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MERCREDI 22 AVRIL 2026 AGUTTES NEUILLY
Session du matin : 11h
Session de l’après-midi : 14h
Experts
Thierry Bodin, membre du S yndicat Français des Experts Professionnels en Œuvres d’Art
67 avenue du Suffren, 75007 Paris +33 1 45 48 25 31 lesautographes@wanadoo.fr
À décrit les lots 105 à 270
Cabinet Le Prince
67 avenue de Suffren, 75007 Paris +33 1 40 56 95 85 info@cabinet-leprince.comp
À décrit les lots 271 à 425

Responsable de la vente
Sophie Perrine +33 1 41 92 06 44 perrine@aguttes.com
Administratrice des ventes
Juliette Poubelle +33 1 47 45 00 91 poubelle@aguttes.com
Avec la participation de Laurent Bartholomot
Enchères par téléphone Ordre d’achat bid@aguttes.com
Relations acheteurs
Marie du Boucher +33 1 41 92 06 41 duboucher@aguttes.com
Délivrances & Expéditions
+33 1 47 45 00 91 poubelle@aguttes.com
Délivrances à Neuilly-sur-Seine, sur rendez-vous uniquement
Département Communication & Marketing
Claire Certain certain@aguttes.com
Relations médias Anne-Sophie Philippon pr@aguttes.com
P résident Claude Aguttes
Directeur général Philippine Dupré la Tour
Associés
Directeur associé
Charlotte Aguttes-Reynier
Associés
Sophie Perrine, Gautier Rossignol, Maximilien Aguttes
Aguttes (SVV 2002 - 209) Commissaires-priseurs habilités
Claude Aguttes, Sophie Perrine, Pierre-Alban Vinquant, Jessica Remy-Catanese, Juliette Rode
SEINE OUEST
Commissaires de justice

Aguttes Neuilly
164 bis, avenue Charles de Gaulle 92200 Neuilly-sur-Seine
Exposition publique
Lundi 20 et mardi 21 avril : 10h - 18h
Vente aux enchères
Mercredi 22 avril 2026
Session du matin – Lots 1 à 96 : 11h (lots d’autographes vendus en lots – non décrits – consultation obligatoire)
Session de l’après-midi – Lots 97 à 425 : 14h (autographes et livres)
L’ensemble des lots est reproduit sur aguttes.com
PRÉCISION IMPORTANTE
À L’ATTENTION DES ENCHÉRISSEURS
Les conditions et termes régissant la vente des lots figurant dans le catalogue sont fixés dans les conditions générales de vente figurant en fin de catalogue dont chaque enchérisseur doit prendre connaissance. Ces CGV prévoient notamment que tous les lots sont vendus « en l’état », c’est-à-dire dans l’état dans lequel ils se trouvent au moment de la vente avec leurs imperfections et leurs défauts. Une exposition publique préalable à la vente se déroulant sur plusieurs jours permettra aux acquéreurs d’examiner personnellement les lots et de s’assurer qu’ils en acceptent l’état avant d’enchérir. Les rapports de condition, ainsi que les documents afférents à chaque lot sont disponibles sur demande. Nous attirons votre attention sur les lots précédés de +, °, *, ¤, #, ~, = pour lesquels s’appliquent des conditions particulières visibles en fin de catalogue.


98
DUPAS Jean (1882-1964).
Deux femmes devant un vase boule
Dessin sur papier au crayon, feutre brun et encre de Chine
Monogrammé en bas à droite
11,5 x 9.4 cm
200 - 300 €

97
DUPAS Jean (1882-1964).
Jeunes femmes sous une arcade de verdure
Dessin à l’encre et crayon sur papier contrecollé sur carton
Monogrammé en bas à droite et annoté 22 x 16,5 cm
500 - 600 €

99
DUPAS Jean (1882-1964), attribué à Personnage à la lyre
Dessin sur papier au fusain et encre rouge
34 x 24 cm
600 - 800 €

99 bis 99 bis DESSINS HUMORISTIQUES.
Environ 200 dessins au crayon, la plupart avec légendes et annotations de l’auteur (anonyme), la plupart représentants le chat NAM, chat de la famille LOTI dans diverses situations amusantes…
100 - 200€
100
SUDEK Josef (1896-1976).
La plaine de Beskydy, 3 e version
Photographie signée et titrée au dos
8,5 x 29 cm
480 - 520 €
101
DRTIKOL Frantisek (1883-1961).
Nu devant un demi cercle
Tirage argentique d’époque, circa 1925 Cachets au dos
9 x 13 cm
300 - 400 €
102
WISKOVSKY Eugen (1888-1964).
La plaine d’Hlubocepy, champ de blé
Tirage argentique d’époque, signée et annotations au dos
10, 5 x 14,8 cm
350 - 400 €
103
RUDOMINE Albert (1892-1975).
Le baiser de Rodin
Photographie signée (collée sur support papier)
29 x 23.5 cm
400 - 500 €
104
VETROVSKY Josef (1897-1944).
Les genoux
Photographie signée et titrée au dos
27 x 33 cm
500 - 700 €

BELLMER Hans (1902-1975).


L.A.S. « Hans Bellmer », Vendredi après-midi, à un ami [le collectionneur bordelais Claude RICHARD] ; 1 page in-4 sur papier pelure rose.
Il remercie de l’envoi d’un « mandat sauveur », et il pourra ainsi faire encadrer les deux tableaux. Il propose d’aider l’amie de son correspondant à trouver une place de mannequin dans la haute couture, grâce à Georgette CAMILLE ou à Leonor FINI. Puis il évoque le projet de portrait de cette amie : « j’aimerais d’en assimiler des éléments dès maintenant. Avez-vous des photos ? Ensuite : j’aimerais bien que vous ou elle m’écriviez tout en imaginant ce portrait futur ou ces possibilités éventuelles essayez même n’importe comment de faire des dessins. Pareille prise de contact me semblerait d’une grande utilité pour moi. Je penserai en effet à un portrait de la personne entière non seulement la tête »… Il va commencer le portrait de Georgette Camille.
400 - 500 €
106
BUHOT Félix (1847-1898).
L.A. avec DESSIN, Valognes 9 août 1887 ; 3 pages et demie petit in-4.
Au sujet d’une brochure en préparation, Voyage au pays des vieux papiers. Le dessin , en tête de la lettre, représente une longue malle ancienne avec des ferrures, une lanterne posée au-dessus, quelques vieux livres, et au sol une souris et un chat. Buhot tient à conserver ce titre de Voyage au pays des vieux papiers ; c’est un projet qui remonte à 1885, d’abord en accord avec Dalligny, directeur du Journal des Arts , pour réimprimer des articles déjà parus, projet abandonné. C’est en triant ses propres papiers à Saint-Malo, où il avait emporté « une caisse renfermant la collection collée sur feuillets de mes articles, tous les fragments et notes à classer, les documents amassés », et en regroupant les notes et fragments sous un chapitre « Les Marges des manuscrits » qu’il se rendit compte de l’importance des papiers « considérés surtout au point de vue de l’impression ». Impossible de passer sous silence les papiers anciens, les vieux papiers, l’étude des filigranes. Ici se place l’épisode de « la malle aux vieux papiers, trouvée à Valognes en 1884, demeurée encore à moitié remplie dans le grenier », malle qu’il dessine et qui le fait se remémorer tous les endroits où il a vu des papiers, blancs ou imprimés : chez les marchands de papier en gros, marchands d’estampes, chiffonniers ou marchands de ferraille « où l’on trouve des trésors […] dans les musées de province poussiéreux, dans les bibliothèques où l’araignée file sa toile : vrai voyage qui ne pouvait s’appeler que le Voyage au Pays des vieux papiers […] car le thème que comportent les quatre mots de ce titre peut donner lieu à des variations infinies pour qui voudrait ou pourrait faire vibrer toutes ses cordes… »
800 - 1 000 €
107
DELACROIX Eugène (1798-1863).
L.A.S. « Eug. Delacroix », ce vendredi 30, à un ami ; 1 page in-8.
« Je me félicite plus que je ne te félicite et je félicite surtout notre pauvre pays qui a bien besoin d’hommes de ta trempe dans ses pauvres affaires. Dévoue-toi donc car tu rends service à tous ».
Bien que souffreteux, il compte le lendemain aller chez Chabrier dans l’espoir de rencontrer son ami et se réjouit des bonnes nouvelles de Passy…
400 - 500 €
108
ENSOR James (1860-1949).
L.A.S. « J. Ensor », Bruxelles 15 novembre 1907, à Constantin GANESCO ; 1 page in-12, adresse au verso avec timbres (fente au pli).
Il remercie son ami des moments agréables passés à Paris : « j’ai revu avec plaisir mon petit tableau et les croquis cela me fait songer à Monsieur Keller et aux tableaux qu’il désire examiner. Dès mon arrivée à Ostende, je regarderai avec soin les œuvres pouvant lui convenir. Je suis enchanté des belles choses vues à votre atelier »…
On joint une enveloppe autographe adressée à Constantin Ganesco (9.X.1932) signée au dos par Ensor avec son adresse. Plus une l.a.s.de sa sœur Marie ENSOR, de Tunbridge Wells, regrettant d’avoir accompagné Augusta Bogaert qui la fait souffrir par son caractère épouvantable. Gravement malade, prenant beaucoup de morphine, Marie consulte les médecins à Londres ; elle en a profité pour voir l’exposition de James au « Grovenore Gallerie » ; Augusta a reçu un tableau de James et une collection de ses eaux-fortes (4 p. in-12).
500 - 700 €

109

109
GLEIZES Albert (1881-1953).
MANUSCRIT autographe ; 24 pages in-4 à l’encre violette.
Ensemble de notes et réflexions sur l’art
Ces pages, rédigées à l’encre violette, présentent de nombreuses ratures et corrections, et des additions marginales. Mise au net d’un chapitre V (3 p.) : « Les lois de l’œuvre d’art ne peuvent être que dérivées de sa nature même. Ainsi apparaitront elles comme les constantes de son ordre. Ces lois seront donc des lois naturelles, invariables, des lois physiques auxquelles sont soumises la physique de ces matériaux »… Suivent 16 pages (1-10, 12-17) : « De ce qui précède il est aisé de déduire que les principes fondamentaux de la création esthétique, celle qui apparemment est considérée comme seule capable de satisfaire à la sensibilité d’aujourd’hui, non seulement en France mais partout ailleurs, trouvent leurs identifications dans les œuvres d’art du Passé renaissant et du Passé médiéval chrétien. […] La loi que nous essayons de formuler sera donc : Toute création plastique est conditionnée par le fait d’être un espace rythmé . La surface plane ne révèle ses propriétés formelles que par le fait du peintre. Le tableau est la conséquence de l’espace rythmé d’une surface plane »… Etc. Gleizes étudie alors successivement les notions d’Espace , de Rythme , de Mesures , de Valeurs Couleurs , de Couleur. Quelques fragments ou feuillets de brouillon évoquent l’impressionnisme, l’espace et le rythme (avec croquis marginaux), « La mécanique plastique du tableau » ; plus un plan intitulé Les lois nouvelles
On joint : – une L.A.S. (minute) de GLEIZES (Serrières 15 mai 1934), et la fin d’une L.S. – 6 L.A.S et 3 L.S. adressées à Albert Gleizes et Mme, par Mainie JELLETT (Dubin 1935), Otto FREUNDLICH
et Jeanne KOSNICK-KLOSS FREUNDLICH (1938, lecture de L’Homocentrisme , et sur les débuts de Gaston Chaissac), Thomas GREENWOOD (2 l.s., Londres 1934, au sujet d’une tournée de conférences de Gleizes en Angleterre), L. MONNIER (discussion avec Fernand Léger), Robert POUYAUD (2, 1928-1931, dont une avec dessins sur des projets de pochoirs), Léonce ROSENBERG (1945, longue lettre sur sa vie sous l’Occupation), Rhoda WELSFORD (1934, l.s. au nom du Courtauld Institute) ; plus un fragment de lettre non identifié, et la copie dactyl. de 2 l. de L. Lavelle ; et 3 l.a.s. de S. Durai Raja Singam à H. Viaud au sujet de Gleizes (1974-1975).
1 000 - 1 200 €
110
LE CORBUSIER Édouard Jeanneret, dit (1887-1965).
L.S. « Le Corbusier », Paris 12 mars 1936, à Pierre ABRAHAM, directeur de la Nouvelle Encyclopédie française ; 1 page in-4 à son en-tête Le Corbusier.
Son contrat avec l’Encyclopédie porte sur 6 pages à 225 F, soit un forfait de 1350 F : « Vous avez employé de si jolis petits caractères que vous n’avez imprimé que 4 pages de moi. Par contre, vous avez publié une page et demie de photographies, en admettant que vous vouliez bien rectifier que le Palais des Soviets a été fait par moi et non par Freyssinet »… Il demande qu’on complète sa rémunération…
400 - 500 €


111
MAGRITTE René (1898-1967).
L.A.S. « René Magritte », Bruxelles 12 septembre 1955, à Marcel BÉALU ; 1 page in-4, enveloppe.
À cause des banques et des difficultés internationales, il demande à Béalu de lui envoyer des devises en recommandé. Il joint à sa lettre « d’autres cartes en couleur » et lui enverra bientôt « des monographies que l’éditeur doit m’apporter. Je ne puis vous reprocher le manque d’outillage pour la distribution de la revue. Je pense bien que pour vous, comme pour moi, le temps doit être passé (des expériences). La vie empirique, pas plus que la vie au hasard ni la vie nécessaire ne sont des modèles assez persuasifs pour nous déterminer malgré nous. Votre intervention à propos de l’eau et des pierres est bienvenue. Dans la suite de mes découvertes, il faudra que l’aspect de la question qu’elle avance ne soit pas négligé. J’en suis à ce stade : Les réalités italiennes n’ont jamais perdu leur mystère : la terre, les pierres et l’eau à perte de vue existent ensemble sans que l’on connaisse ce qui peut réunir ces choses étrangères entre elles. On se doute de quelque chose… »…
800 - 1 000 €
112
MAGRITTE René (1898-1967).
L.A.S. « RM », [mi-décembre 1963], à André BOSMANS ; 1 page in-4.
Belle lettre sur sa peinture, le mystère et l’art Il adresse à son ami Bosmans des notes qui pourraient servir pour la monographie projetée... « – Le sentiment du mystère (le mystère sans lequel aucun monde ni aucune pensée ne seraient possible) nous saisit. Il n’est pas à “saisir” comme quelque chose que l’on pourrait étudier plus ou moins tranquillement. – Les images peintes qui évoquent le mystère ressemblent au monde – non compris comme “spectacle”. Un “spectateur” se croit “hors du monde” comme le rêveur qui sait qu’il rêve se croit hors du rêve. – Il n’est pas possible d’être saisi par le sentiment du mystère si l’on rêve ou si l’on sait que l’on rêve. L’évocation du mystère arrête le mouvement habituel de la pensée qui imagine des interrogations susceptibles de réponses plus ou moins satisfaisantes. – Le mystère n’implique aucun sens correspondant à de l’optimisme, ni aucun non-sens lié à du pessimisme. (Il n’est pas un sens ni un non-sens, puisque sens et non-sens sont définissables). – Les images peintes qui évoquent le mystère affirment la beauté de ce qui n’est ni sens ni non-sens. Cette beauté se distingue de la beauté de la sagesse et de la raison. Elle est au-delà de la diversité mêlée de bien et de mal sans que cette diversité en soit niée au profit d’une harmonie totale : cette beauté accuse au contraire les contrastes. La lumière et l’ombre n’appartiennent plus à un monde systématisé, régi par des lois abstraites, elles sont unies dans un monde qui évoque le mystère et qui interdit à la pensée de se satisfaire des interrogations que l’on pourrait poser et des réponses que l’on pourrait leur trouver. – L’évocation du mystère n’est pas à confondre avec un “moyen” d’arriver à une fin telle que, par exemple, “ce point où cessent les contradictions” donné par André BRETON comme étant le but suprême à atteindre. Elle ne fait renoncer à rien de contradictoire et doit être distinguée d’une forme d’apaisement esthétique. La beauté du mystère ne s’accorde pas à un optimisme relatif ni à un pessimisme tempéré – qui se valent d’ailleurs –, ni à de l’hésitation intellectuelle. Cette beauté restitue à la lumière et à l’ombre ce qu’elles ont de violemment contradictoire (qui disparaît de la pensée qui rêve ou qui sait qu’elle rêve). Les systèmes vivent dans le monde des rêves. Le mystère, par définition, est réfractaire aux exigences de tout système. Il est accompli et ne peut qu’être évoqué par l’accomplissement de l’acte essentiel de la pensée : celui de ressembler au monde et à son mystère »...
1 000 - 1 200 €

113
MONET Claude (1840-1926).

115
MONET Claude (1840-1926).
L.A.S., Giverny 6 août 1866, à Léon CLAPISSON ; 3 pages in-8 sur papier japon, enveloppe timbrée.
À l’agent de change et collectionneur Léon CLAPISSON (18371894). Il pense que « votre tableau vous a été livré et qu’il a pris sa place dans votre galerie ». Il lui en réclame le paiement : « je comptais sur un règlement de compte chez M. PETIT, et voilà que je reçois une dépêche de son caissier me disant que M. Petit est en voyage et qu’il n’a pas laissé d’instruction à mon égard. Bref comme il avait été convenu avec Petit que vous ayant vendu directement cette affaire restait à régler entre nous ». Il demande donc ce service, « n’attendant que cela pour partir en voyage ». Il s’excuse de sa démarche, craignant de choquer Clapisson, mais il compte sur sa compréhension…
1 500 - 2 000 €
114
MONET Claude (1840-1926).
L.A.S. « Claude Monet », Giverny [14 novembre 1887], à Gustave GEFFROY ; 2 pages in-8, enveloppe timbrée.
Il s’est remis au travail : « J’ai entrepris un bouquet de fleurs ça allait très mal, j’ai du le quitter et recommencer ». Il pense aller à Étretat à son retour de Londres et demande à Geffroy de lui « faire une petite liste de bons auteurs pour mon fils » ; il lui enverra les fonds pour l’achat…
1 000 - 1 200 €
L.A.S., Hôtel d’Angleterre à Rouen, 10 avril 1892, à M. HAMMAN ; 2 pages in-8, cachet à date de réception (papier jauni et fragile, restaurations).
[Hamann était l’associé du galeriste Georges Petit.] « Je suis toujours à Rouen travaillant comme un nègre et ne sais pas encore quand je rentrerai à Giverny ». Il ne peut lui promettre « d’être le premier à voir mes toiles. Depuis longtemps Mrs Durand-Ruel, Boussod, Montaignac etc. m’ont fait pareille chanson […] du reste je suis décidé à ne pas vendre de suite ce que je rapporterai ni même à m’en laisser retenir. Lorsque je les aurai vu pendant un certain temps et retouchées et soignées je verrai celles que je garderai et celles que je pourrai vendre ». Mais Hamann peut venir les voir « comme tout le monde sans rien retenir pour le moment »…
1 000 - 1 500 €




116
PISSARRO Camille (1830-1903).
L.A.S. « C. Pissarro », Paris 13 novembre 1888, à SA FEMME Julie ; 2 pages in-8 (légères brunissures).
Il lui envoie de l’argent et a été enfin payé par Durand. « J’espère que j’aurai quelques toiles et des eaux fortes vendues à Bruxelles, mon expédition s’avance, j’ai 42 objets tant tableaux, gouaches et eaux-fortes, ce sera une jolie petite exposition, bien choisis, j’espère que cela faira son effet ». Il évoque les affaires en cours pour Lucien, en procès avec M. Katawi, il attend la réponse « du Monsieur au fourneau » etc.
800 - 1 000 €
117
PISSARRO Camille (1830-1903).
L.A.S. « C. Pissarro », Paris « 1 rue Drouot » 19 mars 1897, à SA FEMME Julie ; 4 pages in-8.
Belle lettre parlant de son travail, et des remous causés par la présentation du legs Caillebotte au Musée du Luxembourg Il annonce le départ de Dario [de REGOYOS] pour San Sébastian : « des questions d’intérêt l’appellent dans son pays. Son exposition est bien maigre, il n’a que 4 tableaux importants mais faits il y a 10 ans, noirs et au couteau, il y en a un récent assez grand qui est joli et puis de petites choses 2 ou 3 et quantité de croquis au crayon ou couleurs, tiré de ses petits albums, comme je lui ai dit ce n’est pas assez pour attirer les regards des amateurs, c’est étonnant comme les jeunes produisent peu !! Te rappelles-tu que nous n’en manquions pas quand on se décidait du jour au lendemain à faire une exposition !...... Aussi Durand [DURAND-RUEL] m’a dit je m’attendais à mieux…... dam ! moi aussi, me suis-je dit en moi-même. Toute la semaine dernière et cette semaine la presse s’est occupée de nos tableaux du Luxembourg..... à propos de la protestation des membres de l’Institut contre notre présence au Musée. Les uns sont indignés que de pareilles croûtes prennent place à côté des chefs-d’œuvres des Guillemet, des Gérôme, des etc. etc. d’autres et des journeaux sérieux disent qu’ils sont jaloux parce que nous vendons, etc. etc…. Cela me fait une bosse de bon sens ! [...] Durand est enchanté de cette réclame... Je n’ai pas encore eu un instant pour aller voir le Luxembourg et voir combien c’est mal installé »... Il a eu des diarrhées, mais se soigne... Le travail marche, mais « aujourd’hui je n’ai pas un effet possible, ni soleil, ni temps gris, ni pluie, [...] voilà qu’il est onze heure et encore pas d’effet..... Hier j’ai buché ferme à la pluie et au soleil l’après-midi »…
1 000 - 1 200 €
118
ROUAULT Georges (1871-1958).
L.A.S. « GR », 3 janvier 1943, à une dame ; 3 pages in-4, avec ratures et corrections.
Intéressante lettre très corrigée sur sa peinture, à une dame voulant sans doute écrire sur lui. Rouault fait part de ses exigences et se livre peu à peu. Il se réfère à l’article publié par Lionello Venturi. « On m’a fait une renommée légendaire ou du moins certains ont pu dire il a une légende et m’envier. Si c’est vrai, elle m’a coûté cher et certes elle est venue ayant plus souvent le nez dans ma nature picturale que dans les polémiques des revues et des clans. […] Je ne crois pas avoir jamais voulu me singulariser. J’aurais l’horreur de jouer à l’incompris. […] En fait ne compte que ce que nous laissons picturalement si on parle encore de nous demain ». Il tient à faire la part du vrai et du faux et confirme qu’il est un bourreau de travail « aux prises toute ma vie avec un art bien aimé – assez exigeant et comme tant d’autres pèlerins avec les difficultés quotidiennes d’une nombreuse famille à laquelle on reste attaché entre la vision intime d’une poétique picturale qu’on voit assez relevée et la réalité ». Il tente de définir sa peinture : « Je ne suis pas l’Obscur – ni le maudit uniquement et à jamais – et si on m’a dit peintre de la mort et des Ténèbres ce sont là de fort beaux titres […] J’ai l’amour de la belle matière . Je ne me contente pas facilement – je ne l’aime pas pour elle-même exclusivement et par jeu de virtuose. Notre langue picturale bien qu’on dise et chante a des ressources infinies […] Forme couleur harmonie si rien n’est nouveau sous le soleil […] en ces temps actuels tant de choses émouvantes – et subtiles peuvent encore être dites »…
On joint une L.A.S. novembre 1943 (1 page oblong in-8, d’une écriture déformée) : il ne peut plus peindre en raison d’« engelures ulcérées ».
500 - 700 €
119
SIGNAC Paul (1863-1935).
L.A.S. « P. Signac », Paris 13 janvier 1931, au Secrétaire général du Progrès Civique ; 1 page in-8 à en-tête de la Société des Artistes Indépendants , enveloppe timbrée.
On lui a demandé son avis sur le rôle du cinéma. « Pour l’instant je m’en tiens à ceci : Il faut par tous les moyens possibles protester contre l’ignominie du cinéma actuel, imposé par les financiers américains et soutenu par la presse française largement arrosée, qui contribue à avilir le goût et l’intelligence de notre race. Pour le reste, on verra plus tard »…
400 - 500 €
120
TOULOUSE-LAUTREC Henri de (1864-1901).
L.A.S. « Votre fils Henri », [janvier 1891], à SA MÈRE, la comtesse Adèle-Zoé de TOULOUSE-LAUTREC ; 4 pages in-8.
Amusante lettre à sa mère
« Ma chère Maman, C’est non votre fils, mais un glaçon qui vous écrit. Il neige, neige, neige, et, malgré tous les appareils modernes, le froid perce quand même. J’espère que dès que le dégel va arriver, vous en ferez autant, mais il serait vraiment scabreux de bouger avec un temps pareil. Le joyeux Fabre est ici, et combat les frimas par pas mal de petits verres. Je travaille heureusement en battant les semelles, mais se lever le matin est dur. J’ai des amis qui viennent poser, aussi j’attends lâchement qu’ils soient là pour me lever.
Rien de neuf à part ça. J’espère que votre malade est en bonne voie, et escompte un peu le fameux “pas de nouvelles bonnes nouvelles”. À bientôt j’espère, et poutounégeades à la clef ». Correspondance (1992), n° 183.
1 000 - 1 200 €



122
TOULOUSE-LAUTREC Henri de (1864-1901).
L.A.S. « H. de Toulouse-Lautrec », 7 février [1894], à l’imprimeur et éditeur André MARTY ; 1 page et demie in-8.
À l ’éditeur de L’Estampe originale. Il le prie de « vouloir bien régler avec moi la Loïe Fuller soit 40 F et la couverture – soit 200 F. Je viens de me faire rincer et je suis obligé de mettre tous mes comptes au clair. Le compte sur vous […] Le plus tôt possible sera le mieux ».
Correspondance (1992), n° 340.
1 000 - 1 200 €
TOULOUSE-LAUTREC Henri de (1864-1901).
L.A.S. « your boy Henri », [février 1891], à SA MÈRE, la comtesse Adèle-Zoé de TOULOUSE-LAUTREC ; 4 pages in-8.
« Ma chère Maman, La famille au grand complet, voilà donc la nouvelle du jour. Je crains bien que ma haute personnalité ne manque à cette petite fête. Nous jouissons ici d’un temps splendide, si bien que j’ai fait atteler le buggy et qu’avec Gaston [Bonnefoy], nous avons été respirer l’air du bois de Boulogne deux ou trois fois. Je pense que Papa n’y verra pas d’inconvénient, au contraire, car cheval et voiture ont pris l’air – et moi aussi.
Je suis occupé de mon exposition [au Salon des Indépendants], ayant en train trois portraits. Gaston, Louis [Pascal], et Bourges. Louis a deux situations sûres grâce à Mgr Richard [l’archevêque de Paris], soit des assurances, soit la Transatlantique. Tant mieux. Revenez vite, car je vais me trouver seul, Bourges allant en Afrique dans les premiers jours de mars, un mois à cheval jusqu’au sud, avec promesse de chasse à la gazelle – quel dommage que je ne puisse pas l’accompagner. Papa pourrait, peut-être, y aller »...
Correspondance (1992), n° 186.
1 000 - 1 200 €



BERLIOZ Hector (1803-1869).

125
BERLIOZ Hector (1803-1869).
L.A.S. « H.B. », [2 mars 1825], à sa sœur Mademoiselle Nanci BERLIOZ ; 1 page in-4, adresse au dos (petite déchirure par bris du cachet sans toucher le texte).
Très belle lettre affirmant sa vocation de musicien malgré l’opposition de ses parents Il supplie sa sœur de lui écrire « les raisons qui portent papa et maman à me garder un silence aussi sévère ». Dans sa réponse à son père, il n’y a rien « qui ne fût d’un fils soumis et respectueux, puisque je disais à mon père, que s’il insistait, malgré mes observations et l’inutilité de mon séjour à la Côte, je sacrifierais à ses volontés tout un an de travail et mon avenir de plusieurs années ». Il a besoin d’argent, et envisage avec effroi ce séjour à la Côte-Saint-André, puisque même Nanci lui demande de prouver : « 1° Qu’en étant musicien je ne cesse pas d’être fils, frère et ami 2° que l’état de compositeur n’est pas incompatible avec la vie sociale
3° que je suis capable de penser et de raisonner
4° que l’instinct n’est pas mon guide
5° que je puis observer les temps, les lieux, les usages, les convenances
6° que je ne suis pas l’ennemi de tout ordre moral et physique
7° que je puis allier les qualités d’un honnête homme à celles d’un compositeur
8° que je puis mériter l’estime en travaillant à exciter l’admiration. De sorte qu’il s’ensuit que si j’ai tous les défauts dont tu veux que je me corrige, je suis un mauvais fils un mauvais frère et un mauvais ami, un sauvage, un idiot et un fou , une bête brute , un perturbateur de tout ordre moral et phisique , un malhonnête homme , un être méprisable et vil , et un mot, un animal stupide et féroce dont on a tout à redouter. En conséquence, je te conseille fort, en cas que je revienne à la Côte de me faire bâtir un chenil dans la basse cour, où l’on me tiendra enchaîné de peur d’accident. Vois, ma soeur, jusqu’à quel dégré d’extravagance et d’absurdité, on est conduit par une exaltation et une prévention pareille »... Au-dessous de l’adresse, Nanci Berlioz a noté : « monument de folie et du délire des passions ». Correspondance générale , t. I, n° 44.
1 500 - 2 000 €
124
BERLIOZ Hector (1803-1869).
L.A.S. « H. Berlioz », samedi soir [1850 ?], au violoncelliste Hippolyte-Prosper SELIGMANN ; 1 page in-8.
Il lui demande de ne pas manquer la réunion du « comité très important » lundi. « En outre convoquez tout l’orchestre pour la répétition générale de Samedi 19 à 9 h. très précises »… [Il s’agit de concerts de la Société philharmonique.]
400 - 500 €
L.A.S. « H. Berlioz », 2 janvier 1867, à Auguste de GASPERINI ; 1 page in-8 (traces d’encadrement).
Au critique musical, qu’il aimerait aller voir pour le remercier de son article dans La Liberté , « mais je suis toujours cloué dans mon lit. J’ai souffert ces jours-ci tous les tourments de l’enfer, et rien ne m’est encore plus impossible que de sortir »… Correspondance générale , t. VIII, n° 3207 bis
500 - 600 €
126
[BIZET Georges]. DU LOCLE Camille (1832-1903) librettiste et directeur de l’Opéra-Comique.
L.A.S. (paraphe), [4 juin 1875], à Philippe GILLE ; et MANUSCRIT autographe ; 2 pages et demie in-8 à son chiffre, et 6 pages oblong in-8.
Très émouvant ensemble sur la mort de Georges BIZET « Mon cher ami, le pauvre Bizet est mort la nuit dernière à minuit et demi, subitement. Il avait beaucoup souffert depuis quelque temps d’abcès à la gorge, depuis trois ou quatre jours, on l’avait mené à Bougival. Il avait été pris de douleurs qu’on a jugé du rhumatisme. On n’a probablement rien compris à son mal. Il s’est éteint sans agonie, sans avoir vu la mort, on l’a cru d’abord endormi, puis évanoui... Le service aura lieu à 11 heures samedi à Notre Dame de Lorette. Je suis comme toi bien frappé et bien affligé »... Manuscrit de son discours funèbre, dernier adieu et hommage à son ami : « Le coup de foudre qui nous a enlevé Georges Bizet retentit si douloureusement au fond de nos cœurs, qu’il n’y laisse de place que pour l’effroi et le doute. [...] Bizet était une des plus fermes, une des plus chères espérances de la musique française, [...] il marchait à la tête de cette jeune pléiade d’où sortiront les maîtres de demain, [...] il est tombé à la veille du triomphe [...]. sans force pour parler de sa carrière si bien remplie, et de nos espérances brisées, je ne puis que me souvenir, et pleurer »... On joint le faire-part des obsèques de Bizet, à l’adresse de Philippe Gille.
500 - 600 €





BRAHMS Johannes (1833-1897).
L.A.S. « Johannes B », [Wien, fin décembre 1890], à son ami Julius Otto GRIMM ; 3 pages in-8 (fentes aux plis, petites répar.) ; en allemand.
[Le compositeur et chef d’orchestre Julius Otto GRIMM (1827 - 1903) était un des meilleurs amis de Brahms. Chef d’orchestre du Musikverein de Münster, il va diriger la Rhapsodie pour alto de Brahms, qui évoque sa rencontre à Budapest avec Eugen d’ALBERT.]
« Da kann ich leider nicht dienen! Mit der Erlaubnis nicht, weil ich gar nicht weiß, welcher Paragraph des Gesetzbuches da in Frage kommt, mit Partitur und Stimmen aber nicht, weil sie längst nicht mehr existieren. Ich habe nicht, wie Du, ein eigenes Palais, um so unnütze Sachen aufbewahren zu können. Aber dabei wäre ich gern, und folgenden Tages bei der Rhapsodie, deren Sängerin ich schönstens zu grüßen bitte und folgende abends bei Dir im gemütlichen Winkel. D’Albert kam neulich direkt von Euch nach Pesth, und ich ließ mir mit sehnsüchtigem Behagen erzählen, daß es noch immer so lieb und freundlich wie sonst bei Euch ist und daß immer noch so viel Marsala getrunken wird – wie viel dankbarer würde ich mittrinken als er! Nun wünsche ich die vergnügtesten Festtage und daß sie bis zum nächsten 24. Dezember (fürs erste) dauern mögen. Herzlichste Grüße dazu an alle, von Philippine an bis zu den Philippinen von Deinem Traduction libre : « Je crains de ne pouvoir t’aider ! Ni avec une autorisation, car j’ignore quel article de loi s’appliquerait, ni avec la partition et les parties instrumentales, puisqu’elles n’existent plus. Je n’ai pas de palais comme le tien pour entreposer de telles choses inutiles. Mais j’aimerais tant être là, et le lendemain pour la Rhapsodie , – transmets à la chanteuse mes plus chaleureuses salutations –, et le soir suivant avec toi dans ton coin douillet. D’Albert est venu directement de chez toi à Pest récemment, et m’a dit avec une joie nostalgique que l’endroit est toujours aussi charmant et accueillant, et que l’on y boit toujours beaucoup de Marsala – je me joindrais volontiers à vous avec plaisir ! Je te souhaite de très joyeuses fêtes et qu’elles durent jusqu’au 24 décembre prochain »… Brahms, Briefwechsel mit J. O. Grimm (Berlin, 1908), n° 118 (p. 152).
1 500 - 2 000 €
128 FURTWÄNGLER Wilhelm (1886-1954).
MANUSCRIT MUSICAL autographe ; 4 pages in-fol. sur un bifeuillet à 10 lignes, au crayon.
Manuscrit de jeunesse pour piano d’une Romanze (43 mesures), d’une autre pièce sans titre de 28 mesures, et, à l’intérieur du bifeuillet, d’esquisses d’un Rondo et d’une autre Romanze
800 - 1 000 €

129
GRIEG Edvard (1843-1907).
P.A.S. MUSICALE, Amsterdam 18 février 1897 ; 1 page grand in-4 illustrée (fentes et déchirures, petit manque à un angle).
Page d’album avec deux mesures de musique (chant et paroles) de sa mélodie God Morgen (op. 21 n° 2 sur un poème de B. Björnson) : « Dagen er oppe, glaeden er taendt », Allegro giocoso , avec jolie dédicace en allemand : « Die lachende Claire Pallones wird den melancholischen Norweger nicht vergessen ! » (la rieuse Claire Pallones ne sera pas oubliée du mélancolique Norvégien).
La page d’album, avec le titre Pastime , est ornée d’une composition décorative.
1 000 - 1 200 €
130
HILLER Ferdinand (1811-1885).
MANUSCRIT MUSICAL autographe signé « Ferdinand Hiller », et MANUSCRIT autographe signé, 1880 et 1882 ; 6 pages in-fol. (lég. fente au pli), et 23 pages in-4 ; en allemand.
Manuscrit d’un chœur à 4 voix, Der Herr ist in seinem heiligen Tempel… (Psaume 11,4 de la Bible de Luther), marqué Andante, signé et daté en fin Mai 1882.
Manuscrit d’une étude, Die Tonkunst seit 150 Jahren, signé et daté en fin Décembre 1880, avec de nombreuses ratures et corrections. Sont évoqués Rameau, Bach, Haendel, Pergolese, Rousseau, Gluck, Grétry, Philipp Emanuel Bach, Mozart, Clementi, Beethoven, Pugnani, Baillot, Mayr ; l’opéra-comique avec Auber, Hérold, Halévy, Adam ; l’opéra italien avec Rossini, Bellini, Donizetti, Verdi ; l’opéra allemand avec Spohr, Marschner, Kreutzer, Lortzing et Richard Wagner ; Berlioz, Gounod, etc.
On joint 2 L.A.S. à Creiznach (1857) et à M. Carriere (1877).
600 - 800 €

KARAJAN Herbert von (1908-1989).
20 L.A.S. « Herbert », 1915-1935, à ses parents ; 12 pages in-8 (dont 10 sur Postkarte avec adresse), et 36 pages in-4 (trous de classeur) ; en allemand.
Belle correspondance familiale
Les lettres, tendres et affectueuses, sont adressées à ses parents Ernst von Karajan (1868-1951) et Martha von Karajan, née Kosmac. Les deux premières lettres sont de la prime jeunesse de Karajan, en 1915 lors de vacances chez son grand-père à Grundlsee, et de Salzburg en février 1916.
En avril 1934, il séjourne à Berlin, habitant la Pension Splendid dans Budapeststrasse. Il raconte son voyage en Rhénanie, à Mannheim et Frankfurt, et projette d’aller à Ulm. Il parle d’une lettre à KRUPP, de l’achat d’un piano, de ses problèmes d’argent, d’une recommandation auprès de GÖBBELS. Il évoque son prochain engagement à Aachen (Aix-la-Chapelle) et ses négociations avec l’intendant pour le poste de Musikdirektor ; il y aura un bon orchestre et un public, et il devra donner 8 concerts et quelques représentations d’opéra… Il mentionne FURTWÄNGLER, BACKHAUS, Salomé , le Mozarteum…
Vacances d’été 1934 à Wangerooge ; il prépare ses répétitions au Mozarteum, et demande l’envoi de la partition de La Valse de RAVEL.
D’Aachen, en février-mars 1935, il annonce la première de Tannhaüser, et évoque les premières critiques…
2 000 - 2 500 €
132
KARAJAN Herbert von (1908-1989).
23 L.A.S. « Herbert », [1933-1934] et s.d., à ses parents ; 62 pages in-4 ou petit in-4, 2 lettres au crayon (trous de classeur à plusieurs lettres) ; en allemand.
Belle correspondance familiale sur ses débuts à l’opéra d’Ulm et à Aachen (Aix-la-Chapelle)
Les lettres, tendres et affectueuses, sont adressées à ses parents Ernst von Karajan (1868-1951) et Martha von Karajan, née Kosmac. D’Ulm, en janvier 1934, il affirme vouloir rester en Allemagne (« ich in Deutschland bleiben will »), malgré la proposition du Mozarteum. Il expose en détail à ses parents sa situation financière. Il aborde aussi des questions domestiques, comme la lessive et les envois de son linge à sa mère… Il parle de son travail de Staatskapellmeister et de son emploi du temps chargé, de ses projets pour Salzburg, et des opéras qu’il dirige : Schwanda (de Weinberger), Fidelio , Cavalleria rusticana , Rosenkavalier… Il prend des vacances à la mer en Hollande à Noordwijk. En septembre 1934, il est à Aachen (Aix-la-Chapelle), espérant obtenir le poste du nouveau Konzertmeister. Il dirige Fidelio avec un chœur exceptionnel (« einen ganz hervorragenden Chor ») de 100 personnes. Il s’occupe d’un grand recrutement pour le théâtre, et va diriger l’Ouverture des Meistersinger avant la campagne d’abonnement ; le prochain opéra sera die Walküre . Puis ce sera Lohengrin, Figaro, Parsifal . Il se fait l’écho des répétitions, de ses concerts symphoniques, des succès salués par la critique ; il expose ses projets pour Berlin, Salzburg (parlant des manœuvres de Clemens KRAUSS au Festspielhaus), Bayreuth... Etc. On joint 6 télégrammes, plus une lettre dactyl.
2 500 - 3 000 €
133
KARAJAN Herbert von (1908-1989).

3 L.A. (incomplètes) et 2 billets autographes, [1934-1935], à ses parents ; 6 pages in-4 et 4 pages in-8, 2 à en-tête Der Generalmusikdirector der Stadt Aachen (trous de classeur) ; en allemand.
Les lettres, tendres et affectueuses, sont adressées à ses parents Ernst von Karajan (1868 - 1951) et Martha von Karajan, née Kosmac. Il s’excuse d’avoir tardé à répondre à sa mère, mais il était pris par la semaine de concerts et avait besoin de ses concentrer ; il évoque le ravitaillement en café et en thé, mais aussi en schnaps et aquavit… Il prépare son entretien avec FURTWÄNGLER… En avril 1934, il convoite le poste vacant de Musikdirector à Francfort…
300 - 400 €
134
KARAJAN Herbert von (1908-1989).
4 L.A.S. « Herbert » et 1 L.A. (incomplète de la fin), Aachen 1934-1935, à ses parents ; 2 pages oblong in-8, 10 pages in-4 à en-tête Der Generalmusikdirector der Stadt Aachen , et 4 pages petit in-4 au crayon (trous de classeur) ; en allemand.
Belle correspondance familiale sur ses débuts comme directeur musical à Aachen (Aix-la-Chapelle)
Les lettres, tendres et affectueuses, sont adressées à ses parents Ernst von Karajan (1868 - 1951) et Martha von Karajan, née Kosmac. Il parle de ses concerts : Requiem de VERDI (« es war eine phantastische Aufführung »), le Concerto de Brahms avec le violoniste Georg KULENKAMPFF, et des opéras qu’il dirige : Tannhaüser, Lohengrin
600 - 800 €

KARAJAN Herbert von (1908-1989).
4 L.A.S. « Herbert », Aachen septembre-novembre 1935, à ses parents ; 20 pages in-fol. ou in-4, 3 lettres à en-tête Der Generalmusikdirector der Stadt Aachen (trous de classeur) ; en allemand.
Correspondance familiale comme directeur musical à Aachen (Aix-la-Chapelle)
Les lettres, tendres et affectueuses, sont adressées à ses parents Ernst von Karajan (1868 - 1951) et Martha von Karajan, née Kosmac. 29 septembre 1935 . Il parle de la représentation des Meistersinger, très belle tant du côté des solistes que du côté de l’orchestre et des chœurs ; il avait eu 11 répétitions d’orchestre… Il prépare son premier concert, pour lequel la publicité a eu un bon résultat pour les abonnements. Il va monter die Frau ohne Schatten , très difficile… – 10 novembre , longue lettre sur son emménagement, avec, dans la bibliothèque, ses partitions de Wagner, Mozart, Richard Strauss… Il prépare ses concerts de décembre… Il parle encore des répétitions, etc.
700 - 800 €
136
KARAJAN Herbert von (1908-1989).
7 L.A.S. « Herbert », Aachen novembre 1935-juin 1936, à ses parents ; 12 pages in-4 et 6 pages in-8, une au crayon, 6 lettres à en-tête Der Generalmusikdirector der Stadt Aachen (trous de classeur) ; en allemand.
Correspondance familiale comme directeur musical à Aachen (Aix-la-Chapelle)
Les lettres, tendres et affectueuses, sont adressées à ses parents Ernst von Karajan (1868-1951) et Martha von Karajan, née Kosmac. En novembre 1935, il s’occupe de l’aménagement de sa maison ; il répète son concert du Requiem , magnifique, avec un chœur de 350 personnes.
En février 1936, de retour de Berlin et Hambourg, il prépare la représentation de Figaro , le prochain concert, et la tournée en Suède. En mars, il parle de son concert avec le violoncelliste Gaspar CASSADO, qui joue admirablement. En avril, après son concert Mozart, il part pour Bruxelles. En mai, il prépare avec son orchestre le concert de Cologne : Beethoven (Egmont et le 3e concerto pour piano) et la 4 e symphonie de Tchaikovsky ; puis ce sera le Rheingold
1 000 - 1 200 €
137
KARAJAN Herbert von (1908-1989).
7 L.A.S. « Herbert », 1938, à ses parents ; 15 pages in-fol. et 10 pages in-8, 4 à en-tête Der Generalmusikdirector der Stadt Aachen , une au crayon ; en allemand.
Belle correspondance familiale à la fin de ses fonctions de directeur musical à Aachen (Aix-la-Chapelle) et l’essor de sa carrière internationale
Les lettres, tendres et affectueuses, sont adressées à ses parents Ernst von Karajan (1868 - 1951) et Martha von Karajan, née Kosmac. Il parle de sa carrière, qui doit le mener à Munich, Milan, Amsterdam, Florence, Stockholm, Oslo, Bruxelles (pour un concert avec Backhaus en soliste) et Berlin. Il demande des places pour le festival de Salzbourg, pour les deux concerts de Toscanini (qui annulera sa venue), Tannhaüser, les Meistersinger, Falstaff et Fidelio… En juillet, il est en vacances sur l’île de Brioni (« ein Paradis »), et fait du bateau à moteur. Au début de l’année, il est à Amsterdam où il dirige au Concertgebouw (« ein wundervolles Orchester »).
À Berlin, il est appelé à diriger la Staatskapelle avec le chœur ; ainsi que la Berliner Philharmonie le 8 avril. Il doit négocier un traité avec Grammophon… 1 000 - 1 500 €





138
KARAJAN Herbert von (1908-1989).
3 L.A.S. « Herbert », [avril-mai 1955], à Mary ROBLEE ; 4 pages in-8 et 15 pages in-4, 2 enveloppes ; en anglais
Correspondance amoureuse à la journaliste américaine Mary Roblee, ancienne collaboratrice de Vogue . Écrivant en anglais, au cours de sa carrière troublée au milieu des années 1950, Karajan cherche du réconfort auprès de la jeune journaliste après l’épreuve de ses débuts avec l’Orchestre philharmonique de Berlin au Carnegie Hall de New York. Visiblement ébranlé par l’accueil mitigé, voire hostile, qu’il a reçu à New York, Karajan dévoile ici sa nature vulnérable, blessée, en quête d’affection. Il exprime longuement son amour pour Mary, annonce qu’il est pratiquement en fuite de New York et qu’il est épuisé après les représentations, explique qu’il a dirigé la musique uniquement pour elle et se confie à elle sur la solitude qu’il a ressentie pendant ses cinq semaines en Amérique. De retour en Europe, il exprime sa tristesse face à son absence, décrit sa situation comme une fuite de lui-même, évoque son enfance et les pressions qu’il a subies, fait allusion à un programme avec la Petite Musique de Nu it de Mozart, et exprime son amour. Les lettres sont écrites de New York (à en-tête de Hampshire House ), de Megève et de Londres, où Karajan séjourne chez Walter LEGGE, qui avait organisé la tournée américaine, et qui est mentionné dans ces lettres.
1 000 - 1 500 €
139 LESUEUR Jean-François (1760-1837).
5 L.A.S. et 1 L.S. « Le Sueur », 1804-1832 ; 12 pages formats divers.
14 pluviose XII (4 février 1804) , au préfet du palais chargé du Théâtre des arts, se plaignant longuement que son opéra Les Bardes soit sans cesse repoussé (2 p. et demie in-fol.). – 7 avril 1807, à M. Roger, concernant les talents de M. Utinet, maître de musique au théâtre de Troyes, et le manque de places vacantes au grand opéra, à Feydeau ou à la Chapelle impériale ; il travaille à la campagne, mais vient régulièrement au Conservatoire pour la répétition des messes de la Chapelle… (2 p. in-4).
18 octobre 1816 , à PLANTADE, maître de la chapelle du Roi. Commentaire détaillé de plusieurs pièces de Plantade : Kyrie , Domine non secundum , Domine ne memineris , etc. (2 p. in-8, adr.).
– 31 décembre 1818 , à M. Sauvo, le remerciant de son jugement auquel il attache un grand prix (1 p. in-4, adr., répar.).– 182., à M. Grégoire, donnant la composition de la « messe solemnelle du St esprit, pour la rentrée des chambres » (2 p. in-4, en-tête Le Surintendant de la Musique du Roi ).
25 janvier 1832 , L.S. au comte Anatole de Montesquiou, en faveur des anciens artistes de la Musique du Roi, dont on a supprimé la pension (3 p. in-4).
On joint : – un billet a.s. (5 prairial VIII) ; – une attestation a.s. concernant Alexandre Piccinni (19 sept. 1830) ; – une l.a.s. de sa veuve à Meyerbeer, 28 octobre 1845 ; – un portrait gravé.
600 - 800 €
140
LISZT Franz (1811-1886).
L.A.S. « F. Liszt », Weymar 4 février 1857, [à Ferdinand HÉROLD] ; 2 pages et quart in-8 sur papier bleu.
« Êtes-vous encore parfois en train d’écouter de la musique et de vous intéresser à des musiciens de la bonne sorte ? » Il lui recommande le pianiste Hans von BRONSART, « un de mes amis très affectionnés, [...] qui a passé deux années avec moi à Weymar où il a laissé les meilleurs souvenirs à la cour et à la ville. Comme pianiste extraordinaire de votre Chambre il pourra remplacer Kroll (avec lequel il est assez lié de Berlin) et vous trouverez en lui de tous points un jeune homme très comme il faut, un musicien remarquable, et un garçon d’esprit. J’ajoute comme manière d’information que son père est actuellement Commandant de la forteresse de Wesel et que plusieurs de ses frères ont du service dans l’armée prussienne, en conséquence de quoi il est bien appuyé de recommandations et rencontrera de bonnes chances dans la carrière à laquelle il s’est préparé par de sérieuses etudes, qui comme vous l’entendrez ont parfaitement fructifié »... Il envoie des souvenirs affectueux de la Princesse Wittgenstein...
1 000 - 1 200 €
141
LISZT Franz (1811-1886).
L.A.S. « F. Liszt », Weymar 30 avril 1860, à un ami ; 2 pages in-8 sur papier bleu.
Il recommande M. Legrèle, qui a passé « quelque temps à Weymar où il s’est fort studieusement occupé de littérature allemande, et se propose maintenant d’étendre encore ses horizons intellectuels par un séjour de plusieurs mois en Angleterre ». Il a « fait ses premières armes littéraires » dans la Revue contemporaine avec succès. Lui-même ira passer quelques jours à Londres ce printemps et il sera heureux de revoir son ami…
800 - 1 000 €




142
LISZT Franz (1811-1886).
L.A.S. « F. Liszt », Weimar 23 février 1869, [probablement à l’ éditeur Heinrich SCHMIDT de Leipzig] ; 1 page in-8 ; en allemand.
Il remercie de l’aimable envoi des « so fein charakterisirten Musikalische Studienköpfe » [il s’agit du premier des 5 volumes de ces études de têtes musicales, écrites par Marie LIPSIUS (1837 - 1927), qui, sous le pseudonyme de La Mara, publiera 8 volumes de la correspondance de Liszt].
800 - 1 000 €
143
LISZT Franz (1811-1886).
L.A.S. « F. Liszt », Vendredi matin, à un critique ; 2 pages in-8.
« Tout le monde me dit […] que vous avez publié un article magnifique sur mon 1er Concert. Je serais déjà venu vous en remercier sans une forte indisposition qui me retient dans ma chambre. Demain ou après j’espère être sur pied. J’en profiterai tout d’abord pour vous faire ma visite et vous renouveler l’expression de mes sentiments les plus distingués et les plus affectueusement dévoués »…
800 - 1 000 €

144
MAHLER-WERFEL Alma (1879-1964).
6 L.A.S. « Alma Maria Mahler », « Alma » ou « Alma Maria », à un ami chef d’orchestre ; 12 pages oblong in-4 à l’encre violette de sa grande écriture (légers défauts à 2 lettres) ; 2 en anglais et 4 en français.
Elle reçoit un télégramme de KLEIBER, qui peut l’intéresser.
Franz WERFEL envoie au « Dearest » un livre avec sa plus profonde dévotion… – Elle demande « 2 places pour votre concert en jeudi ; partant dimanche, « c’est l’unique occasion, où je puis vous entendre »…. – « La Vème était merveilleuse . Depuis la temp de MAHLER je n’avais pas entendue les deux dernières pieces avec tel force, tel brio, tel grandeur »… – « Quand vous voulez aider comme vous m’as parler pour le Gustav Mahler-Dennkmal, s’il vous plait, de envoyer votre cadeau au Mr. Director Fritz SPITZER Wien »... – Elle est à Paris pour quelques jours et invite son ami à venir déjeuner à l’hôtel Majestic.– Elle est désolée du dédit du « cher Maitre » ; elle avait « invité seulement pour vous plusieurs des mes chers amis et musicien »…
1 000 - 1 500 €


145
MOZART Wolfgang Amadeus (1756-1791).
Mèche de cheveux dans un album d’autographes ; une trentaine d’autographes montés sur 9 feuillets de papier fort oblong in-4 (19 x 26 cm), plus 27 ff. vierges, dans un album relié maroquin noir, filets dorés et à froid d’encadrement, initiales dorées
A.M.C. sur le plat sup. (charnière frottée, dos abîmé).
Album de May COATES (son nom figure en tête, calligraphié en lettres gothiques), contenant des lettres, des enveloppes, des signatures découpées, et une enveloppe avec une mèche de cheveux de MOZART, avec cette inscription au crayon : « Mozart’s hair given by his son to Pauer, who was his friend and pupil » (cheveux de Mozart donnés par son fils à Pauer, qui était son ami et élève). Le pianiste et compositeur autrichien Ernst PAUER (1826-10905) était un élève de Franz Xaver Wolfgang MOZART (1791-1844). Toutes les mèches connues de cheveux de Mozart proviennent de Franz Xaver Mozart (dont une autre vendue chez Sotheby’s à Londres le 19 mai 1989, lot 467).
Parmi les autographes de l’album, notons des lettres de Wellington, Anna Maria Hall, Anne Thackeray, E.J. Cobbett, George Frederic Watts, John William Inchbold (parlant de Rossetti), Hubert von Herkomer, Jenny Lind-Goldschmitt, Stephen Heller, Thomas Hughes, Henry Taylor, George Meredith ; et des enveloppes et signatures découpées de lord Palmerston, W. Gladstone, L. AlmaTadema, David Livingstone…
5 000 - 6 000 €
PROVENANCE
Vente Sotheby’s, Londres 5 décembre 1997, Fine Printed and Manuscript Music , n° 147.



146
RAVEL Maurice (1875-1937).
L.A.S. « Maurice Ravel », Megève 18 janvier 1919, à Marguerite LONG ; 4 pages in-8.

Il a appris par Gustave Samazeuilh que la pianiste avait eu la grippe, et il la croyait rétablie. « Je suis resté si longtemps sans voir personne que je n’avais aucune nouvelle des amis ». Il n’a pas quitté Saint-Cloud pendant deux mois, « passant du lit à la chaise longue », et on lui a ordonné le repos absolu à la montagne pendant un certain temps. Il en vient au Tombeau de Couperin, dans lequel il reste « pas mal de fautes […] Si vous pouviez vous mettre en rapport avec mon ami GARBAN – en lui téléphonant chez Durand – il vous les indiquerait. C’est lui qui m’a aidé dans les corrections. Je souhaite que vos doigts de coton reprennent vivement la solidité de l’acier »… Correspondance, écrits et entretiens , n° 1110.
1 000 - 1 500 €
147
STRAUSS Richard (1864-1949).
L.A.S. « Richard Strauss », Garmisch 15 octobre 1935, au chef d’orchestre Richard KRAUS ; 2 pages in-8 à son en-tête (trous de classeur) ; en allemand.
Un nouvel arrangement de la partition de Salomé ne coûte absolument rien ! (« Die sog. Neueinrichtung der Salomepartitur kostet “gar kein Geld” ! ») Il suffit de demander un exemplaire de la partition à Fürstner au nom de Strauss et de laisser les copistes arranger les voix en partant de là. Évoquant sa Frau ohne Schatten et Arabella , il fait l’éloge de la chanteuse Marie SCHULZ...
700 - 800 €

148
WAGNER Richard (1813-1883).
L.A.S. « Richard Wagner », Londres 18 mai 1855, à Mme BENECKE ; 1 page et demie in-8 ; en allemand.
Pendant sa tournée de concerts à Londres . [Wagner a été engagé par la Philharmonic Society de Londres pour diriger une série de huit concerts, de mars à juin 1855. Il y a rencontré Mme Benecke, épouse d’un homme d’affaires d’origine allemande installé à Londres, à qui il avait été recommandé par Wesendonck.] La lettre amicale de Mme Benecke n’a fait qu’accroître son agacement de n’avoir pu se rendre à sa soirée familiale… Le prochain samedi, il aura de nouveau une répétition ; si cela ne le fatigue pas trop, il ira à Camberwell pour profiter de la chaleureuse hospitalité de Mme Benecke… « Ihre freundlichen Zeilen, für die ich Ihnen herzlich danke, haben doch nur meine Verdriesslichkeit gemehrt, da ich mir bereits selbst Vorwürfe machte, grade für Ihren FamilienAbend eine Einladung angenommen zu haben, die nicht gut mehr abzuändern war, weil eine Dame eigens zu diesem Abend vom Lande hereinkommt. Nächsten Sonnabend habe ich nun wieder Probe: wenn sie mir nicht gar zu anstrengend ausfällt, komme ich aber doch dann nach Camberwell, um mich Ihrer freundlichen Geneigtheit zu erfreuen »...
1 000 - 1 500 €
149
WAGNER Richard (1813-1883).
L.A.S. « Richard Wagner », 16 rue Newton, Champs-Élysées [vers 1860, à Pauline VIARDOT] ; 1 page in-8 ; en allemand.
Belle lettre exprimant des remerciements à sa « chère et aimée amie ». Depuis la veille, il la remercie de lui avoir donné tant de beauté et de réconfort. Il se berce toujours plus encore d’espoirs. Il la charge de transmettre ses vœux à BERLIOZ quand elle le verra. Il évoque les « Musikalien » dont il a pu jouir dans sa maison amicale…
1 000 - 1 500 €

150
APOLLINAIRE Guillaume (1880-1918).
L.A.S. « Guillaume Apollinaire », Paris 17 juin 1918, à son ami Jacques MOLINA à Fontaine l’Abbé (Eure) ; 1 page et demie in-8, en-tête Ministère des Colonies. Cabinet du Ministre , enveloppe avec contreseing autographe et cachet du Ministère.
Lettre de condoléances : « Je ne tente même pas de vous envoyer des paroles de consolation. Vous les écarteriez à juste raison. C’est pourquoi je me contente de vous serrer silencieusement la main et de me rappeler au souvenir de vos enfants »…
400 - 500 €
151
ARAGON Louis (1897-1982)
L.A.S. « A. », Nice dimanche 22 [février 1942], à André ROUSSEAUX ; demi-page in-4.
Il vient de recevoir une lettre qui l’oblige à s’absenter de Nice : « Ma mère est très malade, au diable, à Cahors ». Il rentrera à Nice le 28, mais « mieux vaut dire de ne compter sur moi que pour le dimanche 1er Mars. »…
200 - 250 €
152
ARTAUD Antonin (1896-1948).
2 L.A.S. « Antonin Nalpas », Chezal-Benoit janvier 1943, au Docteur DONNADIEU, médecin-directeur ; 2 pages in-4 chaque, la première sur papier ligné, la 2e au crayon noir sur papier d’écolier.
Lettres pathétiques sur son dédoublement de personnalité, au médecin-chef de l’hôpital psychiatrique de Chezal-Benoit , où Artaud séjourna quelque temps lors de son transfert de VilleÉvrard vers Rodez.
[Janvier 1943] . « J’ai eu l’occasion de vous toucher un mot hier matin quand vous êtes passé au pavillon de mon effroyable état de sous-alimentation et vous avez pensé depuis que seul un mort pouvait avoir aussi faim mais qu’on ne pouvait pas être aussi mort que je le suis et vivre encore de ce côté des choses sans que le miracle et la magie ne s’en mêlent. Car c’est uniquement de cela qu’il s’agit dans mon cas. Et l’erreur d’identité que je subis depuis plus de cinq ans que j’ai été ramené d’Irlande en est entre autres choses une preuve ». Il évoque une mystérieuse scène où « l’occulte est intervenu […] Il a été question dans cette scène occulte du mystère même de la vie et de sa nature secrète dont l’essence n’appartient qu’à Dieu, car de fait elle est absolument incompréhensible. Et seule au Moyen-Âge une école d’alchimistes dont le chef vous touche de près en a approché le mystère concret. Mais dans la vie que nous vivons […] nous sommes loin de tous ces mystères comme nous sommes loin de toute métaphysique, car il faut manger d’abord et vous avez reconnu hier que si les plus hautes idées en ce monde se perdent, c’était parce que Dieu ne mange pas assez. Et le Mal vient . [...] Car il n’y a pas de crime pire que le péché de sexualité, poursuit-il. Et tout ce qui est sexuel voilà 5 ans Dr Donadieu qu’interné , malade et rebuté j’attends en vain qu’une conscience d’homme se lève sur mon chemin. J’ai une famille qui ne demande qu’à me recueillir et à me nourrir mais voilà 5 ans que les lois Françaises l’empêchent de me rejoindre. Voilà 3 ans que l’Asile de Ville-Evrard où j’étais interné refuse, d ILA p I d E ou fait jeter au rebut par pure méchanceté les lettres ou colis alimentaires expédiés à mon nom d’Antonin Nalpas et détruit les ordres de sortie et de libération définitive […]

27 janvier 1943 . « Il y a dans mes affaires personnelles et accompagnant un passeport au nom d’Antonin Artaud et qui est celui que le Régime Français m’attribue, un petit objet ayant pour moi valeur de talisman, [...] et dont j’aimerai beaucoup qu’il me soit restitué maintenant . Il a été inscrit sous la dénomination de coupe-papier [...] Mais ce n’est pas pour moi un coupe-papier c’est un objet religieux et sacré auquel je tiens comme à une croix, un chapelet, [...] car il a pour moi pouvoir de protection contre le Mal et ses mauvais esprits. C’est une toute petite épée miniature et qui est le modèle suivant lequel a été fondue et trempée la Durandal de Roland. [...]. Me la faire rendre serait accomplir pour moi un acte libérateur et de votre part un geste de piété ». Il demande enfin de transmettre une lettre au docteur Ferdière.
On joint 3 documents administratifs (1944 et 1949) concernant le Dr Donnadieu, et une brochure d’A. Donnadieu, L’assistance aux aliénés tuberculeux (1952).
1 800 - 2 000 €
153
ARTAUD Antonin (1896-1948).
L.A.S. « Antonin Artaud », Ivry 10 août 1947, à Jacques PREVEL ; 2 pages petit in-4 à l’encre verte.
Besoin de drogue. [Prevel, tuberculeux, traité au Centre de précure de la Cité universitaire, fournissait Artaud en laudanum et en opium]. Il lui demande de venir le voir le lendemain, « et apportez moi ce que vous m’aviez promis car ça URGE. Tachez d’en réunir de deux ou 3 côtés pour faire au moins 40 grammes. Je compte sur vous car mon cœur bat la breloque et je rougis d’instant en instant »… Il aura de l’argent.

600 - 800 € sous prétexte que d’après les papiers qu’il détient je suis Antonin Artaud »… Il espère que le docteur FERDIÈRE viendra le chercher, et supplie le docteur Donnadieu de soulager son infortune ». Il termine en demandant du tabac, de la nourriture et des livres : « il y a un livre d’Antonin Artaud que j’aime beaucoup. Il s’appelle Le Théâtre et son Double »…

154
BAINVILLE Jacques (1879-1936).
14 MANUSCRITS autographes signés « J. B. », [1932-1935] ; 29 pages in-8, avec ratures et corrections.
Très intéressants articles, probablement destinés à L’Action Française , sur la politique internationale de l’entre-deuxguerres et la montée du nazisme en Allemagne
Suc du discours, commentaire d’un discours de HITLER : « Un discours comme celui que vient de prononcer Hitler ne se résume pas. Il ne s’analyse pas. On ne peut qu’en exprimer le sens comme on presse une éponge ou un citron. Le principal se dégage tout de suite, et, naturellement, c’est un malentendu »... Il évoque le problème des Sudètes et leur chef nazi Henlein, Mein Kampf
Fin d’un système et d’un règne, analyse de la situation financière mondiale, de la crise, des la situation allemande et Française, et des mesures américaines prises par ROOSEVELT...
À la poursuite d ’un fantôme, à propos des élections en Allemagne, de l’inquiétante montée du nazisme, de la menace qui se précise sur la France et de l’insuffisante garantie des traités signés depuis la fin de la guerre : « Il n’est pas encore prouvé qu’un gouvernement conservateur, décent [...], puisse “endiguer” le mouvement hitlérien »...
Le petit Interrègne, sur la dissolution du Reichstag (12 septembre 1932)...
Comme en conclave, à propos de la Conférence de Lausanne sur les Réparations (juin-juillet 1932), à l’issue de laquelle l’Allemagne sera obligée de faire un dernier versement. Bainville propose, d’après une idée du Times, d’isoler les ministres de la conférence.
Le “détachement amical”, sur une trouvaille du Times qui a remplacé l’expression d’« entente cordiale » par celle de « détachement amical »... Cette tournure le ravit, et il l’applique aux conférences sur le désarmement et les réparations...
Le plan Hoover et le plan Tardieu, à propos des conférences sur le désarmement, et de l’attitude américaine. Inquiet, il se dit que la Société des Nations serait bien gênée de répondre aux « vraies questions : Qui peut avoir des raisons de faire la guerre ? Qui en a moins que la France d’attaquer qui que ce soit ? Qui en a plus de redouter une agression ? »...
Préparation savante, à propos d’un éventuel retour de la monarchie en Allemagne, qui vaudrait mieux que la prise du pouvoir par les nazis : « Il faut tenir compte de l’apparition du phénomène hitlérien. Et HITLER a agi par la terreur. S’il est le maître, “des têtes rouleront”. Les chefs socialistes seront traqués. Des pogroms seront possibles. Beaucoup de juifs allemands sont déjà partis. Quelques-uns, fort connus, comme Einstein, se disposent à changer de nationalité. Mais il en reste, et ceux-là préfèrent n’importe quoi à la révolution antisémite. [...] Il s’agit de montrer ce que l’Europe gagne à voir gouverner en Allemagne n’importe qui, sauf Hitler, qui joue, avec une complaisance et une intelligence remarquables, le rôle de croquemitaine et de repoussoir »...
La farce est jouée : « Ayant écrit à cette même place, il y a déjà dix ou douze ans, que les réparations seraient la plus grande farce de tous les siècles, comment serions-nous étonnés de ce qui arrive ? »...
Le “geste” qui demeure, au sujet du rôle du président HOOVER dans les conférences sur le désarmement, et des élections au sein de la Société des Nations...

La double offensive de Genève et de Lausanne. « Genève et Lausanne sont devenus le théâtre d’une lutte dans le “cadre international” lequel a tout simplement mis les nations en présence sur un champ de bataille diplomatique, une sorte de Waterloo où M. Herriot n’a même plus Viviani pour dire le mot de Cambronne »...
Ce n’est plus si ridicule, à propos des problèmes politiques « des » Allemagnes, des luttes de pouvoir entre Munich et Berlin... Papen le constructeur, à propos des conférences à Lausanne sur la reconstruction de l’Europe et du rôle qu’y joue l’Allemagne : « S’il s’agit de sauver l’Europe, l’univers, la civilisation, ce ne peut pas être avec ce qui les perd. [...] Restaurer l’Europe est une expression qui prend un sens et un sens conservateur »...
Vaste incohérence, [1934] Après l’avènement du III e Reich, Bainville s’inquiète du désordre politique de l’Europe, et de la Grande-Bretagne en particulier : « En trois semaines, le Cabinet de Londres s’est livré à des improvisations qui ont étonné le monde. [...] Le gouvernement britannique a donné l’impression qu’il avait perdu un peu de son flegme réputé. [...] L’explication de ces mouvements désordonnés est simple. L’Allemagne est redevenue une grande puissance politique en redevenant une grande puissance militaire. [...] Un instinct pousse les peuples d’Europe à s’organiser par rapport à la renaissance de l’Allemagne. [...] HITLER se tait, observe, attend. Le troisième Reich agit par sa masse »...
1 500 - 2 000 €
155
BARBEY D’AUREVILLY Jules (1808-1889).
L.A.S. « Jules Barbey d’Aurevilly », Paris 24 décembre [1874], à Paul FOUBERT, « député de la Manche », à Saint-Sauveur-leVicomte ; 1 page in-8 à sa devise Never More , enveloppe timbrée.
Au sujet des poursuites contre Les Diaboliques
« Mon cher camarade, Votre collègue, M. Savary (de la Manche) ne demande pas mieux (je le sais) que de joindre ses efforts aux vôtres pour obtenir du ministre l’enterrement de mon affaire. […] Vous avez mis en réquisition l’ami GAMBETTA, – ardent en amitié comme en politique et sur lequel nous comptons tant, – n’est-ce pas ? » Et il signe : « Mieux que votre camarade à présent votre ami, Jules Barbey d’Aurevilly ».
[En janvier 1875, Barbey ayant accepté de retirer son livre de la vente, le juge d’instruction prononcera un non-lieu.]
400 - 500 €
156
BAYER Konrad (1932-1964).
Feuille avec DESSINS et quelques notes autographes ; 29,5 x 21 cm.
Croquis griffonnés au stylo bille bleu, dont une femme en corsage et porte-jarretelles. « Illmitz » – « Purbach » – « Kobersdorf […]
(Motel ?) 300.000 »...
300 - 400 €
157
BEAUMARCHAIS Pierre-Augustin Caron de (1732-1799).
L.A.S. « De Beaumarchais », Fontainebleau 10 décembre 1765, à M. de LA VERGNE, notaire royal à La Rochelle ; 3 pages in-4, adresse avec marque postale de Fontainebleau , petit manque par bris de cachet sans perte de texte.
Sur la gestion de différentes affaires financières : remboursements à faire, rentes à toucher, etc. Il compte partir en Bretagne en janvier : « je vous serai obligé de tacher de me remettre ces neufs cent livres sur Paris dans une lettre de change payable avant le 1er de jer affin que je puisse palper cette somme avant mon départ ». II donne des nouvelles de Monsieur le Dauphin [qui mourra le 20 décembre] qui « est toujours dans un tres triste état ». Il prie de lui adresser « vos lettres a la Cour moyen en cela partout ou la Cour sera elles me parviendront »…
1 200 - 1 500 €
158
BERNANOS Georges (1888-1948).
MANUSCRIT autographe, [ Journal d’un curé de campagne] (fragment), [1935] ; 49 feuillets in-4 écrits au recto seul.

Important fragment du chef-d’œuvre de Georges Bernanos Le roman fut publié, avec quelques coupures, dans La Revue hebdomadaire , dirigée par François Le Grix, du 14 décembre 1935 au 22 février 1936, avant de paraître en librairie chez Plon en mars 1936.
Le présent manuscrit a servi à l’impression dans deux numéros de La Revue hebdomadaire du 21 décembre (p. 318-331) et du 28 décembre (p. 446-457). Il correspond aux pages 216 à 240 du tome II des Œuvres romanesques complètes de la Bibliothèque de la Pléiade (2015).
L’œuvre raconte le destin d’un modeste curé de la paroisse d’Ambricourt, dans le nord de la France, ses rapports difficiles avec la population, ses tourments et interrogations sur la foi, la pauvreté, la condition sociale. La dernière partie, bouleversante, décrit son cheminement vers la mort, qui est aussi celui vers la grâce. Le manuscrit est une mise au net, soigneusement rédigée à l’encre noire ou bleu nuit, sur des feuillets de papier de bloc de papier ligné, avec une large marge sur la gauche ; il présente quelques rares ratures et corrections. La pagination originale, au crayon à gauche, va de 1 à 49 ; une seconde pagination, pour la revue, a été portée à droite, de 52 à 100, avec une mention manuscrite au crayon sur la première page : « Suite de la copie : les premiers feuillets sont ceux envoyés pour la RH », avec le nom de l’auteur et le titre ; un cachet encre de la fabrication est daté du 20 décembre 1935.
On remarquera que le manuscrit porte au crayon huit dates pour les entrées du « journal », qui ne seront pas conservées dans l’édition ; elles vont du « 17 novembre » au « 11 décembre ».
La première entrée est datée du 17 novembre : « C’est samedi prochain que je vais déjeuner au château. Puisque la principale, ou peut-être la seule utilité de ce journal sera de m’entretenir dans mes habitudes d’entière franchise envers moi-même, je dois avouer que je n’en suis pas fâché, flatté plutôt… » Les entrées suivantes contiennent notamment une méditation sur l’Ancien Monde et la condition de l’homme (7 décembre). La dernière entrée, au 11 décembre, rapporte les propos exaltés du curé de Torcy, sur la foi, le destin de l’homme, la société moderne, la misère et la miséricorde, et s’achève ainsi : « Sa grosse main tremblait sur mes bras et les larmes que je croyais voir dans ses yeux, semblaient y être dévorées à mesure par ce regard qu’il tenait toujours fixé sur le mien. Je ne pouvais pas pleurer. La nuit était venue sans que je m’en doutasse, et je ne distinguais plus qu’à peine son visage, maintenant immobile, aussi noble, aussi pur, aussi paisible que celui d’un mort. Et juste à ce moment, le premier coup de l’angélus éclata, venu de je ne sais quel point vertigineux du ciel, comme de la cime du soir ».
2 000 - 2 500 €
159
BERNARD Tristan (1866-1947).
MANUSCRIT autographe signé « Paul Bernard », Comédie en deux actes , 10 novembre 1891 ; 27 pages in-8 d’un cahier broché, couverture cartonnée.
Rare comédie de jeunesse, écrite, selon une mention finale de l’auteur, entre 11 heures et demie du matin et minuit et demie, le 10 novembre 1891. La page de titre porte l’indication autographe, ajoutée en 1946 : « de Paul Bernard (qui s’appelait Tristan depuis deux mois) ». Ce manuscrit est antérieur de trois ans et demi à la première pièce de Bernard représentée sur scène (Les Pieds Nickelés , 15 mars 1895). Il présente fort peu de corrections. L’histoire se passe à Paris, entre Alix, son fiancé Pierre et l’ami intime de Pierre, François, qui est chimiste. Alix se passionne pour des assassins et leurs forfaits ; elle a une indulgence pour les criminels de tous genres. Cependant Pierre, avant de se marier, tient à avoir l’opinion de François, et François, intelligent, habile, et non aveuglé par les sentiments, trouve le moyen radical de guérir la jeune femme de ses goûts pervers…
400 - 500 €
160
BRETON André (1896-1966).
MANUSCRIT autographe signé en tête « André Breton », [ La forêt dans la hache , vers 1929] ; 1 page in-4 au dos à l’encre noire au dos du papier à en-tête et vignette de la revue
La Révolution Surréaliste
Beau texte poétique d’écriture automatique. Ici sans titre, il sera publié en 1932, sous le titre La forêt dans la hache , dans Le Revolver à cheveux blancs
« On vient de mourir mais je suis vivant et cependant je n’ai plus d’âme ; je n’ai plus qu’un corps transparent à l’intérieur duquel des colombes transparentes sont poignardées par un poignard transparent tenu par une main transparente. [...] Ombre, ma chérie. Tu vois. Il n’y a plus de soleil. Il n’y a plus qu’un tropique sur deux. Il n’y a plus qu’un homme sur mille. Il n’y a plus qu’une femme sur l’absence de pensée qui caractérise en noir pur cette époque maudite. Cette femme tient un bouquet d’immortelles de la forme de mon sang. »
700 - 900 €

161
CAMUS Albert (1913-1960).

163
CÉLINE Louis-Ferdinand (1894-1961).
L.A.S. « A.C. », [début 1956], à Vivette BLOCH-MICHEL ; 1 page in-8 à en-tête nrf
La Chute est sur le point de paraître, et il demande à ses amis
Bloch « la corvée » de lire « ces 120 pages : j’hésite et recule un peu devant elles, vous verrez pourquoi. [...] Il se peut qu’il y ait des fautes, mais ce n’est pas l’important. C’est le principe même de ce portrait du contemporain qui est en cause. De toutes manières, je suis heureux de l’avoir fait. J’ai vraiment cru pendant un an que je ne serai plus capable de rien »... Il n’a toujours pas de titre, et suggère : « Un héros de notre temps (déjà pris). Le Jugement dernier ? Le bon apôtre ? ».
800 - 1 000 €
162
CARCO Francis (1886-1958).
Mortefontaine (Émile-Paul frères, 1946) ; in-4, reliure bradel percaline beige, carte géographique de l’Oise collée sur le plat sup.
Édition originale enrichie de manuscrits
Édition conçue par Jean-Gabriel DARAGNÈS, complète des couvertures bleues avec titre imprimé et petite vignette illustrée ; frontispice gravé de Daragnès ; bandeaux et culs-de-lampe en violet. Tirage à 350 exemplaires, un des 330 numérotés sur vélin blanc de Lana (n° 30).
Dessin original de DARAGNÈS, plume et lavis d’encre noire sur le feuillet de garde : bouquet de fleurs, avec envoi a.s. « pour Marcelle Gompel en toute amitié pour le jour de l’an 47 affectueusement Daragnès ».
On a monté en tête : – un manuscrit autographe de Philippe CHABANEIX sur l’œuvre poétique de Francis Carco (5 pages in-4, avec de nombreuses ratures et corrections) ; – un tapuscrit signé de Francis CARCO avec corrections autographes et une addition autographe de 17 lignes (7 ff. in-4) ; – le manuscrit autographe du début de Mortefontaine : « C’est le pays de Gérard de Nerval »… (1 page in-8, 15 vers, plus 7 vers biffés) ; – une page de notes de Carco sur Nerval (1 p. et quart in-8).
400 - 500 €
L.A.S. « Celine », le 24 [mai 1936], à un « cher confrère » [André ROUSSEAUX] ; 8 pages in-4 sur 2 bifeuillets de papier quadrillé.
Très belle lettre et longue lettre de Céline sur son style et sa conception du roman [Mort à crédit a été publié le 12 mai 1936 ; André ROUSSEAUX (1896-1973) lui a consacré une partie de sa chronique « Propos du samedi » dans Le Figaro du 23 mai, principalement sur l’usage de l’argot.]
Céline remercie son confrère « pour l’article que vous le tout premier vous avez bien voulu me consacrer. Je ne sais ce qu’il me faut admirer le plus votre bienveillance ou votre courage ! Surtout que vous avez du éprouver de votre public de très vives réactions. Il est plus (bien) facile de m’accabler que de me défendre ! Je le sais ». Puis il passe aux « querelles » : « Griefs de l’argot : trucs, procédé, manière, artifice, ennui, etc… ! Mais non ! J’écris comme je parle, sans procédé […] Je me donne du mal pour rendre le “parler” en “écrit”. parce que le papier retient mal la parole, mais c’est tout. […] Point de génie en cela ! de la condensation c’est tout. Je trouve quant à moi en ceci le seul mode d’expression possible par l’émotion. Je ne veux pas narrer, je veux faire RESSENTIR . Il est impossible de le faire avec le langage académique, usuel, le beau style. – C’est l’instrument des rapports, de la discussion, de la lettre, de la conserve – mais c’est toujours de la grimace et du figé. Je ne peux pas lire un roman en langage classique. Ce sont là des projets de romans ce ne sont jamais des romans . Tout le travail reste à faire le rendu émotif n’y est pas . Et c’est lui seul qui compte. D’ailleurs cela est tellement exact que sans camaraderie, forcerie, complaisance, pénuries, on ne les lirait plus depuis longtemps ! Leur langue est impossible elle est morte , aussi illisible (en ce sens émotif) que le latin. Pourquoi je fais tant d’emprunts à la langue, au “jargon” à la syntaxe argotique pourquoi je la forme moi-même si tel est mon besoin de l’instant ! […] elle meurt vite cette langue, donc elle a vécu, elle VIT tant que je l’employe […] Une langue c’est comme le reste ç A MEURT TOUT LE TEM p S çA d OIT MOURIR . Il faut s’y résigner, la langue des romans habituels est morte, syntaxe, morte – tout mort. Les miens mourront aussi, bientôt sans doute. Mais ils auront eu la petite supériorité sur tant d’autres, ils auront pendant un an, un mois, un jour, V éc U. […] Dans toute cette recherche d’un français absolu il existe une niaise prétention, insupportable, à l’éternité d’une forme d’écrire, une seule, le joli français ! le joli style ! La jolie momie ! Bandelettes ! Ne rien risquer. Vite en momie ! C’est le mot d’ordre de tous les lycées »… Lettres (Pléiade), 36-28.
1 800 - 2 000 €
CÉLINE Louis-Ferdinand (1894-1961).
L.A.S. « LF Céline », Copenhague « En prison » 1er mars 1947, [à André ROUSSEAUX] ; 3 pages in-fol.
Vigoureuse réaction à un article sur MONTHERLANT dans Le Figaro littéraire . [André Rousseaux, « M. de Montherlant rentre en littérature », 19 avril 1947.]

« Du train où vous y allez dans le Figaro littéraire , je ne peux plus imaginer que Gustave Lanson, est bien mort pour ne point vous sembler suspect ! J’ai toujours lu vos chroniques avec grand intérêt et nous avons même je crois correspondu autrefois avec sympathie… et vous en êtes arrivé là !... CHÉNIER explique tout ceci vous le savez dans la Peur… Je ne serai pas cruel. C’est à mon tour d’être indulgent, à un engagé des 2 guerres, mutilé 80 p 100, médaille militaire depuis octobre 1914 ! Je ne défendrai pas MONTHERLANT il se défend très bien tout seul, la preuve. Il s’en tire sans une égratignure… Mais nous sommes quelques uns à crever de crimes imaginaires… Dans votre revue des écrivains de la génération vous comptez pour rien MORAND ? Qui présente aujourd’hui pourtant un Ouvert la nuit ? Est-ce Aragon-Balzac ? George Sand-Triolet ? Vous êtes trop avisé… Non en vérité la dégringolade est complète. Trop de guerres ont épuisé le sang. Nous en sommes aux sangs de navets… Et de navets fous d’eux-mêmes ! Précisément ce que j’ai voulu nous éviter : épargner le sang . Rien d’autre ! Vous me ferez l’honnêteté de le penser et de m’épargner l’injure. Je tiens beaucoup à votre estime. Je sais que le martyre comporte l’outrage et le crachat des imbéciles. Je ne vous range pas parmi ces derniers, c’est beaucoup de ma part. J’ai fait trop d’envieux pour m’en tirer je le sais. Mille fois plus toréador que MONTHERLANT moi je suis vraiment descendu dans l’arène, en personne, et la bête m’a éventré, je gis, monsieur, je n’en ai plus pour longtemps, et je vous salue, mais ne m’insultez pas. Votre article est plein d’insultes, informulées mais présentes »…
800 - 1 000 €
165
CÉLINE Louis-Ferdinand (1894-1961).
L.A.S. « LFCeline », Copenhague 3 juin 1947, à Charles DESHAYES à Lyon ; 3 pages et quart in-fol., enveloppe timbrée.
Première lettre au journaliste lyonnais qui va prendre la défense de Céline

Céline lui envoie le texte demandé [ses réponses aux accusations portées contre lui] : « Il n’a rien de bien mystérieux ni secret. Il est le résultat de 17 mois de cellule. Mon sort n’est pas encore fixé. J’ai trois avocats en France – Maîtres Naud, Fourcade et Antoine qui s’attachent à rétablir la vérité, bien élémentaire, bien simple. J’ai tenté, gauchement, dans la mesure de mes misérables forces de m’opposer à une guerre que je jugeais maladroite, désastreuse, imbécile. Je me suis mêlé de ce qui ne me regardait pas. J’ai tout perdu — pays, sous, santé, et même mes moyens d’existence. On m’a tout pris, je n’ai plus rien sauf 54 ans d’âge et une mutilation de guerre 75 p. 100. On m’a même tué mon éditeur Denoël ! La sauvagerie à mon égard a été totale. Je ne réclame de sévices vous le pensez bien contre personne mais je suis bien forcé de me comparer à Montherlant, Chadourne, La Varende, Guitry – et cent autres qui n’ont pas perdu un cil dans cette effroyable aventure ! et moi l’on me traque comme un chien lépreux sur toutes les routes d’Europe d’hôpital en cellule. Je suis le bouc puant de la furie des envieux. Drieu, Brasillach avaient au moins eux écrit des articles – moi jamais de ma vie ! J’ai trouvé toujours la “collaboration” idiote, une duperie. Je n’en paye pas moins plus cher que tous. Il est vrai que le moyen des fureurs partisanes idéologiques est admirable pour se débarrasser d’un confrère haï, envié, qui vous a toujours pissé au cul et dont on craint la plume comme trente-six pestes ! »… Lettres (Pléiade), 47-42 (p. 908).
1 000 - 1 500 €

166
CÉLINE Louis-Ferdinand (1894-1961).
L.A.S « LF Céline », [Copenhague] 6 octobre [1947], à Maître Albert NAUD ; 1 page et demie in-fol.
Lettre d’exil à son avocat
Céline commente d’abord « 2 petites ordures à moi destinées » (coupures de presse) [la première accusait Céline d’avoir dénoncé comme juive la chanteuse Lil Boël et d’avoir fait arrêter son spectacle] : « Inutile de vous dire que je ne connais cette Lil Boel ni d’Ève ni d’Adam – c’est la première fois, par cette saloperie, que son existence m’est révélée. Toute cabotine en mal de publicité peut user du truc ! Pensez donc : La Persécutée, la martyre de Céline ! Cela porte et ne coûte rien. Comment mettre un terme à cette ignoble malice, qui peut durer indéfiniment... Un procès ? L’autre coupure m’apprend aussi que j’ai signé un manifeste [contre les bombardements anglais sur la région parisienne]... Première nouvelle ! Tout cela est faux, archi faux ! Je n’ai jamais signé rien du tout . Mais suis-je responsable de tout ce qu’on peut me faire dire et signer ?
À tout hasard ! j’envoie à ces canailles une réfutation – c’est dix mille coups de pied au cul qu’il faudrait ! »…
Lettres à son avocat ..., n° 19.
700 - 800 €

167
CHARDONNE Jacques (1884-1968).
20 L.A.S. « J. » ou « J.C. », juin-août 1959, à Roger NIMIER ; 30 pages in-4 et 8 pages in-8, 16 enveloppes.
Belle correspondance amicale et littéraire
Projet d’un recueil d’articles de Kleber HAEDENS sur la littérature contemporaine : « Il n’a pas son pareil dans ce genre »… Mariage de Christian MILLAU. Les vacances et la Bretagne…Inquiétudes sur la santé de Nadine Nimier. Découverte des chemises en nylon. La correspondance amoureuse du maréchal de RICHELIEU. Son enfance à Barbezieux et la découverte de la littérature… Sur les « procédés du roman. “Monologue intérieur”, ou “psychologie”, et tout ce que l’on voudra, balivernes. L’homme échappe toujours à l’homme. Reste à l’inventer, selon le style qui nous est donné. » – Sur l’avenir de la littérature : « Littérature sans lecteurs ; il faut s’y faire. Comme elle est pure ! »… « Jadis : pas de cinéma, ni stars, ni radio, ni sports, ni voitures. Un air très pur. Comme une lune, dans un ciel pur, la littérature. Un écrivain, c’était quelqu’un »…
Il est à plusieurs reprises question de Paul MORAND : « Un charmant homme toujours ; le prendre comme il est »… Chardonne joint une L.A.S. de Paul Morand , sur ses vacances à Ronce en Bretagne (23 juin).
De nombreux autres écrivains et critiques, ainsi que Gaston Gallimard, sont évoqués dans ces lettres : Colette, Henri Petit, Félicien Marceau, Claude Roy, Madeleine Chapsal, Pierre Démeron (« Ce n’est pas bien lisible ces pédérastes »), Michel Déon, Antoine Blondin, Jean-Pierre Caracalla, Dominique Aury, Pol Vandromme, Willy de Spens, René Béhaine, Robert Kemp, René CHAR (« Rousseaux peut crier chaque mois […] que Char est le plus grand poète de tous les temps ; aucune importance »), Bernard Frank, François Nourissier, Jean-Louis Vaudoyer, Paul Rival, Alexandre Vialatte, Henri de MONTHERLANT (« homme odieux et idiot. Bêtement prétentieux »), Robert Poulet, Paul Claudel, Armand Petitjean, etc.
1 000 - 1 500 €

CHATEAUBRIAND François-René de (1768-1848).
2 L.A., [3 et 11 septembre 1812], à la duchesse de DURAS ; 1 page in-4 avec adresse (au château de Mouchy), et 5 pages in-8.
Sur les attaques contre lui, et l’ordre de s’éloigner de Paris Paris jeudi à midi [3 septembre] . « Je suis venu un moment à Paris pour affaire pressée [convocation chez le préfet de police, pour lui ordonner de s’éloigner de Paris], chère sœur, et je retourne à l’instant à Verneuil où je resterai plus longtemps que je ne le comptois . Cependant je puis aller aussi à la Vallée et je m’y rendrai du 25 au 30 pour vous y recevoir ; alors je vous dirai tout ce que je ne puis vous dire. Le 15 ou le 17 je prendrai chez le notaire ce que j’y trouverai, mais je serai le moins de temps possible à Paris. Ne commentez pas ce billet, n’en parlez pas, et prenez patience »… Verneuil. Vendredi matin 11 [septembre 1812]. « Je vous ai écrit un mot de Paris, chère sœur. Me voilà à Verneuil où j’ai trouvé une longue lettre de vous. Vous n’aviez pas besoin de justification. Croyez très sérieusement que mon attachement pour vous est à l’épreuve du temps, que rien ne peut l’affoiblir, et que tout peut l’augmenter. Dans ma colère je vous aurai fait une grande querelle avec Mde de B[érenger]. Pardonnez-moi tout cela et aimez-moi comme je vous aime ». Il explique un peu des machinations dirigées contre lui : « on imprime des extraits de mon premier ouvrage [Essai sur les révolutions] chez Didot imprimeur de l’Institut […] Voilà l’énigme expliquée et pourquoi je me trouve écarté de Paris. Vous savez que depuis longtemps prévoyant cette attaque j’ai préparé ma réponse. J’y ai travaillé depuis encore et je crois que j’ai un million de fois l’avantage sur mes lâches adversaires. J’enverrai cette réponse à tous les journaux et au ministère. Si on la refuse, comme je le crois, alors l’injustice sera bien constatée et après avoir fait ce que j’aurai dû je resterai tranquille. En attendant il est bon que l’on soit prévenu de l’impression des extraits (car vous sentez bien qu’on ne peut réimprimer tout l’ouvrage : dans son ensemble , il m’est trop favorable) et que tous les honnêtes gens soient renvoyés d’avance à la préface du Génie du ch[ristianisme] Votre pauvre frère, chère sœur, est bien tourmenté. Il achète cher un peu de noblesse et de renommée. Mde de Ch[ateaubriand] est malade d’inquiétude et de chagrin. Les amis sont muets, les ennemis puissants ; le public seul est pour moi. Mais que peut-il pour mon repos ? Si vous deviniez ma position, n’en dites rien . J’ai promis le silence et je veux garder ma parole jusqu’au moment où on m’aura manqué de parole. Quand à la publication des extraits, dites-le à tout le monde. Il vaut mieux là-dessus qu’on soit prévenu. Bon jour, chère sœur […] Songez que je vous verrai du 25 au 30 à la Vallée […] Si par hazard vous avanciez votre retour, je tâcherois d’arranger mes affaires pour vous voir plutôt. Mais au nom du ciel, chère sœur, soyez prudente et ne vous compromettez pas pour moi. Espérons tout de la justice du gouvernement. Il ouvrira enfin les yeux sur l’injuste persécution de mes ennemis ». Correspondance générale , t. II, nos 587 et 589.
1 000 - 1 200 €

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CHATEAUBRIAND François-René de (1768-1848).
L.A., [Vallée-aux-Loups] Dimanche soir [25 septembre 1814], à la duchesse de DURAS ; 5 pages et demie in-4.
Belle lettre après sa nomination d’ambassadeur en Suède « Me voilà encore dans ma Vallée. Pourquoi l’ai-je quittée ? Hier, en arrivant, j’ai cru que je mourrois de tristesse, en regardant les côteaux et la cîme des arbres déjà à demi dépouillés. Voilà qu’il me passa par la tête tout ce que j’avois fait et senti ici : je songeois à ces longs jours qui s’écouloient dans l’espoir d’aller voir un moment Natalie [de N OAILLES], seule aussi dans sa belle vallée. Combien de fois mon imagination avoit franchi les bois pour voyager toujours sur le même chemin ? Je me voyois partant, revenant, allant m’enfermer dans la tour, pour rêver à elle et aux Martyrs , persécuté par le tyran, glorieux de sa haine, rêvant de grands ouvrages au milieu des menaces, amoureux, inspiré, malheureux, et content. Aujourd’hui ambassadeur en Suède ! La belle fin ! Quitter tout, travail, songes et le reste ! Pauvre Vallée ! Quand reviendrai-je ? Peut-être jamais. Que je suis vieux ! Que tout cela est loin de moi ! Je ne vis plus ; ce qui me reste n’en vaut pas la peine. J’aurois dû mourir le jour de l’entrée du Roi à Paris. Au milieu de tout cela j’ai travaillé aujourd’hui au second acte de Moyse . Je suis content ; Arzane sera un vrai démon. Si je puis avoir huit jours seul à moi, Moyse sera enfin terminé. Je ne vous invite donc à venir, chère sœur, que la semaine prochaine. […] Savez-vous qu’en fesant mon compte, j’ai trouvé que sur mes 33,000 francs, 20 déjà étoient employés en argenterie, en linge, carrosses, porcelaines &c. ; et certes pour cette somme, je ne suis pas magnifique. Il ne me reste donc que 13 mille francs pour vivre et aller à Stockholm. Cela est impossible. Il faut que le Roi m’accorde une gratification (il est devenu si riche depuis le Budget) ou que je vende l’Abencerrage . Usez donc de votre crédit et faites-moi donner 100,000 francs. Voici une autre petite affaire : le Buisson de Verrières est un bois des Chasses, qui dépend de Versailles, et entre dans les dépendances du Ministre de la Maison du Roi. Demandez à M. de Blacas une permission pour faire prendre de la terre de bruyère dans le bois. […] Bon jour, très chère sœur : mon amitié pour vous compte déjà bien des années et elle durera autant que ma vie ». Correspondance générale , t. II, no 660.
1 000 - 1 200 €


170
CHATEAUBRIAND François-René de (1768-1848).
2 L.A., [Londres] 10 et 14 mai 1822, à la duchesse de DURAS ; 3 pages et 2 pages et demie in-8.
Vives réactions aux manifestations de jalousie de la duchesse de Duras à l’égard de Madame RÉCAMIER, et belles protestations de son amitié
10 mai . « Que puis-je répondre à votre extravagante lettre ? […] Vous avez été, vous êtes, et serez le premier attachement de ma vie. Mon amitié a l’âge de la vôtre, et elle lui survivra. Je ne connois personne au monde dont l’esprit et le cœur soient plus en harmonie que le vôtre avec tout ce que je sens et j’éprouve. Je donnerois tout au monde pour vous. Voilà la pure, l’exacte vérité. Après cela voulez-vous que je repousse tout ce qui a de la bienveillance pour moi ? Je ne le puis. Il y a dans mon caractère avec quelque chose de fort quelque chose de foible. Je me laisse aller. Prenez-moi donc tel que je suis. Vous avez tout ce qu’il y a de bon en moi ; ce qui reste de moi quand votre part est faite, ne vaut pas la peine d’être réclamé. Défiez-vous au reste des confidents
et des confidences. On aime à tourmenter les personnes qui se tourmentent. Nous reprendrons les longues lettres quand vous voudrez ; mais vous m’avez fait trop souffrir et j’ai le cœur trop blessé de vos injustices pour écrire longuement aujourd’hui »... 14 mai . « Je vous assure que j’en suis venu au point de trembler à l’arrivée de chaque courrier. Je ne reçois pas une lettre de Paris qui ne soit des lamentations. Votre dernière lettre comble la mesure. Vous reprenez votre fagot ? et pourquoi ? Que vous aije fait ? Rien de plus cruel et de plus odieux ; vous devriez sentir au moins que de pareilles injustices en me bouleversant pour la journée m’empêchent de faire ce que je devrois pour me maintenir ici, que vous me faites perdre dans un instant le fruit de tous mes efforts. J’étois en très bon train ; je réussissois au-delà de mes espérances, et par ce succès, je me voyois plus près de vous, puisque mon crédit augmentant la nécessité de me rappeller devenoit plus grande. […] je n’écrirai plus si vous continuez à être aussi rude et aussi injuste. Je vous ai répondu sur l’Abbaye aux bois [Mme RÉCAMIER]. Je n’ai plus rien à vous dire. Cela fait pitié ». Correspondance générale , t. IV, nos 1615 et 1625.
1 000 - 1 500 €
171
CHATEAUBRIAND François-René d e (1768-1848).
L.A., [Londres] vendredi 12 juillet 1822, à la duchesse de DURAS ; 4 pages et demie in-8.
Intéressante lettre sur NAPOLÉON et les mémoires d’O’MEARA Il s’étonne de n’avoir point de lettre de la duchesse au courrier. « Il vient de paroître un ouvrage intitulé A Voice from St Helena , ou Napoleon in exile , par O’MEARA , chirurgien anglois attaché à BUONA pARTE Ce sont de prétendues conversations de ce dernier avec cet O’Meara, sur les choses et sur les hommes. J’y suis traité d’une manière abominable. Eh ! bien que croyez-vous donc que j’aie fait ? J’ai lu avec un froid mépris les plus lâches calomnies sur mon compte ; mais tout à coup la pensée m’est venue que votre nom pouvoit se trouver dans la foule des noms calomniés. J’ai couru vite à l’index qui est très exact et très détaillé, et j’ai senti un poids de mille livres ôté de sur ma poitrine, quand je n’ai pas trouvé votre nom. J’ai parcouru tout l’ouvrage. Vous n’êtes nommée nulle part. Il y a certainement dans cet ouvrage beaucoup de choses de Buonaparte. Votre Héros étoit un grossier caporal qui ne parle que de gueux, de polissons, d’espions, de bourreaux &c. O’Meara a rendu un mauvais service à la mémoire de cet homme. On croit lire pour le ton, les mensonges et les fureurs un mélange de Lady Morgan, de la Minerve, de la Bibliothèque historique, du Miroir &c. Laissons cette infamie. Je suis toujours attendant le Congrès et toujours espérant y aller. Au reste j’ai pris mon parti, et l’avenir n’est plus pour moi un sujet d’inquiétude : il sera ce que Dieu voudra. Ce que je veux, c’est que vous m’aimiez, et que vous ne soyez pas injuste et que vous ne me grondiez plus. […] Mde de Chateaubriand a été malade et j’ai été fort inquiet ».
Correspondance générale , t. IV, n° 1728.
1 200 - 1 500 €


173

CHATEAUBRIAND François-René de (1768-1848).
2 L.A.S. « Chateaubriand », Paris et Rome juillet-décembre 1828, [à Augustin VARCOLLIER et au comte de CHABROL de Volvic] ; 1 et 2 pages et demie in-4.
Paris 31 juillet 1828, à Augustin VAR c OLLIER . Le porteur de ce billet « est le pauvre François garçon de l’infirmerie. Il s’agit de faire voir qu’il est boîteux et ne peut être soldat. Je voudrois bien […] vous avoir à Rome avec M. de Fresne, mais moi-même irai-je à Rome et qui peut répondre de la fortune ? »…
Rome 18 décembre 1828 , au comte de cHABROL , préfet de la Seine Il sollicite de l’avancement pour le fils de Mme S TAMATI, malheureuse veuve d’un consul de France : « son gendre, M. Varcollier, est placé près de vous, et vous êtes déjà engagé par vos propres bienfaits »…
Il rappelle aussi sa demande « pour l’entrée à Bicêtre, d’un pauvre vieillard, mon voisin de la rue d’Enfer, nommé Avenant »…
800 - 1 200 €
172
CHATEAUBRIAND François-René de (1768-1848).
L.A.S. « Chateaubriand », Paris 13 janvier 1825, [à Jérôme DELANDINE DE SAINT-ESPRIT] ; 1 page et demie in-4. « Je suis désolé, Monsieur, que l’influence de ma fatale étoile, s’étende jusque dans les estimables travaux de l’un de mes collaborateurs. Tout cela passera : Dieu veuille seulement que le Roi et la France ne souffrent pas des faux systèmes de l’ignorance et de l’incapacité. Pour nous, Monsieur, nous ne sommes rien, et peu importe ce qui nous arrive. Je m’abonnerai très volontiers à votre journal [La Macédoine ], et je vous prie de m’inscrire au nombre de vos souscripteurs »… On joint une L.A.S. de Théodore de BANVILLE, 17 juin 1889 (3 p. in-8).
500 - 600 €

174
COCTEAU Jean (1889-1963).
12 L.A.S. « Jean Cocteau » ou « Jean », [1908-1912], à Marie VENTURA ; 16 pages formats divers dont une carte postale, 4 adresses.
Charmante correspondance de jeunesse à la jeune actrice Marie VENTURA (1888-1954).
[Maisons-Laffitte]. « Chère grande amie Vous venez demain n’estce pas ? Je serais si, si heureux. – J’ai fait laisser une loge à votre nom, que vous n’aurez qu’à prendre en entrant. J’ai une frousse intense ! »… – « Je suis dans tous mes états ; Rocher me dit que vous m’en voulez ! mais tout cela n’est pas de ma faute car les notes ont été expédiées aux journaux comme on imprimait les affiches et je n’ai pu obtenir la suppression de votre nom que pour le programme et les entrefilets récents »… – « Je viens d’être très malade... c’est moi; tu vois; je suis puni ! une terrible Heksineyithe ou, pour parler plus clairement une affreuse Chryséyphoïdite quelque peu céphalogineuse. Je me lève, je regarde tomber la plui e pour me distraire de l’entendre et je pense à la petite Ventura qui est tout de même mon grand faible »… – « Bravo ! vous avez été hier le Cilles charmant et mystérieux de Watteau, la poésie triste et légère de Verlaine »… – « Mon vieux copain L’ours se voyant avec un visage qu’il ne connaissait pas n’a risqué qu’un petit salut ahuri et rapide. L’ours avait une envie folle de te sauter dessus, de t’embrasser sur chaque joue et de te raconter un tas de choses. L’ours demande à quatre pattes un matinal rendez-vous »… [Paris 1912]. – « Peux-tu venir avec moi demain soir à Salomé ? Cela m’assomme avec les autres. J’ai naturellement pour toi le meilleur des fauteuils »… – « Étant candide ce que tu voulais dire par “Je t’envoie” m’arrive seulement à la tête et cela me procure une telle gêne et une telle tristesse que je ne réussis pas à te l’écrire. [...] La personne en question travaille et ne pense à rien d’autre. Sa reconnaissance pour moi et mon admiration pour elle me sont si familières que je n’aurais jamais pensé à ce qu’elles pourraient faire naître, surtout chez toi »… Etc.
800 - 1 000 €
175
COCTEAU Jean (1889-1963).
8 L.A.S. dont une avec DESSIN, Paris et Saint-Jean-Cap-Ferrat 1960-1961, à Rene HENER ; 9 pages in-4 et in-8, 5 enveloppes.
Correspondance amicale avec René HENER (1911 - 1979), écrivain et poète, qui avait fondé la revue Points et contrepoints (1935 - 1979), où il défendait une poésie traditionnelle.
« N’est-il pas agréable de vivre dans une ville qui se dispute encore au sujet du sexe des anges et de la longueur réglementaire de leurs ailes ? » (12 septembre 1960). En marge du dessin d’un profil d’Orphée au feutre bleu, il dit son « effroi des “intellectuels” » (30 janvier 1961). Il donne les adresses de Paul Morand et de Simenon, et conseille « un tout jeune professeur inconnu – mille fois plus intéressant, me semble-t-il que les hommes célèbres. Son nom est Pierre GEORGEL » (14 mars). Il recommande chaudement les jeunes Pierre Georgel et Jean-Marie MAGNAN : ils « sont les jeunes qui sauront le mieux parler de moi » (17 mai). Il s’étonne d’un « article totalement incompétent contre mes films. Un critique a le droit de ne rien comprendre à une œuvre et de le dire. Mais ce droit devient étrange s’il s’insère au milieu d’éloges qui sortent du cœur davantage que de l’intellect » (11 octobre).
On joint une liste autographe (1 page in-8) d’adresses parmi lesquelles Aragon, Morand, Simenon, Georges Mathieu, etc. ; un télégramme à René Hener ; une carte imprimée de remerciements après la mort du poète, plus une carte de visite vierge de Mme Georges Simenon.
800 - 1 000 €
176
CONDORCET Nicolas de Caritat, marquis de (1741-1794).
L.A.S. « le Mis de Condorcet », 24 février [1778], à Mme de MARCHAIS , à Versailles ; 1 page et demie in-4, adresse.


Belle lettre sur VOLTAIRE
Il soumet à la dame « une petite affaire qui interesse un de vos amis et une de vos admirations [...] On a apporté à M. de VOLTAIRE une lettre de M. p IERRE , qui chargeait M. de Mouchi de faire d’après les ordres du roi, un buste de M. le marechal de SAXE & un de M. de Voltaire. M. Pigal [ p IGALLE ] vint ensuite demander a M. de Voltaire un jour ou il voulut bien lui prêter son visage. M. de Voltaire lui repondit par ces vers que j’estropie peut-être.
Le Roi sait que votre talent
Dans le petit et dans le grand
Fait toujours une œuvre parfaite, Et par un ordre tout nouveau
Il veut que votre heureux ciseau
Du heros descende au trompette.
Il etait impossible de ne pas regarder cet ordre ou come l’effet du desir qu’avait le roi d’avoir un buste de ce grand home, ou come une espece d’homage qu’il voulait rendre à la célébrité et à son génie. Cette nouvelle s’est repandue, et autant que dans mon coin je puis juger de la voix publique elle y a applaudi. Maintenant on dit que ces bustes sont un présent destiné par le roi à M. de MARIGNI , que les choix des sujets est de M. de Marigni. Jusqu’ici M. de Voltaire n’est pas encore detrompé, mais le public le sera bientôt, et le plaisir que cet honeur avait fait à M. de Voltaire, et les louanges qu’il avait données à M. d’ANGIVILLERS deviennent maintenant une chose facheuse pour tous deux. N’y aurait-il pas moyen de rendre vrai ce qu’on a cru si aisement parce qu’il etait si vraisembable ? Ne pourrait-on pas changer en une cinquième statue ce buste pretendu. Un home qui aura fait jouer a soixante ans l’une de l’autre deux tragédies qui firent honeur à notre theatre, ne merite-t-il pas des honeurs uniques come lui »... 1 000 - 1 500 €



179

CONDORCET Nicolas de Caritat, marquis de (1741-1794).
L.A., 9 avril 1791, à Jacques-Pierre BRISSOT DE WARVILLE ; 3 pages in-8, adresse.
Belle lettre politique, au lendemain de sa nomination comme administrateur de la Trésorerie nationale Il annonce qu’il est « un des six commissaires. J’espere qu’il y a des moyens de reparer encore du moins en partie le mal qu’on a fait en laissant la nomination de ces places au pouvoir exécutif. Je ne suis content dans ce qui se decide sur le ministere ni des patriotes ni de ceux qui se disent tels. Pourquoi ne pas choisir un mode de nomination et de destitution, qui laisse l’opinion publique arbitre des choix, en lui donnant le tems de se former et de s’éclairer. Pourquoi introduire dans une Constitution qu’on dit fondée sur la raison quelque chose d’aussi insignifiant que cette declaration d’avant-hier. Il semble que Dieu ayant etabli que des ministres ne seraient institués ou destitués que par un Roi ; on est reduit à pallier les inconveniens de cette loi de la nature, comme a se servir d’une échelle pour atteindre à douze pieds parce qu’elle ne nous en a donné que six. Pourquoi au lieu de créer un bon gouvernement, en arreter un mauvais pour se donner le plaisir de l’entraver. […] C’est par des conceptions philosophiques bien combinées, et non par des effervescences de zele que des legislateurs doivent servir la liberté et meriter la confiance publique. J’avais pris la liberté de dire que les administrateurs du tresor et les ministres ne devaient pas être nommés par un chef hereditaire. Au lieu de repondre aux raisons que j’en donnais on a seulement pretendu qu’ils ne devaient pas l’être par l’assemblée nationale, […] il est vrai qu’une législature ne doit pas élire. […] Il faut supposer que le gros des hommes sera grossierement honete ou renoncer à tout espoir »…
800 - 1 000 €
178
CONDORCET Nicolas de Caritat, marquis de (1741-1794).
L.A., [1791], à Jacques-Pierre BRISSOT DE WARVILLE ; 3 pages in-8, adresse.
Il communique à son frère d’armes un « grand secret », à faire imprimer dans une gazette autre que la Chronique ou le Patriote , afin que les acteurs ne puissent deviner que cela vient de Condorcet… Condorcet rédige alors l’article, intitulé Projet patriotique : « On cherche à discréditer l’assemblée nationale. Quelques hommes travaillent le peuple contre elle, d’autres la garde nationale. À la première invasion de l’extérieur, au premier soulèvement intérieur, au premier revers s’il y a guerre, en un mot au premier grand événement que le hasard amènera, ou que l’on aura fait naître, on aura une belle émeute toute prête, l’assemblée nationale sera attaquée, la garde parisienne ne la défendra pas »… Etc. Puis Condorcet ajoute qu’il dira les noms des comploteurs à Brissot : « La plus grande publicité est nécessaire ». Il faut avertir GUADET, notamment pour qu’il « s’arrange de manière à faire tourner court la discussion sur le veto, afin d’avoir bien vite la haute cour nationale qui nous est plus nécessaire que jamais »… 800 - 1 000 €
CONDORCET Nicolas de Caritat, marquis de (1741-1794).
2 L.A., [1792], à Jacques-Pierre BRISSOT DE WARVILLE ; 1 page et demi-page in-8.
À propos de la reparution du Journal de Paris [28 septembre 1792] . « Le journal de Paris voudrait reparaitre de nouveau. Il aura pour auteurs d’excelens patriotes, comme Sieyès, Cabanis, Garat, moi etc. L’article convention sera fait par un homme très zélé républicain. On desirerait qu’il lui fut permis de reparaitre. Il a été suspendu par un ordre de la commission extraordinaire du 11 aoust. Les temps sont changés […] Je demande donc la revocation de l’ordre, et je crois que le comité peut et doit avant sa dissolution detruire tous les restes de cette petite atteinte à la liberté de la presse que les circonstances pouvaient excuser ».
Il n’a pu aller au comité. « Avez-vous terminé l’affaire du journal de Paris, comme il doit paraître demain cela presse beaucoup »…
500 - 700 €
180
CONDORCET Nicolas de Caritat, marquis de (1741-1794).
L.A., [début 1793], à Jacques-Pierre BRISSOT DE WARVILLE ; 2 pages petit in-4.
Il lui transmet un mémoire du prince de SALM, qui demande l’avis des « membres patriotes du comité diplomatique ». Il prie Brissot de parler au ministre des Finances CLAVIÈRE de l’affaire de Camille DESMOULINS « qui demande la place de directeur dans la regie des douannes. Ces messieurs remettent à un mois, c’est-à-dire que d’ici à un mois ils esperent la contrerevolution, l’entrée des ennemis en France, et le retrait de M. Clavière. […] Il est important de donner sans delai cette place à un patriote »… Et il faut « prendre de promts moyens de n’avoir plus contre nous des gens que nous payons ».
Il faut empêcher également l’amiral d’ESTAING de commander en Alsace, c’est « un fou », dont Condorcet rappelle la conduite comme commandant la garde de Versailles lors des journées d’octobre : « vous n’aurez pas besoin d’autre chose pour sentir qu’il peut nuire beaucoup et qu’il ne peut servir » ; c’est aussi l’avis de DUMOURIEZ qui le juge « un homme qui est brave et lache, bas et fier, homme de sens et extravagant, parlant avec intelligence de son metier, et debitant un jargon inintelligible le tout dans une heure de tems »…
600 - 800 €

181
FLAUBERT Gustave (1821-1880).

L.A.S. « Gve Flaubert », Croisset vendredi midi [19 août 1870, à Claudius POPELIN] ; 1 page et demie in8 (traces de plis et de collage).
Guerre de 1870. Il demande des nouvelles. « La certitude où l’on est à Rouen que Paris ne bouge pas a redonné de la confiance ». Ses parents de Champagne lui ont envoyé une lettre épouvantée : « Ils se disposent à déménager comme en 1815. – Mais nous n’en sommes pas encore là Dieu merci. […] La bêtise, l’inertie des autorités Rouennaises ne laisse rien à désirer. Par l’initiative de mon frère & de Raoul-Duval la ville va envoyer au ministère de la guerre un bataillon de 500 hommes qu’elle entretiendra à ses frais. L’ouvrier est comme l’Autorité il dort. ô abrutissement ! Quel leçon, mon bon ! »… Correspondance (Pléiade), t. IV, p. 224.
1 000 - 1 200 €
182
FLAUBERT Gustave (1821-1880).
L.A.S. « Gve Flaubert », [Paris] « 4 rue Murillo parc Monceau », à un ami ; 1 page in-8.
Au sujet du monument à Louis Bouilhet . « Nous attendons pour arrêter la souscription plusieurs choses encore. Vous avez donc tout le temps devant vous. Quand nous aurons un chiffre plus que suffisant nous aviserons à l’emploi de l’argent. Mais d’ici là, c’est-à-dire d’ici au mois de janvier, probablement, nous restons forcément dans l’inaction »…
600 - 800 €

183
FLAUBERT Gustave (1821-1880).
L.A.S. « Gve Flaubert », [Croisset] Mardi soir [27 octobre 1874], à son ami Edmond LAPORTE ; 1 page in-12, petit cachet aux initiales de Laporte.
« Merci, mon cher vieux. Les notes du Docteur [Devouges, sur l’horticulture, pour Bouvard et Pécuchet ] sont excellentes . J’en demande beaucoup dans ce genre-là. Donc j’attends la suite avec soif.
J’ai été très souffrant cette semaine. Il paraît que c’était la bile. Aujourd’hui, ça va un peu mieux.
Je pars demain pour Paris la I ère de ZOLA [Les Héritiers Rabourdin ] est pour Vendredi 4. Mille 25 [surnom d’Émile Weinscchenk, directeur du théâtre de Cluny] veut me donner Frédéric Lemaître. Je crois l’idée mauvaise. Le même Weinschenk me dit ce matin que Le Sexe faible [de Louis BOUILHET] entrera en répétition dans 15 jours. – Je serai revenu ici samedi soir »... Correspondance (Pléiade), t. IV, p. 881.
800 - 1 000 €
184
FLAUBERT Gustave (1821-1880).
L.A.S. « Gve Flaubert », Jeudi [29 avril 1875, à l’éditeur Georges CHARPENTIER] ; 1 page in12 sur papier bleu (petite tache).

« Homme occupé [...] ZOLA m’avait dit que vous tiriez présentement la 3 e de St Antoine (est-ce vrai ?) et j’étais venu pour vous dire de surveiller les corrections. Mais je n’avais pas besoin de la liste des dites corrections que je vous renvoie. Le même Zola m’a dit avoir vu chez vous un article du Pays sur Salammbô ? »... [La troisième édition de La Tentation de Saint Antoine paraît le 17 juin 1875.]
Correspondance (Pléiade), t. IV, p. 1094.
800 - 1 000 €

185
FORT Paul (1872-1960).
6 POÈMES autographes signés « Paul Fort », 1927-1932 ; 1 page in-4 chaque.
Chaque poème porte en tête un envoi : à Pierre Frédérix, à Joseph Bourdel, à Maurice Esteva (2), à Georges Wendling (2). – La France : « Ah ! quelle vie ! quelle fraîcheur, quelle gaîté ! »… – La Ronde autour du Monde : « Si toutes les filles du monde voulaient s’donner la main »… – « Je ne suis pas un écrivain. Je suis le poète qui chante »… – Mort des Chevaux royaux : « Rois de France, dans les batailles, que de chevaux sont morts pour vous ! »… – « Socrate / Hamlet »… – « La rose libre des montagnes a sauté de joie »…
Plus une L.A.S. « Paul Fort », Paris 1er avril 1893, à Léopold LACOUR ; 2 pages in-8 à en-tête du Théâtre d’Art . Directeur du Théâtre d’Art, Paul Fort remercie Lacour pour les adresses et lui envoie sa femme pour lui demander d’effectuer une partie du paiement ; il regrette de ne pouvoir venir lui-même : « je suis très pris par les dernières répétitions de l’œuvre de MAETERLINCK que nous réaliserons, je crois. Vous serez content » [Pelléas et Mélisande sera créé le 17 mai 1893 au Théâtre des Bouffes Parisiens].
600 - 800 €
186
FORT Paul (1872-1960).
MANUSCRIT autographe signé « Paul Fort », Ballades de la Mer, des Ports et des Rivages , [1896] ; 27 pages in-4 (bords un peu effrangés aux 1ère et 27e pages).
Manuscrit soigneusement calligraphié pour Albert SAMAIN, avec cet envoi sur la page de titre : « A Albert Samain en signe d’admiration et d’invariable amitié. Paul Fort ».
Ces Ballades ont été recueillies dans la troisième série des Ballades (Éditions du Livre d’art et de l’Épreuve, 1896) ; elles sont numérotées de I à XXV. Citons le début de la première : « Il n’y a plus de mer, il n’y a plus de ciel, il n’y a plus qu’un beau mur bleu que de clairs papillons animent de leurs ailes, où remuent à peine des liserons »… Et la fin de la dernière : « Ce n’est qu’au bord du ciel que s’usent tes tempêtes, par delà les nuages, dans l’azur frémissant, ce n’est qu’au cœur du ciel, où songent les planètes, que se nouent et s’ordonnent tes révolutions ».
400 - 500 €
187

GUITRY Sacha (1885-1957).
MANUSCRIT autographe, Le Métier d’acteur et l’art du comédien ; 13 pages in-fol., quelques ratures et corrections.
Belle réflexion sur l’art du comédien , probablement pour une causerie.
« Aucune autre profession, aucun autre art jamais ne fit couler autant d’encre que l’art du comédien. […] la vérité c’est qu’on doit naître comédien. C’est un don véritable… on ne peut pas l’acquérir ! On peut apprendre le métier de comédien mais on ne peut pas apprendre à jouer la comédie. […] si le métier d’acteur est une profession… c’est une profession de foi ! […] le feu sacré… mais, avant tout : la vocation ! Et quand je vous parle du livre que peut faire un grand comédien sur l’art du comédien, je ne suis pas trop mal placé pour en parler, puisque je suis le fils du plus grand comédien qui sans doute ait jamais existé ». Et Guitry cite son père Lucien GUITRY, pour conclure : « il n’y a pas de technique dans ce prodigieux métier d’acteur… On repart à zéro à chaque pièce nouvelle… C’est un métier qu’on s’apprend à soi-même… qu’on ne peut pas enseigner aux autres… et dans lequel il y a une part d’improvisation immédiate… en scène… imprévisible… »
600 - 800 €

188
HUGO Victor (1802-1885).
POÈME autographe signé « V.H. » ; 1 page oblong in-4.
Page d’album, où Hugo a écrit la 2e strophe (sur quatre) de la quatrième pièce (« Que t’importe, mon cœur, ces naissances de rois ? »…) des Feuilles d’automne , publiées en 1832. Six vers : « Porte ailleurs ton regard sur Dieu seul arrêté. Rien ici-bas qui n’ait en soi sa vanité. La gloire fuit à tire-d’aile ; Couronnes, mitres d’or, brillent, mais durent peu. Elles ne valent pas le brin d’herbe que Dieu Fait pour le nid de l’hirondelle. »
1 000 - 1 300 €
189
HUGO Victor (1802-1885).
L.A.S. « Victor Hugo », dimanche matin [vers 1840 ?, à l’éditeur DURIEZ] ; 1 page in-8.
Duriez était gérant de la Société pour l’exploitation des Œuvres de Victor Hugo. Hugo l’attend ce dimanche soir avec M. Gaillard. Il le prie « d’apporter avec vous les textes de vos divers traités avec vos différents cessionnaires afin que je puisse en relater les dates dans la lettre que je vous écrirai »…
400 - 500 €
190
HUGO Victor (1802-1885).
L.A.S. « Victor Hugo », [Paris] vendredi 21 mai [1841], à Augustin CHALLAMEL ; 1 page in-8, adresse.
Il le prie de transmettre un mot à M. PELLETAN : « vous verrez mon désappointement de ce matin. Vous seriez bien aimable de m’en dédommager, vous aussi, en venant déjeûner chez moi avec M. Pelletran mardi 25 à onze heures »…
150 - 200 €

191
HUGO Victor (1802-1885).
L.A.S. « Victor Hugo », Hauteville house 22 décembre 1859, à Léopold DELSIRE, rédacteur de la Revue internationale à Genève ; 2 pages in-4, adresse avec cachets postaux (fentes aux plis).
Sur la Légende des Siècles. Hugo remercie de la belle critique dans la Revue internationale de novembre : « Je sens dans ce commentaire élégant le puissant souffle du penseur ; vous faites de la critique, Monsieur, avec un flambeau de philosophe à la main, et avant de dire au lecteur : juge ; vous lui dites : comprends De là la hauteur de vos aperçus, de là le don que vous avez et qui est rare : la profondeur pleine de lumière. Je vous remercie de commenter la Légende des siècles avec cette élévation généreuse et sereine. Vous avez raison de dire que j’aime les jeunes gens, et vous avez raison de dire que je suis jeune moi-même. Ma tête couverte de cheveux gris ne prouve rien contre mon cœur plein de foi. […] Oui, je vis plus dans l’avenir que dans le présent, et en cela (vieillard par tant d’autres côtés du reste) je suis enfant. […] vous êtes déjà et vous serez de plus en plus un des porte-drapeaux de cette jeune génération appelée à de si hautes destinées »...
700 - 800 €
192
HUGO Victor (1802-1885).
L.A.S. « Victor Hugo », Hauteville House 15 juillet [1867, à Émile DESCHANEL] ; 2 pages in-8.
Hugo a lu l’Aristophane de Deschanel. « Tout en maintenant les réserves qui nous séparent et auxquelles vous tenez autant que moi, j’applaudis à votre beau travail. Le jour où vous tournerez vers l’idéal votre esprit critique si ferme et si délicat, vous dépasserez de cent coudées les critiques que vous avez l’humilité de croire aujourd’hui vos maîtres. Vous faites un peu la sourde oreille à ce mot, Idéal, je le regrette, car le mot seul, compris comme il doit l’être, donne la grande intuition de l’art. Cela dit pour ma conscience, je vous félicite et je vous remercie du noble et charmant talent prodigué à chaque page de votre livre utile et excellent »... Il va partir pour Bruxelles, où il pensera « à vos succès, à votre courage, à notre douce rencontre il y a quinze ans, dans l’aurore de l’exil »…
700 - 800 €
193
HUGO Victor (1802-1885).
L.A.S. « Victor H. », Paris 17 février [1872], à Mme Zélie ROBERT ; 1 page in-8, enveloppe timbrée.
À la mère d ’un jeune Communard Il est consterné par ce que M. Bigot vient de lui apprendre : « le 2 février votre pauvre fils a reçu l’avis légal de sa mise en jugement sous trois jours , le malheureux enfant paraît ne pas en avoir tenu compte, et n’a averti personne, le 5 il a été jugé, et condamné à la déportation simple ; le 7, quand vous m’écriviez pour avoir un défenseur, votre fils était déjà jugé depuis deux jours. Jugez du chagrin de M. Bigot réduit à l’impuissance. Il va suivre pourtant l’affaire en révision, et devant la commission dite des grâces. Je ferai agir nos amis de l’assemblée qui par leur mollesse, hélas, méritent bien d’avoir crédit sur cette commission. Ne désespérons donc pas. Nous tâcherons de gagner du temps, et il faudra bien que l’amnistie arrive. Elle est dans la nécessité de la situation »..
1 000 - 1 200 €
194
HUGO Victor (1802-1885).
L.A.S. « Victor H. », Paris 28 mars [1872], à Mme Émile ROBERT à Mulhouse ; 2 pages in-12, enveloppe timbrée.
À la mère d ’un jeune Communard, condamné à la déportation « Le colonel Langlois sort de chez moi. Il a toujours très bon espoir ; il compte sur M. Batbie, qui est de cette commission des grâces, et qui paraît influent dans ce mauvais lieu là. Enfin, Madame, si nous réussissons, nous accorderons un bon point à ces méchants hommes. J’ai beaucoup insisté pour le bannissement qui remettrait votre pauvre enfant dans vos bras. Vous êtes une admirable mère, et je serais bien heureux de ne pas vous avoir été inutile »… Il rouvre sa lettre après l’arrivée de la lettre du mari de sa correspondante : « Dites-lui que je vais redoubler d’efforts. M. THIERS personnellement affirme ne rien pouvoir, et je crois que tout en effet dépend des hommes de la commission. C’est près d’eux qu’il faut agir. Nous agirons […] Je suis de tout cœur avec votre pauvre enfant. »
800 - 1 000 €


195
HUGO Victor (1802-1885).
L.A.S. « Victor Hugo », H.H. [Hauteville House] 18 mai [1872], à Mme Zélie ROBERT ; 1 page in-8.
À la mère d ’un jeune Communard déporté « J’ai immédiatement écrit, Madame, pour l’information que votre noble et tendre cœur de mère réclame. Malheureusement l’ouverture de l’assemblée absorbe tous nos amis ; mais je les rappellerai de toutes mes forces au devoir. J’ai tout espoir quant à votre pauvre fils, sa jeunesse le garantit du scorbut, et avant peu, l’amnistie vous le rendra »..
800 - 1 000 €


196


198
LESPINASSE Julie de (1732-1776).
Lettre écrite sous sa dictée par D’ALEMBERT, ce jeudi 13 août [1772], au marquis de CONDORCET, à Ribemont ; 2 pages et demie in-4, adresse.
196
JACOB Max (1876-1944).
4 MANUSCRITS autographes ; 1 page in-4 chaque.
Trois poèmes et une méditation
La lettre de la demoiselle, 5 quatrains numérotés et renumérotés (le haut de la page – une lettre dont il ne reste que quelques mots et la signature – a été déchiré), avec l’indication au crayon rouge : « donné à Nicolas ».
« Reviens encore malgré ma lettre Qu’un démon pour moi t’écrivit
Tu passeras par la fenêtre
Si tu n’as pas la clef du logis »…
Poème, sans titre, de 5 tercets :
« Vos yeux clos, votre main lasse Votre main qui passe Sur le cadran solaire d’ardoise »…
Le dernier vers : « Mon amour pour vous, Léonor » a été biffé et remplacé par « La présence de Dieu que j’adore ».
Réponse à Manon, brouillon très travaillé de ce poème de 19 vers recueilli dans L’Homme de cristal (1946) ; au dos, dessin d’un homme courant.
« Je suis le vieux Rempart qui chante à marée haute
L’éternel rescapé, la toupie du Très Haut »…
Brouillon de méditation en prose, avec quelques petits croquis dans le texte, et au verso avec le titre Méditation de la robe enlevée « Vous avez promené le jet de la lampe à souder entre mes côtes, le fouet des démons. Aïe oh oh le sang coule »…
800 - 1 000 €
197 LARGUIER Léo (1878-1950).
Manuscrit autographe, La Campagne d’Italie et Solferino ; 44 pages in-4 (déchirure au dernier feuillet).
Chapitres II et III d’un ouvrage probablement inédit dont l’avant-propos (selon la page de titre conservée) s’intitulait Les peintres de Batailles . Ces sont les batailles du Second Empire qu’évoque ici Larguier.
200 - 250 €
Charmante lettre. Elle gronde le mathématicien de ne pas dater ses lettres : « c’est un avis très important que je vous donne, dussé-je plier le corps en deux pour vous le donner. & puis vous avez encore tort de faire de la geometrie comme un fou, de souper comme un ogre, et de ne pas plus dormir qu’un lievre. Vous croyez bien que ce n’est pas mon secretaire [D’ALEMBERT] qui dit cela ; car il n’auroit jamais fait le vers de VOLTAIRE qui dit en parlant du temps ; Tout le consume et l’amour seul l’employe , il auroit mis, Tout le consume & l’algebre l’emploie »... Elle donne des nouvelles de M. d’USSÉ, qui est de retour de Lisieux : « il m’a assuré que Mlle d’Ussé se portoit bien, et que la passion ne fait que prosperer. Elle est à un degré effrayant, car elle n’a plus qu’a decheoir »... Elle encourage Condorcet à écrire à Mme d’Ablois, pour entretenir sa connaissance avec les Meulan qu’il aime tant. ...« Mon secretaire ne sait pas repondre à toutes les gracieusetés que vous lui dites, il n’y sait que de vous aimer beaucoup et d’avoir beaucoup de plaisir à vous le dire. Pour moi, [...] au milieu d’une vie dissipée et fort ennuyeuse par cela même, je regrette beaucoup la douceur de votre societé. Je ne vous dirai pas combien je suis reconnoissante des sentimens que vous me marquez ; je m’acquitte avec vous par le tendre attachement que je vous ai voué »...
1 200 - 1 500 €
199
LOUŸS Pierre (1870-1925).
3 L.A.S. « Pierre » (la 2 e « Periscoff »), Dizy [16]-18 septembre 1888, à son frère Georges LOUIS ; 4 pages in-12 et 7 pages in-8 à l’encre violette.
Dimanche matin [16] . Nouvelles familiales. Il aura « pour professeur de philo à Janson M. SÉAILLES un monsieur qui ressemble à Dickens »… – 17 septembre , après un premier flirt malencontreux : « je sais bien que je suis gauche et ignorant des usages, mais je ne le suis pas encore assez pour risquer d’aussi lourdes gentillesses ailleurs que chez des fermiers. [...] A dix-sept ans, tout le monde fait des gaffes, mais si j’en fais plus qu’un autre, j’ai du moins ce que tant d’autres n’ont pas, un bon frère pour me les corriger, sans se fâcher pour cela. – Je suis si heureux quand je t’écris ! [...] Ne sois pas trop sévère ; je l’avais trouvée très gentille, cette petite. D’abord parce qu’elle a été aimable pour moi ; ensuite parce qu’elle était vraiment jolie, de corps et de figure ; et puis je ne jurerais pas que notre manière de danser et le baiser que je lui ai donné n’y aient été pour rien. Je n’ai pas été gâté sous ce rapport là jusqu’à présent »… – 18 septembre , sur la mauvaise santé de leur père ; projets pour l’arrangement de leur appartement parisien..
250 - 300 €
MANN Thomas (1875-1955).
L.A.S. « Thomas Mann », München 1er novembre 1920, au Regierungsrat Bernhard WITTE à Elberfeld ; 2 pages in-8 à son en-tête et adresse ; en allemand.
Au sujet d’une tournée de conférences
Au conseiller d’État Bernhard Witte (1878-1945), futur président des Chemins de fer du Reich allemand. Il le remercie de tout cœur pour son aimable proposition de l’héberger les 9 et 10, confirmant l’invitation amicale faite au début de leurs échanges concernant le voyage qui se concrétise désormais… L’organisation d’un tel voyage (il visitera onze villes) est complexe, et il avait oublié cet accord initial et informel. Le fait qu’il ne puisse profiter de cette hospitalité n’enlève rien à sa gratitude : « Das Arrangement einer solche Reise (ich besuche 11 Städte) ist ein kompliziertes Ding, und ich war an jene frühe und unpersönliche Vereinbarung nicht mehr erinnert worden. Daß ich von Ihrer gastfreien Unterbringung keinen Gebrauch machen kann, thut meiner Dankbarkeit gewiss keinen Abbruch »…
[Cette tournée de conférences et lectures a conduit Thomas Mann du 2 au 20 novembre 1920 en Rhénanie occupée et dans la région de la Ruhr, où il a lu des extraits de La Montagne magique et de nouvelles ; à Elberfeld, il était l’invité de la mère d’Ernst Bertram, dont il avait accepté l’invitation, en dépit de celle précédemment adressée par Bernhard Witte.]
On joint des coupures de presse.
1 000 - 1 200 €
201 MANN Thomas (1875-1955).
L.A.S. « Thomas Mann », Pacific Palisades 2 octobre 1947, à Ransom TAYLOR ; 1 page in-8 à l’encre bleue à son en-tête et adresse (trous de classeur) ; en allemand.
Au germaniste et traducteur Ransom T. Taylor, qui a notamment traduit la conférence de Thomas Mann sur NIETZSCHE, Nietzsches Philosophie im Lichte unserer Erfahrung , donnée en anglais à la Library of Congress, le 29 avril 1947 : Nietzsche’s Philosophy in the Light of Contemporary Events Il revient d’un voyage bienfaisant qui lui a donné du temps pour se reposer et se détendre. Il est à présent inondé par le travail à finir et les nouveaux projets. Il est possible qu’il ait bientôt à nouveau besoin des services de traducteur de Taylor. Il n’a plus d’exemplaires du Nietzsche complet en anglais dans sa totalité. Il a transféré la liste des corrections de Taylor à Horch, l’agent de New York, lequel la remettra à l’éditeur du magazine Commentary qui projette de publier le texte en entier…
800 - 1 000 €


202
MAUPASSANT Guy de (1850-1893).
POÈME autographe, « La jeunesse n’est plus »… ; 2 pages in-12 sur papier au chiffre GM couronné.
Poème de jeunesse de 26 vers (il a été partiellement publié dans Le Temps du 7 décembre 1897), écrit sur le papier au chiffre couronné de son père Gustave de Maupassant. « La jeunesse n’est plus, notre race abattue En fait une taverne où tout se prostitue. Celui qui veut entrer doit laisser sur le seuil Tout ce qui lui restait de courage et d’orgueil »…
1 000 - 1 200 €




203
MÉRIMÉE Prosper (1803-1870).
L.A.S., 30 janvier [1858, à Paul de RÉMUSAT] ; 7 pages et quart in-8.
Il lui renvoie son manuscrit [une nouvelle, L’Ambitieuse , que Rémusat n’a pas publiée] : « Sans compliments, je l’ai lu avec beaucoup d’intérêt, et je ne doute pas de son succès auprès de toutes les personnes qui font cas d’un style naturel, de caractères bien tracés, bien suivis, d’une action habilement développée et de mille traits excellents sur cet inépuisable sujet de méditation, le cœur humain. Maintenant je me demande si ces personnes que je dis, et qui étaient nombreuses à la fin du siècle dernier, existent en nombre suffisant aujourd’hui pour faire un succès. J’avoue que j’ai des inquiétudes. MM. DUMAS et consorts nous ont habitués à leur système à la vapeur. […] Je remarque que le style de l’amour est autre que celui de mon temps, lequel était très différent du style d’aujourd’hui, s’il y a un style aujourd’hui pour cela. Je crains que ce mélange de passions, de galanterie et de politesse raffinée ne soit pas du goût de MM. les membres du Jockey club. Mais est-ce pour eux qu’on a écrit, ne suffit-il pas qu’il y ait quelques gens qui comprennent ? Beyle [STENDHAL] mettait en tête de ses livres : To the happy few ». Puis il rectifie plusieurs erreurs concernant l’Espagne… Et il ajoute : « Je crains que l’amour délicat ne fût pas très connu au 18e siècle à Madrid. La mère du comte de MONTIJO avait une petite maison de campagne à Romanillos près de Madrid où venaient tous les philosophes et toutes les belles dames de son temps. On lui demandait comment elle avait pu loger tant de monde. Elle répondit : qu’elle donnait autant que cela se pouvait une chambre à chaque femme –et que quant aux hommes elle ne s’en était jamais inquiétée, et qu’aucun ne s’était jamais plaint »... Etc. Correspondance générale , t. VIII, n° 2555.
500 - 700 €
204
METASTASIO Pietro (1698-1782).
L.A.S. « Pietro Metastasio », Vienne 1er mars 1779, au comte Giovanni Francesco FATTIBONI à Cesena ; 2 pages in-4 ; en italien.
Belle et rare lettre au comte poète [Le comte Giovanni Francesco FATTIBONI (Cesena 1736-Loreto 1802), poète et librettiste, avait publié en 1777 deux volumes d’Opere drammatiche .] Métastase le remercie de l’envoi des deux volumes de ses œuvres dramatiques, qui ont mis six mois à lui parvenir… Il félicite le comte de ses grands progrès dans ses créations poétiques, par son application infatigable, et par l’usage magistral qu’il a pu acquérir du vrai langage du Parnasse qui a su conjuguer, à la noblesse et à l’harmonie, la facilité et la clarté, de telle façon que l’envie ne trouve pas où l’amender. Il a déjà pu parcourir une bonne partie des deux volumes, qu’il reprendra plus tranquillement tant que son grand âge lui en laissera le loisir : « Mi congratulo poi veracemente seco de’ molti visibili guadagni che le à prodotti nella facoltà poetica l’indefessa sua applicazione, ma specialmente dell’uso magistrale ch’ella a contratto di quel vero linguaggio del Parnaso, che sa congiungere alla nobiltá et all’armonia, la facilitá e la chiarezza in tal maniera, che non trova l’invidia ove l’emende O trascorso giá buona parte de’ due volumi de’ quali mi a V ° Illmo reso possessore, ma con quel disordine che sempre e compagno della frettolosa curiosità : mi rinnoveró bene il piacere di questa lettura, ma con quelll agio che esige ora da me la grave et insidiosa et á mia che mi va insensibilm[en]te scemando tutte le mie fesiche attività, e quelle particolarmente del leggere et dello scrivere »…
800 - 1 000 €
MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de La Brède et de (1689-1755)
L.A.S. « Montesquieu » (minute), Paris 22 mai 1736, [au comte François de BULKELEY] ; 2 pages in-4.
Amusante lettre sur les nouvelles du temps « Comment pouvés vous me souhaiter vous qui allez avoir tout ce quil y a de plus exquis à la cour et de plus rafiné dans le cabinet, pour moy je ny entends point de finesse et je vay ce soir souper tranquilement avec le compte [le comte de MATIGNON ?] dans une tres bonne maison, cependant je seray charmé davoir le plaisir de vous voir car aussi ne vous faut il pas toujours des gens si merveilleux. Madame de cARIGNAN a rendu une pierre. Mr de ST SIMON soutient que cest un lingot [le prince et la princesse de Carignan s’étaient fort enrichis dans le système de Law]. Vous scavés que la pension de Mr du Maine [le duc du MAINE est mort le 14 mai] a été conservée scavoir 65 mille livres à Madame du Maine et 35 mille à Mademoiselle. Qui auroit dit que Mr du Maine seroit mort de la v. Il est mort come les gens qui se sont bien divertis et s’est ennuyé toute sa vie. Il me paroit que vous prenés du gout pour les amusemens champestres. Je croy que vous ne devés ce gout qu’à un autre plus fort et qui doit piquer davantage »…
On joint une L.A. du comte de BULKELEY au Président de Montesquieu à Paris, [Orléans 27 mai [1736] (2 pages in-4, adresse avec cachet cire rouge aux armes brisé), spirituelle réponse à la lettre de Montesquieu. « On vous prefere icy, mon cher president à toute la cour, et la ville ; mais je suis accoutumé aux passions malheureuses, et je vois qu’il faut remplir ma destinée »… Il évoque les mœurs du duc du Maine, le « diamant » de la princesse de Carignan… « Est il vray que l’on va livrer la compagnie des Indes aux fermiers generaux ; il me semble que cela ne seroit pas du goust des actionaires »…
Correspondance 1731 - 1746 , nos 441 et 442.
3 000 - 4 000 €

206
MONTHERLANT Henry de (1895-1972).
MANUSCRIT autographe pour La Rose de sable , [vers 1930] ; 37 feuillets in-4 (quelques légers défauts).
Manuscrit de travail pour La Rose de sable
Le roman La Rose de sable, critique de la colonisation française au Maghreb, rédigé d’août 1930 à février 1932, a été édité partiellement hors commerce sous le pseudonyme de François Lazerge et sous le titre Mission providentielle en 1938 ; d’autres fragments du roman furent publiés en 1954 et 1956, avant une édition partielle en 1968 et l’édition intégrale en 1982 dans la Pléiade. Ce brouillon, à l’encre violette, très rature et corrigé, avec des additions marginales, paginé 10 à 46, correspond à l’actuel chapitre II de la première partie du roman (Romans , II, Pléiade, p. 32-45), depuis la présentation du père du héros : « M. Auligny passa trente ans dans l’administration, vivant dans la crainte d’un événement inattendu »…, jusqu’à la fin du chapitre, avec l’arrivée à Tanger le 24 mars 1932, du lieutenant Auligny. Certains feuillets ont été écrits au dos de brouillons récupérés. Le bord d’un feuillet effrangé a été réparé au papier gommé ; le dernier feuillet a été un peu rogné, sans perte de texte.
500 - 700 €



207
MONTHERLANT Henry de (1895-1972).
MANUSCRIT autographe signé, Préface au « Journal intime » de Tolstoï , [1937] ; 12 pages et demie in-4 au dos de tapuscrits et de lettres reçues.
Sur TOLSTOI . Manuscrit de premier jet, à l’encre violette, avec de nombreuses et importantes corrections, d’une préface non retenue pour une édition de TOLSTOÏ ; sous une forme très différente, le texte sera recueilli dans les Essais critiques de Montherlant (Gallimard, 1995).
« Si dignes de respect que soient les ultima verba de Tolstoï, qu’on trouvera ici, ce qui domine ce livre, c’est moins l’expression morale du Tolstoï de la dernière année, que le problème des rapports de ce Tolstoï-là avec sa femme. [...] le mariage de Tolstoï a une valeur d’avertissement de la plus grande importance, parce qu’il symbolise un cas fréquent : le mariage de l’homme qui n’est pas fait pour le mariage, et se marie sans raison sérieuse, avec une femme qui n’est pas pire que les autres, mais dont il ne pourra que souffrir, seulement parce qu’elle est femme, c’est-à-dire d’une espèce désaccordée à la sienne »...
600 - 800 €
208
MUSSET Alfred de (1810-1857).
L.A.S. « Alfd Mt », Lundi 29 [septembre 1840], à Mme Caroline JAUBERT ; 6 pages et quart in-8 (petite déchirure au dernier feuillet sans toucher le texte.
Longue et amusante lettre à sa « marraine » Musset raconte son voyage de retour, du château d’Augerville (où il a séjourné chez Berryer en compagnie de Mme Jaubert), jusqu’à Paris, avec enlèvement d’une grisette, sous forme de 31 impressions de voyage numérotées.
« 1ère impression de voyage. D’Augerville à Malesherbes, causerie fort agréable avec Pinson. Visite non moins flatteuse au Docteur Aublée. Je ne trouve pas de place à la carriole. 2e impression. Je pars pour Fontainebleau après avoir déployé le
plus grand caractère pour obtenir la moitié d’une charrette à prix d’or. Le cocher vole du raisin toute la route.
3 e impression. Je dîne à l’Aigle noire. Après dîner je me rends sur la place dans le dessein formel d’acheter n’importe quoi, comme je vous l’avais annoncé, chez une grisette que j’avais remarquée en venant. Mais je m’aperçois avec peine que la susdite grisette est une marchande de drap »…
Le récit continue, avec le voyage en voiture, et les échanges avec les autres voyageurs, jusqu’à l’arrivée à la barrière de Paris puis rue Dauphine. Là, il propose à une grisette de l’emmener en fiacre : 31e et dernière impression : « La grisette accepta. Elle prit ma main pour monter en fiacre, et je puis dire que ce fut avec la plus grande décence, et la puérilité la plus honnête, que j’enlevai dans mon carrosse cette jeune et confiante personne qui demeure rue de la Cité, derrière le quai aux Fleurs ».
Et il conclut : « Mon voyage finit là. Je vous dirai plus tard le reste de l’histoire de ma vie. En attendant, je baise respectueusement le bout de la pantoufle de ma marraine ».
Et dans un post-scriptum, il ajoute qu’il a vu BERRYER la veille, et charge sa marraine de dire à Mme Berryer « que je me conforme à ses conseils. Je suis un régime exemplaire, et s’il ne me rend pas à la santé, il prouvera du moins mon obéissance envers la plus aimable des châtelaines ».
1 300 - 1 500 €
209
POLGAR Alfred (1873-1955).
2 L.A.S. « Alfred Polgar », 1946 et 1955, au journaliste suisse François BONDY ; 2 pages in-4 au crayon, et 1 page in-8 à l’encre verte ; en allemand.
New York 2 mai 1946 , recommandant Elisabeth FRANK, veuve de Bruno Frank, qui vient à Zürich, et à qui Polgar a confié 5 ou 6 manuscrits… – Zürich 15 avril 1955 , remerciant pour l’envoi d’un livre. On joint un recueil manuscrit de mélanges en vers et en prose, fin XVIII e s., en 2 volumes in-8 cartonnés dos parchemin. On relève de nombreuses pièces inspirées par VOLTAIRE.
200 - 300 €

210
QUENEAU Raymond (1903-1976).
MANUSCRIT autographe et Tapuscrits corrigés, La Vallée des songes , [vers 1950] ; ensemble de feuillets classés sous 6 chemises cartonnées, en un volume in-4 relié toile jaune.
Scénario de film inédit dans ses différentes versions
Ce scénario, « sorte de conte merveilleux et mythologique » (JeanPierre Longre), met en scène un couple de jeunes mariés, Merlin et Lili, mêlé aux « répétitions d’une troupe d’“étudiants-acteurs” qui rejouent la scène d’Adam et Ève tentés par Satan et succombant au péché originel »…
Le dossier comprend :
* le MANUS c RIT autographe. – 2 pages petit in-4 sur papier écolier, la 1ère intitulée Mystère : « le 1er celui du matin est le Mystère du voyage de St Brandan (= Dante). Descente en Enfer et visite du Paradis. C’est Béatrice (dans Dante Virgile, mais on peut changer) en tout cas un ange femelle qui guide Merlin »… ; la 2e page raconte « Merlin – en enfer »…, et est illustrée d’un croquis à la plume représentant Satan, un diable écrasant Merlin, et Béatrice sur un rocher. – 7 feuillets in-4 : liste des Personnages avec idées jetées en vrac (au dos, tapuscrit de Tatane , « Chanson pour faire rougir les nègres et glorifier le Père Ubu ») ; notes sur les divers personnages (au dos d’une p. 107 dactyl. d’un roman) ; suite de 5 ff. (numérotés 1, 3, 3bis, 4 et 4), les deux premiers donnant un synopsis dactyl. au dos desquels Queneau a rédigé un découpage du film et esquissé des épisodes, les deux suivants montrant Merlin au Paradis , le dernier dressant la liste de divers épisodes.
* le SYNO p SIS dactylographié complet (10 p. in-4 sur papier pelure rose, plus 6 p. d’une autre version), avec de nombreuses annotations d’une main non identifiée.
* le TA p US c RIT d U S cé NARIO en partie autographe, comprenant 44 ff. in-4, dont 4 pages en partie autographes ; pagination discontinue, probablement mélange de deux versions, avec de nombreuses corrections et annotations par Queneau et une autre main, des béquets collés, des passages biffés, etc.
* TA p US c RIT d ’ UNE AUTRE VERSION d U S cé NARIO, 19 ff. avec de nombreux et importants béquets collés.
* TA p US c RIT complet du scénario, 39 p. in-4 (double carbone), sous chemise avec le nom et l’adresse de Queneau.
Plus une lettre de Christian Janicot à Jean-Marie Queneau (1994), pour un projet de publication de La Vallée des songes dans son Anthologie du cinéma invisible
700 - 800 €

211
RILKE Rainer Maria (1875-1926).
L.A. (« Copie »), Schloss Berg am Irchel, Canton de Zürich 23 décembre 1920, à une dame ; 2 pages in-8 ; en allemand.
Minute de la lettre que le poète adresse à une dame occupant l’appartement voisin de celui que Rilke a loué au Dr Feist. Rilke tente d’apaiser cette personne qui s’est plainte au Dr Feist des désagréments causés par son locataire. Il est surpris par ses violents reproches (« heftige Beschwerde »). Il ne connait malheureusement pas personnellement le Dr Feist, qui jouit de son entière confiance (« mein vollkommenstes Vertrauen »), et doit être rassuré de savoir que ce n’est pas un quelconque inconnu qui occupe cet appartement que Rilke aime tant (« nicht irgend einen mir überhaupt unbekannten Miether in meiner, mir sehr lieben Wohnung zu wissen »). Rilke espère que cette confiance n’est pas remise en question par les protestations de la dame ; il sait par expérience que l’on peut ressentir comme insupportables certaines nuisances causées par un voisin et que le simple fait de les évoquer peut mettre dans un état d’agacement parfois excessif : « ich weiss aus eigener Erfahrung, wie leicht man gewisse Übelstände, die einem ein Nachbar gelegentlich bereitet, als unerträglich empfindet und mit welchem enervement man sie, schliesslich fast übertreibend, konstatiert »… Il est persuadé que le Dr. Feist aura à cœur de ménager la dame et d’établir une relation apaisée avec le 3e étage, et il ne peut souhaiter davantage : « ein verträgliches Verhältnis zum 3. Stock herzustellen. – Mehr kann ich, von hier aus, weder unternehmen, noch wünschen »...
1 200 - 1 500 €
212
ROUGET DE LISLE Claude-Joseph (1760-1836).
POÈME autographe, L’ Époux malheureux ; 2 pages in-fol. (cote d’inventaire, lég. effrang.).
Cette pièce sur l’infidélité conjugale et la trahison de l’ami se compose de 3 strophes de 8 vers, et d’un quatrain qui sert de refrain. Le poète a porté quelques corrections.
« Ô vous qui portez dans mon cœur
L’effroi, l’horreur, la mort, la rage, Ingrats ! venez voir votre ouvrage, Venez jouir de mon malheur »...
500 - 700 €
213
ROUSSEAU Jean-Jacques (1712-1778).
MANUSCRIT autographe ; 3 demi-pages in-4 (larges brunissures ne nuisant pas à la lecture du texte).
Notes sur les femmes, en vue de l’ouvrage sur les femmes que Rousseau entreprit entre 1746 et 1750 pour sa protectrice Mme Louise DUPIN (1706-1799) et qui ne vit jamais le jour, d’après le tome de l’ Histoire générale de l’Allemagne de Joseph BARRE (1748). – Une constitution de l’Empereur Henri VI, en 1196, « étend aux femelles le droit de succession à la Couronne Impériale qu’il établissoit dans sa famille par cette constitution ». – La révolte des Siciliens encouragée par l’Impératrice Constance contre son mari Henri VI (1196).– Le duc Henri de Brabant avait obtenu de Philippe de Souabe « une constitution pour laquelle ce Prince lui accordoit que ses filles pussent succeder à ses fiefs s’il n’avoit point de mâles pour Héritiers ».
1 200 - 1 500 €
214
SAINTE-BEUVE Charles-Augustin (1804-1869).
POÈME autographe signé « Ste B », Sonnet à Madame Desbordes-Valmore , 21 mars [1840] ; 1 page in-8.
Belle association poétique
Ce sonnet a été adressé par Sainte-Beuve à Marceline DESBORDES-VALMORE elle-même, le 21 mars 1840, précédé de ces deux lignes : « Charpentier fait imprimer dans son format tous mes vers : j’y glisse vers la fin le sonnet suivant, faible écho lui-même de l’Horloge abandonnée » (le titre exact du poème de Marceline, paru dans ses Élégies, est L’horloge arrêtée ). Ce sonnet a en effet paru dans l’édition des Poésies complètes de Sainte-Beuve, donnée par Charpentier en 1840. « Puisqu’aussi bien tout passe et que l’amour a lui, Puisqu’après le flambeau ce n’est plus que la cendre »…
250 - 300 €



215
SAND George (1804-1876).
L.A.S. « George Sand », [Nohant 24 juin 1845], au vicomte Antoine d’AURE à l’école d’équitation ; 3 pages in-8 à son chiffre, adresse.
Curieuse lettre sur incident survenu à un valet d’écurie et sur les soins à donner aux chevaux Elle renvoie au vicomte son serviteur Dupont « avec une vilaine tape à l’œil. Il ne peut nous dire comment la chose est arrivée, on l’a trouvé par terre dans l’écurie hier soir, avec la face tout en sang. Nous avons eu peur d’abord, et puis, après l’avoir lavé et pansé, nous avons vu que ce n’était pas grave et que c’était, comme on dit en Berry, la faute de son meilleur ami, le vin. Ne le grondez point. C’est la seule faute qu’il ait commise ». Il ne s’en est pris « qu’à son propre museau » ; elle est contente qu’il ne se soit pas tué chez elle, mais il risque de mal finir « à la suite d’une partie de plaisir, car il n’en prend pas à demi, le cher homme »… Elle demande ensuite des conseils pour sa jument Joséphine : « ses yeux continuent à être un peu malades. Je ne suis pas d’avis de la faire soigner davantage. Elle a une petite mollette ce qui la fait boiter en partant. Vous nous direz quand vous viendrez nous voir s’il faut lui mettre une petite pointe de feu ou continuer simplement à la panser tous les soirs avec une bande de flanelle et de l’esprit de vin comme faisait M. Dupont »... Correspondance , t. XXV (S 324).
500 - 700 €
216
SAND George (1804-1876).
L.A.S. « George », [Nohant] Lundi soir [31 décembre 1849], à son amie Rozanne BOURGOING ; 3 pages in-8, enveloppe.
Belle lettre sur ses tristesses après la rupture avec Chopin et la brouille avec sa fille, et sur son tout nouvel amant, l’Allemand Hermann Müller-Strübing Elle s’en veut d’avoir tardé à lui écrire. « Mais je voulais avoir à te dire quelque chose de moi, car ce n’est pas se parler que de se cacher quelque chose. Je ne savais où j’en étais dans ces premiers jours. C’était un mélange d’espoir et de tristesse sombre. Non pas que je n’eusse confiance pleine et entière dans ce bon Allemand [Hermann MÜLLER-STRÜBING]. Mais comment passer du désespoir au bonheur sans un terrible effort ? Tu sais quel poids effroyable ces chagrins de famille ont mis sur ma poitrine. Je suis comme quelqu’un qui voudrait bien, qui pourrait bien respirer, si on lui ôtait une grosse pierre qui l’écrase. Il faut être fort et persévérant pour me délivrer d’un pareil fardeau et pour me rendre à la vie, moi qui étais aux trois quarts morte. C’est si profond, une douleur qui ne veut pas se plaindre et qui se cache derrière des habitudes d’insouciance et de gaîté ! – Enfin je suis contente à présent et j’espère qu’il y aura sinon guérison de ma vie, du moins équilibre en compensation. Il est bon, il est parfait à ce qu’il me semble. Seulement j’ai perdu la possibilité de croire à la durée des choses. Je donnerais dix ans de ma vie à venir pour avoir derrière moi les dix ans de certitude que tu peux compter. Je ne veux pas regarder en avant, je veux vivre au jour le jour ». Rozanne a été bien « bonne et tendre » pour elle : « Tu es toujours ma fille Rozane, et il m’a semblé recommencer ma jeunesse auprès de toi. […] Et ce bon Alexandre, je l’aime, et l’estime de tout mon cœur. Savoir aimer, c’est tout, c’est la vertu la plus rare, la grandeur la plus vraie devant Dieu. Les hommes sont presque tous des imbéciles qui ne se doutent pas de son prix. Nous savons bien, nous autres, que quand un homme nous donne le bonheur, c’est qu’il a une foule de qualités éminentes, inappréciables, que nul ne comprend comme nous. Le monde n’entend rien à tout cela. Il n’y a que l’amour qui sache et puisse payer l’amour. Sois donc heureuse, ma mignonne, cela me console presque de ne pas l’avoir été »…
Correspondance , IX, 4387.
1 000 - 1 500 €

217 SAND George (1804-1876).
L.A.S. « Votre Ninoune », Nohant 19 juillet 1863, à Pauline VIARDOT ; 6 pages in-8 à l’encre bleue à son chiffre.
Belle lettre à son amie cantatrice, sur la naissance de son petit-fils « Ma bonne fille, nous nous réjouissons bien de vous savoir contente et heureuse de votre nouvel établissement » à Baden-Baden. Elle aimerait aller la voir, « Mais d’ici à longtems peut-être, je ne pourrai quitter la maison. Nous y voilà liés par une joie immense et par mille petits soins de tous les instants. Nous n’avons ni forêts, ni montagnes, ni palais, ni chalets, ni concerts, ni fêtes, mais nous avons un beau petit garçon qui nous est né le 14 juillet [Marc-Antoine Dudevant, fils de Maurice] et qui nous rend tous fous de joie. Maurice le porte et le tripote toute la journée, aussi adroitement que s’il préparait un papillon. Sa petite mère le nourrit et le contemple. [...] c’est la seconde fois que je suis grand’mère et j’étais restée sur une profonde et longue douleur [allusion à la mort de la petite Jeanne, fille de Solange]. Maurice s’étant décidé tard au mariage, je voyais ma vieillesse attristée par l’isolement où je le laissais. Enfin à présent j’accepte mes 59 ans avec plaisir. Je ne le laisserai pas seul, il a une adorable petite femme, intelligente, vivante, gaie, artiste, ni dévote, ni mondaine, et d’un cœur ardent et généreux »… Puis elle parle de Louise, la fille de Pauline, « devenue belle, mais toujours un peu dure et comme hautaine ». Et, faisant allusion au foyer artistique de Baden-Baden, elle déplore : « les grosses capitales vont être de grands bazars où chaque jour l’art sérieux sera plus difficile et moins apprécié. Les grands artistes vont y faire de tems en tems leurs affaires, mais ils mettront leur vie ailleurs, et se regrouperont dans des oasis. Ils feront bien et vous donnez l’exemple. Paris ne mérite pas qu’on s’absorbe en lui, car il veut trop et trop peu, il veut les grands artistes, et il ne sait pas les mettre à leur rang. Et puis, il ne les comprend qu’à demi, le tour de force le charmera toujours. L’art se perdrait certainement, s’il ne se créait des sanctuaires pour se retremper »… Correspondance , t. XVII, n° 10300.
700 - 800 €

218
SAND George (1804-1876).
L.A.S. « George Sand », Palaiseau 21 octobre 1864, [à Louis ULBACH] ; 2 pages in-8 à son chiffre.
Au sujet de sa pièce Le Marquis de Villemer (créée à l’Odéon le 29 février 1864].
« Mon cher confrère, vous avez approuvé et encouragé Villemer, encouragez des artistes qui l’interprètent de nouveau et qui ont donné beaucoup d’éclat littéraire à la reprise de cette pièce. L’un d’eux, Laroche, a été aussi votre interprète, et vous savez qu’il a un talent sérieux, réel. Enfin, si vous ne l’avez déjà fait, – car au fond de mon village je ne sais les choses que bien tard, – aidez d’un mot d’encouragement l’Odéon et moi qui avons donné beaucoup de soins à cette reprise.
Vous voyez que je me permets de compter sur votre aide fraternelle, comme j’espère, vous comptez, au besoin, sur la mienne »... Nouvelles lettres retrouvées , n° 255.
300 - 400 €
219
SCHELLING Friedrich Wilhelm Joseph von (1775-1854).
L.A.S. « Schelling », [mi-février 1797, à ses éditeurs BREITKOPF & HÄRTEL ; 1 page in-4 ; en allemand.
Instructions pour la publication de ses Ideen zu einer Philosophie der Natur (1797), alors qu’il est âgé de 23 ans. Il envoie les premiers feuillets du manuscrit qu’une nouvelle petite maladie l’empêche de porter lui-même. Il assure ses éditeurs qu’il y en a pour au moins 10 à 12 feuillets et que si rien d’autre ne vient l’interrompre, il ne devrait pas y avoir de retard dans l’impression. Si celle-ci est lancée de suite, il prie de lui envoyer sans délai le premier feuillet pour correction. Une fois le typographe instruit par rapport au manuscrit, Schelling n’aura plus besoin d’intervenir aussi souvent pour corriger les feuillets suivants. Il compte sur une impression nette, du bon papier et l’envoi de 30 exemplaires gratuits…
2 000 - 2 500 €


220
SEGALEN Victor (1878-1919).
MANUSCRIT autographe, Kan-Sou T’ong tche ; 1 page in-8 (21,7 x 9,6 cm) en idéogrammes chinois avec titre en transcription occidentale.
Rare manuscrit en forme de stèle
Passage relevé par Segalen dans l’ Histoire du Gansu (Gansu tong zhi ), relatif aux tombes du prince Fu Su (mort en 210 avant J.C., fils aîné du premier empereur de Chine), et des généraux
Zhao Chongguo (137-52, au service des Han), Li Kuang (mort en 119 avant J.C., au service des Han), et de Niu Xianke (675-742, chancelier au service des Tang).
800 - 1 000 €
221
VERLAINE Paul (1844-1896).
POÈME autographe signé « P. Verlaine », L’Apollon de Pont-Audemer, 9 septembre 1864 ; 1 page in-8 (légère trace de mouillure).
Poème de jeunesse daté « 9 7bre 1864 » (Verlaine avait vingt ans). Ce sonnet a été publié au tome III des Œuvres posthumes. Le manuscrit, de l’écriture de jeunesse de Verlaine, porte cette note au crayon : « M. Delahaye affirme que cette pièce est bien de Verlaine ».
« Un solide gaillard ! dix-huit ans, larges bras ; Mains à vous arracher la tête de l’épaule
Sur un front bas et dur, cheveux roux, coupés ras. Puis, à la danse, il a, ma foi, crâne air, le drôle ! »...
1 000 - 1 200 €
PROVENANCE
Bibliothèque du Colonel Daniel Sickles , XV, n° 6604.

222
VERLAINE Paul (1844-1896).
POÈME autographe, « Je blasphémais »…, 1893 ; 1 page in-8.
Brouillon d’un poème de Dans les Limbes
C’est la pièce XV du recueil Dans les Limbes (1894). Le manuscrit présente des ratures et corrections, avec des variantes. On notera que Verlaine a hésité sur la numérotation : XIV, XVI et finalement XVI. En marge il a fait le compte des vers (300/308), avec à la fin « 18 vers ».
« Je blasphémais. Dieu c’est le Père et c’est le Maître
Tous deux venons de lui, c’est la source de l’être, […] Vivre ? Oui ? n’est-ce pas ? Vienne cette existence ! »
Ce brouillon est écrit au verso d’une L.A.S. biffée de quelques traits, Hôpital Broussais 8 janvier 1893, à un rédacteur de La Lorraine Artiste : « Je resuis à l’hôpital mais pour peu de temps, malade… et autre chose. Mais j’espère. Je pense partir bientôt à l’étranger, en tournée de conférences. Ça m’a déjà réussi en Hollande […]
Envoyez moi donc les 3 exemplaires de la Lorraine Artiste où sont les Souvenirs d’un Messin. […] Je prépare un volume de M élanges où ça pourrait entrer. Faites donc annoncer la réimpression d’Amour, de Liturgies intimes , Parallèlement –“l’imminente” publication d’Odes en son honneur et d’Élégies , poésies d’amour ainsi que Dans les limbes , en préparation. Aussi, Histoires comme ç a, nouvelles, et Dédicaces très augmentées, le tout chez Vanier »… 1 000 - 1 500 €


223
VERNE Jules (1828-1905).
L.A.S. « Jules Verne », Amiens 30 décembre 1897 ; 1 page in-12. « J’apprends que vous venez de fonder à Vienne une Revue, dans le but de propager la langue française à l’étranger. Vous venez ainsi en aide à l’Alliance Française , qui, dans le même but, a fait déjà tant de bien et en fera tant encore dans l’avenir. Je ne puis donc, comme tous vos concitoyens, qu’approuver le mobile qui vous a fait agir : c’est du patriotisme, du bon patriotisme pratique, et qu’il convient d’encourager de toutes ses forces »…
700 - 800 €
224
VIAN Boris (1920-1959).
L.A.S. « Boris Vian » (brouillon), Paris 21 avril 1950, à Guy VERDOT, critique à Franc-Tireur ; 2 pages in-4 (trous de classeur).
Brouillon de lettre très raturé et corrigé dans laquelle Vian répond avec mépris à la critique acerbe de Guy Verdot sur sa pièce L’ Équarrissage pour tous créée le 14 avril 1950 au théâtre des Noctambules. « J’aime à me dire que vous me consacrâtes une parcelle de ce temps si précieux qui vous valut déjà de pénétrants chefs d’œuvre […]. Vous eûtes dans ce Franc-Tireur, une idée extrêmement intéressante : je veux parler de cette opérette sur les camps de concentration. Cette idée, je l’avoue, me tente. Et c’est là que je vais abuser de votre complaisance ; je sens que le talent me manque pour mener seul à bien cette entreprise hardie. Puis-je, monsieur Verdot, compter sur vous pour écrire les couplets ? […] Ne vous inquiétez pas… si c’est un four (crématoire) ça ne sortira pas du sujet » et il ajoute en post-scriptum : « Vous déplorez, nous l’avons senti, la facticité de notre caisse de dynamite finale. Ceci nous titilla et nous nous proposons de la remplacer par une vraie »…
On joint une L.A.S. (2 p. in-4) au nom d’Albert Ferreri à propos d’un échange de disques de jazz. Vian fait une liste des disques recherchés, parmi lesquels on trouve les noms de Jerry Roll Morton, Dodds, Sydney Bechet, Ellington, Count Basie, Cab Calloway, etc.
400 - 500 €

225
WERFEL Franz (1890-1945).
POÈME autographe, Anrufung, [vers 1913] ; 1 page in-4 sur papier à petits carreaux ; en allemand.
Poème de 4 quatrains, publié dans les Oden, Hymnen, Gestalten (1913 - 1914) du recueil Einander (Kurt Wolff Verlag, 1915). « Komm reiner klarer winterlicher Geist Mit deinen eisigen Feuern niederfahrend ! »…
700 - 800 €
226
ZOLA Émile (1840-1902).
L.A.S. « Emile Zola », Paris 27 septembre 1876, [à Philippe GILLE] ; 1 page in-8, enveloppe timbrée.
Il accepte son invitation à déjeuner : « Et comme je suis justement libre demain jeudi, nous mettrons cela à demain, si cela ne vous gêne pas. MENDÈS, que j’ai rencontré hier soir, m’avait dit un mot de votre projet. J’avoue que j’étais très-intrigué et que je le suis encore »… Il donne son adresse : « 21, rue Saint-Georges (Batignolles) ».
On joint une L.A.S. au même, Paris 8 janvier 1889 (mauvais état, papier bruni, trou) ; et une l.a.s. de l’éditeur Georges CHARPENTIER à Ph. Gille, 24 mars 1875, annonçant la prochaine sortie du livre de Zola (1 p. in-8 à en-tête Bibliothèque Charpentier ).
700 - 800 €
227
ZOLA Émile (1840-1902).
L.A.S. « Emile Zola », Paris 9 avril 1882, à Édouard BÉLIARD ; 1 page in-8.

Il a reçu la visite d’une demoiselle (le nom a été gratté) : « je vous remercie de me l’avoir envoyée, car elle m’a donné quelques bons renseignements. Mais je voudrais bien avoir quelques détails sur elle-même. Elle a l’air fort emancipée. Quelle est donc sa famille ? Comment est-elle venue à Paris ? Avait-elle fait quelque faux pas à Etampes ? [...] J’ai besoin de l’atmosphere de cette petite personne »…
[Peintre paysagiste ami de Pissarro et de Cézanne, Édouard BÉLIARD (1832-1912) travailla auprès de ceux-ci à Pontoise à partir de 1872, et participa à la première exposition impressionniste de 1874. Habitué du café Guerbois comme Zola, il inspira à celui-ci le personnage du peintre raté Gagnière dans L’Œuvre (1886).]
400 - 500 €
228
ZOLA Émile (1840-1902).
L.A.S. « Emile Zola », Médan 6 octobre 1894, à Pierre DALAVAT, « greffier à la Justice de paix » à Lourdes ; 1 page in-8, enveloppe timbrée.
[C’est en août qu’est paru le premier ouvrage des Trois Villes consacré à Lourdes . Henri Bourgeois, entrepreneur de travaux publics à Chartres, se jugeant diffamé, attaque en justice Zola et son éditeur. ]
« Merci de votre bonne promesse. Le procès ne doit venir que le 24. Mais j’aimerais à avoir les renseignements d’ici à une dixaine de jours, pour que mon avocat puisse préparer son plaidoyer »...
300 - 400 €
229
CHARCOT Jean-Martin (1825-1893).
MANUSCRIT autographe, 10 e leçon , [vers 1872-1875] ; 4 pages in-4.

Notes préparatoires pour ses leçons sur les maladies du système nerveux dispensées à la Salpêtrière
Ces notes se rattachent à la leçon De la paralysie agitante [maladie de Parkinson] (5e leçon du tome II des Leçons sur les maladies du système nerveux ). Elles sont classées en 7 paragraphes numérotés I-VII, eux-mêmes subdivisés.
« §I. 1° J’ai réuni à dessein femmes chez lesquelles tremblement paraît constituer toute la maladie.
2° Le symptôme paraît identique. Les différences portent 1° sur intensité. – 2° sur le siège. On pourrait croire que même état morbide.
3° – Cependant 2 catégories. – 1° Les unes ne tremblent que 1° mouvements – membres supérieurs / action de boire / marcher / 2° si émotion. – 2° Les autres. Tremblement incessant. N’ont de trêve que par le sommeil. § II. Cette distinction de 2 espèces de tremblement méconnu par les classiques modernes. – Cependant (Gueneau de Mussy) elle n’avait pas échappé aux médecins du siècle passé. […] § III. Cette distinction dans la forme du tremblement, nous servira à établir une première distinction entre 2 maladies jusqu’ici confondues, mais distinctes cependant foncièrement. – 1° sclérose en plaques. Tremblement p. les mouvements généralisé. – 2° Paralysie agitante. Tremblement permanent convulsif »… Etc. On joint un petit feuillet (in-8 carré, fendu), observations (A-D) sur la moelle d’un embryon humain, de 4, 6 à 7, 8 à 9 et 12 à 15 semaines, adressé au dos à son assistant le Dr Bourneville « de la part du Dr Charcot ». [Désiré Magloire Bourneville (1840-1909) mit en forme l’enseignement de Charcot, pour l’impression en 3 volumes (1872, 1875, 1883) sous le titre Leçons sur les maladies du système nerveux .]
800 - 1 000 €
230
EINSTEIN Albert (1879-1955).
L.S. « A. Einstein », Princeton 7 avril 1949, à Sammy GRONEMANN à Tel-Aviv ; 1 page in-4 dactyl. à son en-tête et adresse ; en allemand.
Lettre en vers à l’écrivain Sammy GRONEMANN (1875 - 1952), ancien rédacteur de la revue yiddisch Schlemiel , qui vivait comme avocat à Tel-Aviv.
La lettre compte 4 quatrains : « Worum andre sich oft grämen / Weisst du mit Humor zu nehmen, / Denn du hast dir halt gedacht / Dass uns Gott so hat gemacht »…
Traduction libre : Ce qui afflige tant d’autres, vous savez l’accueillir avec humour, car vous pensez simplement que Dieu nous a créés ainsi, lui qui se venge par l’injustice. Lui-même a créé des faiblesses auxquelles nous succombons sans défense, dans la misère comme dans la victoire. Au lieu de juger avec une gravité inflexible, vous apportez la rédemption par votre poésie, afin que les méchants comme les pieux reçoivent ce qui leur est dû….
2 000 - 2 500 €

231
FREUD Sigmund (1856-1939).

L.S. « Sigm », Semmering 10 septembre 1924, à son neveu Edward BERNAYS ; 2 pages in-8 dactyl. à son en-tête et adresse
Prof. Dr. Freud Wien IX, Bergasse 19 ; en allemand.
[Edward L. BERNAYS (1891-1995), neveu de Freud, par son père (dont la sœur épousa Freud) et sa mère (Anna Freud, sœur de Sigmund), fit une brillante carrière de publicitaire en Amérique ; on le considère comme le père de la propagande politique. Il gérait les droits américains de Freud.]
Freud remercie Edward de ses télégrammes et d’un numéro du Jewish Tribune , journal dont le directeur a fait preuve d’une audace juive remarquable (« die sich in ihrem Leader ein glänzandes Beispiel von jüdischer Chuzbe geleistet hat »). Il a encaissé le chèque de 600 $ et a remis la somme à Alexander, qui distribue les fonds à la famille. Les subsides suffiront donc jusqu’à la fin de l’année, et Freud est désormais libéré de toute dette, à l’exception de 10 $. Il reproche à Edward d’avoir utilisé l’Union Bank, avec laquelle il n’a aucun rapport, et espère que, pour ses droits d’auteur que doivent verser Boni & Liveright pour le 1er semestre, ce sera sur son compte à Londres à l’Anglo-Austrian Bank Ltd. Quant à l’édition de ses brèves conférences, que Boni & Liveright souhaitaient publier, il lui était difficile de régler cela d’ici. Il a écrit au Dr RANK pour lui dire qu’il pouvait faire ce qu’il voulait, et il espère que cela s’est arrangé d’une manière ou d’une autre. (« Die Angelegenheit meiner kleinen Vorlesungen, welche Boni & Liveright abdrucken wollten, war mir von hier aus schwer zu entscheiden. Ich habe Dr. Rank geschrieben, dass er tun kann, was er will und hoffe, die Sache ist jetzt bereits auf irgendeine Weise erledigt ».)
Il évoque pour finir le comportement et la situation de sa nièce Judith : « Dir weitere Details über Judiths Verhalten zu schreiben, schien mir überflüssig, da ich nichts weiter von ihnen über ihre materielle Lage höre. Die geschäftlichen Verhältnisse sind bei uns gegenwärtig sehr arg und so wird auch ihr Mann wahrscheinlich die Lage spüren »….
1 000 - 1 200 €



232

GUIMAR ÃES Rodolfo (1866-1918) mathématicien et officier portugais.
47 L.A.S. « Rodolphe Guimaraes », 1891-1917, à Charles-Ange LAISANT ; 95 pages in-8 ou in-12 (dont 23 cartes postales avec adresses).
Importante correspondance scientifique à son collègue mathématicien (1841 - 1920), examinateur à l’École polytechnique, président de la Société mathématique de France. Les lettres sont écrites principalement de Porto et Elvas. Guimarães y parle de ses travaux, de ses projets, de ses voyages, de ses publications, des congrès auxquels il participe, etc.
300 - 400 €
233
LENARD Philipp von (1862-1947).
MANUSCRIT autographe signé « Philipp Lenard, Dr. phil. », Über die Electricität der Wasserfälle , 1892 ; titre et 58 pages grand in-4, plus 2 planches photographiques.
Thèse d’habilitation du futur Prix Nobel de physique 1905, sur l’électricité des chutes d ’eau
Thèse d’habilitation en vue de l’obtention du titre de professeur de la Faculté de philosophie de l’Université rhénane Friedrich Wilhelm de Bonn, en mai 1892. Elle comprend de nombreux tableaux et 2 planches avec photographies contrecollées sur carton de dispositifs expérimentaux dessinés par Lenard. Le manuscrit, mis au net avec soin sur papier ligné, commence ainsi : « Es ist seit langer Zeit bekannt, dass Wasserfälle die Luft in ihrer Umgebung mit negativer Electricität beladen. Diese schon an sich merkwürdige Erscheinung, deren Wesen nicht vollständig aufgeklärt ist, bot besonderes Interesse
dadurch, dass Bestehen von Contactelectricität zwischen Gasen und Flüssigkeiten aus mehreren Gründen sehr wahrscheinlich geworden war. Ist solche wirklich vorhanden, so schien es möglich, dass sie an grossen Wasserfällen zu unmittelbarer Äusserung komme, wo ausgedehnte Berührungsflächen von Wasser und Luft so raschen und mannigfachen Veränderungen unterworfen sind. Beobachtungen an Wasserfällen; das Erdpotentialgefälle ist ohne Einfluss. 1. Bei einer Reise nach den an Wasserfällen so reichen Gegenden der Alpen war ich daher zu electrischen Beobachtungen ausgerüstet. Eine kurz vorher erschienene Arbeit der Herren Elster und Geitel hatte dazu noch besonders aufgemuntert. Es findet sich in derselben, gelegentlich anderer Untersuchungen, die inter - essante Thatsache mitgetheilt, dass die negative Electricität in der Luft noch bis zu Höhen von 500 m über Wasserflächen bemerkbar ist und es wird als willkommener Ausgangspunkt für weitere Beobachtungen vermuthungsweise versucht, die Erscheinung als Wirkung des electr. Feldes der Erde zu erklären. Das Wesentliche wäre hiernach das Zerfahren der herabfallenden Wassermassen in feinste Stäubchen; diese nehmen unter der Influenz des normalen, nach oben hin positiven, Erdpotentialgefälles negative Ladung mit sich in die Luft, während die positive El. mit den grösseren Wassermassen zur Erde geht ». Traduction : « On sait depuis longtemps que les chutes d’eau imprègnent l’air environnant d’électricité négative. Ce phénomène, remarquable en soi et dont la nature n’est pas entièrement comprise, présentait un intérêt particulier car l’existence d’électricité de contact entre les gaz et les liquides était devenue hautement probable pour plusieurs raisons. Si une telle électricité existe réellement, il semblait possible qu’elle se manifeste directement au niveau des grandes chutes d’eau, où les vastes surfaces de contact entre l’eau et l’air sont soumises à des variations rapides et variées. Observations aux chutes d’eau ; le gradient de potentiel terrestre est sans importance. 1. Lors d’un voyage dans les régions alpines riches en chutes d’eau, je me suis donc équipé pour des observations électriques. Un ouvrage récemment publié par MM. Elster et Geitel m’a encore encouragé dans cette entreprise. Dans cet ouvrage, entre autres recherches, il est rapporté le fait intéressant que l’électricité négative dans l’air est encore perceptible jusqu’à 500 m. d’altitude au-dessus de la surface de l’eau, et il est présenté comme un point de départ prometteur pour des recherches ultérieures. »
Les observations ont été utilisées, à titre d’hypothèse, pour expliquer le phénomène comme un effet du champ électrique terrestre. Le facteur essentiel, selon cette théorie, serait la fragmentation des masses d’eau en chute libre en particules extrêmement fines ; ces particules, sous l’influence du gradient de potentiel terrestre normal, positif et ascendant, emportent une charge négative dans l’air, tandis que la charge positive retourne sur Terre avec les masses d’eau plus importantes… Et Lenard conclut que l’abaissement du gradient de potentiel terrestre normal causé par les averses torrentielles, s’étendant sur des centaines de kilomètres, et son augmentation par la houle océanique, peuvent également s’expliquer par notre phénomène… [Lenard était alors assistant d’Heinrich Hertz à Bonn.]
1 000 - 1 500 €
PUBLICATION
Philipp Lenard. Wissenschaftliche Abhandlungen , Diepholz 2003, Band 4.
53
NICOLLE Charles (1866-1936).
2 L.A.S. « C. Nicolle », Tunis 30 octobre 1926 et 18 nov., à une amie ; 4 et 2 pages in-8 à en-tête Institut Pasteur de Tunis . Lettre émue à la nouvelle du décès de son vieil ami Émile : « Tant de souvenirs de jeunesse nous liaient et notre affection si ancienne n’était pas seulement amicale, mais tendre »… Il a perdu aussi son « plus ancien camarade de l’Institut Pasteur, CATOUILLARD, qui était venu avec moi de Rouen à Tunis il y a près de vingt quatre années »… – Il traverse « une période pénible par le travail qui m’incombe. Je n’ai jamais été si surmené et rarement aussi fatigué »…
200 - 300 €



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PARÉ Ambroise (1510-1590).
RECUEIL de 82 documents originaux, XVI e -XVIII e siècles, intitulé au dos Titres Le Charron ; fort volume in-folio relié maroquin rouge, encadrement de filets à froid et couronne de marquis dorée sur les plats, dentelle intérieure.
Précieux recueil familial avec deux rarissimes documents concernant Ambroise Paré, dont un annoté par lui, unique autographe connu du grand chirurgien
Tous ces documents d’Ambroise PARÉ et de sa descendance LE CHARRON ont été montés sur onglets sans souci de la chronologie ; nous indiquons entre parenthèses leur place dans le volume. Contrat de mariage d’Ambroise PARÉ avec Jeanne MAZELIN
30 juin 1541, expédition signée par les notaires Dupré et Dorleans (parchemin in-plano, petit trou), avec note autographe d’Ambroise Paré au verso (un peu effacée) : « traicte de mon mariaige p[re]mier » (« premier » a été ajouté après son remariage). En commentant ce document, Le Paulmier écrivait : « On sait qu’à l’exception de sa signature, on ne connaît aucun autographe du grand chirurgien. Nous avons eu la rare fortune de découvrir un spécimen de son écriture » (p. 24) ; et « C’est le seul autographe du grand chirurgien que l’on connaisse » (p. 146). Ambroise Paré est désigné comme « maistre barbier cirurgien en ceste ville de Paris ». Jeanne Mazelin apporte en dot « la somme de six cens livres tournois avecques les habillemens filleaulx », Paré douant sa future épouse de la somme de 200 livres. « Et si aura et prandra ladicte Jehanne Mazelin, par préciput et avant que faire inventaire
ne partaige, tous les habillemens, bagues et joyaulx qu’elle aura à son usaige au jour du trespas dudict Ambroise Paré sondict futur espoux, aussi ledict Ambroise Paré aura et prandra par préciput tous ses habillemens, bagues et instrumens de cirurgerie qu’il aura au jour du trespas de ladicte Jehanne Mazelin »… (78)
Contrat du second mariage d’Ambroise PARÉ avec Jacqueline ROUSSELET, 31 décembre 1573, expédition signée à 3 reprises par les notaires Le Camus et Herbin (5 ff. de parchemin in-fol.). La dot de Jacqueline est de 5000 livres tournois, Paré lui constituant un douaire de 500 livres de rente, laissant à sa veuve la possibilité de jouir sa vie durant de la maison de la Vache, etc. (79) Armoiries peintes des LE CHARRON D’azur au chevron accompagné en chef de deux étoiles, et en pointe d’une roue, le tout d’or, avec la devise Lors suffira (1)
2 extraits signés par Du Puy sur la nomination de Jean Le Charron en la charge de président et conseiller en la Cour des Aides de Paris en 1554 et 1556. (61-62)
Lettres patentes de Charles IX accordant la charge de secrétaire du Roi à Jean Le Compte, 1558 (parchemin in-plano). (66)
CATHERINE DE MEDICIS. L.S., 9 juillet 1571, à M. de Voisinlieu, pour le paiement des garnisons (1 p. in-fol., contresignée par Pinart). (67)
CHARLES IX . L.S., 17 juillet 1571, à M. de Voisinlieu, pour le paiement des garnisons des frontières (1 p. in-fol., contresignée par Pinart). (68)

LAS par Aubin BOURGTHEROULDE au bailli de Nemours. (69) Extrait des registres du greffe de l’Hôtel de Ville de Paris pour l’élection en 1572 du président Le Charron comme Prévôt des marchands, copie XVIIIe s. avec timbre fiscal. (63)
Lettres royales d’Henri IV, janvier 1583, permettant à Pierre Le Charron de disposer de sa charge de trésorier de l’Extraordinaire des guerres (parchemin in-plano, reste de sceau pendant). (3)
HENRI IV. P.S., 14 mai 1595, brevet de don à Julle Boullongne (parchemin oblong in-4). (81)
HENRI IV. L.S. avec compliment autographe, contresignée par Ruzé, Paris 13 juin 1601, au Pape, en faveur d’Estienne Bollogne pour la charge de la prévosté de l’église Saint-Sauveur d’Aix-enProvence (papier, in-plano). (82)
Manuscrit de la présentation des preuves de noblesse de la famille de Bollogne, originaire de Barcelone, Barcelone 1609-1611 (45 ff. in-fol., papier). (80)
Brevet de maître des requêtes pour Claude Le Charron, 18 décembre 1623, au nom de Louis XIII (parchemin in-plano, sceau de cire brune), avec doc. joint. (15-16) 3 quittances sur parchemin (1623). (12-14)
LOUIS XIII. P.S. (secrétaire), brevet de conseiller d’État, 2 janvier 1624 (parchemin oblong in-4). (22)
Brevet de provisions de la charge de procureur général de la Reine pour Claude Le Charron, au nom d’Anne d’Autriche, 27 décembre 1632 (parchemin in-plano). Plus 5 autres pièces sur parchemin le concernant (état moyen). (17-21)
P.S. par Anne de LORRAINE, duchesse de Genevois, 14 octobre 1635, don des droits seigneuriaux de Palley à Claude Le Charron. (58)
LOUIS XIII. P.S. (secrétaire) et par Guénégaud, 30 mars 1643, brevet de conseiller d’état et des finances pour Claude Le Charron (parchemin in-plano). (23)
L.A.S. du maréchal de PLESSIS-PRASLIN à Le Charron, Turin 20 décembre 1647. (24)
Permission de faire dire la messe (1648, parchemin). (25)
ANNE D’AUTRICHE . P.S., 5 mars 1655, brevet de fille et demoiselle d’honneur pour Angélique Le Charron (parchemin oblong in-fol.) ; plus une quittance. (27-28)

Bulle papale de Clément X pour le mariage de François Le Charron, 1672 (parchemin, avec son sceau de plomb). (26)
Gravure de Stefano della Bella avec les armes de Le Charron et des ornements. (5)
L.A.S. d’E. Le Charron à son cousin M. de Bardosse. (4)
P.S. par François Le Charron, 6 août 16[..], bord rogné. (6)
Lettre patente en faveur de Marguerite Le Cirier, veuve du S. Le Comte, seigneur d’Hermay, 3 juillet 1642 (parchemin oblong in-4, grand sceau de cire brune sur queue). (70)
Extrait des registres du Conseil d’état concernant Marguerite Le Cirier, veuve du S. Le Comte, seigneur d’Hermay, Lorrez, etc., 30 juillet 1642 (parchemin oblong in-fol. avec sceau). (72)
Armoiries peintes (plume et aquarelle) du comte de Lorrez et des Perthuis. (71)
LOUIS XIV. P.S. (secrétaire) et par Le Tellier, 20 janvier 1651, congé au S. de Saint-Ange. (7)
LOUIS XIV. L.S. (secrétaire) au capitaine de Charron, Vincennes 20 juillet 1660. (29)
LOUIS XIV. P.S. (secrétaire) et par Le Tellier, St Germain en Laye 30 janvier 1666, à Saint-Ange, maître d’hôtel de la feue ReineMère, pour faire remettre au S. de Bartillat toute la vaisselle d’or et d’argent de la maison de la feue Reine. (8)
L.A.S. du marquis de Saint-Ange au Roi. (9)
Bulle papale de Clément X pour le mariage de Claude Le Charron, 1673 (parchemin, avec son sceau de plomb) ; plus une pièce ecclésiastique en latin. (30-31)
Contrôle de l’escadron de Beauvais (novembre 1674) ; certificat signé par Charles Colbert (Soissons nov. 1674) ; certificat de service signé par le maréchal de camp de Parisy-Fontainne en faveur de Claude Le Charron (novembre 1674) ; certificat signé par le maréchal de Créquy (Metz nov. 1674). (32-35)
P.S. par le maréchal de VILLEROY concernant le sieur d’Hermay et la répression des duels, 19 novembre 1679. (73)
LOUIS XIV. L.S. (secrétaire) et Le Tellier, Versailles 18 juillet 1691, nomination de lieutenant du S. Charon. (38)
LOUIS XIV. L.S. (secrétaire) et Le Tellier, Versailles 5 août 1692, commission de capitaine pour Charon dans le régiment royal d’infanterie de vaisseaux (parchemin in-plano). (39)
P.S. par le comte de PONTCHARTRAIN, 20 mai 1693, certificat de service pour le S. de Lorré, enseigne de vaisseau. (74)


P.S. par l’archevêque de Sens Hardouin de la Rochette, 10 juin 1699, pour le mariage de Claude Le Charron. (40)
2 P.S. par Jean PHELYPEAUX, 17 août 1700, pour la confirmation de noblesse de Marguerite Du Puy, veuve de François Le Comte seigneur d’Hermay, et son fils François Le Comte (2 ff. chaque, parchemin et papier). (76-77)
Supplique de Marie-Angélique Moreau, veuve du lieutenant-colonel Claude Le Charron, à la Duchesse douairière d’Orléans, pour faire poser un banc pour sa famille dans le chœur de l’église de Remauville ; annotée « bon » par la duchesse et apostillée par Voille de la Garde (1709). (36)
Arrêt du 21 juin 1714 confirmant l’ancienne noblesse des Le Charron (8 ff. parchemin). (2)
Armoiries peintes des Basanniers (sur parchemin). (65)
2 suppliques de la marquise de Saint-Ange, veuve, à S.A.R. le duc d’Orléans, Régent. (10-11)
P.A.S. par l’amiral de COETLOGON, 13 août 1722, certificat de service pour le S. de Lorré. (75)
L.S. par LE BLANC, 1er janvier 1727, au S. du Boschet, pour nommer Le Charron dans la compagnie de Cadets à Metz. (43)
Certificat signé par le duc de NEVERS, 2 janvier 1727, pour Le Charron, page de la Reine d’Espagne, avec sceau de cire. (42)
LOUIS XV. P.S. (secrétaire) et Bauyn, 18 mars 1729, brevet de cornette (vélin oblong in-fol.). (45)
Certificat par le commissaire des guerres Sainte-Marre pour le S. de Charon, cornette au régiment de cavalerie de Cossé, camp de la Sambre 26 juillet 1730 (44)
Manuscrit de l’« État des tiltres » remis à d’Hozier pour les preuves de Marie-Madeleine-Charlotte Le Charron, 10 janvier 1731. (37)
LOUIS XV. P.S. (secrétaire) et Bauyn, 1er mars 1732, brevet de lieutenance (vélin oblong in-fol.). (47)
P.S. par le comte Alexis de CHASTILLON, camp de Boutanelle 5 juillet 1734. (46)
LOUIS XV. P.S. (secrétaire) et Bauyn, 12 mars 1736, ordre de se rendre au Régiment Royal Piedmont de cavalerie. (48)
LOUIS XV. P.S. (secrétaire) et Bauyn, 22 avril 1739, commission de capitaine (vélin in-plano). (49)
LOUIS XV. P.S. (secrétaire) et Voyer d’Argenson, 24 juin 1743, brevet de major (vélin oblong in-fol.). (50)
L.S. par le comte d’ARGENSON, 17 mars 1748, au major Le Charron, à qui le Roi a accordé une pension de 600 livres dans l’ordre de St Louis (1 p. in-4) ; et une pièce jointe de 1747 au nom du comte d’Évreux. (51-52)
P.S. par Claude Charles Le Charron, nommant Jean Roulx, prévôt et juge à Paley, château de Paley 25 avril 1747 (avec sceau de cire rouge aux armes). (41)
LOUIS XV. P.S. (secrétaire) et Voyer d’Argenson, 16 décembre 1743, envoyant à Le Charron le brigadier Desmazy. (54)
P.S. par le marquis de BÉTHUNE, 12 juillet 1751, pour la réception du major Le Charron dans le Régiment Royal Piedmont de cavalerie. (53)
L.A.S. du comte de COSSÉ-BRISSAC, 6 mai 1754. (55)
Lettres royales, 13 mars 1777 (parchemin obl. in-fol.), concernant le domaine de Chaufour en Gâtinais. (56)
LOUIS XVI. L.S. (secrétaire) et Montbarey, 24 août 1780, nommant Claude-Thimoléon Le Charron sous-lieutenant, visée et signée par le prince de Condé (mauvais état). (57)
LAS de Mme Le Bascle d’Herbauville, 1er février 1782, sur les armoiries familiales. (59)
LAS du Frère Lepayen, religieux cordelier desservant de SaintAnge. (60)
On a ajouté une affiche impr. de la Loi relative aux Gardes Nationales , 18 août 1791 ; et un passeport (24 décembre 1852) pour Émile de Montjou ; etc..
20 000 - 30 000 €
BIBLIOGRAPHIE
Dr Le Paulmier, Ambroise Paré d’après de nouveaux documents découverts aux Archives nationales et des papiers de famille (Paris, Charavay frères, 1885). – Paule Dumaitre, « Des descendants retrouvés d’Ambroise Paré. Sa famille d’hier, sa famille d’aujourd’hui », Histoire des sciences médicales , t. XXXIII, n° 3, 1999.
PROVENANCE
En ligne directe de la descendance d’Ambroise Paré et sa seconde épouse Jacqueline Rousselet, par les familles Hédelin, Le Charron et de Longueau Saint-Michel.

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SCHWEITZER Albert (1875-1965).
2 L.A.S. « Albert Schweitzer », 2 lettres avec post-scriptum autographe signé, et 3 photographies avec dédicace autographe signée, Lambaréné (Gabon, A.E.F.) 1953-1962, à Olivier QUÉANT, directeur de Plaisir de France ; 7 pages formats divers, 4 enveloppes (qqs bords effrangés).
28 août 1953 , à la suite d’une L.A.S. de Mathilde Kottmann : « Je vous remercie de cœur au nom de tous du grand don que vous nous faites en nous faisant parvenir votre si belle revue ! »… –2 janvier 1955 , il est désolé de n’avoir pas envoyé les « fragments d’œuvres philosophiques » demandés : « J’étais si fatigué et devais élaborer le discours sur le problème de la paix à notre époque pour Oslo »… – 28 avril 1958 , carte postale représentant le débarcadère de l’hôpital, avec remerciements pour Plaisir de France , « que je lis toujours avec grand intérêt et profit »… – 14 décembre 1960
il est touché par l’article de Quéant [sur À l’orée de la forêt vierge. Ma vie et mes pensées ] : « Je n’avais aucune envie d’écrire mon autobiographie. D’autres travaux m’occupaient »… Il explique comment son éditeur « tyran » et deux médecins serviables l’ont convaincu d’écrire le livre. Alors « je me suis rendu compte, qu’il me donnait l’occasion de parler des études qui m’occupaient et des pensées philosophiques et religieuses qui me tenaient à cœur. Je me sentais encore si jeune à 58 ans ! »… – 27 novembre 1962 , à la suite d’une L.A.S. de Mathilde Kottmann, annonçant l’envoi d’un objet travaillé dans la pierre douce du Gabon, Schweitzer redit combien il est touché de recevoir toujours Plaisir de France . « Hélas, voici bientôt quatre ans que j’ai été en France la dernière fois »… Vue de l’hôpital de Lambaréné, avec dédicace (29 août 1953) ; deux photographies dédicacées et commentées : « En pirogue sur l’Ogasné », et « à ma table de travail ».
600 - 800 €

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ANCIEN RÉGIME.
1 P.S. et 2 affiches, 1678-1741.

P.S. par Louis-Alexandre de Bourbon, comte de TOULOUSE, amiral de France (fils légitimé de Louis XIV), 7 mars 1709, bail consenti à J.B. Geoffroy, bailli du duché de Chasteauvillain, de la maison des Varennes ou Moulin Bizet, avec ses terres et prés (6 p. in-fol.).
Affichette signée par POTIER DE MORAIS, « Lieutenant de la Louvetrie de France », 5 mai 1678, pour « faire la Chasse aux Loups, Louves, Regnards, & Blereaux ».
Affiche, ordonnance de Nicolas LERCARI, vice-légat du Pape, gouverneur général d’Avignon, 8 mai 1741, au sujet des dégâts faits par les chasseurs, et rappelant les ordonnances interdisant la chasse en temps de moissons et de vendanges.
400 - 500 €
237
ANCIEN RÉGIME.
L.A.S. et 4 P.S., XVIII e siècle.
L.A.S. de Louis-Auguste de Bourbon, prince de DOMBES, Compiègne 4 juillet 1750, à M. du Cambar, donnant des ordres en prévision de chasses au cerf à Rambouillet (1 p. ¼ in-4).
Charles de ROHAN, prince de SOUBISE, Duderstatt 17 novembre 1757, passeport pour le comte d’Aumale qui retourne en France (1 p. in-fol. à son en-tête et ses armes).
Louis-Joseph de Bourbon prince de CONDÉ, Chantilly 1er juin 1777, commission de garde à pied de la capitaine d’Halatte (parchemin in-plano avec ses armes sous papier).
Gabriel-Marie de TALLEYRAND comte de PÉRIGORD, Montpellier décembre 1784, laissez-passer pour le chevalier de Querelles (1 p. in-fol. à son en-tête et ses armes).
Louis-Jean-Marie de Bourbon duc de PENTHIÈVRE, Armainvilliers 16 février 1787, permission de chasse dans le forêt de Souilly pour le vicomte de Foucault (1 p. in-fol. obl. in-fol. en partie impr., sceau de cire rouge).
400 - 600 €
238 AUVERGNE.
MANUSCRIT, Coustumier, 1510 ; fort volume in-4 (environ 31 x 24 cm) de 33-101 feuillets de parchemin, reliure ancienne peau retournée jaunâtre, rubans de fermeture.
Important manuscrit de la Coutume d’Auvergne
Ce manuscrit comprend deux parties, de deux mains différentes, chacune signée par Antoine DUPRAT (1463 - 1535), premier

président du parlement de Paris (et futur chancelier de France), et Loys PICOT, conseiller au parlement.
Le premier manuscrit, daté en tête du 15 juin 1510, fait l’histoire de la rédaction de la Coutume d’Auvergne. Il cite le mandement adressé par Charles VIII au bailli de Montferrand, et celui adressé par Louis XII à la duchesse de Bourbonnais et d’Auvergne, qui avait suscité un différend entre le procureur du roi en Auvergne et le procureur de la duchesse ; puis les lettres patentes de LOUIS XII du 19 décembre 1508 sur le fait de justice, pour que « les coustumes de nostre Royaulme fussent redigees et mises par escript par noz baillifs et sennechaulx » ; « les coustumes des bas et hault pays d’Auvergne » n’ayant pas encore été rédigées, le Roi commet Duprat et les conseillers d’Oreille et Briçonnet pour rédiger les Coutumes d’Auvergne ; les deux conseillers sont ensuite remplacés par Picot. Duprat et Picot rendent compte de leur mission en Auvergne en juin 1510, convoquant à Clermont les officiers des bailliages de Montferrand et des Montagnes d’Auvergne, ainsi que ceux de la sénéchaussée d’Auvergne, et diverses personnalités auditionnées, pour la rédaction de ces Coutumes. Une fois la rédaction terminée, elle fut lue publiquement aux audiences de Montferrand et de la sénéchaussée d’Auvergne, puis aux États de la province convoqués le 31 juillet, permettant des observations et la modification de divers articles. Ce procès verbal, « mys par devers le siege du ballage de Montferrand », est signé par Duprat et Picot, ainsi que par Meslier commis greffier.
Le second manuscrit, dont une partie seulement a été (mal) foliotée de I à LXIX , est précédé d’un feuillet de papier dressant la « Table des tiltres du present coustumier » : Des adjournements ; Des Juges et leurs jurisdictions ; Des serments ; Des procureurs ; Des Recusations baillees contre les Juges ; Des dilations ; Des renvoys des causes ; Des objects et reproches de tesmoings ; Des contumaces ; Des asseurements et sauvegardes ; Des tuteurs ; Des successions testaments et aultres dispositions de dernyere volonté ; Des mineurs ; Des donations dots et mariages ; Des associations ; Des achapts laux et ventes ; Des prescriptions ; Des obligations exceptions solutions et compensations ; Des Respicts d’un et de cinq ans ; Des cessions de biens ; Des emphitheoses et louages ; Des fiefz ; De retraict ou retenue ; Des executions ventes et subastations ; Des taillets guets et aultres servitudes ; Des espaves ; De la condition de main morte ; Des pasturauges et dommaige de bestail ; Des injures crimes et delictz publiqs & prives confiscations et penes diceulx ; Des appellations ; D’assiette de rente. Au f° lxx (la suite non foliotée), « Sensuyvent les coustumes locales du bas pays d’Auvergne » : comté de Montpensier, ville d’Aigueperse, les diverses « chastellanyes », les villes et comtés de Brioude, Beaumont, Saint-Pourçain, Lezoux, Billom, Ambert, Clermont, Riom, Montferrand, etc. Ce coutumier est signé en fin par Duprat et Picot, et un troisième personnage non identifié. On a relié à la fin 2 feuillets anciens de remploi ayant servi de garde, en latin, avec lettrines peintes.
4 000 - 5 000 €



BONAPARTE Napoléon, dit le Prince Napoléon (1822-1891) fils de Jérôme Bonaparte, homme politique démocrate.
9 L.A.S. « Napoléon » ou « Nap » et une L.S. avec 8 lignes autogr., Turin et Paris « Palais royal » 1859 et s.d., à sa sœur la Princesse MATHILDE ; sur 15 pages in-8 à son chiffre.
Turin 23 janvier 1859 (la lettre est dictée à son secrétaire, avec post-scriptum autographe), il prépare son mariage (30 janvier) avec c LOTIL d E d E SAVOIE. Mathilde est chargée de la corbeille : « il faut employer la somme de cent mille francs »... Il voudrait que Mathilde vienne accueillir le couple à Marseille : « Je voudrais que tu fûsses la première personne que ta belle-sœur verra en arrivant sur le sol français. Elle est vraiment très gentille sans être belle, a un excellent caractère, beaucoup de tenue, et t’aime déjà, d’après ce que je lui ai dit, comme une tendre sœur »... Il faudrait lui trouver une femme de chambre et deux filles de garde-robe : « j’emmène une Princesse d’une grande maison, mais un peu campagnarde, […] je voudrais que dès les premiers jours l’impression qu’elle fera fût bonne sur le public de Paris »…
Il parle de leur anniversaire, de permissions et de billets pour une inauguration, de « palmes en diamants », du bal Walewski ; il doit accompagner l’Empereur à la campagne ; il demande à Mathilde d’être la marraine de la fille de son officier d’ordonnance… On joint une dépêche télégraphique, Turin 30 janvier 1859 : « Dès la cérémonie du mariage terminée je veux te l’annoncer moi-même et venir t’embrasser ainsi que ma femme ».
500 - 700 €
240
CATHERINE DE MÉDICIS (1519-1589).
L.S. « Caterine », Monceaulx 10 septembre 1570, à Raymond de FOURQUEVAULX, ambassadeur en Espagne ; contresignée par CHANTEREAU ; 1 page in-fol., adresse au dos.
Chevaux pour son gendre Philippe II d’Espagne. Elle envoie « au Roy d’Espaigne mon filz six hacquenees des meilleures que lon a peu recouvrer par deca », et charge Fourquevaulx « de les presenter aud Roy d’Espaigne de ma part avec les plus honnestes et gratieuses parolles quil vous sera possible »…
700 - 800 €

241
CHARLES VIII (1470-1498) Roi de France.
L.S. « Charles », Montilz les Tours 21 octobre [1496], à son « cher et bon amy Jehan Adourne » [Giovanni ADORNO] « cappitaine des Genovoys » ; contresignée par le secrétaire Louis Du MESNILDOT ; vélin oblong in-fol. (trou dans la partie basse du document, sans toucher le texte).
Belle lettre au frère d’Agostino Adorno, Gouverneur de Gênes, pour le duc de Milan Lodovico SFORZA, après l’évacuation du royaume de Naples par les Français. Il envoie « en court de Rome » son fidèle échanson ordinaire Antoine Escorcefic « pour aucuns noz affaires qui grandement nous touchent et que nous desirons qui soit favorablement traicté ainsi que presentement lescripvons au Gouverneur de Genes vre frere et es anciens de la ville ». Il prie son ami d’avoir son échanson « en singuliere recommandacion touchant ses affaires et pource quil pourra avoir à besoigner dun saufconduit ou lettres de pas », auprès de son frère et des Anciens, « et en oultre que lui tenez la main bien acortes à lui faire remettre une sienne maison laquelle on lui detient a tort et sans cause »…
2 000 - 2 500 €
242
CHARLES IX (1550-1574).
L.S. « Charles », Blois 11 février 1562 [ 1563 ], au sénéchal de VALENTINOIS [Laurent de MAUGION] ; contresignée par Claude II de L’AUBESPINE ; 1 page et demie in-fol., adresse.
Importante ordonnance en cette période troublée de la première guerre de religion Dans tout le royaume se fomentent des troubles, des troupes étrangères interviennent pour aider l’une ou l’autre des factions. Pour contrôler les allers et venues des uns et des autres, le « Roy Daulphin » (sous la régence de sa mère Catherine de Médicis) ordonne « que chascun, de quelque état et qualité quil soit a pied ou a cheval quil vouldra passer dung lieu a aultre partant de sa maison ou du lieu ou il sera pour aller à ses afferes, sera tenu prandre de nous, la Royne nostre tres honoree dame et Mere de noz lieutenants generaulx gouverneurs bailliz senechaulx gouverneurs de villes ou aultres noz officiers selon les lieux dou ils partiront [...] une certiffication signee de luy contenant le lieu ou il ira pour nostre service ou pour ses afferes, en prandre ung autre pour son retour en sa maison », sous « peine de prison et destre griefvement pugny »… Ce contrôle, exercé par les officiers royaux, concerne également les « estrangiers » qui devront prendre ladite « certiffication » à la frontière où ils entreront. Le Roi ordonne a « tous nos justiciers officiers et subgectz fere chascun en son endroit bonne et seure garde des passaiges et ceulx qui sy trouveront sans lesd. certiffications les faire arrester sans aulcune excuse ne difficulté pour estre chastiez comme violateurs de nosd. Ordonnances »...
1 000 - 1 200 €

243
CHARLES I er (1600-1649) Roi d’Angleterre.

L.A.S. « Charles R », [à LOUIS XIII] ; 3/4 page in-fol.
« Mon Frere, j’ay entendu vos affections avec un extreame contentement, par la vostre, par le raport de Montagu, et par le Sr de Rames de sort que vous aves redoubles les obligations que je vous en ay ; desquelles je vous prie d’estre asseure qu’affectionnant veritablement tout ce qui est de vos interests, je nouriray vostre Nepveu en l’amour que je vous porte ainsi que j’ay prie le Sr de Rames de vous faire plus ample recit »…
1 500 - 2 000 €
244 CHASSE.
5 P.S., 1820-1839 ; 1 page in-fol. chaque en partie impr.. Alexandre comte de GIRARDIN, premier Veneur, 1820 : permis de chasser dans les forêts royales du département de la Marne, pour M. de la Bretesche.
LOUIS-PHILIPPE, alors duc d’Orléans, 1825 : permission de chasse dans la forêt d’Eu pour M. Brossard d’Hablonville.
ADÉLAÏDE D’ORLÉANS : brevet de garde à cheval secrétaire dans la forêt d’Arc, 30 décembre 1837 (parchemin) ; 2 permis de chasse dans les cantons de la forêt d’Arc et dans la forêt de Crecy, 1837 et 1839.
400 - 500 €

245
CONDÉ Louis-Henri-Joseph de Bourbon prince de (1756-1830).
L.A.S. « LHJ de Bourbon », Paris 20 septembre 1820, au marquis de VILLETTE ; 3 pages in-4.
Belle lettre sur la chasse
Il espère que le marquis aura trouvé ses possessions en bon état. « Je suis bien aise que mes cerfs vous aient choisi de préférence pour vous rendre visite, d’après les bonnes dispositions que vous témoignés à leur égard. Je dis mes cerfs, parce que je ne doute pas que ce ne soit de ceux que j’ai fait lâcher dernièrement dans la forêt d’Halatte. Ces messieurs n’ayant pas besoin de bateaux ni bateliers pour passer les rivières, l’auront sûrement traversée à Beaurepaire, ou vis-à-vis l’évêché. Il s courent en ce moment qui est la saison du rut, et je ne doute pas que de suite ils ne rentrent à la forêt. Vous me ferez plaisir de les recommander aussi à vos fermiers et gardes voisins des Ajoncs, de Sacy, Favières, Avrigny, &ca. Je ne peux les chasser encore cet automne n’en ayant juste que ce qu’il faut pour en avoir de la race ; mais si vous pouvés nous conserver dans vos environs, avec la même grâce que vous mettés pour les cerfs, quelques sangliers, et quelques chevreuils, ayant équipage en ce moment pour ces deux sortes de chasse ; je me ferai un véritable plaisir de mettre mon rendés vous au château de Villette »… Puis il évoque le malheur survenu au maître de poste du bois de Lihus, puis les prochaines couches de la duchesse de BERRY : « on dit ce matin que cela peut encore aller jusqu’au vingt huit ; mais ni vous ni moi n ’en savons rien. L’essentiel est que cela vienne à bien, comme nous le désirons tous »… [Le duc de Bordeaux, « l’enfant du miracle », naîtra le 29 septembre à 3 heures du matin.]
500 - 700 €
246
ÉON Charles-Geneviève de Beaumont, chevalier d ’ (1728-1810).
L.A.S. « La Chre D’Eon », Tonnerre 25 janvier 1780, à M. GUILLAUME, « avocat au Parlement » ; 1 page in-fol. (légères rousseurs).
Envoi de vin : « à la Garde de Dieu & conduite du Sr Barry voiturier de cette ville vous recevrez dans cinq jours de la date de la presente une feuillette de vin blanc de Tonnerre Recolte 1779 franche de port & d’entrée bien soutirée, reliée, barrée, chevillée & remplie à tirefond [...] C’est de l’avis de votre très humble et très obeissante servante »…
On joint 2 portraits sous portefeuille in-8 demi-vélin.
700 - 800 €

247

247
FERDINAND II D’ARAGON le Catholique (1452-1516).
P.S. « Yo El Rey », 18 décembre 1478 ; contresignée par le protonotaire Chinetre ; ¾ page in-fol. ; en espagnol.
Arbitrage en faveur de Dona Leonor p EREIRA dans son procès contre Juan de Urria. Analyse ancienne jointe. 600 - 800 €
248
FLOURENS Gustave (1838-1871) historien et homme politique.
4 L.A.S. « Gustave Flourens », 1868-1870, [à Victor HUGO] ; 8 pages in-8.
Belle correspondance à Victor Hugo Naples 3 septembre 1868. Il pleure Mme Hugo comme la pleurent ses fils, mais il en appelle au libérateur de s’occuper des peuples plutôt que des morts : « Vous appartenez à l’humanité, et l’humanité vous réclame en ce deuil poignant, et vous dit : Prophète, créateur de l’avenir, marche en avant, toujours en avant. Tu n’as pas le droit de t’attarder à une tombe [...] Car j’attends de toi les voies nouvelles, et tant que tu ne les as pas ouvertes je pleure et je gémis autour de mes martyrs, de mes massacrés qui de toute part jonchent le sol »... – Paris 8 décembre 1868 . « Proscrit de la Grèce pour crime de lèse-majesté, de la Turquie comme insurgé crétois, de l’Italie pour délit de presse, je suis en ce moment à Paris où je m’attends bientôt à aller à Ste Pélagie rejoindre Jules VALLÈS et autres »... Cependant il demande s’il est vrai que Hugo fonde un quotidien politique, et s’il y aurait une place de courriériste libre pour lui... Note autographe de Hugo en tête : « R – fausse nouvelle ». – Paris 3 novembre 1869 . « Toute ma vie je conserverai le précieux souvenir du si bienveillant accueil que vous avez bien voulu me faire ces derniers jours. Votre bonté pour moi m’a vivement touché, je tâcherai de m’en rendre digne en combattant avec plus d’ardeur encore, s’il est possible, pour la sainte cause du droit et de la liberté »... – Londres 28 avril 1870 . Il lui envoie son filial salut, « et celui qu’à notre banquet d’hier soir, cordial, fraternel entre tous, nos amis de Londres, parmi lesquels notre cher Louis BLAN c , notre magnanime et héroïque Tibaldi, vous ont jeté par delà les mers vers le rocher où vous personnifiez le génie français exilé de la France »...
700 - 800 €

249
FOUCAULD Charles de (1858-1916).
L.A.S. « fr. Charles de Jésus », Hoggar par Insalah (oasis sahariennes) 3 avril 1906, à « Mon très vénéré Père » [Charles GUÉRIN, préfet apostolique du Sahara] ; 4 pages in-8 remplies d’une petite écriture serrée.
Très belle lettre du père de Foucauld en mission d’évangélisation dans le Hoggar chez les Touaregs Il rassure son supérieur sur sa situation : « l’extension de nos territoires au Sud de l’Algérie & au Nord du Niger a forcé la plupart des Touaregs à faire leur soumission à la France. Ceux chez qui je suis sont soumis depuis deux ans... ils ne sont pas pires que les Arabes. Comme les Arabes, ils ne sont soumis que par la force ; comme les Arabes leur ignorance est extrême ; comme les Arabes ils ont un caractère violent, des mœurs violentes que la force seule peut contenir. Avec de l’instruction & des lois ils se civiliseraient plus vite que les Arabes ; ils sont d’un caractère bien moins fermé, bien plus gai, plus curieux que les Arabes. [...] ils ne nous appellent que “les payens” (helas, ce n’est souvent que trop vrai !) & nous regardent comme des sauvages à mœurs barbares & sanguinaires ; [...] ils se croient eux-même ce qu’il y a de plus civilisé, de plus parfait dans le monde... Que les hommes sont partout les mêmes ! [...] Ils sont musulmans convaincus mais sans instruction ni pratique ; ils ont un goût effréné du plaisir : exclusivement nomades, leur vie a beaucoup de loisirs & peu de rudes travaux »… Foucauld développe les spécificités du peuple touareg : Ce sont des descend[an]ts de Cham, ressemblant aux antiques Égyptiens, sveltes, élancés, très blancs, ayant beaucoup d’amour-propre national, une langue antique à laquelle ils tienn[en]t beaucoup, des usages nationaux très particuliers & tout différents des usages arabes : ils ont pris la foi du Koran mais non ses lois & ont gardé leurs castes, leurs coutumes. Leur langue s’écrit : une vieille écriture qui doit dériver du phénicien [...] ils n’ont gardé aucune tradition antique, pas d’histoire, ils ne savent rien de leur passé... Ont-ils jamais été chrétiens ? C’est bien difficile à savoir : certainement ils ont eu des rapports avec les chrétiens des premiers siècles »…. Foucauld souhaite d’abord leur transmettre l’humilité et la douceur chrétiennes : « ce qu’il faudrait c’est éclairer leurs âmes & adoucir leurs mœurs, les rendre “doux & humbles” de cœur, l’humilité n’est-elle pas la vérité & l’orgueil n’est-il pas frère de l’ignorance ?
– Nous ne le voyons que trop en notre pauvre pays qui retombe dans la barbarie : l’ignorance des vérités premières produisant un orgueil insensé, & une violence qui ne se montre que trop dans nos colonies & partout où la crainte du gendarme ne la contient pas. Mon œuvre ici n’est hélas qu’une œuvre de préparation, de 1er défrichement : c’est d’abord de mettre au milieu d’eux JÉSUS
[…] c’est de mettre aussi au milieu d’eux une prière, la prière de la Ste Église [...] c’est ensuite de montrer à ces ignorants que les chrétiens ne sont pas ce qu’ils supposent : que nous croyons, aimons, espérons : c’est enfin de mettre les âmes en confiance, en amitié, de les apprivoiser »... Etc.
Chaque page est surmontée du Sacré Cœur et du nom de Jésus.
1 200 - 1 500 €

251
250 251 250 FRANÇOIS I er (1494-1547).
3 L.S. « Francoys », Tarascon et Béziers 19 et 29 août 1542, au cardinal de TOURNON, « mon lieutenant general a Lyon » ; la 1ère contresignée par Gilbert BAYARD, les deux autres par Guillaume BOCHETEL ; 1 page in-fol. chaque avec adresse au verso (petite déchirure sans manque à la 3e).
Lettres à son intendant des guerres d’Italie, un mois après la déclaration de guerre
Tarascon 19 août . – « Mon cousin Depuys la lettre que je vous ay escripte jay eu advertissement des grans preparatifs que lempereur [CHARLES QUINT] faict et affin destre le plus fort jenvoye presentement haster les lansquenetz que mon fils le duc dorleans me doit envoyer et pareillement les Suisses de la derniere levee », et il faut veiller à avoir les deniers pour leur paiment… – « Mon cousin Pource que le payement des deux cens chevaulx leigers qui sont a la myrande [Mirandola] comance le premier jour du moys prochain de septembre lesquelz chevaulx leigers ne sont compris au nombre des quinze cens dont jay ordonne assignation », il faut « adviser a faire fournir led. payement »…
Béziers 29 août . « Mon cousin, Andre Chambart dit Pauguet qui est le patron qui ma ces jours passez mene contre bas la riviere du Rhosne ma faict demonstrer quil a eu par lespace de dix ans ou environ ung proces pendant en ma court de parlement de Grenoble allencontre dung nomme Raymons Repara fermier du peage de Montelimar » ; il faut faire en sorte que les commissaires ordonnez pour la reformation de mes gabelles et peages », et les juges, expédient ce procès et donnent raison à Chambart… On joint une L.S. avec compliment autographe de CHRESTIENNE DE DANEMARK (1521-1590), duchesse de LORRAINE, et régente du duché de Lorraine, Nancy 2 mars 1547 [1548], à Henri II, concernant l’ambassade du S. de Potrincourt, et demandant la protection du Roi pour elle et pour son fils : « Vous suppliant Monseigneur maintenir perpetuellement la mere et lenffant en vostre bonne grace »… (1 p. in-fol., adr. au verso).
3 000 - 4 000 €

FRÉDÉRIC II (1712-1786) Roi de Prusse.
L.S. « Federic », Potsdam 27 septembre 1768, à son neveu le prince Frédéric de BRUNSWICK ; demi-page in-4.
Il a accepté d’être le parrain du fils de la comtesse de SKORZEWSKA. « J’ai chargé mon Lieutenant General de RAMIN de tenir ma place au batême. Quant à vôtre voyage à Bronsvic, il dépendra du bon plaisir de Son Altesse le Duc vôtre Père, quand il souhaitera de vous y voir, et en attendant que ce terme soit fixé, Vôtre Altesse me fera plaisir de rester ici »…
500 - 700 €
252
GAMBETTA Léon (1838-1882).
L.A.S. « Léon Gambetta », Saint-Sébastien 7 avril 1871, à un ami ; 2 pages et quart in-8.
Belle lettre pendant la Commune. Il ne rentrera en France « que lorsqu’il nous sera possible d’aller droit à Paris ; mais aussitôt les portes ouvertes, je file. […] Pour le moment voici mes propositions. Attendre l’issue de la lutte qui ne peut être que lamentable, mais dont les récentes élections municipales nous permettront de conjurer les pires effets. Une fois centrée à Paris, fixer une ligne politique, en appeler à soi tous les éléments jeunes et vigoureux du Parti républicain et pour attendre efficacement ce but se procurer un véritable journal »… Il est en négociations avec un financier à Versailles, mais l’affaire n’est pas encore mûre. Il l’en avisera aussitôt : « cette fois nous n’entrerons pas sur un bateau mais sur un bon navire »…
300 - 400 €

253
GAULLE Charles de (1890-1970).

255
GAULLE Charles de (1890-1970).
L.A.S. « C. de Gaulle Commandant de Gaulle », 15 février 1933, à un Président ; 1 page in-4 sur papier deuil à son adresse 110 Boulevard Raspail (VIe) (note au crayon bleu en travers de la lettre).
« Je me permets de vous adresser aujourd’hui le dernier numéro de la Revue Bleue où un modeste article “Pour une politique de la Défense Nationale” vous paraîtra, peut-être, mériter quelque intérêt »…
1 500 - 2 000 €
254
GAULLE Charles de (1890-1970).
L.S. « C. de Gaulle »avec 5 lignes autographes, Paris 10 janvier 1949, au général MAST ; 1 page in-4 à son en-tête Le Général de Gaulle
Il remercie des vœux pour la nouvelle année, et ajoute de sa main à l’attention de Madame Mast qu’il a été très sensible à son attention « en nous adressant cette belle œuvre de reliure faite de ses mains. » On joint 2 enveloppes autographes à l’adresse de Madame la Générale Mast, à Tunis (1946 et s.d.)
250 - 300 €
L.A.S. « C. de Gaulle », 24 novembre 1957, [à Emmanuel BERL] ; 3 pages et demie in-8 à en-tête Le Général de Gaulle Magnifique lettre sur la France et l’Europe Il félicite Berl pour son livre La France irréelle , qu’il trouve « vif, rapide, habile », mais aussi « émouvant, déchirant. Je salue votre grand talent et la foule d’idées et d’images que vous faites passer en bon ordre devant l’esprit du lecteur. Sur bien des faits, je me sens d’accord avec vous, mais non point sur la conclusion. Ce qui rend, aujourd’hui, la France irréelle, c’est, à mon sens, qu’elle est dénationalisée. Quant à l’Europe, comme unité, pour qu’elle devienne une réalité, il faudrait qu’elle devienne une nation. Elle peut l’être un jour. Elle ne l’est pas. Elle ne le sera que par ses peuples et après que les événements les aient amenés à souffrir et à combattre longuement pour une seule et même cause (Renan). Cela n’est pas arrivé. Il n’y a donc, en fait d’Europe unie, que foire aux vanités de parlementaires, trouilles de politiciens, cupidités de fonctionnaires (les “sages” !). Le reste, tout le reste, est dans l’avenir. Quant au présent, il faut que la France vive, en tant que France. Je ne crois pas qu’il puisse naître l’Europe si la France devait mourir »…
1 500 - 1 800 €
256
HARCOURT Henri de Lorraine comte d’ (1601-1666) dit Cadet la Perle.
P.S. « Henry de Lorraine comte de Harcourt », 31 décembre 1661 ; contresignée par Labarre ; parchemin in-plano (63,5 x 52,5 cm ; un peu sali et taché).
Chevaux . « Escroux de la despense de bouche de l’Escurie du Roy que Monseigneur le comte de Harcourt grand Escuier de France a commandé et ordonné estre faitte »…, recensant le nombre des chevaux, les paiements aux maréchaux, les salaires des palefreniers, les chevaux des officiers d’écurie… La dépense s’élève à 10.704 livres pour le mois de mai 1661.
On joint une P.S. par Claude de Bourdeille, comte de MONTRÉSOR, Blois 6 octobre 1639 (vélin petit in-4) ; reçu, comme premier veneur du duc d’Orléans, de 1500 livres pour l’achat de chevau destinés à la vénerie de Gaston d’Orléans.
300 - 400 €

257 HENRI IV (1553-1610).
L.S. avec compliment autographe « Vre bon mestre & assure amy Henry », La Rochelle 13 décembre 1588, à Monsieur de L’ESTELLE ; 1 page in-fol., adresse au verso.
Le futur Henri IV apaise une querelle entre deux de ses fidèles hommes de guerre protestants [Un conflit d’autorité opposait en effet deux de ses partisans, tous deux ses chambellans, tous deux nommés à la tête de troupes dans l’Agenais – Agen étant une cité catholique restée fidèle à Henri III : Louis de Brunet, seigneur de LESTELLE, homme très proche du futur Henri IV qui le surnommait affectueusement « crapauld », était alors gouverneur de la ville protestante de Clairac, et s’accommodait mal de l’obéissance qu’il devait à Henri de LUSIGNAN, alors gouverneur de la ville protestante de Puymirol, homme de confiance qui sera chargé de diverses missions politiques et diplomatiques. Le roi de Navarre assistait alors à la grande assemblée politique que le parti protestant tenait alors dans la ville de La Rochelle. Il y était vivement attaqué ; on lui reprochait son attitude trop prudente, jugée attentiste, à l’égard de son cousin Henri II et de la Ligue.] « Je suys bien marry d’avoir entendu ce qui c’est passé entre monsr de Lesignan et vous, tant pour la consequence dudit different, que pour le mal que la ville de Clerac en a cuydé sentyr à cause de l’esmotion advenue en icelle entre vos partisans. Jugez, je vous prie, combien cella importe. Et partant que ce fait n’aille plus avant car j’attens d’en estre instruyt au vray pour y remedier au contentement de tous deux. Cependant je vous prie ne rien attenter les uns contre les autres. Ains retenez les gens de guerre chacun en leur debvoir, de peur que les choses ne s’aigrissent davantage. J’en escris le semblable audit sr de Lesignan, et aux conseuls dudit Clerac, d’assoupyr lesdites emotions »…
1 000 - 1 500 €

258
HENRI IV (1553-1610).
P.S. « Henry », Lyon 24 juillet 1600 ; contresignée sur le rebord par le secrétaire d’État Pierre FORGET, le greffier au parlement de Bordeaux Thomas de PONTAC, et le conseiller d’État MELIAND ; parchemin in-plano ; grand sceau pendant (brisé) dans un sachet de parchemin cousu.
Nomination de Joseph de FEYDEAU comme président au Parlement de Bordeaux, rappelant d’abord qu’en vertu de l’édit de Nantes il doit y avoir « en nostre cour de parlement de Bordeaux […] une Chambre de Justice composee de deux presidens et douze conseillers moictié catholiques et moictié de la religion pretendue reformee pour congnoistre des causes de noz subiects du ressort dud. parlement faisant profession de lad. religion pretendue reformee »…
On joint : la quittance signée par les Trésoriers de France et généraux des finances en Guyenne Causse et de Pontac, Bordeaux 8 juin 1601, de la provision payée par Feydeau (parchemin oblong in-fol. lié au précédent) ; plus 2 autres reçus.
400 - 500 €
259
H ENRI II D’ALBRET (1503-1555) Roi de Navarre, beau-frère de François I er et grand-père d’Henri IV.
L.S. avec compliment autographe« Vre bon cousin Henry », Pau 30 septembre 1553, à M. du LUDE ; 1 page in-fol., adresse.
Intéressante lettre. Il a reçu sa lettre « sur la neutralité de ceulx des cinq villes du costé de Navarre », et le prie de toujours bien l’avertir. « Au demeurant jescripvay du premier jour au Roy ou il luy plaira ordonner quil soit prins argent pour le payeur des gaiges des cappitaines […] Et quant a ce que mescripvez que noz voisins besoignent à Behobie […] quilz y menent de lartillerye, je ne veoy point qui y ayt moyen de les y empescher veu que cest de leur costé, et que long temps le leur chasteau est fort pour eulx, et de faire quelque fort pour nous de deca vous voyez que ce ne pourroit estre sans une bien grande despence […] le Roy a mandé de ne le mettre en fraiz que le moings quon pourra attandu ses affaires. Au moyen dequoy je suys bien dadvis de ny toucher sans premier len avoir adverty »…
1 000 - 1 500 €

HESSE Charles de (1752-1821) général prussien au service de la France.
4 L.A.S., Île de Ré 1801-1803, à BONAPARTE , Premier Consul, ou à Joseph FOUCHÉ , ministre de la Police générale, et 4 lettres ou pièces le concernant, 1795-1801 ; 4 pages in-4, une adresse, et 8 pages in-fol. ou in-4 (dont deux avec en-tête et vignette).
Très bel ensemble relatif à sa disgrâce
* Isle de Ré 1er messidor X (20 juin 1802), à BONA pARTE , Premier Consul. Après 35 ans au service de la France, exilé depuis 20 mois dans une île, Hesse a perdu injustement son honneur, ses biens et sa santé : « vous avez frappé un innocent ! J’ose vous donner ma parole d’honneur, que j’eus sacrifié ma vie pour la vôtre »…
* Isle de Ré 14 prairial IX (3 juin 1801), 22 messidor X (11 juillet 1802) et 15 ventose XI (6 mars 1803) , à Joseph FOU c H é , ministre de la Police générale. Il demande à être libéré de l’île de Ré et à se retirer près de Paris pour s’occuper de la liquidation de ses affaires avec les comtes Legrand et Sutat. « J’ai donné, et signé, ma foible voix, pour Bonaparte, pour son Consulat à vie »…
* 21 nivose III (10 janvier 1795) Arrêté du C omité de Salut public, signé par Cambacérès, Carnot, Chazal, Dubois-Crancé, Dumont, Guyton et Marec (grande vignette de Garneray et Quéverdo, BB 46). Charles Hesse, destitué par Bouchotte et qui a « suivi constament le sentier de la Révolution », est réintégré dans ses fonctions de général divisionnaire, chargé de la surveillance des dépôts de cavalerie…
* 9 germinal IV (29 mars 1796) . L.A.S. de d UBOIS- c RAN cé qui intervient auprès de Petiet, ministre de la Guerre, en faveur de Charles Hesse, qui est « le plus grand depisteur d’aristocrates que j’aye jamais connu. Sa franchise a demasquer les royalistes et les fripons lui a fait beaucoup d’ennemis, le malheur qu’il a d’appartenir a la maison de Hesse a souvent mesme servi de pretexte pour le calomnier sur son civisme »…
* 22 germinal IV (11 avril 1796). Charles d ELAc ROIX , ministre des Relations extérieures, entretient R IVALS , ministre près le landgrave de Hesse-Cassel, de la négociation des intérêts de Hesse, qui a tout sacrifié pour la cause de la République…
* 25 floréal IX (15 mai 1801). L’ancien juge SUTAT plaide longuement la cause de Hesse auprès de Fouché : « le Premier Consul est juste et humain », mais le général a pu être calomnié…
On joint un essai biographique sur Charles de Hesse, avec des notes de travail et photocopies.
600 - 800 €
PROVENANCE
Vente Osenat, Fontainebleau, 31 janvier 2004° 338.
261
LOUIS XII (1462-1515).
L.S., à un « Cher et bien amé » ; contresignée par Florimond ROBERTET ; demi-page in-fol.
Ordre « de par le Roy, Seigneur de Gennes […] Pour aucunes choses que nous avons a vous dire et communicquer concernant le bien de nous et de noz affaires. Et aussy desirant vous employer en nre service : nous vous pryons et mandons que incontinant ces lettres veues et toutes choses laissees vous vueillez partir et vous en venir icy devers nous »…
1 000 - 1 200 €

262
LOUIS XV (1710-1774).

L.A., Versailles 11 septembre 1770, au duc de PENTHIÈVRE ; 1 page in-4, adresse avec sceau de cire noire.
Il regrette de n’avoir pu faire le voyage projeté ; « heureusement le temps de l’équinoxe n’est pas bon pour voir la mer et la fin de juin prochain sera un meilleur moment ». Il souffre « d’une douleur dans les reins qui je pense provient plustost des entrailles que d’autres choses jay pris hier du petit lait qui m’a bien purgé et j’en fais autant aujourd’huy. Je doutte pourtant que je puisse courre le cerf demain, mais un autre moy même ira a ma place, en promettant qu’il ne crevera rien, et qu’il ne courera un second cerf, s’il y a lieu, que de l’avis du commandant de l’équipage. Les nuits sont terribles a passer quand le someil ne s’en mesle pas. Je l’éprouve souvent en partie car passé un certain age l’on ne dort pas tant, n’y de suite ».
2 000 - 2 500 €
263
[MARIE-ANTOINETTE].
6 documents, 1799-1816 ; 10 pages in-fol. et in-4.
Curieux dossier concernant Louis GAGNÉ, dont l’éducation fut faite aux frais de Marie-Antoinette. Il comprend la relation de ce qui s’est passé à son sujet avant la Révolution, et le récit détaillé d’une chasse de la Reine dans les bois du Botard au cours de laquelle elle adopta le jeune Gagné ; enfin plusieurs certificats délivrés à Gagné.
200 - 300 €
264
MARIE-LOUISE (1791-1847) Impératrice.
L.A.S. « Louise », Saint-Cloud 30 mai 1813, [à la duchesse de FRIOUL] ; demi-page in-4.
Condoléances pour la mort du général DUROC (tué le 22 mars par un boulet russe pendant la campagne de Saxe). « J’ai eprouvée un vrai chagrin en aprenant la mort du duc de Frioul, et je m’empresse de vous assurer de toute la part que j’y prends. Ce qui doit servir à vous consoler c’est tous les regrets que cette perte cause à l’Empereur. Il me dit qu’il a perdu son meilleur ami et que c’est une perte irréparable pour lui. Je partage bien vivement la peine de l’Empereur, les qualités du duc de Frioul lui ayant gagné mon estime dès le moment ou j’apris à le connoitre »...
600 - 800 €


MAZARIN Jules (1602-1661).

L.S. avec compliment autographe « Vre tres affectione serviteur
Le Cardl Mazarini », Paris 4 avril 1645, à M. de MALESSEY, maréchal des camps et armées du Roi et gouverneur de Pignerol ; 1 page in-fol., adresse avec cachets cire noire aux armes dont un sur lac de soie noire.
M. de Malessey devra recevoir « un hoste que le Roy vous envoye », le Président BARILLON. « Si je ne connoissois la fidelité et le zele que vous avez pour tout ce qui regarde le service du Roy ; je vous exhorterois à prendre bien garde à la seureté de sa personne ; mais vous n’avez pas besoin d’une telle exhortation. Outre que faisant gloire comme il fait de ses exils, il n’y a point d’aparence, qu’il voulut tascher de s’en delivrer que par un rappel. C’est pourquoy j’estime que ce à quoy vous aurez principalement à prendre garde sera aux letres qu’il pourroit escrire »...
[Mazarin avait fait arrêter le 25 mars 1645 Jean-Jacques de BARILLON, Président du Parlement de Paris, qui avait provoqué une assemblée des chambres afin d’examiner la situation des finances ; exilé à Pignerol, le Président de Barillon y mourut presque aussitôt, le 30 août, ce qui fit dire à certains que Mazarin l’avait fait empoisonner.]
700 - 800 €
266
MONTHOLON Charles Tristan, comte de (1783-1853) général, il accompagna Napoléon en captivité.
MANUSCRIT autographe ; 3 pages in-fol.
Au sujet de l’abdication de NAPOLÉON et du rôle joué par LA FAYETTE . Ce brouillon est abondamment raturé et corrigé. « Il faut avoir la puissance de voix de l’Empereur Napoléon pour oser dire la trahison de Lafayette et je dirais mes souvenirs du rôle que joua M. de Lafayette dans ces tristes jours, si dans ma pensée ils pouvaient être une accusation de trahison. M. de Lafayette fut en 1815 ce qu’il avait été au début de la révolution. Il se laissa entraîner par de grandes illusions, qui furent le rêve de sa vie, il devint sans le prévoir l’instrument d’intrigues politiques que ses vertus se refusaient à comprendre, et cette fois encore il en fut la dupe. Le sort de l’Empire dépendait de l’attitude que prendraient les chambres législatives, la chambre des Députés, surtout. Les hommes de la restauration savaient les rancœurs du peuple, ils firent taire leur haine du Régicide et rappellèrent à leur aide pour soulever contre l’Empereur tout le flot des passions libérales dans la représentation nationale »… Lafayette fit voter par les députés des mesures qui « étaient de flagrantes atteintes au pouvoir légal de l’Empereur, mais ce n’était pas encore assez pour le parti qui poussait Lafayette, il fallait qu’il lui fît prononcer le mot d’abdication et Lafayette le laissa échapper aux élans de ses croyances libérales »…
500 - 700 €

267
NAPOLÉON III (1808-1873).
L.A., [Londres avril 1839, à Étienne CABET] ; 8 pages petit in-4.
Importante lettre politique du futur empereur au théoricien communiste, exposant ses idées sur la situation de la France et sur ce que pourrait être son action à venir
[Après sa tentative avortée de soulever la ville de Strasbourg contre la monarchie de Juillet en 1836, Louis-Napoléon Bonaparte s’est réfugié en Angleterre. Il y côtoie d’autres opposants au régime de Louis-Philippe, tel Étienne CABET (1788-1856), condamné en 1834 pour délit de presse, et promoteur d’un communisme chrétien.]
Le futur Napoléon III a lu avec intérêt les « réflexions politiques » de Cabet, et veut lui exposer sa position et prouver « qu’il n’y a pas eu contradiction entre mes actions et mes paroles ». Il y a « quatre partis en France. 1 Le parti du pouvoir actuel 2 Le parti de Henri V. 3° le parti républicains et 4° le parti napoléonien. […] le hasard et les circonstances m’ont mis pour ainsi dire à la tête du parti napoléonien. Je ne renoncerai jamais à faire valoir avant l’événement [la chute de Louis-Philippe] toute la force de ce parti ou de cette cause qui est populaire et démocratique ». Quoique plusieurs des idées des républicains « soient opposées et même hostiles aux miennes ; je ne refuse pas leur alliance, mais non à la condition de taire mes principes mes opinions ma foi politique. Je veux bien m’allier à eux mais je veux jouir du même droit qu’eux et faire valoir mes idées mes sentimens mon drapeau . Je ne me résoudrai jamais à taire des opinions que je crois utile de propager des convictions qui sont enracinées dans mon cœur comme dans ma raison. [...] Je dirai toujours que je préfère l ’ empire à la république »…
Après l’événement, ce sera différent… « J’ai reconnu le principe de la souveraineté populaire , je m’y soumettrai. Que la France établisse le gouvt qui lui conviendra ; qu’elle nomme qui bon lui semble comme empereur ou comme président ; je ne demande rien pour moi-même, servir mon pays comme citoyen et soldat telle est ma seule ambition, une fois que le peuple aura ouvertement manifesté sa volonté . [...] La nation étant libre, je considérerai ma mission comme terminée et j’irais peut-être avec moins de plaisir m’asseoir sur mon trône , que de jouir dans la foule de ma part de souveraineté ! »
Quant à « l’alliance avec le parti républicain », il l’a toujours recherchée… « L’organisation des moyens d’action peuvent très bien se faire comme vous l’entendez et moi je peux très bien promettre de mettre si je réussis des républicains dans le gouvernement ».
1 200 - 1 500 €



268
NICOLAS I er (1796-1855).
P.S. « Nikolai », 13 septembre 1849 ; 2 pages infol. à son en-tête, sceau sous papier ; en russe.
Décret décorant de l’ordre royal de Saint Stanislas le général major Nineramorsko, commandant en Hongrie, en récompense de son action militaire lors de la poursuite des rebelles.
800 - 1 000 €
269
NICOLAS II (1868-1918).
P.S. « Nikolai » », 14 février 1914 ; 1 page et demie in-fol. dactyl. à son en-tête gravé ; en russe.
Décret accordant des décorations à plusieurs magistrats des tribunaux de Tiflis, de Moscou, de Varsovie et de Yaroslavl.
1 000 - 1 200 €
270
ROBESPIERRE Maximilien (1758-1794).
P.S. « Robespierre » avec 3 autres membres du Comité de Salut public, 27 prairial II (15 juin 1794) ; 1 page in-fol. en partie imprimée, vignette du Comité de Salut public
Laissez-passer pour le citoyen Jarlet, « courrier du Comité de Salut public […] allant à Périgueux, […] chargé de dépêches pour le Citoyen ROMME, Représentant du Peuple ». La pièce est signée également par Bertrand BARÈRE, Jacques-Nicolas BILLAUD-VARENNE et Claude-Antoine PRIEUR.
Il est visé au dos avec 2 apostilles autographes signées de Gilbert ROMME, Bordeaux 30 prairial, lors de l’arrivée de Jarlet qui lui a « remis un paquet du comité de salut public », puis le 2 messidor lorsque Jarlet repart « avec une reponse ».
1 000 - 1 200 €

271 [HEURES].
[Livre d’Heures, à l’usage non-identifié].
Manuscrit sur parchemin, France, deuxième moitié du XVe siècle, vers. 1450-1480.
Volume : 165 x 122 mm. 116 feuillets (apparemment complet).
Collation : 112, 3-88, 96, 10-138, 1410. Sans foliation. – Surface d’écriture : 95 x 64 mm. Une colonne de 15-16 lignes, réglé en rouge. Écrit à l’encre marron foncé en écriture Textura gothique ; Calendrier en or, marron, et bleu; rubriques en rouge; majuscules touchées en jaune ; piqûres visibles. –Des centaines d’initiales de 1 à 2 lignes ornées de feuilles d’or, remplies et bordées de bleu et de mauve alternés avec des motifs blancs ; des terminaisons de lignes bleues et mauves alternées avec des besants en feuille d’or au centre et une décoration de motifs blancs ; quatorze initiales de 2 à 3 lignes en bleu et mauve alternés sur des blocs de feuilles d’or, remplies de feuilles de lierre bleues et mauves parfois rehaussées de blanc, par au moins deux mains ;
14 miniatures d’une demi-page dans des cadres en or arqués en haut, dans des bordures complètes qui comprennent de l’acanthe bleue, or liquide, rose et mauve, des fleurs rouges, bleues, roses et mauves, des feuilles vertes, du lierre enroulé en feuille d’or et des besants en feuille d’or ; bordures sur tous les feuillets qui comprennent des fleurs rouges, bleues, roses et mauves, des feuilles vertes, du lierre enroulé en feuille d’or et des besants en feuille d’or. – Condition : Contre-gardes en parchemin, partiellement décollées ; petite déchirure dans le parchemin au bas du folio 11 ; éventuel insigne de pèlerin sur parchemin avec une tête en noir entourée par une auréole en vert, blanc, et or (que des traces reste), cousue sur la page 12v ; manquant un peu de pigment dans le deuxième cahier ; quelques taches d’encre sur les pages 86v-87 ; pigment rouge étalé sur f. 116 ; Légère perte de pigmentation dans les bleus et les blancs (ff. 13, 43v, 47, 75, 91) et, dans un cas, dans l’or (ff. 56) ; Texte frotté aux ff. 65 et 66 ; Inscription de la fin du XVe ou du début du XVI e siècle sur la page de garde arrière ; traces sporadiques d’utilisation, sinon en bon état et propre. – Reliure en veau marron fin 15 e ou début 16 e siècle. Décor d’étampes à fleur aux quatre coins et à la couronne centrale, accompagné par les noms des propriétaires en étampes d’or : Devant: IACQUES GILLES ; Derrière: IACQELINE RENOV…; dot avec cinq estampes de oiseaux entre quatre rubans. Cuir usé à plusieurs endroits.

Ce livre d’heures – un livre de prières de luxe – richement enluminé arbore de brillantes enluminures dorées sur chaque page. Le style de ses bordures et de ses miniatures indique une origine française, probablement parisienne. L’enlumineur des miniatures travaillait dans le style de la seconde moitié du XVe siècle, offrant de grandes miniatures au début de chaque section de prières, avec une iconographie typique dans une palette de couleurs or, bleu, mauve, vert clair et foncé, blanc et brun. L’artiste privilégie les draperies rigides et anguleuses, les grands visages pâles aux nez anguleux de profil, et les horizons placés très haut dans la composition. Un blason est présent dans le livre au f. 65, au enlumineur de St. Marguerite, laissant aux futurs chercheurs la possibilité d’identifier les propriétaires originaux du livre et éventuellement de relier la famille aux noms inscrits sur la reliure ancienne. Texte - ff. 1-12 : Calendrier, avec les saints suivants en or [ED1] : (jan.) Sebastian, Vincent, Paul ; (fev.) Agathe, Cathedra de St. Pierre, Marcellus (?) ; (mars) Gregore ; (avr.) Marc ; (mai) Jacques & Philippe, S. Croix ; (juin) Ursinus, Barnabe, Iohan, Pierre & Paul, Paul ; (juil.) Martin, Marguerite, Magdalene, Iaque, Anne, (aout) Pierre, Estienne, Laurens, La Notre Dame, Barthélemey, Louis, Iohan ; (sept.) La Notre Dame, Mathieu, Michiel, (oct.) Denis, Michiel, Luc (?), Simion ; (nov) Martin, Clémence, Catherine, Andrieu ; (dec.) Nicholas, Thomas, Estiene, Iohan, Ursinus ; (ff. 13-59) Heures de la Vierge: (ff. 13-21v) Matines ; (ff. 22-37v) Laudes, prières aux saints (ff. 32-37) - Sts : Paul, Pierre, Mathia, Philippi, Barnaba, Jacobi, Bartholo, Matheo, Luca, Andrea, Thoma, Iohe ev., Iohaune, Eustachio, Nocholas, Sebastien ; (ff. 38-43) Prime ; (ff. 43v-46v) Terce ; (ff. 47-49v) Sexte ; (ff. 50-53) None ; (ff. 53v-55) Vêpers ; (ff. 55v-59), Complies ; (ff. 59v-62) Heures de la Croix ; (ff. 62v-64v) Heures du Saint-Esprit ; (ff. 65-66) prière à la Ste. Marguerite ; (ff. 66v-68) prière à la Ste. St. Catherine ; (ff. 68v) blanc ligné ; (ff. 69-71v) Obsecro te , en utilisant la forme masculine pour « famulo tuo » ; (ff. 72-74) O intemerata , en utilisant la forme masculine pour « peccatori » ; (f. 74v) blanc ligné ; (ff. 75-86v) Psaumes de pénitence ; ff. 86v-90v Litanie ; (ff. 91-116) Office des morts ; (f. 116v) blanc ligné.
ENLUMINURE
1. f. 13 Annonciation à la Vierge, rouleau sortant de la main de l’ange Gabriel : Ave Maria… 2. f. 22 Visitation
3. f. 38 Adoration de l’Enfant Jésus
4. f. 43v Annonciation aux bergers, rouleau sortant de la main de l’ange : Gloria in excelcis deo
5. f. 47 Adoration des Mages
6. f. 50 Fuite en Égypte
7. f. 53v Présentation au Temple
8. f. 55v Couronnement de la Vierge
9. f. 59v Crucifixion
10. f. 62v Pentecôte
11. f. 65 Ste. Marguerite ; armoiries
12. f. 66v Ste. Catherine
13. f. 75 David devant Dieu
14. f. 91 Messe funéraire
18 000 - 20 000 €
PROVENANCE
1. Blason non identifié au f. 65, à l’image de Ste Marguerite : Parti d’or et d’argent : (Dexter) Bande noire allant du haut à gauche vers le bas à droite avec deux fleurs de lys blanches ; (Sinister) Loup noir sur trois rondelles rouges. 2. Noms des propriétaires des XVe ou XVI e siècles inscrits sur la reliure : IACQUES GILLES et IACQELINE RENOV…
LITTÉRATURE Non publié.




° 272 [POST-INCUNABLE].
Pape GRÉGOIRE I er. SAINT GRÉGOIRE.
Les Omelies / saint Gregoyre / imprimez nouvellement a Paris. [Paris, Antoine Vérard, 1501 ; au colophon : Imprimees a Paris lan mil cinq & ung Pour Anthoine Verard…]. Petit in-folio, (2) ff., CXI f. chiffrés, (1) f. blanc, en colonnes. Maroquin havane du XIXe , dos à 5 nerfs bordés de filets dorés, titre, lieu et date dorés, fleurons dorés, plats bordés d’un double encadrement de plusieurs filets noirs et d’un filet doré, avec 4 fleurons angulaires dorés, filet doré sur les coupes etcoiffes, contreplats bordés de maroquin orné d’un double filet doré, tranches dorées, 2 premiers f. soigneusement remontés [F. Bedford] (infime frott.sur les coiffes et coins, bords des gardes brunis, très légères rousseurs).
Édition très rare.
Très certainement la première traduction française de ces textes de Grégoire le Grand. Ces quarante homélies sur les Évangiles comptent parmi les œuvres les plus significatives du grand Pape. Le traducteur de cette première édition reste inconnu.
Impression en caractères gothiques sur 2 colonnes de 44 lignes. L’édition est illustrée de 36 figures gravées sur bois, dont une à pleine page au verso du titre représentant le Christ entouré des animaux symboliques des quatre évangélistes, une couvrant les deux tiers de la première page du texte, 34 vignettes de la largeur d’une colonne, et la marque du libraire à la fin du volume.
Signatures A2, B-T 6, V4 (le dernier blanc).
Seuls 3 exemplaires sont signalés par l’USTC, un à Auch et un autre à Douai (dont nous ignorons l’état), et un à la BNF imprimé sur velin (Rés. Vélins 305).
Exemplaire parfaitement établi par le célèbre relieur anglais Françis Bedford (1799 - 1883).
3 000 - 4 000 €
PROVENANCE
Edouard Rahir (ex-libris doré sur toile rouge) ; Grace Whitney Hoff (ex-libris gravé).
USTC 26010. Renouard, ICP, I, 1501, 39. McFarlane, Vérard, n° 66.

° 273 [INCUNABLE].
PRATO FLORIDO, Hugo de
Sermones dominicales de tempore super evangelia et epistolas… (Strasbourg), (1479 terminus ad quem).
Fort in-4. (445) ff. dont la table (ff.1-9), imprimés sur vergé fort filigrané.
Veau de l’époque sur aies de bois, estampé de motifs à froid (quadrillés et fleurons) sur les plats, 5 gros rivets de métal sur chaque plat, attaches métalliques, lanières de cuir postérieures, 2 gardes de vélin de réemploi (une lanière cassée, tranches un peu salies, brunissure latérale en tête de page (sans atteinte au texte) sur un quart des ff. avec petites restaurations modernes (ff. 151-229), discret petit travail de ver sans atteinte au texte, qques salissures et piqures légères disséminées, le ff. 420 imprimé en travers (mais complet), petite déchirure latérale sans gravité au ff. 272, une mouillure latérale).
Troisième édition incunable donnée par Georg Husner des CXV sermons de Prato, sur 445 ff. non paginés et non signés. Belle édition imprimée sur une colonne de 42 lignes et rubriquée en rouge dont certaines lettrines très soignées à motifs et un marginalia (visage peint dans une capitale A , ff.132).
Exemplaire resté assez frais et à grandes marges, conservé dans sa première reliure (restaurée).
Le vélin de réemploi est une partie de manuscrit religieux probablement des XIVe -XVe siècles avec lettrines en rouge. 2 ff manuscrits au XVI e siècle (ff. 424-425) remplaçant une partie du texte manquant (fin du sermon CVIII et sermon CIX) d’une écriture fine à l’encre brune, difficile, sur environ 50-60 lignes par pages, soit (3) pages et demi.
4 000 - 5 000 €
PROVENANCE
Ex libris à la plume Bibliotheca Limbourgensis 1714 en tête du texte. Ex libris gravé Byblyothek Oberherrlingen 1839 E. M. , de Eugen von Maucler, politique et bibliophile du Wurtenberg (1783 - 1859).
Ex libris gravé du XIXe Georgius Klok, M.D. Francofurti ad Moenum (Francfort sur le Main). Ritter, 241. Hain, 8996.




° 274 [INCUNABLE. ALSATICA].
SALICETUS (Nicolaus).
Liber meditationu[m] ac orationu[m] devotarum qui Anthidotarius anime dicitur cu[m] tabula insertus. (Hagenau, Heinrich Gran, 5 septembre 1494).
In-8, (136) ff. [sign. A-R 8 (dernier blanc)]. Peau de truie vélin sur ais de bois début XVI e s., dos à 3 nerfs, plats décorés à froid de plusieurs encadrements de filets et fleurons floraux, fermoir ancien remonté, restaurations, garde sup. renouvelée (défauts dont frottements aux plats, coins émoussés ; taches et salissures, des lacunes en marges restaurées ; mouillure sur la garde sup. et en fin de vol., signets de cuir coupés).
Rare édition incunable alsacienne. L’une des toutes premières, de ce recueil de recettes médicales, composé par Nicolaus Weydenbosch (Weidenbusch, en latin Salicetus), né à Berne vers 1540, docteur en médecine à Paris en 1461, moine cistercien à Sankt Urban ou Frienisberg, plus tard abbé de Baumgarten en Alsace (Bas-Rhin, 1482-vor 1490), mort vers 1493-94.
Il semble que la première édition soit parue en 1490, et son succès va perdurer jusqu’au milieu du XVIe siècle.
Au colophon : « ... Impressum in Hagenow Anno domiini incarnationis M.cccc.xciiij. Nonarum Septembris ». Composé de 136 feuillets foliotés de II à CXXX, les f. LXXXV à LXXXVIII répétés et le f. XCXII omis.
Initiales peintes en rouge ou bleu, les titres de parties soulignés en rouge, comme le titre général. Quelques onglets anciens.
2 000 - 3 000 €
PROVENANCE
Matthaeus Stern (ou Stein? ex-libris manuscrit daté de 1608 et 1609 répété) ; autres ex-libris manuscrits anciens : Christian Frazer[...?] ; une abbaye, 1650 ; ex-dono de F. Lauger au pasteur Solier au Hâvre, 1863.
GW M39476. ISTC is00042000. Goff, S-42. Hain, 14165.

° 275 [INCUNABLE].
VALĖRE MAXIME.
[Les Neuf livres de Valère le Grant, translatez du latin en françois par très-révérend maistre Simon de Hesdin,... et achevez par Nicolas de Gonesse,...]. (Lyon, Mathieu Huss, 1489). Petit in-folio, (312) ff. (sur 313), 55 lignes sur 2 colonnes, caractères gothiques. Maroquin marine du XIXe , dos à nerfs saillants, chiffre couronné doré répété sur chaque caisson et aux angles des deux plats, double filet doré aux coupes, dentelle intérieure, gardes de papier marbré caillouté, tranches dorées sur marbrure [R. Petit]. (dos très légerement terni avec infimes griffures en tête, plats très légèrement frotté, coupe de pied un peu frottée, petit accroc restauré en tête du mors sup. ; page de titre en déficit, 1er et 4 e f. brunis, mouillures marginales sporadiques et touchant un peu le texte des 10 derniers f., sans gravité, petit mq. marg. h4 ; tache ne contrariant pas la lecture sur 8 f. (c3 à d4)).
Signatures a2-a6 [manque a1 = titre], b1-b5, [b6] blanc, [manque a1 = blanc], a2-8, b-r 8, s 10 ; [A1] blanc, A2 [signé A], A3-A10, A-R 8, S7. ok pour 154 f. 2e partie donc S7 à la fin.
Rare édition en français par Simon de Hesdin et Nicolas de Gonesse donnée pour Charles Quint en 1375.

Troisième édition en français et seconde illustrée (Huss réalisa les premières gravures pour le texte français de son édition de 1485) avec 9 grandes figures sur bois en noir, dont 2 à quatre compartiments.
Exemplaire de la bibliothèque du comte Roger (Nord), avec son chiffre couronné frappé en écoinçons sur les plats et répété au dos, n° 503 de sa vente (Paris, 1884).
Manque le premier feuillet portant seulement le titre Valere le grant en petits caractères (fréquent, celui de la B.N. est incomplet du titre et de 3 ff., celui de la Library of Congress a les 2ers ff. en fac-simile…).
Très bel exemplaire, bien établi et grand de marges (h 334 mm).
Quelques rares annotations marginales anciennes soignées. Autres annotations anciennes aux f. C8 v°-D1r° dont un probable ex-libris, et de petits ajouts sur une gravure.
Au verso du dernier feuillet, signatures manuscrites lavées, probablement “Lemoine de La Giraudais”, XVIII e et une plus ancienne, “P. Benoist”.
« De latin en francoys par Simon de Hesdin et Nicolas de Gonesse. [A la fin] :
Et a este imprime a Lyon sur le rosne par maistre Mathieu Husz imprimeur de livres demourant en la dicte ville de Lyon. Lan mil quatre cens quatre vingt et neuf la vigile de saint jehan baptiste». Sourget 17 1998 M13
3 000 - 4 000 €
° 276
[LIVRE DU XVI e ]. APULÉE.
Apulée. De l’Ane d’ore, XI livres, traduit en françois par J. Louveau d’Orléans et mis par chapitres et sommaires avec une table en fin. Plus y a sus les 4, 5, 6 livres traitans de l’amour de Cupido et de Psyches, XXXII huictains… À Paris, par Claude Micard, 1570.
Petit in-16, (8) ff., 409 pp., (10) ff. (sur 11). Veau brun glacé de l’époque, dos à nerfs et muet, filet à froid sur les nerfs et en encadrements aux plats, fleur de lys en fleuron à froid à chaque plat (reliure restaurée, la couvrure d’origine réinstallée sur la reliure moderne, taches anciennes aux plat avec mention à l’encre ; titre bruni, salissures sur qq. pp., défauts dont brunissures, et tache pp. 309 à 320 ; sans le dernier f. blanc).
Très rare première édition parisienne de cette traduction due à Jean Louveau, parue initialement à Lyon en 1553. Outre le texte d’Apulée, elle renferme une œuvre charmante de Jean Maugin, poète angevin, touchant les amours de Cupidon et de Psyché.
L’illustration se compose d’une trentaine de vignettes gravées sur bois qui furent longtemps attribuées à Bernard Salomon. Le titre est typographié dans un encadrement à la grotesque gravé sur bois. [Signatures A-Z8, Aa-Dd8, Ee7 (sur 8)]. Signature ancienne et mention biffée en marge du titre.
USTC 39443 ne signale que les 2 exemplaires conservés à la BnF. Brunet I, 367.
600 - 800 €


° 277
ASSOUCY (Charles Coypeau d’).
Les Aventures de monsieur d’Assoucy.
À Paris, chez Claude Audiney, 1677.
2 tomes en 1 volume in-16, (10) ff. (dont le portrait), 143 p. ; (1) f., 152 pp., (2) ff. (table). Maroquin rouge du XIXe , dos à nerfs, titre, lieu et date dorés, caissons richement ornés et bordés d’un double filet doré, triple filet doré encadrant les plats, armes dorées centrales, double filet doré sur les coiffes et coupes, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure [Thibaron Joly] (petite mouillure en marge de 5 ff. de la préface, papier légèrement jauni).
Rare. Édition originale de ce récit autobiographique et burlesque. Personnage aux multiples aventures, plusieurs fois emprisonné pour dettes de jeu ou propos outrageants, Charles Coypeau d’Assoucy (1605-1677), dit Dassoucy, a laissé de nombreux textes littéraires, ainsi que des compositions musicales.
Poète festif et libertin, voyageur, romancier et musicien accompli, il fut ami de Molière et amant de Cyrano de Bergerac.
Gastronome et hédoniste, il laisse une place de choix aux raffinements de la table dans son ouvrage.
Un curieux portrait de l’auteur gravé sur bois en noir illustre l’ouvrage en frontispice.
Fine et élégante reliure signée de Thibaron-Joly.
600 - 800 €
PROVENANCE
Hélion-Charles-Edouard de Villeneuve, marquis de Trans et de Flayosc (1827-1893 ; reliure à ses armes, OHR 1649).
Tchemerzine, I, 148-149. Gay-Lemmonier, 120 (qui ne connait pas ce titre) pour l’auteur.
GAUDRIOLE.


° 278
[AUBIGNÉ (Théodore Agrippa d’)].
Les Avantures du baron de Faeneste, Première partie, reveuë, et corrigée, augmentée… Plus a esté adjousté la seconde partie, ou le Cadet de Gascogne.
A Maillé, Impr. Jean Moussat, 1617.
In-12, 72 pp. Maroquin marine du XIXe , dos à nerfs saillants, titre et date dorés, caissons ornés d’un petit fer et un double filet dorés, double encadrement d’un triple filet doré aux plats, 4 petits fers dorés aux angles, dentelle intérieure, tranches dorées, très habiles restaurations au titre [Lortic] (léger frottement à la coiffe inférieure et 2 coins, page de titre légèrement brunie, impression légèrement faible p. 61).
Très rare édition originale des deux premières parties de ce recueil.
Exemplaire de la émission de l’originale (cinq tirages furent réalisés la même année avec de subtiles différences les distinguant).
La deuxième partie commence page [29] par une page de titre particulière portant : «… /Livre second, où l’auteur en s’acquittant de promesse faicte au premier, nous donne espérance du troisiesme », et la date de M.DC.XVII sans nom de lieu ni d’imprimeur ; au verso se trouve un avis « Aux Lecteurs » ; les pages 31-32 sont numérotées 29-30.
« Il est vraisemblable qu’Agrippa d’Aubigné (1552 - 1630) qui, dans ce livre, attaquait vivement les mœurs du temps et certains personnages puissants, a choisi cette mention (‘revue et corrigée par l’auteur’) afin de conserver l’anonymat. On ne connait pas actuellement d’impression antérieure à cette date » (Pic, Essai de Bibliographie des Avanture…,1995).
En effet, Agrippa, poète baroque et calviniste intransigeant, est un homme de guerre, écrivain controversiste, qui se mettra souvent en froid avec le roi de Navarre…
Bel exemplaire lavé, relié avec élégance par Lortic.
On distingue une ancienne mention manuscrite du nom de l’auteur sur la page de titre.
2 000 - 3 000 €
PROVENANCE
Ch. Perromat (ex-libris à devise, XXe).
USTC 6010966. Tchemerzine, I, 167 ? à comparer.Brunet I, 546.

° 279
[LIVRE DU XVI e ].
BÉROALDE DE VERVILLE (François).
Le Cabinet de Minerve.
Rouen, G. Vidal, 1597.
Petit in-12, (6) ff., 254 pp., (3) ff. (table), lettres ornées gravées sur bois, ornements typographiques. Maroquin poli châtaigne fin XIXe , dos à 5 nerfs, auteur, titre et date dorés, caissons et plats ornés d’un décor très finement mosaïqué de pièces de cuir bronze et bordeaux en volutes et rinceaux, double filet doré sur les coupes, roulette sur les chasses aux coins, doublures et gardes de maroquin poli vert bronze encadré d’un triple filet doré, deuxième garde marbrés, tranches dorées (très discrète oxydation du papier).
Très bel exemplaire, d’une grande fraîcheur, dans une reliure non signée, mais d’un goût parfait et réalisée avec la plus grande maîtrise.
Un seul exemplaire au CCFr. Curieux recueil qui parut pour la première fois l’année précédente et se trouve ici dans sa première réédition (la BnF en donne 3 en comptant l’originale) mais dont on ne trouve presque jamais d’exemplaires à la vente.
[Sign. ã6, A12-X12, y6].
Roman français à succès de la fin du XVIe siècle, il est la cinquième et dernière partie des Aventures de Floride. Complet en lui-même, il se vendait seul et a un titre individuel (Tchemerzine, I, 664). Il raconte l’aventure de personnages introduits dans le Cabinet de Minerve où des nymphes leur expliquent les objets qui s’y trouvent, récit prétexte à des réflexions littéraires, historiques, spirituelles ou scientifiques, des recettes et observations…
François Vatable Brouard dit Béroalde de Verville (1556 - 1626), fils d’un pasteur calviniste qui eut pour élèves Agrippa d’Aubigné ou Pierre de l’Estoile, se converti au catholicisme. USTC 11952. Brunet I, 805.
600 - 800 €

° 280
[LIVRE DU XVI e ].
BOCCACE. LE MAÇON (Antoine-Jean), trad. Le Decameron.
À Lyon, par Guillaume Rouillé, 1558.
In-16, 1002 pp. [sign. a-z8 ; A-Z8 ; aa-qq8]. Vélin à recouvrements postérieur, restauré ou pastiche, dos lisse, titre manuscrit moderne, date frappée à froid en queue, tranches dorées (travaux de vers p. 827-882, touchant qq. lettres p.849-868, petits défauts marginaux dont des légères rousseurs, petit manque marginal au coin de qq. pages, 3 coins de page restaurés ; 16 feuillets de la fin en déficit).
Rare première édition illustrée de la nouvelle traduction réalisée par Antoine Le Maçon (vers 1500-1559), conseiller du roi et secrétaire particulier de Marguerite de Navarre (le texte avait paru en 1545).
S’appuyant directement sur l’original italien, la version de Le Maçon surpasse en précision et en subtilité l’unique traduction dont on disposait à l’époque (par Laurent de Premier d’après un texte latin).
L’illustration comprend un portrait de Boccace gravé sur bois en noir au verso du titre, et 10 vignettes gravées sur bois en noir - une en tête de chaque journée - d’après les compositions du peintre et graveur Pierre Eskrich, dit Pierre Vase.
Ornée de bandeaux, culs-de-lampe, initiales gravés sur bois, cette édition fit l’objet d’un soin typographique particulier, si bien qu’elle fut vantée par Baudrier comme « un des chefs-d’œuvre de l’imprimerie lyonnaise au XVI e siècle. « Il manque à la fin de cet exemplaire 16 feuillets dont un blanc, mais le texte lui-même est complet.
400 - 500 €
PROVENANCE
Edward Clive, (1754 - 1839), homme politique britannique et premier comte de Powis (ex-libris armorié). Autographe daté 18(8)9. USTC 24377. Baudrier IX, 248.
[BOIS d’ENEMETS (Jacques-Daniel de)].
Memoires d’un favory de Son Altesse Royalle Monsieur le duc d’Orléans.
À Leyde, chez Jean Sambix le jeune, 1668. In-12, (4)-239 pp. Maroquin rouge du XIXe, dos à 5 nerfs, titre, lieu et date dorés, caissons richement ornés, plats encadrés d’un jeu de 3 filets et de 4 fleurons angulaires, le tout doré, double filet doré sur les coupes, coiffes guillochées, triple filet doré aux chasses, tranches dorées sur marbrure [Bauzonnet] (infimes frottements aux cousin inférieurs ou sur les plats, légère oxydation du papier, qques piqures).
Édition originale, à la sphère, de ce récit d’un militaire et favori du prince Gaston d’Orléans dit « Grand Monsieur », fils d’Henri IV et cadet de Louis XIII.
Après le récit de ces “Souvenirs” ou l’auteur semble avoir pris un rôle assez actif, l’ouvrage est augmenté du Recueil de quelques pieces servants d’eclaircissement de ces memoires (pp. 113-198) et du Recueil de quelques lettres du roy et de Monsieur, touchant sa sortie du royaume (pp. 199-239) - Gaston participa en effet à une conspiration contre Richelieu qui se solda par un mariage et une exécution en 1626.
Imprimée par Ph. Vleugaert de Bruxelles d’après Rahir. Bel exemplaire relié avec finesse et élégance par Bauzonnet. Willems, 2 041. Rahir, 3192.
350 - 400 €


° 282
[LIVRE DU XVI e ]. CHARTIER (Alain).
Les Œuvres de feu maistre Alain Chartier en son vivant secretaire du feu roy Charles septiesme du non. Nouvellement imprimees reveues et corrigees….
On les vend à Paris… en la bouticque de Galliot Du Pré, 1529. Au format fort in-16, (12)-CCCLXVI ff. (mal chiffré pour CCCLX), [sign. a8-b4 ; a8-z8 ; &8 ; A8-Z8], titre en rouge et noir, maroquin brun début XXe, dos à 5 nerfs, titre, lieu et date dorés, double filet à froid encadrant les caissons et plats, filet doré sur les coupes et coiffes, roulette et triple filet doré à l’intérieur.
[R. Aussourd] (titre bruni, dernier feuillet un peu défraîchi et restauré, légères rousseurs, taches dans les marges de qq. ff.).
Belle édition, la première des œuvres d’Alain Chartier en lettres rondes.
Elle est issue des presses de Pierre Vidoue et le texte est celui de 1526 revu.
Elle est illustrée de 6 vignettes en médaillons, certaines répétées, et d’initiales à fond criblée, le tout gravé sur bois en noir.
Bel exemplaire dans une reliure parfaitement exécutée par René Aussourd.
Bien qu’un peu court en tête, cet exemplaire a conservé des marges hautes de 134 mm. Annotation ancienne maculée en tête du folio CXV.
USTC 1046 ; Brunet I, 1813 ; Bibl. Aureliana 128, 782 ; Renouard III, 1968.
1 500 - 2 000 €

283
[LIVRE DU XVI e ]. AYMON.
Commentarii in consuetudines Arverniae… Paris, Arnoul l’Angelier, 1548.
Petit in-folio, (1) f. blanc, (6) pp., 7 ff. d’index et CLXXIII ff., 1 p. de privilège in fine, lettrines de bois gravés, annotations et surlignures manuscrites anciennes. Veau fauve ancien, pièce de titre de maroquin rouge, roulette et titre dorés, dos à nerfs souligné de filets à froid, filet à froid en encadrement sur plats, tranches mouchetées de rouge (reliure restaurée, traces d’épidermures et griffures, taches éclaircies, dos restauré, qques rousseurs et brunissures, ff. coupés un peu plus court au moment d’une reliure secondaire ce qui ampute parfois qques lettres terminales aux gloses manuscrites dans les marges).
Édition parisienne en caractères romains et italiques d’une des premières éditions commentées de la Coutume d’Auvergne, parue en 1510.
Impressionnante page de titre avec grand encadrement de bois gravé en noir - portique sculpté à devise, armes de France, portrait, chérubins, ornements et volutes - au nom des (frères) Angeliers libraires-imprimeurs parisiens du XVIe siècle et la marque typographique de bois gravé d’Arnoul Angelier in fine (Renouard, 543).
Ex-libris manuscrit en tête du titre de Jacques Durant (Riom, 1558-ca 1603) se nommant lui-même ici Casellius, du nom de sa propriété de Chazelles (Puy-de-Dôme), docteur ès droit, avocat au présidial, procureur général à la cour des aides de Montferrand. Durant a visiblement surligné et annoté en marge son exemplaire de la Coutume à de nombreuses reprises donnant un caractère particulier à notre exemplaire, témoignage du travail d’un juriste érudit de la fin du XVI e siècle.
On remarque parfois une main différente sensiblement contemporaine ou postérieure dans les annotations à la plume.
Ces gloses manuscrites sont en français ou en latin.
Mention d’appartenance manuscrite ancienne, Bibliotheque de Champfleury, en regard du titre, qui marque une cohérence : ce fief fut la propriété d’un Claude Durand (né en 1649), de la famille des imprimeurs clermontois. Ce lignage n’est a priori pas apparenté à notre Jacques Durant (même si un glissement orthographique pourrait être envisagé) mais on doit noter que les imprimeurs clermontois furent par ailleurs des éditeurs de la Coutume.
Durant a ajouté une curieuse note manuscrite signée et datée de 1580 sur la dernière page, au dessus de la marque des Angelier il y évoque le décès du sieur De La Fayete (fort probablement Mortier de La Fayette, famille du Puy-de-Dôme, dont l’illustre descendant parti combattre aux Amériques) de la “Coqueluche”. Privilège du Parlement du 10 juillet 1548 à Poncet Le Preux, que l’on retrouve comme adresse sur un autre édition concomittante des Commentaires mais qui ne doit pas être confondue avec la nôtre. Ex libris précoce (contemporain de l’édition) au milieu du titre sur 2 lignes (encre pâlie, difficilement déchiffrable).
Chabrol, Haute et Basse Auvergne, IV, 486. Egullion, Imprimeurs, libraires et relieurs du bas-pays d’Auvergne, 101-103. Remacle, Familles d’Auvergne, II, 64-70. Tardieu, Dictionnaire du Puy-deDôme, 123-124.
1 600 - 1 800 €
[LIVRE DU XVI e ]
COMMYNES (Philippe de).
Cronique & histoire faicte & composée par feu messire Philippe de Commines [...] contenant les choses advenues durant le regne du roy Loys unziesme, & Charles huictiesme son filz, tant en France, Bourgongne, Flandres, Archois, Angleterre, & Italie, que Espaigne & lieux circonvoysins. Nouvellement reveue et corrigée, avec plusieurs notables mis au marge, pour le sommaire de ladicte histoire. À Paris, par Oudin le Petit, 1549.
Au format in-12, (8)-248 ff., [sign. *8 ; a-z8 ; A-H8], maroquin marine janséniste, dos à 5 nerfs, auteur et titre dorés, date frappée en queue, filet à froid encadrant les plats, contreplats doublés de maroquin marine et garde de tabis marine, restes de dorure ancienne sur les tranches [R. Devauchelle] (petit frottement discret sur 2 nerfs, légère traces de poussière au titre).
Édition peu commune, imprimée par Guillaume Thiboust et partagée entre plusieurs libraires parisiens : Étienne Groulleau, Arnoul L’Angelier, Guillaume Le Bret, Jean Longis, Jacques I er Kerver, Oudin Petit et Vincent Sertenas.
Bel exemplaire revêtu d’une élégante reliure janséniste de Devauchelle, en maroquin doublé bord à bord. USTC 6028 ; BP16, 113487.
400 - 500 €
° 285 CORNEILLE.
Cinna ou La Clémence d’Auguste. Tragédie. À Paris, chez Toussainct Quinet, 1643. In-12, (10) ff. (dont le titre-frontispice, titre, dédicace et privil.), 76 pp. [sign. ã10, A-C12, D2]. Maroquin marine, dos à nerfs, titre et date dorés, double filet doré sur les coiffes et coupes, roulette et double filet dorés à l’intérieur, tranches dorées [Cuzin] (très légers frott. au mors supérieur au niveau des nerfs, très légère oxydation du papier, qques feuillets un peu rognés dans le coin inférieur en marge).
Première édition in-12, de la même année que l’originale in-4 et aussi rare. Le titre imprimé est précédé d’un titre-frontispice allégorique gravé sur cuivre en noir. Grand de marges (h 130 mm).
Publié dans le contexte de la Fronde, Cinna fut le grand succès dramatique de Corneille. Le Privilège , accordé pour la première fois à l’auteur lui-même, le 1er ao ût 1642, qui le cède à Toussaint Quinet. Seulement 2 exemplaires au CCFr. Bel exemplaire, relié avec maîtrise et grande élégance par Cuzin.
1 600 - 1 800 €
PROVENANCE
P. Guy Pellion, important bibliophile du Second Empire (ex-libris armorié gravé par Serin) ; n° 388 du catalogue de la vente de sa bibliothèque rédigé par le libraire Adolphe Durel en 1882. Picot, Bibl. cornélienne , n° 21.



286 DESCARTES.

Discours de la méthode pour bien conduire sa raison. Plus la dioptrique, les météores et la géométrie qui sont des essais de cette Méthode.
Leyde, Jan Maire, 1637. In-4. 78 pp., (1) f., 413 pp., (1) p. d’avertissement et (17) ff. de table, nombreuses figures in-texte. Demi-maroquin fauve de la première moitié du XIXe , dos lisse orné de fers et fleurons romantiques dorés, roulettes dorées, tranches marbrées, pièce de titre et tomaison, papier marbré peu commun sur les plats (diverses mouillures latérales claires mais sur plusieurs cahiers dans l’ouvrage sans dégradation aucune du papier, reliure légèrement frottée au dos).
Rarissime originale du grand texte de Descartes. Pilier du rationalisme, cet ouvrage marque l’avènement de la pensée occidentale moderne. Contrairement à la plupart de ses autres titres qu’il rédigeait et faisait paraître en latin, Descartes, projetant l’importance capitale et la nécessité de son essai, écrivit et fit publier son Discours directement en français ayant à cœur d’être compris et lu de tous.

L’édition Maire de 1637 est donc une véritable originale et porte son premier titre qui sera modifié dans des éditions postérieures. Abondamment illustrée in-texte de 161 figures gravées en noir dont 7 à pleine page : diagrammes, figures ou phénomène astronomiques, machines ou instruments scientifiques, calculs et effets de perspective.
Notre exemplaire est présenté ici avec son pendant, une originale française du philosophe formant un rare ensemble intellectuellement cohérent de 2 volumes, reliés de la même manière et portant curieusement la même pièce de titre ne laissant pas présager du contenu.
- Les Principes de la Philosophie, Escrits en latin… Et traduit en François par un de ses Amis.
À Paris, Pierre Des-Hayes, Chez Henry Le Gras, 1647.
Édition originale française.
(2) ff (titre-gravé et titre)-(29) ff.- 486 pp., errata, 20 planches dépliantes gravées à l’eau-forte en noir. Demi-maroquin fauve de la première moitié du XIXe, dos lisse orné de fers et fleurons romantiques doré, roulettes dorées, tranches marbrées, pièce de titre et tomaison, papier marbré peu commun sur les plats (qques mouillures latérales claires sur plusieurs cahiers, qqques oxydations latérales dans l’ouvrage, sans dégradation du papier, reliure légèrement frottée au dos, une tache frotté au titre,).
Ex libris manuscrits au titre : Auville au centre de la page de titre. [Toucheleif ?] d’une écriture qui semble XVIII e en tête du titre.
L’exemplaire porte un ex dono manuscrit, de la première moitié ou milieu du XIXe, fixé en regard du titre, faisant écho à l’ex libris manuscrit Auville des 2 volumes et à un billet manuscrit glissé dans l’ouvrage évoquant une invitation à dîner et un bon “gigot”, très élégamment rédigé : le précédent propriétaire des Descartes les avait offert à ce Mr Auville et ces personnes semblaient se connaitre et se fréquenter au point d’agaper ensemble.
Il semble cohérent que ce soit ce monsieur Auville qui a fait relier les volumes.
Plusieurs pages au crayon de notes sur l’ouvrage et de notes mathématiques sur les feuillets vierges in fine, semblant plutôt de la seconde moitié du XIXe, peut-être de la main du nouveau propriétaire, Auville.
6 000 - 7 000 €
PROVENANCE
Ex libris XIXe manuscrit au titre Auville au centre de la page de titre.
DESCARTES.
Les Passions de l’âme.
Paris, Jean Guinard, 1650. Petit in-12, (46)-286 pp. Veau fauve du XIXe , dos à nerfs orné de caissons aux petis fers et souligné de pointillés et filets dorés, pièce de titre de maroquin rouge, titre doré, triple filet doré en encadrement sur les plats, tranches dorées, double filet doré sur les coupes, dentelle dorée aux contreplats [Thierry Sr de Petit-Simier] (discrets frottements aux coiffes et coins, bords supérieur très légèrement ternis, rares petites piqûres très disséminées).
Bel exemplaire de cette seconde édition , parue l’année suivant l’originale.
Dernier ouvrage du philosophe publié de son vivant. Edition partag é e avec d’autres libraires, ce tirage de Guinard est le plus rare (seulement 3 exemplaires au CCFr).
Dans une fine et élégante reliure signée de Thierry, successeur de Petit-Simier.
400 - 500 €
PROVENANCE
Cabinet du baron de Fleury avec ex libris gravé aux armes à la première garde. Ex libris MS du XVIII e au titre : Virvoude(s/l?) fils le 29 fal (floréal) an 6. Absent de Tchemerzine.

° 288
[LIVRE DU XVI e ].
La DOCTRINE DU PERE AU FILZ… [à la fin : ] “Cy finist… Nouvellement imprimee a Paris, [s.n., ca 1528].
Petit in-8 (13 x 9 cm.), [4] ff. Maroqu in citron du XIXe , dos à nerfs, pièce de titre rouge, caissons ornés aux petits fers et bordés d’un double filet doré, plats encadrés d’un triple filet doré, filet doré sur les coiffes et coupes, dentelle intérieure, tranches dorées [Trautz-Bauzonnet] (dos et bords des plat légèrement brunis, légères rousseurs, tache marginale sur la dernière feuille).
Rarissime édition de ce poème où un père enseigne à son fils les règles indispensables à “vivre comme il convient”.
Illustrée d’un bois gravé au titre, encadré d’un double filet, montrant un moine copiste à son pupitre. La première lettre (“L”) du titre est gravée sur bois. Le texte est composé sur 7 pages de 27 lignes, en caractères gothiques.
Il a paru plusieurs éditions de ce poème dès la fin du XVe siècle. Ces petites pièces ont été très rarement conservées et peu sont parvenues intactes jusqu’à nous. Bechtel (Catalogue des gothiques français ) en décrit quelques-unes, dont la dernière qu’il date vers 1528 est peut-être l’exemplaire que nous proposons ici, avec un bois gravé identique, en maroquin citron, passée dans la vente de Lignerolles en 1970. Toutefois la mention finale diffère d’une lettre (“imprime” au lieu de “imprimee”), ce que nous sommes tenté de tenir pour une coquille.
Exemplaire réglé, et très bien relié par Trautz-Bauzonnet. La BnF donne Alain Lotrian comme adresse possible à cette date estimée, à partir du matériel utilisé (bandeaux au titre et caractères) mais son exemplaire ne porte pas le même bois gravé au titre.
2 000 - 3 000 €
PROVENANCE
Comte de Lignerolles (mention ms. au crayon ; vente, 2e partie, 5 mars 1894, n° 1123). Ex-libris doré estampé sur pièce de cuir bleu au contreplat composé de 2 armoiries germaniques surmontées d’une couronne.
Bechtel, D-372. Renouard, ICP, III, 1193 (pour l’exemplaire de la BnF).




DU BARTAS (Guillaume de Saluste).
La Sepmaine, ou Création du monde, de Guillaume de Saluste, seigneur Du Bartas. Reveue, augmentée & embellie en divers passages par l’auteur mesme. En ceste dernière édition ont esté adjoustez l’argument général... par S. G. S.. [S.l.], pour Jaques Chouët, 1601.
Fort in-16, (24) ff., 693 pp., [sign. A-2F12]. Maroquin rouge du XIXe , dos à nerfs, caissons ornés de petits fers dorés et bordés d’un double filet doré, plats encadrés d’un triple filet doré, double filet doré sur les coiffes et coupes, dentelle intérieure, tranches dorées [Capé] (dos légèrement terni, petits défauts intérieurs négligeables).
Nouvelle édition (l’originale parue en 1578) de l’un des livres les plus appréciés de la Renaissance que même Goethe célébra comme l’un des plus grands poètes français.
Cette édition comprend les commentaires érudits du poète et théologien calviniste Simon Goulart (1543-1628). Le même éditeur avait fait paraître cette version en 1593, mais ce millésime de 1601 est de la plus grande rareté.
Long poème inspiré de la Bible, il décrit les premiers jours de l’humanité, la création de l’Univers, des astres, de la terre, de l’homme… tout en donnant une foule d’enseignements sur la science ou les inventions…
Œuvre la plus importante de ce poète gascon (1544 - 1590) qui fut tant juriste et militaire qu’écuyer tranchant puis diplomate pour le roi de Navarre après avoir embrassé le calvinisme.
Illustrée de 7 vignettes (une en tête de chaque jour de la semaine), de bandeaux, culs-de-lampe et initiales, le tout gravé sur bois en noir.
Bel exemplaire dans une fine reliure signé par Capé.
500 - 600 €
PROVENANCE
Henri Bonnassé (ex-libris doré XXe) ; petit paraphe manuscrit « SA » moderne sur une garde.

° 290
[LIVRE DU XVI e ]. ÉSOPE.
Aesopi Phrygis, et aliorum fabulae. Parisiis, Hieronymus de Marnef, 1561.
In-16 (h 118 mm), 450 pp., (7) ff. Veau havane moucheté de l’époque, dos à 4 nerfs, fleurons dorés, double encadrement d’un triple filet à froid aux plats, 4 fleurons dorés aux angles, petit fer doré central, reliure restaurée (mouillure claire en tout début de volume et en pieds de pages aux cahiers z et AA, cahier EE relié avant le DD).
Édition parisienne latine peu commune des Fables.
Illustrée de plus de 200 vignettes in-texte gravées sur bois en noir d’après les dessins de Bernard Salomon. Marques d’imprimeur et libraire gravées sur bois au titre et au v° du dernier f.
USTC, 153036 localise un seul exemplaire à Cambridge, Houghton Libr.
400 - 500 €
° 291 ESOPE. [LA FONTAINE]. [BRUSLÉ DE MONTPLEINCHAMP]. [FURETIERE].
Esope en belle humeur, ou Dernière traduction et augmentation de ses fables en prose & en vers.
A Brusselle, François Foppens, 1693.
In-12, 360 pp., (6) ff. Veau poli havane moucheté de l’époque, dos à nerfs, pièce de titre rouge, caissons dorés ornés, roulette dorée sur les coupes, tranches mouchetées de rouge (mors supérieur, coins et coiffes restaurés, taches légères sur les plats, qq. discrets frottements aux angles, légère oxydation du papier, petite fente sans gravité marge de pp. 21-22).
Nouvelle édition, conforme à la première de 1690 et peu courante.
Recueil collectif de fables adaptées d’Esope par Bruslé de Montpleinchamp et Furetière ainsi que des Fables de La Fontaine dans leur seconde édition.
Joliment illustrée d’un beau frontispice gravé (le musicien jouant pour les animaux de la création surmontant un quatrain) et de 157 jolies vignettes, gravés sur cuivre en noir, dans le texte, non signées mais par Van der Borcht.
Les illustrations sont vives, fouillées et évocatrices.
Joli exemplaire de l’époque.
180 - 200 €
PROVENANCE
Duvivier (signature ms. ancienne au titre).
FURETIÈRE (Antoine).
Le Roman bourgeois, ouvrage comique. À Paris, chez Guillaume de Luyne, 1666. In-8, (6) ff., 700 pp., [Sign. ã6 ; A-2T8 ; UU4], titre-frontispice gravé sur cuivre en noir. Maroquin fauve du XIXe , dos à nerfs saillants ornés d’un pointillé doré, caissons ornés aux petits fers et bordés d’un double filet filet et de pointillés, le tout doré, triple filet doré encadrants les plats, double filet doré sur les coiffes et coupes, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure [Thibaron-Joly] (griffures au plat sup., petit manque en marge p. 529).
Édition originale peu courante.
Bien complet du curieux titre-frontispice gravé qui manque souvent. À la fois roman réaliste à intrigue et fresque comique et sociale de la vie parisienne marchande et citadine cet ouvrage est une critique de la littérature des Précieux et du genre romanesque… Bel exemplaire dans une jolie reliure signée Thibaron-Joly.
300 - 400 €
PROVENANCE
René Rouzaud (1905-1976), célèbre parolier auteur en particulier de La Goualante du pauvre Jean interprété par Edith Piaf (ex-libris doré). Tchemerzine, III, 395 (« la pagination saute de 640 à 661 sans manque »).
LA BRUYÈRE (Jean).
Les Caractères de Théophraste traduits du grec. Avec les caractères ou les mœurs de ce siècle.
À Paris, Estienne Michallet, 1696.
Fort n-12, (16) ff., 662-XLIV pp., (3) ff. Maroquin rouge du XIXe , dos à nerfs ornés d’un pointillé doré, titre, lieu et date dorés, caissons ornés aux petits fers et bordés d’un double filet et pointillés dorés, triple filet doré encadrant les plats, double filet doré sur les coiffes et coupes, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure [Cuzin ; Maillard dor.] (taches discrètes au plats, infimes frott. à la coiffe de tête et coins).
Dernière édition originale, renfermant le texte complet et définitif avec 1120 Caractères et le Discours de l’Académie.
C’est la dernière donnée par La Bruyère avec ses ultimes retouches ; elle parut trois semaines avant sa mort.
Exemplaire enrichi d’un portrait de l’auteur placé en frontispice, gravé sur cuivre par Pierre Savart en 1768 d’après de St. Jean. Il ne contient pas de cartons.
Très bel exemplaire établi avec grande élégance par Cuzin.
300 - 400 €
PROVENANCE
Robert Hoe (1839-1909 ; ex-libris doré sur pièce rouge ; vente du 22 avril 1912 , lot n° 1803). Tchemerzine III, 810.




Rarissime contrefaçon hollandaise de la première partie des Contes parut originellement à Paris chez Claude Barbin en 1665. L’adresse ici est fictive.
LA FONTAINE (Jean de).
Contes et nouvelles en vers. À Paris, chez Claude Barbin, 1673. In-12, 88 pp., texte réglé. Maroquin marine, dos à 5 nerfs, titre, lieu et date dorés, caissons richement ornés aux petits fers, double encadrement de doubles filets dorés aux plats, fleurons en écoinçons, médaillon central formé de petits fers, le tout doré, filet doré sur les coupes, coiffes guillochées, doublure de maroquin bleu bordée de filets et d’une large dentelle dorés, double garde marbrée, tranches dorées sur marbrure [ThibaronJoly] (petits défauts de couvrure aux mors légèrement usé).
Willems (Elzevier. Histoire des Annales typographiques , 1880) s’exprime ainsi au sujet de cette édition : quoique publiée avec l’adresse de Paris, ce livre sort positivement des presses de Vleugart à Bruxelles (s’en suit une description comparative du matériel typographique de l’éditeur prouvant la réutilisation)... Ce volume est la copie exacte de l’édition de Paris Cl. Barbin, 1665 qui plus est connaissait déjà une réimpression hollandaise la même année (Rochambeau, pp. 509, n°20).
Bel exemplaire joliment relié par Thibaron-Joly.
1 500 - 2 000 €
PROVENANCE
Maxime Denesle (ex-libris armorié doré sur pièce rouge). [Vente de sa bibliothèque en 1978. (Cf. Galantaris p.221) AFCEL]

LA FONTAINE (Jean de).

Fables nouvelles, et autres poësies.
À Paris, chez Claude Barbin, 1671.
In-12, [12] ff., 184 pp. Maroquin rouge du XIXe , dos à nerfs, titre et date dorés, caissons ornés aux petits fers, double filets doré sur le dos, coupes et coiffes, triple filet doré encadrant les plats, roulettes et filet dorés à l’intérieur, tranches dorées sur marbrure [Trautz-Bauzonnet] (coiffe de tête et mors sup. un peu frottés, très lég. traces de poussière au titre).
Rare et importante édition en partie originale.
Renferme huit fables qui paraissent ici pour la première fois : Le Lion, le Loup et le renard, Le Coche et la mouche, Le Trésor et les deux hommes, Le rat et l’huître, Le singe et le chat, Du glan et de la citroüille, Le milan et le rossignol, et L’huître et les plaideurs. Édition partagée entre deux libraires parisiens, Denys Thierry et Claude Barbin, elle renferme en outre Le Songe de Vaux ou des poésies diverses (balades, odes) et l’Adonis, pp. 147-184, poème dédié à Fouquet, son mécène, pour qui il prit parti contre le Roi, ici dans la première réimpression de l’originale de 1669. Illustrée de 8 belles vignettes à mi-page à l’eau-forte en noir finement exécutée par François Chauveau (monogramme F. C., gravé dans l’image) pour les 8 nouvelles fables, après avoir réalisé les 118 vignettes de la première édition de 1668.
Bel exemplaire revêtu d’une délicate reliure signée Trautz-Bauzonnet.
Rochambeau, pp.7, n°10. Tchemerzine VI, 384.
1 500 - 2 000 €
° 296 [LA VALLIÈRE (Louise de)].
Tchemerzine, IV, 115. Brunet, III, 885. ° 295


Réflexions sur la miséricorde de Dieu, par une dame pénitente. Troisième édition.
Suivant la copie de Paris, à La Haye, chez Adrian Moetjens, 1681. In-12 au format in-18, (6) ff. (dont le frontispice), 101 pp., (2) ff. (table), Maroquin prune à grain long, dos lisse orné en long d’un jeu de fers dorés à motif végétal et en quinconce, titre et date dorés, double encadrement, filet et triple filet dorés, des plats avec 4 fers de volutes, filet doré sur les coupes, les coiffes et les chasses, tranches dorées, gardes roses [Purgold Hering] (légers frottements, mors sup. superficiellement fendillé, qques rousseurs aux premiers cahiers).
Rarissime troisième édition, elzévirienne, la deuxième sous son nom après une originale anonyme
Attribué à Mlle de La Vallière, célèbre favorite de Louis XIV, elle aurait rédigé ces émouvantes Réflexions qui connurent un grand succès suite à une grave maladie.
Françoise-Louise de La Baume Le Blanc, duchesse de La Vallière (1644-1710), après sa disgrâce qui laissa la place à Mme de Montespan, se tourna vers la religion et entra au carmel très strict du faubourg Saint-Jacques sous le nom de soeur Louise de la Miséricorde.
Exemplaire de Charles Nodier, cité par Brunet, revêtu d’une luxueuse reliure de Jean-Georges Purgold et Hering.
Relieur allemand (1784-1829) considéré comme l’un des grands de son temps : son travail égalait Simier ou Thouvenin. Associé cinq ans avec Hering, relieur anglais, ce qui date cette reliure entre 1820 et 1825 ; elle a très probablement été commandée par Nodier lui-même.
Edition illustrée d’un portrait de la duchesse en habit de religieuse, non signé, gravé sur cuivre en noir et titré “Madame la Duchesse de La Valliere penitente”. Enrichi d’un portrait au profil, gravé sur acier en noir au XIXe, signé AS et tiré sur Chine, placé avant la première page du texte.
1 000 - 1 500 €
PROVENANCE
Charles Nodier (ex-libris doré). E.-G. Marigues de Champ-Repus (1828-1892, ex-libris aux armes doré sur papier). Ex-libris gravé moderne aux initiales R.E . moderne tiré en vert.
° 297
[LAZARILLO DE TORMES].
LA VIE ET AVANTURES de Lazarille de Tormes. Ecrites par lui meme…
À Brusselles, chez George de Backer, 1699.
2 parties en 1 volume in-12 au format in-18. (9)-163 pp., table et (3)-188 pp., table. Maroquin rouge du XIXe , dos à nerfs saillants, auteur, titre, lieu et date dorés, caissons ornés aux petits fers et bordés d’un double filet doré, plats ornés à la Duseuil, double filet doré sur les coupes, coiffes guillochées, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure [Dupré] (infimes frottements aux coiffes et coupes de queue, court de marges, touchant les bords du front. et de 5 pl., tache au titre de la 2 e partie) .
Rare édition ancienne de ce qui est considéré comme le tout premier roman picaresque.
Aucun exemplaire au CCFr.
Longtemps attribué à Diego Hurtado de Mendoza (1503 - 1575), il parut pour la première fois en 1554 à Burgos et fut traduit en français en 1560 par Garnier de Laval.

Jolie édition illustrée d’un portrait en frontispice et de 19 figures gravées sur cuivre en noir à pleine page, quelques-unes signées par J. Harrewyn.
Bel exemplaire dans une luxueuse reliure en maroquin signée de Dupré.
Brunet, III, 385, à la date de 1698 et 1701.
400 - 500 €
° 298
[LIVRE DU XVI e ].
LACTANCE. FAME (René), trad.
Lactance Firmian, des divines institutions contre les Gentils & Idolatres, nouvellement recõgneu aux premiers exemplaires & imprimé avec histoires.
À Paris, Estienne Groulleau, 1555.
In-16, (16) ff., 774 pp, titre encadré (volutes). Vélin ivoire à rabats postérieur, dos lisse avec titre et date manuscrits modernes (plat inférieur restauré, mouill. claire en début de vol. puis sporadique dans les marges de pied, qq. rousseurs ; essais de plume au v° du titre et p. 128, 400-401).


Nouvelle édition, partagée entre plusieurs libraires, de cette solide traduction due à l’humaniste René Fame (v. 1499 - 1540), notaire et secrétaire du roi. Elle semble reproduire en tous points celle que le même éditeur publia en 1551.
Illustrée de plus de 150 vignettes in-texte gravées sur bois en noir, non signées, mais dont certaines évoquent la main de Jean Cousin.
Sign. *8, **8, a-y8 ; A-Z8 ; AA-CC8 ; DD3.
300 - 400 €
PROVENANCE
Charles de Raoux (ou Raveux ? ; ex-libris manuscrit ancien au titre). Eustache Marcot (1686-1755), professeur de médecine à Montpellier, appelé à la Cour en 1734, médecin ordinaire, puis Premier médecin ordinaire du Roi et des Enfants de France (nom ms. ancien en marge au v° du titre, p. 400 et 737). Jacques Alexandre de Poitevin, seigneur de Mezouls, mort en 1807, receveur des tailles à Montpellier, membre physicien de l’Académie Royale des Sciences de 1773 jusqu’en 1777, puis mathématicien de 1777 jusqu’à la disparition de la Société en 1793 (étiquette manuscrite ancienne au contreplat sup.). USTC 6904.
° 299
[LIVRE DU XVI e ].
Le LIVRE DE LA DISCIPLINE damour divine : contenant X la répéticion de la discipline co[n]tenant V. [Paris, Regnault Chaudière, 1519].
In-8, (8)-175-(1) ff. Veau havane estampé de l’époque, dos
299

à 4 nerfs et muet, plats entièrements décorés d’encadrements de roulettes à froid, tranches ciselées et dorées, fermoirs, coins, coiffes et mors restaurés, gardes anciennes mais renouvelées (petites fentes aux mors, écriture ancienne lavée au titre, titre bruni, lég. saliss. marginales, petites mouill. en marge f.176, tache f. 55, petite réparation f. 56, et petit manque en marge f. 129 et 130).
Rare ouvrage ascétique du XVe siècle, par un moine célestin de l’abbaye Notre-Dame d’Ambert (Loiret).
Traité mystique sur l’amour divin, il s’inspire de Saint-Victor, Bernard de Clairvaux, Guillaume de Saint-Thierry et du Miroir des simples âmes de Marguerite Porete et renferme “plusieurs passages très singuliers” selon plusieurs bibliographies.
Imprimé trois fois à Paris dont cette édition à partir d’une version manuscrite qui aurait été donnée par une religieuse. Texte en lettres bâtardes et lettrines gravées sur bois du matériel de Pierre Vidoue (BnF).
Cet exemplaire présente une variante de titre par rapport à celui cité par Brunet : il ne contient pas la phrase “avec les propriétés d’amour séraphique” mais par ailleurs en tous points conforme à sa description.
Colophon : “Cy finist le livre de la discipline d’amour divine… Faict à Paris ce xxviii e jour de novembre, par Regnault Chaudière, Libraire… l’an mil. V.XIX.” Sign. : [non signé]8 ; a-y8 (2 cahiers signés m, le premier par erreur corrigé en “l” à la main à l’époque).
Précieux exemplaire réglé (rouge), grand de marges (h 178 mm) et conservé dans sa reliure de l’époque.
2 000 - 3 000 €
PROVENANCE
Mention manuscrite ancienne sur une garde inf. : “Monsieur de Boil (?)” ; mention manuscrite XIXs signalant la vente Descloux, Gonzales, Moreau Chaslon, Paris, Drouot, 9-13 avril 1877. Bechtel D.259. USTC 26400, 6 ex. BP16 103794.

° 300
[LIVRE DU XVI e ]. MAROT (Clément).
Les Œuvres de Clément Marot. À Lyon, par Jean de Tournes, 1546.
2 parties en 1 volume in-18, 562 pp., (12) ff., (3) ff. bl., 303 pp. Veau fauve marbré du XVIII e , dos à 5 nerfs, titre doré, caissons ornés aux petits fers, filet à froid aux plats, tranches rouges, 1 garde inf. renouvelée, restaurations (petit frottement sur un coin et bord de la coiffe de tête, titre bruni et sali, brunissures sporadiques).
Très rare édition, une des plus parfaites.
« Première édition imprimée par Jean de Tournes, très rare et très jolie. Elle a été publiée par Antoine du Moulin, et contient trois pièces nouvelles : une épigramme Contre l’inique (p. 416), une Églogue et une Congratulation à la fin de la première partie. » (Tchemerzine).
Sign. a-z8, A-O8 (O6-8 blanc) ; aa-tt8 (verso de tt8 blanc).
1 500 - 2 000 €
PROVENANCE
Charles Cohn (ou Colin ? mention manuscrite ancienne au verso du titre et en pied de la 1ère page).
USTC, 40526, 4 exemplaires. Cartier, 60. Mayer, 143. Tchemerzine, VIII, 32.
° 301
[MICANZIO (Fulgenzio)].
La Vie du Père Paul [Sarpi] de l’ordre des Serviteurs de la Vierge et théologien de la sérénissime République de Venize, traduitte de l’italien par F. G. C. A. P. D. B. A Leyde, chez Jean Elzevier, 1661.
In-12 au format in-18, (12) ff. (le 1er blanc), 391 pp., (2) ff. (dernier bl.). Cuir de russie grenat, dos lisse richement orné de petits fers criblés et filets, le tout doré, titre doré, ca, encadrement sur les plats composée d’une roulette doré bordée d’un double filet doré, fleurons aux angles, coupe pointillée et orné de petits fers dorés, roulette intérieure, 2 f. de vélin insérés parmi les gardes, tranches dorées [Courteval] (légers frottements aux mors et coupes).
Première édition de la traduction française donnée par François de Graverol, de cette Vie du père Paul Sarpi, rédigée par son disciple F. Micanzio (1570-1654), religieux italien de l’ordre des Servites.
Exemplaire joliment relié au début du XIX e siècle par Courteval, actif à Paris de 1796 à 1836, qui fut l’un des maîtres de son époque. S’il fut apprécié pour ses décors proches de ceux de Bozérian, il fut également l’un des premiers à réaliser le gaufrage du cuir, technique que l’on vit se répandre dans les années 1830, et que l’on peut observer sur cet exemplaire (grain long). Étiquette imprimée du relieur sur une garde. « Courteval fut à peu près, de son temps, ce que Thouvenin est aujourd’hui ; si Thouvenin l’emporte sur tous ses contemporains, Courteval l’emporta sur presque tous les siens « (Lesné, Reliure, poème didactique , p.119). Willems, 217.
200 - 300 €



° 302
OUVILLE (Antoine Le Metel d’).
Les Contes aux heures perdues du Sieur d’Ouville. À Paris, chez Toussainct Quinet, 1644. 4 volumes in-8. Maroquin rouge du XIXe , dos à nerfs, titre, tomaison, lieu et date dorés, caissons ornés aux petits fers, plats décorés à la Duseuil, double filet doré sur les coiffes et coupes, dentelle d’intérieur, tranches dorées sur marbrure [ChambolleDuru, 1884] (dos un peu foncés, frott. légers sur les coupes en pied, taches sur 2 plats inférieurs et sur les coupes de tête, manque marginal en coin des p. 353 (t.I) et 239 (t.3)).
Rarissime édition originale de ce recueil facétieux emplis d’anecdotes, grivoiserie et autres joyeusetés immorales… Poète normand, Antoine Le Métel d’Ouville, (1589-1656) fut tant ingénieur-géographe que dramaturge et fit peut-être plume commune avec son frère l’abbé de Boisrobert. Il se fit remarquer par plusieurs comédies appréciées en son temps mais c’est son recueil de contes qui connu une réelle postérité.
Le premier tome avait paru en 1643, et se trouve ici réédité pour la première fois, avec une page de titre datée de 1644, et un achevé d’imprimer du 26 mars 1643.
Un titre-frontispice gravé sur cuivre différent se trouve au début de chaque volume ; celui de la 4 e partie porte la date de 1642. Exemplaire très bien relié par Chambolle-Duru à la date de 1884. “Rare et recherché”, écrit Brunet, qui ne signale que deux volumes sur les 4 parus en 1644.
Collation : I. [16] f. (dont front.), 539 p., [2] f. (privil. ; 1 f. blanc non conservé). - II. [12] f. (dont fr.), 542 p. (1 f. blanc non conservé). - III. [12] f. (dont fr.), 400 pp. - IV. [8] f. (dont fr.), 382 p., [2] f. (provil.).
3 000 - 4 000 €
PROVENANCE
Robert Hoe (1839-1909, ex-libris doré).
Brunet IV, 263. Gay-Lemonnier, 468.
Le Pétrarque en rime francoise avecq ses commentaires, traduict par Philippe de Maldeghem,…. A Bruxelles, chez Rutger Velpius, 1600. In-8, (12) ff., 547 pp., (6) ff. Veau fauve glacé de la 2 e moitié du XVII e , dos à 5 nerfs, pièce de titre rouge, filet, roulette, et petit fer dorés au dos, filet à froid encadrant les plats, roulette dorée sur coupes, tranches rouges, petites restaurations (coupes frottées en pied, menus défauts aux plats, légers frott. sur les plats, titre et derniers f. brunis, rousseurs, un coin en marge p. 17-18 remplacé, pt. fente marg. p. 179, marge découpée et qq. lettres manquantes p. 225).
Édition originale de cette traduction donnée par Philippe de Maldeghem (1547 - 1611), militaire et poète des Flandres. L’édition contient : une préface et une épître en vers du traducteur, des pièces en vers latins et français, adressées au traducteur, l’épitaphe de Pétrarque et de Laure, la vie de Pétrarque d’après Vellutello, et une notice sur Laure, d’après Gesualdo ; on trouve une courte introduction avant les Triomphes , qui sont suivis de la traduction de la « Giunta » des éditions aldines.
Elle est illustrée d’un portrait de Pétrarque et de Laure, en médaillon à mi-page, gravé sur bois en noire. USTC 7523. Desgraves IV, 187.
500 - 600 €


° 304
[LIVRE DU XVI e ].
RABUTIN (François de).
Commentaires des dernières guerres en la Gaule Belgique entre Henry Second du nom tres-chrestien roy de France, & Charles cinquiesme empereur, & Philippes son fils, roy d’Espagne… À Paris, chez Nicolas Chesneau, 1574.
In-8, 388 ff. Maroquin vert du XVIII e , dos lisse compartimenté, titre doré, fleurons et roulettes dorés, triple filet doré encadrant les plats, petits fleurons en écoinçons, roulette dorée sur les coupes et chasses, tranches dorées [Derome le jeune] (dos un peu terni, qq. taches aux plats, coupe et coiffe de queue lég. frottés, mouill. claire angulaire aux ff. 14-25 et 77-112, petite tache de rouille en marge ff. 54-56, petite tache d’encre f. 138).
Seconde édition en partie originale de ces chroniques rédigées par François de Rabutin, gentilhomme de la compagnie du duc de Nevers, François de Clèves, et historien. Elle réunit pour la première fois les six premiers livres parus en 1555 et les cinq suivants publiés en 1559. Édition partagée entre plusieurs libraires parisiens, N. Chesneau, Michel Sonnius, G. de La Nouë, Marc Locqueneulx et Michel Vascosan.
Sign. A8-Z8 ; 2A8-2Z8 ; 3A8-3B8 ; C4. Bel exemplaire revêtu d’une parfaite reliure de Nicolas-Denis Derome, dit Derome le jeune, actif à Paris de 1770 à 1790 avec son étiquette gravée à une garde. USTC 7566. Brunet IV, 1071. Tchermezine.
400 - 500 €
° 305 RACINE.
Œuvres de Racine.
À Paris, chez Denys Thierry, 1687.
Deux volumes in-12, (4) ff., 372 pp. et (6) ff., 434 pp., (2) ff. Basane façon maroquin poli rouge brique du XXe , dos à 5 nerfs, titre et tomaison dorés, caissons richement ornés et bordés d’un filet doré, roulettes dorées en tête et queue, triple filet doré encadrant les plats, roulette dorée sur les nerfs, coiffes, coupes et chasses, tranches dorées [Devauchelle] (dos passés, une petite restauration dans la marge p. 169 (t.1), ex-libris ms. ancien lavé au titre du t.2).
Importante seconde édition collective des œuvres de Racine. Partagée entre les libraires parisiens Claude Barbin, Denys Thierry et Pierre Trabouillet, c’est la première contenant Phèdre à pagination continue, ainsi que l’Idylle sur la Paix et le Discours prononcé par Racine à l’Académie Française le 2 janvier 1685. Illustrée d’un frontispice dans chaque tome et de 10 planches gravées sur cuivre en noir d’après les dessins de François Chauveau (1613-1676) sauf le frontispice du tome 1, gravé par Le Clerc d’après Charles Le Brun (1619-1690). Tchémerzine IX, 359. Guibert, 150-153.

500 - 600 €



° 306
SOMAIZE (Antoine Baudeau de).
Le Grand dictionnaire des pretieuses, ou La clef de la langue des ruelles.
À Paris, chez Jean Ribou, 1661.
3 parties en 1 fort volume in-12, (16) ff., 314 pp., (2) ff. (privilège) ; 320 pp. (dont titre) ; 46 pp., (1) f. blanc. Maroquin rouge du XIXe , dos à nerfs ornés au pointillé doré, titre, lieu et date dorés, caissons finement ornés aux petits fers, roulette dorée en tête et queue, triple filet doré encadrant les plats, double filet doré aux coupes, coiffes guillochées, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure [Cuzin] (très légers frottement à la coiffe et aux coins en queue).
Édition originale de cet ouvrage satirique du polémiste
Somaize , dit l’Ecrivain du Pont Neuf, souvent confondu avec celui paru sous le même titre en 1660 et réédité la même année du fait d’une affaire de vol du texte…
On connaît mal la vie de Baudeau de Somaize dont la carrière d’auteur polémiste sera vive mais courte. Sa notoriété éclate suite à une polémique avec Molière qu’il accuse de plagiat pour Les Précieuses… Ces dernières et leur courant vont devenir alors son principal sujet de publication.
La troisième partie du volume renferme la Clef.
Un frontispice gravé sur cuivre d’après G. Ladame.
Très bel exemplaire dans une fine reliure de Cuzin.
« Ouvrage indispensable pour l’étude de la société polie de Paris, au milieu du xvne siècle. Son prix va toujours en s’élevant » GayLemmonier, 61-62.
1 200 - 1 500 €
PROVENANCE
Roger Portalis (1841-1912), écrivain d’art, bibliophile, vente de sa bibliothèque en 1882 puis en 1889 par Porquet, et en 1913 (ex-libris aux armes, doré sur papier orangé).
° 307 SUÉTONE.
De la Vie des XII Césars. Traduit par George de La Boutière… À Paris, Claude Micard, 1569.
In-16, (6) ff., 419 pp. (39) ff. Vélin ivoire à l’imitation, dos à 4 nerfs, titre et date manuscrits, tranches dorées (titre et marges un peu brunies).
Rare première édition parisienne qui suit la seconde parue à Lyon, chez Jean de Tournes, la même année et au format in-4 ; la première avait paru chez de Tournes en 1556. Cette nouvelle traduction est due à George de La Bouthière, qui s’était déjà distingué par une traduction de l’Âne d’or d’Apulée en 1553 et des Trois dialogues de Polidore Virgile en 1558.
Édition semble-t-il partagée entre les libraires parisiens Cl. Micard et Simon Calvarin.
Illustrée de portraits en médaillons gravés sur bois, celui de l’auteur au v° du titre, et ceux des 12 empereurs - un en tête de chaque livre -, d’initiales, et d’un encadrement au titre, également gravés sur bois.
Sig. A-Z8 ; &8 ; Aa-Zz8 ; Aaa-Lll8.
USTC 62075 pour Micard, 4 exemplaires et 36014 pour Calvarin, 1 exemplaire.
500 - 600 €
Léonard de VINCI.
Traité de la Peinture… donné au public et traduit de l’italien par R.F.S.D.C. [À Paris, de l’Imprimerie de Jacques Langlois, 1651].
Petit in-folio, 128 pp. sur vergé, nombreuses illustrations in-texte. Basane fauve marbrée fin XVIII e -début XIXe , dos lisse orné de fers décoratifs (pots à feux et fleurons), filets dorés, pièce de titre de papier coquille, titre doré, roulettes dorées, tranches rouges, gardes papier marbré (restaurations latérales au papier en pied de page sur les 2/3 environ des ff., taches brunes et piqures disséminées, des ff. brunis, qques salissures, reliure frottée et fendillée en tête du mors sup, traces de mouillures sur qques cahiers).
Première édition française.
Exemplaire très particulier de ce rare et célèbre ouvrage.
Une partie de l’ouvrage est entièrement manuscrite, reproduisant quasi à l’identique le texte, les images et la mise en page qu’elle remplace : 4 premiers ff., sur vergé azuré avec le titre-frontispice au portrait de Vinci reproduit au lavis, la page de titre et la page de dédicace à Poussin et les pp.1-4, sur vergé azuré.
Complet des 56 belles eaux-fortes in-t en noir (figures au tiers ou à demi-page) dont une représentation de la Joconde (inversée), considérée comme la toute première reproduction gravée du célèbre tableau.
Traduite de l’italien par Roland Fréart, l’originale française parait la même année et chez le même imprimeur que l’édition italienne, elle est ornée des mêmes eaux-fortes. Gravées sur cuivre par René Lochon d’après les dessins de Nicolas Poussin ou les diagrammes de Pier Francesco degli Alberti et retouchées par Charles Errard. Graesse, VI-2, 327.
1 500 - 2 000 €


309
[RELIURES XVII e au SEMÉ FLEUR DE LYS]
Lot de 2 ouvrages reliés de même.
Maroquin fauve du XVII e , dos à nerfs orné de caissons aux fleurs de lys, titre doré, plats semé avec guirlande dorée en encadrement, roulette dorée sur les coupes, tranches dorées
- CICÉRON.
M.T. Cicero=nis philosophicorum librorum pars prima… ex dionys lambini, Argentorati, Ribely & Dupuys, 1581
Fort in-12 (un peu frottée aux angles et coiffes manquent 2 gardes de papier marbré, titre un peu sali, petit trou de ver sans atteinte et mouillure latérale sur qques cahiers)
- Senecæ et aliorum Tragédie… Amsterodami, 1668.
284 pp, titre front gravé
Ex libris : XIXe gravé aux armes Abbe Koenig. XVII e imp : Guillelmi PITRA avec ex dono MS daté 1772.
In-24 (page de titre brulée par encre à l’angle sup droit).
200 - 300 €

° 310
[ALEMÁN (Mateo)].
LESAGE (Alain-René).
Histoire de Guzman d’Alfarache, nouvellement traduite & purgée des moralité superfluës, par Monsieur Le Sage.
À Paris, chez Etienne Ganeau, 1732. Deux volumes in-12, XVI pp., (4) ff., 406 pp. et (3) ff., 412 pp. Maroquin rouge du XIXe , dos à nerfs ornés d’un pointillé doré, auteur, titre et tomaison dorés, caissons ornés aux petits fers, triple filet doré encadrant les plats, double filet doré sur les coiffes et coupes, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure [Cuzin ; Maillard dor.] (mors et coupes de pied un peu frottés, restaurations aux mors, l’un d’eux fendillé en pied).
Édition originale de la traduction de Lesage, qui prit de telles libertés à cet exercice, qu’elle peut être considérée comme une œuvre romanesque originale. Le cœur de ce roman picaresque subsiste dans cette version qui fut très appréciée.
Elle est illustrée d’un frontispice et 16 horstextes gravés sur cuivre en noir par Jean Baptiste Scotin.
Bel exemplaire dans une élégante reliure de Cuzin. Cohen, 634.
300 - 400 €
311
ALMANACH royal, année M.DCC.LIX.

À Paris, Chez Le Breton, 1759.
In-8. Maroquin rouge de l’époque à la plaque, armes dorées poussées au centre des plats, dos à nerfs orné de caissons dorés avec roulette de fleur de lys, titre doré, tranches dorées, gardes de papier dominoté doré et blanc à motif floral (dos un peu terni, très légère usure d’usage aux coins).
Bel exemplaire aux armes du marquis de Marigny, frère de Mme de Pompadour (armes parlantes aux poissons du fait de leur patronyme d’origine) avec une très belle plaque dorée à la Dubuisson aux plats et dos orné à la fanfare (au pointillé).
200 - 300 €
312
ALMANACH royal, année M.DCC.LXII.
À Paris, Chez Le Breton, 1762.
In-8. Maroquin rouge de l’époque à la plaque, armes dorées poussées au centre des plats, dos à nerfs orné à la fanfare avec roulette de fleur de lys, tranches dorées, gardes de tabis vert (qques rousseurs disséminées, dos un peu terni, légers frottements à la reliure (dos et coin), ors un peu frottés au plat).
Avec une très belle plaque dorée de type Dubuisson (entrelacs, arabesques volutes de feuillages avec coquille dans le style rocaille) aux plats.
Bel exemplaire aux armes de Jean de Boullongne, comte de Nogent, conseiller au parlement de Metz (1690 - 1769).
Très belle reliure.
Note manuscrite ancienne sur Boullongne, fixée à la première garde.
200 - 300 €


313
ALMANACH royal, année M.DCC.LXV.
À Paris, Chez Le Breton, 1765.
In-8. (1)-526 pp. et billet imprimé d’approbation contrecollé au verso de la dernière page. Maroquin rouge de l’époque à la plaque, armes dorées poussées au centre des plats, dos à nerfs fleurdelisé doré, titre doré, tranches dorées, roulette dorée sur les coupes et aux contreplats, gardes de papier dominoté (qques rousseurs ou petites taches très disséminées, très discrets défauts aux coupes, dos légèrement terni).
Bel exemplaire aux armes d’Antoine-Louis Séguier, avocat général au parlement de Paris, orateur judiciaire réputé et membre de l’Académie avec un très beau fer aux plats entouré d’une plaque dorée à la Dubuisson.
Avec un très beau papier dominoté doré à motifs fruitiers.
200 - 300 €
314
ALMANACH royal, année M.DCC. LXXXII.
Paris, Laurent d’Houry, 1782.
In-8. Maroquin rouge de l’époque à la plaque, armes dorées poussées au centre des plats, dos à nerfs orné de caissons dorés, titre doré, tranches dorées, gardes de de tabis bleu ciel (qques discrètes rousseurs et décharges, ors légèrement frottés).
Aux armes du duc de Choiseul-Stainville, assez probablement Jacques-Philippe (1727-1789).
Bel exemplaire orné d’un décor à la plaque de type Dubuisson.
200 - 300 €


315
ALMANACH royal, année bissextile M.DCC.LXXXIV.
Paris, 1784.
In-8. Maroquin rouge de l’époque à la plaque, armes dorées poussées au centre des plats, dos à nerfs orné de caissons dorés, titre doré, tranches dorées, gardes de papier bleu, roulettes coupes et contreplats (décharge aux gardes, qques piqures, discret frottement).
Bel exemplaire aux armes du Comte d’Artois, futur roi Charles X. Orné d’un décor à la plaque de type Dubuisson.
300 - 400 €
ALMANACH royal, année M.DCC. LXXXVII.
Paris, 1787.
In-8. Maroquin rouge de l’époque à la plaque, armes dorées poussées au centre des plats, dos à nerfs orné de caissons dorés, titre doré, tranches dorées (qques frottements avec or terni aux coins et queue de plat sup, dos légèrement terni)
Jolie reliure donnée comme étant de Derôme. Aux belles armes élégantes d’Antoine de Sartine (1729-1801), homme politique puis célèbre lieutenant général de police et ministre de la Marine sous Louis XVI. Orné d’un décor à la plaque de type Dubuisson.
200 - 300 €

318
ALMANACH royal M.DCC.LXXV.
Paris, Chez Le Breton, 1775.

317
ALMANACH royal, année M.DCC.XC.
Paris, Debure gendre de feu d’Houry, de l’imprimerie de la Veuve d’Houry & Debure, 1790.
Petit in-8. (32) pp. dont le calendrier interfolié de ff blancs-694 pp. Maroquin rouge de l’époque aux plats ornés à la plaque, motif floral en écoinçons, dos à nerfs ornés de caissons fleurdelisés dorés, titre et date dorés, tranches dorées, roulettes dorées aux coupes et contreplats, gardes de tabis bleu. (qques piqures et oxydations, une déchirure latérale sans manque à une page in fine, coin légèrement frottés, petites restaurations à un coin et en tête du mors supérieur qui a du être fendu sur qques cm).
Reliure magnifiquement ornée d’une des plaques les plus rares de Dubuisson, avec motifs animaliers entrelacés d’une végétation luxuriante : oiseaux exotiques, palmes, fleurs, oiseaux-serpents ; un fer au motif floral ajouté en écoinçons.
En regard du titre, étiquette gravée du marchand papetier vendeur des almanachs « A la Teste noire », rue de la Verrerie, Paris 1756, monsieur Larcher papetiers des Fermes du Roi…
350 - 400 €
In-8. Maroquin rouge, armes mosaïquées avec fer à rubans et couronne végétale argent sur pièce de maroquin vert, triple filet doré en encadrement avec fleur de lys en écoinçons roulette dorée sur coupes et contreplats, tranches dorées, dos à nerfs caissons fleuronnés titre doré (dos légèrement terni, coins légèrement frottés, petite décharge aux gardes).
Bel exemplaire aux armes de Magon, seigneur de la Terlaye (Bretagne).
Jolies gardes de papier dominoté orange et doré au motif floral.
L’ouvrage a ensuite été possédé par Talleyrand dans sa bibliothèque du Château de Valençay (cachet à la garde).
250 - 300 €


319
ALMANACH Royal M.DCC.LXXXIII.
Paris, d’Houry, 1783.
In-8. Maroquin rouge de l’époque à la plaque, armes dorées poussées au centre des plats, dos à nerfs orné de caissons dorés, titre doré, tranches dorées, gardes de papier bleu (très discrets frottements à la reliure mais bel exemplaire).
Bel exemplaire aux armes de Fayard de Sinceny (du Lyonnais) avec un grand fer doré. Belle plaque de type Dubuisson aux éventails en écoinçons avec volutes et rocaille.
Avec un ex libris gravé aux armes, A. G.-du Plessis au premier contreplat.
200 - 300 €
320

ALMANACH Royal M.DCC.LXX.
Paris, Chez Le Breton, 1770.
In-8. Maroquin rouge de l’époque à la plaque, armes dorées poussées au centre des plats, dos à nerfs orné de caissons dorés, titre doré, tranches dorées, gardes de tabis bleu (dos un peu terni, coins et coupes légèrement frottés, qques rousseurs).
Bel exemplaire à la plaque dorée de type Dubuisson à ornements de double fil doré, compartiments, coquilles et fer de type rocaille en écoinçons.
Belles armes au blason frappé d’un croix de Saint-André et 4 carreaux de flèches, au centre des plats.
En regard du titre, étiquette gravée du marchand papetier vendeur des almanachs « A la Teste noire », rue de la Verrerie, Paris 1756, monsieur Larcher papetiers des Fermes du Roi… Cachet Bibliotheca St Cricq estampé au titre. Armes non identifiées avec 4 carreaux ou flêches
200 - 300 €

321
BALOCCHI, Luigi ou BALOCHI.
La Primavera Felice, Dramma Giocoso in un atto. L’Heureux Printems (sic)... À Paris, Librairie des Menus-Plaisirs du Roi et des Spectacles, 1816.
Petit in-8, (5)-32 pp. en français et italien pour 32 ff., sur vergé. Maroquin vert à grain long, dos lisse orné de fleurs et fleurs de lys et double filets dorés, titre doré, roulette de fleur de lys est filet dorés en encadrement sur les plats, armes dorées poussées au centre des plats, tranches dorées, pointillés dorés sur les coupes, roulette dorée aux contreplats, gardes de papier rose (qques oxydations aux premiers ff).
Ouvrage bilingue à la double pagination. Bel exemplaire du comte d’Artois, alors futur Charles X.
Tirage confidentiel de cet opéra pour la représentation donnée devant le roi à l’occasion du mariage de SAR le duc de Berry, son fils, avec Marie-Caroline de Bourbon, princesse des DeuxSiciles, la future célèbre duchesse de Berry. Pour l’occasion des exemplaires furent reliés de la même manière pour la famille, seules les couleurs variant (le maroquin de la nouvelle duchesse de Berry étant pour sa part couleur citron par exemple)
Très rare. Un exemplaire seulement au CCFr (BnF).
Balocchi (1766-1832) était un dramaturge très apprécié à son époque, surtout connu aujourd’hui pour les livrets qu’il a fournis pour certains opéras de Rossini, notamment Il Viaggio a Reims, L’Assedio di Corinto et Mosé.
500 - 600 €
BERQUIN (Arnaud).
Idylles.
À Paris, chez Ruault, 1775. 2 parties en 1 volume in-16 carré. Maroquin vert du XIXe , dos à nerfs saillants, titre et auteur dorés, date et lieu frappés en queue, caissons ornés de fleurons dorés et bordés d’un double filet doré, plats encadrés d’un triple filet doré, double filet doré aux coupes, coiffes guillochées, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure, discrète restauration en tête d’un mors [Champs] (pâle auréole en tête de qq. ff.).
Jolie édition illustrée de 25 figures hors-texte d’après C. P. Marillier, dont le titre, gravées sur cuivre par Gaucher, de Ghendt. Lebeau, Le Gouar, Masquellier, Delaunay, Née et Ponce. Texte imprimé sur papier vergé fort dans une fine reliure par Champs. Cohen, 139.
150 - 200 €


323
Abbé BOUDOT.
Catalogue des livres de la bibliothèque du Grand-Conseil.
(Paris), Simon Fils, 1739. In-8. (2)-XXIV-355-(1) pp., belle vignette gravée à devise au titre.
Maroquin rouge aux armes, triple filet en encadrement sur les plats, tranches dorées, roulette dorée aux coupes et contre plats, dos à nerfs orné de caissons dorés fleuronnés, titre doré, gardes de tabis bleu (très légère oxydation du papier).
Seule édition.
Catalogue précieux tant pour sa partie sur l’histoire que celle concernant le droit ancien, les coutumes, jurisprudences, plaidoyers… Le Grand Conseil était, sous l’Ancien Régime, une formation juridictionnelle du Conseil du Roi présidée par le chancelier de France. Très bel exemplaire venant de la Bibliothèque du Cardinal Fleury, précepteur puis célèbre ministre de Louis XV (1653-1743), avec ses armes épiscopales dorées poussées au centre des plats.
300 - 400 €
Hoango.
Dramma per musica da rappresentarsi nel teatro imperiale di Torino nel carnovale dell’anno 1807.
Torino (Turin), Presso Onorato Derossi du théâtre impérial, 1807.
Petit in-8. (1)-VIII-47 pp., sur vergé, belles marges, grande vignette gravée aux armes d’Eugène vice-roi au titre.
Maroquin rouge à grains longs de l’époque, armes dorées au centre des plats, dos lisse orné de lyres dorées, titre doré, plats richement ornés de filets, roulettes et guirlandes dorées en encadrement, fleurs en écoinçons (qques piqures).
Aux armes d’Eugène de Beauharnais, prince et fils adoptif de Napoléon, vice-roi d’Italie par l’empereur de 1805 à 1814.

Très rare. Un seul ex au CCFr. Belle reliure de présent pour ce titre édité pour la représentation au théâtre impérial de Turin d’une chinoiserie, à l’occasion du carnaval de l’année 1807.
Le Prince de Beauharnais restera vice-roi d’italie de 1805 à 1814.
500 - 600 €



325
BOILEAU-DÉPRÉAUX.
Œuvres avec éclaircissements historiques.
La Haye, Gosse & Néaulme, 1729.
2 volumes petit in-folio. (8)-XVIII-450 pp., avec frontispice allégorique gravé en noir et un grand portrait dépliant en buste gravé au burin en noir de la Princesse de Galles, dédicataire, titre en rouge et noir et (5)-VII-370 pp., tables. Vignettes gravées dont grande vignette typographique au portrait d’Erasme, texte entièrement encadré d’une bordure gravée, belles marges. Maroquin rouge de l’époque aux grandes armes poussées au centre des plats, guirlande dorée en encadrement et fers fleuris, alérions et lions (meubles des armes) couronnés en écoinçons, tranches dorées, roulette et filets dorés sur les coupes, gardes moirées soie bleue, guirlande dorée aux contreplats (plats très légèrement et discrètement frottés ou avec petites griffures, discrète coupure à la coiffe sup. du tome I, mors légèrement frottés au niveau des nerfs, petits frottements aux coupes, une petite tache au pli de la pdt au tome I, qques petites rousseurs ou taches disséminées, premier cahier légèrement déréglé au tome I, un discret trou de vers en pied de dos du tome I, une déchirure latérale sans gravité au ff. Z3, texte découpé et retiré à l’intérieur du cadre des pages sur qques cahiers au tome II pp. 305-354).
Grande édition sur beau papier. Bel ouvrage dans un très beau maro quin rouge aux armes de Charles II Frédéric de Montmorency-Luxembourg , duc de Piney-Luxembourg et duc de Montmorency (Hotel de MontmorencyLuxembourg dit Hotel de Rivié).
Graesse, I, 472.
300 - 400 €
326 CALENDRIER CHRÉTIEN. [François ANDRÉ DEJEAN, franciscain].
Ordo Divini officii Recitandi… Asti, de l’imp episcopale Typo J. B. Massa, année bissextile 1812. In-12. Sur vergé azuré fort, (1)-76 pp., un tableau in-t. Maroquin brique orné de l’époque, dos lisse muet souligné de filets et fer à la lyre, plats richement ornés de guirlande filets et roulettes dorées, étoiles dorées, fers fleurs pièces mosaïque losange, tranches dorées (petite tache brune au coin inférieur gauche sur la plupart des ff. Reliure légèrement frottée, une petite épidermure au plat sup, cuir légèrement rétracté, qques taches, un petit accroc en pied de dos).
Calendrier religieux latin des fêtes et offices pour l’année bissextile 1812.
Ayant appartenu au franciscain François André Dejean, évêque d’Asti (Italie) à son chiffre FAD doré estampé sur une pièce maroquinée verte mosaïquée au centre des plats.
Cachet de cire rouge aux armes épiscopales (usé) à la première garde, ou l’on distingue effectivement le blason d’épiscopal d’AFD Asti de 1809 à 1814.
Grandes armes épiscopales d’Asti en vignette au titre.
Truffé d’une lettre imprimée en frontispice de Dejean. L’évêque s’adressant à tous les curés du diocèse d’Asti : pour une rectification de titre imprimé sur cet ouvrage sans son autorisation.
150 - 200 €
CHODERLOS DE LACLOS, Pierre.
Les Liaisons dangereuses ou lettres recueillies dans une Société, & publiées pour l’instruction de quelques autres.
A Amsterdam et se trouve à Paris, chez Durand Neveu, 1782. 4 tomes en 2 volumes petit in-12 (170 x 95 mm) de (3)-248 pp., (3)-242 pp. ; (3)-231 pp. et (3)-257 pp., (1) p.
Basane fauve marbrée et racinée de l’époque, dos à nerfs orné de caissons fleuronnés dorés, pièces de titre et de tomaison, filet à froid en encadrement sur les plats, grandes armoiries dorées en queue de dos, filet doré sur les coupes, tranches rouges, gardes marbrées de type tourbillon (qques rousseurs disséminées, légères épidermures aux plats habilement restaurées, coupes un peu frottées, petites restaurations discrètes aux dos un peu frottés) .
Rarissime édition originale de type A. Véritable originale en premier tirage selon la classification de Max Brun avec les faux-titre portant un point final, la citation de Rousseau entre 2 traits courbes au titre ainsi que l’errata au verso de la p. 257 du tome IV (“Bibliographie des éditions des Liaisons dangereuses portant le millésime 1782”, Le Livre et l’Estampe , 1963). « Le 16 mars 1782, Choderlos de Laclos passe un contrat avec l’éditeur Durand Neveu pour l’impression à 2 000 exemplaires de son manuscrit (…) Le roman a un succès foudroyant » (Max Brun). Les 2000 exemplaires du roman épistolaire parus en avril furent écoulés en un mois et il fallut rééditer, crééant de nos jours une typologie précise des exemplaires et de leurs particularités respectives.


Exemplaire provenant de la bibliothèque du duc d’Aumont avec ses armes poussées au dos. Louis-Marie Augustin de Rochebaron, duc d’Aumont (1709-1782), Premier gentilhomme de la Chambre du Roi, vénérable de la loge parisienne Bussy-Aumont (l’une des premières en France vers 1730) dont l’importante collection en son hôtel particulier de la place Louis XV (actuel hôtel de Crillon) fut dispersée à sa mort lors d’une vente publique. Laclos, qui avait « résolu de faire un ouvrage (...) qui fît du bruit, et qui retentît encore sur la terre quand [il] y aurai[t] passé, a gagné son pari (…) Bible du libertinage pour certains, le livre s’impose comme chef d’œuvre du roman d’analyse (...) L’idéologue en Laclos est fasciné par les mécanismes de l’intelligence et de la volonté qu’il n’aperçoit jamais mieux à l’œuvre que chez ces méchants parfaitement polis, fleurs vénéneuses de la société raffinée et décadente (...) Aussi l’audace des Liaisons ne consiste-t-elle ni dans la débauche facile au langage cru, ni dans la perversité au premier degré ou la jouissance de faire le mal, propre à Sade, mais dans l’art de le dire ou plutôt de l’écrire pour un connaisseur admiratif et un peu vexé, placé en position de voyeur, comme le lecteur (...) Ce libertinage d’esprit trouve son antidote et sa défaite dans la tendresse déjà stendhalienne de la présidente (...) Ce roman libertin est aussi un roman d’amour où l’on meurt d’amour. » L. Versini, En français dans le texte.
3 000 - 4 000 €


329
COLLÉ, Charles.
La Partie de chasse de Henri IV, Comédie en trois Actes & en Prose.
À Paris, Chez Veuve Duchesne, Chez Gueffier, 1766. Petit in-8. (2)-IX-120 pp., portrait-frontispice par Marillier et Godin, 4 figures en taille-douce en noir d’après Gravelot. Maroquin olive de l’époque, dos lisse orné de caissons et fleurs de lys dorés, titre doré, armes dorées poussées au centre des plats, triple filet doré en encadrement sur les plats, fleur de lys en écoinçons, filet doré sur les coupes, tranches dorées, guirlande dorée aux contreplats, gardes de tabis rose (petite épidermure au premier plat, qques taches et piqures disséminées, page de titre restaurée au tour, dos légèrement passé).
Édition originale.
Aux armes du duc de Chartres (petit fer) poussées postérieurement sur les plats, probablement le prince Robert d’Orléans. Edition originale de cette pièce, futur manifeste en faveur de ce qu’on appellera a posteriori « l’Orléanisme ».
Jouée pour la première fois en 1762 au théâtre du duc d’Orléans (actes II et III de la version définitive imprimée de notre exemplaire) elle ne fut pas admise au répertoire de la Comédie française. Charles Collé, dramaturge, chansonnier et goguettier, un des fondateurs de la Société du Caveau, société bachique et littéraire, la retravailla et, modifiée, l’impression fut autorisée en 1766, mais Louis XV s’opposa à ce qu’elle fût jouée à Paris : l’idéal d’une monarchie qui prendrait ses racines dans le peuple écartant la noblesse et la cour passait pour subversive. Louis XVI l’autorisa et elle obtint un grand succès à partir de 1774 : elle fut jouée autant que Le Mariage de Figaro jusqu’à la Révolution. Favorisée par la Restauration qui avait pris la figure de Henri IV comme modèle de gouvernement, elle se joua encore jusqu’au début du XXe Cioranescu, XVIII, 20080. Cohen, 246. Thiébaud, 888. Ex libris à la plume, Loiseau 1795.
300 - 400 €
COCHIN, Nicolas. LE TASSE.
Figures de C. N. Cochin pour l’édition italienne de la Jérusalem délivrée du Tasse.
[À Paris, Ambroise Didot, 1784].
Petit in-4, titre manuscrit en bleu et rouge, 41 planches. Veau fauve granité de l’époque, dos lisse orné, pièce de titre bordeaux, roulette et double filet dorés encadrant les plats, roulette dorée sur les coupes et la chasse, tranches jaunes jaspées de rouge (mors, coiffes et coupes légèrement frottés, accrocs à un coin, petites rousseurs marginales).
Premier tiré à part des superbes figures illustrant cette édition du chef-d’œuvre du italien.
Cette suite ne connut que 2 tirages, limités à 200 exemplaires pour chaque dont la lettre en français (notre exemplaire, de 1784) est l’original.
Le second tirage se distinguait par la lettre en italien (édité en 1785-1786).
Très joli titre à figures par Didot dans sa reliure de l’époque. Finement exécutées, comprenant un frontispice et 40 planches en noir d’après (Charles-)Nicolas Cochin (1610-1686), dessinateur et graveur du XVII e siècle, suiveur de Jacques Callot elles sont gravées par Saint-Aubin, Dambrun, Lingée, Ponce, Prevost, Varin, Tilliard, Simonet…
“Livre établi avec grand luxe (à 200 exemplaires, dit-on) grâce à l’appui du comte de Provence qui paya les dessins à Cochin”, Cohen-Ricci, 976-977.
350 - 400 €
330
DARCY, Patrick, dit le chevalier d’ARCY. Essai d’une théorie d’Artillerie.
À Paris, Chez Michel Lambert, 1760. (5)-VIII-159 pp., (1) ff., sur vergé fort, 4 planches. Maroquin rouge de l’époque, armes dorées au centre des plats, dos à nerfs orné de caissons dorés à la croix ancrée répétée, titre doré, filet doré sur les coupes, triple filet doré en encadrement, guirlande dorée aux contreplats, gardes de papier marbré (très discrets frottements d’usage à la reliure, décharge de l’encre aux premiers ff, un tout petit trou au ff. 15-16)
Edition originale.
Bel exemplaire à grandes marges et aux armes du duc de Choiseul-Stainville, ministre de Louis XV (d’azur, à la croix d’or, cantonnée de vingt billettes du même, sur le tout un écusson d’or à la croix ancrée de gueules).
Complet des 4 gravures dépliantes à l’eau forte en noir, reliées in fine, tableaux et figures géométriques in-t.
Traité sur la poudre des armes à feu et de l’influence de l’air sur la portée par le mathématicien et militaire d’origine irlandaise, Darcy (1725-1779), avec la description d’expériences pour déterminer la longueur des tirs avec charges et balles de tailles diverses ou le recul des canons.
600 - 800 €
PROVENANCE
Duc de Choiseul-Stainville. Bibliothèque de Madame de la Borde, poétesse, dame de lit et lectrice de la reine, née Adélaide-Suzanne de Vismes en 1753, avec son ex libris gravé au premier contreplat, annoté à l’encre 1823 château de la Val. JB Madden.
Étiquette de vente ancienne contrecollée au dessous.
Note MS ancienne sur l’auteur sur une des gardes.
ACADÉMIE DES SCIENCES. POLIORCÉTIQUE.
DORAT.
Réunion de deux ouvrages du même.
-Les Tourterelles de Zelmis, Poème en trois chants. Par l’auteur de Barnevelt.
S.l.n.d. (Paris, Jarry, 1766).
Petit in-8, (2)-56 pp., figure sen noir. Maroquin terracota fin XIXe , dos à nerfs orné de caissons dorés, titre doré, plats ornés d’encadrements et roulettes dorées augmenté de volutes et rinceaux le tout encadré d’un filet doré, tranches dorées, guirlandes dorées aux contreplats, gardes de papier à la cuve, filet doré sur les coupes, coiffes guillochées [Morales Poitiers] (qques piqures disséminées).
Très bel exemplaire à toutes marges.
Illustré d’un titre-frontispice finement gravé, figure en front du texte, vignette en bandeau et cul-de-lampe d’après Eisen et gravé par de Longueil.
Dans un joli maroquin signé Morales Poitiers au 2 nd contreplat. Introduit d’une réflexion sur le poème érotique pp. 4-20.
Cohen-Ricci, 323.
-Lettre de Zeïla jeune sauvage, esclave à Constantinople, à Valcourt officier françois… Paris, 1764. 40 pp. Relié avec la Réponse de Valcour, 1766, 42 pp. et suivi de Lettre d’Ovide à Julie, précédé d’une lettre en prose à M. Diderot. Paris, 1767. 32 pp. Figures en noir gravées d’après Eisen.
Maroquin rouge janséniste du XIXesigné Reymann coiffes guillochées tranches dorées double filet doré sur les coupes, guirlande dorée aux contreplats

Joli exemplaire à grandes marges dans un maroquin signé Reymann.
Cohen-Ricci, 318.
200 - 300 €
332 DU PERRON.
Discours sur la peinture et sur l’architecture, dédié à Madame de Pompadour, Dame du Palais de la Reine. À Paris, chez Prault pere, 1758.
In-8 (21,4 x 13,4 cm), VIII-75-[4] pp., sur vergé, titre en rouge et noir belles marges.
Demi-maroquin rouge du XIXe , dos à nerfs, titre et date dorés, dos orné d’un fer au chiffre couronné répété aux caissons [Lemarbelev] (petits défauts marginaux de salissures, feuillet avec signature du relieur dérelié, qque srousseurs sur ).
Exemplaire enrichi postérieurement d’eaux-fortes et vignettes. Seulement 3 exemplaires au CCFr (BnF).
Une jolie eau-forte dans le goût de l’époque appliquée en vignette au titre ; vignettes à l’eau-forte en noir en cul-de-lampe (style époque) et in-fine (scène d’atelier, postérieure).
Enrichi d’eaux-fortes en noir, interfoliées dans l’ouvrage, de provenance et papiers différents : 2 fines eaux-fortes sur vergé fin, datées 1757 par Saint-Aubin et Gauchenel sur vergé fin, dont le tirage du dessin à la plume mentioné par Cohen comme ayant été offert à Mme de Pompadour pour son exemplaire ; Depuis d’après PP. A. Robert, scène rurale ; Cochin d’après lui-même, De Longueil d’après Eisen (1763), une allégorie d’après Moreau le Jeune par Delaunaye, une scène d’intérieur à l’eau-forte par Varin daté 1874…
Relié avec un tirage albuminé ancien du grand portrait de Mme de Pompadour par Boucher (1756) pris dans son grand cadre doré à ses armes, en frontispice de l’ouvrage. Jolie reliure signée de Lemarbelev. Cohen-Ricci, 338.
280 - 300 €

° 333

ERASME. GUEUDEVILLE (Nicolas), trad.
L’Éloge de la folie.
[s.l.], 1753.
In-12, (3) ff., XXIV-222 pp., (1) f., titre en rouge et noir. Veau fauve de l’époque, dos à nerfs, pièce de titre isabelle, caissons ornés, filet, pointillé en bordure et fleurons angulaires aux plats, le tout à froid, roulette dorée aux chasses, tranches mouchetées, restaurations aux coins (petites taches sur le plat supérieur, très légers frottements aux coupes et coiffes, qques très petites rousseurs).
Très jolie édition ancienne du texte d’Erasme dans sa reliure de l’époque.
Nouvelle édition de la célèbre traduction de Gueudeville, illustrée d’un frontispice et de 15 figures dessinées par Eisen et gravées à l’eau-forte en noir notamment par Tardieu et Lemire dont une grande vignette au titre, bandeau et cul-de-lampe.
Cohen-Ricci, 348 (1751).
150 - 200 €


° 334
FLORIAN (Jean-Pierre Claris de).
Gonzalve de Cordoue ou grenade reconquise.
A Lyon, chez J. B. Cormon et Blanc, An XIII - 1805. 3 volumes in-12. Maroquin bleu nuit, dos à nerfs saillants ornés d’un filet doré, auteur, titre et tomaison dorés, caissons richement ornés aux petits fers, plats ornés à la Duseuil, roulette dorée à l’intérieur, tranches dorées sur marbrure [Allô] (petit manque au coin en marge p. 169 t.2 et p. 11 t.3, salissures en marge p.16 du t.3).
Charmante édition de petit format imprimée à Lyon et illustrée de 3 frontispices gravés sur cuivre non signés.
Ne se trouve généralement que dans les éditions des Œuvres Bel exemplaire dans une reliure luxueuse parfaitement exécutée par Allô.
180 - 200 €
PROVENANCE
Léon Rattier (1824 - 1902), bibliophile lorrain (ex-libris armorié doré).
° 335
GRAVELOT (Hubert François).
COCHIN (Charles Nicolas).
Iconologie par figures, ou Traité complet des allégories, emblêmes & c… Paris, Lattré, 1791.
4 volumes in-12. Maroquin marine du XIXe , dos à nerfs saillants, titre, auteur et tomaison dorés, lieu frappé en queue, caissons richement ornés aux petits fers, et double filet doré en bordure, plats bordés de multiples filets et décorés d’une large dentelle aux fers à motifs d’oiseaux, le tout doré, doublure de maroquin fauve, double garde en soie fauve et marbrée, tranches dorées [Lortic] (qq. défauts discrets à l’intérieur dont, qq. ff. brunis, rousseurs, et mouill. au coin de la pl. Guerre du t.2, petit manq. p. 97 du t.4).
Bel exemplaire du célèbre dictionnaire d’images, à l’usage des artistes et des amateurs d’art, tiré de l’ Iconologie de Cesare Ripa, 1593.
Commencé par Hubert Gravelot, mort en 1773 ; l’éditeur poursuivit alors le travail avec Charles-Nicolas Cochin, qui mourut lui aussi trop tôt en 1790.
Complète, l’illustration se compose de 208 planches gravées sur cuivre en noir : un portrait allégorique de Gravelot, un portrait allégorique de Cochin, 4 titres gravés et 202 planches portant 350 figures.
Cet exemplaire renferme une planche supplémentaire à l’inventaire de Cohen (49 planches pour 48 au t.3), et renferme donc un total de 209 planches.
Exemplaire d’exception dont toutes les planches se trouvent en deux état dont un avant la lettre.
Très bel exemplaire relié avec grand luxe par Lortic qui lui a conservé de grandes marges (h 167 mm.) ; étiquette du relieur sur les gardes.
Cohen-Ricci, 456, avec quelques différences de classement des planches.
500 - 600 €
HELVETIUS (Jean-Adrien).
Traité des maladies les plus fréquentes et des remèdes spécifiques pour les guérir avec la méthode de s’en servir… À Paris, chez P.-A. Le Mercier, 1727.
2 volumes in-12. Veau havane moucheté d’époque, dos à 5 nerfs, pièce de titre fauve, tomaisons frappées, caissons ornés, tranches rouge (restaurations aux coins, coiffes et mors, frott. sur les coupes, légères rouss., mouill. touchant le texte du t. 2).
Nouvelle édition de ce traité pratique qui connut un grand succès dès sa première édition en 1703.
Marques d’appartenances manuscrites aux gardes : “Ce livre appartient à mois / Dupuy chirurgien » et à « Ce livre appartient à moi / Louis Alexandre Joseph [Annillet?] élève en Chirurgie / employé à l’Hôpital de la Marine à Rochefort. À Rochefort 19 prérial an .. de la République française ».
L’ouvrage semble donc être peut-être passé par la Bibliothèque de Jean Cochon-Dupuy, médecin au port de Rochefort et fondateur de la première école de Santé navale en 1715 dans la même ville, qui deviendra Hôpital de la Marine de Rochefort, et peut-être son fils, puis sera resté au moment de la Révolution entre les mains d’un élève lui même travaillant de ce même hopital créé par Dupuy.
150 - 200 €


337 HORACE.
Quinti Horatii Flacci Opera. Londinii (Londres), Johannes Pine (John Pine), 1733-1737. 2 volumes grand in-8. (23)-191-(12) pp. et (31)-264 pp., frontispices, nombreuses illustrations (grandes figures, vignettes et culs-de-lampe), bandeaux et initiales. Bradel Maroquin rouge légèrement postérieur (fin XVIII e), dos lisse orné de caissons dorés aux petits fers, roulettes dorées, pdt et tomaison de maroquin marine, titre doré, triple filet doré en encadrement sur les plats, tranches dorées, roulette dorée sur les coupes et aux contreplats, gardes de papier marbré (très légères décharges sur les gardes, discrète oxydation, qques très petits défauts de frottement aux plats et au mors supérieur en tête du tome I, 2 très petits trous de ver au mors du tome II sans gravité).
Ouvrage entièrement gravé à l’eau-forte et tiré sur vergé fort. Second tirage, aux mêmes années que l’originale, avec la mention corrigée à la page 108.
Bel exemplaire à toutes marges, très bien relié par FrançoisPaul Bradel (ca 1757-1827), actif entre 1770 et 1795 avec son étiquette gravée Bradel le jeune.
« Ouvrage très recherché », Cohen-Ricci, 497.
1 000 - 1 200 €
PROVENANCE
Ex libris doré sur pièce de cuir rouge de Jules Janin.

338 LA FONTAINE.
Contes et Nouvelles en vers. Paris, Didot, An III, 1795. 2 volumes au format petit in folio carré, (2)-VII-282-(2) pp. et (1)-334 pp., eaux-fortes en noir dont une grande vignette gravée au titre. Maroquin turquoise du XIXe , signé en queue de dos et sur une garde, double garde de papier marbré type tourbillon, tête dorée, triple encadrement de filets dorés alternés de guirlande de rinceaux ou motifs, dos à nerfs ornés de caissons fleuronnés dorés, titre et tomaison doré, coiffes guillochées [Gruel] (dos très légèrement passé, très discrètes taches aux plats, manquent titre et faux-titre du volume II, très légères rousseurs ou taches disséminées, latérales, qques rousseurs aux tranches).
Exemplaire à toutes marges sur papier vélin , interfolié parfois avec des ff. blancs.
Dans un superbe maroquin par Gruel
Complet de la suite des 20 figures par Fragonard, Monnet et Touzé en belles épreuves dont 3 avant les numéros : Joconde, Le Baiser rendu et La Fiancée du Roi de Garde
Célèbre édition des Contes , destinée alors à rivaliser avec celle des Fermiers généraux et finement ornée du charme léger de Fragonard (sauf 3 qui sont de Monnet et Touzé).
Cohen-Ricci, 573-582. Brunet III, 760.
1 000 - 1 500 €

° 339

LA MÉSANGÈRE (Pierre de), éd.
Voyages en France ornés de gravures avec des notes par La Mésangère.
À Paris, chez Chaigneau aîné, [1796-1798].
4 volumes in-18, planches. Maroquin marine du XIXe , dos à nerfs, titre, tomaison et date dorés, caissons orné de petit fer doré, triple filet doré bordants les plats, double filet dorés sur les coiffes et coupes, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure [Chambolle-Duru] (très légers frott. aux coins, coiffe sup. du t.3 et mors sup. du t.1, très rares rousseurs).
Première édition de cette réunion de 11 récits de voyages Chacun suivi de notes par Pierre de la Mésangère. L’on y trouve notamment : Voyage de Chapelle et de Bachaumont ; Voyage de Languedoc et de Provence par Le Franc de Pompignan ; Voyage de Fléchier en Auvergne ; Voyage de Gresset à La Flèche ; Voyage de Paris à Marseille par la Bourgogne et par le Bourbonnais par Bérenger ; Voyage à la Grande Chartreuse ; Voyage de Paris en Limosin par La Fontaine…
Illustrée de 30 planches et d’une vignette au titre d’un récit, gravées sur cuivre par Bertaux, Le Mire, Gaucher, Duval, Du Parc Gaitte, Copia… d’après Cornille, Le Mire, Monnet, Malapeau, Villerey. Cet exemplaire renferme une planche non signalée par Cohen, soit 31 planches, dont la planche érotique placée en regard de la p. 66 au tome 1.
Très bel exemplaire tiré sur papier vélin et relié avec élégance et maîtrise par Chambolle-Duru Cohen-Ricci, 1048-1049.
500 - 600 €
° 340
LONGEVILLE (Harcouet de).
Histoire des personnes qui ont vécu plusieurs siècles et qui ont rajeuni. Avec le secret du rajeunissement tiré d’Arnaud de Villeneuve.
Paris, chez la Veuve Charpentier et chez L. Le Comte, 1715. Petit In-12, (11) ff., 343 pp., (1) f. Maroquin sapin du XIXe , dos à nerfs, titre, lieu et date dorés, caissons richement ornés, triple filet doré bordant les plats, dentelle intérieure, tranches dorées [Capé] (coiffe de queue et coupes de pied lég. frottées, rousseurs).
Édition originale rare de ce curieux ouvrage, le second et dernier publié par l’auteur après une courte Description des grandes cascades de la maison royale de Saint Cloud parue en 1706.

Texte souvent cité et recherché par les amateurs d’alchimie et de sciences occultes. Le chapitre XXII présente la « Méthode d’Arnaud de Villeneuve [vers 1240-1311] pour « opérer le grand œuvre du rajeunissement ».
Caillet donne une collation différente des ff. liminaires; cet exemplaire est conforme à celui de la BnF, notice 30830448, numérisé, il manque sans doute ici un f. blanc à la fin (Caillet, 6782).
Bel exemplaire parfaitement établi par Capé.
300 - 400 €
PROVENANCE
A. Renaud, liquoriste à Lyon (1825 - 1897 ; ex-libris gravé).
Dorbon, 2753, « Rarissime et fort curieux ouvrage ». Guaita, 1558. ÉSOTÉRISME. SPAGYRIE.
Les Nouvelles de Marguerite, reine de Navarre. Berne, chez la Nouvelle société typographique, 1780-1781. 3 volumes in-8. Maroquin marine du XIXe , dos à nerfs ornés d’un pointillé doré, titre, tomaison, lieu et date dorés, dorés, fleur de lys en fleuron au centre des caissons bordés de fers et un double filet, le tout doré, plats encadrés d’un triple filet doré, chiffre M couronné doré en écoinçons, armes dorées de Marguerite de Navarre poussé au centre des plats, double filet doré aux coupes, coiffes guillochées, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure [Chambolle Duru] (dos très lég. passés, fente discrète sur une coiffe de tête ; auréole claire en marge p.186-85 t.1 ; traces d’anciens cachets grattés aux fauxtitres, titres et derniers f.).
Édition suisse de l’Heptameron de Marguerite de Navarre, recueil de 72 nouvelles qu’elle composa retirée de la cour. Belle édition illustrée d’un frontispice gravé par Eichler d’après Dunker répété à chaque volume, de 73 planches, placées avant la préface et avant chaque nouvelle gravées sur acier par Guttenberg, Halbou, Henriquez, de Launay jeune, de Longueil... d’après Sigmund Freudeberg, et de 72 vignettes en-têtes et 72 culs-delampe par Dunker gravés par lui-même, Eichler, Pillet et Richter. Imprimé sur papier vergé fort, et grand de marges (h 190 mm).
Considéré comme un des plus beaux livres illustrés du XVIII e , il a souvent été mis en valeur par les plus grands relieurs du XIXe siècle, Cohen en cite quelques-uns mais ne décrit aucun exemplaire décoré avec les armes de Marguerite d’Angoulême, ce qui distingue celui-ci, élégamment établi par Chambolle-Duru.
« Les figures sont très jolies et gravées avec une finesse remarquable » (Cohen-Ricci, 680). Tchemerzine, IV, 383.
800 - 1 000 €

° 342
[MÉRARD DE SAINT-JUST (Simon-Pierre)].

L’Occasion et le moment, ou recueil de poésies fugitives, par un amateur sans prétention, qui n’est pas méchant mais qui croit le rire bon pour la santé.
À Bonhomopolis, chez L’Ingénu, libraire de l’Académie de Quatre, à l’enseigne de la Harpe bien pincée, 1782 et pour tous les temps.
Quatre parties en un volume au format petit in-16, (2)-116-14898-72 pp. Maroquin marine à grain long du XIXe , dos à nerfs, caissons richement ornés et à fonds criblés, plats bordés d’une roulette à froid et d’un filet doré, 4 grands fers filigranés dorés aux angles, un médaillon central filigrané doré, et cadre de petits fleurons à froid, roulette dorée aux coupes et chasses, doublures et gardes de satin rose [R. P. Thouvenin] (dos légèrement passé, petits frott. sur les coins et coupes, qq. rouss. sporadiques).
Rare recueil léger, imprimé à très petit nombre.
Il a paru pour la première fois en 1771, les éditions suivantes sont datées de 1782, et toutes sont rares.
Brunet (III, 1643) ne cite qu’une édition à cette date avec une variante du titre, et à l’adresse de Didot l’aîné.
Il n’a pas été conservé dans cet exemplaire le titre général du recueil, peut-être à l’adresse de Jombert jeune (que l’on trouve dans l’exemplaire BnF), ou de Didot (d’après Gay).
Bel exemplaire revêtu d’une très élégante et fine reliure signée de Thouvenin, à toutes marges conservées (h 134 mm.). Gay, III, 440. GAUDRIOLE.
500 - 600 € ° 343 MOLIÈRE.
Œuvres…avec des remarques grammaticales, des avertissements et des observations de chaque pièce par M. Bret. Paris, par la Compagnie des libraires associés, An 13-1804. 6 volumes in-8 sur beau papier en partie à la forme, à belles marges.
Demi-maroquin rouge à petits coins de vélin vert du XIXe , dos à nerfs soulignés d’un filet à froid, caissons dorés, titre et tomaison dorés, date en queue, caissons fleuronnés dorés ornés de fleuron, semés d’étoile et bordés d’un double filet, le tout doré, tête dorée (des rousseurs ou brunissures à certains cahiers ou disséminées, manque marginal avec petite atteinte au texte pp. 259-60 réparé, accroc sans manque restauré en marge pp. 255-6 au t.6 et touchant le texte p. 79-80 au t.4 et p. 361-2 au t.5).
Bel exemplaire très bien relié de la célèbre édition des Œuvres complètes de Molière, publiée par Bret en 1773. Avec une Vie de Molière par Voltaire complétée par Bret. Des observations serait aussi de Voltaire selon Graesse.

Belle édition illustrée en frontispice du célèbre portrait de Molière gravé par Cathelin d’après P. Mignard et de 32 eaux-fortes en noir d’après Moreau le jeune gravées par Helman, Duclos, Née, Simonet et autres…
Chaque page de titre est ornée d’une vignette par Moreau gravée par lui-même.
Les gravures sont restées fraîches.
« La suite des figures de Moreau est l’une des plus estimées » (Cohen).
Absent de Graesse qui ne parle que d’une édition en 1805 (pp.563).
600 - 800 €
344
MONTLOSIER (F.-D. de Reynaud, comte de).
Essai sur la théorie des volcans d’Auvergne. À Riom et à Clermont, Landriot et Rousset et A Paris, Chez Belin et Chez Ancelle, an X-1802.
Petit in-8, 184 pp., sur vergé et à toutes marges. Broché sous papier d’attente marbré de l’époque, resté tel que paru, nom de l’auteur à la plume à l’époque au premier plat (légère oxydation du papier, qques salissures, une trace de mouillure centrale sur qques ff., le cahier A est relié en désordre mais complet).
Importante édition d’un des tout premiers traités de vulcanologie, œuvre du comte de Montlosier (1755-1838), premier à affirmer que « la fusion des laves que les volcans rejettent n’est pas due à des combustions souterraines et [que] ce n’est pas par absence de combustible carbone que les volcans s’éteignent ». Seconde et dernière édition. La BnF indique deux états du titre, l’un avec nom de l’auteur (précisant que l’édition est corrigée et copiée sur l’originale de 1789), l’autre sans mention, comme notre exemplaire. Il est important de préciser que le privilège en a été partagé entre Paris, Riom et Clermont, mais ces mentions apparaissant à 2 endroits différents dans l’ouvrage on pourrait croire à 3 éditions différentes (en comptant 1789) ce qui n’est pas le cas. Exemplaire annoté par Jean-Baptiste Tailhand (1771 - 1849) à la plume en marge, avec son ex-libris manuscrit au titre. Tailhand (1771 - 1849), Président du conseil général de Riom sous le Directoire, est avocat puis juge et devient Procureur général en 1830 ; il préside l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Clermont-Ferrand de 1838 à 1849.
Neveu du conventionnel Gilbert Romme (1750 - 1795), son premier instituteur, qui lui enseigna « les éléments de la physique et des mathématiques, ceux de la botanique et de la minéralogie », il entretient par ailleurs une correspondance avec Gillet de Laumont (1747 - 1834), célèbre ingénieur des Mines.
Les notes de Tailhand, abondantes et précises, usent un vocabulaire savant et démontrent une grande connaissance de la géologie locale et des volcans. Il souligne parfois ce qu’il juge comme des faiblesses de Montlosier en matière de topographie et d’explications physiques.
Larouziere, Le Comte de Montlosier… 2003. Conchon, Éloge biographique de M. J.-B. Tailhand, président de chambre à la Cour d’appel de Riom et directeur de l’Académie Sciences…,1850.
800 - 1 000 €

345
MOREAU LE JEUNE (J.M. MOREAU, dit).
Suite d’estampes, pour servir à l’histoire des modes et du costume en France, Dans le dix-huitième Siècle. Année 1776. Seconde.
À Paris, Imprimerie de Prault, 1777.
In-folio (32,8 x 42,8 cm), titre encadré et 26 gravures en noir. Demi-maroquin rouge à petits coins de vélin vert du XIXe , dos à nerfs orné de caissons et filets dorés dans le goût de l’époque, titre doré, gardes de papier peigne, plats soulignés d’un triple filet doré (légères salissures d’usage à la reliure, rousseurs discrètes, discrètes petites restaurations au bord de qques feuilles, une planche (24) brunie).
Édition in-folio des 2 premières livraisons de cette célèbre suite gravée (une 3e seulement paraitra en 1783).
Rare et recherchée.
Toutes les figures en belles épreuves et avec la lettre. 24 sont de Moreau, 2 de Freudeberg, 11 gravées A.P.D.R., 24 signées, dont « Moreau junior » à la planche 19. Les 2 suites ne contenaient que 2 fois 12 estampes.
Jean-Henri Eberts (1726 - 1793), banquier, marchand d’art et amateur de gravures fit publier un recueil des modes décrivant la vie d’une galante parisienne et sa société, en livraisons avec texte explicatif (la parution avec les textes de Restif de la Bretonne n’eut lieu qu’en 1789). Il se tourna vers le brillant dessinateur et graveur, Moreau dit le Jeune (1741 - 1814), fin connaisseur de la société parisienne, pour un travail d’esprit « rousseauiste » présentant les étapes de la maternité ou, en pleine vogue d’anglomanie, retraçant les loisirs d’un petit maître. La Révolution fit oublier ces estampes flatteuses pour l’aristocratie et c’est Edmond de Goncourt qui redécouvrira cette magnifique suite devenue incontournable dans l’histoire de la mode et des mœurs. Titres : Oui et Non. La Sortie de l’opéra. Le Souper fin. La Matinée. La Déclaration de grossesse. Les Précautions. J’en accepte l’heureux… N’ayez pas peur. C’est un fils Monsieur. Les Petits parrains. La Course de chevaux. Le Seigneur chez son fermier. Les Délices de la maternité. Le Rendez-vous de Marly. les Adieux. La Rencontre au bois. La Dame du Palais. Le Lever. La petite toilette. La Grande toilette. La partie de Wisch. La Petite loge. Le Pari gagné. La Surprise. L’accord parfait. Le Vrai Bonheur. On joint : Important lot de suites gravées en noir de MOREAU le jeune. En feuilles ou joliment reliées dans des demi-maroquins rouges à coins du XIXe, avec titre doré, ca 1770 - 1805.

-[VOLTAIRE]. [Planches de l’édition Beaumarchais de Kehl]. Estampes destinées à orner les éditions in octavo de M. de Voltaire… Paris, Saugrain, [1784-1789 et 1803]. 2 vol. in-8 de 114 planches (dont titre et dédicace) et 160 planches (restaurations marginales discrètes sur certaines planches). 274 planches gravées au burin d’après Moreau le Jeune dont 46 portraits, formant la suite d’estampes commandée par l’éditeur Renouard.
-[Abbé PREVOST]. Suite de figures pour les œuvres choisies. In-8. -IMBERT. Historiettes ou nouvelles en vers. Amsterdam, Paris, Delalain, 1774. In-8, VIII-198-II pp., frontispice, une page de titre gravé, et 4 en tête gravés par Masquelier et Née d’après Moreau.
-MOREAU LE JEUNE. Lot de 18 gravures sur cuivre en feuilles, non reliées, pour Romans et Contes . Lot de 10 gravures sur cuivre en feuilles, non reliées pour la Henriade . Lot de 44 gravures sur cuivre en feuilles, non reliées. Suite de 12 planches tirées en bistre, en feuilles, non reliées pour les fables de La Fontaine.
800 - 1 000 €
° 346
MOREL DE VINDÉ (Charles-Gilbert Terray de).
Zélomir…
À Paris, de l’Imp. de P. Didot l’aîné, 1801. In-18, (4)-309 pp., en partie à la forme, 6 planches. Maroquin cerise du XIXe, dos à 5 nerfs ornés d’un filet doré, auteur et titre dorés, lieu et date frappés en queue, caissons ornés de fers dorés, triple filet doré encadrant les plats, bordure intérieure de maroquin ornée de pampres entre deux doubles filets, le tout doré, tranches dorées sur témoins [Chambolle Duru] (petite fente en marge p. 309).
Charmant ouvrage illustré de 6 eaux-fortes en noir gravées par François Godefroy d’après Louis-Joseph Lefèvre. Exemplaire sur papier vergé avec les figures avant la lettre. Très bel exemplaire dans une reliure en maroquin de Chambolle-Duru , avec les marges conservées portant le format réel à un petit in-12 (h 139 mm).
150 - 200 €
PROVENANCE
William Vincens-Bouguereau, dit Willie (1880 - 1963), petit-fils du peintre William Bouguereau avec son ex-libris imprimé. Cohen-Ricci, 739.
MURATORI (Lodovico Antonio).
Relation des missions du Paraguai, traduite de l’italien… Paris, Bordelet, 1754.
In-12, (1) f., XXIV-406 pp., une carte dépliante. Veau havane marbré époque, dos à nerfs, pièce de titre rouge, filets et fleurons dorés, tranches rouges, restaurations (qq. frott., griff. aux plats, déch. sans manque réparée à la carte qui est curieusement placée en fin de volume, coiffe de tête frottée et coiffe de queue restaurée).
Première traduction en français de cet ouvrage qui relate les missions des jésuites au Paraguay, établie par Félix Esprit de Lourmel (1726 - 1761), membre de la Compagnie mort prématurément à Alep. d’après les documents du frère Gaetano Cattani, Il Cristianesimo felice nelle missioni de padri della compagna di Gesu nel Paraguai (1743).
« Relation estimée et l’une des meilleures pour l’histoire des Indiens du Rio de la Plata » (Chadenat, 392).
Bien complet de la carte du Paraguay par Jean-Baptiste Bourguignon d’Anville, gravée sur cuivre en noir avec un beau cartouche orné, Le Paraguay où les R.R. P. P. de la Compagnie de Jésus ont répandu leurs missions , Octobre 1733. Sabin, 51419. Backer & Sommervogel V, 37.
150 - 180 €
348
OFFICE DE LA SEMAINE SAINTE, latin et françois à l’usage de Rome et de Paris.
Paris, Antoine Dezallier, 1701. In-8, (4) ff. (dont frontispice), XXXII-653-(3) pp. Maroquin rouge de l’époque, dos à nerfs orné d’un chiffre doré couronné répété, caissons avec fleur-de-lys en écoinçons, filet et roulette dorés, encadrement de triple filet doré armes dorées frappées au centre des plats, roulette dorée sur les coupes et chasses, tranches dorées (qques cahiers déréglés, légères rousseurs, reliure légèrement frottée, minuscules trous de vers sur le plat et mors supérieurs).
Aux armes de la Palatine, Elizabeth-Charlotte de Bavière (1652 - 1722) dite Princesse Palatine , épouse de Monsieur, frère de Louis XIV.
L’illustration se compose d’un frontispice et de 3 planches gravées sur cuivre en noir.
On joint : Breviarium romanum ex decreto sacro-sancti concilii tridentini restitutum…
Antruerpiae, ex Architypographia Plantiniana, 1738. Fort in-8 dans une reliure espagnole du XVII e siècle, maroquin rouge orné « à l’éventail », armes poussées au centre des plats, dos à 4 faux nerfs, guirlande dorée de grenades sur les plats, 2 fermoirs métalliques, tranches dorées et ciselées (reliure restaurée et remontée, petits frottements, mouillures, des feuilles oxydées, rousseurs, qq. cahiers déréglés, des manques de ff.). Paginations multiples. Texte en rouge et noir. reliure Ex libris espagnol [Man. de Castaneda].
200 - 250 €


349 PIÉTÉ. JANSÉNISME.
Lot de 2 volumes, des XVII e -XVIII e siècles.
-MANUSCRIT. ARS MORIENDI.
Méthode courte et facile tirée des Saints Pères pour se disposer à une mort chrétienne. S.l.n.n., (ca 1700-1750).
In-16, (1)-129 pp., 2 ff. de table. Maroquin rouge de l’époque, roulette dorée aux contreplats, roulette dorée en encadrement, fleur de lys en écoinçons, dos lisse orné de caissons fleuronnés dorés, titre doré, tranches dorées, gardes marbrées (Légère taches et discrètes usures à la reliure).
16-17 lignes par page d’une fine et petite écriture à l’encre brune. Petit manuscrit du “Bien mourir” ou “art du décès” dans la tradition chrétienne des Ars Moriendi, rédigé à priori dans un contexte de jansénisme compte tenu de la datation du manuscrit. Réflexions sur la Mort, avec des recommandations, suivies de méthodes et textes des méditations et prières selon les jours.
-GRENIER, Pierre.
Du bon et du fréquent usage de la communion. Bordeaux, Guillaume de La Court, 1681.
In-8, [9] ff, 500 pp., [4] ff. Maroquin grenat de l’époque, dos à nerfs avec roulette dorée, auteur et titre dorés, caissons ornés, double encadrement de filets dorés sur les plats, fleurons en écoinçons, roulette dorées aux coupes et chasses, tranches dorées (qques défauts à la reliure dont coins émoussés, petit trou au dos, trace de mouillure sur les plats, des feuillets brunis).
Unique édition. Pierre Grenier, mal connu, n’était pas un religieux mais procureur du roi aux Finances de Guyenne. Premier éditeur en français de la religieuse mystique espagnole Marie d’Agreda (1694) et, par ailleurs, auteur spirituel d’au moins deux ouvrages en 1677 et 1681 (notre titre) consacrés à la dévotion à la Passion et à l’usage de la fréquente communion.
130 - 150 €





° 350
RESTIF DE LA BRETONNE (Nicolas-Edme).
MOREAU.
Les Petites parties et les grands costumes de la dernière cour en France.
À Paris, chez Royez, (entre 1792 et 1800).
2 volumes in-18. Maroquin havane du XIXe , dos à nerfs, titre et tomaison dorés, filet doré encadrant une étoile dorée sur les caissons, encadrement d’un triple filet doré aux plats, double filet aux coupes, roulette dorés aux chasses, tranches dorées [E. Thomas] (petit frott. sur les coiffes de queue et coins, brunissures ordinaires).
Nouvelle édition des Tableaux de la vie de Restif de la Bretonne, sous un titre différent sur lequel apparaît son nom pour la première fois.
Ne se trouve nulle part. Un seul exemplaire au CCFr (BnF). Édition illustrée de 17 planches gravées en noir d’après les compositions de Moreau Le Jeune dont 16 sont la réduction de la célèbre suite au format in-folio, gravée d’après Moreau et Freudeberg pour Eberts, connue sous le nom d’Estampes pour servir à l’Histoire des Mœurs & du Costume des Français du XVIII e siècle
Le faux titre porte « Tableaux de la vie ou Les mœurs du dix-huitième siècle ».
Date d’après l’adresse de l’éditeur (Rives Childs donne “vers 1791”). Cohen-Ricci, 881. Rives Childs, 319, n°4.
400 - 500 €
° 351
[SAINT-LAMBERT (Jean-François de)].
Les Saisons, poëme. [Suivi de : Contes, Poésies fugitives et les Fables orientales]. Septième édition.
À Amsterdam, [s.n.], 1775.
In-8, [XXXVII]-38-467 pp. Maroquin châtaigne du XIXe , dos à nerfs saillants, titre doré, caissons ornés de fers filigranés, lieu et date frappées en queue, dentelle et triple filet dorés encadrant les plats et contreplats, double filet doré sur les coupes et coiffes,
tranches dorées, gardes peigne [Noulhac] (dos un peu passé, discrets frott. d’usage aux mors, petite tache claire marginale sur le frontis. et p. de titre (queue), poussière au v° de la dernière page).
Très bel exemplaire.
Édition illustrée, en premier tirage, d’un frontispice, d’un fleuron sur le titre et de 4 figures par Moreau le jeune, de 4 vignettes par Choffard, pour Les Saisons, et de 2 figures de Moreau le jeune pour les Contes, Poésies fugitives et les Fables orientales, le tout gravé sur cuivre par De Launay, Duclos, Prévost et Simonet. Exemplaire sur papier vergé fort, parfaitement établi par Noulhac. Cohen-Ricci, 926.
200 - 300 €
° 352
SCALIGER (Joseph-Juste) [et al.].
Scaligerana, Thuana, Perroniana, Pithoeana et Colomesiana, ou Remarques historiques, critiques, morales et littéraires.
À Amsterdam, Covens et Mortier, 1740.
2 volumes in-12. Maroquin marine du XIXe, dos à nerfs saillants, titre, tomaison et date dorés, caissons ornés de fers dorés et bordés d’un double filet doré, triple filet doré encadrant les plats, roulette et filet dorés aux chasses, tranches dorées [Emile Rousselle] (dos passé, marges un peu froissées aux p. 557568 du t.1).
Recueil de bons mots, pensées, réflexions (historiques, littéraires ou religieux) de Scaliger, Jacques-Auguste de Thou, François Pithou, Jacques Du Perron et Paul Colomiès, érudits français des XVIe et XVIIe siècles, établi par Pierre Des Maizeaux (1666-1745).
Très bel exemplaire relié avec luxe par Rousselle.
200 - 300 €
PROVENANCE
Paul Caron (ex-libris XXe s.) ; petit monogramme GM estampillé au titre.

° 353
[SOREL (Charles)].

La Vraye histoire comique de Francion… À Leyde, Chez Henry Drumond, 1721. 2 volumes in-12, (9) ff., 390 pp. Maroquin brun du XIXe , dos à nerfs saillants, titre et tomaison dorés, caissons ornés de filet et de roulette dorés, triple filet doré encadrant les plats, roulettes et filet dorés aux chasses, tranches dorées [E. Thomas, Lyon 1863] (petit frott. sur les coupes, accroc sur la tranche du t.1, travaux de vers sur le titre jusqu’à la première p. 1 et poursuit comme piq. jusqu’à p. 146, petit trou de vers pl.1, mouillures et taches légers touchant qq. page de texte et qq pl. dans les marges).
Nouvelle édition peu courante (3 entrées au CCfr, uniquement pour la BnF). Roman publié par Charles Sorel, historiographe et auteur du XVII e, sous le pseudonyme de « Nicolas de Moulinet, sieur du Parc, gentilhomme lorrain ».
Joli exemplaire dans une reliure lyonnaise signée et datée par Thomas.
Illustrée ici de 12 planches gravées sur cuivre en noir dont 2 frontispices alors que Cohen (956) n’en annonce que 8.
150 - 200 €
PROVENANCE
Manuscrit au verso de titre E. Comb.
° 354
STERNE (Laurence).
Voyage sentimental de Sterne, suivi des lettres d’Yorick à Elisa. Paris, P. Didot & F. Didot, An IX - 1801. 3 volumes in-18, (3)-252 pp., (3)-238 pp. et 312 pp. Maroquin turquoise à grain long du XIXe, dos à nerfs, pièces de titre et tomaison rouge, caissons ornés de petits fers et fleurons dorés, encadrement floral doré aux plats, roulette dorée aux chasses, tranches dorées (dos légèrement passé, mors supérieurs un peu frottés, coiffe de tête légèrement frottée au t.1, petit accroc à celle du t. 3, qques rousseurs au t.1 puis rares).
Charmant exemplaire.
Édition originale de cette nouvelle traduction par Paulin Crassous (1768-1829), économiste et révolutionnaire jacobin, du célèbre roman anglais de littérature de voyage du XVIII e , A Sentimental journey.
Impression très soignée de Didot sur papier vélin dans une élégante reliure très maîtrisée, non signée.
100 - 150 €
355
GÉNÉALOGIE. LUYNES.
SUBSTITUTION de mâles en mâles , graduelle, perpétuelle et à l’infini, dans les deux branches de la maison d’Albert, du duché-pairie de Luynes en Touraine, du duché de Chevreuse & Comté de Montfort y réuny, du Duché-pairie de Chaulnes, de la Baronnie de Picquigny, Terres & Chatellenies de Vignacourt & Flexicourt en Picardie.
À Paris, Mesnier, 1734.
Grand in-4, (2)-61 pp. sur vergé filigrané, bois gravés en bandeau, lettrine et vignette au titre, belles marges. Maroquin rouge de l’époque, armes dorées poussées au centre des plats, dos à nerfs orné caissons dorés et du fer du lion des Luynes répété, titre doré, tranches dorées, plats ornées d’un encadrement à la plaque armes poussées au centre, roulette dorée aux coupes et contreplats, gardes papier marbré tourbillon (coins frottés, 2 ff légèrement déboités, légère oxydation, discrètes piqures, coupes inf légèrement frottées, une petite tache au premier plat).
Ouvrage particulièrement rare.
Un seul exemplaire au CCFr.
Aux armes de Louis-Auguste d’Albert d’Ailly, duc de Chaulnes, maréchal de France, vidame d’Amiens, fils du duc de Luynes (1676 - 1744).
Exemplaire ayant appartenu par filiation, avec son ex libris manuscrit sur une garde, à Marie-Thérèse d’Albert d’Ailly (1709 - 1765), fille du premier, ayant épousé Louis Rougé de Plessis Bellière et dont le portrait à l’aquarelle et crayon par Carmontelle (1758) est passé à la postérité.
350 - 400 €


COSTUMES. ORIENTALISME. DESSIN ANCIEN. [LE PRINCE, J. B (entourage de)].
[ SUITE de figures dessinées et peintes à l’encre. Galerie de costumes].
S.l.n.d. (ca 1700-1750).
In-16 carré. (65) ff. sur vergé. Maroquin rouge du milieu du XVIII e siècle, dos à nerfs orné de caissons fleuronnés dorés, titre doré, triple filet doré et fleuron en écoinçons sur les plats, filet doré sur les coupes, tranches dorées, gardes de papier dominoté vert et doré à motif étoilé (coins un peu frottés, très légère usure à la coiffe sup, plat inf un peu frotté, qques rousseurs aux premiers et derniers cahiers).


° 357
SULLY (Maximilien de Béthune, dit).
Mémoires, ou Œconomies royales d’État, domestiques, politiques & militaires de Henri le Grand. À Amsterdam, aux dépens de la Compagnie, 1725. 12 volumes in-16. Veau havane moucheté d’époque, dos à 5 nerfs, pièce de titre rouge, tomaison dorée, caissons ornés de petit fer, roulette dorée aux coupes, coiffes et à l’intérieur, tranches mouchetées rouge (petites restaurations à la reliure, qques épidermures, défauts marginaux à l’int. dont des mouill. début t. 3 jusqu’à p. 22, p. 121-144 et p. 195-198 t. 4, rouss. titre t. 5, qq. f. début de t. 10 brunis, saliss. titre t. 12)
Album de figures en costumes orientaux et peut-être français, italien ou vénitien, parfois d’habits de cour et peut-être de fantaisie, de la fin du XVII e ou première moitié du XVIII e siècle. Ensemble de 65 dessins à la plume et encre noire, rehaussés de lavis gris, finement exécutés et réunis en un album à la reliure possiblement postérieure mais datable du début ou milieu du XVIIIe
Les figures, représentées en pied dans des encadrements à double filet à l’encre (ca 7 x 10 cm pour chaque) imitant la présentation de planches de costumes, montrent des personnages masculins ou féminins, parfois avec enfants, en costumes variés, souvent d’inspiration orientale (turbans, voiles, manteaux amples, armes et accessoires caractéristiques).
Le traitement esthétique, associant un trait vif et fin à un lavis à l’encre modulant les volumes, est très maitrisé et finement exécuté, traduisant la main d’un artiste et peut-être une pratique de copie ou étude d’après ou pour des modèles gravés.
L’ensemble s’inscrit stylistiquement dans la tradition issue des figures de Jacques Callot et de ses suiveurs, dont les recueils de figures pittoresques et de costumes ont connu une large diffusion en Europe à cette époque renvoyant jusqu’à des artistes comme Jean-Baptiste Le Prince (1734 - 1781), peintre et graveur français dont on pourrait rapprocher ce travail même si le manque de précision sur la datation nous incite à la prudence.
L’iconographie relève peut-être plus d’un imaginaire pittoresque que d’une observation ethnographique directe.
Le premier dessin étant une scène de ruines antiques avec des figures, faisant penser à une copie ou un travail préparatoire de titre-frontispice, assez représentative de l’iconographie de la peinture classique.
Cette suite s’avèrerait des études d’un artiste ou une copie de livre à figures, peut-être dans un contexte d’apprentissage ou de constitution d’un répertoire de modèles.
On croit y reconnaître des costumes ottomans de personnage en armes, des femmes mendiantes avec leurs enfants, des femmes en robes de la bonne société parfois se couvrant le visage avec parfois 2 vues pour une même figure : le devant de la tenue et la personne représentée de dos (ou voilée par l’habit) comme on le voit sur ce type de suites chez Watteau, Audran ou Le Prince.
1 200 - 1 500 €
Bon exemplaire de cette petite édition portative. Ces célèbres Mémoires sont d’une grande valeur historique, à la fois comme autobiographie de Sully, témoignage de sa politique et comme tableau d’une France en mutation importante entre la fin du XVI e et le début du XVII e siècles.
« Maximilien de Béthune, créé duc de Sully par Henri IV, ministre des Finances de ce dernier, fut un homme bien plus important et surtout plus fort que son plus célèbre successeur, Colbert. Il réforma le système fiscal français avec un succès retentissant et sa vision dépassa largement le cadre de ses réalisations » (Schumpeter).
200 - 300 €


SWIFT (Jonathan).
Voyages de Gulliver.

À Paris, de l’imprimerie de Pierre Didot l’aîné, an V - 1797. 4 parties en 2 volumes in-18, XXXVI-303 pp. et 358 pp. Maroquin rouge du XIXe, dos à nerfs, titre et tomaison dorés, lieu et date frappés en queue, caissons ornés aux petits fers, triple filet doré encadrant les plats, double filet doré aux coupes et coiffes, roulette dorée aux chasses, tranches dorées [Thivet] (petit manque en marge p. 1 et 57 du t.1).
Charmante édition de la version française donnée par PierreFrançois Guyot Desfontaines des Gulliver’s Travels, le roman publié par Jonathan Swift en 1721. Illustrée d’un frontispice et de 9 planches d’après les dessins de Le Febvre, le tout daté de 1797 et gravé à l’eau-forte par Masquelier. Bel exemplaire dans une fine reliure exécutés avec maîtrise par Thivet. Cohen-Ricci, 965.
200 - 300 €
359
Pape CLEMENT XIV. CARMES.
VALLE Y SAAVEDRA, Bartolomeo del.

Compendium Théologiæ Moralis usitato in scolies ordonne concinnatum, et in dues partes distributum… Romæ, Typographie Hermathenæa, 1769. Grand in-4, (2)-XVI-460 pp. et 1 ff d’errata, texte en colonnes. Maroquin brique de l’époque, dos à nerfs orné de caissons fleuronnés dorés, titre doré, armes dorées poussées au centre des plats avec mitre, clefs et chérubins et rinceaux, volutes, superbe double encadrement doré de fers et roulettes à motifs floraux, coquilles rinceaux et volutes, tranches dorées, gardes marbrées (dos passé, ex libris frotté, gardes marbrées restaurées, légère jaunissure aux cahiers C et M, coupes inférieures légèrement frottées, cote MS à la pdt, un discret trou de ver en queue de dos).
Rare recueil de théologie morale.
Un seul exemplaire au CCFr (BnF).
Aux grandes armes pontificales du Pape Clement XIV. Laurent Jean Vincent Ganganelli, pape de 1769 à 1774, avec ses armes « d’azur à la fasce de gueules accompagné en chef de trois étoiles d’or posées en fasce et en pointe d’un mont à trois cimes d’or et au chef des Franciscains : d’azur aux deux bras de carnation posées en sautoir surmonté d’une croix de sable ». Édition ornée de bois gravés en noir, grand cul-de-lampe, lettrines, bandeau, vignette au titre.
500 - 600 €

° 360 [VOLTAIRE].
Candide ou l’optimisme, traduit de l’allemand de Mr. le Docteur Ralph.
S.l., s.n., 1759.
Petit in-12, 237 pp., (1) f. (table). Maroquin marine du XIXe , dos à nerfs ornés d’un pointillé doré, caisson ornés aux petits fers et bordés d’un double filet, le tout doré, triple filet doré encadrant les plats, double filet doré sur les coupes et coiffes, dentelle intérieure, tranches dorées [Semet & Plumelle] (restauration en marge p. 91).
Un des chefs-d’œuvre de Voltaire et, sans conteste, son texte le plus célèbre.
Un des tirages de l’année de l’originale.
Parut pour la première fois à Genève chez Cramer, au début de l’année 1759.
Son succès immédiat justifia de nombreuses rééditions la même année, celle-ci semble être la septième décrite par Bengesco (collation identique, et la formule « qui a une très belle moustache » se trouve ligne 13 de la page 84).
[Sign. A8, B4 … T8, V4].
Très bel exemplaire parfaitement établi par Semet et Plumelle. Bengesco, 1440.
400 - 500 €
La Henriade, poëme, suivi de quelques autres poèmes. [Kehl], de l’imprimerie de la Société Littéraire-Typographique, 1789.
Fort in-4, [1] f., 624 pp., planches. Cuir de russie bleu paon foncé du XIXe , dos lisse finement orné d’un jeu de filets et fleurons dorés, titre doré, plats décorés d’une grande plaque florale à froid avec quelques petits points de dorure, et encadrés d’un filet doré, roulette dorée aux coins et chasses, tranches dorées (dos légèrement passé, coupes et mors sup. légèrement frottés, rousseurs et brunissures).
Très belle édition typographique imprimée par Beaumarchais, à Kehl (Allemagne), dans l’imprimerie qu’il avait fondée afin d’échapper à la justice, avec le matériel typographique acheté à la veuve de John Baskerville, le célèbre imprimeur et graveur de Birmingham. Rare.
Cette Henriade , tirée sur papier vélin, est le seul vestige d’une publication avortée, un seul volume ayant été imprimé des Œuvres de Voltaire en in-4 que Beaumarchais proposait de publier à la suite du in-8 qu’il venait de sortir de ses presses. Édition illustrée d’un portrait de Henri IV en frontispice gravé par Tardieu d’après Pourbus et 10 belles figures d’après Moreau le Jeune, gravées par Trière, Delaunay le Jeune, Danbrun, Lingée, Patas, Guttenberg, Helman, Simonet, Duclos et Romanet.
800 - 1 000 €
PROVENANCE
Collection Henri Beraldi, grand collectionneur, avec son ex libris estampé et orné doré sur étiquette marine. Cohen-Ricci, 1028. Bengesco, 403.





362
LOT DE 4 ALMANACHS ROYAUX AUX ARMES.
ALMANACHS ROYAUX. ANNÉES 1771, 1773, 1778 et 1779.
À Paris, Chez Le Breton ou d’Houry.

In-8. Maroquins rouges de l’époque, dos à nerfs ornés de caissons fleurdelisés dorés, titre doré, tranches dorées, roulettes dorées aux coupes et contre plats, guirlandes dorées en encadrement sur les plats de types et motifs variés (reliures très légèrement frottées, 2 petites taches année 1771, très petites épidermures année 1773, une tache et un coin frotté pour année 1779).
Aux armes du Seigneur Ballen de Gorrenflos, seigneurs du Festel (Oneux), famille de la Somme.
Trois des volumes portent le cachet de la Bibliothèque de Talleyrand au Chateau de Valencay, sur une des gardes.
Très belles gardes de papier dominoté dorés à motifs géométrique et floral ou étoilé et marbré de type coquille, Année 1779.

Chaque volume porte, en regard du titre, l’étiquette gravée du marchand papetier vendeur des almanachs « A la Teste noire » rue de la Verrerie, paris 1756, monsieur Larcher papetiers des Fermes du Roi… Bons exemplaires.
On joint :
ALMANACH ROYAL 1776. Aux armes très proches, de ROSSET Conseiller à la cour des aides de Montpellier et cachet de la Bibliothèque de Talleyrand au Chateau de Valencay. Avec de belles gardes de papier gauffré orange et doré à motif de rinceaux.
300 - 400 €



363
LOT DE 3 ALMANACHS ROYAUX.
ALMANACHS ROYAUX. ANNÉES 1772, 1774 et 1780.
À Paris, Chez Le Breton ou d’Houry.
Réunion de 3 beaux exemplaires d’almanachs, dans leur reliure en maroquin rouge de l’époque ornés de plaques dorées à la Dubuisson sur les plats ou d’une plaque à volutes et guirlande d’entrelacs en encadrement, dos à nerfs ornés de caissons fleurdelisés dorés, titre et date dorés, tranches dorées, roulettes dorées aux coupes et contreplats, gardes de tabis bleu (légère usure au coin supérieur pour année 1780, discrets défauts usuels).
De la bibliothèque du Comte de Serans (famille de Cléry, Venin) pour Année 1772, avec son ex libris aux grandes armes gravé en noir sur vergé contrecollé en regard du titre.
En regard du titre, étiquette entièrement gravée du marchand papetier vendeur des almanachs « A la Teste noire » rue de la Verrerie, monsieur Larcher papetiers des Fermes du Roi, Année 1774. Gardes de papier dominoté vert et doré aux motifs floraux et géométriques, Année 1780.
180 - 200 €




LOT DE 6 ALMANACHS ROYAUX AUX ARMES.
ALMANACHS ROYAUX. ANNÉES 1758, 1765, 1785, 1786, 1781 et 1789.
Maroquins rouges de l’époque au format in-8, ornés à la plaque dorée de type Dubuisson, gardes papier bleu ou marbré, dos à nerfs ornés, fleurdelysés ou à fleurons, roulettes et filets dorés, tranches dorées ou marbrées (qques frottements et usures, qques piqures disséminées, dos légèrement terni parfois).
-Année 1765. Armes rapportées avec de pièce maroquin rouge mosaïquée sur maroquin fauve, belles gardes dominoté doré orange fruits et feuillages.
-Année 1758. Très belle plaque peu courante, armes dorées, dos à la fanfare et fleur de lys, belles gardes dominées doré et vert au motif floral et grand aigle couronné.
-Année 1786. Belle plaque, ex libris manuscrit postérieur à l’encre.
-Année 1789. Ex libris E. Guays des Touches 1786.
-Année 1785. Aux armes du seigneur des Bordes, président au Parlement de Bordeaux avec gardes de papier dominoté vert et doré motif floral, joli blason au cygne et guirlande en encadrement.
-Année 1781. Aux armes du duc Louis Auguste d’Aumont , pair de France (1709 - 1782) au blason aux 7 merlettes, plaque à feuillages et encadrement.
300 - 400 €


° 365
LOT DE PETITES RELIURES du XVIII e .

au Manuscrit original & enrichie de figures en taille douce”. Avec 11 planches gravées sur cuivre en noir dont le portrait de l’auteur en frontispice.
-ARRIEN. Les Guerres d’Alexandre (...) Sa vie tirée du grec de Plutarque, et ses apophtegmes de la mesme Traduction. Paris, chez Thomas Jolly, 1664.
Deux parties en un volume in-12, (19) f., 346 pp., (10) f. (table) et 142 pp. Veau havane moucheté, dos à nerfs, titre doré, caissons ornés (restaurations dont aux coins, mors sup. fendillé, frottement sur les plats et coupes, brunissures).
Nouvelle édition de la traduction de Nicolas Perrot d’Ablancourt, qui renouvela ce texte et fit longtemps autorité. La seconde partie renferme la Vie d’Alexandre le Grand. Flavius Arrien, considéré par certains comme l’historien le plus objectif ayant écrit sur Alexandre, s’est appuyé sur les biographies de Ptolémée I er et d’Aristobule.
- MARSOLLIER. Histoire de l’inquisition et son origine. Cologne, Marteau, 1693. In-12, 505 pp. Veau havane, dos à nerfs, pièce de titre fauve, caissons ornés, tranche moucheté de rouge, petites restaurations aux coins (frottement sans gravité, bruniss. au titre et f. suivant, petites taches marginales parfois sur le texte, marge de la p. 505 courte). Édition originale de cette étude historico-religieuse composée par l’abbé Jacques Marsollier (1647-1724), génovéfain, prévôt d’Uzès.
- TOMASI. La Vie de César Borgia Duc de Valentinois fils du Pape Alexandre VI. La Haye, 1736. 2 volumes in-12, XXII-324 pp., portrait-frontispice et 348 pp. Veau fauve granité, dos à nerfs, titre et tomaison dorés, filet doré, caissons ornés de petit fleurons, tranches rouges (petites restaurations aux coins, légers frott. aux coiffes et mors, petites epiderm. plats, accrocs aux coupes et mors sup. de t.1, , rousseurs très discrets, saliss. marg. p. 91 et 205 de t.1 ; trous de vers marg. inf. p. 205-261 de t.1, mouill. traversant le coin inf. droite de toutes les pages de t.2.) Bon exemplaire avec un portrait en buste gravé en noir
- MONTALVO. [TRESSAN Louis-Elizabeth de La Vergne de (trad.)]. Traduction libre d’Amadis de Gaule. Nouvelle édition. Par Mr le comte de Tress***. Amsterdam, Paris, Pissot, 1780. 2 volumes in-12. (3)-XXVIII-470 pp., et (2)-624 pp. Veau fauve marbré, dos à nerfs caissons fleuronnés dorés, pdt tomaison titre doré, filet doré sur les coupes, tranches rouges (frottements, restaurations coins et coiffes). Intérieur frais. Petits bois gravés. - FÉNELON. Les Avantures de Telemaque, fils d’Ulisse. Amsterdam, chez J. Wetstein & G. Smith, 1741. In-12, [XL]-492 pp. Veau havane moucheté, dos à nerfs, pièce de titre rouge, caissons ornés, tranches rouges (reliure restaurée au coin et mors, coiffe de tête usée, rouss. discrète, un coin remplacé avec petite atteinte à l’image sur la pl. du liv. 7). Nouvelle édition “conforme
200 - 300 €
PROVENANCE
Droüet, 1687 (ex-libris manuscrit au titre).
Mention manuscrite d’un prix de collège décerné en 1756, au v° de la garde supérieure.
° 366 LOT PHILOSOPHIE. ÉDITIONS PORTATIVES.
- ROUSSEAU. Emile ou de l’éducation. Londres, [Paris, Cazin], 1780-1781. 4 volumes in-18. Veau écaille époque, dos lisse, pièces de titre et tomaison veau blond, caissons ornés aux petits fers, triple filet doré aux plats, filet doré aux coupes, roulette aux chasses, tranches dorées (dos passé, lég. frott. aux coupes, très petite mouill. en marge de la pl. face p. 28 t.4). Édition de Cazin, illustrée de 8 figures de Moreau gravées par Delvaux. Bel exemplaire. Cohen, 904.
- LA ROCHEFOUCAULD. Maximes et réflexions morales du duc de La Rochefoucauld. Paris, Pierre Didot, An X - 1802. In-16, (3)-120 pp. Cuir de Russie rouge, dos à nerfs orné de fleurons sur fond criblé, le tout doré, titre doré, roulette fleuronnée bordée d’un double filet doré encadrant les plats, roulette intérieure, tranches dorées [Bozerian] (frottements discrets aux coins, coupes et mors, légères rousseurs sur qques pp.) Édition stéréotype, illustrée d’un portrait de l’auteur en frontispice d’après Petitot et gravé par Lalauze. Reliure signée de François Bozérian, dit Bozérian le Jeune.
- DEMOUSTIER. Lettres à Émilie sur la mythologie. À Paris, Fr. Dufart, 1794 (Liège, Impr. des Associés, 1790 pour la 3 e partie).
4 parties en 2 volumes in-18. Basane granitée époque, dos lisse compartimenté et orné, pièce de titre verte, et de tomaison mosaïquée rouge, plats encadré d’un filet doré, tranches mouchetées de bleu (légers frottements, manque minuscule à la coiffe de tête du t.1., une petite épidermures au plat du t.1, qques rousseurs et brunissures disséminées). Illustrée de 25 planches à l’eau-forte en noir par Queverdo parfois datées « l’an 2eme d. l. R.F. » et « terminée au burin par Gaucher » et délicatement mises en coloris à la main.
180 - 200 €

° 367
LOT LITTÉRATURE. ÉDITIONS PORTATIVES fin XVIII e début XIX e .
- de GRAFFIGNY. Lettres d’une Péruvienne. Paris, Didot l’Aîné, An V - 1797.
2 volumes in-18. Maroquin rouge à long grain de l’époque, dos lisse orné, titre et tomaison dorés, fleurons dorés sur fond criblé, pampres encadrant les plats bordés d’un double filet, fleurons en écoinçons, filet doré sur les coupes et coiffes, roulette intérieure dorée, tranches dorés (coins restaurés, dos lég. passé, petites taches au plat sup. du t.2, petite déch. marginale p. 101-2 (t.1), rousseurs marginales discrètes sur qq. p. et la dernière pl. du t.1 ; sans le portrait). Jolie édition de Didot, illustrée de 8 planches gravées sur cuivre par Couny d’après Lefevre. Exemplaire sur papier vélin. Fine reliure, non signée, dont la facture évoque celle de Bozérian.
- [DEFOE (Daniel)]. Aventures surprenantes de Robinson Crusoe, traduites de l’anglais. Paris, Duprat-Duverger, 1810-1811. 4 volumes in-18. Basane fauve racinée d’époque, dos lisse, pièces de titre et tomaison en maroquin rouge, décor doré de fleurons à motif de navire au dos, roulette dorée sur les coupes et coiffes, tranches marbrées, habiles restaurations aux dos des t. 1 & 2. Anecdotiques défauts. Édition stéréotype illustrée de 4 frontispices gravés. Le tome 1 est daté de 1811 (3 e tirage), les autres de 1810. Gumuchian, 4830.
- FIELDING. Tom Jones, ou l’enfant trouvé. Londres, s.n., 1801. 4 volumes in-18. Veau granité vert bronze, dos fauve et lisse et semé d’étoiles dorées, pièce de titre rouge, et de tomaison verte, roulette florale dorées encadrant les plats, pointillé dorés aux coupes, tranches dorées, des coins restaurés (accroc à une coiffe de tête, rares rousseurs). Édition illustrée de 9 figures de Borel, la plupart gravées par Launay, la dernière par Delignon.
- MARIVAUX. La Vie de Marianne, ou les aventures de Madame la comtesse de***. A Londres, 1772. 4 volumes in-18. Veau fauve raciné de l’époque, dos lisse, pièces de titre et tomaison vertes, fleurons et filets dorés, roulette dorée encadrant les plats, filet doré sur les coupes, tranches dorées (petits frott. sur les mors et coupes, accroc sur une coiffe de tête). Edition Cazin.
- Walter SCOTT. Ivanhoe. Paris, Duthereau, 1829. 6 volumes in18. Demi-maroquin poli bordeaux à coins du XIXe, dos à nerfs, auteur, titre, tomaison, lieu et date dorés, tête dorée, non rigné [Gruel] (dos passés, petits frott. aux coins, petites fentes dans les marges de qq. f. de t.1, mouill. pâle au fx-titre du t.3) Nouvelle édition de cette traduction établie par A. J. B. Defauconpret, avec des notes explicatives.
180 - 200 €
PROVENANCE
368
LIVRES POUR DAMES. EPHÉMÉRIDES XIX e CHANSONS.
3 volumes petits in-16. Maroquin ou cartonnage à grain long rouge de l’époque, dos lisse, joliment ornés dans le goût de l’époque.
- LA VAUX, de. Les Nuits champêtres. Berlin, Himbourg, 1784. (9)-271-(2) pp., portrait-frontispice gravé. (Qques rousseurs disséminées, reliure légèrement frottée). Ex libris gravé de la bibliothèque du Chateau de Cassan / Alexandre Martel.
- Le Souvenir des Ménestrels dédié aux Dames. Paris, Années 1820 et 1826.
Figures gravées en noir et partitions gravées. maroquin rouge à grain long de l’époque, dos lisse orné, encadrement doré sur les plats. Petit recueil de romances et airs connus.
80 - 100 €
PROVENANCE
A. Perreau (signature moderne sur une garde) ; étiquette du libraire parisien Le Goupil sur un contreplat.

Charlotte Mary Peters (ex-libris gravé aux armes). Cohen, 448.

° 369
[ARNAULT (Antoine-Vincent)].

Les Souvenirs et les regrets du vieil amateur dramatique, ou Lettres d’un oncle à son neveu sur l’ancien théâtre français… Paris, Charles Froment, 1829.
Fort in-12, VIII-214 pp., (1) f. (placement des gravures). Maroquin marine du XIXe , dos à nerfs, titre et date doré, caissons richement ornés aux petits fers, triple filet doré encadrant les plats, double filet doré sur les coupes, coiffes guillochées, dentelle intérieure, tranches marbrées et dorées sur témoins [Belz] (frott. discret sur la coiffe et les coupes en pied ; rousseurs modérées sur certaines pages et une pl. ; 2 pl. mal placées).
Édition originale, illustrée de belles représentations de costumes de spectacles et théâtre, gravées d’après les miniatures originales peintes d’après nature par Foëch de Basle et Whirsker : un frontispice et 39 planches, le tout gravé et mis en coloris. Exemplaire conforme à la table qui ne signale que le frontispice et 35 planches, et qui semble donc renfermer 4 planches supplémentaires
Imprimé sur papier vergé, il contient une suite en noir de presque toutes les gravures (sauf 4 d’entre elles). Ainsi, chaque gravure se trouve en deux état (en couleur et en noir) sauf celles face aux pages 57, 63, 69, 197 qui se trouvent seulement en couleurs. Bel exemplaire très bien relié par Belz, successeur de Niedrée.
300 - 400 €
PROVENANCE
Famille Du Tillet, magistrats et bibliophiles du XIXe, avec ex libris armorié doré sur cuir, d’or à la croix pattée et alaisée de gueule.
° 370
BALZAC (Honoré de).
La Peau de chagrin. Etudes sociales. Paris, H. Delloye, V. Lecou, 1838.
Grand in-8, (2) ff., 402-(1) pp. Veau glacé noir de l’époque, dos lisse, titre et auteur dorés, double encadrement composé de multiples filets dorés au dos et plats, double filet doré sur les coupes et coiffes, roulette intérieure, tranches dorées (petit frott. au mors supérieur avec charnière légèrement fendue, très rares rousseurs marginales, petite déch. sans manque en marge p.45).
Première édition illustrée.
Avec la vignette de titre au squelette et le portrait du jardinier placé page 301, comprenant un frontispice gravé par Félicie Fournier d’après Janet Lange et une centaine de vignettes gravées sur acier, notamment d’après Gavarni, Janet Lange, Johannot, Raffet, Thomas, Langlois, Baron.
Un des plus beaux illustrés romantiques dans une superbe reliure du temps.
Exemplaire resté frais et dont le relieur a conservé de grandes marges (h 260 mm).
Carteret III, 41. Brivois, 15-17.
On joint : BALZAC. Gustave DORÉ
Contes drolatiques.
Les contes drolatiques colligez es abbayes de Touraine et mis en lumière par le sieur de Balzac pour l’esbattement des pantagruelistes et non aultres.
Paris, Garnier,1880-1884.
Fort in-8 (4)-XXXI-(4)-614 pp., 425 figures en noir in-t.
Demi-maroquin sapin de l’époque, dos nerfs, caissons dorés, titre doré, tête dorée, plats soulignés d’un filet doré, couverture et dos conservés (dos légèrement passé, qques petites rousseurs latérales disséminées).
Bon exemplaire.
Couverture de la 9 e et texte du 10 e tirage de la première édition illustrée.
« Ce livre est considéré comme le chef-d’œuvre d’illustration de Gustave Doré » (Carteret).
500 - 600 €


La Chine en miniature, ou Choix de costumes, arts et métiers de cet Empire, représentés [en] gravures, la plupart d’après des originaux inédits du cabinet de feu M. Bertin… Paris, Nepveu, 1811.
4 volumes in-16. Veau bronze glacé et peint époque, dos lisse fauve, pièces de titre et tomaison maroquin rouge, petit fer à motif architectural chinois répété, et filets dorés, roulette dorée encadrant les plats et l’intérieur, tranches dorées (légers frott. aux coupes, coiffes et coins, travaux de vers marginaux p. 125-144, et en marge de la dernière pl. petite restauration en tête dos t.I, qques petites taches au dos).
Édition originale de ce bel ouvrage illustré.
Elle renferme 80 planches gravées sur cuivre et mises en coloris, dont 4 frontispices, montrant des scènes, paysages et personnages de la Chine sous le règne de Quianlong (1735 - 1796). Chaque tome est formé d’une succession de planches et d’un commentaire de quelques pages.
Ravissant exemplaire joliment relié.
C’est en rachetant la collections de peintures et dessins chinois de Léonard Bertin, secrétaire d’État de Louis XV, que l’éditeur Nepveu pu éditer cette suite.
300 - 400 €

° 372
BRILLAT-SAVARIN (Jean Anthelme). LALAUZE.
Physiologie du goût.
Paris, Librairie des Bibliophiles - Jouaust, 1879.
2 volumes in-12, (2) ff., XVI-296 pp. et [2], 320 pp., titre en rouge et noir.
Maroquin rouge à coins arrondis de l’époque, dos à nerfs, auteur, titre, tomaison, lieu et date dorés, monogramme doré au centre des plats, double filet doré aux coupes et coiffes, dentelle intérieure, doubles gardes peigne, tranches dorées sur marbrure [Gruel] signé en queue de dos (coiffe de tête du t.2 très lég. frottée, brunissure causée par le signet p. 130-1 du t.1, légers transferts des figures).
Nouvelle édition précédée d’une préface de Charles Monselet. Elle est illustrée de 52 eaux-fortes en noir d’Adolphe Lalauze, dont un frontispice dans au premier tome et de nombreuses vignettes en-tête ou cdl.
Très bel exemplaire, tiré sur vergé coquille non justifié, dans une parfaite reliure signée de Gruel. Tiré à seulement 210 exemplaires seulement, certainement un de ceux sur Hollande.
200 - 300 €
PROVENANCE
Beau monogramme RR doré aux plats.


373
CHANTS ET CHANSONS POPULAIRES de la France.
Paris, H. L. Delloye, 1843.
3 volumes in-8 (26,7 x 16,3 cm), 3 séries non paginées. Maroquin bleu de l’époque, dos à 5 nerfs saillants et ornés, titre, lieu et date dorés, caissons ornés de fleurons dorés et bordés d’un double filet doré, triple filet doré encadrant les plats, dentelle intérieure, tranches dorées, couvertures conservées, sous étui marbré et compartimenté [Chambolle-Duru] (très légères rousseurs, petits défauts sur l’étui).
Bel exemplaire de premier tirage.
Superbement illustré, avec les couvertures illustrées conservées et enrichi de la couverture de la 3 e livraison, « Le Juif errant ».
Originale de cette « Admirable publication (…) sur papier vélin fort, une des plus belles du XIXe, elle est très estimée à juste titre et peut être comparée aux beaux livres illustrés du XVIIIe » (Carteret, Bibliophile romantique et moderne ).
Chaque série comporte une page de titre, une page de titre gravée, la liste des chansons, une introduction et les chansons richement illustrées de vignettes dessinées par E. de Beaumont, Boilly, Daubigny, Pascal, Staal Stenheil et autres… Chacune précédée d’une notice et suivie des partitions musicales. Dans un joli maroquin signé Chambolle-Duru.
300 - 400 €
PROVENANCE
Charles-Louis Poiret, étiquette gravée sur acier, tirée en bleu, portant ses initiales dans la gravure (CLP) et l’inscription « Castigans Libro Pœmas ».
374
CHASSELAT, Charles-Abraham.
[Les Jeunes Femmes. Suite de 16 dessins originaux]. Sl., 1819.
En feuilles, 16 fins dessins en vignettes (ca 8 x 13 cm) sur feuillets au format in-12 (papier oxydé au niveau du dessin, probablement décadrés).
Dessins au trait à la plume et lavis à l’encre noire, avec rehauts de gouache blanche, signés et datés à l’encre au bas des scènes. Scènes de genre ou scènes morales entre néoclassicisme et romantisme, avec titres et description ou dialogues, ces dessins délicats sont les études dessinées pour les figures de l’ouvrage de J.N. Bouilly, Les Jeunes Femmes , paru en 1819 par CharlesAbraham Chasselat (1782 - 1843), peintre et graveur français du début du XIXe, 2e Prix de Rome en 1804. Chaque scène est inscrite et titrée dans un cadre. Bellier de la Chavignerie, II (1882).
300 - 400 €

CHATEAUBRIAND (François-René de).
Atala. René. Les Aventures du dernier Abencérage. Paris, Ladvocat, 1827.
2 tomes en 1 volume petit in-12. Maroquin marine à grain long de l’époque, dos lisse, titre et tomaison dorés, décor de grands fers romantiques encadré d’un double filet doré, plat bordés de multiples filets et grands fleurons angulaires, le tout doré, chiffre MR surmonté d’une couronne comtale, poussé en doré au centre du plat supérieur, roulette dorée aux coins, chasses ornées de multiples filets dorés, tranches dorées [Simier] (coiffe sup et coupe de queue lég. frottées, qques rousseurs notamment aux premiers ff. et ff. brunis).
Seconde édition pour le Dernier Abencérage. Illustrée de 3 planches gravées en noir sur acier par Laderer, Fontaine et Touzé d’après Devéria, placées en tête chaque texte. Élégante reliure romantique de Simier, relieur du roi. Jolie reliure romantique exécutée pour un comte, au chiffre M.R. , sans certitude peut-être Marie-Joseph de Rumigny, comte d’Empire et diplomate sous la Restauration.
300 - 400 €
300 - 400 € ° 375

375

° 376 DAUDET (Alphonse).
Sapho.
Paris, Quantin (Coll. Charpentier), 1888.
Grand in-8, (5) ff., 232 pp., planches. Demi-maroquin rouge à coins, dos à nerfs saillants ornés de pointillés dorés, caissons richement ornés, auteur et titre dorés, date frappée en queue, filet doré sur les plats, tête dorée, couverture et dos conservés, non rogné [Thierry sc. de Petit Simier] (petits frott. reteintés sur un coin, rousseurs marginales sur les planches sur vélin).
Édition illustrée de compositions du peintre polonais Stanislaw Rejchan (1858-1919), soit dix planches gravées par A. Duvivier et E. Abot, et de nombreuses figures dans le texte dont des vignettes en tête, lettrines et culs-de-lampe.
Édition en grand format dont le tirage a été strictement limité à 50 exemplaires numérotés sur japon
Exemplaire n°33 contenant deux états des planches et du portrait figurant en vignette au titre : un tirage sur japon avant la lettre avec remarques, et l’état définitif sur vélin.
Bel exemplaire parfaitement relié par Thierry.
DU CAMP (Maxime). BLANCHARD.
Une Histoire d’amour.
Paris, L. Conquet, 1888.
Petit in-12, (2) ff., 73 pp. Maroquin bleu, dos à nerfs, auteur et titre dorés, date frappée en queue, caissons finement ornés, plats et contreplats bordé d’une large dentelle dorée, avec 4 fleurons aux angles des plats, double filet doré sur les coiffes et coupes, tranches dorées sur témoins, couverture conservé [David] (mors supérieur fendillé le long d’un caisson).
Édition illustrée de 9 gravures sur cuivre dont un portrait de l’auteur gravé par Lamotte et de 8 compositions de P. Blanchard, gravées par Buland, dont six planches, une vignette en tête et un cul-de-lampe.
Catalogue de l’éditeur de 7 pages relié in fine.
Tirage limité à 700 exemplaires : un des 200 sur japon et vergé du marais, celui-ci numéroté 4 sur japon, avec paraphe manuscrit de l’éditeur.
Avec une double suite en noir des gravures. Bel exemplaire très bien relié par David qui lui a conservé toutes ses marges (h 166 mm).
200 - 300 €
° 378 DU FAIL (Noël), ASSEZAT (Jules) éd.
Œuvres facétieuses de Noël du Fail, seigneur de La Herissaye, gentilhomme breton… Paris, Daffis, 1874.
2 volumes petit in-12, XXXVI-332-14 pp. et 428 pp. Maroquin rouge de l’époque, dos à nerfs, auteur, titre et tomaison dorés, lieu et date frappées en queue, caissons et plats bordés d’un double filet à froid, double filet sur les coupes, coiffes guillochée, dentelle intérieure, tranches marbrées et dorées sur témoins [Lortic] (dos un peu terni, un nerf et des coiffes très légèrement frottées).
Bel exemplaire de cette nouvelle édition, établie par J. Assézat sur les éditions originale et accompagnée d’une introduction, de notes et index.
Tirage limité à 62 exemplaires numérotés, dont 10 sur Chine, 2e papier après 2 exemplaires sur vélin. Celui-ci sur Chine non justifié. Élégamment relié par Lortic dont l’étiquette figure sur les gardes.
180 - 200 €
° 379 DROZ (Gustave). MORIN.
Monsieur, Madame & Bébé. Paris, Victor Havard, 1878. Grand in-8, III-436 pp. Maroquin fauve, dos à 5 nerfs, auteur et titre dorés, date et lieu frappés en queue, caissons et plats bordés de multiples filets dorés formant décor géométrique aux angles, avec en sus un filet et 4 fleurons angulaires dorés aux plats, double filet doré sur les coupes et coiffes, contreplats bordés de maroquin orné de multiples filets dorés, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés [Chambolle Duru] (dos très légèrement passé).
Tirage limité à 260 exemplaires numérotés : un des 50 exemplaires sur papier Whatman (n° 4, 2e papier après 10 japon). Bel exemplaire, très grand de marges (h 278 mm) dans une reliure parfaitement exécutée, signée Chambolle-Duru.
Illustrée d’un portrait de Gustave Droz gravé par Léopold Flameng en frontispice et de nombreuses vignettes et grandes compositions d’Edmond Morin dans le texte.
200 - 300 €



[DUBUISSON, Pierre-Ulric].
Le Tableau de la volupté ou les quatre parties du jour. Poème en vers libres par M.D.B. (Paris), Au Temple du Plaisir, 1771. In-12, titre gravé, 68 pp., 5 eaux-fortes en noir. Maroquin fauve du XIXe , dos à nerfs, titre et date dorés, caissons ornés de fleurons et filets dorés, triple filet doré en encadrement des plats, contreplats bordés de roulettes et filets dorés, tranches marbrées et dorées [Cuzin].
Édition originale très bien reliée par Cuzin. Poème de « la félicité de deux Amans tendrement occupés à graduer […] le Plaisir » par l’auteur dramatique et historien des colonies d’Amérique Pierre Ulric Dubuisson (1746-1794). Précédé d’un avertissement de l’auteur et du poème« À ma maîtresse ». Illustré de 4 planches, 4 vignettes en tête, 4 culs-de lampe et un titre frontispice, par De Longueil d’après Eisen. Pour Cohen, 330 « des plus gracieux travaux dus à l’association » de ces artistes. CURIOSA.
100 - 150 €


° 381
FEUILLET (Octave). REJCHAN.


Monsieur de Camors. Paris, A. Quantin, 1885. In-4, VI-314 pp. Maroquin bordeaux, dos à nerfs ornés d’un pointillé doré, auteur et titre dorés, date et lieu frappés en queue, caissons ornés de fleurons et fers angulaires dorés, double encadrement des plats composé à l’extérieur d’un triple filet et d’une roulette, à l’intérieur d’un triple filet avec jeu des fers aux angles, le tout doré, double filet doré sur les coupes, coiffes guillochées, dentelle intérieure, tranches dorées, couverture conservée [Raparlier] (dos légèrement passé).
Très bel exemplaire exceptionnellement orné au faux-titre d’un délicat dessin original à l’aquarelle signé F. Bourdin. Fort probablement Frédéric Bourdin, artiste coutumier des ouvrages agrémentés.
Édition illustrée de 11 compositions du peintre polonais Stanislaw Rejchan (1858-1919) gravées à l’eau-forte par Louveau-Rouveyre, Daumont et Duvivier.
Exemplaire de grand luxe de la collection « Les Chefs-d’œuvre du roman contemporain », en grand format et au tirage limité à 100 exemplaires sur japon contenant les planches en deux états, celui-ci non justifié.
300 - 500 €
PROVENANCE
Albert Hornung (ex-libris gravé XIXe s.) ; Gilles de La Londe (ex-libris XXe). ° 382
FLAUBERT (Gustave). POIRSON. Salammbô.
Paris, Quantin, (1887).
Grand in-8, 366 pp., planches. Demi-maroquin vert à coins postérieur, dos à 5 nerfs saillants ornés d’un pointillé doré, auteur et titre doré, caissons ornés d’un grand fer doré et bordés d’un double filet doré, filet doré sur les plats, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés [L. Bernard] (dos uniformément passé, bords des plats légèrement passés, petites rousseurs en marge de planches).
Première édition illustrée.
Avec 10 compositions originales d’Armand Poirson, gravées à l’eau-forte par Louveau-Rouveyre, Muller et Mercier.
Rare tirage de grand format, limité à 50 exemplaires sur japon. Celui-ci numéroté 33, comportant une suite de toutes les planches sur papier vélin.
Bel exemplaire joliment relié par Bernard. Vicaire II, 349.
200 - 300 €



GAUTIER (Théophile). TOUDOUZE.
Mademoiselle de Maupin. Paris, L. Conquet, 1883. 2 forts volumes grand in-8, XVI pp. (dont 2 p. bl., titre et fauxtitre), 374 pp., (1) f. blanc et (3) ff. (1 bl., fx-titre, titre), 371 pp., (2) ff. (avis au relieur), planches. Maroquin vert du XIXe, dos à nerfs ornés d’un pointillé doré, titre, auteur et tomaison dorés, lieu et date frappées en queue, caissons ornés de filets et fleurons dorés, plats encadrés de filet multiples et roulettes, avec fers rocaille angulaires, le tout doré, double filet doré aux coupe, coiffes guillochées, contreplats bordés de maroquin décoré d’une roulette et de plusieurs filets, le tout dorés, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés [Mercier s. de Cuzin] (dos très légèrement passé).
Édition illustrée d’un portrait de Théophile Gautier en frontispice, gravé par Brunet d’après Célestin Nanteuil, d’un titre-frontispice paru avec la première livraison (relié au début du t.2 et paraphé par l’éditeur), d’une vignette différente au titre de chaque tome et de 17 planches gravées sur acier par Champollion d’après Toudouze.
Tirage limité à 500 exemplaires : un des 25 de tête sur papier japon extra au format in-8 raisin, celui-ci numéroté 11 avec le portrait en 3 états, les vignettes de titre en 5 états, et les autres hors-texte en 3 états.
Reliés in fine : la suite complète des 4 planches refusées (se vendaient à part) : 2 portraits en vignettes gravés par Burney d’après Jeanniot, chacun en 3 états, et 2 planches gravée par Champollion d’après Toudouze, chacune en 2 états ; ainsi que 2 ff. d’avis au relieur non signalés par Vicaire.
Il renferme les 2 feuillets d’Avis au relieur non signalés par Carteret.
Très bel exemplaire dans une riche reliure d’Emile Mercier (18551910) parfaitement exécutée. Vicaire III, 888. Carteret, Illustrés , IV, 178.
300 - 400 €
384
GRESSET (J.B.L.). Œuvres.
À Londres, (édition de Cazin), 1780. 2 volumes in-18. XVI-292 pp. et 310 pp. sur vergé azuré, un frontispice et petites vignettes ou cul-de-lampes de bois gravés.
Maroquin rouge du XIXe signé par Engel, dos à nerfs ornés, tranches dorées.
Très bel exemplaire dans une élégante reliure signée. Figure à l’eau-forte en noir en frontispice illustrant Vert-vert, célèbre poème au perroquet qui fit florès
150 - 200 €

385
LIVRES À FIGURES XIX e Lot de 3 ensembles.
-LE BARBIER. Chansons nouvelles de M. de Piis. [Suites des gravures]. [ca 1891].

Petit in-4 de (57) ff. Demi-maroquin grenat de l’époque, dos à nerfs, titre doré, tête dorée (mouillures sur le plat supérieur, légères rousseurs marginales sur certaines planches).
Beau recueil de 14 planches et leur suites gravées au burin, illustrant les Chanson nouvelles de M. de Piis.
Comprend : La dédicace en 5 épreuves, 3 en noir sur Japon, Chine et vergé, et 2 en bistre sur Chine et vergé ; 10 planches en 4 suites : en noir sur Japon, Chine et vergé, et en bistre sur Chine ; une planche en cinq épreuves : en noir sur Japon, Chine et vergé et en bistre sur Chine et du Japon ; une planche en six épreuves, en noir et en bistre, sur Japon, Chine et vergé.
-MOREAU Le Jeune. RESTIF de La BRETONNE.
Estampes de Moreau le Jeune pour le Monument du costume gravées par Dubouchet. Paris, Conquet, 1881.
2 volumes de texte au format grand in-8 et un volume de planches au format grand in-4. En feuilles. Chemise de percaline fauve de l’éditeur estampée et ornée en noir et doré, aux plats à bords bisautés avec rabats intérieurs de percaline verte et lacets ; 2 chemises de l’éditeur de percaline fauve de même et à lacets (qques taches en pied. Légère usure des chemises, lacets distendus, qques piqures disséminées).
Planches en 4 e état tirées en bistre sur chine sous 4 chemises de livraison de papier gris imprimée et 2 jeux du texte, à grandes marges.
Tirage limité. Retirage du XIXe des estampes de Moreau le Jeune pour le projet figuratif du banquier et marchand d’art Eberts publié (texte et estampes) en 1789. Restif de La Bretonne en avait rédigé les notices. Emblème incontournable de la mode au XVIII e siècle Tirage limité à 370 exemplaires numérotés et signés de la griffe de l’éditeur, à la plume. Ceux-ci n°79 (planches et texte) et n°76 (texte seul).
Bons exemplaires.
-FRAGONARD et TOUZÉ. Contes de la Fontaine. Les Vingt estampes dessinées par Fragonard et Touzé pour l’édition de P. Didot l’Ainé, Paris, 1795. Paris, Conquet, 1881. In-4, en feuilles, sous les chemises de livraison (chemises fendues, salissures, légères rousseurs). Tirage à 500 exemplaires dont 300 du quatrième état sur hollande, celui-ci n° 311. Se compose d’un bi-feuillet, faux-titre, justification et titre et 22 planches gravées sur cuivre en noir par de Mare. Toutes numérotées sauf un portrait d’Honoré Fragonard, 2 numérotées 1, l’une des deux est en double. Cohen, 574-5.
180 - 200 €


° 387

GOETHE (Johann Wolfgang von). LALAUZE.
Les Souffrances du jeune Werther. Paris, Librairie des bibliophiles, Jouaust, 1886. In-8, XXX-[1]-209-[2] pp., planches. Maroquin marine de l’époque, dos à 5 nerfs saillants, auteur et titre dorés, caissons et plats encadrés de filets et pointillés dorés avec aux plats 4 grands fleurons feuillagés aux angles, doubles filet doré sur les coiffes et coupes, contreplats doublés de maroquin rouge et bordés de filets et roulettes dorés, double garde de papier marbré, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés [David] (dos passé, petit frott. aux deux coins et mors sup. rousseurs marginales sur 2 pl. de suite et sur qq. pages).
Traduction nouvelle par Madame Bachellery avec une préface de Paul Stapfer.
Édition illustrée de 7 planches d’eaux-fortes d’Adolphe Lalauze dont un portrait de Goethe en frontispice.
Tirage limité à 220 exemplaires. Un des 10 exemplaires de tête sur japon (n° 5), contenant une double suite des planches. Le papier employé ressemble plutôt à un vergé écru très fin. Le format initial de l’ouvrage est in-16, cet exemplaire sur grand papier aux marges conservées apparaît in-8°.
Enrichi de 14 planches supplémentaires dont un autre portrait de Goethe gravé par Blanchard d’après Devéria et David (rousseurs), deux portraits de Werther et Charlotte en médaillons gravés par Schleich d’après I.H. Ramberg datés 1787, une eau-forte sur papier bleu non signée et 10 eaux-fortes tirées sur papier de chine et montées sur japon, par Tony Johannot, certaines datées 1844. Bel exemplaire amplement enrichi, en maroquin doublé de David.
300 - 400 €
PROVENANCE
Léon Rattier (1824 - 1902), bibliophile lorrain (ex-libris armorié doré).


[JANIN (Jules)].
La Confession, par l’auteur de L’âne mort et La femme guillotinée.
Paris, Mesnier, 1830.
2 tomes en 1 volume in-12, XXVII-276 pp. et 249 pp. Maroquin brun à grains longs, dos à 5 nerfs, auteur, titre, lieu et date dorés, caissons ornés de petits fers et bordés d’un double filet dorés, triple filet doré encadrant les plats, double filet doré sur les coupes, roulette intérieure dorée, non rogné [Koehler] (lég. frott. sur les coiffes et mors, charn. int. fendillées, rousseurs discrètes).
Édition originale illustrée d’un frontispice dessiné par Tony Johannot et gravé sur bois par Porret.
Un des quelques exemplaires sur Chine.
Bel envoi autographe signé de Jules Janin à Armand Bertin, qui évoque avec humour la bibliomanie : « Mon cher Armand, voici un livre que je vous prie de garder sinon comme livre du moins comme papier de Chine, tout à vous, J. Janin, 29, 9bre 1831 ». Joliment relié par Koehler.
300 - 400 €
PROVENANCE
Armand Bertin (journaliste, 1801-1854 ; dédicataire et ex-libris) ; Charles Bouret, éditeur parisien début XXe (ex-libris gravé par Deville) ; « ex-libris: AS » ; initiales FTM dorées sur une pièce de cuir rouge.
° 388
LESAGE (Alain René).
Théâtre de Le Sage, publié avec notice et notes, par Georges d’Heylli [E. Poinsot].
Paris, Librairie générale, 1879.
In-18, (2) ff. dont portrait-frontispice, XXIII-437 pp. Maroquin rouge de l’époque, dos à nerfs, titre et date dorés, caisson encadré d’un double filet doré orné de petit fer aux angles, triple filet doré encadrant les plats, fers dorés en écoinçons, médaillon central filigrané doré, doublure de maroquin citron orné d’un riche décor floral doré et mosaïqué , triple garde, une de Troie tissée à motif floral et deux de papier marbré, double filet doré aux coupes, tranches dorées sur marbrure [Quinet] (frottement en tête du mors sup. et aux coins en pied, taches très claires sur le plat sup., rousseurs sur qq. feuillets au début et à la fin, et dans les marges de qq. f.).
Bel exemplaire en maroquin luxueusement doublé par Quinet. Tirage limité à 617 exemplaires, celui-ci non justifié sur papier de Chine dont seuls 15 exemplaires sont signalés ; mention manuscrite grattée à la justification.
180 - 200 €


389 LONGUS. PASTORALES.
[Daphnis et Chloé].
Lot de 2 adaptations du célèbre roman de l’auteur grec du IIIe siècle, reliées de beaux maroquins signés Morales, Poitiers.
-Daphnis et Chloé.
Paris, Librairie Artistique H. Launette et Cie, 1890.
In-8. [2] ff., VIII-190 pp., [1] f. Maroquin bleu de Prusse fin XIXe, dos à nerf orné, auteur, titre et date dorés, encadrement de filets et pointillés avec fleurons internes en écoinçons, ornements dorés à volutes, double filet sur les plats, coupes et coiffes, le tout doré, contreplats et gardes de maroquin rouge semé de fleurons dorés, dentelle dorée aux contreplats, tranches dorées, couverture et dos conservés.
Illustrée de 12 eaux-fortes et nombreuses vignettes in-texte, toutes par Raphaël Collin. Tirage limité, celui-ci un des 1000 sur vélin de cuve des papeteries du Marais (n°519).
-Les Amours pastorales de Daphnis et Chloé.
Paris, chez Renouard, An XII - 1803.
In-12, XVI-[-8]-171 pp. (marque de l’imprimeur in fine). Maroquin rouge fin XIXe, dos à nerfs ornés de pointillés dorés, auteur et titre dorés, jeu de filets et fleurons encadrant les caissons et les plats, dentelle dorée sur les chasses, tranches dorées.
Édition illustrée d’un frontispice gravé au burin sur acier par Roger d’après Prudhon et un portrait de l’auteur en vignette au titre, gravé par Saint Aubin.
150 - 200 €
° 390
MÉRIMÉE (Prosper).
Carmen.
Paris, Calmann Lévy, 1884.
In-16, [2] ff., 147 pp., planches. Maroquin orangé, dos à 5 nerfs, titre et auteur dorés, date et lieu frappés en queue, caissons ornés, triple doré encadrant les plats, double filet doré sur les coupes et coiffes, dentelle intérieure, tranches dorées sur témoins, couverture conservée [Chambolle Duru] (dos passé, petit frott. sur les coiffes et coins).
Édition illustrée de compositions du peintre chilien Santiago Arcos y Megalde (1865-1912) : un frontispice, 4 vignettes et 4 culs-delampe gravés par Nargeot.
Tirage limité. L’un des 225 exemplaires sur vélin à la cuve du Marais avec les illustrations d’Arcos (n° 196). Il contient toutes les illustrations en 4 état (soit 3 suites).
Bel exemplaire finement établi par Chambolle-Duru , qui lui a conservé toutes ses marges, portant le format à celui d’un in-12 moderne.
300 - 400 €

° 391
PLÉIADE (LA).
Ballades, fabliaux, nouvelles et légendes. Paris, Léon Curmer, 1842. 10 pièces en 1 volume in-8. Maroquin olive de la seconde moitié du XIXe, dos à 5 nerfs ornés d’un pointillé doré, titre doré, caissons et plats bordés de multiples filets dorés, double filet doré sur les coiffes et coupes, contreplats doublés de maroquin fauve bordé d’un encadrement floral doré et mosaïqué, filet et roulette doré, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés [A. Cuzin] (dos très légèrement passé, petits défauts marginaux sur qq. pages). Premier tirage de cette rare et jolie édition romantique. Charmant recueil illustré que Carteret tient pour l’ « un des plus importants du XIXe siècle ».
Il se compose de la réunion de 10 pièces en un volume : I. Burger. - Lénore ; II. Hoffmann. - Le conseiller Krespel ; III. Dickens. - Le baron de Grogzwig ; IV. Emmich. - Geneviève de Brabant ; V. Homère. - Combat des rats et des grenouilles ; VI. Blaze. - Rosemonde ; VII. Savitri. - Episode du Mahabharaba ; VIII. Gavarni. - Madame Acker ; IX. Marie de France. - Lai des deux amants ; X. Tieck. - La Réconciliation.
Avec 10 frontispices, une planche et 68 vignettes in-texte dont des bandeaux, mi-page et culs-de-lampes. Le tout gravé à l’eau-forte par Penguilly, Louis, Soyer, Jacque, Férat, Hébert, Laisné Hans, Delduc, et Gérard, d’après les compositions de Penguilly, Jacque, Daubigny, Pauquet, Jeanron et Trimolet. Exemplaire d’Henri Beraldi, qui offre les particularités suivantes : -Parmi les 10 frontispices, l’un est en triple état et deux en double état.
-L’ouvrage d’Henri Blaze, Rosemonde, comporte un envoi autographe signé de l’auteur.
-Il contient les couvertures de remise en vente à l’adresse de la librairie Baillieu, à la date de 1850, signalées par Vicaire.
Très bel exemplaire joliment relié par Cuzin.
500 - 600 €
PROVENANCE
Henri Beraldi, qui a commandité la reliure, selon monogramme figure dorées en pied du contreplat supérieur ; avec son ex-libris doré sur pièce basane grenat. Carteret, III, 499-504. Vicaire, VI, 704-709.

° 392



[QUINTON (Marie)].
Le Journal de la belle meunière : le général Boulanger et son amie, souvenirs vécus. Paris, E. Dentu, [ca 1895].
In-16, (4) ff., 525 pp., (1) f. Maroquin vieux rose, dos à 5 nerfs saillant, titre doré, caissons ornés aux petits fers et bordés d’un double filet, le tout doré, triple filet doré encadrant les plats, double filet doré sur les coupes et coiffes, contreplats bordés de maroquin orné d’une roulette et double filet dorés, tête dorée, non rogné, couverture originale conservée [M. Ritter] (dos lég. passé).
Édition originale illustrée de 4 planches en noir et d’une vignette d’après des photographies, et de fac-similé à pleine page. Exemplaire sur japon, numéroté 4 à la main avec la griffe de l’éditeur. Agréable reliure originale signée de Ritter dont la teinte est en accord avec l’esprit de l’ouvrage…
150 - 200 €
PROVENANCE
Henri Thuile (1885 - 1960), poète et journaliste français (ex-libris doré).
° 393
RÉGNIER (Mathurin).
Œuvres de Mathurin Régnier, avec les commentaires, revus, corrigés et augmentés… À Paris, chez Th. Desoer, 1822. In-18, (2) ff., XLVIII-402-(1) pp. Maroquin rouge légèrement postérieur, dos à nerfs, titre, lieu et date dorés, caissons et plats bordés d’un double filet à froid, filet doré sur les coupes et coiffes, doublure de maroquin rouge bordée d’une roulette et d’un double filet dorés, tranches dorées sur marbrure [Duru 1848] (accroc au bord de la coiffe de tête, frott. sur les coupes en pied, qq. rousseurs en début de volume).
Très bel exemplaire en maroquin doublé de Duru, daté de 1848. Intéressante édition critique donnée par Viollet-le-Duc qui fait ici paraître pour la première fois, en guise d’introduction, son Histoire de la satire en France . Exemplaire sur papier vergé dont la qualité varie, il est notamment plus fin et écru à partir de la p.181 jusqu’à la fin.
150 - 200 €
PROVENANCE
Auguste Pierre Garnier (1885 - 1966), éditeur et poète, propriétaire de la maison d’Édition Garnier frères (ex-libris gravé) ; possesseur antérieur : petit monogramme ES doré. ° 394
SAINT AUGUSTIN. SAINT-VICTOR (J.M.B. Bins de), trad.
Les Confessions de S. Augustin. Paris, Librairie Grecque-Latine-Française, 1821-1822. 2 forts volumes in-24. Veau glacé bistre de l’époque, dos à nerfs, pièces de titre et tomaison isabelle, filet, roulettes et petit fers dorés, plats encadrés d’une roulette à froid et d’un filet brun, fleurons dorés aux angles, plaque centrale à froid, roulette dorés sur les coupes et à froid à l’intérieur, tranches dorées [Vogel] (plat sup. d’un volume lég. insolé, lég. frott. aux coins en pied, 2 f. courts de marge et un restauré au t.1).
Charmante petite édition portative, illustrée de 2 frontispices gravés. De la Bibliothèque des ducs de La Rochefoucauld au château de La Roche-Guyon (Seine, Oise) avec cachet au titre. Exemplaire dans une élégante reliure romantique signée Vogel. Bel objet.
100 - 150 €
° 395
SOULIÉ (Frédéric). SAHIB.
Le Lion amoureux.
Paris, L. Conquet, 1892. In-16, (2) ff., XIX-170 pp., (1) ff. Maroquin bleu paon, dos à nerfs ornés d’un filet doré, auteur, titre et date dorés, caisson richement ornés de fers dorés avec cercle mosaïqué rouge au centre, triple filet doré bordant les plats, double filet doré sur les coupes et coiffes, deux roulettes et triple filet dorés à l’intérieur, tranches dorées sur marbrure, couverture conservée [L. Magnin] (petits frott. sur les coupes en pied et la coiffe de queue, transfert du front. au titre, très rares rouss.).
Édition précédée d’une notice historique et littéraire par Ludovic Halévy. Illustrée d’un portrait de l’auteur en frontispice et une vignette en tête de chaque chapitre, le tout gravé par Nargeot d’après les dessins du peintre et caricaturiste Louis-Ernest Lesage (1847-1919), dit Sahib.
Tirage limité à 500 exemplaires, un des 350 sur papier de Hollande (n o 376). Enrichi, en fin de volume, d’une autre version de la page 11 avec une vignette différente.
Très belle reliure finement exécutée par Marius Magnin (1860 - 1953), relieur lyonnais.
180 - 200 €
STAAL DE LAUNAY (Marguerite Jeanne Cordier, baronne de). LALAUZE.
Mémoires de Madame de Staal-de-Launay. avec une préface par Mme la Bonne Double…
Paris, Librairie des Bibliophiles, 1890.
2 tomes en 1 volume in-8. Maroquin sapin, dos à nerfs, auteur et titre dorés, double filet doré sur les coiffes et coupes, contreplats bordés de maroquin orné d’un triple filet doré, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés [Bellevallée] (dos un peu passé).
Édition illustrée de 41 eaux-forte d’Adolphe Lalauze, dont un portrait de la baronne de Staal de Launay en frontispice du tome 1, 8 planches, 8 vignettes tête et 24 illustrations in-texte.
Tirage en grand papier limité à 185 exemplaires, un des 20 exemplaires sur Chine (n o 34, 2e papier après 20 japon), contenant les gravures en 2 état dont un sur Chine avant la lettre. Belle reliure en maroquin janséniste et à toutes marges, signée de Bellevallée.
180 - 200 €


° 397
STENDHAL. FOULQUIER.
La Chartreuse de Parme.
Paris, L. Conquet, 1883.
Deux volumes in-4 longs, (2) ff., XXIX-386 pp. et 432 pp., planches. Maroquin vert Véronèse, dos à nerfs saillants ornés d’un filet doré, titre, tomaison, lieu et date dorés, caissons bordés d’un jeu géométrique de plusieurs filets et points dorés, riche double encadrement aux plats composé de multiples filets et points doré, avec bouquets en fleurons aux angles, double filet doré sur les coiffes et coupes, dentelle intérieures, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés [ChambolleDuru] (dos éclaircis, légères taches aux plats du t.2).
Bel exemplaire grand de marges et relié avec élégance par Chambolle-Duru.
Tirage limité à 500 exemplaires, un des 25 de tête sur japon réimposés au format in-8 raisin.
Édition illustrée de 32 eaux-fortes par Valentin Foulquier dont un frontispice, 30 vignettes en-tête et un cul-de-lampe. Avec 3 états des eaux-fortes dont l’eau-forte pure. Prospectus comprenant une eau-forte en 4 états, et 3 pp. d’annonce de nouvelles publications, reliés à la fin du tome II.
400 - 500 €
° 398
TALLEMANT DES RÉAUX.
Les Historiettes de Tallemant Des Réaux. Mémoires pour servir à l’histoire du XVII e siècle. Bruxelles, J. P. Meline, 1834.
6 volumes petits in-12. Veau fauve glacé marbré pastiche, dos à 5 nerfs, pièces de titre et de tomaison fauves et vertes, date frappée en queue, caissons ornés aux petits fers, filet doré sur les plats et coupes, roulette dorée aux chasses, tranches dorées (très légers frottements, rousseurs).
Edition belge parue la même année que l’édition originale parisienne.
Agréable exemplaire dans une jolie reliure non signée.
Étiquette ancienne d’un libraire de Londres, Thos. Beet.
150 - 200 €




° 400

THEURIET (André). LHERMITTE.
La Vie rustique. Compositions et dessins de Léon Lhermitte. Paris, H. Launette et Cie, 1888.
In-4, (4) ff., VIII-236 pp., planches. Maroquin havane de l’époque, dos à 4 nerfs, auteur et titre doré, caissons orné compositions florales dorées et mosaïquées, triple filet doré encadrant les caisson et les plats, double filet sur les coiffes, coiffes guillochées, contreplats bordés de maroquin orné de 4 filets, d’une ligne pointillée et grands fers en écoinçons, le tout doré, doublures et gardes de satin vert bronze brodé à motif floral, deuxièmes gardes papier marbré, couvertures conservées, tranches dorées sur témoins [M. Michel] (dos passé, 2 nerfs lég. frotté, très légères rousseurs marginales p. 60, 82 et 118).
Édition originale.
Ouvrage illustré de compositions de Léon Lhermitte gravées sur bois par Clément Bellanger, dont 26 planches sous serpentes légendées, un frontispice et de nombreux culs-de-lampe, initiales et vignettes.
Exemplaire enrichi d’une belle aquarelle originale sur le fauxtitre, signée d’Hector Giacomelli (1822 - 1904), peintre naturaliste et graveur.
Renferme in fine le prospectus composé de 2 feuillets et d’une planche.
Tirage limité à 300 exemplaires numérotés, un de 25 sur papier vélin de cuve teinté (n°70).
Jolie reliure originale signée de Marius Michel.
500 - 600 €

TILLIER (Claude). SAHIB.
Mon oncle Benjamin.
Paris, L. Conquet, 1881-1882.
2 tomes en 1 vol. in-8. Maroquin marine, dos à nerfs orné d’un filet doré, titre et auteur doré, double encadrement de multiples filets dorés aux caissons et plats, double filet doré sur les coiffes et coupes, contreplats bordés de maroquin orné de six filet dorés, tranches dorées, couvertures et dos conservés [Chambolle Duru] (dos passé ; nerfs, un des caissons, coiffe de tête et 2 coins lég. frottés).
Édition illustrée d’un portrait et de 42 composition du peintre et caricaturiste Louis-Ernest Lesage (1847-1919), dit Sahib, gravées sur bois par Prunaire.
Tirage limité à 200 exemplaires sur grand papier réimposé in-8 : un des 50 exemplaires de tête sur japon blanc (n o 27).
Unique exemplaire enrichi d’une suite de toutes les illustrations (sauf une vignette p. 218) en premier état sur papier fin, et de 46 dessins originaux à l’encre, signés par l’artiste, soit “Sahib”, soit “S”, et placés en regard des planches gravées ; soit toutes les illustrations y compris celles de la couverture, sauf celle du dos et la vignette p. 218.
400 - 500 €
° 401
UZANNE (Octave). AVRIL.
L’ombrelle - Le Gant - Le Manchon.
Paris, A. Quantin, 1883.
Grand in-8, [4]-IV-138 pp., (1) ff., planches. Maroquin tabac, dos à nerfs ornés au pointillé doré, auteur, titre, lieu et date dorés, caissons ornés avec en fleuron un motif d’arc et carquois et bordés d’un triple filet doré, une ligne de pointillés, neuf filets et 1 roulette encadrant les plats, le tout doré, double filet dorés sur les coiffes, coupes guillochées, dentelle intérieure, tranches dorées sur témoins, non rogné, deux couvertures illustrées, dont une de soie rose, et les dos, conservés [Bretault].
Parfait exemplaire dans une délicate reliure originale signée de Bretault.
Édition illustrée d’un frontispice gravé à l’eau-forte par Gaujean, d’une couverture en soie (les lacets n’ont pas été conservés par le relieur) et une autre sur papier japon fin illustrées, et de nombreuses vignettes dans le texte d’après les dessins de Paul Avril.
Un des 100 exemplaires numérotés sur japon, celui-ci justifié “réservé” de la main de l’éditeur et avec sa signature.
Contient un 2e état de toutes les illustrations, tiré sur japon.
Envoi autographe signé de l’auteur “à mon cher collègue des Bibliophiles contemporains”, le nom du destinataire ajouté d’une autre main : « G. de Montoyon ».
400 - 500 €
PROVENANCE
G. de Montoyon ; R. Descamps Scrive (ex-libris doré sur fond bleu). Carteret, Illustrés , 384. Vicaire VII, 923.
Emile ZOLA.
Réunion de 2 titres.
-Une page d’amour.
Paris, Émile Testard, 1895. Grand in-4, (2) ff., 386 pp., planches. Demi-maroquin fauve à coins de l’époque, dos à nerfs saillants, auteur et titre doré, date frappée en queue, décor géométrique de filets doré aux caissons encadrés d’un double filet doré, filet doré au plats, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés (dos très légèrement passé, lég. frott. sur 2 coins en pied, légères rousseurs marginales sur qq. feuilles).
Très belle édition illustrée d’après les dessins de François Thévenot.
Avec 6 planches gravées à l’eau-forte par Louis Muller, et de nombreuses vignettes in-texte gravées sur bois dont des en-têtes, et culs-de-lampe.
Tirage limité à 691 exemplaires numérotés.
Un des 130 sur Chine extra fort, numéroté 125, 2e papier après un unique sur vélin et 10 japon. Enrichi d’une triple suite des 6 eaux-fortes de Muller avec remarque dont deux en noir et une en sanguine, celle-ci signée par le graveur à chaque planche et d’une suite avant la lettre des gravures sur bois.
Enrichi de 11 planches supplémentaires dont un portrait de Zola en frontispice, gravées à l’eau-forte par Albert-Duvivier d’après Édouard Dantan. Ces dernières illustrent l’édition de ce récit publié en 1884 par la Librairie des Bibliophiles et sont tirées sur japon. Bel exemplaire à toutes marges (h 283 mm) et très bien relié. -La Curée. Paris, Émile Testard, 1894.



In-4, (2) ff., 357 pp., planches. Demi-maroquin fauve à coins moderne, dos à nerfs saillants, auteur et titre dorés, date frappée en queue, décor d’un jeu de filets dorés aux caissons encadré d’un double filet doré, filet doré aux plats, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés (dos légèrement passé, très légères rousseurs dans les marges de qq. pages).
Belle édition illustrée d’après les dessins de Georges Jeanniot. Un portrait de Zola en frontispice, 6 planches gravées à l’eau-forte par Louis Muller et de nombreuses vignettes in-texte gravées sur bois dont des bandeaux, mi-pages, culs-de-lampe, une vignette au titre, aux plats et au dos. Tirage limité à 691 exemplaires numérotés. Un des 130 exemplaires sur papier de chine extra fort, n° 43, 3e papier après un unique vélin et 10 japon, numérotés à la presse de 12 à 141. Exemplaire enrichi d’une double suite en noir des 6 eaux-fortes de Muller avec remarques, et d’une suite sur Chine des gravures sur bois. Également enrichi d’un portrait gravé de Zola non signé et tiré sur Chine. Bel exemplaire à toutes marges (h 284 mm) et bien relié.
300 - 400 €

° 403
LIVRES MINIATURES
Lot de 5 titres. Paris, XIXe siècle, tous en bel état.
249.
CHEVIGNÉ (comte de). Les Contes rémois. Épernay, Bonnedame père et fils, 1875. In-4 au format 32 [h110 mm hors reliure], (3)VIII-231 pp., portrait-frontispice, titre et texte en rouge et noir, à toutes marges. Maroquin marine, dos à nerfs, titre, lieu et date dorés, caissons richement ornés aux petits fers, plats décorés d’un double encadrement de triples filets dorés, avec médaillon central au pointillé et fleurons en écoinçons, le tout doré, double filet doré sur les coupes, coiffes guillochées, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure, couverture conservée [Hardy]. Charmante édition miniature illustrée d’un portrait gravé de l’auteur en frontispice, par Varin. Très bel exemplaire sur papier vergé filigrané, relié avec délicatesse et habileté par Hardy. Tirage limité à 651 exemplaires, un des 500 sur vergé. - GRESSET. Ver-Vert, suivi de, La Chartreuse, l’Abbaye et autres pièces.
Paris, chez Laurent et Deberny, 1855. In-32 ou 64 (5,5 x 3,6 cm). Maroquin tabac, dos à nerfs, titre et auteur doré, petit fer motif fleur de lys, plats estampé d’une plaque dorée, jeu de roulette et filet doré a encadrant les contreplats, tranches doré, le tout sous emboitage à imitation de reliure en maroquin vert et dos à nerfs, titre et petits fer doré filet doré encadrant les plat fleurons au coins. Bel exemplaire. Reliure très finement exécutée dans un style compartimenté « à la fanfare » imitant des relieurs comme Florimond Badier au XVIIe. Ex-libris : R.E. Vicaire III, 1133.
- Le Petit Conteur. [Paris], Pinard, [XIXe siècle]. (6,5 x 4,5 cm.), 126 pp. Maroquin sapin, dos lisse, titre et fer doré (dos et plat inf. légèrement passé).
- FLORIAN. Estelle. Paris, Marcilly Aené, [XIXe siècle]. (8,3 x 6 cm.). Différents format de papier (à la forme), 228 pp. Basane fauve, dos lisse, pièce de titre havane, double filet et petit fer doré, filet à froid encadrant les plat tête dorée, couverture bleue conservée. (mq. coin p. 131). 6 hors texte.
- RECUEIL sous emboitage. FLORIAN. Mélanges – MILLEVOYE – VOLTAIRE. Poésies - BERQUIN. Variétés - DEMOUSTIER. Mythologie. Paris, Marcilly, [XIX e siècle]. 5 volumes brochés, couverture homogène sous chemise chagrin fauve, et étui marbré. Imprimé chez Firmin Didot frères.
180 - 200 €

° 404
LOT ÉDITIONS du XIX e . BELLES RELIURES.
-Mme de LA FAYETTE. Histoire de Madame Henriette d’Angleterre, première fame de Philippe de France, duc d’Orleans. Paris, Techener, 1853. In-16 carré, (3)-CXCI pp. sur vergé, titre en rouge et noir, portrait-frontispice. Maroquin rouge du XIXe, dos à nerfs, titre doré, caissons richement ornés et bordé d’un double filet doré, triple filet doré encadrant les plats, double filet doré sur les coiffes et coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées sur marbrure. [Niedrée] (plat inf. très légèrement terni, très légères rousseurs sur qq. pages). Illustrée d’un portrait gravé tiré sur Chine et marouflé. Bel exemplaire de l’éditeur Techener, du premier livre qu’il a fait imprimer, avec cette note autographe : “Exemplaire que j’ai fait relier pour moi. Le premier livre que j’ai fait imprimer.” Exemplaire à belles marges, sur papier coquille, bien relié par Niedrée.
-HURTREL. Les Aventures romanesques d’un comte d’Artois. Paris, George Hurtrel, 1883. In-16 carré, VI-232 pp. Maroquin bordeaux, dos à nerfs, titre doré, date frappée en queue, fleur de lys dorée au centre des caissons et aux angles des plats, double filet doré bordants les caissons, plats, coiffes et coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées, couverture et dos conservés [Champs] (dos un peu passé, taches claires sur la couv.). Récit composé par Alice Hurtrel, d’après un manuscrit du XVe siècle, orné de figures reproduites par Marie, Nordmann, Baude et Gillot (graveurs), Lemercier et Cie (lithographes) et Mouillot d’après des dessins de la BnF dont un frontispice, vignettes en-tête et culsde-lampe en couleurs. Tiré à 60 exemplaires sur Chine, celui-ci numéroté 52 à la main et signé par l’auteur.
-FONTENELLE. LALANDE. Entretiens sur la pluralité des mondes, par Fontenelle. Précédés de l’Astronomie des dames, par J. de La Lande. À Paris, Janet et Cotelle, 1826. In-8, XVI-396 pp. Veau sable, dos à 4 nerfs, plats ornés de filets dorés, pièce de titre veau havane, filets et fleurons à froid, double encadrement sur les plats composé de multiple filet doré et roulette brune, triple filet doré bordant les contreplats, tranches dorées [Bauzonnet] (un coin lég. écrasé, infimes frott. aux plats, rousseurs). Nouvelle édition augmentée de notices biographiques et illustrée de 2 planches gravées par Tardieu.
Agréable exemplaire revêtu d’une reliure originale signée de Bauzonnet.
- Les CAQUETS de l’accouchée. Paris, Librairie des bibliophiles, 1888.
In-8, XXX-226 pp. Maroquin fauve, dos à nerfs, titre doré, caissons orné aux petits fers et bordés d’un double filet doré, encadrement de roulette et filet dorés aux plats et contreplats, fers dorés en écoinçon sur les plats, double filet doré sur les coiffes et coupes, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservé [Cuzin] (papier des suites et des pages en regard, légèrement bruni).
Belle édition illustrée de cette satyre du XVII e siècle restée anonyme. Avec 14 vignettes in-texte dessinées et à l’eau-forte par Adolphe Lalauze dont 8 en-tête et 6 culs-de-Lampes. Tirage limité à 215 exemplaires. Un des 170 sur hollande (no 104), enrichi de 2 suites des gravures, dont l’eau-forte pure. De la Bibliothèque du marquis Robert-l’Espérance Des Acres, marquis de L’Aigle (1843 - 1931), Normandie, homme politique et diplomate, grand chasseur à courre, avec son ex-libris doré sur pièce de cuir.
-MONTAIGNE. Essais. Paris, Furne, 1831. Grand in-8, XIV-583 pp. Veau olive du XIXe, dos 4 faux nerfs ornés de filets dorés, fleurons à froid, auteur et titre dorés, plats ornés d’une grande plaque à froid et bordés de 4 filets dorés avec fleurons angulaires, roulette dorée dorées aux coupes et chasses, tranches dorées, dos restauré [Thouvenin] (dos passé brun, frott. sur les coupes, coins et plats, rares rousseurs).
-MIGNET. Histoire de la Révolution française, depuis 1789 jusqu’en 1814.
Paris, Firmin Didot frères, 1836. 2 volumes in-8, 416 pp. et 374 pp. Demi-maroquin olive à grain long à la Bradel et à coins, dos lisse, titre auteur et tomaison dorés, date frappée en queue, encadrement de multiples filets et petit fleuron révolutionnaire, le tout doré, filet doré sur les plats, non rogné, couv. et dos conservés, des coins restaurés habilement [Carayon] (dos passés, frott. sur les coupes en pied.). Nouvelle édition de l’œuvre majeure de l’historien Mignet, illustrée de 2 portraits gravés de Napoléon et de 24 planches d’après Duplessi-Bertaux.
-BERNARDIN DE SAINT PIERRE. Paul et Virginie. [suivi de] La Chaumière indienne. Paris, Léon Curmer, 1838. 2 parties en 1 vol. grand in-8, LVI- 458 pp. en continu. Demi-chagrin noir de l’éditeur, dos lisse orné d’un grand fer à motif oriental, titre doré, tranches dorées (qq. ff. un peu déréglés, brunissures en marge des pl., qq. taches éparses).
Magnifique édition ; des plus belles productions de l’époque romantique. Réunit Paul et Virginie et La Chaumière indienne , précédés d’une étude de Sainte-Beuve sur Bernardin de SaintPierre. « La perle des livres illustrés du XIXe siècle » (Brivois). Illustré de 29 planches sur Chine appliqué, dont le frontispice et nbses vignettes dans le texte dessinées puis gravées sur bois.
7 portraits hors texte gravés sur acier par Cousin, Pelée, Pigeot et Revel d’après Lafitte, Johannot et Meissonier, et une carte coloriée de l’Île de France (Île Maurice) gravée par Dyonnet. Vicaire, VII, 42-68.
-UCHARD. Mon oncle Barbassou. Paris, Lemonnyer, 1884. In-8, 311 pp. Demi-maroquin prune à coins, dos lisse orné d’un décor mosaïqué, auteur et titre dorés, date frappé e en queue, tête dorée, non rogné [Canape] (dos passé, frott. très lég. aux mors, qq. rousseurs sporadiques). illustrée de 40 compositions par Paul Avril , à l’eau-forte par lui-même, dont titre-frontispice et une vignette au titre. Tiré à 1000 exemplaires : un des 125 sur japon, (n° 129, 2e papier après 50 autres japon), contenant une suite des eauxfortes avant la lettre, dans l’état terminé avec le nom de l’artiste à la pointe-sèche. Étiquette ex-libris à monogramme surmonté d’une couronne ducale ou princière, fin XIXe
-CLARETIE. La Canne de M. Michelet, promenades et souvenirs. Paris, L. Conquet, 1886. In-8, IV-236 pp. Demi-maroquin rouge à coins, dos à nerfs saillants ornés d’un pointillé doré, auteur et titre dorés, date frappée en queue, double filet doré encadrant les caissons ornés, filet doré aux plats, tête dorée, couverture et dos conservés. [Bretault]. Édition originale de ce recueil de nouvelles sur la Révolution de 1870. Illustrée de 12 compositions du peintre Paul-Léon Jazet (1848 - 1918), hors-texte, à l’eau-forte par Toussaint et un portrait de l’auteur par Burney d’après Ulmann en frontispice. Tirage limité à 1000 exemplaires. Un des 150 de tête, celui-ci sur japon n° 71 avec griffe de l’éditeur ; contient le portrait et les planches en 2 états. Bel exemplaire grand de marges (h 228 mm) dans une parfaite reliure de Bretault.
400 - 500 €
° 405
LOT LITTÉRATURE. RELIURES de BLANCHETIÈRE.
-CAZOTTE. Le Diable amoureux. Paris, Librairie des bibliophiles, 1883. In-8, LXXVII-126 pp. à grandes marges. Maroquin rouge de l’époque, dos à nerfs saillants ornés d’un pointillé doré, caissons richement ornés de fers dorés, plats encadrés de 3 filets dorés, contreplats bordés de maroquin orné de multiples filets dorés, doublures et gardes de satin moiré rouge, deuxième garde de papier marbré, double filet doré sur les coiffes et coupes, couv. et dos conservés, tranches dorées sur témoins [Blanchetière]. Édition illustrée précédée d’une introduction par Gérard de Nerval. L’illustration se compose de sept planches dessinées et gravées par Adolphe Lalauze dont un portrait de Cazotte en frontispice.
Tirage de luxe limité à 220 exemplaires réimposés au format in-8, et parmi ceux-ci, un des 20 sur papier Whatman (n° 42 ; 3e papier après 10 japon et 20 Chine), contenant un 2e état des gravures, avant la lettre. Bel exemplaire dans une reliure originale parfaitement exécutée par Blanchetière. Vicaire I, 590.
-LESAGE. Le Diable boiteux. Paris, Librairie des Bibliophiles, 1880. 2 volumes in-8, XV-196 pp. et 224 pp., planches. Maroquin rouge, dos à nerfs saillants, titre, auteur et tomaison dorés, lieu et date frappées en queue, caissons ornés, triple filet doré encadrant les caissons et les plats, contreplats bordés de maroquin ornés de filets dorés, double filet doré aux coupes et coiffes, doublures et gardes de soie moirée grenat, deuxième garde de papier marbré, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés [H. Blanchetière] (mouill. dans les marges de qq. p. du t.2, papier jauni, qq. f. brunis). Édition illustrée de neuf eaux-fortes par Adolphe Lalauze, dont un portrait de l’auteur en frontispice du tome 1. Tiré à 220 exemplaires numérotés : un des 170 sur hollande (n o 169), enrichi d’une suite avant la lettre. Exemplaire revêtu d’une reliure originale signée de Blanchetière parfaitement exécutée.
200 - 300 €
° 406
LOT CONTES, SATYRES et POÉSIES.

-BOILEAU-DESPRÉAUX Œuvres Poétiques. Paris, Hachette et Cie, 1889.
Petit in-folio carré. XXXI-473 pp. Demi-maroquin lie de vin à coins postérieure, dos à nerfs, titre doré, plats de papier à la cuve, tête dorée, première de couverture sur papier bleu conservée coupée et remontée sur papier fort de même couleur (un accroc au premier nerf, discret frottement au papier sur les plats). Belle reliure très bien exécutée mais signature effacée. Édition tirée à 201 exemplaires, celui-ci (n°92) un des 100 sur Japon impérial avec les gravures en noir. Complet des 23 planches, sous serpentes titrées, frontispice, 6 dans le texte, de Edmond LechevallierChevignard (1825-1902), gravé par L. Flameng, un cul-de-lampe et 5 bandeaux. Gravures à l’eau-forte.

3 volumes in-8. Maroquin rouge postérieur, dos à nerfs saillants, titre, auteur et tomaison dorés, lieu et date frappés en queue, caissons ornés avec tête de fou en fleurons, triple filet doré bordant les plats, triple filet doré aux plats, double filet dorés aux coupes et coiffes tranches dorées, double garde soie grenat et papier marbré, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés [H. Blanchetière] (frott. sur les nerfs du t.1, et très léger sur les coiffes de queue).
Illustrée de 10 eaux-fortes d’après Flameng, dont un frontispice. Tiré à 220 exemplaires numérotés et réimposés in-8, un des 20 sur sur Whatman (n°37), contenant avec les gravure en double épreuve dont une avant la lettre. Vicaire, VII, 403.
-Ch. PERRAULT. Les Contes. Paris, Librairie des bibliophiles, 1876. 2 volumes in-16, 113 pp. et 183 pp., sur vergé. Maroquin brun époque, dos à nerfs, titre et tomaison dorés, lieu et date frappés en queue, caissons ornés aux petits fers, triple filet doré encadrant les plats, double filet doré aux coupes, coiffes guillochées, roulette intérieure, tranches dorées [E. Petit] (petits frott. aux mors, coupes de pied et coins, transferts des pl., légère oxydation du papier). Suivie d’une Dissertation sur les contes de fées par le baron Walckenaer. Avec 12 eaux-fortes en noir dessinées et gravées par Lalauze, dont le portrait de l’auteur en frontispice. Exemplaire non justifié sur vergé écru. -STRAPAROLA. Les Facétieuses nuits… Paris, Librairie des Bibliophiles, 1882. 4 volumes petits in-12. Demi-maroquin fauve à coins époque, dos à nerfs, pièces de titre et tomaison havane, date frappée en queue, caissons ornés aux petits fers, double filet doré au dos et aux plats, tête dorée, non rogné [L. Pouillet] (légers frott. sur les coiffes et mors, qq f. du t.3 brunis, lég. saliss. au titre du t. 4). Édition très soignée des Piacevoli notti , traduits de l’italien par Louveau et Larivey. Illustré de 14 planches dont 4 frontispices gravés à l’eau-forte par Eugène-André Champollion d’après les dessins de J. Garnier De la collection de la Petite Bibliothèque Artistique, tirée à petit nombre. Exemplaire sur vergé.
- TASTU. Poésies nouvelles. Paris, Denain et Delamare, [ca 1835]. In-16, 378 pp. Chagrin rouge époque, dos lisse, auteur et titre dorés, grands fers dorés, filet doré aux coupes, coiffes guillochées, double filet à froid encadrant les plats, grande plaque dorée filigranée centrale, roulette à l’intérieur, tranches dorées, coins habilement restaurés (très légers frott. sur les coiffes et coupes, rousseurs discrètes sur qq. pages, déch. sans manque p. 157 et 169).
Titre gravé sur bois par Porret, 3 planches gravées par Mague d’après Tony Johannot, par J. Sands d’après H. Meville et par Lemaitre. Nombreuse vignettes en tête de pages. Jolie reliure romantique.
-SCARRON. Le Roman comique. Paris, Librairie des Bibliophiles, 1880.
-HOFFMANN. Contes fantastiques, tirés des frères de Sérapion et des contes nocturnes. Paris, Librairie des Bibliophiles, 1883. 2 volumes in-8, 306 pp. et 308 pp. Demi-chagrin poli marine à coins de l’époque, dos à nerfs, titre et tomaison dorés, lieu et date en queue, caissons ornés de petits fers dorés, filet doré aux plats, tête dorée, non rogné [Canape-Belz] (dos un peu passé, petits frott. aux coupes en pied, petite fente marg. p.289, légers transferts des gravures). Nouvelle édition de la célèbre traduction de LoèveVeimars avec une préface de Brunet. Illustrée de 11 eaux-fortes par A. Lalauze, dont un portrait de Hoffman en frontispice. Tiré à 270 exemplaires, un des 170 sur hollande filigrané, non justifié. Bel exemplaire joliment relié par Canape-Belz.
-NODIER. Écrin d’un conteur. Choix de contes. Paris, Charpentier, 1887.
In-32, 369 pp., sur vergé. Demi-maroquin gris-bleu à coins, dos à nerfs saillants ornés d’un pointillé doré, auteur, titre et date dorés, caissons ornés aux petits fers et bordés d’un double filet doré, filet doré aux plats, tête dorée, non rogné [Champs]. (dos légèrement terni, qq. rouss. sur les planches). Édition portative soignée, de la collection « Petite Bibliothèque Charpentier ». Illustrée de 2 dessins de Ferdinandus gravés à l’eau-forte par F. Massé. Un des 50 exemplaires sur Hollande (n° 33), avec les planches en 2 états, dont un avant la lettre.
-LACROIX. Bibliophile Jacob. Contes…à ses petits-enfants. Paris, Louis Janet, [1831]. 2 volumes petit in-2, XLXII-299 pp. et 344 pp. Basane fauve mouchetée époque, dos lisse orné, pièces de titre et de tomaison vertes, plats bordés d’une roulette dorée, filet doré aux coupes, tranches marbrées, dos et coiffes restaurés (frott. aux coins coupes et coiffes, qques rousseurs, planches brunies par la gomme). Édition originale illustrée de 6 lithographies hors-texte, dont 2 frontispices, et de 2 vignettes de titre gravées sur bois par Porret d’après Johannot. Exemplaire dont les planches ont été coloriées et gommées ce qui est très rare, Vicaire ne mentionnant que 3 exemplaires mis en coloris (sur grand papier). Vicaire, IV, 815.
400 - 500 €

° 407
LOT MAXIMES ET PHILOSOPHIE. ÉDITIONS JOUAUST.
- [LA SALLE]. Les Quinze joyes de mariage. Paris, Jouaust, Librairie des Bibliophiles, 1887. In-8, XLIV-226 pp. Maroquin citron, dos à nerfs, titre doré, lieu et date frappés en queue, caissons ornés de fleurons dorés et mosaïqués, double encadrement de triples filets dorés sur les plats avec fleurons mosaïqués aux angles, double filet doré sur les coiffes et coupes, dentelle intérieure dorée, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés [Champ] (dos un peu ternie, mors légèrement frottés, un nerf et coiffe inférieure légèrement frottés). Belle édition illustrée de 15 vignettes en têtes de chapitres, et 6 culs-de-lampe, le tout gravé à l’eau-forte par Adolphe Lalauze. Tirage limité à 215 exemplaires : un des 15 exemplaires de tête sur papier de Chine fort (no 9), réimposé in-8°, contenant deux suite avant la lettre dont une non signalée à la justification. Une des suites de la première vignette est signée par l’artiste.
- de MAISTRE. Voyage autour de ma chambre, suivi de L’Expédition nocturne. Paris, Jouaust, Librairie des bibliophiles, 1877. Petit in-12, XXXVIII-184 pp. sur vergé. Demi-maroquin rouge à coins, dos à nerfs, titre, auteur et date dorés, caissons ornés aux petits fers, filet doré sur les plats, tête dorée, non rogné [V. Champs] (infimes frott. aux coins, tache pâle au fx-titre et garde inf., marque du signet p. 80-1). Édition illustrée de six planches gravées sur acier par Edmond Hédouin d’après ses compositions dont un portrait de l’auteur en frontispice. Le texte est orné de lettrines gravées sur bois. Exemplaire sur papier vergé écru, très bien relié par Champs. -MONTESQUIEU. Lettres Persanes. Paris, Jouaust, Librairie des bibliophiles, 1886. 2 vol. in-16, XVIII-214 pp. et 262 pp., sur vergé. Demi-maroquin citron à coin, dos à nerfs pièce de titre et tomaison havane, date frappée en queue, caissons ornés d’un fleuron central havane mosaïqué entouré de petits fers dorés, double filet doré bordants les caissons et plats, tête dorées, couverture conservée [Meers Engel]. (dos un peu ternis, intérieur frais, qq. transferts de pl.). Bel exemplaire. L’illustration se compose de 9 planches gravées par Émile Boilvin, dont un portrait en frontispice de Montesquieu d’après Saint-Aubin, les autres d’après les dessins d’Émile de Beaumont. Le texte est orné de bandeaux et de lettrines gravés sur bois. Exemplaire sur Hollande non justifié.
150 - 200 €
° 408
LOT Librairie des Bibliophiles. RELIURES d’AFFOLTER.
-ROUSSEAU (Jean Jacques). La Nouvelle Héloïse. Paris, Librairie des Bibliophiles, 1889. 6 volumes petit in-12. Demi-maroquin havane à coins moderne, dos lisse orné au long à motif géométrique, titre, auteur et tomaison dorés, date frappé en queue, filet doré sur les plats, tête dorée, couverture et dos conservés [P. Affolter] (dos très légèrement passés). Illustré d’un frontispice d’après Latour, de 6 planches par Edmond Hédouin gravées par lui-même et Toussaint et de 12 composition de Lalauze dans le texte. Tiré à petit nombre, celui-ci sur vergé non justifié.
-LOUVET DE COUVRAY (Jean-Baptiste). AVRIL. Les Amours du chevalier de Faublas. Paris, Librairie des Bibliophiles (Petite Bibliothèque Artistique), 1884. 5 volumes petit in-12. Demi-maroquin vieux-rose à coins, dos lisse orné avec en un couple d’oiseaux en fleurons central, titre, tomaison et date dorés, filet doré sur les plats, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés [P. Affolter] (dos légèrement foncés, petit accroc sur une coiffe de tête, rousseurs discrètes sur qq. p. du t.4). Édition illustrée de 16 planches gravées à l’eau-forte, dont un frontispice, par Monziès, d’après les dessins de Paul Avril. Préface d’Hippolyte Fournier.
120 - 150 €



409
PICASSO. BUFFON, G.-L. Leclerc, comte de. Eaux-fortes originales pour des textes de Buffon. Paris, Martin Fabiani, 26 mai 1942. Petit in-folio. (2) ff., 155 pp. et (3) ff. En feuilles sous chemise de vélin grège à grands rabats avec titre imprimé en noir au plat, sous chemise cartonnée de papier éditeur imitation chagrin ciel, Buffon en doré au dos, le tout sous emboitage cartonné gris muet (emboitage usé, très légère oxydation du papier, qques décharges (titre), tranches légèrement ternies).
Complet des 31 superbes aquatintes “au sucre”, eaux-fortes et pointes sèches originales de Pablo Picasso. Tirées en noir par R. Lacourière et imprimées par Fequet et Baudier, sous serpentes.
Tirage limité à 226 exemplaires. Un des exemplaires sur papier vélin filigrané de Vidalon, celui-ci n°149.
Texte imprimé en rouge et noir.
“Après le succès du Chef-d’œuvre inconnu , Ambroise Vollard décide d’entreprendre un autre livre avec Picasso : Histoire naturelle réunissant un choix de textes de Buffon. Picasso commença à y travailler en février 1936. En juin de la même année, la quasi totalité des planches gravées par Picasso dans les ateliers de Lacourière étaient prêtes. Mais Vollard meurt en juillet 1936 et c’est son associé et successeur, Martin Fabiani, qui se charge alors d’éditer l’ouvrage qui ne sera imprimé qu’en juillet 1942” (Cramer).
10 000 - 15 000 €

° 410
BERTRAND (Louis).
Cardénio. L’homme aux rubans couleur de feu. Paris, Librairie Ollendorff, [1922].
In-16, (2) ff., 308 pp., (2) ff. Maroquin brun, dos lisse, auteur et titre dorés, date frappée en queue, contreplats bordés de maroquin décoré d’un filet à froid, doublures et gardes de satin moiré beige, deuxième garde de papier peint original, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés [Huser] (mors et coiffe de queue très légèrement frottés).
Édition originale joliment reliée.
Un des 60 exemplaires sur papier de hollande réimposés in-16 (58 x 80 mm), celui-ci numéroté 8.
Exemplaire unique enrichi de six charmantes aquarelles originales hors-texte, signées “Jean-Paul Delhumeau”, qui représentent les principaux personnages du livre en costumes.
180 - 200 €
° 411
CARCO (Francis). CHAS LABORDE.
Les Innocents.
Paris, La Renaissance du Livre, 1921.
In-4, (3) ff., 225 pp., planches. Maroquin rouge, dos à 4 nerfs saillants, auteur et titre dorés, contreplats bordés de maroquin décoré de filets dorés et à froid, doublures et gardes de satin rouge, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés [Barnicaud] (dos légèrement passé, un nerf frotté).
Édition illustrée de 12 planches en héliogravure d’après les dessins de Chas Laborde.
Tirage limité à 500 exemplaires : un des 15 sur japon (n° 9, 2e papier après un unique sur Chine), contenant une suite en noir sur japon. Signature de Carco à la justification.
Bel envoi autographe signé de l’auteur, « à Henry Lavoisier, en le remerciant d’aimer ce livre », avec dessin original à l’encre noire, d’un profil d’homme fumant.
Bel exemplaire bien relié.
300 - 400 €
PROVENANCE
Henry Lavoisier (destinataire de l’envoi) ; F. Van Antwerpen (étiquette ex-libris).


° 412
CASANOVA (Giacomo). SAUVAGE. Une Aventure de Casanova. Paris, Franzier-Soye et P. Haasen, 1926. 2 volumes in-4, (8)-155-(5) pp. et (8)-123-(6) pp. Maroquin violet moderne, dos à 4 nerfs saillants ornés de pointillés doré, auteur, titre et tomaison dorés, lieu et date frappées en queue, caissons ornés de fers et double filet dorés, triple filet doré encadrant les plats et double filet doré sur les coiffes et coupes, doublure de maroquin fauve décoré d’un semé de satyres dorés sur médaillons mosaïqués, fers dorés en écoinçons, double garde de satin moiré violet et de papier marbré, tranches dorées sur témoins non rogné, mors restaurés en tête [H. Blanchetière] (dos passés fauves, mors frottés par endroits, mors inf. du t. 2 fendillé, un très petit trou touchant 2 lettres p. 155 t.1).
Bel exemplaire dans une fine reliure originale signée de Blanchetière , aux doublures offrant un décor de satyres en parfaite adéquation avec l’esprit du texte.
Édition illustrée de 33 compositions de Sylvain Sauvage gravés à l’eau-forte avec la collaboration de E. Feltesse ; dont 10 horstexte, un faux-titre, un titre, et 3 planches dans chaque volume ainsi que 23 vignettes in-texte dont 12 en-tête et 11 à pleine page. Tirage limité à 543 exemplaires. Un des 75 sur vélin d’Auvergne réimposés au format in-4 couronne (no. XXXIX). Avec les gravures en couleurs, au repérage, et contenant une suite en noir et 66 planches de décompositions des couleurs.
« Édition recherchée et appréciée, surtout en grand papier » (Carteret, Illustrés , IV, 92).
400 - 500 €

° 413
COPPÉE (François). MALATESTA. Le Passant, comédie en un acte et en vers. Paris, F. Ferroud, 1920.
In-12 carré, 45 pp. Maroquin rouge moderne, dos à 4 nerfs saillants, auteur et titre dorés, date frappée en queue, filet doré sur les coiffes et coupes, contreplats bordés de maroquin rouge décoré d’un triple filet et petits fers aux angles, le tout doré, doublures et gardes de satin rouge, deuxième garde de papier marbré, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés [Conil-Septier] (dos très légèrement terni, très légers frott. aux nerfs).
Édition très soignée dont le texte est calligraphié, enluminé et historié par le peintre et poète Henri Malteste, dit Malatesta (1869 - 1920). Elle est illustrée de 13 gravures de Malatesta coloriées au pochoir dont 2 vignettes sur la couverture, une vignette de titre, un frontispice, 3 planches, 3 en-têtes et 3 culs-de-lampe. Bel exemplaire dans une jolie reliure de Conil-Septier. Tiré à 1525 exemplaires : un des 30 exemplaires de tête sur japon (n° 3), contenant une aquarelle originale signée par Malatesta de son monogramme, et 4 états des compositions : l’état définitif, un état en noir, un état en bleu, et un état en couleurs avec remarques.
150 - 200€
PROVENANCE
Marquis A. de Marchena avec son ex-libris armorié gravé, XIXe
° 414
FARRÈRE (Claude). SCHULZ.
Mademoiselle Dax jeune fille. Paris, Jonquière, 1922.
In-8, (2) ff. bl., 272 pp. Maroquin havane moderne, dos à 5 nerfs saillants, auteur et titre dorés, décor de filets dorés et à froid au centre des plats, doublure de box orangé bord à bord, gardes de daim cognac, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés, étui bordé en maroquin [J. Mode] (petits frott. sur 2 nerfs). Illustré de 14 vignettes in-texte de Léon Schulz dont une au titre et 5 bandeaux, un frontispice, 4 à pleine page et 3 culs-de-lampe.
Tiré à 1180 exemplaires, un des 50 exemplaires de tête sur japon impérial (n° 23).
Bel exemplaire dans une reliure signée Mode. 130 - 150 €
° 415
GIRAUDOUX (Jean).
Sodome et Gomorrhe. Paris, Grasset, 1943.
Fort in-12 carré, 164 pp. Maroquin cerise, dos à nerfs, auteur et titre dorés, date frappée en queue, encadrement de multiples filets dorés formant une figure géométrique aux plats, contreplats bordés de maroquin orné d’un triple filet doré et d’un listel de maroquin rouge, doublures et gardes de peau retournée bordeaux, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés, étui maroquin assorti [J. Mode] (dos passé, taches marginales aux gardes et premiers feuillets jusqu’à la p.7).
Édition originale.
Illustrée d’un frontispice en couleurs d’après un dessin de Christian Bérard.
Tirage limité. Un des 8 exemplaires sur papier japon nacré, premier grand papier, spécialement réservés pour la librairie Blaizot (n° 3).
Bel exemplaire dans une reliure signée.
180 - 200 €


° 416 LYDIS. MARCO POLO.
Le Livre de Marco Polo gentilhomme vénitien 1271-1295.

Paris, Les Cent une, 1932. Grand in-4, (5) ff. dont 3 blancs, 200-(1) pp., (2) ff. dont 1 blanc, sur Arches des Vosges filigrané. Demi-maroquin grenat moderne, dos lisse, titre doré, filet à froid sur les plats, doublures et gardes de papier velours gris perle, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés (une planche semble en déficit, la partie dépliante de la carte est mobile et renforcée au verso).
Remarquable illustrations de l’artiste.
Édition illustrée de 8 planches gravées à l’eau-forte en couleurs par Mariette Lydis et tirées en couleurs dont un frontispice et une carte dépliante en couleurs très décorative de la cité de Mien signée à la mine de plomb par Lydis ; nombreuse lettrines gravés dont trois lettrines illustrées, une au début de chaque livre.
Bel exemplaire à grandes marges imprimé sur papier vélin au filigrane des « Cent Une ».
Le tirage a été limité à 101 exemplaires numérotés en chiffres romain et 10 exemplaires numérotés en chiffres arabes. Celui-ci est numéroté LXXIV.
Carteret, Illustrés , IV, 322.
300 - 400 €




° 417
LOTI (Pierre). BECQUE, Maurice de.
Le Mariage de Loti. Paris, Lemercier, 1927.
In-4, (3) ff., 208 pp. Demi-chagrin noir postérieur, dos à 5 nerfs, titre et auteur dorés, tête dorée, non rogné, couverture conservée (taches en tête de la couverture).
Édition illustrée de 30 compositions de Maurice de Becque, mises en couleurs par J. Saudé, dont 19 hors-texte et 1 frontispice.
Tirage limité à 285 exemplaires numérotés, un des 18 hors commerce, n° IX, sur papier vélin Lafuma, contenant l’état définitif des illustrations.
Bel exemplaire.
300 - 400 €
° 418
MAETERLINCK (Maurice). GIRALDON.
La Vie des abeilles. Paris, Ferroud, 1918.
Grand in-8, 256 pp., (1) f. Demi-maroquin bordeaux, dos à 5 nerfs saillants, auteur et titre dorés, tête dorée, non rogné, couverture conservée (dos légèrement passé).
Édition commencée en 1914, interrompue par la guerre et terminée en 1918. Illustrée de 8 planches gravées sur bois en couleurs par Ernest Florian d’après les dessins d’Adolphe Giraldon dont un frontispice, et de 7 vignettes en tête.
Toutes les pages de texte sont ornées d’un cadre décoratif gravé sur bois.
Tirage limité à 1212 exemplaires, un des 100 sur japon impérial (n°143), contenant les bois en deux état dont une suite en noir sur papier de Chine.
Bel exemplaire.
« Edition recherchée et cotée » Carteret, IV, 259. ART NOUVEAU.
200 - 300 €


° 419
RADIGUET (Raymond). BÉCAT. Le Diable au corps. Paris, Georges Guillot, 1957. In-4, 182 pp. Demi-maroquin rouge moderne, dos à 4 nerfs saillants, auteur et titre dorés, tête dorée, non rogné, couverture conservée.
Édition précédée d’une préface inédite de Jean Cocteau et illustrée de 16 compositions en couleurs de Paul-Emile Bécat : un frontispice et 15 à pleine page ; tirées par Louis Duval et coloriée à la main par Jean et Paulette Monnier.
Tirage limité à 1000 exemplaires numérotés, l’un des 940 sur vélin de Rives à la forme (n° 847) avec une suite en noir des illustrations sur vélin. Bel exemplaire.
200 - 300 €
° 420
SAND (George). ROBAUDI. François le Champi. Paris, L. Carteret, 1905. Grand in-8, [2] ff., XX-184 pp., [2] ff. Demi-maroquin bordeaux récent, dos à 5 nerfs saillants, titre et auteur dorés, tête dorée, couverture et dos conservés (dos légèrement passé, petit frott. aux coins, intérieur frais).
Édition illustrée de 31 gravures au burin et à l’eau-forte par Henri Manesse d’après les compositions originales d’Alcide Robaudi, dont 26 planches hors texte.
Tirage limité à 300 exemplaires, un des 100 sur japon et vélin du Marais (celui-ci sur japon, n o 92), contenant une suite des gravures sur japon avant la lettre.
Prospectus, illustré d’une planche, relié in fine.
180 - 200 €
° 421
SHAKESPEARE. LEGRAND.
Les Tragédies de Shakespeare. Paris, Union Latine d’Éditions, 1939.
5 volumes petit in-4. Demi-maroquin prune à coins moderne, dos à 4 nerfs saillants, auteur et titre dorés, tête dorée (dos légèrement passé, petit frott. aux dos de 3 vol.).
Réunion de dix tragédies de Shakespeare traduites de l’anglais par Suzanne Bing et Jacques Copeau, Titus Andronicus, Roméo et Juliette, Jules César, Hamlet, Othello, Macbeth, Antoine et Cléopâtre, Le Roi Lear, Coriolan, Timon d’Athènes
L’illustrations se compose de 242 dessins à pleine page d’Edy Legrand, reproduits par Daniel Jacomet illustrant les personnages et de nombreuses scènes de chaque tragédie. Tirage limité. Un des 70 exemplaires sur japon nacré (n°13).
Très bon exemplaire.
150 - 200 €



° 422
WILDE Oscar. SCHMIED.
Deux Contes. Paris, Schmied, 1926.
Sous chemise à doublure de peau kaki avec dos lisse et titre doré de même avec plat de sycomore à rabats le tout sous emboitage de même, 2e et 3e garde de veau bronze, plein box fauve aux plats souligné d’un entrecroisement de 3 filets dorés et 2 au second plat, orné d’une plaque émaillée, contreplats de box, tranches dorées, couverture illustrée et dos conservés (un coin un peu frotté à l’emboitage, bords légèrement salis, dos très légèrement griffé et subtilement terni, qques petites décharges, 1 ff blanc avec discrètes piqures et un froissement latéral).
Très bel exemplaire, établi par François-Louis Schmied (1873 - 1941) dans une magnifique reliure contemporaine en box fauve signée Annick Butré. Tirage limité à 162 exemplaires numérotés, imprimés sur papier vergé. Celui-ci n°112. Signé au crayon par Schmied au colophon. Exemplaire enrichi d’un ornement incrusté à la reliure, très belle plaque émaillée en couleurs (6,2 x 9,7 cm) au premier plat, reproduisant le motif de Schmied (en frontispice, au recto de la justification).
L’ouvrage a entièrement été monté sur onglets. Avec l’ornement sur bois en couleurs avec rehauts dorés au frontispice, 5 gravures sur bois en couleurs (dont le bois gravé de la couverture et 4 hors-texte) 2 vignettes pour chaque table, un ornement au titre et les magnifiques bois ornementaux en couleurs in-texte, de F.-L. Schmied, en bandeaux verticaux au premier conte et horizontaux au second.
Édition du Prince heureux et du Rossignol et la rose , contes d’Oscar Wilde, extraits du recueil de 1888, The Happy Prince and others tales , dans la traduction d’Albert Savine. Carteret, Illustrés , 408.
3 000 - 4 000 €


° 423
LOT ILLUSTRÉS MODERNES. EDITIONS FERROUD.


auteur et titre dorés, date frappée en queue, tête dorée, couverture conservée (dos lég. passé).
-GEBHART. Les Trois rois. Paris, Ferroud, 1919. Grand In-8, 54 pp. Demi-maroquin havane moderne, dos à nerfs, auteur et titre dorés, filet à froid bordant les nerfs et les plats, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés (dos passé). Édition illustrée de 37 compositions de Serge de Solomko coloriées, dont une couverture illustrée, frontispice et vignettes in-texte : 9 à pleine page, une au titre et certaines en-tête. Tirage à 1000 exemplaires numerotes. Un des 100 exemplaires sur vélin d’Arches ou japon (2e papier, celui-ci sur japon n° 85) paraphé par l’éditeur, avec une suite en noir reliée in fine, les suites des illustrations a pleine pages avec remarques.
-Mme de LA FAYETTE. La Princesse de Clèves. Paris, Ferroud, 1925. In-8, 220 pp. Demi-maroquin tabac moderne, dos à nerfs, auteur et titre doré, filet à froid bordant les nerfs et les plats, tranches dorées (dos légèrement passé, intérieur frais). Édition illustrée de nombreuses compositions en couleurs dans le texte par Serge de Solomko, dont 1 frontispice, 8 illustrations à pleine page, ainsi que des vignettes et culs-de-lampe. Un des 75 exemplaires sur japon impérial (n° 85). Accompagné d’une double suite en couleur et en noir avec remarques.
- Anatole FRANCE. Le Miracle de la Pie. Paris, Ferroud, 1921. In8, 46 pp. Demi-maroquin havane à coins, dos à 4 nerfs saillants, auteur et titre doré, filet à froid aux plats, couverture conservée, tête dorée, non rogné (dos légèrement passé, petite taches marginales sur 2 pl. de suite). Édition illustrée de 18 compositions en couleurs de Maurice Lalau dont une vignette au titre, un frontispice, et 16 vignettes in-texte (4 à pleine page et 5 en-tête). Exemplaire hors commerce justifié HC sur japon impérial et paraphé par l’éditeur. Enrichi d’une suite des gravures en noir avec remarques sur papier de Chine.
- Anatole FRANCE. Frère Joconde. Paris, Ferroud, 1923. In-12, 79 pp. Demi maroquin brun, dos à 5 nerfs saillants, auteur et titre doré, tête dorée, couv. et dos conservés, témoins conservés (dos passé). Édition illustrée de nombreuses compositions de Léon Lebègue coloriées au pochoir, dont des vignettes et des lettrines, un frontispice, quatre illustrations à pleine page rehaussée de bords dorés. Tirage limité à 1500 exemplaires numérotés sur papier du japon ou vélin, celui-ci sur japon réservé à l’éditeur Ferroud, avec sa signature.
Illustrations en 4 états : l’état définitif, une suite en couleurs, une suite en bleu, une suite en noir ; et un gravure refusée.
-Anatole FRANCE. Le petit soldat de plomb. Paris, Ferroud, 1919. In-16, VII-36 pp. Demi-maroquin fauve à bandes, dos lisse,
Édition illustrés de compositions de Gustave Adolphe Mossa , en couleurs dans le texte, dont 4 à pleine page. Tiré à 1500 exemplaires : 1 des 200 sur japon ou vélin contenant deux etats des figures dont un etat et noir avec remarque, celui-ci sur japon n° 157. -SAMAIN. Hyalis le petit faune aux yeux bleus. Paris, Ferroud, 1918. In-8, 59 pp. Demi-maroquin havane moderne, dos à nerfs, auteur et titre dorés, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés (dos passé). Édition illustrée de 57 compositions dans le texte de Gustav-Adolf Mossa, coloriées à la main par Eugène Charpentier, dont une couverture et un faux-titre illustrés, un frontispice, une vignette au titre, 6 illustrations à pleine page, de nombreuses vignettes en en-tête, culs-de-lampe et lettrines.
Tirage à 1020 exemplaires: un des 55 sur japon impérial (n o 37, 2e papier après 25 grand japon) paraphé par l’éditeur, contenant trois état des illustrations l ‘état définitif, et deux suites, la premiere en noir sur papier de chine, la deuxieme en couleur avec remarques avant la lettre.
180 - 200 €
° 424
LOT LITTÉRATURE. RÉÉDITIONS ILLUSTRÉES.
-RABELAIS. Gargantua. Pantagruel.
A Paris, Éditions du Rameau d’Or, [1950]. 3 volumes in-4. Demimaroquin fauve, dos à 4 nerfs saillants, auteur, titre et tomaison dorés, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés (dos légèrement passés, légères rousseurs sur qq pages du tome 3). Édition illustrée de 166 aquarelles de Henry Lemarié reproduites au pochoir dans l’atelier de Maurice Beaufumé dont des vignettes en-tête et à mi-page. Tirage limité à 800 exemplaires sur vélin d’Arches à la forme, celui-ci numéroté 152.
-DICKENS . David Copperfield. Casablanca, Les Bibliophiles Africains, 1948.
3 vol. in-4. Demi-maroquin brun de l’époque, dos à 4 nerfs, auteur, titre et tomaison dorés, filet à froid sur les plats, couverture conservée (dos légèrement passé). Édition illustrée de 176 compositions de Berthold Mahn reproduites en fac-similé, dont 64 à pleine page et 112 en-têtes ou cul-de-lampes.
Exemplaire numéroté.
120 - 150 €

° 425
LOT ILLUSTRÉS MODERNES.
-DUHAMEL. Les Plaisirs et les jeux. A Bruxelles, Éditions du Nord, 1951. In-8 carré, 229 pp. Demi-maroquin aubergine, dos à nerfs, auteur et titre dorés, tête dorée, couverture et dos conservés (dos très lég. passé). Tiré à 1251 exemplaires, un des 50 sur japon Mitsu (n° 14). Avec l’état définitif en couleurs, une suite en couleur sur velin blanc (13 pl.) et une suite en noire sur vélin (13 pl.) des gravures sur bois de Nelly Degouy.
-PHILIPPE. Bubu de Montparnasse. Paris, Coulet & Faure, 1958. In-4, 155 pp. Demi-maroquin fauve moderne, dos à nerfs, auteur et titre dorés, tête dorée, non rogné, couverture conservée (dos un peu passé). Illustrée de 71 croquis d ’Albert Marquet . Tirage limité à 835 exemplaires. Un des 35 sur papier de japon nacré (no 35). Roman « de trottoir » dépeignant le « milieu », ses filles et ses souteneurs, la violence et les boulevards au début du siècle. Là où la misère écrase et l’argent tue, le héros nous fait vivre une histoire d’amour fou entre un homme et une prostituée.
-de GOURMONT. Lettres d’un satyre. Paris, Crès (Les Maîtres du Livre), 1913. In-16, 200 pp. Maroquin orangé, dos à nerfs orné, auteur et titre dorés, lieu et date en queue, filets dorés avec fleurons angulaires sur les caissons et plats, double filet doré sur les coiffes et coupes, contreplats bordés de maroquin orange orné d’un cadre de filets dorés, doublures et gardes de satin bordeaux, deuxième garde de papier marbré, tranches dorées sur témoins,
couverture et dos conservé [E Maylander R.D.] (dos un peu bruni, infimes frott. sur la coiffe et les coins en pied). Édition originale illustrée d’un frontispice gravé sur bois par Vibert. Enrichi d’une suite gravée sur bois tirée sur Chine d’André Deslignières (probablement édition Plicque 1922), de 35 planches ; toutes signées par l’artiste au crayon. Aussi sur une planche un petit dessin original signé. Bel exemplaire relié par Maylander.
-ERCKMANN-CHATRIAN . Madame Thérèse. Paris, Carteret, 1925. Fort in-8, (4) ff., 322 pp. (2) ff. blancs. Demi-maroquin havane moderne, dos à nerfs saillants, auteur et titre dorés, tête dorée, couverture et dos conservés, non rogné (dos passé, nerfs frottés, bordures de la pl. 56 et p. 232 brunies, pl. face p.232 en partie jaunie, taches très pâles sur la suite de la vignette à la couverture). Illustrée de 21 dessins de Julian-Damazy gravés à l’eau-forte, mis en coloris.
Soit 18 planches et des illustrations in-texte dont une vignette à la couverture et au titre, une en tête, et un cul-de-lampe. Texte orné de 13 lettrines illustrées gravées sur bois et rehaussées de couleurs. Tirage limité à 400 exemplaires. Un des 100 sur papier du japon (n° 41), contenant une suite des eaux-fortes en noir avec remarques également sur japon.
200 - 300 €
La SAS AGUTTES (« AGUTTES ») est un opérateur de ventes volontaires aux enchères publiques, déclaré auprès du Conseil des maisons de vente et régi par les articles L.321-4 et suivants du Code de commerce. En cette qualité AGUTTES agit comme mandataire du vendeur qui contracte avec l’adjudicataire.
Les présentes Conditions Générales de Vente (« CGV ») régissent les rapports entre AGUTTES et les enchérisseurs pour les ventes aux enchères publiques et les ventes de gré à gré organisées par AGUTTES. En participant à une vente aux enchères organisée par AGUTTES, y compris par l’intermédiaire d’une plateforme en ligne, l’enchérisseur accepte d’être lié par les présentes CGV. En s’enregistrant pour participer aux enchères et/ou en enchérissant lors d’une vente, l’enchérisseur accepte d’être lié par les présentes CGV. Il lui est donc recommandé de les lire attentivement.
Les CGV pourront être modifiées occasionnellement à la discrétion d’AGUTTES.
Les Conditions Particulières de Vente relatives à une certaine vente et contenues dans le catalogue de vente peuvent également être modifiées par écrit et/ou oral par AGUTTES préalablement à la vente. Ces modifications seront mentionnées au procès-verbal de la vente. En tant qu’opérateur de ventes volontaires, AGUTTES est assujetti aux obligations listées aux articles L.561-2 14° et suivants du Code Monétaire et Financier relatifs à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, qu’il est tenu de faire respecter.
MENTIONS PARTICULIÈRES DANS LE CATALOGUE
Les mentions particulières figurant dans le catalogue ont les significations suivantes : + Lots faisant partie d’une vente judiciaire à la suite d’une ordonnance du Tribunal Judiciaire assortis d’honoraires acheteurs à 14.40 % TTC ; ° Lots dans lesquels AGUTTES ou un de ses partenaires a des intérêts financiers ;
* Lots en importation temporaire : soumis à des frais de 5,5 % TTC du prix d’adjudication pour les œuvres et objets d’art, de collection et d’antiquité (20 % pour les vins et spiritueux, les bijoux et les multiples), à la charge de l’acquéreur en sus des frais de vente et du prix d’adjudication. Ces frais peuvent être exonérés sur présentation de documents douaniers attestant que le lot a été réexporté hors Union Européenne dans les délais légaux et conformément aux nouvelles dispositions de la réforme de la TVA entrée en vigueur le 1er janvier 2025 ;
¤ Biens vendus sous le régime général de la TVA (sur la totalité) ;
# Lots visibles uniquement sur rendez-vous ; ~ Lots fabriqués à partir de matériaux provenant d’espèces animales. Des restrictions à l’importation sont à prévoir ; = Lots dument identifiés et soumis à caution.
Description des lots : Les indications portées au catalogue réalisées par AGUTTES et son expert sont effectuées sur la base des éléments fournis et des connaissances existant le jour de la rédaction du catalogue. Seules les indications en langue française engagent AGUTTES. Elles peuvent faire l’objet de modifications ou de rectifications jusqu’au moment de la vente par écrit ou oral. Ces modifications seront consignées au procès-verbal de la vente, lequel aura force probante. Les traductions sont libres.
Aucune autre garantie n’est apportée par AGUTTES, étant rappelé que seul le vendeur sera tenu à la garantie des vices cachés et à l’éventuelle garantie légale de conformité (exclue pour les biens d’occasion). Un certificat d’authenticité du lot ne sera disponible que si mentionné dans la description du lot. Les dimensions, poids et autres renseignements des lots sont donnés à titre indicatif avec une marge d’erreur raisonnable. Les conversions en unité impériale (inches) sont fournies à titre informatif et sont libres.
Les restaurations effectuées à titre conservatoire, n’altérant pas le caractère original du lot, notamment en ce qui concerne l’ancienneté et le style, et n’apportant aucune modification au caractère propre du lot ne seront pas mentionnées dans le descriptif.
L’absence d’indication d’une restauration, d’un accident, d’un manque ou d’un incident dans le catalogue ou les rapports de condition, n'implique nullement que le lot soit exempt de tout défaut présent, passé ou réparé. Inversement, la mention de quelque défaut n’implique pas l’absence de tous autres défauts. Seules les dispositions du catalogue pourront constituer un fondement valable à engager la responsabilité d’AGUTTES. Les déclarations ou promesses formulées oralement par un représentant d’AGUTTES mais ne figurant pas dans le catalogue ne sauront en aucun cas constituer un fondement valable à engager la responsabilité d’AGUTTES.
État des lots : Les lots sont vendus dans l’état dans lequel ils se trouvent au moment de la vente avec leurs imperfections et leurs défauts. Les lots étant des biens d’occasion, aucune garantie ne peut être offerte par AGUTTES concernant leur état. Il revient aux acheteurs potentiels de s’assurer personnellement de la condition de l’objet.
Les références à l’état d’un lot dans un catalogue, une image, une description ou dans un rapport de condition (fourni à titre indicatif) ne pourront être considérées comme une description exhaustive de l’état dudit lot. Les descriptions, les rapports de condition, ainsi que les photographies des lots quant à leur état sont fournis uniquement à titre indicatif et ne peuvent en aucun cas remplacer l’examen personnel du lot par l’enchérisseur préalablement à la vente dans les conditions mentionnées ci-après. Les rapports de condition et les photos seront envoyés sur demande et à titre indicatif.
Exposition des lots : Les enchérisseurs potentiels sont expressément invités à examiner personnellement les lots et la documentation disponible avant la vente lors d’un rendez-vous privé ou de l’exposition publique préalable à la vente afin de vérifier l’état des lots. Il leur est conseillé de se faire accompagner par un expert du secteur concerné par la vente pour apprécier de manière détaillée l’état des biens.
Reproduction des lots : Tous les défauts et imperfections des lots ne sont pas visibles sur les photographies des lots reproduites dans les catalogues, en ligne ou sur tout support de communication. Les photographies peuvent ne pas donner une image entièrement fidèle de l’état réel d’un lot et peuvent différer de ce que percevra un observateur direct (taille, coloris, etc.).
Estimations : Les estimations sont fondées sur l’état des connaissances techniques, la qualité du lot, sa provenance, son état et le cours du marché au jour de l’estimation. Elles sont fournies à titre purement indicatif et ne peuvent être considérées comme une garantie que le lot sera vendu au prix estimé. Les enchérisseurs sont informés que les estimations peuvent fluctuer en fonction des évolutions du marché et des caractéristiques particulières du lot.
Rapports de condition : Des rapports de condition, photos complémentaires et documents afférents aux lots sont disponibles sur demande jusqu’à 24 heures avant la vente. Ils doivent être consultés avant d’enchérir.
Inscription à la vente
Important : le mode normal et prioritaire pour enchérir consiste à être présent dans la salle de vente.
À titre de service complémentaire, AGUTTES offre aux acheteurs potentiels d’autres moyens d’enchérir, moyennant une inscription préalable au plus tard à 18 heures le dernier jour ouvré avant la vente :
- Par téléphone : Toute personne aura la possibilité de s’inscrire auprès de bid@aguttes.com pour porter ses enchères à voix haute par téléphone pendant la vente. L’ordre devra avoir été communiqué par écrit, à l’aide du formulaire dûment rempli, de coordonnées bancaires, d’une copie de la pièce d’identité de l’enchérisseur et de son Kbis. AGUTTES accepte gracieusement de recevoir les enchères par téléphone. L’enchérisseur potentiel devra avoir reçu un mail de confirmation préalable de la part d’AGUTTES pour être appelé.
- Sur ordre d’achat : Toute personne aura la possibilité de transmettre des ordres d’achat à AGUTTES. L’ordre devra avoir été communiqué par écrit à l’aide du formulaire dûment rempli et de coordonnées bancaires, d’une copie de sa pièce d’identité. AGUTTES accepte gracieusement de traiter ces ordres. En cas de demande par mail à bid@aguttes.com , l’enchérisseur devra avoir reçu un e-mail de confirmation de la part d’AGUTTES. Aucun ordre illimité ne sera retenu. Si AGUTTES reçoit plusieurs ordres d’achat pour des montants d’enchères identiques sur le même lot, l’ordre le plus ancien sera préféré.
- En ligne via les plateformes Live : Toute personne aura la possibilité de s’inscrire auprès de diverses plateformes Live pour participer à distance, par voie électronique, aux ventes aux enchères. L’enchérisseur via le Live est informé que les frais facturés par ces plateformes seront à sa charge exclusive et s’additionneront à la commission d’achat. Les frais des plateformes sont habituellement les suivants* :
• 1,80%TTC pour Drouot Digital,
• 3%TTC pour Invaluable,
• 3%TTC pour 51Bidlive,
• 1,8%TTC pour Interenchères sur tous les lots (à l’exception des automobiles, facturés 72€ TTC par véhicule).
Procédure d’identification des enchérisseurs : Au regard de ses obligations en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du
* Ces % peuvent évoluer, aussi il appartient à l’utilisateur d’une plateforme de les vérifier avant d’enchérir
terrorisme (LCB-FT), les acquéreurs potentiels sont invités à se faire connaître auprès d’AGUTTES afin de permettre l’enregistrement de leurs données personnelles. AGUTTES se réserve le droit de demander, à son entière discrétion, à tout enchérisseur potentiel : - personne physique, de justifier de son identité et personne morale, de fournir un extrait Kbis de moins de 3 mois (étant précisé que seul le représentant légal de la société ou toute personne dûment habilitée pourra enchérir), - et, en tout état de cause, d’effectuer un déposit et communiquer ses références bancaires ainsi que l’origine des fonds reçus au regard des obligations en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT).
Tous les lots vendus seront facturés au nom et à l’adresse du donneur d'ordre et aucune modification postérieure ne pourra être faite après l’adjudication.
L’enchérisseur est réputé agir en son nom propre et s’engage à régler personnellement et immédiatement le lot. Il sera seul responsable de l’enchère portée sauf information préalable de sa qualité de mandataire dans les conditions indiquées ci-après. Toute fausse indication engagera la responsabilité de l’adjudicataire. En cas de manquements aux procédures d’identification et aux obligations de LCB-FT, AGUTTES se réserve la possibilité d’interdire à l’enchérisseur de porter les enchères, d’annuler ou de résilier la vente du lot.
Caution : Pour certains ventes ou lots dûment identifiés, AGUTTES se réserve le droit de demander aux potentiels enchérisseurs de verser avant la vente une caution d’un montant déterminé, ainsi que toutes autres garanties et/ ou références bancaires jugées nécessaires. Il est demandé aux enchérisseurs de contacter AGUTTES au plus tard trois jours ouvrés avant la vente afin de procéder à la vérification des garanties données. Les dépôts de garantie sont à effectuer en euros par virement ou carte bancaire sur : https://www.aguttes.com/depot-caution Dans le cas où l’enchérisseur ne serait pas adjudicataire lors de la vente, AGUTTES procèdera au remboursement de la caution perçue dans un délai de 5 jours ouvrables après la vente, sans intérêts sous réserve de tout droit de compensation. L’enchérisseur reconnait et accepte que seront à sa charge exclusive les éventuelles pertes engendrées par les variations des taux de change ou les frais bancaires liés à ce transfert.
Mandat par un tiers : Tout enchérisseur est censé enchérir pour son propre compte et est tenu pour seul responsable de l’enchère. L’enchérisseur disposant d’un mandat devra informer AGUTTES de l’existence de celui-ci lors de la procédure d’identification et d’enregistrement et produire une copie du mandat et tous autres documents sollicités par AGUTTES. Dans un tel cas, l’enchérisseur et le mandant seront solidairement responsables.
Direction de la vente : Le commissaire-priseur dirige la vente en veillant à la liberté et à l’égalité entre les enchérisseurs, tout en respectant les usages établis par la profession. Le commissaire-priseur assure la police de la vente et se réserve le droit d’interdire l’accès à la salle de vente à tout enchérisseur potentiel pour justes motifs. Il se réserve le droit de refuser toute enchère, d’organiser les enchères de la façon la plus appropriée, de déplacer, retirer, réunir ou séparer tout lot de la vente.
Adjudication : Le plus offrant et le dernier enchérisseur sera l’adjudicataire, tous moyens admis confondus (ordre, internet, téléphone, sur place, etc.). L’adjudication se matérialise par le prononcé du mot « Adjugé » lequel forme le contrat de vente entre le vendeur et l’adjudicataire. Chaque lot est identifié avec un numéro correspondant au numéro qui lui est attribué sur le catalogue de la vente. Il est interdit aux vendeurs d’enchérir directement sur les lots leur appartenant. En cas de « double-enchère » simultanée reconnue effective par le commissairepriseur, le lot sera remis en vente, tous les enchérisseurs présents pouvant concourir à cette deuxième mise en adjudication.
Rétractation : Chaque enchère portée et chaque adjudication sont définitives. Chaque enchère engage celle ou celui qui l’a portée, étant rappelé que l’adjudicataire ne peut se rétracter qu’il soit en salle, au téléphone, en ligne ou sur exécution de son ordre d’achat.
Transfert des risques et de la propriété : Le transfert de propriété et des risques entre le vendeur et l’adjudicataire s’opère par le prononcé du mot « adjugé » par le commissaire-priseur. AGUTTES décline toute responsabilité quant aux pertes et dommages que les lots pourraient subir à compter de l’adjudication, l’adjudicataire devant faire assurer les lots acquis dès l’adjudication.
Commission d’achat : L’adjudicataire devra s’acquitter en sus du prix d’adjudication, par lot, des honoraires acheteurs applicables à chaque lot. Le mode de calcul des honoraires acheteurs pour les différentes catégories de lots est précisé ci-après (cf. article VI - CONDITIONS PARTICULIÈRES).
Outre le prix d’adjudication et les honoraires acheteur, l’adjudicataire devra régler toutes les taxes incluant la TVA ainsi que les éventuels frais de dossier, de manutention et de stockage ainsi que toutes les autres sommes qui seraient dues en cas de retard de paiement mentionnées ci-après.
Les acquéreurs via les plateformes Live paieront, en sus des enchères et des frais acheteurs, une commission complémentaire qui sera intégralement reversée aux plateformes (cf. article II- LA VENTE : Inscription à la vente).
Conditions de paiement : Le paiement des sommes dues devra être effectué « comptant » par l’adjudicataire, dès l’adjudication. Le paiement est effectué en euros. Les commissions bancaires éventuelles sont à la charge de l’adjudicataire et ne sont pas déduites des sommes dues. Si l’adjudicataire n’est pas présent physiquement lors de la vente, il recevra sa facture par courriel.
Retard de paiement et pénalités : Aucun délai de paiement ne sera accordé à l’acheteur sauf accord exprès du vendeur. Tout délai de paiement accordé par le vendeur entrainera l’application des pénalités suivantes qui seront acquises à AGUTTES et s’ajouteront aux montants prévus ci-dessous pour l’adjudicataire défaillant, à savoir :
- Si le délai de paiement est inférieur ou égal à 3 mois à compter de la vente : 3% HT soit 3,6%TTC du montant total du bordereau acheteur
- Si le délai de paiement est supérieur à 3 mois à compter de la vente : 5% HT soit 6%TTC du montant total du bordereau acheteur.
TVA : Le taux de TVA est de 20% (ou 5,5% pour les livres). Par principe, les lots non marqués seront vendus sous le régime de la TVA sur la marge. La commission d’achat et les frais annexes seront majorés d’un montant tenant lieu de TVA, lequel ne sera pas mentionné séparément dans nos bordereaux.
Par exception, et à la demande du vendeur, le régime général de la TVA pourra être appliqué pour les biens mis en vente par un professionnel de l’UE. Ces biens seront marqués par le signe ¤.
Cas de remboursements possibles de TVA à l’acquéreur :
- Le professionnel de l’Union Européenne, (i) sur communication de son numéro de TVA intra-communautaire et (ii) fournissant la preuve de l’export du lot depuis la France vers un autre État membre ;
- Le non-résident de l’Union Européenne sur communication (i) du document douanier d’export hors Union Européenne sur lequel AGUTTES figure comme expéditeur (ii) dans un délai de 3 mois suivant la date de vente aux enchères ou la date d’obtention de la licence d’exportation.
Modalités de règlement : Les moyens de paiement légaux acceptés (les paiements par carte bancaire ou virement étant vivement recommandés) :
- Virement bancaire : provenant du compte de l’acheteur et indiquant le numéro de facture :
IBAN FR76 3006 6109 1300 0203 7410 222 – BIC CMCIFRPP
Titulaire du compte AGUTTES
Domiciliation CIC PARIS ETOILE ENTREPRISES
178 RUE DE COURCELLES - 75017 PARIS
- Espèces : en vertu des articles L.112-6 et D.112-3 du Code monétaire et financier : (i) jusqu’à 1000 € pour les résidents fiscaux français ou les personnes agissant pour les besoins d’une activité professionnelle ; (ii) jusqu’à 15 000 € pour les particuliers qui ont leur domicile fiscal à l’étranger (sur présentation de passeport et de justificatif de domicile) ;
- Carte bancaire sur le terminal ou à distance (sur https://www.aguttes.com/ paiement-en-ligne). Les frais bancaires, qui oscillent habituellement entre 1 et 2,5%, ne sont pas à la charge de l’étude. Les paiements fractionnés en plusieurs fois pour un même lot avec la même carte ne sont pas autorisés ;
- Chèque (en dernier recours) : Sur présentation de deux pièces d’identité. Aucun délai d’encaissement n’est accepté en cas de paiement par chèque. La délivrance ne sera possible que vingt jours après le paiement. Les chèques étrangers ne sont pas acceptés.
Conformément à ses obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme en application de l’article L.561-2 du Code Monétaire et Financier, AGUTTES se réserve le droit d’obtenir un justificatif des fonds. En tout état de cause, en cas de paiement par un tiers, des justificatifs sur le lien avec le tiers payeur devront être fournis par l’adjudicataire. AGUTTES se réserve le droit de refuser le paiement en espèces effectué par un tiers.
Adjudicataire défaillant : À défaut de paiement comptant par l’adjudicataire, le bien pourra être remis en vente sur réitération des enchères à la demande du vendeur conformément à la procédure de l’article L.321-14 du Code de commerce. Si le vendeur ne formule pas cette demande dans un délai de trois mois à compter de l’adjudication, la vente sera résolue de plein droit. En tout état de cause, l’adjudicataire défaillant ne peut invoquer la résolution du contrat pour se soustraire aux obligations qui sont les siennes.
Responsabilité de l’adjudicataire défaillant : Dans tous les cas l’acquéreur défaillant sera tenu, du fait de son défaut ou retard de paiement, de payer à AGUTTES :
• En cas de revente sur procédure de réitération des enchères, (i) la moins-value subie par le vendeur du fait de la deuxième vente, (ii) la perte d’honoraires subies par AGUTTES, (iii) les frais engagés pour cette deuxième vente ;
• Tous les frais et accessoires engagés par AGUTTES relatifs au recouvrement des factures impayées (incluant les frais d’avocat, les frais administratifs et tous autres frais liés au recouvrement), ainsi que les dommages et intérêts permettant de compenser le préjudice subi par AGUTTES ;
• Les pénalités de retard calculées en appliquant des taux d’intérêt au taux directeur (taux de refinancement ou Refi) semestriel de la Banque centrale européenne (BCE) en vigueur, majoré de cinq points sur la totalité des sommes dues ; Les dommages et intérêts permettant de compenser le préjudice subi par AGUTTES (frais, honoraires et commissions d’achat, TVA, stockage, etc.).
AGUTTES se réserve la possibilité de : Communiquer le nom et les coordonnées de l’acquéreur défaillant au vendeur afin de permettre à ce dernier de faire valoir ses droits ; Conserver à titre de dommages et intérêts toutes les sommes qui auraient été versées par l’adjudicataire préalablement à l’annulation de la vente ; Procéder à l’encaissement de la caution versée par l’adjudicataire, à titre de compensation avec toutes les sommes dues par l’adjudicataire et / ou à titre de dommages et intérêts ;
Exercer ou faire exercer tous les droits et recours, notamment le droit de rétention, sur tout bien de l’acquéreur défaillant dont AGUTTES aurait la garde jusqu’au règlement complet par ledit acquéreur, et saisir les tribunaux compétents pour recouvrer les sommes dues ;
• Procéder à la compensation de tout montant dû à l’adjudicataire avec tout montant impayé par l’adjudicataire concernant un lot ou tout dommage subi par AGUTTES à la suite d’une violation des présentes CGV par l’adjudicataire ;
• Interdire à l’adjudicataire défaillant d’enchérir dans les prochaines ventes organisées par AGUTTES ou bien de subordonner la possibilité d’y enchérir au versement d’une provision préalable ;
• Procéder à l’inscription de l’adjudicataire défaillant sur un fichier des mauvais payeurs partagé entre les différentes maisons de vente adhérentes. AGUTTES est en effet adhérent au Registre central de prévention des impayés des Commissaires-priseurs auprès duquel les incidents de paiement sont susceptibles d’inscription. Les droits d’accès, de rectification et d’opposition pour motif légitime sont à exercer par le débiteur concerné auprès du Symev 15, rue Freycinet 75016 Paris. AGUTTES est également adhérente du service Témis permettant la consultation et l’alimentation du fichier des restrictions d’accès aux ventes aux enchères. Aguttes se réserve le droit d’inscrire au fichier Témis l’adjudicataire défaillant ou son représentant, ayant pour conséquence de limiter la capacité d’enchérir de l’adjudicataire défaillant auprès des Opérateurs de vente volontaires adhérents et de lui interdire l’utilisation de la plateforme Interenchères. En outre, AGUTTES se réserve le droit de bloquer l’accès de l’adjudicataire défaillant à la plateforme Drouot et à d’autres plateformes de vente en ligne partenaires.
Retrait et stockage des lots : Un lot adjugé ne pourra être délivré à l’acheteur qu’après paiement intégral du bordereau d’achat et de toutes les sommes / pénalités qui seraient dues par l’adjudicataire, encaissés sur le compte bancaire d’AGUTTES. En conséquence, dans le cas où le bordereau acheteur comporterait plusieurs lots et en cas de paiement partiel du bordereau acheteur et/ou à défaut de
paiement total ou partiel des autres sommes/pénalités dues par l’adjudicataire, aucun des lots inclus dans le bordereau acheteur ne sera délivré par AGUTTES à l’adjudicataire. Tous les lots seront délivrés à l’adjudicataire le jour du paiement total du bordereau acheteur et des sommes/pénalités dues par l’adjudicataire. Les lots seront délivrés à l’acquéreur en personne après présentation de tout document prouvant son identité ou au tiers qu’il aura désigné et à qui il aura confié une procuration originale et une copie de sa pièce d’identité. Le retrait des lots est réalisé aux frais et aux risques de l’adjudicataire uniquement.
Les lots qui n’auront pas été retirés le jour même après la fin de la vente seront à enlever sur rendez-vous par l’acheteur auprès de la personne mentionnée à cet effet sur la page de contacts qui se situe au début du catalogue. Le lieu de délivrance sera indiqué dans l’email accompagnant l’envoi de la facture.
Les frais de stockage applicables sont mentionnés ci-après (cf. article VICONDITIONS PARTICULIÈRES).
Revente des lots payés et non récupérés : Dans le cas où un ou des lot(s) adjugé(s) et payé(s) en cours d’une vente aux enchères n’aurai(ent) toujours pas été enlevé(s) par l’acquéreur dans les délais convenus dans les « conditions particulières » ciaprès et que les frais de stockage, de garde et de conservation applicables en viendraient à dépasser la valeur d’adjudication du ou des lot(s), AGUTTES se réserve la possibilité de les vendre afin de se rembourser l’intégralité des frais lui étant dus.
L’État français peut exercer sur toute vente publique ou de gré à gré de biens culturels un droit de préemption. L’État dispose d’un délai de 15 jours à compter de la vente publique pour confirmer l’exercice de son droit de préemption et se subroger à l’acheteur. À défaut d’une confirmation écrite par l’État de son intention d’exercer ce droit dans le délai imparti, la vente sera considérée comme définitive et irrévocable.
Dans le cas d’un bordereau acheteur libellé à une adresse à l’étranger, il est précisé que certains lots sont assujettis à des formalités d’exportation (demandes de certificat pour un bien culturel, licence d’exportation). Ces lots ne pourront être délivrés qu’à un transitaire dûment habilité. Les formalités sont du ressort de l’acquéreur et peuvent requérir un délai de 4 mois. AGUTTES est à la disposition de ses acheteurs pour les orienter dans ces démarches ou pour transmettre les demandes à l’administration concernée. Cependant, AGUTTES ne pourra être tenu responsable des retards, refus ou autres décisions administratives défavorables, ni de tout manquement à la réglementation en matière d’exportation. Les délais d’exportation ou les refus de l’administration ne pourront en aucun cas justifier une absence ou un retard de paiement par l’acheteur, ni entraîner une annulation ou modification de la vente. L’acquéreur est seul responsable de l’ensemble des formalités et des délais administratifs applicables, qu’il s’engage à respecter.
VI- CONDITIONS PARTICULIÈRES
1 - CALCUL DES HONORAIRES ACHETEURS
L’adjudicataire devra s’acquitter, en sus du prix d’adjudication, par lot, des honoraires acheteurs suivants :
- Pour les ventes des départements Montres, Art impressionniste & moderne, Tableaux & Dessins anciens, Design, Mobilier & Objet d’art, Haute époque, Collections, Cartes de collection, Sports, Mode & Maroquinerie (honoraires dégressifs) :
• 25% HT + TVA au taux en vigueur soit 30%TTC sur les premiers 900 000 € ;
• 23% HT + TVA au taux en vigueur soit 27,6%TTC au-delà de 900 001 € ;
- Pour les ventes des départements Bijoux & Perles fines, Art contemporain, Peintres & Arts d’Asie, Automobilia (honoraires dégressifs) :
• 26 % HT + TVA au taux en vigueur soit 31,2 %TTC sur les premiers 900 000 € ;
• 23 % HT + TVA au taux en vigueur soit 27,6 %TTC au-delà de 900 001 € ;
- Pour les ventes des départements Violons & Archets, Vins & Spiritueux :
• 21% HT + TVA au taux en vigueur soit 25,2%TTC ;
- Pour les ventes de livres et manuscrits bénéficiant d’une TVA réduite :
• 25% HT soit 26,37% TTC ;
- Pour les ventes du département Automobiles de collection (honoraires dégressifs) :
16% HT + TVA au taux en vigueur soit 19,2%TTC sur les premiers 900 000 € inclus ;
12% HT + TVA au taux en vigueur soit 14,4 %TTC au-delà de 900 001 €.
2- FRAIS DE STOCKAGE
Le stockage des biens ayant fait l’objet d’une adjudication dans le cadre d’une vente aux enchères ou d’une vente de gré à gré qui ne seraient pas enlevés par l’acheteur à l’expiration d’un délai de 15 jours suivant la vente (jour de vente inclus), sera facturé comme suit (chaque journée ou semaine commencée étant due) :
- Bijoux et / ou articles d’horlogerie : 30€ HT / jour de stockage ;
- Vin : 1 € HT / col et par jour, sans préjudice des frais éventuellement appliqués par iCave ;
- Véhicules : frais de stockage et de transport forfaitaires de 350 € HT, augmentés d’un montant de 40 € HT / jour à partir du mercredi suivant la vente inclus ;
- Autres lots : 3 € HT / jour pour les lots de moins de 1 m 3 et 5 € HT / jour pour les lots de plus de 1 m 3
3- OBJETS MÉCANIQUES ET ÉLECTRIQUES
Les objets mécaniques ou électriques proposés à la vente par AGUTTES sont exclusivement proposés à titre décoratif. En tant que biens d’occasion, AGUTTES ne certifie en aucun cas leur état de fonctionnement et n’offre aucune garantie quant à leur performance. Nous recommandons aux acheteurs de venir voir les lots lors des expositions publiques avec un expert en la matière, et de faire vérifier le mécanisme électrique ou mécanique par un professionnel avant toute mise en marche.
4- MONTRES ET HORLOGES
Les articles d’horlogerie que nous vendons sont tous des biens d’occasion, ayant pour la plupart subi des réparations engendrant le remplacement de certaines pièces qui peuvent alors ne pas être d’origine. AGUTTES ne donne aucune garantie sur l’authenticité, la condition, ou le caractère original des composants d’un article d’horlogerie.
Les horloges peuvent être vendues sans pendules, poids ou clés et sauf mention expresse contraire, leur présence n’est pas garantie. Les bracelets de montres peuvent ne pas être d’origine et ne pas être authentiques. Les montres de collection nécessitent un entretien général et régulier : des réparations ou révisions peuvent s’avérer nécessaires. Toutes ces réparations et révisions et tous les contrôles d’état de fonctionnement sont à la charge exclusive de l’acheteur, AGUTTES n’offrant aucune garantie sur leur bon état de marche. AGUTTES recommande aux acheteurs de faire vérifier les montres par un horloger qualifié avant toute utilisation.
5- BIJOUX, PIERRES, OR ET MÉTAUX PRÉCIEUX
Certains lots contenant de l’or, du platine ou de l’argent peuvent être soumis à un contrôle par le bureau de garantie territorialement compétent afin de les soumettre à des tests d’alliage et de les poinçonner préalablement à la vente. AGUTTES n’engage en aucun cas sa responsabilité sur les conclusions du bureau de garantie.
Les pierres précieuses de couleur (comme les rubis, les saphirs et les émeraudes) peuvent avoir été traitées pour améliorer leur apparence, par des méthodes telles que la chauffe ou l’huilage. Ces méthodes sont admises par l’industrie mondiale de la bijouterie mais peuvent fragiliser les pierres précieuses et/ou rendre nécessaire une attention particulière au fil du temps.
Tous les types de pierres précieuses peuvent avoir été traités pour en améliorer la qualité. L’acheteur peut solliciter l’élaboration d’un rapport de gemmologie pour tout lot, dès lors que la demande est adressée à AGUTTES au moins deux semaines avant la date de la vente, et que l’acheteur s’acquitte des frais afférents.
AGUTTES ne fait pas établir de rapport gemmologique pour chaque pierre précieuse mise à prix dans ses ventes aux enchères. L’absence de certificat ne garantit pas que les pierres n’ont pas été traitées. Lorsqu’AGUTTES fait établir de tels rapports auprès de laboratoires de gemmologie internationalement reconnus, lesdits rapports sont mentionnés et décrits au catalogue. En raison des différences d’approches et de technologies, les laboratoires peuvent ne pas être d’accord sur le traitement ou non d’une pierre précieuse particulière, sur l’ampleur du traitement ou sur son caractère permanent. Les laboratoires de gemmologie signalent uniquement les améliorations ou les traitements dont ils ont connaissance à la date du rapport qui reflète leur opinion. AGUTTES ne garantit pas et n’est aucunement responsable des rapports ou certificats établis par un laboratoire de gemmologie qui pourrait accompagner un lot.
6- MOBILIER
Sans mention expresse indiquée dans le descriptif du lot, la présence de clés n’est aucunement garantie. L’acheteur reconnaît que l’absence de clé ne peut en aucun cas justifier un refus de paiement ou une réclamation.
7- ESPÈCES VÉGÉTALES ET ANIMALES PROTÉGÉES
Les objets composés partiellement ou entièrement de matériaux provenant d’espèces de flore et de faune en voie d’extinction et/ou protégées sont marqués par le symbole ~ dans le catalogue. Le législateur impose de règles strictes pour l’utilisation commerciale de ces matériaux, en particulier en ce qui concerne le commerce de l’ivoire.
Les acheteurs sont informés que l’importation de tout bien composé de ces matériaux est interdite par de nombreux pays, ou bien exigent un permis ou un certificat délivré par les autorités compétentes des pays d’exportation et d’importation des biens. Les acheteurs sont entièrement responsables du bon respect des normes réglementaires et législatives applicables à l’exportation ou l’importation des biens composés partiellement ou totalement de matériaux provenant d’espèces en voie d’extinction et/ou protégées. AGUTTES ne sera en aucun cas responsable de l’impossibilité d’exporter ou d’importer un tel bien, et cela ne pourra être retenu pour justifier une demande de résolution ou d’annulation de la vente. L’acheteur est seul responsable de l’obtention de toutes les autorisations nécessaires pour l’acquisition ou le transport de ces objets.
Les bouteilles anciennes peuvent naturellement être fragilisées avec le temps et les transports. AGUTTES ne pourra être considéré comme responsable de l’état du bouchon.
Les ventes de vins sont des ventes sur désignation, c’est-à-dire des ventes d'objets désignés au moment de la vente, mais non exposés. Le retrait des lots directement après la vente est donc exclu. Leur retrait est uniquement possible sur rendez-vous. L’acheteur doit envoyer un courriel accompagné de son bordereau acquitté à l’adresse électronique suivante : retraits.aguttes@icave.eu . Les lots seront disponibles dans les locaux de la société iCave, située au : 5, Chemin des Montquartiers – 92130 ISSY-LES-MOULINEAUX – FRANCE.
9-
Description des lots : Pour des raisons administratives et sauf indication contraire, les désignations des véhicules (modèle, type, année…) reprennent, sauf exception, les indications portées sur les titres de circulation.
État des lots : Il est précisé que :
- L’état d’une automobile peut varier entre le moment de sa description au catalogue, celui de sa présentation à la vente et jusqu’au moment de la prise en main du lot par l’adjudicataire.
- Des véhicules peuvent être vendus sans contrôle technique en raison de leur âge, leur état non roulant ou de leur caractère de compétition.
- Les véhicules provenant de l’étranger sont présentés sans contrôle technique français.
Les véhicules proposés sont d’une époque où les conditions de sécurité et les performances étaient inférieurs à celles d’aujourd’hui. Une grande prudence est recommandée aux acheteurs lors de la première prise en main. Il est notamment conseillé, avant toute utilisation, de procéder à une remise en route et d’effectuer toutes les vérifications nécessaires au bon fonctionnement du véhicule (niveau d’huile, pression des pneus, etc.).
Obligations supplémentaires de l’adjudicataire
- L’adjudicataire devra accomplir, sous sa responsabilité et à ses frais, toutes les formalités nécessaires dans les délais légaux pour le changement d’immatriculation du véhicule acquis.
- L’adjudicataire devra organiser le transport du lot acquis qui s’effectuera à ses risques et à ses frais.
Retrait et stockage des lots : Les véhicules sont stockés dès le lendemain de la vente dans un local fermé et sécurisé à toute proximité de Paris. Ils pourront être retirés sur rendez-vous, à partir du mardi suivant la date de la vente et après règlement intégral du montant d’adjudication et des frais, du lundi au vendredi jusqu’à 16h30 au plus tard. Il est rappelé que le transfert de risques s’opère dès l’adjudication. AGUTTES décline toute responsabilité quant aux dommages que le véhicule pourrait subir postérieurement à l’adjudication.
Les enchérisseurs sont informés qu’AGUTTES est susceptible de collecter et traiter les données les concernant conformément au Règlement Général sur la Protection des données n°2016/679 du 27 avril 2016 (RGPD) et à la loi « Informatique et Libertés » n°78-17 du 6 janvier 1978 modifiée par la loi n° 2018-493 du 20 juin 2018 relative à la protection des données à caractère personnel.
Les données sont collectées aux fins de gestion de leurs relations contractuelles ou précontractuelles (enregistrement à la vente, facturation, comptabilité, règlements, communication…). Ces données sont constituées d’informations telles que : noms, prénoms, adresse postale, adresse électronique, numéro de téléphone, coordonnées bancaires.
Les enchérisseurs sont informés qu’ils disposent d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement, à la portabilité, d’opposition et de limitation à l’égard de ces données auprès d’AGUTTES. Les demandes doivent être exercées par écrit à l’adresse : communication@aguttes.com . Toute réclamation sur la législation applicable en matière de protection des données peut être portée devant la CNIL : www.cnil.fr
VIII- PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE
AGUTTES est propriétaire de tout droit de reproduction des biens vendus avant et après la vente. Toute reproduction de celui-ci est interdite et constitue une contrefaçon. La vente d’un lot n’implique en aucun cas cession des droits de propriété intellectuelle éventuellement applicables (représentation et / ou reproduction) sur l’œuvre.
IX- LOI APPLICABLE ET TRIBUNAL COMPÉTENT
Les présentes CGV et les droits et obligations en découlant seront régis par la loi française.
Toute action en justice relative aux activités de vente d’AGUTTES sera tranchée par le Tribunal Judiciaire compétent en France, conformément à l’article L.32137 du Code de commerce. En particulier, toutes les actions en justice impliquant des adjudicataires et / ou enchérisseurs ayant la qualité de commerçant seront tranchés par le Tribunal judiciaire de Nanterre.
Les enchérisseurs, adjudicataires ainsi que leurs mandataires reconnaissent que Neuilly-sur-Seine est le lieu d’exécution des prestations exclusif d’AGUTTES.
Les actions en responsabilité civile engagées à l’occasion des prisées et des ventes volontaires et judiciaires de meuble aux enchères publiques se prescrivent par cinq ans à compter de l’adjudication ou de la prisée.
Pour toute difficulté, le Commissaire du Gouvernement près du Conseil des maisons de vente peut être saisi gratuitement en vue de parvenir à une solution amiable. Les réclamations se font par voie postale au 19 avenue de l’Opéra, 75001 Paris ou en ligne sur le lien suivant : https://conseilmaisonsdevente.fr/fr/reclamation
Il est également possible de déposer une demande de règlement à l’amiable sur une plateforme européenne de règlement de litiges en ligne entre consommateurs et professionnel, accessible sur le lien suivant : https://ec.europa.eu/consumers/ odr/main/index.cfm?event=main.home2.show&lng=FR
X- SATISFACTION CLIENT
Si un client estime ne pas avoir reçu de réponse satisfaisante, il lui est conseillé de contacter directement, et en priorité, le responsable du département concerné. En l’absence de réponse dans le délai prévu, il peut alors solliciter le service clients à l’adresse serviceclients@aguttes.com , ce service est rattaché à la Direction
Qualité de la SVV Aguttes.
AGUTTES SAS (“AGUTTES ”) is a voluntary public auction operator, registered with the French Auction Market Authority and governed by Articles L.321-4 et seq. of the French Commercial Code. In this capacity, AGUTTES acts as the seller’s agent, who enters into a contract with the successful bidder.
These General Terms and Conditions of Sale (“ GTCS ”) govern the relationship between AGUTTES and the bidders for public auctions and private sales organised by AGUTTES. By taking part in an auction organised by AGUTTES, including via an online platform, the bidder agrees to be bound by these GTCS. By registering to participate in the auction and/or placing a bid during a sale, the bidder agrees to be bound by these GTCS. They are therefore advised to read them carefully. The GTCS may be modified from time to time at the discretion of AGUTTES. The Special Terms and Conditions of Sale relating to a particular sale and contained in the sales catalogue may also be modified in writing and/or orally by AGUTTES prior to the sale. These modifications will be recorded in the official sale report. As a voluntary sales operator, AGUTTES is subject to the obligations listed in articles L.561-2 14° et seq. of the French Monetary and Financial Code relating to the fight against money laundering and the financing of terrorism, which it is obliged to enforce.
The special notes in the catalogue are defined as follows
+ Lots forming part of a judicial sale following an order from the Court of First Instance, subject to a buyer’s fees of 14.40% incl. taxes;
° Lots in which AGUTTES or one of its partners has a financial interest;
* Lots under temporary import: subject to a fee of 5.5% incl. taxes of the hammer price for artworks, collectibles, and antiques (20% for wines and spirits, jewellery, and multiples), payable by the buyer in addition to the buyer’s premium and the hammer price. These fees may be waived upon presentation of customs documents proving that the lot has been re-exported outside the European Union within the legal time limits and in accordance with the new VAT regulations that came into effect on 1 January 2025;
¤ Goods sold under the standard VAT regime (on the full amount);
# Lots visible by appointment only;
~ Lots manufactured from materials derived from animal species. Import restrictions are to be considered;
= Lots duly identified and subject to a security deposit.
Description of the lots: The information provided in the catalogue by AGUTTES and its expert is based on the details supplied and the knowledge available on the date the catalogue was prepared. Only information in French is binding on AGUTTES. It may be amended or corrected up to the time of sale, in writing or orally. These changes will be recorded in the sale report, which will have probative value. The translations are free.
No other warranty is provided by AGUTTES, it being stated that only the seller will be liable for hidden defects and any potential legal warranty of conformity (excluded for second-hand goods). A certificate of authenticity for the lot will only be available if mentioned in the lot description.
The dimensions, weights and other information of the lots are given as an indication with a reasonable margin of error. Conversions to imperial units (inches) are provided for information only and are free.
Restorations carried out as a precautionary measure, which do not alter the distinctive character of the lot, particularly with regard to age and style, and which do not modify the character of the lot in any way, will not be mentioned in the description.
The absence of any indication of restoration, accident, shortage or incident in the catalogue or condition reports in no way implies that the lot is free of any present, past or repaired defect. Conversely, the mention of any defect does not imply the absence of all other defects. Only the provisions of the catalogue may constitute a valid basis for engaging the liability of AGUTTES. Statements or promises made orally by a representative of AGUTTES but not included in the catalogue shall under no circumstances constitute a valid basis for engaging the liability of AGUTTES.
Condition of the lots: Lots are sold in the condition they are in at the time of sale, with all imperfections and defects. As the lots are second-hand goods, no guarantee can be offered by AGUTTES concerning their condition. It is up to potential buyers to verify the condition of the item themselves.


MAISON DE VENTES FRANÇAISE, INDÉPENDANTE ET FAMILIALE
Fondée à Clermont-Ferrand en 1974 par Claude Aguttes, la maison de ventes aux enchères Aguttes se compose aujourd’hui d’une équipe de 60 personnes, passionnée et qui constitue sa qualité première. Elle s’est hissée au fil des années, au rang d’acteur majeur du marché de l’art. Restée indépendante et familiale, avec trois enfants actifs, elle est au service de la transmission. Avec une salle des ventes située dans l’ouest parisien et des bureaux de représentation en régions, à Bruxelles et Genève, Aguttes se distingue par son service personnalisé et sa réactivité. Ses 19 départements, portés par des experts et spécialistes internalisés, permettent la valorisation et la vente de grandes collections, de tableaux, de bijoux et d’automobiles, d’objets d’art et d’exception. Avec sa force de frappe en promotion et sa culture de la performance, la maison vise l’excellence et enregistre régulièrement des records mondiaux. Consciente de la confiance que lui accordent ses vendeurs, elle reste au service de ces derniers avant tout.
Expertise 19 départements spécialisés
Accompagnement personnalisé
Agilité pour la vente de lots à fort potentiel
NOTRE MISSION : L’ART ET LA PASSION DE
L’ensemble des collaborateurs de la maison sont au service du beau, de la transmission émotionnelle et intellectuelle entre les collectionneurs. Chaque œuvre d’art ou bien d’exception doit être défendu au mieux sur le marché. L’obtention du meilleur prix d’adjudication est l’objectif intrinsèque de la vente aux enchères. Nos responsables de départements s’engagent personnellement à honorer la confiance de leurs clients en les conseillant et en garantissant leurs intérêts. C’est l’ADN de notre maison familiale.
Records à l’international
Plus de 50 % d’acheteurs étrangers
Culture de l’excellence
Pour des lots allant de 10 000 à 2 millions d’euros
Fréquence des ventes 4 ventes aux enchères annuelles par spécialité
Pour inclure vos biens, contactez-nous ! Estimations gratuites et confidentielles sur rendez-vous
Art impressionniste & moderne
Pierre-Alban Vinquant
+33 1 47 45 08 20 +33 7 64 41 09 04 vinquant@aguttes.com
Arts d’Asie
Clémentine Guyot
+33 1 47 45 00 90 • +33 7 83 19 05 89 guyot@aguttes.com
Arts décoratifs du XXe & Design
Jessica Remy-Catanese
+33 1 47 45 08 22 • +33 7 61 72 43 19 remy@aguttes.com
Automobiles de collection
Automobilia
Gautier Rossignol
+33 1 47 45 93 01 • +33 7 45 13 75 78 rossignol@aguttes.com
Bijoux & Perles fines
Philippine Dupré la Tour
+33 1 41 92 06 42 • +33 6 17 50 75 44 duprelatour@aguttes.com
Cartes de collection
Sports
François Thierry
+33 1 41 92 06 69 thierry@aguttes.com
Collections particulières
Sophie Perrine
+33 1 41 92 06 44 +33 7 60 78 10 27 perrine@aguttes.com
Grands vins & Spiritueux
Pierre-Luc Nourry
+33 1 47 45 91 50 • +33 7 63 44 69 56 nourry@aguttes.com
Instruments de musique & Archets
Hector Chemelle
+33 1 41 92 06 68 • +33 7 69 02 70 85 chemelle@aguttes.com
Livres anciens & modernes
Affiches, Manuscrits & Autographes
Sophie Perrine +33 1 41 92 06 44 • +33 7 60 78 10 27 perrine@aguttes.com
Mobilier & Objets d’art
Haute époque
Grégoire de Thoury
+33 1 41 92 06 46 • +33 7 62 02 04 72 thoury@aguttes.com
Mode & Maroquinerie
Agathe de Drouas
+33 7 62 87 10 69 drouas@aguttes.com
MAISON DE VENTES AUX ENCHÈRES
Aguttes Neuilly
+33 1 47 45 55 55
164 bis, avenue Charles de Gaulle 92200 Neuilly-sur-Seine
Aix-en-Provence
Adrien Lacroix +33 6 69 33 85 94 • adrien@aguttes.com
Lille
Pauline Boddaert +33 6 99 02 22 63 • boddaert@aguttes.com
Lyon
Haude Le Roux
+33 4 37 24 24 24 • leroux@aguttes.com
Montres de collection
Claire Hofmann +33 1 47 45 93 08 +33 7 49 97 32 28 hofmann@aguttes.com
Peintres d’Asie : Chine & Vietnam
Charlotte Aguttes-Reynier +33 1 41 92 06 49 • +33 6 63 58 21 82 reynier@aguttes.com
Pop Culture & Memorabilia
Arthur Perault +33 1 47 45 91 59 • +33 6 66 58 95 62 perault@aguttes.com
Post-war & Art contemporain
Ophélie Guillerot +33 1 47 45 93 02 • +33 7 60 78 10 07 guillerot@aguttes.com
Tableaux & Dessins anciens
Victoria Damidot +33 1 47 45 91 57 damidot@aguttes.com
Inventaires & Partages
Claude Aguttes et Sophie Perrine, commissaires-priseurs
+33 1 41 92 06 44 • perrine@aguttes.com
Régions Ouest & Est
Marie de Calbiac +33 7 60 78 08 77 • calbiac@aguttes.com
Bruxelles
Ernest van Zuylen +32 487 14 11 13 • vanzuylen@aguttes.com
Genève Côme Bizouard de Montille +41 225 196 884 montille.consultant@aguttes.com
2026
AVRIL À JUIN
AVRIL À 14H30
MAI À 15H
15 04 04
Arts de la table
AGUTTES NEUILLY
16
Bijoux
AVRIL À 14H30
AGUTTES NEUILLY
JUSQU’AU
17
AVRIL À PARTIR DE 14H
Sports | Rugby ONLINE
20
AVRIL À PARTIR DE 14H
Le Musée de la Moto | Part. II ONLINE
22
AVRIL À 10H
Livres & Manuscrits
AGUTTES NEUILLY
Tour Auto 2026 La Vente officielle
GRAND PALAIS, PARIS
JUSQU’AU
06
MAI À PARTIR DE 14H
Automobilia ONLINE
13
MAI À 14H30
Peintres d’Asie
Chine & Vietnam
AGUTTES NEUILLY
21
MAI À 14H30
Arts classiques
AGUTTES NEUILLY
29
MAI À 14H30
Instruments de musique & Archets
AGUTTES NEUILLY
AVRIL À 10H
28, 29, 30 03
Grands vins & Spiritueux
AGUTTES NEUILLY
JUIN À 10H30
Pop Culture & Memorabilia Musique, cinéma
AGUTTES NEUILLY
Ce calendrier est sujet à modifications. Retrouvez toutes nos dates de ventes sur aguttes.com
JUIN À 10H
Grands vins & Spiritueux
AGUTTES NEUILLY
09
JUIN À 14H30
Arts d’Asie
AGUTTES NEUILLY
17 JUIN À 14H30
Art impressionniste & moderne
AGUTTES NEUILLY
18
JUIN À 14H30
Mode & Maroquinerie
AGUTTES NEUILLY
23
JUIN À 14H30
Arts décoratifs du XXe & Design
AGUTTES NEUILLY
24
JUIN À 14H30
Post-war & Art contemporain
AGUTTES NEUILLY

PROCHAINES VENTES
16 AVRIL ET 30 JUIN 2026
Mellerio
Bague « Saphir » Vendue 120 000 € en octobre 2024
Contact : Philippine Dupré la Tour +33 1 41 92 06 42 • duprelatour@aguttes.com


PROCHAINES VENTES
DU 28 AU 30 AVRIL ET 4 JUIN 2026
12 bouteilles Château Lafitte Rothschild 2010 Pauillac Vendues 7 000 € en juin 2025
Contact : Pierre-Luc Nourry
+33 1 47 45 91 50 • nourry@aguttes.com



