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Ansaldo Poggi - 29 mai 2026

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ANSALDO POGGI

Luthier de la ville rouge

Ansaldo Poggi

Luthier de la ville rouge

VENDREDI 29 MAI 2026, 14H30 AGUTTES NEUILLY

CONTACTS POUR CETTE VENTE

Responsable du département

Hector Chemelle +33 7 69 02 70 85 chemelle@aguttes.com

D irecteur Développement

Maximilien Aguttes

Administrateur des ventes

Yanis Rkize rkize@aguttes.com

Experts

Serge et Florent Boyer

Luthiers Experts près la Cour d’Appel de Paris

Pierre Guillaume

Archetier Expert près la Cour d’Appel de Bruxelles

Enchères par téléphone

Ordre d’achat bid@aguttes.com

Relations acheteurs

Marie du Boucher +33 1 41 92 06 41 duboucher@aguttes.com

Département Marketing & Communication

Claire Certain certain@aguttes.com

Relations média

Anne-Sophie Philippon pr@aguttes.com

P résident Claude Aguttes

Directeur général Philippine Dupré la Tour

Associés

Directeur associé

Charlotte Aguttes-Reynier

Associés

Sophie Perrine, Gautier Rossignol, Maximilien Aguttes

Aguttes (SVV 2002 - 209)

Commissaires-priseurs habilités

Claude Aguttes, Sophie Perrine, Pierre-Alban Vinquant, Jessica Remy-Catanese, Juliette Rode

SEINE OUEST

Commissaires de justice

Ansaldo Poggi Luthier de la ville rouge

Rare violon fait à Bologne en 1933

Ce violon sera présenté lors de notre vente Instruments & Archets du quatuor (lot 56)

Aguttes Neuilly

164 bis, avenue Charles de Gaulle 92200 Neuilly-sur-Seine

Lots visibles sur rendez-vous

Lundi 25 mai : 10h - 13h et 14h - 18h

Exposition publique

Du mardi 26 au jeudi 28 mai : 10h - 13h et 14h - 18h

Vendredi 29 mai : 10h - 12h

Vente aux enchères

Vendredi 29 mai 2026, 14h30

Des certificats d’authenticité seront disponibles sur demande auprès de nos experts pour les lots au-delà de 4 000 €, frais inclus.

SCANNEZ OU CLIQUEZ

L’ensemble des lots est reproduit sur aguttes.com

Ansaldo Poggi dans son atelier. © DR

PRÉCISION IMPORTANTE À L’ATTENTION DES ENCHÉRISSEURS

Les conditions et termes régissant la vente des lots figurant dans le catalogue sont fixés dans les conditions générales de vente figurant sur aguttes.com dont chaque enchérisseur doit prendre connaissance. Ces CGV prévoient notamment que tous les lots sont vendus « en l’état », c’est-à-dire dans l’état dans lequel ils se trouvent au moment de la vente avec leurs imperfections et leurs défauts. Une exposition publique préalable à la vente se déroulant sur plusieurs jours permettra aux acquéreurs d’examiner personnellement les lots et de s’assurer qu’ils en acceptent l’état avant d’enchérir. Les rapports de condition, ainsi que les documents afférents à chaque lot sont disponibles sur demande. Nous attirons votre attention sur les lots précédés de +, °, *, ¤, #, ~, = pour lesquels s’appliquent des conditions particulières visibles en fin de catalogue.

L’école de Bologne et la tradition de la lutherie italienne

La lutherie bolonaise s’inscrit dans une tradition italienne ancienne et continue, développée au sein d’un tissu artisanal et musical particulièrement vivant en Émilie-Romagne. Si Bologne ne constitue pas un centre dominant comparable à Crémone, elle n’en demeure pas moins un foyer significatif, porté par une culture musicale profondément enracinée dans la vie sociale et institutionnelle de la région.

Ville universitaire et musicale, dotée d’une forte tradition théâtrale, Bologne constitue un environnement favorable à la pratique et à la transmission de la facture instrumentale. La production y est plus discrète que dans les grands centres historiques, mais elle s’appuie sur une continuité réelle, assurée par quelques ateliers structurés et des dynasties artisanales locales. À la fin du XIXe siècle, cette tradition connaît un renouveau décisif autour de la figure de Raffaele Fiorini, considéré comme le fondateur de la renaissance moderne de la lutherie bolonaise. Son travail marque un tournant essentiel, réintroduisant une pratique rigoureuse de la facture de violon fondée sur l’étude des modèles classiques italiens et une exigence technique renouvelée.

Cette dynamique est prolongée au début du XXe siècle par Giuseppe Fiorini, dont l’action joue un rôle déterminant dans la transmission des savoirs liés à Stradivari et dans la conservation de modèles historiques essentiels à la compréhension de la tradition crémonaise. Il est notamment connu pour avoir réuni et étudié un ensemble exceptionnel d’outils et de modèles originaux liés à Stradivari, contribuant ainsi à la diffusion méthodique de ses principes de construction. Dans les premières décennies du XXe siècle, se développe ainsi une école bolonaise identifiable, incarnée notamment par les frères Pollastri et Armando Monterumici. Leur production participe à fixer une identité locale moderne, à la croisée de l’héritage italien classique et d’une recherche constante de qualité acoustique. C’est dans ce contexte déjà structuré qu’apparaît Ansaldo Poggi.

Ansaldo Poggi (1893-1984)

Né en 1893 à Villa Fontana di Medicina, près de Bologne, Ansaldo Poggi grandit dans un environnement où la musique et l’artisanat occupent une place essentielle. Son père, artisan forgeron et amateur de violon, joue un rôle déterminant dans sa formation initiale, l’initiant très tôt aux bases du travail du bois et de la facture instrumentale. Sa mère était institutrice, contribuant à un environnement familial où rigueur et formation intellectuelle occupaient une place importante.

Très tôt, son père l’encourage à développer ses aptitudes musicales et artisanales et joue un rôle déterminant dans son orientation vers la lutherie, notamment en favorisant sa rencontre avec Giuseppe Fiorini.

Parallèlement à cette formation artisanale, Poggi suit des études musicales à Bologne et obtient un diplôme de violon en 1920 à l’Accademia Filarmonica, après une interruption due à la Première Guerre mondiale, durant laquelle il sert comme estafette. Il envisage d’abord une carrière de violoniste avant de se consacrer définitivement à la lutherie au début des années 1920.

Cette formation de violoniste joue un rôle fondamental dans son approche de la facture. Elle conditionne durablement sa conception de l’instrument, dans laquelle la recherche sonore occupe une place centrale, bien au-delà des seuls critères esthétiques ou constructifs. Cette sensibilité musicale directe constitue l’un des traits distinctifs de sa production tout au long de sa carrière.

En 1922, il effectue un court apprentissage à Zurich auprès de Giuseppe Fiorini. Fiorini occupe alors une position centrale dans la transmission des méthodes de Stradivari et dispose d’un ensemble exceptionnel de formes, outils et modèles originaux attribués à Stradivari, qu’il avait acquis et étudié avec une approche systématique. Cette immersion constitue pour Poggi une étape décisive dans la compréhension des principes de la grande facture crémonaise.

À son retour à Bologne, Poggi ouvre son atelier en 1923. Ses premières productions témoignent d’une assimilation très étroite du modèle fiorinien, au point que certaines réalisations peuvent s’en rapprocher de manière quasi indiscernable.

Dans le contexte bolonais des années 1920, déjà structuré et concurrentiel, Poggi s’impose progressivement face aux figures établies, notamment les frères Pollastri. Son travail est rapidement

reconnu au niveau national et distingué à plusieurs reprises lors des concours de la Società di Santa Cecilia à Rome, notamment en 1925, 1927 et 1929.

La disparition d’Augusto Pollastri en 1927 modifie l’équilibre local, laissant Gaetano Pollastri comme principale référence de la lutherie bolonaise. Poggi consolide alors progressivement sa position.

À cette période, il croise également la trajectoire de Simone Sacconi, luthier profondément engagé dans l’étude des méthodes classiques de Crémone. Bien que leurs parcours demeurent distincts, cette proximité intellectuelle illustre l’émergence d’un courant italien du XXe siècle centré sur la redécouverte méthodique de la tradition crémonaise.

À partir de la fin des années 1920, son œuvre évolue vers un langage plus personnel. La phase initiale d’assimilation laisse place à une écriture de plus en plus maîtrisée, fondée sur une interprétation du modèle de Stradivari transmis par Fiorini, nettement privilégié par rapport au modèle de Guarneri.

Dans les décennies suivantes, Poggi développe un style d’une grande cohérence, caractérisé par une rigueur géométrique remarquable, une symétrie très contrôlée et une précision d’exécution exceptionnelle. L’évolution de son esthétique se traduit progressivement par une simplification des formes, sans perte de sophistication constructive.

Sur le plan humain, Poggi est décrit comme un luthier d’une exigence extrême, recherchant une perfection absolue dans chaque détail de sa fabrication, et pouvant se montrer parfois difficile dans ses relations professionnelles. Il conserve toutefois le souvenir d’un homme discret, solitaire et profondément engagé dans son travail, conscient de son talent mais peu enclin à la mise en avant personnelle.

À partir de l’après-guerre, ses instruments acquièrent une reconnaissance internationale et sont joués par plusieurs grands solistes du XXe siècle, dont David Oistrakh, Nathan Milstein et Yehudi Menuhin. Cette reconnaissance artistique contribue à asseoir durablement sa réputation et à établir ses instruments comme des références recherchées sur le marché de la lutherie italienne du XXe siècle.

Après la disparition de Gaetano Pollastri en 1960, Poggi devient la figure dominante de la lutherie bolonaise.

En 1981, il effectue une importante donation au Museo Civico de sa ville natale, Villa Fontana di Medicina, comprenant notamment deux violons : un instrument de Giuseppe Fiorini et un violon de sa propre main daté de 1933, illustrant la reconnaissance patrimoniale de sa production de maturité.

Il poursuit son activité jusque dans les dernières années de sa vie, maintenant une production réduite mais d’une grande cohérence stylistique. Il s’éteint en 1984 à l’âge de 91 ans.

Ansaldo Poggi. © DR

Violon fait à Bologne en 1933

Dans le prolongement direct de la phase de maturité initiale d’Ansaldo Poggi, ce violon daté de 1933 s’inscrit dans une période où son langage atteint une stabilité remarquable, immédiatement reconnaissable dans l’équilibre de ses proportions et la maîtrise de sa construction.

À cette date, Poggi a pleinement intégré l’héritage transmis par Fiorini et développé une interprétation personnelle du modèle de Stradivari, devenu la base quasi exclusive de son travail. Contrairement à d’autres luthiers de sa génération, il ne cherche pas à reproduire des instruments spécifiques, mais à proposer une synthèse structurale et acoustique cohérente, fondée sur une conception très personnelle de l’équilibre sonore. Cette approche se traduit par une grande clarté de dessin, une symétrie rigoureusement contrôlée et une architecture d’une lisibilité exemplaire. Les ouïes, d’une précision remarquable, participent pleinement à l’identité visuelle de ses instruments, tout comme la netteté des courbes et la maîtrise des arêtes, caractéristiques de sa production.

Le début des années 1930 correspond à une phase charnière dans son évolution stylistique : après les années d’assimilation

du modèle fiorinien, Poggi atteint un point d’équilibre où son style devient pleinement autonome tout en restant profondément ancré dans la tradition crémonaise. Les instruments de cette période sont généralement considérés comme particulièrement représentatifs de cette synthèse. Sur le plan acoustique, cette recherche d’équilibre formel s’accompagne d’une conception très aboutie de la projection sonore, Poggi considérant l’instrument avant tout comme un outil vivant, destiné à répondre immédiatement à l’interprète. Cette vision, directement liée à sa formation de violoniste, explique la place centrale qu’il accorde à la cohérence entre structure et sonorité. Daté de 1933, cet instrument appartient ainsi à une période particulièrement recherchée de sa production, antérieure aux simplifications progressives observées dans les décennies suivantes. Il incarne une phase où rigueur constructive, pureté esthétique et efficacité acoustique atteignent un équilibre particulièrement accompli.

détail

« Poggi considérait l’instrument avant tout comme un outil vivant...

9 Ansaldo Poggi Luthier de la ville rouge

ANSALDO POGGI (1893–1984)

Rare violon, Bologne, 1933

Le violon porte la marque au fer de son auteur près du bouton ainsi que son étiquette originale sur le fond. Il est en bon état de conservation, avec de petites restaurations localisées aux ouïes et en bas de table, près du sillet. Fond : 354 mm

120 000 - 150 000 €

PROVENANCE

Accompagné d’une lettre de Dong-Suk Kang relative à sa cession en date du 10 mai 1991.

NOTE

C’est dans les années 1930 que la carrière d’Ansaldo Poggi prend véritablement son essor. Ses instruments témoignent alors d’une pleine maturité et de l’aboutissement de ses recherches autour de l’œuvre d’Antonio Stradivari, dont ce violon daté de 1933 constitue un remarquable exemple. De la sélection des bois à la perfection du travail extérieur comme intérieur, cet instrument s’inscrit pleinement dans cette quête d’excellence qui anima constamment le luthier bolonais.

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détail de la marque

...destiné à répondre immédiatement à l’interprète. »

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