décembre 2025 | operationsforestieres.ca
Le mécanicien devenu entrepreneur Le pari gagnant de Maxime Beaulieu
SÉQUESTRER LE CARBONE AVEC LE BIOCHAR INNOVER EN RÉGION
LOG MOTION CONTROL CONTRÔLE DE LA POSITION DU BILLON AU MOYEN D'UNE UNITÉ DE CAMÉRAS STÉRÉOSCOPIQUE ET CORRECTION DYNAMIQUE PENDANT LE PROCESSUS DE ROTATION.
LES INVESTISSEMENTS SONT AMORTIS EN QUELQUES MOIS / QUELQUES ANNÉES GRÂCE À L'EFFICACITÉ AUGMENTÉE OBTENUE.
UN RENDEMENT AUGMENTÉ ET PROUVÉ DE JUSQU'À 1,5 % PAR RAPPORT À LA ROTATION CLASSIQUE.
LIN C K H o lz vera r b eit u n g st ec hn ik Gm b H R e p re se n t a t ive C an ad a: D ami e n M eye r I + 1 450 449 9173 d . m eye r @ l i n c k . c o m I w w w. l i n c k . c o m
Dans ce numéro
décembre 2025 Vol 60 No 4
15
USINE
Décarboner la planète avec le biochar Carbonité révolutionne la valorisation des résidus forestiers à Port-Cartier
8 FORÊT
De mécanicien à entrepreneur forestier Le pari gagnant de Maxime Beaulieu
12 BOIS D’ŒUVRE
Rencontre Trump-Carney Et le bois d’œuvre dans tout ça?
20 SCIERIE
22 TECHNOLOGIE
Des machines plus intelligentes grâce à la télématique La technologie ne cesse d’évoluer
24 ÉQUIPEMENTS
Panorama des grappins OF présente les équipements sur le marché
Groupe BNG Éco Modulaire
Quand l’innovation rencontre le développement régional
SECTIONS
SUR LA COUVERTURE
4 Champ libre 5 Nouvelles de l’industrie 28 Nouveaux équipements 30 Le dernier mot
Maxime Beaulieu aux commandes de sa multifonctionnelle Rottne H11D 2022.
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ÉDITORIAL opinion
Passer à travers la tempête Les temps sont durs, mais le marché finira par reprendre.
GUILLAUMEroy
groy@annexbusinessmedia.com
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Tôt ou tard, le marché du bois repartira à la hausse. Tout le monde espère que le secteur de la construction renouera au printemps 2026 pour relancer l’industrie. Après des mois de vache maigre, avec des prix au plancher, les producteurs de bois ont besoin de capitaux pour maintenir les opérations des usines. C’est connu, le marché du bois ressemble à une montagne russe, alternant d’énormes creux et des sommets vertigineux. Les crises sont remplacées par des périodes de surchauffe, comme ce fut le cas pendant la pandémie. Les producteurs de bois sont habitués à de tels cycles étourdissants. Ils arrivent à tenir front à la tempête pour profiter du marché qui finit toujours par reprendre, car le bois est un produit essentiel. On parle de pénurie de logements partout, tant au Canada qu’aux États-Unis. Au sud de la frontière, un énorme retard de construction de mains s’est accumulé au cours des dernières années. Mais pourquoi le marché de la construction tarde-t-il tant à reprendre? Les taux d’intérêt élevés sont la réponse la plus souvent évoquée. Ces taux d’intérêt ont commencé à descendre et les experts s’attendent à voir d’autres baisses d’ici le printemps. Tout semble indiquer que la relance viendra enfin. Il est grand temps, car les producteurs de bois ne peuvent pas constamment produire à perte. Avec des tarifs cumulés de 45% et des prix au plancher, il est difficile d’envisager de vendre du bois aux États-Unis sans y laisser sa chemise. En attendant la reprise, les scieries accumulent un bon inventaire de bois pour la reprise. Malgré les pertes, plusieurs usines maintiennent les opéra-
tions pour conserver leur main d’œuvre, une ressource essentielle pour relancer les opérations. À défaut d’avoir une influence sur les tarifs américains, les scieries doivent être prêtes pour profiter à fond de la relance qui viendra. Dans son article à la page 12, l’économiste Louis Dupuis souligne encore une fois l’importance de créer plus de valeur ajoutée. Il estime que l’État doit en faire plus pour soutenir l’industrie. Le programme Maisons Canada promet de doubler la construction de maison au Canada. Pour y arriver, il faudra investir et le gouvernement offre un crédit d’impôt à l’investissement qui permet aux entreprises d’amortir leur investissement sur une celle année au lieu de l’étaler sur plusieurs années. L’industrie forestière doit profiter de ce nouveau régime pour continuer sa modernisation. Il faut créer davantage de valeur avec notre bois à toutes les étapes de transformation. Sur la Côte-Nord, le Groupe Éco BNG Modulaire (p.19), l’a bien compris en créant une synergie industrielle pour construire des maisons préfabriquées. Un peu plus loin, l’innovation rayonne aussi à Port-Cartier, où le Groupe Remabec a investi dans la production de biocarburant et de biochar. Dans cette édition, nous vous présentons un reportage sur la nouvelle usine Carbonité (p.15), où les résidus de bois deviennent un véritable puits de carbone. L’innovation est la porte de sortie pour assurer un avenir plus solide. Le marché du bois repartira à la hausse prochainement, mais il faut se préparer au prochain creux en créant toujours plus de valeur.
NOUVELLES 700 M$ de financement disponible à la BDC La BDC a annoncé une mesure de soutien importante pour le secteur canadien du bois d’œuvre : 700 millions de dollars de liquidités supplémentaires seront rendus disponibles pour les entreprises du secteur, notamment sous forme de prêts à terme ou de lettres de crédit. Le programme a été élaboré en collaboration avec le gouvernement du Canada ainsi que des associations industrielles et banques, afin de répondre aux besoins urgents des entreprises concernées. Les bénéficiaires prioritaires de ce financement seront les scieries et usines
de seconde transformation orientées vers l’exportation, en particulier vers les ÉtatsUnis. La garantie offerte par la BDC aux institutions financières permet de réduire les exigences de caution et d’accélérer l’accès au financement pour les entreprises. Ce mécanisme vise à alléger les effets des droits de douane et des incertitudes commerciales qui pèsent sur le secteur. La BDC souligne que ce programme ne couvre pas toutes les difficultés du secteur, mais constitue un « outil complémentaire » parmi les solutions gouvernementales déjà disponibles.
Québec abandonne sa réforme Le gouvernement du Québec a finalement décidé d’abandonner le Projet de loi 97 sur la gestion des forêts, qui avait été fortement critiqué pour sa concentration des droits sur les grandes compagnies et ses impacts potentiels sur les territoires protégés et les droits autochtones. Depuis son dépôt, le projet avait suscité l’opposition des communautés autochtones, des écologistes, des scientifiques et de nombreux élus régionaux. Face à cette contestation, incluant blocages et manifestations, le premier ministre François Legault a choisi de mettre fin au projet et de confier au ministre des Forêts, Jean-François Simard, la tâche de développer une nouvelle législation.
Guillaume Roy RÉDACTEUR EN CHEF Opérations Forestières et de scierie 514.425.0025 poste 23 groy@annexbusinessmedia.com COLLABORATEURS: Louis Dupuis, Johanne Fournier ÉDITEUR DE GROUPE: Anne Beswick RÉDACTION ET ADMISTRATION: C.P. 51058 Pincourt, Qc Canada J7V 9T3 Tel: 514.425.0025 Fax: 514.425.0068 ABONNEMENT: Canada: 35.19 $ + taxes par année, 56.61 $ + taxes pour 2 ans, États-Unis: 80.07 $ CDN par année Autres pays: 110.16 $ CDN par année. Toute copie addtionnelle: 5.50 $ pour le Canada et 6.00 $ pour les autres pays. Opérations Forestiéres et de Scierie est publiée par Annex Business Media. PUBLICITÉ: National Josée Crevier Tel: 514.425.0025 ext 21 Cell: 514.262.9803 VANCOUVER: Tim Shaddick Tél: 604.264.1158 Fax: 604.264.1367 DIRECTRICE DE PRODUCTION: Josée Crevier 514.425.0025 ext. 21
La demande pour les granules de bois en hausse Alors que les marchés traditionnels du bois connaissent un ralentissement sous l’effet de tensions géopolitiques et d’une demande en baisse, le secteur des granules de bois se démarque par sa vigueur, selon les données compilées par la Fédération des producteurs de bois du Québec. Au Québec, les exportations de granules ont grimpé de 18 % après six mois en 2025, atteignant 325 000 tonnes métriques anhydres, et pourraient avoisiner 683 000 tma à la fin de l’année. En valeur, les exportations ont augmenté de 33 %, pour environ 80 M$, avec un prix moyen à l’export de 267 $/tonne, en hausse de 11 %. Les expéditions vers l’Union européenne ont augmenté de 22 %, vers le
Service aux lecteurs Pour s’inscrire au magazine papier et numérique ou pour faire une modification, contactez Barbara Adelt, responsable du développement de l’audience Tél: (416) 510-5124 Télécopieur: (416) 510-6875 Courriel: badelt@annexbusinessmedia.com Courrier: 111 Gordon Baker Rd., Suite 400, Toronto, ON M2H 3R1
PRÉSIDENT DIRECTEUR GÉNÉRAL Scott Jamieson sjamieson@annexbusinessmedia.com
Royaume-Uni de 14 %, et vers les États-Unis de 19 %. D’un point de vue production, la capacité du Québec a bondi de 80 % depuis 2016 pour atteindre environ 1,165 million de tonnes métriques anhydres par an. Le Québec représente désormais environ 17 % des exportations canadiennes de granules, derrière la Colombie-Britannique (64 %). La filière des granules apparaît comme une option de diversification pour l’économie forestière québécoise, permettant de valoriser les sous-produits des scieries et de stabiliser les revenus forestiers dans un contexte incertain.
CIRCULATION CONVENTION DE LA POSTEPUBLICATIONS NO 40065710 RETOURNER TOUTE CORRESPONDANCE NE POUVANT ÊTRE LIVRÉE AU CANADA C.P. 51058 Pincourt, QC Canada J7V 9T3 Annex Privacy Officer
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NOUVELLES Du bois 10 fois plus fort que l’acier InventWood a dévoilé SUPERWOOD, un matériau révolutionnaire qui transforme le bois au niveau moléculaire pour en faire un produit nettement plus performant que le bois traditionnel. Plus résistant que l’acier, il conserve toutefois l’esthétique, la chaleur et la texture naturelle du bois, offrant ainsi une alternative innovante pour les constructions et les projets architecturaux. Le procédé unique utilisé pour créer SUPERWOOD renforce la solidité du matériau tout en le rendant léger et durable, capable de résister aux contraintes mécaniques et aux conditions environnementales difficiles. Contrairement au
bois classique, il ne se fissure pas facilement et peut supporter des charges importantes, tout en restant agréable à travailler et à intégrer dans des conceptions variées. Ce matériau ouvre la voie à de nouvelles applications dans la construction, le design et l’ingénierie. Des structures plus solides, durables et esthétiques deviennent possibles, avec un impact environnemental réduit par rapport aux matériaux traditionnels comme l’acier ou le béton. SUPERWOOD promet ainsi de révolutionner la manière dont le bois est utilisé, alliant performance, beauté et innovation.
Fusion de Rayoninier et PotlatchDeltic Corporation Les deux sociétés ont annoncé le 14 octobre 2025 un accord définitif pour fusionner, dans le cadre d’un échange d’actions entre égaux, créant ainsi la deuxième plus grande entreprise cotée en bourse de produits du bois et de bois d’œuvre en Amérique du Nord. La future entité combinée disposera d’un patrimoine forestier d’environ 4,2 millions d’acres répartis dans 11 États américains (dont 3,2 millions dans le sud des ÉtatsUnis) et exploitera sept usines de transformation du bois. La transaction est censée générer des synergies annuelles estimées à 40 millions US$, et la clôture est prévue au fin du 1er trimestre ou début du 2e trimestre 2026, sous réserve des autorisations réglementaires et de l’approbation des actionnaires.
Changement de garde au CIFQ
MC Forêt relance l’usine Forex de Mont-Laurier
Jean-François Samray a quitté son poste de président-directeur général du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) « Le Conseil d’administration, conjointement avec la permanence, remercie chaleureusement M. Samray pour ses cinq années à titre de président-directeur général du CIFQ. Par son engagement, il a su guider l’organisation et faire avancer ses projets avec brio, même au cœur de nombreuses tempêtes », a affirmé le président du Conseil d’administration, Jean-François Champoux. L’actuelle vice-présidente aux communications et relations publiques, Véronique Normandin, agira à compter d’aujourd’hui à titre de présidente-directrice générale par intérim. Au moment d’écrire ces lignes, personne n’avait été confirmé dans la fonction.
L’ancienne usine de sciage de bois feuillu à MontLaurier rouvre ses portes après plusieurs années de fermeture, redonnant vie à un site industriel clé pour la région des Laurentides. Fermée depuis longtemps, l’usine avait entraîné la perte d’emplois et un ralentissement de l’activité économique locale. Sa relance est rendue possible grâce à l’alliance stratégique entre Mc Forêt inc. et Les Chargements Éric Turpin inc., qui s’appuient sur leurs opérations existantes pour relancer les activités. La reprise des opérations, prévue pour l’hiver 2026, devrait créer environ 30 emplois directs et quelque 60 emplois en forêt, tout en stimulant les secteurs du transport, de la foresterie et des services régionaux. Cette réouverture représente donc une bouffée d’air frais pour l’économie locale, avec des retombées sociales et économiques importantes pour la communauté de MontLaurier.
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MANUFACTURIER
nouvelle
Une bouffée d’air frais pour Rodrigue Métal
Coups d’oeil sur la nouvelle usine de Rodrigue Métal.
L’entreprise spécialisée dans les systèmes de dépoussiérage industriel inaugure une nouvelle usine à Lévis, sur la rive sud de Québec. PAR MAXIME BILODEAU
Avec ces installations d’une superficie comparable à celle d’un terrain de football canadien, la compagnie fondée à l’origine par la famille Rodrigue en 1964 double sa capacité de production. Surtout, elle centralise ses activités à un seul et même endroit, elle qui opérait auparavant sur deux sites de production distincts à Lévis. « Nous étions vraiment rendus à l’étroit. En plus, les lieux commençaient à accuser fortement leur âge », nous raconte Pascal Perron, président-directeur général de Rodrigue Métal en marge de l’ouverture officielle de la nouvelle usine qui a réuni des dizaines de clients, de fournisseurs et de partenaires à la fin octobre. Le projet confié à l’entrepreneur général Construction Pelco et ses partenaires a respecté le budget total, qui était fixé à environ 15 millions de dollars. Fait notable : l’entreprise de 65 employés a poursuivi la production pendant toute la durée du chantier, lequel s’est étalé sur 18 mois. « Nous n’avons jamais arrêté d’obtenir de bons chiffres, affirme-t-il. La décision de nous concentrer sur les dossiers où nous apportons une réelle valeur ajoutée, prise dans la foulée de la pandémie de COVID-19, a continué de porter fruit. » L’expertise de Rodrigue Métal couvre en effet des secteurs d’activités variés, comme l’agroalimentaire et le minier.
FOURNISSEUR DE PREMIER PLAN C’est néanmoins autour du domaine de la foresterie que gravite la majorité de sa clientèle. Sa gamme complète de collecteurs de poussière est prisée par les leaders de l’industrie du bois, qui y trouvent une manière de diminuer les risques et inconvénients reliés aux matériaux résiduels en suspension dans l’air. Les procédés industriels comme le rabotage sont de fait à l’origine de grandes quantités de poussières de bois, de copeaux ou de particules fines. Si ces dernières ne sont pas correctement gérées, elles peuvent provoquer des incendies et occasionner des tensions avec le voisinage des scieries et des autres usines de produits de bois. Le non-respect des normes de prévention en vigueur peut en outre nuire à l’obtention d’une couverture auprès des compagnies d’assurance industrielle, sous prétexte de risques d’incendie trop élevés. La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail peut aussi sévir sous prétexte de mauvaise qualité de l’air. « Le défi dans notre marché est d’optimiser la performance globale de nos systèmes, précise Pascal Perron. Cela permet de réaliser des économies substantielles sur sa facture énergétique. » Pour ce faire, Rodrigue Métal mise sur une assistance technique de pointe. « Au lieu de simplement vendre des produits, nous offrons des solutions.
UN PRÉCIEUX PARTENARIAT Parmi les invités présents lors de l’inauguration de la nouvelle usine figurait notamment des représentants de l’état-major de Canerector, qui a acquis Rodrigue Métal en 2011. L’entreprise regroupe plus de 50 entreprises indépendantes dans des domaines industriels variés aux quatre coins de l’Amérique du Nord. Pascal Perron ne tarit pas d’éloges envers la compagnie spécialisée dans l’acquisition industrielle. « Amanda Hawkins [troisième génération à la tête de Canerector NDLR] nous a tout de suite donné le feu vert lorsque nous lui avons présenté notre plan de croissance impliquant la construction de nouvelles installations », se souvient-il. La philosophie de gestion de Canerector, axée sur l’autonomisation des entreprises composant son réseau, constitue un atout dans le contexte économique actuel. « Les menaces tarifaires de la part des États-Unis sont à la source de beaucoup d’incertitude. La vision à long terme de Canrector, synonyme de prévisibilité, est en ce sens rassurante. » La clientèle de Rodrigue Métal provient du Canada et des États-Unis, plus particulièrement du Québec, des provinces maritimes, de l’Ontario et de la Nouvelle-Angleterre. La foresterie représente environ les trois quarts du chiffre d’affaires de l’entreprise. décembre 2025 OF 7
FORÊT
profil
DE MÉCANICIEN À ENTREPRENEUR FORESTIER PAR JOHANNE FOURNIER
À 31 ans, Maxime Beaulieu incarne la nouvelle génération d’entrepreneurs forestiers qui allient savoir-faire technique et sens des affaires. En novembre 2020, le jeune entrepreneur a fondé MB Forestier à Saint-Léon-le-Grand, dans la Matapédia. Ce fils d’agriculteur et petit-fils de forestier a su transformer sa formation de mécanicien en tremplin vers une entreprise qui récolte
annuellement 25 000 mètres cubes de bois. Inspiré par son grand-père qui travaille encore en forêt à 88 ans, Maxime Beaulieu puise ses énergies entre tradition familiale et modernité technologique. DE L’AGRICULTURE À LA FORESTERIE L’histoire de Maxime Beaulieu n’a pas com-
Maxime Beaulieu est aux commandes de sa multifonctionnelle Rottne H11D 2022. CRÉDIT Photo : Johanne Fournier
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mencé dans des forêts de la Matapédia. Diplômé en mécanique agricole du Centre de formation professionnelle Mont-Joli-Rimouski, il rêvait initialement de travailler pour un vendeur de machineries agricoles. « Quand j’ai commencé à travailler dans le bois, je n’avais pratiquement jamais vu de multifonctionnelle travailler », confie-t-il. Le hasard et l’encouragement d’un ami l’ont mené vers l’Entreprise Christian Lacasse d’Amqui, où il a découvert l’univers forestier comme mécanicien. Sa formation en mécanique diesel de machinerie agricole s’est avérée un atout majeur. « C’est le même apprentissage que la machinerie forestière », souligne Maxime Beaulieu. Pour la foresterie proprement dite, il a appris sur le tas avec des techniciens, développant progressivement une expertise qui lui permet aujourd’hui d’effectuer lui-même la majeure partie de l’entretien de ses machines. PARCOURS VERS L’ENTREPRENEURIAT Après avoir travaillé pour l’Entreprise Christian Lacasse pendant deux ans, puis
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Maxime Beaulieu a fondé MB Forestier il y a cinq ans
deux autres années pour l’Entreprise forestière André Bourgeois d’Amqui, où les travaux étaient majoritairement concentrés sur la Réserve faunique de
Dunière, Maxime Beaulieu a senti l’appel de l’entrepreneuriat. « C’est après avoir travaillé pour André Bourgeois que le goût de me lancer à mon compte a commencé
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que la Société d’exploitation des ressources de la Vallée (SERV) cherchait un entrepreneur en éclaircies commerciales, il a saisi sa chance. Une machine Rocan Enviro 2004 avec tête Log Max 3000, trouvée sur Facebook, est devenue le point de départ de son entreprise. Avec l’aide d’un crédit-bail et l’endossement de son oncle, il a pu acquérir cette multifonctionnelle ainsi qu’un transporteur Timber Jack 1010B de l’année 1999. C’est ainsi qu’est née MB Forestier.
MB Forestier possède un transporteur Rottne F11 2023.
à se réveiller », raconte-t-il. Il s’est alors mis à l’affût des opportunités, montant deux projets d’affaires : l’un pour l’achat d’une entreprise existante et l’autre pour la création d’une nouvelle
entreprise. Malgré l’échec initial de ces projets et l’arrivée de la pandémie de COVID-19, Maxime n’a pas abandonné. À l’automne 2020, quand les opérations de Bois d’œuvre Cedrico ont redémarré et
85 % D’ÉCLAIRCIES COMMERCIALES MB Forestier se concentre à 85 % sur les éclaircies commerciales, le reste étant de la coupe totale. Le principal client de l’entreprise est la SERV, dont le contrat s’étend de la mi-mai à la fin mars. Le territoire de la SERV s’étend de Routhierville à Sainte-Paule. L’entrepreneur forestier couvre annuellement environ 300 hectares. Le bois récolté est vendu majoritairement à Bois d’œuvre Cedrico, Bois CFM, Damabois et Panval, propriété d’Uniboard.
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INVESTISSEMENTS STRATÉGIQUES La croissance de MB Forestier repose sur des investissements judicieux en équipement. En 2022, Maxime Beaulieu a remplacé sa multifonctionnelle 2004 par une Rottne H11D neuve, acquise au coût de 760 000 $ chez Didier Équipement de Causapscal. L’entrepreneur apprécie sa nouvelle machine suédoise parce qu’elle est équipée d’un moteur John Deere six cylindres et d’une tête Log Max 5000V, en plus de disposer d’un système d’optimisation pour le calibrage ainsi que d’un vernis électronique pour mesurer les bûches avec une précision maximale. Au début de l’été, il a aussi changé son transporteur 1999 pour un Rottne F11 2023 avec seulement 1600 heures d’utilisation, économisant près de 200 000 $ par rapport à un neuf. « J’ai décidé de le changer pour le confort de l’opérateur et pour éviter les bris et les pertes de temps », justifie-t-il. À son avis, ce transporteur de 12 tonnes de capacité, avec ses piquets de panier en angle vers l’intérieur, permet un meilleur traitement forestier en évitant les blessures aux arbres. S’il a choisi ces équipements, c’est aussi parce qu’ils sont vendus chez Didier Équipement de Causapscal. Même si c’est lui qui fait la majeure partie de l’entretien général, il n’en demeure pas moins que la proximité du concessionnaire est avantageuse. « Si j’ai un gros problème et que je suis en panne, le mécanicien va venir pour m’aider », mentionne-t-il. Ces investissements ont porté leurs fruits : MB Forestier a doublé sa productivité, passant d’une dizaine de milliers de mètres cubes annuellement à environ 25 000 mètres cubes. Puis, grâce à sa machinerie plus récente, il réduit les temps d’arrêt qui étaient occasionnellement dus à des pannes. Comme pour tout forestier, le travail commence tôt pour le jeune patron et son employé, Éric Bourgeois, qui le seconde depuis trois saisons. « On travaille de jour, indique-t-il. Je commence ma journée à 5h15 ou 5h30. » Les déménagements de chantier sont fréquents, parfois hebdomadaires. Mais, l’avantage du privé réside dans la proximité des chantiers, se réjouit Maxime Beaulieu. Pour l’instant, l’entrepreneur n’envisage pas d’expansion majeure. « C’est moi qui opère la multifonctionnelle, précise-t-il. Donc, je ne peux pas être partout en même temps! » Bien qu’il songe parfois à devenir plus autonome en acquérant un tracteur à chenilles pour faire ses chemins forestiers et un camion pour le transport, il préfère maintenir ses opérations actuelles, du moins pour le moment. DÉFIS À L’HORIZON Malgré le succès de son entreprise, le trentenaire surveille attentivement les soubresauts de l’industrie. La question des tarifs douaniers américains le préoccupe. « Il faudra trouver un terrain d’entente avec les Américains parce que c’est à peu près notre seul marché qui est viable à long terme, confie-t-il, même si son entreprise n’a pas encore subi d’impact direct des taxes imposées par Washington. C’est inquiétant! On y pense tout le temps. » Selon lui, l’inventaire de bois demeure élevé dans les cours des industries forestières de la région et le manque de subvention pour les éclaircies commerciales, cette année, a ralenti les coupes sur les lots de certains propriétaires privés.
Maxime Beaulieu apprécie son vernis électronique, qui lui permet de mesurer les bûches avec une précision maximale.
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BOIS D’ŒUVRE
marché
Rencontre Trump-Carney : Et le bois d’œuvre dans tout ça? PAR LOUIS DUPUIS, ÉCONOMISTE, CONSULTANT ET ANCIEN BANQUIER
C’est le 15 octobre que sont entrés en vigueur les nouveaux droits de douane de 10% sur les importations de bois d’œuvre canadien, imposés par le Président Trump en vertu de la section 232 de la Loi sur l’expansion du commerce, en invoquant des raisons de sécurité nationale. Les tarifs additionnels de 10% sont cependant inférieurs à ceux anticipés de 25%. Mais, il se pourrait fort bien qu’une autre augmentation de 15 à 20% entre en vigueur à partir du 1er janvier 2026. Les tarifs combinés sur le bois d’oeuvre dépassent les 45%.
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Pour l’instant, ces tarifs de 10%, se rajoutent aux droits compensateurs et antidumping qui s’élèvent depuis la fin août à 35,2% faisant passer les taux combinés a maintenant à 45,2% sur la plupart du bois d’œuvre canadien exporté chez notre voisin du sud. Certains groupes au Canada crient haut et fort à une réponse ferme et énergique d’Ottawa, demandant de passer à l’action immédiatement. Ils dénoncent l’inaction du premier ministre Carney
dans ce dossier. Mais est-ce vraiment réaliste d’exiger cela du premier ministre? Rappelons que la guerre du 2X4 a débuté en 1982, il y a plus de 43 ans, sous l’administration du président Ronald Reagan pourtant pas reconnu comme un apôtre de l’imposition de tarifs tous azimuts, comme nous l’avons bien constaté dans la maintenant célèbre publicité du premier ministre ontarien Doug Ford. Bien au contraire le 40e président des États-Unis (1981 à 1989) a été l’instigateur de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). D’ailleurs, l’idée d’une zone de libre-échange nord-américain a fait partie des discours électoraux du futur président Reagan dès 1979. Il voyait le libre-échange comme une opportunité de croissance économique et de prospérité pour tous les Américains. De fait, l’origine du conflit du bois d’œuvre canado-américain est antérieure à l’ALÉNA qui lui est entré en application le 1er janvier 1994. Et depuis tout ce temps les revendications des Américains ont toujours
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été les mêmes, soit à l’effet que les importations de bois d’œuvre canadien sont issues d’un commerce déloyal au détriment des intérêts de l’industrie américaine, que les gouvernements canadiens subventionnent l’industrie en étant les propriétaires de la forêt à plus de 90% alors qu’aux États-Unis la forêt est de propriété privée à plus de 60% et que finalement les producteurs canadiens déversent (dumping) leurs surplus de production à bas prix sur le marché américain. Si le conflit perdure depuis aussi longtemps ce n’est sûrement pas l’actuel président américain qui va lui mettre fin. Bien au contraire le Président Trump a l’appui indéfectible de la très puissante U.S. Lumber Coalition (USLC) qui dit représentée les intérêts de plus de 500 usines, 750 000 travailleurs et les propriétaires de 420 millions d’acres de forêt privée. Ces derniers ne se gênent pas pour dire qu’ils aiment Trump et ses politiques tarifaires, et comme Trump aime ceux qui l’aiment, vous comprendrez facilement pourquoi ce n’est pas Trump qui va mettre fin au conflit.
Par ailleurs, dans un communiqué du 14 octobre 2025, la USLC ne manque pas de mentionner qu’elle « salue l’imposition par le président Trump d’un tarif supplémentaire de 10 % sur les importations de bois d’œuvre issu d’un commerce déloyal. Cette mesure judicieuse et appropriée sera essentielle pour contrer l’escalade drastique des pratiques commerciales déloyales étrangères, notamment le dumping et les subventions continues du Canada à son industrie ». De plus, la USLC mentionne que depuis 2016, les scieries américaines ont accru leur capacité de production de 9 milliards de pieds-planche et produit 30 milliards de pieds-planche supplémentaires de bois d’œuvre résineux. Ce qui a fait dire au président Trump en mars dernier : « Nous n’avons pas besoin du bois d’œuvre canadien. Alors, ce que je vais faire, c’est signer un décret présidentiel pour libérer nos forêts afin que nous puissions abattre des arbres et gagner beaucoup d’argent… nous n’avons besoin de rien du Canada. Dans un autre communiqué du 28
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Source : https://www.westfraser.com/about-us/locations
Source : https://interfor.com/
Source : https://www.canfor.com/company/locations
août 2025, la USLC ne manque pas de souligner que; « les entreprises canadiennes ont payé plus de 7 milliards de dollars US (10 milliards de dollars canadiens) en droits de douane au gouvernement américain, qui appartiennent désormais aux contribuables américains ». Est-ce que l’imposition par l’administration Trump de nouveaux tarifs de 10% en en vertu de la section 232 de la Loi sur l’expansion du commerce, et possiblement d’une autre augmentation des tarifs de 15 à 20% au début de l’année 2026, fait partie d’une stratégie afin de mettre la main sur une part, ou la totalité de la cagnotte des 10 milliards de dollars en 14 OF décembre 2025
droits de douane déjà accumulés, et ce, en guise de règlement du litige sur le bois d’œuvre? Et par la suite d’imposer des tarifs permanents de 10 à 25% en vertu de la section 232 de la Loi sur l’expansion du commerce? Tout comme sur l’acier et l’aluminium? Une chose est certaine avec Trump c’est qu’il va y avoir des tarifs sur le bois d’œuvre et qu’il n’aime pas les quotas, car ceux-ci ne permettent pas de garnir les coffres du trésor américain pour couvrir les généreuses baisses d’impôts aux plus riches. Qui plus est, il ne laissera pas aller facilement les 10 milliards de dollars accumulés jusqu’à présent. Au surplus, trois (3) des quatre (4) plus importants producteurs canadiens de bois d’œuvre (West Fraser, Canfor et Interfor) ont investi dans la dernière décennie des sommes importantes pour démarrer des mégas-usines ultramodernes dans le sud-est des États-Unis afin de profiter de l’abondance des plantations de pins jaunes de cette région (voir les 3 cartes ci-dessous provenant des sites internet de ces 3 sociétés). En somme, l’industrie canadienne a elle-même donné pleinement raison à Trump qui exige des pays étrangers d’investir aux États-Unis s’ils veulent éviter les tarifs. Croyez-vous réellement que le premier ministre Carney va réussir à convaincre le Président Trump de mettre fin au conflit du 2X4 qui perdure depuis plus de 43 ans et d’éliminer toute forme de tarif sur le bois d’œuvre canadien, et que nous pourrons ainsi revenir au modèle obsolète de produire des 2X4 à l’exportation à bas coûts afin de récupérer les copeaux et de continuer de produire du papier d’impression à bas prix? S’il faut mettre de la pression quelque part sur nos gouvernements (fédéral et provinciaux) c’est pour qu’ils définissent le plus rapidement leurs stratégies sur l’industrie forestière et qu’ils mettent en place les programmes nécessaires pour soutenir l’industrie, notamment par l’innovation, la fabrication de produits à valeur ajoutée, la construction modulaire, et de favoriser l’utilisation du bois canadien et québécois dans la construction d’immeubles résidentiels, immeubles à logements multiples en hauteur, immeubles à prix modiques, logements abordables, tours à bureaux et bâtiments commerciaux, dans la production d’emballage en fibre de bois pour remplacer ceux en plastiques, dans la production de biocarburant, etc. Les possibilités avec la fibre de bois sont multiples. Une fois cette politique industrielle établie, nous pourrons nous engager au Québec dans la réforme de notre régime forestier en nous guidant sur cette stratégie et en en faisant un projet de société axé sur le développement durable, l’acceptabilité sociale et les partenariats avec les gouvernements, les producteurs, les manufacturiers, les architectes, les ingénieurs, les entrepreneurs en foresterie, les Premières Nations, les syndicats et tous les autres acteurs du milieu forestier. Nous avons tout en place pour réussir, la haute qualité de notre fibre de bois, de notre fibre humaine, et de notre fibre entrepreneuriale. L’auteur est économiste et consultant depuis 2020 à la firme S. Guy Gauthier Évaluateur Inc., et possède plus de 30 ans d’expérience en financement commercial auprès de trois importantes institutions financières, où il était un spécialiste en financement de machinerie lourde, notamment pour l’industrie forestière.
BIOPRODUITS Profil
DÉCARBONER LA PLANÈTE AVEC LE BIOCHAR Carbonité révolutionne la valorisation des résidus forestiers à Port-Cartier
PAR GUILLAUME ROY
Airex Énergie a développé son propre système de séchoir de la matière première.
Au printemps 2025, Port-Cartier est devenu le berceau de la plus grande usine de biochar au Canada. Installée dans une ancienne usine de pâte et papier adjacente à l’usine de sciage du Groupe Rémabec, Carbonité transforme des résidus forestiers en charbon végétal riche en carbone. Celui-ci est vendu notamment à l’industrie agricole et contribue à la séquestration de carbone à long terme, un enjeu devenu central dans la lutte contre les changements climatiques. « Après la fermeture de l’usine de pâte
et papier à Baie-Comeau, nous avons voulu développer un complexe intégré pour valoriser nos sous-produits et créer davantage de valeur ajoutée », explique Éric Bouchard, vice-président du Groupe Rémabec. « Comme nos produits de sciage sont carrés et que les arbres sont ronds, près de 55 % de la fibre devient des résidus. Avec le recul de l’industrie des pâtes et papiers, il fallait développer de nouvelles avenues capables de participer à la décarbonation. » Cette réflexion a mené à l’implantation décembre 2025 OF 15
Amin Sarvaramini montre le produit fini.
de deux entreprises complémentaires sur le site : BioÉnergie AE, qui produit de l’huile pyrolytique à partir de résidus forestiers, et Carbonité, une coentreprise réunissant Airex Énergie, le Groupe Rémabec et Suez, lancée en mai 2025. Ensemble, elles forment un modèle industriel intégré capable d’optimiser l’utilisation de la ressource tout en générant des revenus issus de nouveaux marchés liés au climat. Une usine moderne et évolutive La première ligne de production de biochar de Carbonité est en service depuis le printemps 2025 et fonctionne pour
l’instant à environ 65 % de sa capacité nominale. « Nous optimisons les paramètres avant d’implanter deux autres lignes », explique Michel Gagnon, chef de la direction d’Airex Énergie. Les investissements totaux dépassent 80 M$. À terme, la production atteindra 30 000 tonnes de biochar par année, faisant de Port-Cartier l’une des plus importantes installations de biochar au monde. Le site est hautement automatisé : réception et séchage des copeaux et écorces, torréfaction, carbonisation, récupération énergétique et ensachage. Une vingtaine d’employés assurent la supervision des opérations. L’effectif devrait atteindre 35 à 40 personnes lorsque les trois lignes seront pleinement opérationnelles. Le procédé utilisé repose sur la pyrolyse, c’est-à-dire le traitement du bois à haute température en absence d’oxygène. Carbonité s’appuie sur l’expertise développée par Airex Énergie à Bécancour, mais avec des ajustements ciblés. « À Bécancour, on maximise la quantité d’énergie dans le charbon, alors qu’à Port-Cartier on optimise la quantité de carbone, explique Amin Sarvaramini, l’ingénieur de procédés chez Airex Énergie qui supervise la montée en puissance de l’usine. C’est un équilibre subtil entre température et temps de séjour, et c’est là que notre expertise fait toute la différence. » Le choix de la matière première a une incidence importante sur le produit fini. Les copeaux et les écorces sont d’abord broyés, avant d’entrer dans la technologie de séchage développée par Airex Énergie. « On utilise l’énergie résiduelle du système de torréfaction pour sécher la matière rapidement », explique Amin.
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L’usine de carbonité est située sur le complexe intégré lancé par Remabec à Port-Cartier.
La matière est ensuite acheminée dans le système de torréfaction, « On passe ensuite à l’étape de la carbonisation qui utilise l’énergie qui vient de la chambre de combustion », note Amin. Les différents gaz générés pendant la carbonisation sont aussi récupérés pour générer de l’énergie. L’énergie produite à chaque étape est donc recirculée et les intrants énergétiques sont minimes dans le procédé.
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À la fin du procédé, le biochar passe par le système d’ensachage de Premier Tech pour être emballé dans des super sacs de 200 kg. « On cherche à optimiser le transport parce que le biochar n’est pas dense et ça prend de très gros sacs pour transporter 200 kg », remarque Michel, ajoutant que des investissements pour densifier la matière sont à l’étude.
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béton ou l’asphalte pour réduire l’empreinte carbone des matériaux, restauration de sols contaminés, compostage urbain, et même alimentation animale, où des essais montrent une réduction possible des émissions de méthane chez le bétail. Si le biochar joue un rôle central dans la stratégie de Carbonité, la rentabilité de l’entreprise repose sur la complémentarité des produits issus de la pyrolyse. Le procédé génère également de l’uile pyrolytique vendue à BioÉnergieAE, située sur le même site industriel. Cette biohuile peut servir de combustible renouvelable ou comme intrant dans le développement de molécules biosourcées pour l’industrie chimique. Sa production permet d’augmenter la valeur totale extraite de la fibre tout en renforçant l’intégration industrielle.
Michel Gagnon, le chef de la direction d’Airex Énergie.
Des biochars adaptés à des marchés variés « On ne parle plus du biochar, mais des biochars », souligne Michel Gagnon. « Les besoins des clients varient selon les applications, qu’il s’agisse de granulométrie, de porosité ou de minéralité. » Carbonité réalise des essais pour augmenter la part d’écorces dans le mélange, une ressource abondante et peu coûteuse. « Plus on utilise d’écorce, plus le biochar contient de minéraux », précise Amin Sarvaramini, ce qui peut s’avérer avantageux pour certains sols ou formulations. Pour l’instant, le marché principal demeure l’agriculture et la métallurgie où Carbonité détient toutes les certifications nécessaires. Le biochar améliore la structure des sols, augmente la rétention d’eau et de nutriments, réduit l’usage d’engrais et favorise la régénération des terres. Au Québec, certains lots ont également été vendus à des producteurs de cannabis. D’autres marchés sont en développement : incorporation dans le
Partage de tracés FM & Cloud
La séquestration carbone : un moteur économique majeur Au-delà des ventes de biochar et de biohuile, la production génère des crédits de séquestration carbone. Pour chaque tonne de biochar produite, entre 2 et 2,5 tonnes de CO2 sont considérées comme définitivement capturées. Avec une seule ligne active, Carbonité produit déjà près de 25 000 tonnes de crédits par année. Ce volume devrait tripler avec les trois lignes. Ce modèle a retenu l’attention de Microsoft, qui achète la majorité des crédits générés par Carbonité et envisage de financer des projets permettant de séquestrer entre 100 000 et 200 000 tonnes de carbone additionnelles par année. Un modèle reproductible pour la filière forestière Carbonité illustre le potentiel de la bioéconomie québécoise : transformer une contrainte — l’abondance de résidus forestiers — en produit à haute valeur ajoutée sur un marché mondial en expansion. « Partout où une usine de pâte et papier ferme, on pourrait construire une installation comme la nôtre », estime Michel Gagnon. Grâce au partenariat avec Suez, l’entreprise vise 350 000 tonnes de biochar par an d’ici 2035, avec des projets d’expansion en Europe, aux Émirats arabes unis et en Amérique latine. « La clé, la base, c’est l’usine de Port-Cartier », conclut-il. « Et ce n’est qu’un début.
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SCIERIE
entrevue
Innover en région PAR ANDREW SNOOK, TRADUIT PAR GUILLAUME ROY
Le 31 juillet, Boisaco, la Coopérative forestière Nord-Côtière et Éric Gagnon ont signé une entente d’actionnaires menant à la création de Groupe BNG Éco Modulaire Inc. L’entreprise, qui a officiellement commencé ses activités le 4 août à LongueRive, sur la Haute-Côte-Nord, concevra et produira des maisons modulaires en utilisant des matériaux locaux et des pratiques à faible impact environnemental. « Groupe BNG Éco Modulaire s’inscrit dans un effort de consolidation de la vitalité socioéconomique de la région de la HauteCôte-Nord, tout en mettant l’accent sur le respect de l’environnement. Grâce à son modèle de fabrication en usine, l’entreprise optimise l’utilisation des ressources forestières locales, réduit les déchets et limite le transport, adoptant ainsi pleinement une approche d’économie circulaire », a déclaré l’entreprise lors de l’annonce initiale de son lancement. Pour en savoir plus sur la création de l’entreprise et ses objectifs futurs, Opérations forestières a contacté William Lebel, président de Groupe BNG Éco Modulaire, pour obtenir plus de détails. Comment est né le projet du Groupe BNG Éco Modulaire ? William Lebel (WL) : L’idée du projet est née à la suite d’une discussion entre Donald Perron, maire de la Municipalité de Longue-Rive, et Éric Gagnon, le troisième actionnaire du projet. La municipalité possède le site depuis la fermeture de la scierie et M. Gagnon possède une entreprise de construction dans une autre région du Québec et a des racines sur la Côte-Nord. M. Perron a contacté M. Gagnon pour l’informer des possibilités offertes par le site de Longue-Rive. Intéressé, M. Gagnon a été présenté à Boisaco et à La Coopérative NordCôtière, deux entreprises établies depuis respectivement 40 et 54 ans dans la région, qui ont trouvé le projet prometteur et se sont embarquées dans l’aventure. 20 OF décembre 2025
L’équipe derrière BNG Éco Modulaire.
Combien d’employés pensez-vous embaucher? WL : Le développement de l’organisation est actuellement prévu en deux phases. À son plein potentiel, nous estimons qu’environ 50 personnes pourraient y travailler. Quel rôle joueront Boisaco et la Coopérative forestière La Nord-Côtière au sein de l’entreprise ? WL : Boisaco fournira certains produits de bois pour les maisons modulaires. Les opérations forestières seront également gérées par Boisaco et ses différents fournisseurs de services. La Coopérative forestière La Nord-Côtière se spécialise dans le travail sylvicole et sa participation au projet se situe au niveau de l’administration et de la gestion de la nouvelle entreprise. Quels investissments ont été réalisé pour lancer ce projet? WL : Pour la première phase du projet, les installations n’ont nécessité aucune modification. Des mises à niveau ont dû être effectuées au niveau des systèmes électriques et organisationnels. La deuxième phase, qui devrait inclure l’automatisation, nécessitera davantage d’adaptations aux installations. Quel est votre objectif de production annuelle pour l’usine ?
WL : Pour la première phase, nous visons à valider notre niche. Nous devrions être en mesure de produire environ 40 unités lors de cette première phase. Quelles sont les plus grandes opportunités de croissance pour cette usine ? Quels sont les principaux défis à surmonter ? WL : Les installations, la proximité des matières premières et la solidité du groupe de partenaires auront certainement un effet positif sur le développement de cette nouvelle entreprise. Le contexte de pénurie de logements, combiné à certaines priorités gouvernementales, nous positionne avantageusement. En revanche, la localisation de notre site de production par rapport au marché représentera un défi intéressant où nous devrons nous distinguer par la qualité de notre produit et son adéquation aux attentes des clients. En lançant cette usine, souhaitez-vous développer des marchés en dehors des États-Unis ? WL : La décision de lancer cette entreprise résulte plutôt du désir de répondre à un besoin en logement et de le faire dans une perspective de développement régional. Pour plus d’informations sur Groupe BNG Éco Modulaire, visitez : www.groupebng.ca.
TECHNO télématique
Des machines plus intelligentes grâce à la télématique PAR ANDREW SNOOK, TRADUIT PAR GUILLAUME ROY
Depuis l’apparition des premiers systèmes télématiques en 1978, la technologie n’a cessé d’évoluer. Dans le secteur forestier, ces outils numériques sont devenus essentiels pour optimiser l’entretien des flottes, la gestion du carburant, la planification des travaux et la productivité en général. La télématique regroupe les techniques qui com-
binent les moyens de l›informatique avec ceux des télécommunications. John Deere fait figure de pionnier dans le domaine, avec plus de 15 000 machines forestières connectées à son système JDLink à l’échelle mondiale. Selon Sami Törmä, directeur des ventes, solutions numériques et après-vente, des plateformes
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comme John Deere Operations Center et TimberManager offrent une planification détaillée des chantiers, un suivi en temps réel et des rapports adaptés aux besoins de chaque entreprise. Ces outils permettent aux entrepreneurs de mieux gérer leurs opérations et de réduire les arrêts non planifiés. « Nos concessionnaires peuvent se connecter à distance aux machines pour diagnostiquer un problème ou aider un opérateur à utiliser une nouvelle fonction, ce qui limite les déplacements et les temps d’arrêt », explique Törmä. Son collègue Niko Solopuro, directeur du marketing produit, observe une évolution dans la manière dont les entrepreneurs interprètent les données : « Les indicateurs traditionnels, comme le volume coupé à l’heure, restent importants, mais les mesures d’efficacité — par exemple les mètres cubes par litre de carburant — deviennent cruciales pour la rentabilité. » La réduction du temps de ralenti des machines est aussi devenue un indicateur clé de performance, tant pour le contrôle des coûts que pour la durabilité. DES DONNÉES DE PRODUCTION DE PLUS EN PLUS PRÉCISES Chez Ponsse, la télématique s’appuie sur un système de mesure particulièrement avancé. « Nos machines enregistrent chaque billon coupé, sa longueur, son diamètre et même l’essence d’arbre », explique Petteri Tuomisto, directeur des ventes, solutions numériques. Grâce à ces données, les entrepreneurs peuvent communiquer efficacement avec les scieries, qui exigent désormais souvent un partage d’informations sur les volumes et les essences disponibles. Avec Ponsse Manager, les données peuvent être exportées et partagées en quelques clics.
Les systèmes télématiques aident les entreprises à optimiser l’utilisation de leurs machines et à améliorer l’ensemble de leurs opérations.
COMMUNICATION ET CONNECTIVITÉ SUR LE TERRAIN Tigercat Industries met l’accent sur la communication entre machines grâce à son système RemoteLog, combiné au D7 Control System et au F30 Product Monitoring System. « Le bûcheron envoie la liste des arbres récoltés au porteur, qui
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sait exactement où aller les chercher », explique Chris McMillan, rédacteur technique chez Tigercat. Grâce à des capteurs intégrés, le poids et les caractéristiques du chargement sont automatiquement transmis au moulin. L’application LogOn, accessible sur téléphone ou tablette, permet aux opérateurs de consulter les données de performance, la consommation de carburant ou les codes d’erreur mécaniques. « Si une alarme s’affiche, l’opérateur peut immédiatement accéder au guide de dépannage et relancer la machine sans attendre un technicien », précise McMillan. Une fonction de messagerie satellite assure aussi la sécurité des équipes en zones sans réseau. LA PRÉDICTIBILITÉ AVANT TOUT Pour Develon, la priorité est désormais la maintenance prédictive. « Chaque minute d’arrêt coûte cher. Pouvoir anticiper les défaillances avant qu’elles ne surviennent, c’est un atout majeur », souligne Greg Alcock, analyste principal en télématique. Les données permettent aussi d’analyser les habitudes de
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travail de chaque opérateur et d’ajuster la planification quotidienne pour plus d’efficacité. L’IA AU SERVICE DE LA FORÊT CONNECTÉE Avec la quantité croissante de données — jusqu’à 20 Mo par jour pour une seule abatteuse —, l’intelligence artificielle s’impose comme un outil indispensable. « Traiter manuellement ces volumes est impossible. L’IA permet d’interroger directement le système : “Quelle machine consomme le plus?” et d’obtenir la réponse instantanément », illustre Tuomisto. Chez John Deere, l’IA est déjà intégrée à la feuille de route technologique. Elle contribue à la maintenance prédictive, à l’analyse des performances et à la génération de cartes LiDAR plus précises, ouvrant la voie à une foresterie toujours plus autonome. FORMER, CORRIGER ET PROGRESSER Les données issues de la télématique permettent aussi d’identifier les besoins
de formation. « Plutôt que d’offrir une formation standardisée, nous pouvons cibler les points précis à améliorer pour chaque opérateur », souligne Tuomisto. Selon Törmä, les outils de John Deere, comme TimberSkills et ses simulateurs, offrent des retours instantanés et des analyses détaillées sur le rendement. « Même quelques secondes gagnées par arbre peuvent se traduire par des gains considérables sur l’année », ajoute-t-il. SÉCURITÉ ET SURVEILLANCE ACCRUES La télématique contribue aussi à la sécurité sur les chantiers. Les systèmes comme TimberMatic Maps offrent une cartographie en temps réel et des alertes visuelles sur les zones à risque, les lignes électriques ou les milieux sensibles. À terme, Alcock prévoit que la télématique permettra même de verrouiller ou désactiver une machine à distance en cas de danger. « C’est une nouvelle dimension de la sécurité : protéger les opérateurs, même quand ils sont isolés en forêt.
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ÉQUIPEMENTS
Grappins
Panorama des grappins
VALLÉE
Opérations forestières vous présente aperçu de fabricants importants de grapins forestier distribués au Québec, avec leurs principaux atouts techniques et leurs usages privilégiés. PAR L’ÉQUIPE DE RÉDACTION
VALLÉE Fabricant québécois bien implanté, Vallée propose un Log Grapple conçu pour transporter et retenir des lots de grumes de tailles variées. Caractéristiques techniques : éjecteur hydraulique de grumes, montage direct sur attache (pin ou crochet), surface de charge de 13 à 50 pi². Atouts pour le Québec : fabrication locale, adaptation aux conditions nordiques, service après-vente accessible. Usage conseillé : chargement/déchargement de grumes, gestion de tas de bois ronds, manutention en bord de route. vallee.ca BRANDT Brandt offre plusieurs modèles de grappins forestiers : Power Grapple, Hybrid Grapple et Butt & Top Grapple. Caractéristiques : conception robuste adaptée aux environnements forestiers sévères. Atouts : grande capacité et puissance de levage pour les entreprises effectuant des opérations intensives de transport et de chargement de bois. brandt.ca ROTOBEC Le fabricant québécois Rotobec propose une vaste gamme de grappins : Log Grapple, Bunching Grapple, Pulpwood Grapple. Forces : déclinaisons Standard Duty, Heavy Duty et Super Heavy Duty selon la machine et la densité du bois à manipuler. Adapté pour : les travaux de trappe grosse, 24 OF décembre 2025
le chargement de bois long, ou les opérations lourdes en scierie. rotobec.com TIGERCAT Tigercat est reconnu mondialement pour ses grappins hydrauliques de haute performance, conçus pour les chargeuses et porteurs forestiers. Caractéristiques : acier résistant, robustesse adaptée aux opérations intensives et cycles rapides de chargement. Atouts pour le Québec : fiabilité dans des conditions exigeantes, service technique disponible localement grâce aux distributeurs agréés. Usage conseillé : débusquage, chargement de grumes, manutention de bois long et opérations en scierie. tigercat.com JOLEX Jolex offre des grappins de quatre largeurs différentes — 30, 40, 49 et 52 pouces — avec un poids de levage variant de 2 150 à 6 900 livres. Conception : tiges en acier supérieur garanties un an, raccord graisseux intégré pour un entretien simplifié. Polyvalence : permet la manipulation de bois, fer, roches, foin et fumier solide. Particularité : vendus avec une Jolex Multi, ils incluent une attache trois-points pour un changement rapide des outils. jolexmachinerie.com FARMA FARMA propose une gamme complète d’ac-
cessoires forestiers : grappins, débusqueuses, élévateurs à bûches, têtes de fléaux et têtes d’abattage robustes (BC18, BC25). Offre : grappins de génération 2 de 0,12 à 0,24 m², godets à grappin de 160–200 L, grappins à balles et godets à insérer. Atout : modularité élevée pour s’adapter à différents équipements forestiers. forsmw.com HULTDINS Leader mondial du grappin by-pass, Hultdins présente la série MG SuperGrip pour pelles de 8 à 25 tonnes. Atouts : conception à bras dérivés, inspirée des grappins SG — référence de l’industrie sur les porteurs forestiers et camions grumiers. Équipement : rotateur compact XR Rotator à couple et capacité de charge élevés. Applications : défrichage, alimentation de déchiqueteuses ou broyeurs, entretien d’arbres et manutention paysagère. hultdins.com DOOSAN Doosan propose deux grappins robustes — LG52 et LG58 — destinés à ses chargeuses à grumes (Log Loaders). Caractéristiques : bras d’ouverture de 52 et 58 pouces, acier à haute résistance, excellente durabilité. Compatibilité : modèles DX225LL-5, DX300LL-5 et DX380LL-5. Usages : tri, empilage et chargement de grumes lourdes. doosan.com
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WALLENSTEIN Wallenstein Equipment fabrique des grappins à grumes conçus pour tracteurs, chargeuses compactes et mini-chargeuses. Points forts : résistance aux conditions forestières les plus difficiles, maniabilité et robustesse. Public cible : paysagistes, entrepreneurs for-
estiers, agriculteurs et propriétaires ruraux. wallensteinequipment.com BARKO Les grappins Barko Hydraulics sont pensés pour maximiser la productivité en chargement et ébranchage. Spécificités : rotateur de 50 000 lb, ache-
minement simplifié des flexibles, goupilles de zinc anticorrosion. Gamme : trois modèles avec bras de 42 à 52 pouces, offrant couple de rotation et force de serrage élevés. Avantage : rapidité des cycles et durabilité supérieure. barko.com
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Hydromec: de petit atelier à pilIer de l’industrie De petit atelier d’hydraulique à distributeur exclusif de la prestigieuse marque finlandaise Ponsse, Hydromec est devenue un pilier de l’industrie forestière québécoise avec ses 100 employés et quatre succursales.
Jarmo Vidgren, président du CA de Ponsse, Jean Trottier, président d’Hydromec, Samuel Vidgren, directeur pour l’Amérique du Nord chez Ponsse et Enrico Paré, directeur d’Hydromec, se sont mutuellement félicités lors du 50e anniversaire de l’entreprise.
Par Perrine Gruson
Fondée en 1975 à Dolbeau-Mistassini, l’entreprise familiale jeannoise a célébré son 50e anniversaire aux côtés de ses clients, partenaires et employés, dans sa succursale de Saint-Augustin-de-Desmaures. De l’atelier d’hydraulique à la foresterie de précision Il y a 50 ans, le père de Jean Trottier, Marcel, passait son temps à adapter les machines disponibles à la forêt québécoise. Après la modification et la réparation des composantes hydrauliques des engins forestiers, en 2004, l’entreprise devient distributeur officiel de la marque finlandaise Ponsse au Québec. Les Finlandais eux-mêmes ont approché la famille Trottier pour ce partenariat. Pour les Trottier, c’était un pari risqué.
À l’époque, la marque était encore peu connue ici et la décision impliquait de bons capitaux de départ, notamment en raison de l’exigence d’un important inventaire. Avant de se lancer dans cette aventure en 2004, Jean Trottier est allé rencontrer les 17 propriétaires québécois d’équipements Ponsse « Je voulais mesurer le risque avant d’investir », dit-il. Le PDG s’est même rendu jusqu’à Balmoral au Nouveau-Brunswick, chez A.L.P.A équipements, dont la famille vendait des Ponsse depuis quelques années. « La consommation de carburant des machines Ponsse a toujours été dans les plus basses, avec une productivité accrue, donc pour les entrepreneurs, ça faisait des économies et des profits. En plus d’avoir beaucoup de précision », vante Serge Landry, vice-prés-
ident et directeur général chez A.L.P.A. Équipements. C’est ce qu’il lui a dit à l’époque. Précisions que si les deux entreprises vendent la même marque, elles ne sont pas en concurrence. « On travaille très bien ensemble. On a chacun nos territoires. On est de grands amis, on s’aime beaucoup », fait valoir Armand Landry, le fondateur d’A.L.P.A. équipements. « Avec une tête Ponsse par exemple, tu peux mettre un débutant là-dessus, il ne sera peut-être pas super productif, mais avec Ponsse, la qualité et les mesures seront excellentes quand même! », remarque Jean Trottier. L’accord s’est avéré décisif pour la croissance d’Hydromec. Ponsse, qui se concentre exclusivement sur les équipements forestiers dédiés à la récolte en bois courts. Le fabricant est reconnu dans le décembre 2025 OF 27
domaine forestier pour offrir des équipements productifs, fiables et confortables. Leur conception permet d’accroître l’efficacité et diminuer les dépenses de carburant et d’entretien, améliorant la rentabilité des entrepreneurs. Hydromec est aussi distributeur LANDRICH depuis 2010 et ELTEC depuis 2015, deux fabricants locaux d’équipements sur chenilles pour la récolte forestière. Des représentants et les propriétaires de ces deux compagnies s’étaient déplacés du Nouveau-Brunswick pour Landrich et de l’Abitibi pour ELTEC pour célébrer le 50e anniversaire d’Hydromec. Petits volumes et gros inventaire « En plus de l’engagement envers nos clients, on a une expertise reconnue. Même si le volume des équipements forestiers est faible, le secteur est très niché. Il ne se vend que 4 000 à 5 000 machines par année dans le monde », rappelle M. Trottier. « C’est ce qui fait qu’on est fiable. On doit avoir beaucoup de pièces en stock pour nos clients », note-t-il, précisant que
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l’entreprise tient un inventaire de pièces d’une valeur de 17 millions de dollars explique le président dont l’entreprise répare toutes les marques. Un réseau bâti sur le service Un problème survient? Près de 70 % des pannes sont réglées à distance, les techniciens guidant les opérateurs au téléphone avant de prendre la route si nécessaire. « On peut vendre la meilleure machine au monde, mais si elle s’arrête de fonctionner, il faut que ça reparte rapidement », fait valoir Jean Trottier. « Puisqu’on a été réparateur avant d’être distributeur, on a vraiment une vue d’ensemble de tout ce qui existe sur le marché comme machines et quelles problématiques il y a sur chacune. Ça nous donne un bon coup de main au day to day pour être capables de réparer rapidement les problèmes qui surviennent », mentionne Luc Bellemare, directeur du support technique chez Hydromec. Un contexte forestier en mutation L’année 2025 n’a pas été tendre pour l’industrie : plusieurs entreprises ont subi
jusqu’à seize semaines d’inactivité à cause de la baisse des quotas de coupe et des droits sur le bois d’œuvre imposés par les États-Unis. Les entrepreneurs en foresterie prolongent désormais la vie de leurs machines et misent davantage sur l’entretien. Mais malgré les contraintes et la conviction que l’industrie doit changer, Jean Trottier refuse le fatalisme. « On devrait valoriser socialement l’utilisation du bois. D’ailleurs, selon lui, on ne devrait pas parler d’abattage d’arbres, mais de récolte. « La forêt, c’est comme l’agriculture, même si le cycle est beaucoup plus long : il faut l’entretenir pour qu’elle se régénère ». Un demi-siècle plus tard, l’entreprise amorce un nouveau chapitre. Jean Trottier passe la direction des opérations à Enrico Paré et une équipe de six releveurs, qui font partie de la famille d’Hydromec depuis longtemps. Alors que M. Trottier se concentrera sur les projets spéciaux, M. Paré prend les commandes de la gestion quotidienne, assurant ainsi la pérennité de cette expertise québécoise unique dans un secteur forestier en pleine transformation.
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NOUVEAUX
produits
JAMEC lance PROSTICKS, son nouveau système d’alimentation automatique des lattes JAMEC annonce l’arrivée de PROSTICKS, un tout nouveau système d’alimentation automatique des lattes, déjà installé avec succès dans une scierie située au sud de la frontière. Selon Gino Jobin, ingénieur et vice-président de l’entreprise, « ce système, actuellement en instance de brevet, représente une véritable révolution pour les scieries nord-américaines, offrant des gains significatifs en productivité, rentabilité et sécurité. » PROSTICKS se distingue par sa capacité à gérer toutes les formes de lattes, qu’elles soient courbées, tordues, arquées ou même cassées, sans aucune perte. Le système est compatible avec des lattes mixtes de type 1×3 et 1×4, et les lattes non distribuées sont automatiquement recirculées pour maximiser la vitesse de production. Sa conception mécanique ouverte élimine tout risque de blocage en opération, tandis que sa structure compacte et robuste assure une intégration facile et fiable dans toute ligne de sciage. Grâce à l’absence d’opérateur dédié nécessaire, PROSTICKS promet de simplifier le processus tout en améliorant la sécurité et l’efficacité globale de la scierie.
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John Deere LIII : confort et efficacité repensés pour l’opérateur John Deere repousse les limites du travail en forêt avec sa nouvelle gamme de débardeurs LIII. Pensés pour les longues journées en conditions exigeantes, ces engins combinent robustesse, performance et confort haut de gamme pour l’opérateur. Les cabines, entièrement repensées, offrent des sièges ergonomiques réglables et ventilés, avec chauffage et climatisation dans la version premium, tandis que les phares LED et les caméras de contrôle de la lame et du grappin assurent une visibilité optimale, même dans les conditions les plus difficiles. Mais l’innovation ne s’arrête pas là : grâce aux outils numériques avancés comme TimberMatic Maps et l’accès à distance aux diagnostics, le LIII permet de surveiller et d’optimiser le chantier en quasi en temps réel. Moins de fatigue pour l’opérateur, plus de rendement pour l’entreprise : la gamme LIII est pensée pour ceux qui exigent puissance, précision et confort sur chaque exploitation forestière.
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OPINION Le dernier mot
La forêt québécoise mérite mieux que l’indifférence PATRICK pineault, ing.f. Président de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec
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Le secteur forestier du Québec traverse une période d’une rare intensité. Sur tout le territoire, les signes d’essoufflement s’accumulent: fermetures d’usines, pertes d’emplois, ralentissement des investissements, taxe sur les exportations et incertitude économique qui fragilisent des régions déjà éprouvées. Les répercussions se font sentir bien au-delà du cadre industriel : elles touchent l’ensemble de la chaîne forestière, de la récolte à la mise en marché du bois, en passant par les entreprises d’aménagement forestier qui assurent la planification et l’entretien durable de nos forêts. Cette fragilité atteint aussi celles et ceux qui, au sein de l’appareil public, portent la responsabilité d’appliquer la politique forestière et d’en garantir la pérennité. Au bout du compte, ce sont des familles, des entrepreneurs, des travailleurs, des professionnels et des communautés entières qui voient leur équilibre menacé et, avec eux, l’avenir même de notre ressource collective. Comme président de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec, je constate avec préoccupation qu’une forme de désintérêt collectif s’installe face à un secteur pourtant névralgique pour notre avenir. Notre forêt n’est pas qu’une ressource économique : elle est une alliée dans la lutte contre les changements climatiques, un levier de vitalité régionale, un réservoir de biodiversité et un pilier culturel de notre identité québécoise. Elle relie économie, environnement et culture, et représente l’un des atouts les plus structurants du Québec pour un avenir carboneutre. Aujourd’hui, notre secteur vit une crise majeure, et il serait irresponsable de la réduire à un simple enjeu conjoncturel. C’est toute la relation entre la société québécoise et sa forêt qui est mise à l’épreuve. Le récent retrait du projet de réforme forestière en dit long sur notre rapport collectif à la forêt: il n’aura pas suscité le dialogue qu’il méritait, ni l’élan qu’une ressource aussi essentielle devrait inspirer. Conscients de cette responsabilité, l’Ordre des
ingénieurs forestiers du Québec a contribué à la création du Groupe des partenaires du milieu forestier, un collectif intersectoriel qui, depuis 2023, œuvre à faire émerger des consensus sur ce que devrait être la foresterie de demain. Autour de cette table se réunissent des représentants du monde municipal, industriel, scientifique, communautaire et environnemental: tous convaincus que le temps est venu de réconcilier nos approches et de repenser la gouvernance du territoire forestier dans une perspective durable et inclusive. J’estime que nous devons, comme société, nous mobiliser autour de notre forêt, non pas pour défendre des intérêts particuliers, mais pour protéger un bien commun pour les générations futures. Agir en bon père de famille, c’est rappeler que le patrimoine forestier du Québec exige vision, rigueur et solidarité. J’ai eu l’occasion de rencontrer M. JeanFrançois Simard, notre nouveau ministre des Ressources naturelles et des Forêts. Le défi est immense, mais son profil de sociologue lui confère une sensibilité particulière aux dynamiques humaines et territoriales. Ce sera une force s’il choisit d’en faire le levier d’un véritable dialogue autour de la foresterie québécoise. Mais à court terme, il faut stabiliser le secteur, soutenir ceux et celles qui le font vivre, et éviter de perdre des compétences et des savoir-faire essentiels. Toutefois, au-delà de l’urgence, il faut repenser notre modèle: comment voulons-nous que notre forêt contribue à la santé des humains, à la prospérité des régions, à la résilience de nos écosystèmes et à la lutte climatique ? La forêt québécoise mérite mieux que le silence ou l’attentisme. Elle mérite que nous nous rassemblions, élus, citoyens, scientifiques, professionnels, travailleurs, industriels et communautés autochtones, pour rebâtir ensemble une vision d’avenir fondée sur la durabilité, la responsabilité et la confiance. La forêt québécoise mérite mieux que l’indifférence.
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