Skip to main content

Gilbert Portainier

Page 1

2

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 2

07.08.26 11:09


3

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 3

07.08.26 11:09


Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 6

07.08.26 11:09


GILBERT PORTANIER Quand la céramique devient couleurs When ceramics embrace color

arnoldsche

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 7

07.08.26 11:09


Dessin, 1991

8

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 8

07.08.26 11:10


Préface

Introduire le récit de vie de Gilbert Portanier me donne le sentiment d’un geste à la fois intime, parce qu’il s’agit de revenir vers celui qui a partagé ma vie, et nécessaire parce que son œuvre si libre et si singulière mérite d’être transmise avec justesse à ceux qui l’ont connu comme à ceux qui le découvriront. Ces pages retracent un parcours fait de rencontres, de fidélités et d’audaces. Elles témoignent de ce qui dans sa traversée a inspiré sa liberté totale de création, fil rouge de sa vie. L’héritage artistique de Gilbert Portanier continue de vivre à travers ses céramiques qui habitent nos musées et nos demeures et nous rappellent la beauté du monde. J’ai aimé que cette biographie soit écrite par Martine Denis-Linton qui n’appartient pas au monde de l’art, mais qui avait pour lui autant d’admiration que d’amitié et qui a suivi pas à pas son œuvre. Elle a bénéficié des recherches confiées à Fabienne Coquard, archiviste inspirée, qui a contribué à une reconstitution fidèle et vivante. Je m’attache à travers les actions que je mène à faire vivre la mémoire de Gilbert Portanier afin que son œuvre continue d’émerveiller. Annette Portanier

9

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 9

07.08.26 11:10


Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 10

07.08.26 11:10


Gilbert Portanier, Quand la céramique devient couleurs Martine Denis-Linton

1926-2023 Avant de devenir l’un des grands noms de la céramique contemporaine, Gilbert Portanier se rêvait peintre. Sa formation, ses premières amitiés­ ­artistiques et ses influences s’inscrivent d’abord dans le monde de la peinture qu’il n’a jamais cessé de réinventer, même lorsqu’il s’est tourné vers la terre et le feu. Mais « dès que j’ai touché la terre, j’ai senti à travers ce contact physique et charnel que cette forme d’expression était pour moi la création même ».1 Liberté, art et amour sont au cœur du parcours de Gilbert Portanier. Pour lui, la liberté est le moteur de tout, l’art une quête permanente de maîtrise et d’expression, et l’amour le fil conducteur qui relie la terre, la méditerranée, la forme, et les êtres chers. Quant à la couleur, elle vient de la nature et l’artiste ne fait que la retrouver et la magnifier. La vie et l’œuvre de l’artiste ne font qu’un. Curiosité, liberté, ouverture au monde et quête existentielle nourrissent chaque aspect de sa création. Ces lignes suivent le cheminement d’un artiste qui, passionné de dessin et de peinture, a rencontré un jour la terre pour créer un art personnel qui conjugue les trois.

P R E M IÈ R E S A N N É E S Issu d’une famille cannoise, Gilbert Portanier est né le 28 septembre 1926 dans la villa Mustapha, l’une des plus belles villas de Cannes, propriété de ses grands-parents. C’est là que se sont rencontrés ses parents quand l’étage était loué, chaque été, à la famille belge de Lucie Wilmotte qui, d’un nord nostalgique et brumeux, venait goûter au soleil ardent d’une mythique ­méditerranée. Marcel et Lucie se marient en 1923. Lucie, d’esprit fantaisiste, musicienne, amatrice d’art avait su surprendre et séduire l’esprit cartésien de 1

Philippe Depetris, « Si Portanier nous était conté ! », Nice-Matin, 24 juillet 2019 (mis à jour 4 juillet 2025), Antibes/Cannes/Grasse.

11

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 11

07.08.26 11:10


Apprentissage solitaire. Photographie : D. Fallot, circa 1950

16

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 16

07.08.26 11:10


toutes mes références de base ; la figuration me fournissait mes repères d’authenticité. »13 Mais le temps est suspendu en octobre 1951. Gilbert Portanier, âgé de 26 ans, doit répondre à l’appel de l’armée : il intègre l’école d’officiers du génie militaire à Avignon. Dans ses temps libres, il profite de la riche bibliothèque du lieu pour lire, apprendre l’anglais et l’allemand avec une ténacité toute nouvelle ! Lors d’une permission, il croise à Angers Paul Maudonnet, peintre, graveur et céramiste des célèbres « Naulets d’Anjou » qui lui donne accès à son atelier pour y travailler et partager son savoir sur les techniques de la céramique. Peu après son retour, en 1953, il épouse Denise Ramagnino. Deux fils naitront de cette première union, Pascal en 1958 et Stephen en 1966 puis viendront deux petits-enfants Mathieu et Camille. Gilbert Portanier reprend ses explorations des formes, des émaux, et des décors. Il acquiert en quelques mois une maîtrise technique remarquable à partir de connaissances qu’il s’est forgé seul. Chaque pièce exige un travail d’une grande complexité car au tournage de la céramique, s’ajoutent la peinture, le dessin et le travail des émaux qui requiert des ­cuissons parfaitement, maîtrisées. Pour répondre à ses besoins, il invente et fabriquera toute sa vie des outils et instruments qui n’existent pas. « J’ai confectionné mille outils que personne ne prendrait pour tels : pointes, lames d’acier, tampons gravés, roulettes en terre, maillets de forme en plâtres, tubes, bâtons, divers rouleaux et instruments bizarres. »14 Ses premières créations sont simples, d’une empreinte traditionnelle, mais déjà marquées du sceau d’une grande liberté. Les pièces uniques montées au tour se singularisent par leur extrême finesse et les décors d’abord graphiques évoluent vers la représentation humaine sous toutes ses formes. Son trait tour à tour fin ou épais, précis ou diffus, continu ou haché, révèle une sensibilité extrême dans l’usage de couleurs éclatantes. Ce sont des vases, des bouteilles élancées, des coupes décorées de scènes stylisées, des plats dont les bordures en aplats de couleur créent un effet d’encadrement, des bouteilles, des balustres, etc. La fusion de l’art plastique et des arts du feu créée sa signature. Elle lui confère une identité personnelle immédiatement reconnaissable. En 1953, la ville de Nice le distingue avec la remise du grand prix. L’exposition ­universelle de Bruxelles de 1958 lui décerne la médaille d’argent ainsi que la ville de Cannes, la même année.15 13 Josef Straßer, op. cit., p. 24. 14 Heinz Spielmann, op. cit., p. 38. 15 Liste documentaire de Joachim Waldrich, édité à Munich, 3 janvier 1997.

17

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 17

07.08.26 11:10


Fontaine, circa 1960

40

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 40

07.08.26 11:10


41

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 41

07.08.26 11:07


42

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 42

07.08.26 11:07


< Vases bouteilles, 1976 Les métiers, 1956 Vase, circa 1970 Vase, 1976

43

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 43

07.08.26 11:08


Vase bottines, 1988 Vase carré, 1992 > Le Théâtre chinois, 1994 Théâtre, 1989

48

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 48

07.08.26 11:08


49

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 49

07.08.26 11:08


50

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 50

07.08.26 11:08


Papiers collés, à partir de 1960

51

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 51

07.08.26 11:08


Boîtes, 1975–1979 Cloches, 1983–1984 > Boîte Marquise, 1978

56

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 56

07.08.26 11:08


57

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 57

07.08.26 11:08


60

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 60

07.08.26 11:08


< Coupe, 2004 Coupes, 2013

61

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 61

07.08.26 11:08


Eau-forte, 2009 > Dessin et encre de Chine, 1990 Dessin et encre de Chine, 1991

70

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 70

07.08.26 11:09


71

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 71

07.08.26 11:09


74

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 74

07.08.26 11:10


Gilbert Portanier – When ceramics embrace color Martine Denis-Linton

1926–2023 Before he became one of the great names in contemporary ceramics, Gilbert Portanier dreamed of being a painter. His education, the early friendships he had with artists, and the influences upon him initially belonged in the world of painting, which he would never cease to reimagine even after he had turned to clay and fire. Still, “since I touched clay, I have felt, via that physical, even sensual, contact, that this form of expression was, for me, ­creativity itself.”1 Freedom, art, and love are at the heart of Gilbert Portanier’s career. For him, freedom is the engine that drives everything; art is an unceasing quest for mastery and expression, and love is the thread that connects the earth, the Mediterranean, form, and beloved beings. As for color, it comes from ­nature, and all that the artist does is to rediscover and heighten it. An artist’s life and his work are one and the same thing. Curiosity, freedom, openness to the world, and the existential quest inform every aspect of what he creates. The following traces the development of an artist who, passionate about design and painting, one day encountered clay to create an art distinctively his own that links all three.

THE EARLY YEARS The scion of an established local family, Gilbert Portanier was born on ­September 28, 1926, at Villa Mustapha, one of the most beautiful villas in Cannes, which was owned by his grandparents. His parents met there when the top floor was rented out each summer to Lucie Wilmotte’s Belgian family, who, being from the foggy north, came to enjoy the longed-for burning sun of a mythical Mediterranean. 1

Philippe Depetris, ”Si Portanier nous était conté !,“ Nice-Matin, revised edition, July 4, 2025 (orig. July 24, 2019).

75

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 75

07.08.26 11:10


110

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 110

07.08.26 11:11


< Le Sphynx, 2004, 1,05 × 0,55 × 0,40 m La Main, 1996, 1,44 × 1,14 × 0,16 m

111

Portanier_final_Screenkorr_06082026.indd 111

07.08.26 11:11


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook