Extrait "Quand écologie & économie font cause commune" d'Emmanuel Druon

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EMMANUEL DRUON

QUAND ÉCOLOGIE & ÉCONOMIE FONT CAUSE COMMUNE 350

entreprises s’engagent

PRÉFACE DE RÉJEAN DORVAL

À la mĂ©moire de Jean-Paul Capitani.
PRÉFACE. LA TRANSFORMATION CRÉATRICE, par RĂ©jean Dorval 10 CHRONIQUES D’ÉCOLONOMIE 2015/2020 14 1.CHAQUE GÉNÉRATION 22 2.MATIÈRES PREMIÈRES 37 3.DANS LES USINES AGROALIMENTAIRES DE L’HÉMISPHÈRE SUD 54 4.ÉNERGIE 67 5.L’EAU ET L’ÉCOLONOMIE 73 6. PERMACULTURE, AGROFORESTERIE ET BIODIVERSITÉ : ÉCOLONOMIE-COMPATIBLES ! 91 7.CONSTRUIRE SANS DÉTRUIRE 121 8.MOBILITÉ 139 9. HERMÈS, CONTRE LA DÉLOCALISATION DE L’EMPLOI, POUR RÉHABILITER LE TRAVAIL ARTISANAL ET REVITALISER LES DÉSERTS INDUSTRIELS 159 10.CHRONIQUES D’ÉCOLONOMIE, MAI 2023 ET APRÈS 169 SOURCE 186 À BIENTÔT ! 191 Remerciements 196 Bibliographie 198 Comment nous contacter ? 200

LA TRANSFORMATION CRÉATRICE

Dans la mesure oĂč ils orientent notre façon de percevoir la rĂ©alitĂ©, les mots que nous utilisons pour dĂ©crire le monde ont toute leur importance. Ils forgent les images que nous nous en faisons et, en ce sens, dĂ©terminent largement la façon particuliĂšre que nous avons de nous mettre en relation avec ce qui nous entoure. Ainsi, on peut s’interroger sur ce que reprĂ©sente dans notre rapport au monde le fait d’utiliser le terme trĂšs rĂ©pandu de dĂ©matĂ©rialisation plutĂŽt que celui de numĂ©risation pour parler de l’un des aspects de l’économie du numĂ©rique. Qu’est­ce que ce mot de dĂ©matĂ©rialisation nous voile de la rĂ©alitĂ© Ă©conomique qui s’impose de plus en plus Ă  nous ? En quoi nous Ă©loigne­t­il d’une comprĂ©hension juste de la rĂ©alitĂ© du monde dans laquelle nous vivons ? Et surtout, en quoi fait­il obstacle Ă  notre capacitĂ© Ă  agir sur ce monde ? Si la “nouvelle Ă©conomie” est bien dĂ©matĂ©rialisĂ©e, alors il n’y a pas lieu de la questionner sur les effets concrets qu’elle produit sur le monde et sur le vivant, l’immatĂ©riel ne pouvant avoir d’effet sur le monde matĂ©riel. C’est bien connu, une large part de l’économie de l’information est dans les nuages (Cloud). Qui pourrait bien avoir l’idĂ©e saugrenue de se battre contre des nuages ?

Dans cette mĂȘme perspective, la notion de destruction crĂ©atrice dĂ©veloppĂ©e par l’économiste et thĂ©oricien Joseph Schumpeter au milieu du xxe siĂšcle pour dĂ©crire la dynamique de l’innovation dans l’économie capitaliste peut poser question. Cette notion renvoie Ă  l’idĂ©e que dans le cycle Ă©conomique les anciennes activitĂ©s de production sont dĂ©truites, parfois de façon brusque et rapide, pour ĂȘtre remplacĂ©es par de nouvelles formes d’activitĂ©s sous l’effet des Ă©volutions techniques.

Pour Ă©vocatrice que soit cette image, l’un des termes de cette expression m’a toujours troublĂ©. Si je vois bien ce que peut porter du point de vue de la reprĂ©sentation imagĂ©e le terme “crĂ©atrice” au regard de ce qu’est l’innovation, que porte celle de “destruction” ? Bien sĂ»r, dans l’esprit de Schumpeter les deux termes sont trĂšs Ă©troitement liĂ©s. S’il y a d’un cĂŽtĂ© destruction au cours du cycle il

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y a aussi de l’autre crĂ©ation et, Ă  long terme, les effets positifs l’emporteraient, notamment du point de vue de la crĂ©ation d’emplois et du redĂ©ploiement des actifs dans les nouvelles activitĂ©s Ă©conomiques. Mais mon propos n’est pas lĂ .

Qu’autorise cette image de destruction pour celles et ceux qui s’y rĂ©fĂšrent et la mettent en Ɠuvre ? Quels types d’actes invite­t­elle Ă  produire dans le monde ? Que fait­on de ce qui est dĂ©truit ? Qu’en reste­t­il ? Les aspects les plus concrets d’une activitĂ© dĂ©truite sont­ils amenĂ©s Ă  disparaĂźtre comme par enchantement ? J’ai bien sĂ»r ici en tĂȘte les nombreuses images de sites industriels abandonnĂ©s, avec leur cohorte de bĂątiments dĂ©labrĂ©s et de terres polluĂ©es


L’écolonomie, telle qu’Emmanuel Druon tente de la penser et de la mettre en Ɠuvre avec son Ă©quipe, fait la part belle Ă  l’imagination, Ă  la crĂ©ativitĂ© et Ă  l’innovation. Il s’agit mĂȘme d’une dimension centrale du nouveau processus Ă©conomique qu’il appelle de ses vƓux. Pour autant, l’écolonomie ne se rĂ©fĂšre en rien Ă  la destruction. Elle tente plutĂŽt de replacer la dynamique du changement et de l’innovation dans une perspective circulaire. À l’image des Ă©cosystĂšmes naturels qui transforment et recyclent tous les sous­produits de l’activitĂ© du vivant pour n’en laisser aucune trace.

À l’opposĂ© de l’image de destruction crĂ©atrice, il m’a semblĂ© qu’une expression qui reflĂ©terait peut­ĂȘtre mieux la dynamique doublement positive de cette Ă©conomie nouvelle serait celle de transformation crĂ©atrice.

Pour transformer le monde il faut savoir d’abord le rĂȘver. Une large part de la philosophie de l’imagination dĂ©veloppĂ©e par Gaston Bachelard tend Ă  montrer que l’imagination ne consiste peut­ĂȘtre pas tant Ă  dĂ©truire les images anciennes pour en crĂ©er de nouvelles qu’à transformer les images premiĂšres. C’est bien cette dynamique de la transformation qui est au cƓur de tout processus crĂ©atif. L’artiste tente une transformation d’un coin du monde et se trouve soudain transformĂ© de l’intĂ©rieur par le processus qu’il engage et dont il a la pleine et entiĂšre responsabilitĂ©. Cette perspective n’est

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sans doute pas trĂšs Ă©loignĂ©e de ce qui est engagĂ© lors d’une cure psychanalytique, oĂč il ne s’agit peut­ĂȘtre pas tant pour l’analysĂ© de dĂ©truire les images sclĂ©rosantes qui l’habitent que de les transformer, en les remettant en mouvement, en les rĂ©inscrivant dans une dynamique du changement. Celle de la rĂȘverie imaginante et de l’imagination crĂ©atrice.

À mes yeux, la transformation crĂ©atrice porte en elle une double image dynamisante qui nous invite Ă  nous inscrire dans un autre rapport au monde. Celui de participer Ă  la crĂ©ation du monde Ă  venir, sans oublier les responsabilitĂ©s inhĂ©rentes Ă  la transformation du monde existant.

Pour ma part, si je devais convoquer l’image du nuage pour rendre compte de l’économie nouvelle – cette Ă©colonomie que de nombreux entrepreneurs, industriels et salariĂ©s d’entreprise s’efforcent d’imaginer et de crĂ©er – ce serait indĂ©niablement celle proposĂ©e par Gaston Bachelard dans son essai sur l’imagination du mouvement : “Le rĂȘveur a toujours un nuage Ă  transformer, nous dit­il. Le nuage nous aide Ă  rĂȘver la transformation1”.

Laissons donc l’économie bien sur Terre, en lien avec le monde vivant. Et les nuages tranquilles, lĂ  oĂč ils sont. Pour le plus grand bonheur de nos rĂȘveries crĂ©atrices.

RÉJEAN DORVAL, artiste visuel, dessinateur et performeur Octobre 2019 1. Gaston Bachelard, L’Air et les Songes, JosĂ© Corti, 1943.

CHRONIQUES D’ÉCOLONOMIE 2015/2020

Si, comme nous le pensons chez Pocheco, le principal enjeu pour nos sociĂ©tĂ©s contemporaines porte sur l’adaptation aux nouvelles conditions climatiques et sociĂ©tales, alors nous considĂ©rons que les industriels, les entrepreneurs et leurs salariĂ©s ont un rĂŽle Ă  jouer dans le changement. Nos entreprises ne sont pas hors sol. Elles trouvent leur place sur un territoire, oĂč qu’il se trouve sur la planĂšte. Ce territoire est influencĂ© par les conditions climatiques, les ressources disponibles et les conditions sociĂ©tales. En dĂ©mocratie ou sous un rĂ©gime autoritaire, sous les tropiques ou dans des zones tempĂ©rĂ©es, proches de ressources ou pas, les salariĂ©s qui interviennent dans le cadre des entreprises sont avant tout les citoyens d’un territoire. Comme tels, ils vivent des ressources locales et subissent les conditions climatiques et les politiques locales. En tant que citoyens, ils participent Ă  la vie de la citĂ©. Ils ne perdent pas leur citoyennetĂ© en franchissant les portes de l’entreprise. Ce sont ces citoyens salariĂ©s, entrepreneurs ou industriels, que nous rencontrons pour leur proposer d’adapter nos mĂ©thodes de travail aux conditions climatiques contemporaines, le but Ă©tant de rĂ©duire l’impact de nos activitĂ©s sur l’environnement et sur la santĂ© humaine. Dans le monde entier, des populations s’élĂšvent contre le manque de dĂ©termination des pouvoirs publics face aux changements engendrĂ©s par deux siĂšcles d’un capitalisme fondĂ© sur la thĂ©orie de Joseph Schumpeter, la “destruction crĂ©atrice”. Si les ressources s’épuisent, que reste­t­il Ă  dĂ©truire pour crĂ©er dans le cadre de nos activitĂ©s ?

ConcrĂštement, pour produire le dernier appareil technologique dans l’espoir d’en vendre des millions d’unitĂ©s dans le monde, il faut casser des montagnes pour accĂ©der aux terres rares, creuser des mines de charbon pour produire l’énergie nĂ©cessaire Ă  la fabrication de ces objets de consommation de masse, puis pour les faire fonctionner. En fin de vie, ces appareils, dont l’obsolescence est encore trĂšs souvent programmĂ©e pour accĂ©lĂ©rer l’acte d’achat et les remplacer par une gĂ©nĂ©ration plus rĂ©cente, encombrent et polluent des milliers d’hectares et des millions de mĂštres cubes de terres et de nappes

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phrĂ©atiques souterraines. Bref, ces outils aux techniques sĂ©duisantes engendrent des effets tellement dĂ©lĂ©tĂšres sur notre environnement qu’il serait proprement suicidaire pour l’espĂšce humaine de ne pas rĂ©former ses mĂ©thodes de production.

Pour sortir de la “destruction crĂ©atrice” nous proposons plutĂŽt la “transformation crĂ©atrice”. Dans notre prĂ©cĂ©dent ouvrage, Écolonomie1, nous prĂ©sentions les conditions qui avaient prĂ©sidĂ© Ă  l’invention et Ă  la mise en Ɠuvre d’une mĂ©thode nouvelle de production, l’écolonomie. En se dĂ©ployant, elle a progressivement dĂ©passĂ© largement le cadre strict de la production. Avec l’écolonomie nous expĂ©rimentions une nouvelle maniĂšre d’entreprendre. Sans dĂ©truire, c’est­à­dire sans laisser de trace, pour tendre vers la rĂ©solution des paradoxes Ă  l’Ɠuvre, en tenant d’abord compte des conditions de la vie sur Terre. Pour Ă©prouver cette mĂ©thode originale, nous essayions de façon empirique sur nous­mĂȘmes tout ce que nous dĂ©crivions dans l’ouvrage. Entreprendre sans dĂ©truire, transformer pour crĂ©er, produire sans laisser de trace sont des projets ambitieux mais rĂ©alistes, notre expĂ©rience le dĂ©montre Ă  beaucoup d’égards. Cette tentative aurait pu rester unique. Mais depuis la publication de notre livre, nous accompagnons d’autres entreprises dans la mise en Ɠuvre de la mĂ©thode que nous avons dĂ©couverte. Nous remarquons que c’est souvent Ă  la demande des salariĂ©s euxmĂȘmes qu’elle se construit. Car les salariĂ©s sont directement interpellĂ©s par leurs proches, famille, amis, connaissances, lorsqu’ils produisent des biens de consommation jetables, non durables, qui engendrent des dĂ©chets Ă  la durĂ©e de vie extrĂȘmement longue et dont la dĂ©composition laissera des traces de toxicitĂ©. Les salariĂ©s subissent des injonctions paradoxales difficilement surmontables. Ils veulent du travail pour alimenter un foyer. Ce travail engage des matiĂšres premiĂšres, des processus de production complexes, des moyens en Ă©nergie, en transport, et des dĂ©chets ultimes qui

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1. Emmanuel Druon, Écolonomie, Actes Sud, 2016.

mettent en pĂ©ril, par leur accumulation, l’écologie et donc les conditions de la vie.

Ces salariĂ©s devraient­ils assumer de couper la branche de l’arbre sur laquelle ils sont assis ? Ils rĂ©clament Ă  leur Ă©tat­major de produire des choix plus cohĂ©rents avec les conditions de la survie des espĂšces vivantes, mais ils ne veulent pas perdre leur emploi. Injonctions paradoxales ? Pour les rĂ©soudre, nous recommandons d’agir ensemble, les salariĂ©s et leurs entreprises, en partageant les solutions que nos recherches mettent au jour. C’est la raison principale du prĂ©sent ouvrage : montrer et partager les solutions que partout dans le monde des milliers de salariĂ©s mettent en Ɠuvre au moment mĂȘme oĂč vous lisez ces lignes. Trois cent cinquante entreprises dans le monde (quelle que soit leur taille) ne changeront pas les paramĂštres du climat. Mais il y a huit ans en arriĂšre, une seule entreprise s’engageait dans la voie de l’écolonomie. Dans deux ans, combien seront­elles ? Nous pensons que les solutions existent et que les entreprises et leurs salariĂ©s dĂ©tiennent une partie des rĂ©ponses aux enjeux Ă©cologiques contemporains.

“Écolonomie1” est un nĂ©ologisme qui associe deux principes, Ă©cologie et Ă©conomie. Leur Ă©tymologie est la mĂȘme, en grec ancien oĂŻkos, qui qualifie la gestion de la maison. Voici plus de vingt ans qu’avec l’équipe de Pocheco, une entreprise industrielle indĂ©pendante situĂ©e dans le nord de la France, nous dĂ©veloppons de façon mĂ©thodique l’écolonomie. Comme salariĂ©s de l’entreprise, mais aussi comme citoyens, nous essayons de faire Ă©voluer nos habitudes.

Notre feuille de route commune prend son inspiration dans les rapports Ă©ditĂ©s par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec2), animĂ© par ses centaines de scientifiques.

1. J’ai trouvĂ© ce nĂ©ologisme dans le livre de Corinne Lepage, Vivre autrement, Grasset, 2008.

2. Dans le monde entier, les recherches de ces experts portent sur les ressources de la planĂšte et l’évolution du climat. Ils Ă©tudient les ressources miniĂšres, fossiles et fissibles mais aussi halieutiques.

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QUAND ÉCOLOGIE & ÉCONOMIE

FONT CAUSE COMMUNE

Chez Pocheco, l’usine d’enveloppes du Nord de la France, on expĂ©rimente l’écolonomie depuis prĂšs de vingt-cinq ans. Face au dĂ©rĂšglement climatique, la nĂ©cessitĂ© d’amorcer la transformation de la production industrielle se fait toujours plus pressante, a n de tendre vers des pratiques plus respectueuses de la nature et des hommes. Les succĂšs du lm documentaire Demain et du livre d’Emmanuel Druon Écolonomie ont conduit de nombreux chefs d’entreprise et salariĂ©s Ă  venir sur site s’inspirer de l’expĂ©rience de Pocheco.

Pocheco a connu des moments fastes, mais a Ă©galement enchaĂźnĂ© des phases complexes oĂč le processus Ă©colonomique lui a permis de tenir bon. Forte de ces expĂ©riences, l’équipe a eu envie de rĂ©pondre positivement Ă  cette demande de partage en crĂ©ant le bureau de conseil Ouvert.eu qui, depuis 2012, accompagne trois cent cinquante entreprises partout dans le monde avec la mĂ©thode Ă©colonomique.

Emmanuel Druon et ses Ă©quipes collaborent avec des unitĂ©s industrielles dont les dizaines de milliers de salariĂ©s s’engagent Ă  changer leurs pratiques au quotidien pour participer au vaste mouvement de transition. Des collectivitĂ©s leur emboĂźtent le pas. Tous s’impliquent en fonction de leurs possibilitĂ©s nanciĂšres et de leurs contraintes de marchĂ©, mais entre petits gestes (vĂ©gĂ©talisation des toitures, plan de dĂ©placements doux, mise en place de jardins partagĂ©s
) et grands changements (redĂ© nition des liĂšres d’approvisionnement en matiĂšres premiĂšres, invention de nouveaux systĂšmes de ux, redĂ© nition des produits proposĂ©s
), le mouvement est amorcĂ© Ă  l’échelle mondiale.

Emmanuel Druon dirige Pocheco depuis 1997. Par le biais du bureau de conseil Ouvert.eu, il accompagne les entreprises dans leurs projets de transition, avec pour but d’entreprendre sans dĂ©truire et de produire sans laisser de trace toxique dans l’environnement. Il est l’auteur chez Actes Sud du Syndrome du poisson lune (2015, rééditĂ© en 2023) et de Écolonomie. Entreprendre sans dĂ©truire (2016). 9:HSMDNA=V\^WVW: DÉP.

ISBN 978-2-330-17921-2

LÉG. : MAI 2023
€ TTC France
21,90
www.actes-sud.fr

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