juin 2026 |

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Se donner les moyens pour aller au bout de sa passion
ENTRE RÉSILIENCE ET VENTS CONTRAIRES

L’augmentation de la puissance du moteur, du couple et de la capacité de manutention donne au LH 50 les moyens de se déplacer plus rapidement. Un circuit de direction hydraulique fermé régénère l’énergie pour réduire la consommation de carburant, tandis que le Liebherr Power Efficiency (LPE) et un espace de travail ergonomique redessiné apportent efficacité, confort et contrôle là où c’est le plus important : dans le siège de l’opérateur. www.liebherr.ca
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Forêt
De plus en plus, la capacité des usines à maintenir leurs opérations repose sur une main-d’œuvre venue de l’étranger.
8 ÉVÉNEMENT
Congrès de Montréal sur le bois
Entre résilience et vents contraires
14 FORÊT
Foresterie en priorité
Se donner les moyens pour aller au bout de sa passion
18 SÉCHAGE
Planifier, gérer et rentabiliser les arrêts de séchoirs
L’arrêt d’un séchoir est une étape stratégique
22 SÉCHAGE
Des solutions existent pour compenser la diminution des ventes de bois aux États-Unis.
26 SÉCHAGE
La synergie Wellons–
MEC en action
Entrevue avec Steve Dalby
SECTIONS SUR LA COUVERTURE
4 Champ libre
6 Nouvelles de l’industrie
28 Nouveaux équipements
30 Le dernier mot
Guillaume Michaud au volant de sa nouvelle abatteuse Ponsse Scorpion Giant.

GUILLAUMEroy groy@annexbusinessmedia.com
Nos gouvernements doivent concentrer leurs efforts là où ils ont un pouvoir réel.
Ils ne contrôlent ni les cycles du marché du bois, ni les décisions politiques américaines, ni les taux d’intérêt. Mais ils peuvent agir concrètement sur ce qui soutient notre industrie au quotidien : la prévisibilité du cadre forestier et, surtout, la disponibilité de la main-d’œuvre.
Une réforme du régime forestier sera nécessaire pour offrir une meilleure stabilité à long terme. Mais cela ne suffira pas. La pérennité des scieries québécoises, en particulier en région, repose aussi sur notre capacité à attirer et à retenir des travailleurs.
Pendant plusieurs années, le Québec a misé sur l’immigration pour soutenir sa croissance économique. Ce choix était non seulement pertinent, il demeure essentiel. Les plus récentes données démographiques le confirment : avec le resserrement des règles d’immigration, le nombre de travailleurs étrangers temporaires a chuté de façon marquée, et la population québécoise a reculé de 0,3% en 2025, une première en un demi-siècle.
Certes, l’intégration des nouveaux arrivants comporte des défis. Dans les grands centres, leur forte concentration exerce une pression sur les services publics, notamment les écoles et les hôpitaux. La francisation y est également plus complexe, dans un environnement où l’anglais occupe une place importante au quotidien.
Mais la réalité est tout autre en région. À Chibougamau, comme dans plusieurs municipalités forestières, les travailleurs étrangers comblent des postes qui resteraient vacants autrement. Ils jouent un rôle stratégique dans le maintien des opérations industrielles, mais aussi dans la vitalité des communautés. L’arrivée de familles contribue à maintenir les écoles ouvertes, à compléter les équipes sportives et à faire vivre les infrastructures locales, du centre de ski aux commerces de proximité. Et surtout, la francisation y est souvent plus rapide,
portée par un environnement majoritairement francophone.
Les défis existent, notamment en matière de logement, mais ils demeurent d’une nature et d’une ampleur bien différentes de celles observées dans les grands centres.
Les entreprises du sciage, comme celles de l’ensemble du secteur manufacturier, le répètent avec insistance : sans apport de main-d’œuvre étrangère, leurs opérations sont compromises. La récente décision d’Ottawa d’augmenter temporairement le seuil de travailleurs étrangers de 10 à 15% jusqu’en mars 2027 constitue une mesure de court terme. Elle ne répond pas à la réalité structurelle des régions.
Trop souvent, les politiques sont pensées de manière uniforme à l’échelle du pays. Or, les besoins diffèrent profondément d’un territoire à l’autre. La solution passe par une approche régionalisée, capable d’ajuster les seuils et les programmes en fonction des réalités locales.
Au-delà des chiffres, il y a aussi une question de crédibilité. Les personnes qui choisissent de venir s’établir ici doivent pouvoir compter sur une certaine stabilité. On ne peut pas leur offrir une perspective d’avenir, puis modifier les règles en cours de route. À cet égard, le maintien du Programme de l’expérience québécoise constitue un signal important : celui du respect de l’engagement pris envers ces travailleurs.
Comme le résumait avec justesse Guy Lafrenière, maire de Lebel-sur-Quévillon, en 2022, nous sommes passés d’une époque où l’on parlait de « voleurs de jobs » à une réalité où les travailleurs étrangers sont devenus des « sauveurs de jobs ». Parce qu’ils permettent, tout simplement, aux usines de continuer à tourner.
Assurer des bases solides pour notre industrie, c’est reconnaître cette réalité et agir en conséquence.
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Systèmes de contrôle intégrés à haute efficacité
Offrant intégration et évolutivité, les nouveaux systèmes de contrôle intégrés haute efficacité de Hurst Boiler permettent la surveillance et la communication des salles de chaudières grâce à des contrôles de supervision avancés,
compatibles avec tous les produits Hurst, anciens comme récents. FireMaster, BoilerMaster et BioMaster peuvent également être configurés pour fonctionner avec toute chaudière existante, peu importe le fabricant.



L’acquisition de l’ancienne usine de papier journal F.F. Soucy par le Groupe Lebel marque le début d’une transition majeure pour le site de Rivière-du-Loup. Toutefois, le président-directeur général, Frédéric Lebel, tempère les attentes quant à un redémarrage immédiat : un horizon de trois ans est jugé
nécessaire avant de voir une nouvelle ligne de production active.
L’entreprise se donne jusqu’à la fin de l’été 2026 pour arrêter son choix sur le type de produits qui sortira de l’usine. Une fois la vocation définie, le Groupe devra entamer un parcours complexe incluant
Dans une transaction évaluée à 20 millions $, Cascades a cédé ses actifs forestiers du Bas-Saint-Laurent à la Société de gestion d’actifs forestiers Solifor. Ce transfert porte sur 10 500 hectares de terres privées situées dans le Kamouraska et le Témiscouata, des superficies aménagées par Cascades depuis plus d’un quart de siècle.
Au-delà de l’échange de titres, cette entente sécurise
l’ingénierie de détail, le montage financier, ainsi que l’achat et l’installation d’équipements spécialisés. Ce projet représente un défi de taille dans un contexte où la transformation des infrastructures papetières vers de nouveaux créneaux exige une précision technique et stratégique rigoureuse.
l’avenir de l’usine de Cabano. Solifor, reconnue pour sa gestion axée sur la valeur à long terme et le développement durable, s’engage à poursuivre la mise en valeur de ces forêts tout en garantissant un approvisionnement fiable à Cascades. Pour le vendeur, cette opération permet de déléguer la gestion forestière à un expert local tout en libérant des capitaux, sans compromettre ses besoins en matière première.
Le Fonds de solidarité FTQ mise sur l’innovation pour répondre à la crise du logement. Le nouveau chantier d’un immeuble de 12 étages à Terrebonne se distingue par l’utilisation du bois massif fourni par Nordic Structures. Pour la première fois en Amérique du Nord sur un bâtiment de cette hauteur, le système Upbrella est utilisé : il s’agit d’un toit mobile qui permet de construire à l’abri des intempéries, protégeant ainsi les composants en bois pendant toute la durée du montage. Ce modèle se veut réplicable pour réduire les délais de construction et l’empreinte carbone du secteur résidentiel.

Des mesures concrètes pour l’exercice 20262027 ont été annoncées par le ministre Éric Girard, notamment une enveloppe de 147 M$ pour les travaux sylvicoles en forêt publique et l’abolition de la redevance annuelle (un gain de 19 M$ pour les entreprises).
Le gouvernement répond également à une demande historique en injectant 60 M$ dans un programme d’aide au fonds de roulement.
Pour Michel Vincent, président du CIFQ, ces sommes sont essentielles pour contrer les effets combinés des droits de douane américains et de l’incertitude économique.
L’industrie attend maintenant de voir comment se concrétisera la promesse de rendre la tarification des bois plus dynamique et adaptée aux réalités du marché.
Une étude d’envergure dirigée par le professeur Yan Boucher de l’UQAC vient bousculer les fondements de l’aménagement forestier au Québec. En analysant plus de 500 peuplements d’épinette noire après feu, l’équipe a découvert qu’environ un tiers d’entre eux ne se régénèrent pas adéquatement.
Ce constat est majeur : les calculs actuels de la possibilité forestière reposent sur un taux de succès de régénération de plus de 95 %. Si la forêt ne revient pas d’elle-même, la capacité de production future est surestimée. En réponse, des projets pilotes de reboisement par drones et robots seront déployés dès l’été 2026 dans la région du Pipmuacan pour tester de nouvelles méthodes de remise en production des territoires brûlés, là où la couche organique empêche l’établissement naturel des semis.
Hausse de la possibilité forestière en forêt privée : un levier sous-utilisé
Les derniers calculs de la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) indiquent une croissance robuste de la ressource sur les lots privés. Le volume de bois sur pied a bondi de 21%, portant la possibilité forestière à 19,6 millions de mètres cubes par année.
Désormais, plus du tiers du bois disponible annuellement au Québec se trouve en forêt privée. Cette hausse de 16 % par rapport aux évaluations précédentes place les producteurs privés comme des acteurs incontournables pour pallier les baisses de récolte en forêt publique. Toutefois, le défi demeure d’inciter les propriétaires à récolter activement ce volume pour soutenir l’approvisionnement des scieries locales.
Le remaniement ministériel opéré par Christine Fréchette en avril 2026 place Kateri Champagne Jourdain à la tête du ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF). La députée de Duplessis succède à Jean-François Simard dans un contexte charnière, à peine huit mois après son passage à la Famille et à la veille des élections provinciales d’octobre. Ce changement de garde survient alors que
l’industrie forestière réclame une vision stable et une accélération de la modernisation du régime forestier. Ministre de l’Emploi en 2022, Mme Champagne Jourdain devra rapidement s’approprier les enjeux de la main-d’œuvre et de la compétitivité qui freinent actuellement plusieurs scieries québécoises.
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Dans
un contexte marqué par des tensions géopolitiques et une volatilité économique persistante, les dirigeants du secteur ont scruté l’horizon 2026-2028.
L’édition 2026 du Congrès de Montréal sur le bois, orchestrée par le CIFQ, le QWEB, l’OFIA et le MLB, s’est ouverte dans une atmosphère de vigilance. Si le bois demeure le matériau d’avenir, le chemin pour s’y rendre est semé d’embûches macroéconomiques. En ouverture, Benjamin Tal, de CIBC Marchés des capitaux, a jeté un pavé dans la mare en rappelant le lien historique indéfectible entre chocs pétroliers et récessions. Selon l’économiste, ce n’est pas tant la hausse du baril qui paralyse l’industrie, mais la réponse monétaire qui s’ensuit. « On ne peut pas combattre la hausse des prix du pétrole en relevant les taux d’intérêt », a-t-il martelé.
Pour les transformateurs de bois, le message est clair : la fragilité de l’économie canadienne, conjuguée aux incertitudes liées au conflit entre les États-Unis et
l’Iran, pourrait retarder la reprise tant attendue. Si le marché pétrolier semble s’équilibrer, le temps nécessaire à la normalisation des flux logistiques reste une variable critique pour les coûts de transport du bois.
Le nerf de la guerre demeure le marché résidentiel américain. En 2025, les mises en chantier ont atteint 1,358 million d’unités, un chiffre respectable mais qui cache une certaine stagnation. Si Paul F. Jannke, de Forest Economic Advisors (FEA), voit une lueur d’espoir dans la « demande latente » des jeunes de 18 à 34 ans, la réalité du terrain est plus complexe.
Doug Robinson a souligné que l’abordabilité reste le principal frein. Les coûts croissants forcent les acheteurs à revoir leurs priorités : maisons plus petites,
Le Congrès de Montréal sur le bois a accueilli un panel de leaders de l’industrie, dont Mark Allison, de Boscus Canada, Thomas Mende, de Binderholz, Doug
disparition des sous-sols au profit de dalles de béton dans le Sud, et un intérêt marqué pour le plain-pied adapté au vieillissement de la population. Ces changements structurels modifient directement le volume de bois d’œuvre nécessaire par unité construite.
Toutefois, l’Ontario offre un contrepoint intéressant. Les mesures fiscales récentes, notamment l’élimination de la TVH sur les habitations de moins d’un million de dollars et des investissements massifs dans les infrastructures municipales, pourraient redonner un souffle de ce côté de la frontière. Selon
Frédéric Verreault, ces politiques sont essentielles pour alléger le fardeau fiscal qui pèse sur le prix final des habitations.
Le bois massif (CLT et bois lamellé) continue de séduire, mais son adoption massive aux États-Unis tarde à reproduire le modèle européen. Thomas Mende a été catégorique : bien que la croissance soit rapide, le marché américain n’a pas encore atteint l’échelle critique. Pour l’instant, le bois massif reste souvent cantonné aux « projets phares » architecturaux.
Frédéric Verreault a toutefois nuancé ce propos en soulignant que le bois massif représente désormais environ 7 % de la consommation totale de bois d’œuvre en Amérique du Nord, particulièrement dans le secteur non résidentiel. « Si nous doublons cette part dans les prochaines années, l’impact sur l’équilibre du marché sera majeur », a-t-il affirmé. L’intégration du bois massif dans les systèmes de planchers des immeubles multifamiliaux est vue comme le prochain levier de croissance organique.
Le marché de la rénovation, qui accapare plus du tiers de la consommation de bois résineux, reste un pilier. Cependant, Thomas Mende a rappelé que ce segment est intimement lié à la mobilité résidentielle. Tant que le marché hypothécaire américain sera verrouillé par des taux élevés, les propriétaires hésiteront à vendre et, par extension, à rénover massivement avant une mise en marché.
Enfin, le dossier des tarifs douaniers continue d’empoisonner les relations commerciales. Doug Robinson a exprimé son
scepticisme quant à une résolution rapide, soulignant l’incohérence des consommateurs américains qui réclament à la fois du protectionnisme et des prix bas. Ce désavantage concurrentiel est d’autant plus criant que les producteurs européens pénètrent le marché américain avec des droits de douane bien moindres que ceux imposés aux Canadiens.
Malgré les nuages, Paul Jannkecroit que les producteurs canadiens possèdent toujours un avantage qualitatif. Le bois SPF demeure le favori des constructeurs pour l’ossature de qualité.
L’industrie forestière ne peut plus se contenter de produire ; elle doit naviguer dans une mer géopolitique agitée. La survie des scieries canadiennes passera par une capacité à maintenir leurs parts de marché aux ÉtatsUnis tout en espérant une baisse des taux d’intérêt qui libérera enfin la demande accumulée. Selon Frédéric Verreault, le défi est aussi structurel : avec la rareté de la ressource et les fermetures d’usines, reconstruire la capacité de production demandera de la patience et, surtout, une stabilité réglementaire et tarifaire qui se fait toujours attendre.


BY Guillaume Roy
De plus en plus, la capacité des usines à maintenir leurs opérations repose sur une main-d’œuvre venue de l’étranger.
Dans l’industrie québécoise du sciage, une transformation silencieuse est en cours. Dans un contexte de vieillissement démographique, de rareté de candidats locaux et d’éloignement des grands centres, les travailleurs étrangers ne constituent plus une
solution ponctuelle : ils sont devenus un pilier du modèle forestier.
Cette réalité s’observe partout sur le territoire, mais elle est particulièrement marquée dans les régions ressources. À La Doré, au Saguenay–LacSaint-Jean, l’arrivée de 39 travailleurs étrangers à la scierie de Domtar a permis l’ajout d’un quart de travail. Résultat : l’usine fonctionne désormais en continu, 24 heures sur 24, sept jours sur sept, avec une hausse de production d’environ 20%.
« L’objectif, c’est de faire fonctionner nos installations au maximum », résume Maxime Ouellet, responsable des ressources humaines pour les pro-
duits du bois chez Domtar. « Dans notre industrie, chaque heure d’opération a un impact direct sur la rentabilité. »
Si La Doré illustre bien le phénomène, elle est loin d’être un cas isolé. Dans certains territoires plus éloignés, cette dépendance atteint un niveau critique. À Senneterre, par exemple, le recrutement local est pratiquement inexistant.
Même constat à Chibougamau, où Chantier Chibougamau compte plus de 180 travailleurs étrangers sur environ 1600 employés.
« Leur impact réel est encore plus grand», précise Frédéric Verreault, vice-président aux affaires corporatives. « En production, c’est l’équivalent d’un travailleur sur trois. »
Cette situation s’explique en grande partie par des facteurs démographiques. Alors que les grands centres disposent d’un bassin de main-d’œuvre plus vaste, les régions éloignées n’ont tout simplement pas cette option.
« Plus on s’éloigne, plus la pression augmente, dit-il. À Chibougamau, on est dans une situation extrême. Sans la main-d’œuvre étrangère, certaines opérations ne tiendraient pas. »
Le recours aux travailleurs étrangers demeure parfois mal compris dans l’espace public, où persiste l’idée d’une main-d’œuvre à bas coût.
« Ils souffrent d’une étiquette malheureuse, estime Frédéric Verreault. On ne parle pas de “cheap labor”. »
Dans les faits, les salaires dans l’industrie du sciage sont compétitifs. « Chez nous, on parle d’un minimum autour de 70 000 $ par année, précise-t-il. Ce sont des travailleurs qualifiés, capables d’évoluer dans des environnements hautement automatisés, avec robotique et intelligence artificielle. »
L’équilibre demeure toutefois fragile. Ottawa a relevé temporairement de 10% à 15% la proportion maximale de travailleurs étrangers à bas salaire jusqu’au 31 mars 2027. Or, le seuil salarial fixé à 34,62 $/h inclut désormais des postes relativement bien rémunérés dans ces quotas.
Selon les entreprises, ces seuils devraient être adaptés aux réalités régio-

• Bois résineux et feuillus
• Optimisé grâce à l’IA
• Plusieurs unités en opération

• Modulaire, facile à installer sur ligne existante


nales. À La Doré, un minimum de 15% est jugé nécessaire, tandis qu’à Senneterre, les besoins pourraient atteindre 20%, en raison d’un bassin local quasi inexistant.
Au Groupe Lebel, le constat est similaire. Pierre-Olivier Morency, directeur croissance et innovation, distingue les postes spécialisés — électromécaniciens, mécaniciens industriels — des postes dits à bas salaire, qui représentent au plus 15% de la main-d’œuvre.
Mais même dans ces cas, les investissements sont importants.« On les forme, on les loge, on les accompagne, explique-t-il. On achète des maisons, des immeubles. C’est un engagement majeur. »
STABILISER
Au-delà du recrutement, la contribution des travailleurs étrangers se mesure aussi en termes de stabilité organisationnelle, un enjeu clé dans une industrie où le roulement de personnel affecte directement la
performance.
À La Doré, le taux de roulement est passé de 25% en 2021 à 9% en 2025 après leur arrivée.
« Ils développent un fort sentiment d’appartenance, observe Mathieu Tremblay, coordonnateur à l’usine. Ça stabilise les équipes et ça se reflète directement dans la productivité. »
Cette stabilité permet non seulement de maintenir les opérations, mais aussi d’optimiser les installations. L’ajout d’un quart de travail en est un exemple concret.
« Faire tourner une usine à plein régime, c’est essentiel pour rester compétitif», rappelle Maxime Ouellet.
Un rôle clé dans les communautés
L’impact de cette main-d’œuvre dépasse largement les scieries. Dans plusieurs municipalités, elle contribue à la vitalité des milieux de vie.
À Chibougamau, les travailleurs étrangers et leurs familles participent au maintien des écoles, soutiennent les activités sportives et dynamisent le tissu social.
« Les enfants remplissent les classes,
composent des équipes de soccer, illustre Frédéric Verreault. C’est du concret. »
Contrairement à certaines dynamiques observées dans les grands centres, les effets en région relèvent davantage d’une stabilisation démographique.
« Ici, on ne parle pas de pression sur les infrastructures ou d’anglicisation, dit-il. On parle de maintenir des services et de garder les communautés vivantes. »
Malgré ces bénéfices, le modèle repose sur un équilibre précaire. Les règles encadrant les travailleurs étrangers temporaires se sont resserrées, créant une incertitude importante.
Le relèvement temporaire du plafond à 15% est jugé insuffisant.
« C’est un petit plaster sur le bobo », tranche Isabelle Gauthier, coordonnatrice en ressources humaines chez Domtar. « Il faut une vision à long terme adaptée aux réalités régionales. »
Les délais administratifs constituent un autre obstacle majeur. Le renouvellement
des permis peut prendre jusqu’à neuf mois, alors que leur durée a été réduite à un an dans certains cas.
« On est constamment dans l’incertitude, dit-elle. Et ça complique énormément la planification. »
Même son de cloche au Groupe Lebel. « C’est une épine dans le pied, affirme Pierre-Olivier Morency. Les travailleurs vivent du stress. Ils ne savent pas s’ils pourront rester ni faire venir leur famille.
»
DES PARCOURS SOUS TENSION
Sur le terrain, ces contraintes prennent une dimension humaine concrète. Des tra vailleurs intégrés depuis plusieurs années voient leur avenir fragilisé par les change ments réglementaires.
Certains hésitent à quitter le pays de peur de perdre leurs acquis. D’autres renoncent à faire venir leur famille. « On voit des gens qui ont choisi le Québec et qui veulent s’enraciner, mais qui vivent avec une épée de Damoclès », souligne Frédéric Verreault.
Cette instabilité affecte aussi la capacité d’attraction à l’international.« La réputa tion du Québec en prend un coup », note Isabelle Gauthier.
UN ENJEU STRUCTUREL
Au fil des ans, le rôle des travailleurs étrangers a profondément évolué. D’une solution de dépannage, ils sont devenus un élément structurant du fonctionnement des usines.


« On est passé de l’idée qu’ils volent des emplois à celle qu’ils les sauvent », résume Frédéric Verreault.

Dans un contexte où l’âge moyen atteint 50 à 55 ans dans certaines entreprises et où les départs à la retraite s’annoncent massifs, cette tendance devrait s’accentuer.
« Ça ne va pas s’améliorer, prévient Pierre-Olivier Morency. Il faudra remplacer ces départs, et une grande partie de la solution passe par l’immigration. »
À La Doré, les gains de productivité illustrent à la fois le potentiel et la fragilité de ce modèle. Si les conditions changent, ces gains pourraient rapidement s’effriter.
À l’échelle de l’industrie, le constat est clair : la compétitivité du sciage québécois repose en partie sur sa capacité à attirer, intégrer et retenir une main-d’œuvre venue d’ailleurs. Reste à voir si le cadre réglementaire évoluera au même rythme.




Guillaume Michaud se donner les moyens pour aller au bout de sa passion pour la foresterie.
PAR Maxime Bilodeau
«On peut sortir le gars de la forêt, mais pas la forêt du gars ! », lance Guillaume Michaud, propriétaire de Travaux forestiers MD, qui opère dans le Centre-du-Québec. Le Lauriervillois de 42 ans, fils d’agriculteur, racontait à Opérations forestières comment il a relancé une entreprise forestière en 2020 à la suite d’un hiatus de plus d’une décennie.
« J’ai exploité une autre entreprise entre 2002 et 2008, jusqu’à ce que la crise forestière me force à me recycler dans l’excavation, se souvient-il. Ma passion pour la foresterie est cependant demeurée forte. »
Il y a six ans, il se procure d’abord une pelle Link-Belt 75x3 munie d’une tête multifonctionnelle Metavic S-180 de série 2. Rapidement, cette activité exercée en parallèle, pendant la période de chômage hivernal caractéristique de l’industrie de la construction, prend toutefois beaucoup plus d’importance.
« J’ai choisi une petite machine afin de pouvoir bûcher dans des érablières, où il est important de limiter les dommages », affirme-t-il. Encore aujourd’hui, les travaux dans ces peuplements forestiers représentent plus des deux tiers de son volume d’activités annuel.


En 2022, face à la croissance de son entreprise, Guillaume Michaud décide de passer à la vitesse supérieure. Après quelques hésitations, il se porte acquéreur d’une abatteuse Ponsse Scorpion de seconde main qui totalise alors 12 800 heures d’opérations. Un choix qu’il n’a jamais regretté.
« Une machine sur roues minimise les traces en forêt, notamment sur les racines des érables », indique-t-il. Plus tard cette année-là, il se munit d’un transporteur Ponsse Buffalo, lui aussi usagé (15 800 heures). Puis, en 2023, il troque sa tête d’abatage H6 pour une H7, mieux adaptée à ses besoins.
Grâce à ces investissements, Travaux forestiers MD se taille une place de choix dans le la mémoire des propriétaires de forêts
privées de la région de L’Érable et d’au-delà. Son secret ? Un bouche-à-oreille qui joue en faveur l’entreprise, surtout auprès des acériculteurs craintifs de voir de la grosse machinerie débarquer dans leur érablière.
« Ils pensent qu’on va briser leurs arbres, la repousse et le fond de terrain. Pourtant, dès qu’ils nous donnent une chance, ils sont les premiers à nous rappeler », se réjouit Guillaume Michaud, qui collabore également avec le Groupement forestier Arthabaska-Drummond.
Mais, l’histoire ne s’arrête pas là. Vers la fin de l’année 2025, l’entrepreneur s’inquiète de voir sa flotte prendre de l’âge. Synonyme de bris et d’arrêts forcés des opérations, cette réalité l’amène à envisager le remplacement de son abatteuse par un modèle plus récent.


Une visite marquante au siège social et à l’usine principale de Ponsse à Vieremä, en Finlande, achève de le convaincre. Depuis janvier dernier, il est en effet le propriétaire d’une abatteuse Ponsse Scorpion Giant équipée d’une tête H8 Active Speed, idéale pour le gros bois. Les résultats sont au rendez-vous.
« Nous avons significativement augmenté notre cadence de travail, témoigne-t-il. En deux mois à peine, nous avons réalisé le tiers de notre chiffre d’affaires annuel. »
Cette performance exceptionnelle prend racine dans l’amélioration de nombreuses caractéristiques techniques de ce modèle d’abatteuse. Centralisation des données de coupe, plus grande possibilité de personnalisation, meilleure visibilité dans la cabine… La liste est longue. « En gros, tout est beaucoup plus convivial et instinctif qu’auparavant. »
Au moment de l’entrevue, à la mi-mai, Travaux forestiers MD s’apprêtait à reprendre du service après l’habituelle période de fonte printanière. Ce jour-là, Guillaume Michaud réalisait des travaux d’éclaircie sur une partie de la terre familiale de Laurierville. Un détail qui en dit sur la philosophie d’aménagement forestier qu’il prône auprès de sa clientèle.
« Une plantation non entretenue produit un faible volume de bois de qualité sur le long terme, rappelle-t-il. Les mentalités ont en ce sens beaucoup évolué depuis mes débuts, où il y avait davantage de coupes à blanc. »
Cette focalisation sur la qualité explique en outre pourquoi l’entrepreneur évite de s’associer avec d’autres partenaires, lui qui a pourtant reçu quelques offres par le passé. « Je ne tiens pas à
opérer 24 heures par jour ni à m’éloigner de ma famille », assure le père de deux enfants.
De toute façon, les éventuels projets d’expansion sont freinés par la pénurie de main-d’œuvre forestière qui sévit à l’heure actuelle. « C’était le principal point de discussion lors de la plus récente assemblée générale annuelle de l’Association québécoise des entrepreneurs forestiers », relève-t-il.
À ce propos, Guillaume Michaud s’estime heureux d’avoir un employé à son service depuis près de deux ans. « Les futurs opérateurs forestiers sortent des bancs d’école avec tout au plus 15 à 20 % de ce qu’ils devraient savoir, estime-t-il. Ils ont cumulé trop peu d’heures sur la machinerie. »
Résultat : c’est aux entrepreneurs comme lui de parfaire la formation, au coût de

AVOIR FOI EN L’AVENIR
En dépit des défis, Guillaume Michaud entrevoit l’avenir d’un bon œil. Assez en tout cas pour planifier de troquer son transporteur vieillissant pour un flambant neuf d’ici les 2 à 3 prochaines années.
Parmi les signaux positifs qui l’encouragent à prendre des risques financiers, il y a notamment l’émission, par les Producteurs et productrices agricoles du Québec, de 7 millions de nouvelles entailles pour augmenter la capacité de production de la filière acéricole. Du lot, une part significative de projets d’agrandissement ou de démarrage se situe en forêt privée.
« Ici, dans le sud, nous sommes un peu moins affectés par la crise forestière que dans le nord, analyse-t-il. Puis, bon, qu’on le veuille ou pas, le conflit commercial qui oppose le Canada aux ÉtatsUnis ne pourra pas perdurer. »
Contrairement à la crise forestière de




Dans les opérations de séchage, l’arrêt d’un séchoir est une étape stratégique qui influence à la fois la productivité, la qualité du bois et l’organisation de l’usine. Or, cette décision demeure souvent difficile à optimiser, car chaque séchoir, chaque charge et chaque produit présente des caractéristiques particulières.
La difficulté tient au fait qu’il y a plusieurs paramètres à considérer pour déterminerle moment exact où il faut arrêter un séchoir (essence du bois, taux d’humidité, performance du séchoir, ect.). Trop tôt, on risque de compromettre l’homogénéité du taux d’humidité et la qualité du bois; trop tard, on peut nuire à la planification, prolon-
Plusieurs paramètres sont à considérer pour optimiser l’arrêt d’un séchoir.

ger inutilement l’utilisation de l’équipement et causer inutilement une perte de qualité dû au surséchage.
Pour mieux gérer cette étape, certaines approches s’appuient désormais sur la modélisation du comportement de chaque séchoir et sur l’analyse des données de séchage. L’objectif est de mieux prévoir le moment optimal d’arrêt en fonction des conditions réelles de production, plutôt que de se fier uniquement à des méthodes traditionnelles comme les plaques de mesure de la teneur en humidité ou les tests à chaud en fin de séchage.
Une meilleure prévision des arrêts peut apporter plusieurs avantages, notamment en stabilisant la teneur en humidité du bois expédié à l’usine de rabotage, en réduisant les rejets à l’entêteur, en limitant les pertes de productivité causées par les bris de bois, en améliorant la qualité et la valeur des produits finis, en facilitant la planification des transferts de chargement et en permettant une meilleure coordination des travaux de maintenance.
Dans certains cas, il devient aussi possible d’ajuster la vitesse du séchage en fonction des contraintes de main-d’œuvre ou de disponibilité des équipements. Un séchage accéléré peut être envisagé lorsque la capacité thermique le permet, tandis qu’un séchage ralenti peut offrir un meilleur équilibrage du bois et





Le suivi continu du procédé de séchage permet aussi de détecter plus rapidement certaines anomalies et d’intervenir avant qu’elles n’affectent la qualité ou la productivité. Des indicateurs de performance peuvent ensuite servir à évaluer le rendement des séchoirs, à comparer les résultats d’un équipement à l’autre et à repérer les écarts de fonctionnement.
Les équipes de production et de maintenance gagnent ainsi en visibilité sur les arrêts à venir, les interventions prioritaires et les ajustements à apporter au procédé. Cette approche favorise une meilleure préparation des opérations et réduit le risque de devoir reporter indéfiniment certaines tâches de maintenance.

La planification des arrêts de séchoirs fait désormais partie intégrante de la performance en séchage. Plus la décision d’arrêt est précise, plus il est possible d’améliorer la qualité du bois, de soutenir la productivité et de mieux gérer les ressources de l’usine.













Des solutions existent pour compenser la diminution des ventes de bois aux États-Unis.
PAR Pierre Asselin, B.Sc.A.
Expert en séchage et en développement de produits du bois depuis plus de 40 ans dans l’Est du Canada
Les ventes de bois canadien vers les ÉtatsUnis ont diminué d’environ 15% en raison des différents tarifs douaniers. Ce volume perdu ne reviendra vraisemblablement pas. Il faut donc développer de nouveaux marchés hors Amérique du Nord ainsi que des produits de niche à haute valeur ajoutée, afin de réduire l’exposition aux taxes.
Cette tendance est déjà visible chez certaines entreprises qui produisent des produits du bois à forte valeur ajoutée, notamment dans les portes, les fenêtres pour résidences de luxe et le bois de structure décoratif. En 2026, ces produits ont enregistré une croissance malgré les taxes, parce qu’une clientèle plus fortunée continue d’acheter, contrairement au marché des produits de commodité.
Par ailleurs, certaines entreprises proactives ont déjà réorienté 50% ou plus de leur panier de
Le préséchage du bois traité permet d’assurer une meilleure qualité.
produits vers le marché canadien depuis 10 ans. Elles traverseront donc plus facilement la crise actuelle.
Les constructions préfabriquées représentent aussi un potentiel de croissance très important au Canada et en Asie. La demande pour des produits spéciaux peut également augmenter au Canada, à condition d’améliorer la qualité des produits actuels, notamment le bois traité et l’apparence du bois d’œuvre vendu au détail.
Une nouvelle stratégie de vente doit être adoptée : viser des produits de qualité, avec 100% des composantes utilisables et une belle apparence pour la vente au détail, et non 95% comme le permet la norme actuelle. Le 5% d’erreur toléré par la norme actuelle ne doit pas être perçu comme un droit ni comme un objectif de production, car cela nuit à l’image de qualité des produits du bois.
PAR OÙ COMMENCER
Il faut d’abord améliorer la qualité et la durabilité des produits du bois si l’on veut augmenter la part de marché et convaincre davantage de clients d’opter pour le bois

BALANCE
STOCKAGE
MISE


Par exemple, le bois d’œuvre vendu au détail chez les marchands à grande surface ne répond pas toujours adéquatement à la norme NLGA, car il est présenté dans des lieux semi-chauffés où l’humidité relative se situe autour de 60%. Cela provoque un séchage du bois d’environ 19% à 14% d’humidité de base, entraînant retrait et déclassement.
En général, les distributeurs à grande surface signalent un déclassement ou un rejet de 15% à 30% des produits de bois d’œuvre mis en vente. Certains producteurs offrent toutefois un grade premium avec moins de flaches, moins de coloration et une humidité mieux équilibrée, afin de garantir 100% de pièces utilisables pour les détaillants. Cette approche permet déjà d’ajouter une valeur commerciale appréciable.
dans leurs projets.
Les trois principales raisons qui incitent un client à choisir le bois sont la beauté du produit, sa durabilité et les possibilités de finition. Les efforts de mise en marché doivent donc être concentrés sur ces trois éléments essentiels.
Un simple équilibrage de 24 heures en fin de séchage, à 150 F et à 10-11% d’humidité, réglerait déjà une partie du problème de torsion du bois d’œuvre vendu au détail.
Les bois traités devraient être certifiés par un service d’inspection indépen-







Différentes utilisations du bois dans le lounge de l’aéroport d’Helsinki et dans lesproduits structuraux d’apparence.
dant afin de rassurer les clients privés, les entrepreneurs et les architectes. Plusieurs clients et entrepreneurs perdent confiance dans le marché du bois traité en raison des écarts de qualité entre les producteurs.
Cela réduit le potentiel des ventes, alors que le marché du bois traité pourrait doubler avec des produits de qualité, certifiés et préusinés.
Autre exemple : sachant que le bois de cœur résiste mieux aux intempéries et que le tirant à cœur sur la face d’aubier crée une surface concave qui retient la pluie et favorise les moisissures et la pourriture, on devrait préusiner et raboter les composantes de bois traité sur seulement trois faces, afin de s’assurer que l’entrepreneur place la face de cœur vers le haut. Il faudrait faire l’inverse pour le bois de plancher intérieur, puisqu’il n’est pas exposé aux intempéries.
Ainsi, lors du retrait, la surface devient convexe et l’eau s’écoule plus rapidement, à condition de laisser un espace de 1/8 po entre les planches du patio.
De plus, on ne devrait pas utiliser de clous sur le bois traité, car le clou agit comme une hache : il fend le bois et crée une voie d’entrée pour les champignons jusqu’au cœur des pièces.

La vis est une meilleure fixation, et une vissée par en dessous est encore préférable.
LE LAMBRIS
Les composantes destinées au lambris devraient être séchées à 10% d’humidité de base, avec une tolérance de plus ou moins 2%. Les lambris exposés au soleil sécheront de toute façon jusqu’à environ 8%, ce qui explique le tirant à cœur et l’exsudation de résine observés dans certaines essences, puisque, comme l’a déjà indiqué Yves Fortin, Ph.D., « c’est l’eau qui entraîne la résine en surface lors du séchage ».
MARKETING
Il faudrait mettre en place des expositions permanentes dans des centres commerciaux ciblés ou dans des lieux stratégiques comme les grandes surfaces de produits du bois. Des techniciens en sciences du bois et des classeurs pourraient y présenter les produits, expliquer leurs caractéristiques, démon-

trer les méthodes d’installation et conseiller l’application des produits de finition.
Un site Internet destiné au public, aux entrepreneurs et aux architectes devrait également offrir les mêmes informations.
Il arrive parfois qu’un client renonce à acheter du bois parce qu’il ne sait pas quelle finition appliquer ni à qui confier cette tâche. Il n’existe qu’un seul chercheur à l’Université Laval ayant une expertise en finition du bois, ainsi qu’INOVEM pour la finition des meubles en bois. Cela demeure insuffisant pour soutenir efficacement le marketing des produits du bois.
Lorsqu’un client achète du bois pour son apparence, c’est qu’il a un projet qui exige un matériau de qualité, durable et facile d’entretien. Or, cela devient difficile s’il ne peut pas trouver les produits de finition appropriés.
Le marketing du bois, c’est la vente de projets et de produits finis en bois, et non la simple vente de composantes.
Si le menu d’un restaurant affichait : farine, sucre, viande, sauce, vinaigrette, sel, poivre, pain, œuf, etc., en demandant simplement au client de choisir ses ingrédients et de dire ce qu’il veut qu’on cuisine, il n’y aurait pas beaucoup de clients. En réalité, il est plus facile de vendre un produit fini ou un projet. Il faut davantage d’imagination pour vendre du bois et augmenter sa part de marché. Ce qu’il faut vendre, c’est le potentiel de réaliser un rêve : un produit fini, beau et durable, qui contient du bois.


Dans la foulée de l’acquisition de Séchoirs MEC par Wellons en 2023, nous avons discuté avec Steve Dalby, vice-président ventes et marketing chez Wellons, afin de mieux comprendre les retombées de cette intégration et les perspectives pour l’industrie du séchage du bois.
OPÉRATIONS FORESTIÈRES (OF):
Pourquoi Wellons a-t-elle fait l’acquisition de Séchoirs MEC?
STEVE DALBY (S.D.):
Wellons est historiquement très bien établie dans l’Ouest nord-américain, tandis que MEC avait une position solide dans l’Est, particulièrement au Québec. Nous nous connaissions depuis longtemps, à la fois comme fournisseurs et concurrents, et il y avait un respect mutuel. L’acquisition s’est faite naturellement, avec une volonté claire de combiner nos forces.
Aujourd’hui, nous avons une présence pancan-
adienne beaucoup plus équilibrée, avec une équipe élargie d’experts en séchage. La synergie entre les deux entreprises est excellente et nous permet d’offrir des solutions que peu d’acteurs peuvent égaler.
OF : Concrètement, quelles sont ces synergies?
SD : C’est vraiment le meilleur des deux mondes. MEC apportait une grande expertise des conditions de séchage en climat nordique, ainsi qu’une approche très flexible au niveau des systèmes de contrôle. De notre côté, Wellons est reconnue pour ses systèmes énergétiques, notamment en combustion et récupéra-
L’acquisition de Séchoirs MEC a permis de créer des synergies avec Wellons.

tion de chaleur.
En combinant ces expertises, nous sommes capables d’offrir des systèmes intégrés, du concept à la mise en service. Cela inclut le séchage, mais aussi toute la gestion énergétique du site.
OF : Qu’est-ce qui distingue votre offre en séchage aujourd’hui?
SD : Nous avons des technologies uniques, notamment en séchage continu, avec des systèmes permettant de mieux isoler et contrôler les différentes phases du procédé. Nous avons aussi été parmi les pre miers à développer des solutions de séchage à chauffage électrique.
Un autre point clé, c’est notre capacité à accompagner les clients dans le dimensionnement. Beaucoup d’usines arrivent avec des données incomplètes sur les essences, l’humidité ou les volumes. Nous sommes capables de gérer cette variabilité et de concevoir des systèmes adaptés.
OF : Comment se passe l’intégration sur le terrain?
SD : Très bien. Pour les clients, c’est souvent transparent, car ils con tinuent de travailler avec des équipes qu’ils connaissent déjà. Nous avons conservé les installations, notamment l’usine de Victoriaville, qui a d’ailleurs doublé sa superficie récemment.
Nous avons aussi des capacités de fabrication en Colombie-Britannique. Cette complémentarité nous permet d’être très flexibles, autant sur la conception que sur l’exécution des projets.
OF : Avez-vous des projets récents dans l’Est du Canada?
SD : Oui, plusieurs. On peut mentionner des installations en cours comme à Plaster Rock et à la Scierie St-Michel. Nous avons aussi travaillé avec Matériaux Blanchet à Saint-Pamphile, notamment sur des systèmes de séchage à chauffage électrique. Le marché québécois est exigeant, mais il est aussi très innovant, ce qui en fait un environnement stimulant.
OF : Quelles sont les principales erreurs que font les scieries en matière de séchage?
SD : La plus fréquente, c’est de mal définir leurs besoins au départ. Les paramètres comme l’essence, le taux d’humidité, les mélanges de production ou les objectifs de performance sont parfois mal compris ou mal documentés.
Dans ces conditions, même le meilleur système ne pourra pas livrer les résultats attendus. C’est pourquoi nous insistons beaucoup sur la phase initiale et n’hésitons pas à challenger les clients pour obtenir les bonnes informations.
OF : Comment voyez-vous évoluer le marché?
SD : Il y a beaucoup de demande refoulée. Plusieurs projets ont été reportés et les entreprises cherchent maintenant à les concriser rapidement. On observe aussi une tendance vers des installations plus intégrées et plus efficaces, par exemple le passage du séchage par lots au séchage continu.
La diversification des produits, comme le bois lamellé-croisé (CLT), pousse également les scieries à adopter des systèmes plus flexibles.
OF : Et à plus long terme?
SD : Nous travaillons sur des technologies de séchage encore plus avancées, ainsi que sur l’intégration complète des sites industriels. L’efficacité énergétique sera centrale, notamment avec la récupération de chaleur et l’utilisation de différentes sources d’énergie, comme la



Veuillez consulter le site Wallingfords.com ou appeler nos représentants :
Lydia Stone : 207-250-3284 (français, anglais)
JD Moore : 548-887-2626 (anglais)

COMACT LANCE UNE NOUVELLE GÉNÉRATION DE RABOTEUSE
Comact présente une nouvelle génération de son Miller Planer, une raboteuse conçue pour améliorer la qualité du produit, la fiabilité en opération et la facilité d’entretien. Le nouvel équipement conserve les principes du concept Miller tout en intégrant des améliorations ciblées pour répondre aux exigences actuelles des usines de rabotage. Pensée pour la production à haute vitesse, cette version transforme le bois d’œuvre brut en produit fini avec une précision dimensionnelle constante et une
surface plus uniforme. La machine est offerte autant pour les nouvelles installations que pour des projets de modernisation d’équipements existants.
PONSSE PRÉSENTE
OPTIFELLINGASSIST
Ponsse lance OptiFellingAssist, un assistant numérique destiné à améliorer la précision, la sécurité et la productivité lors des opérations d’abattage. La solution aide l’opérateur dans les étapes de préhension, de prétension et de coupe, afin de réduire les erreurs et de limiter l’usure des composantes.
Le système vise aussi à réduire les risques de pincement du guide-chaîne, particulièrement dans des conditions difficiles, comme la neige profonde. OptiFellingAssist fonctionne avec PONSSE Active Crane et la version 3.3 ou plus récente du logiciel Opti 5G.

Ponsse déploie une nouvelle génération de son système d’information Opti 5G pour les machines sur chenilles. L’interface regroupe plusieurs fonctions d’abattage, dont le contrôle de coupe, la coupe automatique, l’étalonnage, la gestion des données et les rapports, dans un environnement unique plus simple à utiliser.
Le système fournit aussi des données en temps réel sur la performance, le temps de travail, la production et la consommation de carburant. Compatible avec StanForD 2010, il peut être adapté à plusieurs

marchés et permet d’ajouter des informations sur les arbres, comme des observations de pourriture ou de dommages causés par des insectes.

Tigercat offre désormais une scie à grappin en option sur ses grappins LG4053 et LG5057, utilisés sur les chargeuses sur chenilles des séries 234C et 250E. Cette configuration élargit les possibilités d’utilisation de l’équipement en combinant la fonction de manutention et de coupe dans une même tête.
La scie comprend un réservoir d’huile intégré, un circuit hydraulique simplifié et des conduites protégées pour améliorer la fiabilité et le temps de disponibilité. L’option vise à accroître la polyvalence des chargeuses dans les opérations de chargement et de coupe.

Tigercat poursuit les démarches réglementaires liées à son 6040 Carbonizer, une unité mobile destinée à transformer les résidus ligneux en biochar sur le site d’utilisation. Selon l’entreprise, l’équipement réduit fortement le volume de matière traitée tout en limitant les émissions par rapport à des procédés plus traditionnels.
L’approche vise aussi à clarifier le cadre d’autorisation pour faciliter l’adoption de cette technologie. L’objectif est d’offrir aux utilisateurs un cheminement plus prévisi-
ble avant l’investissement et le déploiement de l’équipement.

La firme Forair lance une application numérique gratuite qui permet aux propriétaires forestiers de mieux connaître leur boisé et de mieux orienter leurs décisions. À partir d’une carte interactive, l’utilisateur peut visualiser les peuplements, les chemins, les cours d’eau et les bâtiments présents sur sa propriété.
L’application donne aussi accès à des données sur la composition, la hauteur, la densité, l’âge des peuplements et l’historique des travaux réalisés. L’objectif est de fournir un point de départ simple pour la gestion durable du boisé et pour l’éventuel recours à des professionnels.

La suite ZACH24 est présentée comme un outil de gestion destiné à transformer les données opérationnelles en décisions plus concrètes. L’entreprise met de l’avant une approche axée sur la surveillance continue, l’analyse et la détection d’écarts en temps réel.
Le concept repose sur un accompagnement constant des opérations, avec une lecture simplifiée de l’information pour aider les gestionnaires à mieux voir, mieux décider et mieux évoluer. La plateforme s’inscrit dans la continuité des produits existants d’EFFECTO, tout en ajoutant un nouvel univers logiciel.


PATRICK
Pineaul
ing.f., président, OIFQ
Les ingénieurs forestiers doivent être écoutés davantage.
Depuis plusieurs années, le débat public sur la forêt occupe une place importante dans l’espace médiatique québécois par des voix très audibles, souvent issues des milieux de la biologie, de l’écologie, du militantisme environnemental ou citoyen, ce qui est sain pour une société qui s’interroge sur l’avenir de ses forêts. Pourtant, un paradoxe demeure : les ingénieures et ingénieurs forestiers, pourtant au cœur de ces enjeux, y sont relativement peu visibles. Conséquemment, le discours public se construit trop souvent sans la contribution de celles et ceux qui sont formés pour intégrer, arbitrer et opérationnaliser les dimensions écologiques, économiques et sociales de la forêt.
Cette absence relative nourrit parfois une perception réductrice de la profession. L’ingénieur forestier est encore trop souvent associé uniquement à la récolte de bois, comme si son rôle se limitait à une fonction opérationnelle détachée des préoccupations environnementales. L’ingénieur forestier est un professionnel de l’environnement. Sa formation repose sur la compréhension des écosystèmes forestiers, de leur biodiversité, de leur dynamique et de leur capacité d’adaptation aux perturbations naturelles et climatiques. À cette base environnementale s’ajoute une compétence distinctive : la capacité de traduire cette connaissance en décisions concrètes, en interventions planifiées et en choix sylvicoles appliqués sur le terrain.
Si les ingénieurs forestiers sont peu présents dans le débat public sous l’angle environnemental, ce n’est pas par désintérêt ni par manque d’expertise, mais plutôt le résultat d’un cadre institutionnel qui limite leur capacité à s’exprimer librement. Une grande proportion des ingénieurs forestiers œuvre au sein d’organisations publiques ou privées où le devoir de réserve encadre la prise de parole publique. Plusieurs professionnels participent quotidiennement à des décisions complexes touchant la biodiversité, la résilience des écosystèmes et la gestion des risques, sans pouvoir exprimer publiquement les analyses qui les soutiennent.
Un sondage réalisé auprès des ingénieures et ingénieurs forestiers en novembre 2025 permet néanmoins de mieux saisir leur lecture des défis environnementaux actuels. Les réponses obtenues ne traduisent ni une vision simpliste ni une approche exclusivement axée sur la production forestière. Elles révèlent plutôt une profession consciente des limites des modèles
passés et tournée vers l’adaptation.
Un élément ressort avec constance : la nécessité d’accroître la diversité des forêts. Diversité des essences, des structures et des paysages. Pour les ingénieurs forestiers, cette diversification constitue avant tout une stratégie de résilience. Elle permet de réduire la vulnérabilité face aux changements climatiques, aux insectes et aux feux.
Les répondants reconnaissent également que l’aménagement forestier ne peut plus uniquement s’appuyer sur les conditions climatiques historiques. Planifier la forêt de demain exige désormais d’intégrer le climat projeté et d’accepter une part d’incertitude. Cette posture traduit une approche environnementale prudente, fondée sur l’anticipation. La gestion du risque apparaît comme un thème central. Plusieurs ingénieurs forestiers évoquent la nécessité de conserver des marges de manœuvre dans la planification forestière et d’intégrer davantage les perturbations majeures dans les décisions d’aménagement. Cette prudence ne relève pas d’une hésitation, mais d’une compréhension accrue de la fragilité des écosystèmes.
Les réponses mettent aussi en lumière l’importance du travail sylvicole de terrain. Derrière les grandes orientations stratégiques, les ingénieurs forestiers rappellent que la qualité des décisions repose sur l’observation fine des stations, la connaissance locale et le diagnostic professionnel.
Enfin, plusieurs participants soulignent le besoin d’innover davantage et de renforcer l’apprentissage collectif. Essais, projets pilotes, suivis rigoureux et ajustement continu des pratiques sont perçus comme des conditions essentielles pour faire évoluer l’aménagement forestier.
Au-delà des constats techniques, ce sondage révèle surtout l’existence d’une pensée environnementale forte au sein de la profession, qui cherche à transformer la connaissance scientifique en actions concrètes et responsables. Si ce discours demeure trop peu entendu, ce n’est pas parce qu’il n’existe pas, mais parce que les espaces permettant son expression demeurent limités. À cet égard, l’OIFQ a un rôle à jouer. Libéré des contraintes de réserve propres aux employeurs, l’Ordre peut offrir un espace de parole, rendre visible cette expertise et enrichir le débat public d’une perspective essentielle : celle de professionnels formés pour comprendre la forêt, la protéger et l’aménager dans toute sa complexité.


Depuis plus de 100 ans, Comact repousse les limites de la transformation du bois. Non pas en restant dans le statu quo, mais en redéfinissant ce qui est possible. Nous ne nous contentons pas de suivre le changement; nous le créons. Notre réputation repose sur des résultats tangibles.
Plus de 80
séchoirs Deltech en continu à double voie installés
Des solutions de calibre mondial qui réduisent la consommation d’énergie et les coûts dans leur globalité
Un soutien à la clientèle et une réactivité inégalés 24 h/24 partout à travers le monde
Un réseau d’ingénieurs, de techniciens et d’experts en systèmes énergétiques expérimentés pour optimiser vos activités
Une surveillance des conditions en temps réel grâce à la plateforme OPER8MC, la seule solution pour l’Internet des objets (IoT) conçue pour l’industrie en vue d’augmenter votre efficacité
En bout de ligne, ce sont les résultats qui comptent. Faites confiance à Comact.
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