RAPHAĂL MATHEVET ROMĂO BONDON SANGLIERS GĂ©ographies d'un animal politique
CHAPITRE 4. â P. 76
CONTRĂLER LE SAUVAGE OU LE CHASSER : FAUT-IL CHOISIR ? CHAPITRE 6. â P. 108
Prologue â p. CHAPITRE 1. â10P. 24
CHAPITRE 2. â P. 39
QUâAVONS-NOUS FAIT AUX SANGLIERS ?
SOMMAIRE
ANIMAL CYNĂGĂTIQUE
CHAPITRE 3. â P. 60
DOMESTICATION ET âCYNĂGĂTISATIONâ DâUN ANIMAL SAUVAGE ET DE LâESPACE RURAL
CHAPITRE 5. â P. 88
CHAPITRE 7. â P. 130
VARIATIONS GĂOGRAPHIQUES
DU GIBIER AU RĂSERVOIR DE PATHOGĂNESÂ : HABITER LE TROUBLE SANITAIRE
NOURRIR DâUNE MAIN ET RĂGULER DE LâAUTREÂ : DES FINS CONTRADICTOIRES
DE
Notes âRemerciementsp. 187 â p. 207
CHAPITRE 8. â P. 150 LA GĂOPOLITIQUE LOCALE Ă LA ZOOPOLITIQUE GLOBALE
Ăpilogue â p. 182
Des sangliers surgissent, ou des souches, lequel bouge, lequel demeure ?
Pierre Michon,
Le Roi du bois, Verdier, 1996.
Le mot su-s (présent dans suidés) se rattache à la racine suH qui signifie engendrer et déverser. Dans de nombreuses cultures le sacrifice des porcins entretient la fécondité et la prospérité.
Sus scrofa du latin sus (porc, porceau) et scrofa (truie), le sanglier tirerait son nom commun du latin vulgaire sin gularis porcus, câest-Ă -dire porc solitaire du fait que le mĂąle adulte vit seul.
PROLOGUE
En peu de temps, un paradoxe sâest imposĂ© â de celui-ci procĂšde cet ouvrage. Dans les annĂ©es 1930 1950, dâĂ©minents naturalistes traversaient lâEurope dans lâes poir dâapercevoir la silhouette massive dâune bĂȘte noire, symbole absolu, pour eux, de la ânature sauvageâ. Aujourdâhui, le sanglier nâintĂ©resse plus guĂšre les naturalistes et peine Ă mobiliser des chasseurs dont la population va vieillissant : il ne serait plus quâun âproblĂšme de gestionâ â entendre, de gestionnaires3.
Ă partir des annĂ©es 1980, alors que les campagnes voient les derniĂšres haies rasĂ©es par de nouveaux remembrements, que lapins, liĂšvres, perdrix et faisans sâempoisonnent chaque annĂ©e un peu plus dans des parcelles agricoles oĂč les rampes de traitement se multiplient, nombre de chasseurs, Ă lâimage de leur petit gibier favori, disparaissent. Leurs institutions cherchent alors et Ă tout prix Ă enrayer ce pro cessus en les incitant Ă sâintĂ©resser Ă dâautres
espĂšces.11
Par ces quelques mots, lâartiste genevois2 Robert Hainard soulignait comment naturalistes et chasseurs ont Ă©tĂ© longtemps en quĂȘte du sanglier (Sus scrofa), fascinĂ©s par ce mammifĂšre aux effectifs fluctuants mais longtemps rare dans les campagnes occidentales. La situation est aujourdâhui tout autre. LâĂ©cĆurement des battues de rĂ©gulation et de la fosse commune aprĂšs celles-ci a succĂ©dĂ© Ă la joie dâune capture exception nelle et aux hommages solennels qui y faisaient suite.
âIl nâest point dâanimal dont la recherche mâait coĂ»tĂ© autant de peine et de temps sans que je le connaisse encore bien. Câest dommage car, dans nos pays oĂč manquent les grands carnassiers, il est la grosse bĂȘte farouche, celle qui exprime le mieux la sauvagerie de la forĂȘt, lui donne une vie animale Ă lâĂ©chelle de ses arbres1.â
On ne saurait que faire de ces bĂȘtes-lĂ . LâimprĂ©gna tion, voire la domestication, du sauvage nây serait pas pourRappelons-nous.rien.
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En fait, on nâa jamais su que faire des animaux.
De nouveau rappelons-nous. En plein xixe siĂšcle un chasseur qui Ă©tait aussi roi dâItalie sâemploya Ă conser ver quelques centaines de bouquetins ; deux dâentre eux ont Ă©tĂ© sortis en contrebande de leur rĂ©serve vers la Suisse ; des milliers en sont nĂ©s puis ont Ă©tĂ© rĂ©introduits et protĂ©gĂ©s au siĂšcle suivant. Et voici que lâon en abat par centaines parce quâun bacille les a infectĂ©s et que celui-ci pourrait sâen prendre tant Ă la santĂ© humaine quâaux ventes dâun fromage français.
Aux premiers jours de lâannĂ©e 2021, on achemine des loups depuis un zoo balte pour participer Ă la promotion dâun parc zoologique dans le Sud-Ouest de la France, parc oĂč lâon vend des sĂ©jours en immersion auprĂšs de grands prĂ©dateurs. Et voici quâune fois ces
Les chasseurs et leurs institutions rendent abondantes les populations de sangliers, fixent leurs territoires, pratiquent une chasse qui conserve les reproducteurs et les reproductrices. On a cru mieux connaĂźtre lâani mal et par consĂ©quent le contrĂŽler. Mais tout cela a contribuĂ© Ă lâexplosion dĂ©mographique de lâespĂšce dans un contexte oĂč lâabandon et la dĂ©sertification des territoires ruraux se disputent Ă la simplification des paysages, la modernisation de lâagriculture et le changement climatique. On voit dĂšs lors plus frĂ©quemment le sanglier au bord des routes, dans les champs et les parcs urbains. Peu Ă peu, il perd son statut de reprĂ©sentant de la nature sauvage et de la forĂȘt â avec son retour, le loup monopolise dĂ©sor mais toute lâattention. On le pensait noble gibier de nos campagnes et forĂȘts et voici quâon le ârĂ©guleâ par centaines de milliers en raison de dĂ©gĂąts agricoles qui fragilisent les trĂ©soreries et abĂźment les liens sociaux. Voici mĂȘme quâon lâextermine localement parce quâun virus menace la bonne marche de lâĂ©levage porcin français et europĂ©en.
Une annĂ©e plus tĂŽt, on demande Ă des Françaises et des Français confinĂ©s dâobserver les oiseaux communs Ă leur fenĂȘtre, pour mieux les dĂ©nombrer. Et voici que lâon rencontre des faisans et des canards colverts Ă©levĂ©s puis relĂąchĂ©s qui viennent manger jusque dans la main de qui les regarde. Puis ces oiseaux dâĂȘtre tuĂ©s lorsque la saison de chasse reprend.
Des animaux, on ne sait toujours quâen faire.
Les reprĂ©sentations que nous nous en faisons influencent nos actions sur ces derniers, ainsi que leur environnement. Les animaux sauvages nous aident Ă
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loups échappés, on les tue à leur tour : devenus libres, soudainement, on les craint.
Il semble que certaines bĂȘtes que lâon a souhaitĂ© mettre en cage, en parc, en nature ou en scĂšne, ne daignent plus y demeurer. Ou, pour le dire autrement, quâelles dĂ©bordent des limites quâon leur a octroyĂ©es. Il en serait de lâespace comme des concepts. Les catĂ© gories usuelles, quâelles soient issues dâun milieu (naturel, artificiel) ou dâun mode de vie (domestique, sauvage), quâelles soient cynĂ©gĂ©tiques* (gibier, nuisible) ou quâelles aient partie liĂ©e avec la protection de la nature et la conservation de la biodiversitĂ© (emblĂ©matique, ordi naire, en danger), ne parviennent plus Ă saisir un animal donnĂ©. Une bĂȘte porte sur son dos ce quâon a mis dessus depuis des siĂšcles, ce que ses semblables lâayant prĂ©cĂ©dĂ© en ont fait et ce quâon ne saura jamais totalement saisir mais quâelle a en propre. De mĂȘme, le territoire intĂšgre tout ce que les humains ont fait, ce quâils ont laissĂ© faire, volontairement ou non, et que lâon a du mal Ă prĂ©dire. Il en va donc du territoire et des ani maux comme des catĂ©gories : tout cela explose ; habile serait celui ou celle qui parviendrait Ă en dĂ©duire une action politique cohĂ©rente, circonstanciĂ©e.
* Relatif Ă la chasse.
Nâavons-nous pas longtemps nĂ©gligĂ© ce qui meut pourtant nombre dâentre nous, soit ces processus relationnels que le vivant produit dans les paysages que lâon
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comprendre comment les sociĂ©tĂ©s humaines apprĂ© hendent leurs milieux de vie et quelle place nous don nons Ă ce qui nâest pas humain. Ăvidemment, Ă mesure que notre comprĂ©hension du monde vivant, nos intĂ© rĂȘts, nos idĂ©ologies et les rĂ©glementations que nous Ă©la borons se transforment, que la raretĂ© ou lâabondance des populations animales concernĂ©es se rĂ©partit diversement, nos reprĂ©sentations Ă©voluent ainsi que nos prioritĂ©s. Face Ă lâapparition ou Ă lâaugmentation dâune espĂšce, sur le terrain on retrouve toujours les mĂȘmes questions : y en a-t-il trop ? Le nombre, dites, vous en pensez quoi ? Il faut faire quelque chose, non ? Mais que faut-il faire ?
Les animaux et leurs mobilitĂ©s dans le temps et lâes pace gĂ©nĂšrent des tensions, sinon des conflits. Ceux-lĂ sont nourris par les controverses relatives aux causes et effets de leur prĂ©sence, aux interactions induites avec lâappropriation humaine de lâespace. Les animaux gĂ©nĂšrent ainsi des recompositions sociales et parti cipent des jeux de pouvoir entre acteurs de la gestion et de lâexploitation des territoires, que leurs ressources soient naturelles ou agricoles. Comment aller au-delĂ de tels conflits ? Le faut-il seulement ? Quâils soient liĂ©s au retour du loup, du lynx et de lâours dans quelque grand massif ; aux fouines et renards qui se repaissent dans certains poulaillers ; aux cerfs et chevreuils qui font des dĂ©gĂąts dans les bois et dans les plantations fores tiĂšres ; aux castors qui grignotent peupliers et arbres fruitiers aux abords des cours dâeau ; aux ragondins et blaireaux qui creusent terriers ou galeries dans les digues des fleuves et riviĂšres ; aux flamants roses et grues cen drĂ©es qui font des dĂ©gĂąts dans les semis ; ou encore aux sangliers dans les campagnes et aux abords des villes, tous ces animaux attirent lâattention, suscitent lâintĂ©rĂȘt, impliquent une rĂ©action.
traverse au quotidien, que lâon explore Ă lâoccasion dâune randonnĂ©e, lors dâune partie de chasse ou, au contraire, au moment dâempĂȘcher la tenue de celle-ci ? Au-delĂ de la place que nous accordons dĂ©libĂ©rĂ©ment ou non aux animaux, ne sâagit-il pas aujourdâhui de reconsi dĂ©rer les violations territoriales des animaux sauvages ? De repenser comment les animaux dĂ©jouent, fuient ou transgressent les limites et les territoires qui leur ont Ă©tĂ© attribuĂ©s jusquâalors ?
des15
DansĂ©trangetĂ©4.lâindistinction politique comme dans le bes tiaire littĂ©raire, les sangliers ne sont guĂšre en reste. On les a dits souverains en de sombres bois, ravageurs lorsquâils se risquent en plaine, indĂ©sirables quand ils portent dans leurs chairs ou sur leurs soies une peste quâils partagent avec leurs cousins domestiquĂ©s. Il est dĂ©sormais plutĂŽt rare de voir dans le sanglier autre chose quâun effrayant problĂšme â et alors on le chasse et on le tue, parce que pour certains, câest lĂ que rĂ©side la solution ou câest ainsi quâon lâadmire et quâon lâho nore. On songe ici Ă Cosimo, le fameux âbaron per chĂ©â du fabuliste italien Italo Calvino, qui ressent une impression pareille Ă âcet amour quâĂ©prouve le chasseur pour ce qui est vivant et quâil ne sait exprimer quâen le mettant en joue au bout de son fusil5â.
On ne sait que faire des animaux ; ajoutons quâon ne sait comment les dire. Mais du moins essaie-t-on, et les pages Ă leur propos sâaccumulent. La littĂ©rature des derniĂšres dĂ©cennies en est pleine â quâils servent dâutile mĂ©taphore ou que lâon fĂȘte leur incommensu rable
Contrairement Ă de nombreux animaux, sâil peut prendre la fuite lors de sa chasse, le sanglier a aussi tendance Ă riposter et Ă dĂ©fendre sa peau. Longtemps chassĂ© Ă la lance ou Ă lâĂ©pieu une fois acculĂ©, il a souvent Ă©corchĂ© ou Ă©ventrĂ© ses assaillants et leurs auxiliaires (chiens et chevaux). Câest une histoire qui perdure. Lâanimal aurait Ă©tĂ© envoyĂ© par les dĂ©esses grecques que les offrandes des humains avaient nĂ©gligĂ©es lors
Autre chose est saisi dans les pages de romans, de poĂšmes, de rĂ©cits. LâĂ©crivain Julien Gracq a contĂ©, dans lâune de ses nouvelles, comment une harde a pu, devant lui, faire dâun simple chemin une âroute ensauvagĂ©e6â. De la mĂȘme maniĂšre, Pierre Bergounioux a rappelĂ© dans un court rĂ©cit lâĂ©tonnement qui a Ă©tĂ© le sien lors quâune âbĂȘte noireâ lâa surpris, enfant, dans son jar din â lâexpression, dit alors lâauteur, lui est venue de maniĂšre toute spontanĂ©e7. Dans les deux cas, lâagres sivitĂ© ne perce pas : câest lâĂ©tonnement qui lâemporte. Nous savons Ă peu prĂšs ce que les sangliers nous font. On dit que leurs dĂ©gĂąts coĂ»tent, quâils ne dĂ©vient pas leur course lorsquâun vĂ©hicule les rencontre, que leur nombre est hors de contrĂŽle et quâil faut dĂšs lors les rĂ©guler. Dans le champ littĂ©raire, ils ensauvagent le rĂ©cit de leur simple mention8. Peut-ĂȘtre ne feraient-ils que cela. Mais eux, que font-ils de leurs nuits et de leurs jours, comment reçoivent-ils ces traces humaines que sont
Peintures pariĂ©tales palĂ©olithiques, casques et fresques murales antiques, parures, statuettes, bijoux et trompes celtes, boucliers et blasons de chevaliers, mascottes rĂ©gio nales, emblĂšmes de rĂ©giment militaire : autant dâartefacts qui dĂ©ploient sa silhouette depuis les temps anciens. Quâils soient grecs, romains, germains, vĂ©diques ou modernes, occidentaux ou orientaux, les rĂ©cits mytho logiques et les traditions usent du sanglier pour signifier la combativitĂ©, lâinvincibilitĂ©, le courage et la force de lâanimal comme de celui qui le chasse et le tue.
prĂ©mices des rĂ©coltes. Il dĂ©truit alors les champs, tue les hommes et leurs chiens. On en vient Ă le chasser, et toute la mythologie grecque en porte la marque : il blesse gravement Ulysse ou mortellement Adonis, est pour suivi par Hercule ou tuĂ© par ThĂ©sĂ©e. Dans la mytho logie vĂ©dique indienne, le sanglier est tantĂŽt offert en sacrifice aux dieux, tantĂŽt un avatar de Vishnu ; câest un voleur de trĂ©sor, voire celui qui aurait retirĂ© la Terre des eaux primitives â tout cela en dit long sur les fourmillantes ambiguĂŻtĂ©s que lâanimal gĂ©nĂšre.
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Et par exemple renverser le point de vue. Ne plus dĂ©tailler ce que nous font les sangliers â ou alors dans un second temps â mais imaginer le contraire : que sont pour eux ces sociĂ©tĂ©s humaines quâils cĂŽtoient ? Quelle place leur accordent-elles et comment sâen saisissent-ils ? Enfin, comment rendre compte de cela ? Ăcrire des histoires, donc. On peut suivre en ce sens lâappel de lâanthropologue Pierre DĂ©lĂ©age concernant les productions ethnographiques actuelles : âFictionnaliser la maniĂšre et non le contenu9.â Ne pas inventer les faits mais les reprendre autrement â en lâoccurrence Ă la table du rĂ©cit.
Les faits et les mots sont les mĂȘmes Ă qui les constate ou les entend. Leur agencement nĂ©anmoins diffĂšre, comme diffĂšre la maniĂšre de rendre public ce dernier. On use des sangliers de deux façons, et on les dit dâau tant. Ce serait des bĂȘtes Ă problĂšmes dont il faudrait sâoccuper â câest-Ă -dire tuer ; ils seraient nĂ©cessaires aux Ă©cosystĂšmes dans lesquels ils Ă©voluent, mais par trop prĂ©sents et dĂšs lors Ă rĂ©guler. On dit cela avec passion, en jouant sur les affects ou bien en sâappuyant sur la science, demandant une âgestion raisonnĂ©eâ et technicienne.
une route, une culture, une battue dans la garrigue ou en montagne ? Si les sangliers sont un problĂšme, il est Ă©vident que câest en tant quâils sont pris dans un rapport social situĂ© gĂ©ographiquement et construit sur le temps long. Et il en est de mĂȘme du discours les concernant. Pour lâheure, ce dernier est majoritairement celui de chasseurs, vĂ©tĂ©rinaires, Ă©pidĂ©miologistes, gestionnaires dâespaces protĂ©gĂ©s et personnalitĂ©s politiques. Des propos quâil convient de comprendre mais qui nâĂ©puisent pas ce que met en jeu cette espĂšce.
On pourrait aussi faire des histoires.
Il paraßt nécessaire, dÚs lors, de dire autrement.
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Géographies d'un animal politique
l
ls ne causeraient que des problĂšmes. Collisions routiĂšres, dĂ©gĂąts agricoles, raids urbains, transmission de virus... En somme, ils ne seraient rien d'autre qu'une menace. Pourtant, les sangliers ont longtemps Ă©tĂ© le symbole de la "nature sauvage", un noble gibier, la bĂȘte noire des forĂȘts. Que leur avons-nous fait ?Et que font-ils de nous ? Les sangliers sont parmi nous. Ce sont des acteurs Ă part entiĂšre des plaines et des montagnes comme des villes et de leurs banlieues. Ils se caractĂ©risent par leur mobilitĂ©, leur capacitĂ© d'adaptation, leur imprĂ©visibilitĂ©. Ils rĂ©sistent Ă ladomination et contrarient nos actions. Les sangliers nous dĂ©routent. MĂȘlant expĂ©riences naturalistes, connaissances Ă©cologiques et cynĂ©gĂ©tiques, cet ouvrage invite Ă une immersion littĂ©raire et scientifique dans lavie commune des sangliers. Avec eux, demandons-nous comment cohabiter avec ce vivant qui, bien souvent, nous dĂ©passe. RaphaĂ«l Mathevet (Ă©cologue et gĂ©ographe au CNRS) et RomĂ©o Bondon (gĂ©ographe de l'environnement) travaillent sur la gestion concertĂ©e des territoires de la biodiversitĂ© et les interactiom entre les humaim et lafaune sauvage.
AGIES SUD
Dép. lég. : oct. 2022 22 ⏠TTC France www.actes-sud.fr