Robert le Mangnier, rue neufve nostre Dame à l’image S. Jehan Baptiste & en sa boutique au Pallais en la gallerie par où on va à la Chancellerie, 1574

In-8, maroquin rouge orné sur les plats d’un médaillon central doré formé de deux branches foliacées, dos à 5 nerfs orné de roses dorées, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Trautz-Bauzonnet).

Brunet, V-644 // Tchemerzine-Scheler, V-844 // Viollet-le-Duc, 210.

(8 f.)-136 f. / A-S8 / 99 × 165 mm.

Nouvelle édition des Poésies contenant cinq pièces supplémentaires.

Les Premières poésies de Jacques Tahureau (1527-1555), poète né au Mans et mort âgé d’à peine 27 ans, parurent à Poitiers en 1554 (cf. le n° 455 du présent catalogue).

Cette nouvelle édition, Les Poésies, se divise en deux parties à pagination suivie. La première contient des odes et épigrammes à divers personnages de la cour et poètes et la seconde partie des mignardises et des baisers, petites pièces amoureuses légères adressées à L’Admiree, muse anonyme qui pourrait être la sœur de Francine de Genne, muse de Baïf.

Pour Viollet-le-Duc, grand admirateur de Tahureau, ce dernier excelle [dans] ces petites pièces où toute la grâce et la fleur de l’antiquité se font sentir […] Comme la langue, toujours incertaine dans sa naïveté, prête déjà au poëte ses mille fantaisies et sa grâce élégante !

Ces deux parties furent imprimées séparément en 1574 à Lyon, puis à nouveau réunies dans l’édition que nous proposons, à Paris chez Robert Le Mangnier en 1574, augmentées de cinq pièces inédites à la fin. L’édition fut partagée avec cinq autres libraires parisiens : Chesneau, Buon, Ruelle, Sonnius et L’Angelier. Elle est imprimée en caractères italiques.

Bel exemplaire réglé, relié par Trautz-Bauzonnet, provenant de la bibliothèque Lignerolles. Deux lignes à l’encre ont été anciennement ajoutées à un feuillet de table (f. A6).

Petit défaut d’impression dû à une pliure de la feuille au feuillet L8v.

Provenance :

Comte Raoul de Lignerolles (II, 5-16 mars 1894, n° 969).

1 500 - 2 500 €

457

Claude de TAILLEMONT.

La Tricarite. Plus Qelq s chants, an faveur de pluzieurs Damoêzell s : Par C. De Taillemont Lyonoes.

Lyon, Jean Temporal, 1556 In-8, maroquin poli brique, reliure aux écussons avec décor à la Du Seuil sur les plats, sur le premier supra-libris Ex museaeo Caroli Nodier et sur le second la marque du relieur Ex opificina Jos. Thouvenin, dos lisse orné en long, filets intérieurs, tranches dorées (Jos. Thouvenin).

Baudrier, IV-388 // Brunet, V-644 // Cioranescu, 20987 // Nodier, 401 // Viollet-le-Duc, 211.

152 / a-i8, k4 / 101 × 161 mm.

Édition originale très rare et plus difficile à rencontrer que celle du Discours des champs du même auteur.

On sait très peu de choses de Claude de Taillemont (1504 ?-1558 ?) littérateur et poète français né à Lyon. Ami de Maurice Scève, il participa à l’organisation des belles fêtes de réception que sa ville natale donna en l’honneur de Henri II et de Catherine de Médicis en 1548. Il semble qu’il quitta Lyon au moment des troubles qui agitèrent cette ville quelque temps plus tard sans qu’on en sache plus sur sa destinée.

Fréquentant le groupe des poètes constituant l’école lyonnaise et dont Maurice Scève fut le maître, il est fort probable qu’il côtoya également Jacques Pelletier du Mans lorsque ce dernier séjourna à Lyon. En témoignent les nouvelles règles orthographiques basées sur la phonétique que tous deux défendirent ardemment et qu’ils avaient adoptées parfois pour l’impression de leurs ouvrages.

Claude de Taillemont ne publia que deux œuvres, toutes deux très rares. Un ouvrage en prose, le Discours des champs à Lyon chez Michel Du Bois en 1553 et un recueil de poésie, La Tricarité, toujours à Lyon, chez Jean Temporal en 1556. Seul ce dernier est imprimé avec ce nouveau système orthographique qui semble très proche de celui qu’utilisa Pelletier (cf. les n° 432, 433 et 435 du présent catalogue).

Nodier rédigea, dans sa Description raisonnée d’une jolie collection de livres (1844), une longue notice sur ce volume qui lui appartint. Il ne voit dans ces essais orthographiques que de ridicules tentatives qui auraient débouché sur autant de systèmes d’écriture qu’il y a de prononciations diverses. Le seul point bénéfique qu’il y trouve est que ces volumes sont des témoignages de la prononciation française de l’époque.

La Tricarité est un poème allégorique dans lequel Taillemont cherche à décrire les perfections morales et physiques de Tricarité. Ce poème, précédé d’un portrait de femme gravé sur bois légendé Tricarité, occupe les pages 23 à 73. Le reste du volume contient diverses autres poésies.

Premier plat détaché, brûlure en bas du dos débordant un peu sur les plats. Petite tache de rouille à un feuillet, mouillure dans le coin inférieur de plusieurs feuillets, petit manque angulaire dû à la taille initiale de la feuille.

Provenance :

Charles Nodier (supra-libris, 27 avril-11 mai 1844, n° 401), Nicolas Yemeniz (ex-libris, 9-31 mai 1867, n° 1828), Joseph Renard (ex-libris, 21-30 mars 1881, n° 585), Robert Hoe (ex-libris, II, 15-19 janvier 1912, n° 3192), Cortland F. Bishop (ex-libris, III, 14-15 novembre 1938, n° 2191) et Daniel Sickles (ex-libris).

600 - 800 €

Claude de TRELLON.

Les Œuvres poetiques du sieur de Trellon Nouvellement reveües & corrigées.

Lyon, Claude Michel, 1594 In-12, vélin ivoire, dos lisse avec le titre à l’encre (Reliure de l’époque). Brunet, V-933 // Cioranescu, 21340 // Graesse, VI-193.

600-(12 f., les 3 derniers blancs manquant ici) / A-Z12, Aa-Cc12 / 84 × 130 mm.

Édition en partie originale.

On ne sait quasiment rien de Claude de Trellon, poète français du XVIe siècle qui naquit peut-être à Angoulême. Il suivit la carrière des armes, servit notamment sous les ordres d’Anne de Joyeuse et fut ligueur pendant les guerres de religion. Il mourut probablement au début du XVIIe siècle.

Ses Œuvres poétiques, publiées à Lyon chez Claude Michel en 1594, réunissent La Muse guerrière, déjà parue à Paris en 1587, et La Flamme d’amour, parue à Lyon en 1592 et dont le second livre est ici en édition originale. Certaines pièces comme L’Histoire de Lenocrite et de l’amant fortuné sont en prose et cette édition contient également des pièces légères composées dans la jeunesse de l’auteur et dont il se repentit vraisemblablement puisqu’elles ne figurent plus dans les éditions suivantes.

Exemplaire en vélin de l’époque portant une note au verso du titre : Claude de Trellon vécut dans le 16eme siècle. Ses vers souvent bien tournés mais d’ordinaire peu poignants sentent toujours le guerrier […]. Au reste le talent de Trellon fut assez précoce car il avait fait une partie de ses vers amoureux à 14 ans…

Il manque à notre exemplaire les feuillets R2 et R3 situés au début du second livre de la Flamme d’amour, sans que cela semble correspondre à un manque de texte, peut-être deux feuillets de dédicace.

Vélin taché. Exemplaire court dans la marge supérieure, tache en pied des feuillets I5 et I6 et mouillure atteignant le texte aux cahiers V, Y et Z.

Provenance :

G.R. père (?, cachet sur le titre).

200 - 300 €

459

Claude TURRIN.

Les Œuvres poetiques de Claude Turrin diionnois, Divisé en six livres. Les deux premiers sont d’Elegies amoureuses, & les autres de Sonets, Chansons, Eclogues, & Odes.

A sa maistresse.

Paris, Jean de Bordeaux, au clos Bruneau, à l’enseigne de l’Occasion, 1572 In-8, maroquin rouge avec médaillon central doré ovale formé de branches de laurier s’entrecroisant et de petits papillons, fleur dorée au centre, dos à 5 nerfs orné d’une fleur dorée répétée, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Trautz-Bauzonnet).

Brunet, V-987 // Cioranescu, 21451 // De Backer, 337 // Rothschild, I-741 // USTC, 5231.

(8 f.)-96 f. / ✽8, A-M8 / 100 × 163 mm.

Édition originale posthume.

Poète dijonnais né vers 1530, Claude Turrin, dont on ignore presque tout, est mort entre 1566, date de l’épître à sa muse Chrétienne de Saillant, et 1572 puisque l’avis de l’imprimeur au lecteur, au dernier feuillet, nous apprend que le volume n’a vu le jour que grâce à Maurice Privey et François d’Amboise : Sans l’un la copie de ce livre presque ensevely souz silence ne fut pas tõbée entre nos mains, sans l’autre qui y a recorrigé avant l’impression plusieurs choses […] car l’autheur prevenu de la mort avoit laissé quelques bubes parmy le beau corps de ce livre.

Ce recueil est la seule trace qu’on ait des vers de Turrin. Il est divisé en six livres, composés d’élégies amoureuses, de sonnets, de chansons, églogues et odes dédiées à Chrétienne de Saillant.

L’ouvrage parut à Paris chez Jean de Bordeaux en 1572, imprimé en italiques et orné sur le titre de la marque de l’éditeur, et au verso du portrait, assez sévère, de l’inspiratrice des vers, gravé sur bois et encadré d’une légende en grec. Le verso du privilège est orné d’un très beau fleuron gravé sur bois.

L’exemplaire que nous présentons, joliment relié par TrautzBauzonnet, provient des bibliothèques Bancel et Hoe dont il porte les ex-libris. D’après le catalogue Bancel, il proviendrait également de la bibliothèque de Henri Bordes, mais l’exemplaire répertorié chez ce bibliophile en 1872 était relié en maroquin bleu signé Bauzonnet-Trautz et n’est donc pas le même, à moins qu’il n’ait fait l’objet d’une nouvelle reliure par Trautz entre 1872, date du catalogue Bordes, et 1879, date de la mort du relieur, ce qui est peu probable.

Très bel exemplaire de cet ouvrage rare.

Provenance :

Henri Bordes (?, d’après le catalogue Bancel), Étienne-Marie Bancel (ex-libris, 8-13 mai 1882, n° 295) et Robert Hoe (ex-libris, I, 24 avril-5 mai 1911, n° 3280).

2 000 - 3 000 €

Ouvrages en prose

Lots 460 à 488

Théodore Agrippa d’AUBIGNÉ.

L’histoire universelle du sieur d’Aubigné. Première partie, qui s’estend de la paix entre tous les princes chrestiens, et de l’an 1550. Iusques à la pacification des troisiesmes guerres en l’an 1570. Dediee a la posterite. – Tome second… – Tome troisiesme. Qui de la desroute d’Angers desduit les affaires de France et les estrangeres connues, jusques à la fin du siecle belliqueux : Et puis par un appendix separé descrit la desplorable mort d’Henri Le Grand.

Maille, Jean Moussat, Imprimeur ordinaire dudit Sieur, 1616-1620 3 volumes in-folio, veau blond, triple filet, dos à 6 nerfs ornés, roulette intérieure, tranches dorées (Reliure du XVIIIe siècle).

Brunet, I-545 // De Backer, 595 // Tchemerzine-Scheler, I-163.

I. 365-(14 f., le dernier blanc) / 6, A-Z6, Aa-Ii6 // II. 485 (mal chiffrée 489 sans 105-106 et 107-108)-(7 f.) / A-Z6, Aa-Ss6, T4 // III. 549-(7 f.) / A-Z6 Aa-Zz6, Aaa6 /// 203 × 314 mm.

Édition originale très rare de cet ouvrage condamné et brûlé par arrêt du Parlement.

Nous avons déjà donné au n° 379 du présent catalogue la biographie d’Agrippa d’Aubigné (1552-1630), lettré très érudit dans les langues anciennes, irréductible calviniste qui s’engagea aux côtés du prince de Condé, puis du roi de Navarre, et ne laissa tomber son épée que lorsque Henri IV monta sur le trône de France. Sa carrière militaire lui laissait quelques loisirs qu’il passait à composer des poésies, ballets, romans ou ouvrages historiques.

Son Histoire universelle, écrite avec beaucoup de liberté, s’étend de 1550 à 1610. Sa véracité est mise en doute par Brunet du fait des préventions d’Aubigné contre les catholiques et son penchant bien connu pour la satire, mais il faut plutôt la considérer comme une relation historique contenant un grand nombre de faits dont l’auteur a été le témoin et qu’il relate avec beaucoup de fidélité. En témoigne la sentence du lieutenant civil prononcée le 2 janvier 1620 qui condamnait l’ouvrage à être brûlé par la main du bourreau comme contenant plusieurs choses qui sont contre l’État et l’honneur des rois Charles IX, Henri III et Henri IV, des reines, princes et autres seigneurs du royaume. La sentence fut exécutée et seuls quelques exemplaires échappèrent au feu. Nombreux bandeaux et lettrines gravés sur bois. Marque de Jean Moussat qu’il tenait de son maître l’imprimeur rochelais Barthélemy Berton à la fin des deux premiers volumes et au feuillet I5 du troisième volume. Il faut enfin signaler le modernisme de cet imprimeur qui distingue ici, dans l’impression qu’il a faite, les i et les j ainsi que les u et les v

L’exemplaire que nous présentons est dans une très bonne condition générale. La reliure du XVIIIe siècle a quelques défauts d’usage sans gravité, frottements ou petits manques aux coiffes et sur les coupes inférieures. Quelques feuillets sont roussis ou tachés. D’autres feuillets ont des réparations marginales (tome I : X1, Aa3, Bb6, Gg2 / tome III : Q5, R4, Aa4). L’ensemble reste de très belle qualité.

Il ne porte pas de marque de provenance mais il ressemble à la description faite par De Backer de son exemplaire veau fauve, fil., dos ornés, dent. int., tr. dor. (Rel. anc.) et peut-être est-ce le même.

2 000 - 3 000 €

461

Jean BODIN.

Discours de Iean Bodin sur le rehaussement et diminution des monnoyes, tant d’or que d’argent, & le moyen d’y remedier : & responce aux Paradoxes de Monsieur de Malestroict. Plus un recueil des principaux advis donnez en l’assemblee de sainct Germain des prez, au mois d’Aoust dernier, avec les Paradoxes sur le faict des monnoyes, par François Garrault, Seigneur des Gorges, Conseiller du Roy & general, en sa cour des monnoyes.

Paris, Jacques Du Puys, 1578. – [Jean BODIN]. René HERPIN. Apologie… pour la République de I. Bodin. S.l.n.d.

Ensemble 2 ouvrages en un volume in-8, vélin à recouvrements, dos lisse avec le titre ajouté postérieurement, traces de lacets (Reliure de l’époque).

Brunet, I-1026 // Cioranescu, 4118 // Tchemerzine-Scheler, I-704 // USTC, 26511.

(76 f., le dernier blanc) / d-y4 // (16 f.) / A-B8 // (20 f.) / A-B8, C4 // 42 f. / A-E8, F2 // 102 × 162 mm.

Édition collective des pièces relatives à la querelle que Jean Bodin eut avec Jean de Malestroit au sujet des monnaies et de l’enchérissement de toutes choses.

Jean Bodin est né à Angers en 1529 ou 1530. La tradition voulait qu’il soit issu d’une famille juive espagnole qui serait venue trouver refuge en France pour fuir le fanatisme aveugle de Ferdinand et Isabelle d’Espagne, mais la réalité est plus simple. Il est le quatrième fils de Guillaume Bodin, maître couturier, et de Catherine Dutertre. Il vint à Paris étudier la philosophie, l’hébreu, le grec et s’imprégna de l’humanisme de la Renaissance. Il se rendit ensuite à Toulon où il étudia le droit, enseigna cette matière puis regagna Paris en 1561 où il tenta de se faire un nom comme avocat. Dégoûté des chicanes du Palais, Jean Bodin, tout en exerçant différentes fonctions juridiques, se livra à l’étude de questions relevant de l’histoire, la politique, l’économie politique et le droit. Suspecté d’être du parti des huguenots, il échappa de justesse au massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572). Il accompagna François de France, dernier fils de Henri II, en Angleterre et dans les Pays-Bas espagnols puis, à la mort de ce dernier en 1584, se retira à Laon où il devint procureur du roi et où il mourut de la peste en 1596. Il reste comme un modèle de savant humaniste, d’une immense érudition et d’une sagesse mêlée d’intelligence et de tempérance.

Une querelle théorique touchant le fait des monnaies l’opposa à Jean de Malestroit, économiste distingué qui avait publié en 1566 un ouvrage dans lequel il soutenait que l’or et l’argent ont une valeur constante à l’abri des variations du marché et qu’ainsi l’accroissement du numéraire est un accroissement de richesses sans rapport avec la cherté des marchandises. Bodin lui répondit en établissant que l’abondance de l’or et de l’argent cause le mépris de ces métaux, et par là-même la cherté des choses prisées

C’est dans l’écrit de Bodin que, selon Baudrillart, apparaît pour la première fois le sentiment de l’existence de lois économiques naturelles supérieures aux arrangements et aux combinaisons arbitraires de l’autorité (Larousse).

L’édition est répertoriée par Tchemerzine, qui l’annonce par erreur en quatre parties. Il est corrigé par Scheler qui décrit un exemplaire, celui que nous présentons, en trois parties, auxquelles est ajouté un second ouvrage.

Le Discours de Jean Bodin est en effet en trois parties, annoncées sur le titre, la première de Bodin, les deux autres de François Garrault, général à la Cour des Monnaies de Paris. Chaque partie comporte une page de titre ainsi que des signatures et paginations séparées. La soidisant quatrième partie est un autre ouvrage de Jean Bodin, sous le pseudonyme de René Herpin : Apologie… pour la République de I. Bodin qui est une réponse aux attaques d’Augier Ferrier et Michel de La Serre, publiées en 1579 et 1580.

L’édition originale de l’Apologie… parut en 1581 avec un titre à l’adresse de Jacques Du Puys. Notre exemplaire ne possède pas de titre mais semble parfaitement complet et l’édition, référencée par l’USTC avec la même collation, est présente dans plusieurs bibliothèques publiques françaises (BnF, Arsenal, Mazarine).

Quelques annotations marginales anciennes et passages soulignés à l’encre.

Vélin sali avec tache, manque les cordons. Mouillure à l’ensemble du volume et taches d’encre à un feuillet (e3).

500 - 700 €

Jean BODIN.

Les Six livres de la République.

Paris, Jacques Du Puys, 1577. In-folio, basane mouchetée, armes sur les plats, dos à 5 nerfs orné (Reliure du début du XVIIe siècle).

Brunet, I-1025 // Olivier, 1633-1 // Tchemerzine-Scheler, I-706.

(4 f.)-765 (mal chiffrée 797)-(27 f.) / ã4, a-z6, A-P6, Q-Z4, Aa-Zz6, AA-BB6 / 213 × 333 mm.

Seconde édition de l’œuvre majeure de Jean Bodin. Savant juriste, autant versé dans la philosophie, l’histoire et la politique, que dans l’économie, Jean Bodin (ca 1529-1530 - 1596) est l’auteur de plusieurs ouvrages dans lesquels il mêlait ces divers domaines qu’il considérait comme intimement liés et ne pouvant s’expliquer si on les traitait isolément. Pas de science du droit sans la science du gouvernement, sans la politique... Comment apprécier judicieusement les lois si l’on n’a pas des idées arrêtées sur les fondements de l’État ? Et comment avoir des idées arrêtées sur les fondements de l’État si l’on n’a étudié par l’histoire ses développements, ses formes, ses révolutions et sa fin ?...

Parmi tous ses écrits, Les Six livres de la République sont incontestablement l’œuvre la plus importante de Jean Bodin et l’ont fait regarder comme le père de la science politique en France, le chef de l’école constitutionnelle et le précurseur de Montesquieu.

Son ouvrage est divisé en six livres, le premier traite de l’État en tant que tel, le second des différentes formes que peut prendre l’État, le troisième des éléments dont il se compose, le quatrième de la grandeur et de la décadence des républiques, le cinquième de la justice, de la diplomatie et de la guerre, et le sixième des différents espaces de gouvernement.

Publié pour la première fois en 1576 chez Jacques Du Puys, l’ouvrage eut un tel succès qu’on le réimprima en 1577, à Paris et à Lyon, en 1578 à Lausanne, en 1580 à nouveau à Paris…

Il existe deux éditions à la date de 1577 chez Du Puys : l’originale de 1576 avec un titre renouvelé, et celle que nous présentons, seconde édition, avec une collation différente.

Belle marque du libraire sur le titre (Renouard, n° 279), 8 beaux bandeaux et 44 lettrines grandes ou petites, certains répétés.

Bel exemplaire aux armes de Michel-Étienne Turgot, marquis de Sousmont, seigneur de Saint-Germain-sur-Eaulne (1690-1751), conseiller au Parlement de Paris, prévôt des marchands de Paris de 1729 à 1740, conseiller d’État… Ces armes ont été frappées postérieurement sur la reliure, probablement au XVIIIe siècle.

L’exemplaire porte, en outre, au verso du dernier feuillet, un ex-libris manuscrit daté de 1578, parfaitement contemporain de l’ouvrage : Se presant Livre et a moys baltasar de quiney […] conseigneur de la motte de genoyse et ome darme de la conpanie de seigneur le duque de Lorene. 1578. Lamotte Lorenne. De Quiney.

Dos terni et restaurations anciennes. Petite tache d’encre à 3 feuillets (P3, Cc4, Gg1) et petites taches de rouille à 2 feuillets (Oo4 et Oo5), quelques traits de soulignement.

Provenance :

Balthazar de Quiney (ex-libris manuscrit), Michel-Étienne Turgot (armoiries), cote de bibliothèque sur les gardes et Du Clerc (ex-libris manuscrit sur un contreplat).

1 500 - 2 500 €

Jean CALVIN.

Institution de la religion chrestienne, mise en quatre livres et distinguee par chapitres en ordre & methode bien propre.

Genève, Iaques Bourgeois, 1562. In-4, veau tabac avec décor de type Du Seuil, double encadrement de filets et roulette dorés, chiffre entrelacé aux angles avec trois fermesses, armoiries centrales, dos à 5 nerfs orné du même chiffre encadré de quatre fermesses, tranches dorées (Reliure de l’époque).

Brunet, I-1501 // Cioranescu, 5196 // Guigard, II-159 // Olivier, pl. 928 // USTC, 1332.

(16 f. dont un blanc)-955-(21 f. sur 58) / ✽-✽ ✽ 8, a-z8, A-Z8, Aa-Nn8, Oo6, ✽-✽

6 / 163 × 249 mm.

Nouvelle édition de cette traduction faite par Calvin lui-même du Christianæ Religionis institutio, dont la version latine, publiée pour la première fois à Bâle en 1536, connut de nombreuses éditions avec corrections et additions jusqu’à la version définitive donnée à Genève en 1559.

L’Institution de la religion chrestienne est l’œuvre maîtresse de Jean Calvin, le fondateur de la Réforme en France. Né à Noyon en Picardie en 1509, il étudia la théologie, le droit, le grec…, fut initié aux doctrines nouvelles par Robert Olivetan, défendit celles-ci puis se réfugia en Suisse où il publia l’Institution de la vie chrestienne. Il vécut ensuite à Genève, y rencontra Farel qui y dirigeait le mouvement réformé, y fut pasteur et docteur en théologie, fut banni de cette ville qu’il quitta pour Berne, puis fut rappelé par les habitants de Genève et imposa dès lors dans cette ville sa doctrine et une organisation religieuse des plus sévères et des plus tyranniques qui alla jusqu’à la condamnation au bûcher pour ceux qui s’opposaient à ses idées, qu’elles soient politiques ou religieuses. Il y mourut en 1564.

La première édition de la traduction du Christianæ Religionis institutio fut publiée sans lieu ni date, probablement en 1540. Elle fut suivie, comme la version latine, de plusieurs éditions augmentées jusqu’à celle que nous présentons, de Genève, chez Jacques Bourgeois, en 1562, qui est la seconde avec la forme définitive des quatre livres et la dernière revue par l’auteur. Elle est ornée sur le titre de la marque de Bourgeois (cf. Brunet, I-1507).

Exemplaire aux armes de Valentin Conrart avec sa devise Fugat omne venænum et son chiffre répété au dos.

Originaire d’une famille de Valenciennes mais né à Paris en 1603 († 1675, Paris), Valentin Conrart se passionna pour les belles-lettres et se lia avec les auteurs de son temps qu’il recevait chez lui un jour par semaine. C’est à partir de ce noyau que fut fondée l’Académie française dont il fut le premier secrétaire perpétuel. Conrart avait réuni une bibliothèque considérable dans tous les domaines, mais dont il excluait les ouvrages en grec et en latin, langues qu’il ne connaissait pas. Sa bibliothèque passa à ses héritiers puis fut dispersée vers 1770. Une grande partie fut acquise par le marquis de Paulmy qui les légua au comte d’Artois, futur Charles X, qui les laissa lui-même à la bibliothèque de l’Arsenal. Restaurations à la reliure avec quelques taches et épidermures. Manque les 37 derniers feuillets contenant la marque d’imprimeur (1 f.) et une seconde table intitulée Augustin Marlorat aux lecteurs fideles… (36f). Importante restauration au titre avec manque et trous de ver.

Provenance :

Valentin Conrart (armes, chiffre et devise).

500 - 700 €

464

Alain CHARTIER.

Les Œuvres de maistre Alain Chartier, clerc, notaire, et secretaire des Roys Charles VI. & VII. Contenans l’histoire de son temps, l’Esperance, le Curial, le Quadrilogue, & autres Pieces, toutes nouvellement reveuës, corrigées, & de beaucoup augmentées sur les Exemplaires escrits à la main, par André Du Chesne tourangeau.

Paris, Pierre Le-Mur, 1617. In-4, veau blond avec armoiries frappées postérieurement sur les plats, dos à 5 nerfs orné (Reliure du XVIIIe siècle).

Brunet, I-1813 // Cioranescu, II-26794 // Tchemerzine-Scheler, II-301. (8 f.)-868-(10 f.) / a-b4, A-Z4, Aa-Zz4, AAa-ZZz4, AAaa-ZZzz4, AAAaaTTTtt4 / 182 × 248 mm.

Cette édition est préférable à toutes les précédentes, pour l’exactitude du texte (Brunet).

Alain Chartier (ca 1385-1430), écrivain politique, moraliste et poète, fut secrétaire de la maison de Charles VII. Nous avons décrit, dans la première partie de la bibliothèque Bourdel (I, 19 juin 2024, n° 25), la troisième édition de ses œuvres qui fut publiée vers 1499. D’autres éditions se succédèrent jusqu’à celle de Galliot Du Pré en 1529, puis il fallut attendre le XVIIe siècle pour que son œuvre soit rééditée en 1617 par Thibout et Le Mur qui partagèrent l’édition.

Le volume se divise en une première partie qui contient les œuvres en prose (p. 1 à 492) dont L’Histoire du roy Charles VII, – La Genealogie des roys de France depuis Sainct Loys iusques à Charles VII, – L’Esperance, ou consolation des trois vertus…, – Le Curial, – Le Quadrilogue inventif et quelques œuvres en latin. L’Histoire du roy Charles VII qui est en tête du volume était généralement attribuée à Alain Chartier, mais elle est en réalité l’œuvre de Gilles Bouvier dit Berry

La seconde partie contient toute l’œuvre poétique d’Alain Chartier, qui occupe les pages 493 à 810. En sont exclus les Demandes d’amour et le Débat du gras et du megre

Le volume s’achève par des Annotations sur les œuvres de Maistre Alain Chartier par André Du Chesne (1584-1640), savant et laborieux historien français, qui se consacra entièrement à des travaux historiques et géographiques, et dont la vie fut brutalement interrompue par une charrette qui lui passa sur le corps. Vient enfin la table des matières.

Exemplaire réglé.

Annotation manuscrite sur une garde … Paris 1821, suivie d’un commentaire sur l’édition. Une correction manuscrite dans le corps de l’ouvrage (f. AAa3).

Quelques frottements à la reliure et manque à la coiffe supérieure. Manque de papier dans la marge d’un feuillet (Qq3).

Provenance : Earl Gower (armoiries postérieures, ex-libris).

400 - 600 €

465

Claude COLET.

L’Histoire palladienne, traitant des gestes & genereux faitz d’armes et d’amours de plusieurs grandz princes et seigneurs, specialement de Palladien filz du roy Milanor d’Angleterre, & de la belle Selerine sœur du Roy de Portugal : nouvellement mise en nostre vulgaire Françoys, par feu Cl. Colet Champenois. Nec sorte nec morte.

Paris, De l’imprimerie d’Estienne Groulleau Libraire, demourant en la rue Neuve nostre Dame à l’enseigne saint Ian Baptiste, pres sainte Geneviefve des Ardens, 1555.

In-folio, maroquin janséniste marron, dos à 6 nerfs, doublure de maroquin rouge avec large dentelle droite en encadrement formée de filets et de roulettes dorés, doubles gardes, tranches dorées sur marbrure (Chambolle-Duru).

Brun, 173 // Brunet, II-129 // Cioranescu, 6726.

(8 f.)-CXXXIIII f. (avec erreurs de pagination) / ã4, 4, A-X6, Y-Z4 / 196 × 334 mm.

Première édition en français, assez rare, imprimée par Estienne Groulleau pour Vincent Sertenas.

Poète et littérateur français, Claude Colet (ou Collet) est né à Rumilly, en Champagne, à une date qui nous est inconnue. On sait très peu de choses de sa vie sinon, selon une épigramme de François Habert, qu’il fut maître d’hôtel de la marquise de Nesle et qu’il est mort vers 1554. Il reste peu d’œuvres de Colet, quelques traductions dont celle de l’italien de L’Histoire palladienne , des poésies détachées et épîtres et une Remontrance à Sagon qu’il signa du pseudonyme de maistre Daluce Locet (cf. le n° 424 du présent catalogue). Cette faible production s’explique par le fait qu’il se fit voler tous ses manuscrits.

L’Histoire palladienne est tirée d’un roman de chevalerie qui conte les aventures du prince Palladien, fils du roi Milanor d’Angleterre et de son épouse Selerina, suivies de celles de leur fils Florando de Inglaterra, qu’il entreprit par amour pour la princesse Roselinda.

Le cycle composé de deux parties fut publié à Lisbonne chez Germain Gallarde en 1545. La traduction de Colet ne contient que la première partie consacrée au prince Palladien et le début de la seconde relative à Florando de Inglaterra.

Cette première édition ne semble pas avoir été rééditée.

Marque d’Estienne Groulleau sur le titre (Renouard, n° 408), placée dans un encadrement de 4 bois gravés, 39 beaux bois gravés dans le texte (en réalité 24 dont un répété 6 fois, 3 répétés 3 fois et 4 répétés 2 fois). Le texte est également orné de 68 lettrines gravées sur bois, dont de nombreuses répétées (en réalité 13 provenant d’un alphabet à décor floral et une provenant d’un autre alphabet).

Ces bois, en partie empruntés à la suite des vignettes de l’ Amadis de Gaule (cf. Bourdel, I, 19 juin 2024, n° 132), sont placés dans de beaux encadrements. 5 d’entre eux ont également servi pour Le premier livre de l’histoire & ancienne cronique de Gerard d’Euphrate (cf. le n° 469 du présent catalogue) et 9 sont communs à L’Histoire de Primaleon de Grece (cf. le n° 487 du présent catalogue). Les lettrines de cet ouvrage et de la Cronique de Gerard d’Euphrate sont également les mêmes.

Le texte est précédé de 8 feuillets contenant le titre avec au dos le privilège accordé à Vincent Sertenas le dixieme iour de Novembre, l’an de grace mil cinq cens cinquante trois , une Epistre (2 f.) et deux poèmes en français et en latin aux cendres de Claude Colet par Estienne Jodelle , trois poèmes à la gloire de Colet dont un par Nicolas Denisot , dit le conte d’Alsinois, un autre par Olivier de Magny et le dernier anonyme, probablement de Groulleau ou Sertenas ; vient enfin la table des chapitres (3 f.).

Minimes frottements à la reliure. Pâle décharge du signet dans la marge intérieure des feuillets LXIV et LXV (L4-L5).

Provenance : Marquis d’Aix (fantôme d’ex-libris effacé sur le titre De la Bibliothèque de Mr Le Marquis D’Aix à la Serraz).

4 000 - 6 000 €

466

[Francesco COLONNA].

Hypnerotomachie ou Discours du songe de Poliphile, Deduisant comme Amour le combat a l’occasion de Polia. Soubz la fiction de quoy l’aucteur monstrant que toutes choses terrestres ne sont que vanité, traicte de plusieurs matieres profitables, & dignes de mémoire. Nouvellement traduict de langage Italien en Francois.

Paris, pour Iaques Kerver, aux deux Cochetz, rue S. Iaques, 20 août 1546 In-folio, maroquin janséniste vert lierre, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Chambolle-Duru, 1865).

Brun, 174 // Brunet, IV-778 // Cioranescu, 14715 // Fairfax Murray, 99 // USTC, 12610.

(6 f.)-157 f.-(1 f.) / ã*6, A-Z6, Aa-Bb6, Cc8 / 190 × 312 mm.

Première édition en français illustrée de nombreux bois gravés dans le texte.

L’Hypnerotomachie ou Discours du songe de Poliphile est une œuvre italienne en prose généralement attribuée à Francesco Colonna. L’ « hypnérotomachie » signifie, dans sa traduction littérale, lutte d’amour en songe.

Poliphile s’égare dans la forêt et, menacé par un loup, s’engage sur un chemin qui le mène, sous la conduite des cinq sens, à un palais d’une grande beauté. Il y pénètre, en décrit les merveilles et rencontre diverses forces allégoriques, monstres, faunes, nymphes… Il échappe à un dragon et est présenté à la reine du lieu, Eleuthéride, déesse de la liberté. En récompense de son pèlerinage, il lui est donné de connaître Polia, la plus pure des nymphes à laquelle il voue son amour. Suit l’histoire de Polia, être pur par excellence, qui s’était consacrée à Diane pour trouver la paix et la sérénité mais qui ne trouvera la joie que dans l’amour de Poliphile.

Cet ouvrage eut une très grande influence tant dans le domaine intellectuel que dans le domaine artistique ou le domaine social. On dessina les jardins à la Poliphile , les courtisans poliphilèrent à toutva, les rituels de la cour s’en inspirèrent… Certains y verront même une œuvre hermétique, ce qui sera confirmé par Fulcanelli qui, dans Les Demeures philosophales , y perçoit une source d’inspiration pour l’accomplissement du Grand Œuvre.

La première édition parut en latin, à Venise chez les Alde, en 1499 avec des illustrations attribuées à Giovanni Bellino. Elle fut suivie, 46 ans plus tard, de la première traduction en italien, en 1545, toujours à Venise, avec les mêmes gravures. Vient ensuite la première version en français, celle que nous présentons, qui est plus une imitation du Poliphile italien qu’une traduction littérale. Ce texte a été établi par Jean Martin , humaniste français (?-1553), secrétaire de Maximilien Sforza puis du cardinal de Lenoncourt, qui fit traduire et publier diverses œuvres comme Le Premier livre d’architecture de Serlio, Les Azolains de Bembo ou L’Architecture de Marc Vitruve.

Ce gracieux et fantaisiste roman, dédié à la beauté et à ses formes éternelles, a été imprimé pour Jacques Kerver par Louis Cyaneus, originaire de Gand et installé à Paris comme libraire-imprimeur entre 1528 et 1546. Le nom de l’auteur y est donné par les grandes initiales en tête de chaque chapitre qui, mises bout à bout, donnent : Poliam Frater Franciscus Columna Peramavit (« Frère Francesco Colonna aima passionnément Polia »).

L’édition est illustrée d’une riche iconographie : un très bel encadrement de titre de style architectural avec motifs à enroulements, putti, fruits, fleurs et deux grands satyres féminin et masculin sur les côtés, 14 pleines pages dont 3 encadrements de texte, 101 bois sur environ un tiers de page et 70 illustrations au gré du texte. L’ouvrage contient également 41 grandes lettrines à motifs foliacés, dont une contrecollée et 4 plus petites. Ces bois, librement inspirés de ceux de l’édition aldine de 1499, ont parfois été attribués à Jean Goujon mais cette attribution généralement admise reste douteuse. Brun précise que les bois de la seconde partie sont d’un talent inférieur [et qu’] ils copient plus servilement l’original.

Quelques-uns de ces bois sont libres, dont le plus célèbre est celui du sacrifice à Priape. Dans un grand nombre d’exemplaires, ces gravures ont été maculées d’encre ou grattées afin de ne rien distinguer des parties intimes. Celui que nous présentons est entièrement vierge de toute profanation.

Très bel exemplaire, grand de marges portant de pâles annotations marginales aux feuillets 10 et 22 (B4r et D4r) et 3 lignes soulignées au feuillet 97 (R1v).

Titre habilement restauré, minime réparation marginale au feuillet 51 (I3), au bord du feuillet 144 (Aa6) et au dernier feuillet (Cc8), décharge du signet dans la marge intérieure des feuillets 78 et 79 (N6-O1), petite tache aux feuillets 62 et 63 (L2-L3) et petite tache de rouille aux feuillets ã*3-ã*4.

Provenance :

Fairfax Murray (étiquette, n° 99).

15 000 - 20 000 €

467

Martin DU BELLAY.

Les Mémoires de mess. Martin du Bellay Seigneur de Langey. Contenans le discours de plusieurs choses advenües au Royaume de France, depuis l’an M.D.XIII. iusques au trespas du Roy François premier, ausquels l’Autheur a inseré trois livres, & quelques fragmens des Ogdoades de Mess. Guillaume du Bellay seigneur de Langey son frère. Œuvre mis nouvellem t en lumiere, & presenté au Roy par Mess. René du Bellay Chevalier de l’ordre de sa Maiesté, Baron de la Lande, heritier d’iceluy Mess. Martin du Bellay.

Paris, P. l’Huillier, 1569

In-folio, veau brun avec armoiries sur les plats, chiffre et pièce d’armes répétés sur le dos à 6 nerfs avec fleurons spéciaux alternés (Reliure de la fin du XVIIe siècle).

Brunet, I-747 // Cioranescu, 8241 // Graesse, I-328 // Guigard, I-204 // Olivier, 1740-1.

(6 f.)-136 f.-10 f.-137 à 350 f.-(6 f.) / ã6, a-y6, z4, ãã6, 4, A-Z6, Aa-Nn6, O6 / 205 × 321 mm.

Édition originale.

Troisième fils de Louis Du Bellay et de Marguerite de La Tour-Landry, Martin Du Bellay (1495?-1559) exerça la fonction de lieutenant général en Normandie, se distingua comme homme de guerre et devint, par son mariage avec Isabeau Chenu, prince d’Yvetot. Comme ses frères Guillaume et Jean, et surtout son cousin germain Joachim, il eut un goût très prononcé pour la littérature et laissa ces Mémoires qui s’étendent de 1513 à 1540 et sont intéressants au point de vue militaire. Une partie de cet ouvrage est extraite de mémoires de son frère Guillaume (1491-1543), l’un des meilleurs généraux de François Ier, qui avait intitulé sa relation Ogdoades parce qu’il avait divisé son ouvrage en plusieurs groupes de huit livres.

L’ouvrage contient donc les dix livres des Mémoires de Martin Du Bellay et, entre les quatrième et cinquième livres, des fragments de Guillaume Du Bellay, comme annoncé sur le titre.

Marque de l’imprimeur sur le titre (Renouard, n° 665), 12 bandeaux dont certains répétés, 13 superbes grandes lettrines allégoriques avec personnages, putti, trophées, fleurs, fruits (en réalité 10 dont 3 répétées une fois) et petites lettrines.

Exemplaire aux armes de Marguerite-Delphine de Valbelle de Tourves, avec au dos une pièce d’armes et son chiffre répétés. Fille du marquis de Tourves, président au Parlement de Provence, elle épousa en 1723 son cousin André-Geoffroy de Valbelle, marquis de Rians, baron de Meyrargues, qui fut mestre de camp de cavalerie. Les armes portent la devise de la famille Valbelle Vertu et fortune – Fidelis et audax.

Une annotation marginale à l’encre au feuillet a1 et quelques petites croix marginales dans le reste du volume.

Reliure un peu frottée avec petit manque de cuir à un plat, à la coiffe supérieure et à 3 coins. Accrocs avec trou dans les marges des 9 premiers feuillets, petites taches au feuillet 100 (r4), à 5 feuillets (285 à 289 - Cc1 à Cc5) et dans les marges de 12 autres feuillets (228 à 234 - Q2 à R2 et 238 à 242 - R6 à S4).

Provenance :

Simon d’Aubrom (?, ex-libris manuscrit ancien sur le titre) et MargueriteDelphine de Valbelle de Tourves (armes et chiffre).

1 200 - 1 800 €

468

[Antoine DU SAIX]. PLUTARQUE.

La touche naifve, pour esprouver lamy, & le flateur, inv tee par Plutarque, taillee par Erasme, & mise a lusage Francois, par noble homme frere Antoine du Saix, cõm deur de Bourg. Avec lart de soy aydes, & par bon moyen faire son proffict de ses ennemys.

S.l.n.n. (Paris, Nicolas Buffet et Pierre Vidoue), 1538

Petis fatras dung apprentis, surnommé Lesperonnier de discipline.

S.l.n.n. (Paris, Nicolas Buffet), 1537

2 ouvrages en un volume petit in-8, maroquin bordeaux, triple filet, dos à 5 nerfs orné, dentelle intérieure, tranches dorées, étui (Honnelaitre).

Brunet, IV-745 et II-920 // Renouard, ICP, V, 483 et 1030 // USTC, 76995.

8 f.-55 f.-(1 f. blanc) / a8, A-G8 // 36 f. / aa-dd8, ee4 // 95 × 155 mm.

Troisième édition de La Touche naifve et seconde édition de Petis fatras, parue la même année que l’originale.

Réunion de deux ouvrages d’Antoine Du Saix : la traduction de La Touche naifve de Plutarque, d’après la version latine qu’en avait donnée Érasme, et le Petis fatras dung apprentis, paru sous son pseudonyme L’Éperonnier de discipline.

Antoine Du Saix, né vers 1505 dans les environs de Bourg-en-Bresse, fut précepteur et aumônier du duc de Savoie. Diplomate, il s’adonna également à la poésie et traduisit des ouvrages du latin en français. Son œuvre la plus célèbre est le traité d’éducation L’Éperon de discipline (cf. Bourdel, I, 19 juin 2024, n° 51). Il mourut en 1579. Ce volume réunit deux œuvres de Du Saix publiées sans lieu ni nom, à Paris chez Nicolas Buffet. La première, La Touche naifve, est un guide en prose pour discerner le flateur davec lamy et contient un Traicte singulier riche en sentences… de lutilite quon peult tirer des ennemys qui avait déjà paru, sans lieu ni nom chez le même éditeur en 1537. Le titre présente un bel encadrement gravé orné de 14 écussons de villes de France appartenant au matériel de l’imprimeur Pierre Vidoue. La seconde, Petis fatras, est, comme son nom l’indique, une longue suite de vers où se mêlent diverses pièces poétiques qui n’ont pas de lien entre elles, chaque pièce précédée d’un titre introductif : Douzain forge sur le pont au change, – Dizain de sœur Marie de Lucinge, – Les portiers sont plus nécessaires aux oreilles que à la porte, – Huictain presenté au Roy, escript en linge, – Dung malade qui console l’autre… L’édition de Buffet est la seconde, donnée après celle de Simon de Colines la même année, en format in-4. Le nom de l’auteur y apparaît sous son pseudonyme mais également au dernier feuillet, en latin : scribebat frater Antonius Saxanus… Maij Mdxxxvi. On trouve également, en plusieurs endroits, la devise de Du Saix Quoy quil advienne. Il existe également pour chacun de ces ouvrages une édition sans date, probablement publiée en 1537/1538, imprimée avec le matériel de l’éditeur Denis Janot.

Exemplaire lavé, un peu pâle. Restauration angulaire au titre du Petis fatras, petite restauration dans la marge supérieure des feuillets aa4 à aa8 et tache brune dans la marge intérieure des feuillets bb3 et bb4.

1 000 - 1 500 €

469

[GÉRARD D’EUPHRATE].

Le Premier livre de l’histoire & ancienne cronique de Gerard d’Euphrate, duc de Bourgongne : traitant, pour la plus part, son origine, ieunesse, amours, & chevalereux faitz d’armes : avec rencontres, & avantures merveilleuses, de plusieurs

Chevaliers, & grans Seigneurs de son temps : Mis de nouveau en nostre vulgaire Françoys.

Paris, Par Estienne Groulleau, demeurant en la rue Neuve nostre Dame à l’enseigne saint Ian Baptiste, 1549

In-folio, veau marron, dos à 6 nerfs joliment orné, roulette intérieure, tranches dorées sur marbrure (Reliure du XVIIIe siècle).

Brun, 213 // Brunet, II-1546 // De Backer, 110 // USTC, 47383.

(6 f.)-CXXXVII f.-(1 f. blanc) / ã6, A-Z6 / 196 × 315 mm.

Première édition de cette adaptation en prose d’un roman de chevalerie qui fait partie du cycle de Charlemagne et des douze pairs de France.

La traduction en langue vulgaire est donnée par De Backer à Nicolas de Herberay, seigneur des Essarts, mais il est aujourd’hui admis qu’elle serait due à Jean Maugin, poète surnommé Le Petit Angevin, traducteur du Parangon de vertu, du Nouveau Tristan et de L’Amour de Cupido et de Psiché entre autres.

Les premiers feuillets sont occupés par une épître et des épigrammes en latin, italien et français, par Jean-Pierre de Mesmes et Jean Maugin, dans lesquelles il est fait l’éloge de celui qui a tiré cette histoire de l’oubli. Vient ensuite le roman avec tout d’abord la naissance de Gérard autour duquel se pressent des fées qui prédisent au nouveau-né puissance, bonheur en amour et orgueil. Suit l’enfance aventureuse de Gérard, enlevé, libéré, abandonné sur une barque, puis recueilli par un ermite. Il secourt Orsaire de Constantinople, qui lui promet la main de sa fille Fezonne, dont il ignore le décès. Le héros tombe ensuite amoureux de l’infante Ameline, connaît des aventures fabuleuses au château enchanté, libère les dames et seigneurs qui y étaient prisonniers et revient auprès des siens pour être armé chevalier avec ses sept frères. La suite conduit Gérard en Orient où il connaîtra une nouvelle vie pleine d’actions, domptera le Sarrasin, tombera amoureux de Florie dont il aura un fils, Milon d’Auvergne, reviendra en France, aura quatre fils et une fille de sa femme Ameline, etc.

L’ouvrage s’achève par une brève conclusion dans laquelle l’auteur annonce une suite à son roman, suite qui n’a jamais paru.

Édition partagée contenant au dernier feuillet la mention Fin du Premier livre de Gerard d’Euphrate, imprimé à Paris par Estienne Groulleau, pour luy, Ian Longis, & Vincent Sertenas, Libraires.

Elle est illustrée de 46 bois gravés dans le texte, dont 6 de grande taille, 9 de taille moyenne et 31 de petite taille (en réalité, 28 bois dont 6 de grande taille, 4 de taille moyenne dont 3 répétés, et 18 petits bois dont 8 répétés), ainsi que de très nombreuses lettrines à décors floraux. Certains de ces bois proviennent de l’Amadis de Gaule. 15 de ces bois seront utilisés par les mêmes éditeurs, l’année suivante, pour illustrer L’Histoire de Primaleon de Grece… (cf. le n° 487 du présent catalogue).

Le bois utilisé au verso du feuillet LXIV est signé d’une petite croix de Lorraine. Brun relève que certains bois ont dû être spécifiquement gravés pour cette édition, dont un bois représentant des navires fendant les flots (ff. 5v, 64v et 89v), le château périlleux (f. 48) et 3 figures […] représentant l’arrivée du nain Berfumes, le combat aérien des démons et le dieu des enfers […] sont dignes du talent de Jean Goujon (ff. 9, 25 et 28).

Reliure tachée avec restaurations anciennes et manques aux charnières et aux coins.

Provenance :

Ambroise Firmin-Didot (ex-libris, catalogue de sa bibliothèque, n° 643).

6 000 - 8 000 €

470

Jean de JOINVILLE.

L’histoire & Cronique du treschrestien roy S. Loys, IX. du Nom, & XLIIII. Roy de France. Escritte par feu meβire Ian Sire, seigneur de Ionville, & Seneschal de Champagne, familier & contemporain dudit Roy S. Loys. Et maintenant mise en lumiere par Antoine Pierre de Rieus.

Poitiers, Enguilbert de Marnef, s.d. (1561).

In-8, veau blond glacé, encadrement droit sur les plats avec répétitions de petits cercles dorés formant de larges chaînettes fermées par des fleurons, étoiles, filets et petits écoinçons, dos lisse orné, roulette intérieure, tranches dorées (Reliure du XIXe siècle).

Brunet, III-557 // Tchemerzine-Scheler, III-773b.

(6 f.)-CLXI f. (avec erreurs de pagination)-5 f. / a6, a-u8, x6 / 121 × 194 mm.

Troisième édition semblable à la seconde.

Nous avons donné la description de l’édition originale de cette histoire de Louis IX (cf. Bourdel, II, 20 mars 2025, n° 308) rédigée par ce fidèle du roi qui vendit tous ses biens pour l’accompagner dans sa première croisade, qui fut fait prisonnier comme lui et partagea ses souffrances. Ils sont un précieux témoignage du règne de Saint Louis.

L’édition originale a paru en 1547 puis fut suivie en 1561 d’une seconde édition puis d’une troisième, la nôtre, sans date et probablement publiée la même année que la seconde.

Marque de l’imprimeur sur le titre.

Exemplaire réglé.

Mention sur une garde Collationné sur celui de l’Arsenal qui est semblable

Dos un peu fané avec les coiffes abîmées et les mors et coupes frottés. Taches à 4 feuillets (i8, k4, k5, k6) ; petit manque angulaire dû à la taille initiale de la feuille.

Provenance :

Collège jésuite de Lyon (ex-libris manuscrit sur le titre Collegii Lugdun. Soc. Jesu catal. Inscript. 1593), baron Jérôme Pichon (III, 7-24 mars 1898, n° 4037).

400 - 600 €

471

François de LA NOUË.

Discours politiques et Militaires du Seigneur de la Nouë. Nouvellement recueillis & mis en lumiere.

Genève, François Forest, 1587. In-4, vélin à recouvrements, dos lisse avec nom de l’auteur à l’encre au dos, traces de lacets (Reliure de l’époque).

Brunet, III-824 // Cioranescu, 12470.

(8 f.)-710-(1 f.) / ✽-✽ ✽ 4, A-Z4, Aa-Zz4, Aaa-Zzz4, Aaaa-Vvvv4 / 160 × 240 mm.

Édition originale avec la marque de l’imprimeur sur le titre et ornée de nombreux bandeaux et lettrines gravés sur bois.

Il est impossible de résumer en quelques lignes la remarquable carrière militaire de François de La Nouë, dit Bras-de-fer ou encore le Bayard huguenot. Né en 1531 dans une illustre famille bretonne, François de La Nouë reçut une éducation où le métier des armes l’emportait sur les lectures mais ne les empêchait point. Page à la cour de Henri II, il cultiva les lettres puis fit ses premières armes en Piémont sous le maréchal de Brissac. Converti au protestantisme par Andelot, frère de Coligny, il se rangea sous les drapeaux de Condé et participa à de nombreux faits militaires jusqu’au siège de Fontaine-Le-Comte (1570) où il eut le bras fracassé. On remplaça alors son bras par une prothèse de fer, ce qui lui valut son surnom. Il continua sa carrière militaire, échoua dans sa tentative de négocier une paix entre le pouvoir royal et la ville de La Rochelle, se mit au service de Henri de Navarre puis fut fait prisonnier dans les Pays-Bas en 1580. Il passa cinq années en captivité, fut libéré sous la caution de son fils, reprit du service et fut mortellement blessé au siège du château de Lamballe en 1591.

C’est au cours de sa captivité qu’il composa ses vingt-six Discours politiques et Militaires qui égalent ceux des Xenophon, des Polybe et des Césars (Maimbourg) et qui furent loués par Montaigne, de Thou et Montluc.

Cette édition originale fut suivie, la même année, d’une édition in-8 avec une collation différente au nom du même éditeur mais avec Bâle comme lieu d’édition. Elle fut ensuite réimprimée en 1588, puis en 1590 à La Rochelle et enfin en 1612, sans lieu d’édition.

Vélin sali, manque les cordons et trace d’étiquette sur le premier plat. Taches et anciennes mouillures à plusieurs feuillets.

Provenance :

Ex-libris illisible au premier contreplat avec la cote de bibliothèque N° 232.

300 - 500 €

472

Louis LE CARON.

La Claire, ou De la prudence de droit, Dialogue premier. Plus, La clarté amoureuse.

Paris, Guillaume Cavellat, à l’enseigne de la Poulle grasse, devant le College de Cambray, 1554.

In-8, maroquin janséniste bordeaux, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (David).

Brunet, III-912 // Cioranescu, 12988.

(8 f.)-199 f. (mal chiffré 191)-(1 f.) / ã8, a-z8, A-B8 / 95 × 157 mm.

Édition originale de cet ouvrage où se mêlent science juridique et poésie.

Louis, ou Loys, Le Caron est un jurisconsulte français né à Paris en 1536 et mort en 1617. Il se consacra à la poésie puis, vers l’âge de 18 ans, délaissa cet art des vers pour se consacrer à des travaux juridiques, dont Le Grand Coutumier de France, qui reste estimé pour l’étude de l’ancien droit. Il signait ses ouvrages consacrés à Thémis du nom de Charondas Le Caron qu’il avait emprunté au législateur grec du VIe siècle.

L’ouvrage que nous présentons est dédié à sa muse Claire, habitante de Bourges, qu’il fréquenta de manière assidue dans sa jeunesse et pour laquelle il éprouva un amour chaste et purement intellectuel. Le Caron avait eu avec sa muse un dialogue philosophico-juridique sur les fondements et les principes généraux du droit. S’étant absenté de Bourges et sentant son cœur transpercé d’une brûlante ardeur, il occupa son esprit au souvenir des propos qu’il avait eus avec Claire et coucha sur le papier ce dialogue entre lui, prénommé Solon, et elle. De retour à Bourges, il apprit que la noire et obscure Parque avait ravi son amante. Il publia alors son dialogue, intitulé La Claire ou de la prudence de droit qu’il fit suivre d’une seconde partie, La Clairté amoureuse, recueil de poèmes adressés à l’élue de son cœur. La plupart des 82 poèmes de cette partie furent également publiés la même année dans La Poësie parue chez Robinot, Sertenas, Thierry et Vascosan.

Suffise toi ô Claire d’allumer

Le froid glaçon de mes chastes pensées, Et les avoir de ta splendeur blessées Sans me vouloir en cendre consumer.

Cette édition originale fut partagée avec Gilles Corrozet, détenteur du privilège et dont certains exemplaires portent le nom. Elle est illustrée d’un portrait gravé sur le titre représentant Claire âgée de 18 ans et répété au feuillet ã8, ainsi que de 3 bandeaux et 5 lettrines. Dos légèrement passé et petite tache plus sombre sur le premier plat.

1 500 - 2 500 €

Rostaing de LUZY.

Les Epistres morales du sieur de Luzy.

Rouen, Adam Mallassis, 1604.

In-12, maroquin rouge, triple filet avec chiffre et devise sur les plats, dos à 5 nerfs très finement orné aux petits fers, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Lortic).

BnF, Z-14329 // USTC, 6812619.

(6 f.)-74 f. (le dernier mal chiffré 7)-(1 f.)-18 f.-(1 f. blanc manquant ici) / ã6, A-O8-4, P8, Q2 / 75 × 134 mm.

Rarissime ouvrage inconnu à Brunet, Cioranescu, Tchemerzine. Le seul autre exemplaire complet connu est conservé à la BnF. Son auteur, Rostaing de Luzy, est demeuré inconnu de toutes les biographies. Ce petit volume se compose de deux parties. La première, intitulée Epistres morales, occupe les 74 premiers feuillets après les 6 feuillets de dédicace. C’est une sorte de discours philosophique dans lequel l’auteur respond à la demande de son amy sur diverses questions : peut-on aussi bien faire son salut parmy le monde, comme dans la solitude d’un cloistre… Il console son amy, lequel se plaint de n’estre pas recompensé de tant de services qu’il a faits… Il exhorte son amy de vouloir supprimer la colère qui le domine fort… Il le console pour l’affliction de la mort d’un de ses amys… ou pour avoir recognu qu’il n’estoit seul aymé de sa maistresse.

La seconde partie, qui occupe les 19 derniers feuillets, comprend Les Meslanges poétiques, du même auteur.

Nous avons relevé, dans une notice de notre confrère Tristan Pimpaneau, que celui-ci avait identifié deux ou trois exemplaires de cette seconde partie seule, le premier dans la bibliothèque d’Alfred Crampon, le second (et peut-être le même) dans la vente Morel (de Lyon) en 1873, et le troisième (ou second) celui qu’il décrit.

Très joli exemplaire portant le supra-libris au chiffre et à la devise d’Auguste Poulet-Malassis Pauci Boni Nitidi qui signifiait Peu de livres, bons, en bon état. Dans le catalogue de sa vente en 1878, ce supra-libris est décrit comme le premier ex-libris de l’éditeur

Le volume porte également au contreplat le célèbre ex-libris de Poulet-Malassis avec la devise Je l’ai !, ainsi que celui de Henry Houssaye. Ce dernier a ajouté une note autographe sur une garde indiquant la rareté des exemplaires au chiffre et à la devise de l’éditeur alençonnais et précisant qu’il a acquis ce volume à la vente de sa bibliothèque.

Réparation angulaire au titre et au dernier feuillet, manque le dernier feuillet blanc, marge intérieure du feuillet Q1 restaurée.

Provenance :

Auguste Poulet-Malassis (supra-libris, devise et ex-libris, 1er-4 juillet 1878, n° 499) et Henry Houssaye (ex-libris, I, 2-4 mai 1912, n° 209).

1 200 - 1 800 € 474

Jorge de MONTEMAYOR.

Los siete libros de la Diana de George de Monte-Mayor. Ou sous le nom de bergers & bergeres sont cõpris les amours des plus signalez d’Espagne. Traduits d’Espagnol en François & conferez és deux langues, par S.G. Pavillon.

Paris, Anthoine du Brueil, 1603. In-16, maroquin rouge orné dans le genre Du Seuil, dos lisse avec pièces de titre de maroquin noir et cote de bibliothèque dorée, bordure intérieure, tranches dorées sur marbrure (Reliure du XVIIe siècle)

Brunet, III-1852.

(4 f.)-349 f.-(11 f.) / ã4, A-Z12, Aa-Gg12, Hh8 / 74 × 140 mm.

Première édition de la traduction par Simon-Georges Pavillon du célèbre roman pastoral de Jorge de Montemayor.

Jorge, ou George, de Montemayor, ou de Montemer, est un poète et auteur portugais de langue espagnole, né à Montemayor dans les environs de Coïmbre au Portugal vers 1520. Il fut d’abord soldat avant d’être attaché à la chapelle de l’infant d’Espagne, futur Philippe II, qu’il suivit dans son voyage à travers l’Europe, et notamment en Italie et en Flandre. Il mourut en 1561, probablement lors d’un duel. Aucun fait de sa vie n’est connu de manière certaine, mais il semble qu’il prit son inspiration romanesque et poétique de ses propres chagrins d’amour. Son principal ouvrage Los siete libros de la Diana parut pour la première fois à Valence vers 1560 en langue castillane.

Dans ce roman pastoral, le premier du genre pour l’Espagne, Montemayor a voulu raconter, à l’exemple de L’Arcadie de Sannazar, quelques événements de sa vie et de celle de ses amis : des bergers et des bergères réunis sur les bords de l’Ezla, au pied des montagnes du Leon, se racontent leurs histoires respectives dans sept livres de prose mêlée de vers. Le personnage principal, Sereno (inspiré de l’auteur) aime Diana d’un amour partagé mais contrarié par la magie qui sépare les deux amants. Diana épouse un autre berger, Delio. Il ne reste à Sereno qu’à chanter, avec les autres bergers, la perte de la beauté et de l’amour.

Ce roman à la gloire de l’amour, écrit dans un langage élégant et policé, est le témoignage de la société galante et cultivée qui fut celle de Montemayor, et sa prose a servi de modèle à tous les auteurs de romans du même genre. L’ouvrage connut un très grand succès, en Espagne d’abord et très rapidement dans toute l’Europe, et fut poursuivi par deux auteurs espagnols, Alonzo Perez et Gil Polo. La Diana fut traduite en français pour la première fois par Nicolas Collin (Reims, 1578), puis au tout début du XVIIe siècle par Simon-Georges Pavillon, qui livra une édition bilingue du texte initial (sans les suites de Perez et Polo).

Dans cette édition, publiée à Paris par Anthoine du Breuil en 1603, le texte est sur deux colonnes avec la version française imprimée en italiques en regard de la version espagnole.

Bel exemplaire relié au XVIIe siècle en maroquin rouge, provenant de la bibliothèque de Chrétien-François de Lamoignon et portant au contreplat l’étiquette imprimée Bibliotheca Lamoniana avec la cote Y1067. La cote dorée frappée au dos du volume 3.M.1203 est reprise à l’encre sur une garde. Chrétien-François I de Lamoignon (1644-1709) avait hérité sa bibliothèque de son père Guillaume de Lamoignon et l’avait considérablement enrichie. C’est de son époque que date l’étiquette imprimée, ainsi que le cachet L couronné apposé au troisième feuillet de ses livres (ici au f. A3). La bibliothèque passa successivement à ses héritiers jusqu’à son arrière-petit-fils Chrétien-François II de Lamoignon (1735-1789), le dernier possesseur de la Bibliotheca Lamoniana. La vente de sa bibliothèque eut lieu en 1791 et un exemplaire de cette édition y figure sans précision de reliure (n° 3148).

L’Eclaircissemens qui ouvre le catalogue Lamoignon précise que c’est avec regret que nous ne pouvons en aucune manière revenir sur cet oubli des reliures. Ce manque au catalogue nous empêche d’affirmer que l’exemplaire que nous présentons soit bien celui mentionné dans le catalogue mais c’est plus que probable.

Trou au feuillet Hh4 avec perte de quelques lettres.

Provenance :

Chrétien-François I de Lamoignon (étiquette et cachet) et ChrétienFrançois II de Lamoignon (I, 1791, n° 3148 ?).

600 - 800 €

475

Ambroise PARÉ.

Anatomie universelle du Corps humain, composee par A. Paré Chirurgien ordinaire du Roy, & Iuré à Paris : reueuë & augmentee par ledit autheur avec I. Rostaing du Bignosc Provençal aussi Chirurgien Iuré à Paris.

Paris, De l’Imprimerie de Iehan le Royer, Imprimeur du Roy és Mathematiques, demeurant en la rue S. Iaques, à l’enseigne du Vray Potier, pres les Mathurins, 1561.

In-8, veau brun, filet doré en encadrement et fleuron central ovale à entrelacs et fond azuré, dos à 4 nerfs avec filet et fleuron répétés (Reliure de l’époque).

Doe, 11 // Tchemerzine-Scheler, V-33 // USTC, 29578.

(16 f.)-CCLXXIX f. (mal chiffré CCLXXVII)-(11 f.) / [ ]8, ✽8, a-z8, aa-ll8, mm10, nn8 / 105 × 169 mm.

Rare seconde édition de la Briefve collection de l’administration anatomique, largement augmentée et première sous ce titre.

Ambroise Paré est né au Bourg-Hersent, dans le Maine, vers 1510. De condition modeste, il débute comme marmiton chez le comte de Laval, où il est distingué par le barbier du comte qui en fait son apprenti. Il poursuit ensuite son apprentissage auprès d’un barbier d’Angers puis de son frère Jean, lui-même chirurgien-barbier à Vitré, avant d’entrer comme compagnon chirurgien à l’Hôtel-Dieu, à Paris, d’où il sort maître barbier-chirurgien en 1536. Il s’attache au service du lieutenant-général d’infanterie René de Montjean qu’il suit sur les champs de bataille d’Italie, puis à celui de René de Rohan, qu’il accompagne dans ses campagnes militaires à Perpignan, en Bretagne, en Lorraine, etc., où il développe sa pratique sur le terrain. À la mort de Rohan, il passe au service d’Antoine de Bourbon, roi de Navarre, puis à celui de Henri II et de ses successeurs, François II, Charles IX et Henri III. Protestant, il échappe au massacre de la Saint-Barthélemy grâce à Charles IX qui le cache dans sa propre chambre. Il meurt à Paris en 1590.

Paré fut reçu docteur en chirurgie par la faculté de Paris en 1554. Ses apports à la médecine moderne et à la chirurgie furent nombreux, et il publia ses travaux en français, délaissant le latin et le grec qu’il ignorait mais qui étaient alors les langues en usage pour les publications scientifiques.

La Briefve collection de l’administration anatomique avait paru en 1549 chez Guillaume Cavellat, immédiatement suivie en 1550 d’une remise en vente avec un titre renouvelé. En 1561, Ambroise Paré en donna cette seconde édition sous un nouveau titre, augmentée d’observations faites lors des dissections pratiquées avec Isnard Rostan de Binosque

Marque de l’imprimeur sur le titre (Renouard, n° 653), un portrait gravé sur cuivre au verso du titre, peut-être gravé par Jean Le Royer, et 48 figures gravées sur bois dans le texte dont 36 à pleine page, montrant les différentes parties du corps humain.

Exemplaire réglé comportant trois becquets contrecollés mentionnés par Doe, le premier au verso du feuillet mm3 et les deux autres dans la table, l’un occultant 3 lignes (f. nn4v) et l’autre une page entière (f. nn5r).

Une annotation ancienne à l’encre en latin au feuillet e1v.

Bel exemplaire malgré des restaurations anciennes à la reliure, 2 petits manques de cuir sur les bords de 2 nerfs et une charnière frottée. Titre sali avec ancienne mention manuscrite grattée et petit manque angulaire, petite tache de rouille à 3 feuillets (s1, s2, s3), trou dans la marge d’un autre (cc1), petit manque angulaire à un feuillet (ee1), une déchirure marginale (ii4) et petite tache à 5 feuillets ([ ]5, [ ]6, bb1, kk8, ll1).

Provenance :

Ex-libris manuscrit non identifié à l’encre sur un contreplat daté 1617 (?).

4 000 - 6 000 €

476

Ambroise PARÉ.

La Maniere de traicter les playes faictes tãt par hacquebutes, que par fleches : & les accidentz d’icelles, cõme fractures & caries des os, gangrene & mortification : avec les pourtraictz des instrumentz necessaires pour leur curation. Et la methode de curer les combustions principalement faictes par la pouldre à canon. Le tout cõposé par Ambroise Paré, maistre Barbier Chirurgien à Paris.

Paris, vefve Iean de Brie, demourante en la rue S. Iaques à l’enseigne de la Lymace, 1551 (1553).

Petit in-8, maroquin rouge, triple filet à froid, dos à 5 nerfs orné d’un fleuron doré répété, tranches dorées (A. Lobstein).

Brunet, IV-365 // Cioranescu, 17054 // Doe, 2 // Tchemerzine-Scheler, V-32 // USTC, 23471.

(8 f., dont le dernier blanc)-80 f.-(12 f., dont les 2 derniers blancs, l’un manquant ici) / aa8, A-K8, L12 / 107 × 157 mm.

Seconde édition, largement revue et augmentée.

La Methode de Traicter les Playes Faictes par Hacquebutes… avait paru à Paris en 1545 chez Vivant Gaulterot. En 1551 (1552 nouveau style), Paré obtient un nouveau privilège pour son ouvrage, pour dix ans, et c’est chez la veuve de Jean de Brie, Agnès Sucevin, qu’il décide d’en donner une nouvelle édition, tellement revue et augmentée que Janet Doe n’hésite pas à la qualifier de nouvel ouvrage. Le titre en est même légèrement modifié.

Pour Doe, cette édition marque le nouvel intérêt porté par Ambroise Paré à ses publications, qu’il confie désormais à des imprimeurs de meilleure qualité. Il est possible que cela soit lié, pour Paré, au choix du nouveau dédicataire de l’ouvrage : le roi Henri II. Le titre porte la date de 1551 et l’achevé d’imprimer celle du 10 mars 1552 (1553, nouveau style).

Grand titre gravé au chiffre entrelacé de Henri II et Catherine de Médicis et à celui de Diane de Poitiers et 42 bois dans le texte dont 4 à pleine page, regravés d’après les bois de l’édition de 1545, avec quelquesuns additionnels.

Quelques annotations anciennes à l’encre effacées en marge et au verso du feuillet L11 blanc.

Exemplaire très lavé, petites restaurations angulaires au titre, restauration marginale à 2 feuillets (A8 et L1) et petit trou restauré avec reprise de quelques lettres au feuillet B3, marges du feuillet I5 entièrement refaites.

5 000 - 7 000 €

477

Ambroise PARÉ.

La Methode Curative des Playes, & Fractures de la Teste humaine. Avec les pourtraits des Instruments necessaires pour la curation d’icelles.

Paris, De l’imprimerie de Iehan Le Royer, Imprimeur du Roy és Mathematiques, 1561

In-8, maroquin bordeaux, triple filet, dos à 5 nerfs orné, dentelle intérieure, tranches dorées (M. Godillot).

Brunet, IV-366 // Cioranescu, 17057 // Doe, 12 // Tchemerzine-Scheler, V-34 // USTC, 29579.

(12 f.)-CCLXXVI f.-(12 f.) / [ ]4, ✽8, A-Z8, Aa-Nn8 / 95 × 160 mm.

Rare édition originale.

La Méthode curative des playes et fractures de la teste humaine traite des manières de soigner les blessures et plaies portées à la tête. Elle parut à Paris chez Jean Le Royer en 1561, peu après la mort de Henri II qu’Ambroise Paré avait tenté en vain de sauver après qu’il eut reçu une lance dans l’œil au cours d’un tournoi en 1559. C’est à la demande de Jean Chapelain, premier médecin du roi, que Paré décida de publier ce volume ; la partie anatomique ayant déjà été publiée dans son Anatomie universelle du corps humain, Paré devait principalement se concentrer sur la partie chirurgicale.

L’édition est illustrée de nombreuses gravures sur bois, dont 31 à pleine page, 45 dans le texte et 5 petites figures ou schémas. Ces illustrations représentent des planches d’anatomie réalisées d’après Vésale, ainsi que des instruments chirurgicaux. Certains de ces bois avaient déjà été utilisés dans La Manière de traicter les playes de 1551 et l’Anatomie universelle du Corps humain publié en 1561 (cf. les nos 475 et 476 du présent catalogue). Le titre est orné de la marque du libraire (Renouard, n° 653) et, au verso, du portrait de Paré âgé de 45 ans, gravé sur bois.

Cette édition est très rare. Les travaux de Paré se heurtèrent de son vivant à l’hostilité de la faculté de médecine de Paris, en dépit des succès incontestables de nombre de ses méthodes, dont la ligature des artères au lieu de la cautérisation à l’huile bouillante ou au fer rouge. Les autorités universitaires tentèrent d’effacer l’héritage précurseur de ce chirurgien autodidacte mais, en dépit de ces oppositions, il reste comme le père de la chirurgie française.

Petit manque à la coiffe supérieure. Exemplaire lavé avec le titre très restauré, cahiers [ ], ✽, Nn et le feuillet Mm8 restaurés en marges supérieure et inférieure, plusieurs feuillets restaurés dans la marge inférieure (A2 à A8, G2, M8, cahier N, Q3, X8, Aa2, Bb8, Ii1, Ii2, Ii7 à Kk1) ou supérieure (Kk8 à Ll8), le feuillet Ll1 avec petite reprise à l’encre. Marge latérale un peu courte sans atteinte au texte, sauf au feuillet Ff6 avec une figure légèrement touchée.

8 000 - 12 000 €

478

Ambroise PARÉ.

Les Œuvres d’Ambroise Paré, Conseiller, et premier Chirurgien du Roy. Divisees en vingt huict Livres, Avec les figures & portraicts, tant de l’Anatomie, que des instruments de Chirurgie, & de plusieurs Monstres. Reveuës & augmentees par l’Autheur. Quatriesme Edition.

Paris, Gabriel Buon, 1585. In-folio, maroquin bordeaux à recouvrements, triple filet à froid en encadrement sur les plats, dos lisse orné de même, encadrement intérieur avec les mêmes filets, tranches dorées, étui (René Aussourd).

Brunet, IV-366 // Cioranescu, 17044 // Doe, 31 // Tchemerzine-Scheler, V-42.

(13 f.)-MCCXLV-(84 f.) / ã6 4, a-z6, A-Z6, Aa-Dd6, Ee8, Ff-Zz6, AA-ZZ6, AAaZZz6, AAA-BBB6, CCC8 / 215 × 341 mm.

Troisième édition en partie originale des œuvres complètes du plus grand médecin du XVIe siècle, père de la chirurgie française. Elle est considérée comme la meilleure.

Le titre porte la mention Quatriesme edition mais toutes les bibliographies consultées ne citent que deux éditions des Œuvres parues antérieurement, en 1575 et 1579. Doe précise que la troisième édition « fantôme » serait en fait une édition en latin parue en 1582 sous le titre Opera

La première édition des Œuvres parut en 1575 chez Gabriel Buon. Elles furent réimprimées avec des augmentations successives chez le même éditeur en 1579 et 1585, celle que nous présentons. Une édition en 1588 à Lyon est citée par Brunet et Tchemerzine mais son existence est mise en doute par Janet Doe qui avance l’hypothèse d’une erreur typographique. Enfin, en 1598, parut le texte définitif chez la veuve de Gabriel Buon.

Si l’édition de 1585 ne donne pas le texte définitif, elle est en revanche, d’après Doe, la dernière à avoir été revue sur les presses par l’auteur lui-même. C’est la première complète du Traité des fievres qui a esté transporté & accommodé au livre des tumeurs contre nature pour mieux instruire le jeune chirurgien, c’està-dire remanié et intégré au chapitre des tumeurs, ainsi que de l’Apologie, et traicté contenant les voyages faicts en divers lieux par Ambroise Paré, qui se trouve placée après le vingt-huitième livre (ff. MCCVII à MCCXLV).

Cette œuvre considérable traite de tous les domaines de la médecine et de la chirurgie en donnant les remèdes et méthodes qui étaient pratiqués alors. Elle se devait, pour une application pratique, d’être illustrée par des dessins descriptifs et techniques.

Au total l’ouvrage comprend, entièrement gravés sur bois, un très bel encadrement de titre, 51 bandeaux, d’innombrables lettrines dont 29 de grand format, et plus de 360 illustrations à un ou plusieurs sujets montrant les instruments, outils, figures d’anatomie, manières d’opérer… et également les animaux étranges rencontrés dans les voyages, les monstres et prodiges humains et animaliers.

Certains exemplaires comportent en outre un portrait de Paré âgé de 75 ans, signé Giullis Horbeck, gravé sur bois et daté 1584, inséré entre les feuillets ã6 et 1. Doe précise que neuf exemplaires contiennent ce portrait, probablement imprimé pour l’ouvrage sans qu’il soit établi avec certitude qu’il fasse partie de l’édition. Notre exemplaire ne le possède pas.

On frémit, au vu des instruments, à l’idée des opérations pratiquées à l’époque, réduction de fractures, maladie de la pierre, hémorroïdes, trépanations, vérole, dentisterie… mais Ambroise Paré n’enseignait qu’à soulager les maux à une époque où les guerres et les maladies étaient choses courantes et la mort omniprésente ainsi que le révèle ce texte en marge d’un squelette :

La mort est la peur des riches.

Le désir des pauvres.

La ioye des sages.

La crainte des marchans.

Fin de toutes miseres.

Et commencement de la vie eternelle.

Bien-heureux aux esleuz.

Et malheureux aux reprouvez.

Petite usure à une coupe. Titre et premier cahier habilement restaurés.

3 500 - 4 500 €

[François RABELAIS].

La Vie admirable du puissant Gargantua ensemble la nativité De son filz pantagruel Dominateur des Alterez avec les faitz Merveilleux du disciple du dict Pantagruel.

Paris, On les vend a Paris en la rue neufve Nostre dame a Lenseigne Saint Nicolas, (Pierre Sergent), 1544 In-16, veau tabac, filets à froid sur les plats, dos à 4 nerfs avec pièce de titre marquée RABLAIS (Reliure du XVIIIe siècle).

Rawles et Screech, n° 128 // Renouard, Répertoire, 42 et 395 // TchemerzineScheler, V-249 // USTC, 14961. Manque à Brunet, Plan et Tchemerzine. (124 f.) / A-P8, Q4 / 24 lignes / 72 × 117 mm.

Seul exemplaire connu d’une édition rarissime des Chroniques de Gargantua, et du Disciple de Pantagruel, inconnue des bibliographes jusqu’à sa description par Lucien Scheler dans Humanisme et Renaissance (t. VI, n° 2, 1939).

La première œuvre de Rabelais jamais publiée, les Chroniques de Gargantua, parut pour la première fois en 1532 sous le titre Les Grandes et inestimables Cronicqs du grant enorme geant Gargantua. Le volume fut suivi ou imité, dès la même année ou l’année suivante, par plusieurs éditions plus ou moins de Rabelais, qui portent des titres différents mais approchants : Le grant roy de Gargantua, – Les chroniques du grant Roy Gargantua, – Le vroy gargantua, – La grande & merveilleuse vie du tres puissant & redoute Roi de Gargantua jusqu’à la huitième édition intitulée La Vie admirable du puissant Gargantua… qui parut à Paris, en la rue Neufve Nostre Dame a l’enseigne Sainct Nicolas en 1546. Le texte, qui occupe 75 feuillets, est suivi des Voyages & navigations de Panurge qui n’est qu’une nouvelle édition, sous un titre différent, du Disciple de Pantagruel qui avait été publié pour la première fois sans lieu ni date, mais que l’on doit dater de 1538 au plus tard. De cette huitième édition, il ne reste plus qu’un exemplaire, non localisé, qui avait appartenu au XIXe siècle à Monsieur de Below.

Cette nomenclature était celle couramment acceptée jusqu’à la vente de Ham House faite à Londres par Sotheby les 20 et 21 juin 1938 et où a figuré un exemplaire presque similaire à l’édition de 1546 mais daté de 1544, celui que nous présentons.

La rareté des premières éditions de Rabelais est telle et les mystères de la bibliophilie sont si merveilleux qu’il ne faut pas s’étonner que cette édition soit passée inaperçue pendant près de quatre siècles.

C’est à Lucien Scheler, acquéreur de l’ouvrage à cette vente et qui mentionne l’exemplaire dans son Tchemerzine, que nous devons une description précise de cette édition dans un article qu’il publia dans Humanisme et Renaissance en 1939. Nous en résumons les grandes lignes ci-dessous.

L’édition de 1544, dont c’est ici le seul exemplaire connu, fut publiée chez Pierre Sergent avant qu’il ne cède son fonds à son gendre Jean Bonfons en 1547. Il porte au dernier feuillet sa marque référencée par Renouard (n° 1035).

L’édition est illustrée de bois gravés dont un pour le titre, un en tête des Voyages et navigations (f. K4r), un à la fin du texte (f. Q3v) et deux dans le texte (ff. K5r et Q1r). Ces bois proviennent d’un matériel parisien et s’apparentent à ceux employés par Denis Janot ou Alain Lotrian.

Quant au texte lui-même, celui du Disciple de Pantagruel ici sous le titre Les Voyages et navigations que fit Panurge est à peu près semblable à celui des éditions déjà publiées et n’offre pas de particularités remarquables.

En revanche, le texte des Chroniques présente divers changements par rapport aux précédentes éditions. Il est, selon Scheler, à rapprocher de la septième édition citée par Plan (sans lieu ni date, vers 1533) mais l’armature même du récit est profondément modifiée. Certains chapitres sont réunis de telle sorte que les quarante-et-un chapitres de 1534 se trouvent réduits à trente. Le début, qui n’a rien de commun avec celui des Chroniques, rappelle par contre étrangement l’ouverture du prologue du vrai Gargantua

Exemplaire unique que Jean Bourdel a dû acquérir auprès de Lucien Scheler après que celui-ci en a fait la description dans la revue Humanité et Renaissance

Reliure tachée avec charnières frottées. Premiers feuillets brunis et restaurations angulaires à plusieurs feuillets.

Provenance :

Ham House (20-21 septembre 1938, n° 305).

3 000 - 4 000 €

480 François RABELAIS.

Les Œuvres de M. Francois Rabelais docteur en Medecine, Cõtenans cinq livres de la vie, faicts & dicts Heroïques de Gargantua, & de son fils Pantagruel : Avec l’oracle de la Dive Bacbuc, & le mot de la Bouteille. Plus, La Prognostication Pantagrueline.

Lyon, s.n., 1565

3 parties en un volume petit in-8, maroquin janséniste rouge, dos à 5 nerfs, doublure de maroquin bleu roi joliment ornée d’un encadrement de tiges foliacées dorées, doubles gardes, tranches dorées sur marbrure (Cuzin - Maillard dor.).

Cioranescu, 17937 // Plan, 99 // Rawles et Screech, 63 // TchemerzineScheler, V-307 // USTC, 9971.

418-(5 f.)-(2 f. blancs) / a-z8, A-D8  // 533-(5 f.) / aa-zz8, AA-LL8 // 97 f.(7 f.) / A-N8 // 72 × 120 mm.

Première édition collective complète contenant les cinq livres.

Elle se compose d’une première partie à pagination continue, contenant les deux premiers livres, d’une seconde partie également à pagination continue pour le Tiers Livre et le Quart Livre et d’une troisième partie pour le Cinquiesme et dernier livre avec une pagination par feuillets.

Cette dernière partie est illustrée d’un grand bois représentant la dive Bouteille avec l’oracle et contient in fine deux pièces restées anonymes, l’Epistre du lymosin de Pantagruel et La Cresme philosophalle des questions Enciclopediques de Pantagruel.

Le titre général est placé dans un bel encadrement gravé sur bois. C’est la première édition à mentionner sur ce titre général le Cinquiesme livre, qui a, par ailleurs, un titre séparé avec reprise du même encadrement.

L’édition est très rare. L’USTC ne mentionne qu’un exemplaire dans les bibliothèques publiques à la Boldleian Library et Rawles et Screech ne répertorient que l’exemplaire précité, un autre dans une collection privée en Allemagne et un troisième aux USA, à la Princeton University Library. Certains exemplaires portent la date de 1566 sur le titre général et celle de 1565 sur le titre du Cinquiesme Livre

Rawles et Screech rapprochent ce volume, paru sans nom d’éditeur, d’un groupe de sept autres œuvres de Rabelais comportant des caractéristiques typographiques communes (voir la notice n° 57 de leur bibliographie), en particulier le bois de la Bouteille, et qui sont à apparenter aux productions données par le libraire parisien Claude Micard. Il semble en réalité que le nom de Claude Micard, libraire ayant réellement existé, ait été utilisé par un ou plusieurs libraires et imprimeurs pour publier clandestinement des ouvrages controversés, en particulier à Lyon et à Genève.

Exemplaire dans une belle reliure doublée de Cuzin, dorée par Maillard, doreur qui exerça à Paris à la fin du XIXe siècle.

Titre de la première partie restauré dans la marge avec petite atteinte au cadre.

Provenance :

Maurice Cohen (ex-libris) et un ex-libris non identifié E.W.

8 000 - 12 000 €

481

François RABELAIS.

Les Œuvres de M. Francois Rabelais, Docteur en Medecine. Contenant cinq Livres de la vie, faicts, & dicts Heroïques de Gargantua, & de son fils Pantagruel. Plus, la Prognostication Pantagrueline, avec l’oracle de la Dive Bacbuc, & le mot de la Bouteille. Augmente de ce qui s’ensuyt. Des Navigations & Isle Sonante. L’Isle des Apedefres, La cresme Philosophale, avec une Epistre Limosine. Le tout par Maistre François Rabelais.

Lyon, Pierre Estiard, 1573

Un ouvrage en 2 volumes in-16, demi-maroquin rouge à long grain, dos lisses ornés de roulettes dorées, mention Lyon 1573 en pied (Reliure du XIXe siècle).

De Backer, 271 // Plan, 103 // Rawles et Screech, 69 // TchemerzineScheler, V-309b // USTC, 9976.

402-(5 f.)-576-(6 f.)-210-(18 f. dont le dernier blanc) / a-z8, A-Z8, AA-ZZ8 AAA-III8 / 69 × 116 mm.

Édition très rare selon Tchemerzine.

Elle est, d’après Rawles et Screech, à rapprocher d’un groupe de sept autres éditions de Rabelais, publiées sous de fausses adresses par un ou plusieurs imprimeurs/libraires non identifiés (cf. leur notice n° 57).

Cette édition porte sur le titre l’adresse de Lyon, Pierre Estiard. Or Pierre Estiard, libraire lyonnais ayant réellement existé, est mort en 1564, soit neuf ans avant la date de 1573 de notre volume. Il semble qu’Estiard, lui-même éditeur de livres controversés, ait souvent servi, après sa mort, de prête-nom à des éditions clandestines ou illégales et Rawles et Screech proposent, sans l’affirmer, l’hypothèse selon laquelle le nom Estiard aurait pu être utilisé par Estienne et Micard pour leurs collaborations clandestines.

Plan ne cite que l’exemplaire de la bibliothèque de l’Arsenal, mais l’USTC indique trois exemplaires dans les bibliothèques publiques (Arsenal, bibliothèque de Berlin et British Library). Rawles et Screech y ajoutent celui de la bibliothèque de Cleveland.

Dos passés.

1 200 - 1 800 €

482

François de SALES.

Traicté de l’amour de Dieu par François de Sales. Evesque de Geneve.

Lyon, Pierre Rigaud, 1616.

In-8, vélin souple ambre jaune à recouvrements, décor de doubles filets sur les plats avec deux encadrements joints aux angles, dos lisse orné du même décor, traces de lacets, tranches dorées (Reliure de l’époque).

Brunet, V-73 // Rochebilière, I-26.

(24 f.)-747-(9 f. dont le dernier feuillet blanc) / †-†††8, A-Z8, AA-ZZ8, AAABBB8 / 110 × 172 mm.

Édition originale de l’œuvre principale de François de Sales plus accessible à tous, plus souriant, le livre de l’introduction est plus populaire ; le traité est d’une pensée plus haute et plus essentielle… C’est un très grand livre par la pensée et par la forme, c’est l’œuvre capitale de François de Sales (Calvet in La Littérature religieuse de François de Sales à Fénelon).

Né en 1567 au château de Sales, en Savoie, François se destina au barreau et fut avocat à Chambray avant de tout abandonner pour embrasser l’état ecclésiastique. Il fut nommé prêtre et s’attacha avec succès à la conversion de protestants. Il devint évêque de Genève et fonda quelque temps plus tard, en 1610, la congrégation de la Visitation de la Vierge destinée aux soins des pauvres et des malades. Il refusa toutes les dignités et s’éteignit d’une attaque d’apoplexie lors d’un voyage à Lyon en 1622.

L’édition présentée, donnée par les bibliographes comme l’originale, a été qualifiée par Rochebilière de seconde édition selon une note manuscrite que celui-ci avait laissée dans son exemplaire. Cette affirmation doit être fortement combattue. Il est le seul à l’évoquer et personne d’autre ne fait mention d’une édition antérieure, édition qu’il n’avait lui-même jamais vue ! De plus, les approbations des docteurs datées 20 May 1616 et 25 May 1616, la Permission de monsieur le Lieutenant General du 26 May 1616 et l’achevé d’imprimer au dernier iour de Iuillet 1616 laissent peu de probabilités pour qu’une édition soit parue avant celle que nous présentons et qu’il faut donc considérer comme l’édition originale.

Une vignette gravée sur cuivre sur le titre.

Reliure salie avec petits manques aux charnières et aux coiffes. Ensemble des cahiers brunis, mouillure dans la marge intérieure du titre et de plusieurs feuillets, petites brûlures aux pages 195 à 199 (N2 à N4), 203 (N6) et 533-535 (LL3-LL4).

Provenance :

Ex-libris biffé sur le titre.

300 - 500 €

483

[Pierre SALIAT]. HÉRODOTE.

Les Neuf livres des histoires de Herodote prince et premier des Historiographes Grecz, intitulez du nom des Muses… Plus un recueil de George Gemiste dict Plethon, des choses avenues depuis la iournée de Mantinée. Le tout traduict de Grec en François par Pierre Saliat…

Paris, pour Etienne Groulleau, 1556.

In-folio, veau marron avec décor de type Du Seuil, larges écoinçons et fer central à entrelacs à fond doré, dos à 5 nerfs, tranches dorées (Reliure de l’époque avec le dos en grande partie moderne).

Adams, H-410 // Brunet, III-126 // Cioranescu, 20302.

(4 f.)-CCXLIII f.-(1 f. blanc manquant ici) / a4, a-z6, A-R6, S4 / 209 × 325 mm.

Édition originale de la première traduction d’Hérodote en français, donnée par Pierre Saliat

C’est à ce savant latiniste et helléniste du XVIe siècle, que l’on doit les premières traductions des Histoires d’Hérodote en français. Il avait auparavant traduit entre autres le traité d’éducation rédigé en latin par Érasme, De pueris

Les Histoires d’Hérodote sont composées de neuf livres, dont chacun porte le nom d’une muse. Elles occupent ici les feuillets I à CCXXV (mal numérotés CXXV) et sont suivies d’un Recueil des choses avenues depuis la journée de Mantinée composé par Georges Gémiste, dit Pléthon, philosophe byzantin des XIVe et XVe siècles, dont la traduction est également due à Pierre Saliat.

Cette édition fut probablement partagée entre Étienne Groulleau et Jean de Roigny, autre éditeur parisien dont le nom figure sur certains exemplaires.

Marque de Groulleau sur le titre (Renouard, n° 410) et une grande lettrine gravée sur bois en tête de chaque livre d’Hérodote.

Manque le dernier feuillet blanc. Deux annotations marginales à l’encre et ex-libris non identifié au verso du feuillet S3.

Reliure restaurée avec le dos refait, taches et macules. Titre doublé avec restauration un peu grossière, pâle mouillure marginale au cahier i et taches brunes aux feuillets P1 et P2. L’exemplaire présente des tranches un peu inégales provenant de la restauration faite au dos. Une note de Georges Heilbrun in fine précise qu’il a fait procéder à la restauration et que le volume n’a jamais été sorti de sa reliure d’origine.

Provenance :

G. Daunat (?, ex-libris manuscrit sur le titre).

400 - 600 €

484 [Claude de SEYSSEL]. APPIEN d’Alexandrie.

Des Guerres des Rommains, Livres XI. Assavoir, Le Libyque. Le Syrien. Le Parthique. Le Mithridatique. Le Illyrien. Le Celtique. Et Cinq des guerres Civiles. Plus le Sixiesme desdictes guerres Civiles, extraict de Plutarque. Le tout traduict en Francoys par feu M. Claude de Seyssel, premierement Evesque de Marseille, & depuis Arcevesque de Turin.

Lyon, Antoine Constantin, 1544. Grand in-4, veau marron, trois encadrements de filets gras et maigres à froid avec fleurons dorés aux angles et sénestrochère au centre, dos à 7 nerfs avec filets à froid et fleurette dorée répétée (Reliure de l’époque).

Baudrier, II-34 // Brunet, I-357 // Cioranescu, 20740.

(16 f.)-630 (mal chiffrée 640, la pagination sautant de 378 à 389)-(1 f.) / A-D4, a-z4, aa-zz4, A-Z4, AA-KK4 / 211 × 332 mm.

Édition originale de la traduction française par Claude de Seyssel de la version latine donnée par Petro Candido

Nous avons déjà donné une biographie de Claude de Seyssel (ca 14401520) pour sa traduction de Diodore de Sicile (cf. Bourdel, II, 20 mars 2025, n° 323). D’abord professeur d’éloquence à Turin, il se rendit à Paris, fut conseiller d’État, ambassadeur auprès de Henri VIII d’Angleterre puis entra dans les ordres sans qu’on en connaisse la raison et devint évêque de Marseille puis archevêque de Turin, ville où il s’éteignit en 1520.

C’est l’auteur de nombreuses traductions, dont celle-ci, des œuvres de l’historien grec Appien qui vécut sous Trajan, Adrien et Marc Aurèle, au IIe siècle de notre ère, et écrivit une histoire romaine en vingt-quatre livres dont quatorze ont été perdus. Cet historien utilisait une méthode nouvelle consistant à raconter les faits nation par nation et non dans leur globalité. Si la méthode est audacieuse, Appien n’en reste pas moins un historien impartial, exact, judicieux, élégant et clair (Larousse).

Cette traduction française a été faite sur la traduction latine donnée par Petro Candido publiée à Venise chez Spira en 1472.

Titre avec un très bel encadrement architectural composé de deux larges bandeaux, cariatides, démons, coupes et guirlandes de fruits,… grandes et petites lettrines gravées sur bois dont 5 très grandes à décor floral et fond criblé. Marque au rocher d’Antoine Constantin au verso du dernier feuillet.

Exemplaire de la bibliothèque de Marc Fugger avec au premier contreplat sa signature Marcus Fuggerus, une cote de bibliothèque Arc 157 / Nro 10 et le cachet des princes d’Oettingen-Wallerstein sur le titre. Marc Fugger (1529-1597), riche banquier de la ville d’Augsbourg, versé en divers domaines, s’occupa entre autres de la recherche de la pierre philosophale. Auteur d’écrits et de traductions, il avait une très riche bibliothèque dont les ouvrages sont très recherchés. Sa bibliothèque passa ensuite de ses descendants à son beau-frère, le comte d’Oettingen-Wallerstein. Une partie, dont ce volume, fut vendue aux enchères en 1933-1935. Le reste est conservé dans les bibliothèques de Munich, Augsbourg et Vienne.

Le volume est relié en veau avec un décor simple que prisait Marc Fugger pour ses ouvrages.

L’exemplaire est beau malgré des restaurations et petites épidermures sans gravité. Manque marginal à 3 feuillets dû à la taille initiale de la feuille (t4, dd4, kk4), réparations dans la marge du titre et à deux feuillets (pp4 et H1).

Provenance :

Marc Fugger (ex-libris manuscrit) et princes d’Oettingen-Wallerstein (cachet sur le titre, II, 6-7 novembre 1933, n° 100).

1 000 - 1 500 €

485

Claude de TAILLEMONT.

Discours des champs faez, A l’honneur, & exaltation de l’Amour, & des Dames, par C. de Taillemont Lyonnois.

Lyon, Michel du Bois, 1553.

In-8, velours sable, dos à 3 nerfs (Reliure de l’époque).

Brunet, V-645 // Cioranescu, 20986 // USTC, 27434. Manque à Baudrier.

(8 f.)-280 / ✽8, a-r8, s4 / 100 × 160 mm.

Édition originale, rare.

Ce petit volume rédigé en l’honneur de l’amour fut écrit par un poète de l’école lyonnaise, Claude de Taillemont (1505 ? - 1558 ?) qui fut un promoteur de la nouvelle orthographe fondée sur la phonétique que défendit également Jacques Pelletier du Mans. Il fit paraître en 1556 un recueil de poésie, La Tricarite, dont l’impression obéissait à ces nouvelles règles (cf. le n° 457 du présent catalogue) mais l’ouvrage que nous présentons, publié trois ans avant son recueil, est quant à lui imprimé suivant les règles classiques de l’orthographe française de l’époque.

Le Discours des champs faez, c’est-à-dire féériques, contient deux discours, un Premier discours à l’honneur des dames et un Second discours à l’exaltation du vray Amour

Impression en caractères italiques ornée au verso du titre d’un portrait de l’auteur âgé de 26 ans, gravé sur bois. Marque de Michel Du Bois sur le titre. Baudrier reproduit cette marque (XII-471) en l'attribuant faussement à Antoine Blanc, imprimeur lyonnais qui officia dans cette ville de 1570 à 1584.

Exemplaire en partie dérelié, parties de velours usées. Mouillure affectant le titre et 10 feuillets (h1 à i2), quelques feuillets piqués, trait d’encre marginal à un feuillet (c6), manque marginal à un coin dû à la taille initiale de la feuille (a3).

Provenance : Caterine de Tulle (mention manuscrite au dernier feuillet).

400 - 600 €

484

Patrice TRICASSE DES CERESARS.

La Chiromance de Patrice Tricasse Des Ceresars, Mantoüan. Traduicte d’Italien en François, reveuë & corrigée nouvellement.

Paris, Ambroise Drouard, 1583.

In-8, maroquin bleu nuit, plats ornés d’un riche décor doré avec deux encadrements de doubles filets dorés dont un quadrilobé, petits fers perlés dans les angles et les milieux et grande composition centrale formée de plusieurs fers, chiffres de Louis XIII et d’Anne d’Autriche dans les angles, dos à 5 nerfs richement orné, roulette intérieure et sur les coupes, tranches dorées sur marbrure (Reliure vers 1690-1700).

Brunet, V-945 // Conihout et Ract-Madoux, n° 27 // Quentin-Bauchart, 205, n° 43 // USTC, 1727.

96 f. / A-M8 / 92 × 148 mm.

Belle reliure archaïsante exécutée pour le « Groupe des Curieux » sur un rare ouvrage de chiromancie.

Patrizio Tricasso, né vers 1491 à Ceresara, dans la région de Mantoue en Italie, est un mathématicien entré dans l’ordre des Dominicains, dont on ignore à peu près tout, sinon qu’il s’appliqua à l’étude des mathématiques et des sciences occultes et que ses ouvrages sur le sujet furent interdits par la cour de Rome. Il mourut vers 1550.

Son principal ouvrage, Chyromantia, parut pour la première fois en italien à Venise en 1524 et fut souvent réédité. Il fut donné en français par un traducteur resté anonyme et parut dans cette langue à Paris, chez Pierre Drouard en 1546. L’ouvrage connut un grand succès et fut réédité en 1552 et 1561 chez le même éditeur, en 1560 à Paris chez Claude Frémy, puis en 1583 chez le fils de Pierre Drouard, Ambroise, dans l’édition que nous présentons.

Elle est illustrée de la marque de l’imprimeur au titre (Renouard n° 1410, marque d’Étienne Groulleau avec les initiales changées) et de 49 gravures représentant des paumes avec diverses lignes de la main légendées, renvoyant à leur interprétation en regard dans le texte.

Très bel exemplaire conservé dans une reliure archaïsante exécutée pour le « Groupe des Curieux ».

C’est à l’extrême fin du XVIIe siècle et au tout début du XVIIIe, entre 1690 et 1710, que se constitue un petit groupe d’amateurs bibliophiles parisiens qui commandent, pour des livres rares exclusivement français ou traduits en français, des reliures aux décors imités ou inspirés de modèles anciens.

Ces reliures, étudiées par Isabelle de Conihout et Pascal Ract-Madoux, ont toutes été réalisées par un unique atelier, celui de Boyet ou de son doreur comme en témoignent les fers utilisés, et elles se répartissent en une quinzaine de groupes identifiés selon les décors dont elles sont ornées. Cette reliure appartient au groupe 2, dit reliures « Louis XIII-Anne d’Autriche », presque toutes en maroquin bleu nuit, réalisées entre 1690 et 1700. Ces reliures, déroutantes parce que archaïsantes parfois jusqu’au pastiche (Jean Viardot), ont longtemps induit en erreur les bibliophiles et bibliographes et notre volume a été intégré par Quentin-Bauchart à sa liste de livres provenant de la bibliothèque d’Anne d’Autriche.

Si le « Groupe des Curieux » est encore mystérieux, Conihout et RactMadoux ont identifié quatre possibles amateurs commanditaires des reliures et penchent, concernant le groupe 2, pour Jérôme Duvivier dont le chiffre orne certains exemplaires. Sur la Chiromance, la page de titre porte l’ex-libris manuscrit Le Riche, pour Antoine Leriche (1643-1715), autre curieux du même groupe qui acquit peut-être certains volumes auprès de Duvivier.

L’exemplaire porte d’autres marques de provenance, dont une note de Jean-Jacques de Bure datée du 28 décembre 1825 et le cachet de la bibliothèque Golitzin sur le titre. Dans les catalogues de ces deux ventes, il est présenté comme provenant de la bibliothèque d’Anne d’Autriche. Un petit trou de ver à une coiffe. Exemplaire un peu court dans la marge supérieure avec atteinte du couteau du relieur à deux titres courants.

Provenance :

Antoine Leriche (ex-libris manuscrit), B. Nohot (ex-libris manuscrit), Jean-Jacques de Bure (annotation, 1er-21 décembre 1853, n° 323) et prince Michel Golitzin (cachet, catalogue de sa bibliothèque, 1866, n° 357).

8 000 - 12 000 €

487

[François de VERNASSAL – Francisco VAZQUEZ].

L’Histoire de primaleon de grece continuant celle de Palmerin d’Olive Empereur de Constantinople son pere, naguere tirée tant de l’Italien comme de l’Espagnol, & mise en nostre vulgaire par François de Vernassal Quercinois. Avec le temps.

Paris, Vincent Sertenas, 1550. In-folio, maroquin rouge, large encadrement droit formé de roulettes et filets dorés, dos à 6 nerfs orné, doublure de maroquin rouge ornée d’un large encadrement droit avec roulette, filets et fers dorés, chiffre AA frappé sur une pièce de maroquin contrecollée, tranches dorées sur marbrure (Reliure vers 1800).

Brun, 286 // Brunet, IV-875 // USTC, 40985.

(10 f.)-CLXXIII f.-(1 f. probablement blanc manquant ici) / a6, b4, A-Z6, Aa-Ff6 / 196 × 309 mm.

Première édition française, traduite par François de Vernassal et illustrée de nombreux bois dans le texte.

Le Primaleon de Grèce appartient au cycle chevaleresque de Palmerin d’Olive, dont il est une suite présentée comme traduite du grec en espagnol au début du XVIe siècle, par un auteur connu sous le nom de Francisco Vazquez. Il semble que Vazquez soit en réalité le nom d’emprunt d’une femme non identifiée de la ville de Ciudad Rodrigo, en Castille. Ce roman avait été traduit d’espagnol en italien par Roseo Mambrino et il semble que c’est à partir des versions espagnole et italienne que François de Vernassal composa sa traduction française du premier livre du Primaleon

Elle parut à Paris chez Vincent Sertenas en 1550, imprimée par Pasquier Le Tellier et avec un privilège de libraire partagé avec Étienne Groulleau et Jean Longis. L’ouvrage est illustré de 51 bois gravés (en réalité 35 bois différents dont 8 répétés 2 fois, un répété 3 fois et 2 répétés 4 fois), la plupart dans des encadrements composés de 4 parties distinctes gravées sur bois.

L’illustration est en partie tirée de (ou réutilisée dans) l’Amadis de Gaule, paru chez les mêmes éditeurs entre 1540 et 1556, mais comprend également des compositions nouvelles, dont une marquée de la croix de Lorraine. Plusieurs bois avaient en outre déjà servi à illustrer le Premier livre de l’histoire et ancienne cronique de Gerard d’Euphrate, paru en 1549 avec un privilège partagé par les mêmes libraires parisiens Groulleau, Longis et Sertenas (cf. le n° 469 du présent catalogue) et serviront aussi pour L’Histoire palladienne de Claude Colet publiée en 1555 (cf. le n° 465 du présent catalogue). Le volume est en outre orné de grandes lettrines à fond blanc, gravées sur bois également. Le titre porte ici la marque de Vincent Sertenas (Renouard, n° 1038), et la devise Avec le temps se trouve sur le titre et au feuillet CLXXIII.

Le dernier feuillet manque ici. Il est très probablement blanc et l’exemplaire conservé à la BnF ne le possède pas non plus.

Le volume a appartenu à Adolphe Audenet, dont l’ex-libris a été contrecollé au contreplat, ainsi qu’à un membre de la famille Du Pouget de Nadaillac dont il porte un ex-libris armorié avec la devise Virtus in haeredes

Bel exemplaire malgré quelques macules et le dos fortement passé. Restauration angulaire au titre et au feuillet Ff5. Plusieurs bois comportent dans la partie inférieure de l’encadrement un blason qui a été anciennement colorié en rouge, puis lavé ultérieurement. Quelques soulignements anciens.

Provenance :

Adolphe Audenet (ex-libris, absent des ventes de 1839, 1841 et 1874) et Du Pouget de Nadaillac (ex-libris).

2 000 - 3 000 €

488

[Jacques VINCENT].

L’Histoire amoureuse, de Flores et Blanchefleur s’amye. Avec la complainte que fait un Amant, contre Amour & sa Dame. Le tout mis d’Espagnol en François. Reveu, corrigé & augmenté de nouveau. – La Complainte et advis, que fait Luzindaro, prince d’AEthiopie : à l’encontre d’Amour, & d’une Dame : continuee iusques à leur fin. Mise de Grec en Castillan. Puis translatee en François, par Iacques Vincent du Crest Arnauld en dauphiné, Aumosnier de Monsieur le Comte d’Anguien.

Rouen, Raphaël du Petit Val, 1597 2 parties en un volume in-12, maroquin rouge, triple filet, dos à 5 nerfs orné (Reliure du XVIIIe siècle).

Barbier, II-639 // Brunet, II-1300 // USTC, 75235.

191 (manque les pages 55 à 58) / A-H12 / 73 × 144 mm.

Cinquième édition, la première ayant paru en 1554.

L’histoire de Flores et Blanchefleur est issue de la tradition médiévale des grands romans de chevalerie et d’amour courtois, dans lesquels les héros vivent de multiples péripéties avant d’arriver au terme de leur amour contrarié. Flores, fils du roi Félix et héritier du trône d’Al-Andalus, et Blanchefleur, fille d’une dame de compagnie de la reine, sont nés le même jour et élevés ensemble, mais le roi, craignant leur amour, fait enlever Blanchefleur et la vend à l’émir de Babylone. Flores, l’ayant appris, se lance à sa recherche. Les deux amants se retrouvent à Babylone et la constance de leur amour enjoint l’émir, qui souhaitait épouser Blanchefleur, à la clémence. Ils se marient puis, apprenant la mort de Félix, rentrent en Al-Andalus où ils héritent du trône et se convertissent ainsi que leurs sujets.

Ce conte, qui connut un grand succès dans toute l’Europe du XIIe au XVIe siècle, est ici traduit d’une version espagnole anonyme par Jacques Vincent. La traduction parut pour la première fois à Paris en 1554 chez Michel Fezandat, puis fut réimprimée une fois à Paris, puis deux fois à Lyon avant l’édition que nous présentons, rouennaise, donnée par Raphaël Du Petit Val en 1597. Elle se divise en deux parties, L’Histoire amoureuse, de Flores et Blanchefleur s’amye (p. 1 à 102) suivie d’une Complainte et advis, que fait Luzindaro, prince d’AEthiopie : à l’encontre d’Amour… (p. 103 à 174), séparées par une page de titre comprise dans les signatures et la pagination. Les pages 175 à 191 sont occupées par Diverses poésies annoncées par un simple titre courant. Mors un peu frottés. Manque 2 feuillets (C4 et C5), titre un peu taché et pâle mouillure au cahier A, déchirure marginale à 2 feuillets (A11 et A12) et manque angulaire au dernier feuillet.

Provenance :

Eugène Chaper (ex-libris).

400 - 600 €

INDEX GÉNÉRAL DES VENTES JEAN BOURDEL

Vente I – 19 juin 2024 (lots 1 à 165) - Vente II – 20 mars 2025 (lots 166 à 328) - Vente III – 14 avril 2026 (lots 329 à 488)

Auteurs et ouvrages anonymes

A

Agoustin, P. : 388

Alaigre, Antoine : 426

A la noblesse de France … sur la mort du…

Duc de Guise… : 274

Albergati, Vianesio : 143

Alberti, Léon-Baptiste : 86

Alciat, André : 1

Alexis, Guillaume : 2, 3

Alsinois, comte d’ : 259

Amboise, François d’ : 53

Amboise, Michel d’ : 54 à 57

Amyot, Jacques : 297 à 299

Anacréon : 221

André, Élie : 221

Andrelin, Fauste : 4

Aneau, Barthélémy : 423

Angier, Paul : 426

Anjou, René d’ : 361

Appien : 484

Arbre des batailles : 17

Argy, Claude d’ : 410

Arioste : 378, 412

Aubert, Guillaume : 80

Aubigné, Théodore Agrippa d’ : 215, 379, 380, 460

Aubret, Guillaume : 270

Audiguier, Vital d’ : 381, 438

Aurigny, Gilles d’ : 382, 417

Auriol, Blaise d’ : 361

Aventurier (L’) rendu à danger… : 330

Avost, Jérôme d’ : 216

Aymon, Quatre fils : 207

B

Babillet, Pierre : 20

Baïf, Jean-Antoine de : 59, 60, 61, 63, 217 à 219, 255, 259, 393

Baïf, Lazare de : 58

Balsat, Robert de : 23

Baude, Henri : 38

Baudouin de Flandre : 5

Beaujeu, Christophe de : 220

Bectone, Claude de : 417

Belin, Laurent : 8

Belin, Robert : 414

Belleau, Remy : 62, 63, 130, 221, 222, 255, 270, 276, 281, 393

Belle Dame sans mercy : 26

Bellemère, Gilles de : 198

Belliard, Guillaume : 223

Bellion, François Thoris : 410

Bernay, Alexandre de : 194

Beroalde, Philippe : 402

Béroalde de Verville, François : 133, 428

Berry, Gilles : voir Bouvier

Bertaut, Jean : 224, 249, 438

Bertrand du Guesclin.

Les prouesses et vaillaces : 47

Beufves Danthonne : 9

Bèze, Théodore de : 225

Blackwood, Adam : 274

Blanchon, Joachim : 383

Blenet : 428

Boccace, Jean : 300, 301

Bochetel, Guillaume : 58

Bodin, Jean : 461, 462

Boiardo, Mathieu-Marie : 134

Borderie, seigneur de : 426

Boton, Pierre : 395

Bouchet, Jean : 10 à 12, 169, 384, 437

Bougouinc, Simon : 13, 14, 361

Bourdigné, Charles : 15

Bouterouë : 428

Boutillier, Jehan : 16

Bouvet, Honoré : 17

Bouvier, Gilles : 464

Brach, Pierre de : 64, 65, 249, 315

Brandt, Sebastian : 18

Brissard : 428

Brizard, Nicolas : 403

Brun, Jehan : 412

Brunfels, Otto : 305

Buchanan, George : 315

Bueil, Jean de : 210

Bugnin, Jacques de : 19

Buttet, Marc-Claude de : 226, 227

CCabinet des muses : 66

Cabinet satyrique ou Recueil… : 228

Calixte II : 369

Callier : 437

Calvin, Jean : 463

Camus, Philippe : 351

Candido, Petro : 484

Caquet des bones chamberieres : 20

Caulier, Achille : 27

Cent nouvelles : 21

Cessoles, Jacques de : 22

Cest le romant de la belle Helayne… : 194

Champier, Symphorien : 23, 24

Chappuys, Claude : 308, 385

Charbonnier, François : 453

Charron, Pierre : 135, 302

Chartier, Alain : 25 à 27, 40, 303, 464

Chassignet, Jean-Baptiste : 386

Chasteau Damours… : 182

Chasteau de labour… : 181

Chastelain, Georges : 205, 360

Chevalier, Guillaume de : 387

Chillac, Timothée de : 67

Chrestien, Jehan : 387

Chrétien de Troyes : 201, 355

Christine de Pisan : 22, 28

Cicéron : 141

Cinquante (Les) et ung arrest damours : 331

Civilité puérile… : 305

Claret de Tourette de Fleurieu, Annibal : 408

Clauso, Jean de : 29

Cleriende : 376

Clouet, Jean : 392

Colet, Claude : 382, 424, 465

Colin, Jacques : 417

Colonna, Francesco : 466

Comédie des tromperies… : 262

Commines, Philippe de : 30, 31, 304

Complaincte douloureuse de lame dapnee : 32

Complainte de France : 29

Complainte lamentable de la mort de …

Duc de Guise… : 274

Conge pris du siecle seculier : 19

Conqueste de Grèce… : 48

Contenances de la table : 33

Contredictz de Sogecreux… : 208

Controversses des Sexes Masculin et Femenin : 49

Coquillart, Guillaume : 34, 68

Cornu, Pierre de : 229

Crassus, Jean : 414

Crenne, Hélisenne de : 136, 137

Crétin, Guillaume : 35, 205

Croniqs du treschrestien … Loys de Valoys : 36

Cronique & hystoire… durant le regne du Roy Loys… : 30, 31

Cy comence lospital damours : 27

Cy commence Guy de Warvich… : 191

Cy est le Romat de la Roze… : 212

D

Daix, François : 69

Dalençon, Louis : 274

Damerval, Eloy : 37

Davity, Pierre : 438

Debat de la Dame et de Lescuyer : 38

Debat du vieulx et du jeune : 39

Deffence, et illustration de la Langue Francoyse : 142

Deimier, Pierre de : 70

Delaudun, Pierre : 230

De l’eloquence francoise… : 144

Delie. Object de plus haulte vertu : 286

Demandes damours… : 40

Denisot, Nicolas : 259, 465

De Obitu Invictiss. ac. Christianiss… : 274

Deplanches, Jean : 388

Des Autels, Guillaume : 324, 325, 389, 390

Des Coles, Jean : 391

Désiré, Artus : 71, 72

Desmarins de Masan, Bertrand : 41

Des Masures, Louis : 73, 74, 417

Desmons, L. : 274

Des Périers, Bonaventure : 231, 232, 233, 417, 424

Desportes, Philippe : 63, 75, 76, 228, 272

Des Roches, Madeleine et Catherine : 234

Digulleville, Guillaume de : 190

Diodore de Sicile : 138, 139, 323

Divry, Jean : 4, 42

Docteur en malice, Maistre Regnard : 164

Doctrinal des bons serviteurs : 43

Doctrinal des femmes mariées : 44

Doctrinal des filles : 45, 46

Dolet, Étienne : 140, 141

Dorat, Jean : 63, 77, 78, 259, 270, 272, 392, 393, 444

Doublet, Jean : 394, 414

Douze fables de fleuves ou fontaines… : 289

Du Bellay, Guillaume : 467

Du Bellay, Joachim : 79, 80, 81, 130, 142, 235, 236, 259, 315, 395 à 397, 434

Du Bellay, Martin : 467

Du Buys, Guillaume : 82

Du Chastel, Pierre : 308

Du Chemin, Jean : 315

Du Chesne, André : 464

Du Chesne, Joseph : 237

Du Chesne, Légier : 274

Du Guillet, Pernette : 417

Du Mirail, Emmanuel : 315

Du Monin, Jean-Édouard : 238, 392

Du Perron, Jacques Davy : 239, 438

Du Pin, Perrinet : 48

Du Pont, Gratien : 49

Du Pré, Jehan : 50

Du Puy, Pierre : 322

Du Saix, Antoine : 51, 468

Du Thier, Jehan : 143

Du Trillet : 259

Du Vair, Guillaume : 144

Du Verdier, Antoine : 240

EEginhard : 327

Epistre du bon frere… : 52

Epistres morales & familieres… : 384

Epistres veneriennes… : 54

Érasme : 305, 468

Erreurs amoureuses : 128

Escouchy, Mathieu d’ : 348

Espinette du ieune prince : 13

Estienne, Charles : 145

Estienne, Henri : 146, 147, 221

Estrenes des Filles de Paris : 42

Euripide : 58

F

Faber, H. : 412

Fabri, Pierre : 166

Faintises du monde : 2

Faitz & gestes … de Geoffroy a la grant dent… : 174

Farce de Maître Patelin : 262

Farce nouvelle moralisee a XIII personnages : 167

Fataisies de Mere Sote : 183

Fauchet, Claude : 148

Faure, Antitus : 356

Février, Claude : 414

Fillastre, Guillaume : 168

Fleur et triumphe de cent et cinq rondeaulx… : 169

Flores, Jean de : 170

Folengo, Teofilo : 412

Folles entreprises… : 184

Fontaine, Charles : 241, 424, 426

Fontaine des amoureux… : 200

Forcadel, Étienne : 242

Fornier, Jean : 378

Foucqué, Michel : 243

Franc, Martin : 171, 172, 244

François, Gérard : 245

Fregoso, Antonio Phileremo : 56

Froissart, Jean : 173

GGamon, Christophe de : 246, 247

Garnier, Claude : 248, 448

Garnier, Robert : 279, 398

Garrault, François : 461

Gauchet, Claude : 399, 400

Gémiste, Georges : 483

Geoffroy a la grant dent : 174

Gérard d’Euphrate : 469

Gestes ensemble la Vie du preux Chevalier

Bayard : 24

Giroufflier aux dames : 175

Gohory, Jacques : 328

Goltzius, Hubert : 285

Goujon, Jean : 315

Goulart, Simon : 285, 306

Gournay, Marie de : 158, 161

Grand patience des femmes… : 176

Grans (Les) Regretz du… capitaine Ragot… : 358

Grant blason de faulces amours : 3

Grant triumphe et honneur des dames… : 177

Greban, Arnoul : 178, 179, 180

Greban, Simon : 179

Grévin, Jacques : 83, 84

Gringore, Pierre : 181 à 188, 199

Grisel, Jean : 249

Guéroult, Guillaume : 307, 451

Guevara, Antoine de : 426

Guide des chemins de France : 145

Guide, Philibert : 401

Guillaume de Palerme : 189

Guilleville, Guillaume de : 190

Guise, Charles de : 274

Guy, Michel : 250

Guy de Tours : 250

Guy de Warwich : 191

Gyron le Courtois… : 192

Auteurs et ouvrages anonymes

HHabert, François : 55, 193, 402, 403

Habert, Isaac : 404, 405

Hamen, François : 424

Hecatomphile : 86

Hegemon, Philibert : 401

Helayne de Constantinople : 194

Héliodore : 297

Herberay, Nicolas de : 469

Hérodote : 483

Heroet, Antoine : 85, 86, 426

Herpin, René : voir Jean Bodin

Hesteau, Clovis : 87

Histoire de Huon de Bordeaux… : 149

Histoire (L’) de Isaie le triste… : 377

Homère : 122, 282, 434, 453

Homme iuste & lhomme mondain : 14

Huon de Bordeaux : 149

Hypnerotomachie… : 466

Hystoire du noble … Guillaume de Palerne… : 189

Hystoire et cronicque du noble et vaillant Baudouyn : 6

Hystoire & cronicque du petit Jehan… : 202

Hystoire romaine de la belle Cleriende… : 376

Hystoire tresrecreative… du noble … Theseus… :

366

IInstitutionum iuris civilis Libri quatuor : 309

JJamyn, Amadis : 78, 88, 89, 90, 279, 393, 446

Jardin de plaisance et fleur de rethoricque… : 195, 196

Jean d’Arras : 197

Jean de Calais : 195, 196

Jehan de Saintré… : 202

Jeu des eschez moralise : 22

Jeu du prince des sotz… : 186

Jeunesse d’Etienne Pasquier : 106

Jodelle, Étienne : 255, 406, 407, 453, 465

Joinville, Jean de : 308, 470

Joubert, Laurent : 412

Jourdain : 195, 196

Joÿes (Quinze) de mariage : 198

Justinien Ier : 309

Juvenal : 57

LLabé, Louise : 91, 92, 408

La Boétie, Étienne de : 93, 94, 306

La Borderie, Bertrand de : 417

La Camara, Juan Rodriguez de : 368

La Celle, abbé de : 412

La Cépède, Pierre de : 353

La Chesnaye, Nicole de : 349

La Coindrie : 388

Lacu, Jehan de : 199

La Fontaine, Jehan de : 200

La Garde, Guy de : 95

Lagny, Godefroy de : 201

La Hueterie, Charles de : 424

Lallier : 290

La Marche, Olivier de : 310

Lambert, Nicolas : 308

La Meschinière, Pierre Énoc de : 409

La Motte-Messemé, François Le Poulchre de : 410

Lancelot du Lac : 201

Langlois de Belestat, Pierre : 410

La Nouë, François de : 471

La Perrière, C. de : 412

La Perrière, Guillaume de : 251

La Péruse, Jean Bastien de : 96

La Picardière : 438

La Porte, Jacques de : 414

La Pujade, Antoine de : 252, 253

La Ramée, Pierre de : 163

Larivey, Pierre de : 150, 151

La Roche, N. de : 273

La Salle, Antoine de : 202

Lascaris, Jean : 323

La Souche : 428

La Taille, Jacques : 98

La Taille, Jean : 97, 98

La Tayssonnière, Guillaume de Chanein de : 411

La Tour d’Albenas, Bérenger de : 412, 413

Lautens, Jean : 310

La Vigne, André : 363

Le Caron, Louis : 472

Le Chevalier, Robert et Antoine : 254

L’Écluse : 428

Le Fèvre, Jean : 333, 334

Le Fèvre, Raoul : 203

Le Gras, Jacques : 414

Le Gras, Jean : 414

Le Loyer, Pierre : 415, 416

Le Maçon, Antoine : 300

Lemaire de Belges, Jean : 204 à 206

Le Picard, François : 274

Le Plessis-Prevost : 431

Le Queux, Regnauld : 195, 196

Le Rocquez, Robert : 99

Le Rouillé, Guillaume : 272, 311

Le Roy, Louis : 274, 312, 313, 397

Lescot, Nicolas : 274

Lesnauderie, Pierre de : 207

L’Espine : 438

L’Espine du Pont-Alais, Jean de : 208

L’Estrange, Claude de : 412

Lestrange, F. de : 412

Le Tasse : 65

LHystoire de Olivier de Castille… : 351

Lingendes, Jean de : 438

Linocier, Guillaume : 392

Livre (Le) de plusieurs pieces… : 417

Livre des trois filz de roy… : 209

Livre des visions fantastiques… : 55

Livre du iouvencel… : 210

L’Ormois : 431

Lorris, Guillaume de : 100, 211, 212, 343, 344

Louenge et beaulte des dames : 213, 214

Louveau, Jean : 305

Loynes, Antoinette de : 259

Lucène, Fernand de : 368

Luzy, Rostaing de : 473

M

Macault, L’Esleu : 417

Magny, Olivier de : 55, 255, 256, 453, 465

Mailles, Jacques de : 7

Main ou Œuvres poétiques faits sur la Main : 107

Maldeghem, Philippe de : 257

Malherbe, François de : 438

Mambrino, Roseo : 487

Mamerot, Sébastien : 329

Mammeteau, Adrian : 272

Maniald, Estienne : 315

Mantice, ou Discours… : 324

Marcassus, P. : 448

Margny, Jean de : 330

Marguerite d’Angoulême : 417

Marguerite de Navarre : 101, 102, 258, 259

Margues, Nicolas : 274

Marot, Clément : 212, 228, 417, 418, 420 à 424, 426

Marot, Jean : 8, 360, 418, 419

Martel, Louis : 414

Martial d’Auvergne : 331

Martin, Jean : 260, 425, 466

Massac, Charles de : 261

Massac, Raymond de : 261

Mathéolus : 333, 334

Maugin, Jean : 469

Mauvin, Geoffroy de : 315

Maximien : 335

Melanchton, Philippe : 309

Meliadus de Leonnoys… : 336

Melusine nouvellement imprime… : 197

Memoires de l’estat de France … : 306

Mercadé, Eustache : 370

Merveilles advenir en cestuy an vingt et sis… : 337

Meschinot, Jean : 103, 338

Mesmes, Jean-Pierre de : 259, 469

Mespris (Le) de la court… : 426

Meung, Jean de : 100, 211, 212, 229, 339, 343

Meurier, Hubert : 274

Michel, Jean : 178, 180

Michel de Tours : 314, 340, 341

Microcosme : 287

Milles & Amys… : 342

Minut, Gabriel de : 152

Mistere de la coception Nativite Mariage… : 178

Molinet, Jean : 205, 343 à 346

Monluc, Blaise de : 315

Monologue nouveau & fort ioyeulx… : 347

Monsel, Claude : 274

Monstrelet, Enguerrand de : 348

Montaigne, Michel de : 153 à 161

Montemayor, Georges de : 474

Montenay, Georgette de : 427

Morenne, Claude de : 316

Morin, Martin : 210

Morin de La Sorinière : 290

Motin, Pierre : 438

Muret, Marc-Antoine de : 276, 277

Muse (La) folastre… : 428

N

Nef (La) de santé, avec le gouvernail… : 349

Nerveze, Antoine de : 104

Nobles prouesses et vaillances de baudoyn… : 5

Noelz nouveaux : 105

Norry, Miles de : 392

Nouveau recueil des plus beaux vers... : 438

O

Ogier le Dannoys… : 350

Olivier, Janus : 55

Olivier de Castille : 351

Orléans, Charles d’ : 361, 429, 430

Orléans, Loys d’ : 272

Ovide : 352, 423

PPaléphate : 307

Papillon, Alamanque : 426

Papillon, Nicolas : 414

Papillon de Lasphrise, Marc : 431

Paré, Ambroise : 475 à 478

Paris et Vienne : 353

Parmentier, Jean : 314

Pasquier, Étienne : 106, 107, 108, 262, 272, 437

Passerat, Jean : 109, 110, 249, 274

Passe Temps et le songe du Triste : 193

Pavillon, Simon-Georges : 474

Pelerinage de lhomme… : 190

Pelletier du Mans, Jacques : 432 à 435, 453

Perceforest : 354

Perceval : 355

Perrin, François : 263

Perrot, Paul : 264

Pertius, Hector : 412

Philone : voir Des Masures, Louis

Piccolomini, Aeneas Sylvius : 356

Pierre, Antoine : 308

Platon : 312, 313, 397, 426

Pléthon : voir Georges Gémiste

Plusieurs traictez, par aucuns nouveaulx

poètes… : 424

Plutarque : 298, 299, 468

Poirier, Hélie : 436

Polybe Megalopolitein : 162

Premier [-Second, Troisiesme…] livre d’Amadis de Gaule : 132

Premier (Le) livre … de Gerard d’Euphrate… : 469

Premier [Second ; Tiers] volume de Lancelot du lac… : 201

Premier [Second] volume de la Thoison Dor… : 168

Premier volume du triumphant Mystere… : 179

Prevost, Jean : 111

Primet, Alexandre : 333, 334

Prognostication des prognostications… : 233

Proumenoir de Monsieur de Montaigne : 161

Q

Quaternaire (Le) Saict Thomas… : 357

Quatre fils Aymon : 207

Quenolle spirituelle : 199

Quillian, Michel : 265

Quinze joÿes de mariage : 198

R

Rabelais, François : 317 à 322, 479 à 481

Ragot : 358

Ramus, Pierre : 163

Rapin, Nicolas : 437

Recueil de l’antique preexcellence… : 311

Recueil de l’origine de la langue et poesie françoise : 148

Recueil des rymes et proses de E.P. : 108

Régnier, Mathurin : 266, 267, 268

Regret sur le deces de tresillustre … Duc de Guise… : 274

Remond, Florimond de : 315

Renaut de Montauban : 207

Repos de plus grand travail : 390

Riolay, Nicole : 210

Robert le Diable : 359

Robin, Pascal : 410

Roillet, Claude : 274

Roman de la Rose : 211, 212, 343

Roman de Renard : 164

Romieu, Marie de : 112

Rondeaux : 360

Ronsard, Pierre de : 63, 78, 113 à 121, 130, 228, 255, 259, 269, 270 à 281, 393, 428, 434, 439 à 450, 453

Rosset, François de : 438

Rostan de Binosque, Isnard : 475

Roye, Jean de : 36

Royhier, Guillaume : 122

Rus, Jean : 451

Rusticien de Pise : 192, 336

Auteurs et ouvrages anonymes

S

Sacre et couronnement du Roy Henry… : 308

Sagon, François : 424

Sainte-Marthe, Charles de : 426, 437

Sainte-Marthe, Scévole de : 123, 124, 259, 290, 410

Sainte-Marthe, Scévole et Louis de : 322

Saint-Gelais, Mellin de : 417, 452

Saint-Gelais, Octovien de : 360, 361, 362, 363

Salel, Hugues : 255, 282, 453

Sales, François de : 482

Saliat, Pierre : 483

Salluste : 314

Saluste Du Bartas, Guillaume de : 283, 284, 285

Sannazar, Jacques : 260

Sauvage, Denis : 304

Scalion de Virbluneau, François : 125

Scève, Maurice : 170, 286, 287, 325, 417

Sebonde, Raymond de : 160

Second recueil de diverses poesies… : 249

Sensuit la grat dyablerie : 37

Sensuit lepistre de Othea : 28

Sensuit lhystoire des … chevaliers Valantin & Orson… : 207

Sensuit lhystoire des quatre filz Aymon… : 207

Sensuivent les souhaitz des hommes : 364

Sensuyt le jardin de plaisance … : 196

S’ensuyt le temple de bonne renomée : 12

Sensuyvent les cent nouvelles : 21

Sensuyvent les troys cens cinquante Rondeaulx… : 360

Sevin, Adrien : 301

Seymour, Anne, Marguerite et Jeanne : 259

Seyssel, Claude de : 323, 484

Siecle (Le) dore… : 341

Simon, Henry : 382

Solitaire Second… : 325

Somme Rural tresutile : 16

Sonan : 431

Sophologe Damours… : 372

Sorel, Pierre : 288

Souhais (Les) des hommes : 365

Souhaits : 364, 365

Sousse, Martin de : 360

Sylvain, Alexandre : 249

T

Tabourot, Étienne : 281, 289

Tahureau, Jacques : 453 à 456

Taillemont, Claude de : 457, 485

Tartaret, François : 325

Temple (Le) de mars : 346

Termes, P. de : 315

Terrible (La) & merveilleuse vie de Robert le Diable… : 359

Testament (Le) et regretz de Ludovic… : 335

Theseus de Coulongne : 366

Thévenin, Gilles : 273

Thévenin, Pantaléon : 273

Thibault de Champagne : 126

Thomas, Artus : 387

Thory, François : 444

Thouart, C. de : 273

Thucydide : 323

Thyard, Pontus de : 127, 128, 129, 289, 324, 325

Tibergeau, Jean : 210

Tite Live : 328

Tombeau (Le) de … Richard Le Gras : 414

Tory, Geoffroy : 326

Toutain, Charles : 290

Tragiques donnez au public : 215

Traictez philosophiques… : 144

Trellon, Claude de : 249, 458

Treselegante (La) Delicieuse Melliflue… : 354

Tresioyeuse plaisante & recreative hystoire… du bon chevalier… Bayart : 7

Trespas, obseques et enterrement de treshault… Francois … : 308

Tresplaisante et Recreative Hystoire du Trespreulx… Perceval… : 355

Tricasse de Ceresars, Patrice : 486

Tringant, Guillaume : 210

Triomphe de la constance chrestienne… : 274

Tristan Chlr de la Table Ronde… : 367

Triumphe (Le) des dames : 368

Trois (Les) livres des Meteores : 405

Tumbeau de Messire Gilles Bourdin : 53

Turpin, Pseudo- : 369

Turrin, Claude : 459

U

Urfé, Honoré d’ : 438

V

Valagre : 130

Valentin et Orson : 207

Valeran, Ph. : 392

Vallée : 364

Van Den Bussche, Alexandre : 249

Vauquelin de La Fresnaye, Jean : 290, 291, 292

Vauquelin des Yveteaux, Nicolas : 293

Vauzelles, Mathieu de : 424

Vazquez, Francisco : 487

Vengeance & destruction de Hierusalem… 370

Ventes (Les) damours. Lamant. Lamie : 371

Vergèce, Nicolas : 274

Verget : 393

Vernassal, François de : 487

Vesc, C. de : 412

Vias, Antoine : 372

Vie (La) admirable… : 479

Vie (La) de saincte Katherine : 373

Vie (La) sainct Francoys : 375

Vie (La) saincte Marguerite : 374

Vigenère, Blaise de : 165

Viger, François : 414

Villebresme, Macé de : 376

Villehardouyn, Geoffroy de : 165

Villon, François : 294, 295, 361

Vincent, Jacques : 488

Vinet, Élie : 327

Vintimille, Jacques de : 328

Virgile : 254, 434, 435

Vitel, Jean de : 296

Volusian : 273

Voyages de plusieurs endroits de France : 145

Vray disant advocate des Dames : 8

W

Walcourt, Étienne de : 131

Wauquelin, Jehan : 194

X

Xenophon : 94, 312, 328

Y

Ysaie le Triste : 377

Relieurs

A

Andrieux : 430

Aussourd : 62, 78, 122, 167, 286, 407, 443, 478

B

Bauzonnet : 49, 83, 103, 242, 336, 357, 366, 382, 383

Bauzonnet-Trautz : 3, 15, 20, 23, 26, 28, 40, 92, 131, 133, 295, 331, 365, 455

Belz-Niédrée : 363

Bernadac : 454

Bernasconi : 123, 388, 412, 427, 435

Boyet, atelier : 486

Bozerian jeune : 102

Brugalla : 175

C

Capé : 11, 31, 57, 127, 146, 197, 341, 426, 438

Chambolle-Duru : 22, 37, 38, 39, 43, 50, 84, 105, 143, 171, 174, 177, 184, 189, 201, 208, 210, 214, 216, 282, 307, 379, 405, 465, 466

Champs : 252

Cuyls : 134

Cuzin : 46, 100, 124, 152, 359, 408, 480

D

David : 223, 472

Deltombe : 432

Derome : 181

Duru : 170, 202, 229, 274, 372, 418, 450

Duru et Chambolle : 189, 216

G

Ginain : 233

Godillot : 93, 95, 142, 150, 235, 236, 266, 269, 273, 375, 477

Gruel : 91, 113, 206

H

Hardy : 204, 218, 240, 320, 406

Hayday : 360

Honnelaître : 59, 81, 468

Huser : 186, 232, 294, 340

K

Koehler : 18, 58, 73, 115, 140, 149, 168, 188, 190, 237, 257, 353

L

Leighton : 5

Lloyd : 333

Lloyd, Wallis & Lloyd : 29

Lobstein : 354, 453, 476

Lortic : 21, 70, 118, 121, 192, 289, 342, 473

M

Mackenzie : 164

Maillard : 100, 480

Marius Michel : 22

Martin : 193, 222, 270, 275, 287

Maylander : 404

Mercier : 255

N

Niedrée : 10, 13, 61, 63, 64, 200, 258, 297, 330, 339, 368, 377, 423, 434, 439

Niédrée, veuve : 433

Noulhac : 48

P

Pagnant : 82, 85, 361

Pascal : 127

Petit : 225

Purgold : 32

R

Riviere & Son : 271, 280, 440 à 442

S

Samblanx : 54, 221

Sangorski et Sutcliffe : 227

Simier : 228

Stroobants : 279

T

Thibaron : 27, 69, 428

Thibaron Echaubard : 151

Thibaron-Joly : 47

Thompson : 180, 238, 350, 391

Thouvenin : 94, 244, 349, 457

Trautz-Bauzonnet : 2, 4, 6, 7, 12, 33, 44, 45, 52, 68, 86, 112, 176, 182, 185, 187, 196, 198, 205, 231, 246, 250, 256, 259, 260, 265, 276, 281, 290, 317, 321, 334, 335, 337, 346, 347, 364, 371, 373, 374, 385, 389, 390, 394, 399, 400, 402, 415, 419, 424, 431, 444, 456, 459

W

Wallis : 29

Wampflug : 27

Z

Zaehnsdorf : 319

Provenances

AAdda, Geronimo, marquis d’ : 306

Aix, marquis d’ : 465

Aubaïs, Charles de Baschi, marquis d’ : 287

Aubrom, Simon d’ : 467

Audenet, Adolphe : 8, 32, 40 (?), 42, 45 (?), 128, 188, 233, 487

Ayrault, François : 345

B

Bancel, Étienne-Marie : 27, 69, 256, 330, 459

Barbet : 123

Baron, Hyacinthe Théodore : 226

Basseville, Anatole : 97

Bateman, William : 313

Beaujeu, Pierre de : 219

Beckford, William : 327

Béhague, Octave de : 180, 229, 297 (?)

Benahavis, Ricardo Heredia de : 369

Benaly, Ja. Ant. : 195

Benzon, Edmund-Ernst : 3

Bernard, D. : 67

Bertin, Armand : 13, 38 (?), 58, 317, 353

Berton, Amédée : 215, 366, 406, 438

Bibliothèque royale : 392

Bishop, Cortlandt F. : 87, 137, 457

Blanchemain, Prosper : 90, 128, 280

Bock, Félix de : 330

Bordes, Henri : 46, 49, 83, 103, 152, 244, 394, 431, 459 (?)

Bordes de Fortage, Philippe-Louis : 378

Bouchet, L. : 332

Boudor, Georges : 67

Bourbon-Conti, Louise-Adélaïde de : 300

Bourdin, Charles : 89

Bourlamaque, Claude-Charles : 335

Boyssot, Philippes : 173

Bridgewater Library : 398

Brooke, Sir Thomas : 331

Brunck, Eusèbe-Nazaire-Christophe : 339

Brunet, Jacques-Charles : 137, 217, 280

Brunet, P. : 301

Brunetière, Fernand : 345

Bry, Michel de : 324

Bure, Jean-Jacques de : 103, 486

Butler, Charles : 18

CCailhava, Léon : 20, 27, 149 (?), 168, 190, 336

Cartier, G. : 329

Cavendish-Bentinck, William Arthur, duc de Portland : 329

Cayrol, Louis-Nicolas de : 312

Châlons-sur-Marne, collège jésuite de : 135

Chaper, Eugène : 488

Chaponay, Henry de : 242

Chartraire de Montigny, François : 119

Chavenon (?) : 302

Chedeau, Jean : 215

Cigongne, Armand : 34

Cîteaux, bibliothèque de : 310

Claude (?) : 137

Claye, Anatole de : 256

Clerc, Antoine : 219

Clergéon, J.B. : 119 (?)

Clinchamp, Maximilien-Louis de : 317, 331, 424

Cohen, Maurice : 480

Coislin, Pierre-Adolphe Du Cambout, marquis de : 190, 336, 402

Colletet, Guillaume : 249

Colomb, Fernand : 41 (?), 174, 175, 333, 356, 376

Conrart, Valentin : 463

Cope, Sir John : 203

Corbière, Jacques de : 244

Coste, Louis : 357 (?)

Couturier de Royas, Paul : 24

Croquevin, D. : 362

Croÿ, Philippe III de : 378

DDanyau, Antoine : 391

Daubermon, Ch. (?) : 299

Daunat, G. : 483

De Backer, Hector : 2, 54, 112, 118, 185, 187, 188, 230, 249, 250, 312, 334, 452, 455, 460 (?)

Debure : voir Bure

Délicourt, E. : 240

Desgeorge, Maurice : 423

Despinay, Estiene : 30

Desq, Paul : 189

Dogmersfield Library : voir Sir Henry St. John

Mildmay

Double, Léopold : 2, 33, 259

Double, Lucien : 197

Douglas-Hamilton, William : 327

Dubois, Geneviève : 268

Du Bouchet, Jean : 25

Du Cambout : voir Coislin

Du Charmel, baron : 296

Duchâtaux, V. : 237

Du Clerc : 462

Dundas, David : 315 (?)

Duplessis, Georges : 180

Du Pouget de Nadaillac : 487

Duputel, P. : 387, 436

Duriez de Verninac : 366

EEngelshofen, V. : 325

Escoffier, Maurice : 308

Essling, prince d’ : 349

Estienne, F. : 153

F

Fairfax Murray, Charles : 5, 6, 8, 9, 12, 13, 19, 21 à 23, 26, 29, 37, 40, 41, 43, 44, 46, 174, 176 à 178, 183, 184, 190 à 192, 194, 196, 198, 200, 201, 209, 213, 214, 282, 306, 330, 331, 333, 335, 337, 342, 346, 348 à 350, 352, 356 à 359, 361, 368, 369, 372, 373, 376, 377, 418, 466

Faisand (?) : 310

Félix, Julien : 293

Feydeau de Brou, Marie (?) : 323

Fière, Charles : 184

Firmin-Didot, Ambroise : 2, 15, 28, 33, 34, 169, 176, 189, 202, 204, 217, 301, 334, 339, 342, 350 (?), 415, 469

Fleuriau, Aimé-Joseph de : 444

Flore, George : 268

Fontenay, Harold de : 263

Fortin : 263

Franc-Port, château de : L’Aigle

Fresne, comte de : 402, 431

Friderii (?) : 207

Fugger, Anton : 420

Fugger, Marcus : 136, 328, 484

G

Gaignat, Louis-Jean : 137 (?), 351

Gancia, G. : 377

Gayanis, Al. (?) : 64

Gerbinot (?) : 61

Giannini, Ægidi : 29

Giraud, Charles : 353

Golitzin, Michel: 486

Gougy, Lucien : 18, 317

Gower, Earl : 464

Grandsire, Paul : 295, 303

Grangnes (?) : 267

Gueneau de Mussy, Madame : 119

Guyon de Sardière, Jean-Baptiste-Denis : 336

Guyot de Villeneuve, François-Gustave : 152, 300, 424

Guy Pellion, Pierre : 180, 212

H

Halbwachs, J.C. : 181

Ham House : 479

Hartmann, James : 389

Haunsperg, comte de : 285

Hautefort : 14

Havard : 449

Heber, Richard : 169, 242, 351

Heredia, Ricardo : 369

Herpin, Tobie-Gustave : 437

Heygate Lambert, Frederick Arthur : 319

Hibbert, George : 183

Hoe, Robert : 69, 86, 137, 231, 265, 317, 390, 457, 459

Hope Edwardes, Sir Henry : 201

Houssaye, Henry : 473

Huillard, El. : 115 (?)

Humbert, Louis : 163

Huth, Alfred-Henry : 10 à 12

Huth, Henry : 336, 423

JJannet, Jean-Philippe : 309

Jésuite (collège) : 135, 470

KKeverberg, Frédéric de : 101

Knight, Joseph : 396

Kushelev-Bezborodko, Nicolaï Alexandrovich : 304

LL’Aigle, marquis de : 128

La Borderie, Arth. de : 264

Labadie, Ernest : 252

La Bouralière, Auguste de : 384

La Broise, Henri de : 17

La Columbiere, Achilles de (?) : 208

La Fortelle, V. de : 309

La Groix, Jehan de : 155

Lambert : 288

Lambert de Thorigny, Nicolas : 308

Lamoignon, Chrétien-François I de : 474

Lamoignon, Chrétien-François II de : 474

Lang, Robert : 169, 358, 370

La Noue, Aubin de (?) : 160

Laqueuille de Châteaugay : 354

La Rochefoucauld : 354

La Roche Lacarelle, Sosthène de : 24, 38, 83, 98, 131, 199, 205, 260, 370, 377, 394

La Sicotière, Léon Duchesne de : 403

La Vallière, duc de : 98, 169, 178 (?), 425 (?)

Lebeuf de Montgermont, Adrien-Louis : 242, 250 (?), 300

Le Breton : 343

Legrand : 288

Le Guay : 242

Lemaître, Jules : 439

L’Enor, Visconte : 208, 360

Leriche, Antoine : 486

Le Roy, Luch. : 154

Lignerolles, Raoul de : 4, 38, 39, 44, 45, 52, 112, 131, 177, 182 (?), 183 (?), 205, 213, 214 (?), 281 (?), 335, 337, 346, 371, 374, 385 (?), 394, 400, 424, 455, 456

Lindeboom, Alfred : 58, 61, 378, 379

Longepierre, Hilaire-Bernard Roqueleyne, baron de : 313

Lormier, Charles : 330

Lortigue, Annibal de : 448

Loviot, Louis : 105, 382

Lucien-Graux : 98, 154

Lycée impérial : 392

MMarie de Médicis : 224

Marigues de Champs-Repus, Eugène : 137, 190, 196, 359

Marnet de Valcroissant : 448

Marnier, Xavier : 386

Marnot, Thomas : 219

Martin, François : 392

Martin, William : 190, 364, 373

Maude, Madame (?) : 224

Maus, Edmée : 167

Maxwell-Lyte : 360

Médicis, Marie de : 224

Mello, bibliothèque de : voir Achille Seillière

Méon, Dominique Martin : 169

Mercantius, N. : 225

Michel, Toussainct : 220

Minimes de Paris, couvent des : 162

Monod, Henri : 379

Montesson, Raoul de : 317

Montmoyen, château de : 219

Moreau, Nicolas : 170

Moura, Édouard : 28, 105, 112, 152, 204, 252

Mouravit, Gustave : 438

Muret, Paul : 121, 401

N

Neave, Thomas : 195

Nodier, Charles : 32, 45 (?), 169, 242, 365, 371, 382, 402, 457

Nohot, B. : 486

Noilly, Jules : 3

Nonant : 399

O

O de Franconville, Marie-Anne ou GabrielleFrançoise d’ (?) : 302

Oettingen-Wallerstein, princes d’ : 136, 145, 166, 328, 484

Orell, H. Conrad : 421

Orléans, Emmanuel d’ : 430

Orléans, Louis d’ : 430

Paillet, Eugène : 305

Panilleuse : 410

Paradis : 330

Pascal, Albert : 127

Payne : 243

Peiresc, Nicolas-Claude Fabri de : 448

Pelay, Édouard-Mélite : 293

Pelliot, Charles : 84

Picaud, Jean : 403

Pichon, Jérôme : 52, 131, 174, 330, 400, 425, 470

Poidebard, William : 247

Pompadour, marquise de : 301, 344

Pontac, Ar. de : 234

Portalis, Roger : 198, 259

Potier, Antoine Laurent : 373

Potier, Laurent : 317

Poulet-Malassis, Auguste : 473

Powell, Thomas : 58

Prondre, Paulin : 104

Q

Quarré d’Aligny : 173

Quiney, Balthazar de : 462

Provenances

RRahir, Édouard : 1, 12, 21, 50, 181, 300, 367, 391

Raillard, Claude : 433

Récollets du Lude, couvent des : 367

Régnier : 361

Renard, Joseph : 73, 168, 251, 257, 457

Renouard : 141

Richard, Jacques : 17, 18

Rigaud, Amédée : 134

Rignac, François de : 165

Rizzo Patarol, Francesco : 147

Roederer, Jules : 180 (?)

Rosny, château de : 61

Rothon : 127

Roure, Andres : 175

Ruble, Alphonse de : 20, 23, 185, 187, 365

S

Sainte-Beuve, Charles-Augustin : 148, 274, 439 (?)

Saint-Maur, congrégation de : 283

Saint-Victor, abbaye : 238

Saint-Ylie, château de : 394

Sarraute, Jacques : 303

Schefer, Ch. : 344

Schiff, Mortimer L. : 319

Secousse, Denis-François : 263

Séguier, Dominique : 76

Seguin, Gabriel de : 404

Seillière, Achille : 6, 7, 13, 22, 331, 363

Sickles, Daniel : 457

Sneyd, Walter : 349

Sobeyrac, C. : 409

Solar, Félix : 38 (?), 317, 350 (?), 374

Sorcillien, Miquelangis : 324

Sorel : 452

Soubeyran, marquis de : 230

Soubrany de Verrières : 381

Spada, Bernardino : 315

St. John Mildmay, Sir Henry : 194

Stroehlin, Ernest : 141, 233

TTaillefer, Wlgrin : 15

Taschereau, Jules : 341

Techener, Léon : 364 (?)

Thiballier, J. : 309

Thou, Jacques-Auguste de : 217

Thun, Joannes Joseph de : 325

Tulle, Caterine de : 485

Turgot, Michel-Étienne : 462

Turner, Samuel Robert : 351

Turquéty, Édouard : 245, 251 U

Utterson, Edward Vernon : 200, 349, 423

Valbelle de Tourves, Marguerite-Delphine de : 467

Veinant, Auguste : 83, 187

Verrue, comtesse de : 137

Vienne, bibliothèque palatine de : 256

Villard : 187

Viollet-le-Duc, Eugène : 411

WWalckenaer, Charles-Athanase : 317

Wassenaer, B. : 101

Wentworth, Charles : 315

Werlé, Alfred : 417

West, James : 191

Wight Knights Library : 183

Wilbraham, George : 209

Willems, Alphonse : 180

Wiser, Ferdinand Andreas, comte de : 139

Wodhull, Michael : 191 Y

Yemeniz, Nicolas : 6, 27, 32, 44, 73, 169, 170, 176, 188, 231, 295, 301, 357, 370, 457

Z

Zumel (?) : 277

BIBLIOGRAPHIES CONSULTÉES

Adams. H. M. Adams. Catalogue of Books Printed on the Continent of Europe, 1501-1600 in Cambridge Libraries. Cambridge, University Press, 1967. 2 volumes.

Adams, Rawles et Saunders. Alison Adams, Stephen Rawles et Alison Saunders. A Bibliography of French Emblem Books of the Sixteenth and Seventeenth Centuries. Genève, Droz, 1999. 2 volumes.

Arbour. Roméo Arbour. Un éditeur d’œuvres littéraires au XVIIe siècle :

Toussaint Du Bray (1604-1636). Genève, Droz, 1992. Babelon. Jean Babelon. La Bibliothèque française de Fernand Colomb. Paris, Édouard Champion, 1913.

Barbier. Antoine-Alexandre Barbier. Dictionnaire des ouvrages anonymes. Paris, Féchoz et Letouzey, 1882. 4 volumes.

Barbier, Discours. Jean-Paul Barbier-Mueller. Bibliographie des discours politiques de Ronsard. Genève, Droz, 1984.

Barbier, MBP Jean-Paul Barbier-Mueller. Ma bibliothèque poétique. Genève, Droz, 1973-2005. 7 volumes.

Baudrier. Henri-Louis Baudrier. Bibliographie lyonnaise. Recherches sur les imprimeurs, libraires, relieurs et fondeurs de lettres de Lyon au XVIe siècle. 1895-1921. 13 volumes.

Bechtel. Guy Bechtel. Catalogue des gothiques français. 1476-1560. Paris, l’auteur, 2008.

Bibliotheca Bibliographica Aureliana. Jacques Betz. Répertoire bibliographique des livres imprimés en France au seizième siècle. Baden Baden, Heitz.

BMC. Catalogue of Books Printed in the XVth century Now in the British Museum. Londres, British Museum, 1908-1949. 8 volumes.

Bourdillon. Francis William Bourdillon. The Early Editions of The Roman de la Rose. Genève, Slatkine Reprints, 1974.

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Alfred WERLÉ. Paris, Leclerc. I. 21-25 janvier 1908 / II. 3-5 février 1908 / III. 18-23 mai 1908 / IV. 15-17 juin 1908 / V. 22-30 octobre 1908.

WHITE KNIGHTS LIBRARY. Londres, Evans, 7-18 juin 1819.

George WILBRAHAM. 20-22 juin 1898.

Alphonse WILLEMS. Paris, Leclerc, 4-7 mai 1914.

Michael WODHULL. Londres, Sotheby, Wilkinson & Hodge, 11-20 janvier 1886.

Nicolas YEMENIZ. Lyon, Perrin, 1865-1866. 3 volumes / Paris, Bachelin-Deflorenne, 9-31 mai 1867.

Antoine-Jean GROS, baron GROS (Paris, 1771 - Meudon, 1835)

Le général Bonaparte au pont d'Arcole Crayon noir, estompe et rehauts de blanc 22 × 16 cm

Provenance :

Probablement offert par Antoine-Jean Gros au peintre Vincenzo Camuccini ; Collection du peintre Vincenzo Camuccini (1771-1844) ; Puis par descendance à son arrière-arrière-petit-fils ; Collection particulière, Rome

Estimation : 200 000 – 300 000 €

DESSINS ANCIENS & DU XIXe SIÈCLE

Vente aux enchères : Mercredi 25 mars 2026 - 14h30

7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault 75008 Paris

Contact : Matthieu Fournier +33 (0)1 42 99 20 26 mfournier@artcurial.com

www.artcurial.com

George CONDO (Né en 1957)

Night portrait - 2001 Acrylique sur toile 153 × 122 cm

Estimation : 650 000 – 850 000 €

Clôture des catalogues : Mars 2026

Ventes aux enchères à Paris :

Art Moderne & Contemporain

Vente du soir

Jeudi 16 avril 2026

Post-War & Contemporain

Vente du jour

Vendredi 17 avril 2026

Contact : Sophie Cariguel +33 (0)1 42 99 20 04 scariguel@artcurial.com

www.artcurial.com

Vente aux enchères : Mardi 12 mai 2026 - 14h30

7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault 75008 Paris

DENYSBIBLIOTHÈQUE COMAR

Partie I

Vente aux enchères : Mercredi 10 juin 2026 - 14h

7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault 75008 Paris

Contact : Emeline Duprat +33 (0)1 42 99 16 58 eduprat@artcurial.com www.artcurial.com

Rare fusil de chasse double par Lepage de l’empereur Napoléon Ier Vendu 177 120 €

préparation

Clôture du catalogue : Début mai

Vente aux enchères : Juin 2026

7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault 75008 Paris

Contact : Maxence Miglioretti +33 (0)1 42 99 20 02 mmiglioretti@artcurial.com www.artcurial.com

Clôture du catalogue : Début mai

Vente aux enchères : Juin 2026

7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault 75008 Paris

Contact : Shenying Chen +33 (0)1 42 99 20 32 schen@artcurial.com www.artcurial.com

Clôture du catalogue : Fin juin

Vente aux enchères : Septembre 2026

7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault 75008 Paris

Contact : Emeline Duprat +33 (0)1 42 99 16 58 eduprat@artcurial.com

www.artcurial.com

1826-2026

LE FIGARO TRAVERSE LES SIÈCLES

Le 15 janvier 1826 paraît pour la première fois Le Figaro, hebdomadaire satirique inspiré du personnage de Beaumarchais, frondeur, mordant, libre. Deux siècles plus tard, il est devenu un des plus grands quotidiens nationaux, miroir des débats politiques et culturels, témoin des bouleversements de notre pays et du monde, et familier de tous les Français. D’une petite feuille moqueuse aux grandes unes qui ont marqué l’histoire contemporaine, du combat des idées aux pages culturelles qui ont façonné des générations de lecteurs, Le Figaro n’a cessé de se réinventer. Comment un journal né sous la Restauration estil devenu une institution de la Ve République, avec son quotidien, mais aussi son magazine, ses revues, ses suppléments et son site d’information ? Quelles plumes illustres, de Marcel Proust à Colette, de François Mauriac à Jean d’Ormesson, quels éditoriaux, quelles grandes enquêtes ont forgé sa réputation ? Quels combats, quelles polémiques, quelles innovations ont jalonné son parcours ? À l’occasion de son bicentenaire, ce Figaro Hors-Série revient sur les grandes heures du titre, héritier d’une tradition d’impertinence et d’exigence. Une riche iconographie, des archives rares, des récits et des témoignages inédits composent ce numéro anniversaire. Il raconte deux cents ans de presse, d’histoire et de liberté d’expression, et dresse le portrait d’un journal devenu patrimoine national.

164 pages, en vente actuellement chez votre marchand de journaux et sur www.figarostore.fr/hors-serie 14 , 90 €

Directrice du pôle,

Vice-présidente : Isaure de Viel Castel

Art Contemporain Africain

Spécialiste :

Margot Denis-Lutard, 16 44

Art-Déco / Design

Directrice :

Sabrina Dolla, 16 40

Spécialiste :

Edouard Liron, 20 37

Administratrice senior :

Anne-Claire Drauge, 20 42

Administrateur junior : Alexis Chantelot

Expert :

Justine Despretz

Consultants :

Design Italien :

Design Scandinave : Aldric Speer

Bandes Dessinées

Expert : Éric Leroy

Administrateur junior : Alexandre Dalle

Estampes & Multiples

Directrice : Karine Castagna

Administrateur - catalogueur :

Florent Sinnah, 16 54

Administrateur junior :

Alexandre Dalle

Recherche et certificat :

Jessica Cavalero

Louise Eber

Impressionniste & Moderne

Directeur : Bruno Jaubert

Spécialiste :

Florent Wanecq

Administratrice - catalogueur :

Élodie Landais, 20 84

Administratrice junior :

Alexandra Michel

Recherche et certificat :

Jessica Cavalero,

Louise Eber

Post-War & Contemporain

Directeur : Hugues Sébilleau

Spécialiste : Sophie Cariguel

Catalogueur :

Beatrice Fantuzzi, 20 34

Administratrice :

Marine Oriente

Recherche et certificat :

Jessica Cavalero

Louise Eber

Urban Art

Directeur : Arnaud Oliveux

Administrateur - catalogueur: Florent Sinnah, 16 54

Administrateur junior : Alexandre Dalle

Twenty One Contemporary

Directeur : Arnaud Oliveux

Spécialistes :

Karine Castagna

Margot Denis-Lutard

Administrateur - catalogueur : Florent Sinnah, 16 54

Recherche et certificat :

Jessica Cavalero

Louise Eber

Expositions culturelles & ventes privées

Chef de projet : Vanessa Favre, 16 13

ARTS CLASSIQUES

Archéologie & Arts d’Orient

Spécialiste : Lamia Içame, 20 75

Administratrice junior : Alice Derouet

Expert Art de l’Islam : Romain Pingannaud

Art d’Asie

Expert : Qinghua Yin

Administratrice : Shenying Chen, 20 32

Livres & Manuscrits

Directeur : Frédéric Harnisch, 16 49

Administratrice : Émeline Duprat, 16 58

Maîtres anciens & du XIXe siècle :

Tableaux, dessins, sculptures, cadres anciens et de collection

Vice-président : Matthieu Fournier, 20 26

Catalogueur : Blanche Llaurens

Spécialiste : Matthias Ambroselli

Administratrice sénior : Margaux Amiot, 20 07

Administratrice :

Léa Pailler, 20 07

Mobilier & Objets d’Art

Directeur : Filippo Passadore Clerc assistant : Barthélémy Kaniuk

Administratrice : Charlotte Norton, 20 68

Expert céramiques : Cyrille Froissart

Experts orfèvrerie : S.A.S. Déchaut-Stetten & associés,

Marie de Noblet

Senior advisor – Spécialiste senior orfèvrerie : Thierry de Lachaise

Orientalisme

Directeur : Olivier Berman, 20 67

Spécialiste junior : Florence Conan, 16 15

Souvenirs Historiques & Armes Anciennes

Expert armes :

Arnaud de Gouvion Saint-Cyr

Contact : Maxence Miglioretti, 20 02

Numismatique / Philatélie / Objets de curiosités & Histoire naturelle

Expert numismatique : Cabinet Bourgey

Contact : Juliette Leroy-Prost, 17 10

ARTCURIAL MOTORCARS

Automobiles de Collection

Président : Matthieu Lamoure

Vice-président : Pierre Novikoff

Spécialiste sénior : Antoine Mahé, 20 62

Responsable des relations clients Motorcars : Anne-Claire Mandine, 20 73

Responsable des opérations et de l’administration : Sandra Fournet +33 (0)1 58 56 38 14

Administratrice junior : Anne-Laure Frances

Consultant : Frédéric Stoesser motorcars@artcurial.com

Automobilia

Aéronautique, Marine

Président : Matthieu Lamoure

Responsable : Sophie Peyrache, 20 41

LUXE & ART DE VIVRE

Horlogerie de Collection

Directeur : Romain Marsot

Expert : Geoffroy Ader Administratrice junior : Charlotte Christien, 16 51

Joaillerie

Directrice : Valérie Goyer

Spécialiste junior : Antoinette Rousseau

Catalogueur : Pauline Hodée

Administratrice junior : Janelle Beau, 20 52

Mode & Accessoires de luxe

Responsable : Lucile Best

Catalogueur : Victoire Debreil

Administratrice junior: Anaël El Hani, +33 (0)1 58 56 38 12

Stylomania

Contact : Juliette Leroy-Prost, 17 10

Vins fins & Spiritueux

Expert : Laurie Matheson

Spécialiste : Marie Calzada, 20 24

Administratrice junior : Alice Derouet

Consultant : Luc Dabadie vins@artcurial.com

INVENTAIRES & COLLECTIONS

Vice-président :

Stéphane Aubert

Chargés d'inventaires,

Commissaires-priseurs : Juliette Leroy-Prost, 17 10

Maxence Miglioretti, 20 02

Elisa Borsik, 20 18

Administrateurs : Thomas Loiseaux, 16 55

Charline Monjanel, 20 33

Consultante : Catherine Heim

Directrice des partenariats : Marine de Miollis

Senior advisor : Anne Giscard d’Estaing

COMMISSAIRESPRISEURS HABILITÉS

Stéphane Aubert

Elisa Borsik

Francis Briest

Matthieu Fournier

Juliette Leroy-Prost

Anne-Claire Mandine

Maxence Miglioretti

Arnaud Oliveux

Hervé Poulain

Florent Wanecq

7, rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault 75008 Paris T. +33 (0)1 42 99 20 20 contact@artcurial.com www.artcurial.com

SAS au capital de 1 797 000 € Agrément n° 2001-005

emails des collaborateurs

FRANCE

Cannes - Alpes-Maritimes

Représentante : Eléonore Dauzet

+33 (0)6 65 26 03 39 edauzet@artcurial.com

Montpellier

Geneviève Salasc de Cambiaire

+33 (0)6 09 78 31 45 gsalasc@artcurial.com

Région Aquitaine

Directrice : Julie Valade jvalade@artcurial.com

Région Rhône-Alpes

Représentant : François David +33 (0)6 95 48 92 75 fdavid@artcurial.com

Strasbourg

Frédéric Gasser

+33 (0)6 88 26 97 09 fgasser@artcurial.com

Artcurial Toulouse

Jean-Louis Vedovato

Commissaire-priseur : Jean-Louis Vedovato

Clerc principal : Valérie Vedovato

8, rue Fermat – 31000 Toulouse

+33 (0)5 62 88 65 66 v.vedovato@artcurialtoulouse.com

s’écrivent comme suit : initiale(s) du prénom et nom @artcurial.com, par exemple : Anne-Laure Guérin: alguerin@artcurial.com

Les numéros de téléphone des collaborateurs d’Artcurial

INTERNATIONAL

International senior advisor : Martin Guesnet, 20 31

Allemagne

Directrice : Miriam Krohne

Assistante : Anna Rudakova

Galeriestrasse 2b 80539 Munich

+49 89 1891 3987

Belgique

Directrice : Vinciane de Traux

Fine Art Business Developer: Simon van Oostende

Office ManagerPartnerships & Events: Magali Giunta 5, avenue Franklin Roosevelt 1050 Bruxelles +32 2 644 98 44

Chine

Consultante : Jiayi Li 798 Art District, No 4 Jiuxianqiao Lu Chaoyang District

Beijing 100015

+86 137 01 37 58 11 lijiayi7@gmail.com

Italie

Directrice : Emilie Volka

Assistante : Eleonora Ballista

Corso Venezia, 22 20121 Milano +39 02 49 76 36 49

Artcurial Maroc

Directeur : Olivier Berman

Directrice administrative : Soraya Abid

Administratrices junior : Widad Outmghart

Résidence AsmarAvenue Mohammed VI

Rue El Adarissa - Hivernage

40020 Marrakech

+212 524 20 78 20

Artcurial Monaco

Directrice : Olga de Marzio Assistante administrative : Joëlle Iseli

Monte-Carlo Palace

3/9 boulevard des Moulins 98000 Monaco

+377 97 77 51 99

ARTCURIAL BEURRET BAILLY WIDMER

Bâle

Schwarzwaldallee 171 4058 Bâle

+41 61 312 32 00 info@bbw-auktionen.com

Saint-Gall

Unterstrasse 11 9001 Saint-Gall

+41 71 227 68 68 info@galeriewidmer.com

Zurich

Kirchgasse 33

8001 Zurich

+41 43 343 90 33 info@bbw-auktionen.com

COMITÉ EXÉCUTIF

Nicolas Orlowski

Matthieu Lamoure

Joséphine Dubois

Stéphane Aubert

Matthieu Fournier

Bruno Jaubert

Isaure de Viel Castel

ASSOCIÉS

Directeurs associés :

Stéphane Aubert

Olivier Berman

Sabrina Dolla

Matthieu Fournier

Bruno Jaubert

Matthieu Lamoure

Arnaud Oliveux

Hugues Sébilleau

Julie Valade

Vinciane de Traux

Conseiller scientifique et culturel :

Serge Lemoine

Commissaire-priseur, Co-fondateur : Francis Briest

GROUPE ARTCURIAL SA

Président directeur général : Nicolas Orlowski

Directrice générale adjointe : Joséphine Dubois

Président d’honneur : Hervé Poulain

Conseil d’administration : Francis Briest

Olivier Costa de Beauregard

Héléna Dassault

Thierry Dassault

Carole Fiquémont

Aurélie Habert

Nicolas Orlowski

Hervé Poulain

JOHN TAYLOR

Président directeur général : Nicolas Orlowski

John Taylor Corporate, Europa Résidence, Place des Moulins, 98000 Monaco

contact@john-taylor.com www.john-taylor.fr

ARQANA

Artcurial Deauville 32, avenue Hocquart de Turtot 14800 Deauville

+33 (0)2 31 81 81 00 info@arqana.com www.arqana.com

ADMINISTRATION ET GESTION

Directrice générale adjointe, administration et finances : Joséphine Dubois

Assistante : Emmanuelle Roncola

Responsable service juridique clients : Léonor Augier

Ordres d’achat, enchères par téléphone

Directrice : Kristina Vrzests, 20 51

Adjointe de la Directrice :

Marie Auvard

Administratrice : Maëlle Touminet

Administrateur junior : Théo-Paul Boulanger bids@artcurial.com

Comptabilité des ventes

Responsable : Nathalie Higueret

Comptable des ventes confirmée : Audrey Couturier

Comptables : Chloé Catherine

Mathilde Desforges

Jessica Sellahannadi Yugyeong Shon 20 71 ou 17 00

Gestionnaire de dossier : Melanie Joly

Transport et douane

Assistantes spécialisées : Lou Dupont, Inès Tekirdaglioglu shipping@artcurial.com

Logistique et gestion des stocks

Directeur : Éric Pourchot

Responsables de stock : Lionel Lavergne Joël Laviolette

Vincent Mauriol

Lal Sellahanadi

Adjoint : Clovis Cano

Coordinatrices logistique: Victoire de Latour

Magasiniers : Denis Chevallier

Adrien da Costa

Isaac Dalle

Floriane Joffre

Brayan Monteiro

Jason Tilot

Marketing

Directrice : Lorraine Calemard, 20 87

Chefs de projet :

Domitilla Corti, 01 42 25 64 38

Ariane Gilain, 16 52

Daphné Perret, 16 23

Responsable Studio Graphique: Aline Meier, 20 88

Graphiste : Rose de La Chapelle, 20 10

Graphiste junior : Romane Marliot, 01 42 25 93 83

Responsable CRM : Alexandra Cosson

Chargée CRM : Géraldine de Mortemart, 20 43

Analyste CRM junior : Colombine Santarelli

Relations Extérieures

Directrice : Anne-Laure Guérin, 20 86

Attachée de presse : Deborah Bensaid, 20 76

Community Manager : Maria Franco Baqueiro, 20 82

Comptabilité générale

Responsable :

Sandra Margueritat Lefevre

Comptables : Romane Herson

Jodie Hoang

Arméli Itoua

Aïcha Manet

Assistante de gestion : Solène Sapience

Responsable administrative des ressources humaines : Isabelle Chênais, 20 27

Assistante : Amandine Le Monnier 20 79

Bureau d’accueil

Responsable accueil, Clerc Live et PV : Denis Le Rue

Mizlie Bellevue

Théa Fayolle

Marie Peyroche

Services généraux

Responsable : Denis Le Rue

Service photographique des catalogues : Fanny Adler

Stéphanie Toussaint

Régisseur : Mehdi Bouchekout

CONDITIONS GÉNÉRALES D’ACHAT AUX ENCHÈRES PUBLIQUES

ARTCURIAL SAS

Artcurial SAS est un opérateur de ventes volontaires de meubles aux enchères publiques régie par les articles L 321-4 et suivant du Code de commerce. En cette qualité Artcurial SAS agit comme mandataire du vendeur qui contracte avec l’acquéreur. Les rapports entre Artcurial SAS et l’acquéreur sont soumis aux présentes conditions générales d’achat qui pourront être amendées par des avis écrits ou oraux avant la vente et qui seront mentionnés au procès-verbal de vente.

En tant qu’opérateur de ventes volontaires, ARTCURIAL SAS est assujetti aux obligations listées aux articles L.561-2 14° et suivants du Code Monétaire et Financier relatifs à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

1 .  LE BIEN MIS EN VENTE

a) Les acquéreurs potentiels sont invités à examiner les biens pouvant les intéresser avant la vente aux enchères, et notamment pendant les expositions. Artcurial SAS se tient à la disposition des acquéreurs potentiels pour leur fournir des rapports sur l’état des lots.

b) Les descriptions des lots résultant du catalogue, des rapports, des étiquettes et des indications ou annonces verbales ne sont que l’expression par Artcurial SAS de sa perception du lot, mais ne sauraient constituer la preuve d’un fait.

c) Les indications données par Artcurial SAS sur l’existence d’une restauration, d’un accident ou d’un incident affectant le lot, sont exprimées pour faciliter son inspection par l’acquéreur potentiel et restent soumises à son appréciation personnelle ou à celle de son expert.

L’absence d’indication d’une restauration d’un accident ou d’un incident dans le catalogue, les rapports, les étiquettes ou verbalement, n’implique nullement qu’un bien soit exempt de tout défaut présent, passé ou réparé. Inversement la mention de quelques défauts n’implique pas l’absence de tout autres défauts.

d) Les estimations sont fournies à titre purement indicatif et elles ne peuvent être considérées comme impliquant la certitude que le bien sera vendu au prix estimé ou même à l’intérieur de la fourchette d’estimations. Les estimations ne sauraient constituer une quelconque garantie. Les estimations peuvent être fournies en plusieurs monnaies ; les conversions peuvent à cette occasion être arrondies différemment des arrondissements légaux.

e) Les biens d’occasion (tout ce qui n’est pas neuf) ne bénéficient pas de la garantie légale de conformité conformément à l’article L 217-2 du Code de la consommation.

2 .  LA VENTE

a) En vue d’une bonne organisation des ventes, les acquéreurs potentiels sont invités à se faire connaître auprès d’Artcurial SAS, avant la vente, afin de permettre l’enregistrement de leurs données personnelles. Artcurial SAS se réserve le droit de demander à tout acquéreur potentiel de justifier de son identité ainsi que de ses références bancaires et d’effectuer un déposit. Artcurial SAS se réserve d’interdire l’accès à la salle de vente de tout acquéreur potentiel pour justes motifs. Une enchère est acceptée au regard des informations transmises par l'encherisseur avant la vente. En conséquence, aucune modification du nom de l'adjudicataire ne pourra intervenir après la vente.

b) Toute personne qui se porte enchérisseur s’engage à régler personnellement et immédiatement le prix d’adjudication augmenté des frais à la charge de l’acquéreur et de tous impôts ou taxes qui pourraient être exigibles.Tout enchérisseur est censé agir pour son propre compte sauf dénonciation préalable de sa qualité de mandataire pour le compte d’un tiers, acceptée par Artcurial SAS.

c) Le mode normal pour enchérir consiste à être présent dans la salle de vente. Toutefois Artcurial SAS pourra accepter gracieusement de recevoir des enchères par téléphone d’un acquéreur potentiel qui se sera manifesté avant la vente. Artcurial SAS ne pourra engager sa responsabilité notamment si la liaison téléphonique n’est pas établie, est établie tardivement, ou en cas d’erreur ou d’omissions relatives à la réception des enchères par téléphone. À toutes fins utiles, Artcurial SAS se réserve le droit d’enregistrer les communications téléphoniques durant la vente. Les enregistrements seront conservés jusqu’au règlement du prix, sauf contestation.

d) Artcurial SAS pourra accepter gracieusement d’exécuter des ordres d’enchérir qui lui auront été transmis avant la vente, pour lesquels elle se réserve le droit de demander un déposit de garantie et qu’elle aura acceptés. Si le lot n’est pas adjugé à cet enchérisseur, le déposit de garantie sera renvoyé sous 72h. Si Artcurial SAS reçoit plusieurs ordres pour des montants d’enchères identiques, c’est l’ordre le plus ancien qui sera préféré. Artcurial SAS ne pourra engager sa responsabilité notamment en cas d’erreur ou d’omission d’exécution de l’ordre écrit.

e) Dans l’hypothèse où un prix de réserve aurait été stipulé par le vendeur, Artcurial SAS se réserve le droit de porter des enchères pour le compte du vendeur jusqu’à ce que le prix de réserve soit atteint.En revanche le vendeur n’est pas autorisé à porter lui-même des enchères directement ou par le biais d’un mandataire.Le prix de réserve ne pourra pas dépasser l’estimation basse figurant dans le catalogue ou modifié publiquement avant la vente.

f) Artcurial SAS dirigera la vente de façon discrétionnaire, en veillant à la liberté des enchères et à l’égalité entre l’ensemble des enchérisseurs, tout en respectant les usages établis.Artcurial SAS se réserve de refuser toute enchère, d’organiser les enchères de la façon la plus appropriée, de déplacer certains lots lors de la vente, de retirer tout lot de la vente, de réunir ou de séparer des lots.En cas de contestation Artcurial SAS se réserve de désigner l’adjudicataire, de poursuivre la vente ou de l’annuler, ou encore de remettre le lot en vente.

g) Sous réserve de la décision de la personne dirigeant la vente pour Artcurial SAS, l’adjudicataire sera la personne qui aura porté l’enchère la plus élevée pourvu qu’elle soit égale ou supérieure au prix de réserve, éventuellement stipulé. Le coup de marteau matérialisera la fin des enchères et le prononcé du mot « adjugé » ou tout autre équivalent entraînera la formation du contrat de vente entre le vendeur et le dernier enchérisseur retenu. L’adjudicataire ne pourra obtenir la livraison du lot qu’après règlement de l’intégralité du prix. en cas de remise d’un chèque ordinaire, seul l’encaissement du chèque vaudra règlement. Artcurial SAS se réserve le droit de ne délivrer le lot qu’après encaissement du chèque. Le lot non adjugé pourra être vendu après la vente dans les conditions de la loi sous réserve que son prix soit d’au moins 1.500 euros.

h) Pour faciliter les calculs des acquéreurs potentiels, Artcurial SAS pourra être conduit à utiliser à titre indicatif un système de conversion de devises. Néanmoins les enchères ne pourront être portées en devises, et les erreurs de conversion ne pourront engager la responsabilité de Artcurial SAS.

3 .  L’EXÉCUTION DE LA VENTE

a) En sus du prix de l’adjudication, l’adjudicataire (acheteur) devra acquitter par lot et par tranche dégressive les commissions et taxes suivantes:

1) Lots en provenance de l’UE:

• De 1 à 850 000 euros: 27 % + TVA au taux en vigueur.

• De 850 001 à 6 000 000 euros: 21 % + TVA au taux en vigueur.

• Au-delà de 6 000 001 euros: 14,5 % + TVA au taux en vigueur.

2) Lots en provenance hors UE : (indiqués par un m): Œuvres d’art, antiquités et biens de collection: L’adjudication sera portée hors taxe. A cette adjudication sera ajoutée une TVA au taux réduit de 5,5% qui pourra être rétrocédée à l’adjudicataire sur présentation d'un justificatif d’exportation hors UE ou à l’adjudicataire UE justifiant d’un numéro de TVA intracommunautaire et d’un document prouvant la livraison dans son état membre. Les commissions et taxes indiquées au paragraphe 1) ci-dessus demeurent identiques.

3) Lots en provenance hors UE (indiqués par un m) Bijoux et Montres, Vins et Spiritueux, Multiples: Aux commissions et taxes indiquées au paragraphe 1) ci-dessus, il conviendra d’ajouter des frais liés à l’importation correspondant à 20% du prix d’adjudication.

4) Des frais additionnels seront facturés aux adjudicataires ayant enchérit en ligne par le biais de plateformes Internet autres qu’ARTCURIAL LIVE.

5) La TVA sur commissions et les frais liés à l’importation pourront être rétrocédés à l’adjudicataire sur présentation des justificatifs d’exportation hors UE.L’adjudicataire UE justifiant d’un n° de TVA Intracommunautaire et d’un document prouvant la livraison dans son état membre pourra obtenir le remboursement de la TVA sur commissions.

Le paiement du lot aura lieu au comptant, pour l’intégralité du prix, des frais et taxes, même en cas de nécessité d’obtention d’une licence d’exportation. L’adjudicataire pourra s’acquitter par les moyens suivants : - En espèces : jusqu’à 1 000 euros frais et taxes compris pour les ressortissants français et les personnes agissant pour le compte d’une entreprise, 15 000 euros frais et taxe compris pour les ressortissants étrangers sur présentation de leurs papiers d’identité ; - Par chèque bancaire tiré sur une banque française sur présentation d’une pièce d’identité et, pour toute personne morale, d’un extrait KBis daté de moins de 3 mois (les chèques tirés sur une banque étrangère ne sont pas acceptés);

- Par virement bancaire ;

- Par carte de crédit : VISA, MASTERCARD ou AMEX (en cas de règlement par carte American Express, une commission supplémentaire de 1,85 % correspondant aux frais d’encaissement sera perçue).

6) La répartition entre prix d’adjudication et commissions peut-être modifiée par convention particulière entre le vendeur et Artcurial sans conséquence pour l’adjudicataire.

b) Artcurial SAS sera autorisé à reproduire sur le procès-verbal de vente et sur le bordereau d’adjudication les renseignements qu’aura fournis l’adjudicataire avant la vente. Toute fausse indication engagera la responsabilité de l’adjudicataire. Dans l’hypothèse où l’adjudicataire ne se sera pas fait enregistrer avant la vente, il devra communiquer les renseignements nécessaires dès l’adjudication du lot prononcée. Toute personne s’étant fait enregistrer auprès de Artcurial SAS dispose d’un droit d’accès et de rectification aux données nominatives fournies à Artcurial SAS dans les conditions de la Loi du 6 juillet 1978.

c) Il appartiendra à l’adjudicataire de faire assurer le lot dès l’adjudication. Il ne pourra recourir contre Artcurial SAS, dans l’hypothèse où par suite du vol, de la perte ou de la dégradation de son lot, après l’adjudication, l’indemnisation qu’il recevra de l’assureur de Artcurial SAS serait avérée insuffisante.

d) Le lot ne sera délivré à l’acquéreur qu’après paiement intégral du prix, des frais et des taxes. En cas de règlement par chèque, le lot ne sera délivré qu’après encaissement définitif du chèque, soit 8 jours ouvrables à compter du dépôt du chèque. A compter du lundi suivant le 90e jour après la vente, le lot acheté réglé ou non réglé restant dans l’entrepôt, fera l’objet d’une facturation de 50€ HT par semaine et par lot, toute semaine commencée étant due dans son intégralité au titre des frais d’entreposage et d’assurance.À défaut de paiement par l’adjudicataire, après mise en demeure restée infructueuse, le bien est remis en vente à la demande du vendeur sur folle enchère de l’adjudicataire défaillant ; si le vendeur ne formule pas cette demande dans un délai de trois mois à compter de l’adjudication, la vente est résolue de plein droit, sans préjudice de dommages intérêts dus par l’adjudicataire défaillant. En outre, Artcurial SAS se réserve de réclamer à l’adjudicataire défaillant, à son choix : - Des intérêts au taux légal majoré de cinq points, - Le remboursement des coûts supplémentaires engendrés par sa défaillance, - Le paiement de la différence entre le prix d’adjudication initial et le prix d’adjudication sur folle enchère s’il est inférieur, ainsi que les coûts générés par les nouvelles enchères.

Artcurial SAS se réserve également de procéder à toute compensation avec des sommes dues à l’adjudicataire défaillant. Artcurial SAS se réserve d’exclure de ses ventes futures, tout adjudicataire qui aura été défaillant ou qui n’aura pas respecté les présentes conditions générales d’achat.

e) Sous réserve de dispositions spécifiques à la présente vente, les achats qui n’auront pas été retirés dans les sept jours de la vente (samedi, dimanche et jours fériés compris), pourront être transportés dans un lieu de conservation aux frais de l’adjudicataire défaillant qui devra régler le coût correspondant pour pouvoir retirer le lot, en sus du prix, des frais et des taxes.

f) L’acquéreur pourra se faire délivrer à sa demande un certificat de vente qui lui sera facturé la somme de 60 euros TTC.

4 .  LES INCIDENTS DE LA VENTE

En cas de contestation Artcurial SAS se réserve de désigner l’adjudicataire, de poursuivre la vente ou de l’annuler, ou encore de remettre le lot en vente.

a) Dans l’hypothèse où deux personnes auront porté des enchères identiques par la voix, le geste, ou par téléphone et réclament en même temps le bénéfice de l’adjudication après le coup de marteau, le bien sera immédiatement remis en vente au prix proposé par les derniers enchérisseurs, et tout le public présent pourra porter de nouvelles enchères.

b) Pour faciliter la présentation des biens lors de ventes, Artcurial SAS pourra utiliser des moyens vidéos. en cas d’erreur de manipulation pouvant conduire pendant la vente à présenter un bien différent de celui sur lequel les enchères sont portées, Artcurial SAS ne pourra engager sa responsabilité, et sera seul juge de la nécessité de recommencer les enchères.

5 .  PRÉEMPTION DE L’ÉTAT FRANÇAIS

L’état français dispose d’un droit de préemption des œuvres vendues conformément aux textes en vigueur.

L’exercice de ce droit intervient immédiatement après le coup de marteau, le représentant de l’état manifestant alors la volonté de ce dernier de se substituer au dernier enchérisseur, et devant confirmer la préemption dans les 15 jours.

Artcurial SAS ne pourra être tenu pour responsable des conditions de la préemption par l’état français.

6 . PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE – REPRODUCTION DES ŒUVRES

Artcurial SAS est propriétaire du droit de reproduction de son catalogue. Toute reproduction de celui-ci est interdite et constitue une contrefaçon à son préjudice.

En outre Artcurial SAS dispose d’une dérogation lui permettant de reproduire dans son catalogue les œuvres mises en vente, alors même que le droit de reproduction ne serait pas tombé dans le domaine public.

Toute reproduction du catalogue de Artcurial SAS peut donc constituer une reproduction illicite d’une œuvre exposant son auteur à des poursuites en contrefaçon par le titulaire des droits sur l’œuvre. La vente d’une œuvre n’emporte pas au profit de son propriétaire le droit de reproduction et de présentation de l’œuvre.

7. BIENS SOUMIS À UNE LÉGISLATION PARTICULIÈRE

La réglementation internationale du 3 mars 1973, dite Convention de Washington a pour effet la protection de specimens et d’espèces dits menacés d’extinction. Les termes de son application diffèrent d’un pays à l’autre. Il appartient à tout acheteur de vérifier, avant d’enchérir, la législation appliquée dans son pays à ce sujet. Tout lot contenant un élément en ivoire, en palissandre…quelle que soit sa date d’exécution ou son certificat d’origine, ne pourra être importé aux Etats-Unis, au regard de la législation qui y est appliquée. Il est indiqué par un (s).

8 .  RETRAIT DES LOTS

L’acquéreur sera lui-même chargé de faire assurer ses acquisitions, et Artcurial SAS décline toute responsabilité quant aux dommages que l’objet pourrait encourir, et ceci dès l’adjudication prononcée. Toutes les formalités et transports restent à la charge exclusive de l’acquéreur.

9 . INDÉPENDANCE DES DISPOSITIONS

Les dispositions des présentes conditions générales d’achat sont indépendantes les unes des autres. La nullité de quelque disposition ne saurait entraîner l’inapplicabilité des autres.

10 .  COMPÉTENCES LÉGISLATIVE ET JURIDICTIONNELLE

Conformément à la loi, il est précisé que toutes les actions en responsabilité civile engagées à l’occasion des prisées et des ventes volontaires et judiciaires de meuble aux enchères publiques se prescrivent par cinq ans à compter de l’adjudication ou de la prisée.La loi française seule régit les présentes conditions générales d’achat. Toute contestation relative à leur existence, leur validité, leur opposabilité à tout enchérisseur et acquéreur, et à leur exécution sera tranchée par le tribunal judiciaire compétent du ressort de Paris (France).

Le Conseil des Ventes Volontaires, 19 avenue de l’Opéra – 75001 Paris peut recevoir des réclamations en ligne (www.conseildesventes.fr, rubrique « Réclamations en ligne »).

PROTECTION DES BIENS CULTURELS

Artcurial SAS participe à la protection des biens culturels et met tout en œuvre, dans la mesure de ses moyens, pour s’assurer de la provenance des lots mis en vente dans ce catalogue.

CONDITIONS OF PURCHASE IN VOLUNTARY AUCTION SALES

ARTCURIAL

Artcurial SAS is an operator of voluntary auction sales regulated by the law articles L321-4 and following of the Code de Commerce. In such capacity Artcurial SAS acts as the agent of the seller who contracts with the buyer. The relationships between Artcurial SAS and the buyer are subject to the present general conditions of purchase which can be modified by saleroom notices or oral indications before the sale, which will be recorded in the official sale record.

As a voluntary auction sales operator, ARTCURIAL SAS is subject to the obligations listed in articles L.561-2 14° and seq. of the French Monetary and Financial Code relating to the Anti Money Laundering regulation.

1.  GOODS FOR AUCTION

a) The prospective buyers are invited to examine any goods in which they may be interested, before the auction takes place, and notably during the exhibitions. Artcurial SAS is at disposal of the prospective buyers to provide them with reports about the conditions of lots.

b) Description of the lots resulting from the catalogue, the reports, the labels and the verbal statements or announcements are only the expression by Artcurial SAS of their perception of the lot, but cannot constitute the proof of a fact.

c) The statements by made Artcurial SAS about any restoration, mishap or harm arisen concerning the lot are only made to facilitate the inspection thereof by the prospective buyer and remain subject to his own or to his expert’s appreciation. The absence of statements Artcurial SAS by relating to a restoration, mishap or harm, whether made in the catalogue, condition reports, on labels or orally, does not imply that the item is exempt from any current, past or repaired defect. Inversely, the indication of any defect whatsoever does not imply the absence of any other defects.

d) Estimates are provided for guidance only and cannot be considered as implying the certainty that the item will be sold for the estimated price or even within the bracket of estimates.

Estimates cannot constitute any warranty assurance whatsoever.

The estimations can be provided in several currencies ; the conversions may, in this case or, be rounded off differently than the legal rounding

e) Second-hand goods (anything that is not new) do not benefit from the legal guarantee of conformity in accordance with article L 217-2 of the Consumer Code.

2 . THE SALE

a) In order to assure the proper organisation of the sales, prospective buyers are invited to make themselves known to Artcurial SAS before the sale, so as to have their personal identity data recorded.

Artcurial SAS reserves the right to ask any prospective buyer to justify his identity as well as his bank references and to request a deposit.

Artcurial SAS reserves the right to refuse admission to the auction sales premises to any prospective buyer for legitimate reasons. A bid is accepted on the basis of the information provided by the bidder prior to the sale. Consequently, the name of the winning bidder cannot be changed after the sale.

b) Any person who is a bidder undertakes to pay personally and immediately the hammer price increased by the costs to be born by the buyer and any and all taxes or fees/expenses which could be due. Any bidder is deemed acting on his own behalf except when prior notification, accepted by Artcurial SAS, is given that he acts as an agent on behalf of a third party.

c) The usual way to bid consists in attending the sale on the premises. However, Artcurial SAS may graciously accept to receive some bids by telephone from a prospective buyer who has expressed such a request before the sale. Artcurial SAS will bear no liability / responsibility whatsoever, notably if the telephone contact is not made, or if it is made too late, or in case of mistakes or omissions relating to the reception of the telephone. For variety of purposes, Artcurial SAS reserves its right to record all the telephone communications during the auction. Such records shall be kept until the complete payment of the auction price, except claims.

d) Artcurial SAS may accept to execute orders to bid which will have been submitted before the sale and by Artcurial SAS which have been deemed acceptable. Artcurial SAS is entitled to request a deposit which will be refunded within 48hours after the sale if the lot id not sold to this buyer.

Should Artcurial SAS receive several instructions to bid for the same amounts, it is the instruction to bid first received which will be given preference.

Artcurial SAS will bear no liability/responsibility in case of mistakes or omission of performance of the written order.

e) In the event where a reserve price has been stipulated by the seller, Artcurial SAS reserves the right to bid on behalf of the seller until the reserve price is reached. The seller will not be admitted to bid himself directly or through an agent. The reserve price may not be higher than the low estimate for the lot printed in or publicly modified before the sale.

f) Artcurial SAS will conduct auction sales at their discretion, ensuring freedom auction and equality among all bidders, in accordance with established practices.

Artcurial SAS reserves the right to refuse any bid, to organise the bidding in such manner as may be the most appropriate, to move some lots in the course of the sale, to withdraw any lot in the course of the sale, to combine or to divide some lots in the course of the sale. In case of challenge or dispute, Artcurial SAS reserves the right to designate the successful bidder, to continue the bidding or to cancel it, or to put the lot back up for bidding.

g) Subject to the decision of the person conducting the bidding for Artcurial SAS, the successful bidder will be the bidder would will have made the highest bid provided the final bid is equal to or higher than the reserve price if such a reserve price has been stipulated.

The hammer stroke will mark the acceptance of the highest bid and the pronouncing of the word “adjugé” or any equivalent will amount to the conclusion of the purchase contract between the seller and the last bidder taken in consideration.

No lot will be delivered to the buyer until full payment has been made.In case of payment by an ordinary draft/check, payment will be deemed made only when the check will have been cashed.

The lot not auctioned may be sold after the sale in accordance with the law, provided that its price is at least 1,500 euros.

h) So as to facilitate the price calculation for prospective buyers, a currency converter may be operated by Artcurial SAS as guidance. Nevertheless, the bidding cannot be made in foreign currency and Artcurial SAS will not be liable for errors of conversion.

3 . THE PERFORMANCE OF THE SALE

a) In addition of the lot’s hammer price, the buyer must pay the different stages of following costs and fees/taxes:

1) Lots from the EU:

• From 1 to 850,000 euros: 27 % + current VAT.

From 850,001 to 6,000,000 euros: 21 % + current VAT.

Over 6,000,001 euros: 14,5 % + current VAT.

2) Lots from outside the EU : (identified by an m). Works of art, Antiques and Collectors’items The hammer price will be VAT excluded to which should be added 5.5% VAT. Upon request, this VAT will be refunded to the purchaser on presentation of written proof of exportation outside the EU or to the EU purchaser who will submit his intracommunity VAT number and a proof of shipment of his purchase to his EU country home address. Commissions and taxes indicated in section 3.1) remain the same.

3) Lots from outside the EU (identified by an m): Jewelry and Watches, Wines and Spirits, Multiples In addition to the commissions and taxes specified in paragraph 1) above, an additional import VAT will be charged (20% of the hammer price).

4) Additional fees will be charged to bidders who bid online via Internet platforms other than ARTCURIAL LIVE.

5) VAT on commissions and importation expenses can be retroceded to the purchaser on presentation of written proof of exportation outside the EU.

An EU purchaser who will submit their intracommunity VAT number and a proof of shipment of their purchase to their EU country home address will be refunded of VAT on buyer’s premium.The payment of the lot will be made cash, for the whole of the price, costs and taxes, even when an export licence is required. The purchaser will be authorized to pay by the following means :

- In cash : up to 1 000 euros, costs and taxes included, for French citizens and people acting on behalf of a company, up to 15 000 euros, costs and taxes included, for foreign citizens on presentation of their identity papers ;

- By cheque drawn on a French bank on presentation of identity papers and for any company, a KBis dated less than 3 months (cheques drawn on a foreign bank are not accepted);

- By bank transfer;

- By credit card : VISA, MASTERCARD or AMEX (in case of payment by AMEX, a 1,85 % additional commission corresponding to cashing costs will be collected).

6)The distribution between the lot's hammer price and cost and fees can be modified by particular agreement between the seller and Artcurial SAS without consequence for the buyer.

b) Artcurial SAS will be authorized to reproduce in the official sale record and on the bid summary the information that the buyer will have provided before the sale. The buyer will be responsible for any false information given. Should the buyer have neglected to give his personal information before the sale, he will have to give the necessary information as soon as the sale of the lot has taken place.

Any person having been recorded by Artcurial SAS has a right of access and of rectification to the nominative data provided to Artcurial SAS pursuant to the provisions of Law of the 6 July 1978.

c) The lot must to be insured by the buyer immediately after the purchase. The buyer will have no recourse against Artcurial SAS, in the event where, due to a theft, a loss or a deterioration of his lot after the purchase, the compensation he will receive from the insurer of Artcurial SAS would prove insufficient.

d) The lot will be delivered to the buyer only after the entire payment of the price, costs and taxes. If payment is made by cheque, the lot will be delivered after cashing, eight working days after the cheque deposit. If the buyer has not settled his invoice yet or has not collected his purchase, a fee of 50€+VAT per lot, per week (each week is due in full) covering the costs of insurance and storage will be charged to the buyer, starting on the first Monday following the 90th day after the sale. Should the buyer fail to pay the amount due, and after notice to pay has been given by Artcurial SAS to the buyer without success, at the seller’s request, the lot is re-offered for sale, under the French procedure known as “procédure de folle enchère”. If the seller does not make this request within three months from the date of the sale, the sale will be automatically cancelled, without prejudice to any damages owed by the defaulting buyer.

In addition, Artcurial SAS reserves the right to claim against the defaulting buyer, at their option :

- interest at the legal rate increased by five points,

- the reimbursement of additional costs generated by the buyer’s default,

- the payment of the difference between the initial hammer price and the price of sale after “procédure de folle enchère” if it is inferior as well as the costs generated by the new auction.

Artcurial SAS also reserves the right to set off any amount Artcurial SAS may owe the defaulting buyer with the amounts to be paid by the defaulting buyer.

Artcurial SAS reserves the right to exclude from any future auction, any bidder who has been a defaulting buyer or who has not fulfilled these general conditions of purchase.

e) With reservation regarding the specific provisions of this sale, for items purchased which are not collected within seven days from after the sale (Saturdays, Sundays and public holidays included), Artcurial SAS will be authorized to move them into a storage place at the defaulting buyer’s expense, and to release them to same after payment of corresponding costs, in addition to the price, costs and taxes.

f) The buyer can obtain upon request a certificate of sale which will be invoiced € 60.

4. THE INCIDENTS OF THE SALE

In case of dispute, Artcurial SAS reserves the right to designate the successful bidder, to continue the sale or to cancel it or to put the lot up for sale.

a) In case two bidders have bidden vocally, by mean of gesture or by telephone for the same amount and both claim title to the lot, after the bidding the lot, will immediately be offered again for sale at the previous last bid, and all those attending will be entitled to bid again.

b) So as to facilitate the presentation of the items during the sales, Artcurial SAS will be able to use video technology. Should any error occur in operation of such, which may lead to show an item during the bidding which is not the one on which the bids have been made, Artcurial SAS shall bear no liability/responsibility whatsoever, and will have sole discretion to decide whether or not the bidding will take place again.

5 .  PRE-EMPTION OF THE FRENCH STATE

The French state in entitled to use a right of pre-emption on works of art, pursuant to the rules of law in force.

The use of this right comes immediately after the hammer stroke, the representative of the French state expressing then the intention of the State to substitute for the last bidder, provided he confirms the pre-emption decision within fifteen days.

Artcurial SAS will not bear any liability/ responsibility for the conditions of the pre-emption by the French State.

6 . INTELLECTUAL PROPERTY RIGHT - COPYRIGHT

The copyright in any and all parts of the catalogue is the property of Artcurial SAS. Any reproduction thereof is forbidden and will be considered as counterfeiting to their detriment.

Furthermore, Artcurial SAS benefits from a legal exception allowing them to reproduce the lots for auction sale in their catalogue, even though the copyright protection on an item has not lapsed.

Any reproduction of Artcurial SAS catalogue may therefore constitute an illegal reproduction of a work which may lead its perpetrator to be prosecuted for counterfeiting by the holder of copyright on the work.The sale of a work of art does not transfer to its buyer any reproduction or representation rights thereof.

7 . ITEMS FALLING WITHIN THE SCOPE OF SPECIFIC RULES

The International regulation dated March 3rd 1973, protects endangered species and specimen. Each country has its own lawmaking about it. Any potential buyer must check before bidding, if he is entitled to import this lot within his country of residence. Any lot which includes one element in ivory, rosewood…cannot be imported in the United States as its legislation bans its trade whatever its dating may be. It is indicated by a (s).

8. REMOVAL OF PURCHASES

The buyer has to insure its purchase, and Artcurial SAS assumes no liability for any damage items which may occur after the sale. All transportation arrangements are the sole responsibility of the buyer.

9.  SEVERABILITY

The clauses of these general conditions of purchase are independant from each other. Should a clause whatsoever be found null and void, the others shall remain valid and applicable.

10.  LAW AND JURISDICTION

In accordance with the law, it is added that all actions in public liability instituted on the occasion of valuation and of voluntary and court-ordered auction sales are barred at the end of five years from the hammer price or valuation.

These Conditions of purchase are governed by French law exclusively. Any dispute relating to their existence, their validity and their binding effect on any bidder or buyer shall be submitted to the exclusive jurisdiction of the Courts of France. The Conseil des Ventes Volontaires, 19 avenue de l’Opéra – 75001 Paris can receive online claims (www.conseildesventes.fr, section “Online claims”).

PROTECTION OF CULTURAL PROPERTY

Artcurial SAS applies a policy to prevent the sale of looted or stolen cultural property.

ORDRE D’ACHAT

ABSENTEE BID FORM

Bibliothèque Jean Bourdel - Troisième partie

Vente n°6040

Mardi 14 avril 2026 - 14h30

Paris — 7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault

Ordre d’achat / Absentee bid

Ligne téléphonique / Telephone

(Pour tout lot dont l’estimation est supérieure à 500 euros For lots estimated from € 500 onwards)

Téléphone pendant la vente / Phone  at the time of the sale:

Nom / Name :

Prénom / First name :

Société / Compagny :

Adresse / Address :

Téléphone / Phone :

Fax :

Email :

Lot Description du lot / Lot description

N °

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N °

Les ordres d'achat et les demandes d'enchères téléphoniques doivent impérativement nous parvenir au moins 24 heures avant la vente. Le service d'enchères téléphoniques est proposé pour les lots dont l’estimation basse est supérieure à 500€.

To allow time for processing, absentee bids and requests for telephone bidding should be received at least 24 hours before the sale begins. Telephone bidding is a service provided by Artcurial for lots with a low estimate above 500€.

À renvoyer / Please mail to :

Artcurial SAS 7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault - 75008 Paris Fax : +33 (0)1 42 99 20 60 bids@artcurial.com

Merci de bien vouloir joindre à ce formulaire une copie de votre pièce d’identité (passeport ou carte nationale d’identité), si vous enchérissez pour le compte d’une société, merci de joindre un extrait KBIS de moins de 3 mois. Could you please provide a copy of your id or passport?

If you bid on behalf of a company, could you please provide an act of incorporation?

Après avoir pris connaissance des conditions de vente décrites dans le catalogue, je déclare les accepter et vous prie d’acquérir pour mon compte personnel aux limites indiquées en euros, les lots que j’ai désignés ci-dessous. (les limites ne comprenant pas les frais légaux).

I have read the conditions of sale printed in this catalogue and agree to abide by them. I grant your permission to purchase on my behalf the following items within the limits indicated in euros. (These limits do not include buyer’s premium and taxes).

Limite en euros / Max. euros price

Date et signature obligatoire / Required dated signature

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