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Gazette d'Actes Sud-Papiers | mai - septembre 2016

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LA GAZETTE mai - septembre 2016

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“HÉPHAÏSTOS. Fils intrépide de la sage Thémis, C’est malgré moi que je t’attache sur ce roc Avec des nœuds d’acier que tu ne peux vaincre. Ici plus de regard et plus de voix humaine ! Rien que les rayons du soleil sur ton visage brûlé. La nuit sera ta joie sous son manteau d’étoiles Et le jour ta douleur en dégivrant l’aurore. Douleurs sans fin, ton sauveur n’est pas né ! Voilà ce que l’on gagne à trop aimer les hommes ! Dieu qui n’a pas craint les dieux pour honorer les hommes, Tu as brisé la loi, voilà ton châtiment : Rester sur ce rocher, sans sommeil, sans repos, Là, tu pourras gémir et pleurer pour toujours Mais tu ne plieras pas la volonté de Zeus, Il a la cruauté de tous les jeunes rois.” (in Prométhée enchaîné d’Eschyle, texte français d’Olivier Py, Actes Sud-Papiers)

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FESTIVAL D’AVIGNON 2016 À l’occasion de la vingtième année de la disparition de Didier-Georges Gabily, le festival d’Avignon propose des lectures dirigées par Jean-François Matignon d’extraits de textes de l’auteur du 17 au 21 juillet à la Maison Jean-Vilar et le 18 juillet de 10h à 13h la nef des images proposera un portrait. Pour (re) découvrir une œuvre romanesque et théâtrale qui a marqué les années 1990 et résonne encore aujourd’hui. Chez Actes Sud, Gabily a publié deux romans (Physiologie d’un accouplement, 1988 et Couvre-feux, 1990), deux essais (À tout va, 2002 et Notes de travail, 2003) et plusieurs pièces de théâtre (neuf d’entre elles ont été réunies dans le Thesaurus publié par Actes Sud en 2008). “Et ici – comme ce devrait être toujours mais on sait bien que ce n’est pas toujours – ceux qui n’ont habituellement pas la parole la prendront, s’en empareront. Morts et vivants confondus. Voix. Remuant la boue et les terreaux du mythe. Extirpant du champ clos et convenu des histoires d’aujourd’hui des fragments de fables inconvenantes pour aujourd’hui. Parce que c’est encore possible au théâtre, parce que le théâtre est redevenu le seul lieu possible de la Métamorphose racontée et donnée à voir, à critiquer, en direct, par ceux qui portent le feu et l’eau de la parole, les acteurs, pour ceux qui y viennent encore, les spectateurs, les citoyens, les non-tranquilles, les non-postés devant l’écran à ressasser, à rassasier.” (Gabily dans Notes de travail, coll. “Le Temps du théâtre”, 2003.) La 70 e édition du Festival d’Avignon aura lieu du 6 au 24 juillet. Olivier Py a pensé la programmation comme une possibilité de faire face au “triste spectacle du monde”, comme “un espoir politique”, le théâtre comme place de la révolution. En hommage, toujours, à Jean Vilar qui “a imaginé un pacte entre les artistes et la République, […] un asile aux volontés utopiques, aux rassemblements de diversités et à l’amour des possibles.” Plusieurs livres que nous publions, présentés dans cette Gazette, ou que nous avons déjà publiés sont en lien avec la programmation ou lui font écho : Ceux qui errent ne se trompent pas de Kevin Keiss avec Maëlle Poésy, Prométhée enchaîné et Pièces de guerre d’Eschyle dans une traduction et mise en scène d’Olivier Py, La Tigresse de Gianina Carbunariu, une exposition d’Adel Abdessemed (qui signe l’affiche du Festival et dont Actes Sud a publié plusieurs ouvrages), etc. • Le programme complet est disponible sur le site du Festival : www.festival-avignon.com • Le programme du Festival Off, qui a lieu du 7 au 30 juillet, sera connu mi-juin (consultable en ligne sur avignonleoff.com). Plusieurs de nos auteurs sont programmés : Jean-Claude Grumberg, Rémi De Vos, Tiphaine Gentilleau, Linda MacLean, Davide Carnevali, Florence Muller et Eric Verdin, etc. • Par ailleurs, plusieurs rencontres avec des auteurs ou autour de ces nouvelles publications sont organisées à la Maison Jean-Vilar d’Avignon : Laure Adler, Jean-Claude Grumberg et sur Georges Pitoëff et les figures du Cartel des Quatre avec la BnF. Par ailleurs, le Festival rend hommage à Didier-Georges Gabily à l’occasion des vingt ans de sa disparition (voir pages suivantes). • Pendant toute la durée du Festival, vous trouverez nos livres à la librairie du Festival, chez les libraires de la ville, et le plus souvent possible sur les lieux de spectacle. Retrouvez toutes ces actualités détaillées à partir de fin juin sur www.actes-sud.fr

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FESTIVAL D’AVIGNON IN

CEUX QUI ERRENT NE SE TROMPENT PAS Kevin Keiss, en collaboration avec Maëlle Poésy D’après La Lucidité de José Saramago*

© J.-L. Fernandez.

Dans La Lucidité, José Saramago (prix Nobel de littérature en 1998) imagine des élections où 83 % des votes sont blanc, décrit la stupeur et l’inquiétude du gouvernement et son incapacité à comprendre cet acte citoyen. Kevin Keiss, en collaboration avec Maëlle Poésy, et que nous accueillons dans notre catalogue, s’empare de cette histoire et érige, en six tableaux, une fable politique, entre conte fantastique et comédie noire. Un texte incroyablement d’actualité. alors que la pluie ne cesse de tomber sur la capitale, le gouvernement, affolé par les résultats et incapable de se remettre en question, parle de “peste blanche” :

“LE MINISTRE DE LA DÉFENSE, DU BUDGET ET DE L’ÉCONOMIE. Alors évidemment les gens se radicalisent comme ils peuvent, certains se tournent vers l’art, d’autres vers la lutte armée, certains s’anarchisent à la ville ou à la campagne et mettent l’ordre en déroute. Tout est possible. Nous assistons, aujourd’hui, à l’avènement d’un terrorisme nouveau. Alors deux solutions : soit nous laissons ces renégats de la démocratie s’organiser et proliférer, ce que nous avons déjà bien trop longtemps laissé faire à en juger par la situation, soit nous frappons un grand coup sur la table et nous montrons qui est le chef en ripostant : nous ne pouvons plus rester un État « poulemouillée ».”

* © José Saramago, 2004, trad. de Geneviève Leibrich. © Éditions du Seuil, 2006

Pièce de théâtre ACTES SUD-PAPIERS juin 2016 / 978-2-330-06567-6 15 x 20,5 cm / 80 pages 17 personnages / 12 euros TTC

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Rendez-vous • Pièce à l’affiche ! Création le 10 mai à l’Espace des Arts de Chalon-sur-Saône. Mise en scène de Maëlle Poésy et du 6 au 10 juillet à la Salle Benoît XII (festival d’Avignon In). Voir Calendrier des spectacles.

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© J.-L. Fernandez.

Les ministres prennent des décisions plus autoritaires, violentes et aberrantes les unes que les autres, sous prétexte de protéger la république et la démocratie : création des “services de la vérité”, contrôle de la ville par l’armée, promulgation de l’État d’inquiétude puis de l’État de siège. Cela n’empêche pas les habitants de repeindre les murs de la ville en blanc et de manifester en silence, loin de la guerre civile tant annoncée par les politiques. Les conditions climatiques, comme l’essence même de la démocratie, continuent de se dégrader, jusqu’à ce que le gouvernement soit obligé de prendre la fuite et de s’exiler dans la jungle. Auteur, dramaturge, traducteur et metteur en scène, Kevin Keiss a été formé à l’école du Théâtre national de Strasbourg. Il est chargé de cours à Bordeaux 3. Au théâtre, il collabore notamment avec Maëlle Poésy, Élise Vigier et Les Lucioles, Sarah Lecarpentier,

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Jean-Pierre Vincent, Laëtitia Guédon pour qui il traduit et écrit Troyennes, les morts se moquent des beaux enterrements, Lucie Berelowitsch, Amélie Énon, Alexandre Éthève pour qui il écrit la pièce jeune public Je vous jure que je peux le faire. Il est membre fondateur du collectif d’auteurs Traverse. Comédienne et metteuse en scène, Maëlle Poésy se forme également à l’école du Théâtre national de Strasbourg. Elle joue au théâtre et au cinéma sous la direction, entre autres, de Stéphane Braunschweig, Gildas Milin, Joël Jouanneau. Elle participe au Director’s Lab du Lincoln Center à New York, et aux rencontres du FTA au Québec. Elle crée la compagnie Crossroad et met en scène, Candide, si c’est ça le meilleur des mondes d’après Voltaire qu’elle co-adapte avec Kevin Keiss, ainsi que L’ours et le Chant du cygne de Tchekhov au Studio de la Comédie-Française.

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LES CINQ SENS

FESTIVAL D’AVIGNON OFF

(LE BROGNET ; FUGUE ; LE VERGER ; VEAUX, VACHES ; TAMPON)

suivi de TOUTE MA VIE J’AI FAIT DES CHOSES QUE JE SAVAIS PAS FAIRE Rémi De Vos Au camping, un garçon dont la famille aime le brognet flirte avec une jeune fille dont la famille mange du maroilles, la guerre du fromage est déclenchée, au point de séparer nos Roméo et Juliette du Nord ; une jeune effrontée endort ses parents avec une pâte à crêpes aux somnifères pour aller au bal puis sur la banquette arrière de la voiture de Romuald ; un garçon timide s’empiffre de pêches en regardant Marion batifoler avec un autre dans le verger ; une fille de la campagne goûte le corps des garçons ; une adolescente a un accident d’auto tamponneuse et se retrouve à l’hôpital, dans les draps de l’interne en médecine. Les cinq personnages de ces monologues confient la première fois où ils ont fait l’amour, à travers leur sens de prédilection : l’odorat, le toucher, la vue, l’ouïe et le goût. Un voyage intime, cocasse et tragique, au cœur de drames teintés des lumières et des accents de cinq régions françaises. Dans Toute ma vie j’ai fait des choses que je savais pas faire, un homme s’adresse à ses assaillants et les tient à distance (mais pour combien de temps ?), en leur racontant ce qu’il vient de se passer. dans un bar, il a tué un type qui l’insultait et s’est enfui

:

“J’étais tranquille, je ne demandais rien à dans la figure à cause du vent. La tension était personne, il est entré et tout de suite ça a si forte que – je n’hésite pas à le dire – à un commencé : « Ça pue le pédé ici. C’est quoi ? moment, je me suis mis à pleurer. [...] Mais C’est un bar à pédés ? » Je vous le demande, ça ne l’a pas arrêté de voir que des larmes qu’est-ce que je pouvais faire ? Il était devant coulaient sur mon visage, au contraire, je la porte, il prenait toute la porte, je la voyais peux même dire que là, on est passés à un pour ainsi dire plus tellement il se trouvait autre stade, c’était comme si ça l’excitait endevant. […] Le type devait faire dans les cent core plus. Je m’excuse de vous dire ça parce kilos, et je me disais que lorsqu’elle explo- que c’est un peu gênant, et croyez bien que je serait sa violence qu’il avait jusque-là réussi préférerais ne pas avoir à vous dire ça, mais à contenir au prix d’un effort incroyable, je c’est pour que vous compreniez que le mec, serais littéralement réduit en poussière, épar- votre copain, il avait quand même pas mal pillé dans les airs comme une urne qu’on vide bu et qu’il n’était pas tout à fait dans son état face à la mer et dont on se prend le contenu normal.” Dos au mur et acculé, celui qui s’est enfui doit parler pour survivre et tenter de démêler l’inextricable. Pièces de théâtre ACTES SUD-PAPIERS

juin 2016 / 978-2-330-06416-7 15 x 20,5 cm / 56 pages Monologues / 13 euros TTC Également disponible en version numérique mep GAZETTE mai septembre 2016.indd 8

Rendez-vous • Toute ma vie… : Pièce à l’affiche ! Le spectacle a été créé au Théâtre du Nord de Lille en novembre 2015 dans une mise en scène de Christophe Rauck. Voir Calendrier des spectacles. • Rencontre avec Rémi De Vos le vendredi 27 mai à 18h30 à la librairie L’Autre Rive de Nancy. 08/06/2016 17:14


OFF

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C’EST (UN PEU) COMPLIQUÉ D’ÊTRE L’ORIGINE DU MONDE

FESTIVAL D’AVIGNON OFF

Tiphaine Gentilleau et Les Filles de Simone Nous avons le plaisir d’accueillir dans notre catalogue Les Filles de Simone, collectif fondé par trois artistes : Claire Fretel, metteure en scène, Tiphaine Gentilleau, comédienne et plume principale du groupe et Chloé Olivéres, comédienne. Dans ce texte, elles imaginent le parcours d’une jeune femme trentenaire qui tombe enceinte. De l’annonce de sa grossesse à sa metteuse en scène intransigeante, en passant par la confrontation avec la gynécologue et sa batterie de prescriptions, jusqu’à la psychologue laconique et la sage-femme bio-bobo-essentialiste qui lui conseille de manger son placenta, la future mère entreprend un grand voyage. “LA COMÉDIENNE IMPULSIVE. Mais justement ! Parce que c’est du théâtre on va le montrer. Montrer, de monstrer, monstration, monstrueux. Il y a du monstrueux donc on va aller par là. Le théâtre, c’est le lieu du monstrueux et de la vérité ? Alors on s’y colle et on va vous la dire, la vérité… (Haranguant le public.) Rachida, par exemple, vous savez ce qu’elle avait sous son petit tailleur Chanel quand elle est retournée faire la ministre après son accouchement ? Elle avait une couche, mesdames et messieurs ! Oui, parce que après un accouchement, on saigne pendant des semaines, pendant des mois… Et c’est pas du sang de rien du tout. C’est des litres de sang, avec des caillots… Donc c’est avec un slip filet qu’elle a traversé la cour de l’Élysée, Rachida ! Et puis elle avait peut-être tellement mal au Conseil des ministres, qu’elle a dû s’asseoir sur une bouée !!” La première pièce de Tiphaine Gentilleau est une pièce manifeste sur les contradictions rencontrées par l’être-mère des temps modernes : comment devenir mère sans renoncer à sa liberté et à ses choix professionnels ? Peut-on être mère et féministe ? Comment vit-on d’être l’origine du monde ? La pièce décrypte avec subtilité et profondeur les méandres de la maternité. C’est féministe, c’est drôle, c’est déculpabilisant.

Elle, Laure Leter et Clémence Leveau, 19 octobre 2015

Pièce de théâtre ACTES SUD-PAPIERS

juin 2016 / 978-2-330-06543-0 15 x 20,5 cm / 40 pages 9 personnages / 11 euros TTC

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Rendez-vous • Pièce à l’affiche ! Le spectacle a été créé le 13 octobre 2015 au Théâtre du Rond-Point à Paris. Il sera joué du 7 au 30 juillet à La Condition des Soies (festival d’Avignon In) puis au Théâtre du Rond-Point à la rentrée. Voir Calendrier des spectacles.

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TOUS LES SOIRS Laure Adler

D. R.

passionnée de théâtre depuis son enfance, la journaliste et écrivaine laure adler se plonge tous les soirs dans les salles noires des théâtres, avec la même envie, la même fascination.

“Pourquoi tous les soirs ? Pourquoi tous les soirs, depuis plus de deux décennies, ai-je le désir, voire le besoin d’aller au théâtre, d’attendre que le noir se fasse et que, de toutes les manières possibles, le spectacle commence ? Est-ce la mélancolie sourde qui atteint la plupart d’entre nous à la nuit tombée et qui me permet ainsi d’échapper à la mauvaise étreinte de cette heure dite entre chien et loup ? Est-ce pour oublier ? Pour conjurer le temps ? Pour retrouver les fantômes de l’enfance ? Pour être seule avec moi-même tout en me sentant protégée par la communauté que forment les spectateurs assis dans une salle. Car le théâtre produit une communauté, éphémère certes, mais bien réelle. Pendant une heure, ou une nuit, nous vivons dans le même monde imaginaire, tout en éprouvant des sentiments bien réels pour des personnages, alors que l’on sait parfaitement qu’ils sont fictifs. Le théâtre, en nous, fait silence et nous permet, assez souvent, d’atteindre une sorte de paix intérieure. Il semble même qu’il ait été inventé pour cela : détourner les foudres de nos affects les plus belliqueux pour établir ou rétablir une harmonie avec les dieux de la cité grecque. L’effet de catharsis produit par les masques, déformations, apparitions, métamorphoses de notre quotidien, cette addiction à ce qu’on nomme fort justement « spectacle vivant ». Si je suis aussi une adepte des multiplex, des salles d’art et d’essai, et que je ne dédaigne pas le rituel du pop-corn et de la sortie ciné du dimanche soir, je n’éprouve pas à la sortie d’une séance (quel étrange mot aux connotations psy) – quelle que soit la beauté du film – la même excitation, la même sensation d’inventivité, la même remise en question, la même énergie que lorsque je sors d’un théâtre, même si le spectacle ne s’est pas révélé à la hauteur de mes espérances. S’agit-il d’un régime de passions différentes ? D’un autre rapport à la vérité ? En quoi et comment le théâtre s’approche-t-il de la beauté ? Pourquoi nous parle-t-il encore aujourd’hui, et encore plus aujourd’hui, après les tragédies de 2015 que nous avons vécues ? Pourquoi la force – insubmersible, et qui semble défier le temps – de cette discipline qu’on nomme « théâtre » ?” Extrait de la préface

Essai ACTES SUD

coll. “Le Temps du théâtre” / juin 2016 / 978-2-330-06414-3 11 x 21,7 cm / 112 pages / 13 euros TTC Également disponible en version numérique mep GAZETTE mai septembre 2016.indd 10

Rendez-vous • Rencontre avec Laure Adler autour de Tous les soirs le 15 juillet à 17h30 à la Maison Jean-Vilar à Avignon.

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Ce désir sans cesse renouvelé c’est aussi et surtout grâce aux artistes qu’elle le tient. Laure Adler la spectatrice en convie certains dans son récit : Peter Brook, Romeo Castellucci, Thomas Jolly, Angélica Liddell, Krystian Lupa, Arianne Mnouchkine, Thomas Ostermeier, Joël Pommerat, Claude Régy, François Tanguy et Krzysztof Warlikowski. Elle retranscrit leurs paroles, leurs engagements, fait sienne leur passion. Ce livre est un parcours en huit parties (Art et enfance, théâtre et danger, théâtre et engagement, théâtre et poésie, théâtre et mémoire, théâtre et invention, théâtre et plaisir, théâtre en danger) “pour non-initiés, dans les arcanes du théâtre contemporain, en restant au plus près de ceux qui le font et nous aident ainsi à vaincre le noir le temps d’une représentation.” “Nous avons tous en tête des spectacles qui nous ont marqués et restent en lettre de feu dans nos mémoires, mais nous avons beaucoup de mal à les évoquer et beaucoup de réticence à en parler, tant les mots ne semblent pas à la hauteur de nos émotions. Et pourtant, certains spectacles ont pu modifier le cours de notre existence ou nous faire comprendre des choses qui nous paraissaient obscures. Mais nous les avons vécus dans une communauté. Et c’est cette communauté qui a disparu à tout jamais quand le spectacle s’est terminé. L’esprit, lui, a pu se conserver intact dans notre mémoire et continuer à agir. Car faire du théâtre est, le plus souvent, l’histoire d’un choix et une manière de vivre, mais voir du théâtre peut aussi l’être et laisser des traces indélébiles. À cet égard, il faut remercier Jérôme Bel qui, dans la Cour d’honneur du palais des Papes d’Avignon, avec son spectacle intitulé justement Cour d’honneur, en 2013, a su, avec justesse, tact et sensibilité, rendre par les témoignages des amateurs qu’il avait choisis, et chorégraphier ce que peut signifier être un spectateur, pour la première fois de façon palpable et compréhensible. Dans l’art contemporain, on

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magnifie les regardeurs. Dans le spectacle vivant, on ne prête pas encore assez d’attention aux spectateurs. Notre mémoire de spectateur de théâtre se modifie sans cesse avec l’absorption dans notre chambre mentale des nouveaux spectacles qui viennent s’insérer, ou pas, dans notre mémoire sensible. Mais il y aura toujours les spectacles qui ont forgé notre regard, qui nous ont donné l’impression de nous agrandir, qui ont produit en nous la sensation d’approcher la vérité d’un texte, qui nous ont procuré un tel bonheur que, par superstition, nous avons eu peur de retourner trop vite dans une salle de crainte d’être déçu… Pour moi, après Vilar, ce fut Vitez. Vitez à Ivry, Vitez à Chaillot, Vitez à la Comédie-Française. Vitez et ses Molière à Avignon. Vitez et Le Soulier de satin à la Cour d’honneur du palais des Papes. Tout Vitez. Je prenais tout de Vitez. J’apprenais tout de Vitez. Et lorsque je revenais voir le même spectacle, à chaque fois je découvrais autre chose. Je donnerais tout ce que j’ai pour revoir tout Vitez…” Extrait du chapitre “Théâtre et mémoire”

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GEORGES PITOËFF Introduction et choix de textes par Odette Aslan Après Charles Dullin, Gaston Baty et Louis Jouvet, tous publiés dans la collection “Mettre en scène”, cet opus sur Georges Pitoëff, en plus de la présentation du metteur en scène, vient compléter et raviver la mémoire du Cartel des Quatre. Rénovateur de la mise en scène, passeur de pièces étrangères, classiques et contemporaines, Georges Pitoëff (Tbilissi, 1884-Bellevue, 1939) a laissé peu de témoignages écrits de son œuvre, hormis des dessins de décor et des notices scénographiques. Il s’installe en France dès les années 1920, et la multitude de pièces qu’il met en scène est portée par le talent d’actrice de sa femme Ludmilla, partenaire indispensable. Ses mises en scène dépouillées, n’utilisant que quelques accessoires évocateurs, permettant le déploiement des textes dont il est souvent le traducteur, héritent de l’enseignement de Stanislavski. Ayant fréquenté toute l’avant-garde de la mise en scène du début du XXe siècle (Adolphe Appia, André Antoine, Vsevolod Meyerhold, Edward Gordon Craig, etc.), il a forgé une esthétique de la concision des décors. Très attaché au jeu des acteurs, à leur recherche d’une rythmique intérieure issue de l’enseignement du créateur de la rythmique Émile Jaques-Dalcroze mais aussi à leur liberté d’interprétation, il a fondé ses mises en scène sur une disposition géométrique de l’espace et des couleurs en accord avec la peinture avant-gardiste de son temps, dans une volonté de rassembler tous les éléments en jeu sur la scène (musique, éclairages, costumes, acteurs, etc.). Georges Pitoëff est l’un des quatre membres fondateurs du Cartel des Quatre. Née en 1927, cette association d’entraide “basée sur l’estime professionnelle et le respect réciproque qu’ils ont les uns pour les autres” avait pour but, à la fois artistique et commercial, de rendre une visibilité au théâtre d’avant-garde, contre le monopole du théâtre de boulevard, et de se défendre contre les attaques de la critique dramatique.

Rendez-vous • Rencontre avec Joël Huthwohl, Béatrice Picon-Vallin, Ève Mascarau et Marc Véron, “Baty, Dullin, Jouvet et Pitoëff, solidarité professionnelle et indépendance artistique dans l’entre-deux-guerres”, textes lus par Jean-Claude Penchenat, jeudi 19 mai de 18h30 à 20h à la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, Petit Auditorium. • Rencontre autour du Cartel des Quatre, “Quelles solidarités professionnelles aujourd’hui ?”, en présence de trois metteurs en scène contemporains, le 11 juillet à 17h30 à la Maison Jean-Vilar à Avignon. mep GAZETTE mai septembre 2016.indd 12

Essai ACTES SUD-PAPIERS coll. “Mettre en scène” mai 2016 / 978-2-330-06249-1 10 x 19 cm / 104 pages 13 euros TTC 08/06/2016 17:14


Nous proposons également à la vente les quatre opus réunis par un bandeau et accompagnés d’un livret de douze pages signé par Joël Huthwohl, directeur du département théâtre de la Bibliothèque nationale de France. Ce dernier synthétise l’apport du Cartel des Quatre au théâtre du XXe siècle en France et commence par cette anecdote amusante : “Le 10 novembre 1927, Charles Dullin, directeur du théâtre de l’Atelier, écrit à son « cher Jouvet », directeur de la Comédie des Champs-Élysées. La veille, un journaliste du Figaro, James de Coquet, a giflé l’administrateur du théâtre de l’Atelier qui lui demandait simplement de cesser ses allées et venues hors de la salle pendant la générale de Danse de vie d’Hermon Ould. « Ne crois-tu pas que dans une occasion semblable une lettre commune du Cartel serait nécessaire et qu’une sanction vis-à-vis de monsieur James de Coquet aurait plus de force prise par nous tous ? » Il faut en discuter.

« J’attendrai ce soir à minuit chez Francis, conclut Dullin, je prie également Baty et Pitoëff de nous attendre. » Les archives ne disent pas si les quatre se retrouvèrent en effet après le spectacle à une table de la fameuse brasserie de l’avenue Montaigne, à deux pas du théâtre des Champs-Élysées, pour mettre au point leur plan de bataille, mais elles recèlent bien une lettre commune à James de Coquet signée par le « secrétaire général du Cartel », Valentin Marquetty, qui n’est autre que le bras droit de Jouvet à la Comédie des Champs-Élysées. L’incident n’a pas de suite sérieuse, mais il est révélateur d’une solidarité professionnelle en train de s’organiser. En effet, le 6 juillet précédent, les quatre ont signé un accord par lequel ils « forment une association basée sur l’estime professionnelle et le respect réciproque qu’ils ont les uns pour les autres. »”

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MOLIÈRES 2016 ÇA IRA (1) FIN DE LOUIS Joël Pommerat Ça ira (1) Fin de Louis est une fiction politique contemporaine inspirée de la Révolution française. Saisissant cette histoire fondatrice de notre société en donnant la parole au peuple, Joël Pommerat décrit presque au jour le jour le processus – conflictuel – d’invention de la démocratie, tout en refusant la reconstitution historique et l’emploi des héros traditionnels de cette période. Pour cette épopée, Joël Pommerat a travaillé depuis 2013 sur les archives de l’époque, avec, entre autres, l’aide de Marion Boudier (auteure de l’essai Avec Joël Pommerat paru en novembre 2015 chez Actes Sud-Papiers dans la collection “Apprendre”), puis écrivant avec et pour ses comédiens. Ils frappent – ils cognent, même –, ces propos, ces débats, ces affrontements qui semblent d’aujourd’hui. Conflit entre la justice et la loi, questions sur la légitimité du crime politique, interrogations sur le degré de maturité auquel doit accéder le peuple pour qu’on lui accorde la liberté, mystère du corps du roi et de l’incarnation d’une nation... Tout semble à la fois d’une actualité brûlante et lesté d’histoire.

Fabienne Darge, Le Monde, 6 novembre 2015 Joël Pommerat raconte la naissance de la démocratie et d’une idée nouvelle : le bonheur. Une fresque insensée, passionnante, palpitante, exaltante.

© Elisabeth Carecchio

Didier Méreuze, La Croix, 16 novembre 2015

Rendez-vous • Ça ira (1) Fin de Louis a été créé le 13 octobre 2015 au TNT de Toulouse. Plusieurs spectacles de la compagnie Joël Pommerat/Louis Brouillard sont également en tournée. Voir Calendrier des spectacles. mep GAZETTE mai septembre 2016.indd 14

Pièce de théâtre ACTES SUD-PAPIERS mai 2016 / 978-2-330-05996-5 15 x 20,5 cm / 144 pages Une quarantaine de personnages 15 euros TTC Également disponible en version numérique 08/06/2016 17:14


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onnages

LA CONJECTURE DE BABEL ET AUTRES TEXTES Éloi Recoing Cette nouvelle édition augmentée (La Conjecture de Babel a été publiée en 1987 chez Actes Sud-Papiers) est l’occasion de saisir l’ensemble de l’écriture théâtrale d’Éloi Recoing, également metteur en scène, traducteur, marionnettiste et directeur depuis 2014 de l’Institut international de la marionnette de Charleville-Mézières (après avoir dirigé le Théâtre aux Mains Nues à Paris). Ces textes, écrits entre 1976 et 2005, sont une ode à la marionnette, où les corps s’incarnent librement, une exploration du théâtre de la mémoire de l’auteur hantée par l’univers fantastique des marionnettes. Dans La Conjecture de Babel, le professeur von Kleist arpente la bibliothèque de Babel. il interroge les livres, les gens, les choses,

fait parler les pierres, les oiseaux, les nuages, et dès lors, sa vie est une fiction qu’il compose pas à pas avec le sérieux d’un enfant qui joue.

“VON KLEIST. Combien de portes ai-je poussées dans la nuit ? Je pensais : j’accéderai quelque part. Je pensais : « ici » va me conduire en avant de moi, ici réside un passé dont je n’étais pas. J’ai donné des noms aux lieux que je traversais : voici la salle des pas perdus. Voici celle des baisers incrédules. Ici la salle des vengeances inaccomplies et là celle des morts aux doux visages. Mais la bibliothèque ne peut être parcourue dans sa totalité de cette façon poétique où l’absence de méthode sert de guide. Si bien qu’aujourd’hui, je ne bouge plus. Je ne cherche rien. J’attends que le Livre se manifeste.” Dans les six autres pièces pour marionnettes qui suivent (La Ballade Mister Punch, Le Grand-père fou, La Tentation de saint Antoine, Manipulsations, Un instant suicidaire, Passage de l’oubli), Éloi Recoing explore la misère et la vanité de l’existence en convoquant un imaginaire qui fait écho à des œuvres telle que Le Roi et l’Oiseau de Paul Grimault ou encore La Belle et la Bête de Jean Cocteau. À LIRE AUSSI Une maison de poupée d’Henrik Ibsen dans la traduction d’Éloi Recoing et Ruth Orthmann (qui signe également la postface) paraît dans la collection Babel, à l’occasion de son inscription au programme des classes préparatoires scientifiques. Cette traduction, au plus près de l’original, tente de ressaisir ce que fut l’apport rythmique d’Ibsen au théâtre : une écriture laconique, économe et précise, agencée comme un théorème.

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Pièces de théâtre ACTES SUD-PAPIERS

La Conjecture de Babel mai 2016 / 978-2-330-06251-4 15 x 20,5 cm / 176 pages La Conjecture de Babel : 15 personnages 18 euros TTC

Une maison de poupée BABEL n°1400 juin 2016 / 978-2-7427-8739-5 11 x 17,6 cm / 112 pages 6,70 euros TTC Rendez-vous • Manipulsations : Pièces à l’affiche ! Voir Calendrier des spectacles. 08/06/2016 17:14


LE SILENCE DES CHAUVES-SOURIS suivi de LUBNA CADIOT (x7) Anaïs Allais Anaïs Allais est auteure, metteur en scène et comédienne. Elle a fondé, avec Fanny Touron, la compagnie nantaise La Grange aux Belles. Sa formation au Conservatoire national de région de Nantes et à l’IAD en Belgique a été complétée par des stages, notamment avec Joël Jouanneau, Claude Buchvald et Wajdi Mouawad. Le Silence des chauves-souris et Lubna Cadiot (x 7) sont ses premiers textes publiés chez Actes Sud-Papiers. Une rencontre entre l’auteure et une jeune artiste syrienne ayant fui Damas et les Printemps arabes est à l’origine du Silence des chauves-souris. Anaïs Allais propose le face-à-face de deux histoires, celles de Maya et de Nour, deux quêtes d’identités confrontées à l’impartialité du monde réel et à sa cruauté. Maya a quitté son compagnon, Nour son pays en guerre et son amour assassiné. Leurs vies se croisent alors qu’elles sont enceintes toutes les deux. Après avoir découvert l’existence d’Hassiba Benbouali, poseuse de bombe pour le FLN et décédée durant la guerre d’Algérie à dix-neuf ans, Anaïs Allais se saisit de la vie de sa grande cousine disparue. De ce personnage naît Lubna Cadiot (x 7), l’histoire de sept femmes qui n’ont de cesse de questionner leurs souvenirs et leur héritage familial. Wajdi Mouawad qui soutient le travail de la compagnie signe la préface du livre : “Les textes d’Anaïs Allais témoignent […] de ce désenchantement d’une génération, à la fois par rapport à celle qui l’a précédée et à celle qui l’a suivie. Une tristesse, une sorte de peine, de chagrin avec lequel on apprend à vivre, sourd de ces deux rassemblés ici. À leur lecture, le hiatus entre les femmes d’avant et les femmes d’après frappe l’entendement. […] Oui, cette génération est facilement méprisable par ceux précisément qui n’acceptent pas que le temps passe et que le monde leur survivra. Écrire aujourd’hui alors c’est peut-être aussi tenter de témoigner de cette chape de plomb, de cette culpabilité à écrire pour sortir de la culpabilité. C’est à cette émancipation fondamentale qu’Anaïs Allais participe.” Le Grand T de Nantes, sous la houlette de sa directrice Catherine Blondeau, s’est aussi engagé à soutenir le travail d’Anaïs Allais.

Rendez-vous • Lubna Cadiot (x 7) a été créé en 2011 dans une mise en scène de l’auteur, la tournée a pris fin au printemps 2013. Le Silence des chauves-souris a été créé, toujours dans une mise en scène de l’auteur, en 2015. Reprise à partir de début octobre 2016 à Nantes, au Mans, à Mondeville, etc. Plus d’informations : lagrangeauxbelles.weebly.com • Rencontre avec Anaïs Allais et Catherine Blondeau, directrice du Grand T, le vendredi 27 mai à 19h à la librairie La Vie Devant Soi à Nantes.

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Pièces de théâtre ACTES SUD-PAPIERS mai 2016 / 978-2-330-06250-7 15 x 20,5 cm / 96 pages Le Silence des chauves-souris : 3 personnages Lubna Cadiot (x 7) : 7 personnages 15 euros TTC

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MON FRIC suivi de LES ÉPOUX

Après avoir publié cet hiver Les Glaciers grondants suivi de Le plus près possible et Master (pièce jeunesse), nous retrouvons David Lescot avec deux nouveaux textes. Mon fric retrace les étapes d’une vie vue par l’argent. De la tirelire d’enfance aux cotisations pour une éventuelle retraite, en passant par l’argent de poche, les premiers salaires, les grosses dépenses, les dettes, les prêts bancaires, le prix des couches et du divorce, la pension alimentaire, le coût des séances chez le psy, etc., nous suivons, sur un rythme trépidant, le récit d’une existence dans ses rapports à l’argent.

D. R.

David Lescot

“MOI. Je vois un documentaire sur un cinéaste indépendant américain. Il explique qu’aux États-Unis, tu peux vivre à crédit toute ta vie, même les aliments tu peux les acheter à crédit, tout le monde vit à crédit, tu rembourses jamais, c’est valable pour les individus comme pour l’État. GÉRALDINE. Ah bon ? C’est vrai ça ? MOI. Ça me fait du bien ce documentaire. Dans Les Époux, David Lescot raconte l’histoire d’une alliance entre l’amour et le pouvoir, qui donne naissance à la dictature et à l’horreur. Pendant quinze ans, de 1974 à 1989, Elena Petrescu et Nicolae Ceaușescu ont mis la Roumanie à genoux. Ils ont fait régner la peur au plus profond de chacun des Roumains, avant de finir exécutés devant les caméras de télévision, aux yeux du monde entier. Cette conversation entre les deux époux est une comédie noire où le grotesque de leur démesure apparaît.

7 :

nnages

Rendez-vous • Mon fric sera créé en octobre 2016 à la Comédie de Béthune, dans une mise en scène de Céline Backès. • Les Époux a été créé dans une mise en scène d’Anne-Laure Liégeois (tournée en cours). Voir calendrier des spectacles. Plus d’informations : davidlescot.com

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Pièces de théâtre ACTES SUD-PAPIERS septembre 2016 / 978-2-330-066613-0 15 x 20,5 cm / 128 pages Mon fric : une trentaine de personnages Les Époux : 2 personnages 16 euros TTC 08/06/2016 17:14


DANSE, MOROB Laurent Gaudé Pendant le conflit en Irlande du Nord, les républicains arrêtés, pour beaucoup membres de l’IRA, étaient emprisonnés dans le H-Block de la prison de Long Kesh. Là, contre les conditions de détention, les tortures et les humiliations, plusieurs protestations et luttes ont été menées, dont la “Dirty Protest” : les détenus refusaient de se laver et enduisaient les murs de leurs cellules de leurs excréments et urine. Cette lutte a inspiré à Laurent Gaudé Danse, Morob, une pièce saisissante et symbolique.

son cadavre, les matons de la prison

© J. Gavard

la fille de morob, un héros de la “dirty protest”, cherche à connaître la vérité sur la mort de son père. elle rencontre d’abord ceux qui ont déterré

:

“ELLE. Alors je répète Long Kesh, Pour qu’il entende, lui aussi, Dans le confort de sa catatonie. Et il entend. Il s’arrête, se retourne lentement. Il plante ses yeux dans les miens. […] et c’est à mon tour de me coller à toi, de te dévisager calmement, d’aller tout près de ton odeur de sueur froide, de cigarette, Long Kesh, je le répète ce mot, parce qu’il est à moi aussi. Long Kesh, le carrelage froid des couloirs, les cellules immondes souillées de merde, les détenus sans habit – nus, refusant la tenue des prisonniers de droit commun, nos pères – oui, j’ai dit nos pères – dans leurs déjections, chiant sur les murs, étalant leur merde parce qu’ils n’avaient que cela et nous – oui, j’ai dit nous – regardant la télévision et ne sachant si c’étaient des monstres ou des héros, Long Kesh, je sais qui vous êtes, ton père maton, et toi maton aussi même s’il n’y a plus de prison, parce que vous vous transmettez cela dans votre famille, le son des couloirs qui résonnent et le petit plaisir de celui qui a les clefs sur celui qui ne les a pas. Long Kesh. Je le dis encore une fois, je le dis autant que je veux mais ce n’est pas pour toi, je m’en fous de toi, je le dis pour le vieux là-bas, et je dis mon nom aussi : je suis la fille de Morob. Tu me crois ? Tu ne sais pas, mais lui le vieux, il me croit, je le sens. Pièce de théâtre ACTES SUD-PAPIERS septembre 2016 978-2-330-06612-3 15 x 20,5 cm / 32 pages 4 personnages 9 euros TTC mep GAZETTE mai septembre 2016.indd 18

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© J. Gavard

Je sais ce qu’ils ont fait, ton père et ses copains. La meute me l’a dit. Un soir où ils avaient bu, ils ont décidé que leurs ennemis ne devaient jamais être en paix, même une fois morts. Alors avec deux pelles et quelques bouteilles de whisky, ils sont allés là-bas, au cimetière de Gorast, et ils ont creusé pour déterrer mon père, je le sais. Tu vois, il a levé les yeux le catatonique, et toi tu te mets à trembler, parce que tu ne pensais pas que ton père était capable de cela. Je ne demande rien, je n’attends aucune réponse de sa part, il peut bien être catatonique ou sénile, je m’en fous, il a l’air mort comme on le dit d’une ville, avec juste le vent à l’intérieur qui soulève les sacs plastiques, je le dis pour qu’il l’entende. Le fils ne dit rien, Ne sait plus, hésite, a les lèvres qui tremblent, Il est perdu et finit par regarder son père. Alors le vieux se met à parler. J’ai su qui tu étais dès que je t’ai vue. Dit-il et il ajoute cette phrase-là : La même odeur de merde que celle de ton père, Parce qu’elle vous collera à la peau pour des siècles encore… Catatonique de rien. Vieux menteur au regard de bière. Il sourit presque et me défie malgré la meute. Il ne nie rien.” Mais les matons lui apprennent que Morob n’a jamais été mis en terre. Elle se lance alors dans la recherche de celui qui serait encore vivant. À LIRE AUSSI Laurent Gaudé publie simultanément chez Actes Sud son nouveau roman, Écoutez nos défaites. Un agent des services de renseignements français est chargé de retrouver à Beyrouth un ancien membre des commandos d’élite américains soupçonné de divers trafics. Il croise le chemin d’une archéologue irakienne qui tente de sauver les trésors des musées des villes bombardées. Les lointaines épopées de héros du passé scandent leurs parcours – le général Grant écrasant les confédérés, Hannibal marchant sur Rome, Hailé Sélassié se dressant contre l’envahisseur fasciste…

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ACTES SUD août 2016 / 978-2-330-06649-9 11,5 x 21,7 cm / 288 pages 20 euros TTC

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Rendez-vous • Danse, Morob sera créée, en anglais, en janvier 2017 à Dublin avec l’actrice Olwen Fouéré dans le rôle principal – Irish award de la meilleure comédienne pour son précédent rôle dans Sodome ma douce (Actes Sud-Papiers, 2009).

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UTOPIA, LETTRES AUX ACTEURS © Krzysztof Bielinski

Krystian Lupa Traduit par Éric Veaux Préface de Georges Banu, Entretien entre Piotr Gruszczynski et Krystian Lupa Postface “Le Monologue de Spirala” traduite par Agnieszka Zgieb Né en 1943 en Pologne, Krystian Lupa a étudié les arts graphiques à l’académie des Beaux-Arts de Cracovie avant de commencer sa carrière de metteur en scène à la fin des années 1970 au Teatr Norwida de Jelenia Góra. En 1986, il devient le metteur en scène attitré du Stary Teatr de Cracovie. Depuis 1983, il enseigne la mise en scène au Conservatoire d’art dramatique de Cracovie. En France, il se fait connaître notamment avec Les Somnambules de Broch (1997), Les Frères Karamazov de Dostoïevski (2000) et Le Maître et Marguerite de Boulgakov (2003) à l’Odéon-Théâtre de l’Europe à Paris. En 2009, il met en scène Perturbation, d’après le roman de Thomas Bernhard, au Théâtre national de la Colline. Il reçoit cette même année le prix “Europe pour le théâtre”. Utopia est un texte dense et ambitieux, tiré de ses carnets, qui met en lumière sa réflexion sur le travail de l’acteur. Ses mises en scène ont apporté une nouvelle appréhension de l’espace, de l’approche des acteurs et une rythmique du temps théâtral différente. Lupa explicite notamment la notion “d’installation secrète” de l’acteur, de “bonheur créatif” et de “paysage intérieur” et revient surtout sur sa relation avec les comédiens et sur leurs difficultés, parfois, à saisir totalement le désir de “bonheur du personnage”. Il argumente en outre sur le danger du monologue qui dévore le “jeu de situation”. Cet essai met également en lumière l’un des axes de travail le plus important pour Lupa : l’impératif de construire un lien physiologique, physique et psychique plus fort avec le spectateur. À LIRE AUSSI Krystian Lupa, entretiens réalisés par Jean-Pierre Thibaudat avec la collaboration de Béatrice Picon-Vallin, Ewa Pawlikowska et Michel Lisowski, dans la collection “Mettre en scène”, Actes Sud-Papiers, 2004. Essai ACTES SUD coll. “Le Temps du théâtre” septembre 2016 / 978-2-330-066614-7 11 x 21,7 cm / 224 pages / cahier photos de Krzysztof Bielinski / 16 euros TTC Également disponible en version numérique mep GAZETTE mai septembre 2016.indd 20

Rendez-vous • Krystian Lupa met en scène Place des héros de Thomas Bernhard du 18 au 24 juillet au Festival Avignon In, à L’Autre Scène du Grand Avignon de Vedène. • Plusieurs spectacles de Krystian Lupa seront présentés au festival d’Automne (théâtre de l’Odéon et au théâtre de la Colline) 08/06/2016 17:14


ILLUSIONS COMIQUES Olivier Py © Krzysztof Bielinski

Collection “Babel”

À l’occasion de l’inscription au programme du baccalauréat des classes de terminale option théâtre pour les trois années à venir (sessions 2017, 2018, 2019) de la pièce de théâtre d’Olivier Py, Illusions comiques, la collection de poche “Babel” propose une nouvelle publication augmentée d’une postface d’Henri Quantin, professeur agrégé de lettres classiques et spécialiste d’Olivier Py. Mes Illusions comiques s’ouvrent sur un cauchemar en forme de farce : le poète, Moi-Même, découvre que le monde entier s’intéresse à sa parole comme atteint d’une épidémie d’amour du théâtre. Moi-Même se laisse vite attirer par les postes les plus prestigieux. Ses camarades comédiens, dubitatifs, jonglent avec les masques comme avec les définitions du théâtre, pour la plus grande joie de tous. À LIRE AUSSI Olivier Py fait également partie des auteurs de la rentrée littéraire française d’Actes Sud, avec son nouveau roman Les Parisiens. Un jeune Rastignac fervent de plaisirs et avide de réussite théâtrale se lance à la conquête de Paris. Ami des faunes et des reines de la nuit, adulé par un prince de la musique, protégé par quelques faiseurs de gloire, il traverse les arcanes du pouvoir culturel en quête de grâce et de vérité, entre les fêtes mondaines et les backrooms où les Parisiens tentent d’étancher leur inextinguible soif d’eux-mêmes. En traçant ainsi la trajectoire, aussi tragique que burlesque parfois, de quelques étoiles filantes dans le ciel parisien, Olivier Py organise la collision du grandiose et du dérisoire dans une langue d’un souffle rare et d’une ivresse précise, entre lucidité cinglante et fulgurances poétiques. En écho aux définitions du théâtre proposées dans Illusions comiques, retrouvez Les Mille et Une Définitions du théâtre d’Olivier Py (Actes Sud, 2013), qui existe aussi en livre numérique audio (lecture par Elisabeth Mazev et Olivier Py).

Pièces de théâtre BABEL n°1399 juin 2016 / 978-2-330-06451-8 11 x 17,6 cm / 128 pages 6,70 euros TTC

Rendez-vous • Olivier Py lit des extraits de L’Enfer de Dante (le premier volet de la traduction neuve de La Divine Comédie entreprise par Danièle Robert et paru chez Actes Sud en mai) le 18 juin durant la Nuit de la Poésie à l’abbaye de Montmajour, à Arles. • Olivier Py met en scène Prométhée enchaîné et Pièces de guerre d’Eschyle, dans sa traduction (Actes Sud-Papiers, 2012) du 6 au 23 juillet au Festival d’Avignon In (spectacle itinérant).

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Le 26 janvier, nous apprenions avec une immense tristesse le décès d’Emmanuel Darley, dramaturge et romancier. Il a publié treize pièces chez Actes Sud-Papiers dont deux dans la collection Heyoka Jeunesse et un roman chez Actes Sud. Le Mardi à Monoprix, publié chez Actes Sud-Papiers en 2009 avec un autre texte, Auteurs vivants, raconte le mardi ordinaire de MariePierre. Elle rend visite à son père, s’occupe de lui, de son ménage. Lorsqu’ils font leurs courses, tous les yeux sont tournés vers elle, car avant, Marie-Pierre était Jean-Pierre.

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EMMANUEL DARLEY

en voici un extrait

“Il dit Je voudrais bien que tu t’occupes de cette chambre sûrement là des tas de trucs à bazarder et puis faudrait aérer. Je dis Non là non. Je ne nettoie pas là. Je ne rentre pas là. Il dit Alors quoi merde pourtant ta chambre non ? Celle de Jean-Pierre je dis. Il dit Tout de même le jour où il va revenir Jean-Pierre ça lui fera sûr plaisir de trouver sa chambre propre et tout. Il dit il rit il s’irrite. Il se racle la gorge il tousse il manque pas loin de s’étouffer. Je ne dis rien. Je ne fais rien. Je pourrais mais non. Cela me traverse l’esprit. Je ne fais rien. Je dis doucement Tu le sais bien que c’est mensonge. Je dis Parti définitif Jean-Pierre. Ne reste plus que nous je dis. Alors. On mange ensuite. Il fait du bruit il a toujours fait du bruit en mangeant et ensuite aussi en buvant le café.

Il ne dit rien. On reste là à s’observer discret. Je débarrasse je range j’essuie la table il ne bouge pas il regarde derrière moi par la fenêtre. La façade en face sinon quoi ? Je fais la vaisselle je l’essuie je la range. […] C’est cela mon programme régulier du mardi après le déjeuner. Tout bien organisé pour tout faire sans trop perdre de temps et lui rendre service. Ça ne souffre pas d’exception. […] Je note sur un papier le menu pour chaque jour à venir. Pour les six jours à venir. Tout bien organisé il n’a plus qu’à sortir les choses et se les faire cuire. Ce n’est pas compliqué. Il va finir par s’habituer. Je me penche sur lui je l’embrasse je lui dis à la semaine prochaine je lui dis Bon courage. Il ne dit rien. Je dis Je reviens mardi et c’est un peu idiot mais c’est tout ce qui me vient à l’esprit avant de refermer derrière moi la porte. Ça que je dis la dernière chose que je lui dis.”

Une exposition des photos d’Emmanuel Darley se tient du 23 juin au 2 octobre 2016 au Prieuré de Vivoin. Plus d’informations : prieuredevivoin.sarthe.com mep GAZETTE mai septembre 2016.indd 22

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Le 21 mai 2016 disparaissait Marcel Zang, écrivain, poète et dramaturge. Né en 1954 à Meyila dans le Sud du Cameroun, Marcel Zang quitte, enfant, sa terre natale pour la France. Chez Actes Sud-Papiers, il a publié quatre pièces de théâtre : L’Exilé suivi de Bouge de là en 2002, La Danse du Pharaon en 2004 et Pure vierge en 2007. Il a reçu en 2005 le prix de la SACD de la dramaturgie francophone pour L’Exilé et en 2010 le prix SACD “Nouveau Talent Théâtre”. Pure vierge, sa dernière pièce publiée chez Actes Sud-Papiers, est l’histoire d’un pari. Alex, beau parleur et joueur de légende, joue l’annulation d’une grosse dette sur une seule affirmation incroyable : son amie, la séduisante Deborah, est vierge. Viapi, joueur et truand sans scrupule, n’y croit pas une seconde. Celui qui aura raison empochera la vie de l’autre.

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MARCEL ZANG

extrait

“VIAPI (s’avançant de deux pas, son chapeau sur le cœur). Alex, tu veux savoir ce qui m’embête, ce qui me chiffonne vraiment ? C’est même pas une question de blé, possible que t’en aies de côté, possible aussi que t’en aies pas, autrement j’aurais pas attendu cent sept ans. Mais c’est pas ça le problème. Ce qui m’embête le plus, c’est que tu me remontes des souvenirs. Des mecs comme toi, et les youpins en général, ça me remonte des souvenirs, et j’aime pas ça, j’aime pas ça du tout. Il y a une chose que tu ne sais pas, c’est que je suis un sentimental et un tendre et que je t’aime bien. Quand j’étais môme à l’école, j’ai connu un petit gars comme toi qui m’emmerdait tout le temps, pour un oui, pour un non. Plus je cognais dessus, plus il en redemandait. Lui aussi je l’aimais bien. Mais un beau jour je l’ai laissé sur le carreau, avec la moelle épinière

défoncée. À l’heure qu’il est, il bave toujours comme un légume dans un hospice à causer aux araignées. Alors toi et tous tes pareils vous me faites penser à ce pauvre mec, vous me remontez ce genre de souvenirs. J’aime pas avoir affaire à ça, ça me fait gerber la nuit. Et plus je vais te cogner, plus tu en redemanderas. Deux cent mille, quatre cent mille, un million, tout ça pour toi ne représente rien, tu ne sais même pas à quoi ça pourrait ressembler, du pareil au même, du moment que c’est pour me faire chier. De la manière dont c’est tracé, tu vas encore paumer, tu ne pourras pas payer et tu vas m’obliger à me taper des souvenirs. J’aime pas ça, Alex, mes gars peuvent te le dire. ALEX. Cesse donc de t’inquiéter pour tes souvenirs. Cette fois-ci je ne perdrai pas, je ne peux pas perdre. Tu suis ou tu te couches ?”

“Écrivain inlassable et homme engagé, il fait paraître des textes toujours liés à l’actualité dans les journaux. Le 10 mai dernier, il signait encore Le Devoir d’oubli dans nos pages « Débats & controverses » à propos de l’abolition de l’esclavage.”

L’Humanité, 26 mai 2016

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VERSION NUMÉRIQUE Certains titres d’Actes Sud-Papiers sont désormais disponibles en version numérique ! le théâtre d’actes sud-papiers

Abkarian Simon, Ménélas rapsodie. Anne Catherine, Une année sans été. Aubert Marion, Saga des habitants du val de Moldavie suivi de Conseils pour une jeune épouse. Badiou Alain, Le Second Procès de Socrate. Benameur Jeanne, Je vis sous l’œil du chien suivi de L’Homme de longue peine. Bertholet Mathieu, Shadow Houses suivi de Case Study Houses. Blier Bertrand, Désolé pour la moquette. Carrière Jean-Claude, Audition. Cendrey Jean-Yves, Pauvre maison de nos rêves suivi de L’Herbe tendre. Chalem Denise, Paris 7e, mes plus belles vacances. Compagnie Les Sans Cou, Notre crâne comme accessoire. Darley Emmanuel, Aujourd’hui Martine. De Vos Rémi, Débrayage suivi de Beyrouth Hotel. • Le Ravissement d’Adèle. • Les Cinq Sens suivi de Toute ma vie j’ai fait des choses que je savais pas faire. Durif Eugène, Le Petit Bois suivi de Le Fredon des taiseux. Forti Laura, Les nuages retournent à la maison. Fréchette Carole, Je pense à Yu suivi de Entrefilet. • Small Talk. Grumberg Jean-Claude, Moi je crois pas ! • La Vie Sexuelle des mollusques. Honoré Christophe, La Faculté suivi de Un jeune se tue. • Violentes femmes. Ibsen Henrik, Le Constructeur Solness. • Le Canard sauvage. • Une maison de poupée. Lescot David, Les Jeunes suivi de On refait tout et de Réfection. McLean Linda, Un jour ou l’autre suivi de Ce qu’est l’amour et de Sex & God. Muller Florence, La Beauté, recherche et développements suivi de La Queue du Mickey.

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Pommerat Joël, Cercles/Fictions. • La Grande et Fabuleuse Histoire du commerce, 2012. • Pinocchio, 2013. • Cendrillon, 2013. • Au monde, 2013. • Le Petit Chaperon rouge. • Ça ira (1) Fin de Louis. Pommier Frédéric, Le Prix des boîtes. Py Olivier, Orlando ou l’Impatience. • Illusions comiques. Ribes Jean-Michel, Théâtre sans animaux. • Par-delà les marronniers. Vincent Guillaume, La nuit tombe… Von Kleist Heinrich, Le Prince de Hombourg. Zahnd René, Guillaume Tell. collection

“apprendre”

Brook Peter, Avec Shakespeare. • Le Diable c’est l’ennui. Boudier Marion, Avec Joël Pommerat. Chabrier Jean-Paul, Une reine en exil. Citti Marc, Les Enfants de Chéreau. Danan Joseph, Entre théâtre et performance : la question du texte. Mével Matthieu, L’Acteur singulier. Poisson Georges, Tel était Molière. Py Olivier, Cultivez votre tempête. Wallon Emmanuel, Scènes de la critique. collection “le temps du théâtre”

Adler Laure, Tous les soirs. Ostermeier Thomas, Le Théâtre et la peur. Py Olivier, Les Mille et Une Définitions du théâtre, (version standard et version audio enrichie avec les voix d’Élizabeth Mazev et d’Olivier Py). Krystian Lupa, Utopia. collection “mettre en scène”

Maurin Frédéric, Ivo van Hove. Poliakov Stéphane, Constantin Stanislavski.

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“et

ici – comme ce devrait être toujours mais on sait bien que ce n’est pas toujours ceux qui n’ont habituellement pas la parole la prendront, s’en empareront. morts et vivants confondus. voix.

–

Didier-Georges Gabily

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PIÈCES À L’AFFICHE / CALENDRIER DES SPECTACLES MAI-SEPTEMBRE 2016 Mise à jour du 2 mai 2016. Plus d’informations : www.actes-sud.fr SÉBASTIEN BARRIER • Chunky Charcoal : le 21/05 à la salle de spectacles Patrice-Leconte de Sainte-Maure-de-Tourraine. • Savoir enfin qui nous buvons : les 13 et 14/05 à la salle des fêtes de Montargis • le 22/05 au Pôle culturel d’Alfortville • le 28/05 à la Coupole, scène nationale de Sénart • les 31/05 et 1er/06 au Théâtre de la Chapelle Saint-Louis à Rouen • le 18/06 aux Scènes rurales de Chauffry. PAULINE BUREAU • Dormir cent ans : du 4 au 5/05 au Théâtre national de Nice • les 10 et 11/05 à Alberville • du 18 au 20/05 à la scène nationale d’Angoulême • du 24 au 28/05 au TNB de Rennes • les 7 et 8/06 à La Comète, scène nationale de Châlons-en-Champagne • du 14 au 25/06 au Théâtre Paris Villette. CAROLYN CARLSON • Now : du 23 au 30/09 au Théâtre national de Chaillot à Paris. ROMEO CASTELLUCCI met en scène : • Orestie d’après Eschyle : du 25 au 28/05 au TNT de Toulouse. COMPAGNIE LES SANS COU • Notre crâne comme accessoire : en juin au Printemps des Comédiens de Montpellier. ALAIN FRANÇON met en scène : • La Mer d’Edward Bond : jusqu’au 15/06 dans la salle Richelieu, Comédie-Française, Paris. TIPHAINE GENTILLEAU et LES FILLES DE SIMONE • C’est (un peu) compliqué d’être l’origine du monde : du 8/09 au 2/10 au Théâtre du Rond-Point à Paris. GILLES GRANOUILLET • Les Psychopompes : le 20/05 au théâtre de Saint-Symphoriend’Ozon. • Abeilles : le 13/05 au Centre culturel les Allobroges de Cluses. JEAN-CLAUDE GRUMBERG • Moman suivi de Votre maman : du 15 au 21/07 au Festival les Nuits de l’Enclave deValrès. JAN LAUWERS • Exposition Silent Stories : du 20/05 au 31/07 au McaM de Shanghai (Chine). JOHANN LE GUILLERM • Les Serpentants : performance/exposition du 2 au 9/06 à Lyon, place des Célestins, Festival Utopiste. DAVID LESCOT • Les Glaciers grondants : du 11 au 13/05 à la Comédie de Saint-Étienne. • Le Plus près possible : du 24 au 26/05 au Printemps des Comédiens à Montpellier. FERENC MOLNAR • Liliom : du 9 au 21/05 au TNP de Villeurbanne. WAJDI MOUAWAD • Sœurs : du 16 au 21/05 au TNP de Villeurbanne. • Le Dernier Jour de sa vie, “Des Mourants” : Les Larmes d’Œdipe et Inflammation du verbe vivre : du 26/05 au 3/06 au Théâtre national de Chaillot, Paris.

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• Incendies : jusqu’au 15/05 au TNS de Strasbourg. • L’Enlèvement au sérail, mise en scène de l’opéra de Mozart : du 22/06 au 15/07 à l’Opéra de Lyon. • Seuls : du 23/09 au 9/10 au Théâtre de la Colline, Paris. JOËL POMMERAT • Le Petit Chaperon Rouge : du 3 au 7/05 au Théâtre national de Bruxelles (Belgique). • Ça ira (1) Fin de Louis : du 10 au 14/05 au Théâtre du Nord-CDN de Lille • du 18 au 27/05 à la MC2 de Grenoble. ÉLOI RECOING • Manipulsations : du 22 au 24/06 à l’École nationale supérieure des arts de la marionnette à Charleville-Mézières, puis au Festival Camping du CDN de Pantin. KARIN SERRES • À la renverse : du 8 au 15/06 au Théâtre des Abbesses, Paris. ANTON TCHEKHOV • La Cerisaie, mise en scène de Yann-Joël Collin : du 9/05 au 5/06 au Théâtre des Quartiers d’Ivry. • La Mouette, mise en scène de Thomas Ostermeier : du 20/05 au 25/06 au Théâtre de l’Odéon, Paris. GUILLAUME VINCENT • Rendez-vous gare de l’est : du 31/06 au 26/06 au Théâtre du Rond-Point, Paris.

FESTIVAL D’AVIGNON IN le programme complet est disponible sur le site du Festival ADEL ABDESSEMED • Surfaces : exposition du 6 au 24 juillet dans l’église des Célestins. GIANINA CARBUNARIU • La Tigresse : du 13 au 17 juillet au Théâtre Benoît-VII. FIODOR DOSTOÏEVSKI • Les Frères Karamazov, mise en scène de Jean Bellorini, traduction d’André Markowicz : du 11 au 22 juillet dans la Carrière Boulbon. KEVIN KEISS avec MAËLLE POÉSY • Ceux qui errent ne se trompent pas : du 6 au 10 juillet au Théâtre Benoît-VII. IVO VAN HOVE met en scène : • Les Damnés de Visconti : du 6 au 16 juillet dans la Cour d’honneur du palais des Papes. KRYSTIAN LUPA met en scène : • Place des héros de Thomas Bernhard : du 18 au 24 juillet sur L’Autre Scène du Grand Avignon de Vedène. GEORG BÜCHNER • Lenz d’après Büchner : du 8 au 13 juillet dans la cour du lycée Saint-Joseph. OLIVIER PY : • Prométhée enchaîné et Pièces de guerre d’Eschyle : du 6 au 23 juillet, spectacle itinérant. DAVIDE CARNEVALI • Portrait d’une femme qui regarde la mer : lecture dirigée par JeanPierre Vincent à la Chartreuse, le 17 juillet.

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ET LES RENCONTRES À LA MAISON JEAN-VILAR

ET LES MOLIÈRES 2016

• Du 17 au 21 juillet à la Maison Jean-Vilar, lecture dirigée par Jean-François Matignon à partir d’extraits de Physiologie d’un accouplement, Lalla (ou la Terreur) et Mélodrame de Didier-Georges Gabily. • Le 18 juillet de 10h à 13h à la Nef des Images, matinée autour de Didier-Georges Gabily par la Compagnie des Inde /Gildas Leroux : Lalla, captation de la mise en scène de Jean-François Matignon ; Montage hommage à Gabily ; Partie de, court métrage de Gabily ; Le Violoncelle, film de Pascaline Simar dans lequel joue Gabily.

La 28e nuit des Molières a eu lieu le lundi 23 mai aux FoliesBergère à Paris. • Joël Pommerat a reçu le Molière du théâtre public, celui du metteur en scène et celui de l’auteur francophone de l’année pour Ça ira (1) fin de Louis. Il a également reçu le Molière du jeune public pour Pinocchio (Heyoka Jeunesse, 2008 ; et en Babel, 2015). • Alain Françon a reçu le Molière du metteur en scène d’un spectacle de théâtre privé pour Qui a peur de Virginia Woolf ? d’Edward Albee (Actes Sud-Papiers, 2012 / Alain Françon la voie des textes d’Odile Quirot, Actes Sud, 2015). Pour ce spectacle, Wladimir Yordanoff a reçu le Molière du comédien d’un spectacle de théâtre privé. • Par ailleurs, Didier Brice a reçu le Molière du comédien dans un second rôle dans À torts et à raison de Ronald Harwood (Actes Sud-Papiers, 1999), mis en scène par Georges Werler ; et Géraldine Martineau le Molière de la révélation féminine dans Le Poisson belge de Léonore Confino (Actes Sud-Papiers, 2015).

FESTIVAL D’AVIGNON OFF

WAJDI MOUAWAD

• Georges Pitoëff et les figures du Cartel des Quatre le 11/07 à 17h30. • Rencontre avec Laure Adler à l’occasion de la parution de Tous les soirs le 15/07 à 17h30. • Rencontre avec Jean-Claude Grumberg, “Traversée d’une œuvre”, le 17/07 à 17h30.

DIDIER-GEORGES GABILY

Selon nos informations au 30 mai 2016 ; le programme sera connu en juin) RÉMI DE VOS • Occident : tout le mois de juillet au théâtre des Barriques. • Toute ma vie j’ai fait des choses que je savais pas faire : du 6 au 24 juillet à la Manufacture. TIPHAINE GENTILLEAU et LES FILLES DE SIMONE • C’est (un peu) compliqué d’être l’origine du monde : lieu et dates à venir. FLORENCE MULLER et ÉRIC VERDIN • La Queue du Mickey : du 7 au 30 juillet au Théâtre des 3 Soleils. LINDA MCLEAN • Un jour ou l’autre : à Artéphile. JEAN-CLAUDE GRUMBERG • Les Vitalabri : du 7 au 30 juillet au Petit Louvre-Chapelle des Templiers.

PRIX • Le 31 mars, Mâkhi Xenakis a reçu le Coup de cœur du prix des Muses pour son ouvrage Iannis Xenakis, un père bouleversant paru chez Actes Sud en 2015. • Joël Pommerat a reçu le prix Europe pour le théâtreNouvelles Réalités pour l’ensemble de son œuvre dramatique. Le prix lui a été remis le 24 avril à Craiova en Roumanie. • Gilles Granouillet est le lauréat du prix Ado du Théâtre contemporain 2016 pour Les Psychopompes (Actes Sud-Papiers, 2014), décerné par 450 collégiens et lycéens de la région d’Amiens. • Elle pas princesse, lui pas héros de Magali Mougel (Heyoka Jeunesse, janvier 2016) est sélectionné dans les Coups de cœur “premier roman” du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil.

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• Le 6 avril, Wajdi Mouawad a été nommé directeur du Théâtre de la Colline à Paris. Il succède à Stéphane Stéphane Braunschweig, qui a pris en janvier la direction de l’Odéon-Théâtre de l’Europe, laissée vacante par le décès de Luc Bondy, en novembre 2015.

À PARAÎTRE EN OCTOBRE 2016 • Le Garçon à la valise de Mike Kenny (Heyoka Jeunesse). • Ceci n’est pas un nez d’Eugène Durif (Heyoka Jeunesse). • Des nouvelles éditions dans la collection Heyoka Jeunesse : Le Petit Violon de Jean-Claude Grumberg, Je vois des choses que vous ne voyez pas de Geneviève Brisac et Les Aventures d’Auren de Joseph Danan. • Jacques Lecoq, un point fixe en mouvement, beau livre. Une nouvelle édition du Corps poétique de Jacques Lecoq dans la collection “Le Temps du théâtre”. • Trois beaux livres de photographies de Vincent Delerm réunis dans un bandeau : C’est un lieu qui existe encore, L’Été sans fin et Songwritting. • L’Art du présent, entretiens avec Ariane Mnouchkine menés par Fabienne Pascaud, coll. “Babel”.

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Ça ira (1) Fin de Louis de Joël Pommerat. Photos © Elisabeth Carecchio

“DÉPUTE CARRAY. Est-ce qu’il y en a parmi vous qui se sentent prêts à rompre la confiance qu’ils ont reçue ? Et qui voudraient retourner vers leurs électeurs pour leur dire « pardon j’ai peur, vous m’avez remis une part de votre avenir entre les mains mais je ne suis pas de taille, je manque de courage, j’ai peur, envoyez quelqu’un de plus résistant, plus fort ». Est-ce que nous n’avons pas juré de ne jamais renoncer à être ce pour quoi nous avons été désignés ? Nous avons juré mesdames messieurs !” (Ça ira (1) Fin de Louis de Joël Pommerat)

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Ça ira (1) Fin de Louis de Joël Pommerat. Photos © Elisabeth Carecchio


Ceux qui errent ne se trompent pas, Kevin Keiss/Maëlle Poésy © Noémie Develay-Ressiguier.

18, rue Séguier, 75006 Paris - tél. : 01 55 42 63 16 - fax : 01 55 42 63 01 papiers@actes-sud.fr - www.actes-sud.fr - éditorial : Claire David assistantes : Charlotte Lataillade, Leslie Auguste - relations presse : Christine Gassin - tél. : 01 55 42 14 46 - c.gassin@actes-sud.fr diffusion actes sud : commercial@actes-sud.fr - distribution  : Union Distribution - administration  : Actes Sud - BP 90038 - 13633 Arles cedex

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Gazette d'Actes Sud-Papiers | mai - septembre 2016 by Actes Sud Issuu - Issuu