EXXPERT
Revalidation après un cancer : le kinésithérapeute fait bien plus que traiter la fatigue et le lymphœdème Auteur: Hans Neefs - Rédaction: Sophie Jans
Hans Neefs est expert en soins oncologiques auprès de l’association flamande Kom Op Tegen Kanker. Dans le cadre de la formation KineCoach en revalidation oncologique organisée par l’aile néerlandophone d’AXXON, il nous explique pourquoi la première ligne a besoin de plus de kinésithérapeutes possédant une expertise dans ce domaine. « Les kinés doivent, au même titre que les médecins de famille et les autres prestataires de soins primaires, prendre conscience qu’ils sont souvent les seuls soignants avec qui les patients cancéreux ont des contacts réguliers en-dehors de l’hôpital. » Kom op tegen Kanker soutient la formation de kinésithérapeutes de référence en revalidation oncologique. Qu’est-ce qui a décidé l’association à s’adresser à notre profession ? Les kinésithérapeutes sont tout simplement une catégorie de soignants importante au cours de la trajectoire de soins des patients cancéreux ainsi qu’après celle-ci, que ce soit à l’hôpital ou en-dehors. Dans le passé, nous avons contribué en tant qu’organisation à stimuler et à soutenir financièrement les programmes d’oncorevalidation en milieu hospitalier. Plus tard, nous avons également remarqué que les kinés pouvaient avoir un rôle important à jouer dans d’autres problématiques : un sondage réalisé en 2015 auprès d’un groupe de patients cancéreux souffrant principalement de douleurs chroniques a par exemple révélé que c’était aux kinés plus qu’à n’importe quel autre groupe de professionnels qu’ils avaient l’impression de pouvoir
24
JUIN 2020
s’adresser avec ces plaintes. Cela nous a vraiment ouvert les yeux sur le fait que le kinésithérapeute gère bien plus que des problèmes de fatigue, de force musculaire ou de lymphœdème.
« Il faut davantage d’expertise oncologique en première ligne. »
Globalement, on observe que les patients cancéreux séjournent de moins en moins longtemps à l’hôpital pour leur traitement, voire que certains reçoivent leur chimiothérapie à la maison. Cela signifie du même coup que les différents groupes de soignants de première ligne doivent être préparés aux questions et aux plaintes qui
vont désormais se présenter au domicile, mais aussi être capables d’y apporter une réponse – en un mot, il faut davantage d’expertise oncologique en première ligne. C’est l’un des objectifs stratégiques que Kom op tegen Kanker a repris dans son plan quinquennal… et les contacts avec AXXON ont rapidement confirmé qu’une collaboration était possible pour le groupe-cible des kinésithérapeutes.
Les connaissances des kinésithérapeutes en matière d’oncologie restent-elles trop limitées ? En effet. En 2018, nous avons consulté à ce sujet une série d’experts qui travaillent au quotidien dans le domaine de l’oncorevalidation, qui nous ont confirmé que les kinés de première ligne manquent d’expertise en la matière. Après la fin du programme d’oncorevalidation à l’hôpital, les patients sont généralement plutôt référés à un programme de sport qu’à un kiné de première ligne…