septembre 2026 | operationsforestieres.ca
Les étoiles de la relève forestière 2026 10 candidats qui incarnent la relève de l’industrie
LE VERT EST LA COULEUR DE L’AVENIR UNE ÉQUIPE SOLIDE POUR VIVRE DE LA FORÊT
PLUS GRANDS ILS SONT, PLUS ILS TOMBENT DE HAUT. Découvrez la nouvelle série H. Plus de capacité. Plus de portée. Plus de stabilité. Moins de carburant.
Dans ce numéro
septembre 2026 Vol 61 No 3
12
SCIERIE
Le vert est la couleur de l’avenir Fini le mazout, fini le propane : Groupe NBG électrifie son virage vert.
8 FORÊT
27 ÉCONOMIE
Des machines impeccables et une productivité parmi les meilleures de la province.
Le Programme de soutien à la foresterie du gouvernement n’est pas à la hauteur.
Une équipe solide pour vivre de la forêt
15 RELÈVE
Les étoiles de la relève forestière 2026
OF présente les 10 étoiles de son palmarès annuel
24 ÉQUIPEMENTS
Pleins feux sur les transporteurs
Un bon plan, mais une mauvaise exécution
26 AFFUTAGE
La performance commence par un entretien rigoureux
Les scies les mieux conçues dépendent d’un entretien discipliné
OF présente les plus récents transporteurs sur le marché
SECTIONS
SUR LA COUVERTURE
4 Champ libre 6 Nouvelles de l’industrie 32 Nouveaux équipements 34 Le dernier mot
Annick Lamontagne, technologue forestière chez Boisaco, fait partie de notre palmarès des étoiles forestières 2026 septembre 2026 OF 3
ÉDITORIAL Champ libre
La forêt publique a besoin d’une culture de service GUILLAUMEroy
groy@annexbusinessmedia.com
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La forêt publique québécoise appartient à tous. L’État doit donc protéger les écosystèmes, concilier les usages, respecter les droits, maintenir l’approvisionnement des usines et générer des retombées pour les régions. Mais cette responsabilité devrait aussi entraîner une exigence trop souvent négligée : gérer ce territoire avec une véritable culture de service. Il ne s’agit pas de transformer la gestion forestière en service à la clientèle ni de libérer les entreprises de leurs obligations. Il s’agit de reconnaître que les entrepreneurs, transporteurs, aménagistes, travailleurs sylvicoles et industriels sont ceux qui exécutent les travaux sur le terrain. Lorsqu’ils se heurtent à des processus imprévisibles, à des informations tardives ou à des décisions modifiées en cours de route, ce ne sont pas seulement leurs marges qui s’érodent. Toute la chaîne forestière devient moins efficace, moins compétitive et plus vulnérable. Dans cette industrie, chaque journée compte. Une modification tardive à un secteur de récolte, une autorisation retardée, une information incomplète sur l’état d’un chemin ou une contrainte découverte au dernier moment peuvent entraîner du temps d’arrêt, des déplacements d’équipements, des frais de transport additionnels et des retards de production. Une abatteuse ne se déplace pas comme un véhicule de service. Un chantier ne se réorganise pas en quelques heures. Une équipe de débardage, un camionneur ou un entrepreneur sylvicole doivent planifier leurs ressources, leurs horaires, leur carburant, leur machinerie et leur main-d’œuvre. Dans plusieurs régions, les entreprises composent déjà avec de longues distances, un réseau routier forestier exigeant, des fenêtres d’intervention limitées et une rareté de travailleurs qualifiés. Ajouter de l’incertitude administrative à cette équation alourdit un système déjà sous pression. Une culture de service ne signifie pas de tout accepter ni d’écarter les exigences environnementales. Au contraire : elle exige des règles claires, connues suffisamment tôt et appliquées avec cohérence. Elle suppose aussi que les intervenants du terrain soient consultés avant qu’une décision ait des effets opérationnels difficiles à corriger. La forêt publique est complexe, et elle le restera.
On lui demande de produire du bois, de préserver la biodiversité, de soutenir les communautés, de protéger les paysages, de favoriser les activités récréatives et de s’adapter aux changements climatiques. Ces objectifs peuvent entrer en concurrence. Le problème survient lorsque cette complexité est transférée, sans accompagnement suffisant, à ceux qui doivent faire fonctionner les opérations. La prévisibilité devrait être un objectif de gestion à part entière : prévisibilité des volumes accessibles, des secteurs réellement prêts à être récoltés, des travaux à venir, des investissements requis dans les chemins et des contraintes susceptibles d’affecter un chantier. Les entreprises ne demandent pas un système parfait. Elles demandent de savoir assez tôt ce qui risque de changer, pourquoi cela change et quelles solutions peuvent être envisagées. Cela exige aussi une communication plus directe. Trop souvent, l’information circule tardivement ou par fragments, alors que les décisions sont déjà prises. Le réflexe devrait être inverse : informer en amont, expliquer les arbitrages, désigner des interlocuteurs accessibles et traiter les problèmes avant qu’ils ne deviennent des crises. Dans un secteur tributaire de la météo, des routes, de la disponibilité des équipements et des marchés, la rapidité de communication n’est pas un détail administratif. C’est un outil de productivité. Le Québec ne manque ni de compétence forestière ni de savoir-faire opérationnel. Ses entrepreneurs ont appris à travailler dans des conditions difficiles, à moderniser leurs équipements et à répondre à des exigences grandissantes. Leur résilience ne doit toutefois pas devenir un prétexte pour leur imposer les coûts de l’imprévisibilité. Gérer la forêt publique avec une culture de service, c’est reconnaître que la qualité d’une décision se mesure aussi à sa capacité d’être appliquée. Une bonne planification ne se limite pas à une carte, à une cible ou à une consultation. Elle doit se traduire par des opérations sécuritaires, réalisables et économiquement viables. C’est à cette condition que la forêt publique pourra livrer ses promesses : pour l’environnement, les communautés et les travailleurs qui la font vivre.
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NOUVELLES Ottawa accorde plus de 17 M$ à 12 projets québécois Le gouvernement fédéral annonce plus de 17 M$ pour 12 projets visant la transformation du secteur forestier québécois. Les investissements toucheront notamment la diversification des marchés, les technologies bas carbone, la bioéconomie, l’automatisation industrielle et la participation autochtone.
Parmi les principaux montants annoncés, le Bureau de promotion des produits du bois du Québec recevra près de 6,23 M$ pour ses initiatives de diversification des marchés et de leadership. Xylo-carbone obtient 4,5 M$ pour un projet de composite de biocarbone destiné à la métallurgie, tandis que LVL Global reçoit 3,5
M$ pour une ligne d’assemblage automatisée. Le financement comprend aussi 510 000 $ pour la mise en opération de la scierie Tackipotcikan, de même que des sommes destinées à la Pépinière forestière Tshitassinu, à la Première Nation de Timiskaming et au Conseil de la Première Nation des Innus Essipit.
NOTCIMIK : QUÉBEC ET LES ATIKAMEKW PASSENT À L’ACTION Le gouvernement du Québec et la Nation Atikamekw mettent officiellement en marche le Projet pilote innovant Notcimik, une démarche de gestion forestière participative soutenue par un financement de 470 000 $. Une feuille de route doit permettre de cartographier des sites d’intérêt sur le territoire et de renforcer les structures réunissant les chefs de territoire des trois communautés atikamekw.
Le projet vise à définir des modalités d’aménagement adaptées aux valeurs atikamekw, un territoire d’expérimentation, des mécanismes de consultation ainsi qu’un éventuel modèle de tarification des bois. Un comité de suivi paritaire Québec–Nation Atikamekw devra accompagner le déploiement et formuler des recommandations au ministère des Ressources naturelles et des Forêts.
Rémabec acquiert l’usine de cogénération de Saint-Félicien Le Groupe Rémabec a conclu une entente pour acquérir l’usine de cogénération de SaintFélicien, propriété de Greenleaf Power depuis 2013. La transaction demeure assujettie aux conditions habituelles de clôture et sa valeur n’a pas été divulguée. Fournisseur important de l’installation, Rémabec affirme que cette acquisition permettrait de consolider la pérennité de l’usine, de stabiliser les emplois et d’offrir davantage de prévisibilité aux fournisseurs de biomasse. L’entreprise prévoit aussi améliorer les procédés afin d’accroître la productivité et l’efficacité de l’installation.
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Une vaste réserve envisagée pour le caribou de Charlevoix Québec étudie la mise en réserve d’un territoire d’environ 1 900 km² dans Charlevoix afin d’en faire une aire protégée favorable au caribou forestier. Le projet permettrait de relier les parcs nationaux des Hautes-Gorges-de-laRivière-Malbaie, des Grands-Jardins et de la Jacques-Cartier, de même que le projet d’aire protégée autochtone du Lac-à-Moïse porté par la Nation wendat.
120 M$ pour la résilience des scieries Québec investit 120 M$ pour soutenir les transformateurs de bois d’œuvre résineux, dans un contexte de droits de douane américains et de ralentissement du marché de la construction aux États-Unis. La moitié de l’enveloppe, soit 60 M$, sera consacrée au nouveau programme Financement pour l’optimisation et la résilience des entreprises de transformation de bois d’œuvre résineux (FORET). Administré par Investissement Québec jusqu’au 31 mars 2027, il offrira des prêts pouvant atteindre 5 M$ pour soutenir le fonds de roulement, la diversification et la commercialisation de produits à valeur ajoutée. Les 60 M$ restants serviront à créer un cinquième volet au programme ESSOR. Celuici pourra financer jusqu’à 30% des dépenses admissibles d’un projet, dont une portion maximale de 15% pourrait être pardonnée.
Le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs a amorcé des consultations auprès des MRC et des Premières Nations concernées. Selon le gouvernement, la démarche constituerait une mesure importante pour protéger l’habitat du caribou forestier de Charlevoix, dont la population est actuellement maintenue dans un enclos de protection.
Des crédits carbone forestiers québécois dès 2027 Les premiers crédits carbone forestiers québécois pourraient être émis au début de 2027, à la faveur de modifications réglementaires facilitant l’agrégation des projets de boisement sur terres privées. Depuis 2013, le Québec n’a produit aucun crédit forestier dans le marché lié à la Californie, alors que les entreprises québécoises ont acheté plus de 500 M$ de crédits sur ce marché entre 2014 et 2024, dont 409 M$ associés à des projets forestiers. La Fédération des producteurs forestiers du Québec estime que quelque 100 000 hectares de plantations réalisées depuis 1990 pourraient être admissibles. L’agrégation permettrait de regrouper plusieurs petites plantations et de répartir les coûts d’inventaire, de vérification et de courtage. Forair, qui a échantillonné 89 terrains reboisés dans une première phase, souhaite élargir son initiative à 1 000 propriétaires en 2027, puis à 5 000 producteurs d’ici 2030.
Le Programme Innovation Bois bonifié de 24 M$ Le gouvernement du Québec injecte 24 M$ dans une version modernisée du Programme Innovation Bois afin d’appuyer la modernisation, la diversification et la création de valeur ajoutée dans l’industrie. Le programme continuera de soutenir les projets d’innovation, la transformation de biomasse forestière et de bois de qualité inférieure. Un troisième volet a été ajouté afin d’aider les entreprises stratégiques à diversifier leur production vers des produits à plus forte valeur ajoutée.
Les appels de projets des volets 1A, 2 et 3 se déroulent du 14 juillet au 18 septembre 2026. L’aide maximale s’établit à 2,5 M$ pour les projets d’innovation et de création de valeur ajoutée, et à 1 M$ pour les initiatives visant la biomasse et les bois de moindre qualité. Depuis sa création, le programme a soutenu 320 projets, pour une aide totalisant plus de 245 M$. Ces investissements ont généré près de 1,8 G$ en projets, créé plus de 2 300 emplois et contribué à en consolider plus de 16 000.
Service aux lecteurs Pour s’inscrire au magazine papier et numérique ou pour faire une modification, contactez Barbara Adelt, responsable du développement de l’audience Tél: (416) 510-5124 Télécopieur: (416) 510-6875 Courriel: badelt@annexbusinessmedia.com Courrier: 111 Gordon Baker Rd., Suite 400, Toronto, ON M2H 3R1 Guillaume Roy RÉDACTEUR EN CHEF Opérations Forestières et de scierie 514.425.0025 poste 23 groy@annexbusinessmedia.com COLLABORATEURS: Maxime Biodeau, Francis Charette, Pierre Asselin ÉDITEUR DE GROUPE: Anne Beswick RÉDACTION ET ADMISTRATION: C.P. 51058 Pincourt, Qc Canada J7V 9T3 Tel: 514.425.0025 Fax: 514.425.0068 ABONNEMENT: Canada: 36.60 $ + taxes par année, 58.87 $ + taxes pour 2 ans, États-Unis: 83.27 $ CDN par année Autres pays: 114.57 $ CDN par année. Toute copie addtionnelle: 5.50 $ pour le Canada et 6.00 $ pour les autres pays. Opérations Forestiéres et de Scierie est publiée par Annex Business Media. PUBLICITÉ: National Josée Crevier Tel: 514.425.0025 ext 21 Cell: 514.262.9803 VANCOUVER: Tim Shaddick Tél: 604.264.1158 Fax: 604.264.1367 DIRECTRICE DE PRODUCTION: Josée Crevier 514.425.0025 ext. 21 PRÉSIDENT DIRECTEUR GÉNÉRAL Scott Jamieson sjamieson@annexbusinessmedia.com
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FORÊT
profil
Une équipe solide pour vivre de la forêt Travaillant en forêt depuis 23 ans, le jeune patron de Forestiers Multi 2P mise sur une équipe performante, des machines impeccables et une productivité parmi les meilleures de la province. PAR Guillaume Roy
À 41 ans, Daven Poirier a déjà derrière lui ce que plusieurs bûcherons considéreraient comme une carrière complète. Il compte 23 années en forêt, dont les premières aux côtés de son père. Depuis quatre ans, il vole de ses propres ailes à la tête de
Forestiers Multi 2P. « Je suis dans le bois depuis que je suis jeune. C’est ça que je voulais faire », résume-t-il. Avec son père, il a commencé à bûcher dans le secteur de La Doré, avant de passer cinq ans sur la
Daven Poirier est au commande de Forestiers Multi 2P depuis quatre ans.
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Côte-Nord. Il est ensuite revenu sillonner le Lac-Saint-Jean, avec des séjours dans les secteurs de Girardville, Mistassini et Saint-Thomas-Didyme. Il a par la suite travaillé sept ans à Parent, avant de s’établir à Chapais pour joindre l’équipe de Barrette-Chapais, où il œuvre depuis maintenant huit ans. « Je suis content d’en être rendu là », dit-il. UNE ÉQUIPE DE «LIGUE NATIONALE» L’image qu’il utilise pour décrire son donneur d’ouvrage n’est pas banale. Pour lui, travailler avec Barrette-Chapais, c’est un peu comme jouer dans la Ligue nationale. « Ils comprennent la réalité des entrepreneurs forestiers et ils veulent que le bois rentre au moulin, pour ne pas empiéter sur la production », affirme-t-il. Chez Barrette-Chapais, les arrêts d’opération ne durent qu’environ quatre semaines par année. « Je peux bûcher toutes les fins de semaine si je veux », dit-il. Malgré les difficultés qui touchent l’industrie, les opérations se poursuivent.
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Daven Poirier mise sur une abatteuse Eltec 277 avec une tête LogMax 7000 XT.
L’entreprise compte cinq équipes de bois long et trois équipes multifonctionnelles en forêt. Au cours de la dernière année, le travail n’a pas cessé, malgré le ralentissement du marché, les tarifs douaniers et une cour à bois bien garnie.
« Si tu arrêtes, ton monde va partir. C’est leur philosophie. C’est pour ça que tout le monde veut travailler pour eux », note l’entrepreneur, qui se dit satisfait des conditions offertes pour permettre aux équipes de performer.
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Travaillant pour Barette-Chapais, il récolte le bois en longueur de 25 pieds.
Même lorsque l’usine thermique liée à la scierie a été ravagée par un incendie en 2022, les activités se sont maintenues, tant en forêt qu’à l’usine. « LE SECRET, C’EST L’ENTRETIEN » Côté équipement, Daven Poirier mise sur une abatteuse Eltec 277 munie d’une tête Log Max 7000 XT. « J’adore les produits Eltec. Je suis même rendu ambassadeur de la marque, dit-il. Avec ma tête Log Max, je suis capable d’accumuler du bois pour produire du 25 pieds laissé porté, le format exigé par l’usine, qui est conçue pour transformer le bois long. » Pour compléter sa flotte, qu’il exploite avec quatre employés, il possède également un transporteur Tigercat 1085. Daven Poirier renouvelle son abatteuse environ tous les deux ans. Or, l’inflation et le coût croissant de la machinerie compliquent la rentabilité. « La même machine vaut aujourd’hui 200 000 $ de plus, mais on ne fait pas plus de revenus », observe-t-il. Pour demeurer compétitif, il mise donc sur la fiabilité de son équipement et sur la réduction des temps d’arrêt. 10 OF septembre 2026
Le transporeur Tigercal 1085 complète la flotte.
« Le secret, c’est l’entretien », répètet-il. L’entrepreneur a longtemps songé à faire grandir son entreprise, à ajouter des « kits » et à bâtir d’autres équipes. Il préfère toutefois ne pas s’éparpiller, surtout dans un contexte où il est difficile
de recruter et de garder une maind’œuvre expérimentée. « Je ne veux pas diluer la qualité du travail », explique-t-il. La semaine précédant l’entrevue, son équipe a récolté 2 900 m³ de bois. Il considère ce résultat bon, compte tenu
de la taille des tiges, composées surtout d’épinette noire. En moyenne, son équipe produit entre 1 700 et 1 800 m³ par semaine. « On est souvent parmi les meilleurs », lance-t-il.
FABRIQUER SES PROPRES CHAÎNES En plus de diriger son entreprise, Daven Poirier cherche à améliorer les outils de travail utilisés en forêt. Après plus de deux décennies dans le métier, il est convaincu que la rentabilité passe aussi par la qualité des produits consommables. Déçu du coût des chaînes de qualité et de la durabilité limitée de certains produits moins chers, il a décidé de développer ses propres chaînes de scie. « J’ai trouvé des fournisseurs et j’ai commencé à développer des produits avec eux », raconte-t-il. Installé dans son abatteuse, il peut tester les chaînes directement sur le terrain. Le produit est développé sous le nom de 2P Pro Saw.
L’entrepreneur développe sa propre ligne de chaines, sous le nom 2P Pro Saw.
« On a développé un produit sur la coche », affirme-t-il. Selon lui, une chaîne conventionnelle permet généralement de couper de 1 000 à 1 500 arbres avant de devoir être remplacée. Il dit avoir dépassé 11 000 arbres avec l’une de ses chaînes. « Au lieu d’utiliser un produit bas de gamme impossible à limer, je préfère
miser sur la qualité », soutient-il. En réduisant le coût des chaînes tout en améliorant leur durée de vie, Daven Poirier espère aider d’autres entrepreneurs forestiers à mieux contrôler leurs dépenses. « Le coût des produits consommables, comme les chaînes et l’huile, c’est le nerf de la guerre. »
DE LA MATIÈRE PREMIÈRE AU PRODUIT FINI FAITES LE CHOIX D'UN SEUL PARTENAIRE POUR VOS OPÉRATIONS DE TRANSFORMATION DU BOIS.
MANUTENTION DE BILLOTS
SCIAGE/PROFILAGE DES BILLOTS
MANUTENTION DE PRODUITS SCIÉS ET RABOTÉS
OPTIMISATION ET AUTOMATISATION DES PROCÉDÉS
DEPUIS 1987
2023, L’ANNÉE DES COUPS DURS Le parcours n’a pas été sans embûches. Daven Poirier décrit l’année 2023 en un mot : « rough ». Il venait tout juste de racheter l’entreprise de son père lorsque les difficultés se sont accumulées. Durant les grands feux de forêt de l’été 2023, il a perdu deux abatteuses dans la même journée. La récolte de bois brûlé qui a suivi a également été exigeante pour les équipements. « C’était dur sur la machinerie », raconte-t-il. Malgré ces revers, il a poursuivi ses activités et demeure confiant pour la suite. À son avis, le régime forestier devra cependant être revu avec les Premières Nations afin de donner davantage de prévisibilité aux entrepreneurs. La possibilité de voir son fils prendre un jour la relève constitue aussi une source de motivation. Son garçon a 14 ans et pourrait éventuellement l’accompagner en forêt. « J’ai une équipe solide. Mon garçon va probablement commencer à monter dans le bois avec moi, mais je ne veux pas trop le pousser », précise-t-il.
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SCIERIE Profil
Le vert est la couleur de l’avenir Fini le mazout, fini le propane : Groupe NBG électrifie son virage vert. PAR Johanne Fournier
En 2025, le Groupe NBG a investi 15 millions $ pour moderniser sa ligne de production et automatiser la fabrication de composantes de palettes.
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En deux ans, le Groupe NBG a injecté 17 millions de dollars dans l’amélioration de ses équipements, dans l’électrification de ses opérations et dans un système de stockage énergétique de pointe, devenant la quatrième entreprise au Québec à s’en doter. Il s’agit d’une transformation qui s’inscrit dans une filière de transformation du tremble importante pour l’économie régionale. Avec trois usines partenaires, Bégin & Bégin, Bois Cargault et Copeaux de la Vallée, le Groupe NBG
fait partie d’un réseau qui totalise 100 ans d’expertise, 60 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel, 170 emplois et 350 fournisseurs. UNE USINE QUI SE RÉINVENTE Avant de devenir propriété du Groupe NBG, l’usine de Rivière-Bleue a connu plusieurs vies. Construite à l’origine à la Baie-James avant d’être déplacée à l’endroit actuel vers 1982, elle a d’abord appartenu à Guérette, puis à Bowater.
«L’usine a été achetée en 2003, explique la directrice des communica-tions, AnneMarie Dionne. Le Groupement forestier de Témiscouata est actionnaire majoritaire à 60 %. Les actionnaires minoritaires sont Cascades Cabano, le Groupement forestier du Grand-Portage et Bégin & Bégin. » Ce modèle, où un groupement forestier investit directement dans plusieurs usines, demeure rare au Québec. INVESTISSEMENTS DE 15 MILLIONS DE DOLLARS En 2025, le Groupe NBG a réalisé son plus important chantier depuis des années : un investissement de 15 millions de dollars pour moderniser sa ligne de production et automatiser la fabrication de composantes de palettes de Machinerie Piché. Le projet a nécessité l’agrandissement du bâtiment de 15 000 pieds carrés et l’ajout d’un dépoussiéreur industriel de 65 000 pieds cubes par minute, fournit par Concept Aid. « Les employés ne respirent plus de poussière, se réjouit le directeur de l’usine, Roger Bérubé. Le matin, avant ça, les chapeaux étaient bleus et, quand les employés sortaient, leur chapeau était blanc! » Le gouvernement du Québec a soutenu le projet à la hauteur de 1,4 million de dollars provenant du Programme Innovation Bois. Loin d’avoir réduit les effectifs, l’automatisation a plutôt allégé les tâches, de l’avis du superviseur de maintenance. « On n’a pas enlevé d’employés, confirme Michel Ouellet. On a amélioré les conditions de travail, la production et la qualité. »
l’abolition du tarif de relance industriel d’Hydro-Québec. Mais, cette batterie n’est que l’aboutissement d’une démarche entamée bien avant. « On a éliminé tout le mazout, qui chauffait l’usine et le bassin de trempage, raconte Roger Bérubé. On a deux séchoirs qui étaient chauffés au propane. On les a mis électriques. » Évalué à environ quatre millions de dollars, ce projet reposait sur une entente tarifaire de trois ans avec Hydro-Québec. « Au bout de trois ans, on n’avait plus
le contrôle, précise-t-il. C’est là qu’est venue la décision de réduire notre facture d’électricité. Donc, on a misé sur le stockage d’énergie. » Résultat : plus aucune trace d’huile lourde ni de propane à l’usine. « C’était très polluant, rappelle le directeur de l’usine. Tant qu’à faire un projet, on a fait un mégaprojet pour tout éliminer. Maintenant, tout est électrique. » La batterie soutient le chauffage de l’usine et des séchoirs lors des grands froids et prend le relais lorsqu’HydroQuébec demande du délestage. « C’est
UNE BATTERIE QUI CHANGE LA DONNE Le dernier investissement s’inscrivant dans la poursuite du virage vert de l’entreprise s’est traduit par l’acquisition d’une batterie Gamma, fournie par IDEA Contrôle. Il s’agit d’un système de stockage énergétique industriel d’une puissance d’un mégawatt, capable de fournir 2,5 mégawattheures d’énergie, mis en service en décembre. Le Groupe NBG devient ainsi la qua-trième entreprise au Québec à se doter d’une telle technologie, combinant ges-tion de pointe, stockage et optimisation prédictive de la consommation. L’investissement de deux millions de dollars vient compenser
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Michel Ouellet et Roger Bérubé du Groupe NBG.
Dans son virage vert, la dernière acquisition du Groupe NBG est l’acquisition d’un système de stockage énergétique.
tout géré par ordinateur, sur le téléphone », ajoute M. Bérubé. Tous ces projets ont permis une réduction de 12866 tonnes de GES (équivalent CO2), ce qui équivaut à la consommation annuelle de 2800 voitures.
Le nouveau dépoussiéreur fait une grande différence sur la qualité de l’air à l’intérieur de l’usine.
Les séchoirs ont été convertis à l’électricité.
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CINQ ANS DE TRAVAIL POUR UN VIRAGE ASSUMÉ Selon Anne-Marie Dionne, peu d’entreprises manufacturières québécoises ont franchi ce cap en matière de virage vert, ce qui place le Groupe NBG à l’avant-garde de l’innovation énergétique dans son secteur. Une reconnais-sance qui n’a rien d’un hasard, insiste Roger Bérubé. « Ça fait cinq ans qu’on travaillait là-dessus. » Depuis 2003, plus de 30 millions de dollars ont été injectés dans l’usine par phases : nouvel écorceur Nicholson et nouvelles scies PHL en 2005, refonte du coeur de l’usine par PHL en 2010, ajout d’une déchiqueteuse USNR en 2011, nouveaux séchoirs MEC en 2019 et empileuse automatique d’Inotech en 2023. Puis, au cours de la dernière année, le chantier de 15 millions de dollars et le système Gamma, d’IDEA Contrôle, s’inscrivent dans cette continuité. LE VIRAGE VERT, UNE NÉCESSITÉ Pour M. Bérubé, le virage vert n’est plus une option pour les entreprises du sciage et du bois d’œuvre, mais une nécessité incontournable. « Il faut tout le temps être en avance. » Produisant chaque année près de 20 millions de pieds mesure de planche et acheminant environ 80 camions-remorques de copeaux par semaine à Cas-cades, l’entreprise ne compte pas s’arrêter là, même si la pénurie de main-d’œuvre demeure un enjeu réel. « On a d’autres projets sur la table, mentionne le directeur de l’usine. On n’arrête pas. Il faut tout le temps suivre les ten-dances parce que la compétition est là et, avec les Américains, ce n’est pas fa-cile; il faut être inventif. » Au Groupe NBG, le vert n’est ainsi plus une teinte parmi d’autres, mais la couleur de l’avenir.
LES ÉTOILES DE LA RELÈVE FORESTIÈRE 2026 De la planification des opérations à la robotique, en passant par la transformation du bois, la mécanique et la certification forestière, la relève se distingue par la diversité de ses parcours et de ses idées. Les dix candidats sélectionnés pour l’édition 2026 incarnent une industrie en pleine évolution, où l’expérience terrain s’allie de plus en plus aux données, à l’innovation et à la recherche de performance. PAR GUILLAUME ROY qui la motive le plus, c’est la possibilité de développer de nouveaux marchés et de relier les différents maillons de l’industrie forestière.
ALEX LADRIE Entrepreneur forestier, Les Chantiers du Lac inc. — Rivière-Bleue
SHANIE CUCCIOLETTA
SHANIE CUCCIOLETTA Ventes et développement des affaires, comptes majeurs, Les Palettes BB inc. — Saint-Eustache Shanie Cuccioletta ne connaissait pratiquement rien aux palettes de bois ni aux camions à plateau lorsqu’elle a commencé à s’intéresser à l’entreprise familiale. Aujourd’hui, elle joue un rôle central dans les ventes et le développement des affaires de Les Palettes BB, une entreprise qui en est à sa troisième génération. Native de Laval, Shanie a d’abord travaillé comme fleuriste avant de suivre une formation en charpenterie-menuiserie après la pandémie. Cette expérience
manuelle lui sert encore aujourd’hui, tout comme ses connaissances en gestion d’entreprise. Elle touche à plusieurs aspects des activités : achats de bois, commandes spéciales, transport, relation avec les clients et optimisation des opérations. L’entreprise fabrique des palettes, des emballages, des bobines pour câblage et des composantes précoupées et rainurées. Très impliquée dans les associations et les événements de l’industrie, Shanie souhaite contribuer à la croissance de l’entreprise et traverser les défis actuels du marché. « Sky is the limit. J’aime toucher à tout et faire avancer les projets », dit-elle. Ce
La forêt fait partie du quotidien d’Alex Ladrie depuis l’enfance. Fils d’un entrepreneur forestier, il accompagnait déjà son père sur les chantiers lorsqu’il avait sept ou huit ans. Après avoir commencé à travailler très jeune dans l’entreprise familiale, il a confirmé, au début de la vingtaine, son intention de prendre progressivement part à la relève de Les Chantiers du Lac inc. À 34 ans, il participe aux activités d’une entreprise de 33 employés qui réalise habituellement autour de 200 000 m³ de bois par année. Les Chantiers du Lac opèrent cinq équipes de récolte, notamment dans le secteur du parc de Rimouski et de la Réserve faunique de Matane, où les opérations sont aussi influencées par la tordeuse des bourgeons de l’épinette et les chablis. Depuis l’hiver dernier, Alex s’occupe davantage du transport, un secteur névralgique comprenant six camions de l’entreprise, six transporteurs sous contrat ainsi qu’un vaste parc d’équipements pour l’entretien des chemins. « Le transport, c’est un horaire de fou », reconnaît-il. Entre les chargements, les réparations de septembre 2026 OF 15
opérations et permettre aux machines de fonctionner à leur plein potentiel.
MATHIEU DOUCHAIN Superviseur, optimisation et qualité du sciage, Domtar — Saint-Félicien
routes, le déneigement et la coordination des équipes, les opérations doivent suivre le rythme de la récolte, sept jours sur sept. Ce qu’il apprécie le plus demeure la variété du travail et l’ambiance des chantiers. « Il n’y a pas une journée
ALEX LADRIE pareille », dit-il. Confiant dans la relation entretenue avec le Groupe Lebel, actionnaire de l’entreprise, Alex Ladrie souhaite éventuellement prendre davantage en charge les activités de coupe et de transport. Son objectif : faire croître les
Le parcours de Mathieu Douchain dans l’industrie forestière est né d’une occasion, mais s’est rapidement transformé en véritable vocation. Après des études en gestion et une première expérience dans le secteur, il a découvert que l’optimisation des procédés correspondait parfaitement à ses intérêts. Il s’est joint à Domtar, à Saint-Félicien, où il assure aujourd’hui le suivi de la qualité et l’amélioration de la performance des produits du bois. « Chaque billot est unique. Il faut réussir à en tirer le maximum de valeur », explique-t-il, une philosophie qui guide son travail au quotidien. Mathieu remet constamment en question les méthodes établies et cherche de nouvelles façons d’améliorer les procédés, même avec des
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au concours d’excellence continue de Domtar, dans la catégorie « Idées des employés ». Il souhaite maintenant poursuivre sa progression vers des responsabilités de supervision.
ANNICK LAMONTAGNE Technologue forestière, certification et mesurage, Boisaco — Sacré-Cœur
MATHIEU DOUCHAIN équipements âgés de plus de 30 ans. « Mathieu joue un rôle essentiel au sein de l’équipe de Domtar, Scierie St-Félicien. Sa plus grande force est sa capacité à voir au-delà des méthodes traditionnelles et à
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proposer de nouvelles façons de faire », souligne Erika Blackburn, surintendante de la scierie. Son esprit créatif lui a notamment permis de remporter la première position
Depuis son enfance, Annick Lamontagne entretient un lien étroit avec la forêt. Son père l’amenait régulièrement chasser et pêcher, éveillant chez elle un intérêt pour la faune, la flore et les grands espaces de la Côte-Nord. Après des études en technologie forestière au cégep de Baie-Comeau, elle a acquis une expérience diversifiée en plantation, en travaux sylvicoles et au ministère des Ressources naturelles. Son arrivée chez Boisaco lui a permis de façonner un poste adapté à ses compétences et à son mode de vie. Elle y travaille maintenant en certification forestière et en mesurage, un domaine qui
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JEAN-SÉBASTIEN BOSSÉ
ANNICK LAMONTAGNE lui offre de nouveaux défis et l’occasion de poursuivre son apprentissage. « Boisaco a modulé l’emploi pour mon mode de vie », souligne-t-elle, reconnaissante de pouvoir évoluer dans un environnement où les employés sont considérés comme des personnes plutôt que comme de simples numéros. Après un deuxième congé de maternité, Annick est revenue au travail avec une nouvelle corde à son arc : une carte de mesureuse. Elle souhaite maintenant continuer à développer ses compétences au sein de cette coopérative, à laquelle elle demeure profondément attachée.
JEAN-SÉBASTIEN BOSSÉ Planificateur de maintenance, Groupe NBG inc. — Rivière-Bleue Jean-Sébastien Bossé a grandi au rythme du bois et de la machinerie. Dès l’âge de quatre ans, il accompagnait son père, propriétaire d’un moulin à scie, et s’est familiarisé avec les réalités d’une petite entreprise forestière. Après une formation en électromécanique à Rivière-du-Loup, il a intégré Groupe NBG, d’abord comme opérateur, avec la ferme intention de travailler dans un moulin. 18 OF septembre 2026
Son expérience l’a progressivement mené vers la supervision de la maintenance, puis vers la planification. Ce dernier rôle lui convient particulièrement : il peut se concentrer sur les équipements, les pièces, les modifications et les projets d’amélioration, tout en demeurant près du plancher. « J’aime le bois, tout ce qu’on peut faire avec. J’aime voir le bois entrer rond et sortir en planches », résume-t-il. Jean-Sébastien croit au potentiel de l’industrie malgré un marché plus difficile. Groupe NBG a d’ailleurs investi massivement dans la deuxième transformation et la fabrication de composantes de palettes. Lorsque la demande reprendra, l’entreprise sera prête, estime-t-il. En dehors de son travail, il continue également de scier du bois avec son père, preuve qu’il n’est pas près de se détourner de sa passion.
aménagement forestier à Duchesnay, une décision qui a complètement réorienté son parcours. Après avoir travaillé pour une firme d’ingénieurs en Lanaudière, notamment en martelage, en inventaire et en acéricul-
JÉRÔME DUFOUR LAVALLÉE Superviseur des opérations forestières, Forestiers RPGM / TWD — Saint-Félicien Jérôme Dufour Lavallée n’était pas prédestiné à une carrière en foresterie. Après des études en sciences humaines au cégep de Rimouski, il a ressenti le besoin de travailler dehors et de se rapprocher de la forêt. Il a donc entrepris un DEP en
JÉRÔME DUFOUR LAVALLÉE
ture, il s’est joint à TheWood. Comme superviseur, il est directement présent sur le terrain, où il marche beaucoup, règle des problèmes techniques, vérifie le calibrage des têtes d’abattage et accompagne les équipes dans un environnement de plus en plus numérisé. Ce qu’il apprécie, c’est la variété du travail et la possibilité de relever constamment de nouveaux défis. « La foresterie, ça bâtit le pays », affirme-t-il. Jérôme considère que l’industrie doit poursuivre son évolution et intégrer davantage de technologies afin de créer plus de valeur. Il demeure convaincu que le bois est un matériau d’avenir et que la relève doit participer activement à sa modernisation.
MARC-OLIVIER SIMARD Consultant en optimisation des opérations forestières — Mashteuiatsh Marc-Olivier Simard se décrit comme un forestier de nouvelle génération. Fils d’un
MARC-OLIVER SIMARD entrepreneur forestier, il a choisi de ne pas suivre la voie traditionnelle des opérations
en forêt. Son terrain de jeu se trouve plutôt dans les données, les indicateurs de
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performance et les outils numériques capables d’aider les entreprises à mieux comprendre leurs activités. À la tête de sa propre entreprise de consultation, il accompagne des entrepreneurs de toutes tailles dans leur modernisation. Suivi de la consommation de carburant, rendement des machines, temps d’arrêt, efficacité du transport et productivité des opérateurs : chaque donnée peut révéler une perte, mais aussi une occasion d’amélioration. « S’adapter ou mourir : on n’a pas le choix de se conformer », estime-t-il, convaincu que les entreprises qui tarderont à prendre le virage technologique risquent de se retrouver dépassées. Marc-Olivier agit également comme formateur auprès du Centre d’entrepreneuriat et de management forestier. Il veut rendre les outils technologiques accessibles et démontrer leur valeur concrète. Pour lui, l’avenir appartient aux entreprises capables de combiner l’expertise des opérateurs, la gestion et l’analyse intelligente des données.
MATHIEU TREMBLAY Surintendant du sciage, Domtar — Scierie La Doré Mathieu Tremblay a trouvé dans l’industrie forestière un milieu où ses connaissances en génie mécanique peuvent se traduire rapidement en résultats concrets. Originaire de Saint-Félicien, il a commencé des études en génie mécanique à Jonquière avant de se joindre à la scierie de La Doré. Entré dans l’organisation grâce au
Félicitations ALEX LADRIE
MATHIEU TREMBLAY bouche-à-oreille, il a depuis gravi les échelons. Ce qui le stimule, c’est de pouvoir suivre une décision depuis sa mise en œuvre jusqu’à ses effets sur les opérations. Dans une industrie où plusieurs unités d’affaires et procédés sont interreliés, il apprécie la diversité des responsabilités et l’ampleur des impacts possibles. Mathieu demeure confiant malgré les difficultés actuelles du marché. « L’arbre repousse. Le bois demeure un matériau renouvelable et son empreinte environnementale est moindre que celle de plusieurs autres matériaux », rappelle-t-il. Il souhaite aussi contribuer à une meilleure compréhension du secteur. L’image d’un arbre abattu peut susciter des réactions fortes, mais elle ne raconte pas toute l’histoire de la gestion forestière ni celle du cycle de renouvellement de la ressource. Pour les prochaines années, il entend poursuivre sa progression chez Domtar.
Les Chantiers du Lac est fier de souligner la nomination d’Alex Ladrie parmi les Étoiles de la relève forestière 2026.
Bravo Alex pour cette belle reconnaissance!
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MAXIME VAIDIS Président-directeur général, Groupe CARVI — Chicoutimi Le parcours de Maxime Vaidis est pour le moins atypique. Originaire du nord de la France, il a étudié en ingénierie électrique avant de réaliser un doctorat en robotique à l’Université Laval. Sa spécialité : les systèmes automatisés destinés aux environnements difficiles, notamment la forêt boréale en conditions hivernales.
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Après avoir terminé son doctorat, il a fondé Groupe CARVI afin de rapprocher la recherche de pointe des besoins concrets de l’industrie forestière. Avec son équipe, il développe des solutions de téléopération pour des machines hydrauliques, dont des ébrancheuses. L’objectif est d’améliorer les conditions de travail, d’accroître la prévisibilité des opérations et de rendre certains métiers plus attrayants pour la relève. La technologie ne vise toutefois pas à remplacer l’expertise humaine. « L’opérateur possède une expertise irremplaçable », rappelle Maxime. La machine sera toujours présente en forêt, mais les données et la téléopération pourraient transformer la façon de l’utiliser. Les défis sont nombreux, notamment en matière de connectivité et de latence, mais les premiers essais sont prometteurs. D’ici cinq ans, il souhaite voir les solutions de CARVI utilisées sur différents types de machines et contribuer à une forêt plus intelligente et plus performante.
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MAXIME VAIDIS
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SHANE MORASSE Technicien routier, service aprèsvente, L.N. Machinerie — Chicoutimi Shane Morasse n’a pas grandi dans une famille de travailleurs forestiers, mais il a toujours aimé les moteurs, la mécanique et le bois. Après une formation en mécanique d’engins de chantier à Roberval, il a tenté l’opération en forêt. L’expérience n’a duré que six mois : passer douze heures sur un siège ne lui convenait pas. Il a plutôt trouvé sa voie dans la mécanique forestière. Employé de L.N. Machinerie depuis neuf ans, il a commencé au garage avant de prendre la route. Depuis six ans, il se déplace partout au Québec et en Ontario pour intervenir auprès des clients. Il apprécie autant le diagnostic des bris que le contact humain qui accompagne chaque réparation. « Je savais qu’un jour je travaillerais dans un domaine lié à la forêt et au bois », raconte Shane, qui demeure profondément attaché à cet environnement.
SHANE MORASSE Les machines connectées et les outils de suivi à distance ont transformé son travail. En consultant les données d’utilisation et l’historique d’entretien, il peut souvent mieux cibler le problème avant même
d’arriver sur le chantier. Il aimerait éventuellement participer davantage à la recherche et au développement afin d’améliorer les composantes et la durabilité des équipements.
Félicitations Annick ! C'est avec une immense fierté que Boisaco et Cofor soulignent la nomination d'Annick Lamontagne parmi les Étoiles de la relève forestière 2026. Son engagement et sa passion font honneur à notre organisation collective et à l'esprit de coopération qui nous anime. Nous sommes privilégiés de la compter parmi nous et de voir la relève forestière portée par des personnes aussi engagées. Merci Annick pour tout ce que tu apportes à notre équipe.
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Pleins feux sur les transporteurs OF vous présente les plus récents transporteurs forestiers, incluant les dernières nouveautés dévoilées sur le marché nord-américain et européen. PAR L’ÉQUIPE D’OF
PONSSE
à 25 tonnes, une première pour la marque, toujours avec la transmission CVT et le chargeur K121. www.ponsse.com KOMATSU
avec une capacité record de 25 tonnes, propulsé par un nouveau moteur diesel AGCO « Core generation » de 250 kW, destiné aux plantations à grande échelle et à la coupe finale en Amérique du Nord. www.komatsuforest.com JOHN DEERE
PONSSE Le catalogue de porteurs Ponsse s’est étoffé depuis notre dernier tour d’horizon. Le Ponsse Bison demeure une référence avec sa transmission à variation continue (CVT), qui élimine l’arrêt lors du passage de la vitesse rapide à la vitesse lente. Le système Active Frame, offert en option, stabilise la cabine et l’opérateur sur tous les types de terrain. Sa capacité de 16 tonnes en fait un porteur polyvalent pour l’éclaircie comme pour la coupe finale. Le constructeur finlandais a depuis renouvelé sa gamme intermédiaire avec le nouveau Ponsse Wisent, un porteur écoresponsable de 12 tonnes à la structure de cadre repensée, doté d’un moteur Mercedes-Benz/MTU Stage V de 150 kW et du chargeur K70+ M, avec Active Cabine en option. Le porteur Elk, propose six configurations de largeur et six de longueur pour son espace de chargement, en plus d’une portée de grue pouvant atteindre 10 mètres. En haut de gamme, le Ponsse Mammoth pousse la capacité de charge 24 OF septembre 2026
KOMATSU Komatsu Forest a complètement redessiné sa gamme de porteurs. Le nouveau Forwarder 895, lancé en 2025, se distingue par un réservoir de 500 litres, un système hydraulique optimisé, des versions 6RM et 8RM, une nouvelle grue 205F, un rotateur GX renforcé et un châssis arrière ainsi qu’une caisse de chargement repensés, en plus d’une intégration à la plateforme Smart Forestry. En janvier 2026, Komatsu a introduit le XF895-3 sur le marché nordaméricain, une machine conçue pour la coupe finale et le débardage à grande échelle, avec grue améliorée, châssis renforcé et caisse de chargement redessinée — un complément parfait à l’abatteuse-groupeuse XH951XC-1 à huit roues lancée en septembre 2025. Le constructeur a aussi présenté le Komatsu 898, son plus gros porteur
JOHN DEERE John Deere a lancé en 2025 sa nouvelle série H de machines forestières de grande taille, fabriquées en Finlande, qui comprend les abatteuses 1270H et 1470H ainsi que les porteurs 2010H (20 tonnes) et 2510H (25 tonnes) — une hausse de capacité de charge jusqu’à 25 % par rapport à la génération précédente. Ces porteurs sont équipés des nouvelles grues F9 et F10, cette dernière étant présentée comme la plus robuste du marché, et atteignent une vitesse de déplacement 50 % plus rapide. Les cabines, dessinées par BMW Design Works, misent sur le confort et l’ergonomie de l’opérateur. En novembre 2025, John Deere a dévoilé son porteur amiral de la série G, le 1610G, qui livre 14 % plus de puissance moteur et 11 % plus de force de traction que le modèle précédent, tout en conservant le même poids —
donc la même pression au sol — que le 1510G. Son espace de chargement est 15 % plus grand, et un système de triage intégré accélère la manutention des différents types de bois (Power Progress). L’ensemble de la gamme G-Series profite aussi du contrôle adaptatif de la chaîne cinématique et des plateformes TimberMatic Maps et TimberManager. www.johndeere.ca
SAMPO ROSENLEW TIMBERPRO
ROTTNE
ROTTNE Le fabricant suédois Rottne, moins connu au Québec mais bien implanté en Scandinavie, mérite désormais sa place parmi les grands noms du transport forestier. Sa gamme de porteurs F-Series couvre un large éventail de capacités : du compact F10E pour les éclaircies denses, au F11E de 12 tonnes, en passant par le F13E à caisse articulée pour un suivi de trajectoire précis, jusqu’au robuste F15E de 15 tonnes à huit roues et bogies de type portique, pensé pour l’éclaircie forte comme pour la coupe finale. Le haut de gamme est occupé par le F18 et le F20D, ce dernier homologué pour 20 tonnes de charge grâce à un bogie renforcé et des roues plus grandes — un modèle pensé d’abord pour le marché nordaméricain. www.rottne.com TIMBERPRO Les transporteurs TimberPro série 800 demeure un des porteurs le plus polyvalent du marché grâce à son chargeur à rotation continue de 360 degrés et sa chargeuse puissante avec une portée jusqu’à 34 pieds. Trois modèles sont disponibles au Canada soient le TF830D (essieux de 20
tonnes), le TF840D (essieux de 24 tonnes) et le TF860D, le plus costaud avec des essieux de 28 tonnes. Les trois modèles sont munis d’un puissant moteur Cummins L9 de 350 HP et la flexibilité hydraulique nécessaire pour une production supérieure grâce à la flexibilité du système de contrôle IQAN dernière génération. www.timberpro.com
huit roues pour l’éclaircie jusqu’à la coupe finale, avec des capacités de 10, 12 et 14 tonnes. Le FR48 conserve son espace de chargement généreux et ses roues de 26,5 pouces, tandis que le FR68, capable de transporter 14 tonnes, mise sur un moteur AGCO de 170 kW, une grue Mesera F92 et une cabine rotative pour une meilleure visibilité en opération. www.sampo-rosenlew.fi LOGSET
ECO LOG ECO LOG La gamme de porteurs Eco Log série F carbure toujours aux moteurs Stage V de Volvo Penta. Le 574F, doté d’un moteur 6 cylindres de 252 hp et d’une grue Epsilon X120F105 ou Cranab FC16, offre une capacité de charge de 14 tonnes, tandis que la version Light se limite à 13 tonnes pour les travaux plus légers. Le 584F, avec sa capacité de 16 tonnes, et le plus imposant 590F, complètent la gamme F qui privilégie confort de conduite et facilité d’entretien, avec une palette de couleurs renouvelée. www.ecologforestry.com SAMPO ROSENLEW La gamme de porteurs Sampo Rosenlew continue de proposer trois modèles à
LOGSET Logset a mis à jour son plus petit porteur avec la version 3.3 du 4F GT, une machine de 10 tonnes destinée aux travaux d’éclaircie. Il reçoit un moteur AGCO Power de 140 kW (190 hp), une grue Mesera de 106 kNm et une force de traction de 140 kN. Son bogie renforcé peut accueillir des roues de 24,5 po, tandis que sa longueur totale a été réduite de plus de 10 cm pour faciliter les manœuvres dans les peuplements denses. Dans les catégories supérieures, Logset maintient une gamme allant du 6F GT de 14 tonnes au 12F GT de 20 tonnes. Les 8F GT et 10F GT offrent respectivement 15 et 18 tonnes de capacité, tandis que le 12F GT, propulsé par un moteur de 214 kW septembre 2026 OF 25
(291 hp), peut transporter jusqu’à 30 m³ de bois. La suspension de cabine Smooth Ride demeure offerte en option dans toute la gamme. www.logset.com
25 degrés qui permet de conserver un couple de rotation complet même en dévers. www.tigercat.com
cours d’eau ou les secteurs où la protection du sol et de la régénération est prioritaire. www.malwa.se
MALWA
VERS L’AUTONOMIE : LA PROCHAINE ÉTAPE Au-delà des nouveaux modèles, la véritable rupture technologique à surveiller touche l’automatisation. Des chercheurs de Skogforsk, dans le cadre du programme Mistra Digital Forest, testent depuis 2024 des systèmes de préhension automatique des billes par caméra embarquée sur la grue, permettant à un porteur sans conducteur de « voir », saisir et déplacer des billots individuellement — une avancée qui pourrait ouvrir la voie à des porteurs entièrement autonomes. Plus près de chez nous, le secteur forestier québécois s’intéresse activement au camionnage autonome. NuPort a complété des essais de camionnage autonome en contexte forestier avec FPInnovations, Domtar et Chantiers Chibougamau, tandis que Kodiak AI a annoncé en mai 2026 un projet pilote de camionnage autonome avec West Fraser pour le transport de bois en Alberta. Selon FPInnovations, la foresterie est l’un des secteurs qui a le plus à gagner de ces technologies, le transport représentant une part importante des coûts de la fibre, en particulier sur des chemins non pavés et dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.
TIGERCAT
MALWA TIGERCAT Tigercat a dévoilé en 2025 son nouveau porteur TCi 1055D. Ce porteur de 15 tonnes hautement configurable propose deux options de transmission adaptées au terrain, trois systèmes de ranchers et longueurs de caisse pour l’éclaircie ou la coupe finale, ainsi que plusieurs choix de grues. La cabine a été redessinée avec un capot hydraulique s’ouvrant pour un accès complet au moteur, une échelle escamotable et une cabine inclinable pour l’entretien des composants majeurs. Le puissant 1085C, porteur de 25 tonnes taillé pour les terrains extrêmes et les pentes abruptes, reste la référence haute capacité de la marque, toujours offert avec l’option de grue inclinable à
Du côté des machines de plus petit gabarit, le fabricant suédois Malwa continue de se démarquer avec ses porteurs conçus pour les travaux d’éclaircie et les chantiers sensibles. Le Malwa 560F, d’environ 6 tonnes, est particulièrement prisés pour leur faible pression au sol et leur agilité dans les peuplements denses. Leur configuration compacte, leur centre de gravité bas et leurs larges pneus permettent de réduire l’orniérage et les impacts sur les sols, ce qui en fait des choix intéressants pour les projets de foresterie sans traces ou à faible impact. Bien que moins présents sur le marché nord-américain que les grandes marques, ces transporteurs trouvent leur place dans les opérations spécialisées, les chantiers près des
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Un bon plan, mais une mauvaise exécution PAR Louis Dupuis, économiste, consultant et ancien banquier
En novembre 2025, le gouvernement du Canada a annoncé la création du Groupe de travail sur la transformation du secteur forestier canadien. Le Programme de soutien à la foresterie du gouvernement canadien qui a suivi n’est toutefois pas à la hauteur. Les objectifs principaux de ce groupe de travail étaient de restructurer, moderniser et repositionner l’industrie forestière afin d’assurer sa compétitivité et sa durabilité à long terme.
Conscient de la grande précarité des petits entrepreneurs forestiers en récolte, transport, manutention et en voirie forestière, de leurs travailleurs, ainsi que les entreprises de services, ateliers mécaniques, équipementiers, fournisseurs, etc., qui gravitent autour de cet écosystème qui constituent le premier maillon essentiel de l’industrie, un des objectifs du Groupe de travail visait à soutenir les besoins de trésorerie compte tenu du resserrement des liquidités de ces petites
De 2020 à 2023, les entreprenerus forestiers ont vu leur coûts d’opération exploser de 27,7 %.
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entreprises indépendantes, et ce, afin d’éviter les faillites en cascade. Ainsi, le 19 janvier dernier, le Groupe de travail a officiellement entrepris ses travaux. Le 16 avril il a remis son rapport et de sa feuille de route au ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, et ce, après un mandat expéditif de seulement 90 jours. Le 3 juin 2026, le gouvernement a publié son Rapport final: Le secteur forestier canadien transformé compétitif, résilient et pertinent, accompagné d’un plan d’action pour le secteur. Afin de soutenir les entreprises canadiennes du secteur forestier touchées par l’incertitude commerciale qu’elles puissent gérer leur trésorerie à court terme, maintenir leurs activités et s’adapter pour l’avenir, le gouvernement canadien a développé un programme de soutien à la trésorerie pour les entreprises de l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur forestier. Nous saluons d’ailleurs les efforts et la vision du Groupe de travail de se soucier du sort de toutes les petites entreprises forestières qui constituent le premier maillon essentiel du secteur forestier canadien et de les inclure dans son programme de soutien. Pour les entrepreneurs forestiers du Québec, ceux-ci font face à la tempête depuis déjà plusieurs années. Après avoir vu leurs coûts d’exploitation exploser de 27,7% de 2020 à 2023; puis faire face à des arrêts de travail pouvant aller jusqu’à quatre mois dans certains cas en raison des feux de forêt historiques de 2023; des fermetures d’usine temporaires ou permanentes occasionnées par les tarifs de toute sorte imposés par
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le président américain, et des conditions de marchés difficiles en 2024 et 2025; des contestations en forêt des Premières Nations occasionnées par le projet de loi 97 sur la modernisation du régime forestier québécois, un grand nombre de ces petites entreprises sont au bout du rouleau et en mode survie. Pour certains, c’est même trop tard. Le Québec possède toujours le titre peu enviable de grand champion des faillites d’entrepreneurs forestiers au Canada, avec 53% de celles-ci de 2010 à 2025, bien que le Québec représente 18% des volumes de bois récoltés au pays. Nul doute que le Programme de soutien au secteur forestier proposé par le gouvernement canadien est le bienvenu et même une bouée de sauvetage pour plusieurs entreprises. Dans son plan de match, le gouvernement a décidé de confier à la société d’État BDC les demandes de financement dans le cadre du Programme de soutien aux entreprises du secteur forestier, pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est historiquement supérieur à 2M$ et aux agences de Développement Économique Canada (DEC) les demandes pour les entreprises dont les revenus annuels sont inférieurs à 2M$. Comme mentionné, un volet de ce Programme de soutien à la foresterie s’adresse spécifiquement aux entrepreneurs forestiers en récolte, transport, manutention et voirie, ainsi que les aux entreprises de cet écosystème, soit le : Programme de soutien à la trésorerie – Entreprises de services forestiers. Le programme prévoit pour les entreprises admissibles la possibilité d’obtenir un prêt de fonds de roulement jusqu’à 10M$ (minimum 250k$ avec la BDC), avec un terme de 96 mois (8 ans), prévoyant un congé de capital de 36 mois (3 ans) au départ, suivi de 60 versements égaux pour les 5 dernières années, et ce, à des taux d’intérêt très avantageux, dont un taux de 0% la première année. Le montant maximum admissible du prêt doit représenter 75% des besoins de liquidités pour couvrir les coûts hors exploitation des 12 prochains mois. Un état des flux de trésorerie de 12 mois est exigé avec les demandes. Au niveau des critères d’admissibilités, ils sont les suivants : 1. Avoir son siège social au Canada; 2. Qu’au moins 60% des revenus proviennent de la récolte et de l’extraction des ressources forestières (récolte, transport, manutention, voirie); 3. L’entreprise doit démontrer, soit (i) une baisse annuelle minimale des revenus de 20%; 4. Et/ou, l’entreprise doit démontrer (ii) une diminution du BAIIA de 15%; 5. De plus, l’entreprise doit avoir un ratio de couverture des charges fixes historiquement stable (pré-2025) d’au moins 1x. En premier, les fleurs. Au cours de sa longue carrière bancaire d’une quarantaine d’années, l’auteur n’a pas vu de meilleur programme de soutien aux entreprises de services forestiers. Et maintenant, les pots. Bien que la BDC ait organisé rapidement, dès le 18 juin, un webinaire pour les entreprises de services forestiers afin d’expliquer le fonctionnement du programme de soutien à la
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Le programme fédéral est mal adapté à la réalité québécoise, car la majorité des entrepreneurs forestiers ont des revenus annuels de moins de deux millions de dollars.
trésorerie, au moment d’écrire ces lignes, aucune demande de prêt de soutien à la trésorerie n’a été à notre connaissance approuvée, encore moins déboursée. Les délais administratifs se sont cependant allongés et les renvois d’un service à l’autre se sont multipliés. Au final, plusieurs demandes ont même été rejetées pour « non admissibilité », bien que tous les critères semblaient parfaitement respectés. En ce qui concerne les demandes pour les entrepreneurs avec des revenus annuels de moins de 2M$, qui devaient être prises en charge par DEC, dès les premiers contacts, le 23 juin, avec des vice-présidents responsables chez DEC pour le Québec, ils ont avisé que DEC n’offrait pas le programme de soutien à la trésorerie et ne transigeait pas avec des entreprises dont les revenus annuels étaient inférieurs à 2M$. C’est encore le discours qui est tenu chez DEC au moment d’écrire ces lignes. Ceci signifie que les entrepreneurs forestiers du Québec seront particulièrement touchés car c’est au Québec où l’on retrouve les plus petits entrepreneurs forestiers selon un sondage effectué en 2020 par les magazines Opérations forestières (OF) et Canadian Forest Industry (CFI), les entrepreneurs forestiers du Québec sont ceux avec les chiffres d’affaires annuels les plus bas au Canada: 1. Alberta - 9M$ de revenus annuels moyens 2. Colombie-Britannique la côte (BC Coast) - 6,3M$ de revenus annuels moyens 3. Colombie-Britannique intérieure (BC Interior) - 6M$ de
revenus annuels moyens 4. Ontario - 4M$ de revenus annuels moyens 5. Provinces Atlantiques - 2M$ de revenus annuels moyens 6. Québec - 1,7M$* de revenus annuels moyens avec une médiane de 975K$* (* selon le Portrait économique des entrepreneurs forestiers du Québec présenté à l’AQEF le 27 mars 2023). Au Québec, c’est donc au moins 80% des entrepreneurs forestiers, souvent les plus vulnérables, qui n’auront pas accès au Programme de soutien à la trésorerie du gouvernement fédéral, ce qui est totalement inadmissible. Le programme de soutien à la trésorerie est bon, possiblement même le meilleur qu’il nous a été donné de voir. Toutefois l’exécution est mauvaise. Le gouvernement semble ne pas s’être assurer que ses propres agences ou sociétés d’État soient capables de livrer la marchandise. À quoi bon avoir de bons plans si on n’est pas capable de les exécuter? C’est comme si le plan du cerveau était d’aller faire une marche, qu’une jambe bouette et l’autre n’avance pas. L’auteur est économiste, associé et consultant depuis 2020 à la firme S. Guy Gauthier Évaluateur inc., et possède plus de 30 ans d’expérience en financement commercial auprès de trois importantes institutions financières, où il était un spécialiste en financement de machinerie lourde, notamment pour l’industrie forestière. septembre 2026 OF 29
SCIERIE
Affûtage
La performance commence par un entretien rigoureux Pourquoi même les scies les mieux conçues dépendent d’un entretien discipliné
PAR Jay Drury
Dans toute scierie, la sécurité, la productivité et la qualité des produits reposent sur un facteur essentiel : l’entretien des équipements. La machinerie de scierie, et particulièrement les scies, est conçue avec précision pour effectuer des coupes exigeantes à grande vitesse. Toutefois, même la scie parfaite demeure tributaire de la machine qui l’entraîne. S’attendre à une performance optimale d’une scie montée sur un équipement mal entretenu revient à installer un moteur de course parfaitement équilibré dans une voiture dont le châssis est tordu, les roulements usés et la transmission inadéquate. Le potentiel est là, mais il ne peut pas se traduire sur le terrain. L’entretien ne constitue pas simplement une tâche routinière : c’est un investissement stratégique qui permet aux scies de faire le travail pour lequel elles ont été conçues. LE RÔLE DES OUTILS DE COUPE Au cœur de chaque scierie se trouvent les outils de coupe : scies circulaires, scies à ruban, scies multiples et scies de déligneuse. Ces outils sont conçus selon des géométries, des configurations de dents et des matériaux précis afin de transformer le bois efficacement. Avec le temps, l’usure est inévitable. Les dents s’émoussent, la tension varie, l’alignement se dérègle et la résine ou les débris s’accumulent. Sans entretien régulier, ces problèmes s’additionnent. L’efficacité de coupe diminue, la consommation d’énergie augmente et la qualité du bois scié se détériore. L’AFFÛTAGE, POINT DE DÉPART Le tranchant est l’un des éléments les plus importants de la performance d’une scie. Une lame émoussée exige davantage de force pour couper, ce qui augmente la sollicitation des moteurs, des courroies et des roulements. Il en résulte une consommation énergétique plus élevée et une usure
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L’entretien préventif ne s’arrête pas aux lames.
accélérée de l’ensemble du système. Surtout, une lame émoussée compromet la qualité de coupe. Elle peut produire des surfaces rugueuses, des marques de brûlure et des écarts dimensionnels. Un affûtage régulier et un entretien adéquat des dents rétablissent l’efficacité de coupe, protègent les composants en aval et contribuent à maintenir une qualité constante du bois d’œuvre. NIVELAGE ET TENSION Le nivelage et la tension de la scie sont tout aussi importants. Une tension inadéquate peut faire dévier une lame, entraîner une accumulation de chaleur, causer des coupes inégales et augmenter les pertes liées au trait de scie. Une scie mal nivelée peut entraîner la production de bois hors dimension et provoquer des vibrations, affectant la précision de coupe et créant des risques pour la sécurité. LA PROPRETÉ COMPTE La transformation du bois génère de la sève, de la poix et des débris fins qui s’accumulent facile-
ment sur les lames et la machinerie. Cette accumulation augmente la friction, retient la chaleur et nuit à l’action de coupe. Un programme de nettoyage rigoureux aide à préserver des conditions de coupe optimales, améliore le fini de surface et évite de solliciter inutilement les scies et les équipements . LES SYSTÈMES DE SOUTIEN L’entretien préventif ne s’arrête pas aux lames. Les roulements, les guides, les systèmes de lubrification et les composantes d’entraînement influencent tous directement la performance des scies. Même une scie parfaitement entretenue ne peut fonctionner adéquatement si les systèmes qui la soutiennent sont défaillants. LA SÉCURITÉ D’ABORD La sécurité est une autre raison majeure d’accorder la priorité à l’entretien en scierie. Des équipements mal entretenus sont plus susceptibles de faire défaut, ce qui augmente les risques de fissure des lames, de desserrage des composants et de vibrations excessives. Maintenir les équipements en bon état protège les
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opérateurs et facilite le respect des exigences réglementaires. L’ENTRETIEN EST RENTABLE Sur le plan financier, l’entretien préventif coûte beaucoup moins cher que les réparations réactives. Les bris imprévus entraînent des retards de production, des pertes de revenus et des réparations d’urgence coûteuses. À l’inverse, un programme d’entretien proactif permet de planifier les arrêts, de mieux prévoir les coûts et de prolonger la durée de vie utile des équipements. ADAPTER LA SCIE AUX CONDITIONS RÉELLES Il faut aussi s’assurer que la scie utilisée est bien conçue pour l’application de sciage actuelle. Les conditions d’opération d’une scierie évoluent avec le temps; les hypothèses ayant guidé la conception des scies doivent évoluer elles aussi. Le diamètre des billes, la vitesse d’alimentation, la vitesse de l’arbre, les exigences relatives à la largeur du trait de scie : tous ces facteurs doivent être évalués afin de s’assurer que la scie est optimisée pour les conditions réelles de l’usine.
LA QUALITÉ COMME AVANTAGE Dans un marché du bois d’œuvre concurrentiel, la constance et la qualité constituent des éléments de différenciation déterminants. Des scies bien entretenues coupent plus droit, réduisent les pertes de matière et aident les scieries à livrer des produits à plus forte valeur. CONCLUSION Entretenir les équipements d’une scierie, c’est respecter le travail de conception et d’ingénierie qui a permis de les fabriquer. Les scies sont conçues pour fonctionner dans des conditions précises. Lorsque ces conditions sont préservées grâce à un entretien rigoureux, elles offrent un rendement exceptionnel. La négligence, au contraire, réduit la performance, augmente les coûts et compromet la sécurité. Une scierie bien gérée reconnaît que l’entretien n’est pas facultatif : il est fondamental. En consacrant le temps et les ressources nécessaires à un entretien approprié, les exploitants s’assurent que leurs scies fonctionnent de façon fiable, sécuritaire et efficace, jour après jour.
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ÉQUIPEMENTS
Nouveaux produits
De nouveaux modèles Ponsse pour les éclaircies
Ponsse élargit son offre destinée aux travaux d’éclaircie avec les nouvelles versions Thin Line de son abatteuse Scorpion et de son porteur Wisent. Ces modèles ont été adaptés aux contraintes propres aux peuplements plus denses, où la circulation exige agilité, visibilité et une attention soutenue à la protection des sols et des arbres résiduels. Leur mise en marché commence immédiatement; la production doit débuter plus tard cette année à l’usine Ponsse de Vieremä, en Finlande. Le Wisent Thin Line est un porteur de 10 tonnes dont l’espace de chargement a été optimisé pour faciliter les manœuvres et le transport de bois en éclaircie. Son poids total réduit et sa pression au sol moindre visent à améliorer son comportement sur les terrains meubles. Ponsse a également bonifié l’éclairage à la suite de commentaires formulés par les utilisateurs. La Scorpion Thin Line reprend la plateforme de l’abatteuse Scorpion, notamment sa visibilité sur la zone de travail, sa stabilité et la précision de sa grue. Ses paramètres sont toutefois ajustés pour améliorer l’efficacité énergétique lors des opérations d’éclaircie. Elle peut recevoir la tête H5 ou la nouvelle tête d’abattage H6. Les deux machines obtiennent aussi un système audio amélioré et une nouvelle apparence. 32 OF septembre 2026
Vallée : un chariot élévateur articulé ultra-compact Vallée élargit son offre avec le 4DA5E, un chariot élévateur tout-terrain articulé d’une capacité de 5 000 lb. Ce nouveau modèle inaugure la gamme ultra-compacte du fabricant de SaintAlban et vise notamment les opérations forestières, minières et horticoles où l’espace de manœuvre est limité. Équipé de quatre roues motrices et d’une articulation centrale, le 4DA5E peut circuler dans des espaces restreints, tels que des conteneurs, des remorques fermées ou des allées étroites. Sa capacité nominale est établie à 5 000 lb avec un centre de charge de 24 po. Il reçoit un mât à trois sections offrant une hauteur de levage de 15 pi, ainsi qu’un système caméra-écran intégré destiné à faciliter les manœuvres et la manutention. Le chariot repose sur la plateforme de chargeuse compacte Caterpillar 906, à laquelle Vallée a adapté son propre système de levage. Parmi les options proposées figurent la connectivité Cat Product Link et un ensemble destiné aux applications minières souterraines. Vallée souligne aussi l’accès au réseau de service et aux pièces de Toromont Cat pour soutenir les utilisateurs.
MiCROTEC modernise le Goldeneye Transverse MiCROTEC a repensé son système Goldeneye Transverse pour les réalités des scieries nord-américaines. Destiné au classement et à l’optimisation des planches, l’équipement combine numérisation haute précision, automatisation et intelligence artificielle afin d’améliorer la récupération de valeur sans compromettre la cadence de production. Le scanner utilise une technologie de prise d’images instantanée capable de mesurer les planches avec précision, même lorsqu’elles bougent ou vibrent sur la ligne. Les données recueillies peuvent ensuite alimenter les décisions d’optimisation aux étapes du délignage et de l’éboutage. L’appareil inspecte les quatre faces de chaque planche en un seul passage grâce à l’imagerie couleur et laser. Cette lecture complète vise à mieux repérer les caractéristiques et les défauts du bois, ce qui favorise un classement plus constant et des décisions de coupe plus précises. MiCROTEC a aussi intégré une unité robotisée d’étalonnage directement au scanner. L’opération peut être lancée par simple pression d’un bouton, réduisant les manipulations manuelles et facilitant le maintien de la précision du système. Des caméras haute résolution alimentent enfin la plateforme MiCROTEC Ai, qui transforme les données de numérisation en décisions de classement et d’optimisation adaptées à la production.
Tigercat : de nouveaux porteurs compacts de la série 820
Tigercat Industries ajoute deux porteurs plus compacts et plus légers à sa gamme TCi : l’abatteuse-groupeuse 820 et l’abatteusefaçonneuse H820. Les deux machines ont été conçues pour les peuplements de petit diamètre et les travaux d'éclaircie, qui ne nécessite pas une forte capacité de levage. L’abatteuse-groupeuse 820 est particulièrement adaptée à la scie d’abattage 5400. Cette configuration permet de réduire le contrepoids requis et, par conséquent, la masse totale de la machine. De son côté, la H820 reçoit une flèche conventionnelle de 10 m (33 pi), compatible avec la tête d’abattage-façonnage TCi 544. Sa longue portée réduit les déplacements nécessaires de la machine entre les positions de travail, ce qui peut favoriser l’économie de carburant et limiter l’usure des composantes du train de roulement.
Nouvelle abatteuse chez Eco Log Eco Log renouvelle son abatteuse à huit roues avec la 688G, une machine qui succède à la 688F et qui introduit plusieurs améliorations touchant la puissance, la mobilité et le confort de l’opérateur. La série G reçoit un système hydraulique et une ligne cinématique entièrement repensés. Des modes de conduite sélectionnables permettent d’adapter le comportement de la machine aux conditions de travail, tandis qu’une fonction « boost » offre un surplus de puissance lorsque requis. La 688G est également équipée d’une grue renforcée et plus puissante, afin de soutenir les travaux exigeants de récolte mécanisée. Le fabricant a aussi amélioré le système de verrouillage du châssis oscillant. Cette fonction contribue à stabiliser la machine et à optimiser sa position durant les opérations. Les angles d’inclinaison accrus de l’assiette doivent pour leur part accroître la capacité de nivellement sur terrain accidenté. Enfin, l’abatteuse reçoit une cabine entièrement redessinée, avec une conception plus moderne visant à améliorer le confort et la visibilité sur la zone de travail. Le premier exemplaire de l’Eco Log 688G importé au Canada a récemment trouvé preneur.
HewSaw SL200 3.3
Une ligne de sciage haute performance pour petites billes
Voir une vidéo de cette ligne en opération
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Haute vitesse Faible espacement entre les billes Récupération élevée grâce à: - des profils sur quatre faces - un sciage en courbe contrôlé - un positionnement des billes de haute précision
Lévis, QC | Abbotsford, C.B.
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Entièrement automatisé Accès facile pour l’entretien Conforme aux normes de sécurité les plus strictes
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OPINION le dernier mot
L’heure de la réconciliation en forêt a sonné FRANCIS verreault-paul Chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador
ALICE-ANNE simard Directrice générale de Nature Québec * Cosignataires : Daniel Cloutier, Unifor ; Dominic Dugré, Pourvoiries Québec ; Martin Vaillancourt, RNCREQ ; Kevin Gagnon, FIM-CSN ; Alain Branchaud, SNAP Québec ; Guillaume Ouellet, FQGZ ; Nicolas Lapierre, syndicat des Métallos ; Pierre Gaudreault, AEQ et Parq ; Luc Vachon, CSD ; Benoit Lasalle, AQEF ; Normand Fiset, FQSA.
Le secteur forestier québécois traverse une grave crise qui force à repenser à la fois les modèles d’affaires industriels et le régime forestier qui les encadre. Pour réussir, cette démarche doit toutefois mettre de l’avant des solutions qui seront à la fois durables et équitables. L’échec cuisant du gouvernement à réformer le régime forestier en 2025 (projet de loi 97) nous enseigne que sans véritable concertation, il est impossible de changer la façon dont le territoire public est utilisé. Nous représentons un regroupement inédit de Premières Nations et d’organisations aux intérêts variés qui tente de définir les bases d’un projet rassembleur. TROUVER RÉPONSE À LA CRISE INDUSTRIELLE Il faut dès maintenant mettre en œuvre un processus inclusif d’élaboration d’une stratégie industrielle qui jettera les bases du développement du secteur forestier pour les prochaines décennies. Le contexte actuel nous force à revoir nos façons de faire en créant plus de valeur à partir de l’offre de bois disponible. La voix des travailleurs devra être au cœur de cette démarche. Par exemple, les petits entrepreneurs forestiers indépendants quittent la profession en grand nombre. Sans eux, il n’y a pas d’avenir pour le secteur. Opérer un virage industriel d’envergure commande un environnement d’affaires sain et une prévisibilité pour attirer des investisseurs sérieux. Le succès d’une stratégie industrielle ira de pair avec la réalisation d’avancées significatives dans la résolution de grandes controverses qui traînent depuis trop longtemps. Elles ont été pelletées vers l’avant dans l’espoir vain qu’elles s’estompent d’elles-mêmes. Des gestes forts doivent être posés. AMORCER UNE VÉRITABLE RÉCONCILIATION AVEC LES PREMIÈRES NATIONS Une des leçons qui doivent être apprises de l’échec du projet de loi 97 est que la foresterie ne peut pas se pratiquer sans respecter les droits des Premières Nations. Cela passe inévitablement par le maintien de la qualité de leurs territoires ancestraux et une co-construction du prochain régime forestier. L’heure de la réconciliation en forêt a sonné.
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FAVORISER UNE COHABITATION HARMONIEUSE Le régime forestier de 2010 promettait une meilleure place aux autres acteurs du milieu forestier, notamment ceux offrant des activités fauniques, touristiques et de plein air. Ces promesses ont été brisées. En plus de répondre aux attentes des Québécois, la diversité des activités en forêt contribue à renforcer le tissu économique régional. Des actions concrètes s’imposent pour établir une meilleure cohabitation. MIEUX PROTÉGER LES ÉCOSYSTÈMES POUR CONSERVER DES BIENFAITS DURABLES Malgré des engagements gouvernementaux très clairs, le caribou est en constant déclin alors que le plan de protection de l’espèce est attendu depuis plus de 10 ans. Pour les aires protégées, l’atteinte de la cible de 30 % fait face à de nombreux obstacles. La protection des écosystèmes n’est aucunement en contradiction avec l’économie, elle en constitue la condition de durabilité. Particulièrement en période de changements climatiques, sans forêts résilientes, il ne peut y avoir ni industrie forestière viable ni vitalité régionale à long terme. Il est temps de cesser les tergiversations. REVOIR LA GOUVERNANCE Entre le contrôle total à l’industrie ou au gouvernement, il faut repenser de manière créative la gestion forestière pour un déploiement plus efficace, intégré et régionalisé de la foresterie. Il est temps d’entreprendre un chantier de réflexion structurée qui cherchera à corriger les problèmes actuels à l’intérieur d’un cadre convenu avec les Premières Nations. Ce chantier ne peut être improvisé. TROUVER DES SOLUTIONS DURABLES Nous sommes en droit d’attendre que le prochain gouvernement joue son rôle et mette en œuvre des solutions durables et équitables. Nous invitons donc tous les partis politiques à prendre acte de nos propositions, à s’engager à entreprendre une véritable concertation avec les Premières Nations, dont la participation est indispensable à la réussite de cette démarche, et à mettre en place un comité permanent regroupant tous les partenaires du milieu forestier.
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La CX est un autre développement de la chenille Grouzer, avec de larges pointes doublées sur chaque plaque. Cette chenille convient mieux aux abatteuses et chargeuses moyennes à lourdes. Elle offre des performances de pointe pour la grimpe avec une traction inégalée. Traction
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PRODUCTIVITÉ Quand chaque tonne compte, l’abatteuse-façonneuse H857 munie de la tête d’abattage-ébranchage TCi 544 répond toujours présente. En associant une motorisation puissante, un système hydraulique réactif et la technologie très efficace de flèche ER®, cet ensemble assure une alimentation rapide et un façonnage performant tout en faisant baisser les coûts d’exploitation. Robuste et pensée pour l’opérateur, elle bénéficie d’une garantie constructeur intégrale, du porteur jusqu’à la tête.
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