Urban Waite est né en 1981. Il vit à Seattle avec son épouse. Parfois le loup est son troisième roman publié dans la collection “Actes noirs”, après La Terreur de vivre (2010) et Les Charognards (2014).
URBAN WAITE
Le shérif Patrick Drake s’efforce de vivre la tête haute dans sa petite ville de montagne, mais un jour sa femme tombe malade. Il est seul à faire bouillir la marmite, alors pour faire face, il se met à avoir de mauvaises fréquentations. Bientôt, il est arrêté et condamné pour l’un des pires crimes qu’ait connu l’histoire locale. Douze ans plus tard, Patrick entame sa conditionnelle sous l’œil circonspect de son fils, Bobby, shérif adjoint dans l’ancien bureau de son père. Hanté par les casseroles du paternel, et secrètement rongé par une culpabilité mal placée, Bobby n’a pas eu la vie facile non plus et son mariage s’en ressent. Il a bien cherché à tourner la page, mais les esprits étroits des petites villes ont la mémoire longue. Et peu de temps après sa sortie de prison, une menace terrifiante ressurgit du passé de Patrick. Cette fois, personne ne sera épargné. De roman en roman, Urban Waite fait montre d’une rare constance. Prose lancinante, personnages forts, paysages grandioses, il suit patiemment la trace ouverte par Cormac McCarthy.
URBAN WAITE
Parfois le loup roman traduit de l’anglais (États-Unis) par Céline Schwaller
Parfois le loup
LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS
Photographie de couverture : © Stephen Carroll / Arcangel Images
DÉP. LÉG. : AVRIL 2016 22,50 e TTC France www.actes-sud.fr
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ACTES SUD
ACTES SUD
ISBN 978-2-330-06065-7
actes noirs
ACTES SUD
04/03/16 12:06
Pour mon père, qui a toujours suivi son propre chemin.
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Quand agneaux perdus dans la mon tagne, dit-il, agneaux pleurer. Parfois venir la mère. Parfois le loup. Cormac McCarthy, Méridien de sang.
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Le colosse était debout dans le froid et regardait la route. Il portait un gilet orange par-dessus sa chemise boutonnée et tenait un panneau de signalisation à la main qu’il retournait de temps en temps tandis qu’il passait les mi nutes à surveiller la route et à attendre. Derrière dans la nuit une unique lumière orange clignotante découpait sa silhouette, faisant bouger et miroiter sa forme sur le ciment sur lequel il se trouvait. On entendait au loin des avions à réaction atterrir et décoller, le bruit de turbine aigu de leurs moteurs dans le ciel comme ils viraient dans les nuages, décrochant à trois kilomètres de là pour poursuivre leur descente vers la terre. Il n’avait jamais pris l’avion et la seule chose qui lui venait à l’esprit alors qu’il restait planté là était la façon dont leurs ailes semblaient se déployer, les volets baissés, comme un oiseau venant se poser sur un lac. Ses pensées ramenées quarante ans en arrière quand, enfant, assis dans l’herbe de la prairie, il avait regardé des chevrons d’oies des neiges se poser sur un étang dans la Palouse. Si nombreuses que l’eau paraissait blanche alors que le bruissement de leurs plumes et les cris des oiseaux qui s’interpellaient l’assourdissaient. Il était à demi tourné quand les phares apparurent au détour de la route et l’éclairèrent entièrement. La route 11
bordée d’un côté par les ronces des mûriers et de l’autre par une forêt de chênes qui avaient depuis longtemps perdu leur feuillage. Le crissement sec des feuilles audible à l’intérieur du bois chaque fois que le vent soufflait. Il tenta de se rappeler ce qu’il était censé faire mais cela ne lui revint pas et il resta planté au milieu de la route, le panneau à la main. La voiture à présent plus proche et les lumières qui baignaient son jean d’une teinte surnaturelle bleu mercure. Il n’y avait personne alentour et quand la voiture s’arrêta il s’avança puis regarda la vitre se baisser. “Des travaux ? demanda le conducteur. — Un peu plus loin sur la route. Ça devrait pas pren dre plus de quelques minutes.” D’un geste de la main, le conducteur libéra une montre de la manche de sa chemise et vérifia l’heure. Il portait une veste de costume et un pantalon noir. Une casquette noire à visière en plastique brillante était posée sur le siège passager. Il se pencha sur le volant et regarda en direction de la courbe de la route, au-dessus de laquelle on voyait les avions atterrir. Il se retourna vers le chemin qu’il venait d’emprunter. Lorsqu’il se tourna à nouveau il dit : “Il est tard pour des travaux. — C’est le meilleur moment”, répondit le colosse. Le conducteur examina une nouvelle fois la route devant lui. “Est-ce qu’il y a une déviation ? Un autre moyen de passer ? — Vous pouvez repartir par où vous êtes venu mais ça vous prendra aussi longtemps. Peut-être plus.” Le conducteur se renfonça dans son siège et laissa échapper l’air de ses poumons en une longue expiration. Quelque part dans les chênes les feuilles bougeaient à 12
nouveau mais il n’y avait pas de vent. Et le conducteur, qui était avachi sur son siège et regardait la route, entendait seulement le bourdonnement du moteur de la voiture et le crachotement discret du pot d’échappement. “Bonjour”, dit une voix. Le conducteur se retourna et ses yeux se posèrent non sur le colosse mais sur un homme beaucoup plus maigre. Son visage creusé sous les yeux, où ses pommettes formaient des globes lisses proéminents, les ombres qu’elles projetaient comblant le reste de ses joues jusqu’à son menton. Le conducteur ouvrit la bouche pour répondre mais ne sentit que le choc violent du métal sur sa mâchoire, puis sur son front, répété encore et encore. Lorsque le maigrichon retira sa main de la voiture, celle-ci ressemblait à une pomme d’amour. Ronde et brillante de sang. La crosse noire d’un pistolet visible à la base de son poing. La portière ouverte et le moteur encore en marche, ils transportèrent le conducteur jusqu’au coffre de la voiture et le déposèrent à l’intérieur. Le colosse, qui pensait encore aux oies des neiges, avait déjà jeté son gilet et son panneau sur le bas-côté de la route.
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I
Le Meurtre
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Le chevreuil gisait à quelques pas de la route au pied de la clôture. Le ventre ouvert sur le fil barbelé, la peau arrachée et les viscères qui pendaient dans l’air du petit jour. Le soleil n’avait pas encore dépassé le sommet des montagnes et Silver Lake s’étendait au sud sur des kilomètres, sombre et plate, avec seulement les premiers souffles du vent matinal pour ébouriffer l’eau du lac et y créer des capuchons blancs. De l’ardoise grise d’un bout à l’autre, les barbelés et la route courant tout le long à la manière d’une frontière. Une parcelle de terre agricole suivie par une autre jusqu’en haut du lac et jusque dans la ville, où la plaine s’interrompait et où les montagnes se dressaient à nouveau, couvertes de sapins et de ciguës, de fougères et de sphaigne. Le shérif adjoint Bobby Drake se tenait à côté de la portière ouverte de sa Chevrolet, faisant défiler les contacts sur son téléphone. Trop tôt pour que quiconque réponde chez les rangers. Ils avaient tous passé la nuit sur le terrain – Drake faisait équipe avec un des officiers – pour tenter de mettre fin à une série d’actes de braconnage dans les collines. L’avion de repérage qui survolait les montagnes en indiquant des positions tandis que Drake et l’officier local des rangers se précipitaient pour se rendre sur place. 17
À présent Drake attendait dans la brume matinale de plus en plus épaisse, son souffle s’enroulant devant lui dans le demi-jour, les warnings de sa voiture balayant la scène au rythme d’une lente pulsation orange, ses ongles froids sur son visage contre lequel ils pressaient le téléphone. Le message s’enclencha et il écouta. Lorsque ce fut à lui de parler, il donna son nom puis sa position. “Il a bien failli se couper en deux”, dit-il, regardant l’endroit où l’animal s’était pris dans les barbelés, le sang noir et luisant le long du fil métallique. Il écarta le téléphone et étudia le chevreuil, tentant de décider s’il y avait quelque chose à ajouter. Un loup s’affairait sur la carcasse lorsqu’il était sorti du virage et avait surpris l’animal dans ses phares. Une côte rongée jusqu’à l’os blanc, et le loup qui tirait sur le chevreuil, étirant la chair le long du fil de fer. Cela faisait deux semaines que le loup errait dans les collines, hurlant pour en appeler d’autres. Hantant la brume qui s’élevait du lac la nuit et s’insinuait dans les vallées entre les montagnes. Sheri, sa femme, qui montait le son de la télévision en attendant que les hurlements faiblissent et que tout redevienne silencieux. Pas un bruit dehors à part celui des arbres qui frôlaient le revêtement de la maison, et le crépitement familier du vent qui secouait les branches nues des pommiers dans le verger derrière. Drake fit un pas en direction de la barrière. La tête du chevreuil rejetée en arrière selon un angle étrange. L’animal étendu sur le dos comme il était retombé, ses yeux noirs et écarquillés, fixés sur le ciel. Le ventre presque entièrement dévoré. Drake ne savait pas quoi dire d’autre, son téléphone toujours ouvert dans sa paume, et le message qui égrenait les secondes une à 18
une. Il considéra l’appareil un moment de plus avant de le refermer. Il se demanda combien de temps le chevreuil était resté comme ça avant que le prédateur ne le trouve, avant que le loup ne sorte de l’obscurité, attiré par l’odeur du sang et les bêlements affolés. Aucun moyen de savoir une chose pareille, mais l’espoir qu’il n’avait pas fallu longtemps et que le chevreuil s’était vidé de son sang sur les barbelés avant l’arrivée du charognard. Au cours des deux dernières semaines Drake avait reçu trois appels signalant la présence du loup. L’animal descendait des collines, renversait des poubelles et poursuivait du bétail. Mais lui-même ne l’avait aperçu qu’une seule fois, alors que le loup traversait le pré d’un éleveur en boitillant, son arrière-train décharné ralentis sant un instant à la lisière de la forêt. La bête, fatiguée et amaigrie par l’hiver, un tas d’os et de poils − qui s’était retournée pour le regarder. Pas de meute à suivre, ni de petits à nourrir. Un des premiers loups aperçus dans la vallée en cinquante ans et Drake n’avait aucune idée de ce qu’il était censé faire. Il leva les yeux et plongea son regard dans l’obscurité fraîche qui bordait le pré. Une lumière rose avait commencé à s’étendre derrière lui au-dessus des montagnes et on voyait dans l’herbe ce bleu profond qui précédait l’aube. Il savait que le loup attendait, se déplaçait dans les ombres sous les arbres, observait ses mouvements. Il frotta son pied sur le gravier qui bordait la route, sentant une vague raideur dans sa jambe alors qu’il scrutait la forêt. Il consulta l’heure sur son téléphone puis tourna son regard vers le sud où le ciel s’éclaircissait avec le soleil. Ayant quitté l’uniforme pour la journée, il portait une belle chemise et un pantalon sur son corps mince. Pas la moindre envie d’abandonner la carcasse 19
ou le loup. Et la certitude que ce qui l’attendait au bout du chemin était plus menaçant que tout ce qui pouvait rôder dans les ombres du bois. Il ne pouvait rien faire à part poursuivre sa route, un rendez-vous qu’il devait honorer et l’assurance que le prochain virage franchi, la nature reprendrait ses droits. Trois heures plus tard Drake était assis dans sa voiture et regardait les portes de la prison de Monroe, attendant la libération de son père. Les nuages se déchiraient dans le ciel et l’humidité qui s’était condensée à l’intérieur du véhicule était désormais visible dans le soleil. La matinée avait été froide et en traversant le bois de bouleaux qui entourait les abords de la prison, il avait nettement pu distinguer les rouleaux de fil de fer barbelé qui suivaient la route. S’enroulant à perte de vue au sommet d’un mur avant de retomber trois mètres plus bas jusqu’au suivant, couche après couche, et pas la moindre chance d’évasion pour quiconque se trouvait à l’intérieur, sauf, songea Drake, peut-être pour son père, Patrick. Cela faisait presque douze ans jour pour jour que celui-ci avait été condamné. Ces dernières années Drake avait cherché des traces de son géniteur sur son propre visage, se regardant dans le rétroviseur de sa voiture de patrouille, ou sous les lumières vives des vestiaires de la brigade. Les gènes tellement évidents dans ses traits qu’ils sautaient aux yeux de tous ceux qui le rencontraient. Une ligne mince qui séparait les deux hommes, raison pour laquelle ces douze dernières années Drake avait si désespérément tenté de s’affranchir de ce père que tout le monde voyait en lui. Tout ce qui avait changé dans sa vie, songea-t-il, et tout ce qui demeurait identique. 20
Il consulta sa montre puis regarda la porte de la prison. Il ne savait pas à quoi s’attendre et il restait assis dans sa voiture à fixer l’unique battant en acier, guettant le changement de lumière ou d’ombre à l’intérieur qui annoncerait l’arrivée de Patrick. Douze ans plus tôt la vie dont il avait rêvé à l’âge de vingt ans jetée aux oubliettes. Et tout, après l’arrestation de son père, qui lui avait semblé appartenir à la vie de quelqu’un d’autre. Un quart d’heure s’écoula ainsi, le froid s’insinuant par les joints de sa Chevrolet dernier modèle, avant qu’il ne voie la porte s’ouvrir de l’intérieur et un gardien émerger sur le petit chemin en béton, tenant la porte ouverte en grand. Drake ne reconnut pas immédiatement son père, qui portait un carton dans les bras, son souffle s’enroulant derrière lui alors qu’il marchait. Sa barbe longue et parsemée de poils blancs et une fine crinière, presque animale, qui tombait en rideau depuis son crâne dégarni. Dépassant le mètre quatre-vingts, il avait un début de bedaine mais le torse puissant et les larges épaules qu’il avait toujours eus. La peau de son cou sous sa barbe striée de veines dans le froid. Drake sortit de la voiture et attendit, debout. La seule fois où il avait rendu visite à son père en prison, celui-ci s’était contenté de le dévisager froidement, le crâne rasé à blanc, une moue vaguement tordue sur les lèvres alors qu’il répondait à ses questions. Un tiers de la vie de son fils passé derrière les barreaux. Le shérif Patrick Drake, une légende en son temps, sans aucune autre famille à Silver Lake que son fils et sa belle-fille, Sheri. Pendant des années, le shérif adjoint ne s’était pas soucié du sort de son père, honteux chaque fois que quel qu’un mentionnait son nom. L’histoire familiale dans les collines et les montagnes entourant le lac loin d’être un motif de fierté − le grand-père de Drake, Morgan, 21
tristement célèbre pour avoir procuré alcool et divertisse ments aux camps de bûcherons d’un bout à l’autre des North Cascades, avant de finir par établir la famille à Silver Lake. En regardant son père à présent, avec ses cheveux longs et sa barbe emmêlée qui lui mangeait le visage, sa peau tendue par endroits et plissée à d’autres, Drake avait le sentiment de ne pas le connaître autant qu’il aurait dû. Tant de temps s’était écoulé sans qu’aucun mot ne soit échangé entre eux. Patrick qui portait les vêtements dans lesquels il avait été incarcéré douze ans plus tôt, démodés et désormais trop grands sur son corps mince et musclé. Derrière, le gardien referma la porte et Drake entendit le loquet retomber comme Patrick traversait le parking jusqu’à l’endroit où il l’attendait, à côté de la voiture. La vieille veste de toile ouverte sur sa poitrine, révélant la chemise en flanelle et le jean qu’il portait le jour de son arrivée ici. “T’es retourné à l’état sauvage à ce que je vois”, remarqua Drake en désignant la crinière blanche de son père. Patrick sourit. Il était resté enfermé longtemps. Et les rides sur sa peau paraissaient d’autant plus profondes. “Je l’ai jamais quitté”, répondit-il. Sur le parking derrière eux, Drake entendit un moteur démarrer, suivi par le crachotement discret d’un pot d’échappement, mais il n’y prêta pas attention alors qu’il prenait le carton des bras de son père pour le mettre sur la banquette arrière, observant la façon dont Patrick posait une main sur la portière et se baissait pour entrer dans la voiture. Il s’écoula une heure avant qu’ils ne parlent à nouveau. Le bruit de l’interstate qui passait sous leurs pieds, 22
le vrombissement des pneus sur l’asphalte et la radio en sourdine pour étouffer le silence. L’absence de leur voix semblable à une entité vivante, qui respirait, dissimulée au plus profond des ténèbres en attendant de jaillir. “Prends la prochaine sortie”, dit Patrick, montrant un panneau de signalisation suspendu devant eux. Il leur restait encore trois bons quarts d’heure avant de devoir quitter l’interstate et de prendre à l’est pour entrer dans les Cascades, serpentant jusqu’au col de la montagne en direction de Silver Lake et de la maison qui était revenue à Drake et sa femme quand son père avait été incarcéré. “T’as l’intention de braquer un magasin ? — Tu sais que c’est pas pour ça qu’on m’a arrêté”, rétorqua Patrick. Il posa sur son fils un regard noir avant de détourner à nouveau les yeux. Drake ne savait pas pourquoi il disait ces choses-là à son père. Pas moyen d’éviter d’évoquer ce qu’il avait fait à part en tournant cela en dérision et en espérant éluder le sujet ne serait-ce qu’un jour de plus. “Tu as trompé pas mal de monde”, reprit Drake. Le vieux shérif hocha la tête mais évita cette fois-ci de le regarder. Drake retira une main du volant et la passa sur son crâne, sentant ses cheveux courts qu’il perdait régulièrement depuis l’âge de vingt ans. Comme son père, il était large d’épaules avec les longues jambes et les os fins et anguleux qui se transmettaient dans leur famille depuis des générations. “Les gens en parlent encore. C’est tout ce que je veux dire. — Quels gens ? — Silver Lake, toute la ville. — Je n’aurais jamais cru retourner là-bas. 23
Urban Waite est né en 1981. Il vit à Seattle avec son épouse. Parfois le loup est son troisième roman publié dans la collection “Actes noirs”, après La Terreur de vivre (2010) et Les Charognards (2014).
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Le shérif Patrick Drake s’efforce de vivre la tête haute dans sa petite ville de montagne, mais un jour sa femme tombe malade. Il est seul à faire bouillir la marmite, alors pour faire face, il se met à avoir de mauvaises fréquentations. Bientôt, il est arrêté et condamné pour l’un des pires crimes qu’ait connu l’histoire locale. Douze ans plus tard, Patrick entame sa conditionnelle sous l’œil circonspect de son fils, Bobby, shérif adjoint dans l’ancien bureau de son père. Hanté par les casseroles du paternel, et secrètement rongé par une culpabilité mal placée, Bobby n’a pas eu la vie facile non plus et son mariage s’en ressent. Il a bien cherché à tourner la page, mais les esprits étroits des petites villes ont la mémoire longue. Et peu de temps après sa sortie de prison, une menace terrifiante ressurgit du passé de Patrick. Cette fois, personne ne sera épargné. De roman en roman, Urban Waite fait montre d’une rare constance. Prose lancinante, personnages forts, paysages grandioses, il suit patiemment la trace ouverte par Cormac McCarthy.
URBAN WAITE
Parfois le loup roman traduit de l’anglais (États-Unis) par Céline Schwaller
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LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS
Photographie de couverture : © Stephen Carroll / Arcangel Images
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