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OF - Septembre 2024

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Septembre 2025 | operationsforestieres.ca

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Faire briller la OF dévoile son palmarès relève en forêt des étoiles forestières 2025

DES CARTES EN TEMPS RÉEL EN FORÊT DU GROS BOIS POUR DES GROS CLIENTS


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Dans ce numéro

Septembre 2025 Vol 60 No 3

8

FORÊT

Des cartes en temps réel en forêt L’arrivée des cartes en temps réel transforme le travail en forêt.

11 SCIERIE

Du gros bois pour des clients de taille L’heure est aux partenariats selon l’économiste Louis Dupuis.

14 MARCHÉS

Réinitialiser l’industrie forestière L’heure est aux partenariats selon l’économiste Louis Dupuis.

3 OF Septembre 2025

18 RELÈVE

Les étoiles de la relève forestière 2025 dévoilées OF présente la sélection des 10 étoiles montantes de l’industrie

26 ÉQUIPEMENT

Focus sur les emballeuses OF présente les plus récents équipements

SECTIONS

SUR LA COUVERTURE

5 Champ libre 5 Nouvelles de l’industrie 28 Nouveaux équipements 30 Le dernier mot

Mosaïque des 10 étoiles de la relève forestière 2025.


ÉDITORIAL opinion

Vers une paix des braves 2.0? Québec doit négocier activement pour s’entendre avec les Premières nations pour éviter l’escalade des tensions en forêt.

GUILLAUMEroy

groy@annexbusinessmedia.com

4 OF Septembre 2025

Depuis quelques années, les barrages sont de plus en plus fréquents en forêt et l’annonce du projet de loi 97 n’a fait qu’accentuer les inquiétudes chez les Premières nations. Quand les citoyens sont en désaccord avec les décisions gouvernementales, ils vont manifester en ville. Les Premières nations manifestent pour leur part dans leur milieu de vie, en forêt. Les chefs de territoire revendiquent leur mot à dire sur la gestion des forêts sur leur territoire familial. En parallèle, les Premières nations ne veulent pas simplement être consultées au même titre que n’importe quel utilisateur du territoire lorsque vient le temps de planifier l’utilisation du territoire, comme la récolte forestière. Pour se faire entendre, le groupe Premières nations Mamo bloquent les chemins forestiers, affectant le travail de centaines de personnes en forêt et dans les usines. Ces actions créent une tension en forêt, car les travailleurs ne sont pas les responsables de la gestion du territoire. Ils ne sont pas les bonnes cibles, car c’est le gouvernement du Québec qui gère le territoire et l’attribution des forêts. Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Francis Verreault-Paul, résume bien la situation. « Dans un contexte de violence latente, je fais appel à la compréhension mutuelle. L’avenir de la forêt doit se construire dans le respect et dans un dialogue structuré. L’enjeu n’est pas sur le terrain, il est dans le projet de loi et dans la façon dont le gouvernement prend compte des critiques convergentes de la part des Premières Nations et de nombreux acteurs de la société civile ».

Il aura fallu attendre plusieurs mois sans action d’aucun ministère, mais à la fin août, les choses ont commencé à bouger. Une première rencontre s’est tenue à La Tuque entre les chefs de la nation atikamekw, les dirigeants du Groupe Rémabec et le gouvernement du Québec, représenté par la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Maïté Blanchette Vézina, le ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, Ian Lafrenière. Cette rencontre a permis de réactiver une table de concertation et de mettre en place un projet pilote pour structurer un véritable plan d’aménagement et d’expérimenter de nouvelles pratiques forestières respectueuses des valeurs atikamekw et alignées sur les objectifs nationaux, selon le Conseil de la nation Atikamekw. De plus, Québec s’est engagé à amender le projet de loi 97. Le statu quo ne peut plus durer et il faut s’assurer une paix durable entre les nations. Québec doit prendre ses responsabilités en assumant le leadership, car c’est le gouvernement qui détient la clé de la solution. Une de ses clés est la consultation en amont des Premières nations, qui permet de coconstruire l’avenir de la récolte en forêt, ainsi que l’utilisation des ressources sur le territoire. La confrontation ne peut plus durer. Il ne faut pas attendre qu’un drame se produise. Malgré plusieurs mois de retard, Québec a commencé à discuter. Le gouvernement devra trouver une façon digne et responsable de signer une paix durable avec les Premières nations.


NOUVELLES Les tours de 18 étages enfin permises Le Québec franchit une étape décisive dans la construction durable. La Régie du bâtiment du Québec autorise désormais les bâtiments en bois massif encapsulé à atteindre 18 étages, contre 12 auparavant. Cette nouvelle réglementation simplifie les démarches grâce à un guide technique clair, favorisant ainsi des projets plus rapides et plus accessi-

bles pour les promoteurs. Au-delà de l’innovation architecturale, cette mesure stimule l’économie régionale, valorise une ressource locale renouvelable et réduit l’empreinte carbone du secteur. Supermarchés, usines, résidences pour aînés et immeubles résidentiels pourront désormais se bâtir en hauteur, plaçant le bois au cœur de l’avenir québécois.

LES DROITS DE DOUANE GRIMPENT À 35 % Le département du Commerce des États-Unis a annoncé une forte hausse des droits compensatoires et antidumping sur le bois d’œuvre canadien. Le taux global appliqué aux exportations canadiennes grimpe à 35,19 %, composés de droits antidumping de 20,56 % et de droits compensateurs de 14,63 %, soit plus du double des niveaux précédents. Cette décision accentue un conflit commercial récurrent entre les deux pays, le Canada estimant que son industrie forestière respecte les règles du commerce international. Pour les producteurs canadiens, cette hausse représente un coup dur, puisqu’environ 90 % des exportations de bois d’œuvre sont destinées au marché américain. Les répercussions toucheront autant les entreprises que les travailleurs et les communautés forestières, menaçant la compétitivité du secteur. Ottawa entend contester ces mesures jugées protectionnistes et miser sur la diversification des marchés et l’utilisation accrue du bois au pays.

Carney annonce 1,25 millard en aide à l’industrie Le gouvernement du Canada lance une stratégie industrielle ambitieuse pour moderniser le secteur du bois d’œuvre et stimuler l’économie. Plus de 1,25 milliard de dollars seront investis afin d’assurer la résilience et la compétitivité de l’industrie. Parmi les mesures phares : 700 millions en garanties de prêts pour soutenir le financement et la restructuration des entreprises, ainsi que 500 millions pour diversifier les produits et marchés, favoriser la transformation à valeur ajoutée et appuyer les entreprises autochtones. À cela s’ajoutent 50 millions pour la formation et le perfectionnement de 6 000 travailleurs, afin d’adapter les compétences aux nouvelles technologies. Par ailleurs, le gouvernement privilégiera l’utilisation de bois canadien dans les grands projets fédéraux et le programme Maisons Canada, qui prévoit près de 500 000 nouveaux logements par an. Enfin, une stratégie d’exportation renforcera la présence du bois canadien sur les marchés étrangers. Ces investissements massifs visent à transformer durablement le secteur forestier et à en faire un moteur économique national. 5 OF Septembre 2025

Service aux lecteurs Pour s’inscrire au magazine papier et numérique ou pour faire une modification, contactez Barbara Adelt, responsable du développement de l’audience Tél: (416) 510-5184 Télécopieur: (416) 510-6875 Courriel: badelt@annexbusinessmedia.com Courrier: 111 Gordon Baker Rd., Suite 400, Toronto, ON M2H 3R1 Guillaume Roy RÉDACTEUR EN CHEF Opérations Forestières et de scierie 514.425.0025 poste 23 groy@annexbusinessmedia.com COLLABORATEURS: Louis Dupuis ÉDITEUR DE GROUPE: Anne Beswick RÉDACTION ET ADMISTRATION: C.P. 51058 Pincourt, Qc Canada J7V 9T3 Tel: 514.425.0025 Fax: 514.425.0068 ABONNEMENT: Canada: 35.19 $ + taxes par année, 56.61 $ + taxes pour 2 ans, États-Unis: 80.07 $ CDN par année Autres pays: 110.16 $ CDN par année. Toute copie addtionnelle: 5.50 $ pour le Canada et 6.00 $ pour les autres pays. Opérations Forestiéres et de Scierie est publiée par Annex Business Media. PUBLICITÉ: National Josée Crevier Tel: 514.425.0025 ext 21 Cell: 514.262.9803 VANCOUVER: Tim Shaddick Tél: 604.264.1158 Fax: 604.264.1367 DIRECTRICE DE PRODUCTION: Josée Crevier 514.425.0025 ext. 21 PRÉSIDENT DIRECTEUR GÉNÉRAL Scott Jamieson sjamieson@annexbusinessmedia.com

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Imprime au Canada ISSN 0030 3631

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NOUVELLES Un plan pour construire 500 000 maisons par année Le gouvernement canadien lance Maisons Canada, un ambitieux programme de 35 milliards $ qui vise la construction de 500 000 maisons par année. Ottawa agira comme promoteur pour accélérer l’accès à des logements abordables, en injectant 25 milliards $ dans le soutien aux constructeurs de maisons préfabriquées et 10 milliards $ en financement à faible coût pour les projets de logements. Cette annonce représente un tournant stratégique pour l’industrie forestière, qui voit s’ouvrir un marché intérieur colossal. La demande en bois d’œuvre sera considérable : chaque maison nécessite environ 10 000 pieds mesure planche, ce qui représente un vol-

ume de cinq milliards de pmp par an. Pour plusieurs experts, ce programme est une occasion de réduire la dépendance aux exportations américaines et de favoriser une meilleure valorisation du bois au pays. En misant sur la construction modulaire, Maisons Canada pourrait transformer durablement le paysage résidentiel et l’économie forestière canadienne.

CRÉATION DU PLUS GRAND GROUPEMENT FORESTIER AU QUÉBEC Les groupements forestiers Métis-Neigette et Témiscouata vont fusionner pour former le plus grand groupement forestier au Québec. À partir de mars 2026, la nouvelle organisation regroupera plus de 2600 propriétaires de forêts privées. En créant le Groupement forestier Métis-Neigette–Témiscouata, les directeurs des deux organisations estiment qu’ils pourront maximiser les revenus des propriétaires de forêts privées qui en seront membres. Un plus grand groupement forestier signifie que cette organisation aura accès à un plus grand volume de bois, qu’elle pourra vendre aux industriels. Ainsi, les directeurs généraux soutiennent qu’ils obtiendront une meilleure force de négociation auprès des acheteurs.

Des maisons modulaires dans l’ancienne usine Kruger Depuis août, l’ancienne usine Kruger de Longue-Rive reprend vie grâce à la création de BNG Éco Modulaire, une nouvelle entreprise spécialisée dans la construction d’habitations modulaires. Le projet est le fruit d’un partenariat entre Boisaco, la coopérative forestière La Nord-Côtière et l’entrepreneur Éric Gagnon, qui ont officialisé leur collaboration par une convention entre actionnaires. Installée dans les bâtiments de la Pointeà-Boisvert, laissés vacants depuis 2007 et cédés à la Municipalité, l’entreprise ambitionne de redonner un rôle économique à ce site stratégique. Une relance porteuse pour Longue-Rive et sa région. 6 OF Septembre 2025

Des scies à chaînes faites au Saguenay Simon Dunn, fondateur de Multi Chaines SD, a récemment remporté les grands honneurs au Défi OSEntreprendre au niveau national dans la catégorie Commerce. Basée à Saint-Honoré, son entreprise se spécialise dans la conception de chaînes de scie adaptées aux forêts locales, un domaine que peu avaient exploré avant lui. Cette victoire est particulièrement significative, car c’est la première fois en huit ans qu’une entreprise du Saguenay– Lac-Saint-Jean se distingue dans cette catégorie. Lors d’une ren-

contre avec Le Quotidien dans son atelier, Simon Dunn a partagé sa fierté et sa satisfaction, entouré de ses nombreuses récompenses régionales et nationales exposées fièrement. Son projet illustre l’ingéniosité locale et la capacité à identifier des besoins spécifiques du marché forestier, tout en mettant en valeur le savoir-faire entrepreneurial de la région. Multi Chaines SD devient ainsi un exemple inspirant d’innovation et de réussite pour les entrepreneurs du Saguenay–LacSaint-Jean.


ENTREVUE

Entrepreneuriat

Des outils pour les entrepreneurs forestiers Junior Juneau

Entreprendre en forêt ne se fait pas seul : le Centre en entrepreneuriat multiressources (CEMR) accompagne les entrepreneurs vers plus de confiance et de performance. Entrevue avec Junior Juneau, le directeur général du CEMR.

OF: Dans l’industrie forestière, les entrepreneurs et superviseurs font face à de nombreux défis. Quelles sont les principales difficultés qui marquent leur quotidien? Junior Juneau (CEMR) : La première chose qui ressort, c’est l’isolement. Beaucoup d’entrepreneurs forestiers se sentent seuls face à leurs responsabilités. Ils doivent prendre des décisions lourdes, parfois sans réseau d’affaires solide pour échanger. À cela s’ajoutent le stress lié à la gestion des équipes, les imprévus opérationnels, la sécurité, et la lourde charge mentale. Plusieurs me disent qu’ils ont du mal à maintenir un équilibre entre leur vie professionnelle et personnelle. Finalement, il y a un manque criant d’outils concrets pour optimiser la performance et s’adapter aux changements rapides du secteur. OF: C’est un portrait assez exigeant. Comment le CEMR parvient-il à transformer ces difficultés en leviers de développement? JJ - CEMR: Notre mission, c’est justement de donner aux entrepreneurs forestiers les moyens de se sentir mieux outillés. Par nos formations, ils découvrent qu’ils ne sont pas seuls : ils intègrent une communauté qui partage les mêmes réalités. Ça crée un sentiment d’appartenance très fort. Ils développent aussi de nouvelles compétences, notamment en gestion humaine et en leadership. Beaucoup nous disent qu’ils repartent avec une confiance accrue et des outils pratiques qu’ils peuvent appliquer dès le lendemain dans leur entreprise. OF: Concrètement, de quels outils ou compétences parle-t-on?

JJ - CEMR: Plusieurs entrepreneurs n’ont pas de formation en gestion financière, par exemple. Nous leur apprenons à lire et analyser leurs états financiers, à préparer un budget, à prendre des décisions éclairées. Cela change leur rapport avec leurs comptables et leur donne une autonomie nouvelle. Du côté des ressources humaines, on aborde l’embauche, le congédiement, la gestion de la rareté de main-d’œuvre, mais aussi le rôle du leader et l’art de motiver une équipe. Ces volets sont extrêmement appréciés, car ils touchent la réalité quotidienne des entrepreneurs. OF: Vous parlez aussi souvent de l’importance du réseau. JJ - CEMR : Absolument. C’est un des gains les plus sous-estimés au départ. Les participants pensent venir suivre une formation, mais ils repartent avec un réseau d’entrepreneurs et de formateurs d’expérience. Les discussions, les partages de bons coups et d’erreurs deviennent une ressource précieuse. Ce soutien mutuel perdure bien après la formation et contribue à briser l’isolement. OF: Certains pourraient hésiter à s’absenter de leur entreprise pour suivre plusieurs jours de formation. Comment répondez-vous à cette objection? JJ - CEMR: C’est vrai, c’est un frein fréquent. Mais prendre quatre jours par année pour reculer, observer son entreprise de plus haut et échanger avec d’autres, c’est un investissement. Ceux qui franchissent le pas nous disent que c’est une révélation. Ils découvrent où ils peuvent améliorer leurs pratiques et repartent

motivés. C’est une pause bénéfique, pas une perte de temps. OF: Quels résultats observez-vous chez les entrepreneurs qui complètent vos parcours? JJ - CEMR: Nos sondages montrent un taux de satisfaction de 93 à 95 %. C’est énorme, et surtout, ça se reflète dans leur quotidien. Ils réduisent leur stress, retrouvent une meilleure qualité de vie, et parviennent à équilibrer travail et vie personnelle. Ils apprennent aussi à prendre des décisions stratégiques plus solides, dans un contexte où les marges de profit sont minces et où l’erreur coûte cher. OF: Le CEMR est donc plus qu’un centre de formation? JJ - CEMR: Exactement. Nous sommes la seule organisation au Québec, et même à l’échelle mondiale, à offrir un parcours aussi spécifique aux entrepreneurs forestiers. Comme le souligne le professeur Luc Lebel, c’est un concept unique, bâti sur les réalités et les défis propres à ce secteur. Pour beaucoup, c’est un tournant majeur dans leur carrière et dans la gestion de leur entreprise. OF: Quels sont les prochains développements du CEMR? JJ - CEMR: Nous avons déjà introduit des séminaires de perfectionnement, pour permettre aux diplômés de revenir deux fois par an approfondir certaines compétences. Nous voulons bâtir une véritable culture de formation continue chez les entrepreneurs forestiers. L’idée, c’est qu’ils ne cessent jamais d’apprendre et d’évoluer. Septembre 2025 OF 7


FORÊT Profil

DES CARTES EN TEMPS RÉEL EN FORÊT L’arrivée des cartes en temps réel transforme le travail en forêt. Par Guillaume Roy

Nicolas Dion est le premier entrepreneur à tester les nouvelles tablettes.

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« Tu peux savoir exactement où sont tes machines et les cartes sont beaucoup plus précises », soutient Nicolas Dion, le propriétaire de Forestiers NK, à bord de son abatteuse dans le secteur de Nesteocano, dans le nord du Lac-Saint-Jean. Nicolas Dion est un maniaque de technologies forestières. Après avoir été le premier entrepreneur à utiliser le réseau internet par satellite, il a aussi été le cobaye pour tester les nouvelles tablettes Android, munies des programmes du Groupe Système Forêt (GSF), pour le compte de Domtar. « Il faut savoir avancer dans la vie et j’aime ça être le premier », lance le forestier en riant. « Avec ces nouvelles tablettes Android, c’est plus facile de voir où tu es rendu dans ton morceau », ajoute-t-il.

Les cartes sont aussi beaucoup plus précises, ce qui réduit le risque d’erreur, notamment en bordure des lacs et des milieux humides. Avec des données fiables, le transporteur peut voir exactement où l’abatteuse est passée, ce qui optimise le travail. PLUS DE FIABILITÉ ET DE PRÉCISION Au lieu d’attendre que le contremaitre vienne Avant l’arrivée de ces outils, les contremaîtres devaient recueillir manuellement les points de machines. Trop souvent, certains étaient oubliés : des distances trop longues à parcourir ou encore des retards qui pouvaient faire perdre une à deux semaines de données. Le vendredi, la situation empirait, les équipes étant pressées de terminer.


Avec les nouvelles tablettes, le suivi est automatisé et quotidien. Les données sont transmises directement dans le nuage de GSF, ce qui permet une gestion plus rigoureuse des superficies et un meilleur suivi des sentiers. « On est capable de voir immédiatement si une zone a été oubliée », explique Luc Duval, responsable du déploiement de la technologie. Les gains sont notables. Les tablettes captent deux fois plus de satellites, améliorant la précision GPS de 1,2 mètre à 0,6 mètre. Trois niveaux d’alarme préviennent désormais les opérateurs : une alerte faible quand la machine approche d’un bloc, une alerte moyenne près d’un cours d’eau ou d’une zone protégée, et une alerte forte si la machine sort carrément de son secteur. Résultat : moins de rubans, moins de risques d’infractions et une meilleure efficacité sur le terrain. « C’est un projet simple, mais qui modernise énormément nos opérations », poursuit Luc Duval. « Avec les alarmes et la précision accrue, on est capable de continuer à bûcher sans craindre de sortir des limites. »

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Disponible en temps réel Au lieu d’attendre que le contremaître vienne porter une clé USB pour avoir accès à de nouvelles cartes, celles-ci sont désormais disponibles en temps réel grâce à l’infonuagique. Ainsi, les responsables de Domtar peuvent ajouter une carte dans le système à partir de leurs bureaux, et elle devient immédiatement accessible en forêt, pour peu que l’entrepreneur dispose d’une connexion internet par satellite. Fini les pertes de temps, se réjouit Nicolas Dion. « On gagne du temps et au bout du compte, ça fait plus d’argent dans nos poches », note l’entrepreneur. Les contremaîtres forestiers de Domtar sont aussi plus efficaces, car ils n’ont plus à se déplacer sur le territoire pour livrer des cartes. Avec ces outils, Nicolas Dion peut désormais superviser ses équipes à distance : « Je peux voir exactement où sont mes gars en temps réel et savoir comment ils bûchent, dit-il. Je peux gérer à distance même si je suis en vacances et appeler les gars dans le bois au besoin. » L’entrepreneur teste cet outil depuis maintenant un an et il n’a que de bons mots à

dire, mis à part un petit bogue vite réglé. Fort de cette expérience, Domtar souhaite maintenant implanter la solution auprès de tous les forestiers du secteur, avant de la déployer à l’échelle provinciale d’ici deux ans. BUCHER DES CHEMINS Depuis le printemps dernier, Forestier NK a commencé à bûcher des chemins forestiers. « C’est un nouveau défi que je voulais me lancer », note Nicolas Dion, qui opère avec un kit de bois court. Plus précisément, il utilise une abatteuse Eltec H7 munie d’une tête Ponsse H7 HD et a récemment fait l’acquisition d’un transporteur Komatsu 895-2 2024. La récolte de bois pour tracer les chemins forestiers permet de bien voir le chantier à l’avance. « On a toujours du bois en avant et ça permet de savoir où se trouve le beau bois », ajoute-t-il. D’autres développements à venir Pour Luc Duval, ce n’est qu’un début. Les prochaines étapes visent à intégrer davantage de données dans le système

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Les nouvelles cartes sont désormais plus précises, ce qui réduit le risque d’infraction.

Les cartes sont désormais accessibles en temps réel et GSF travaille en partenariat avec des entreprises comme Domtar pour améliorer les outils. « On améliore constamment la précision en ajoutant plus de contraintes pour la récolte », note Sébastien Maranda. Les équipes peuvent ainsi créer une carte dans le logiciel de géomatique, et la pousser dans le nuage. La carte est ensuite validée par le superviseur avant d’être publiée dans le système, étant ainsi disponible pour les entrepreneurs en forêt dès qu’ils ont un point d’accès à internet. Différents niveaux d’alertes peuvent aussi être configurés sur le carte. Un autre logiciel, qui enregistre les vibrations machines, permet de suivre les horaires de travail des employés, ainsi que les périodes accordées à la maintenance. « C’est un outil d’analyse des données qui permet aux entrepreneurs

: la hauteur des arbres, la détection de fonds mous, ou encore les volumes de bois mesurés par les têtes d’abattage. « On veut coupler ces données avec celles du transport pour savoir exactement quel volume se trouve au bord du chemin et transmettre l’information jusqu’à l’usine », explique-t-il. Cela permettrait d’ajuster les cédules de production en fonction du volume récolté et de mieux planifier la logistique. ALLER PLUS LOIN Fort de ses expérience, l’entrepreneur forestier est encore prêt à tester de nouvelles technologies, mais il ne sait pas encore quelle sera la prochaine. « On va peut-être pouvoir bucher avec une liste de prix en temps réel », lance-t-il. Au passage, Nicolas Dion propose d’implanter un modèle de rémunération au volume, d’après les données récoltées par les machines, au lieu d’être payé au poids. « Je suis victime d’un facteur d’humidité du bois qui pèse plus ou moins selon les saisons, dit-il. Moi, je ne gère pas le poids, je buche du volume ». Selon ce dernier, ce mode de rémunération serait plus équitable pour les forestiers. UNE RÉVOLUTION ATTENDUE « On travaille depuis quelques années pour remplacer les bavards électroniques dans les machines, qui utilisent une hor10 OF Septembre 2025

loge et des roulettes de papier », explique Sébastien Maranda, directeur général de Groupe Système Forêt (GSF). Il fallait ensuite donner la roulette à entrepreneur qui devait compiler les données. Difficile de croire que cette technologie est encore utilisée en forêt, mais c’est bien le cas. L’arrivée d’Internet par satellite en forêt change la donne, car tous les outils technologiques deviennent ainsi disponibles au monde forestier.

de faire les feuilles de paye », soutient Sébastien Maranda, précisant que Domtar utilise cet outil depuis deux ans. Dans l’avenir, GSF souhaite continuer à pousser les données et développer de nouveaux outils. Par exemple, GSF souhaite faire des analyses prédictives comme aide à l’opérateur. « Avec les données et l’intelligence artificielle, on pourrait proposer le meilleur chemin pour récolter le bloc », ajoute-t-il.


SCIERIE Profil

DU GROS BOIS POUR DES GROS CLIENTS Sciage GP a investi plus de deux millions de dollars dans sa nouvelle scierie à Mashteuiatsh, avec un double objectif : créer de l’emploi et se positionner sur le marché des pièces de bois hors norme. Par Guillaume Roy

Pascal et Steeve Gingras, deux des propriétaires de Sciage GP.

Depuis décembre 2023, Sciage GP opère dans une toute nouvelle usine construite au cœur du parc industriel de Mashteuiatsh. « Avec les équipements acquis au fil des dernières années, nos investissements dépassent maintenant les deux millions de dollars », souligne Pascal Gingras, l’un des quatre actionnaires de l’entreprise, aux côtés de son frère Steeve, de Carl Paul et de Développement

Piekouagami Ilnuatsh (DPI), une société en commandite du conseil de bande de Mashteuiatsh. Grâce à une cour à bois agrandie et une usine conçue sur mesure, l’entreprise a gagné en efficacité et en productivité. « Notre objectif est de devenir l’un des meilleurs producteurs de bois hors dimension », explique Luc Lambert, directeur général de l’usine. Septembre 2025 OF 11


L’histoire de Sciage GP a démarré avec cette petite scierie mobile, il y a 5 ans.

Sciage GP transforme de grosses billes de bois pour en faire des produits de spécialité.

Alors que la majorité des scieries misent sur les volumes standard destinés au marché de la construction, Sciage GP privilégie plutôt les marchés de niche, en misant sur la valeur ajoutée de pièces hors gabarit. Ici, pas de deux par quatre ni de bois de quincaillerie : l’usine fabrique des produits sur mesure, notamment destinés à l’emballage industriel et à l’exportation.

Domtar est un autre partenaire important de Sciage GP. L’usine y produit des 3 x 3, des 4 x 4 et des 5 x 5, à partir du bois fourni par Domtar elle-même. « Nous fabriquons exactement les pièces dont ils ont besoin pour leurs opérations internes, notamment pour stabiliser et séparer les paquets dans leur cour à bois », souligne le directeur général. Depuis peu, Sciage GP collabore aussi avec Goodfellow, entreprise reconnue pour son bois traité. « Nous produisons des poutres de 4 x 6 et de 4 x 8 utilisées dans les fondations de structures », ajoute Luc Lambert.

Des clients de taille Rio Tinto représente aujourd’hui près de 50 % du chiffre d’affaires de l’usine. « Nous produisons des longerons en bois franc de trois pouces par trois pouces qui servent à l’emballage de leurs produits exportés outre-mer », précise Luc Lambert. Chaque pièce est sciée à la bonne longueur, rainurée et biseautée pour faciliter l’emballage. Pour répondre aux normes d’exportation, le bois franc – importé du sud du Québec – est traité à haute température afin d’éliminer toute présence d’insectes.

Des longerons de bois produits pour Rio Tinto.

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Petit volume, grandes retombées « Nous transformons environ 8000 mètres cubes de bois et nous offrons du travail à 12 personnes », lance fièrement Steeve Gingras, heureux de contribuer à l’économie locale. Environ 90 % de la main-d’œuvre est autochtone. Les employés sont formés directement en usine par compagnonnage, et certains suivent des formations spécialisées. Par exemple, un travailleur poursuit actuellement un programme en mécanique d’entretien à Normandin, tandis qu’un étudiant du secondaire participe à un projet travail-études en insertion professionnelle. Avec près de 1,8 million de pieds mesure planche (pmp) transformés chaque année, l’usine parvient à dégager de bons résultats financiers. Mais l’objectif est d’accroître la production à 2,5 millions de pmp en développant de nouveaux marchés. « Notre production est très flexible, et nous voulons explorer d’autres débouchés », explique Luc Lambert. Aujourd’hui, Sciage GP bénéficie d’une garantie d’approvisionnement de 5000 mètres cubes de résineux, en plus du bois acheté sur les terres privées de la région. « Le nerf de la guerre, c’est l’approvisionnement en matière première », rappelle Steeve Gingras. L’entreprise explore ainsi différents créneaux : bois pour structures de roulottes, besoins des compagnies minières, ou encore production de planches en peuplier faux-tremble embouveté. « Nous aimerions aussi scier et


La petite histoire L’aventure de Sciage GP a débuté il y a cinq ans, avec l’achat d’une petite scierie mobile. En 2022, l’entreprise a déménagé dans le bâtiment du Groupe ADL, mais les installations se sont rapidement révélées inadéquates. Les entrepreneurs ont alors sollicité le soutien de Développement Piekouagami Ilnuatsh (DPI).

Une douzaine d’employés travaillent pour sciage GP.

sécher du merisier (bouleau jaune) pour répondre à la demande de Rio Tinto », ajoute Pascal Gingras. Pour y parvenir, Sciage GP projette d’investir dans des séchoirs alimentés par une chaudière à biomasse, qui

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chauffe déjà l’usine. Des investissements dans l’automatisation et l’optimisation sont également envisagés. « Notre mission est de valoriser au maximum chaque bille de bois », conclut Steeve Gingras.

Un appui économique stratégique « Nous n’investissons que dans les entreprises de Mashteuiatsh lorsqu’il n’y a pas de concurrence, précise Alexandre Gauthier, directeur des communications et du développement des affaires chez DPI et président du conseil d’administration de Sciage GP. Comme il s’agit de la seule scierie de la communauté, nous y avons vu un potentiel intéressant : un projet capable de générer des retombées tout en renforçant le développement local. » Au-delà du soutien financier, DPI offre aussi des services administratifs et comptables, en plus de mettre à profit son vaste réseau de contacts pour stimuler la croissance.

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MARCHÉS

Bois d’œuvre

RÉINITIALISER L’INDUSTRIE FORESTIÈRE L’heure est aux partenariats entre gouvernements, scieurs, architectes, firmes d’ingénieries, industries manufacturières, entrepreneurs forestiers, entreprises autochtones et autres. Par Louis Dupuis, économiste, consultant et ancien banquier

L’annonce du premier ministre Carney, ce mardi 5 août 2025, de mettre en place rapidement de nouvelles mesures pour transformer l’industrie canadienne du

bois d’œuvre, fait suite à la décision du 25 juillet du département du Commerce des États-Unis (Department of Commerce ou DOC) d’une substantielle augmentation

HewSaw SL200 3.3 Une ligne de sciage des petites billes très productive

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des droits antidumping sur les importations de bois d’œuvre canadien de 7,66 % à 20,56 %, car c’était le moment de la révision annuelle des tarifs douaniers existants. Cet avis du DOC a été suivi rapidement d’une seconde décision, soit le 8 août, cette fois de plus que doubler les droits compensateurs sur les importations de bois d’œuvre canadien, en les faisant passer de 6,74 % à 14,63 %. Ainsi à la suite de ces deux mesures du DOC, les droits compensateurs et antidumping sur le bois d’œuvre canadien sont passés de 14,5 % à 35,19 %. Et le plus inquiétant encore c’est qu’il faut s’attendre à une autre augmentation des tarifs sur le bois d’œuvre canadien, car en mars dernier, le président Trump a demandé au DOC d’ouvrir une enquête distincte en vertu de l’article 232 de la loi sur l’expansion du commerce (Trade Expansion Act), afin de déterminer si les importations de bois d’œuvre représentent une menace pour la sécurité nationale. Cette nouvelle démarche du DOC

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Pour réinitialiser la filière forestière canadienne, le gouvernement canadien et les gouvernements provinciaux doivent maintenant joindre leurs efforts pour définir une stratégie commune

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pourrait rajouter un autre 25% aux tarifs actuels de 35,19%, pour un taux total de plus de 60%. Le conflit du bois d’œuvre dure depuis 43 ans, que ce soit des démocrates ou des républicains au pouvoir, de Ronald Reagan en 1982 à Donald Trump en 2025, en passant par les George Bush (père), Bill Clinton, George W Bush, Barack Obama, et Joe Biden. La cause fondamentale du conflit sur le bois d’œuvre a pour racine la provenance du bois. Aux États-Unis, environ 60% des forêts sont détenues par des intérêts privés et au Canada, environ 90% des forêts sont de propriété publique. Et il y a de très, très gros joueurs aux États-Unis qui possèdent de grandes superficies de ces forêts. Ceux-ci exercent un lobbying constant et ils contribuent généreusement aux caisses électorales. Notre premier ministre a beau être un brillant économiste, il ne réussira pas à convaincre Trump d’abandonner toute forme de tarifs sur le bois d’œuvre. Il faudra bien se résigner à ce que les tarifs sont là pour y rester. Et nous devrons changer notre « modèle d’affaires » d’une industrie forestière basé sur les pâtes et papiers et la production de bois d’œuvre à l’exportation. Nous devons développer une véritable stratégie industrielle nationale pour favoriser l’utilisation du bois canadien dans la construction d’immeubles résidentiels, immeubles à logements multiples en hauteur, immeubles à prix modiques, logements abordables, tours à bureaux et bâtiments commerciaux. Mais aussi favoriser l’innovation pour développer d’autres produits comme des isolants thermiques et acoustiques dans la construction, des matériaux composites, des meubles, des em-

ballages, des carburants, plus de pâte Kraft, etc. Les possibilités avec la fibre de bois sont multiples. En ce sens, l’annonce du premier ministre Carney d’élaborer une stratégie industrielle structurée est définitivement un pas dans la bonne direction. Le gouvernement prévoit investir dans la production intérieure, dans le perfectionnement de la main-d’œuvre locale, d’aider les entreprises à se moderniser et à réinvestir, et apporter à nos industries le soutien nécessaire pour s’adapter à un marché canadien en transformation et aux besoins de partenaires commerciaux fiables dans le monde entier. Pour ce faire, il offrira jusqu’à 700 millions de dollars en garanties de prêt pour diminuer les pressions actuelles que subit le secteur du bois d’œuvre, et il investira 500 millions de dollars pour stimuler la fabrication de matériaux à valeur ajoutée, la diversification des produits et des marchés afin que l’industrie puisse mieux soutenir la concurrence à long terme. Le gouvernement prévoit également investir dans des initiatives permettant l’expansion et la diversification d’entreprises forestières dirigées par des autochtones. Le gouvernement prévoit aussi mettre en place des programmes pour privilégier le bois et d’autres matériaux canadiens dans le cadre des travaux de construction et d’infrastructures. Notamment avec le programme « Maisons Canada » où Ottawa offrira un financement à des constructeurs de maisons innovants du secteur privé au Canada qui auront recours à des technologies et des ressources canadiennes telles que le bois massif, la construction modulaire en usine et le bois d’œuvre. Au moment d’écrire ces lignes, nous n’avons pas encore les détails du programme Maisons Canada, si ce n’est que l’objectif est d’accélérer la construction résidentielle à 500 000 unités par année pour les 10 prochaines années. Considérant qu’au cours des 15 dernières années, de 2010 à 2024, la moyenne annuelle des mises en chantier de logements au Canada s’est élevée à 216 484 unités (voir tableau ci-joint). C’est donc en moyenne 283 516 unités additionnelles qui devront être construites annuellement avec du bois canadien. Par ailleurs, aux États-Unis lors de cette même période de 15 ans, de 2010 à 2024, la moyenne annuelle des mises en chantier de logements s’est établie à 1 151 800 unités. Attendu que le Canada a fourni environ 25% du bois d’œuvre nécessaire à ériger ces habitations, ce sont 287 950


unités qui en moyenne ont été construites avec du bois d’œuvre canadien. Puisque les États-Unis ne sont toujours pas autosuffisants en bois d’œuvre et que ce n’est pas pour demain qu’ils le deviendront, à partir du moment où le Canada utilisera de façon significative une plus grande proportion de sa production à des fins locales, ça ne prendra pas grand-chose pour que la demande américaine dépasse l’offre canadienne et que les prix augmentent. Rappelez-vous la période de la pandémie où le débalancement de l’offre et la demande avait entraîné une escalade

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record des prix du bois d’œuvre. Pour réinitialiser la filière forestière canadienne, le gouvernement canadien et les gouvernements provinciaux doivent maintenant joindre leurs efforts pour définir une stratégie commune et le ou les programmes en question à privilégier afin que les investisseurs puissent avoir une vision claire de la direction à prendre et des investissements qu’ils devront faire pour répondre aux besoins internes du Canada et de sa population. C’est donc le temps de développer des partenariats entre scieurs, manufacturiers, architectes, ingénieurs, consultants, entrepreneurs forestiers, entrepreneurs et entreprises autochtones, et autres. Une plus grande utilisation du bois d’œuvre canadien dans la construction nationale aura un impact très significatif et positif pour toute l’industrie forestière, les communautés forestières, l’économie canadienne et la population en générale d’un bout à l’autre du pays. L’auteur est économiste, associé et consultant depuis 2020 à la firme S. Guy Gauthier Évaluateur Inc., et possède plus de 30 ans d’expérience en financement commercial auprès de trois importantes institutions financières, où il était un spécialiste en financement de machinerie lourde, notamment pour l’industrie forestière.

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LES ÉTOILES DE LA RELÈVE FORESTIÈRE 2025 DÉVOILÉES Avec l’édition de 2025, nous en sommes à la 11e édition du palmarès des étoiles de la relève forestière du Québec. Voici notre sélection des 10 étoiles montantes qui démontrent que l’être humain est la clé de la réussite de l’industrie forestière. PAR GUILLAUME ROY

LAURA MICOLAUD, Technicienne géomatique Barrette-Chapais, 29 ans Laura Micolaud a découvert le Québec lors d’un voyage et c’est à ce moment où elle est tombée en amour avec Chibougamau. « Je ne trouvais pas ma place en France et j’ai été charmée par la région et les grands espaces, dit-elle. Et tout le monde voulait m’engager ici. » Elle décide alors d’aller étudier en techniques du milieu naturel au Cégep de Saint-Félicien, où elle se spécialise en foresterie. Après avoir réalisé un stage au gouvernement, elle atterrit chez Barette-Chapais après avoir reçu son diplôme. 18 OF Septembre 2025

« Le travail est vraiment intéressant et j’ai de très belles opportunités d’avancement », note celle qui souligne qu’elle n’aurait pas eu cette chance en France, dans un système très hiérarchisé. « Ici, les employeurs misent sur l’expérience et en voyant mon potentiel, ils m’ont mis en valeur », remarque la jeune Française de 29 ans. Laura apprécie que le travail n’ait rien de routinier. « C’est toujours différent et j’aime beaucoup le côté social, parce que l’on doit travailler avec plein de monde de différents domaines », dit-elle, en parlant notamment des tables de gestion intégrée des ressources et des consultations avec les Premières nations. Au cours des prochaines années, Laura souhaite continuer à évoluer au sein de Barrette-Chapais. « Je ne regrette absolument pas, d’être venue au Québec. Je suis contente d’être là. Les gens sont attachants et j’ai de super belles opportunités de vie ».

HUGO-PIER LABRECQUE, affûteur, Affutage et Foresterie JL, 22 ans Pour Hugo-Pier Labrecque, 22 ans, la mécanique et l’affûtage ne sont pas qu’un métier : c’est

une affaire de famille et une passion transmise de père en fils. Mécanicien industriel et affûteur chez Affûtage et Foresterie JL, il travaille aux côtés de son père, propriétaire de l’entreprise, et d’une vingtaine d’autres employés. Depuis qu’il est tout jeune, Hugo-Pier a toujours voulu suivre son père et travailler dans l’entreprise familiale. « Je suis né là-dedans et je suis les traces de mon père », dit-il. Originaire de Saint-Pamphile, dans Chaudière-Appalaches, il a choisi de compléter un diplôme d’études professionnelles en mécanique industrielle afin d’acquérir les bases solides nécessaires pour évoluer dans ce domaine

exigeant. Ces premières expériences ont été acquises en travaillant pour un important manufacturier d’équipement de scierie. Il a ainsi parcouru le Canada et les États-Unis pendant trois ans. Cela lui a permis d’en apprendre énormément sur son métier de mécanicien. Rapidement, il a su se démarquer par sa rigueur, sa curiosité et son sens des responsabilités. En plus de son rôle de mécanicien, Hugo-Pier s’est spécialisé dans l’affûtage, un savoir-faire essentiel pour assurer la qualité du sciage et prolonger la vie des outils utilisés en scierie. Il prend à cœur chaque détail et sait combien ce métier, souvent méconnu, est vital pour l’industrie forestière. Fiable, travaillant et passionné, Hugo-Pier souhaite s’impliquer dans la relève entrepreneuriale et il espère acheter des parts dès l’année prochaine. Son travail dans le domaine forestier est pour lui une grande fierté, d’autant plus qu’il contribue à faire grandir l’entreprise familiale avec une vision tournée vers l’avenir. « J’aimerais développer de nouveaux marchés », dit-il. Pour lui, il ne s’agit pas seulement de réparer ou


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KEVEN TREMBLAY, propriétaire, Forestrek, 36 ans Né sur une ferme laitière à Normandin, Keven Tremblay a décidé de prendre le chemin de la forêt à l’âge de 20 ans. « J’ai fait un changement de cap », dit-il, alors qu’il a complété un diplôme d’études professionnelles en voirie forestière au Centre de formation professionnelle de Dolbeau-Mistassini. Au départ, il commence à travailler sur des pelles forestières et à travers son cheminement, il transfert sur

la récolte de bois. En 2014, il devient actionnaire de Forestrek, qui opère dans le nord du lac Saint-Jean, avant de racheter l’entreprise en 2019. « Je rêve d’être mon propre boss depuis que je suis tout petit, raconte le forestier. Ça s’est fait naturellement ».

Barrette-Chapais, enracinée dans l’innovation depuis 1975

Pourtant, le travail à effectuer est énorme pour devenir entrepreneur forestier sans bénéficier d’un soutien familial. « J’aime repousser mes limites et j’ai le sens du défi », soutient Keven, fier du chemin parcouru. Pour lui, le travail en forêt est un vrai bonheur, car il n’y a pas de routine. « C’est jamais pareil et il y a toujours des défis », note l’homme qui compte trois employés. À l’heure actuelle, Keven Tremblay opère un kit de bois court, avec une abatteuse Tigercat munie d’une tête Ponsse et un transporteur Komatsu 895, en bûchant pour Domtar. Il a déjà essayé d’augmenter le volume de machines, mais le recrutement de main-d’œuvre qualifiée s’est avéré trop compliqué. « J’ai une bonne équipe et

je tire bien mon épingle du jeu », conclut le forestier qui fait également partie de l’Association québécoise des entrepreneurs forestiers (AQEF).

SAMUEL BOUDREAU, surintendant des opérations,Gestion forestière Lacroix, 31 ans

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La forêt est un grand jardin rempli de biodiversité qui peut être très productif quand on l’aménage avec soin. Tel est le mode de pensée de Samuel Boudreau, le surintendant des opérations de Gestion forestière Lacroix (GFL), une filiale d’Investissement Québec qui gère 60 000 hectares de forêt privée en Gaspésie. « C’est vraiment stimulant d’aménager la forêt privée à grande échelle », note le jeune homme de 31 ans avant d’ajouter que le rendement forestier est de 3 mètres cubes par hectare, soit beaucoup plus élevée qu’en forêt publique. Selon ce dernier, c’est la connaissance fine du territoire qui permet d’augmenter la productivité ainsi. En forêt, Samuel Boudreau se sent sur son X, mais le travail en forêt n’était tracé

pour le jeune qui souhaite d’abord devenir arpenteur géomètre. Pendant ses études, il a commencé à faire de la plantation, puis du débroussaillage et c’est comme ça qu’il a découvert le secteur forestier. Il a changé de branche pour devenir ingénieur forestier en complétant son baccalauréat à l’université Laval. « Samuel apporte un souffle nouveau à l›entreprise, et ce depuis 3 ans, souligne Ken Arsenault, le directeur général de GFL. Sa connaissance des nouvelles technologies ainsi que son ouverture face à l’amélioration et aux changements sont des atouts au sein de la compagnie. » Selon Samuel, il n’y a pas de recette unique pour bien gérer une forêt. « On ne suit pas un livre de recettes, dit-il. C’est une intelligence qu’on

apprend à développer ». Et les technologies permettent de pousser le concept encore plus loin, notamment avec l’utilisation de drones et d’intelligence artificielle.

ALEXANDRE LAROUCHE, contremaître récolte, Groupe UniVert, 31 ans Natif St-Gédéon, au Lac-SaintJean, Alexandre Larouche a grandi au sein d’une famille de pêcheurs et de chasseurs qui passait beaucoup de temps en forêt. « Ma famille était plus dans la construction, mais j’ai choisi de faire ma technique en foresterie au Cégep de Chicoutimi », lance l’homme qui a aujourd’hui 31 ans. Rapidement, la foresterie est devenue une passion. Au fil de ses expériences, il fait de l’inventaire, il devient superviseur qualité, puis contremaître.

Après avoir fait un contrat pour la coopérative forestière Petit-Paris, il est recruté par la coop, qui depuis prit le nom de Groupe UniVert. « J’apprécie vraiment le mode de vie, dit-il. J’aime faire des chantiers clé en main en

Félicitations à Joseph Moffet diplômé du baccalauréat coopératif en opérations forestières Parmi les 10 étoiles 2025 de la relève en foresterie

L’Université Laval, fière de former une relève inspirante en génie forestier.

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commençant du rubanage jusqu’à la récolte ». Bien qu’il se spécialise dans les opérations forestières, il accorde une importance capitale à réaliser des chantiers de qualité pour permettre une remise en production rapide. « On est là pour jardiner la forêt ». Selon Alexandre, la foresterie regorge de belles opportunités d’emploi et il se fait un devoir de partager sa passion du métier. « Je veux inculquer des bonnes valeurs aux jeunes forestiers tout en luttant contre la désinformation que l’on entend sur la foresterie », dit-il. Avec internet en forêt, les outils sont de plus en plus performants et l’intelligence artificielle ne fera qu’accentuer ce changement. « C’est un tournant excitant pour le monde forestier », conclut-il.

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GABRIEL VERRET, Superviseur en efficacité opérationnelle, Domtar, 28 ans Natif de la région de Québec, Gabriel Verret a toujours été attiré par la foresterie. « J’ai toujours aimé aller sur notre lot à bois, j’aime les machines

et les nouvelles technologies, alors j’ai choisi d’étudier en opérations forestières à l’université Laval », raconte le jeune homme de 28 ans. Avec son diplôme d’ingénieur forestier en poche, il a choisi d’aller travailler dans le nord du Lac-Saint-Jean pour Domtar. « J’adore travailler en forêt, parce que ça me permet de m’évader dans la nature », note l’ingénieur qui s’est spécialisé en efficacité opérationnelle. « J’essaie de trouver des manières d’améliorer l’efficacité en misant sur les technologies », dit-il. « L’une des réalisations les plus notables de Gabriel est son rôle clé dans l’implantation de la démarche de calibration des têtes des abatteuses multifonctionnelles, souligne Guillaume Mimeault, le directeur

du département d’efficacité opérationnelle chez Domtar. Cette initiative a permis d’optimiser l’efficacité des opérations de récolte, réduisant ainsi les coûts et augmentant la précision des abattages. » En plus de ses contributions techniques, Gabriel a aussi développé un tableau de bord innovant pour suivre plusieurs indicateurs clés de performance. Cet outil permet de faire le suivi en temps réel des opérations forestières, facilitant ainsi la prise de décision et l’amélioration continue des processus. Gabriel est heureux de contribuer à cet important virage technologique au sein de l’industrie. « Au cours des prochaines années, on va intégrer plein d’outils d’aide aux opérateurs qui vont améliorer

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l’efficacité », croit-il. Captivé par le monde de la recherche appliquée, il souhaite poursuivre à s’impliquer pour poursuivre la transformation numérique au bénéfice de tous les acteurs forestiers.

JOSEPH MOFFET, président, Conseillers forestiers de la Région de Québec et propriétaire de G.A. Logix, 27 ans Dès l’âge de 12 ans, Joseph Moffet a commencé à travailler en forêt en désentaillant des érables. Pour lui, le choix de poursuivre ses études en foresterie au cégep Sainte-Foy, puis à l’université Laval s’est fait naturellement. « J’adore la forêt, c’est ma première nature », lance l’ingénieur forestier et entrepreneur. À peine âgé de 27 ans, il

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est à la tête de deux entreprises en croissance. D’abord, il vient de piloter la fusion entre Moffet aménagement forestier (une entreprise qu’il a créée en 2021) avec Conseillers forestiers de la Région de Québec (CFRQ). Après la fusion, l’entreprise compte mainte-

nant 6 ingénieurs et 11 techniciens forestiers pour faire de l’aménagement sylvicole et de l’aide aux érablières. Joseph Moffet est aussi le fondateur de G.A. Logix, une entreprise de logiciels de collecte et de gestion des données forestières en plein essor. « On veut aider les forestiers à atteindre leur plein potentiel », lance le passionné, en parlant de différents outils, comme les cartes en temps réel, la gestion des données de carburant, les données des employés ou d’emplacement des machines. « Nos outils permettent à nos clients de créer des cartes facilement », ajoute-t-il. Que ce soit avec la technologie ou avec le service d’aménagement forestier, Joseph souhaite continuer à aider les forestiers tout en

tentant d’améliorer l’image de la foresterie. S’il y a un mythe qu’il voudrait éliminer, c’est celui qui laisse croire que les forestiers détruisent la forêt. « On aménage et on a tous la forêt à cœur, dit-il. On veut tous qu’elle continue à pousser tout en offrant des services écologiques ».

MIREILLE VERMETTE, Superviseure au service technique, Reboistech, 26 ans Rien ne destinait Mireille Vermette à travailler dans le milieu forestier, car elle œuvrait dans le domaine du multimédia, de la création et de la publicité. Rapidement lassée, elle cherche à poursuivre des études dans un milieu qui bouge plus et elle choisit de faire une technique for-

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estière au Cégep de Chicoutimi. « Ç’a été le coup de cœur », lance la jeune femme qui a aujourd’hui 26 ans, qui a poursuivi ses études en génie forestier à l’université Laval jusqu’à l’obtention de son diplôme en 2024. « Les forestiers sont vraiment agréables et naturels », dit-elle. Après plusieurs stages, elle décroche son premier poste plein temps chez Reboistech, une

entreprise spécialisée en aménagement forestier. « Mireille incarne parfaitement l’excellence de la relève forestière au Québec, souligne Guillaume Lodvitz, directeur de la foresterie chez Reboistech. Pour son jeune âge, elle démontre des aptitudes exceptionnelles en leadership, en gestion d’équipe et en résolution de problèmes. Dès sa deuxième année chez Reboitech,

elle s’est vue confier la supervision d’une équipe de plus de 20 techniciens et contremaîtres forestiers, avec la responsabilité de coordonner la réalisation de plus de 10 000 parcelles d’inventaire chaque année ». « Je suis vraiment heureuse dans mon travail parce qu’on a des défis tous les jours », dit-elle, ajoutant qu’elle aimerait continuer à progresser au sein de Reboistech, en s’impliquant notamment dans les budgets et les soumissions. « J’aime beaucoup faire de l’aménagement forestier, parce que j’ai l’impression d’aider la forêt ». Mireille a facilement fait sa place dans le secteur majoritairement masculin. Elle estime que les femmes ont clairement leur place en forêt et elle encourage les jeunes femmes à s’y lancer si elles cherchent un métier dynamique. « Il y en a pour tous les goûts », ajoute-t-elle, heureuse d’avoir fait le saut. « Mireille représente avec justesse la nouvelle génération d’ingénieurs forestiers et incarne, avec assurance et humilité, l’avenir de la foresterie au Québec », commente Guillaume Lodvitz.

LENNY DUCHESNEAU, Contremaître forestier, Scierie St Michel, 26 ans Depuis sa tendre enfance, Lenny Duchesnau, un natif de La Tuque, passe beaucoup de temps en forêt. L’amour de la forêt l’a d’abord dirigé vers une formation pour devenir guide de chasse et pêche, mais après un an d’étude, io a changé d’idée, pour se diriger en foresterie. « J’ai décidé de faire le double DEP 24 OF Septembre 2025

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en protection de la faune et en aménagement de la forêt à l’école de foresterie de Duchesnay », lance le jeune homme de 26 ans qui aime l’ambiance sur les chantiers. « C’est le fun d’être toujours dans le bois et de marcher à des endroits où personne ne va », ajoute-t-il avec un esprit d’explorateur. Dès la fin de sa formation, il s’est fait embaucher à la Scierie Saint-Michel comme technicien. « Après une première année à apprendre le métier comme assistant-contremaître à la récolte, il gravit rapidement les échelons pour devenir le contremaître de la plus importante équipe de récolte de l’entreprise, raconte Mathieu Dufresne, le surintendant forestier. Il dirige aujourd’hui une équipe spécialisée dans le bois en longueur, composée de trois abatteuses, deux débardeurs à six roues et cinq ébrancheuses, avec une production hebdomadaire avoisinant les 6 000 m³. » « Je suis content d’avoir l’opportunité d’avancer rapidement », note Lenny, croyant qu’il atteindrait ce poste après

cinq ans de travail. « Je m’implique à fond et c’est payant », ajoute-t-il. Lenny aime les défis qui se présentent à lui tous les jours en forêt. « Je me sens sur mon x », dit-il, conscient qu’il lui reste encore beaucoup de choses à apprendre. « Sa grande capacité d’adaptation face aux imprévus, fréquents dans le milieu forestier, constitue un atout remarquable au sein de l’équipe », renchérit Mathieu Dufresne.

BENOIT TREMBLAY, Smartmil, représentant aux ventes et marketing, 28 ans Les connaissances peuvent parfois amener des virages importants dans la vie. Benoit Tremblay est un ami du fils Jean Bérubé, le propriétaire de Smartmill, et lorsqu’il l’a rencontré, pendant ses études en génie civil, le courant est passé. « Ç’a cliqué tout de suite et il a créé un poste sur mesure pour moi alors que j’étais encore à l’université », raconte Benoit. Et c’est ainsi qu’il a sauté à pieds joints dans l’industrie forestière. Titulaire d’un baccalauréat en génie industriel ainsi que d’une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l’Université Laval, il rejoint l’équipe de SmartMill, d’abord à titre de chargé de projet, où il se distingue rapidement par ses compétences en optimisation des processus, en gestion de la qualité et en logistique. Benoît évolue ensuite vers un rôle de représentant aux ventes et marketing, où il joue un rôle clé dans le développement des relations d’affaires, la promotion des solutions de SmartMill, et l’identification

de nouvelles opportunités de marché au Canada et aux États-Unis. « Avec mes études en génie, je sais comment les machines fonctionnent et je sais de quoi je parle quand je

rencontre des clients », mentionne Benoît, qui fait même parfois lui-même l’installation des machines. « Ce qui distingue Benoît au sein de l’entreprise, c’est son enthousiasme contagieux et son approche résolument positive, souligne Jean Bérubé. Véritable passionné, il aborde chaque défi avec une énergie remarquable et une attitude orientée vers la solution. » À peine âgé de 28 ans, un plan est en train d’être déployé pour qu’il devienne le directeur général de Smartmill au cours des prochaines années. « Dans un contexte où l’industrie forestière est appelée à se renouveler, des profils comme celui de Benoît sont essentiels pour assurer la relève », ajoute Jean Bérubé.

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a également développé le système STABL-IZE LP20, une cercleuse automatique équipée d’une tête dotée de lubrification et de nettoyage automatiques, offrant une tension réglable avec interface Siemens et communication Ethernet pour un contrôle à distance. Leur outil à batterie ZP97, performant et polyvalent, tend, scelle et coupe le feuillard polyester (5/8” à 3/4”), avec une efficacité énergétique reconnue. Enfin, Emballages AT met en avant son engagement environnemental avec le programme AT RECYK : plus de 345 000 lb de polyester recyclé ont été valorisées depuis son lancement, illustrant leur démarche durable SIGNODE En 2025, Signode confirme son rôle de leader en matière d’innovation dans l’emballage du bois et des produits industriels. À Ligna, l’entreprise a dévoilé deux avancées majeures : le Super Jumbo TENAX® PET Strap, un feuillard offrant jusqu’à six fois la longueur standard pour réduire les changements de bobines, et la LPE Lumber Press, une presse à bois nouvelle génération plus autonome, économique et à empreinte carbone réduite. Au salon ProMat 2025 à Chi-

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cago, Signode a mis en vedette un système intégré combinant le robot autonome Simplimatic® AMR, la liante TP-12 avec contrôle avancé de tension, et l’enrubanneur Octopus® S Series, capable de traiter plus de 100 charges par heure tout en réduisant la consommation de film. En parallèle, de nouveaux équipements tels que l’outil manuel BXT4, le bundleur SGP-5330 et le Dylastic® Pro Strap complètent l’offre. Enfin, au PACK EXPO 2025, Signode présentera une gamme encore plus intégrée incluant robots, Octopus, StorFast® ASRS et solutions Little David®. SAMUEL PACKAGING SYSTEMS GROUP Samuel continue d’innover dans les outils

de cerclage avec sa gamme STL-Series, composée notamment du STL-3SS, une scelleuse acier à double encoche, et du STL-3ST, un tendeur acier performant. Ces outils sans fil, affranchis des contraintes pneumatiques, offrent jusqu’à 200 cycles par charge, garantissant productivité et autonomie accrues. Une autre nouveauté marquante réside dans la capacité d’impression en quadrichromie sur feuillard polypropylène, permettant d’ajouter logos, codes-barres, photos ou autres visuels de manière répétée et illimitée. Cette avancée représente un atout considérable en matière de marketing et de traçabilité. Samuel propose également la tête d’enfilage SSE-900, équipée de servomoteurs haute vitesse pouvant atteindre une alimentation de 49 pi/s, avec connectivité IoT pour une fiabilité renforcée et une maintenance prédictive. Enfin, le SLP-25 Lumber Press demeure une solution robuste pour la compression et le cerclage automatique : capable d’exercer jusqu’à 25 000 lb de pression, il s’adapte aux têtes VK30 (polyester) ou G9 (acier) et accepte des bobines jumbo, ce qui en fait un équipement idéal pour les lignes de production exigeantes.

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NOUVEAUX

produits Comact lance un nouveau poussoir de billes

Le Canter EXO de USNR L’EXO Canter marque une nouvelle ère dans le sciage primaire, fruit de décennies d’expérience et conçu selon le Paragon Design Standard. Cette ligne modulaire et configurable répond aux besoins spécifiques des scieries en combinant performance, adaptabilité et fiabilité. Sa première installation, prévue en 2025, fixe déjà un nouveau standard pour l’industrie. Guidé par cinq valeurs clés — sécurité, maintenabilité, contrôle précis de l’alimentation, modularité et gestion des débris — l’EXO Canter transforme ces principes en avantages opérationnels concrets : disponibilité accrue, productivité et valeur durable. Sa conception priorise la sécurité, en réduisant les risques et le temps nécessaire aux interventions. Son architecture facilite l’entretien grâce à des sous-ensembles préassemblés et des points d’accès stratégiques, permettant même des maintenances préventives sans arrêter la ligne. Grâce à des rouleaux de guidage et à la technologie Fiber Guard, il assure un contrôle d’alimentation optimal, tandis que son système de confinement garantit propreté, sécurité et efficacité.

Comact lance un nouveau poussoir de billes à marche simple, conçu pour les applications intensives et destiné à améliorer la durabilité, la sécurité et l’efficacité des scieries. Ce modèle s’ajoute à la gamme existante de poussoirs à double marche et à marches multiples, offrant plus de flexibilité selon les besoins opérationnels. Son design breveté prolonge la durée de vie de l’équipement en permettant de remplacer uniquement la marche usée plutôt que l’ensemble du poussoir, réduisant ainsi les coûts de maintenance. Le système intègre des amortisseurs pour absorber les chocs lors de la réception des billes, limitant les contraintes mécaniques et assurant un fonctionnement plus fluide. Un dispositif de caméra contrôle la présence des billes dans l’accumulateur et empêche le poussoir de fonctionner à vide, ce qui réduit l’usure inutile. Disponible pour les nouvelles installations ou en adaptation sur des systèmes existants, ce poussoir combine robustesse, simplicité d’entretien et protection accrue des équipements.

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JAMEC dévoile son nouveau système innovant d’alimentation de lattes automatique JAMEC a fait l’annoncer d’un tout nouveau Système d’alimentation automatique des lattes, dénommé PROSTICKS, qui a été installé avec succès dans une scierie au sud de la frontière. Ce nouveau système en instance de Brevet sera une véritable révolution pour les scieries nord-américaines et procura bon nombre de bénéfices tels qu’une augmentation de la productivité, de la rentabilité et de la sécurité, affirme M. Gino Jobin, ingénieur et vice-président. Le système ne nécessite aucun’un opérateur dédié et il prend en charge toutes les formes de lattes (courbées, tordues, arquées, cassées), en plus d’être compatible avec des lattes mixtes de type 1x3 et 1x4. Les lattes non distribuées sont aussi recirculées pour maximiser la vitesse. La conception mécanique est ouverte pour éviter tout blocage en opération en plus d’avoir un système compact et robuste.

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Un nouveau chargeur pour les planches larges Comact présente son nouveau chargeur de planches larges, spécialement conçu pour la manutention de pièces de grandes dimensions allant jusqu’à 4 x 22 pouces. Inspiré de son chargeur de planches éprouvé, ce modèle de nouvelle génération répond à la demande croissante de solutions performantes pour la production de produits spécialisés. Doté d’un design en instance de brevet, il atteint une cadence de 70 taquets par minute, assurant vitesse, précision et fiabilité. Ce chargeur permet aux scieries et fabricants de maximiser leur productivité tout en garantissant un débit constant et une manipulation efficace des pièces hors norme. Disponible pour de nouvelles installations ou en adaptation sur des lignes existantes, il s’inscrit dans la mission de Comact d’offrir des équipements flexibles et à la fine pointe, capables de soutenir la compétitivité et la croissance durable des entreprises de transformation du bois.

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OPINION

Le dernier mot

Un obligation de réussite Nous devons rallier nos nations autour d’une vision commune de la réalité territoriale

Jean-François Champoux Président-directeur général Scierie St-Michel inc.

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Actuellement, plusieurs groupes de pression instrumentalisent le projet de loi 97 pour attaquer le gouvernement en place, dans une logique purement électoraliste en vue du scrutin de 2026. Une telle stratégie risque d’avoir de lourdes répercussions sur notre industrie et d’occulter les véritables objectifs de la modernisation de la loi. Il est temps de faire une pause. Les confrontations sur le terrain doivent être évitées, car nous avons tous la responsabilité d’assurer la sécurité des travailleurs. Sur le plan économique, la conjoncture américaine est loin d’être favorable : hausse des taux d’intérêt, baisse de la confiance des ménages, ralentissement des mises en chantier. S’ajoute à cela la menace d’un décret de la section 232 du Trade Expansion Act de 1962 par le président Trump, imposant un tarif supplémentaire de 15 à 30 %. Dans un contexte où nous aurions besoin de temps et de stabilité pour réussir la modernisation de notre loi, cette pression s’avère dévastatrice. Le conflit du bois d’œuvre, débuté en 1982 et ravivé par la plainte de 2016, en est déjà à son cinquième chapitre. Il retient près de 10 G$ de liquidités appartenant aux transformateurs canadiens — un fardeau insoutenable pour la majorité des joueurs de l’industrie. Depuis octobre 2022, l’équilibre des marchés est rompu, et plusieurs d’entre vous êtes sans emploi ou sans contrat depuis mars dernier. À cette crise s’ajoute la montée des revendications des Premières Nations, particulièrement en Lanaudière, en Mauricie et, par moments, dans les Laurentides. Il faut rappeler qu’en septembre 2014, le Conseil de la Nation atikamekw a déclaré sa souveraineté sur son territoire traditionnel, le Nitaskinan, à la suite de plus de 30 ans de travaux vers l’autodétermination. Cette déclaration, de nation à nation, ne peut plus être ignorée. Jusqu’ici, les gouvernements

ont souvent misé sur le temps pour apaiser les tensions. Cette stratégie n’est plus viable. La mondialisation transforme nos communautés. Il faut dépasser la logique d’une collaboration parallèle pour bâtir une véritable vision commune. La forêt, premier lieu de contact entre la Nation atikamekw et nos communautés forestières, doit devenir un symbole de coopération. Déjà, un projet pilote entre le Groupe Rémabec et le Conseil de la Nation atikamekw trace la voie. Scierie St-Michel s’engage à collaborer pleinement à cette initiative, qui pourrait devenir un modèle pour toute la filière forestière. Mais pour réussir, le bureau du premier ministre doit soutenir sa ministre et lui donner la latitude nécessaire pour adapter la loi aux réalités régionales, aux Premières Nations et à l’industrie. La modernisation de la loi vise d’abord la cohabitation du territoire. Le Québec s’est engagé à protéger 30 % de son territoire, ce qui a un impact direct sur le calcul de la possibilité forestière. La question des baux de villégiature doit aussi être clarifiée, car les règles actuelles demeurent floues sur le domaine public. L’implantation d’une zone multi-usage apparaît essentielle pour encadrer la cohabitation entre villégiateurs, Premières Nations et industrie forestière. En parallèle, il faut prévoir une zone d’intensification forestière — peu importe son nom — qui garantisse la protection des investissements sylvicoles, une politique industrielle durable, et la stabilité nécessaire pour éviter qu’à moyen terme des pressions locales ne bloquent l’exploitation des forêts aménagées. En conclusion, rappelons que l’industrie forestière est un pilier économique du Québec. Présente dans plus de 900 municipalités, elle génère 17,8 G$ de PIB, 6,8 G$ en retombées fiscales et près de 130 000 emplois directs avec une masse salariale de 7,5 G$. C’est la deuxième force économique de la province. Pour toutes ces raisons, nous devons réussir la modernisation de la loi 97. Un échec serait irréversible pour l’avenir de nos communautés forestières.


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