LAURA LIPPMAN
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roman traduit de lâanglais (Ătats-Unis) par HĂ©lĂšne Frappat
MORT Ă BALTIMORE , Jâai lu, 1999.
LA COLLINE DES BOUCHERS , Jâai lu, 1999.
LâINCONNUE DE BALTIMORE , LâArchipel, 2003 ; Points no 1241.
PETITE MUSIQUE DE MEURTRE , LâArchipel, 2004 ; Points no 1361.
LEAKIN PARK , Encre de nuit, 2006.
CE QUE SAVENT LES MORTS , Seuil, 2009 ; Points no 2435.
TES DERNIĂRES VOLONTĂS , Ăditions du Toucan, 2011 ; Points no 2932.
CELLE QUI DEVAIT MOURIR , Ăditions du Toucan, 2012 ; Points no 3039.
JâAI VOULU OUBLIER CE JOUR , Ăditions du Toucan, 2013 ; Points no 3318.
CORPS COUPABLE , Ăditions du Toucan, 2015 ; Points no 4416.
MAUVAISE COMPAGNIE , Ăditions du Toucan, 2016 ; Points no 4628.
CORPS INFLAMMABLES , Actes Sud, 2019 ; Babel noir no 265.
LA VOIX DU LAC , Actes Sud, 2022 ; Babel noir no 306.
Titre original : Lady in the Lake
Ăditeur original : William Morrow, New York © Laura Lippman, 2019
© ACTES SUD, 2022 pour la traduction française ISBN 978-2-330-18969-3
roman traduit de lâanglais (Ătats-Unis) par HĂ©lĂšne Frappat
à la mémoire de Rob Hiaasen
Gerald Fischman
John McNamara
Rebecca Smith
Wendi Winters
Je tâai vue un jour. Je tâai vue et tu mâas remarquĂ©e, parce que tu mâas surprise en train de te regarder, de te voir. De bas en haut. De haut en bas. Les femmes belles font ça. Elles se regardent droit dans les yeux, avant de sâexaminer de la tĂȘte aux pieds. En un regard jâĂ©tais capable de dire que tu nâavais jamais doutĂ© de ta beautĂ©, et que tu nâavais pas perdu lâhabitude, en entrant dans une piĂšce, de tâassurer que tu Ă©tais la plus belle. Tu as scrutĂ© la foule des passants sur le trottoir et tes yeux ont surpris les miens, un court instant, avant de se dĂ©tourner. Tu mâas vue, tu as comptĂ© les points. Qui a gagnĂ© ? Quelque chose me dit que tu tâes attribuĂ© la couronne parce que ce que tu as vu, câest une femme noire, et pauvre par-dessus le marchĂ©. Au royaume animal, le mĂąle sort le grand jeu pour la femme, il la courtise avec ses plumes magnifiques ou son opulente criniĂšre, il passe sa vie Ă essayer de se dĂ©marquer. Pourquoi les humains font-ils lâinverse ? Câest absurde. Les hommes sont plus dĂ©pendants de nous que nous dâeux.
Ce jour-lĂ tu Ă©tais membre dâune minoritĂ©, tu Ă©tais dans notre quartier et presque tout le monde ici mâaurait choisie. Moi et mon corps plus jeune, plus grand, mieux roulĂ©. Peut-ĂȘtre mĂȘme ton mari, Milton. Câest en partie parce que tu Ă©tais Ă cĂŽtĂ© de lui que je tâai remarquĂ©e. Il Ă©tait devenu identique Ă son pĂšre, un homme dont je me souvenais avec
Je tâai vue un jour. Je tâai vue et tu mâas remarquĂ©e, parce que tu mâas surprise en train de te regarder, de te voir. De bas en haut. De haut en bas. Les femmes belles font ça. Elles se regardent droit dans les yeux, avant de sâexaminer de la tĂȘte aux pieds. En un regard jâĂ©tais capable de dire que tu nâavais jamais doutĂ© de ta beautĂ©, et que tu nâavais pas perdu lâhabitude, en entrant dans une piĂšce, de tâassurer que tu Ă©tais la plus belle. Tu as scrutĂ© la foule des passants sur le trottoir et tes yeux ont surpris les miens, un court instant, avant de se dĂ©tourner. Tu mâas vue, tu as comptĂ© les points. Qui a gagnĂ© ? Quelque chose me dit que tu tâes attribuĂ© la couronne parce que ce que tu as vu, câest une femme noire, et pauvre par-dessus le marchĂ©. Au royaume animal, le mĂąle sort le grand jeu pour la femme, il la courtise avec ses plumes magnifiques ou son opulente criniĂšre, il passe sa vie Ă essayer de se dĂ©marquer. Pourquoi les humains font-ils lâinverse ? Câest absurde. Les hommes sont plus dĂ©pendants de nous que nous dâeux. Ce jour-lĂ tu Ă©tais membre dâune minoritĂ©, tu Ă©tais dans notre quartier et presque tout le monde ici mâaurait choisie. Moi et mon corps plus jeune, plus grand, mieux roulĂ©. Peut-ĂȘtre mĂȘme ton mari, Milton. Câest en partie parce que tu Ă©tais Ă cĂŽtĂ© de lui que je tâai remarquĂ©e. Il Ă©tait devenu identique Ă son pĂšre, un homme dont je me souvenais avec 11
une sorte de tendresse. Je nâen dirais pas autant de Milton. Jâai supposĂ©, Ă la maniĂšre dont les gens se rassemblaient autour de lui sur les marches du temple, tapotaient son dos, Ă©treignaient ses mains, que le mort devait ĂȘtre son pĂšre. Et rien quâĂ la maniĂšre dont les gens faisaient la queue pour lui prĂ©senter leurs condolĂ©ances, il Ă©tait Ă©vident que Milton avait rĂ©ussi.
Le temple Ă©tait Ă un bloc du parc. Du parc, et du lac, et de la fontaine. IntĂ©ressant, non ? Je faisais probablement un dĂ©tour pour aller Ă Druid Hill cet aprĂšs-midi-lĂ , un livre dans mon sac. Je nâĂ©tais pas fan des balades dans les parcs, mais huit personnes â mon pĂšre et ma mĂšre, ma sĆur et mes deux frĂšres, mes deux fils et moi â vivaient dans notre appartement et on nâavait jamais la paix, comme disait mon pĂšre. Je glissais un livre dans mon sac â Jean Plaidy ou Victoria Holt â, en disant âJe vais Ă la bibliothĂšqueâ, et Maman nâavait pas le cĆur Ă dire non. Elle ne mâa jamais reprochĂ© dâavoir fait des enfants avec deux bons Ă rien, ni mes retours au bercail comme un vrai pot de colle. JâĂ©tais son premier enfant, et sa prĂ©fĂ©rĂ©e. Mais pas au point de mâautoriser une troisiĂšme erreur. Maman comptait sur moi pour que je reprenne des Ă©tudes, elle rĂȘvait que je devienne infirmiĂšre. InfirmiĂšre. Ăa me paraissait inimaginable, un travail qui vous oblige Ă toucher des gens que vous nâavez aucune envie de toucher.
Quand ça devenait invivable Ă la maison, quand ça dĂ©bordait de corps et de voix, jâallais au parc et je parcourais les allĂ©es, je savourais le silence, je mâaffalais sur un banc, et je rĂȘvassais au bon vieux temps de lâAngleterre. Plus tard, les gens ont dit que jâĂ©tais une personne affreuse, que jâĂ©tais partie vivre toute seule, en abandonnant mes bĂ©bĂ©s Ă leurs grands-parents, mais je nâai jamais arrĂȘtĂ© de penser Ă eux. Jâavais besoin dâun homme, et pas de nâimporte quel vieux bonhomme. Les pĂšres de mes fils
me lâavaient prouvĂ© clairement. Il fallait que je trouve le genre dâhomme qui nous entretiendrait tous les trois. Ăa impliquait que je vive seule un moment, quitte Ă habiter avec mon amie Laetitia, dont le travail, en gros, consistait Ă enseigner lâart de se faire entretenir intĂ©gralement par les hommes. Ma maman Ă©tait persuadĂ©e que quand on sort un morceau de fromage pour attirer une souris, il faut le rendre au moins un peu appĂ©tissant. Retirer la moisissure, ou le placer dans le piĂšge de façon Ă cacher la moisissure. Il fallait que je sois belle et que jâaie lâair totalement insouciante, une apparence impossible Ă obtenir dans lâappartement surpeuplĂ© de ma famille sur Auchentoroly Terrace.
Dâaccord, peut-ĂȘtre quâen fait ça ne me paraissait pas si inimaginable, un travail qui vous oblige Ă toucher des gens que vous nâavez aucune envie de toucher.
Mais quelle femme y Ă©chappe ? Toi aussi tu as dĂ» le faire, je suppose, en Ă©pousant Milton Schwartz. Parce que le Milton Schwartz que jâai connu Ă lâĂ©poque Ă©tait incapable dâinspirer une quelconque romance de conte de fĂ©es.
On Ă©tait en â la date me revient si je repense Ă lâĂąge de mes bĂ©bĂ©s Ă lâĂ©poque â 1964, Ă la fin de lâautomne, lâair venait de se rafraĂźchir. Tu portais une toque noire, sans voile. Je parie que les gens tâont dit que tu ressemblais Ă Jackie Kennedy. Je parie que ça tâa fait plaisir, mĂȘme si tu tâes rĂ©criĂ©e, Qui ça, moi ?, avec un petit rire. Le vent Ă©bouriffait tes cheveux, mais Ă peine ; tu les avais fait laquer. Tu portais un manteau noir avec un col et des poignets en fourrure. Crois-moi, je nâai pas oubliĂ© ce manteau. Et, mon Dieu, Milton Ă©tait le portrait crachĂ© de son pĂšre et câest seulement Ă ce moment que je me suis rendu compte que le vieux M. Schwartz Ă©tait plutĂŽt jeune et plutĂŽt beau quand jâĂ©tais gosse. Quand jâĂ©tais une petite fille qui achetait des bonbons dans son magasin, je le trouvais vieux. Il nâavait mĂȘme pas quarante ans. Jâen avais vingt-six dĂ©sormais et 13
Milton devait avoir au moins quarante ans et voilĂ que tu Ă©tais Ă ses cĂŽtĂ©s, et je nâen revenais pas quâil se soit trouvĂ© une aussi belle femme. Je me suis dit quâil Ă©tait peut-ĂȘtre devenu plus gentil. Les gens changent, jâen suis sĂ»re. Jâai changĂ©. Câest juste que personne ne le saura jamais.
Et toi, quâest-ce que tu as vu ? Je ne me souviens pas de ce que je portais, mais câest pas dur Ă imaginer. Un manteau, trop lĂ©ger, mĂȘme pour ce temps doux. Probablement sorti dâun carton de lâĂ©glise, donc pelucheux et dĂ©fraĂźchi, avec lâourlet dĂ©cousu. Des chaussures Ă©raflĂ©es, avec des talons usĂ©s. Tes chaussures Ă toi Ă©taient noires et brillantes. Mes jambes Ă©taient nues. Toi tu portais le genre de bas qui miroitaient presque.
En te regardant, jâai compris lâastuce : pour attraper un homme qui a de lâargent, je devrais avoir lâair de ne pas avoir besoin dâargent. Jâallais devoir trouver un travail dans un endroit oĂč les pourboires arrivent sous forme de billets, pas de piĂšces quâon balance sur la table. Le problĂšme, câest que ce genre dâendroit nâembauchait pas de Noires, pas comme serveuses. La seule fois oĂč jâai trouvĂ© un boulot dans un restaurant, câĂ©tait Ă la plonge, coincĂ©e dans lâarriĂšre-salle, coupĂ©e des pourboires. Les meilleurs restaurants nâembauchaient pas de femmes pour faire le service en salle, mĂȘme des Blanches.
Il allait me falloir de lâimagination pour trouver un boulot oĂč je pourrais rencontrer le genre dâhommes qui achĂštent aux filles les choses qui me rendraient plus dĂ©sirable aux yeux des hommes qui misaient plus gros, et me permettre de trouver mieux, encore mieux, encore mieux. Je savais ce que ça signifiait, ce que jâaurais Ă donner en Ă©change. Je nâĂ©tais plus une gamine. Mes deux fils le prouvaient.
Donc en me voyant â parce que tu mâas vue, jâen suis sĂ»re, nos regards se sont croisĂ©s, et toisĂ©s â, tu as vu mes fringues miteuses, mais aussi mes yeux verts, mon nez
droit. Le visage Ă lâorigine de mon surnom, mĂȘme si, par la suite, jâai rencontrĂ© un homme qui a dit que je lui rappelais une duchesse, pas une impĂ©ratrice, et quâon devrait mâappeler HĂ©lĂšne. HĂ©lĂšne parce que jâĂ©tais assez belle pour provoquer une guerre. Je venais de le faire, non ? Je ne sais pas quel meilleur nom tu pourrais trouver. Peut-ĂȘtre pas une grande guerre, mais une guerre quand mĂȘme, oĂč les hommes se retournent les uns contre les autres, oĂč les alliĂ©s deviennent ennemis. Tout ça Ă cause de moi.
En un Ă©clair, tu mâas montrĂ© oĂč je voulais aller et comment y arriver. Il me restait une derniĂšre chance. Un dernier homme.
Ce jour-lĂ , aussi petite que Baltimore puisse ĂȘtre, je nâai jamais pensĂ© que nos chemins se recroiseraient. Tu te contentais dâĂȘtre la femme qui avait Ă©pousĂ© lâadolescent mĂ©chant qui me faisait souffrir autrefois, et dĂ©sormais le mĂ©chant garçon Ă©tait devenu un homme sĂ©duisant qui enterrait son pĂšre. Câest un mari comme ça quâil me faut, voilĂ ce que jâai pensĂ©. Pas un homme blanc, Ă©videmment, mais un homme qui pourrait mâoffrir un manteau avec un col et des poignets en fourrure, un homme qui inspirerait le respect Ă tous. La valeur dâune femme se mesure Ă celle de lâhomme quâelle accompagne. Mon pĂšre mâaurait giflĂ©e en entendant ces mots sortir de ma bouche, il mâaurait obligĂ©e Ă trouver et mĂ©moriser tous les versets de la Bible sur la vanitĂ© et lâorgueil. Mais ce nâĂ©tait pas une question de vanitĂ©. Jâavais besoin quâun homme mâaide Ă prendre soin de mes fils. Un homme aisĂ© a besoin dâune femme belle. Ăa, je lâai compris ce jour-lĂ . Tu Ă©tais lĂ pour rĂ©conforter Milton, pour lâaider Ă enterrer son pĂšre, mais tu Ă©tais aussi une publicitĂ© vivante pour sa rĂ©ussite professionnelle. Je nâen reviens pas que tu lâaies quittĂ© un an aprĂšs, mais la mort a cet effet sur les gens, elle les change. Dieu sait que ma mort mâa changĂ©e.
Vivante, jâĂ©tais ClĂ©o Sherwood. Morte, je suis devenue la Dame du Lac, un vilain truc cassĂ©, extrait de la fontaine aprĂšs y avoir croupi pendant des mois, qui a traversĂ© le froid de lâhiver, et puis les giboulĂ©es agressives du printemps, presque jusquâĂ lâĂ©tĂ©. Plus de visage, presque plus de chair.
Vivante, jâĂ©tais ClĂ©o Sherwood. Morte, je suis devenue la Dame du Lac, un vilain truc cassĂ©, extrait de la fontaine aprĂšs y avoir croupi pendant des mois, qui a traversĂ© le froid de lâhiver, et puis les giboulĂ©es agressives du printemps, presque jusquâĂ lâĂ©tĂ©. Plus de visage, presque plus de chair.
Et tout le monde sâen fichait jusquâau jour oĂč tu as fait ton apparition en me donnant ce surnom stupide, en sonnant aux portes et harcelant les gens, en franchissant des frontiĂšres interdites. En dehors de ma famille, personne nâĂ©tait censĂ© se prĂ©occuper de mon sort. JâĂ©tais une fille imprudente qui Ă©tait sortie avec la mauvaise personne et quâon nâavait plus jamais revue. Tu es arrivĂ©e quand mon histoire sâachevait et tu as fait de ma fin ton commencement. Pourquoi tu tâes mis en tĂȘte de faire une chose pareille, Madeline Schwartz ? Pourquoi est-ce que tu ne tâes pas contentĂ©e de rester dans ta belle maison et ton mariage satisfaisant, en me laissant croupir au fond de la fontaine ?
JâĂ©tais en sĂ©curitĂ© lĂ -bas.
Et tout le monde sâen fichait jusquâau jour oĂč tu as fait ton apparition en me donnant ce surnom stupide, en sonnant aux portes et harcelant les gens, en franchissant des frontiĂšres interdites. En dehors de ma famille, personne nâĂ©tait censĂ© se prĂ©occuper de mon sort. JâĂ©tais une fille imprudente qui Ă©tait sortie avec la mauvaise personne et quâon nâavait plus jamais revue. Tu es arrivĂ©e quand mon histoire sâachevait et tu as fait de ma fin ton commencement. Pourquoi tu tâes mis en tĂȘte de faire une chose pareille, Madeline Schwartz ? Pourquoi est-ce que tu ne tâes pas contentĂ©e de rester dans ta belle maison et ton mariage satisfaisant, en me laissant croupir au fond de la fontaine ? JâĂ©tais en sĂ©curitĂ© lĂ -bas.
Tout le monde Ă©tait plus en sĂ©curitĂ© quand jâĂ©tais lĂ -bas.
Tout le monde Ă©tait plus en sĂ©curitĂ© quand jâĂ©tais lĂ -bas.
Baltimore, 1965. Maddie est la femme au foyer parfaite. Pourtant un soir, sur un coup de tĂȘte, elle dĂ©cide de tout plaquer. Elle veut retrouver sa libertĂ©, et sâaccomplir professionnellement, en devenant journaliste. Lorsque le corps dâune jeune femme noire est retrouvĂ© dans un lac, Maddie sâempare alors de lâaffaire malgrĂ© lâindiffĂ©rence gĂ©nĂ©raleâŠ
Ăcrivant en miroir lâĂ©mancipation de Maddie et le destin tragique de ClĂ©o, victime de jeux de pouvoir Ă©minemment masculins, Laura Lippman livre un formidable roman Ă suspense dans lequel sâincarnent racisme, sexisme et rapports de classes propres Ă lâAmĂ©rique des annĂ©es 1960.
Laura Lippman a publiĂ© plus de vingt romans, tous situĂ©s sur la cĂŽte est des Ătats-Unis, oĂč elle vit. Elle a reçu de nombreux prix et est traduite dans une vingtaine de langues. Chez Actes Sud, on lui doit Ă©galement Corps in ammables (2019).
ISBN 978-2-330-18969-3
Dép. lég. : mars 2024 (France)
9,90 ⏠TTC France
www.actes-sud.fr